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Claire BRANS

Nicole COUSSAERT

Arlette DAMBREMEZ

Eveline FOREST

Liliane GUSMAN

avec la participation dÕAndrŽ BELLEMANS

Les lois de Kirchhoff

U. L. B. - Atelier de physique
coordonnŽ par G. GUSMAN

1996-1997

Les Cahiers du CeDoP


PrŽface

CÕest la troisi•me fois que les membres de cet atelier de physique se sont retrouvŽs pour
travailler ensemble. Le th•me retenu, les lois de Kirchhoff, nous semblait •tre un point jugŽ
difficile par les Žtudiants, et depuis longtemps nous nous Žtions promis dÕy rŽflŽchir. Ce sujet, ˆ
la charni•re des enseignements secondaire et supŽrieur, nous a semblŽ dÕautant plus dÕactualitŽ
que certains professeurs de lÕenseignement secondaire nÕont, par manque de temps, pas lÕoccasion
dÕapprofondir ce sujet ou m•me dÕen parler ˆ leurs Žl•ves.

Au dŽpart, nous avons eu la chance de profiter de lÕexpŽrience de A.ÊBellemans, professeur


honoraire ˆ lÕU.L.B., qui, ˆ notre demande, a eu la gentillesse de faire, devant un public
dÕenseignants, un exposŽ dÕune grande rigueur scientifique sur ces lois et leur utilisation.

LÕeffort principal des membres de lÕatelier a portŽ sur une prŽsentation adaptŽe aux Žl•ves des
classes terminales de lÕenseignement secondaire et ˆ ceux qui aborderont lÕenseignement
supŽrieur. Nous espŽrons que ces jeunes Žtudiants et leurs professeurs trouveront dans ce texte
une aide accrue par les nombreux exercices qui y sont prŽsentŽs. Dans un but pŽdagogique, deux
transparents compl•tent ce fascicule et peuvent •tre acquis sŽparŽment. Gr‰ce ˆ lÕutilisation de
la couleur, ils mettent bien en Žvidence les diffŽrentes Žquipotentielles ainsi que les courants
dans des circuits ˆ 1 et 3 mailles. Le professeur pourra projeter ces transparents au cours et les
commenter.

Au nom des membres de lÕatelier, je remercie aussi le Professeur A.ÊBellemans pour sa lecture
attentive et critique de ce texte.

CÕest une fois de plus avec plaisir que jÕai retrouvŽ les membres de lÕatelier, professeurs de
physique dans lÕenseignement secondaire, qui ont mis leur expŽrience et leurs compŽtences au
service des Žtudiants.

Guy GUSMAN
Table des mati•res

1. Introduction ....................................................................................... 2

2. Lois de Kirchhoff ................................................................................ 2

3. PrŽalables .......................................................................................... 3

3.1. Les courants Žlectriques ...................................................... 3


3.2. Les potentiels ...................................................................... 3

4. Topologie de quelques circuits simples................................................ 4

5. Liens entre diffŽrence de potentiel et courant ..................................... 6

6. RŽsolution dÕun circuit et mŽthode de travail suggŽrŽe ....................... 8

7. Circuits rŽsistifs ................................................................................. 9

Exemple 1 Circuit ˆ deux ŽlŽments............................... 9


Exemple 2 RŽsistances en sŽrie................................... 10
Exemple 3 RŽsistances en parall•le ............................ 11
Exemple 4 .................................................................... 12
Exemple 5 .................................................................... 14
Exemple 6 .................................................................... 15
Exemple 7 .................................................................... 16

8. Condensateurs ................................................................................. 17

Exemple 8 Charge dÕun condensateur ......................... 17

9. Justification et limitation des lois de Kirchhoff................................. 20

10. ThŽor•mes de ThŽvenin et de Norton.............................................. 25

Exemple 9 Circuit Žquivalent de ThŽvenin.................. 25

Exercices complŽmentaires non rŽsolus ............ 27

ULB - CeDop 1
1. Introduction

Gustav Kirchhoff (1824-1887) a ŽnoncŽ deux lois simples qui sont ˆ la base de
lÕŽtude des courants et des diffŽrences de potentiel. SÕappuyant sur les principes de
conservation de la charge et de lÕŽnergie, elles simplifient lÕŽtude des circuits
Žlectriques.

Dans cette brochure, nous nous intŽressons uniquement aux courants continus
dans les circuits contenant tout dÕabord des piles ou des accumulateurs et des
rŽsistances. Ensuite, nous Žtudierons des courants directs, variables dans le temps
(impulsionnels), dans des circuits que lÕon ferme ou que lÕon ouvre et qui contiennent
Žgalement des condensateurs. Le courant alternatif ne sera pas ŽtudiŽ dans cette
brochure.

2. Lois de Kirchhoff

Les deux lois de Kirchhoff relatives aux circuits sÕŽnoncent gŽnŽralement de la


mani•re suivanteÊ:

1 •re loi : La somme des courants arrivant en un nÏud du circuit est


Žgale ˆ la somme des courants quittant ce nÏud.

ou encore, si on attribue un signe + aux courants arrivant en un nÏud et un signe -


aux courants quittant ce nÏud :

En un nÏud, la somme algŽbrique des courants est nulle.

2 e loi : La somme des diffŽrences de potentiel Žlectrique rencontrŽes


successivement sur un contour fermŽ du circuit est nulle.

Ces ŽnoncŽs se rŽf•rent ˆ la topologie du circuit, rŽsumŽe par un schŽma


constituŽ de branches, comportant deux extrŽmitŽs, et de nÏuds, o• se joignent
deux branches au moins. Un contour fermŽ est appelŽ une maille.

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3. PrŽalables

3.1. Les courants Žlectriques

Un courant Žlectrique est considŽrŽ par convention comme constituŽ de


charges positives qui, d•s lors, se dŽplacent dans le sens du champ Žlectrique, cÕest-
ˆ-dire dans le sens dŽcroissant du potentiel Žlectrique.

Des lettres, affectŽes Žventuellement dÕindices, telles que I, I1, I2 É seront

employŽes pour les courants Žlectriques et doivent •tre indiquŽes sur les schŽmas
pour chaque branche. De plus, le sens de chaque courant, indiquŽ par une fl•che, est
en gŽnŽral choisi de fa•on arbitraire, sauf dans les cas simples o• le sens du courant
est immŽdiatement prŽvisible. Si, dans la branche considŽrŽe, le courant circule dans
le sens indiquŽ par la fl•che (on ne le saura qu'une fois le probl•me numŽrique
rŽsolu), la valeur trouvŽe sera positiveÊ; dans le cas contraire, elle sera nŽgative (et le
flŽchage pourra, le cas ŽchŽant, •tre inversŽ).

Par la suite, nous utiliserons le terme de ÔnÏudÕ pour un point du circuit o• le


courant peut se diviser ou bien o• des courants peuvent se rejoindre. En topologie,
cela revient ˆ ne prendre en considŽration que les nÏuds d'ordre Žgal ou supŽrieur ˆ
3, o• se rencontrent au moins trois branches, et qui nous donnent des informations
intŽressantes sur le circuit ŽtudiŽ. Au contraire, en un nÏud d'ordre 2 o• deux
branches seulement se rencontrent, nous nÕaurons pas dÕŽlŽment neuf ˆ exploiter
puisquÕil y a toujours un courant entrant et un courant sortant qui, en vertu de la
1 •re loi de Kirchhoff, sont Žgaux.

3.2. Les potentiels

Les potentiels Žlectriques aux points A, BÉ doivent •tre indiquŽs par VA, VBÉ
et leur diffŽrence par DVAB º VB - VA ou par UAB º VB - VA . Rappelons que, par
convention de dessin, un fil de connexion est une Žquipotentielle.
I
U =0
AB
A B

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4. Topologie de quelques circuits simples

Les premiers circuits analysŽs sont composŽs de conducteurs ohmiques de


rŽsistance R constante et de piles ou dÕaccumulateurs, de t.Ž.m. E et dont la
rŽsistance interne r est nŽgligeable par rapport aux autres rŽsistances du circuit (on
parle alors dÕune Ôpile idŽaleÕ).

Remarque : Par la suite, pour allŽger le texte, les conducteurs ohmiques ou rŽsistors
seront appelŽs simplement rŽsistances.

Ci-dessous, deux schŽmas des m•mes circuits sont rŽalisŽs c™te ˆ c™te pour
visualiser les diffŽrents courants (dessin de gauche) et potentiels (dessin de droite).

4.1. Circuits o• les ŽlŽments sont montŽs en sŽrie (0 nÏud -->1 maille -->1 courant)

¥ Circuit composŽ dÕune pile et dÕune rŽsistance montŽes en sŽrie (0 nÏud)

I e e
A B

R R

1 maille --> 1 courant 2 composants --> 2 potentiels diffŽrents

¥ Circuit composŽ dÕune pile et deux rŽsistances montŽes en sŽrie (0 nÏud)

I e e
A B

R R R C R
1 2 1 2

1 maille --> 1 courant 3 composants --> 3 potentiels diffŽrents

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4.2. Circuit comportant des ŽlŽments montŽs en parall•le (existence de nÏuds
--> plusieurs mailles --> plusieurs courants)

¥ Circuit composŽ dÕune pile et deux rŽsistances montŽes en parall•le (2 nÏuds)

I e I e
R I1 R I1
1 1

A B
R I2 R
2 2 I2

3 mailles

3 branches --> 3 courants 2 potentiels diffŽrents

3 mailles

Ces quelques exemples dŽveloppŽs en dŽtail vous auront sans doute fait comprendre
comment on peut analyser la topologie dÕun circuit.

ULB - CeDop 5
5. Liens entre diffŽrence de potentiel et courant

Les Žquations dŽterminant ce qui se passe dans le circuit peuvent •tre obtenues
par application des lois de Kirchhoff, mais il faut dŽfinir prŽalablement les variables
(courants et charges) associŽes aux ŽlŽments constitutifs du circuit : c'est lˆ une Žtape
essentielle sur laquelle il convient dÕinsister.

Indiquons tout dÕabord pour les deux ŽlŽments de circuit utilisŽs momentanŽment,
comment la diffŽrence de potentiel entre les extrŽmitŽs dÕune branche, occupŽe
par un de ces ŽlŽments, est liŽe ˆ la variable courant qui lui est associŽe :

Conducteur ohmique de rŽsistance R :

I
R
A B

UAB º VB - VA = - R I

VB < VA , le potentiel diminue lorsquÕon va de A vers B dans le sens du courant.

Accumulateur de param•tres E (t.Ž.m.) et r (rŽsistance interne).

Quand un m•me ŽlŽment de circuit poss•de plusieurs param•tres, ici E et r, un


dessin ÔdissociŽÕ aide ˆ ne pas oublier un des termes de la diffŽrence de potentiel ˆ ses
bornes.

I E I E
A r B A r B

UAB º VB - VA = E-rI UAB º VB - VA = E+rI

Cet ŽlŽment souvent ÔrŽversibleÕ (accumulateur qui se charge ou se dŽcharge,


dynamo - moteur) peut alors •tre :

- gŽnŽrateur (dessin de gauche) : le courant sort de sa borne +

ULB - CeDop 6
- rŽcepteur (dessin de droite) : le courant sort de sa borne -

La diffŽrence de potentiel U aux bornes des ŽlŽments considŽrŽs jusquÕici est liŽe
au courant qui les traverse par des fonctions linŽaires (polyn™mes du premier
degrŽ).

UltŽrieurement, dÕautres ŽlŽments de circuits pourront •tre ajoutŽs (pile solaire,


condensateur, bobine, diodeÉ), pour lesquels il faudra bien sžr prŽciser comment la
diffŽrence de potentiel ˆ leurs bornes est liŽe au courant. Certaines nouvelles
fonctions feront intervenir des dŽrivŽes et des intŽgrales. A titre dÕexemple, nous
traiterons de circuits contenant des condensateurs dans le ¤Ê7.

DÕautre part, si la caractŽristique U(I) dÕun ŽlŽment de circuit nÕest pas linŽaire, il
arrivera frŽquemment que le lien entre U et I soit prŽsentŽ sous forme dÕun graphe et
non sous forme dÕune fonction mathŽmatique.

ULB - CeDop 7
6. RŽsolution dÕun circuit et mŽthode de travail
suggŽrŽe

Les probl•mes posŽs comporteront un certain nombre de donnŽes et dÕinconnues.


Conna”tre un circuit, cÕest disposer de tous les param•tres des ŽlŽments du circuit et
des intensitŽs des courants qui les traversent. Nous suggŽrons la mŽthode de travail
dŽcrite ci-apr•s pour y parvenir :

1. Si ce nÕest pas dŽjˆ fait, tracer le schŽma du circuit en y reprŽsentant tous les
ŽlŽments prŽsents et les fils qui les relient.

2. Sur ce schŽma :

¥ Attribuer une lettre ˆ chaque nÏud et en ajouter de fa•on quÕil y en ait une sur
chacune des Žquipotentielles, puis compter le nombre de nÏuds N du circuit.

¥ Compter le nombre de branches B, puis indiquer les courants qui passent dans
chacune dÕelles (I1, I2É , IB) sans oublier de leur donner arbitrairement un sens.

3. Appliquer la premi•re loi de Kirchhoff aux nÏuds, en notant que, en fait, on


nÕobtient jamais que N - 1 Žquations indŽpendantes.

4. Appliquer la deuxi•me loi de Kirchhoff ˆ autant de mailles quÕil faut pour obtenir
un nombre dÕŽquations indŽpendantes Žgal au nombre d'inconnues B, compte tenu
des N - 1 Žquations indŽpendantes tirŽes de la premi•re loi.
Il faut donc tirer B - (N - 1) Žquations de la deuxi•me loi, ce qui revient ˆ considŽrer
BÊ- N + 1 mailles. Elles doivent •tre choisies de fa•on ˆ obtenir des Žquations
indŽpendantes ; en pratique, cela signifie que tous les courants doivent intervenir
dans ces Žquations au moins une fois.

5. RŽsoudre le syst•me dÕŽquations et en tirer les rŽponses demandŽes.

6. Ne pas oublier de vŽrifier si les rŽsultats obtenus sont plausibles : par exemple, la
somme des diffŽrences de potentiel au long dÕune maille doit •tre nulle, de m•me que
la somme des courants doit sÕannuler en chaque nÏud.

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7. Circuits rŽsistifs

Exemple 1 Circuit ˆ deux ŽlŽments

Ce premier circuit contenant une pile (E, r) et une rŽsistance R est sans doute le
plus simple que lÕon puisse trouver. NŽanmoins, son Žtude montre lÕimportance de la
rŽsistance interne de la pile, qui peut •tre nŽgligeable ou non par rapport aux autres
rŽsistances du circuit.

I e, r I e r

A B A B
R R

Appliquons la loi des mailles en partant du point A et en se dŽpla•ant dans le sens


trigonomŽtrique par exemple, on obtient :

-RI-rI+E =0


d'o• I=
rÊ+ÊR

Cette relation montre que le courant qui circule dans ce circuit simple dŽpend de
la rŽsistance interne r de la pile comme de la rŽsistance extŽrieure R. Si la rŽsistance
extŽrieure est beaucoup plus grande que la rŽsistance interne de la pile (R >> r), on
peut nŽgliger r. CÕest ce que nous faisons souvent dans lÕanalyse de circuits.

Une pile ÔidŽaleÕ a une rŽsistance interne nŽgligeable par rapport aux autres
rŽsistances du circuit, voire nulle (r = 0). Dans cette situation, la diffŽrence de
potentiel aux bornes de cette pile demeure constante, Žgale ˆ sa t.Ž.m. E, quels que
soient le circuit extŽrieur et le courant fourni par la pile. En effet :

UAB º VB - VA = E - r I = E - 0. I = E

Remarque : On utilise souvent un gŽnŽrateur de tension constante qui fournit une


tension constante quelles que soient les rŽsistances extŽrieures.

ULB - CeDop 9
Exemple 2 RŽsistances en sŽrie

Circuit contenant une pile de param•tres E et r, ainsi que deux conducteurs


ohmiques de rŽsistances R1 et R2 montŽs en sŽrie :

I e, r r e I

A B A B

R C R R C R
1 2 1 2

En appliquant la loi des mailles en partant du point A et en se dŽpla•ant dans le


sens trigonomŽtrique, on obtient:

- R1I - R2I + E - rI = 0


d'o• I=
rÊ+ÊR1Ê+ÊR2

En comparant le courant dans ce circuit ˆ celui que nous aurions obtenu en


associant ˆ la pile une seule rŽsistance R, nous constatons qu'il est Žquivalent de
mettre deux rŽsistances R1 et R2 montŽes en sŽrie ou une seule rŽsistance R de
valeur R 1 + R2.

GŽnŽralisons ce rŽsultat et Žcrivons-le dÕune mani•re br•ve quel que soit le


nombre n de rŽsistances associŽes en sŽrie :

n
R sŽrie = åÊÊRi
iÊ=Ê1

Si nous rencontrons ultŽrieurement des groupements de rŽsistances en sŽrie, nous


pourrons Žventuellement gagner du temps en rŽduisant ce groupement ˆ une seule
rŽsistance avant dÕappliquer les lois de Kirchhoff, pour autant que le potentiel VC ne

nous intŽresse pas.

ULB - CeDop 10
Exemple 3 RŽsistances en parall•le

Circuit contenant une pile (E, r) et deux conducteurs ohmiques de rŽsistances R1


et R2 montŽs en parall•le :

I e, r I e r

I1 I1
R R
A 1 B A 1 B
R I2 R
2 2 I2

Appliquons dÕabord la loi des nÏuds au nÏud B : I1 + I2 = I

puis la loi des mailles : on obtient en partant du point A et en se dŽpla•ant dans le


sens trigonomŽtrique pour chacune des mailles contenant

1. la pile et le conducteur de rŽsistance R1 : - R1 I1- r I + E =0


2. les deux conducteurs de rŽsistances R1 et R2 : - R2 I2 + R1 I1 = 0

E
De ces trois Žquations, on tire : I=
1 1 -1
rÊ+Ê( Ê+Ê )
R1 R2

En comparant le courant dans ce circuit ˆ celui que nous aurions obtenu en


associant ˆ la pile une seule rŽsistance R, nous constatons qu'il est Žquivalent de
mettre deux rŽsistances R1 et R2 montŽes en parall•le ou un seul conducteur
1 1 1
ohmique dont la rŽsistance R se calcule ˆ partir de = + .
R R1 R2

GŽnŽralisons ce rŽsultat et Žcrivons-le dÕune mani•re br•ve quel que soit le


nombre n de rŽsistances associŽes en parall•le :

n
Ê1
RÊparall•le Ê
= åÊ1Ê/ÊRi
iÊ=Ê1

Si nous rencontrons ultŽrieurement des groupements de rŽsistances en parall•le,


nous pourrons Žventuellement gagner du temps en rŽduisant ce groupement ˆ une
seule rŽsistance avant dÕappliquer les lois de Kirchhoff, notamment si les courants ou
les puissances dissipŽes dans R1 et R 2 ne nous intŽressent pas.

ULB - CeDop 11
Exemple 4
E1 = 6 V
2W
Cherchons la valeur des
courants I1, I 2 et I 3 dans le circuit C
I
1
ci-contre qui comporte 2 nÏuds, 3 E2 = 12 V 8 W
I
2
mailles et 3 branches. A B
D
Pas question ici de ÔsimplifierÕ
I
ce circuit en associant des 3

rŽsistances !

Trois Žquations indŽpendantes permettent de trouver les 3 courants inconnus.

¥ Au nÏud A, la premi•re loi sÕŽcrit : + I 1 - I2 - I3 = 0 (1)

(Au nÏud B, lÕŽquation - I1 + I2 + I3 = 0 nÕapporte rien de neuf, on a la m•me


Žquation aux signes pr•s quÕau nÏud A).

¥ Appliquons la deuxi•me loi ˆ deux des mailles seulement (B - N + 1 = 3 - 2 + 1 = 2)


que lÕon choisit de parcourir dans le sens de rotation des aiguilles dÕune montre :
maille ACBA : UAC + UCB + UBA = 0
+ 2 I1 + 6 + 0 = 0 (2)
maille ADBA : UAD + UDB + UBA = 0
- 12 - 8 I2 + 0 = 0 (3)

LÕŽquation obtenue pour la troisi•me maille ACBDA nÕest pas indŽpendante des
prŽcŽdentes, elle est la somme des Žquations (2) et (3).

La rŽsolution du syst•me dÕŽquations (1), (2) et (3) est tr•s simple. En effet,
(2) --> le courant I 1 I1 = - 3 A
(3) --> le courant I 2 I2 = - 1,5 A
(1) et les valeurs des deux courants --> le courant I3 : I3 = - 1,5 A

Les sens des courants avaient ŽtŽ choisis arbitrairement. Pour ces donnŽes
numŽriques, on constate que les valeurs trouvŽes pour I 1, I2 et I 3 sont < 0 ; les sens

des trois courants doivent donc •tre inversŽs.

ULB - CeDop 12
En dernier lieu, vŽrifions si nos rŽsultats sont plausibles. Plusieurs possibilitŽs
nous sont offertes :

1. On peut vŽrifier par exemple que la somme des diffŽrences de potentiel est bien
nulle pour la maille ACBDA non utilisŽe :

UAC + UCB + UBD + UDA = 2 (-3) +6 + 8 (- 1,5) + 12 = 0.

2. On peut aussi choisir un point du circuit comme origine des potentiels et calculer
le potentiel dÕun autre point. La valeur de ce potentiel ne doit Žvidemment pas
dŽpendre du parcours effectuŽ.

Dans notre exemple, prenons comme origine des potentiels le point A (VA = 0) et

dŽterminons le potentiel de B en employant diffŽrents trajets :

- La branche infŽrieure est une Žquipotentielle, les potentiels de A et de B sont Žgaux


et donc VB = 0.

- Dans la branche centrale, en allant de A vers B, on constate tout dÕabord que le


potentiel sÕabaisse de 12 V, le potentiel VD est donc Žgal ˆ - 12 V, puis le potentiel
augmente de 8.1,5 = 12 V lorsquÕon passe de D en B. A nouveau, VB = VA = 0.

- Un calcul semblable dans la branche supŽrieure montre que le potentiel sÕest


abaissŽ de 2.3 = 6 V en allant de A vers C, VC = - 6 V, puis a augmentŽ de 6 V entre C
et B. Cette fois encore, on retrouve bien que VA = VB = 0.

ULB - CeDop 13
Exemple 5

Appliquons les lois de Kirchhoff au circuit suivant afin de dŽterminer les valeurs
et les sens corrects des courants I 1 , I2 et I3. PrŽcisons ensuite la fonction des trois

accumulateurs et, enfin, calculons le potentiel du point B si l'on relie le point A ˆ la


masse (VA = 0).

e1 = 16 V, r 1 = 1 ½ I1

e2 = 4 V, r 2 = 0 ½ I2 8½
B A

e 3 = 10 V, r 3 = 1 ½ 1½
I3

Pas plus que dans lÕexemple 3, on ne peut ÔsimplifierÕ ce circuit en associant des
rŽsistances ! Ici encore, ce circuit de 3 mailles prŽsente 2 nÏuds et 3 branches,
3ÊŽquations seulement sont indŽpendantes et permettent de trouver les 3 courants
inconnus.
¥ÊComme il y a deux nÏuds, nous nÕappliquerons la premi•re loi quÕune foisÊ;
choisissons par exemple de le faire au nÏud BÊ:
I1 + I 2 + I 3 = 0 (1)

¥ Appliquons ensuite la loi des mailles ˆ deux dÕentre elles (B - N + 1 = 3 - 2 + 1 = 2),


en les choisissant bien pour que les trois courants y soient citŽs au moins une foisÊ:
petite maille du haut : - 16 + 10 I1 - 8 I2 + 4 = 0 (2)
petite maille du basÊ: - 4 + 8 I 2 - 2 I3 - 10 = 0 (3)

LorsquÕun probl•me nŽcessite la rŽsolution dÕun grand nombre dÕŽquations, on


emploie lÕordinateur, mais dans cet exercice la rŽsolution du syst•me dÕŽquations (1),
(2) et (3) est assez rapide si lÕon utilise les techniques mathŽmatiques courantes,
substitutions ou dŽterminants, par exemple.

(2) --> 5 I1 - 4 I2 = 6 I1 = 0,8 I2 + 1,2


(3) --> 8 I2 - 2 I3 = 14 I3 = 4 I2 - 7

ULB - CeDop 14
En rempla•ant dans (1), I1 et I3 par les valeurs que lÕon vient dÕobtenir
0,8 I2 + 1,2 + I2 + 4 I2 - 7 = 0
soit 5,8 I2 = 5,8
et finalement I1 = 2 A, I2 = 1 A et I3 = - 3 A

Les sens des courants avaient ŽtŽ choisis arbitrairementÊ; on constate que seul le
sens du courant I3 doit •tre modifiŽ. Les trois accumulateurs sont des gŽnŽrateurs (le

courant sort par leur borne +).


A titre de vŽrification, contr™lons par exemple que la somme des courants au
nÏud A est bien nulle : I1 + I2 + I3 = 2 A + 1 A - 3 A = 0
et que, dÕautre part, la diffŽrence de potentiel UAB par les trois chemins possibles a

la m•me valeur :
UAB º VB - VA = 16 - 10 I1 = 4 - 8 I2 = - 10 + 2 I3
= VB - 0 = 16 - 10. 2 = 4 - 8. 1 = - 10 + 2. (- 3) = - 4 V
On peut en dŽduire la valeur du potentiel en B, soit VB = - 4 V.

Exemple 6

A 4½ B

I5
I2 I3
I4

3½ 3½

I1
e1 = 12 V e2 = 6 V
D C E

Ce circuit a une topographie un peu plus complexe que les prŽcŽdents, il comporte
6Êmailles, 3 nÏuds et 5 branches. Il nous faudra cinq Žquations indŽpendantes pour
trouver les 5 courants.
¥ Appliquons la premi•re loi ˆ deux des nÏuds (N - 1 = 3 - 1 = 2), par exemple
au nÏud A : - I1 + I2 - I3 = 0 (1)
puis au nÏud B : I3 + I4 - I5 = 0 (2)

¥ puis la deuxi•me loi ˆ trois des mailles (B - N + 1 = 5 - 3 + 1 = 3), de fa•on que


chacun des courants y soit citŽ au moins une foisÊ; on choisit de les parcourir dans le
sens de rotation des aiguilles dÕune montre :
maille ACDA : + 2 I2 - 12 + 6 I1 = 0 (3)

ULB - CeDop 15
maille ABCA : - 4 I 3 + 3 I4 - 2 I 2 = 0 (4)
maille BECB : - 3 I 5 + 6 - 3 I4 = 0 (5)
Apr•s calcul, on trouve I3 = 0 ; dans cet exemple, cette valeur ne semble pas

prŽvisible alors quÕun courant nul est parfois la consŽquence dÕune symŽtrie du
circuit, comme nous le mettrons en Žvidence dans lÕexemple 7.
Le circuit ŽtudiŽ se ram•ne ici ˆ la situation tr•s simple schŽmatisŽe ci-dessous :

A B

I5
I2
I4

3½ 3½

I1
e1 = 12 V e2 = 6 V
D C E

o• lÕon trouve que I1 = I 2 = 12 / 8 = 1,5 A et I 4 = I5 = 6 / 6 = 1 A.

Exemple 7

Ce circuit comporte cinq rŽsistances


identiques. A cause de la symŽtrie, au B
nÏud A, le courant I se partage en deux I
courants Žgaux chacun ˆ I/2 et dÕautre
part, les deux courants arrivant de B et D
A
de C en D valent aussi chacun I/2.
On voit aisŽment, en appliquant la loi
C
des nÏuds au nÏud B, que la rŽsistance
placŽe entre B et C ne peut •tre traversŽe par aucun courant et que, pour rŽsoudre le
circuit, on peut la retirer. Rappelons que les rŽsistances achetŽes dans le commerce
sont fournies avec une certaine tolŽrance et que la discussion menŽe ci-dessus offre
donc plus un intŽr•t thŽorique que pratique.

ULB - CeDop 16
8. Condensateurs

PrŽcisons comment la diffŽrence de potentiel aux bornes dÕun condensateur est


liŽe ˆ sa charge. Comme prŽcŽdemment, il sera important de tenir compte des sens
des courants et, ici, des signes des charges des deux armatures du condensateur qui
auront ŽtŽ choisis arbitrairement.

UAB º VB - VA = - Q / C

Dans la rŽsolution dÕun circuit avec condensateur, ceci ajoute une inconnue Q,
mais il y a une Žquation supplŽmentaire traduisant le lien entre Q et I :

C C
I I I I

A +Q -Q B A +Q -Q B

avec I = + dQ / dt ou I = - dQ / dt
le signe + indique que le condensateur le signe - indique que le condensateur se
se charge (dQ / dt > 0) dŽcharge (dQ / dt < 0)

Exemple 8 Charge dÕun condensateur

Le circuit contient, outre le condensateur A I e


initialement non chargŽ, une pile de t.Ž.m. E
-Q
et de rŽsistance interne r nŽgligeable, un C B
conducteur ohmique de rŽsistance R et un
+Q
interrupteur ouvert ˆ lÕinstant initial. D R
On ferme lÕinterrupteur et on veut prŽvoir comment Q et I vont varier en fonction
du temps. On assignera arbitrairement un sens au courant et des signes + et - ˆ
chacune des armatures du condensateur. A partir de la loi des mailles :
UAB + UBD + UDA = 0

E -RI-Q/C=0

ULB - CeDop 17
Soit t = 0, lÕinstant o• lÕon ferme lÕinterrupteur. La charge du condensateur Žtant
nulle, Q(0) = 0, il se comporte comme un ŽlŽment ÔtransparentÕ : un courant I(0) de
valeur E / R sÕŽtablit dans les fils qui relient les diffŽrents composants.

Mais, tout de suite apr•s, le condensateur se chargeÊ; le schŽma ci-dessus


reprŽsente le circuit pendant cette phase transitoire o• le courant I ainsi que la
charge Q des armatures voient leurs valeurs Žvoluer.

Enfin, quand lÕŽtat stationnaire est atteint, lorsque les armatures du


condensateur ont atteint leur charge maximale, il nÕy plus aucun tranfert de charges
dans les fils qui relient les diffŽrents composants et I vaut alors 0. Tout se passe
comme si on avait un circuit ouvert.

Regardons lÕŽvolution des valeurs de I et Q pendant la charge du condensateur.


A partir de E - R I - Q / C = 0 et I = dQ / dt, nous pouvons Žcrire :
E - R dQ / dt - Q / C = 0
Cette Žquation diffŽrentielle a comme solution (vŽrifiez-le) :
Q(t) = CÊE (1 - e - t / R C)
et le courant dans le circuit est donnŽ par : I(t) = dQ(t) / dt = ( E Ê/ÊR) e - t / R C.
I(t) dŽcro”t exponentiellement depuis sa valeur initiale E /ÊR, alors que chacune
des armatures du condensateur voit la valeur (absolue) de sa charge, Q(t), cro”tre
exponentiellement de 0 jusquÕˆ la valeur finale CÊE.

Les deux graphiques suivants reprŽsentent ce que lÕon pourrait mesurer au


laboratoire pour R = 20 kW, pour C = 100 mF et E = 6 V.

Q(t) {µC} Charge d'un condensateur


700

600

500

400

300

200

100

0
t {s}
0 2 4 6 8 10 12

ULB - CeDop 18
I(t) {µA} Courant dans le circuit
350

300

250

200

150

100

50

0
t {s}
0 2 4 6 8 10 12

Ce graphe de I(t) peut se dŽduire de celui de Q(t) par une dŽrivation graphique
(voir PrŽcis de cinŽmatique - Les Cahiers du CeDoP - 1996 - ISBN 2-930089-15-6).

Pour un mathŽmaticien, la charge des armatures du condensateur nÕatteindra sa


valeur maximale quÕau bout dÕune durŽe infinie ! Cependant, pour un physicien au
laboratoire, le temps nŽcessaire pour que le condensateur soit pratiquement chargŽ
est beaucoup plus court. Par exemple, nous voyons quÕau bout dÕun temps t* = RC
appelŽ constante de temps du circuit :

Q(t*) = CÊE (1 - e -Ê1) @ 0,63 CÊE = 63 % QÊfinal

Pendant ce m•me intervalle de temps, le courant est tombŽ de E Ê/ÊR ˆ EÊ/ÊR eÊ-Ê1
@ 0,37 EÊ/ÊR, cÕest-ˆ-dire a ŽtŽ rŽduit ˆ 37% de sa valeur maximale. Il en ira de m•me,
mais en sens inverse, pour la dŽcharge de ce m•me condensateur dont la charge Q(t)
diminue suivant lÕexpression :

Q(t) = Q(0) e - t / R C

o• Q(0) est la valeur de la charge initiale dÕune armature. Le courant dans les fils
de connexion est Žvidemment donnŽ par la dŽrivŽe de Q(t).

On peut se faire une bonne idŽe de la vitesse ˆ laquelle un condensateur se


dŽcharge, connaissant la constante de temps t* = RC du circuit. Par exemple, on peut
vŽrifier quÕau bout de 6 t*, la charge rŽsiduelle du condensateur sera environ Žgale ˆ
2ä seulement de sa charge initiale.

ULB - CeDop 19
9. Justification et limitation des lois de Kirchhoff

En fait, la premi•re loi rŽsulte de la conservation locale de la charge, dans


la mesure o• aucune charge ne s'accumule dans le circuit, sauf sur les armatures des
condensateurs prises sŽparŽment. La deuxi•me loi rŽsulte de la conservation de
l'Žnergie, ce qui implique que les forces qui agissent sur les charges sont
conservatives. Dans ce cas, elles dŽrivent dÕun potentiel Žlectrique.

En prŽsence dÕun champ magnŽtique, il faut tenir compte de la force de


Laplace, non conservative puisquÕelle dŽpend de la vitesse. La variation totale
dÕŽnergie dÕun Žlectron le long dÕune maille ne sera alors pas nulle. Pour aborder ce
genre de probl•me, il faut explicitement rŽsoudre les Žquations de Maxwell qui
rŽgissent l'ensemble des phŽnom•nes ŽlectromagnŽtiques et, en particulier, les
circuits Žlectriques.

COMPLEMENT POUR CEUX QUE LES MATHEMATIQUES NÕEFFRAIENT PAS

Mais, toute tentative pour analyser un circuit, m•me tr•s simple, en termes de
ces lois, rencontrerait d'Žnormes difficultŽs mathŽmatiques. La thŽorie
conventionnelle des circuits simplifie formidablement le probl•me en Žvitant tout
appel aux grandeurs locales (champs Žlectrique et magnŽtique, densitŽs de charge et
de courant) ; ce qui se passe dans le circuit est dŽcrit en termes de courants circulant
dans des fils et de diffŽrences de potentiel entre certains points, sans que lÕon
s'intŽresse ˆ ce qui se passe prŽcisŽment ˆ l'intŽrieur de chaque ŽlŽment. Les
Žquations aux dŽrivŽes partielles gouvernant les champs, complŽtŽes par des
conditions aux limites souvent compliquŽes, sont de ce fait remplacŽes par des
Žquations diffŽrentielles ou algŽbriques, tirŽes des deux lois de Kirchhoff. Il faut
donc prŽciser les conditions qui doivent •tre remplies, pour que cette ÔrŽductionÕ du
probl•me dŽcrive correctement les faits, et voir comment les lois de Kirchhoff sont
extraites des Žquations de Maxwell, bien que leur forme soit extr•mement ŽloignŽe
de celles-ci.

ULB - CeDop 20
Rappelons tout d'abord la forme gŽnŽrale des Žquations de Maxwell.

Dans les notations usuelles :

rot H = J + ¶D /ʶt rot E = - ¶B /ʶt


div D = re div B = 0

o• J et re sont les densitŽs de courant et de charge.

Pour des conditions stationnaires, les deux premi•res Žquations se rŽduisent ˆ

rot H = J rot E = 0

et il rŽsulte alors des thŽor•mes de Gauss et de Stokes que, pour toute surface
fermŽe S dÕaire A et tout contour fermŽ C :

ò J. dA = 0
S
ò E. ds = 0
C

La premi•re de ces expressions exprime la conservation de la charge et la


seconde, l'existence d'une fonction potentiel Žlectrique, ce qui justifie les lois de
Kirchhoff.

S C U

Etant donnŽ un ŽlŽment de circuit ˆ deux bornes, le courant entrant dans l'une
est Žgal au courant sortant de l'autre et la diffŽrence de potentiel entre ces bornes est
bien dŽfinie.

ULB - CeDop 21
Pour des conditions non stationnaires, l'application des thŽor•mes de Gauss et
de Stokes aux deux premi•res Žquations de Maxwell donneÊ:

ò J. dA = -¶Q / ¶t
S
ò E. ds = -¶F / ¶t
C

o• Q est la charge nette contenue ˆ l'intŽrieur de la surface S, et F le flux


magnŽtique au travers du contour C.

On ne retrouve les lois de Kirchhoff que lorsque les conditions suivantes sont
satisfaitesÊ:

1. pas d'accumulation de charge nette sur les fils,

2. variation nŽgligeable du flux magnŽtique liŽ aux courants passant dans les fils,

3. flux magnŽtique, associŽ ˆ chaque ŽlŽment, confinŽ ˆ l'intŽrieur de celui-ci.

PAS DE VARIATION DE LA CHARGE PAS DE VARIATION DU FLUX


NETTE DANS LA SURFACE FERMƒE S MAGNƒTIQUE AU TRAVERS DU
CONTOUR FERMƒ ABCD

A B A B

D C D C

Alors, la charge ˆ l'intŽrieur de la surface S et le flux magnŽtique au travers du


contour pointillŽ, dans le dessin ci-dessus, ne changent pas au cours du temps et l'on
se retrouve dans le cas stationnaire, en fait quasi-stationnaire,

ò J. dA = 0
S
ò E. ds = 0
C

en sorte que les lois de Kirchhoff s'appliquent. Les variations de charge et de flux
magnŽtique sont enti•rement confinŽes ˆ l'intŽrieur des ŽlŽments du circuit.

ULB - CeDop 22
Les trois conditions citŽes un peu plus haut peuvent ne pas •tre remplies ˆ cause
de deux types d'effetsÊ:

1. l'existence d'une vitesse finie de propagation des variations de champs et de


courants dans le circuit; lorsquÕun fil est extr•mement long, lÕinformation ne se
propage pas instantanŽment le long du fil, ceci est dž ˆ la valeur finie de la vitesse
de la lumi•re.

2. l'Žvasion des flux Žlectrique et magnŽtique vers l'extŽrieur du circuitÊ; ceci se


prŽsente dans toutes les antennes rŽceptrices comme Žmettrices.

Tant que les variations des courants sont suffisamment lentes pour que leur
propagation ˆ travers le circuit prenne place en un temps court par rapport au temps
caractŽristique de ces variations, la distribution des courants ˆ un moment donnŽ
correspond ˆ ce qui se passerait en rŽgime stationnaire. Mais, si les frŽquences de
ces variations sont telles que les longueurs d'onde qui leur sont associŽes sont
comparables ˆ la taille du circuit, alors le courant entrant dans un ŽlŽment peut ne
pas •tre Žgal au courant sortant de celui-ci, au m•me instant, en contradiction avec
la premi•re loi. Il faut alors, comme pour les lignes de transmission, expliciter ce
qui se passe localement dans chaque ŽlŽment et non plus traiter celui-ci comme un
tout.

L'Žvasion de flux Žlectrique et magnŽtique variables, vers l'extŽrieur du circuit,


entra”ne l'Žmission de rayonnement ŽlectromagnŽtique, cÕest-ˆ-dire l'Žmission
d'Žnergie, en dŽsaccord avec la deuxi•me loi. Cette Žmission n'est nŽgligeable que
si la longueur d'onde du rayonnement est grande par rapport ˆ la taille du circuit. Il
en rŽsulte une limite ˆ l'utilisation des circuits traditionnels et la nŽcessitŽ de passer
aux guides d'ondes, mieux adaptŽs au confinement des champs Žlectrique et
magnŽtique aux frŽquences ŽlevŽes.

ULB - CeDop 23
Il faut aussi rester conscient du fait que le graphe reprŽsentant le circuit est une
idŽalisation (chaque ŽlŽment du circuit est exactement localisŽ sur une branche
particuli•re) et que c'est ˆ travers cette idŽalisation que le circuit est analysŽÊ; les
lois de Kirchhoff elles-m•mes ne sont valables que dans la mesure o• cette
idŽalisation est acceptable.

Dans un circuit rŽel, les rŽsistances, les capacitŽs (et les inductances) prŽsentent
un caract•re diffus, plus ou moins prononcŽ selon les cas, faisant par exemple
intervenir les fils connectant ces divers ŽlŽments entre eux. Il faut aussi rappeler
l'existence de "diffŽrences de potentiels de contact" entre conducteurs de nature
diffŽrente. Le fait que la somme de ces diffŽrences de potentiel s'annule exactement
pour une cha”ne fermŽe de conducteurs n'est rigoureusement vrai que s'ils se
trouvent tous ˆ la m•me tempŽrature, ce qui n'est gŽnŽralement pas le cas dans un
circuit, par suite de l'effet Joule.

Il appara”t d•s lors, en certains endroits du circuit, des diffŽrences de potentiel


d'origine thermoŽlectrique que la deuxi•me loi de Kirchhoff ne prend pas
nŽcessairement en compte. Ces diffŽrences de potentiel ne s'Žl•vent, il est vrai, qu'ˆ
quelques µVÊ; elles sont nŽanmoins couramment utilisŽes pour mesurer la
tempŽrature au moyen dÕun thermocouple.

ULB - CeDop 24
10. ThŽor•mes de ThŽvenin et de Norton

Souvent, les ingŽnieurs, lorsquÕils doivent rŽsoudre des circuits Žlectriques pas
trop compliquŽs, en courant alternatif ˆ frŽquence constante ou en courant continu,
utilisent les thŽor•mes de ThŽvenin ou de Norton ˆ la place des lois de Kirchhoff.

Ces deux thŽor•mes nous disent que, dans ces conditions, il est possible de
remplacer toute portion de circuit linŽaire actif par une source de tension unique
ˆ laquelle est associŽe :

¥ soit une rŽsistance ou une impŽdance en sŽrie (thŽor•me de ThŽvenin),

¥ ou encore, une rŽsistance ou une impŽdance en parall•le (thŽor•me de Norton).

LÕexemple suivant est rŽsolu ˆ lÕaide du thŽor•me de ThŽvenin.

Exemple 9 Circuit Žquivalent de ThŽvenin

Dans le circuit ˆ courant continu reprŽsentŽ ci-dessous, on veut prŽvoir le courant


qui traversera une rŽsistance R placŽe entre A et B. Nous utiliserons notre rŽsultat
gŽnŽral pour deux valeurs particuli•res de cette rŽsistance.

10 V 5½

20 V 35 ½

A B
R

On commence par enlever cette rŽsistance et on calcule la valeur du courant qui


passe dans la maille
(20 - 10) / (35 + 5) = 0,25 A

ULB - CeDop 25
de mani•re ˆ pouvoir calculer la tension Žquivalente de ThŽvenin, tension entre
les bornes A et B, en lÕabsence de charge (cÕest-ˆ-dire, si R nÕest pas reliŽ) :

UAB = VB - VA = 20 - 35. 0,25 = 10 + 5. 0,25 = 11,25 V

Il faut calculer ensuite la rŽsistance Žquivalente de ThŽveninÊ; elle


correspond ˆ la rŽsistance mesurŽe entre les bornes A et B lorsquÕon annule la
tension des deux sources. Dans notre montage, la maille se rŽduit ˆ deux rŽsistances
de 5W et 35W montŽes en parall•le dont la rŽsistance Žquivalente vautÊ:

5. 35 / (5 + 35) = 4,375 W

Nous sommes maintenant ˆ m•me de reprŽsenter le circuit Žquivalent de


ThŽvenin :

11,25 V 4,375 ½

A B

Ceci ram•ne le probl•me posŽ ˆ la rŽsolution dÕun circuit ˆ une maille et permet
de trouver rapidement les courants pour de nombreuses valeurs de R si on le dŽsire :

Si R = 10 W, I = 11,25 / (10 + 4,375) = 0,783 A,

Si R = 50 W, I = 11,25 / (50 + 4,375) = 0,207 A.

ULB - CeDop 26
Exercices complŽmentaires non rŽsolus

1. Calculez au nÏud N reprŽsentŽ ci-dessous la valeur algŽbrique du courant I (signe,


valeur, unitŽ). Que pensez-vous de l'orientation proposŽe pour ce courant I ?

0,01A

60 mA

30 mA N
I
0,08A

R : I = + 40 mA. Comme le signe du courant I est positif, celui-ci passe bien dans le
sens de la fl•che.

2. Une bo”te noire avec 4 fiches est reliŽe ˆ


1 2
un gŽnŽrateur de tension et ˆ deux
amp•rem•tres identiques (de rŽsistances
3 4
internes nettement infŽrieures ˆ toutes A1 A2
les autres rŽsistances du circuit) comme
sur le schŽma ci-contre.
LÕintŽrieur de la bo”te noire correspond ˆ un des cinq circuits rŽsistifs reprŽsentŽs ci-
dessous o• toutes les rŽsistances ont la m•me valeur :

1 2 1 2 1 2 1 2 1 2

3 4 3 4 3 4 3 4 3 4
a b c d e

ULB - CeDop 27
2a. On constate que lÕamp•rem•tre A2 est traversŽ par un courant deux fois plus
petit que lÕamp•rem•tre A1. Quel est le circuit qui correspond ˆ cette situationÊ?

2b. Dans une autre expŽrience, les deux amp•rem•tres sont traversŽs par le m•me
courant. Quel est le circuit qui correspond ˆ cette nouvelle situationÊ?

R : a. Le circuit c, le courant se divise b. Le circuit d, car les amp•rem•tres sont


en deux parties Žgales, car les deux traversŽs par le m•me courant puisquÕil
rŽsistances sont montŽes en parall•le. nÕy a quÕune maille.

i
-

i /2
-

1 2 1 2
-
i /2
3 4 3 4
A1 A2 A1 A2

3. Quelle indication donne lÕamp•rem•tre placŽ dans le circuit ci-contre, quandÊ:

50 ½
A
1
75 ½
2 20 ½

12 V 10 ½

3a. les interrupteurs 1 et 2 sont ouverts,


3b. 1 est ouvert et 2 est fermŽ,
3c. 1 est fermŽ et 2 est ouvert,
3d. les interrupteurs 1 et 2 sont tous les deux fermŽs.

R : a. 0,15 A b. 0,2 A c. 0,12 A d. 0,18 A

ULB - CeDop 28
4. Comme on le voit sur la figure suivante, on a associŽ deux gŽnŽrateurs et deux
rŽsistances.
I1 e1, 1 ½ 6½

10 ½ I2
A B

I3 9 V, 1 ½

4a. Si I 2 = + 1 A , dŽterminez la valeur des courants I1 et I 3 ainsi que la t. Ž. m.


inconnue E1.
4b. Si lÕon souhaite dÕautre part que le courant I3 soit nul, par quelle rŽsistance

faudrait-il remplacer la rŽsistance R de 10 W ?

R : a. E1 = 24 V b. R = 4,2 W.

5. La figure ci-dessous montre une association de trois gŽnŽrateurs et trois rŽsistances.

e1 R1
I1

e2 I2 R2
A B

e3 R3
I3

5a. Cherchez les expressions littŽrales des courants I1, I2 et I 3 en fonction de E 1 , E 2,


E3, R1, R2 et R3.
5b. Si E 1 = 2 V, E 2 = 6 V et E 3 = 5 V, que de plus R 1 = 2 W, R2 = 10 W et R 3 = 8 W,
calculez les courants I1, I 2 et I 3.

R : b. I1 @ 0,293 A I2 @ - 0,741 A et I3 @ 0,448 A.

ULB - CeDop 29
6. Le circuit ci-contre e1 r1 I1
correspond ˆ un montage G
potentiomŽtrique. Il sert
gŽnŽralement ˆ mesurer une I3 P
A
t.Ž.m. inconnue par rapport ˆ R1 R2
une t.Ž.m. connue. Le rŽglage
du curseur en P permet de r2
modifier la valeur du courant
indiquŽe sur le galvanom•tre G.
e2 I2
La t. Ž. m. connue E2 vaut 10 V et r2 = 1 W. Si le rŽglage du curseur correspond ˆ un
courant I1 nul lorsque R1 = 99 W et R2 = 301 W , dŽterminez le courant dans R 1 ainsi
que la t.Ž.m. inconnue E1.

R : I = 0,1 A E1 = 9,9 V

7. Comme on le voit sur la figure suivante, un accumulateur de t.Ž.m. de 6ÊV et de


rŽsistance interne nŽgligeable est associŽ en parall•le, dÕune part ˆ deux rŽsistances
de 25 W et 55 W montŽes en sŽrie, et, dÕautre part, ˆ une rŽsistance de 100ÊW montŽe
en sŽrie avec un condensateur de capacitŽ 100 mF.

6V

25 ½ 55 ½

100 µF
A B 100 ½

Calculez, lorsque lÕŽtat stationnaire est atteint, la valeur du courant qui traverse
les deux rŽsistances et les charges de chacune des armatures du condensateur.

R : I = 75 mA Q A = - 600 mC et QB = + 600 mC.

ULB - CeDop 30
8. Les deux condensateurs
reprŽsentŽs ci-contre sont -Q1 -Q2
C1 C2
initialement non chargŽs et +Q1 +Q2
connectŽs en parall•le.

Ils sont ensuite raccordŽs ˆ une pile qui maintient ˆ leurs bornes une diffŽrence de
potentiel Žgale ˆ U.
Montrez qu'un condensateur unique, de capacitŽ CE, soumis ˆ la m•me diffŽrence de
potentiel U, prendrait la m•me charge totale Q1 + Q2,Êsi

CE = C1 + C2

o• CE est appelŽe la capacitŽ Žquivalente.

+Q -Q
9. Les deux condensateurs reprŽsentŽs
-Q C2
ci-contre, initialement non chargŽs, C1
+Q
sont connectŽs en sŽrie.

ReliŽs ensuite ˆ une pile qui maintient ˆ leurs bornes une diffŽrence de potentiel
Žgale ˆ U, leurs armatures prennent toutes une charge Q de m•me valeur.
Montrez qu'un condensateur unique dont les armatures prendraient une charge de
valeur Q en Žtant soumis ˆ la m•me diffŽrence de potentiel U aurait une capacitŽ
Žquivalente CE telle que

Ê1 1 1 .
= +
CE C1 C2

ULB - CeDop 31
10. Appliquez les lois de Kirchhoff au circuit suivant qui reprŽsente la charge dÕun
condensateur avec ÔperteÕ.

+Q I
R2
C e
-Q
I2 I1 R1

La partie entourŽe de pointillŽs de ce circuit est analogue ˆ un petit segment


dÕaxone (ŽlŽment rencontrŽ en physiologie). Cette partie rŽpŽtŽe un grand nombre de
fois correspond ˆ un axone ou ˆ un c‰ble Žlectrique mal isolŽ. Ce circuit permet
dÕŽtudier de fa•on analogique la rŽponse dÕun axone ˆ une impulsion Žlectrique.

R: I = I1 + I2
e - R2 I2 - R1 I = 0
e - Q / C - R1 I = 0
I1 = dQ / dt

ULB - CeDop 32
Circuits à une maille

1 courant 2 équipotentielles - 1 d.d.p.


I e e
0
A A B
0 V B
A R B
A
R 0

1 courant 3 équipotentielles
I e e
A B

R R R C R
1 2 1 2

1 courant 4 équipotentielles

e1 e2 I e1 D e2

A B

R R R C R
1 2 1 2

CeDoP - Lois de Kirchhoff - 1997 Transparent 1


Circuits à trois mailles
3 courants 2 équipotentielles
I e e

R I1 R
1 1
A B
R I2 R
2 2
3 mailles

3 courants 2 équipotentielles
e1 e1
I1

I3 R A R B

I2 e2 e2
3 mailles

CeDoP - Lois de Kirchhoff - 1997 Transparent 2


1 maille 1 courant 2 potentiels
I e e
A B

R R

1 maille 1 courant 3 potentiels


I e e
A B

R R R C R
1 2 1 2

3 courants 2 potentiels

I e e

R I1 R
1 1
A B
R I2 R
2 2

3 mailles