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Dossier 1 - Fonctions d’utilité et dispositions à l’échange

EXERCICE 1
Soit une économie à deux biens ⧿ (1) et (2) ⧿ dont on désigne les quantités par q1 et q2
respectivement. Soit un consommateur A dont les dotations initiales sont (3 , 3) et dont les
préférences peuvent être représentées par la fonction d’utilité uA(∙) de IR² dans IR définie par :
β 1 2
𝑈𝐴 (𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑞1α 𝑞2 avec α = 3 et β = 3.

1. Les paniers (3 , 3) et (27 , 1) sont-ils sur la même courbe d’indifférence ?


Les paniers (3 , 3) et (27 , 1) sont sur la même courbe d’indifférence car on a :
1⁄ 2⁄ 1⁄ +2⁄ 1⁄ 2⁄
𝑈𝐴 (3 , 3) = 3 3 ×3 3 =3 3 3 = 3 et 𝑈𝐴 (27 , 1) = 27 3 ×1 3 = 3 × 1 = 3.

2. Déterminer l’équation de la courbe d’indifférence de A passant par son panier de dotations


initiales et la représenter graphiquement (graphique I).
La courbe d’indifférence de A passant par son panier de dotations initiales, (3 , 3), relie tous
les paniers (q1, q2) apportant à A la même satisfaction que le panier (3 , 3). Elle a donc pour
équation :
uA(q1, q2) = uA(3 , 3)
autrement dit :
1⁄ 2⁄
𝑞1 3 𝑞2 3
=3
ce qui donne (en élevant tout au cube) :
𝑞1 𝑞22 = 27
ou encore (en exprimant q2 en fonction de q1) :
√27 3√3
𝑞2 = = .
√𝑞1 √𝑞1
La courbe passe (par exemple) par les paniers (3 , 3) et (27 , 1) comme vu plus haut.
Elle est continue (bien infiniment divisibles et agents capables de classer, selon ses
préférences, tous les paniers de bien possibles), décroissante (substituabilité des biens et non
saturation des besoins), convexe (préférence pour les mélanges de paniers) et asymptote aux
axes (désirabilité des biens).

Graphique I
3. Indiquer, sur le graphique, l’ensemble des paniers de biens que l’agent A préfère à son panier
de dotations initiales. Expliquer.
L’ensemble des paniers que l’agent A préfère à son panier de dotations initiales sont ceux
situés au-dessus (ou à droite) de la courbe d’indifférence passant par (3 , 3). Zone hachurée
en rouge dans le graphique ci-dessus. L’agent A préfère, en effet, plus à moins (hypothèse de
non saturation des besoins) et ses préférences sont transitives. Explications détaillées dans
l’annexe du poly du cours n°1.

4. Soit le panier (15 , 2) = 0,5×(3 , 3) + 0,5×(27 , 1). Sans effectuer aucun calcul, que pouvez-vous
dire de ce panier ?
La courbe d’indifférence passant par les paniers Q = (3 , 3) et Q’ = (27 , 1) est convexe (car la
fonction d’utilité est de type Cobb-Douglas). Cela signifie que tout panier situé sur le segment
[QQ’] est au-dessus de la courbe. Autrement dit, tout panier situé sur le segment [QQ’] est
préféré aux paniers de la courbe passant par Q et Q’. Or les paniers du segment [QQ’] sont de
la forme : λQ + (1 – λ)Q’, avec λ ∈ ]0 , 1[, ce qui est le cas du panier (15 , 2).
Rappel : on parle ici de « préférences convexes » ou de « préférence pour les mélanges » (sous-
entendu, les mélanges de paniers).

5. Déterminer le taux marginal de substitution (TMS) de A en un panier (q1, q2) quelconque, puis
en son panier de dotations initiales.
′ (𝑞 , 𝑞2 )
𝑢𝐴𝑞
Le TMS de A en un panier (q1, q2) quelconque est : TMSA(q1 , q2) = 𝑢′ 1 1
,
𝐴𝑞2 (𝑞1 , 𝑞2 )

ce qui donne :
β
α𝑞1α−1 𝑞2
TMSA(q1 , q2) = β−1
β𝑞1α 𝑞2

β 1−β
α𝑞 𝑞
= β𝑞2α 𝑞21−α
1 1

β+1−β
α𝑞2
=
β𝑞1α+1−α

α𝑞2
=
β𝑞1
1
𝑞2 1 2
= 32 pour α = 3 et β = 3.
𝑞
3 1
𝑞2
=
2𝑞1
3 1
Au panier (3 , 3), on a donc : TMSA(3 , 3) = 2(3) = 2.

A son panier de dotations initiales, l’agent A doit échanger (approximativement) 0,5 unités de
bien (2) contre une unité de bien (1) pour garder la même satisfaction1.

Comme ses courbes d’indifférence sont décroissantes et convexes, ceci signifie que l’agent A
est prêt à céder au maximum une demie unité de bien (2) pour acquérir une unité de bien (1),

1Plus précisément, au voisinage du panier (3 , 3), A doit échanger ½ bien (2) par unité de bien (1) pour
garder la même satisfaction.

2
ou, ce qui revient au même, il est prêt à céder au maximum deux unités de bien (1) pour
acquérir une unité de bien (2).
1
Graphiquement, 2 est la valeur absolue de la pente de la tangente à la courbe d’indifférence
au point (3 , 3) (valeur absolue de la pente de la flèche violette sur le graphique ci-dessus).

6. On suppose que le prix du bien (1) en bien (2), p1/p2, est égal à 3. Quel bien A est-il prêt à
1
céder/acquérir ? Pourquoi ? Mêmes questions si p1/p2 = 3.
[Le raisonnement va de soi quand on a compris qu’ici le TMS est le prix de réserve du bien (1) en
bien (2) de l’agent. Il faut donc partir de là puis déplier le raisonnement]
On vient de voir que, à son panier de dotations initiales, l’agent A est prêt à céder au maximum
une demie unité de bien (2) pour acquérir une unité de bien (1). Le prix maximum du bien (1)
en bien (2) qu’il est prêt à payer pour acquérir une unité de bien (1) est donc ½.
Si p1/p2, le prix du bien (1) en bien (2), est égal à 3, alors, ½ étant inférieur à 3, le bien (1)
coûte trop cher pour l’agent A, qui ne peut pas être d’accord pour céder du bien (2) en échange
de bien (1).
En revanche, si ce prix est égal à 1⁄3, comme 1⁄3 < 1⁄2, le prix du bien (1) en bien (2) étant
inférieur au prix maximum auquel il est prêt à acquérir du bien (1), A est susceptible d’être
d’accord pour céder du bien (2) contre du bien (1).

7. Déterminer l’ensemble des prix du bien (1) en bien (2) pour lesquels A est prêt à céder du bien
(2) pour acquérir du bien (1). Déterminer l’ensemble des prix du bien (1) en bien (2) pour
lesquels A est prêt à céder du bien (1) pour acquérir du bien (2).
On généralise le raisonnement de la réponse précédente : à son panier de dotations initiales,
le prix maximum du bien (1) en bien (2) que l’agent A est prêt à payer pour acquérir une unité
de bien (1) est ½. Il s’ensuit que :
• Si le prix du bien (1) en bien (2), p1/p2, est inférieur à ½, l’agent A est donc prêt à
acquérir du bien (1) et à céder du bien (2) en échange.
• En revanche, si le prix du bien (1) en bien (2) est supérieur à ½, A ne peut être prêt à
acquérir du bien (1) et à céder du bien (2) en échange. Dans ce cas, cependant, il est
prêt à acquérir du bien (2) et à céder du bien (1) en échange. En effet, si p1/p2 > ½,
alors p2/p1 < 2 : le prix du bien (2) en bien (1) est inférieur à 2, le prix de réserve du
bien (2) en bien (1) de A.
• Enfin, si le prix du bien (1) en bien (2) est égal à ½, alors A est on ne peut plus satisfait
avec son panier de dotations initiales.

8. Quelles auraient été les dispositions à l’échange de l’agent A, si son panier de dotation initiales
avait été (0 , 16) ?
1⁄ 2⁄
𝑈𝐴 (0 , 16) = 0 3 × 16 3 = 0. Cela signifie que l’agent A préfère n’importe quel panier
1⁄ 2⁄
(q1 , q2) où q1 > 0 et q2 > 0 au panier (0 , 16) puisque 𝑞1 3 𝑞2 3 > 0 si q1 > 0 et q2 > 0.
Remarque : Graphiquement cette propriété se traduit par le fait qu’une courbe d’indifférence
passant par un panier (q1 , q2) avec q1 > 0 et q2 > 0 ne coupe jamais les axes. Economiquement,
cela traduit le fait que, pour l’agent A, les deux biens sont désirables.
Si le panier de dotation initiales de A avait été (0 , 16), cet agent aurait été disposé à céder
quasiment tout son bien (2) en échange d’une quantité infinitésimale de bien (1). Bref, il aurait
été prêt à céder du bien (2) pour obtenir du bien (1) à n’importe quel prix.
Remarque : lorsque q1 tend vers 0+, le TMS de A tend vers l’infini.

3
TEXTE : Kenneth Arrow, 1951, Choix collectifs et préférences individuelles, Calmann-Lévy, pp. 31-
32. « Nature de la préférence et choix.
On adoptera ici le point de vue suivant : la comparaison interpersonnelle des utilités n’a pas de
sens et, à vrai dire, les comparaisons de bien-être sont indépendantes des problèmes de mesure
de l’utilité individuelle. (…) La seule signification véritable que l’on peut attribuer aux concepts
d’utilité concerne la représentation qu’ils donnent du comportement réel ; si l’on peut expliquer
à l’aide d’une fonction donnée d’utilité un comportement, on a largement démontré qu’il peut être
tout aussi bien expliqué par n’importe quelle autre fonction d’utilité, fonction monotone
croissante de la première. Si, en ce sens, il ne peut y avoir d’utilité mesurable, il est impossible a
priori de faire des comparaisons interpersonnelles des utilités ».

EXERCICE 2
Dans la même économie que celle de l’exercice 1, soit un consommateur B dont les préférences
peuvent être représentées par la fonction d’utilité uB(∙) de IR² dans IR définie par :
β
𝑈𝐵 (𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑞1α 𝑞2 avec α = 1 et β = 2.
1. Comparer les préférences de A et de B. Sont-elles identiques ou différentes ? Pourquoi ?
Le fait que uA(3 , 3) = 3 soit inférieur à uB(3 , 3) = 27 signifie-t-il que le panier (3 , 3) apporte
plus de satisfaction à B qu’à A ? Vous répondrez à ces questions en vous appuyant sur le texte 2.
Dans le modèle Arrow-Debreu, la fonction d’utilité est ordinale, et non cardinale. Ceci signifie
qu’elle indique un ordre de préférence et non l’intensité de la satisfaction des agents. Ainsi,
dire que l’utilité d’un panier Q est égale à 1 et celle d’un panier Q’ est égale à 2 pour un agent
ne signifie pas que Q’ procure deux fois plus de satisfaction à A que le panier Q, mais
simplement qu’il procure à A plus de satisfaction de Q.
Cette fonction est donc valable à une transformation croissante près. C’est ce que dit K. Arrow
dans le texte encadré : « si l’on peut expliquer à l’aide d’une fonction donnée d’utilité un
comportement, on a largement démontré qu’il peut être tout aussi bien expliqué par
n’importe quelle autre fonction d’utilité, fonction monotone croissante de la première ».
Or de :
1⁄ 2⁄
uA(q1, q2) = 𝑞1 3 𝑞2 3 et uB(q1, q2) = 𝑞1 𝑞2 2 ,
On déduit que :
UB(q1, q2) = [uA(q1, q2)]3.
UB(∙) est donc une transformation croissante de uA(∙).
Il s’ensuit que uA(∙) et uB(∙) représentent la même relation de préférence.
A et B ont donc exactement les mêmes préférences.
L’ordinalité de la fonction d’utilité a pour conséquence que l’on ne peut comparer les utilités
de deux agents différents. Le fait que uA(3 , 3) = 3 soit inférieur à uB(3 , 2) = 27 ne signifie
pas que le panier (3 , 3) apporte une satisfaction plus grande à B qu’à A, parce que, ces
fonctions n’indiquant pas l’intensité de la satisfaction de chacun, mais simplement leurs
ordres de préférence, elles ne peuvent permettre de comparer la satisfaction des deux agents :
« l a comparaison interpersonnelle des utilités n’a pas de sens et, à vrai dire, les comparaisons
de bien-être sont indépendantes des problèmes de mesure de l’utilité individuelle » (texte
encadré).
Cela ne signifie pas que la fonction d’utilité n’est jamais cardinale. Cela signifie simplement
que, dans le modèle Arrow-Debreu, elle pourrait certes être cardinale, mais elle a juste besoin
d’être ordinale (pour permettre la démonstration du théorème d’existence d’un équilibre
général).

4
2. On suppose que les dotations initiales de B sont (1 , 5). Déterminer le TMS de B en un panier
quelconque, puis en son panier de dotations initiales. Commentez.
A et B ayant les mêmes préférences, on a :
𝑞2
TMSB(q1 , q2) = TMSA(q1 , q2) = .
2𝑞1
5 5
TMSB(1 , 5) = 2(1)
= 2
: à son panier de dotations initiales, l’agent B est prêt à céder au
maximum 2,5 unités de bien (2) pour acquérir une unité de bien (1), ou, ce qui revient au
même, il est prêt à céder au maximum deux cinquièmes de bien (1) pour acquérir une unité
de bien (2).
A et B n’ayant pas les mêmes dotations initiales, ils n’ont pas les mêmes dispositions à
l’échange bien qu’ayant les mêmes préférences.

[FACULTATIF]
3. Quel est l’ensemble des prix du bien (1) en bien (2) pour lesquels B est prêt à céder du bien
(2) pour acquérir du bien (1), puis l’ensemble des prix du bien (1) en bien (2) pour lesquels B
est prêt à céder du bien (1) pour acquérir du bien (2).
Le prix de réserve du bien (1) en bien (2) de B est 2,5. Si p1/p2 est inférieur à 2,5, B est prêt à
acquérir du bien (1) et à céder du bien (2) en échange. En revanche, si p1/p2 est supérieur à
2,5, le bien (1) est trop cher pour lui. Il est alors demandeur de bien (2) et offreur de bien (1).

EXERCICE 3
Dans la même économie que celle des deux exercices précédents, soit un consommateur C dont
les dotations initiales sont (8 , 2) et dont les préférences peuvent être représentées par la fonction
d’utilité uC(∙) de IR² dans IR définie par :
β
𝑈𝐶 (𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑞1α 𝑞2 avec α = β =1.
1. Déterminer le TMS de C en un panier quelconque puis en son panier de dotations initiales.
𝑞2 2 1
TMSC(q1 , q2) = . D’où : TMSC(8 , 2) = 8 = 4.
𝑞1

2. Les préférences de C sont-elles identiques à celles de l’agent A de l’exercice 1 ?


Non, les préférences sont différentes, car leurs TMS en un panier quelconque sont différents.

3. Représenter graphiquement la courbe d’indifférence de C passant par son panier de dotations


initiales (graphique II).
La courbe d’indifférence de C passant par son panier de dotations initiales a pour équation :
uC(q1, q2) = uC(8 , 2)
autrement dit :
𝑞1 𝑞2 = 8 × 2 = 16

ce qui donne :
16
𝑞2 =
𝑞1
La courbe est continue, décroissante, convexe et asymptote aux axes. Elle passe (par exemple)
par les paniers (2 , 8), (4 , 4) et (8 , 2). Voir graphique II ci-dessous.

5
Graphique II

4. Quel est l’ensemble des prix du bien (1) en bien (2) pour lesquels C est prêt à céder du bien
(2) pour acquérir du bien (1), puis l’ensemble des prix du bien (1) en bien (2) pour lesquels C
est prêt à céder du bien (1) pour acquérir du bien (2).
1
Le prix de réserve du bien (1) en bien (2) de C est 4 (voir question 1). Donc si p1/p2 est inférieur
1
à , B est susceptible d’acquérir du bien (1) et de céder du bien (2) en échange. En revanche,
4
1
si p1/p2 est supérieur à 4, le bien (1) est trop cher pour lui. Il ne peut être demandeur, mais
offreur, de bien (1) et demandeur de bien (2).

EXERCICE 4 – L’INDETERMINATION DE L’ECHANGE


On se situe dans la même économie que celle des exercices 1 et 3. On suppose que cette
économie est sans production (économie d’échange pur) et à deux agents (les agents A et C des
exercices précédents).
1. Qu’est-ce qu’un état réalisable de cette économie ?
Un état réalisable d’une économie est une allocation des ressources de cette économie
entre les deux agents.
Les ressources de cette économie sont les quantités disponibles de biens (1) et (2). Et
comme cette économie est sans production, la quantité de bien (1) disponible dans
l’économie, ̅̅̅,
𝑞1 est la somme des dotations initiales en bien (1) des deux agents :
𝑞1 = 3 + 8 = 11.
̅̅̅
Même chose pour ̅̅̅, 𝑞2 la quantité de bien (2) disponible dans l’économie. C’est la somme
des dotations initiales en bien (2) des deux agents :
𝑞2 = 3 + 2 = 5.
̅̅̅
Si l’on note (q1A , q2A) le panier de biens que possède A et (q1C , q2C) le panier de biens que
possède C, alors un état réalisable de cette économie est :
{(q1A , q2A) , (q1C , q2C)} avec q1A + q1C = 11 et q2A + q2C = 5.

2. Représenter cette économie dans un diagramme d’Edgeworth (graphique III).


Le diagramme d’Edgeworth représente l’ensemble des états réalisables d’une économie
d’échange pur (sans production) lorsque celle-ci est composée de deux agents (ici A et C)
et de deux biens (ici (1) et (2)).

6
On le dessine en retournant le graphique II (axe jaune et courbe rouge) et en le posant
ainsi à l’envers sur le graphique I (axe bleu et courbe verte) de façon à ce que les paniers
de dotation initiales de A et de C se superposent.
On obtient ainsi le graphique III suivant :

Graphique III

0 3

On obtient ainsi un rectangle, une « boîte » (ce diagramme est également appelé « boîte
d’Edgeworth »), dont la base représente la quantité de bien (1) disponible dans l’économie
(à savoir 11) et dont la hauteur représente la quantité de bien (2) disponible dans
l’économie (à savoir 5). Le panier disponible pour l’économie est (11 , 5)
Chaque point du rectangle représente dès lors un état réalisable de l’économie. L’abscisse
et l’ordonnée d’un point quelconque donnent respectivement les quantités de bien (1) et
de bien (2) détenues par A lorsque l’on regarde le rectangle à l’endroit, et détenues par C
lorsqu’on le regarde à l’envers (puisque la quantité de bien (1) détenue par C est égale à
11 moins la quantité de bien (1) détenue par A, et la quantité de bien (2) détenue par C est
égale à 5 moins la quantité de bien (2) détenue par A).
Ainsi, par exemple, l’allocation initiale {(3 , 3) , (8 , 2)} (point vert sur le graphique)
apparaît comme le point (3 , 3) quand on regarde le diagramme à l’endroit, et comme le
panier (8 , 2) quand on le regarde à l’envers.
De même, l’état réalisable {(9 , 2) , (2 , 3)}, le point bleu dans la boîte, apparaît comme le
point (9 , 2) à l’endroit (A a alors 9 bien (1) et 2 biens (2)) et comme le point (2 , 3) à
l’envers (C a alors 2 biens (1) et 3 biens (2)). Car on a bien (2 , 3) = (11 , 5) – (9 , 2).

3. Représenter, sur le même graphique (III), l’ensemble des états réalisables que A et C
préfèrent à la situation initiale.
A et C préférant à la situation initiale les états réalisables situés au-dessus de leur courbe
d’indifférence, l’ensemble des états réalisables que A et C préfèrent à la situation initiale
est la « lentille » (i.e. la surface situées entre les courbes d’indifférence de A et de C passant
par leur lanier de dotations initiales.
4. Déduire de vos réponses aux questions des exercices 1 et 3, les taux d’échange (ou prix
p1/p2) possibles. S’ils font des échanges à ces taux, quel bien A cèdera-t-il à C ?
Les réponses aux questions 7 de l’exercice 1 et 4 de l’exercice 3 sont résumées dans le
tableau ci-dessous (fond vert pour A et fond rouge pour C)

7
𝑝1 1 𝑝1 1 1 𝑝1 1 𝑝1 1 𝑝1 1
< = < < = >
𝑝2 4 𝑝2 4 4 𝑝2 2 𝑝2 2 𝑝2 2

A est on ne A n’est pas prêt à


A est prêt à acquérir du bien (1) : prix du bien (1) en
peut plus acquérir du bien 1
bien (2) inférieur à son prix de réserve. Il est donc prêt à
satisfait avec le (ni à céder du bien
céder du bien (2) en échange.
panier (3 , 3) 2 en échange)
C est on ne peut C n’est pas prêt à acquérir du bien (1) : prix du bien (1)
C est prêt à céder
plus satisfait en bien (2) supérieur à son prix de réserve. Il n’est donc
du bien (2) pour
avec son panier pas non plus prêt à céder du bien (2).
acquérir du bien
de dotations Il est en revanche prêt à céder du bien (1) pour acquérir
(1)
initiales (8 , 2) du bien (2).
Echange Echange Echange Echange
Echange possible
impossible impossible impossible impossible

Les taux d’échange susceptibles d’être acceptés à la fois par A et par C sont donc tous ceux
qui sont strictement compris entre 1/4 et 1/2. A ces taux, A est prêt à céder du bien (2) à
C en échange de bien (1) que C est prêt à lui céder en échange de bien (1) pour acquérir
du bien (2).

5. Si A n’avait pas aimé le bien (2), quels auraient été les taux d’échange possible avec C ?
Représenter cette situation sur un autre graphique.
Si l’agent A n’avait pas aimé le bien (2), il aurait été disposé à céder tout son bien (2) en
échange de bien (1), et ce, à n’importe quel prix. On aurait donc eu le tableau suivant :

𝑝1 1 𝑝1 1 𝑝1 1
< = >
𝑝2 4 𝑝2 4 𝑝2 4

A est prêt à céder tout son bien (2) en échange de bien (1)

C est on ne peut plus


C est prêt à céder du
satisfait avec son panier C est prêt à céder du bien (1)
bien (2) pour acquérir
de dotations initiales (8 , pour acquérir du bien (2).
du bien (1)
2)
Echange impossible Echange impossible Echange possible

𝑝1 1
Les échanges auraient donc été possibles entre A et C aux prix 𝑝2
> 4 (auxquels C est
disposer à céder du bien (1) pour acquérir du bien (2)).
Graphiquement, les courbes d’indifférence de A auraient été verticales. L’ensemble des
états réalisables préférés à la situation initiale par A et par C n’aurait donc pas eu la forme
d’une lentille.

6. Si l’économie avait été composée de A et de B, quels auraient été les taux d’échange
possibles ?
De la même façon que dans la réponse à la question précédente, les taux d’échange
acceptables à la fois par A et par B sont donc tous ceux qui sont strictement compris entre
leurs TMS à leurs paniers de dotations initiales, autrement dit ici entre TMS A(3 , 3) et
1 5
TMSB(1 , 5), donc entre 2 et 2.

8
7. Si A et B avaient eu les mêmes dotations initiales, quels auraient été les taux d’échange
possibles ? Pourquoi ?
Aucun taux d’échange n’aurait été possible. En effet, A et B ont les mêmes préférences. S’ils
avaient eu les mêmes dotations initiales, ils auraient eu les mêmes dispositions à
l’échange ; ils auraient donc voulu du même bien aux mêmes taux : aucun échange n’aurait
été possible. L’échange est impossible si les individus sont identiques.
8. On suppose que A et C ne feront pas d’échange s’ils peuvent encore améliorer leur
situation. Ceci permet-il de savoir quelles quantités de biens ils vont échanger (et donc à
quel prix relatif) ?
Les états réalisables auxquels les agents ne peuvent plus améliorer leur situation par
l’échange sont ceux pour lesquels les deux TMS sont égaux : ce sont les états réalisables
situés sur la « courbe des contrats » (on reverra cette courbe plus tard, quand on étudiera
l’optimalité au sens de Pareto).
L’ensemble des états réalisable sur lesquels A et C sont susceptibles de se mettre d’accord
sont donc ceux situés à l’intersection de la courbe des contrats et de la lentille.
Il y a indétermination car une infinité d’états réalisables font l’affaire. On ne peut pas dire
si A et C vont se mettre d’accord ni, le cas échéant, sur quel état réalisable ils vont se mettre
d’accord.
Donc, pour répondre à la question posée, non, ceci ne permet pas de savoir quelles
quantités de biens les agents A et C vont échanger.
Pour le savoir, il faut ajouter d’autres hypothèses. Celles du modèle de concurrence
parfaite permette de lever l’indétermination, du moins dans les cas similaires à celui de
cet exemple.

9
Dossier 2 – Le choix du consommateur en concurrence parfaite

En vous appuyant sur les textes suivants, rappeler les principales hypothèses du modèle de
concurrence parfaite.

Texte 1. J. Roberts, “Perfectly and imperfectly competitive markets”, The New Palgrave Dictionary of
Economics, Palgrave Macmillan, 1987.
« Dans cette théorie [celle d’Arrow, Debreu et MacKenzie, dont l’ouvrage de Debreu, Théorie de la
valeur, fournit encore le traitement standard], on donne à la concurrence une définition
comportementale. Il existe une liste donnée de consommateurs et de firmes et une liste donnée de
marchandises. On introduit un seul prix pour chaque bien et l’on définit alors le comportement
parfaitement concurrentiel. Il implique que chaque consommateur sélectionne les transactions nettes
qui maximisent son utilité, et soumises à une contrainte de budget définie sous les hypothèses selon
lesquelles le consommateur peut vendre ou acheter des quantités illimitées aux prix spécifiés (…). De
même [dans une économie avec production] chaque firme sélectionne les inputs et outputs qui
maximisent ses profits nets, à nouveau en supposant que chaque firme peut acheter et vendre
n’importe quelle quantité sans influencer les prix. Finalement, l’équilibre est un vecteur de prix et de
choix parfaitement concurrentiels pour chaque agent à ces prix, agrégés en une allocation réalisable
(…). Plusieurs des conditions qui apparaissent dans des traitements moins formels de la concurrence
parfaite sont contenues dans la formulation de Debreu. Par exemple, la définition stricte de la
marchandise implique l’homogénéité, et la divisibilité est explicitement postulée. Pourtant, de manière
surprenante, la libre entrée et le grand nombre d’agents ne jouent aucun rôle explicite dans la théorie.
Tous les théorèmes tiendraient s’il n’y avait qu’un seul acheteur et vendeur de chaque marchandise ».

Texte 2. B. Guerrien, 2016, « Qu’est-ce que la concurrence parfaite ? » (http://bernard


guerrien.com/concurrence-parfaite.pdf)
« Dans le langage courant, la « loi de l’offre et de la demande » évoque un processus dans lequel le prix
d’un bien augmente quand sa demande est supérieure à son offre, et diminue dans le cas contraire. Il y
a « équilibre » – le processus s’arrête – quand l’offre est égale à la demande (toutes deux sont
« satisfaites »). Le prix d’équilibre est donc solution de l’équation :
s(p) = d(p).
Si on s’intéresse à l’ensemble de l’économie, l’offre et la demande d’un bien dépend de son prix mais
aussi de ceux des autres biens. Supposons, pour simplifier les notations, que l’économie ne comporte
que deux biens. La demande du bien 1 dépend alors du prix p1 de ce bien mais aussi de celui du bien 2,
p2. On peut donc la noter d1(p1, p2). Pour les mêmes raisons, on note s1(p1, p2) l’offre du bien 1, puis
d2(p1, p2) et s2(p1, p2) la demande et l’offre du bien 2, respectivement.
Dans ces conditions, les prix d’équilibre pour cette économie sont solution du système d’équations :
s1(p1, p2) = d1(p1, p2)
s2(p1, p2) = d2(p1, p2).
Ce qui peut s’écrire, de façon synthétique :
S(P) = D(P),
les majuscules désignant des vecteurs – par exemple : P = (p1, p2) ou, dans le cas où il y a n biens, P =
(p1, …, pn).
Les fonctions d’offre et de demande n’ont donc que les prix pour variables. Comment interpréter cette
notation d’un point de vue économique ?

Des agents preneurs de prix


Le fait d’écrire d(p), s(p), d(p) = s(p), S(P), D(P), etc. suppose que les demandeurs et les offreurs font
leurs calculs sur la base des même prix – notés p où P, selon le cas.
La question qui se pose alors est de savoir d’où viennent – ou comment se forment – ces prix. On pense
a priori qu’ils sont le résultat de marchandages, mais on ne voit pas alors pourquoi ils seraient uniques
– chacun marchandant dans son coin, puis le faisant ailleurs, et ainsi de suite. On peut supposer que les
prix sont proposés par les vendeurs – les producteurs, par exemple –, mais cela demande d’introduire
une distinction (une « asymétrie ») entre vendeurs d’un côté et acheteurs de l’autre – les uns étant
« faiseurs » de prix, les autres en étant « preneurs ». Les notations devraient alors refléter cette
distinction – par exemple, en appelant pis le prix proposé par le vendeur i. En notant p « tout court » le
prix dans les fonctions d’offre et de demande, il est donc supposé que ce prix n’est le fait ni des
vendeurs, ni des acheteurs. Il est « donné ».
C’est la première hypothèse de la concurrence parfaite : les prix sont donnés, les agents – ménages et
entreprises – se contentant de les « prendre ».
Cette hypothèse ne suffit pas toutefois à justifier à elle seule la notation d(p), s(p),… qui suppose un
certain type de réaction des agents devant des prix « donnés ». S’ils pensent qu’à ces prix ils auront des
problèmes de débouchés ou qu’ils ne pourront obtenir tout ce qu’ils veulent, leurs offres ou leurs
demandes ne pourront plus être représentées par des formules simples comme d(p), s(p), etc. Tel sera
aussi le cas si des agents pensent que leurs offres ou leurs demandes peuvent influencer les prix
« donnés »1.
Les notations d(p), s(p), etc., du modèle de concurrence parfaite ne sont valables que si les agents
pensent – ou croient – qu’ils pourront vendre ou acheter tout ce qu’ils veulent aux prix « donnés » et que
leurs actions n’ont pas d’influence sur eux.
C’est la deuxième hypothèse de la concurrence parfaite.
La première hypothèse est d’ordre institutionnel, puisqu’elle suppose une forme d’organisation sociale
dans laquelle les prix sont proposés (par on ne sait trop qui) et acceptés sans rechigner par tout le
monde.
La deuxième hypothèse relève de la psychologie, puisqu’elle porte sur les croyances des agents (…) qui
permettent d’utiliser les notations simples d(p), s(p), etc.
Ces deux hypothèses sont souvent résumées en disant que, en concurrence parfaite, les agents sont
« preneurs de prix » (price takers).
(…)
Telles sont les hypothèses, ou « conditions », qui permettent d’obtenir les fonctions d’offre et de
demande de la concurrence parfaite. Il reste maintenant à passer à la « solution » proprement dite du
modèle : les prix d’équilibre – qui ne peuvent être conçus que dans un cadre centralisé.

« Loi de l’offre et de la demande » et centralisation


Les ménages et les entreprises preneurs des prix P formulent leurs offres, s(P), et leurs demandes, d(P),
à ces prix. Pour savoir si l’ensemble des offres et des demandes sont (globalement) compatibles, il faut
qu’il y ait « quelqu’un », ou « quelque chose » (un ordinateur, par exemple), qui les recueille et les
additionne. Dans le cas où la demande totale D(P) est égale à l’offre totale S(P), alors on dit que P est le
(vecteur) prix d’équilibre de concurrence parfaite.
Pour savoir si le vecteur prix P (donné) est d’équilibre, il faut donc faire appel à une nouvelle hypothèse
d’ordre institutionnel : l’existence d’une entité qui confronte globalement l’ensemble des offres et des
demandes aux prix P. On peut raisonnablement supposer que cette entité « donne » aussi le vecteur
prix P.
L’écriture d(p), s(p) (ou, dans sa forme plus générale, D(P), S(P)) suppose donc l’existence d’un système
très centralisé. Si on entend par « loi de l’offre et de la demande » la « confrontation » d’offres et de
demandes de la forme s(P) et d(P) – des fonctions qui n’ont que les prix pour variables –, alors la mise
en œuvre de cette « loi » suppose l’existence d’un « centre » qui :
- propose un prix pour chaque bien (« loi du prix unique ») ;
- regroupe les offres et les demandes individuelles aux prix proposés et les confronte pour savoir
si ces prix sont d’équilibre ;

1
Ils pourraient alors adopter des « comportements stratégiques » consistant, par exemple, à demander moins que
ce qu’ils veulent en réalité pour exercer une pression à la baisse sur le prix « donné ».

2
- veille à ce que chacun exécute ce à quoi il s’est engagé lorsque les prix d’équilibre ont été
« trouvés »2.
C’est dans ce cadre – une économie avec un « centre » qui propose des prix à des agents qui les
« prennent » – que Arrow et Debreu ont montré que le système d’équations
S(P) = D(P)
comporte au moins une solution, appelée équilibre général de concurrence parfaite. »

Texte 3. F. Hahn, “auctioneer”, The New Palgrave Dictionary of Economics, 2nd edition, eds. S. Durlauf
& L. Blume, Palgrave Macmillan, 2008.
« Le commissaire-priseur fictif est une conséquence d’une lacune théorique et d’une difficulté logique.
Si les prix doivent être modifiés par des agents économiques de la théorie, c’est-à-dire soit par des
ménages, soit par des firmes, soit par les deux, alors il n’est pas simple de voir comment ces mêmes
agents doivent aussi prendre les prix comme des données exogènes comme le requiert le postulat de
concurrence parfaite ».

Hypothèses du modèle de concurrence parfaite


Dans le modèle de concurrence parfaite (dû à Arrow & Debreu), l’ « atomicité » ne caractérise pas
le modèle (nombre d’agents quelconque), ni la « libre entrée » puisque la liste des consommateurs
et des producteurs est « donnée » [Texte de Roberts]. (On dira les raisons de cette hypothèse en
cours lorsqu’on introduira la production dans le modèle).

Ces textes sont l’occasion de revenir avec eux sur les hypothèses du modèle de concurrence
parfaite (et donc sur la définition théorique de la concurrence parfaite).
Certaines hypothèses du modèle (sur les biens et le consommateur, comme l’unicité du prix d’un
bien ou la rationalité du consommateur) sont communes au modèle de concurrence parfaite et à
certains modèles de concurrence imparfaite. Elles ne caractérisent donc pas la concurrence
parfaite.
Outre ce premier ensemble d’hypothèses, le modèle de concurrence parfaite contient deux types
d’hypothèses qui peuvent permettre de le caractériser : des hypothèses institutionnelles
(concernant l’organisation des échanges) et des hypothèses sur les croyances et les
comportements des agents.
• Deux hypothèses sur les croyances des agents : ils croient que ce qu’ils offrent ou
demandent n’influence pas les prix, ils se contentent de « prendre des prix donnés », ils
sont price takers (ce en quoi ils se trompent puisque c’est faux dans le modèle) et croient
qu’ils peuvent acheter ou vendre tout ce qu’ils veulent (ce qui est « vrai à l’équilibre »
dans le modèle, et les échanges n’ont lieu qu’à l’équilibre).
• Des hypothèses institutionnelles. Ce sont les règles du jeu : pas d’échange hors équilibre,
centralisation symbolisée par le commissaire-priseur (Il faut bien que les prix soient
donnés par quelqu’un ou « quelque chose » (voir textes de Hahn et de Guerrien) : le
commissaire-priseur affiche les prix, dès lors connus de tous, centralise les offres et
demandes, les compare, organise les échanges si elles sont égales, etc.
Notons que Bernard Guerrien classe le price taking dans les hypothèses institutionnelles. La
raison en est que les agents prennent les prix car ceux-ci sont donnés.
Enfin, n’oublions pas le but de tout cela : répondre à une question (théorique) particulière (voir
dernière phrase de l’extrait du texte de Guerrien).

2
Si la confrontation des offres et des demandes aux prix P est telle que D(P)  S(P) – ce qui est sûrement le cas si P est choisi au hasard –,
alors le « centre » va devoir effectuer une tâche supplémentaire : faire varier les prix (en appliquant, par exemple, la « loi de l’offre et de la
demande ») en vue de trouver leur valeur d’équilibre. Pour garder les notations D(P) et S(P), les échanges entre agents sont interdits pendant
ce processus (voir plus loin la critique faite à Walras par Joseph Bertrand).

3
EXERCICE 1 – choix du consommateur
Soit le consommateur A de l’exercice 1 du dossier 1.
Les dotations initiales de A sont (3 , 3) et ses préférences peuvent être représentées par la fonction
d’utilité uA(∙) de IR² dans IR définie par :
β 1 2
𝑈𝐴 (𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑞1α 𝑞2 avec α = 3 et β = 3.
𝑞
Son TMS en un panier quelconque est : TMSA(q1 , q2) = 2𝑞2 .
1

1. Déterminer son revenu lorsque p1 = 4 et p2 = 1.


Dans une économie d’échange pur, le consommateur tire son revenu de la vente de ses
dotations initiales. A vend donc le panier (3 , 3). Aux prix p1 = 4 et p2 = 1, son revenu R est
donc :
R = 4 × 3 + 1 × 3 = 15.

2. Pour ces mêmes prix, déterminer sa droite de budget et son ensemble des consommations
possibles. Les représenter sur le graphique I de l’exercice 1 du dossier 1.
La droite de budget a pour équation :
p1q1 + p2q2 = R,
ce qui donne ici :
4q1 + q2 = 15
Ou encore :
q2 = 15 – 4q1 (droite de pente – 4 et d’ordonnée à l’origine 15)

3. Déterminer les offre et demande concurrentielles de bien (1) et de bien (2) de A à ces prix.
La fonction d’utilité étant de type Cobb-Douglas, les courbes d’indifférences sont continues,
décroissantes, convexes et asymptotes aux axes. Les quantités q1 et q2 demandées par le
consommateur sont donc les solutions du système :
𝑝
TMS(𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑝1
S:{ 2.
𝑝1 𝑞1 + 𝑝2 𝑞2 = 𝑅
Ce qui donne, pour p1 = 4 et p2 = 1:
𝑞2
=4
{ 2𝑞1
4𝑞1 + 𝑞2 = 15
La première équation nous permet d’exprimer q2 en fonction de q1 ; on substitue alors, dans la
seconde équation, q2 par 6q1, ce qui donne :
𝑞2 = 8𝑞1
{
4𝑞1 + 8𝑞1 = 15
Ou encore :
𝑞2 = 8𝑞1
{ 15 5 .
𝑞1 = 12 = 4 = 1,25
On en déduit que le panier demandé par le consommateur A est :
(q1*, q2*) = (1,25 , 10)
En échange de ce panier, le consommateur A offre son panier de dotations initiales (dont il tire
son revenu) : (3 , 3).

4
4. Montrer que les fonctions de demande concurrentielles de bien (1) et de bien (2) de A pour
𝑝 𝑝
des prix quelconques sont respectivement 𝑞1∗ = 1 + 2 et 𝑞2∗ = 2 + 2 1 Préciser quelles sont
𝑝1 𝑝2
ses fonctions d’offre concurrentielle pour chacun des biens.
La fonction d’utilité étant de type Cobb-Douglas, les courbes d’indifférences sont continues,
décroissantes, convexes et asymptotes aux axes. Les quantités q1 et q2 demandées par le
consommateur sont donc les solutions du système :
𝑝
TMS(𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑝1
S:{ 2.
𝑝1 𝑞1 + 𝑝2 𝑞2 = 𝑅
Ce qui donne, pour p1 et p2 quelconques:
𝑞2 𝑝1
=
𝑆′ { 2𝑞1 𝑝2 .
𝑝1 𝑞1 + 𝑝2 𝑞2 = 3𝑝1 + 3𝑝2

𝑝 𝑝 𝑝 𝑝
𝑝2 𝑞2 = 2𝑝1 𝑞1 𝑞2 = 2 1 𝑞1 𝑞2 = 2 𝑝1 (1 + 𝑝2 ) = 2 𝑝1 + 2
𝑝2
Or S’ ⇒ { ⇒{ 𝑝 ⇒ {
2 1
𝑝
2
.
3𝑝1 𝑞1 = 3𝑝1 + 3𝑝2 𝑞1 = 1 + 2 𝑞 =1+ 2
𝑝1 1 𝑝1
Les fonctions de demande concurrentielle de bien (1) et de bien (2) de A sont bien :
𝑝 𝑝
d1A(p1 , p2) = 1 + 2 et d2A(p1 , p2) = 2 + 2 1 .
𝑝1 𝑝2
Et ses fonctions d’offre concurrentielle sont :
o1A(p1 , p2) = 3 et o2A(p1 , p2) = 3.

5. Les choix du consommateur dépendent-ils du niveau nominal des prix ? Pourquoi ?


Non. Ils dépendent des prix relatifs (les fonctions d’offre et de demande sont homogène de
degré 0).

EXERCICE 2 – CHOIX DU CONSOMMATEUR (SUITE) [FACULTATIF]


Soit le consommateur B de l’exercice 2 du dossier 1.
𝑞2
B a les mêmes préférences, donc le même TMS que A : TMSB(q1 , q2) = . Ses dotations initiales
2𝑞1
sont : (1 , 5)

Montrer que ses fonctions d’offre et de demande concurrentielles de bien (1) et de bien (2) pour
des prix quelconques sont:
1 5 𝑝2 10 2 𝑝1
o1B(p1 , p2) = 1, o2B(p1 , p2) = 5, d1B(p1 , p2) = + et d2B(p1 , p2) = + .
3 3 𝑝1 3 3 𝑝2
La fonction d’utilité étant de type Cobb-Douglas, les courbes d’indifférences sont continues,
décroissantes, convexes et asymptotes aux axes. Les quantités q1 et q2 demandées par le
consommateur sont donc les solutions du système :
𝑝
TMS(𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑝1
S:{ 2.
𝑝1 𝑞1 + 𝑝2 𝑞2 = 𝑅
Ce qui donne, pour p1 et p2 quelconques:
𝑞2 𝑝1
′ =
𝑆 { 2𝑞1 𝑝2 .
𝑝1 𝑞1 + 𝑝2 𝑞2 = 𝑝1 + 5𝑝2

𝑝 𝑝 1 5𝑝 2𝑝 10
𝑝2 𝑞2 = 2𝑝1 𝑞1 𝑞2 = 2 𝑝1 𝑞1 𝑞2 = 2 1 ( + 2 ) = 1 +
2 𝑝 3 3 𝑝 3 𝑝 3
Or S’ ⇒ { ⇒{ 1 5 𝑝 ⇒ { 2 1 2
.
3𝑝1 𝑞1 = 𝑝1 + 5𝑝2 𝑞 = + 2 1
𝑞 = +
5 𝑝2
1 3 3 𝑝1 1 3 3 𝑝1

5
Les fonctions de demande concurrentielle de bien (1) et de bien (2) de B sont bien :
1 5 𝑝2 2𝑝 10
d1A(p1 , p2) = 3 + 3 𝑝1
et d2A(p1 , p2) = 3 𝑝1 + 3
.
2
Et ses fonctions d’offre concurrentielle sont :
o1A(p1 , p2) = 1 et o2A(p1 , p2) = 5.

EXERCICE 3 – CHOIX DU CONSOMMATEUR (SUITE) [FACULTATIF]


Soit le consommateur C de l’exercice 3 du dossier 1.
Rappel : C a pour dotations (8 , 2) et ses préférences sont représentées par 𝑈𝐶 (𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑞1 𝑞2 .
Montrer que ses fonctions d’offre et de demande concurrentielles de bien (1) et de bien (2) pour
des prix quelconques sont :
𝑝 𝑝
o1C(p1 , p2) = 8, o2C(p1 , p2) = 2, d1C(p1 , p2) = 4 + 𝑝2 et d2C(p1 , p2) = 1 + 4 𝑝1 .
1 2

La fonction d’utilité étant de type Cobb-Douglas, les courbes d’indifférences sont continues,
décroissantes, convexes et asymptotes aux axes. Les quantités q1 et q2 demandées par le
consommateur sont donc les solutions du système :
𝑝
TMS(𝑞1 , 𝑞2 ) = 1
S:{ 𝑝2 .
𝑝1 𝑞1 + 𝑝2 𝑞2 = 𝑅
Ce qui donne, pour p1 et p2 quelconques:
𝑞2 𝑝1
′ =
𝑆 { 𝑞1 𝑝2 .
𝑝1 𝑞1 + 𝑝2 𝑞2 = 8𝑝1 + 2𝑝2

𝑝 𝑝 𝑝 𝑝
𝑝2 𝑞2 = 𝑝1 𝑞1 𝑞2 = 𝑝1 𝑞1 𝑞2 = 1 (4 + 2 ) = 4 1 + 1
𝑝 𝑝 𝑝2
Or S’ ⇒ {2𝑝 𝑞 = 8𝑝 + 2𝑝 ⇒ { 2
𝑝2 ⇒ {
2 1
𝑝2
.
1 1 1 2 𝑞 =4 + 1 𝑝1
𝑞 =4 + 1 𝑝1
Les fonctions de demande concurrentielle de bien (1) et de bien (2) de C sont bien :
𝑝 𝑝
d1A(p1 , p2) = 4 + 𝑝2 et d2A(p1 , p2) = 4 𝑝1 + 1.
1 2
Et ses fonctions d’offre concurrentielle sont :
o1A(p1 , p2) = 8 et o2A(p1 , p2) = 2.

6
Dossier 3 – Equilibre général en économie d’échange

EXERCICE 1
On considère l’économie (d’échange pur) composée de deux biens, (1) et (2), et des deux
consommateurs A et C des deux dossiers précédents.
1⁄ 2⁄
A : dotations initiales : (3 , 3) ; préférences représentées par : uA(q1, q2) = 𝑞1 3 𝑞2 3 ;
fonctions de demande concurrentielles de bien (1) et de bien (2) :
𝑝 𝑝
d1A(p1 , p2) = 1 + 𝑝2 et d2A(p1 , p2) = 2 + 2 𝑝1 ;
1 2
fonctions d’offre concurrentielle : o1A(p1 , p2) = 3 et o2A(p1 , p2) = 3.
C : dotations initiales : (8 , 2) ; préférences représentées par : uC(q1, q2) = 𝑞1 𝑞2 ;
fonctions de demande concurrentielles de bien (1) et de bien (2) :
𝑝 𝑝
d1C(p1 , p2) = 4 + 𝑝2 et d2C(p1 , p2) = 1 + 4 𝑝1 ;
1 2
fonctions d’offre concurrentielle : o1C(p1 , p2) = 8 et o2C(p1 , p2) = 2.

1. La situation initiale est-elle un équilibre concurrentiel ?


A l’équilibre concurrentiel, les TMS des deux agents sont égaux au rapport de prix d’équilibre
de concurrence parfaite. Ils sont donc égaux. Or, à leur panier de dotation initiales, on a :
TMSA(3 , 3) = ½ et TMSC(8 , 2) = ¼.
La situation initiale n’est donc pas un équilibre concurrentiel.

2. Rappelez à quels rapports de prix les échanges sont-ils susceptibles d’avoir lieu ?
𝑝
Les taux d’échange 𝑝1 susceptibles d’être acceptés à la fois par A et par C sont tous ceux qui
2
sont strictement compris entre ½ et ¼ (dossier 1, exercice 4, question 4).

3. En additionnant les contraintes budgétaires des agents, montrez que la loi de Walras est
vérifiée dans cette économie. Quelle en est la conséquence ?
Loi de walras : la somme des demandes nettes en valeur est nulle :
p1e1 + p2e2 = 0,
où ei désigne la demande nette de bien (i), i = 1, 2, à savoir la demande excédentaire de bien
(i). On a donc :
p1(d1 – o1) + p2(d2 – o2) = 0
où, di est la demande globale de bien (i), et oi, d’offre globale de bien (i) :
d1 = q1A + q1B, d2 = q2A + q2B, o1 = 3 + 8 = 11 et o2 = 3 + 2 = 5.

La contrainte budgétaire de A (vue dans le dossier 2) est :


[1] p1q1A + p2q2A = 3p1 + 3p2
Celle de C est :
[2] p1q1C + p2q2C = 8p1 + 2p2

La somme des deux contraintes budgétaires donne :


[1] + [2] p1q1A + p2q2A + p1q1C + p2q2C = 3p1 + 3p2 + 8p1 + 2p2
à savoir :
p1[(q1A + q1C) – 11] + p2[(q2A + q2C) – 5] = 0 ;
ou encore :
p1(d1 – o1) + p2(d2 – o2) = 0

On a donc bien :
p1e1 + p2e2 = 0.
La conséquence en est que si e1 = 0 alors e2 l’est aussi (et réciproquement), autrement dit le(s)
rapport(s) de prix qui annule(nt) la demande nette de bien (1) est(sont) celui(ceux) qui
annule(nt) la demande nette de bien (2).

4. Pour des prix p1 et p2 quelconques, montrez que la demande nette globale de bien 1 est :
𝑝
e1(p1 , p2) = 2 𝑝2 − 6.
1
La demande nette globale de bien (1) est la différence entre la demande globale de bien (1) et
l’offre globale de bien (1) :
e1(p1 , p2) = d1A(p1 , p2) + d1C(p1 , p2) – [o1A(p1 , p2) + o1C(p1 , p2)]
𝑝2 𝑝2
=1+ + 4+ − (3 + 8)
𝑝1 𝑝1
𝑝2
=2 + 6 − 11
𝑝1
𝑝
= 2 𝑝2 − 6. Ce qui correspond bien au résultat recherché.
1
5. Déduisez la demande nette de bien (2) du résultat précédent.
On sait (question 3) que :
p1e1(p1 , p2) + p2e2(p1 , p2) = 0.
𝑝2
Pour e1(p1 , p2) = 2 𝑝 − 6, on a donc :
1
𝑝
p1[2 𝑝2 − 6] + p2e2(p1 , p2) = 0
1
Ce qui donne:
𝑝 𝑝 𝑝
e2(p1 , p2) = − 𝑝1 [2 𝑝2 − 6] = −2 + 6 𝑝1 .
2 1 2

On peut vérifier ce résultat en déterminant la demande nette de bien (2) à partir des demandes
et offres de bien (2) des agents A et C :
𝑝 𝑝
e2(p1 , p2) = 2 + 2 1 + 1 + 4 1 − 3 − 2.
𝑝2 𝑝2

6. Les prix p1 = 2 et p2 = 1 sont-ils des prix d’équilibre de concurrence parfaite dans cette
économie ?
Les prix d’équilibre de concurrence parfaite de cette économie sont ceux qui annulent les
demandes nettes de bien (1) et de bien (2).
Comme :
1
e1(2 , 1) = 2 2 − 6 = −5 ≠ 0,
les prix p1 = 2 et p2 = 1 ne sont pas des prix d’équilibre de concurrence parfaite de cette
économie.

7. Les prix p1 = 4 et p2 = 2 sont-ils des prix d’équilibre de concurrence parfaite dans cette
économie ? Commentez.
Même chose que dans la question précédente car le prix relatif est le même. Or les demandes
nettes sont fonction des seuls prix relatifs (elles sont homogènes de degré 0).

8. On suppose que le bien (2) est numéraire. Qu’est-ce que cela signifie ? Si le bien (1) était le
numéraire, quels changements cela impliquerait-il ?
Le bien (2) est le numéraire ; cela signifie que les prix sont donnés en bien (2). On pose donc
p2 = 1. Le prix p1 indiquera alors le prix du bien (1) en bien (2).
Si le bien (1) était le numéraire, ce serait le contraire. On poserait p1 = 1 et p2 indiquerait le
prix du bien (2) en bien (1).

9. Calculez le prix qui équilibre le marché du bien (1). Qu’en est-il du marché du bien (2) ?
Le bien (2) est le numéraire. On pose donc p2 = 1 (et le prix p1 indiquera alors le prix du bien
(1) en bien (2)).
Le prix qui équilibre le marché du bien (1) est celui qui annule la demande nette de bien (1),
à savoir qui vérifie l’équation :

2
e1(p1 , 1) = 0 ;
ce qui donne:
1
2 −6=0;
𝑝1
et donc:
1
p1 = 3.
Comme (voir fin de la réponse à la question 3) le rapport de prix qui annule la demande nette
1
de bien (1) est celui qui annule la demande nette de bien (2), p1 = est le prix (du bien (1) en
3
bien (2)) d’équilibre général de concurrence parfaite de cette économie.

10. L’équilibre dépend-il du niveau absolu des prix ? Pourquoi ? Sinon, de quoi dépend-il ?
Non, encore une fois, il dépend des prix relatifs.

8
11. Montrez qu’à l’équilibre, l’agent A obtient le panier Q* = (4, 3). Quel panier l’agent C obtient-
il ?
1
Pour p1 = 3 et p2 = 1, A obtient le panier Q* :
1 8
Q* = (𝑑1𝐴 (3 , 1), 𝑑2𝐴 (3 , 1)) = (1 + 3 , 2 + 2 3) = (4 , 3).
C obtient alors ce qu’il reste de l’ensemble des ressources de l’économie, à savoir :
8 7
Q = (11 − 4 , 5 − ) = (7 , ).
3 3
L’allocation d’équilibre est donc :
8 7
𝐸𝑒𝑞 = {(4 , ) , (7 , )}.
3 3
Pour passer de l’allocation initiale à l’allocation d’équilibre de concurrence parfaite, A a donc
cédé à B un tiers de bien (2) en échange d’une unité de bien (1). Ce qui correspond bien au
prix d’équilibre trouvé.

12. Représentez cette situation dans un diagramme d’Edgeworth, en faisant apparaître les
courbes d’indifférence des agents passant par l’allocation d’équilibre général, ainsi que le
panier de dotations initiales et la droite de budget des agents aux prix d’équilibre.

E0
3 𝐸𝑒𝑞

0 3

Le panier de dotations initiales est le point vert E0. L’allocation d’équilibre général, Eeq, est le
point bleu. La droite de budget est celle qui relie ces deux points. C’est donc la droite (E0Eeq)
dont on voit une partie en pointillés sur le graphique ci-dessus.
13. Si A et C avaient eu les mêmes préférences et les mêmes dotations initiales, quel aurait été
l’équilibre de concurrence parfaite ?
Le statu quo. Ayant exactement les mêmes dispositions à l’échange, ils n’auraient pu améliorer
leur situation par l’échange.

3
S’ils avaient eu les mêmes préférences et les mêmes dotations initiales que l’agent A, le rapport
de prix d’équilibre général aurait ainsi été ½ (puisque c’est à ce rapport des prix que les
dotations initiales de A sont le panier qui maximise sa satisfaction.

EXERCICE 2 [FACULTATIF]
1. Déterminez la demande nette globale de bien 1 de l’économie composée des agents A et B
des dossiers précédents.
Rappel
A – fonctions de demande concurrentielles de bien (1) et de bien (2) :
𝑝 𝑝
d1A(p1 , p2) = 1 + 𝑝2 et d2A(p1 , p2) = 2 + 2 𝑝1 ;
1 2
fonctions d’offre concurrentielle : o1A(p1 , p2) = 3 et o2A(p1 , p2) = 3.
B – fonctions de demande concurrentielles de bien (1) et de bien (2) :
1 5𝑝 10 2𝑝
d1B(p1 , p2) = 3 + 3 𝑝2 et d2B(p1 , p2) = 3 + 3 𝑝1 ;
1 2
fonctions d’offre concurrentielle sont : o1B(p1 , p2) = 1 et o2B(p1 , p2) = 5.
La demande nette globale de bien (1) est la différence entre la demande globale de bien (1)
et l’offre globale de bien (1), à savoir ici :
e1(p1 , p2) = d1A(p1 , p2) + d1B(p1 , p2) – [o1A(p1 , p2) + o1B(p1 , p2)]
𝑝 1 5𝑝
=1 + 1 𝑝2 + 3 + 3 𝑝2 − (3 + 1)
1 1
8𝑝 1
=3 𝑝2 + 3 − 3
1
8𝑝 8
=3 𝑝2 + 3.
1

2. Déduisez-en le prix d’équilibre de concurrence parfaite de cette économie.


Les prix d’équilibre de concurrence parfaite de cette économie sont ceux qui annulent les
demandes nettes de bien (1) et de bien (2).
8𝑝 8 𝑝 8/3
Or e1(p1 , p2) = 0 ⇒ 3 𝑝2 + 3 = 0 ⇒ 𝑝1 = 8/3 = 1.
1 2
𝑝 ∗
Le rapport d’équilibre de concurrence parfait de cette économie est donc: ( 1 ) = 1.
𝑝2

L’allocation d’équilibre général est alors : {(2 , 4) , (2 , 4)}. Vérifiez-le.


Pour passer de l’allocation initiale à l’allocation d’équilibre général, B a donc cédé un bien (2)
à A en échange d’un bien (1). Ce qui fait bien un taux d’échange de 1.
On peut aussi vérifier que, à cette allocation, les TMS des deux agents sont égaux à 1. Faites-le.

EXERCICE 3
Commentez le passage ci-dessous en soulignant ses similitudes et ses différences avec la coordination
des agents du modèle de concurrence parfaite.
Milton et Rose Friedman, 1980, Free to choose,
« Les prix qui émergent des transaction volontaires entre acheteurs et vendeurs – en bref, sur
le marché libre – sont capables de coordonner l’activité de millions de personnes, dont
chacune ne connaît que son propre intérêt, de telle sorte que la situation de tous s’en trouve
améliorée (…). Le système des prix remplit cette tâche en l’absence de toute direction
centrale, et sans qu’il soit nécessaire que les gens se parlent ni qu’ils s’aiment. »

Principaux éléments de comparaison :


• Points communs avec le modèle de concurrence parfaite : les agents ne communiquent pas
entre eux (jeu non-coopératif), transactions volontaires entre acheteurs et vendeurs, agents
rationnels (mus par leur intérêt propre ou par leur propre satisfaction et, dans ce modèle,

4
complètement indifférent au sort des autres), coordination via un système de prix et où
chacun améliore sa situation (ça va avec les échanges volontaires). Autre similitude,
l’utilisation du mot « marché ».
• Différences : dans le modèle de concurrence parfaite, les prix n’ « émergent » pas ; ils ne
« remplissent » pas non plus de « tâche » et encore moins « en l’absence de toute direction
centrale ». Au contraire : les prix (ceux qui sont censés émerger), à savoir les prix d’équilibre
résultent (du moins lorsque l’équilibre est stable) d’un processus, appelé le tâtonnement, qui
n’est pas spontané, mais très centralisé. Tâtonnement : prix affichés centralement par un
commissaire-priseur ou secrétaire de marché, qui enregistre, toujours très centralement
évidemment, les quantités offertes et demandées, les compare avant d’en proposer d’autres,
etc.
Autre différence, dans le modèle de concurrence parfaite, on ne peut pas dire que le
marché soit « libre ». Les agents s’y plient, en effet, à un ensemble de règles strictes ; ils
n’ont, par exemple, pas le droit d’effectuer des transactions bilatérales, a fortiori hors
équilibre.

Commenter plus largement en rappelant l’existence de plusieurs justifications différentes de


l’équilibre.

Exercice 4

André Orléan, 2011, L’empire de la valeur.


« Ce qu'ont démontré les théoriciens néoclassiques des années 1950 est qu'il existe toujours au
moins un équilibre général, à savoir une configuration dans laquelle les n marchés de biens sont
simultanément en équilibre, dès lors que les hypothèses de convexité des choix sont satisfaites.
Ce faisant, ils ont résolu ce qu'on nomme la « question de l'existence » de l'équilibre général.
Quand celui-ci prévaut, chaque individu peut acquérir le panier qu'il désire, celui qui maximise
ses préférences, aux prix considérés. Autrement dit, à l'équilibre général, tous les
consommateurs sont parfaitement satisfaits. En conséquence, aucune force ne pousse à sa
transformation ou à son évolution. Cet état économique va perdurer, raison pour laquelle le
terme d'équilibre est pertinent. Cependant, être capable de dire que telle configuration de prix
est un équilibre ne nous dit absolument rien quant à la manière de l'obtenir. Il ne faut pas
confondre la « question de l'existence » de l'équilibre général et la question des processus qui
permettent de l'obtenir, qu'on nomme traditionnellement la « question de la stabilité » de
l'équilibre général. Ce sont deux questions tout à fait distinctes. Si on a pu démontrer qu'il existe
un vecteur de prix rendant les désirs de chacun compatibles, le processus économique
permettant de le faire connaître n'a nullement été spécifié. ».
A l’aide du texte d’André Orléan, expliquez la différence existant entre la question « de
l’existence » et celle « de la stabilité » d’un équilibre général.
André Orléan commence par expliquer ce que l’on « nomme la « question de l’existence » de
l’équilibre général. « Equilibre général » désigne l’équilibre sur l’ensemble des marchés,
autrement dit l’égalité entre les quantités offertes et demandées pour chacun des n biens que
comporte une économie. Il explique cela en rappelant que, dans les années 50, des économistes
[comme Arrow et Debreu] ont démontré que, lorsque certaines conditions sont réunies [ce sont
les hypothèses du modèle de concurrence parfaite, dont il évoque la principale : « l’hypothèse de
convexité »], alors on peut démontrer l’existence d’un équilibre général, autrement dit d’un
vecteur de prix qui égalise les quantités offertes et demandées de chaque bien. Bref, on sait depuis
les années 50, que, si certaines conditions sont réunies, alors il existe au moins un [vecteur de prix
d’] équilibre général.

5
La « question de l’existence d’un équilibre général » a donc reçu une réponse positive (même si
conditionnelle) dans les années 50. C’est ce qu’André Orléan dit clairement ici.
« Ce qu'ont démontré les théoriciens néoclassiques des années 1950 est qu'il existe toujours
au moins un équilibre général, à savoir une configuration dans laquelle les n marchés de biens
sont simultanément en équilibre, dès lors que les hypothèses de convexité des choix sont
satisfaites. Ce faisant, ils ont résolu ce qu'on nomme la « question de l'existence » de
l'équilibre général. Quand celui-ci prévaut, chaque individu peut acquérir le panier qu'il
désire, celui qui maximise ses préférences, aux prix considérés. »
Il remarque alors, et c’est ce qui caractérise un équilibre, que, dès lors que l’on est à l’équilibre, on
y reste. Plus rien ne bouge. En effet, à l’équilibre, chacun maximise sa satisfaction, de sorte que
personne ne désire changer quoi que ce soit. C’est ce qu’André Orléan écrit ici :
« Quand celui-ci prévaut, chaque individu peut acquérir le panier qu'il désire, celui qui
maximise ses préférences, aux prix considérés. Autrement dit, à l'équilibre général, tous les
consommateurs sont parfaitement satisfaits. En conséquence, aucune force ne pousse à sa
transformation ou à son évolution. Cet état économique va perdurer, raison pour laquelle le
terme d'équilibre est pertinent. »
Bref, un équilibre général existe et, quand on y est, on y reste. Cela ne signifie cependant pas que
l’équilibre est stable. En effet, dire qu’un équilibre est stable signifie tout autre chose : cela signifie
que le commissaire-priseur qui affiche les prix va finir par trouver le vecteur de prix d’équilibre.
Que les prix qu’il affiche vont converger vers les prix d’équilibre. Or démontrer qu’un équilibre
existe ne signifie pas que l’on soit capable de le trouver. Démontrer que le commissaire-priseur le
trouvera serait répondre positivement à la question dite « de la stabilité » de l’équilibre général.
C’est ce qu’André Orléan dit ici :
« Cependant, être capable de dire que telle configuration de prix est un équilibre ne nous dit
absolument rien quant à la manière de l'obtenir. Il ne faut pas confondre la « question de
l'existence » de l'équilibre général et la question des processus qui permettent de l'obtenir,
qu'on nomme traditionnellement la « question de la stabilité » de l'équilibre général. Ce sont
deux questions tout à fait distinctes. »
Par exemple, si vous perdez votre écharpe. Vous l’aviez le matin en arrivant à Tolbiac (les caméras
des amphis le prouvent), mais, au moment de partir, vous ne l’avez plus. On va supposer que
personne ne vous l’a volée. Bref, vous savez que vous l’avez perdue à Tolbiac. Votre écharpe est
dans l’enceinte de Tolbiac. [tout comme il existe un équilibre général]. Savoir cela ne fera pas que
vous allez la retrouver. Etre certain.e que votre écharpe est à Tolbiac n’implique pas que vous allez
la retrouver. Ce sont deux choses différentes.
Or, si les économistes ont démontré l’existence d’un équilibre général, la stabilité de cet équilibre
général, elle, n’a pas été démontré. Dans le modèle, il se pourrait très bien que cet équilibre ne soit
jamais trouvé. C’est ce que dit André Orléan ici :
« Si on a pu démontrer qu'il existe un vecteur de prix rendant les désirs de chacun
compatibles, le processus économique permettant de le faire connaître n'a nullement été
spécifié. »

Le texte de Bernard Guerrien (commenté dans le poly n°5) raconte que Sonnenschein a démontré
que les fonctions de demandes nettes pouvaient avoir une forme quelconque de sorte que
l’équilibre général pouvait très bien ne pas être stable.

6
Dossier 4 – Le choix du producteur en concurrence parfaite

EXERCICE 1 – FONCTION DE PRODUCTION, RENDEMENTS D’ECHELLE ET PRODUCTIVITE MARGINALE


Soit un producteur dont la fonction de production est q = f (q1 , q2) = q1 q2.
1. La fonction de production est-elle à inputs complémentaires ou substituables ?
Cette fonction est de type Cobb-Douglas. Les inputs sont donc substituables : on peut replacer
de l’input (1) par de l’input (2) et produire la même quantité d’output.
Par exemple, si  = ½ et  = ¼, on a : f (q1 , q2) = q11/2 q21/4 et donc :
f (4 , 16) = 41/2 161/4 = 4 et f (16 , 1) = 161/2 11/4 = 4.
Pour produire 4 unités d’output, on peut donc utiliser le panier d’inputs (4 , 16) ou le panier
d’inputs (16 , 1). On peut donc ici substituer 16 – 4 = 12 unités d’input (1) à 16 – 1 = 15 unités
d’input (2) et produire 4 unités d’output.

2. Déterminez la nature des rendements d’échelle lorsque :  =1/2 et :


a)  = ¼ : rendements d’échelle décroissants.
b)  = ½ : rendements d’échelle constants.
c)  = ¾ : rendement d’échelle croissants.
En effet :
Les rendements d’échelle sont :
décroissants si, quel que soit le réel λ supérieur à 1, on a : f(λq1 , λq2) < λf(q1 , q2)
constants si, quel que soit le réel λ supérieur à 1, on a : f(λq1 , λq2) = λf(q1 , q2)
croissants si, quel que soit le réel λ supérieur à 1, on a : f(λq1 , λq2) > λf(q1 , q2).

Ici :
f(λq1 , λq2) = (λq1)(λq2) = λλq1q2 = λ+q1q2
Or :
• λ+q1q2 < λq1q2 = λf(q1 , q2) si + < 1
• λ+q1q2 = λq1q2 = λf(q1 , q2) si + = 1
• λ+q1q2 > λq1q2 = λf(q1 , q2) si + > 1
Les rendements d’échelle sont donc décroissants si + < 1, constants si + = 1 et
croissants si + > 1.

3. Calculez la productivité marginale de l’input (2) dans chacun de ces trois cas. Est-elle une
fonction croissante, décroissante ou constante de la quantité utilisée d’input ?
On appelle productivité marginale de l’input (i) la quantité supplémentaire d’output
qu’engendre l’utilisation d’« une unité » supplémentaire d’input (i).

Comme la fonction de production est dérivable sur IR2+ , la productivité marginale de l’input
(2) est donnée par la dérivée de la fonction de production par rapport à q2 :
−1
𝑓𝑞′2 (q1 , q2) = 𝑞1𝑞2
Elle est croissante (respectivement décroissante) si sa dérivée est positive (respectivement
négative). Or :
−2
𝑓𝑞′′2 (q1 , q2) = ( − 1)𝑞1𝑞2 est du signe de  − 1.
2

Dans les trois cas, comme  < 1, la productivité marginale de l’input (2) est décroissante
avec q2.
Remarques :
• De la même façon, la productivité marginale de l’input (1) est décroissante si  < 1,
constante si  = 1 et croissante si  > 1.
• Cet exercice montre donc que, quand la productivité marginale des deux inputs est
décroissante, les rendements d’échelle peuvent être croissants, constants ou
décroissants.

4. Les rendements d’échelle de cette entreprise peuvent-ils être décroissants ou constants


lorsque la productivité marginale de l’un (au moins) des inputs est croissante ?
Si la productivité marginale de l’input (1) ou celle de l’input (2) est croissante, alors on a  > 1
ou  > 1. On a donc nécessairement :  +  > 1 (puisque  et  sont strictement positifs). On
en déduit que si la productivité marginale de l’un des inputs est croissantes, alors les
rendements d’échelle ne peuvent être que croissants.

5. Expliquez pourquoi les rendements d’échelle croissants sont exclus des hypothèses de la
concurrence parfaite.
En concurrence parfaite, le producteur pensant qu’il peut acheter ou vendre tout ce qu’il veut
aux prix donnés, sa fonction de profit n’a pas de maximum si les rendements sont croissants.
Le programme du producteur consistant à maximiser son profit, n’a donc de solution que si
l’on postule que les rendements sont constants ou décroissants.
Pour expliquer ceci, on peut faire un raisonnement par l’absurde. Supposons que, aux prix
donnés, le profit soit maximum lorsque le producteur utilise un panier Q* d’inputs. Si on
suppose maintenant que les rendements sont croissants, alors, quand il multiplie son panier
d’inputs par 2, par exemple, la quantité produite augmente de plus de 2. Ainsi lorsque son
coût de production est multiplié par 2 (ce qui se passe quand on multiplie les quantités
d’inputs par 2 aux prix donnés), ses recettes sont multipliées par un nombre strictement
supérieur à 2, de sorte que son profit (égal aux recettes moins les coûts) augmente. Il n’est
donc pas maximum en Q*.

6. Expliquez pourquoi la productivité marginale est supposée décroissante en concurrence


parfaite.
Même chose que pour les rendements. En concurrence parfaite, le producteur pensant qu’il
peut acheter ou vendre tout ce qu’il veut aux prix donnés, sa fonction de profit n’a pas de
maximum si la productivité marginale d’un input est croissante.
Même raisonnement (par l’absurde) que pour les rendements. Supposons que, aux prix
donnés, le profit soit maximum lorsque le producteur utilise un panier Q* d’inputs. Si on
suppose maintenant que la productivité marginale de l’input (i) est croissante, alors, aux prix
donnés, si le producteur augmente la quantité qu’il utilise de cet input, son profit augmente.
Il n’était donc pas maximum en Q*.
La caractérisation du panier d’inputs optimal par l’égalité entre p1/p (p = prix de l’output) et
𝑓𝑞′1 (q1*, q2*) (idem pour l’input 2) suppose que pour q1 > q1*, le gain en productivité est plus
faible que le coût de l’input (réciproquement, pour q1 < q1*, le gain en productivité est plus
élevé que le coût de l’input) ; p1 étant supposé constant (concurrence parfaite), il faut donc
que la productivité diminue à mesure que q1 augmente.

EXERCICE 2 – LE CHOIX DU PRODUCTEUR EN CONCURRENCE PARFAITE : UN CAS STANDARD


On considère un producteur muni de la fonction de production définie par :
q = f(q1 , q2) = q11/3 q21/2.
1. Peut-on représenter le même ensemble de techniques de productions avec la fonction g(∙)
définie par : g(q1 , q2) = [f(q1 , q2)]6 = q12q23 ? Expliquer.
Non. La fonction de production est cardinale. Le nombre q désigne la quantité d’output
produite avec le panier d’inputs (q1 , q2).
Ainsi, par exemple, le panier d’input (8 , 4) permet de produire une quantité égale à f(8 , 4) = 4
d’output et non une quantité égale à g(8 , 4) = 4096 (volume de production 1024 fois
supérieur).

2. Déterminer la nature des rendements d’échelle.


1 1 5
La fonction de production est de type Cobb-Douglas avec + = 3 + 2 = 6 < 1. Les rendements
d’échelle sont donc décroissants. (Voir exercice 1, question 2 ou poly de cours)

3. Montrer que les productivités marginales des inputs (1) et (2) sont décroissantes.
1 1
Comme  = 3 < 1 et  = 2 < 1, les productivités marginales des deux inputs sont décroissantes
(voir exercice précédent ou poly de cours).
______________________
En cas de besoin (d’entraînement) :
Comme la fonction de production est dérivable sur IR2+ , la productivité marginale de l’input
(1) est donnée par la dérivée de la fonction de production par rapport à q1 :
1 −2⁄ 1⁄
𝑓𝑞′1 (q1 , q2) = 3 𝑞1 3
𝑞2 2
Elle est décroissante car sa dérivée est négative. En effet :
1 2 −5⁄ 1⁄
𝑓𝑞′′2 (q1 , q2) = (− ) 𝑞1 3
𝑞2 2 < 0.
1 3 3
Même chose pour la productivité marginale de l’input (2) ; elle est donnée par la dérivée de la
fonction de production par rapport à q2 :
1 1⁄ −1⁄
𝑓𝑞′2 (q1 , q2) = 2 𝑞1 3 𝑞2 2

Elle est décroissante car sa dérivée est négative. En effet :


1 1 1⁄ −3⁄
𝑓𝑞′′2 (q1 , q2) = (− ) 𝑞1 3 𝑞2 2
< 0.
2 2 2

4. Définissez et calculez le TMST du producteur.


Le taux marginal de substitution technique n’a de sens que si les inputs sont substituables. Il
mesure en effet (approximativement) la quantité d’input (2) qu’il faut substituer à une unité
d’input (1) pour rester sur la même isoquante, i.e. pour maintenir le même niveau de
production.
La fonction de production étant de type Cobb-Douglas, le TMST est donné par le rapport des
productivités marginales.
1 −2⁄3 1⁄2
𝑓𝑞′1 (𝑞1 , 𝑞2 ) 𝑞 𝑞2 2𝑞2
TMST(q1 , q2) = = 3 1
1 1⁄3 −1⁄2
= .
𝑓𝑞′2 (𝑞1 , 𝑞2 ) 𝑞 𝑞2 3𝑞1
2 1

5. On considère le panier d’inputs (1 , 1). Quelle quantité d’output ce panier d’inputs permet-il
de produire ? Définissez et représentez graphiquement l’isoquante passant par ce panier.
Le panier (1 , 1) permet de produire une quantité d’output égale à 1. En effet, on a :
f(1 , 1) = 11/3×11/2 = 1.

L’isoquante passant par (1 , 1) est la courbe reliant tous les paniers d’inputs permettant de
produire la même quantité d’output que le panier (1 , 1), à savoir 1.

Elle a pour équation :


f(q1 , q2) = f(1 , 1)
à savoir :
q11/3 q21/2 = 1
ce qui donne :
−2⁄
q2 = 𝑞1 3
.
Courbe continue, décroissante, convexe, asymptote aux axes et passant par les paniers (1/8 , 4),
(1 , 1) et (8 , ¼) :

Isoquante passant par (1 , 1)


5

(1 , 1)
1

0
0 1 2 3 4 5

6. On note p1, p2 et p les prix des inputs (1) et (2) et de l’output respectivement. On suppose
p1 = 1, p2 = 1 et p = 2. Représentez sur le même graphique que précédemment une droite
d’isocoût passant par le panier d’inputs (1 , 1). Ce panier est-il une combinaison optimale
d’inputs pour le producteur ?
La droite d’isocoût passant par le panier (1 , 1) relie les paniers d’inputs coûtant le même
montant que le panier (1 , 1). Ce sont donc les paniers (q1 , q2) vérifiant :
p1q1 + p2q2 = p1 + p2.
A savoir, pour p1 = p2 = 1 :
q 1 + q2 = 2 ;
ce qui donne :
q2 = 2 – q1.

Isoquante et droite d'isocoût passant par (1 , 1)


3

(1 , 1)
1

0
0 1 2 3

Plutôt que de prendre le même graphique, j’ai un peu zoomé afin que l’on voie mieux ce qui
se passe au voisinage du panier (1 , 1).

Au panier (1 , 1), la droite d’isocoût n’est pas tangente à l’isoquante. En effet, la valeur absolue
2
de la pente de la tangente à l’isoquante au point (1 , 1) est TMST(1 , 1) = alors que la valeur
3
absolue de la pente de la droite d’isocoût est 1. [Cela se voyait sur le graphique, mais un
graphique illustre un propos ; il ne le prouve pas.] Le panier (1 , 1) n’est donc pas une
combinaison optimale d’output.

3
7. Définissez économiquement le sentier d’expansion. Montrez que son équation est : q2 = 2q1.
Le sentier d’expansion est l’ensemble des paniers d’inputs qui minimisent le coût de
production d’une quantité d’output donnée ou qui maximisent la quantité d’output pour un
coût donné.

La fonction de production étant de type Cobb-Douglas, les isoquantes sont continues,


décroissantes, convexes et asymptotes aux axes. Le panier d’inputs (q1 , q2) qui maximise la
quantité produite pour un coût donné vérifie donc l’équation :
𝑝1
TMST(𝑞1 , 𝑞2 ) = .
𝑝2
2𝑞2
Pour p1 = p2 = 1, comme TMST(𝑞1 , 𝑞2 ) = 3𝑞1
, ceci donne :
2𝑞2
= 1.
3𝑞1
L’équation du sentier d’expansion est donc bien :
3
q2 = 2q1.

8 4
8. Montrez que les demandes d’inputs sont (𝑞1∗ , 𝑞2∗ ) = (27 , 9), et que son offre d’output est égale
4
à . Représentez graphiquement le panier d’inputs optimal du producteur.
9
La fonction de profit du producteur est définie par :
𝜋(q1 , q2) = pf(q1 , q2) – p1q1 – p2q2
Ce qui donne, pour p1 = p2 = 1 et p = 2 :
𝜋(q1 , q2) = 2 q11/3 q21/2 – q1 –q2
Comme les isoquantes sont de type hyperbolique (et que les rendements sont décroissants),
cette fonction a un maximum au panier qui annule ses dérivées partielles premières. Le panier
optimal d’inputs du producteur est donc la solution du système S :
𝜋𝑞′ 1 (𝑞1 , 𝑞2 ) = 0
S{ ′ .
𝜋𝑞2 (𝑞1 , 𝑞2 ) = 0
−2⁄ 1⁄
1 1 −2⁄3 1⁄2 1 2𝑞2 𝐿1
2 (3 𝑞1 3 𝑞2 2 ) – 1 = 0 𝐿1 𝑞1 𝑞2 = 𝐿1 = 1 ⁄𝐿
3𝑞1
Or S ⇒ { ⇒ {3 1 −1 2
⇒ { 1 −1 2
1 1⁄ −1⁄ 1 ⁄ ⁄ 1 ⁄ ⁄
2 (2 𝑞1 3 𝑞2 2 ) – 1 = 0 𝐿2 𝑞 3 𝑞2 2
2 1
= 2
𝐿2 𝑞1 3 𝑞2 2 = 1 𝐿2
3 3 3 3
𝑞2 = 2 𝑞1 𝑞2 = 2 𝑞1 𝑞2 = 2 𝑞1 𝑞2 = 2 𝑞1
⇒{ 1 −1⁄ ⇒ { 1−1 1 ⇒ { −1 1 ⇒{ 1 1
⁄3 3 2 3 ⁄2 ⁄6 3 ⁄2 ⁄ 2 ⁄2
𝑞1 (2 𝑞1 ) = 1 3 2
𝑞1 = (2) 𝑞1 = (2) 𝑞1 6 = (3)
3 2 2 4
𝑞2 = 2 𝑞1 𝑞2 = ( ) =
3 9
⇒{ 2 3
⇒{ .
2 3 8
𝑞1 = (3) 𝑞1 = ( ) =
3 27
Le panier optimal d’inputs du producteur est :
8 4
(𝑞1∗ , 𝑞2∗ ) = (27 , 9).
Ce sont les demandes d’inputs du producteur.
Son offre d’output est alors :
1⁄ 1 3⁄ 2
8 4 8 3 4 ⁄2 2 3 2 ⁄2 2 2 4
q* = f(27 , 9) = (27) (9) = (3) (3) = (3) = 9.
sentier d'expansion & isoquante du
niveau de production q = 4/9
2

𝑞2∗

0
0 𝑞1∗ 1 2

4
9. Montrer que le profit du producteur pour ces choix optimaux est égal à 27.
4 8 4 4 8 12 8 4
𝜋(𝑞1∗ , 𝑞2∗ ) = 2q* – 𝑞1∗ – 𝑞2∗ = 2(9) − 27 − 9 = 9 − 27 = 27 − 27 = 27.
On peut remarquer qu’il n’est pas nul.

EXERCICE 3 – LE CHOIX DU PRODUCTEUR EN CONCURRENCE PARFAITE : CAS NON STANDARD.


On considère un producteur de tables, la production de chacune exigeant une planche de bois et
deux tréteaux de métal. La quantité q1 de bois (input 1) est mesurée par le nombre de planches, la
quantité q2 de métal (input 2) par le nombre de tréteaux. La quantité q d’output est mesurée par
le nombre de tables.
1. Parmi les équations suivantes, laquelle peut exprimer la fonction de production ? Expliquez.
𝑞1
𝑞 = 𝑓(𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑚𝑖𝑛 { , 𝑞2 }
2
𝑞2
𝑞 = 𝑓(𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑚𝑖𝑛 {𝑞1 , }
2
𝑞 = 𝑓(𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑞1 + 2𝑞2

Si l’on désigne par q la quantité de tables, alors, avec une quantité q1 de planches de bois, on peut
produire q = q1 tables (puisqu’avec une planche de bois on fait une table), à condition que les
tréteaux soient en quantité suffisante.
1
De même, avec une quantité q2 de tréteaux, on peut produire q = 2q2 tables (puisqu’avec 2 tréteaux
on fait une table) à condition que les planches de bois soit en quantité suffisante.
𝑞 1
Bref : q = min{𝑞1 , 22 }. (remarque : si l’égalité q1 = 2q2 n’est pas vérifiée, il y a du gaspillage).
2. La fonction de production est-elle à inputs complémentaires ou substituables ?
Cette fonction de production est à inputs complémentaires. Pour produire une table, on ne
peut substituer un tréteau à une planche de bois, par exemple.

3. Quelle conséquence cela a-t-il sur la productivité marginale des inputs ?


La productivité marginale des inputs est nulle. Si on augmente le nombre de planche sans
augmenter le nombre de tréteaux, on ne peut produire plus de tables. De même si on augmente
le nombre de planches sans augmenter le nombre de tréteaux.

4. Définissez le sentier d’expansion et indiquez son équation. Quelles particularités présente-t-


il ?
Le sentier d’expansion relie les paniers d’inputs permettant de maximiser le profit du
producteur.

Dans le cas d’une fonction de production à inputs complémentaires, comme c’est le cas ici, il
relie les paniers d’inputs tels qu’il n’y a aucun gaspillage.

L’équation de ce sentier est donc :


1
q1 = q2
2

5. Quelles particularités présente-t-il ?


L’équation du sentier d’expansion ne dépend pas des prix. En effet, lorsque le rapport des prix
se modifie, le producteur ne peut pas substituer de l’input (1) à de l’input (2) ou
réciproquement pour maximiser son profit.

EXERCICE 4 [FACULTATIF]
On considère un producteur dont la fonction de production est :
1
𝑞2 = 𝑓(𝑞1 ) = 2 𝑞1,
où q1 désigne la quantité d’input et q2, la quantité d’output.

1. l’input et l’output peuvent-ils être des quantités d’un même bien ? (justifiez).
En théorie, on peut produire un bien avec lui-même (par exemple du blé avec du blé) sauf
qu’ici la quantité d’output est inférieure à la quantité d’input. Donc il ne peut pas s’agir du
même bien.

2. Définissez le sentier d’expansion et, si possible, donnez son équation.


Le sentier d’expansion relie les combinaisons d’inputs permettant de maximiser le profit du
producteur, les prix des inputs étant donnés.
Ici, il n’y a qu’un input (pas de combinaisons d’inputs), et, pour chaque quantité q1 d’input, le
producteur va maximiser son profit. Il n’y a donc pas d’équation du sentier d’expansion.

3. Montrez que la fonction de coût s’écrit : C(q) = 2p1q.


La fonction de coût C(∙) associe à la quantité q produite le coût minimum pour produire q.

1
Comme 𝑓(λ𝑞1 ) = 2 (λ𝑞1 ) = λ𝑓(𝑞1 ), les rendements d’échelle sont constants. Le coût moyen
de production – ou coût de production unitaire – est donc constant. Il est le même quelle que
soit la quantité produite.
Or, au prix p1 de l’input, produire une unité d’output coûte 2p1 puisqu’il faut 2 unités d’input
pour produire une unité d’output. Dès lors produire q unités d’output coûte q fois plus, à savoir
2p1q.
La fonction de coût est donc bien la fonction C(∙) définie par :
C(q) = 2p1q.

4. Déterminez la fonction d’offre concurrentielle (1 pt).

Les rendements étant constants, on a, en notant p2, le prix de l’ouput et p1, le prix de l’input :

• Si p2 < 2p1, le coût de production d’une unité d’output est supérieur au prix de vente de
cette unité. Si elle produisait, l’entreprise produirait à perte. Son offre est donc nulle.
• Si p2 = 2p1, le profit de l’entreprise est nul quelle que soit la quantité qu’elle produit. Elle
produit n’importe quelle quantité : son offre est indéterminée.
• Si p2 > 2p1, le producteur fait un profit positif pour chaque unité produite. Il a donc intérêt
à produire le plus possible. S’il pense qu’il ne rencontrera aucun problème de débouché ni
de rationnement, il veut produire l’infini. Son offre d’output et sa demande d’input ne sont
donc pas finies, ce qui est impossible.

EXERCICE 5 - COMMENTEZ CE PASSAGE DE John Hicks, "Marginal Productivity and the Principle of
Variation," Economica, vol. xii, N°.35, February, 1932.
« La théorie de la productivité marginale suppose qu’un changement dans le prix des inputs sera
toujours suivi d’un changement dans les quantités de facteurs employés, c’est-à-dire qu’elle
suppose que les techniques de production varient librement. Car si ce n’était pas le cas, il serait
impossible de réorganiser effectivement les affaires avec une unité d’un facteur en moins, et les
mêmes quantités des autres facteurs. La suppression d’une unité d’un facteur signifiera (…) qu’une
partie de l’offre des autres facteurs devient complètement inutile. Si le prix d’une machine baisse
alors que le prix du travail utilisé pour manœuvrer cette machine reste constant, il sera clairement
dans l’intérêt de l’entrepreneur qui utilise les deux d’utiliser davantage de machines et moins de
travail. Ce sera son intérêt mais il ne s’ensuit pas de cela qu’il le fera. Car si les machines sont
fabriquées d’une manière telle qu’elles requièrent un et un seul travailleur pour les faire
fonctionner, aucun changement des prix relatifs ne peut entrainer de changement dans les
quantités de travail et de machines utilisées : car les proportions sont déterminées par la
technique ».

Si le prix de l’input (1) augmente, le prix de l’input (2) étant constant, l’entrepreneur, pour
produire une quantité donnée d’output, aura intérêt à augmenter sa demande d’input (2) et de
diminuer sa demande d’input (1), i.e. à substituer l’un à l’autre, ce qui réduira son coût :
« La théorie de la productivité marginale suppose qu’un changement dans le prix des inputs
sera toujours suivi d’un changement dans les quantités de facteurs employés, c’est-à-dire
qu’elle suppose que les techniques de production varient librement. »
On peut illustrer ceci en utilisant un diagramme avec l'isoquante et la droite d'isocoût tangente à
l'isoquante, en montrant qu'une variation du prix relatif (par exemple si p1 augmente, p2 restant
constant), modifie (accroît) la pente de la droite d'isocoût, et donc modifie le panier d'input
optimal (ici en diminuant la quantité de (1) et en augmentant la quantité de (2)).

Hicks soulève une objection à ce raisonnement : le producteur peut ne pas pouvoir substituer un
input à l’autre, car cela suppose qu’existe une technique de production qui permette de produire
autant d’output avec moins d’input (1) et plus d’input (2) ; les inputs peuvent être
complémentaires. Prendre n’importe quel exemple du type : un balayeur / un balai (prendre un
balai en plus ne permet pas de se passer d’un balayeur) ou un travailleur / un marteau-piqueur
(comme dans leur manuel de l’an dernier, le Pindyck & Rubinfeld). Or, quand les inputs sont
complémentaires, si, par exemple on ôte son balai à l’un des deux balayeurs, alors ce balayeur
devient inutile :
Car si ce n’était pas le cas, il serait impossible de réorganiser effectivement les affaires avec
une unité d’un facteur en moins, et les mêmes quantités des autres facteurs. La suppression
d’une unité d’un facteur signifiera (…) qu’une partie de l’offre des autres facteurs devient
complètement inutile.

Si le prix d’une machine baisse alors que le prix du travail utilisé pour manœuvrer cette machine
reste constant, il sera clairement dans l’intérêt de l’entrepreneur qui utilise les deux d’utiliser
davantage de machines et moins de travail. Ce sera son intérêt mais il ne s’ensuit pas de cela
qu’il le fera. » dit Hicks.

Car, si les inputs sont complémentaires, il ne le pourra pas :

« Car si les machines sont fabriquées d’une manière telle qu’elles requièrent un et un seul
travailleur pour les faire fonctionner, aucun changement des prix relatifs ne peut entrainer
de changement dans les quantités de travail et de machines utilisées : car les proportions sont
déterminées par la technique ».

On peut également prendre des exemples avec des inputs matériels, les inputs du pain, par
exemple : farine, eau, sel, four, travail ; …

Remarque : La substituabilité dans des fonctions faisant intervenir K et L suppose généralement


que K est hétérogène (c’est la valeur de différents outils) ; alors on peut effectivement diminuer le
nombre de salariés-balayeurs s’ils disposent d’aspirateurs. Mais, en microéconomie, les inputs ne
désignent pas des valeurs (du capital), mais des biens physiques. Donc la substituabilité est
difficilement concevable (en macroéconomie bien sûr, on tombe sur le problème de l’agrégation
de biens différents en « un » bien « capital »).

EXERCICE 6. LE CHOIX DU PRODUCTEUR EN CONCURRENCE PARFAITE : L’APPROCHE PAR LA FONCTION DE


COUT
On considère un producteur muni de la fonction de production définie par :
q = f (q1 , q2) = q11/2 q21/2.

1. Quelle est la nature des rendements d’échelle ?


Les rendements d’échelle sont constants car la fonction de production est de type Cobb-
Douglas, avec α + β = 1 (voir exercice 1).

2. Montrer que le coût de production minimum d’une unité d’output est 2√𝑝1 𝑝2 .
Le coût de production est celui de l’acquisition du panier d’inputs. Le coût de production
minimum d’une unité d’output est donc :
CM = 𝑝1 𝑞1 + 𝑝2 𝑞2 ,
où (𝑞1 , 𝑞2 ) est le panier permettant de produire une unité d’output au moindre coût.
Or le panier d’inputs permettant de produire une unité d’output au moindre coût vérifie
les deux équations du système :
𝑓(𝑞1 , 𝑞2 ) = 1 𝐿𝑒 𝑝𝑎𝑛𝑖𝑒𝑟 𝑝𝑒𝑟𝑚𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑝𝑟𝑜𝑑𝑢𝑖𝑟𝑒 𝑢𝑛𝑒 𝑢𝑛𝑖𝑡é 𝑑′𝑜𝑢𝑡𝑝𝑢𝑡
S {TMST(𝑞 , 𝑞 ) = 𝑝1
1 2 𝑝
2 𝑎𝑢 𝑚𝑜𝑖𝑛𝑑𝑟𝑒 𝑐𝑜û𝑡 (𝑖𝑙 𝑒𝑠𝑡 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑠𝑒𝑛𝑡𝑖𝑒𝑟 𝑑′ 𝑒𝑥𝑝𝑎𝑛𝑠𝑖𝑜𝑛)
1 𝑝
⁄1 ⁄ 1
𝑞1 = 𝑞 𝑞1 = 𝑞
1 𝑞1 = √𝑝2
𝑞1 2 𝑞2 2 = 1 𝑞1 𝑞2 = 1 1
Or S ⇒ { 𝑞2 𝑝1 ⇒ { 𝑝1 ⇒ { 2
𝑝1 1 ⇒ { 2
𝑝1 ⇒ .
= 𝑝 𝑞 2 = 𝑞
𝑝2 1 𝑞2 = 𝑝 𝑞 2
𝑞2 = 𝑝1
𝑞 1 2 2𝑝 2 2 𝑞2 = √𝑝
{ 2

Le coût de production minimum d’une unité d’output est alors:


𝑝 𝑝
CM = 𝑝1 𝑞1 + 𝑝2 𝑞2 = 𝑝1 √𝑝2 + 𝑝2 √𝑝1 = 2√𝑝1 𝑝2 .
1 2

3. Montrer que la fonction de coût est définie par : C(q) = 2√𝑝1 𝑝2 × 𝑞.


Les rendements étant constants, on a : C(q) = 𝐶𝑀 × 𝑞 = 2√𝑝1 𝑝2 × 𝑞.

4. En déduire l’offre concurrentielle d’output, les demandes concurrentielles d’inputs.


Le coût de production unitaire – ou moyen – est le même quelle que soit la quantité
d’output produite puisque les rendements sont constants.
L’offre concurrentielle d’output s(∙) est donc définie par (pour p1 et p2 donnés) :
• s(p) = 0 si p < 2√𝑝1 𝑝2
• s(p) est indéterminée si p = 2√𝑝1 𝑝2
• s(p) est indéfinie si p > 2√𝑝1 𝑝2

5. En déduire le montant du profit de ce producteur. Comparer avec le profit du producteur


de l’exercice 1. Commenter.
Profit nul si p < 2√𝑝1 𝑝2, car alors l’offre d’output est nulle,
Profit nul si p = 2√𝑝1 𝑝2, car alors le prix de vente de l’unité d’output est égal à son coût de
production.
Profit in(dé)fini sinon.

La nullité du profit est une conséquence de la constance des rendements.

EXERCICE 7 – LE CHOIX DU PRODUCTEUR EN CONCURRENCE PARFAITE (LA FONCTION DE COUT)


On considère la fonction de production de l’exercice 1 : q = f (q1 , q2) = q11/3 q21/2. (même fonction
de production que dans l’exercice 2)

1. Définissez et construisez la fonction de coût, en supposant les prix des deux inputs égaux à 1.
La fonction de coût est donc la fonction C(∙) qui, à la quantité d’output q, associe le coût
minimum pour produire q.

Lorsque deux inputs sont utilisés en quantités q1 et q2 respectivement pour produire une
quantité q d’output, le coût de production est :
p1q1 + p2q2.
Et, les quantités d’input (1) et (2) nécessaires pour produire une quantité q d’output étant
fonctions de cette quantité q, on peut donc noter q1 = q1(q) et q2 = q2(q). Le coût de production
d’une quantité q d’output est alors noté :
p1q1(q) + p2q2(q).
La fonction C(∙) est donc définie par C(q) = p1q1(q) + p2q2(q), où les quantités q1 et q2
permettent de produire la quantité q d’output au moindre coût.
Les quantités q1 et q2 vérifient donc le système :
𝑓(𝑞1 , 𝑞2 ) = 𝑞 Le panier permet de produire une quantité 𝑞 d′output
S {TMST(𝑞 , 𝑞 ) = 𝑝1
1 2 𝑝 2 au moindre coût (il est donc sur le sentier d′ expansion)
2𝑞2
Or pour p1 = p2 = 1, f (q1 , q2) = q11/3 q21/2 et donc TMST(𝑞1 , 𝑞2 ) = :
3𝑞1
3
1⁄ 1⁄ 3
𝑞1 3 𝑞2 2 = 𝑞 𝑞12 𝑞23 = 𝑞 6 𝑞12 ( 𝑞1 ) = 𝑞 6
𝑆 ⇒ { 2𝑞2 ⇒{ 3 ⇒ 2
= 1 𝑞2 = 𝑞 3
3𝑞1 2 1 { 𝑞2 = 𝑞1
2
3⁄
2 3 2 5 6⁄
𝑞15 = (3) 𝑞 6 𝑞1 = (3) 𝑞 5
⇒{ 3
⇒{ 3 2 .
𝑞2 = 𝑞 3 2 ⁄5 6⁄ 3 ⁄5 6⁄
2 1 𝑞2 = ( ) 𝑞 5
2 3
= (2) 𝑞 5

Ce sont les quantités optimales d’inputs qui sont bien des fonctions de q :
3⁄ 2⁄
2 5 6⁄ 3 5 6⁄
q1(q) = (3) 𝑞 5 et q2(q) = (2) 𝑞 5

En remplaçant dans la fonction de coût :


C(q) = p1q1(q) + p2q2(q),
on trouve donc (pour p1 = p2 = 1):
3 2
2 ⁄5 6⁄ 3 ⁄5 6
C(q) = ( ) 𝑞 5 + ( ) 𝑞 ⁄5
3 2
3⁄ 2
6⁄ 2 5 3 ⁄5
= 𝑞 5 ((3) + (2) )
2⁄
3 3 5
6 2 ⁄5 ( )
= 𝑞 ⁄5 (3) (1 + 2
3⁄ )
2 5
( )
3
3 2⁄ 3
6⁄ 2 ⁄5 3 5 3 ⁄5
=𝑞 5( ) (1 +( ) ( ) )
3 2 2
3
6⁄ 2 ⁄5 3
=𝑞 5( ) (1 + 2)
3

et finalement :
3
5 2 ⁄5 6⁄
𝐶(𝑞) = ( ) 𝑞 5
2 3

2. Comment le coût varie-t-il lorsque la quantité d’output augmente ? Que pouvez-vous dire de
la nature des rendements d’échelle ?
Le coût moyen est une fonction croissante de q. En effet, la fonction de coût moyen est :
3⁄
𝐶(𝑞) 5 2 5 1⁄
CM(𝑞) = = ( ) 𝑞 5
𝑞 2 3
et donc sa dérivée est positive :
3⁄
′ (𝑞)
1 2 5 −4⁄
CM = ( ) 𝑞 5 >0
2 3

Le coût marginal est également croissant. En effet, la fonction de coût marginal est :
3⁄
2 5 1⁄
𝐶𝑚(𝑞) = 𝐶′(𝑞) = 3 (3) 𝑞 5

Et donc sa dérivée est positive :


3
3 2 ⁄5 −4
𝐶𝑚 = ( ) 𝑞 ⁄5 > 0.
′ (𝑞)
5 3
Le coût de production augmente de plus en plus avec la quantité produite.
Les rendements d’échelle sont donc décroissants (attention, le coût de production est calculé
le long du sentier l’expansion, le long duquel les inputs n’augmentent, en général, pas dans les
mêmes proportions. Ici, c’est pourtant bien le cas, mais c’est parce que la fonction de
production est de type Cobb-Douglas).

4
3. En supposant un prix de l’output égal à 2, montrez que l’offre optimale d’output est .
9
Le profit π() ne dépend que d’une seule variable, la quantité produite q :
3
6
5 2 5
π (q) = pq – C(q) = 2𝑞 − ( ) 𝑞 5 (car p = 2)
2 3
Le coût marginal étant croissant, cette fonction a un maximum en q* si π(q*) = 0.
Ce qui donne :
3⁄
2 5 1⁄
3 (3) 𝑞 5 = 2 (coût marginal = prix de l’output)
D’où :
3⁄
1 2 3 5
𝑞 ⁄5 = ( )
3 2
Et en conséquence, on a bien :
3
2 5 3 4
𝑞 =( ) ( ) =
3 2 9

EXERCICE 8 – LE CHOIX DU PRODUCTEUR EN CONCURRENCE PARFAITE (FIN)


On considère la fonction de production q = f (q1 , q2) = q13/4 q21/2,
1. Quelle est la nature des rendements d’échelle ?
La fonction de production étant de type Cobb-Douglas, avec α + β > 1, les rendements d’échelle
sont croissants. (Ici, la fonction est homogène de degré 5/4).
2. Quel est le choix optimal du producteur en concurrence parfaite ?
Les rendements croissants sont incompatibles avec la concurrence parfaite car il y engendre
des offres et demandes non finies. (Voir plus haut)
Dossier 5 – L’équilibre général avec production

EXERCICE 1 – L’OFFRE DE TRAVAIL EN CONCURRENCE PARFAITE (REVISIONS)


Soit un individu qui dispose d’une quantité q0 de bien et T de temps, et dont les préférences sont
représentées par la fonction d’utilité u(∙) définie par :

u(ℓ, q) = ℓq

où ℓ désigne la quantité de loisir, q, la quantité de bien consommée.

1. Déterminez la contrainte budgétaire de l’agent.


Il exite deux façons de penser le revenu de l’agent :
a. Une première façon, peut-être plus « intuitive », consiste à dire que le revenu R de
l’agent est la somme du revenu salarial wL (w : salaire ; L : quantité de travail) et d’un
revenu non salarial qu’il tire de la vente de sa dotation initiale 𝑞0 :
R = wL + pq0.
Sa contrainte budgétaire :
R = pq,
s’écrit donc :
wL + pq0 = pq [1]
avec L + ℓ = T.
b. Une seconde façon, plus conforme à ce que l’on a fait dans le modèle sans production,
consiste à dire qu’il vend l’ensemble de ses dotations initiales. Son revenu R’ est donc la
somme du revenu qu’il tire de la vente de sa dotation initiale en temps – son temps
disponible T – (au prix w), et de sa dotation initiale en bien, q0, au prix p :
R’ = wT + pq0.
Il consacre alors ce loisir à l’achat du panier (ℓ, q) : il achète une quantité de loisir ℓ à son
coût d’opportunité w (le salaire qu’il ne gagne pas pour chaque unité de temps pendant
lequel il ne travaille pas, donc pour chaque unité de temps de loisir), et une quantité q de
bien au prix p. Sa contrainte budgétaire est donc :
wT + pq0 = wℓ + pq [1’]
Evidemment, les deux contraintes budgétaires [1] et [1’] sont équivalentes. En effet, le loisir
étant défini comme du non-travail, la quantité de loisir est égale à la quantité de temps
disponible T pendant lequel l’agent ne travaille pas. On a donc :
T = L + ℓ.
Il s’ensuit que :
[1’] wT + pq0 = wℓ + pq  w(L + ℓ) + pq0 = wℓ + pq
 wL + wℓ + pq0 = wℓ + pq
 wL + pq0 = – wℓ + wℓ + pq
 wL + pq0 = pq [1]

2. On suppose q0 = 2, T = 12. Sur un graphique où les quantités de temps sont indiquées en


abscisse et les quantités de bien en ordonnée, représentez les dotations initiales de l’agent, la
courbe d’indifférence passant par ces dotations, la droite de budget (pour un salaire et un prix
du bien quelconques) et l’ensemble des consommations réalisables.
Si on met le temps en abscisse (temps disponible, et temps de loisir, autrement dit temps de
non-travail), la dotation initiale de l’agent est (12 , 2).

1
La courbe d’indifférence passant par le panier de dotations de l’agent relie tous les
paniers (ℓ , q) apportant à l’agent la même satisfaction que le panier (12 , 2). Elle a donc pour
équation :
u(ℓ, q) = u(12, 2)
autrement dit :
ℓq = 24.
Si le temps est en abscisse, alors il faut tracer le graphe de q = f(ℓ) = 24/ ℓ.

La droite de budget a pour équation (voir fin de question 1) :


pq = pq0 + w(T – ℓ)
Ce qui fait, pour T = 12 et q0 = 2 :
pq = 2p + w(12 – ℓ)

autrement dit :
𝑤 𝑤
q = 2 + 12 𝑝 − 𝑝 ℓ
𝑤 𝑤
C’est une droite d’ordonnée à l’origine 2 + 12 𝑝 et de pente − 𝑝 . Et elle passe évidemment par
le panier (12 , 2).

𝑤
Le graphique ci-dessous est réalisé pour 𝑝 = 1.

2
4. Calculez le TMS de l’agent au point de ses dotations initiales.
𝑞
TMS(ℓ, 𝑞) = ℓ .
1
D’où TMS(12, 2) = 6.

5. En désignant le salaire par w et en supposant que le bien (dont le prix est noté p) est le
numéraire, montrez que la fonction de demande concurrentielle de bien est : q* = 6w + 1.
Montrez que son offre concurrentielle de travail est L* = 6 – 1/w.
Comme la fonction d’utilité est Cobb-Douglas, le panier (ℓ, q) qui maximise l’utilité du
consommateur est vérifie ainsi :
𝑇𝑀𝑆(ℓ, 𝑞) = 𝑤/𝑝
{𝑤𝑇 + 𝑝𝑞0 = 𝑤ℓ + 𝑝𝑞
𝐿 + ℓ = T
à savoir (pour q0 = 2, T = 12 et en supposant que le bien est le numéraire, et donc que p = 1):
𝑞
= 𝑤

S {12𝑤 + 2 = 𝑤ℓ + 𝑞 .
𝐿 + ℓ = 12

Or :
𝑞
= 𝑤ℓ
𝑞 = 𝑤ℓ 𝑞 = 𝑤ℓ
S {12𝑤 + 2 = 𝑤ℓ + 𝑞 {12𝑤 + 2 = 𝑤ℓ + 𝑞 {12𝑤 + 2 = 𝑞 + 𝑞
𝐿 + ℓ = 12 𝐿 + ℓ = 12 𝐿 + ℓ = 12

6𝑤 + 1 1
𝑞 = 𝑤ℓ 𝑞 = 𝑤ℓ 6𝑤 + 1 = 𝑤ℓ ℓ= 𝑤 =6+𝑤
{12𝑤 + 2 = 2𝑞 { 𝑞 = 6𝑤 + 1  { 𝑞 = 6𝑤 + 1  { 𝑞 = 6𝑤 + 1
𝐿 + ℓ = 12 𝐿 + ℓ = 12 𝐿 + ℓ = 12 𝐿 + ℓ = 12
6𝑤 + 1 1 6𝑤 + 1 1
ℓ= =6+ ℓ= =6+
𝑤 𝑤 𝑤 𝑤
 𝑞 = 6𝑤 + 1  𝑞 = 6𝑤 + 1
1 1 1
{ 𝐿 + 6 + = 12 {𝐿 = 12 − 6 − = 6 −
𝑤 𝑤 𝑤

Les demandes de bien et de loisir et l’offre de travail qui maximisent la satisfaction du


consommateur sont donc :
𝑞 ∗ = 6𝑤 + 1
1
ℓ∗ = 6 +
𝑤

1
{ 𝐿 = 6−𝑤
6. Ces fonctions sont-elles croissantes ou décroissantes du salaire?
L’offre de bien et de travail sont ici deux fonctions croissantes du salaire réel. L’offre de
loisir étant, quant à elle, ici une fonction décroissante du salaire réel.
En effet :
• 𝑞 ∗ = 6𝑤 + 1 = 𝑓(𝑤) ⇒ 𝑓 ′ (𝑤) = 6 > 0
1 1
• ℓ∗ = 6 + 𝑤 = 𝑔(𝑤) ⇒ 𝑔′ (𝑤) = − 𝑤 2 < 0
1 1
• 𝐿∗ = 6 − 𝑤 = ℎ(𝑤) ⇒ ℎ′ (𝑤) = 𝑤 2 > 0

3
Remarque : si l’on ne supposait pas que les consommateurs ont de quoi vivre sans travailler, alors
l’offre de travail ne pourrait pas être une fonction croissante du salaire réel.

7. Déterminer les fonctions de demande nette de bien, de loisir et de travail de ce consommateur-


salarié. Comparer les deux dernières. Commenter.
Les offres sont données par ses dotations initiales : q0 pour le bien et T pour le loisir. L’offre
de bien de l’agent est donc égale à 2, et son offre de loisir (son offre de temps) est égale à 12.

La demande nette de bien du consommateur est donc :


eq(w) = q* – q0 = 6𝑤 + 1 − 2 = 6𝑤 − 1 ;
sa demande nette de loisir est :
1 1
𝑒ℓ (w) = ℓ* – T = 6 + 𝑤 − 12 = 𝑤 − 6 ;
sa demande nette de travail est quant à elle égale à :
1 1
𝑒𝐿 (w) = 0 – 𝐿* = 0 − (6 − ) = − 6.
𝑤 𝑤

Les demandes nettes de loisir et de travail du consommateur sont identiques. En effet, la


demande nette de travail est l’opposée de l’offre nette de travail, elle-même définie comme
l’opposée de la demande nette de loisir.

EXERCICE 2 – EQUILIBRE GENERAL AVEC PRODUCTION


Soit une économie avec production composée d’un seul bien (dont la quantité est désignée par
q), du consommateur salarié de l’exercice 1 et d’un producteur dont la fonction de production
est définie par : f(L) =2𝐿.

A/ le producteur
1. Quels sont les inputs et quel est l’output ?
L’input est le travail et l’output est le bien.

2. Quelle est la nature des rendements d’échelle ?


f(L) =2𝐿 : les rendements sont constants car f(λL) =2(λ𝐿) = λ(2L) = λ f(L).

3. Montrez que le coût de production d’une unité d’output est w/2.


La quantité de travail nécessaire pour produire une unité d’output est 𝐿̅ vérifie :
f(𝐿̅) = 1,
ce qui donne :
2𝐿̅ = 1,
à savoir :
1
𝐿̅ = . 2
Le coût de production d’une unité de bien est donc :
CM = 𝑤𝐿̅ = 1 × 𝑤 = 𝑤.
2 2
Remarque : les rendements étant constants, c’est le coût moyen de production quelle que
soit la quantité produite puisque les rendements sont constants.

4
5. Exprimez le profit en fonction de la quantité d’output. Déduisez-en les choix optimaux du
producteur (demande d’inputs et offre d’output) en fonction du prix et du salaire.
Le profit est égal aux recettes moins le coût de production. On a donc :
[3] 𝜋(𝑞) = 𝑝𝑞 − 𝐶(𝑞)

Comme les rendements sont constants, le coût moyen de production est le même quelle
que soit la quantité d’output q produite. On a donc :
𝑤
𝐶𝑀(𝑞) = 2 , quel que soit q,
et, partant :
𝑤
C(q) = q× 𝐶𝑀(𝑞) = 2
𝑞.
En remplaçant dans [3], il vient :
𝑤
𝜋(𝑞) = 𝑝𝑞 − 𝑞.
2
D’où :
𝒘
𝝅(𝒒) = 𝒒 (𝒑 − 𝟐 ).

La fonction d’offre de bien, est donc définie par :


𝑤
• s(w,p) = 0 si p < 2 .
𝑤
• s(w,p) = indéterminée si p = 2 .
𝑤
• s(w,p) non définie (puisqu’infinie) si p > .
2
Si p est le numéraire (p = 1), cela donne :
• s(w , 1) = 0 si w > 2.
• s(w , 1) = indéterminée si w = 2.
• s(w , 1) non définie (puisqu’infinie) si w < 2.

La demande de travail est donc :


𝑤
• Nulle si 𝑝 > 2
𝑤
• Indéterminée si =2
𝑝
𝑤
• Non définie si 𝑝 <2
Si p est le numéraire (p = 1), la demande de travail est donc :
• nulle si w > 2.
• indéterminée si w = 2.
• non définie (puisqu’infinie) si w < 2.

B/ L’équilibre

1. Sans calcul, indiquez quels sont les équilibres possibles de cette économie
En théorie, on peut avoir deux types d’équilibre :
• un équilibre autarcique : sans production car producteurs et consommateur
contents comme ça
• un équilibre avec production.

5
2. S’il existe un équilibre autarcique, quelles sont les quantités de travail utilisé et d’output
produit ? Quel est le salaire réel d’équilibre ? Existe-t-il un équilibre autarcique dans cette
économie
1
Si l’équilibre autarcique existe, alors L* = 0, q* = 0, w ≤ TMS(12, 2) = 6 (sinon le
consommateur veut travailler).
Il n’existe pas d’équilibre autarcique dans cette économie car, à ce salaire, le producteur
veut produire une quantité infinie d’output.

3. S’il existe un équilibre avec production, quel est le salaire réel d’équilibre ? Quelle est la
quantité de travail utilisée ? Quel est la quantité d’output produit ?
L’équilibre avec production ne peut se produire que pour :
𝑤 ∗
( 𝑝 ) = 2 ou 𝑤 ∗ = 2 pour p = 1.
En effet, c’est le seul salaire réel auquel le producteur produit.
Certes, son offre de bien et sa demande de travail sont indéterminées à ce prix, mais,
justement, dans ce modèle, on suppose que, à ce prix, le producteur demande la quantité
de travail offerte à ce prix et offre la quantité de bien demandée à ce prix.

Le salaire réel d’équilibre de cette économie est donc :


𝑤 ∗
( 𝑝 ) = 2 ou 𝑤 ∗ = 2 pour p = 1.

(Remarque : les rendements étant constants, le profit est nul ; le consommateur a donc le
même revenu que dans l’exercice 1 ; si les rendements avaient été décroissants, alors il
aurait fallu ajouter le profit au revenu du consommateur, salarié et propriétaire de
l’entreprise).
Comme la fonction d’offre de travail du consommateur-salarié (et donc l’offre globale du
travail puisque celui-ci est seul) est :
1
𝐿∗ = 6 − = ℎ(𝑤)
𝑤
La quantité de travail d’équilibre est alors :
1
ℎ(2) = 6 − 2,
à savoir :
11
𝐿∗ =
2

Avec cette quantité de travail, le producteur produit – et donc offre – la quantité


d’output :
11
𝑞 ∗ = 𝑓(𝐿∗ ) = 2 ( 2 ) = 11.
Le consommateur offre quant à lui sa dotation initiale en bien, à savoir 2.
L’offre globale de bien à ce prix est donc égale à 11 + 2 = 13.
Et elle est bien égale à la demande globale de bien à ce prix. En effet, seul le
consommateur demande du bien et sa fonction de demande est (voir plus haut) :
𝑞 ∗ = 6𝑤 + 1 = 𝑓(𝑤).
Et on a bien : 𝑓(𝑤) = 6 × 2 + 1 = 13.

6
Dossier 6. OPTIMALITE ET JUSTICE

Exercice 1

On considère une économie composée de deux agents, A et C, dont les préférences sont
représentées par les fonctions d’utilité :
1⁄ 2⁄
uA(q1A, q2A) = 𝑞1𝐴3 𝑞2𝐴3 et uC(q1C, q2C) = 𝑞1𝐶 𝑞2𝐶 respectivement.
Ils ont donc les mêmes préférences que les agents A et C du dossier 3.
1. On suppose que les ressources disponibles de l’économie comprennent 11 unités de
bien (1) et 5 unités de bien (2). Déterminez l’équation de la courbe des contrats de
l’économie (i.e. l’ensemble des optima de Pareto) et représentez-la dans un
diagramme d’Edgeworth.
Il n’est besoin, pour déterminer la courbe des contrats, que des fonctions d’utilité. Les
optima de Pareto (OP) sont tels qu’il n’y a plus de possibilité d’échanges mutuellement
avantageux, donc tels que les TMS de tous les agents de l’économie sont égaux entre
eux :
𝑞 𝑞
TMSA(q1A , q2A) = 2𝑞2𝐴 = TMSC(q1C , q2C) = 𝑞2𝐶
1𝐴 1𝐶
On a donc :
q2Aq1C = 2q1Aq2C [1]
Par ailleurs, les ressources de l’économie comprenant 6 unités de bien (1) et 21 unités
de bien (2), on a :
q1A + q1C = 11 [2] et q2A + q2C = 5 [3].

De ces trois équations – [1], [2] et [3] –, on déduit celle de la courbe des contrats. Pour
ce faire, si on se situe dans le système d’axes (0, q1A, q2A), on remplace, dans [1], q1C et
q2C selon les équations [2] et [3], i.e. respectivement par 11 – q1A et 5 – q2A.
On obtient ainsi :
q2A(11 – q1A) = 2q1A(5 – q2A) [1’]
ou encore :
11q2A – q1Aq2A = 10q1A – 2q1Aq2A,
à savoir :
q2A(11 + q1A) = 10q1A,
ce qui donne :
10𝑞
𝑞2𝐴 = 11+𝑞1𝐴 [1’’]
1𝐴
avec 0 ≤ q1A ≤ 11 et 0 ≤ q2A ≤ 5.

On peut vérifier – en calculant sa dérivée première – que cette fonction (encadrée) est
croissante (c’est toujours le cas), puis – en calculant sa dérivée seconde – qu’elle est
concave (pas toujours le cas), et qu’elle passe par (q1A , q2A) = (0 , 0) et par
(q1A , q2A) = (11 , 5) (toujours).
Voir graphique 1 ci-dessous.

2. On distribue maintenant les ressources de l’économie sous forme de dotations


initiales de la manière suivante : A dispose du panier (3 , 3) et C, du panier (8 , 2),
comme dans les trois premiers dossiers de TD. Cette allocation des biens est-elle un
optimum de Pareto ?
Rappelez le prix et l’allocation d’équilibre de concurrence parfaite de cette économie
(voir dossier 3). Cette dernière allocation est-elle sur la courbe des contrats ?
L’allocation {(3 , 3) , (8 , 2)} – point jaune sur le graphique 1 ci-dessus – n’est pas un
OP car les TMS des agents diffèrent au point de leurs dotations initiales.
1 1
On a, en effet, vu (dans les dossiers 1 et 3) que TMSA(3 , 3) = 2 et TMSC(8 , 2) = 4.
Les agents ont intérêt à échanger des biens entre eux (comme les échanges se feront
à un prix du bien (1) en bien (2) compris entre ces deux TMS,

𝑝 1
On a vu dans le dossier 3 que le rapport de prix d’équilibre général était 𝑝1 = 3 et que
2
8 7
l’allocation d’équilibre général de concurrence parfaite était alors : {(4, 3) , (7, 3)}.

En raison du premier théorème de bien être, on sait que cette allocation – illustrée par
le point vert sur le graphique 1 plus haut – est un optimum de Pareto. Elle est donc
bien sur la courbe des contrats. Ce que l’on peut vérifier, en remplaçant q1A par 4 dans
l’équation
10𝑞
𝑞2𝐴 = 11+𝑞1𝐴
1𝐴
on trouve bien :
10×4 40 8
𝑞2𝐴 = 11+4 = 15 = 3.
3. On distribue maintenant les ressources disponibles de manière exactement égale :
chaque agent dispose donc d’un panier composé de 5,5unités de bien (1) et 2,5 unités
de bien (2). L’allocation considérée est-elle un optimum de Pareto ? S’il existe des
possibilités d’échange mutuellement avantageux, expliquez pourquoi.

Déterminer les prix et l’allocation d’équilibre de concurrence parfaite de cette


économie (on en donnera une approximation au millième près).
L(allocation {(5,5 , 2,5) , (5,5 , 2,5)} – en orange sur le graphique 1 plus haut – n’est pas
un OP car les TMS des agents diffèrent. En effet :
2,5 5 2,5 5
TMSA(5,5 , 2,5) = 2×5,5 = 22 ≠ TMSC(5,5 , 2,5) = 5,5 = 11.
Les agents ont intérêt à échanger des biens entre eux (A a encore intérêt à céder du
bien (1) à C en échange de bien (2), et réciproquement).

Notons l’allocation concurrentielle : {(q1A , q2A) , (q1C , q2C)}. Puisqu’on peut exprimer
q1C et q2C en fonction de q1A et q2A, on néglige C.
Cette allocation concurrentielle est un OP, donc vérifie l’équation de la courbe des
contrats :
10𝑞
𝑞2𝐴 = 11+𝑞1𝐴 [1’’].
1𝐴

Mais elle vérifie également une seconde équation. On trouve cette équation en
rappelant que l’allocation d’équilibre est telle que le prix implicite au passage des
dotations initiales à cette allocation est égal au TMS des agents pour l’allocation finale,
donc par exemple au TMS de A.
Ainsi, puisque A passe de (5,5 , 2,5), son panier de dotations initiales, à (q1A , q2A), le
panier qu’il a à l’équilibre, en cédant du bien (1) pour obtenir du bien (2), il donne
5,5 – q1A unités de bien (1) pour obtenir q2A – 2,5 unités de bien (2).
𝑝1 𝑞2𝐴 −2,5
Le prix implicite de cet échange est le rapport de ces deux quantités : =
𝑝2 5,5−𝑞1𝐴
La seconde équation que doit vérifier le panier de A au point de l’allocation
concurrentielle est donc :
𝑝
TMSA(q1A , q2A) = 𝑝1
2
Autrement dit :
𝑞2𝐴 𝑞 −2,5
= 5,5−𝑞
2𝐴
[4].
2𝑞1𝐴 1𝐴

En résolvant le système de deux équations [1’’] et [4],


10𝑞1𝐴
𝑞2𝐴 =
11 + 𝑞1𝐴
𝑞2𝐴 𝑞2𝐴 − 2,5
=
{2𝑞1𝐴 5,5 − 𝑞1𝐴

on obtient :
10𝑞1𝐴
𝑞2𝐴 =
11 + 𝑞1𝐴
10𝑞1𝐴 10𝑞1𝐴
11 + 𝑞1𝐴 11 + 𝑞1𝐴 − 2,5
=
{ 2𝑞1𝐴 5,5 − 𝑞1𝐴

Ce qui donne :
10𝑞1𝐴
𝑞2𝐴 =
{ 11 + 𝑞1𝐴
5(5,5 − 𝑞1𝐴 ) = 10𝑞1𝐴 − 2,5(11 + 𝑞1𝐴 )

Ou encore
10𝑞1𝐴
𝑞2𝐴 =
{ 11 + 𝑞1𝐴
55 = 12,5𝑞1𝐴

D’où :
10 × 22 220
𝑞2𝐴 = = ≅ 2,857
11 × 5 + 22 77
{
55
𝑞1𝐴 = = 4,4
12,5
Puis, en remplaçant dans [2] et [3] :
q1A + q1C = 11 [2] et q2A + q2C = 5 [3].

on obtient :
220 165
q1C = 11 − 4,4 = 6,6 et q2C = 5 − = ≅ 2,143 (désolée pour ces résultats !)
77 77

L’allocation concurrentielle est donc {(4,4 , 2,857) , (6,6 ,2,143)} (elle apparaît en
bleu sur le graphique 1).
220
220 165
On a alors TMSA(4,4 , )= 77
= TMSC(6,6 , ).
77 8,8 77

𝑝 ∗
D’où : (𝑝1 ) ≅ 0,325.
2

4. On suppose enfin que toutes les ressources disponibles de l’économie sont détenues
par l’agent A. L’allocation considérée est-elle un optimum de Pareto ?
Cette allocation – illustrée par le point noir sur le graphique 1 – est un OP, car l’agent
C ne disposant de rien, il n’y a aucun échange mutuellement avantageux possible. Si A
n’aimait pas l’un des biens, il pourrait le donner à C sans diminuer sa satisfaction, mais
ce n’est pas le cas.
5. Comparez les solutions aux questions 2), 3) et 4) et commentez.
On a trois allocations optimales, toutes sur la courbe des contrats (points vert, bleu et
noir sur le graphique 1), qui diffèrent par la répartition (dotations initiales).
Le critère d’optimalité parétienne est un critère d’efficacité mais pas de justice. Il peut
coexister avec une multiplicité de répartitions.

TEXTE : Amartya Sen, 1987, Ethique et économie, PUF, p. 31-37.


« Un état social est défini comme optimal au sens de Pareto si et seulement s’il est impossible
d’accroître l’utilité d’une personne sans réduire celle d’une autre personne. Il s’agit là d’une
réussite très limitée qui ne garantit pas nécessairement, par elle-même, d’excellents résultats. Un
état peut être optimal au sens de Pareto même si certains individus sont extrêmement pauvres et
d’autres immensément riches, dès lors qu’on ne peut pas améliorer le sort des indigents sans
toucher au luxe des riches (…). L’optimum de Pareto n’accorde aucune attention aux questions de
répartition de l’utilité.
(…) Les théorèmes de l’économie du bien-être mettent en relation l’optimum de Pareto, et les
résultats de l’équilibre du marché dans les conditions de concurrence parfaite (…). On juge
raisonnable de supposer que le meilleur état doit être au moins optimal au sens de Pareto, et donc
que le meilleur état doit lui aussi pouvoir être atteint grâce au mécanisme de la concurrence. On a
envisagé diverses procédures pour compléter le principe de Pareto par des jugements sur la
répartition (…).
Il est difficile d’appliquer [le second théorème] à l’action des pouvoirs publics, en partie parce que
les informations nécessaires pour calculer la répartition initiale des ressources sont
contraignantes et très difficiles à obtenir (…). Par ailleurs, même si ces informations étaient
disponibles, on ne pourrait appliquer le second théorème que s’il était politiquement possible de
redistribuer les ressources entre les individus en fonction d’un optimum social. (…) Les questions
de faisabilité politique seraient extrêmement importantes dans un domaine aussi fondamental
qu’une modification radicale de la propriété. Bien que le second théorème soit souvent invoquée
par des milieux assez conservateurs pour justifier l’action bénéfique des mécanismes du marché,
il ne peut être réellement utilisé que dans la perspective hypothétique d’un ‘manuel
révolutionnaire’ qui préconiserait une transformation de la propriété des moyens de production
comme préalable au libre fonctionnement du marché ».

QUESTION – Discutez la « faisabilité politique » du second théorème du bien-être.


Le second théorème sépare l’optimalité et la justice. Tout optimum peut être atteint
grâce à une redistribution des dotations.
Une telle redistribution suppose que les agents y consentent, alors qu’elle diffère des
échanges volontaires en n’étant pas mutuellement avantageuse.
Elle suppose également que les agents donnent à la collectivité les informations
relatives à leurs ressources, pour que la collectivité, connaissant les ressources totales
de l’économie, décide des redistributions. Si les agents sont motivés par leur seule
utilité, qui ne dépend que des biens qu’ils possèdent, ils ne sont pas forcément incités
à révéler leurs ressources s’ils prévoient qu’elles sont importantes relativement à
celles des autres et qu’elles pourraient donc leur être ôtées pour être redistribuées.
EXERCICE 2 – DIAGRAMME D’EDGEWORTH ET COURBE DES CONTRATS : CAS NON STANDARD

On considère une économie d’échange composée de deux biens, notés (1) et (2), dont les
quantités disponibles dans l’économie sont de 6 unités pour le premier et 4 unités pour
le second, et deux agents, notés A et B.
On suppose que l’agent A n’aime pas le bien (1), mais aime le bien (2) sans limite. B aime
les deux biens sans limite, désire toujours disposer d’une quantité, même infime, de
chacun des biens, et, lorsqu’il est indifférent entre deux paniers Q et Q’, préfère
strictement à chacun de ces paniers un mélange des deux.

1. Représentez, dans un diagramme d’Edgeworth, l’état réalisable E1 = {(2 , 2) , (4 , 2)}


ainsi que les courbes d’indifférence des agents A et B passant par E1.
q2A
4 1 0B
4

3 1

E1
2 2

q1A
0A
1 2 3 6

Comme A n’aime pas le bien (1), ses courbes d’indifférence sont horizontales : pour
une même quantité de bien (2), la satisfaction de A ne change pas quelle que soit la
quantité de bien (1) qu’il possède. La courbe d’indifférence de A passant par E 1 est
donc la droite horizontale bleue sur le graphique ci-dessus et dont l’équation est : q2A =
2.
Comme B aime les deux biens sans limite, désire toujours disposer d’une quantité,
même infime, de chacun des biens, et, lorsqu’il est indifférent entre deux paniers Q et
Q’, préfère strictement à chacun de ces paniers un mélange des deux, ses courbes
d’indifférences sont décroissantes, asymptotes aux axes et convexes. Voir courbe verte
passant par E1 sur le graphique ci-dessus.

2. Précisez quels sont les paniers préférés à E1 selon le critère de Pareto.


Le critère de Pareto est un critère de comparaison de deux états réalisables stipulant
qu’un état réalisable est préféré à un autre s’il lui est préféré au sens large par
l’ensemble des agents et au sens strict par au moins l’un d’entre eux.
A E1, les agents A et B préfèrent les états réalisables situés au-dessus de leur courbe
d’indifférence passant par E1. Les états réalisables préférés à E1 selon le critère de
Pareto sont donc ceux situés dans la zone indiquée par la flèche rouge dans le
graphique ci-dessus (y.c. la périphérie).
3. On cherche à déterminer la courbe des contrats. Trois équations sont proposées :
• q1A = 0
• q2A = 4
• q2A = 2q1A/3
Dans trois diagrammes d’Edgeworth différents, représentez ces 3 courbes des
contrats possibles. Indiquez celle qui est correcte. Expliquez.

q2A
• q1A = 0 4 1 0B
4
C’est la courbe des contrats :
tous les états réalisables situés 3 1
sur cette droite sont des OP.
Car A ne dispose que de bien (2). 2 2
Il ne peut donc améliorer sa
situation par l’échange car il 1
n’aime pas le bien (1).
q1A
0A
1 2 3 6
q2A
• q2A = 4 4 1 0B
4
L’état réalisable {(2 , 4) , (4 , 0)} ,
entre autres, situé sur cette droite 3
n’est pas un OP. En effet, l’état {(0 1
, 4) , (6 , 0)} lui est préféré selon le
critère de Pareto puisque B, qui 2 2
aime le bien (1), le préfère au sens
strict, quand A, qui n’aime pas le 1
bien (1), est indifférent entre les
deux. q1A
0A
1 2 3 6
Donc cette droite n’est pas la
courbe des contrats.
q2A
• q2A = 2q1A/3
4 1 0B
4
L’état réalisable {(3 , 2) , (3 , 2)},
3 1
par exemple, situé sur cette droite
n’est pas un OP. En effet, l’état {(0
, 2) , (6 , 2)} lui est préféré selon le 2 2
critère de Pareto puisque B, qui
aime le bien (1), le préfère au sens 1
strict quand A, qui n’aime pas le
bien (1), est indifférent entre les q1A
deux. 0A
1 2 3 6
Donc cette droite n’est pas la
courbe des contrats.

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