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Caractéristiques des fluides

par Marcel FRELIN


Ingénieur CNAM
Docteur de l’Université
Sous-directeur de Laboratoire honoraire au Conservatoire National des Arts et Métiers

1. Aspect microscopique de l’état fluide................................................ BM 4 215 - 3


2. État fluide.................................................................................................... — 4
3. Rappel des principes de thermodynamique ...................................... — 4
4. Coefficients de la thermodynamique.................................................. — 7
5. Gaz parfait .................................................................................................. — 9
6. Gaz réel........................................................................................................ — 11
7. Transition de phase .................................................................................. — 12
8. Diagramme de Mollier ............................................................................. — 16
9. Notion de mécanique des fluides......................................................... — 18
10. Thermique ................................................................................................... — 23
Références bibliographiques .......................................................................... — 24

L es machines hydrauliques et thermiques occupent dans l’énergétique


moderne un rôle essentiel. Dans la plupart des applications industrielles, on
rencontre des turbomachines, des moteurs à combustion interne et souvent les
deux en même temps.
Ces machines sont traversées par un fluide qui leur cède, ou communique, du
travail, d’où la nécessité de maîtriser les principales propriétés des fluides pour
comprendre le mécanisme physique des transferts d’énergie entre le fluide et les
parties mobiles de ces machines.
Cet article a pour objet de rappeler à l’ingénieur les caractéristiques utiles des
fluides incompressibles et compressibles indispensables à l’étude et à l’uti-
lisation des machines hydrauliques et thermiques.
Les notions essentielles de thermodynamique technique, de mécanique des
fluides, de thermique ont été évoquées ainsi que les gaz parfaits et réels, les
changements de phases et les caractéristiques de la vapeur d’eau. Une place
toute particulière a été faite au diagramme de Mollier. Ce système de coordon-
nées, enthalpie-entropie, est pratique pour évaluer les bilans énergétiques des
centrales thermiques ou nucléaires et facilite l’étude des divers étages d’une tur-
bine à vapeur.

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CARACTÉRISTIQUES DES FLUIDES _________________________________________________________________________________________________________

Notations et symboles

Symbole Unité Définition Symbole Unité Définition

A m2 aire s J/kg · K entropie massique

c m/s vitesse T K température

cp J/(kg · K) capacité thermique massique t °C température


à pression constante

cV J/(kg · K) capacité thermique massique t s temps


à volume constant

d m diamètre U J énergie interne

Ek J énergie cinétique u J/kg énergie interne massique

EP J énergie potentielle V m3 volume

df J/kg dégradation énergétique massique V m/s vitesse


élémentaire

i indice caractérisant les conditions Vm m3/mol volume molaire


d’arrêts

H J enthalpie Vm m/s vitesse moyenne

h J/kg enthalpie massique v m3/kg volume massique

k sans dimension coefficient de pertes de charge W J travail

Lv J/kg chaleur latente de vaporisation w J/kg travail massique

M kg/mol masse molaire x sans dimension titre d’une vapeur

m kg masse z m altitude

n nombre de moles g sans dimension rapport des capacités thermiques


massiques

Pa W puissance sur l’arbre d’une machine e sans dimension facteur d’émissivité

Pth W puissance thermique h sans dimension rendement

p Pa pression L sans dimension coefficient fonction du Reynolds


et de la rugosité

pv Pa pression de vapeur saturante l W/(m · K) conductivité thermique

Q J quantité de chaleur m Pa · s viscosité dynamique

q J/kg quantité de chaleur massique n m2/s viscosité cinématique

qm kg/s débit masse r kg/m3 masse volumique

R J/(mol · K) constante molaire des gaz s Pa contrainte normale

Re sans dimension nombre de Reynolds t Pa contrainte tangentielle

r J/kg · K constante d’un gaz parfait

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1. Aspect microscopique 1.6 Théorie cinétique


de l’état fluide
Lorsque la matière se trouve à l’état solide, les molécules occu-
pent une place bien déterminée en se contentant d’exécuter des
oscillations autour de leur position moyenne. L’attraction des molé-
1.1 Atome cules entre elles est considérable.
Dans un liquide, les molécules sont également très rapprochées
mais, par contre, elles sont libres de se déplacer.
Nous savons que la matière est à structure discontinue constituée Lorsque la matière se trouve à l’état gazeux, les molécules sont
d’atomes. Un atome est, étymologiquement, la plus petite parcelle dans un état d’agitation continuelle. Au cours de leur mouvement,
d’un corps donné qui reste capable de présenter les propriétés chi- les molécules se heurtent mutuellement. Entre deux chocs succes-
miques qui caractérisent ce corps. L’atome est aussi à structure dis- sifs, une molécule décrit une trajectoire en ligne droite et la distance
continue ; il se compose d’un noyau autour duquel gravitent les correspondante est appelée « libre parcours moyen ». Bien que les
électrons. Le noyau, également à structure discontinue, est consti- molécules soient certainement loin d’être sphériques, on désigne
tué de particules élémentaires appelées nucléons (protons et neu- par d le diamètre obtenu en traçant autour du centre de chaque
trons). Si on suppose sphérique l’ensemble des orbites parcourues molécule une sphère. Cette sphère appelée encore sphère de
par les électrons, le diamètre des atomes est d’environ 10-7 mm, protection ne peut jamais contenir le centre d’aucune autre
alors que celui du noyau n’est que de 10-11 mm ; il y a donc un vide molécule. Indiquons pour trois gaz (tableau 1) la valeur de d,
relativement grand entre le noyau et les orbites des électrons. Le du libre parcours moyen, ainsi que le nombre de chocs dans les
noyau occupe, dans l’atome, moins de place que le soleil dans le conditions normales de pression et de température (po = 101325 Pa
système solaire ; c’est ce qui nous fait dire que la matière est essen- et To = 273,15 K).
tiellement constituée par du vide. La matière est généralement clas-
sée de la façon suivante.

Tableau 1 – Libre parcours moyen et chocs d’une molécule


1.2 Corps pur simple Libre parcours
d
Nombre de chocs
Nature du gaz moyen d’une molécule
(mm)
(mm) par seconde
Un corps pur simple est constitué d’un assemblage d’atomes
Dioxyde de
identiques, par exemple l’or, l’argent, l’hydrogène, l’oxygène, le carbone .......CO2 397 · 10-7 3,24 · 10-7 9,1 · 109
chlore, etc.
Hydrogène ....H2 1123 · 10-7 2,76 · 10-7 15,0 · 109
Oxygène .......O2 647 · 10-7 2,90 · 10-7 6,6 · 109

1.3 Corps pur composé


Notons que, dans ces conditions de pression et de température,
Un corps pur composé est constitué d’un assemblage d’atomes 1 mm3 de gaz contient environ 2,7 · 1016 molécules. Lorsque la pres-
différents, mais formant une seule structure (un mode d’assem- sion diminue, ces nombres se modifient assez rapidement. Pour des
blage), par exemple l’acide chlorhydrique, l’acide sulfurique, l’oxyde pressions de l’ordre de 10-7 mm Hg, le nombre de molécules par
de carbone, l’eau, etc. centimètre cube est encore considérable (de l’ordre de trois mil-
liards), mais le libre parcours moyen devient de l’ordre de plusieurs
centaines de mètres.

1.4 Mélange
1.7 Modèle du gaz parfait
Un mélange est constitué d’un assemblage d’atomes différents
formant plusieurs structures (plusieurs modes d’assemblages). Un
La théorie cinétique renonce à préciser les grandeurs physiques
mélange peut être homogène (eau et vin) ou hétérogène (eau et
attachées à chaque molécule ; elle s’intéresse uniquement aux
huile).
valeurs moyennes, et, pour cela, on fait les hypothèses suivantes :
— en un point d’une masse de gaz, le sens et la grandeur de la
vitesse des molécules sont distribués au hasard ; toutes les direc-
1.5 Molécule tions sont également probables ; c’est l’hypothèse du chaos molécu-
laire ;
— la distribution des vitesses autour de la valeur moyenne est la
même pour toutes les parties du gaz ;
On donne le nom de molécule à la plus petite partie de matière
— l’action qu’exercent les molécules les unes sur les autres n’est
existant à l’état libre. La molécule d’un corps pur simple est formée
importante qu’au moment des chocs, l’action des forces à distance
de 1, 2 ou plusieurs atomes identiques, par exemple l’oxygène
restant faible devant les forces de choc ; cette hypothèse caractérise
n’existe dans sa plus petite partie à l’état libre que sous la forme
l’état gazeux ;
de deux atomes d’oxygène. Un corps composé constitue toujours
une molécule. Cette particularité de la molécule est traduite par la — les lois de la mécanique classique des systèmes macroscopi-
notion d’atomicité. L’hélium He, l’argon A sont monoatomiques. ques s’appliquent aux molécules individuelles.
L’oxygène O2, l’azote N2, l’hydrogène H2 sont diatomiques. Le gaz En plus des précédentes hypothèses, un gaz parfait doit avoir les
carbonique CO2, l’eau H2O sont triatomiques. propriétés suivantes :

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— les molécules sont considérées comme ponctuelles, si bien


qu’au moment d’un choc les forces sont appliquées respectivement p sz + p
sz
au centre d’inertie de chacune des molécules ;
— les forces d’interaction à distance entre molécules sont nulles. tyz = + tyz
txz p txz
sy
txy txy sy + p
p
2. État fluide sx
sx + p

Les liquides sont caractérisés par une masse volumique relative- Figure 1 – Décomposition des composantes du tenseur
ment importante et sont pratiquement incompressibles, ce qui est le des contraintes
contraire pour les gaz. Les liquides et les gaz ont des propriétés
communes et constituent ce que l’on désigne plus généralement par
fluide. On distingue des corps intermédiaires entre les fluides et les
Il ne subsiste alors que le tenseur isotrope et on dit, dans ces
solides tels, par exemple, que l’argile, le verre en fusion, les métaux
conditions, que le fluide est parfait.
lorsqu’on les forge, le béton avant coulée ; l’étude entre les défor-
mations et les contraintes appliquées à ces corps s’appelle la rhéo- Disons, peut-être plus simplement que, en un point M d’un fluide
logie. parfait, il ne subsiste que la pression p, et cela quelle que soit l’orien-
tation de la facette considérée.

Notons que, dans un fluide réel au repos, les forces de frottement


2.1 Particule fluide sont également nulles.

La particule fluide est une portion de fluide, de dimensions arbi-


trairement choisies, à laquelle correspondent, pendant un intervalle
de temps Dt entourant l’instant t, une vitesse, une pression, une tem-
pérature, une masse volumique, etc.
3. Rappel des principes
Nous dirons, par convention, que ce sont les valeurs de ces gran- de thermodynamique
deurs à l’instant t au centre d’inertie de la particule.
Chaque particule d’un fluide est soumise à des forces de volumes
(poids, forces d’inertie) et à des forces de contact transmises à la
surface de la particule par les éléments environnants. On peut dire 3.1 Systèmes thermodynamiques
qu’un fluide est un corps homogène et continu dont les diverses
particules peuvent se déplacer ou se déformer sous l’action d’une
force très faible.
Définir un système thermodynamique, c’est délimiter la région de
l’espace où se trouve la matière dont on veut étudier les propriétés.
Pour distinguer cette région du reste de l’univers, on la limite par
2.2 Fluide parfait une surface fermée qui peut être réelle ou imaginaire. Le complé-
mentaire du système thermodynamique par rapport à l’univers est
appelé le milieu extérieur.
Dans le cas de solides réels, traités par la théorie de l’élasticité, les
contraintes sont liées aux déformations par des relations linéaires. Un système est dit ouvert s’il échange de la matière et de l’éner-
Dans les fluides, au contraire, les contraintes tangentielles dépen- gie avec le milieu extérieur par exemple un moteur, une turboma-
dent de la vitesse à laquelle la déformation s’est effectuée et, par chine, une fusée, etc.
suite, elles sont nulles dans un fluide au repos. Dans la mesure où la
limite d’élasticité n’a pas été dépassée un solide reprend sa forme Un système est dit fermé s’il n’échange que de l’énergie avec
initiale lorsque l’on cesse de lui exercer des efforts. C’est différent l’extérieur, sans transfert de matière. Étudier un système fermé,
pour les fluides, ils n’ont pas la mémoire du passé et viennent occu- c’est centrer son analyse sur une quantité donnée de matière, tel,
per le volume qui leur est offert. Par contre, la forme du tenseur des par exemple, un gaz emprisonné dans un cylindre surmonté d’un
contraintes est identique pour les solides et les fluides. Dans un piston ou un circuit d’eau d’une centrale thermique ou nucléaire.
repère orthonormé O(xyz ) et en un point M d’un solide ou d’un
fluide nous pouvons décomposer le tenseur des contraintes de la Un système est dit isolé s’il n’échange ni matière ni énergie avec
façon suivante (figure 1) : son milieu extérieur.

s x t xy t xz –p 0 0 sx + p t xy t xz
t xy s y tyz = 0 –p 0 + txy sy + p t yz
txz tyz s z 0 0 –p txz tyz sz + p 3.2 Variables d’état

Tenseur Tenseur de viscosité


isotrope La thermodynamique que l’on utilise dans le domaine des machi-
nes et des moteurs ne se préoccupe que des propriétés qui sont
Dans un fluide la grandeur scalaire p est appelée la pression au directement observables et mesurables. C’est ce que l’on désigne
point M. habituellement par la « thermodynamique macroscopique ».
Le tenseur de viscosité est nul lorsque les contraintes tangentiel-
les le sont également et que : L’état dans lequel se trouve un système à une date donnée est
caractérisé par des grandeurs que l’on appelle variables d’état ou
sx = sy = sz = - p coordonnées thermodynamiques.

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3.3 Premier principe


de la thermodynamique dx
M

Soit un système constitué de corps quelconques et limité par une


a
surface réelle ou fictive au travers de laquelle s’effectuent les échan-
O
ges de travail et de chaleur.
– mg
Considérons, alors, une transformation qui amène le système
d’un état initial (i) à un état final (f). Dans cette transformation, le
f
système éprouve une variation D E k de son énergie cinétique et Figure 2 – Schéma de la route
i
reçoit ou cède au milieu extérieur un travail W et une quantité de
chaleur Q. Ces grandeurs sont mesurables et si nous comptabilisons Exemple.
Une voiture d’une masse m = 1 200 kg descend une route dont la
f pente correspond à un angle a = 4° (figure 2). Le conducteur doit frei-
W + Q Ð D Ek
i ner pour immobiliser son véhicule sur une distance de 80 m. Avant frei-
nage, la voiture avait une vitesse initiale V = 90 km/h.
on constate toujours que, pour une transformation finie, cette On calcule la chaleur dégagée lors du freinage, sachant que :
somme ne dépend que de l’état initial et de l’état final et non pas du
— ’action de l’air agissant sur la voiture est négligé ;
« chemin » parcouru. Elle représente la variation d’une fonction des
— le glissement des roues sur la route est supposé nul ;
seules variables d’état que l’on désigne par la lettre U et que l’on
— l’énergie interne de la voiture ne varie pas.
appelle « énergie interne ».
Le premier principe de la thermodynamique [relation (1)] s’écrit :
Pour tout système fermé, les variations d’énergie interne sont
égales à la somme du travail et de la quantité de chaleur échangée d W + dQ = dEk
avec le milieu extérieur, diminuées de la variation d’énergie cinéti-
que, ce qui se traduit par l’égalité fondamentale : puisque ici dU = 0

avec : d W = F dOM = mg sin a d x


f f
W+Q = D U + D Ek (1) soit : W = 1 200 x 9,81 x 80 x sin 4° = 65 594 J
i i
f f 1
V 2 = 1 200 æ 0 Ð ------ æ 90 000 2
ou sous forme différentielle : d W + d Q = d U + d E k et : D E k = m D ------- --------------------- ö ö
i i
- è 2 è 3 600 ø ø
2
L’énergie ne se perd pas et ne se crée pas, elle ne fait que passer f
d’une forme à une autre dans les diverses transformations physi- D E k = Ð 375 000 J
i
ques et chimiques. L’énoncé sous cette forme, est désigné par loi de
la conservation et de la transformation de l’énergie. Cela constitue On déduit la chaleur dégagée lors du freinage :
le premier principe de la thermodynamique.
Q = - 375000 - 65694 = - 440694 J
Compte tenu du théorème de l’énergie cinétique :

dEk = dW + dWi 3.4 Système ouvert. Enthalpie


le premier principe de la thermodynamique peut, par unité de
masse, s’écrire : Dans l’étude d’un système thermodynamique, il est souvent inté-
ressant de décomposer le travail échangé avec le milieu extérieur en
d q + df = du + p dv (2) faisant apparaître le travail utile. Pour cela il est commode d’intro-
duire une fonction d’état appelée enthalpie :
puisque le travail des forces intérieures pour une particule fluide
est : H = U + pV (3)
ou par unité de masse :
d wi = p dv - d f
h = u + pv
df étant la dégradation énergétique massique élémentaire et v le Cette fonction d’état n’est pas restrictive à l’étude des machines et
volume massique. des moteurs. On la rencontre dans de très nombreux domaines de
la thermodynamique, mais il se trouve qu’elle s’introduit tout natu-
Dans une transformation cyclique, remarquons que l’état final rellement lorsqu’il s’agit d’un système ouvert. Par exemple, dans
du système est confondu avec le même état initial puisque dU et dEk le cas d’une turbomachine en phase d’accélération, ou de décéléra-
sont des différentielles totales exactes. Il s’ensuit donc que : tion, le premier principe de la thermodynamique deviendrait :
f=i f=i 2
D U = 0 D Ek = 0 V mE
------ ( U + E P + E k ) = P a + P th + æ h E + ----------- + gz Eö q mE
et d
i i
dt è 2 ø
V 2
— et le premier principe s’écrira pour une transformation cycli-
Ð æ h S + ------------- + gz Sö q mS
mS
(4)
que : è 2 ø

W + Q = 0 avec EP énergie potentielle,

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dW
P a = -----------a- puissance absorbée ou fournie par la
3.6 Rendement thermique
dt machine, dWa représentant le travail sur
« l’arbre » de la machine du système ouvert
Le rendement thermique d’une transformation cyclique ditherme
pendant l’intervalle de temps dt,
est égal au rapport de l’énergie mécanique recueillie W à l’énergie
dQ thermique qu’il faut emprunter à la source chaude Q1. En désignant
P th = -------- puissance thermique échangée avec le
dt milieu extérieur, par Q2 la quantité de chaleur transférée à la source froide le rende-
ment s’écrit :
h, Vm, z, qm représentent respectivement l’enthalpie, la
vitesse moyenne, l’altitude et le débit ÐW Q1 + Q2 Q2
massique à l’entrée de la machine lorsqu’il h = --------- = --------------------
- = 1 Ð ---------
-
Q1 Q1 Q1
y a l’indice « E » et à la sortie s’il y a l’indice
« S ». Pour une transformation cyclique de Carnot (deux isothermes et
Si le système est ouvert mais en écoulement permanent, on deux adiabatiques réversibles), ce rendement devient :
obtient la forme du premier principe que l’on utilise constamment
T
dans l’étude des machines et des moteurs : h = 1 Ð -----2- (7)
T1
S S Vm 2 S
w a + q = D h + D -------- + D ( gz ) (5) T1 et T2 étant respectivement les températures des sources chau-
E E 2 E des et froides.
On appelle parfois fonctions d’état totales le groupement : Exemple.
De l’eau reçoit d’une chaudière Q 1 = 230 kWh à une température
Vm 2 t1 = 460 °C. Cette eau subit une transformation cyclique de Carnot.
h f · é · t = h + --------
- + gz Sachant que la source froide est t2 = 20 °C, on détermine la quantité de
2 chaleur rejetée à cette source.
Dans le cas des gaz le terme en gz est généralement négligeable Nous avons [relation (7)] :
devant les autres termes et on écrit tout simplement :
Q2 T2
h = 1 + -------- = 1 Ð -------
Vm 2 Q1 T1
h i = h + --------
- (6)
2 La quantité de chaleur Q2 rejetée à la source froide est donc :
Le terme hi est alors désigné par enthalpie d’arrêt (ou enthalpie 273,15 + 20
totale et, parfois, enthalpie d’impact). Q 2 = Ð ------------------------------------------- 230 = Ð 91,965 kWh
273,15 + 460
Pour un écoulement permanent, en tenant compte de la définition
de l’enthalpie d’arrêt, l’expression du premier principe de la thermo-
dynamique (6) revêt la forme très simple :
3.7 L’entropie
S
wa + q = D hi
E
Rappelons qu’une transformation d’un système sera dite réversi-
ble si, à chaque instant de son évolution, le système peut être défini
par des variables d’état possédant la même valeur en tous les points
3.5 Second principe d’une phase homogène. L’expérience montre que cela suppose
l’absence de forces de frottement ou, plus généralement, de phéno-
de la thermodynamique mènes de dissipation.
Cependant, les évolutions réelles sont irréversibles, mais il se
trouve que l’étude des phénomènes réversibles constitue, très sou-
Le premier principe de la thermodynamique établit entre les vent, une approximation suffisante des phénomènes réels ; c’est
diverses formes de l’énergie une équivalence quantitative. Il surtout un bon moyen pour calculer les variations des fonctions
s’oppose ainsi au mouvement perpétuel dit de première espèce d’état qui ne dépendent pas du type de transformation réalisé. Les
basé sur l’idée de production illimitée de travail sans recevoir, sous principales causes d’irréversibilités sont le frottement, la viscosité,
aucune forme, d’énergie. la déformation permanente d’un solide, voire la rupture, les réac-
Le second principe introduit une distinction fondamentale entre tions chimiques, les ondes de choc...
les transformations réversibles et les transformations irréversibles Toute évolution irréversible laisse une trace dans l’univers ; il est
et l’un de ses énoncés classiques est constitué par le postulat de impossible d’en effacer les effets à la fois dans le système et dans le
Clausius : « Une quantité de chaleur ne peut jamais être transférée, milieu extérieur. Cette trace indélébile apparaît comme une sorte de
sans dépense d’énergie, d’un corps froid à un corps chaud ». perte d’énergie que la fonction d’état entropie S permet de préciser.
Le postulat de Thomson (lord Kelvin), absolument équivalent à En désignant par df la dégradation énergétique, le deuxième prin-
celui de Clausius, s’oppose au mouvement perpétuel dit de seconde cipe de la thermodynamique peut se traduire par l’égalité de Jou-
espèce en dénonçant le caractère utopique d’hypothétiques réalisa- guet limitée aux irréversibilités internes :
tions : « À l’aide d’un système qui décrit une transformation cycli-
que et qui n’est en contact qu’avec une seule source de chaleur, il est Tds = dq + df
impossible de recueillir du travail » ; ou, « lorsqu’un système maté- ce qui peut encore s’écrire, compte tenu des paragraphes 3.3 et 3.4
riel est revenu à son état initial après n’avoir échangé de chaleur et de la relation (3) :
qu’avec une seule source, il a obligatoirement reçu du travail et cédé
de la chaleur ». dq + df = Tds = du + pdv = dh - vdp (8)

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On désigne souvent cette relation par équation thermodynami- devant le coefficient de compressibilité isotherme et le coefficient de
que générale car elle reste valable aussi bien pour une évolution compressibilité isentropique.
réversible que pour une évolution irréversible.
Trois de ces coefficients sont liés par une relation facile à établir :
Une évolution adiabatique (dq = 0) et réversible (df = 0) est dite
isentropique, puisque, dans ces conditions, on a : a
c T = ------- (10)
ds = 0 pb

En toute rigueur, la réciproque n’est pas forcément vraie, mais Exemple.


malgré tout, lorsque l’on parle d’isentropique on traduit par adiaba- On veut déterminer l’équation d’état d’un gaz, sachant que les coef-
tique réversible. ficients de dilatation isobare a et de compressibilité isotherme cT sont
représentés par les relations empiriques suivantes :
Posons :
rT
1 c T = -----------
v = ---
r vp 2

(r étant la masse volumique) et


et r
a = --------
S vp

òf
xE ® S = d r étant la constante du gaz parfait considéré (§ 5.1).
Par définition de ces coefficents, (tableau 2), nous déduisons :
E
æ ¶ v ö = Ð rT
rT
et intégrons l’équation de thermodynamique générale [relation (8)] : Þ v = ------ + f 1 ( T )
è --------
¶p ø T
- ------- p
p2
S
æ ¶v ö = r
rT
ò Þ v = ------ + f 2 ( p )
dp
q = hE Ð hS Ð ------- Ð x E ® S è ---------ø p ---- p
r ¶T p
E
On a donc :
En reportant cette valeur dans l’expression du premier principe,
f1 (T ) = f2 (p ) = b = Cte
valable pour un écoulement permanent [relation (5)], on obtient :
S
L’équation d’état de ce gaz hypothétique est :
2

ò
d p S Vm S p (v - b ) = rT
wa = ------- + D -------- + D ( gz ) + x E ® S (9)
r E 2 E
E

Ce résultat constitue une relation également très importante dans 4.2 Coefficient calorimétriques
l’étude des machines et des moteurs.

L’énergie interne u et l’enthalpie h qui sont des fonctions d’état


peuvent s’exprimer en fonction de p, v ou p, T ou v, T et, par suite,
4. Coefficients il en est de même pour une quantité de chaleur. En effet, pour une
transformation élémentaire et réversible (df = 0) d’un système cons-
de la thermodynamique titué par la masse unité d’un fluide homogène quelconque, nous
avons, en vertu de l’équation de thermodynamique générale [rela-
tion (8)] :

4.1 Coefficients de dilatation dq = du + pdv = dh - vdp


et de compressibilité Il s’ensuit que suivant le choix des couples de variables indépen-
dantes p, v ou p, T ou v, T la quantité de chaleur élémentaire dq
pourra s’écrire :
On caractérise les évolutions isobares, isochores, isothermes et
isentropes d’un fluide par les coefficients représentés dans le ü
tableau 2. d q = c V d T + œT d v ï
ï
d q = cp d T + hT d p ý (11)
ï
d q = lV d p + mp d v ï
Tableau 2 – Coefficients de dilatation et compressibilité þ

Dilatation Compression Compressibilité Compressibilité Les coefficients cp , œ T , cV , hT , lV , mp ne sont pas indépendants les
isobare isochore isotherme isentropique
uns des autres et on exprime œ T , hT , lV , et mp en fonction des capa-
1 ¶v 1 ¶p 1 ¶v 1 ¶v cités thermiques massiques cp , et cV , qui sont, elles facilement
a = --- æè -------öø b = --- æè --------öø c T = Ð --- æè -------öø c s = Ð --- æè -------öø
v ¶T p p ¶T V v ¶p T v ¶p S accessibles à l’expérience. Il est facile de montrer que :

cp Ð cV cp Ð cV cp cV
œ T = ------------------ ; h T = Ð ------------------ ; m p = ---------------- ; l V = ----------------
-
Un accroissement de pression entraîne une diminution du ¶v ö
æ ------ æ ¶------
pö ¶v ö
æ ------ æ ¶------

è ¶ T-ø p è ¶ T- ø V è ¶ T- ø p è¶T ø V -
volume, et inversement, d’où la nécessité de mettre un signe moins

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cp est la capacité thermique massique à pression constante et cV la En identifiant ces deux expressions de dh on obtient :
capacité thermique massique à volume constant. Autrefois, on dési-
gnait ces capacités thermiques massiques par chaleurs spécifiques 1Ðh ¶v ö dp
d T = æ ----------------ö v + T æ ------- --------
ou chaleurs massiques. è h ø è ¶ T- ø p c p

cp et cV sont des fonctions des couples de variables indépendantes et par intégration :


p, v ou p, T ou v, T mais comme nous le verrons, au paragraphe 5.2,
elles ne dépendent que de la température pour un gaz parfait et sont æ ö æ ö
1Ðh ç v ÷ ì 1 ¶v ü 1Ðh ç v ÷
des constantes pour un gaz dit « idéal parfait ». T = T E + æè ----------------öø ç ------------------÷ exp í æè ------ æè -------- öø öø ( p Ð p E ) ý Ð æè ----------------öø ç -------------------÷
h ç
¶ vö ÷ø î cp ¶ T p þ h çæ ¶v ö ÷
è æè --------ø è è -------- ø pø
¶T p ¶T

4.3 Formules de Clapeyron Avec TE = 298,15 K et pE = 105 Pa, ainsi que des valeurs déduites
des tables de l’eau ci-dessus :

¶v
Lorsqu’on choisit v et T comme variables indépendantes on
v = 0,001 m3 · kg-1 et æè -------- öø = 2,65 · 10-7 · m3 · kg-1 · K-1
obtient une autre expression de « œ T » appelée première formule de ¶T p
Clapeyron : l’application numérique conduit à :
TS = 298,93 K (tS = 25,78 °C)
¶p
œ T = T æ -------- ö = T b p (12)
è ¶T ø v soit une différence de température de l’eau, entre l’entrée et la sortie
de la pompe, de 0,78 °C.

De même en prenant p et T comme variables indépendantes on


obtient une autre expression de « hT » appelée deuxième formule 4.4 Formule de Mayer généralisée
de Clapeyron :

¶v
h T = Ð T æè ------- öø = Ð T a v (13)
De la première formule de Clapeyron [relation (12)] et de l’expres-
¶T p sion de œ T en fonction de cp et cV (ou de la deuxième formule de
Clapeyron [relation (13)] et de l’expression de hT également en fonc-
Exemple : tion de cp et cV ) on obtient la formule de Mayer généralisée :
On calcule la température de l’eau à la bride de sortie d’une pompe
centrifuge qui comprime adiabatiquement l’eau dans les conditions sui-
¶v ¶p
vantes : c p Ð c V = T æ ------- ö æ -------- ö = Ta b p v (14)
è ¶T ø p è ¶T ø V
— pression de l’eau à la bride d’entrée de la pompe :
pE = 1 bar ;
— pression de l’eau à la bride de sortie de la pompe :
pS = 100 bar ;
4.5 Formules de Maxwell
— température de l’eau à la bride d’entrée de la pompe :
tE = 25 °C ;
— capacité thermique massique à pression constante de l’eau : Exemple :À chacun des quatre couples de variables indépendan-
cp = 4185 J · kg-1 . K-1 ; tes, SV, Sp, TV, Tp, il est facile de montrer que l’on peut associer une
— rendement polytropique de la pompe : fonction d’état caractérisant un système. On obtient ainsi les quatre
h = 0,80. relations dites de Maxwell (tableau 3).
Pour ces valeurs, les tables de l’eau donnent :
p = 1 bar p = 100 bar Exemple :
v (en m3 · kg-1) à 20 °C......................... 0,0010017 0,0009972 On comprime isentropiquement, de 1 à 10 bar, un liquide ayant une
température initiale ti = 26 °C. On calcule la température finale tf
v (en m3 · kg-1) à 30 °C......................... 0,0010043 0,0009999
sachant que r, cp et a sont constants et ont pour valeur :
En tenant compte de la 2e formule de Clapeyron [relation (12)] expri-
mons, tout d’abord, la variation d’enthalpie d’un fluide [relation (11)] : r = 700 kg · m-3 ; cp = 25 000 J · kg-1 · K-1 ; a = 1,3 · 10-3 K-1
dq = cp dT + hT dp = dh - vdp
La 2e relation de Maxwell :
soit
¶T ö
æ ------ ¶v
¶v - = æ ------- ö
è ¶p ø S è ¶S ø p
d h = c p d T + æ v Ð T æ -------- ö ö d p
è è¶T ø pø
est bien appropriée pour résoudre ce problème.
Or, pour l’évolution adiabatique irréversible de l’eau dans la pompe
nous pouvons écrire [relation (8)] : Or le 2e membre de cette relation peut s’écrire :

¶v ö
æ ------ ¶v æ ¶------
Tö ¶T ö
vdp
d h = v d p + d f = ------------ - = æ ------- ö - = av æ ------
-
h è ¶S ø p è ¶T ø p è ¶S ø p è ¶S ø p

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Pour cette évolution supposée réversible : 5.2 Capacités thermiques massiques


cp hT ¶S ¶S
d S = ----- d T + ------ d p = æ -------- ö d T + æ -------- ö d p
T T è ¶T ø p è ¶p ø T
En vertu de la loi de Joule, l’énergie interne d’un gaz parfait ne
il s’ensuit que dépend que de la température. Il en est de même, évidemment, pour
l’enthalpie puisque :
¶T ö
æ ------ 1 1
- = ------------------- = -------------
è ¶S ø p cp ¤ T h = u + pv = u + rT
æ ¶-------

-
è ¶T ø p
L’énergie interne et l’enthalpie étant des fonctions d’état on mon-
et des précédents résultats on a : tre que, quelle que soit la nature de l’évolution, on a toujours pour
un gaz parfait :
æ ¶------
Tö a vT
- = ------------
è ¶p ø S cp du = cV dT
Pour cette évolution isentropique on peut écrire :
et
dT av a
-------- = --------- d p = ---------- d p dh = cp dT
T cp r cp
et par suite : Les capacités thermiques massiques cV et cp d’un gaz parfait ne
sont donc fonction que de la température et dans le cas d’un gaz dit
a
T f = T i exp ---------- ( p f Ð p i ) « idéal parfait » elles sont constantes. Elles sont données, à pression
r cp constante, pour différents gaz dans le tableau 4.
soit Tf = 299,17 K ce qui conduit à DT = 0,02 K.

5.3 Relation de Mayer


Tableau 3 – Relations de Maxwell

1re relation 2e relation 3e relation 4e relation À partir des relations du paragraphe 5.2, nous pouvons écrire :
æ ¶-------
Tö ¶p ¶T ¶v ¶p ¶S ¶v ¶S
- = Ð æ -------- ö æ -------- ö = æ ------- ö æ -------- ö = æ -------- ö æ ------- ö = Ð æ -------- ö
è ¶v ø S è ¶ S øv è ¶ p ø S è ¶ S øp è ¶ T ø v è ¶ v øT è ¶ T ø p è ¶ p øT dh du
ì
í
î

ì
í
î
= + rdT
cp d T cV d T

d’où la relation dite de Mayer pour un gaz parfait :


5. Gaz parfait
cp - cV = r

5.1 Équation d’état


5.4 Évolutions isentropiques
La loi de Mariotte, complétée par les travaux de Gay-Lussac,
conduit à l’équation d’état des gaz parfaits :
Dans l’étude des gaz parfaits, les détentes et compressions isen-
pV = nRT (15)
tropiques ont une grande importance et les variables d’état sont
avec p pression, en pascals, liées par des relations très simples. Nous avons, en partant de la
relation (8) :
V volume, en m3,
n nombre de moles, dh dp dT dp
d s = ------- Ð v ------- = c p ------- Ð ( c p Ð c V ) ------- = 0 (17)
R constante universelle des gaz parfaits ayant pour T T T p
valeur 8,31441 J · kg-1 · K-1,
c
T température, en kelvins. En posant g = -----p- et en intégrant la relation (17) entre un état ini-
cV
En désignant par M la masse molaire d’un gaz on pose :
tial «i » et un état final « f », on obtient :
r=R/M
gÐ1
Dans ces conditions, r est une constante qui dépend de la nature Tf p f æè ------------öø
du gaz (tableau 4) et l’équation d’état d’un gaz parfait peut s’écrire : ----- = æ ----- ö g (18)
Ti è pi ø
pV = mrT (16)
ou sous une forme absolument équivalente que l’on désigne habi-
ou pv = rT tuellement par « loi de Laplace » :
m est la masse du gaz parfait contenue dans le volume V et v le
volume massique. pvg = Cte (19)

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Tableau 4 – Valeurs, pour différents gaz, de la masse molaire, de la constante r


et de cp (en J · kg-1 · K-1) en fonction de la température
Masse Température
r
molaire ( en °C)
Nature du gaz Symbole (en
(en
J · kg-1K-1)
kg · mol-1) 0 15 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000
Air ........................... 0,02898 287 1004 1005 1014 1025 1040 1070 1092 1113 1134 1155 1169 1184
Azote ........................ N2 0,028 297 1037 1037 1046 1052 1069 1092 1117 1138 1163 1182 1201 1215
Ammoniac ................ NH3 0,017 489 2054 2078 2205 2387 2573 2736 3931 3096 3255 3398 3532 3653
Dioxyde de carbone .... CO2 0,044 189 820 835 920 996 1067 1121 1163 1201 1230 1255 1270 1276
Dioxyde de soufre ..... SO2 0,064 130 606 616 665 715 753 786 807 823 841 849 857 866
Éthylène ................... C2H4 0,028 297 1410 1516 1854 2201 2498 2749 2971 3151 3327 3477 3607 3724
Hydrogène ................ H2 0,002 4157 14229 14279 14438 14521 14542 14634 14660 14773 14940 15128 15317 15526
Méthane ................... CH4 0,016 520 2155 2190 2452 2795 3172 3498 3812 4084 4321 4540 4758 4942
Monoxyde d’azote ..... NO 0,030 277 997 997 997 1012 1033 1062 1088 1109 1129 1146 1159 1171
Monoxyde de carbone CO 0,028 297 1039 1041 1046 1058 1079 1104 1129 1159 1180 1201 1217 1237
Oxyde d’azote ........... N2O 0,044 189 849 865 954 1025 1083 1129 1175 1209 1242 1263 1280 1297
Oxygène ................... O2 0,032 260 916 916 933 962 996 1025 1050 1075 1080 1100 1113 1123
Sulfure d’hydrogène .. H2S 0,034 244 1025 1030 1062 1111 1163 1213 1268 1318 1364 1406 1439 1473
Vapeur d’eau loin H2O 0,018 462 1853 1856 1881 1933 1987 2054 2117 2184 2255 2326 2393 2456
de la liquéfaction .......

Exemple : Pour calculer le nombre de moles ni du gaz Gi nous supposerons


Une masse m = 2 kg de gaz parfait occupe un volume V1 sous une qu’il occupe seul le volume total V à la température T du mélange et
pression p1 = 2,1 bar et une température t1 = 23 °C. Le gaz est com- sous une pression p i¢ , soit :
primé isentropiquement jusqu’à une pression p2 = 12 bar. On calcule,
pour cette évolution, les variations d’énergie interne et d’enthapie p i¢ V
sachant que, pour ce gaz, nous avons : n i = ---------
RT
g = 1,397 et cV = 730 J · kg-1 · K-1
En tenant le même raisonnement pour les autres constituants,
Déterminons, tout d’abord, la température finale t2. nous aurions :
æ g-----------
Ð 1ö
- æ 1,397 Ð 1 ö
p2 è g ø 12 è -------------------------------ø
T 2 = T 1 æè ------ öø = ( 273,15 + 23 ) ´ æ -----------ö 1,397
i=N i=N
pV p i¢ V V
p 1
è
2,1
ø -------- =
RT
å --------- = -------- å p i¢
RT RT i = 1
(20)
i=1
Et par conséquent :
d’où :
D U = mc V ( T 2 Ð T 1 ) = 2 x 730 x ( 212,85 Ð 23 ) = 277181J
i=N
D H = mc p ( T 2 Ð T 1 ) = 2 x 730 x 1,397 x ( 212,85 Ð 23 ) = 387222J p = å p i¢ = p 1¢ + p 2¢ + ... + p i¢ + ... + p n¢
ì
ï
ï
í
ï
ï
î

i=1
cp
On définit ainsi les pressions partielles : la pression p i¢ est la pres-
sion partielle du gaz Gi.
5.5 Mélange de gaz parfaits La pression totale d’un mélange de gaz parfaits est égale à la
somme des pressions partielles des différents gaz constituants,
considérés chacun comme occupant le volume total du mélange à la
Un mélange de gaz parfaits se comporte comme un gaz parfait. En
température de celui-ci. C’est ce qu’on appelle la loi de Dalton.
d’autres termes, si un mélange constitué de N gaz occupe un
volume V sous une pression p et à la température T nous pouvons Exemple :
écrire que : On veut déterminer la pression p d’un mélange d’air et d’anhydride
i=N carbonique occupant un volume de 5 m3 à 400 K. Le mélange contient
pV pi Vi 4 kg d’air et 1 kg de CO2.
-------- =
RT
å -----------
RT i On donne :
i=1

puisque le nombre de moles du mélange doit satisfaire la relation : rair = 287 J · kg-1 · K-1
i=N et
n = å ni
r CO 2 = 189 J × kg Ð1 × K Ð1
i=1

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En vertu de la loi de Dalton nous avons :


Z
¢ + p¢
p = p air CO 2 1
t = 800 ¡C
avec 0,8

¢
T 0,6
p air = m air r air ---- = 91840 Pa t = 500 ¡C
V
0,4
et ¡C
t = 380
0,2
¢
T
p CO = m CO 2 r CO 2 ---- = 15120 Pa
2
V 0
0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 p (bar)
Il vient immédiatement :
Figure 3 – Facteur de compressibilité de la vapeur d’eau
p = 91840 + 15120 = 106960 Pa.

■ Dans un gaz réel, les molécules ne peuvent pas être considérées


6. Gaz réel comme ponctuelles. Pour se déplacer les molécules ne disposent
que du volume compris entre elles. Par conséquent, on est conduit
à considérer un volume plus petit. En désignant par Vm le volume
molaire, on pose :
6.1 Validité de l’équation d’état Vm Ð b
des gaz parfaits
où b est appelé le covolume. Il correspond au volume minimal
que peut occuper la matière.
Pour marquer les écarts entre les gaz parfaits et les gaz réels on
utilise le rapport, appelé facteur de compressibilité :
pv
Z = ------- (21)
6.3 Équations d’état des gaz réels
rT
Par exemple, pour une température de 0 °C le tableau 5 donne les Ces notions de pression interne et covolume incitent à proposer
valeurs de Z pour différents gaz à diverses pressions. comme équation d’état des gaz réels :

( p + p ) ( V m Ð b ) = RT

Tableau 5 – Facteur de compressibilité Z Sous cette forme, un grand nombre d’équations d’état ont été
pour différentes pressions proposées et, plus particulièrement, pour la pression interne p.
Citons parmi les plus célèbres celles du tableau 6.
Nature du gaz p = 0,1 atm p = 1 atm p = 50 atm
Azote ............................. N2 0,9999 0,9995 0,9841
Dioxyde de carbone ... CO2 0,9993 0,9932 0,104 Tableau 6 – Équations pour la pression interne
dans les gaz réels
Dioxyde de soufre ..... SO2 0,9973 0,9759
Hydrogène .................... H2 1,0002 1,0007 1,0316 Auteurs Pression interne p
Méthane ..................... CH4 0,9979 0,8822 a
Van der Waals --------
Vm 2
Oxygène ....................... O2 1,0000 0,9992 0,9565

Clausius -----------------------------
T ( Vm + c ) 2
Généralement, on porte Z en ordonnée et la pression p en abs-
cisse. Nous avons, évidemment Z = 1 pour les gaz parfaits, mais, a²
également, pour les gaz réels aux très faibles pressions. Daniel Berthelot ------------
T Vm 2
Dans ce système de coordonnées (Z, p), les isothermes de la
vapeur d’eau ont l’allure représentée sur la figure 3.

Sous une forme légèrement différente indiquons celles de Wohl à


4 constantes :
6.2 Pression interne et covolume
RT a c
p = ------------------- Ð --------------------------------------- + -------------------
V m Ð b TV m ( V m Ð b ) T 2 Vm 2
■ Dans un gaz réel, les forces d’interactions à distance entre molé-
cules ne sont pas nulles et la pression qu’il exerce sur les parois du ainsi que l’équation de Redlich-Kwong à 3 constantes :
récipient qui le contient sera moins grande que si ce gaz était parfait.
En appelant p la pression interne on pose : RT a
p = ------------------- Ð -------------------------------------------------
pression du gaz parfait = pression du gaz réel + p Vm Ð b T 0,5 V m ( V m + b )

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Fusion Condensation
Liquéfaction p A'
État liquide

Liquide

Solidification Vaporisation pv A B
Évaporation
Vapeur

Liquide + Vapeur B'

Sublimation

État solide État gazeux v' v'' v


Condensation

Figure 5 – Évolution isotherme d’un fluide


Figure 4 – Changements d’état

Le mélange constitué par le liquide et la vapeur est souvent dési-


7. Transition de phase gné par vapeur humide.
On constate que, arrivée à un certain volume, toute la masse du
fluide se trouvera sous forme liquide.

7.1 Changements d’état Toujours en poursuivant la compression, on observera alors que


le volume variera très peu alors que la pression augmentera consi-
dérablement.
Les conséquences analytiques du premier et du second principe On retrouverait, pour ce gaz, des résultats identiques en recom-
de la thermodynamique permettent de calculer l’énergie interne, mençant en sens inverse la même évolution isotherme. Notons éga-
l’enthalpie, l’entropie, etc., d’un corps pur à l’état de fluide homo- lement que, aux valeurs numériques près, on observerait une allure
gène à partir de grandeurs mesurées expérimentalement telles que de courbe tout à fait similaire pour n’importe quel corps pur.
la pression et la température. Dans le cas d’un changement d’état, il
faut tenir compte d’autres grandeurs.
Les changements d’état sont la fusion et la solidification, la vapo-
risation et la liquéfaction, la sublimation et la condensation en se 7.3 Point critique
limitant à une seule variété solide (cristallin).
La schématisation des diverses transitions entre ces phases est
représentée sur la figure 4. Notons qu’on utilise souvent le terme de La figure 5 montre que l’évolution isotherme décrite au
vapeur pour désigner l’état gazeux d’un corps que l’on connaît habi- paragraphe 7.2 se compose de trois parties :
tuellement sous forme de liquide ou de solide dans les conditions — pour les faibles pressions, la partie BB¢ ressemble à une hyper-
normales de pression et de température (comme l’eau par exem- bole équilatère, suivant d’assez loin l’équation d’état des gaz par-
ple). faits [relation (16)] :
Nota : on rappelle que l’on désigne sous le nom de vapeurs des fluides qui se liquéfient
p = mrTV -1
ou se vaporisent au cours des cycles ou des transformations qu’on est amené à considérer.

— pour les fortes pressions, le fluide est incompressible puisque


7.2 Vapeur saturante la courbe A¢A est presque verticale. Cette partie du graphe corres-
pond à la phase liquide ;
— entre ces courbes, il y a un palier horizontal AB qui correspond
Lorsqu’on fait subir à un gaz une compression isotherme, l’expé- à l’état liquide-vapeur ; il est important de noter que, pour ce palier,
rience montre qu’il y a un début de condensation à partir d’une cer- l’isotherme et l’isobare sont confondues.
taine pression, qui est toujours reproductible, dans les mêmes
Si on recommence cette expérience pour une température légère-
conditions, pour un fluide donné. Il faut toutefois que la température
ment supérieure à la précédente on constate que le volume massi-
de cette évolution isotherme (figure 5) soit inférieure à celle dite
que du liquide v ¢ en équilibre avec sa vapeur augmente alors que le
« critique » (§ 7.3).
volume massique v ¢ de la vapeur saturante diminue.
Si nous poursuivons l’expérience, la masse de fluide sous forme
de liquide augmente alors que la pression reste constante. La ■ Comme le montre la figure 6, donnant les isothermes d’Andrews,
vapeur est alors en équilibre avec le liquide et elle est dite saturante. le palier horizontal sera d’autant plus faible que la température est
La pression correspondante pv est appelée pression de vapeur satu- plus élevée. Ce palier caractérisé par v ¢¢ - v ¢ s’annule en un point C
rante. que l’on appelle le point critique.

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p Tableau 7 – Point critique

pC C TC pC vC
Nature du corps
(K) (bar) (m3 · kg-1)
Ammoniac ...................... NH3 405 112,97 0,004255
Alcool ....................... C2H5OH 516 63,84 0,003629
A M B
Argon .................................. A 150,8 48,6 0,001883
Azote ................................. N2 126 33,9 0,003215
Benzène ......................... C6H6 562 48,34 0,00333
Dioxyde de carbone ....... CO2 304,2 73,76 0,00216
v ' vC v v'' v
Eau .................................. H2O 647,3 221,2 0,00317
Figure 6 – Isothermes d’Andrews Éther ........................ C4H10O 467 35,99 0,003787
Éthylène ......................... C2H4 263,9 51,17 0,004545

La température, la pression et le volume au point critique sont res- Fréon 12 ...................... CCl2F2 385 41,15 0,00179
pectivement désignés par température TC , pression critique pC et Hélium ............................... He 5,2 2,29 0,01443
volume critique vC.
Hydrogène ......................... H2 33,5 12,96 0,03223
Puisqu’en C le palier disparaît, l’isotherme TC présente un point Mercure ............................. Hg 1733,9 1066 0,0002
d’inflexion à tangente horizontale qui se traduit évidemment dans
ce diagramme par : Oxygène ............................ O2 154,7 50,4 0,002326
Propane ......................... C3H8 369,9 42,56 0,004425
æ ¶------

- = 0 et
¶2 p ö
æ --------- =0
è ¶v ø T è ¶ v2 ø T

Pour des températures supérieures à la température critique TC , De même, en désignant par m¢ la masse de liquide du mélange,
les isothermes ne présentent plus de palier de liquéfaction et nous nous aurons :
avons :

¶p ö 1 Ð x = ------- (23)
æ ------
- < 0 m
è ¶v ø T
■ Le volume V occupé par le mélange s’exprime facilement en fonc-
Pour chaque gaz, il existe une température critique au-dessus de tion des volumes massiques du mélange v, du liquide v¢ et de la
laquelle il est impossible d’observer une liquéfaction.
vapeur v ² :
On donne souvent le nom de vapeur sèche à l’état gazeux (en
l’absence de liquide) pour des températures inférieures à la tempé- V = m ¢ v ¢ + m ² v ² = mv (24)
rature critique TC. Alors que l’appellation de vapeur saturante est
retenue lorsque la vapeur est en équilibre avec le liquide (§ 7.2). et il en est, de même, pour le titre x :
Le lieu des extrémités des paliers horizontaux AB formé de deux
branches, est désigné par courbe de saturation. La branche AC don- v Ð v¢ AM
x = ----------------- = ----------
nant les variations de v ¢ est appelée courbe d’ébullition et la partie v² Ð v¢ AB
BC, relative à v ² est la courbe de rosée.
À titre indicatif, le tableau 7 donne les constantes critiques de Le point M (figure 6), d’abscisse v partage le palier AB en deux
quelques corps purs. segments dont le rapport correspond à celui des deux masses en
présence (liquide et vapeur):

AM x
7.4 Titre ---------- = ------------
MB 1Ðx

■ Les courbes de la figure 7 à titre constant (isotitres) sont obte-


Pour connaître la part respective de liquide ou de vapeur conte-
nues en joignant les points qui partagent tous les paliers de vapori-
nue dans un mélange liquide-vapeur, on définit la notion de titre.
sation dans le même rapport :
Le titre, désigné par x, est égal au rapport de la masse de vapeur
m² à la masse totale du mélange m : A1 M1 A2 M2 A3 M3 A4 M4
x = --------------- = --------------- = --------------- = ---------------
A1 B1 A2 B2 A3 B3 A4 B4

x = -------- (22)
m
Toutes ces courbes à titre constant partent du point critique C. Sur
x représente en quelque sorte la masse de vapeur contenue dans la courbe d’ébullition (lieu des points A) on a x = 0 et sur la courbe
l’unité de masse du mélange. de rosée (lieu des points B) on a x = 1.

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pv
p C

C
A4 B4
M4
M3 + M1 + M2
A3 B3
x=0
Liquide Vapeur
A2 M2 B2
x=1
A1 B1
M1
T

Figure 8 – Courbe de vaporisation


v' v v '' v

Figure 7 – Isotitres
7.5 Courbe de vaporisation

■ L’enthalpie, l’énergie interne et l’entropie, qui sont des gran- L’examen des paliers horizontaux sur les diagrammes des figures
deurs additives, s’expriment d’une façon tout à fait analogue au 6 et 7 nous montre qu’un liquide en présence de sa vapeur est en
volume massique v : équilibre à chaque température T sous une seule pression pv. La
connaissance de T impose celle de la pression pv. En d’autres ter-
h Ð h¢ u Ð u¢ s Ð s¢ mes, cela signifie que la pression et la température sont liées par
x = ------------------ = ------------------ = ---------------- (25)
h² Ð h¢ u² Ð u¢ s² Ð s¢ une relation de la forme :

Exemple : pv = f (T)
Sous une pression de 1 bar, un réservoir contient 50 kg de vapeur
d’eau au titre x = 0,8. Sachant que à cette pression, nous avons : d’où l’existence d’une courbe d’équilibre liquide-vapeur (figure 8)
en coordonnées pv, T qui s’arrête au point critique C ; elle y admet
v ¢ = 0,0010434 m3 · kg-1 v ² = 1,694 m3 · kg-1 une tangente dont la pente n’est ni nulle ni infinie.
h ¢ = 417,51kJ · kg-1 h ² = 2675,4 kJ · kg-1
La température pouvant être considérée comme le seul paramètre
s ¢ = 1,3027 kJ · kg-1 · K-1 s ² = 7,3598 kJ · kg-1 · K-1 indépendant puisque pv = f (T), on dit que le système est
On va calculer : « monovariant ».
a) les masses respectives de liquide et de vapeur d’eau conte-
nues dans le réservoir ; La variante d’un système apparaît comme le nombre de paramè-
tres que l’on peut faire varier arbitrairement sans modifier la nature
b) le volume du réservoir ; du système.
c) le volume massique de la vapeur d’eau ;
d) l’enthalpie et l’entropie massique de la vapeur humide. Si l’on place le système en dehors de cette courbe pv = f (T), tel
a) Par définition du titre [relation (22)] : que le point figuratif soit M1 (ou M2), on remarquera que l’une des
phases (liquide ou vapeur) disparaît ; l’équation d’état redevient f (p,
m² v, T) = 0.
x = ---------
m
Le système est dit « divariant » et il faut deux paramètres pour
il vient immédiatement avec m = 50 kg : définir son état.
m ² = 0,8 x 50 = 40 kg de vapeur Pour l’eau, à titre d’exemple, la loi pv = f (T) est donnée tableau 8.
et [relation (23)] : Les valeurs au point critique sont en gras dans les cases bleues.

m¢ = 50 - 40 = 10 kg d’eau
b) Le volume V du réservoir est [relation (24)] :
7.6 Point triple
V = m ¢ v ¢ + m ² v ² = 10 x 0,0010434 + 40 x 1,69 = 67,77 m3
c) Il s’ensuit que le volume massique v de la vapeur humide est :
Nous avons vu (§ 7.5) que, dans le domaine de coexistence des
V 67,77 deux phases liquide et vapeur, il existait une courbe d’équilibre
v = ------ = ------------------- = 1,3554m 3 · kg Ð1
m 50 ( pv = f (T)) qui s’arrêtait au point critique C (figure 8).
d) Des précédentes relations, on déduit immédiatement la valeur de Dans le sens des pressions décroissantes, cette courbe (figure 9)
l’enthalpie [relation (25)] : se prolonge jusqu’à un certain point t où elle rencontre une courbe
analogue qui est celle d’équilibre du liquide et du solide (courbe de
h =(1 - x) h¢ + xh²= 0,2 x 417,51 + 0,8 x 2675,4 = 2223,8 kJ · kg-1 · K-1 fusion). Comme en ce point t, il y a équilibre entre liquide-gaz et
De même pour l’entropie : solide-liquide nous en déduisons qu’il y a également équilibre entre
solide-gaz. Le point t appartient donc aussi à la courbe de sublima-
s = (1 - x) s¢ + xs² = 0,2 x 1,3027 + 0,8 x 7,3598 = 6,148 kJ · kg-1 · K-1 tion.

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Tableau 8 – Constantes thermodynamiques de l’eau


Température Pression Volume massique Enthalpie massique Entropie massique
(°C) (bar) (en m3 · kg-1) (kJ · kg-1) (kJ · kg-1 · K-1)

t pv v¢ v² h¢ h² s¢ s²
0,01 0,006 0,0010 206,2 0 2502 0 9,16
5 0,009 0,0010 147,2 21 2511 0,076 9,03
10 0,012 0,0010 106,4 42 2520 0,151 8,90
15 0,017 0,0010 78 63 2529 0,224 8,78
20 0,023 0,0010 57,8 84 2538 0,296 8,67
30 0,042 0,0010 32,9 126 2556 0,436 8,45
40 0,074 0,0010 19,5 167 2574 0,572 8,26
50 0,123 0,0010 12,05 209 2592 0,703 8,08
75 0,385 0,0010 4,13 314 2635 1,015 7,68
100 1,013 0,0010 1,673 419 2676 1,307 7,35
150 4,76 0,0011 0,392 632 2745 1,842 6,84
200 15,55 0,00116 0,127 852 2791 2,331 6,43
250 39,78 0,00125 0,050 1086 2800 2,793 6,07
300 85,93 0,00140 0,0216 1345 2751 3,255 5,71
350 165,35 0,00174 0,0088 1672 2568 3,780 5,22
374,15 221,20 0,00317 0,00317 2107 2107 4,443 4,443

Le tableau 9 donne, à titre d’exemple, les coordonnées de quel-


ques points triples.
pv

Tableau 9 – Point triple


C Température Pression
Nature du gaz
(°C) (bar)
Solide Liquide Vapeur Azote ............................... N2 - 209,97 0,125
Ammoniac ................... NH3 - 77,75 0,061
Dioxyde de carbone .... CO2 - 56,6 5,17
Fusion Évaporation Dioxyde de soufre ....... SO2 - 75,47 0,0017
Eau ............................... H2O 0,01 0,0061
Hydrogène ..................... H2 - 259,31 0,070
t
Sublimation Mercure ......................... Hg - 39,15 1,3 · 10-9
Naphtalène ............. C10H8 79,85 0,012
T Oxygène ........................ O2 - 218,79 0,0015

Figure 9 – Point triple t


7.7 Chaleur latente
Les trois courbes sublimation, solidification, évaporation se cou-
pent en ce même point t appelé point triple. On appelle chaleur latente de vaporisation Lv d’un corps pur à la
température T la variation d’enthalpie de l’unité de masse de ce
corps passant de l’état liquide à l’état gazeux sous pression cons-
tante à la température T, soit :
Dans l’état actuel de nos connaissances la courbe de fusion
s’étend apparemment sans limite vers les hautes pressions. On L = h² - h¢
ne saurait réaliser ni même concevoir le passage continu de On définit de même une chaleur latente de fusion et une chaleur
l’état liquide à l’état solide. latente de sublimation, que l’on note respectivement : Lf et Ls.

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Les résultats du tableau 10 montrent que, dans cet intervalle de


Lv température, l’approximation est raisonnable.

Tableau 10 – Pression de vapeur d’eau saturante (en bar)


Température
Calculée Lue dans tables
(°C)
80 0,4768 0,4736
85 0,5802 0,5780
TC T 90 0,7023 0,7011
Figure 10 – Chaleur latente de vaporisation 95 0,8457 0,8453
105 1,2083 1,2080
110 1,4343 1,4327
La chaleur latente de vaporisation diminue quand la température
s’élève, pour s’annuler au point critique (figure 10) : 115 1,6950 1,6906
d Lv 120 1,9946 1,9854
lorsque T ® TC nous avons ---------- ® ¥
dT
Empiriquement, on donne, pour l’eau, entre 0 et 180 °C (à 0,2 %
près) :

Lv = 597,5 - 0592 t 8. Diagramme de Mollier


par Lv (en kcal · kg-1) et t (°C).
Dans la phase liquide-vapeur d’un corps pur, on montre facile- Lorsque les écoulements sont stationnaires, le premier principe
ment la relation suivante : de la thermodynamique montre que les variations d’enthalpies, des
d pv machines thermiques adiabatiques, mesurent les énergies échan-
L v = T ( v ² Ð v ¢ ) ---------- (26) gées avec le milieu extérieur. De même la qualité, de ces évolutions
dT adiabatiques, est mesurée par leurs variations d’entropies en vertu
relation que l’on désigne également par « formule de du second principe de la thermodynamique. Il s’ensuit qu’il est très
Clapeyron ». pratique pour l’étude de machines, dont les évolutions sont adiaba-
tiques, de travailler avec un diagramme sur lequel l’enthalpie est
Exemple : portée en ordonnée et l’entropie en abscisse. Ces raisons font
On va montrer que l’on peut déduire une loi approximative de la pres- l’importance de ce diagramme que l’on appelle aussi « diagramme
sion de vapeur saturante en fonction de la température pv = f (T) en fai- de Mollier ».
sant les hypothèses suivantes :
— le volume massique du liquide est négligé devant celui de la
vapeur ;
— la vapeur est assimilée à un gaz parfait ; 8.1 Propriétés
— on considère un court intervalle de température où l’on peut
admettre que la chaleur latente de vaporisation reste quasiment cons-
tante.
Les évolutions isenthalpiques sont représentées par des parallè-
Compte tenu de nos notations, l’équation d’état des gaz parfaits les à l’axe des s et les isentropes par des parallèles à l’axe des h.
[relation (16)] s’écrit :
pv v “ = rT De la relation (8) :

Portons cette valeur de v ² dans la formule de Clapeyron [relation Tds = dh - vdp


(26)], sans oublier que v ¢ < < v ² soit :
on déduit que les évolutions isobares sont des courbes ayant un
rT 2 d p v d pv Lv d T coefficient angulaire égal à la température absolue du point consi-
L v = ---------- --------- Þ --------- = ----- ------2-
pv d T pv r T déré puisque :

En intégrant cette relation, on obtient l’expression de la pression de


vapeur saturante en supposant que, à la température T = T0 , nous æ ¶------

- = T
è ¶s ø p
avons p v = p v0 et v² = v 0² :
Lv æ Dans le cas particulier d’un gaz idéal parfait (capacité thermique
- 1 Ð ------ö
T
p v = p v0 exp --------------
p v0 v 0² è T 0ø massique constante), les isothermes sont, comme les isenthalpes,
des parallèles à l’axe des entropies, puisque nous avons :
Faisons une application numérique pour de la vapeur d’eau en
choisissant des températures comprises entre 80 et 120°C et en pre- hf - hi = cp (Tf - Ti)
nant :
T0 = 373,15 K ; pv0 = 101325 Pa Si le gaz est parfait, la capacité thermique massique devient une
fonction de la température et les isothermes ne sont plus tout à fait
v0 = 1,673 m3 · kg-1 ; Lv = 2256,9 kJ · kg-1 des parallèles à l’axe des s.

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Dans la zone d’équilibre liquide-vapeur, chaque isobare a un


h (kJ/kg) coefficient angulaire constant égal à la température absolue, puis-
que pv = f (T). Il s’ensuit donc que les courbes des isobares et des
isothermes sont des droites.
800 ¡
C
Dans la partie vapeur, les isobares ont l’allure d’exponentielles.
4 000 Elles le seraient vraiment si le gaz était idéal parfait.

ar
bar

1b
b ar

10
3 600 Comme le montre le diagramme h, s, construit pour l’eau, et
1 00
600 ¡C représenté sur la figure 11, on peut tout d’abord dessiner, dans ce

r
diagramme, la courbe de saturation en reportant les valeurs de h¢, s¢

ba
3 200

0 ,1
ar

et de h², s² (tableau 8). Puis, ensuite, en joignant les points corres-


b

180 ¡C
00

pondants par des droites on a les isobares et les isothermes dans la


2 800 100 ¡C
10

phase liquide-vapeur.
46 ¡C
x=1
2 400 Les courbes de titre x constant s’obtiennent en divisant en parties
C 0,007 bar
égales ces paliers de vaporisation et en reliant les points homolo-
2 000 x = 0,75 gues.

1 600 Dans la région de la vapeur surchauffée, les isobares et les iso-


thermes se raccordent tangentiellement aux paliers de vaporisation.
x = 0,5
1 200
Lorsque l’on se trouve dans la phase gazeuse assez éloignée de la
courbe de saturation, les isothermes tendent vers des horizontales
800
0

x = 0,25 et les isobares vers des exponentielles.


=

x
400 En pratique, les diagrammes de Mollier que l’on trouve dans le
commerce, pour la vapeur d’eau sont tracés dans la zone qui inté-
resse uniquement le domaine d’emploi industriel. C’est notamment
1 2 3 4 5 6 7 8 le cas du diagramme de Ernst Schmidt. Un diagramme pratique est
s (kJ/kg . K) fourni avec l’article référencé [22] en bibliographie.

Figure 11 – Diagramme de Mollier de l’eau Exemple :


On considère le cycle simple d’une centrale thermique (figure 12). À
l’amont du corps haute pression de la turbine (sortie chaudière) les
caractéristiques de la vapeur sont :
Chaudière t1 = 560 °C et p1 = 160 bar.
(source chaude)
La pression qui règne dans le condenseur (sortie corps basse pres-
sion turbine) est :
1 p2 = 0,08 bar.
Le rendement isentropique de la turbine est hs = 0,83 (rapport entre
Turbine la détente réelle adiabatique et la détente isentropique).
Le débit massique de vapeur de cette installation est de
2 1 620 t · h-1 et le travail massique absorbé par les pompes est de
20 kJ · kg-1.
Condenseur Pour simplifier, on négligera toutes les variations d’énergie cinétique
(source froide)
ainsi que les pertes de charges dans les canalisations. On va calculer :
4 — 1) la température à la sortie de la turbine t2 (entrée condenseur),
ainsi que le titre de la vapeur ;
— 2) la puissance fournie par la turbine ;

3 — 3) l’enthalpie à la sortie des pompes h4, sachant qu’à l’entrée de


Pompes
la première pompe la température de l’eau est égale à celle de l’ébulli-
tion (t2 = t3) sous une pression de 0,08 bar ;
— 4) la quantité de chaleur cédée au condenseur :
Figure 12 – Cycle simple d’une centrale thermique
— 5) la quantité de chaleur fournie par la chaudière ;
— 6) le rendement thermique de cette installation.
8.2 Vapeur d’eau 1) Sur une diagramme de Mollier de la vapeur d’eau (figure 13),
nous lisons (cf. [22]), à l’intersection de l’isotherme 560 °C et de l’iso-
bare 160 bar, une enthalpie h1 = 3 465 kJ · kg-1. La verticale issue de
Dans la phase liquide, les isobares sont pratiquement confondues cette intersection coupe l’isobare 0,08 bar en un point 2¢ d’enthalpie
avec la courbe d’ébullition. h2’ = 2 040 kJ · kg-1.

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Le rendement isentropique permet de déterminer l’enthalpie à la


sortie de la turbine, on a donc : 160 bar
h1 Ð h2 h (kJ . kg–1)
h = ------------------
- = 0,83 Þ h 2 = 3 465 Ð 0,83 ( 3 465 Ð 2 040 ) 560 ¡C
h 1 Ð h 2¢
1
= 2 282 kJ · kg Ð1 3 465

À l’intersection de l’isobare 0,08 bar et de l’ordonnée


h2 = 2 282 kJ · kg-1, nous lisons un titre de :
x » 0,878
2) La puissance fournie par la turbine est en vertu du premier prin-
cipe de la thermodynamique :
0,08 bar
1620 × 10 3
P a = q m ( h 1 Ð h 2 ) = ----------------------------- ( 3 465 Ð 2 282 )
3 600 x=1
41,5 ¡C
Pa = 532 350 kW
2 282 x = 0,878
3) La température correspondant à la pression de vapeur saturante 2
de 0,08 bar est, par lecture sur le diagramme de Mollier ou sur les 2 040
tables, t = 41,5 °C. Avec les hypothèses effectués on a : 2'
4
193,9
t2 = t3 = 41,5 °C
173,9
Le diagramme industriel de Mollier ne permet pas de lire l’enthalpie 3
h3. Si on ne dispose pas de table, l’approximation suivante est souvent
suffisante : s (kJ . kg–1 . K–1)

h3 = cp t3 = 4,1855 x 41,5 = 173,7 kJ · kg-1 Figure 13 – Transformation cyclique

car une lecture sur une table de la vapeur d’eau donne :

h3 = 173,9 kJ · kg-1 9. Notion de mécanique


L’enthalpie à la sortie des pompes est donc : des fluides
h4 = 173,9 + 20 = 193,9 kJ · kg-1

Note : en négligeant les différences d’altitudes et les pertes de pres- 9.1 Statique des fluides incompressibles
sion dans les tuyauteries, on peut obtenir une approximation du rende-
ment global de la pompe soit :
Considérons à l’intérieur d’un liquide au repos un cylindre vertical
et deux points M1 et M2 appartenant à ses sections droites de surfa-
n3 ( p4 Ð p3 ) ( 160 Ð 0,08 ) ´ 10 5
h = ------------------------------- = ----------------------------------------------------- ces A où règnent respectivement les pressions p1 et p2 (figure 14).
( h4 Ð h3 ) 1000 ´ 20000 Désignons par z1 et z2 l’altitude de ces points et appliquons au cylin-
dre le principe fondamental de la mécanique :
h = 0,8
- p1 A + p2 A - mg = 0

4) La quantité de chaleur massique cédée au condenseur est : La masse du cylindre est


m = r A (z1 - z2)

q si bien qu’en divisant par la surface A et par rg, on obtient :


= h 3 Ð h 2 = 173,9 Ð 2 286 Ð 2 112,1 kJ · kg Ð1
{

2®3 ü
p p ï
------1- + z 1 = ------2- + z 2 ï
5) La quantité de chaleur massique fournie à la chaudière est : rg rg ý (27)
p ï
ou ------- + z = Cte ï
rg þ
q = h 1 Ð h 4 = 3 465 Ð 193,9 = 3 271,1 kJ · kg Ð1
{

4®1 que l’on désigne par « relation fondamentale de l’hydrostatique ».

6) Le rendement thermique du cycle simple de cette centrale se Exemple.


déduit des précédents résultats : En supposant la pression atmosphérique égale à p0 = 101 325 Pa, on
va déterminer la pression p qui régnera à l’extérieur d’un sous-marin,
enfoncé et immobile, en un point situé à 38 m de profondeur. La masse
q + q volumique de l’eau est prise égale à 1000 kg · m-3.
{

4®1 2®3 3 271 Ð 2 112,1


h = ----------------------------- = -------------------------------------------- = 0,354 D’après la relation de l’hydrostatique [relation (26)], nous avons
q 3 271 immédiatement :
{

4®1
p = 101 325 + 38 x 1 000 x 9,81 = 474 105 Pa

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h et T sont respectivement l’enthalpie statique et la température sta-


z tique.
Dans un écoulement, le nombre de Mach est le rapport de la
vitesse du fluide à la vitesse du son soit :

V
Ma = ----
p1 M1
c
z1
¶p
avec c 2 = æ -------ö , qui devient c 2 = g rT dans le cas d’un gaz parfait.
è ¶ rø S
En fonction du nombre de Mach, la relation (28) peut s’écrire de la
façon suivante :
z2
p2 M2
Ti gÐ1
----- = 1 + ------------ Ma 2
T 2

En supposant une évolution isentropique, pour passer des condi-


mg
tions statiques aux conditions d’arrêt, on définit également une
Figure 14 – Hydrostatique pression d’arrêt :

g
pi T i æè g-----------
Ð 1ø

9.2 Variable de Lagrange et d’Euler ----- = æ ----- ö
p è T ø

■ L’utilisation des variables de Lagrange est utile si on cherche à Suivant les auteurs, la pression pi s’appelle également pression
étudier chaque particule fluide prise individuellement. Le chemin totale, pression initiale, pression génératrice ou pression d’impact.
que suit une particule fluide au cours du temps est appelé trajec- Ces différentes appellations peuvent provenir de la forme particu-
toire. Analytiquement, dans un repère cartésien, les trajectoires sont lière que revêt cette relation dans le cas d’un fluide incompressible
définies par les coordonnées x, y, z de la particule données en fonc- soit :
tion du temps et des conditions initiales à la date t = t 0 ; soit :
V2
p i = p + r ------
x = f 1 ( x 0 , y 0 ,z 0 , t ) ; 2
y = f 2 ( x 0 , y 0 ,z 0 , t ) ; Souvent, par erreur, cette dernière relation est utilisée dans le cas
z = f 3 ( x 0 , y 0 ,z 0 , t ) de fluides compressibles. Les écarts sont d’autant plus grands que
la vitesse de l’écoulement est importante, puisque, dans ces condi-
Les trajectoires issues d’un même point à différents instants t tions, la masse volumique ne peut plus être considérée comme
seront donc différentes, sauf évidemment si l’écoulement est per- constante.
manent. L’utilisation des variables de Lagrange permettrait de con-
naître la marche individuelle de chaque particule mais ce n’est pas
essentiel pour l’étude des écoulements et surtout pas commode au
point de vue du calcul. 9.4 Équation de continuité
■ Par contre si, au même instant, on étudie l’ensemble de tous les
vecteurs vitesse en tous les points de l’écoulement l’utilisation des
variables d’Euler sera bien adaptée. Ce sont les composantes Un écoulement est dit conservatif s’il n’y pas de variation de
matière au sein du fluide. On montre qu’il doit satisfaire la relation :
u,v,w de la vitesse V à un instant t1. Les lignes tangentes, en chacun
de leurs points à la date t1, aux vecteurs vitesse sont appelées lignes ¶r
------ + div ( r V ) = 0
de courant. Elles sont définies par les relations différentielles ¶t
dx dy dz
-------------------------------- = -------------------------------- = ---------------------------------- Dans le cas d’un fluide incompressible, l’équation de continuité
u ( x , y , z , t1 ) n ( x , y , z , t1 ) w ( x , y , z , t1 ) devient :
L’utilisation des variables d’Euler est plus commode que celles de
Lagrange, car l’ensemble de ces vecteurs vitesse bénéficie des pro- div V = 0
priétés des champs vectoriels.
Si nous considérons un écoulement à une dimension dans un
tube de courant, d’abscisse curviligne s et de section d’aire A,
9.3 Conditions d’arrêt l’équation de la conservation de la masse s’écrira :

¶ ¶ ( rA )
Au paragraphe 3.4 nous avons rappelé la définition usuelle de ------ ( rAV ) + ------------------ = 0 (29)
l’enthalpie d’arrêt hi [relation (6)] ce qui permet de définir la tempé- ¶s ¶t
rature d’arrêt Ti d’un gaz idéal parfait :
Si l’écoulement est permanent, on retrouve l’équation de débit :
hi h + V2 V2
= ------ Þ T i = T + --------- (28) ¶
{
{

cp Ti cp T 2 2 cp ------ ( rAV ) = 0 Þ rAV = Cte


¶s

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9.5 Équations de la dynamique ■ Si le fluide est compressible, pas visqueux et que l’on néglige
l’action de la pesanteur on obtient l’équation de Barré de Saint-
des fluides visqueux Venant :

f
V 2f Ð V i2
ò
dp
Pour une particule fluide visqueuse, l’équation générale de la ------- + -------------------
- = 0
dynamique s’écrit : i
r 2

Exemple :
dV = Conformément au croquis de la figure 15, la conduite d’amenée
r -------- = F v + div. t
dt d’un jet d’eau à caractère décoratif a un diamètre intérieur d1 = 0,8 m
et se termine par un embout d2 = 0,1 m. La hauteur du jet d’eau est de
= 160 m et sa sortie est située à 2 m au-dessus de l’axe de la tuyauterie.
F v désigne les forces de volume et t le tenseur des contraintes.
En négligeant les différentes pertes et les variations de pression
Supposons, comme c’est souvent le cas, que les forces de volume atmosphérique dues aux différences d’altitude (p0 = 101 325 Pa), on va
se réduisent uniquement à l’action de la pesanteur. Dans ces condi- calculer :
tions, en décomposant les différents termes de cette équation et en 1) le débit-masse d’eau (r = 1 000 kg · m-3) ;
= 2) la pression effective indiquée par un manomètre placé au niveau
désignant par t f le tenseur des contraintes de viscosité on obtient : de l’embout.
1) Calculons tout d’abord la vitesse de l’eau à la sortie du jet en utili-
sant la relation de Bernoulli entre 2 ® 3 [équation (32)] :
¶V 1 1
------- + --- grad V 2 + rot V L V = Ð grad ( gz ) Ð --- grad p p V2 p V2
¶t 2 r ------2- + -----2- + z 2 = ------3- + -----3- + z 3
= rg 2 rg 2
1
+ --- div · d t f (30)
r or p2 = p3 et V3 = 0 et il s’ensuit donc que :

V2 = (2 x 9,81 (162 - 2))0,5 = 56 ms · s-1


■ Désignons par « s » l’abscisse curviligne de la trajectoire absolue
Connaissant la vitesse de l’eau à la sortie du jet, on a immédiatement
(tangente à la vitesse V ), n le vecteur unitaire défini par V = Vn , le débit-masse :
=
et posons dt f = div × t f . Le vecteur dt f caractérise le frottement ; p ´ 0,1 2
q m = 1 000 ´ --------------------- ´ 56 = 439,8 kg · s Ð1
4
il serait nul si le fluide était parfait.
2) Pour déterminer la pression indiquée par le manomètre, il faut
En multipliant scalairement la relation (30) par n , on obtient d’abord connaître celle qui règne dans la conduite d’amenée au niveau
l’équation longitudinale de la quantité de mouvement : de l’axe. Calculons la vitesse V1 :
qm 439,8
¶V ¶V ¶p - = ---------------------------------------------------- = 0,875 m · s Ð1
V 1 = ---------
r ------- + rV ------- + ------- = dt f n (31) rA 1 0,8 2
¶t ¶s ¶s 1 000 ´ p æ --------------ö
è 4 ø

■ En considérant un écoulement permanent et en multipliant sca- La relation de Bernoulli entre 1 ® 2 permet de déterminer la pres-
sion p1 :
lairement la relation (30) par V d t , on a :
p V2 p V2
------1- + ------1- + z 1 = ------2- + ------2- + z 2
V2 dp rg 2 g rg 2 g
d æ ------- ö + ------- + g d z + d f = 0
è 2 ø r

C’est l’équation fondamentale de l’écoulement permanent d’un 1 000


fluide visqueux. On remarquera que cette relation avait déjà été, soit p 1 = 101 325 + --------------- ( 56 2 Ð 0,875 2 ) + 1 000 + 9,81 x 2
2
implicitement, exprimée au paragraphe 3.7 [relation (9)], en faisant
wa = 0. p 1 = 1 688 562Pa ( 16,88 bar )

d f = dt f V d t représente le travail dégradé exprimé dans le repère Pour calculer la pression indiquée par le manomètre, appliquons la
galiléen : il est opposé au sens de l’écoulement donc négatif puisque relation de l’hydrostatique [équation (27)] :
résistant.
pmano = p1 - (z2 - z1) rg = 1 688 562 - 2 x 1 000 x 9,81

■ Si le fluide est incompressible et non visqueux : soit pmano = 1 668 942 Pa

d f = 0 et r = Cte
9.6 Écoulements laminaires et turbulents
on obtient l’équation de Bernoulli en intégrant la relation ci-dessus :

p V2 ■ Les contraintes tangentielles sont nulles lorsqu’un fluide est par-


------- + ------- + z = Cte (32)
rg 2g fait (§ 2.2). Si tel n’est pas le cas, on dit que le fluide est visqueux.

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La prise en compte des forces de viscosité fait apparaître un


z (m) groupement sans dimensions qu’on appelle le nombre de Reynolds
3
162 ( œ étant une longueur caractéristique) :

rV œ Vœ
Re = ----------- = ------- (34)
m n

Ce nombre compare l’importance relative des forces d’inertie et


de viscosité.

Lorsque le régime d’un écoulement devient turbulent ce nombre


est désigné par Reynolds critique. On est certain que l’écoulement
est laminaire si le nombre de Reynolds est plus petit que 2000 (forte
viscosité) pour un écoulement de canalisation cylindrique à base cir-
culaire.
Exemple.
2 On calcule le nombre de Reynolds d’un écoulement d’air dans une
2 p2
d2 = 0,1 m
tuyauterie ayant un diamètre de 0,09 m. On précise que la vitesse de
d1 = 0,8 m l’air est de 15 m · s-1 et que sa température est de 20 °C sous une
pression de 2 bar.
La masse volumique de l’air est donc de :
0 1
p 2 ´ 10 5
r = ----- = ----------------------------------- = 2,377kg · m 3
rT 287 ´ 293,15

Figure 15 – Jet d’eau et le nombre de Reynolds [relation (34)] :


2,377 ´ 15 ´ 0,09
Re = ----------------------------------------------- = 177 290
18,1 ´ 10 Ð6
Dans un écoulement par filets horizontaux, la contrainte tangen-
tielle en un point donné est proportionnelle au gradient de vitesse Ce calcul montre que le régime est turbulent et que nous sommes
perpendiculaire au plan de glissement : très loin du Reynolds critique. Ce n’est pas un cas particulier car, en
fait, les écoulements laminaires ne s’observent qu’assez rarement
¶V dans le domaine des machines et moteurs. On les rencontre dans les
t = m -------
¶z paliers et glissières et parfois pour des fluides très visqueux s’écoulant
très lentement dans des canalisations.
m est le coefficient de viscosité dynamique qui s’exprime en pascal-
seconde (Pa · s).dans le système SI ; ce coefficient dans l’ancien sys-
tème C.G.S. était le poise (P) ; 1P = 0,1 Pa · s.
Dans les liquides, m diminue lorsque la température augmente ; 9.7 Perte de pression
c’est l’inverse pour les gaz. Elle varie relativement avec la pression.
On associe souvent la masse volumique au coefficient de visco-
sité dynamique sous la forme : Aussi bien en régime laminaire qu’en régime turbulent, la perte
de pression Dp d’une tuyauterie se représente par la relation :
m
n = --- (33)
r 2
œ Vm
n est appelé le coefficient de viscosité cinématique, il s’exprime D p = L --- r ---------
d 2g
dans le SI en mètre carré par seconde (m2 · s-1). En CGS, il s’expri-
mait en stokes (St) ; 1 St = 10-4 m2 · s-1.
Le diagramme de la figure 16, extrait de l’article Mécanique des
Le tableau 11 donne, pour quelques fluides, le coefficient de vis- fluides [12] donne le coefficient L en fonction du nombre de Rey-
cosité dynamique. nolds et de la rugosité relative des parois ks /d ( ks hauteur des aspé-
rités et d diamètre de la conduite) d’une conduite cylindrique à base
■ Les écoulements laminaires et turbulents ont été mis en évidence
circulaire.
pour la première fois par Reynolds. L’expérience consistait à obser-
ver le mouvement d’un fluide à l’intérieur d’un tube de verre dans
Vm est la vitesse moyenne de l’écoulement et œ la longueur de la
lequel on introduisait un liquide coloré.
tuyauterie.
Dans cette expérience, souvent répétée, on constate que, aux fai-
bles vitesses, le filet coloré reste stable sur toute la longueur du Indépendamment des pertes par frottement, que nous venons de
tube. Les lignes de courant sont bien parallèles et il n’y a pas voir, il est nécessaire dans l’estimation de la résistance d’une canali-
d’échange de particules ; l’écoulement est dit laminaire. sation de tenir compte des pertes singulières. Citons par exemple :
Lorsque la vitesse augmente, il y a disparition de l’individualité du
— élargissement brusque, sortie d’une conduite ;
filet fluide coloré. À un certain moment, à partir d’une certaine dis-
tance de l’entrée du tube, le filet coloré se mélange avec le fluide ini- — rétrécissement brusque, entrée d’une conduite ;
tial, l’écoulement devient instable ; l’écoulement est dit turbulent.
— changement de section , convergent, divergent ;
Il n’existe pas de loi physique pour décrire le régime d’un écoule-
ment turbulent. — coude et changement de direction.

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Tableau 11 – Coefficient de viscosité dynamique n (en 10-6 Pa · s)


Température
Désignation (°C)
- 10 0 20 50 100 250 500
Air ..................................................... 16,67 17,2 18,1 19,1 21,77 27,77 35,62
Azote ............................................ N2 16,18 16,7 17,6 18,9 20,99 26,25 33,96
Ammoniac ................................ NH3 9,2 12,8
Dioxyde de carbone ................. CO2 13,44 13,9 14,9 16,4 18,83 24,42 32,91
Dioxyde de soufre .................... SO2 11,7 16,2
Eau ............................................ H2O 1800 1000 560 280
Vapeur d’eau ............................ H2O 8,0 8,8 10,0 12,6 18,22 28,40
Éthylène ................................... C2H4 9,3 12,4
Hydrogène .................................. H2 8,14 8,3 8,7 9,4 10,30 12,97 16,69
Méthane .................................... CH4 10,3 13,6
Monoxyde d’azote .................... NO 17,8 22,7
Monoxyde de carbone ............. CO 16,18 16,7 17,6 18,9 20,99 26,04
Oxyde d’azote .......................... N2O 13,6 18,2 33,72
Oxygène ..................................... O2 18,53 19,1 20,3 22 24,42 30,95 40,11
Sulfure d’hydrogène ................ H2S 11,6 15,9

0,1000 ks / d
L
0,0900 8
7
0,0800 6
5
0,0700
4
0,0600 3

0,0500 2
0,0450
Poi

0,0400 10 –2
9
seu

0,0350 8
7
ille

6
5
0,0300 4
3
0,0250 2,5
2

0,0200 10–3
8
6
0,0175
4
0,0150 2

0,0125 10–4
8
6
4
0,0100
2
0,0090
Bl 10–5
0,0080 as
iu Kar
s man
0,0070 -Nik
urad
ze
0,0060

0,0050
103 2 4 6 8 104 2 4 6 8 105 2 4 6 8 106 2 4 6 8 107 4 6 8 108
6,88 Re
Nature de la paroi ks (mm) Nature de la paroi ks (mm)
Verre, cuivre, plomb, plastique 0 Fonte 0,25
Fer forgé, acier, tôle 0,05 Bois 0,2 à 0,9
Fonte asphaltée 0,12 Ciment 0,3 à 3
Fer galvanisé 0,15 Acier rivé 1 à 10

Figure 16 – Diagramme de Moody : coefficient de perte de pression L en fonction du nombre de Reynolds Re et de la rugosité des parois ks /D

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Pour effectuer les calculs de ces pertes de pression dites singuliè-


res on écrit : Tableau 12 – Coefficient de conductibilité thermique
(en W · m-1 · K-1)
Vm 2
D p = kr -------- Température
2 (°C)
Désignation
k est appelé « coefficient de perte de pression », il est sans dimen- 0 20 50 100
sions et spécifique à la singularité considérée. Ce coefficient est éga-
lement fonction du nombre de Reynolds et de la rugosité : Air ..................................................... 0,024 0,026 0,028 0,032
Azote ............................................. N2 0,024 0,026 0,028 0,031
ks
k = f æè Re , ----- öø
Dioxyde de carbone ................. CO2 0,015 0,017 0,018 0,022
d Mercure ........................................ Hg 8,69
Eau .............................................. H2O 0,57 0,603 0,643 0,681
Il existe dans la bibliographie de nombreux ouvrages sur ce coef-
ficient, qui donnent, parfois, des expressions différentes pour une Vapeur d’eau ............................. H2O 0,018 0,019 0,021 0,025
même singularité. Hydrogène ................................... H2 0,168 0,170 0,193 0,217
Monoxyde de carbone .............. CO 0,023 0,025 0,027 0,030
Oxygène ....................................... O2 0,025 0,026 0,028 0,032
10.Thermique Cuivre ........................................... Cu 386
Argent .......................................... Ag 407
En vertu du second principe de la thermodynamique (§ 3.5), un
transfert de chaleur s’effectue spontanément des zones chaudes
vers les zones froides. Notons que ces zones peuvent appartenir, ou
Tg Tp
non, à un même corps.

Tg
Tp
a b
10.1 Conduction
Tp
La chaleur se propage de proche en proche, à l’intérieur d’un Tg
corps, des points chauds vers les points à températures plus basses. Tp Tg
j
La loi fondamentale de la conduction (loi de Fourier) exprime que
g
la quantité de chaleur passant à travers un élément de surface dA, c d
pendant l’intervalle de temps dt, est proportionnelle au gradient de
dT Figure 17 – Différents cas de surfaces d’échange de chaleur :
température ------- :
dx positions horizontale ou verticale

dT
d Q = Ð l d A ------- d t
dx Les ordres de grandeur du coefficient K pour l’air sont donnés
dans les différents cas suivants :
l est le coefficient conductivité thermique ; il dépend de la nature de — surface horizontale avec le gaz au-dessus (figure 17 a) :
la température du corps et s’exprime en W · m-1 · K-1.
K = 2,0 à 2,2 W/(m2 · K1/4)
Le tableau 12 donne le coefficient de conductivité thermique pour — surface horizontale avec le gaz au-dessous (figure 17 b) :
quelques fluides et métaux.
K = 1,1 à 1,3 W/(m2 · K1/4)
— surface verticale (figure 17 c) :

10.2 Convection naturelle K = 1,4 à 1,9 W/(m2 · K1/4)


Dans le cas général où il existe un angle j entre la normale côté
gaz et la pesanteur (figure 17 d), la puissance échangée par convec-
La puissance échangée par convection est : tion est alors :

P = a (Tp - Tg ) A
avec a = æ --- Ð --- cos j ö ( T p Ð T g ) 1 ¤ 4
5 1
P = a ( Tp Ð Tg ) A è3 ø
2
avec a = K (Tp - Tg )1/4 le coefficient de convection,
À cet effet de convection naturelle s’ajoute naturellement l’effet
Tg température du gaz, de rayonnement, soit pour un corps uni :

Tp température de la paroi. P = s ( T p4 Ð T g4 ) A

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avec la constante de Stéphan : compte (température de frottement) est plus élevée que la tempéra-
ture statique Ts soit :
s = 5,67 x 10-8 W/(m2 · K4) V2
T g = T s + 0,85 ---------
2 cp
Pour un corps non parfaitement absorbant, cette puissance doit
être multipliée par le facteur d’émissivité e. L’échange de chaleur est défini par la loi :

Pour un acier ordinaire brut, par exemple, on a e = 0,5 alors que P = a (Tp - Tg) A
e = 0,8 pour un acier ordinaire oxydé. avec a = Ms r V cp
Exemple. Ms est un nombre sans dimension appelé nombre de Margoulis ;
Une plaque en acier ordinaire à l’état brut, verticale, de 1 m2 de sur- sa valeur est pour les cas usuels, Ms = 0,005/2 = 0,0025.
face, se trouve portée à 100 °C, l’air ambiant se trouvant à 15 °C. Le Exemple.
calcul de la chaleur échangée par convection naturelle et par rayonne-
Un corps porté à 100 °C (373,15 K) échange de la chaleur par convec-
ment est le suivant :
tion forcée avec de l’air à 15 °C (288,15 K) à pression normale et animé
— convection naturelle : d’une vitesse de 100 m/s.
5 Le calcul de la chaleur échangée par mètre carré de surface est le
a = --- ( T p Ð T g ) 1 ¤ 4 = 5,06W/ ( m 2 × K ) suivant :
3
d’où V2
T g = T s + 0,85 --------- = 292,38 K
2 cp
P = a (Tp - Tg) A = 430 W
Avec
— rayonnement :
p
P = se ( T p4 Ð T g4 ) A = 354 W Ms = 0,0025, r = ----- = 1,207 kg/m 3
rT
— au total, la chaleur fournie par la plaque est donc de : et cp = 1004,5 J/(kg · K), on a :
430 + 354 = 784 W
a = Ms r V cp = 303 W/(m2 · K)
et

10.3 Convection forcée P = a (Tp - Tg) A = 244,73 W/m2

On voit combien la convection forcée est plus efficace que la con-


vection naturelle.
Dans ce cas, la paroi est léchée par un gaz dont la vitesse V est Les formules données s’appliquent également à d’autres gaz que
provoquée par une source extérieure de ventilation. Par suite de sa de l’air.
vitesse, le gaz échauffe légèrement la couche limite proche de la Une analyse approfondie des questions de thermique est effec-
paroi ; il en résulte que la température du gaz Tg à prendre en tuée dans le Guide technique de thermique [5]

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