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Université de Lomé

Faculté des Sciences Economiques et de Gestion


Parcours : Economie

Code et intitulé de l’enseignement : ECO350, Introduction à l’économie du


Développement

Thématique 4 : Les causes du sous-développement


Chapitre 7 : Les explications non économiques du sous-
développement

Chargé du Cours : Pr COUCHORO

Année Académique : 2020-2021

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1- Les facteurs historiques et géographiques, à l’origine du sous-développement

La multiplication des échanges depuis la plus haute antiquité autour du croissant fertile au
Moyen-Orient, vers la méditerranée et l’Europe d’une part, l’Inde et la Chine d’autre part,
contraste avec l’isolement de continents entiers (Afrique au sud du Sahara, Amérique, Océanie)
qui permet d’expliquer leur retard. L’expansion européenne commence au XVe siècle pour se
terminer avec la colonisation en Afrique et en Asie. L’Afrique noire a été isolée des grands
foyers de civilisation par des océans, et le Sahara au nord, si bien que selon les historiens, à la
fin du XIXe siècle, « la majeure partie du continent s’attardait encore dans de genres de vie
néolithiques ». Seuls les grands empires de l’Afrique occidentale avaient une organisation
politique élaborée et des échanges commerciaux et culturels avec les Arabes.

Face à cette situation, il est difficile de croire que le contact avec les occidentaux et la
colonisation soient responsables du sous-développement. Durant près de 5 millénaires, les
progrès techniques se sont accumulés de façon discontinue en occident et les sociétés
traditionnelles d’Afrique, d’Océanie ou d’Amérique resté à l’état stationnaire auraient, sans
aucun doute connu peu d’évolution sans le contact avec l’occident. Par ailleurs, les Européens
ont bénéficié des connaissances et des avancées techniques (papier, boussole, médecine,
mathématique, imprimerie) de grandes civilisations du Moyen-Orient, d’Asie et d’Afrique du
nord au Moyen-Age qui ont constitué le soubassement de leur éclosion. Cependant, l’entrée en
phases de déclin des grands empires au courant du XVe siècle (ottoman, dynasties Ming et
Manchoue en Chine, Empire Moghol en Inde) explique le décalage croissant en faveur de
l’Europe et le sous-développement de ces régions face à l’occident, à partir du XIXe siècle.

Des facteurs géographiques peuvent aussi expliquer le sous-développement : l’aspect massif du


continent africain, le caractère peu propice à la navigation de côtes rectilignes empêchant
l’échange, à la différence des conditions favorables trouvées en Méditerranée, en Europe et
dans l’Atlantique expliquent la fantastique expansion maritime des peuples de la Méditerranée,
de l’Europe du nordique et de l’Europe Atlantique, à l’origine de la multiplication des échanges
et du développement économique. L’hostilité du milieu naturel maritime, les conditions
difficiles liées aux sols et aux climats en Afrique noire sont en revanche, à l’origine de
l’enclavement des régions et des peuples, de la faible extension du commerce, et finalement du
retard économique.

2- Les facteurs culturels

Une thèse couramment évoquée est que les mentalités, les systèmes de valeurs, voire les
religions et les doctrines philosophiques, s’opposeraient au développement économique dans le
tiers monde. Ainsi, le développement industriel requiert « l’existence d’échange monétarisé, de
besoins illimités et l’organisation de la production sur une grande échelle ». Or, certaines
populations ont des besoins limités, les petits producteurs et les artisans dominent, ils ne sont
pas orientés vers l’épargne, le commerce, n’ont pas la volonté d’accumuler, d’investir,
d’accroitre leur taille. « La production est organiser par la communauté restreinte, et l’échange
se réduit au troc entre les voisins » (Elkan, 1976) cette communauté exerce en outre une

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pression sociale sur ceux qui voudraient opérer des changements. Ainsi, l’organisation
totalitaire de ces sociétés basée sur la suprématie du chef, les stéréotypes culturels, la religion
peuvent renforcer les différences économiques entre les groupes.

Les valeurs et les comportements dans les pays pauvres seraient donc incompatibles avec
l’introduction des techniques et méthodes modernes de production. Les agents économiques ne
réagiraient pas de façon rationnelle aux variations des prix et aux incitation monétaires : Ainsi
une hausse des prix ne stimule pas forcément un accroissement de la production, pour
maximiser le profit, si le producteur estime que la hausse des prix lui permet de réduire au
contraire sa production en maintenant son niveau de revenu… Leur comportement serait donc
antiéconomique ou a-économique.

3- Les Facteurs politiques, juridiques éducatifs et institutionnels

Le développement des échanges et la spécialisation, conditions de la croissance économique,


requièrent un milieu favorable dont on peut retenir les éléments suivants. :

❖ Un ordre juridique rationnel, des droits de propriété assurées, la protection des contrats. Il
faut donc un système légal solide qui assure les droits de propriété et qui garantisse que les
contrats seront bien spécifiés et appliqués.
❖ La sécurité des échanges : Le développement du brigandage des guérillas, peut paralyser la
production et entrainé le recul des pays des décennies en arrières.
❖ La stabilité politique et sociale : La répétition des coups d’Etats, les changements de régime,
les troubles intérieurs, les conflits sont autant de facteurs nuisant au développement
économique. Il est nécessaire que l’Etat s’engage de façon crédible dans la garantie des
droits individuels et la protection des citoyens pour que les comportements favorables au
développement se mettent en place.
❖ La transparence : La corruption, la bureaucratie, le népotisme, le clientélisme, les
détournements de fonds, l’utilisation d’un pouvoir public à des fins et des gains privés, sont
des caractéristiques fréquentes des pays du sud qui nuisent à leur développement.
❖ La liberté et la mobilité du travail : le statut héréditaire de l’emploi, la persistance du
système des castes en Afrique et en Inde, les privilèges dues à la naissance, la pratique de
l’esclavage sont autant d’obstacles au développement.
❖ Le rôle de l’unité national et de l’Etat central : un pays déchiré en ethnies rivales, comme
c’est souvent en Afrique, un Etat insuffisamment fort et respecté, l’inexistence d’un service
public efficace, honnête et compétent, créeront évidemment des difficultés majeures pour
les politiques de développement.
❖ Le rôle de l’éducation : Il est théoriquement montré le rôle et la spécificité du capital
humain, l’importance de la formation pour expliquer les revenus des individus et
l’éducation comme moteur de la croissance économique. Le Développement de l’éducation
de masse est lié à la croissance économique par le biais essentiellement de l’aptitude à
maitriser et à adopter les processus techniques.

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