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Droit Fiscal

CHAPITRE 1 : FONDEMENTS DE L’IMPOT


I - Notions de base
-Déf :
L'impôt est un prélèvement obligatoire, effectué par la puissance publique sur les ressources des personnes
physiques et morales (afin de subvenir aux charges publiques).

- L’impôt est un prélèvement :


 obligatoire effectué par puissance publique :

L'impôt est le nerf de la puissance publique.  L’Administration fiscale contrôle les déclarations et évalue les
bases  fiscales  et sanctionne les contribuables qui ne paient pas.
 pécuniaire :

L'impôt est prélevé sur une somme d'argent ou une valeur qu'on peut convertir en argent. Certains prélèvements
même ayant un caractère obligatoire ne sont pas qualifiés d’impôt (zakat, Ribaa, contributions imposés à titre de
solidarité, etc. …)
 effectué à titre définitif

L'impôt ne peut faire l'objet de restitution de la part de l’Administration fiscale, sauf en cas d’annulation du titre
d’imposition suivant les procédures nécessaires.
 effectué sans contrepartie déterminée

L'absence de contrepartie déterminée est l'un des éléments essentiels de l'impôt. Le contribuable s’acquitte de
l'impôt sans prétendre bénéficier, en retour, d’un service public.
I.3 - Notion du droit fiscal
-Le droit fiscal est l’ensemble des règles de droit relatives à l’impôt.
-Il s’agit d’une branche de droit permettant la  participation des sujets de droit à l’organisation financière de
l’Etat et  à l’expression de sa politique économique et sociale.
Le droit fiscal se compose de sous domaines:
- la fiscalité des personnes : l’impôt sur le revenu.
- la fiscalité des affaires :  la fiscalité des entreprises  et la TVA.
- la fiscalité d’immobilier : l’imposition de la transaction  immobilière.
- la fiscalité du patrimoine : l’imposition en cas de succession.
- le droit pénal fiscal :sanctionne la fraude fiscale.
- la fiscalité internationale : quand une opération (perception de revenus) subit l'intervention d'un élément
extérieur.
- l’éco-fiscalité : Les dispositifs qui permettent des primes pour protéger l’environnement.
- la parafiscalité : l’ensemble des taxes perçues au profit des personnes publiques (hors  de l’Etat  et des
établissements publiques) habilités à percevoir des impôts.

II - Sources de droit fiscal


II.1 - Sources écrites du droit fiscal
II.1.1. - Les sources supra-législatives
• La Constitution
La Constitution marocaine de 2011 fait référence aux principes directeurs du système fiscal marocain :
- La justice fiscale :  tous les contribuables contribuent aux charges publiques.
- La légalité de l’impôt : le régime fiscal, le taux et les modalités de recouvrement des impôts, relèvent de la loi.
- La perceptibilité des recettes fiscales: l’impôt n’est  appliqué qu’après le vote de la loi de finances de l’année
qui en autorise la perception. Si la loi de finances n’est pas votée,les recettes continuent à être perçues
conformément aux lois qui les réglemente sauf si le projet de loi propose une diminution de taux, les recettes
seront perçues au nouveau taux proposé.
- Non réductibilité des prévisions fiscales : il y'a  irrecevabilité de toute proposition  formulée par les membres
du Parlement sur la diminution des ressources publiques par exemple.
- Autonomie fiscale des Collectivités territoriales : les collectivités territoriales ont des ressources financières
propres et de ressources financières attribuées  par l’Etat.
- Contrôle des opérations de recettes fiscales : la Cour des comptes s’assure de la régularité des opérations des
recettes fiscales et sanctionne les manquements aux règles.

• Les engagements, les traités et les conventions internationaux


Le réseau conventionnel international est une composante essentielle du droit fiscal marocain, car il y a
internationalisation des échanges commerciaux .
on a deux catégories de conventions et traités internationaux, qui influencent la matière fiscale :
- les conventions fiscales internationales qui visent a éviter le problème de la double imposition entre le Maroc
et le pays co-contractant.
- les conventions de libre-échange qui encouragent les flux commerciaux entre le Maroc et le reste du monde.
L'impact de ces traités et conventions peut être conséquent  sur la souveraineté financière et fiscale du pays et
sur le sort de la structure des finances publiques. C'est pourquoi on trouve dans la Constitution : "les traités
engageant les finances de l'État ne peuvent être ratifiés par le Roi sans avoir été préalablement approuvés par la
loi".

• La Loi organique des finances


La loi organique des finances est située entre la Constitution et les lois ordinaires. Elle trouve son fondement
juridique dans les dispositions de la Constitution qui la définit : "le Parlement vote la loi de finances dans les
conditions prévues par une loi organique".
 La loi organique qui représente la principale source codifiée du droit des finances de l'État est une sorte de
Constitution financière  de l’Etat.

II.1.2. - Les sources législatives

• Les lois prises selon la procédure normale


Il s'agit de textes qui obéissent aux règles communes de la procédure législative et qui relèvent du domaine de la
loi ayant soit un caractère fiscal, soit une incidence directe sur la fiscalité.

• Les lois prises selon des procédures spéciales


Certaines lois sont élaborées selon des procédures spéciales.ex:celles issues des lois de finances de l'année,des
lois d'habilitation et des décrets-lois.

- La matière fiscale issue des Lois de finances de l'année


 les lois de finances n'ont pas en principe de portée normative sur le droit fiscal et ne peuvent comporter que des
dispositions sans un véritable impact financier sur l'année suivante.
-La matière législative issue des lois d'habilitation
"Une loi d'habilitation peut autoriser le Gouvernement, pendant un délai limité et en vue d'un objectif déterminé,
à prendre par décret des mesures qui sont normalement du domaine de la loi".

- La matière législative issue des décrets–lois


Le Gouvernement peut prendre, dans l'intervalle des sessions, avec l'accord des commissions concernées des
deux Chambres, des décrets-lois qui doivent être, au cours de la session ordinaire suivante du Parlement, soumis
à la ratification de ce dernier.
Les décrets-lois ont une valeur législative s’ils sont ratifiés par une loi votée au Parlement.sinon ils restent des
actes de l’exécutif susceptibles de faire grief devant le juge administratif.

II.1.3. - Les sources règlementaires


Le Gouvernement dispose d’un pouvoir d’application de la loi, qu’il peut exercer en matière fiscale à travers :
• Les  décrets
Sous l’autorité du Chef du gouvernement, le gouvernement assure l'exécution des lois et dispose de
l'Administration".
On peut distinguer deux types de décrets :
- Des décrets qui fixent les conditions d'application des textes législatifs ordinaires ou organiques.
- Des décrets autonomes qui relèvent du domaine réservé au pouvoir réglementaire.

• Les arrêtés
En matière fiscale, certains arrêtés peuvent être pris, sur la base d’un fondement législatif ou règlementaire ; on
peut citer plusieurs cas :
- Arrêtés émis par le ministre des finances relatif à l'élaboration et à l'exécution des lois de finances.
- Arrêtés émis  par le ministre des finances et un autre ministre.
- Arrêtés pris par les présidents de conseils communaux.

• Les textes administratifs d’application à caractère subsidiaire


Textes à portée subsidiaire : l'ensemble des circulaires, notes, instructions.
On distingue trois types de textes à portée subsidiaire :
- Les textes d'ordre interprétatifs, par lesquels une Administration relevant d'une autorité fiscale explique
comment une disposition législative  doit être appliquée.
- Les textes d'ordre réglementaire, qui présentent tous les aspects d'un règlement et qui n'ont pas été adoptés
dans les formes requises pour un règlement.
- Les textes sous forme de directives qui informent de la manière dont les autorités administratives comptent
exercer leur pouvoir discrétionnaire.

II.2 - Sources non écrites du droit fiscal


II.2.1. - La jurisprudence constitutionnelle
Le juge constitutionnel  qui veut être le gardien des principes d'une gestion fiscale saine modifie le sens de
certaines dispositions financières  pour  les rendre compatibles avec les grands principes constitutionnels.
Ceci entraîne une maturation de la fiscalité marocaine.
la loi organique des finances et les décisions du Conseil constitutionnel sont complémentaires.
Le juge constitutionnel marocain  clarifie le sens précis de certaines dispositions fiscales.
II.2.2. - La jurisprudence administrative
La fiscalité s’étend aux actes administratifs ayant une incidence fiscale directe ou indirecte.  le juge
administratif doit "créer le droit"  et non pas  « dire le droit ».
-En matière de contentieux fiscal : les tribunaux administratifs sont habilités à connaître tous les litiges se
rapportant  aux impôts directs et indirects, à la TVA, aux droits d'enregistrement et du timbre.
Les juridictions judiciaires sont  compétentes au niveau du contentieux répressif en matière des douanes et la
notification par ordonnance de l'état de liquidation.
Le pouvoir normatif du juge de l'impôt peut s'effectuer dans deux sens:
 - le juge s'assure si la liquidation de l'impôt dû à été établie conformément a la loi et aux règlements en vigueur.
Il peut diminuer le montant de l'imposition contestée, ou l'annuler, ou appliquer une hausse
-le juge administratif doit veiller au respect des procédures forcées prévues par la loi/règlement, si le débiteur
est retardataire.
III.4 - Principes de droit fiscal
III.4.1. - Principe d'égalité devant l'impôt
Il y'a 2 principes :
- le principe d'égalité devant la loi
-principe de l'égalité devant les charges publiques : c'est à dire absence d'immunités fiscales. Plus généralement,
le principe d'égalité devant l'impôt veut dire que des personnes placées dans des situations différentes ne
peuvent être traitées de la même façon sans justification  rationnelle.
III.4.2. - Principe de légalité de l'impôt
Il est obligatoire que la créance soit à la fois prévue par la loi et règlement en vigueur et par la loi de finances.
III.4.3. - Principe de nécessité de l'impôt
Le principe de nécessité de l'impôt qui concerne toutes les recettes fiscales légitime  le contrôle fiscal et la
répression de la fraude.
III.4.4. - Principe d'annualité
C'est la mise en œuvre du principe d'annualité budgétaire. Il signifie que la perception des impôts est autorisée
pour une année.
III.4.5. - Principe de territorialité
L'espace fiscal peut ne pas être le même que l'espace national, notamment en raison de conventions
internationales.
III.4.6. - Principe de non-rétroactivité de la loi fiscale
En considération de son caractère législatif la loi fiscale ne peut avoir d’effet rétroactif. Il en résulte :
- l’impossibilité de prévoir des sanctions fiscales pour des agissements antérieurs à la nouvelle loi fiscale qui
n'étaient pas prévues par la loi fiscale ancienne;
- la rétroactivité ne saurait préjudicier aux contribuables dont les droits ont été acquis par une décision de
justice;
- la rétroactivité ne peut porter atteinte au droit de propriété.
III.5 - Classification de l’impôt
III.5.1. - Typologie d’impôts
• Les impôts
Les impôts sont des prestations pécuniaires que l'État exige, en vertu de sa souveraineté, des personnes qui sont
soumises en vue de couvrir ses besoins financiers. Ce n'est pas une contre prestation. Les éléments de base sont:
une mesure coercitive, un paiement inconditionnel.
• Les taxes
Elles sont des contributions publiques spéciales que le pouvoir fiscal exige d’un redevable, soit en échange d’un
avantage procuré à ce dernier (TVA), soit en contrepartie d’une dépense publique provoquée par lui. Les
éléments de base sont donc : une prestation pécuniaire et une prestation conditionnelle.
• Les taxes parafiscales
 Un décret de 1999 et des règlements en prévoient  l’existence.
  Les taxes parafiscales, perçues dans un intérêt économique ou social au profit d'une personne morale de droit
public autre que l'État et les collectivités locales, sont établies par décret, pris sur proposition du ministre chargé
des finances et du ministre intéressé.
les taxes bénéficient exclusivement aux organes auxquelles elles sont attribuées (Mutuelle) et le produit de ces
taxes ne constitue pas des recettes budgétaires et les dépenses des organismes bénéficiaires ne figurent pas dans
la loi des finances.
• Les produits des amendes
Les produits des amendes sont des créances issues des condamnations pécuniaires que l'État a déclarées à
l'encontre de certaines personnes ayant commis des infractions. Celles-ci peuvent être d'ordre judiciaire
(Ex. astreintes prononcées par les juridictions financières) ; d'ordre administratif (produits de confiscation) ;
d'ordre fiscal (Ex. pénalités pour retard de déclaration).
• Les rémunérations de services rendus et les redevances
 l'État produit le service, mais le consommateur en décide l'utilisation et paie les seules quantités consommées
en sachant que le rapport entre bénéficiaires et  payeurs est direct.
Il existe 3 catégories : les biens ou les services qui résultent d'une production de caractère industriel (SEGMA) ;
les biens immobiliers de l'État qui sont mis à disposition des particuliers contre paiement d'un loyer ; les
services destinés à l'amélioration du  capital humain (la santé publique, l’éducation nationale).
Ces recettes doivent être établies  par décret pris sur proposition du ministre chargé des finances et du ministre
intéressé et dont les tarifs devront être fixés par arrêté conjoint du ministre chargé des finances et du ministre
intéressé.
III.5.2. - Qualification de l’impôt
• Impôts réels et impôts personnels
-L'impôt réel est celui qui frappe  une somme d'argent uniquement dans sa nature ou sa valeur monétaire
abstraction faite de la personne du contribuable.
-L'impôt personnel est celui qui frappe directement le contribuable telle la capitation, établie par tête (Jezia).
l’IR peut être considéré comme un impôt personnel  car  il frappe les produits du travail.
La distinction de l'impôt réel et de l'impôt personnel est toujours importante et on peut parler d'un progrès de
l'impôt personnel dans les systèmes fiscaux modernes.
• Impôts sur le capital, sur le revenu et sur la dépense
cette classification est préférée par  la doctrine car  détermine les effets de l'impôt concernant, d'une part, les
différentes interventions de l'Etat et l'incidence de l'impôt.
 L'impôt est un prélèvement sur la richesse. La richesse a trois aspects :
- Le capital est la richesse acquise pour une période, et qui peut être source de revenus. C'est le patrimoine d'un
individu.
- Le revenu : richesse qui provient d'une source susceptible de la créer de façon renouvelée, pendant un temps
plus ou moins long.
- La dépense : l'existence de la richesse d'un individu, peut être révélée par l'emploi qu'il fait de ses ressources
(Ex: TVA).
• Impôts directs et impôts indirects
Les impôts directs sont ceux qui frappent directement les biens d'une personne, du seul fait qu'elle possède ces
biens.
Les impôts indirects atteignent le contribuable à l'occasion des dépenses qu'il fait. Les impôts indirects reposent
sur des opérations de production, d'échange ou de consommation.
Le contentieux des impôts  directs est attribué aux juridictions administratives, et le contentieux des
contributions indirectes, aux juridictions judiciaires.
• Impôts progressifs, impôts dégressifs et impôts proportionnels
- Impôts progressifs
C’est un impôt dont le taux s'accroît en fonction de la valeur de l'élément taxé(base d'imposition) Ex:l’impôt sur
le revenu (non forfaitaire) est un impôt progressif par tranche et par classe.

- Impôts régressifs
Impôt dont le taux d'imposition diminue lorsque les montants imposés augmentent.ex: la TVA.
Plus les revenus d'un ménage sont important, plus la part consacré à l'épargne augmente, et par conséquent plus
la part consacré à la consommation diminue.
- Impôts proportionnels
Un impôt proportionnel est soumis à un taux d'imposition, selon lequel le pourcentage de L'IR prélevé  reste le
même, peu importe  ou combien est dépensé.
Ex : taux normal de l’impôt sur les sociétés (30%),

CHAPITRE 3 : CONTROLE FISCAL


Le contrôle fiscal est la souveraineté de la puissance publique qu'à le pouvoir fiscal.
I - Prérogatives de l’Administration fiscale
1 - Droit de vérification
L’administration fiscale a un pouvoir de vérifier l’exactitude des déclarations des impôts par contribuables. Ces
derniers sont tenus  de présenter tous documents comptables aux agents de l’administration fiscale ayant au
moins le grade d'inspecteur adjoint. A défaut de présentation d’une partie des documents comptables, le
contribuable est invité à produire ces documents  dans un délai de 30 JOURS à compter de la date de réception
de la demande de communication desdits documents. Ce délai peut être prolongé jusqu’à la fin de la période de
contrôle. Pour procéder au contrôle fiscal, l’administration fiscale notifie au contribuable un avis de vérification.
La durée de vérification est limitée dans le temps, selon la taille du contribuable :
- plus de 6 MOIS pour les entreprises dont le montant du chiffre d’affaires est inférieur ou égal à 50 MILLIONS
de dirhams hors TVA;
- plus de 12 MOIS pour les entreprises dont le montant du chiffre d’affaires  est supérieur à 50 MILLIONS de
dirhams hors TVA.
A l’issue de son intervention sur place, le vérificateur est tenu d’informer le contribuable de la clôture de la
vérification par lettre recommandée avec accusé de réception.  Si à l’issue du contrôle fiscal sur place,
l’administration fiscale n’a pas de rectifications à apporter aux bases d’imposition, elle doit en aviser le
contribuable par lettre recommandée avec accusé de réception. Sinon, l’administration fiscale passe à la
procédure de redressement.
2 - Droit de constatation
 le droit de constatation est le fait que L’AF puisse demander aux contribuables de se faire présenter les factures
et les documents professionnels donnant lieu à facturation pour rechercher les manquements aux obligations
prévues par la législation. Le contribuable ne peut s’y opposer, sous peine de se faire infliger des sanctions, sous
forme de pénalités et d’astreintes personnelles. Le droit de constatation s’exerce immédiatement après remise
d’un avis de constatation et dans tous les locaux des contribuables concernés utilisés à titre professionnel. La
durée de constatation sur place est fixée au maximum à 08 JOURS ouvrables, à compter de la date de remise de
l’avis de constatation. A la fin de l’opération de constatation, les agents de l’administration fiscale établissent un
avis de clôture, signé par les deux parties dont un exemplaire est remis au contribuable. Les manquements
relevés sur place donnent lieu à l’établissement d’un procès-verbal, dans les 30 JOURS suivant l’expiration du
délai précité dont copie est remise au contribuable qui dispose d’un délai de 08 JOURS suivant la date de
réception du procès- verbal pour faire part de ses observations. Les constatations du procès-verbal peuvent être
opposées au contribuable dans le cadre d’un contrôle fiscal.
3 - Droit d’examen
Le doit d’examen est effectué uniquement au niveau de certains impôts (notamment l’IR) et est plus global que
le droit de vérification. Il s’agit d’examiner la situation fiscale du contribuable ayant son domicile fiscal au
Maroc.
L’AF peut évaluer le revenu global annuel du contribuable   lorsque ce revenu n'est pas en rapport avec ses
dépenses. L’AF peut utiliser la procédure normale de rectification des impositions ou la procédure accélérée et
notifie au contribuable les éléments de comparaison devant servir à la rectification de la base annuelle
d'imposition.
4 - Droit de communication et échange de l’information
Le droit de communication est un droit d’information de l’administration fiscale sur les documents concernant
le contribuable même en dehors de la procédure de contrôle. Elle peut y recourir à n’importe quelle période de
l’année tant que le délai de dix ans n'est pas écoulé. Le fait de ne pas obtempérer au droit de communication
rend les personnes passibles à des amendes et des astreintes journalières. Les documents peuvent être consultés
sur place ou envoyés à l’administration fiscale et peuvent être demandés à l'intéressé lui même ou auprès des
tiers bien que ce droit ne comporte pas de formalisme, l’administration fiscale doit respecter le secret
professionnel absolu .  Les inspecteurs  ne peuvent communiquer les renseignements aux parties, autres que les
contribuables concernés que sur ordonnance du juge compétent.
5 - Droit de préemption
Le ministre des finances peut exercer, au profit de l'Etat, un droit de préemption. C’est une prérogative qui
permet à l’administration fiscale de remplacer l’acquéreur de biens immeubles, chaque fois qu’elle estime que
les prix de vente déclarés sont insuffisants. L’administration fiscale possède ce droit  avec un délai de 6 MOIS à
compter de la date d’enregistrement. Une fois la décision de préemption prise, l’inspecteur chargé de
l’enregistrement la notifie à chacune des parties indiquées à l’acte, au cadi chargé du Taoutiq compétent pour
les immeubles non immatriculés, et au conservateur de la propriété foncière lorsqu’il s’agit d’immeubles
immatriculés ou en cours d’immatriculation.  Dès réception de la notification, les droits de l’Etat sont
mentionnés et le vendeur exclu reçoit, dans le mois qui suit la notification de la décision de préemption, le
montant du prix déclaré, majoré des droits d’enregistrement acquittés et d’une somme de (5 %) du prix déclaré.
6 - Pouvoir d’appréciation
Lorsque  l’AF  constate qu’un exercice comptable présente des irrégularités graves, elle peut déterminer la base
d'imposition d'après les éléments dont elle dispose.
6.1. - Irrégularités réputées graves
Sont réputées comme irrégularités graves:
1. le défaut de présentation d'une comptabilité tenue conformément aux dispositions de l’article 145 du CGI;
 2. l'absence des inventaires prévus par le même article ;
 3. la dissimulation d'achats ou de ventes ;
4. les erreurs  graves et répétées, constatées dans la comptabilisation des opérations ;
5. l'absence de pièces justificatives privant la comptabilité de toute valeur probante ;
 6. la non comptabilisation d'opérations effectuées par le contribuable ;
6.2. - Modulation du pouvoir d’appréciation
L’AF peut moduler son pouvoir d’appréciation selon le cas :
1er cas : Entreprises dépendantes
Les bénéfices indirectement transférés par une entreprise installée au Maroc à une entreprise située au Maroc ou
hors du Maroc et ayant des liens directs ou indirects de dépendance avec la dite entreprise sont rapportés au
chiffres d'affaires de l'entreprise installée au Maroc.
Ces transferts peuvent s'effectuer par:
_Une minoration ou majoration des prix d'achat ou de vente.
_Prêt sans intérêt ou à un taux réduit.

2ème  cas : Dépenses supportées à l’étranger par des sociétés étrangères ayant une activité permanente au Maroc
Lorsque certaines dépenses ne sont pas justifiées, l'administration peut en limiter le montant ou déterminer la
base d'imposition de l'entreprise. Dans les deux cas, l’AF ne peut user de son pouvoir d’appréciation qu’en
déclenchant la procédure de vérification.
II - Redressement et rectification
1 - Procédure normale
Dans le cas où l'inspecteur des impôts est amené à rectifier :
- Les bases d'imposition.
  - Les montants des retenues en matière de revenus salariaux.
 - Les prix ou déclarations estimatives
 la procédure à suivre est comme suit :
1- L’inspecteur notifie au contribuable, les motifs, le montant détaillé des redressements envisagés et la base
d’imposition retenue.
 2- Le contribuable dispose d'un délai de 30 JOURS pour formuler sa réponse et produire, s'il y a lieu, des
justifications. Dans le cas d’acceptation totale du redressement, la procédure s’arrête à cette étape et le
contribuable est invité à procéder au paiement des impôts ou compléments sur les nouvelles bases. L’absence de
réponse ou réponse hors délai équivaut à une acceptation des redressements qui ne peut être contestée que par
voie contentieuse.
3- Si le rejet est partiel, un avis de rôle est émis concernant les bases acceptées. Pour  les bases non acceptées, le
contribuable doit adresser sa lettre de réponse. L’administration fiscale doit répondre aux observations du
contribuable dans un délai de 60 JOURS à compter la date de réception de la réponse du contribuable.
4- Si la réponse de l’administration fiscale rejete tout ou partie des observations du contribuable, le litige est figé
et le contribuable a 30 jours pour saisir la clt.
2 - Procédure accélérée
Dans le cas où l'inspecteur des impôts est amené à rectifier en matière d’IS, d’IR et TVA les éléments suivants: -
Le résultat fiscal de la dernière période d’activité  en cas de transformation de la forme juridique d'une
entreprise.  - Les déclarations déposées par les contribuables qui n'ont plus de domicile fiscal  au Maroc.- Les
déclarations des contribuables qui cèdent des valeurs mobilières- Les montants des retenues déclarées par les
employeurs qui cessent leur activité,   - Les impositions en matière de TVA, de la dernière période d'activité en
cas de cession d'entreprise.
La procédure accélérée est la même que la procédure normale sauf que les impositions sont immédiatement
établies après la deuxième notification.
 La procédure de vérification est viciée dans les cas suivants :
o Défaut d'envoi de l'avis de vérification dans le délai de 15 JOURS.
o Défaut de notification de la réponse de l'inspecteur aux observations des contribuables dans le délai de 60
JOURS.
III - Garanties du contribuable
1 - Respect du principe du contradictoire
Le principe du contradictoire signifie que le contribuable  peut discuter l'énoncé des faits et les moyens
juridiques que l’AF lui a opposés.C’est un droit qui régit les relations entre le contribuable et l’AF et ce à travers
:
 - l'obligation pour l'AF d'informer le contribuable des renseignements détenus par elle.
  -l’obligation de remettre un procès verbal  au contribuable afin que ce dernier puisse réagir sur les observations
émises par les vérificateurs ;
- obligation de notifier un avis au contribuable.
2 - Délimitation temporelle de l’intervention du contrôle fiscal
2.1. - Durée de la vérification
- 6 MOIS pour les entreprises dont le montant du chiffre d'affaires hors TVA est inférieur à 50 MILLIONS de
dirhams ;
- 12 MOIS pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 50 MILLIONS de dirhams.
2.2. - Durée de vérifiabilité
l’AF, est limitée par l'effet de prescription. A cet effet, le droit de réparation des erreurs est fixé au 31 décembre
de la quatrième année, suivant celle dans laquelle l'imposition a été faite.
Cela dit quelques nuances existent:
 - le cas où des déficits ont été imputés sur les exercices à vérifier, le délai de reprise est étendu aux quatre
derniers exercices prescrits.
 - dans le cas où dans un exercice prescrit il y'a des  provisions irrégulièrement constituées,  elles seront
rapportées au premier exercice de la période non prescrite.
- dans le cas d'une cessation totale d'activité d'une entreprise suivie de liquidation, il nya lieu à aucune
prescription après la liquidation;
3 -  Imputabilité de la charge de la preuve
La charge de la preuve revient aussi bien au contribuable qu'à l'AF notamment dans les cas suivants :
 - en cas de redressement contradictoire ;
- en cas de procédure d’office ;
 - en cas de contestation des pénalités.
IV - Conséquences du contrôle  fiscal
1 - Taxation d’office
Lorsqu'un contribuable refuse de se soumettre au contrôle fiscal, il lui est adressé une lettre pour se conformer
aux obligations légales dans un délai de 15 JOURS.
A défaut l'AF informe le contribuable, par lettre notifiée, de l’application de l’amende et lui accorde un délai
supplémentaire de 15 JOURS pour s'exécuter.
 Lorsque dans ce dernier délai le contribuable ne présente pas les documents comptables, il est imposé d'office
avec application de l’astreinte journalière. (Contestation possible)
2 - Sanctions pécuniaires d’assiette
2.1. - Sanctions communes
- Sanctions pour défaut ou retard du chiffre d'affaires, du revenu global  dans les dépôts des déclarations du
résultat fiscal:
Une majoration de 15 % est applicable dans les cas suivants :
a) En cas de déclaration incomplète ou insuffisante ou hors délai ;
b) défaut de dépôt ou dépôt hors délai des actes et conventions.
 La majoration de 15 % précitée est calculée sur le montant :
  1)  soit des droits correspondant au bénéfice de l’exercice comptable ;
  2) soit de la cotisation minimale lorsqu'elle est supérieure à ces droits
  3) soit de la taxe fraudée
  4) soit des droits simples exigibles
  5) soit des droits théoriques.
  1°, 2°, 3° et 5° ne peuvent  être inférieurs à 500 dhs
4. ne peut être inférieur à 100 dhs.
- Sanctions pour infraction aux dispositions relatives au droit de communication :
Il s'agit de l’amende et de l’astreinte journalière.
 Toutefois, ces dispositions ne sont pas applicables aux cadi chargés du taoutiq, aux administrations de l'Etat et
aux collectivités locales.

- Sanctions applicables en cas de rectification de la base imposable


A- Une majoration de 15% est applicable :
1) en cas de rectification du chiffre d'affaires
2) en cas de rectification d'un résultat déficitaire
 3) toute manœuvre visant  à obtenir  le bénéfice d’exonération.
 4) insuffisances de prix.
La majoration de 15 % est calculée sur le montant :
- des droits correspondant à cette rectification.
- de toute réintégration affectant le résultat déficitaire.
B.- Le taux de majoration est porté à 100% :
 1) quand il y'a mauvaise foi du contribuable. ;
2) en cas de dissimulation :
Soit d’une vente d’immeuble, de fonds de commerce ou de clientèle, ou dans la soulte d’un échange ou d’un
partage d'immeubles.
Soit les omissions totales ou partielles dans les actes ayant entraîné la liquidation de droits d’un montant
inférieur à celui qui était réellement dû.
La majoration  au B- 2°  est applicable avec un minimum de 1000dhs.
- Sanction pour fraude ou complicité de fraude
Une amende égale à 100% du montant de l'impôt est applicable à toute personne ayant participé ou conseillé le
contribuable dans des  manœuvres afin d'esquiver le paiement de l’impôt.
- Sanction pour infraction en matière de déclaration d’existence
 le contribuable qui ne dépose pas la déclaration dans le délai prescrit ou qui dépose une déclaration inexacte est
passible d'une amende de 1000 DIRHAMS,.
- Sanction pour infraction en matière de déclaration en cas de changement du lieu d’imposition
tout contribuable qui n’avise pas  du transfert de son siège social ou de son domicile fiscale est passible d'une
amende de 500dhs.
- Sanction pour infraction aux dispositions relatives à la vente en tournée: les ventes de marchandises effectuées
dans des locaux non destinés à la vente au public de ces marchandises.
Une amende égale à 1% est applicable, par impôt, au montant de l’opération effectuée par tout contribuable.
- Sanctions pour infraction aux dispositions relatives au droit de contrôle fiscal:
I.- Une amende de 2000 DIRHAMS et une astreinte de 100 DIRHAMS par jour de retard dans la limite de 1000
DIRHAMS est applicable aux contribuables qui refusent de se soumettre au contrôle fiscal.
Toutefois, en matière d’IR, le montant de cette amende varie de 500 DIRHAMS à 2000 DIRHAMS.
2.2. - Sanctions spécifiques
- Sanctions spécifiques à l’IS : Une amende de 10.000 DIRHAMS est applicable aux sociétés à domination
immobilière qui ne produisent pas, dans le délai prescrit, la liste des noms des détenteurs de leurs actions  à la
clôture de chaque exercice. Une amende entre 200 et  5.000 Dhs est appliquée si la liste produite est inexacte.
- Sanctions spécifiques à l’IR :
• Sanctions pour infraction aux dispositions relatives à la déclaration des salaires.
 Lorsque les versements  sont effectués spontanément en dehors des délais prescrits, les employeurs doivent
acquitter la majoration de retard. Adéfaut, les sommes dues sont recouvrées par voie de rôle de régularisation,
assorties de la majoration.
 Lorsque la déclaration n’a pas été produite dans le délai fixé, ou lorsqu'elle est  incomplète les employeurs
risquent une majoration de 15 % du montant de l’impôt retenu.(ne peut être inférieur à 500 dhs)
 Les employeurs qui ne respectent pas les conditions d’exonération sont régularisés  sans procédure.
• Sanction pour infraction aux dispositions relatives à la déclaration d’identité fiscale :
Une amende de 500 DIRHAMS est applicable aux contribuables passibles de L'IR  qui n’ont pas remis une
déclaration d'identité fiscale conforme au modèle établi par l'administration, dans les 30 JOURS  du début de
leur activité ou de l'acquisition de la première source de revenu.
• Sanction pour déclaration inexacte : Une amende de 500 DIRHAMS est applicable aux contribuables qui
produisent une déclaration du revenu global inexacte.
• Sanction pour infraction aux déclarations relatives aux intérêts versés aux non-résidents : Lorsque les
établissements de crédit n’ont pas déposé ou ont déposé hors délai ou ont déposé une déclaration incomplète  de
la déclaration relative aux intérêts versés aux non-résidents, ces établissements  risquent une majoration de 15 %
du montant de l’impôt correspondant aux intérêts des dépôts.
- Sanctions spécifiques à la TVA :
- le contribuable est passible d’une amende de 500 dhs lorsque la déclaration est déposée en dehors des délais
prescrits, et ne comporte pas de crédit de taxe.
- Lorsque la déclaration visée au I ci-dessus est déposée en dehors du délai prescrit, mais comporte un crédit de
taxe, ledit crédit est réduit de 15%.
.-l'assujetti est passible d'une amende de 500 dhs lorsque la déclaration du prorata  n’est pas déposée dans le
délai légal.
- Sanctions spécifiques aux droits d’enregistrement :
• Sanctions pour non-respect des conditions d’exonération ou de réduction des droits d’enregistrement :
1) Une majoration de 15% est applicable aux contribuables en cas de défaut de réalisation et de construction
de campus universitaires.
 Cette majoration est calculée sur le montant des droits exigibles .
2) Une majoration de 15 % est applicable en cas de défaut de remise de l'immeuble  par la société de crédit-
bail au preneur.
Cette majoration est liquidée sur le montant des droits exigibles.
3) Les droits d’enregistrement sont liquidés au plein tarif augmentés d’une majoration de 15% de leur montant
4 Dans 1),2),3)la majoration de retard est calculée à l’expiration du délai de 30 jours à compter de la date de
l’acte d’acquisition.
• Sanctions pour fraude en matière de donation : Lorsque le lien de parenté entre le donateur et les donataires a
été inexactement indiqué dans l’acte de donation , les parties sont tenues de régler les droits simples exigibles,
augmentés d’une majoration de 100% de ces droits,
calculée après  30 JOURS à compter de la date de l’acte de donation.
• Sanctions applicables aux notaires : lorsque le notaire délivre une expédition incomplète, une  amende de 100
dhs lui est applicable.
lorsque le notaire délivre une grosse(copie) avant que la minute(original de l'acte) ait été enregistrée, une
amende de 250 dhs est applicable.
3 - Sanctions pécuniaires de recouvrement
Une pénalité de 10% et une majoration de 5 % pour le premier mois de retard et de 0,50% par mois est
applicable au montant :
 - des versements effectués spontanément  en dehors du délai prescrit, pour la période écoulée entre la date
d’exigibilité de l’impôt et celle du paiement ;
- des impositions émises par voie de rôle ou d'ordre de recettes pour la période écoulée entre la date d’exigibilité
de l’impôt et celle du paiement ;
- des impositions émises par voie de rôle ou de l'état de produit , pour la période écoulée entre la date
d’exigibilité de l’impôt et celle de l’émission du rôle ou de l’état de produit.
 Cela dit, les majorations ne s'appliquent pas pour la période située au-delà des 36 MOIS écoulés entre la date de
l'introduction du recours du contribuable et celle de la mise en recouvrement du rôle.
4 - Sanctions pénales
Toute personne qui utilise l'un des moyens suivants pour se soustraire de sa qualité de contribuable est  punie
d'une amende de 5000 DIRHAMS à 50.000 DIRHAMS:
_production de factures d'écritures comptables fictives.
_ vente sans factures de manière répétitive
_destruction de pièces comptables
_ dissimulation de l'actif de la société ou augmentation frauduleuse de son passif.
 En cas de récidive, avant l'expiration d'un délai de 5 ANS qui suit un jugement de condamnation à l'amende
précitée, le contrevenant est puni également d'une peine d'emprisonnement de 1 à 3 MOIS.

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