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Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene

Faculté de Chimie

2021/2022
Généralités

INTRODUCTION

I- Objectifs des travaux pratiques


 Initiations aux gestes de base en Chimie.
 Faire acquérir aux étudiants des connaissances pratiques, un savoir-faire expérimental
et des habitudes manuelles permettant de manipuler de façon efficace et précise.
 Connaitre le fonctionnement du petit matériel courant utilisé dans un laboratoire de
Chimie.
 Consolider les acquis techniques.
 Apprendre aux étudiants que la Chimie fait partie de leur environnement quotidien,
participe au développement des sciences et débouche sur d’importantes réalisations
industrielles et cela par l’introduction de nouvelles expériences.

Dans ce cadre, les expérimentations proposées sont simples, économiques et pratiques et


permettent ainsi de compléter de concrétiser les notions théoriques de cours. La durée de 3
heures permet de recommencer, d’approfondir et de discuter les résultats avec un test de
contrôle de connaissances de 10 à 15 minutes à chaque fin de séance.

II- Evaluation des travaux pratiques


 Les manipulations de travaux pratiques de l’unité d’enseignement METHODOLOGIE
sont obligatoires. En conséquence, toute absence non justifiée à une manipulation,
empêche l’attribution d’une note finale à l’étudiant.
 Chaque manipulation est installée dans le laboratoire pour une durée de 15 jours. En cas
d’absence prévisible et justifiée (convocations, ...), l’étudiant en accord avec
l’enseignant doit venir à une autre séance d’un autre groupe.
 Un travail préparatoire individuel sur l’aspect théorique et pratique de la manipulation
programmée est obligatoire.
 Les résultats expérimentaux obtenus seront remis à l’enseignant à la fin de chaque
séance.

L’évaluation des travaux pratiques se fait par semestre et elle est basée sur un contrôle continu
(C.C.) et un examen final (E. F.) :

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Généralités

1- Le contrôle continu
Il comporte les parties suivantes :
a- Travail individuel :
- Le travail expliquant le protocole.
- La participation, la manière de manipuler pendant les séances de TP et la précision des
résultats.
b- Comptes rendus.
c- Test de contrôle effectué pour chaque séance d’une durée de 15 à 20 minutes.
2- Examen final
Il a lieu en fin de semestre d’une durée de 1 heure à 1heure 30 minutes.

III- Présentation des comptes rendus


La rédaction du compte rendu doit être aérée, avec des paragraphes et des subdivisions dont le
titre et les sous titres sont numérotés. Laisser une marge suffisante pour que les remarques
puissent être inscrites. Adopter un style clair, précis et concis, sans mots ou expressions vagues
ou inutiles.
L’étudiant doit respecter le plan de rédaction suivant :
 Noms et prénom(s) de l’étudiant, domaine, section, groupe et sous-groupe.
 Date de la manipulation.
 Titre de la manipulation : « TP N° : .................................... ».
 Le but ou l’objectif de la manipulation.
 Les notions théoriques.
 Matériel, verrerie et produits chimiques utilisés.
 Le mode opératoire utilisé.
 Résultats, calculs d’erreurs et interprétation.
 Conclusion.
 Réponses aux questions (éventuellement).

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Généralités

SÉCURITÉ AU LABORATOIRE

I- Introduction
L’exécution des travaux pratiques de Chimie dans un laboratoire entraîne la manipulation de
produits toxiques, inflammables, corrosifs et explosifs. L’accomplissement de ces travaux peut
être à l’origine d’accidents ou d’intoxications graves dont les effets sont immédiats ou
insidieux. Tout étudiant au laboratoire de Chimie devrait être au courant des implications et des
risques associés à la manipulation en cours. Par conséquent, il est impératif de connaître et
d’appliquer rigoureusement les règles de sécurités.

II- Règles de sécurités


Le plus grand danger dans un laboratoire c’est Vous !
Vous êtes en danger chaque fois que vous êtes ignorant ou négligeant, soit les deux à la fois.
Souvenez-vous de cela car la personne la plus à souffrir c’est Vous !
1. Ne jamais entrer dans un laboratoire sans autorisation.
2. Le port de la blouse est obligatoire. Cette dernière doit être en coton assez longue pour
protéger les jambes.
3. L’étudiant doit être attentif et éviter tout comportement irréfléchi ou précipité.
4. Il avoir connaissance du travail personnel et du travail réalisé par ses voisins et être
conscient des dangers qu’ils peuvent présenter.
5. Ne jamais courir ou se précipiter dans un laboratoire.
6. Ne rien mettre à la bouche dans un laboratoire.
7. Ne pas toucher sans raison au matériel dans un laboratoire.
8. Ne jamais prendre quoi que ce soit dans un laboratoire sans permission.
9. Ne rien lancer dans un laboratoire.
10. Toujours porter des lunettes lorsque votre enseignant vous le demande.
11. Les cheveux longs doivent être noués derrière la tête. Les foulards, cravates, gilets et
autres vêtements ne doivent jamais prendre librement.
12. Ne jamais diriger un tube à essai vers vous ou vers quelqu’un d’autre. Ne jamais
regarder dans l’axe d’un tube à essai.
13. Tout accident, toute casse ou détérioration, même mineur, doivent être signalés
immédiatement à votre enseignant.
Si vous vous brûlez ou si un produit est projeté sur votre peau, lavez-vous immédiatement la
partie atteinte avec beaucoup d’eau.

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Généralités

III- Symboles utilisés sur les étiquettes

Signification Symbole Description des risques Exemples

Méthanol, benzène,
Produits qui, par inhalation,
phénol, naphtaline,
Toxique T ingestion ou pénétration cutanée en
phosphore blanc, sulfure
Très Toxique T+ petites quantités, entraînent la mort
d’hydrogène, cyanure à
ou des effets aigus ou chroniques.
plus de 7 %,...

- Produits qui, par inhalation,


ingestion ou pénétration cutanée en
Dichlorométhane,
petites quantités, entraînent la mort
trichloréthylène,
ou des effets aigus ou chroniques.
Nocif Xn térébenthine, Bichromate
Irritant Xi - Produits non corrosifs qui en cas
de potassium, eau de
de contact ou d’inhalation peuvent
Javel diluée, ammoniaque
provoquer une irritation de la peau
entre 5 et 10 %,...
et des voies respiratoires ou une
inflammation des yeux.
- Produits pouvant s’enflammer
Acétone, éthanol, eau
facilement en présence d’une
écarlate
Facilement source d’inflammation à
Acétylène, éther
inflammable F température ambiante
Extrêmement diéthylique, insecticides
(< 21°C)
inflammable F+ en bombe,...
- Produits pouvant s’enflammer
très facilement en présence d’une
source d’inflammation même en
dessous de 0 °C.
Produits pouvant favoriser ou
activer la combustion d’une
substance combustible.

Comburant O Au contact de matériaux


Acide nitrique à 70 % et
d’emballage (papier, carton, bois) plus, peroxydes de
ou d’autres substances chrome VI, désherbants
combustibles, ils peuvent (chlorate de soude),...

provoquer un incendie.

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Généralités

Acide chlorhydrique à 25
% et plus, acide
Produits pouvant exercer une phosphorique à plus de 25
action destructive sur les tissus %, eau de javel
Corrosif C
vivants. concentrée, ammoniaque
à plus de 10 %,...

Nitroglycérine, butane,
Ce sont des liquides ou des solides
propane dans un certain
capables d’exploser sous l’action
Explosif E pourcentage de mélange
d’un choc, d’un frottement, d’une
avec l’air, TNT
flamme ou de chaleur.
(trinitrotoluène) ;...

Produits qui peuvent présenter un


risque immédiat ou différé pour
une ou plusieurs composantes de
Dangereux pour Lindance (pesticide),
l’environnement (capables de
l’environnement tétrachlorure de
causer, par exemple, des
N carbone,...
dommages à la faune, à la flore ou
de provoquer une pollution des
eaux naturelles et de l’air).

Les nouveaux pictogrammes de danger, conformes au règlement européen CLP


(en anglais : Classification,
Labelling, Packaging), sont
représentés ci-contre :

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Généralités

MÉTHODOLOGIE DE CALCUL D’ERREURS

I- Introduction
La mesure de grandeurs physiques est une activité fondamentale en sciences expérimentales.
Toutefois, une mesure, aussi précise soit elle, est entachée d’erreurs. L’erreur est définie
comme étant la différence entre la valeur mesurée et la valeur vraie (exacte). Cependant, pour
les mesures effectuées généralement au laboratoire, nous ne pouvons pas connaître la valeur
exacte de la grandeur mesurée. Le résultat sera donc incertain et nous parlerons d’incertitude
de mesure. Mesurer une grandeur n’est pas simplement rechercher la valeur de cette grandeur,
mais aussi lui associer une incertitude, afin d’évaluer la qualité de la mesure.
Nous distinguons deux types d'erreurs :
1- Les erreurs systématiques : elles affectent le résultat constamment et dans le même sens
(effet des grandeurs d’influences (température, pression, ….), instrument défectueux ou mal
étalonné, ....). Il est important de détecter et de corriger une erreur systématique (utiliser des
instruments différents, ...). Les erreurs systématiques influencent l’exactitude
(ou justesse) de la mesure.
2- Les erreurs aléatoires : elles sont non reproductibles et mal définies (manipulateur, ...).
Pour réduire les erreurs aléatoires, il faut augmenter le nombre de manipulations. Les erreurs
aléatoires affectent la précision (ou fidélité) de la mesure.

II- Généralités
II-1 Incertitude absolue et intervalle de confiance
La valeur X d'une grandeur, résultant d'une mesure, peut être présentée comme une valeur
estimée Xmesurée associée à son incertitude absolue ΔX (nombre positif) : X = Xmesurée  ΔX.
L’incertitude absolue permet donc de définir un intervalle dans lequel la valeur vraie a un
certain pourcentage de chances de se trouver. Cet intervalle est appelé intervalle de confiance.
La valeur la plus probable de X est en général le centre de cet intervalle et l’incertitude absolue
est l’erreur maximale que l’on est susceptible de commettre dans l’évaluation de X.

II-2 Incertitude relative


L’incertitude relative est le rapport entre l’incertitude absolue ΔX et la valeur mesurée Xmesurée :
Incertitude absolue ∆X
Incertitude relative = | |= | |
Valeur mesurée X mesurée

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Généralités

L’incertitude relative est un nombre sans dimension et s'exprime souvent en pourcentage (on la
multiplie par 100). Plus l'incertitude relative est petite, plus la valeur mesurée est précise.

III- Méthodes de calcul d’erreurs


Deux méthodes sont utilisées pour évaluer les erreurs aléatoires : la méthode statistique et la
méthode classique.

III-1 Calcul d’erreurs par la méthode statistique


La dispersion statistique apparaît lorsqu’on fait des mesures répétées de la même grandeur.
Si l’on mesure plusieurs fois la même grandeur X, on obtiendra à chaque fois un résultat
différent Xi.
Lorsque le nombre des mesures indépendantes augmente, on peut généralement postuler que la
distribution des valeurs obtenues suit une distribution de Gauss (en cloche).
Pour mesurer une grandeur X, on réalise une série de n mesures indépendantes qui donnent les
résultats X1, X2, X3, X4, .......Xn, presque reproductibles. On considère que la meilleure
estimation de la valeur vraie de la grandeur X est la moyenne des valeurs mesurées :
𝐧
̅= ∑𝐢=𝟏 𝐗 𝐢 avec n : nombre d’essais (nombre de mesures).
𝐗 𝐧

Pour trouver l’incertitude sur cette moyenne, on calcule d’abord l’écart type, noté , de la
𝐧
̅)𝟐
∑𝐢=𝟏 (𝐗 𝐢 −𝐗
distribution des n mesures :  = √ . Puis on calcule l’écart type moyen (l’écart type
𝐧−𝟏

sur la moyenne), noté m, tel que : m = .
√𝒏

La dispersion statistique affecte la


précision de la mesure. Le but de répéter
la mesure de la même grandeur plusieurs
fois (n mesures) est d'obtenir
une estimation aussi précise que possible de
la vraie valeur cherchée.
Pour une distribution gaussienne, l’aire
comprise sous la courbe et délimitée par
l’intervalle [X −  ; X +  ] représente
68,26 % de l’aire totale. Cela signifie que la probabilité que la variable X appartienne à
l’intervalle [X −  ; X +  ] est de 68,26 %.

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Généralités

La probabilité que la variable X appartienne à l’intervalle [X − 2 ; X + 2 ] est de 95,46 % et


elle vaut 99,73 % pour l’intervalle [X − 3 ; X + 3 ].
Le résultat de mesure sera présenté sous la forme : X = 𝐗 ± β avec β l’incertitude absolue de
mesure, donnée par la relation : 𝛃 = 𝐭 . 𝐦 . Le facteur t est appelé coefficient de Student. Il
dépend du nombre de mesures et de la confiance que nous voulons donner au résultat. Par
exemple, si le taux de confiance est égal à 95 %, cela signifie que l’on a 95 % de chances que
la valeur vraie soit comprise entre 𝐗 – β et 𝐗 + β. Dans tous les TP de Chimie, on considérera,
le plus souvent, un taux de confiance de 95 %. L’intervalle [𝐗 – β ; 𝐗 + β] s’appelle intervalle
de confiance de la mesure.
Les différentes valeurs de t sont rassemblées dans le tableau suivant :

Tableau 1 : Valeurs de t en fonction du nombre d’essai et du taux de confiance.


Nombre Taux de confiance (probabilité)
d’essais 50 % 80 % 90 % 95 % 99 % 99,99 %
2 1,00 3,08 6,31 12,7 63,7 637,0
3 0,81 1,89 2,92 4,3 9,92 31,60
4 0,76 1,64 2,35 3,18 5,85 12,90
5 0,74 1,53 2,13 2,78 4,60 8,61
6 0,71 1,44 1,94 2,45 3,71 5,96
10 0,70 1,37 1,81 2,23 3,17 4,59
100 0,67 1,28 1,64 1,94 2,58 3,29

Le résultat de mesure s’écrira donc sous la forme : X = (𝐗 ± β)unité (95 %).


 Intervalle de confiance :
L’incertitude relative (%) est donnée par la relation : 𝐈𝐧𝐜𝐞𝐫𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 = |𝛃𝐗̅| 𝐱 𝟏𝟎𝟎.

III-2 Calcul d’erreurs par la méthode classique


Lorsque la grandeur évaluée est le résultat d’un calcul où interviennent plusieurs mesures, on
peut estimer l’incertitude absolue en utilisant la méthode classique.
Ce calcul n’est possible que si cette grandeur est liée, par une loi connue (formule), à d’autres
grandeurs dont nous avons déjà une estimation sur leurs incertitudes.

Soit X la grandeur que l’on veut déterminer à partir de la mesure des grandeurs A, B et C.

 Cas d’une somme ou d’une différence


Si X = A ± B, alors ∆X = ∆A + ∆B. Dans une somme ou une différence, les incertitudes absolues
s’ajoutent.

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Généralités

 Cas d’un produit ou d’un quotient


𝐀
Si X = A . B ou X = , on prend le logarithme de l’expression, on dérive puis on assimile dA
𝐁

et dB à ∆A et ∆B. On obtient ainsi : lnX = lnA ± lnB.


dX dA dB ∆𝐗 ∆𝐀 ∆𝐁
En dérivant : = ± d’où = + . On prend également le cas le plus
X A B 𝐗 𝐀 𝐁
défavorable où toutes les erreurs s’ajoutent.

 Cas d’un produit de puissances


∆𝐗 ∆𝐀 ∆𝐁 ∆𝐂
Si X = A. B.C, alors = |𝛂| + |𝛃| + |𝛄| , avec ,  et  des nombres
𝐗 𝐀 𝐁 𝐂
algébriques.

Remarque
Si la grandeur A (B ou C) est mesurée plusieurs fois à l’aide d’une verrerie, on écrira alors :
∆𝐀 = ∆𝐀𝐯𝐞𝐫𝐫𝐞𝐫𝐢𝐞 + ∆𝐀𝐚𝐜𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞
∆𝐀 𝐯𝐞𝐫𝐫𝐞𝐫𝐢𝐞 est lue sur la verrerie utilisée et ∆𝐀𝐚𝐜𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞 = 𝐦𝐚𝐱|𝐀 − 𝐀𝐢 |.
 Présentation du résultat : ̅ ± ∆𝐗) 𝐮𝐧𝐢𝐭é
(𝐗 = 𝐗
 Intervalle de confiance :
∆𝐗
 Incertitude relative (%) : 𝐈𝐧𝐜𝐞𝐫𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 = | 𝐗̅ | 𝐱 𝟏𝟎𝟎.

Attention ! L’incertitude est arrondie par excès et est exprimée au maximum avec deux
chiffres significatifs. La valeur de la mesure et son incertitude doivent avoir le même
nombre de décimales. Exemple : C = (3,343 ± 0,001) M .

III-3 Ecart relatif


Si le fabriquant donne une valeur théorique de la grandeur calculée (𝐗 𝐓𝐡é𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 ), on peut
comparer la valeur expérimentale (𝐗 𝐄𝐱𝐩é𝐫𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥𝐞 ) à celle donnée par le fabriquant en calculant
l’écart relatif :
∆𝐗 𝐗 𝐄𝐱𝐩é𝐫𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥𝐞 − 𝐗 𝐓𝐡é𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞
= | | × 𝟏𝟎𝟎 (%)
𝐗 𝐗 𝐓𝐡é𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞

La mesure est d'autant plus précise que cet écart est faible.

IV- Chiffres significatifs et arrondi


IV-1 Définition des chiffres significatifs
Les chiffres significatifs d’une mesure sont les chiffres certains et le premier chiffre incertain.
Les zéros à l’extrême gauche d’un nombre ne sont pas significatifs, ils ne sont là que pour

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Généralités

donner un ordre de grandeur. Par contre, les zéros à l'intérieur ou à droite d'un nombre sont tous
significatifs.
Exemples : 0,002  1 chiffre significatif ; 32  2 chiffres significatifs ; 0,00345600  6
chiffres significatifs.....

IV-2 Arrondi
Un arrondi d'un nombre est une valeur approchée de ce nombre obtenue, à partir de son
développement décimal, en réduisant le nombre de chiffres significatifs. Généralement on
augmente le chiffre (à conserver) d'une unité si le chiffre suivant vaut au moins 5 et on conserve
ce chiffre si le suivant est strictement inférieur à 5. Une autre règle est d’arrondir de sorte que
si le chiffre qui précède le 5 est pair, sa valeur ne change pas, par contre si ce chiffre est impair,
il prend la valeur du chiffre pair suivant.

V- Application
Un étudiant dose un acide (solution titrée) de concentration CA inconnue par une base (titrant)
de concentration CB connue (CB = 2 M). Pour cela, il prélève 10,0 mL de la solution titrée à
l’aide d’une pipette et il fait le dosage trois (03) fois. Il obtient les résultats suivants :

Essai 1 2 3
Véq (mL) 8,5 8,2 8,3
Véq = 8,3 mL

A l’équivalence : NAVA = NBVB. Pour un monoacide et une monobase, on peut écrire :


𝐂𝐁 𝐕é𝐪
CAVA = CBVB d’où : CA = avec : Véq = VB et VA le volume pipeté.
𝐕𝐀

V-1 Calcul d’erreur par la méthode statistique

𝐂 +𝐂 +𝐂 𝟐 𝟐 𝟐 𝛔
CA (mol/L) 𝐂̅= 𝐀𝟏 𝟑𝐀𝟐 𝐀𝟑 (𝐂 −𝐂)
σ =√ 𝐀𝟏
+(𝐂𝐀𝟐 −𝐂) + (𝐂𝐀𝟑 −𝐂) σm =
√𝟑
β = t. σm
𝟐
1,70
0,07651906
1,64 1,67 0,03082207 0,0177951304
1,66
 0,08

CA = (1,67 ± 0,08) mol/L (95 %)

𝛃
𝐈𝐧𝐜𝐞𝐫𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 = (𝐂̅) x 100 = 4,79 %.

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Généralités

V-2 Calcul d’erreur par la méthode classique


𝐂𝐁 𝐕é𝐪 ∆𝐂𝐀 ∆𝐂𝐁 ∆𝐕é𝐪 ∆𝐕𝐀
On a : 𝐂𝐀 = . On peut donc écrire : = + + . Par ailleurs, ∆CB = 0
𝐕𝐀 𝐂𝐀 𝐂𝐁 𝐕é𝐪 𝐕𝐀

∆𝐂𝐀 ∆𝐕é𝐪 ∆𝐕𝐀


(solution non Préparée par l’étudiant) donc : = + . Ce qui donne :
𝐂𝐀 𝐕é𝐪 𝐕𝐀

∆𝐕é𝐪 ∆𝐕𝐀
∆𝐂𝐀 = 𝐂𝐀 ( 𝐕 + ).
é𝐪 𝐕𝐀

Or :
∆𝐕é𝐪𝐯𝐞𝐫𝐫𝐞𝐫𝐢𝐞 = ∆𝐕𝐛𝐮𝐫𝐞𝐭𝐭𝐞
∆𝐕é𝐪 = ∆𝐕é𝐪𝐯𝐞𝐫𝐫𝐞𝐫𝐢𝐞 + ∆𝐕é𝐪𝐚𝐜𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞 ; 𝐚𝐯𝐞𝐜 ∶ {
{ ∆𝐕é𝐪𝐚𝐜𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞 = 𝐦𝐚𝐱|𝐕é𝐪 − 𝐕é𝐪𝐢 |
∆𝐕𝐀 = ∆𝐕𝐩𝐢𝐩𝐞𝐭𝐭𝐞

∆Vburette = ± 0,1 mL et ∆Vpipette = ± 0,1 mL

|Véq − Véq1 | = 0,2 mL


{|Véq − Véq2 | = 0,1 mL ⟹ max|Véq − Véqi | = 0,2 mL ⟹ ∆Vaccidentelle = ± 0,2 mL
|Véq − Véq3 | = 0 mL
(0,2+0,1) 0,1
On aura donc : ∆CA = 1,67 ( + 10 )  ∆CA = ± 0,0770614457 mol/L
8,3

 ∆𝐂𝐀 = ± 0,08 mol/L.


Le résultat sera représenté sous la forme : CA = (1,67 ± 0,08) mol/L
∆𝐂
𝐈𝐧𝐜𝐞𝐫𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐥𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 = ( 𝐂̅ ) x 100 = 4,79 %.

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Généralités

VERRERIE USUELLE UTILISEE EN TRAVAUX PRATIQUES


DE CHIMIE

Sur la verrerie utilisée pour prélever un volume avec une bonne précision, on trouve un certain
nombre d’indications importantes : la contenance de la verrerie, la classe (A, B, AS : indique
le degré de précision de la verrerie), la tolérance (indique l’écart sur le volume prélevé compte
tenu des imperfections inévitables du matériel), L’indication Ex ou In (une verrerie In contient
exactement le volume indiqué, elle est donc juste au remplissage (ex : fiole jaugée). Une
verrerie Ex en contient un tout petit peu plus car elle est utilisée pour laisser s’écouler le volume
souhaité et le fabriquant a donc dû tenir compte de la petite quantité de liquide qui reste
inévitablement sur les parois à la fin de la vidange (ex : pipette)) et la température
d’étalonnage.

1- Verrerie sans précision

Tubes à essai + support


Le tube à essai est utilisé pour les réactions faisant intervenir de petites
quantités de réactifs. Un tube à essai peut recevoir un bouchon. De plus, il
peut être chauffé.

2- Verrerie de mauvaise précision


Bécher
C’est un récipient classique en chimie, utilisé pour transvaser des solutions ou
prélever une solution avec une pipette par exemple. Les graduations sur un
bécher donnent uniquement un ordre de grandeur du volume contenu, elles
sont très peu précises.
Erlenmeyer
L’erlenmeyer est un récipient idéal si on veut éviter les projections de la
solution contenue. Ainsi, si on mélange deux liquides très réactifs, son
utilisation est préférable pour des raisons de sécurité. On l’utilise le plus
souvent dans les dosages et les titrages. Les graduations ne sont pas précises.

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Généralités

3- Verrerie de moyenne précision

L'éprouvette graduée permet de mesurer le volume d’un liquide


avec une précision moyenne. Il faut choisir une éprouvette dont le
volume est le plus proche du volume à mesurer. La lecture d’un
volume nécessite des précautions particulières.

4- Verrerie de bonne précision

La burette graduée sert à verser et à mesurer un volume


précis de solution. Elle est principalement utilisée lors des
dosages.

5- Verrerie de très bonne précision

Les pipettes graduées et jaugées sont utilisées pur prélever


un volume précis, généralement petit, d'un liquide. Elles
doivent toujours être équipées d’une propipette.
Attention !!!
ne jamais pipeter dans le flacon contenant la solution mère
sous peine de la polluer ; utiliser systématiquement un
bécher de prélèvement.

La fiole jaugée permet de mesurer un volume avec une très bonne


précision. Elle est utilisée pour la préparation de solutions de
concentrations données par dissolution ou par dilution.

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Généralités

6- Lecture d’un volume

7- Autres matériels et verreries

Ballons à Verre de
Ampoule à Verre à
Cristallisoir Entonnoir fond rond et montre ou
décanter pied
à fond plat coupelle

Flacon Propipette
Pissette Flacon compte - ou poire Spatules Pince en bois
gouttes aspirante

Potence +
Mortier et Balance Chauffe- Thermomètre
Noix de serrage noix +
pilon électronique ballon électronique
pince

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Initiation aux mesures volumétriques

TP N° 1 : Initiation aux mesures volumétriques

I- Objectifs
- Savoir utiliser la verrerie adéquate et le matériel approprié pour préparer des solutions de
concentrations données par dissolution d'un composé solide et par dilution d'une solution mère.
- Estimer l’incertitude sur une mesure.

II- Rappels théoriques


II-1 Solution
Une solution est un mélange de deux ou plusieurs constituants. Le constituant majoritaire est
appelé solvant. Le ou les composé(s) minoritaire(s) sont appelés soluté(s). On distingue les
solutions liquides et les solutions solides. Une solution aqueuse est une solution dont le
solvant est l’eau.
Une solution est dite saturée en un constituant donné lorsqu’elle contient la quantité maximale
de ce constituant que le solvant peut dissoudre.

II-2 Différentes expressions de la concentration d’une solution


a- Concentration massique (Cm) ou titre massique
Il indique la masse de soluté, en grammes, dans un litre de solution (g.L-1).
b- Molarité (M) ou concentration molaire (CM)
C’est le nombre de moles de soluté dans un litre de solution (mol.L-1 ou M). La relation entre
la concentration massique et la molarité s’exprime par :
Cm (g.L-1) = masse molaire (g.mol-1) * Molarité (mol.L-1)
c- La normalité (N)
C’est le nombre d’équivalents-grammes de soluté que contient un litre de solution
(eqg.L-1 ou N). On définit l’équivalent-gramme d’une espèce comme la fraction de mole
pouvant fixer ou céder 1 proton-gramme (réaction acido-basiques) ou 1 électron-gramme
(réactions d’oxydo-réduction). La normalité (N) et la molarité (CM) sont reliées par la relation
suivante : N = n.CM où n est le nombre d’équivalents mis en jeu : n = nombre de protons
échangés au cours des réactions acido-basiques ou d’électrons dans le cas des réactions
d’oxydo-réduction.

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Initiation aux mesures volumétriques

d- La molalité
C’est le nombre de moles de soluté par kilogramme de solvant (mol.Kg-1).

II-3 Fraction molaire (xi)


La fraction molaire xi du constituant i est le rapport entre le nombre de moles de ce constituant
ni
et le nombre de mole total : xi = .
ntotal

II-4 Fraction massique


mi
Elle est exprimée par le rapport de la masse du soluté à la masse de la solution : xi = .
msolution

II-5 Masse volumique et densité


* La masse volumique, notée , est le rapport d'une masse de matière, m, par le volume, V,
𝐦
occupé par cette masse : 𝛒 = . L'unité de ρ dépend des unités choisies pour la masse et le
𝐕

volume (généralement g.cm-3).


* La densité d’une substance liquide ou solide est le rapport de la masse volumique de cette
𝛒𝐗
dernière sur celle l'eau : 𝐝𝐗 = . La densité est une grandeur sans dimensions.
𝛒𝐞𝐚𝐮

II-6 Dilution d’une solution


La dilution consiste à préparer, à partir d’une solution mère, une solution fille moins concentrée.
L’addition du solvant (par exemple l’eau) à une solution ne modifie pas la quantité de soluté,
mais elle change la concentration de la solution.

Facteur de dilution
Lors d'une dilution, le volume augmente, mais la quantité de matière de soluté n est toujours la
même (on n'a pas ajouté de soluté, juste du solvant). Si l’on appelle CM et VM la molarité et le
volume de la solution mère et CF et VF la molarité et le volume de la solution fille, on peut
écrire la relation de dilution : CM.VM = CF.VF. Le facteur de dilution, noté F, est un nombre
𝐂𝐌 𝐕𝐅
sans dimension qui caractérise la dilution réalisée. Il est défini par la relation : 𝐅 = = .
𝐂𝐅 𝐕𝐌

III- Manipulations
1- Dans une fiole de 100 mL, préparer une solution aqueuse de chlorure de sodium (NaCl) de
concentration 0,5 mol.L-1 à partir d’un sel de table (pureté en NaCl 98 %).

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Initiation aux mesures volumétriques

2- A partir de la solution aqueuse préparée précédemment, préparer des solutions aqueuses de


concentrations plus faibles, dans des fioles de 100 mL : 0,1 mol.L-1 et 0,05 mol.L-1.

III-1 Matériel et produits

Matériel Produits
- Béchers - Balance électronique - Sel de table (98 %)
- Pipettes graduées - Coupelle ou verre de montre - Pissette d’eau distillée
- Poire d’aspiration - Entonnoir
- Fioles jaugées

III-2 Mode opératoire


III-2-1 Préparation d’une solution par dissolution
- Calculer la masse de chlorure de sodium (NaCl) pur nécessaire à la préparation de la solution
demandée.
- Suivre le protocole expérimental suivant :
1. Peser la masse de sel de table calculée.
2. Laver la verrerie à utiliser avec de l’eau de robinet puis la rincer avec de l’eau distillée.
3. Verser un peu d’eau distillée dans la fiole jaugée de 100 mL.
4. Placer la masse de sel de table calculée dans cette fiole jaugée puis l’agiter.
5. Compléter la fiole jaugée jusqu’au trait de jauge avec de l’eau distillée.
6. Agiter pour homogénéiser la solution.

III-2-2 Préparation d’une solution par dilution


- Calculer le volume de la solution mère à prélever.
- Suivre le mode opératoire suivant :
1. Laver la verrerie à utiliser avec de l’eau de robinet puis la rincer avec de l’eau distillée.
2. Verser une certaine quantité de la solution mère dans un bécher.
3. A l’aide d’une pipette, prélever VM à partir du bécher.
4. Verser le volume prélevé dans une nouvelle fiole jaugée de 100 mL.
5. Compléter cette fiole jaugée jusqu’au trait de jauge avec de l’eau distillée tout en agitant de
temps à autre pour homogénéiser le contenu.

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Initiation aux mesures volumétriques

IV- Calcul d’incertitudes par la méthode classique


- Calculer l’incertitude absolue sur la mesure de la concentration de la solution aqueuse préparée
par dissolution de NaCl.
- Compléter l’écriture suivante : C = (..................± ....................)............................
- Calculer l’incertitude relative sur la mesure de la concentration.

Données
MNaCl = 58,5 g.mol-1.
∆Vfiole = ± 0,1 mL , ∆m = ± 0,001 g.
L’incertitude relative sur la masse molaire de chlorure de sodium est égale à 0,2 %.

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Dosage de l’acidité d’un vinaigre

TP N° 2 : Dosage de l’acidité d’un vinaigre

I- But du TP
Le but de ce TP est de vérifier, à partir d’un dosage volumétrique et colorimétrique acido-
basique, le degré d’acidité d’un vinaigre blanc de commerce, c'est-à-dire la masse d’acide
éthanoïque pur contenu dans 100 g de vinaigre.

II- Rappels théoriques


II-1 définitions
Il existe plusieurs définitions pour les acides et les bases :

* Selon Arrhénius
Un acide est une substance qui donne des ions H+ dans l'eau :
HCl H

2O
 H+ + Cl-, acide fort (réaction totale)
CH3COOH ⇄ H+ + CH3COO-, acide faible (réaction équilibrée)
Une base est une substance qui donne des ions OH- dans l'eau :
NaOH H

2O
 OH- + Na+, base forte
NH4OH ⇄ OH- + NH4+, base faible

* Selon Brönsted
Un acide est une substance susceptible de donner des protons H+.
Une base est une substance susceptible d’accepter ou de fixer des protons H+.
On constate qu’à un acide correspond toujours une base conjuguée et réciproquement ; on parle
de couple acide/base. Par ailleurs, un proton n’existe jamais à l’état libre. Pour qu’un acide
libère un proton, il faut la présence d’une base susceptible de capter le proton libéré. Cette base
sera souvent (mais pas toujours) le solvant eau, ce qui donnera l’ion hydronium H3O+.

* Selon Lewis
Un acide est un accepteur de doublets d'électrons et une base est un donneur de doublets
d'électrons.

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Dosage de l’acidité d’un vinaigre

II-2 Autodissociation de l’eau


L’eau se comporte à la fois comme acide et base, on dit qu’elle est amphotère. D’où l’équilibre
d’autodissociation de l’eau :
𝐇𝟐 𝐎 + 𝐇𝟐 𝐎 ⇄ 𝐎𝐇 − + 𝐇𝟑 𝐎+
A1 B2 B1 A2
Le produit ionique de l'eau est la constante d'équilibre associée à l'équation d'autodissociation
de l'eau. Cette constante est notée Ke. On a donc : Ke= [H3O+] [OH-] avec Ke= 10-14 à 25°C.

II-3 Notion de pH
Le pH mesure l’acidité d’une solution. pH = - log10 [H3O+].
Pour une solution acide, [H3O+] > [OH-] donc pH < 7.
Pour une solution basique, [H3O+] < [OH-] donc pH > 7.
Une solution neutre est telle que [H3O+] = [OH-] donc son pH =7.

II-4 Réactions acido-basiques


La réaction acido-basique résulte du transfert de protons H+ entre l’acide d’un couple
acide1/base1 et la base d’un autre couple acide2/base2.
Pour écrire l'équation de la réaction qui a lieu entre les deux couples, on écrit d'abord les demi-
équations associées, puis on les additionne de façon à ne plus avoir les ions hydronium H3O+ :
Acide1 + H20 ⇄ Base1 + n H3O + et Base2 + n H3O + ⇄ Acide2
Acide1 + Base2 ⇄ Base1 + Acide2 (équation-bilan)

II-5 Dosage (ou titrage) acido-basique


Doser une espèce chimique en solution consiste à déterminer la concentration molaire de cette
espèce. Cela revient aussi à déterminer la quantité de matière de cette espèce présente dans
un volume donné de cette solution.
Le choix d'une réaction de dosage doit satisfaire à trois exigences. Elle doit être :
* unique (non parasitée par une autre réaction ayant les mêmes réactifs mais des produits
différents),
* totale (disparition d'au moins l'un des réactifs mis en présence),
* rapide (parvenir à son terme instantanément ou dans un délai très bref).

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Dosage de l’acidité d’un vinaigre

Un titrage acido-basique est un dosage au cours duquel la réaction est une réaction
acido-basique. Il peut être suivi par :
* colorimétrie en utilisant un indicateur coloré.
* pH-métrie en suivant l’évolution du pH au cours de la réaction.
* conductimétrie en suivant l’évolution de la conductivité de la solution au cours de la réaction.
Un titrage acido-basique colorimétrique consiste à repérer l'équivalence à l'aide du virage
d'un indicateur coloré acido-basique approprié, placé en petite quantité dans la prise d’essai
d’un des réactifs.

Rappelons qu’à l’équivalence, les réactifs sont introduits dans les proportions
stœchiométriques de la réaction de dosage et on aura : NAcide.VAcide = NBase.VBase
Dans le cas d’un monoacide et d’une monobase, cette relation devient :
CAcide.VAcide = CBase.VBase.
Remarques
* Lorsque l’on titre un acide fort par une base forte (ou inversement), l’équation du dosage sera
: 𝐇𝟑 𝐎+ (𝐚𝐪) + 𝐎𝐇 − (𝐚𝐪) → 𝟐 𝐇𝟐 𝐎(𝐥) .

* Dans le cas du titrage d’un acide faible (HA) par une base forte (BOH), l’équation bilan de la
réaction de dosage s’écrit : 𝐇𝐀 (𝐚𝐪) + 𝐎𝐇 − (𝐚𝐪) → 𝐀− (𝐚𝐪) + 𝐇𝟐 𝐎(𝐥) .

Choix d’un indicateur coloré


Un indicateur coloré convient pour le titrage si sa zone de virage (ou zone de teinte sensible)
contient le pH à l'équivalence. Le saut de pH étant en général très brutal à l'équivalence, l'ajout
d'une seule goutte de réactif provenant de la burette suffit à provoquer le virage de l'indicateur.

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Dosage de l’acidité d’un vinaigre

Définition et propriétés des indicateurs colorés


Un indicateur coloré acido-basique (ou indicateur de pH) est un couple acide/base, noté HIn/In-
, dont les espèces conjuguées ont des teintes (ou couleurs) différentes. En solution aqueuse, la
forme acide (HIn) et la forme basique (In-) participent à l’équilibre chimique suivant :
𝐇𝐈𝐧(𝐚𝐪) + 𝐇𝟐 𝐎(𝐥) ⇄ 𝐇𝟑 𝐎+ (𝐚𝐪) + 𝐈𝐧− (𝐚𝐪)
Acide (Couleur A) Base conjuguée (Couleur B)

La constante de cet équilibre est la constante d’acidité Ka du couple HIn/In− :


[H3 O+ ][In− ]
Ka = ( [HIn]
) .
éq

La forme acide et sa base conjuguée ont des couleurs différentes. La couleur de la solution que
l’on observe dépend de la forme prédominante et donc du pH de la solution.
* Si [HIn] >10[In-]  pH < pKa-1, la solution prend alors la couleur A de la forme acide ;
* Si [In-] > 10[HIn]  pH > pKa+1, la solution prend alors la couleur B de la forme basique ;
* Si [HIn] = [In-]  pH = pKa et on a un mélange des 2 couleurs A et B ou teinte sensible.
On considère donc que la zone de virage (non distinction des 2 couleurs) est située dans le
domaine
pKa-1 < pH < pKa+1. Le tableau ci-dessous donne quelques exemples d’indicateurs acido-
basiques usuels :

Nom de l’indicateur Intervalle du pH Couleur dans la zone acide Couleur dans la zone basique
Bleu de bromothymol 6,0 – 7,6 Jaune Bleu
Rouge de phénol 6,4 – 8,0 Jaune Rouge
Phénolphtaléine 8,0 – 10,0 Incolore Rose foncé
Bleu de bromophénol 3,0 – 4,7 Orange-jaune Violet

Exemples
* A l’équivalence du dosage d’un acide fort par une base forte, le pH est égal à 7, à 25°C. On
peut alors utiliser le bleu de bromothymol comme indicateur coloré acido-basique car sa zone
de virage (6 - 7,6) contient le pH à l’équivalence.
* Lors du dosage d’un acide faible par une base forte, la solution à l’équivalence est basique, le
pHéq est aux alentours de 8 (un peu plus). D’après les indicateurs donnés, la phénophtaléine
semble le mieux convenir car le pH à l’équivalence appartient à la zone de virage de cet
indicateur coloré.

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Dosage de l’acidité d’un vinaigre

III- Manipulations
III-1 Principe
Doser une espèce dans une solution signifie déterminer la concentration de cette espèce dans la
solution. Un titrage est une méthode de dosage mettant en œuvre une réaction chimique entre
l'espèce à doser (espèce titrée) et un réactif convenablement choisi, appelé réactif titrant.
Il s’agit dans ce TP de réaliser un dosage volumétrique et colorimétrique acido-basique pour
vérifier le degré d’acidité d’un vinaigre blanc de commerce.

III-2 Matériel et produits


Matériel Produits
- Béchers - Burette graduée - Vinaigre blanc de commerce (5°)
- Erlenmeyers - Solution de soude (NaOH) 0,1 M
- Pipette graduée de 10 mL - Phénolphtaléine
- Fiole jaugée de 100 mL - Eau distillée

III-3 Mode opératoire


a) Dilution de la solution commerciale (S0)
On veut effectuer une dilution de 10 de la solution commerciale (S0).
CM
Solution mère (S0) : CM, VM → Solution fille (S) : VF = 100 mL et F = = 10. Le facteur de
CF
VF
dilution étant égal à 10  VM = = 10 mL.
10

b) Dosage de la solution diluée (S) par NaOH


- Remplir la burette, préalablement rincée, avec la
solution de soude (NaOH) de concentration molaire
CB = 0,1 mol.L-1.
- Vérifier l’absence de bulle d’air dans le bas de la
burette et ajuster au zéro.
- Dans un erlenmeyer, introduire avec précision
Vp = 10,0 mL de solution S.
- Ajouter alors deux gouttes de phénolphtaléine (notée
φφ).
- Procéder au dosage en faisant d’abord un dosage rapide puis un dosage précis (à la goutte)
trois fois.

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Dosage de l’acidité d’un vinaigre

Dosage rapide (détermination d’un encadrement du volume équivalent)


- Ajouter la solution de soude millilitre par millilitre et noter la couleur de la solution. Lorsque
la solution change de couleur, noter le volume équivalent correspondant.
Ce dosage permet d’encadrer la zone d’équivalence.
Dosage précis (ou dosage à la goutte)
- Recommencer à nouveau le titrage depuis le début.
- Verser rapidement la solution de soude jusqu’à 1,5 mL ou 2 mL de la zone d’équivalence,
puis goutte à goutte jusqu’à l’équivalence. Noter alors le volume équivalent Véq.

III-4 Exploitation des résultats de mesure


A l’équivalence : NA.VA = NB.VB. Or CH3COOH est un monoacide et NaOH est une monobase,
la relation précédente devient : CA.VA = CB.VB. On aura donc : C.Vp = CB.Véq avec Vp le volume
𝐂𝐁 𝐕é𝐪
de la prise d’essai de la solution S  C = .
𝐕𝐩

Or la solution commerciale est F fois plus concentrée  C0 = F.C.


On définit le degré d’acidité d’un vinaigre (D°) comme étant la masse d’acide éthanoïque
pur (CH3COOH) contenu dans 100 g de vinaigre.

C0 représente le nombre de moles de CH3COOH dans 1000 mL de vinaigre. Ce nombre de


moles est noté n0.
En passant aux masses, on aura :
m
Pour l’acide éthanoïque : m0 = Mn0 et pour le vinaigre : ρvinaigre =  m = ρvinaigre . V
V

avec V = 1000 mL. On obtient alors :


m0 =Mn0 (g) → 1000vinaigre (g)
D° → 100 (g)
100Mn0 𝐌𝐧𝟎
 D° = 1000ρ  D° = 𝟏𝟎𝛒
vinaigre 𝐯𝐢𝐧𝐚𝐢𝐠𝐫𝐞

Remarque
La relation finale entre la grandeur calculée et les grandeurs mesurées est telle que :
𝐅𝐂𝐁 𝐕é𝐪 𝐌
D° = 𝟏𝟎𝐕
𝐩 𝛒𝐯𝐢𝐧𝐚𝐢𝐠𝐫𝐞

On donne : Vp = 10,0 mL, F = 10, CB = 0,1 mol.L-1, MCH3 COOH = 60 g.mol-1 et


ρvinaigre =

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Dosage volumétrique de deux produits domestiques : l’esprit de sel et le déboucheur

TP N° 3 :
Dosage volumétrique de deux produits domestiques :
l’esprit de sel et le déboucheur

I- But du TP
Le but de ce TP est de doser deux produits domestiques contenant de l’acide chlorhydrique
(esprit de sel) et de la soude (déboucheur). Pour cela, on réalise à partir d’un échantillon de
solution commerciale une solution diluée que l’on dose en présence d’un indicateur coloré
adapté.

II- Rappels théoriques


II-1 L’esprit de sel
L’acide chlorhydrique, connu autrefois sous le nom d’acide muriatique ou esprit de
sel, désigne une solution aqueuse incolore de chlorure d’ hydrogène (HCl) composée
d’ions hydronium, H 3 O + , et d’ions chlorure, Cl - . L’acide chlorhydrique est un
monoacide fort qui se dissocie totalement dans l’eau. Acide fort, très corrosif, il est
aussi, paradoxalement, le constituant principal du suc gastrique de l’estomac.
Dans la vie de tous les jours, l’acide chlorhydrique peut servir à détartrer ou
désinfecter des sanitaires. Mais, il est principalement utilisé dans l’i ndustrie. Il sert
par exemple à la fabrication des engrais, décapage des métaux, traitement des
minerais, fabrication des colorants,.... Il peut également être employé comme agent
d’hydrolyse, catalyseur ou réactif analytique par les industries pharmaceutiques ou
du secteur de la plasturgie, entre autres.
L’acide chlorhydrique est un produit dangereux, son utilisat ion demande donc des
précautions. C’est un produit irritant qui peut provoquer de graves brûlures. Il est
non combustible mais la formation d’hydrogène en cas de contact avec certains
métaux peut rendre l’atmosphère explosive.

II-2 Le déboucheur
Le déboucheur est une solution aqueuse à base d’hydroxyde de sodium NaOH appelé également
soude caustique. L’hydroxyde de sodium est un solide ionique (sous forme de perles,
paillettes,..) constitué de cations sodium, Na+ et d’anions hydroxyde OH-. La solution aqueuse
d’hydroxyde de sodium est également dénommée « lessive de soude ».

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Dosage volumétrique de deux produits domestiques : l’esprit de sel et le déboucheur

L’hydroxyde de sodium, est l’une des substances chimiques les plus utilisées en laboratoire et
en milieu industriel, pour la fabrication de pâtes à papier et produits chimiques divers :
plastiques, textiles de synthèse, produits de nettoyage à usage ménager ou industriel, production
d’essence et de biodiesel, de savons ou encore pour le traitement de l’aluminium. C’est aussi
un additif alimentaire (E524). Les principaux produits, renfermant de la soude, utilisés par le
grand public sont les décapants pour four et les déboucheurs de canalisation d’eau.
L’hydroxyde de sodium est un produit dangereux. Il réagit violemment avec l’eau, les acides et
certains métaux. La soude caustique est irritante et corrosive pour la peau, les yeux, les voies
respiratoires et digestives. Elle doit être manipulée avec précaution.

III- Manipulations
III-1 Principe
Il s’agit dans ce TP de réaliser un dosage volumétrique et colorimétrique acido-basique pour
déterminer le pourcentage massique en HCl et en NaOH respectivement de la solution d’esprit
de sel et de déboucheur. Pour cela :
- le dosage de l’acide contenu dans la solution d’esprit de sel s’effectue avec la solution titrée
de soude,
- le dosage de la base contenue dans le liquide déboucheur s’effectue avec la solution titrée
d’acide chlorhydrique.

III-2 Matériel et produits


Matériel Produits
- Béchers - Esprit de sel de commerce
- Erlenmeyers - Déboucheur de commerce
- Pipette graduée de 10 mL - Solution de soude (NaOH) 0,1 M
- Fiole jaugée de 100 mL - Solution d’acide chlorhydrique 0,1 M
- Burette - Bleu de bromothymol (BBT)
- Balance - Eau distillée

III-3 Mode opératoire


III-3-1 Détermination de la masse volumique de la solution d’esprit de sel et de
déboucheur
- Peser une fiole vide  m0.
- Remplir la fiole avec la solution et peser la fiole remplie  m. On aura donc :
𝑚−𝑚0
solution = 𝑉𝑓𝑖𝑜𝑙𝑒

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Dosage volumétrique de deux produits domestiques : l’esprit de sel et le déboucheur

III-3-2 Dosages
A- Esprit de sel
a) Dilution de la solution commerciale (S0)
On veut effectuer une dilution de 50.
CM
Solution mère (S0) : CM, VM → Solution fille (S1) : VF = 100 mL et F = = 50.
CF
VF
Le facteur de dilution F étant égal à 50  VM = = 2 mL.
F

b) Dosage de la solution diluée d’esprit de sel (S1) par NaOH


- Remplir la burette, préalablement rincée,
avec la solution de soude (NaOH) de
concentration molaire CB = 0,1 mol.L-1.
- Vérifier l’absence de bulle d’air dans le bas
de la burette et ajuster au zéro.
- Dans un erlenmeyer, introduire avec
précision Vp = 10,0 mL de solution S1.
- Ajouter alors deux gouttes de bleu de
bromothymol (notée BBT).
- Procéder au dosage en faisant d’abord un
dosage rapide puis un dosage précis (à la
goutte) trois fois.

c) Exploitation des résultats de mesure


A l’équivalence : NA.VA = NB.VB. Or HCl est un monoacide et NaOH est une monobase, la
relation précédente devient : CA.VA = CB.VB. On aura donc :
𝐂𝐁 𝐕é𝐪
C1.Vp = CB.Véq avec Vp le volume de la prise d’essai de la solution S1  C1 = .
𝐕𝐏

Par ailleurs,C0 = FC1.


D’autre part, le pourcentage massique en HCl de la solution d’esprit de sel est la masse de
HCl en grammes dans 100 g de solution commerciale.

C0 représente le nombre de moles de HCl dans1000 mL d’esprit de sel. Ce nombre de moles


est noté n0.

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Dosage volumétrique de deux produits domestiques : l’esprit de sel et le déboucheur

En passant aux masses, on aura :


m0 = n0MHCl (g) → 1000esprit de sel (g)
%HCl → 100 (g)

100n0 MHCl 𝐧 𝐌𝐇𝐂𝐥


 %HCl = 1000ρ  %HCl = 𝟏𝟎𝛒 𝟎 .
esprit de sel 𝐞𝐬𝐩𝐫𝐢𝐭𝐝𝐞𝐬𝐞𝐥

Remarque
La relation finale entre la grandeur calculée et les grandeurs mesurées est telle que :
𝐅𝐂𝐁 𝐕é𝐪 𝐌𝐇𝐂𝐥
%HCl = 𝟏𝟎𝐕
𝐩 𝛒𝐞𝐬𝐩𝐫𝐢𝐭𝐝𝐞𝐬𝐞𝐥

On donne : Vp= 10,0 mL, F = 50, CB = 0,1 mol.L-1, MHCl = 36,5 g.mol-1, esprit de sel =

B- Déboucheur

a) Dilution de la solution commerciale (S’0)


CM
Solution mère (S’0) : CM, VM → Solution fille (S2) : VF = 100 mL et F = = 50.
CF
VF
Le facteur de dilution F étant égal à 50  VM = = 2 mL.
F

b) Dosage de la solution diluée du déboucheur (S2) par HCl :


- Remplir la burette, préalablement rincée,
avec la solution d’acide chlorhydrique (HCl)
de concentration molaire CA = 0,1 mol.L-1.
- Vérifier l’absence de bulle d’air dans le bas
de la burette et ajuster au zéro.
- Dans un erlenmeyer, introduire avec
précision Vp = 10,0 mL de solution S2.
- Ajouter alors deux gouttes de bleu de
bromothymol.
- Procéder au dosage en faisant d’abord un
dosage rapide puis un dosage précis (à la goutte) trois fois.

Travaux Pratiques Licence SM et ST Page 28


Dosage volumétrique de deux produits domestiques : l’esprit de sel et le déboucheur

c) Exploitation des résultats de mesure


A l’équivalence : NA.VA = NB.VB. Or HCl est un monoacide et NaOH est une monobase, la
relation précédente devient : CA.VA = CB.VB. On aura donc :C2.Vp = CA.V’éq avec Vp le volume

𝐂𝐀 𝐕é𝐪
de la prise d’essai de la solution S2  C2 = .
𝐕𝐏

Par ailleurs, 𝐂𝟎′ = FC2.


D’autre part, le pourcentage massique en NaOH de la solution de déboucheur est la masse
de NaOH en grammes dans 100 g de solution commerciale.

𝐂𝟎′ représente le nombre de moles de NaOH dans1000 mL de déboucheur. Ce nombre de moles


est noté 𝐧′𝟎 .
En passant aux masses, on aura :
m′0 = n′0 MNaOH (g) → 1000déboucheur (g)
%NaOH → 100 (g)
100n′ MNaOH 𝐧′ 𝐌𝐍𝐚𝐎𝐇
%NaOH = 1000ρ 0  %NaOH = 𝟏𝟎𝛒𝟎 .
déboucheur 𝐝é𝐛𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞𝐮𝐫

Remarque
La relation finale entre la grandeur calculée et les grandeurs mesurées est telle que :

𝐅𝐂𝐀 𝐕é𝐪 𝐌𝐍𝐚𝐎𝐇
%NaOH = 𝟏𝟎𝐕
𝐩 𝛒𝐝é𝐛𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞𝐮𝐫

On donne : Vp= 10,0 mL, F = 50, CA = 0,1 mol.L-1, MNaOH = 40 g.mol-1, déboucheur =

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Détermination du degré chlorométrique d’une eau de Javel

TP N° 4 : Détermination du degré chlorométrique d’une eau de


Javel

I- Objectifs
Vérifier le degré chlorométrique d’une eau de Javel par un titrage indirect.

II- Rappels théoriques


II-1 Définitions
Une réaction d'oxydo-réduction est un processus de transfert d'électrons d'une espèce à une
autre. On appelle réducteur l'espèce qui cède les électrons (il s’oxyde) et oxydant l'espèce
qui les capte au cours de la réaction (il se réduit). On définit ainsi le couple oxydant-
réducteur noté sous la forme : oxydant/réducteur.
* Une oxydation est une perte d'électrons : Réd1 ↔ Ox1 + ne- (Fe2+ ↔ Fe3+ + e-)
* Une réduction est un gain d'électrons : Ox2 + ne- ↔ Réd2 (Ce4+ + e- ↔ Ce3+)
En fait, l'oxydation d'un corps s'accompagne toujours de la réduction d'un autre (les électrons
ne peuvent pas se balader tous seuls et sont nécessairement captés), on parle d'une réaction
d'oxydo-réduction (réaction rédox). L'oxydation est une demi-réaction de l'oxydo-
réduction, et la réduction est l'autre demi-réaction.
Ox2 + Réd1 → Ox1 + Réd2 (Ce4+ + Fe2+ → Ce3+ + Fe3+)
Note : certains composés chimiques peuvent se comporter aussi bien en oxydant qu'en
réducteur. On dit qu’ils se dismutent. Exemple : H2O2 ↔ 2 H+ + O2 + 2 e- (oxydation)
H2O2 + 2 H+ + 2e- ↔ 2 H2O (réduction)
Soit au final : 2 H2O2 → 2 H2O + O2 (oxydo-réduction)

II-2 Eau de Javel


L’eau de Javel est une solution aqueuse équimolaire de chlorure de sodium (Na+(aq) + Cl-(aq))
et d’hypochlorite de sodium (Na+(aq) + ClO-(aq)).
L’eau de Javel est obtenue en dissolvant du dichlore gazeux dans une solution aqueuse
d'hydroxyde de sodium selon l'équation bilan :
Cl2(g) + 2 Na+(aq) + 2 OH-(aq) → ClO-(aq) + Cl-(aq) + 2 Na+(aq) + H2O(l)
Lors de la préparation de l'eau de Javel, les ions hydroxydes sont introduits en excès. Le pH
de l'eau de Javel est compris entre 11 et 12.

Travaux Pratiques Licence SM et ST Page 30


Détermination du degré chlorométrique d’une eau de Javel

Le constituant actif d’une eau de Javel est l’ion hypochlorite (ClO-(aq)). Les propriétés de
l'eau de Javel sont dues au caractère oxydant des ions hypochlorite ClO-. Ces ions peuvent
donner lieu à plusieurs réactions, dans lesquelles interviennent divers facteurs : pH,
concentrations, température, catalyseurs (ions métalliques), rayonnements (UV).
Quand on verse un acide fort dans l’eau de Javel, il y aura un dégagement du dichlore Cl2(g):
ClO-(aq) + Cl-(aq) + 2 H+(aq) → Cl2(g) + H2O(l)
Attention : Le dichlore Cl2 est un gaz toxique.

Concentration d'une eau de Javel


Une eau de Javel est caractérisée par son degré chlorométrique (°chl), défini comme étant le
volume, exprimé en litres, de dichlore gazeux (Cl2), mesuré dans les conditions normales
de température et de pression, qu'il faudrait utiliser pour fabriquer 1 litre de cette eau
de Javel. Dans ces conditions le volume molaire est Vm = 22,4 L.mol-1.

Le pourcentage de chlore
Le pourcentage de chlore (%Cl2) d’une eau de Javel est la masse, en gramme, de
dichlore gazeux (Cl2) utilisé pour préparer 100 g de cette eau de Javel. Toutefois, le
pourcentage de chlore, pour une même qualité d’eau de Javel dépend de sa masse volumique
qui, elle-même, varie avec le mode de préparation.

Conservation de l'eau de Javel


* L'eau de Javel peut se détruire par carbonatation par le dioxyde de carbone de l'air qui
provoque une diminution du pH.
* L'ion hypochlorite, en solution dans l'eau, est fortement oxydant et il est, en particulier,
susceptible d'oxyder l'eau. L’équation de la réaction est la suivante :
+
2 ClO-(aq) → 2Cl-(aq) + O2(g) ( 2 H2 O(l) ↔ O2 (g) + 4 H(aq) + 4 e− et

2 ClO− + − −
(aq) + 4 H(aq) + 4 e ↔ 2 Cl(aq) + 2 H2 O(l) ). Cette réaction est lente ; c'est elle qui

impose une limite de durée d'utilisation à l'eau de Javel. Cette décomposition peut être
accélérée par divers catalyseurs tels que : les ions métalliques, la lumière et en particulier les
rayonnements UV.
* L'ion hypochlorite se dismute avec une élévation de température en donnant des ions
chlorates ClO 3 selon la réaction : 3 ClO− − −
(aq) + 2 H2 O(l) ↔ 2 Cl(aq) + ClO3 (aq)

Travaux Pratiques Licence SM et ST Page 31


Détermination du degré chlorométrique d’une eau de Javel

(ClO− − +
(aq) + 2 H2 O(l) ↔ ClO3 (aq) + 4 H(aq) + 4 e

et 2 ClO− + −
(aq) + 4 H(aq) + 4 e ↔

2 Cl−
(aq) + 2 H2 O(l) ).

Une eau de Javel sera donc conservée dans des récipients opaques non métalliques. Elle
sera stockée à l'abri de la chaleur et diluée par de l'eau froide non polluée par des ions
métalliques. Sa durée d'utilisation est limitée.

Utilisations de l’eau de Javel


L’eau de Javel est utilisée :
- pour désinfecter (les sanitaires, les ustensiles chirurgicaux,...) ;
- comme antiseptique (liqueur de Dakin, etc.) ;
- dans le traitement de l’eau potable ;
- dans le blanchiment de certains textiles.

III- Manipulations
III-1 Principe du titrage
Un excès d’ions iodure I- est ajouté à un volume connu de solution d’eau de Javel en milieu
acide. Le diiode (I2), obtenu par réaction entre les ions hypochlorite ClO- et iodure I-, est
ensuite titré par des ions thiosulfate S2O32- de concentration connue. La quantité d’ions
hypochlorite s’en déduit. Ce titrage est dit «indirect» car ce n’est pas la solution d’eau de
Javel que l’on titre, mais le diiode formé par l’addition d’un excès d’ions iodure sur l’eau de
Javel.

III-2 Matériel et produits


Matériel Produits
- Béchers - Eau de Javel de commerce
- Erlenmeyers - Solution d’iodure de potassium (KI) 0,1 M
- Pipette graduée de 10 mL - Solution d’acide chlorhydrique (HCl) 1 M
- Fiole jaugée de 100 mL - Solution de thiosulfate de sodium (Na2S2O3) 0,1 M
- Eprouvette graduée - Empois d’amidon
- Burette graduée - Eau distillée

III-3 Mode opératoire


a) Dilution de la solution d’eau de Javel (S)
On veut effectuer une dilution de 10 de la solution commerciale.

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Détermination du degré chlorométrique d’une eau de Javel

Solution mère (S) : CM, VM → Solution fille (S’) : C′, VF = 100 mL avec CM = F. C′. Le
VF
facteur de dilution F étant égal à 10  VM = = 10 mL.
10

b) Réduction des ions hypochlorite par les ions iodure


Dans un erlenmeyer, introduire :
- V = 10,0 mL de la solution (S’) ;
- 20,0 mL de la solution d’iodure de potassium (KI) de
concentration molaire apportée 0,1M.
- 10,0 mL d’acide chlorhydrique (HCl) de concentration
molaire apportée 1 M.

ClO-(aq)+ 2 H3O+(aq) + 2e- ↔ Cl-(aq) + 3H2O(l)


2 I-(aq) ↔ I2(aq) + 2e-

ClO-(aq)+ 2 H3O+(aq) + 2 I-(aq) → Cl-(aq) + I2(aq) + 3 H2O(l) (réaction (1))

c) Titrage
- Remplir la burette avec la solution de
thiosulfate de sodium Na2S2O3 (0,1 M).
- Procéder au titrage en faisant d’abord un
titrage rapide puis 3 titrages précis.
Titrage rapide (mL par mL)
- Verser la solution de thiosulfate de
sodium, mL par mL, jusqu’à ce que la
couleur de la solution contenue dans
l’erlenmeyer devienne jaune. Ajouter alors quelques gouttes d'empois d'amidon. La solution
devient bleu foncé. Poursuivre l'ajout de la solution titrante jusqu'à la décoloration complète
de la solution contenue dans l’erlenmeyer. Noter le volume obtenu.
Titrage précis (à la goutte)
- Verser la solution de thiosulfate de sodium jusqu’à ce que la couleur de la solution contenue
dans l’erlenmeyer devienne jaune pâle. Ajouter alors quelques gouttes d'empois d'amidon.
Continuer à verser la solution titrante mais goutte à goutte jusqu'à la décoloration complète de
la solution. Noter le volume obtenu.

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Détermination du degré chlorométrique d’une eau de Javel

Réduction du diiode: I2(aq) + 2 e– ↔ 2 I–(aq)


Oxydation du thiosulfate: 2 S2O32–(aq). ↔ S4O62–(aq) + 2 e–
Soit la réaction de titrage notée réaction (2) : I2(aq) + 2 S2O32–(aq) → S4O62–(aq) + 2 I–(aq)

III-4 Exploitation des résultats de mesure


- A l’équivalence, les réactifs sont introduits dans les proportions stœchiométriques données
par l’équation de titrage. D’après la réaction de titrage (réaction (2)), la quantité d’ions
thiosulfate apportés par la solution titrante est le double de celle des molécules de diiode
𝐧
(𝐒𝟐 𝐎𝟑 𝟐− )
initialement présentes dans l’erlenmeyer, soit : 𝐧𝐈𝟐 = .
𝟐

- D’après la réaction (1) :


𝐧𝐂𝐥𝐎−𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐚𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐫é𝐬𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐩𝐫é𝐥è𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐥𝐮𝐦𝐞 𝐕 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐢𝐥𝐮é𝐞 𝐒′ = 𝐧𝐈𝟐 𝐟𝐨𝐫𝐦é .
𝐧𝐂𝐥𝐎−
- Or [ClO–(aq)]S’ = avec V le volume de la prise d’essai de la solution diluée S’
𝐕

donc : V = 10,0 mL = 10-2 L .


- La solution commerciale est F fois plus concentrée, on a alors [ClO–(aq)]S = F [ClO–(aq)]S’ .
- Au cours de la fabrication de l’eau de Javel, il se produit la réaction (3) d'équation :
Cl2(g) + 2 Na+(aq) + 2 OH-(aq) → ClO-(aq) + Cl-(aq) + 2 Na+(aq) + H2O(l) (3)
Ainsi, on constate qu’une mole de dichlore peut conduire à la formation d'une mole d'ions
hypochlorite, soit : 𝐧𝐂𝐥𝟐 = 𝐧𝐂𝐥𝐎− .
Pour 1 litre de solution : 𝐧𝐂𝐥𝟐 = [ClO–(aq)]S

Calcul du degré chlorométrique


Le degré chlorométrique d’une eau de Javel est le volume, exprimé en litres, de dichlore
gazeux (Cl2), mesuré dans les conditions normales de température et de pression, qu'il faudrait
utiliser pour fabriquer 1 L de cette eau de Javel. °chl = 𝐕𝐂𝐥𝟐 = 𝐧𝐂𝐥𝟐 . 𝐕𝐦 , avec
Vm = 22,4 L.mol-1.

Remarque 1
La relation finale entre la grandeur calculée et les grandeurs mesurées est telle que :
𝐅.𝐂 .𝐕é𝐪 .𝐕𝐦
𝐒𝟐 𝐎𝟑 𝟐−
°chl =
𝟐𝐕

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Détermination du degré chlorométrique d’une eau de Javel

Remarque 2
On peut travailler aussi avec les concentrations :
A l’équivalence (réaction (2)) : NI2 . VI2 = NS2 O2−
3
. VS2 O2−
3
⇒ 2CI2 . VI2 = CS2 O2−
3
. VS2 O2−
3
CS O2− .Véq
2 3
⇒ CI2 = .
2V
D’après la réaction (1) : [ClO–(aq)]S’ = [I2(aq)]S’ = CI2 .
La solution commerciale est F fois plus concentrée, on a alors :
[ClO− (aq) ] = F. [ClO− (aq) ]
S S′

Selon la réaction de fabrication de l’eau de Javel (réaction (3)): [Cl2 (g) ] = [ClO− (aq) ]
S

Par ailleurs, °chl = V(Cl2 ) = nCl2 .Vm. Pour 1 litre d’eau de Javel : °chl = [Cl2 (g) ] . Vm .

Calcul du pourcentage de chlore (%Cl2)


Le pourcentage de chlore (%Cl2) d’une eau de Javel est la masse, en gramme, de dichlore
gazeux (Cl2) utilisé pour préparer 100 g de cette eau de Javel.
Pour 1 litre d’eau de Javel :
F.C .Véq
S2 O3 2−
nCl2 = [ClO–(aq)]S = 2V
nCl2 moles → 1000 mL d’eau de Javel.
En passant aux masses, on aura :
nCl2 . MCl2 (g) → 1000ρeau de Javel (g)
%Cl2 → 100 g
100.nCl2 .MCl2 𝐧𝐂𝐥𝟐 .𝐌𝐂𝐥𝟐
Donc, %Cl2 = ⇒ %𝐂𝐥𝟐 =
1000.ρeau de Javel 𝟏𝟎.𝛒𝐞𝐚𝐮 𝐝𝐞 𝐣𝐚𝐯𝐞𝐥

Remarque
On peut calculer le pourcentage de chlore à partir du degré chlorométrique :
°𝐜𝐡𝐥. 𝐌𝐂𝐥𝟐
%𝐂𝐥𝟐 =
𝟏𝟎. 𝐕𝐦 𝛒𝐞𝐚𝐮 𝐝𝐞 𝐣𝐚𝐯𝐞𝐥

On donne : F = 10, V = 10 mL, CS2 O2−


3
= 0,1 mol.L-1, MCl2 = 71 g.mol-1, Vm = 22,4 L.mol-1 et
ρeau de Javel =

On donne, ci-contre, pour les différents couples ox/red étudiés


dans ce TP, l’échelle des potentiels standards

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