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Module : Littérature Commentaire Composé

Professeur : A.BELKAZ J.-M.G. Le Clézio, Désert, 1980

Jean-Marie Gustave Le Clézio Né en 1940, est connu pour son premier roman « le
procès verbal » dont il obtient le Prix Renaudot en 1963. Il a publié une vingtaine
d'ouvrages : des récits, autant de contes pour enfants que fables philosophiques
(dont La fièvre, Le Déluge) et des romans dont le Désert fait partie ; il s’agit d’un roman
appartenant au mouvement « Nouveau Roman », il raconte l’histoire d’une jeune fille
qui a vécu une enfance paisible et heureuse dans le bidonville d’une cité marocaine et qui
a émigré à Marseille où elle découvre une vie misérable.

L’extrait que nous allons commenter relate, dans un registre pathétique, les
aventures du personnage Lalla dans l’univers d’une grande ville au sud de la France et
rapporte ses émotions et ses sentiments, d’où un autre registre qui est lyrique.

Dans quelle mesure les lieux heurtent-ils l’état d’âme du personnage ?

Qui fait-il la désillusion du personnage ?

Nous verrons, d’abord, comment se fait-il la description des lieux et ses effets sur
l’état d’esprit du personnage puis nous nous attacherons à montrer comment se traduit-il
son sentiment de la désillusion.

En effet, Lalla se trouve face à des circonstances défavorables, face à un lieu


effrayant, cela se montre dans l’emploi d’un champ lexical de la peur (peine, chiens,
abandonnées, caves, fenêtres noires, mort) et l’utilisation du champ lexical de la misère et
la famine (poil hérissé, rongent leurs os en grognant, grillages, barreaux, pourris).

Le lieu, d’après le narrateur se ressemble à une prison, à travers les yeux d’un
narrateur interne « les verbes de perception : « elle voit, on entend » et l’ignorance
partielle de certains faits : «on dit même que , elle croit », on constate qu’il s’agit d’un lieu
dépourvu des gens et de ses habitants, ce qui fait l’originalité d’une peur magnétique
chez le personnage(les fenêtres au ras du sol sont fermées, les maisons semblent
abandonnées, elle croit que c’est une prison où les gens sont morts, toujours déserte ).

Le narrateur a tendance d’employer l’énumération (des soupirails, des caves, des


fenêtres noires) pour mettre l’accent sur l’aspect misérable du lieu et en attribuant aussi
des traits humains aux objets « il y a un froid de mort qui sort de bouches des soupirails ».
Ainsi que l’emploi de l’hyperbole justifie aussi le degré d’effroi que ressent le personnage
provenant des circonstances spatio-temporelles « il y a un froid de mort »

Nom et prénom : SABROUNE Abdelhadi Page 1


Module : Littérature Commentaire Composé
Professeur : A.BELKAZ J.-M.G. Le Clézio, Désert, 1980

Ce lien entre l’univers et le personnage ne cesse pas de s’avérer tout au long du


texte, ce qui fait le trouble d’état d’âme de l’antihéros.

Le texte met en évidence un personnage errant « continue à marcher » et dont la


description se fait du haut en bas « la sueur coule toujours sur sont front, le long de son
dos, mouille ses reins, pique ses aisselles ». En effet cette description traduit un sentiment
de spleen, une psychologie accablée des maux. Ce personnage dont le souffle est épuisé
par la marche et le vagabondage « en respirant avec peine ».

Le héros est dans une entreprise d’errance, il est perdu et ne sait même pas où se
retourner. Cela est souligné par la question oratoire « où aller ? ». Cette question
rhétorique et l’emploi de certains embrayeurs « maintenant, là, aujourd’hui… » Ainsi que
l’emploi du présent de l’indicatif « continue, coule, descend, ressemble… », Tous ces
procédés soulignent l’aspect du discours et du discours indirect libre « Où aller ? » qui
justifie une focalisation interne.

Le personnage est dans une perspective de désillusion, il est déçu d’un univers
absurde surtout après avoir vécu une enfance heureuse dans sa région natale avec les
hommes bleus ; il est dans une recherche d’un refuge, c’est celui de la spiritualité, il se
dirige à l’institution religieuse pour apaiser sa mélancolie « l’étrange dôme qu’elle aime
bien ».cette idée peut être justifiée par l’emploi du terme « Charité », dont la première
lettre est en majuscule. Néanmoins, l’héroïne, angoissée, est rejetée encore par cette
échappatoire et ne peut que s’enfuir vers un autre horizon qui est la mer.

Lalla est un personnage tourmenté, usé, désabusé, déçu du progrès en lequel il avait
confiance auparavant. Il s’agit pour lui d’un progrès qui n’est qu’une illusion et une
chimère.

En guise de conclusion, ce passage met en scène, à travers une focalisation interne,


un personnage dont la psychologie est asphyxiée et angoissé par des lieux qui
ressemblent à une prison. Le passage étudié, nous permet aussi, par le biais d’un champ
lexical référant à la peur et à travers un registre pathétique et lyrique, de découvrir les
sentiments et les émotions nostalgiques d’une adolescente déçu d’un univers misérable.

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