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§112 - Procédés d’abréviation.

N.B. Pour le pluriel, voir § 521 .


a) Le mot est réduit à son début et se termine par un point, celui-ci suivi d’un blanc, sauf s’il y a un trait d’union.
N.B.Au lieu du point, on a souvent des points de suspension (§ 131, d) dans les abréviations euphémiques ou de discrétion ; un ou des
astérisques (§ 114, a) dans les abréviations de discrétion. R1
1° Le mot est réduit à sa lettre initiale :
M. = monsieur ; p. = page ; J. Dupont = Jean Dupont. — Le XIXe s. [= siècle] est une période de crises ( Grand dict. enc. Lar., art.
Antilles ). R2
Pour une locution, on abrège chacun des mots avec autant de points qu’il y a de mots abrégés :
P. S. = post scriptum (comme nom, un P.-S. ) ; N. B. = nota bene ; w.-c. (ou W.-C. ) = water-closet ; c.-à-d. = c’est-à-dire (pas de point
après à puisque celui-ci n’est pas abrégé).

Dans etc. = et cetera, et a été considéré comme trop bref pour être abrégé et on l’a agglutiné. — Son Excellence s’abrège en S. Exc. (cf.
2°) pour un évêque et en S. E. pour un ministre ou un ambassadeur.
2° Le mot conserve plusieurs lettres du début.
• Soit pour ne pas couper un digramme consonantique. R3
Ch. = Charles ; Ph. = Philippe . — Exception : J.-C. = Jésus-Christ .
Les digrammes vocaliques sont régulièrement réduits au premier élément : A. = André ; O. = ouest .
• Soit pour des abréviations moins courantes : chap. = chapitre ; hab. = habitants ; lat. = latin.
• Souvent quand l’initiale est une voyelle : ib. = ibidem.
Pour les prénoms, on a le choix: É. ou Ém. Zola .
L’usage est de terminer le mot abrégé par une consonne (et avant une voyelle) : gramm. = grammaire ; fr. ou franç. = français (et non
°fra. ou °fran. ).
b) Le mot est réduit à son début et à sa fin, celle-ci placée au-dessus de la ligne dans un caractère plus petit (et sans point). R4
Me = maître ; Mme = madame ; Mlle = mademoiselle ; Dr = docteur ; n ° = numéro ; Cie = Compagnie ; v ° = verso ; r ° = recto ; f ° =
folio (de même in-f° ). R5
Souvent dans l’écriture manuscrite et parfois dans les imprimés, on écrit la fin de l’abréviation sur la même ligne (sans point) :
Mlle, Dr, Mme . Cela est sans inconvénient quand la suite des lettres est un mot imprononçable. Dans le cas contraire, il faut écrire la fin
au-dessus de la ligne : n°, Me , Cie , et non °no , °Me , °Cie . — Même dans l’imprimé, on écrit vs = versus et, malgré ce qui vient d’être dit, ca
= circa (§ 1036) , peu courant d’ailleurs.
c) Dans quelques abréviations d’origine latine, on ajoute à la lettre initiale une lettre intérieure :
Cf. (ou cfr , avec la lettre finale, comp. b ) = confer « comparez » ; sq. = sequiturque (ou sequensque ) « et suivant(e) ». — C’est ainsi
que s’explique ms. = manuscrit , ainsi que Mgr (avec la lettre finale) = monseigneur . R6

R1
Comme nous l’avons dit, le tiret dans l’ex. de Musset cité au § 111, R3 est un procédé tout à fait exceptionnel. — Sur la barre oblique dans
les abréviations commerciales, cf. § 136.
Les francs-maçons utilisent trois points groupés en triangle : Il [= un conseiller] est à ton entière disposition et à celle des F ∴ [= frères ] de
ta R∴ L∴ [= respectable loge ] […] . Nous te prions de recevoir, Vén∴ M∴ et T ∴ C∴ F ∴ [ = vénérable maître et très cher frère ] ,
l’assurance de nos sentiments les plus frat ∴ [= fraternels ] (lettre des responsables du Grand Orient de France, dans le Monde, 18 nov.
1983, p. 14). — Ce signe est devenu le symbole de la franc-maçonnerie : cf. § 3, R3.

R2
Quand un nom propre que l’on ne peut ou ne veut pas reproduire est représenté par X, Y, Z, N , c’est un symbole et non une abréviation. La
lettre ne devrait pas être suivie d’un point, mais plus d’un auteur met ce point.
Elles-mêmes [= les femmes] peuvent avoir plusieurs identités, changer selon qu’elles sont la femme de X ou de Y (M. Cardinal, Autrement
dit, p. 44). — Émerge du tas X, fagotée comme une poupée de chiffon (H. Cixous, dans Samuel Beckett, 1976, p. 335).

L’excellent Père X., par exemple (Gide, Journal, 1er juillet 1942). — La lettre de X. que je t’ai montrée (Green, Journal, 17 juin 1960).

R3
Quand le prénom commence par deux consonnes qui ne forment pas un digramme, on les conserve souvent toutes les deux : Fr . = François
; Cl. = Claude . — Mais cet usage n’est pas général : C. [= Claude ] Lancelot ( Grand dict. enc. Lar., p. 4902 ; Ducrot et Todorov, Dict.
encycl. des sciences du langage, p. 18). — F. [= Franz ] Bopp (ib. , p. 26). Etc.

R4
Pour l’anglais mister et mistress , on écrit souvent mr. et mrs. : cf. Quid 2005, p. 1530 — The strange Case of doctor Jekyill and Mr. Hyde
(Grand dict. enc. Lar., p. 3329). Ce serait surtout l’usage de l’angl. d’Amérique.

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C’est depuis 1762 que l’Ac. , art. abréviation , donne comme ex. M. pour Monsieur . En 1694, elle donnait Mr et, assez curieusement, en
1718 et en 1740, Mr. avec un point. Littré donne encore Mr art. abréviation , mais Mr ou M. art. monsieur , Rem. 2.

R5
Dans 1 °, 2 ° = primo, secundo, etc., on combine symbole et lettre finale de la désignation complète. Certains usagers croient que le ° est
la marque d’abréviation des ordinaux fr. et écrivent absurdement, par ex., XI ° siècle pour XI e siècle .

R6
Le Trésor remplace francique par frq. , parce qu’une autre abréviation aurait amené des confusions avec français.

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