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COURS DE BETON ARME

LE BÉTON ARME AUX ÉTATS LIMITES…

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Prof. Athanas KONIN
PLAN DU COURS

0. Introduction

1ère Partie : Présentation des règles BAEL 91 modifiées 99


1. Justifications techniques et économiques du Béton armé

2. Caractères des matériaux

3. Liaison acier – béton

4. Étude des sections sollicitées à la flexion simple

5. Étude des sections sollicitées à la compression simple

2ème Partie : Application des règles BAEL aux calculs d’éléments simples
6. Etude de la torsion

7. Etude de la flexion composée

8. Calcul des dalles pleines

9. Fondations superficielles
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Prof. Athanas KONIN
0. Introduction
1. OBJECTIFS DU COURS
• Être capable de justifier le fonctionnement d’un élément en béton armé,

• Être capable d’appliquer un règlement de calcul aux Etats limites


(règles BAEL 91 modifiées 99),

• Être capable de réaliser des plans de ferraillage.

2. ORGANISATION DU COURS
• Cours magistral : 10 x 3H
• Travaux dirigés : 5 x 3H
• Devoir surveillé : 2 x 2,5H

3. DOCUMENTS PEDAGOGIQUES
• Support de cours
• Feuilles de Travaux dirigés

4. PRE-REQUIS
• RDM
3
• Matériaux
CHAPITRE 1. JUSTIFICATIONS TECHNICO-ECONOMIQUES

Ce chapitre présente les principes de base du fonctionnement et des calculs béton armé.

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0. Généralités
Béton armé = Béton + Acier

o Béton = mélange optimal de ciment, sables, gravillons, eau et


éventuellement
adjudants et autres additions minérales

- Avantages du béton : Bonne résistance à la compression – Bonne durabilité


– faible coût – etc.

- Inconvénients du béton : Mauvaise résistance à la traction – matériau


fragile – etc.

o Acier = alliage de fer et de carbone


- Avantages de l’acier : Bonne résistance à la traction (et à la compression) –
matériau ductile – etc.
- Inconvénients de l’acier : Matériau corrosif – onéreux – etc.
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0. Généralités – Exemple : cas d’une poutre fléchie

Étudions le principe de fonctionnement d’éléments en béton armé à partir de


structures courantes : poutres et poteaux.

0.1 – Les Poutres


Une poutre en béton armé est généralement
soumise à de la flexion simple :

- Fibres supérieures comprimées

- Fibres inférieures tendues

Livrons-nous à une série


d’expériences de rupture
de poutre à la flexion :

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0. Généralités – Exemple : cas d’une poutre fléchie

Poussons à la rupture une poutre de béton en flexion sans armature.

Pour une faible charge : F = 9 000 N, la rupture interviendra brutalement.

La forme même de la
rupture nous montre que
cette dernière provient
d’une insuffisance du
béton à la traction.

Pour remédier à cette insuffisance, plaçons des barres d’acier en zone


inférieure (aciers longitudinaux), là où se développent les contraintes
de traction. (exemple de section : 4 HA20 = 12,57cm²) 7
0. Généralités – Exemple : cas d’une poutre fléchie

Armée d’aciers longitudinaux en partie tendue, la poutre présente une


résistance grandement améliorée : F = 108 000 N (12 fois plus)

Mais, des fissures inclinées, près


des appuis, qui vont brusquement
s’ouvrir et provoquer la rupture de
la poutre.
Ce type de fissure est dû à l’ effort
tranchant (ou cisaillement).

Pour empêcher ce type de rupture, nous allons concevoir une 3ème poutre
possédant en plus des armatures longitudinales, des armatures
transversales (cadres). 8
0. Généralités – Exemple : cas d’une poutre fléchie

Ainsi armée (aciers longitudinaux + aciers transversaux), la poutre aura


une résistance encore améliorée.

La rupture intervient à F = 165 000 N (18 fois plus)

De manière à stabiliser les armatures, on place des aciers de


construction dans les zones de la poutre où il n’y a pas d’acier
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longitudinaux :
0. Généralités – Exemple : cas d’une poutre fléchie

Exemple de plan de ferraillage d’une poutre


Coupe en élévation Section rabattue Nomenclature

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0. Généralités – Exemple : cas d’un poteau comprimé

0.2 – Les Poteaux

Les poteaux des constructions classiques sont soumis à de la compression.


Même si le béton résiste bien à la compression, on ajoute des aciers :

- Pour participer à la résistance à la compression.

- Pour éliminer le risque de flambement --> des zones tendues apparaissent

NON NON OUI


Non armé Aciers Longitud. Aciers Longitud. + Cadres
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0. Généralités – Exemple : cas d’un poteau comprimé

Exemple de plan de ferraillage d’un poteau


Nomenclature
Coupe en élévation

Section rabattue

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0. Généralités

0.3 – Les Liaisons d’éléments de structures


Des aciers de liaison permettent de relier les éléments de la structure

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0. Généralités
0.4 – Les rôles des différents aciers dans le béton armé
1 - Les aciers longitudinaux : Ces aciers reprennent les efforts de traction
amenés par la flexion. Ces aciers sont calculés en fonction des efforts (cours de
BA…). Les aciers longitudinaux sont parfois appelés aciers principaux ou de
résistance.

2 - Les aciers transversaux : Ces aciers reprennent l’effort tranchant. Ils sont
généralement constitués de cadres, d’épingles ou d’étriers.
Les aciers transversaux ainsi que leur espacement sont également calculés.

3 - Les aciers de construction : Ces aciers permettent de rigidifier la cage


d’armatures et de permettre le levage de celle-ci.
Ces aciers ne sont pas calculés. Ils sont également appelés aciers de montage

4 - Les aciers de liaison : Ils permettent de transmettre les efforts entre les
différents éléments de la structure. 14
1. Principes des justifications – Calcul aux états limites
1.1 – Définitions

Etat limite = Etat d’une structure au-delà duquel sa fonction n’est plus remplie.

2 types :

oEtat Limite de Service (ELS)

oEtat Limite Ultime (ELU)

Nota : Les constructions en béton non armé ou en béton léger, les structures
mixtes acier béton, les éléments soumis à des hautes températures et des bétons
ayant un dosage en ciment inférieur à 300 kg/m3 ne sont pas pris en compte par
les règles Eurocode 2.

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1. Principes des justifications – Calcul aux états limites

1.2 – Etat Limite de Service (ELS)

ELS = lié aux conditions normales d’exploitation et de durabilité en service.

Critères de calcul :
Vérification de contraintes admissibles
et d’ouverture des fissures

Comportement linéaire des matériaux


(élasticité) avec des charges non
pondérées

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1. Principes des justifications – Calcul aux états limites
1.3 – Etat Limite Ultime (ELU)

ELU = lié à la capacité portante, à la sécurité des biens et des


personnes

Critères de calcul :
Vérification de contraintes admissibles

Comportement non linéaire des


matériaux (élasticité) avec des
charges pondérées

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1. Principes des justifications – Calcul aux états limites

1.4 – Situations

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1. Principes des justifications – Calcul aux états limites
1.5 – Situation de dépassement de l’état limite

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1. Principes des justifications – Calcul aux états limites

1.6 – Paramètres influençant la sécurité

o Matériaux : incertitudes sur la valeur des résistances (due à


l’hétérogénéité, dispersion, etc.)

o Charges : valeurs des actions s’exerçant sur l’ouvrage, simultanéité


des différentes actions

o Modèles de calcul : calcul RdM en élasticité (comportement réel


différent du comportement modélisé)

Méthode de calcul (aux états limites) semi-


probabiliste avec coefficients partiels de sécurité
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2. Actions et sollicitations – Définition

Les actions sont des forces ou couples directement appliquées à la


construction, ainsi que celles qui résultent des déformations dues au
retrait, à la dilatation, au tassement d’appui.

Les valeurs des actions sont données par des textes réglementaires ou
contractuels.
BAEL distingue 2 groupes d’actions :
 Actions permanentes (G) : ce sont les actions d’intensité constante
 Actions variables (Q) : correspondent aux actions d’intensité variable
o Actions d’exploitation : QB , Qr
o Actions climatiques : vent et pluie
o Actions de la température : T

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2. Actions et sollicitations – Combinaisons d’actions

En fonction des situation qu’une construction va connaître, on est


amené à superposer les effets des différentes actions. Pour ce faire :

a) On affecte à chaque type d’action, un coefficient de sécurité


b) On combine ensuite les différentes actions,
c) On retient la ou les combinaisons qui engendrent les sollicitations (N, V,
M) les plus défavorables.
Ces combinaisons dépendent de l’état limite de calcul
Ainsi, si on note :

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2. Actions et sollicitations – Combinaisons d’actions

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3. Principe de calcul aux états limites
La justification d’une structure est l’aboutissement du processus
suivant :

 Inventaire des actions appliquées à la construction,


 Détermination des actions concomitantes et calcul des combinaisons
d’actions correspondantes,
 Calcul des sollicitations pour chaque combinaison d’actions,
 Justification des différents états limites

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3. Principe de calcul aux états limites - Principe

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CHAPITRE 2. CARACTERES DES MATERIAUX

Ce chapitre présente les résistances de calcul des matériaux béton et aciers.

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1. Béton - Généralités

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1. Béton – Résistances de calcul - ELU

Le BAEL préconise d’utiliser des résistances de calcul des matériaux


(béton – acier) pour conduire évaluer les sollicitations résistantes. Ces
valeurs tiennent compte de l’état limite considéré.
Ainsi, pour les calculs à l’ELU, on adopte pour le béton un diagramme
parabole - rectangle :

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1. Béton – Résistances de calcul - ELU

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1. Béton – Résistances de calcul - ELS

fbser

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2. Aciers - Généralités

Acier = alliage de fer + carbone. Suivant la proportion de carbone :


 Acier doux (fe = 215 MPa et fe = 235 MPa),
 Acier mi-dur (fe = 400 MPa),
 Acier dur (fe = 500 MPa).
Le module de déformation longitudinale de l’acier est : Es = 2.105 MPa
2 procédés de fabrication :
 Laminage à chaud : on obtient des aciers ronds lisses (),
 Tréfilage : on obtient des aciers à surface crantées – aciers HA.
Les aciers ronds lisses sont de nuance douce et les aciers HA sont de nuance
dure et mi-dure.
Les aciers de BA sont livrés en :
o Barres de 10 à 12 m de longueur,
o Rouleaux pour les petits diamètres,
o Panneaux de treillis soudés.
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2. Aciers – Résistances de calcul - ELU

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2. Aciers – Résistances de calcul - ELS

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2. Aciers – tableau des contraintes de calcul

Fe 215 235 400 500


fc28 20 25 30 20 25 30 20 25 30 20 25 30
fsu 186,96 204,35 347,83 434,78
437,78
FPP 215 235 400 500
fsser

FP 143,33 147,58 156,41 200 201,63 215,56 250


FTP 114,67 118,06 127,52 160 161,30 172,44 200

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3. Dispositions constructives – Enrobage

L’enrobage (c) est l’épaisseur de béton qui protège l’armature de


l’extérieur. Elle doit être d’au moins :

 1 cm : locaux couverts, non exposés aux intempéries

 3 cm : éléments exposés aux intempéries, aux condensations,

 5 cm : éléments exposés à un environnement agressif

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3. Dispositions constructives – Paquet d’aciers

Les armatures peuvent être groupés par paquets. Mais, les paquets
autorisés sont :

Avec : hP : hauteur du paquet,

lP : largeur du paquet.

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3. Dispositions constructives – Paquet d’aciers

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4. Diagramme des 3 pivots - Principe

L’ELU comprend l’ETAT LIMITE DE RESISTANCE de l’un des


matériaux (acier ou béton). Afin de savoir qui de l’acier ou du béton
est utilisé jusqu’à sa limite, on se sert du diagramme des 3 pivots.

Les diagrammes contraintes – déformations des 2 matériaux sont


présentés ci-après :

Béton Acier

C B 38
A
4. Diagramme des 3 pivots - Principe

Les points A, B et C représentent des valeurs limites de déformation


dans l’acier (A : est = 100/00) et dans le béton (B : ebc = 3,50/00 et C :
ebc = 20/00). Le diagramme des 3 pivots revient à présenter dans un
même repère les déformations limites dans l’acier (pivot A) et dans
le béton (pivot B en flexion et pivot C en compression). Ainsi, pour
une section droite donnée, on a :
20/00 3,50/00
B

II
C
I

Ast III
A 0
10 /00 39
O
4. Diagramme des 3 pivots - Principe

• Domaine 1 : le diagramme passe par le pivot A.

L'acier est utilisé au maximum (allongement 10 ‰). Le


raccourcissement du béton est compris entre 0 et 3,5 ‰.
Ce domaine correspond à la flexion simple ou composée
et à la traction simple (verticale passant par A).

• Domaine 2 : le diagramme passe par le pivot B.

Le béton est utilisé au maximum (raccourcissement 3,5


‰). L'acier est tendu ou faiblement comprimé (entre A et
O). Ce domaine correspond à la flexion simple ou
composée. 40
4. Diagramme des 3 pivots - Principe

• Domaine 3 : le diagramme passe par le pivot C.

Raccourcissement de la fibre de béton à la distance 3h/7


de la fibre la plus comprimée : ebc = 2‰. Il s’agit de
pièces soumises à la flexion composée ou à la
compression simple.

Connaissant le pivot, il est possible de déterminer la


déformation dans l’autre matériau (triangles homothétiques). Et
si la déformation est connue, cela signifie que la contrainte l’est
également (à partir des diagrammes contraintes –
déformations). Il est alors aisé de calculer les efforts dans la
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section.
4. Diagramme des 3 pivots - Exemple

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CHAPITRE 3. LIAISON ACIER - BETON

Ce chapitre présente les principales caractéristiques de l’adhérence entre l’acier et le béton.

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1. Approche expérimental – Essai d’arrachement

L’analyse de l’essai d’arrachement d’une barre scellée dans le


béton permet d’identifier les paramètres qui influencent la liaison
acier –béton : Type d’acier – qualité du béton – longueur scellée

F (N)

HA10

 10

 (mm

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2. Approche théorique – Contrainte d’adhérence

L’action du béton sur la barre peut être remplacée par :

 Une contrainte normale de serrage : 

 Une contrainte tangentielle d’adhérence : s

Variation de l’effort dans la barre si s est constante

On considère que l’acier est bien ancré dans le béton, si le glissement se


produit lorsque la contrainte dans l’acier est égale à sa limite d’élasticité.
2. Approche théorique – Contrainte d’adhérence

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3. Ancrages – Ancrages droits (scellements droits)

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3. Ancrages – Ancrages droits (paquets de barres)

Exemple :
Calculer la longueur de scellement droit d’une barre HA de limite
élastique fe = 500 MPa dans un béton de résistance fc28 = 25 MPa.

1. Par la relation exacte,


2. Par la relation forfaitaire,
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3. Conclusion.
3. Ancrages – Ancrages courbes

Si on exerce un effort de traction sur un élément de barre courbe dans


le béton, la courbure de la barre donne naissance à un effort de
frottement, fonction de la courbure de la barre et du coefficient de
frottement acier sur béton, pris égal à 0,4. Cet effet est connu sous le
nom « d’effet de courroie ».

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3. Ancrages – Ancrages courbes

B A

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3. Ancrages – Ancrages courbes

Exemple :
Déterminer les efforts en A, B, C et D si la barre est totalement ancrée
au point A (c’est-à-dire que la contrainte de traction en A vaut fe) avec
:
 = 135°, r = 5,5, barre HA16, LAB = 6 cm, fe = 500 MPa, fc28 = 25
MPa.
En déduire la longueur droite CD et la longueur développée de
l’ancrage courbe (longueur de A à D). Comparer cette longueur à la
longueur de scellement droit.

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4. Recouvrements des barres

Pour assurer la continuité de la transmission des efforts, on assure


une jonction par recouvrement entre deux barres identiques sur une
longueur appelée longueur de recouvrement, notée Lr.

c : entraxe des barres qui se recouvrent


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4. Recouvrements des barres

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5. Démarche de calcul en béton armé

Le calcul d’un élément en béton armé suit la procédure suivante :

 Détermination des actions appliquées à l’élément


(Descente de charges sur l’élément),

 Combinaison d’actions et calcul des sollicitations (N, V, M),

 Dimensionnement aux lieux des sollicitations maximales


des sections d’aciers à l’ELU (ou ELS),

 Vérification des sections d’aciers à l’ELS (ou ELU),

 Vérification des dispositions réglementaires,

 Établissement des plans de ferraillage de l’élément.


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