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REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE Ministère de l’Enseignement Supérieur

Et de la Recherche Scientifique
……………………………
Union-Discipline-Travail

ECONOMIE GENERALE
/
ECONOMIE ET ORGANISATION
DES ENTREPRISES

NIVEAU D’ETUDE : BTS 2ème Année


Filières tertiaires
Mr KOUYATE
ECONOMIE GENERALE

Mr KOUYATE
SECTION I : AGREGATS, CROISSANCE ET DEVELOPPEMENT

A partir des opérations des agents économiques et de leur représentation synthétique, la


comptabilité nationale donne une image de l’activité économique d’ensemble d’un pays ou
d’une nation. Ses résultats globaux permettent de mesurer les évolutions, de dresser des
comparaisons, de réaliser des prévisions, de faire des analyses, etc.
Ainsi donc, la comptabilité nationale produit des instruments d’analyse économique : les
agrégats économiques. Ceux-ci nous permettent de mieux cerner les notions de croissance
économique et de développement ou de sous-développement.

Mr KOUYATE
CHAPITRE I
LES AGREGATS ECONOMIQUES

Définie comme étant la représentation simplifiée et chiffrée de toutes les opérations


économiques réalisée pendant une année à l’intérieur d’une économie ou entre celle-ci et le
reste du monde, la comptabilité nationale reste un instrument indéniable à toute économie. A
travers des notions ou des principes propres à elle, la comptabilité nationale détermine les
agrégats économiques indispensables aux comparaisons et aux prévisions économiques dans
le temps et dans l’espace.

I- NOTIONS IMPORTANTES DE COMPTABILITE NATIONALE

Ces notions sont importantes dans la mesure où elles permettent de mieux saisir la définition
et la détermination des agrégats économiques.

1. Territoire économique

La comptabilité nationale distingue le territoire géographique du territoire économique. Le


territoire géographique est défini par la superficie terrestre sur laquelle s’étend un pays, ainsi
que les espaces aériens et maritimes qui lui sont attribués. Le territoire économique quant à lui
est défini comme étant le territoire géographique duquel on soustrait toutes les enclaves
territoriales telles que les ambassades des autres pays sur le territoire national et on y ajoute
les enclaves territoriales détenues par le pays (soient les ambassades) dans le reste du monde.

2. Unité économique ou unité institutionnelle

En comptabilité nationale, les agents économiques sont appelés unité économique ou unité
institutionnelle. Ainsi, une unité institutionnelle est définie comme un centre de décision
économique indépendant. Ces unités économiques sont généralement regroupées en secteurs
institutionnels.

3. Secteur institutionnel

Un secteur institutionnel est un ensemble d’unités institutionnelles qui présentent un


comportement économique semblable. Le comportement économique est caractérisé par la
fonction économique principale de l’unité institutionnelle, ainsi que par la nature et l’origine
des ressources principales dont elle dispose.
La comptabilité nationale distingue six secteurs institutionnels résidents et un non résident (le
reste du monde), regroupés dans le tableau ci-après.

Mr KOUYATE
Tableau récapitulatif des secteurs institutionnels

Secteur Fonction principale Ressources principales


institutionnel
Sociétés et quasi- Produire des biens et services marchands Résultat des ventes.
sociétés non et non marchands.
financières (SQS)
Financer, c’est-à-dire collecter, Fonds provenant des engagements
Institutions transformer et répartir des disponibilités financiers contractés.
financières financières.
Entreprises Assurer, c’est-à-dire garantir un paiement Primes contractuelles ou
d’assurance contre un risque. cotisation volontaires.
Produire des services non marchands Versements obligatoires effectués
Administrations destinés à la collectivité et effectuer des par les autres secteurs et reçus
publiques opérations de redistribution du revenu et directement ou indirectement.
des richesses nationales.

Produire des services non marchands, Contributions volontaires


Administrations dans certains cas, à but lucratif et destinés effectuées par les ménages ;
privées aux ménages. éventuellement achats des
ménages.
Consommer et, en tant que entrepreneurs Rémunération des facteurs de
Ménages (y compris individuels, produire des biens et services production ; transferts effectués
entreprises marchands non financiers. par les autres secteurs ; produits
individuelles) de la vente.
Sous l’appellation « reste du monde », on
Reste du monde regroupe dans un même ensemble de
comptes les opérations entre unités
résidentes et unités non résidentes.

4. Résident ou non résident

La comptabilité nationale considère comme résident tout agent économique ayant un centre
d’intérêt sur un territoire donné. C’est-à-dire que cet agent réalise des opérations économiques
sur ce territoire pendant un an ou plus. Un non résident est donc celui qui ne remplit pas cette
condition.

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II- DEFINITION DES AGREGATS ECONOMIQUES

Les agrégats économiques sont des grandeurs synthétiques (statistiques) qui mesurent
l’activité économique d’un pays, en termes de production ou de revenu, au cours d’une
période donnée.
L’agrégat le plus utilisé est le produit intérieur brut (PIB). Mais en se situant à d’autres stades
du circuit, la comptabilité nationale détermine aussi le produit national brut (PNB) et le
revenu national (RN).

1. Le produit intérieur brut (PIB)

Le PIB est la principale mesure de la production nationale. Construit sur un critère de


territorialité, son calcul consiste à additionner les productions de toutes les unités
économiques résidentes, qu’elles soient nationales ou étrangères.
La comptabilité nationale distingue la production marchande et la production non marchande.
La production marchande est la production qui s’échange habituellement sur un marché. La
production non marchande est la production obtenue à partir de facteurs de production
s’échangeant habituellement sur un marché et est vendue à un prix au moins inférieur à la
moitié de son coût de production. Elle est essentiellement constituée de services rendus par les
administrations à titre gratuit ou presque.
La définition de la production retenue par la comptabilité nationale élimine les activités
domestiques et l’économie souterraine. Toutefois, elle inclut la production non marchande,
qui ne peut être évaluée par la valeur ajoutée puisqu’elle n’est pas vendue sur un marché.

2. Le produit national brut (PNB)


A l’inverse du PIB, le PNB repose sur le critère de la nationalité et comptabilise la
contribution des facteurs de production nationaux. En effet, cet agrégat comptabilise la
production des nationaux résidents à laquelle il soustrait, non pas la valeur ajoutée produite
dans le pays par les étrangers, mais les revenus versés à l’étranger. Inversement il
n’additionne pas la valeur ajoutée produite par les nationaux à l’étranger, mais les revenus
reçus en provenance de l’étranger.

PNB = PIB + revenu des facteurs en provenance du reste du monde – revenu des facteurs
versé au reste du monde

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3. Le revenu national (RN)
Le principal agrégat de revenu est le revenu national. Il correspond à la valeur totale des
revenus obtenus par les agents économiques, pour leur participation à l’activité économique,
au cours d’une période donnée. Il est généralement calculé à partir du PNB.

RN = PNB – amortissement – impôts indirects liés à la production

III- ANALYSE DES AGREGATS ECONOMIQUES


L’analyse ou la détermination des différents agrégats se fait généralement selon trois
orientations bien distinctes. Celles-ci sont :
 L’optique du produit
 L’optique de la dépense
 L’optique du revenu

1. L’optique du produit
Dans cette optique l’évaluation de l’agrégat principal (le PIB) se fait selon la méthode de la
production. En effet, le PIB se détermine comme suit :
PIB = Σ(VA) + TVA + DD
Avec : VA= valeur ajoutée, DD= droit de douane

2. L’optique de la dépense
L’évaluation de l’agrégat dans ce cas se fait selon la méthode des emplois finals. Ainsi on a :
PIB = CF + FBCF + stock + G + (X – M)
CF = consommation finale, FBCF = formation brute du capital fixe, stock = variation de
stock, G = dépense gouvernementale, X = exportation, M = importation

3. L’optique du revenu
Il s’agit ici d’une évaluation de l’agrégat selon la méthode des revenus. Soit :
PIB = Σ(Salaires) + EBE + impôts liés à la production et à l’importation + subvention

EBE = excédent brut d’exploitation

Remarque :

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- En déduisant du PIB et du PNB la consommation de capital fixe (l’amortissement
économique des biens d’équipement), on obtient le produit intérieur net (PIN) et le
produit national net (PNN).
- L’évaluation des différents agrégats peut se faire pour chaque habitant. On parlera
alors de PIB par tête, de PNB par tête, etc.
Il suffit dans ce cas de diviser la valeur de l’agrégat concerné par la population totale
du pays considéré.
- Les grandeurs économiques, et surtout leur évolution, peuvent être calculées en valeur
ou en volume.
La mesure en valeur, ou en prix courants, intègre l’évolution des prix dans l’évolution
de la variable, majorant donc celle-ci en cas d’inflation.
La mesure en volume, ou en prix constants, défalque l’augmentation des prix de
l’augmentation de la variable. L’effet de l’inflation est donc annulé.

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IV- LES LIMITES ET LE CIRCUIT DES AGREGATS

Comme toute mesure globale, les agrégats ne fournissent qu’une évaluation imparfaite de
la production et du revenu. Aussi, résultat de l’activité économique, ces différents agrégats
peuvent être analysés à travers un schéma simplifié.

1. Les limites des agrégats

Les agrégats économiques sont des mesures relativement précises et for utiles pour évaluer les
performances de l’économie nationale. Cependant, ces mesures connaissent des
imperfections :
 Ils ignorent dans leur évaluation, le secteur informel et l’économie souterraine.
 Ils ne tiennent pas compte du travail domestique, des travaux effectués pendant les
heures de loisir et toute activité bénévole.
 Ils ne prennent pas en compte les dépenses liées à la lutte contre les nuisances
générées par la production.

2. Le circuit des agrégats

C’est un schéma synthétique par lequel on rassemble et résume les résultats de l’activité
économique d’une nation. Le circuit peut être simple ou étendu.

Le circuit simple

Production

Consommation Revenu

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Le circuit étendu aux investissements financiers

Investissement

Production

Institutions Consommation Revenu


financières

Epargne

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CHAPITRE II
LA CROISSANCE ECONOMIQUE

La production mesure la richesse créée pendant une période déterminée. Ce n’est donc qu’une
quantité de biens qui, lorsqu’elle s’accroît de période en période, marque ce que l’on
appelle la croissance économique.
La plupart des économistes accordent énormément de vertus à la croissance économique car
elle permet de créer des emplois et des revenus, vertu essentielle dans un contexte
d’amélioration du bien-être des individus. Il est donc important d’en avoir une approche
exacte.

I- LA NOTION DE CROISSANCE

1. Définition

La croissance économique peut être définie comme étant l’accroissement durable et soutenu
de la production globale d’une économie. C’est donc un phénomène purement quantitatif et
de longue période.
Par ailleurs il faut distinguer la notion de croissance de la notion d’expansion. L’expansion
économique est une augmentation conjoncturelle de la production d’un pays.

2. La mesure de la croissance

La mesure de la croissance économique est basée sur la prise en compte d’un agrégat ou d’un
indicateur important de la production : le PIB.
Elle se mesure ainsi par le pourcentage d’augmentation (ou de variation) du PIB appelé taux
de croissance économique.
Deux approches sont à relever dans la mesure de la croissance économique. On parle alors de
croissance réelle ou de croissance nominale.
- La croissance réelle ou croissance en volume de production:
Pour mesurer la croissance réelle, il faut déterminer le PIB réel (ou le PIB à prix
constants). La croissance réelle est donc la croissance de la production après avoir
éliminé la hausse due à l’inflation. Mieux elle mesure la variation des quantités de
biens et services produits.
- La croissance nominale ou croissance en valeur :

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La croissance nominale est déterminée à partir du PIB nominal (ou le PIB à prix
courants). C’est donc la croissance économique qui résulte d’une hausse de la
production réelle tout comme de l’augmentation des prix. En d’autres termes, elle tient
compte non seulement de la variation des prix des biens et services produits mais aussi
de la variation du volume de ceux-ci.

II- LES FACTEURS ET LES MODALITES (ASPECTS) DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

Les facteurs liés à la croissance économique sont nombreux et peuvent jouer différemment sur
celle-ci. On note ainsi différents aspects de la croissance économique.

1. Les facteurs de la croissance économique

La fonction de production repose généralement sur l'utilisation de facteurs de production


essentiels ou classiques qui sont le travail et le capital auxquels on ajoute d’autres facteurs
considérés comme des facteurs résiduels. La croissance dépend donc des quantités de facteurs
de production disponibles et de la manière dont ils sont utilisés.

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a) Les facteurs classiques ou essentiels

 Le facteur travail : la croissance est possible grâce à une augmentation de la quantité


de travail disponible ou par une augmentation de la qualité du facteur travail utilisé
(accroissement de la qualification moyenne des salariés) :

- Évolution démographique
- hausse de la population active (← allongement de la durée du travail, augmentation
du taux d'activité, ...)
- formation / expérience
- division du travail, meilleure organisation du travail

 Le facteur capital : la croissance se traduit par des Investissements qui viennent


accroître ou améliorer le stock de capital technique disponible ce qui permet une
augmentation des quantités de biens et services produites.

b) Les facteurs résiduels ou non économiques

Le progrès technique : qui accroît la productivité des facteurs de production utilisés. Près
dela moitié de la croissance économique serait le fait de ce progrès technique.
Le facteur culturel : les systèmes de valeurs culturelles (coutumes, religion…) peuvent être
source de croissance.
Le facteur juridique : l’existence d’une législation claire sur la propriété et d’une justice
impartiale encourage les investissements et le développement d’activités qui sont source de
croissance.
Le facteur politique : la stabilité politique justifiée par des institutions démocratiques et une
politique d’intégration nationale peut stimuler la croissance.
Les facteurs sociaux : ils s’expriment par la lutte contre l’exclusion, la santé, l’éducation, la
formation technique et professionnelle.
Les échanges extérieurs : élargissement des marchés et transfert de technologie.

2. Les modalités de la croissance

La croissance économique dépend à la fois de l'augmentation des quantités de facteurs de


production utilisés dans le processus productif, mais aussi de l'amélioration des techniques de

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production permettant de produire plus de biens et services avec les mêmes quantités de
facteurs de production. On peut alors distinguer :
La croissance extensive : croissance économique qui résulte surtout de l’augmentation des
quantités de facteurs de production utilisés.
La croissance intensive : croissance économique qui résulte surtout d’une meilleure
utilisation des facteurs de production, et qui repose donc sur des gains de productivité.
La croissance équilibrée : croissance économique obtenue dans les équilibres
macroéconomiques classiques (équilibre du budget de l’Etat, inflation nulle, plein emploi des
facteurs de production). C’est aussi une croissance sans disparités régionale et sectorielle.
La croissance zéro ou croissance durable : à l’origine c’est une croissance économique qui
est égale à la population. C’est aussi une croissance qui respecte l’équilibre écologique, qui ne
détruit pas les ressources naturelles déjà limitées

III- LES EFFETS DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

La croissance économique a des conséquences positives tout comme des conséquences


négatives.

1. Les effets positifs de la croissance économique

Comme effets positifs, la croissance économique entraîne généralement :


- L’amélioration du bien-être de la population ;
- Le développement équilibré des secteurs et des régions du pays si les retombés de la
croissance sont équitablement repartis ;
- La réduction de la pauvreté ;
- L’augmentation du niveau de la consommation ;
- L’augmentation de l’emploi ;
- Etc.
En somme, la croissance économique entraîne le développement économique.

2. Les effets pervers de la croissance économique

- Une croissance économique élevée n’est pas toujours synonyme d’augmentation ou


d’amélioration du niveau de vie ;

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- Une mauvaise ou inégale répartition des richesses créées peut faire coïncider un PIB
élevé et une grande pauvreté. Ou bien entraîner des disparités régionales et
sectorielles ;
- Une croissance économique provoque aussi très souvent un déséquilibre écologique :
déforestation, pollution, etc.

IV- LES FLUCTUATIONS ECONOMIQUES

Les fluctuations du taux de croissance de l'activité économique semblent se présenter selon un


schéma identifiable sous le terme de "cycle économique" aux caractéristiques clairement
définies et dont la périodicité varie dans le temps selon un rythme relativement régulier.
Une analyse plus fine de l'évolution de l'activité économique sur une longue période permet
de plus de mettre en lumière l'existence de plusieurs types de cycles économiques qui
s'emboîtent les uns dans les autres.

1. La notion de cycle économique

a) Définition

Un cycle en économie est un concept qui définit les fluctuations de l'activité économique en
les décomposant en une succession de phases clairement identifiables qui se répètent dans le
temps de manière ordonnée.

b) Les différentes phases d’un cycle économique

On peut distinguer quatre phases successives dans un cycle économique qui sont la phase
d'expansion, la crise, la dépression (qui peut devenir une récession) et enfin la reprise qui
débouche sur la phase d'expansion du cycle suivant.
 L'expansion :La phase d'expansion désigne la phase du cycle économique caractérisée
par l'augmentation du volume de la production et de la demande sur une courte ou une
moyenne période(le taux de croissance annuel du PIB est donc soutenu).
 La crise : le terme de crise désigne le moment bref de retournement de la conjoncture.
Elle est représentée par le point de retournement qui marque le début de la phase de
ralentissement de l'activité économique.
 La dépression : la dépression désigne la phase de ralentissement de l'activité
économique. L'économie continue alors de croître mais dans de faibles proportions. Il

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arrive que dans certains cas, cette dépression se transforme temporairement en
récession.
 La récession : Cette phase du cycle économique désigne une contraction de la
production d'un pays pendant deux trimestres consécutifs. Le de croissance de
l'activité économique est donc négatif.
 La reprise : La reprise désigne la phase du cycle économique qui se caractérise par un
retour de l’économie à une phase d’expansion après une phase de récession. La reprise
représente donc le point d'inflexion qui marque le retour d'une phase de croissance de
l'activité économique soutenue.

Représentation graphique du cycle économique

On peut alors schématiser un cycle en économie de la manière suivante :

Taux de croissance
du PIB

1 3
1

Temps

(1) phase d'expansion.


(2) crise (fin de la période d'expansion)
(3) phase de récession (qui peut se transformer en phase de dépression)
(4) reprise (retournement de l'activité qui déclenche un nouveau cycle économique).

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2. La théorie des cycles économiques

La notion de cycle économique s'applique dans la réalité à un ensemble de cycles qui varient
en fonction de leur périodicité et qui s'imbriquent les uns aux autres.
On distingue alors différents cycles économiques qui ont été mis en évidence par un certain
nombre d'économistes :
 les cycles décrivant des tendances séculaires ou Trends d'une périodicité de100 ans
environ par référence aux travaux de Fernand Braudel.
 les cycles de longue durée ou cycle Kondratiev (du nom de l'économiste qui les a
"découverts") qui s'étendent sur une période d'environ un demi-siècle. C'est
l'innovation qui est à l'origine de ce type de cycle. La phase de hausse est générée par
la diffusion de l'innovation dans la sphère économique, la phase de ralentissement
traduit la fin de l'impact de ces innovations sur la structure de l'économie.
 les cycles classiques ou cycles courts appelés aussi cycles Juglar qui durent en
moyenne entre 6 et 10 ans. Ils sont essentiellement motivés par des causes
conjoncturelles qui influent sur le comportement à court terme des agents
économiques (Investissement, consommation...).
 les cycles Kitchin qui dure approximativement 40 mois et qui sont liés à la politique
des entreprises en terme de variation des stocks de produits finis (Exemple :
lorsqu'elles anticipent une reprise de l'activité, les entreprises accroissent
préventivement leur production pour regarnir leurs stocks de produits finis).
 les cycles relatifs à des variations saisonnières de l'activité économique dans certains
secteurs d'activité particuliers comme par exemple la production agricole.
3. Les raisons du cycle économique
On attribue en générale trois sortes de raisons qui sont à l'origine des cycles économiques :

 Une cause exogène :


Dans ce type de situation, le cycle économique est provoqué par une raison qui est
indépendante de la sphère économique étudiée : un ralentissement de l'activité chez notre
principal partenaire économique risque de se propager à l'économie nationale (ex. impact du
ralentissement de la croissance américaine sur la croissance mondiale), l'instabilité politique
peut favoriser un sentiment attentiste négatif pour la croissance économique...

 Une cause endogène :


Dans ce cas, les variations de l'activité économique sont liées à des causes d'ordre purement
économiques. Les facteurs à l'origine d'une variation de l'activité économique sont multiples

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(Exemples effort d'accroissement du stock de capital suite à une baisse des taux d'intérêt,
évolution du partage de la valeur ajoutée, mise en place d'une innovation technologique,...).

 Une cause d'origine financière :


On parle alors parfois du cycle de l'endettement : la croissance de l'activité économique se
traduit par une hausse des crédits accordés soit aux entreprises qui investissent, soit aux
ménages qui consomment. Lorsque l'activité ralentie, les agents économiques mettent en
place une stratégie de désendettement qui entraîne alors un approfondissement de la
dépression. Ce type de raison montre l'importance prise par la sphère financière sur l'évolution
de la sphère économique.

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CHAPITRE III
LE DEVELOPPEMENT ET LE PROBLEME DU SOUS DEVELOPPEMENT

Le développement est sûrement la question économique, humaine et sociale la plus


importante de nos jours. Certains pays aujourd’hui accèdent à un niveau de développement,
parfois partiel ou qui ne concerne que certains secteurs de l’économie, alors que d’autres
régressent et s’enfoncent de plus en plus dans une situation de précarité et de dépendance.
C’est donc cette inégalité qui met en relief la notion de développement et celle du sous-
développement. Par ailleurs quel que soit l’ampleur du niveau d’évolution des deux
phénomènes, ils sont caractérisés par certains nombres de critères qui s’examinent par
opposition entre les pays.

I- LA NOTION DE DEVELOPPEMENT

1. Définition

Il ne faut pas confondre la croissance économique et le développement, même si ces deux


notions sont liées. La croissance est un phénomène économique quantitatif et structurel, donc
mesurable et de longue durée, qui se caractérise par l’accroissement des richesses produites
(PIB, PNB…) par un pays sur une période donnée. Contrairement à elle, le développement est
un phénomène qualitatif, qui correspond à l’ensemble des transformations techniques,
sociales et culturelles permettant l’apparition et la prolongation dans le temps de la croissance
économique.
Toutefois la croissance économique est une condition nécessaire pour le bon déroulement du
processus de développement, mais celui-ci est aussi indispensable à la poursuite de la
croissance. Ainsi, la définition du développement économique peut se résumer à celle donnée
par François Perroux : « le développement est la combinaison des changements mentaux
et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et
durablement, son produit réel global ».

2. Les indicateurs de développement (ou mesure des inégalités de


développement) : caractéristiques

Le développement économique s’apparente à la combinaison des changements touchant


l’ensemble des structures économiques, sociales, culturelles et démographiques. De ce fait, de
nombreux critères doivent donc évolués ensemble : le niveau de vie, la part de l’industrie et

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des services dans la production et dans la population active, le taux de mortalité infantile, le
taux d’alphabétisation, le nombre d’étudiants, de chercheurs, etc.
L’analyse de ces critères fait apparaître de fortes inégalités de développement dans le monde à
travers des indicateurs. On peut distinguer les indicateurs de richesse d’un pays et les
indicateurs de niveau de vie. Vue les limites du PIB, la banque mondiale définit la richesse
d’une nation non pas comme une variable de flux de production mais comme une variable de
stock de capitaux (capitaux liés à la nature, capitaux économique et ressources humaines
mesurées par le niveau d’éducation et de nutrition) autorisant le “développement durable
d’une nation”. Les niveaux de vie montrent comment la croissance de la richesse nationale
profite aux individus.
Par ailleurs, le programme des nations unies pour le développement (PNUD) a proposé deux
autres indicateurs, l’IDH et l’IPH.

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a) L’indicateur du développement humain (IDH)

Proposé en 1990, l’IDH est un indicateur (compris entre 0 et 1) ayant pour objectif de refléter
trois aspects du développement économique et social d’un pays :
- l’espérance de vie à la naissance
- le degré d’éducation (mesuré par le taux d’alphabétisation des adultes et la
moyenne d’année d’étude)
- le PIB réel par habitant
L’IDH est cependant une moyenne nationale qui masque des inégalités entre sexes, régions,
classe de revenus c’est pourquoi le PNUD va proposer en 1997 un autre indicateur qui est
l’IPH.

b) L’indicateur de pauvreté humaine(IPH)

Il est fondé sur trois éléments : l’espérance de vie, le niveau d’éducation et les conditions de
vie, mesuré à partir de trois variables : l’accès au service de santé, l’accès à l’eau potable et la
part des enfants de moins de 5 ans victimes de malnutrition.
L’IPH vient pour compléter l’IDH car l’amélioration de ce dernier peut cacher une répartition
inégale des progrès réalisés ou la persistance de zones de pauvreté.

3. Le processus de développement (ou de croissance)

Selon l’économiste Rostow, le développement (la croissance) d’un pays passe par cinq
étapes :

a) La société traditionnelle

C’est le stade antérieur à tout phénomène de développement. C’est une société dont l’activité
est basée sur l’agriculture et l’artisanat et où le progrès technique est totalement inexistant.

b) Les conditions préalables au démarrage

C’est la phase de transformation et d’évolution des mentalités se traduisant par une volonté de
développement.
- développement des moyens de communication et télécommunication
- accroissement de la productivité globale

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- industrialisation progressive
- apparition d’une épargne disponible pour les premiers investissements industriels

c) Le démarrage

C’est la phase de décollage, caractérisée par :


- l’apparition de techniques nouvelles
- la révolution politique et économique
- l’amélioration de la productivité agricole
- l’existence de secteurs de croissance élevée ayant un effet d’entraînement sur les
autres
- une forte augmentation des investissements
- l’apparition des industries de transformation
- les pouvoirs publics orientent leurs actions vers le développement économique

d) La marche vers la maturité

Phase d’application des techniques modernes à l’ensemble de l’économie. Elle se caractérise


par la création de nouveaux secteurs avec transfert de la population active agricole vers
l’industrie et les services.

e) L’ère de la consommation de masse

Il y a une grande importance des produits de consommation et des biens d’équipement


durables. Il y a également prédominance du secteur tertiaire.

II- LA NOTION DE SOUS-DEVELOPPEMENT

1. Définition

Le sous-développement peut être défini comme une situation de blocage du développement


économique qui résulte de l’absence de conditions propices à une transformation des
structures économiques, sociales, culturelles ou institutionnelles.

2. Caractéristiques ou critères du sous-développement

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Le sous-développement peut s’analyse à travers différents critères :

a) Les critères humains et sociaux

 le critère humain
Il s’articule autour de l’alimentation. En effet, les carences quantitatives et qualitatives
alimentaires, sont en corrélation fortement positives avec un grand nombre de
phénomènes constitutifs du sous-développement. On a entre autres le taux de mortalité
infantile, la brièveté de l’espérance de vie, la faiblesse de la productivité… De nombreux
pays vivent dans la faim et la malnutrition, ce qui provoque des réactions en chaîne dont le
résultat est d’annihiler les possibilités d’actions de l’homme. Des qualités humaines
comme la vivacité, la vitalité, l’aptitude intellectuelle, la volonté de réussir en sont ainsi
réduites. Aussi, la famine chronique interdit aux qui en souffrent de parvenir à un plein
épanouissement de leur possibilités physiques et mentales : elle les condamne à un
vieillissement précoce et à une mort prématurée.
La malnutrition est un facteur favorisant l’extension de nombreuses maladies : paludisme,
bilharziose, rachitisme, goitre…
 les critères sociaux
- la situation sanitaire marquée par une insuffisance des infrastructures sanitaires et
un manque de personnel soignant. Les pays sous-développés sont minés par les
grandes endémies (tuberculose, lèpre, la malaria, le SIDA…).
- Le niveau de vie qui est faible à cause du faible pouvoir d’achat.
- Le niveau de l’emploi ; le chômage est trop fort avec un exode rural accentué.
- L’éducation ; l’analphabétisme est très élevé en particulier chez les adultes. Le
taux de scolarisation est faible surtout chez les jeunes filles.
- La démographie ; les taux de natalité, de fécondité, de mortalité infantile sont très
élevés. On a aussi une faible durée de vie et une population jeune.
- La pauvreté définie par la non couverture des besoins fondamentaux. La majorité
de la population de ces pays vit dans la misère.
- Le blocage culturel ; pour certains sociologues, les coutumes, les croyances, les
préceptes et rites religieux, les habitudes de la vie quotidienne constituent parfois
des freins au développement.
- Les inégalités régionales et les inégalités dans la répartition des richesses.
 Les critères politiques
Les pays en voie de développement sont généralement des anciennes colonies, il y existe
de ce fait une situation de subordination économique et diplomatique. On y note une
absence d’unité nationale compte tenu des morcellements ethniques, linguistiques et
culturels. Il y persiste aussi une centralisation du pouvoir (et donc une absence de
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démocratie et de bonne gouvernance), un non-respect des droits de l’homme et des
libertés (expression, association, syndicat…) malgré quelques efforts plus ou moins
perceptibles.
 Les critères économiques
Si l’observation des nations du tiers monde permet de constater des inégalités humaines et
sociales, l’analyse de leurs résultats économiques laisse apparaître de forts déséquilibres
comparativement aux pays dits développés. On a :
- le PIB par habitant très faible
- faible productivité (taux de croissance faible voir négatif)
- extraversion de l’économie (dépendance accrue de l’économie de l’extérieur)
- niveau d’endettement élevé
- dualisme de l’économie supplanté par un secteur traditionnel
- faible part dans les échanges extérieurs.

III- LES ANALYSES DU SOUS-DEVELOPPEMENT : LES CAUSES

Nombreux sont les auteurs qui essaient de donner une explication au sous-développement.
Les différentes analyses réalisées peuvent être regroupées en deux grandes thèses : la thèse
libérale et la thèse tiers-mondiste.

1. La thèse libérale
Pour les libéraux, le sous-développement se manifeste par une inefficacité des structures
économiques, politiques et socioculturelles ; c’est de ce fait un retard dans le processus de
développement qui peut être rattrapé.
Les obstacles au développement sont :
- le manque de capitaux
- le surpeuplement des pays du tiers-monde
- le dualisme des pays sous-développés (manque de communication entre le secteur
traditionnel et le secteur moderne)

2. La thèse tiers-mondiste

Les économistes du tiers monde soutiennent que le sous-développement n’est pas un retard
dans le développement comme le soutiennent les libéraux mais plus un produit du
développement qui se justifie par une intervention plus ou moins directe dans les économies
des pays en développement.

Mr KOUYATE
Les obstacles de sortie du sous-développement sont :
- contrôle ou tentative de manipulation des centres de décision des économies du
tiers monde
- bouleversement puis façonnement des structures des pays sous-développés dans
l’intérêt des pays développés
- appropriation par l’extérieur d’une grande partie du surplus économique des pays
sous-développés.

IV- LES STRATEGIES DE DEVELOPPEMENT

Plusieurs stratégies s’offrent aux pays du tiers monde pour amorcer leur développement.
Celles-ci portent généralement sur l’agriculture, l’industrie, l’intégration économique et la
réduction de la pauvreté.

1. la stratégie de développement basée sur l’agriculture

L’agriculture participe au développement économique par le biais de ses produits, son


marché, ses facteurs de production (main d’œuvre) et son accumulation de capital.
Cette stratégie porte sur :
- la valorisation du potentiel agricole (développement extensif, travaux d’irrigation,
développement intensif, usage d’engrais chimique…)
- la réforme agraire qui est une modification apportée par la puissance publique aux
structures agricoles
- la révolution verte qui consiste à modifier la technologie agraire (semence, engrais,
pesticides…) et à développer la productivité afin de nourrir la population sans
cesse croissante.

2- La stratégie d’industrialisation

Donner la priorité à l’industrie équivaut à emprunter la voie royale du développement. Quatre


stratégies sont envisageables à ce niveau.

a) La stratégie des industries industrialisantes

Mr KOUYATE
Elle consiste à rechercher les pôles d’industrialisation dont les effets sur le reste de
l’économie sont importants. Pour les tenants de cette thèse, seules certaines industries sont
susceptibles d’assurer la propagation du processus d’industrialisation à l’ensemble de
l’économie. Cette stratégie relève trois questions :
- quelle production encourager (industrie lourde, chimie, énergie) ?
- quel marché satisfaire ?
- quels sont les acteurs du processus ?
Dans la pratique cette stratégie se heurte à de nombreuses difficultés : rareté de main d’œuvre
qualifiée, endettement financier, coût d’investissement élevé…

b) La stratégie d’industrialisation par substitution aux


importations

Elle devrait permettre l’essor d’une industrie nationale tournée vers un marché intérieur
protégé. Elle permet de combler la demande pour les biens à faible intensité capitalistique.
Toutefois elle présente des limites : risque de saturation de la demande, absorption
insuffisante de la main d’œuvre, dépendance financière…

c) La stratégie d’industrialisation par valorisation des


exportations

La valorisation des exportations se justifie par la promotion des exportations et la substitution


entre les exportations (produit à forte valeur ajoutée contre produit à faible valeur ajoutée.).
Cette stratégie permet une plus grande utilisation des capacités nationales de production,
étend le marché potentiel au-delà des frontières nationales, entraîne une élévation du niveau
technologique de la nation.

d) La stratégie de développement endogène

Le sous-développement étant perçu comme un fruit du développement par les théoriciens


tiers-mondistes, les pays du tiers- monde devraient donc couper « le cordon ombilical » avec
les pays du Nord, anciens colonisateurs et d’amorcer un développement auto-entretenu,
autocentré, endogène, autonome à travers une politique de développement adaptée, basée sur
les ressources propres disponibles.

Mr KOUYATE
3- La coopération internationale

Le nouvel ordre économique international (NOEI) a pour fondement la souveraineté politique


et permanente des Etats du tiers monde avec le droit de nationalisation, l’indépendance
économique, l’équité et la coopération dans le domaine économique. En effet, les échanges
internationaux sont considérés comme un facteur important de développement (Trade, not Aid
comme le préconisait l’administration Clinton.)

4- La réduction de la pauvreté

La pauvreté humaine est le fait d’être privé des possibilités de choix et des opportunités les
plus essentielles au développement humain. La pauvreté humaine s’exprime par :
- une durée de vie brève,
- un déficit d’éducation de base,
- un manque de moyens matériels,
- l’exclusion et une privation de liberté et de dignité.
Les pays du tiers monde doivent donc œuvrer à réduire la pauvreté pour connaître un
développement à savoir vivre longtemps, vivre en bonne santé, vivre dans un milieu de
liberté, acquérir des connaissances et un savoir et pouvoir accéder aux ressources nécessaires
pour vivre dans des conditions décentes.

5- L’intégration économique

Elle vise à unir des Etats en vue de la disparition complète des obstacles protectionnistes entre
les pays membres et développer le commerce intra et extra.

Mr KOUYATE
SECTION II : LES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES

Les relations économiques de façon générale induisent une interdépendance croissante aussi
bien au niveau des économies (pays) que des sociétés. Les enjeux en matière économique et
financière, mais aussi culturelle et sociale ne sont plus de portée nationale ou locale mais
régionale, voire mondiale.
Le grand débat suscité par cette mondialisation oppose les théories du libre-échange aux
pratiques protectionnistes certes, mais pose d’abord le problème de la diversité des relations
économiques ainsi que leur justification théorique. Aussi, cette opposition théorique met en
exergue le problème de l’organisation des échanges internationaux.

CHAPITRE I
LA DIVERSITE DES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES
(REI)

A l’évidence, toutes les relations entre les êtres humains et entre les institutions qu’ils ont
créées ne sont pas des relations « économiques ». Dans les sociétés contemporaines, qu’elles
soient qualifiées de « capitalistes », de « marchandes » ou « de marché », une relation sera
dite « économique » si elle met en rapport un vendeur et un acheteur, qui échangent, le plus
souvent par l’intermédiaire de la monnaie, un bien, un service, une créance, une dette, ou
encore de l’argent. Une personne participe à la vie économique lorsqu’elle vend quelque
chose dont elle est propriétaire (et donc lorsqu’elle se dessaisit de cette propriété), lorsqu’elle
loue quelque chose (elle vend alors le service de cette chose), lorsqu’elle produit quelque
chose pour le vendre, ou encore lorsqu’elle achète quelque chose ou le service de cette chose
(elle en devient alors propriétaire). C’est ainsi que, traditionnellement, l’échange, la
production, la consommation et la répartition des richesses constituent globalement « l’objet »
de l’analyse économique. Ainsi, Les relations économiques internationales présentent une
grande diversité quand a leurs natures qu'a leurs acteurs.

I- NATURE DES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES

Les relations économiques internationales sont constituées d'échanges commerciaux de biens


et de services mais aussi d'échange de facteurs de production. On note également des
échanges culturels, scientifiques et technologiques.

Mr KOUYATE
1. Les échanges commerciaux de biens et de services

Ils dominent les échanges internationaux. Il s’agit de :


 Echange de produits agricole
 Echange de produits des industries extractives
 Echange de produits manufacturés
 Service de transport
 Voyages
Par ailleurs, les échanges de services se développent plus rapidement que les échanges de
biens (ou marchandises).

2. Les échanges de facteurs de production

Ils se résument aux mouvements de personnes et de capitaux.


 Les mouvements de personnes
Les flux migratoires diffèrent du point de vue de la durée d’installation, des motifs de
l’immigration et de la profession du migrant.

Durée d'installation Motifs d'immigrations Profession des migrants


. Travailleurs frontaliers .D'immigration volontaire: .Les professions des
. Travailleurs saisonniers recherche d'un emploi mieux immigrer sont très diverse
. Travailleurs temporaires rémunéré.
. Travailleurs permanant .L'immigration forcé: c'est le cas
des refugiés politique.
.L'immigration des familles:
partant rejoindre les travailleurs
immigrés.

Mr KOUYATE
 Les mouvements de capitaux
Ils occupent une place de plus en plus importante dans l'économie mondiale. Ces
mouvements de capitaux sont de différentes natures.

Les mouvements
de capitaux

Mouvement Mouvement
à LT de capitaux à
CT

Opération Crédit
portefeuille commerciaux
à CT

Investissement Placement ou
direct emprunt à
CT

Création à MT et
LT

3. Les échanges culturels, intellectuels et technologiques

 Les échanges culturels et intellectuels


Le phénomène important qui, à l'avenir renforcera la circulation internationale des
idées et de la culture en matière de télécommunication.
Mais les échanges peuvent aussi être réalisés sur une certaine échelle dans le domaine
de l'éducation et de la formation (stage d'étude..).
Enfin des échanges importants sont réalisés sur un plan scientifique avec la diffusion
de résultat de recherche d'entreprise par l'intermédiaire de publication spécialisé, des
congrès internationaux mais surtout avec la signature d'accord de coopération
scientifique et technique.
 Les transferts de technologie

Mr KOUYATE
On n’observe que le transfert de technologie d'un pays à un autre est important et qu’il
permette dans de nombreux cas à certains pays de rattraper leur retard technologique.
Les transferts technologiques peuvent s'opérer de plusieurs façons.

Les achats de produits de Brevets et licences, contrat I.D.E.


haute technologie d'ingénierie Investissement Direct
Etranger
Une entreprise peut acquérir Concession de brevet permet La firme qui a mis en œuvre
des biens d'équipements à des tiers de l'exploiter à des des innovations dans ses
(robots, ordinateur,…) qui lui fins de productions. usines d'origine utilise
permettrons de réaliser sa la fabrication sous licence généralement les mêmes
production dans la même permet à une entreprise de procédés dans ses filiales à
condition que les entreprises réaliser un produit sur la l'étranger
étrangères plus compétitives base des procédés, des
savoir-faire, de l'expérience
d'une autre entreprise

II- LES ACTEURS DES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES

Parler d'économie mondiale revient à considérer que les échanges internationaux concernent
des pays comparables économiquement. Ceci est bien évidemment faux puisqu'une
caractéristique importante des échanges internationaux est qu'ils mettent en relation des pays
très hétérogènes notamment quant à leur niveau de développement.
A une opposition géographique simpliste (pays du Nord contre pays du sud), les principales
organisations internationales définissent un certain nombre de groupes de pays qui présentent
des caractéristiques assez proches en termes de structure économique et sociale et en termes
de niveau de développement.

1. Les pays industrialisés

Représentent les "anciens" pays industrialisés dont le niveau de développement (mesuré en


termes de PIB par habitant) est bien supérieur à la moyenne mondiale. Il regroupe
principalement les pays occidentaux, à savoir, les Etats-Unis, le Canada, le Japon, les pays
membres de l'Union Européenne, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Ces pays ont été les
premiers engager la révolution industrielle et concentrent l'essentiel des richesses produites au
niveau mondial.

Mr KOUYATE
2. Les Nouveaux Pays Industrialisés(NPI)

Représentent les pays qui ont connu un développement économique très important depuis le
milieu des années 70 fondée sur une insertion rapide dans la division internationale du travail
et dont le niveau de développement se rapproche voir égal celui des pays industrialisés
traditionnels. Ce groupe comprend essentiellement des pays d'Asie appelés aussi les "dragons
asiatiques" à savoir, la Corée du sud, Singapour, Taiwan et Hong-Kong. On intègre de plus en
plus dans ce groupe certains pays qui connaissent une accélération récente de leur croissance
économique (Malaisie, Thaïlande, Indonésie...).

3. Les pays émergents

Cette notion qui concerne en partie les NPI, englobe un plus grand nombre de nations de par
le monde. Un pays sera considéré comme émergent s'il remplit trois critères : un niveau de
richesse (revenu par tête moyen inférieur à 70% du niveau moyen des pays de l’OCDE), une
insertion rapide dans la division internationale du travail qui se traduit par une participation
croissante aux échanges internationaux de produits manufacturés (croissance des exportations
de produits manufacturés y compris les industries agroalimentaires supérieure de 2% en
moyenne par an à la croissance des échanges mondiaux) et enfin, l’attraction que ce pays
exercent sur les flux financiers internationaux (notamment en terme d'IDE). De ce point de
vue, la Chine constitue indéniablement un pays émergent même si son PIB par habitant le
classe plutôt du côté des PMA.

4. Les Pays émergeants

Regroupent la plus grande partie des pays du Monde qui connaissent un développement
économique faible mais constant. Il n'en demeure pas moins que ce groupe présente encore
des pays très différents puisqu'il comprend par exemple les trois géants mondiaux que sont la
Chine, l'Inde et le Brésil ainsi que la majorité des pays d'Amérique du Sud et d'Asie qui ne
connaissent pas tous le même degré de développement.

5. Les pays d’Europe Centrale et orientale (PECO)


Ce nouveau groupe de pays est apparu après la chute du mur de Berlin en1989 et la fin du
communisme et rassemble les anciens pays européen du bloc communiste (Pologne,

Mr KOUYATE
Roumanie, ex-Tchécoslovaquie...) et qui sont en phase de transition vers le passage à une
économie de type capitaliste.
Après presque une décennie de récession, ces pays commencent à connaître un fort
développement économique et ils cherchent en général à rejoindre les pays membres de
l'Union Européenne.

6. Les Pays pétroliers (PEP)

Ces pays, constitués en majorité par les monarchies pétrolières de la péninsule arabique sont
normalement intégrés dans le groupe des PVD.
Néanmoins, depuis les chocs pétroliers de 1973 et 1979, le niveau de développement est
proche, voir souvent supérieur à celui des pays industrialisés. Ils se caractérisent par le fait
que la structure productive est presque uniquement tournée vers la production et l'exportation
de pétrole.

7. Les Pays les Moins Avancés (PMA)

Se caractérisent par un très faible niveau de développement (le PIB par habitant y est inférieur
à 900 dollars par habitants), par un retard dans le développement du capital humain
(alphabétisation et scolarisation faible, espérance de vie limitée...) et par une très grande
vulnérabilité économique (production agricole, mono-produit, demande interne limitée...).
Ces pays sont au nombre de 49 actuellement et sont presque totalement marginalisés dans les
échanges internationaux.

8. les organisations financières internationales


Les plus importants sont le Fonds Monétaire International(FMI) et la Banque Mondiale.
 FMI : organisme international crée à la suite de la conférence de BrettonWoods en
1944. Le FMI est un instrument de solidarité internationale monétaire. Il a été créé en
vue de favoriser la coopération monétaire internationale et l’expansion du commerce
international. Il a pour rôle d’assurer la convertibilité des monnaies, la stabilité des
changes et d’apporter des aides financières aux Etats membres en difficulté.
 La Banque Mondiale regroupe trois (3) institutions :
- La banque internationale pour la reconstruction et le
développement(BIRD)

Mr KOUYATE
Au lendemain de la 2nde guerre mondiale, cette banque née des accords de BrettonWoods a
contribué au développement (relèvement) de l’Europe. A l’heure actuelle, elle prête surtout
pour des projets productifs susceptibles d’avoir un effet multiplicateur sur la croissance
économique des pays membres.
- Association Internationale pour le Développement(AID)
L’AID a été créée en 1960 pour répondre aux besoins des pays défavorisés. Elle est une
filiale de la BIRD, elle octroie des crédits à des conditions beaucoup lus souples que la BIRD
et la SFI, son domaine d’intervention privilégié est l’agriculture et les transports.
- La Société Financière Internationale(SFI) :
C’est la 2è filiale da la BIRD, elle poursuit les mêmes objectifs que l’AID mais orientés vers
le secteur privé.

CHAPITRE II
LES FONDEMENTS DU COMMERCE INTERNATIONAL

Les REI recouvrent à la fois des échanges de marchandises, de service, de capitaux, de


monnaie, etc.… Toutefois ils sont traditionnellement considérés comme étant limités aux
seuls échanges de biens et de services. Les échanges de capitaux et de monnaie constituent,
pour leur part, des flux financiers.
Ainsi, on a pu observer une forte croissance des échanges internationaux de biens et de
services depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, ces échanges se présentent
comme un facteur d’accroissement des richesses produites et une source de bien-être social.
Les économistes ont tenté, depuis le XVIe siècle, d'expliquer, voire de justifier les échanges
internationaux. L'apport des théories du commerce international au développement de ces
échanges est indéniable.

I- LES THEORIES CLASSIQUES

Alors que les mercantilistes considèrent le commerce avec l'étranger comme un jeu à somme
nulle, les classiques considèrent le libre-échange comme un jeu à somme positive.
Les premières tentatives de modélisation de l'échange international sont l'œuvre de deux
auteurs britanniques du XVIIIe siècle et du début du XIXe, Adam Smith (1723-1790)
[Economiste écossais auteur de " Recherches sur la nature et les causes de la richesse des

Mr KOUYATE
nations " en 1776.] et David Ricardo (1772-1823) [Économiste anglais auteur de "Principes
de l'économie politique et de l'impôt " publié en 1817.].

1. Adam Smith justifie l'échange par la loi de l'avantage absolu

Selon cette loi, pour échanger, chaque économie a intérêt à se spécialiser dans les activités
pour lesquelles elle possède " quelque avantage sur ces voisins " en termes de productivité et
d'acheter à l'extérieur ce que les producteurs étrangers peuvent fabriquer à coût moindre. Le
pays qui parvient à produire un bien avec moins de facteurs de production que ses voisins,
possède un avantage absolu. C'est du principe de la division internationale du travail que doit
résulter un gain mondial. Cette division internationale, non seulement favorise une allocation
optimale des ressources au niveau mondial, mais en plus est favorable pour l'ensemble des
nations participant aux échanges.
Cette théorie présente cependant l'inconvénient d'exclure les pays qui ne possèdent pas un
avantage absolu en termes de productivité.

 Démonstration :
Pour justifier la théorie d'Adam Smith, nous pouvons prendre l'exemple suivant.
Soient deux pays A et B disposant chacun de 12 unités de production permettant de
produire deux biens X et Y de la manière suivante :

Pays A Pays B
Bien X 6 3
Bien Y 3 6
(Explication : le pays A doit consommer 6 unités de production pour produire un bien
X et 3 unités de production pour produire un bien Y)
Si chaque pays produit les deux biens X et Y, alors la production de chaque nations
sera de :
Pays A Pays B Monde
Unités de production 12 12 24
Biens X produit 1 2 3
Biens Y produit 2 1 3
Sans spécialisation, la production mondiale est donc de 3 biens X et de trois biens Y
pour une utilisation totale de 24 unités de facteurs de production.
Si les pays A et B respectent la théorie des avantages absolus, alors chacun va se
spécialiser sur le secteur d'activité pour lequel il bénéficie d'un avantage comparatif

Mr KOUYATE
absolu, soit la production de biens Y pour le pays A et la production de biens X pour le
pays B. La production des deux pays sera alors la suivante :

Pays A Pays B Monde


Unités de production 12 12 24
Biens X produit 0 4 4
Biens Y produit 4 0 4

 Constat
La spécialisation permet d'accroître la production mondiale de biens et services pour
une consommation constante de facteurs de production et permet alors de satisfaire un
plus grand nombre de besoins.
David Ricardo reprend ce concept mais ne se situe plus dans le cadre des avantages
absolus mais dans le cadre des avantages relatifs.

2. Ricardo justifie l'échange par la loi des avantages relatifs

Ricardo démontre, au début du XIXe siècle, qu'un pays qui ne dispose d'aucun avantage
absolu peut trouver un intérêt à participer au commerce international en se spécialisant dans la
production pour laquelle son désavantage est le moins grand. C'est la théorie de l'avantage
relatif ou comparatif.
Un pays dispose d'un avantage comparatif relatif par rapport à un autre pays dans la
production ou son coût de production est le moins éloigné de celui du pays le plus compétitif,
c'est à dire dans la production ou l'écart de coût entre les deux pays est le plus faible.
Chaque pays va donc devoir se spécialiser et échanger même si un pays est moins productif
que l'autre dans toutes les productions. En effet, cette spécialisation permettra globalement
d'économiser des facteurs de production.

 Démonstration
David Ricardo prend pour exemple le cas de la Grande-Bretagne et du Portugal qui
échangent des draps et du vin alors que le Portugal dispose dans ces deux domaines
d'un avantage comparatif absolu que l'on peut estimer en terme de coûts de production
de la manière suivante :

Mr KOUYATE
Grande-Bretagne Portugal
Drap 100 90
Vin 120 80

Le Portugal est plus productif que la Grande-Bretagne dans les deux productions avec
un avantage comparatif de 10 pour le drap (100-90) et de 40 pour le vin (120-80).
Si chaque pays produit une unité de chacun des biens considérés, on obtient donc une
consommation de facteurs de production de 390 :

Grande-Bretagne Portugal Monde


Drap 100 90 190
Vin 120 80 200
Total 220 170 390

Les pays, selon Ricardo, auront quand même intérêt à se spécialiser pour continuer à
échanger afin de limiter au niveau mondial la consommation de facteurs de
production.
Cette spécialisation se faisant en fonction du différentiel de coûts de production, la
Grande-Bretagne va donc se spécialiser dans la production de draps puisque son
désavantage compétitif (-10) y est plus faible que dans la production de vin (-40).
La Grande-Bretagne produira donc 2 unités de draps et le Portugal 2 unités de vin,
pour un coût total de production de :

Grande-Bretagne Portugal Monde


Drap 200 0 200
Vin 0 160 160
Total 200 160 360

 Constat
Le coût de production mondial après spécialisation (360) est inférieur au coût de
production mondial avant spécialisation (390).
La spécialisation, selon le principe des avantages comparatifs relatifs, permet donc de
produire les mêmes quantités de biens en économisant des facteurs de production.

Mr KOUYATE
II- LES THEORIES NEO-CLASSIQUES

1. le théorème de HOS (ou théorie HOS)

Cette théorie des coûts relatifs a été approfondie au XXe siècle par les économistes Hecksher,
Ohlin et Samuelson [Nom des trois économistes dont les initiales sont été retenues pour
qualifier le théorème qui porte leur nom.] qui ont cherché à comprendre les différences de
coûts comparatifs entre les pays et à appliquer, dans leur théorie du commerce international,
les principes de l'analyse marginaliste. Ils ne raisonnent plus dans le seul cadre de coûts
mesurés comme précédemment par des écarts de productivité de l'unique facteur travail. Ils
expliquent l'échange international par l'abondance ou la rareté relative des divers facteurs de
production dont sont dotés les pays. En fonction de la loi économique simple qui consiste à
dire que tout ce qui est rare est cher, une économie doit se spécialiser dans les activités qui
utilisent le plus intensément le facteur de production dont elle dispose en abondance. Elle a
intérêt à exporter ces biens et à importer ceux qui utilisent le facteur de production pour lequel
elle est le moins bien dotée.
Les différences de dotations de facteurs de production sont donc à la source des avantages
comparatifs selon Hecksher, Ohlin et Samuelson.

2. Le paradoxe de Leontieff

Dans les années 50, Wassily Leontieff teste le modèle d'interprétation néoclassique sur les
données du commerce extérieur des États-Unis et met en évidence la contradiction qui existe
entre la dotation factorielle de ce pays, à priori fortement avantagé en capital, et sa
spécialisation dans des productions intensives en travail. Dans le modèle, un tel résultat
correspond à un pays peu développé possédant un surplus de main d'œuvre.
Loin d'invalider le théorème de HOS, les travaux de Leontief permettent de le préciser en
prenant notamment en compte, parmi d'autres explications, l'hétérogénéité du facteur travail.

III- LES THEORIES CONTEMPORAINES

1. Théories macroéconomiques

 Théorie de la demande
Les analyses traditionnelles sont fondées sur les capacités de production des pays et donc sur
l'offre.

Mr KOUYATE
En 1961, Steffan Burestam Linder considère que la demande, largement négligée jusqu'alors,
joue un rôle essentiel dans l'explication du commerce international.
Les pays se spécialisent non plus en fonction de leurs dotations en facteurs mais de leur
demande interne. Quand celle-ci tend à se saturer, l'entreprise cherche de nouveaux débouchés
à l'exportation. Dans cette optique, le marché international n'est rien d'autre que le
prolongement du marché national.
 Théorie du cycle de vie international des produits
Vernon a montré le caractère éphémère de cet avantage.
Quand le produit banalisé est parvenu dans sa phase de maturité, il devient intensif en travail
peu qualifié. Dans ces nouvelles conditions, le prix des facteurs retrouve son importance. Pour
diminuer les coûts (transports, fabrication), les entreprises délocalisent leur production vers
des pays en voie de développement qui deviennent à leur tour exportateurs vers les pays
industrialisés.
La nouvelle division internationale du travail qui en résulte pourrait être assimilée à la
recherche par les " pays du centre " de coûts d'approvisionnement moindres.
Ce schéma correspond finalement au modèle d'interprétation néoclassique même si la prise en
compte de la demande dans le commerce international conduit à une remise en cause des
critères de spécialisation et de compétitivité (définie comme l'aptitude à conquérir des parts de
marché).

2. Théories de la firme

 la concurrence imparfaite
Les échanges de produits presque semblables entre pays à niveau de développement
comparable ont conduit certains économistes à remettre en cause les grilles de lecture
classique et néoclassique dans le cadre desquelles ces pays n'auraient aucun intérêt à se
spécialiser. Pour Bernard Lassudrie-Duchêne, la différenciation des produits permet aux
entreprises de retrouver une situation de monopole de fait. Il ne s'agit plus de produire en
masse des produits homogènes mais de produire, en séries plus limitées, des articles
différenciés, soit dans le cadre d'une stratégie de spécialisation, soit d'une stratégie de
diversification. La compétitivité internationale se construit maintenant sur la gestion bien
comprise du binôme différenciation/domination par les coûts. Krugman, au-delà des
entreprises, pointe les tentations de dérive protectionniste qui conduisent les nations à tenter
de récupérer les rentes de monopoles qui apparaissent sur ces marchés imparfaits.
 Théorie de la firme multinationale

Mr KOUYATE
D'autres auteurs, comme Dunning, ont essayé d'intégrer dans leurs analyses les trois niveaux
macroéconomique (nation), mésoéconomique (secteur d'activité), et microéconomique
(l'entreprise) pour démontrer que les stratégies d'internationalisation dépendaient de la
combinaison d'un certain nombre de conditions. L'analyse de Dunning a pris le nom de
théorie éclectique ou encore de paradigme OLI (O pour Owner advantage ou avantage
spécifique représentant les actifs intangibles découlant de la taille et de la position de
l'entreprise sur la scène internationale, L pour avantage lié à la Localisation à l'étranger
intégrant les attraits et les contraintes spatials du marché visé, I pour avantage lié à
l'Internalisation prenant en compte les bénéfices que l'entreprise peut tirer, dans ce cadre, de
son propre système de transaction). La firme doit posséder (au niveau mésoéconomique)
certains avantages, par exemple une technologie, qu'il est plus intéressant d'internaliser
(niveau microéconomique) du fait des faibles coûts des facteurs de production du pays
d'accueil (niveau macroéconomique). De leur côté, Buckley et Casson, dans les années 80,
approfondissant l'analyse de Williamson, ont montré que l'internalisation apparaissait comme
un moyen de diminuer les coûts de transaction des firmes multinationales.

 L'avantage compétitif des nations


Porter (1993) présente le processus d'internationalisation dans le cadre d'un système
interactif et indépendant de quatre éléments inhérents à l'environnement national de
l'entreprise :
- la dotation du pays en facteurs de production (main-d’œuvre qualifiée
infrastructures, ..)
- la nature de la demande intérieure
- les stratégies, la structure et la nature de la compétition intra firmes au niveau
national
- la coexistence, au plan national, d'industries amont et d'industries apparentées
compétitives
Si le succès d'une entreprise à l'international est donc prédéterminé, selon Mickaël
Porter, par la qualité de son environnement national, cela s'avère une
conditionnécessaire mais non suffisante. Deux autres variables sont appelées à jouer
un rôle :
- l'Etat qui dispose de moyens (fiscaux, monétaires, légaux) qui permettent de
stimulerles industries amont et apparentées (subventions publiques), de modifier la
concurrence(lois anti-trust), d'améliorer la qualité des facteurs (formation) ou encore
de stimulerla demande intérieure (fiscalité)
- le hasard

Mr KOUYATE
3. Théories de la domination

 Théories des inégalités


Le problème de l'insertion d'un pays en développement dans la division du travail à l'échelle
mondiale revient à retenir une spécialisation spécifique et à s'y montrer compétitif.
Cependant, dans la mesure où il existe une échelle des biens plus ou moins valorisés dans
l'échange international, les pays en développement ne profitent pas de leurs avantages
comparatifs de la même manière. Depuis les années 50, les pays producteurs de matières
premières subissent une dégradation des termes de l'échange.
Un phénomène de "croissance appauvrissante", concept suggéré par JagdishBhagwati qui
dynamise en l'occurrence le théorème de HOS apparaît, ce qui oblige ces pays à exporter
toujours davantage pour importer toujours moins. Les économies se laissent prendre au piège
des spécialisations primaires. L'analyse marxiste de l'exploitation, appliquée par Arghiri
Emmanuel au commerce international, a permis de forger le concept d'échange inégal et de
proposer des stratégies de croissance autocentrée, déconnectée du monde capitaliste.
 Théorie du vol de l'oie sauvage
Comme l'indique Akamatsu, l'échec de certaines options industrielles retenues et l'émergence
sur la scène commerciale internationale de nouveaux acteurs issus du"Tiers-Monde" semblent
aujourd'hui réhabiliter la logique ricardienne. Tous les pays trouvent un intérêt dans l'échange
international. Celui-ci procure aux pays industrialisés les matières premières et les produits
dont ils ont besoin et aux pays en développement les recettes d'exportation nécessaires à
l'industrialisation et au remboursement des emprunts.
Mais il existe cependant une hiérarchie industrielle correspondant aux niveaux de
développement des pays impliqués dans le commerce international. La globalisation induit la
nécessité d'une nouvelle coopération dans les stratégies futures des différents acteurs,
industrialisés ou non. K. Akamatsu a utilisé l'exemple d'un vol d'oie sauvage pour formaliser
sa théorie. Il montre que plusieurs pays, dans une zone géographique donnée, se spécialisent
dans des productions où ils sont relativement les plus efficaces.
Ce nouvel équilibre de l'industrie stratégique mondiale permet une industrialisation par étape
et favorise l'émergence de nouvelles puissances exportatrices.

Mr KOUYATE
CHAPITRE III
LES POLITIQUESDU COMMERCE INTERNATIONAL

En dehors des débats théoriques relatifs à la nécessité d'ouvrir ou non son économie aux
échanges internationaux, il est important de bien saisir les avantages et inconvénients qui
résulteraient selon les économistes de l'intégration d'une économie dans la division
internationale du travail. Ceux-ci se sont donc attachés, en parallèle à la formulation de leurs
théories libre-échangistes ou protectionnistes, à montrer les effets positifs ou négatifs
engendrés par l'ouverture d'une économie aux échanges internationaux.

I- LE LIBRE-ECHANGE

1. Définition

Le libre échange est l’application des théories libérales aux échanges internationaux : la
liberté totale du commerce doit être instaurée entre nations et toute entrave aux échanges
internationaux doit disparaître.
En d’autres termes, le libre échange est une doctrine économique qui vise à limiter les
obstacles à la circulation des biens, des services et des capitaux entre les économies.

2. Les arguments du libre-échange

Les partisans du libre-échange adressent de nombreuses critiques aux défenseurs du


protectionnisme :
 Toute mesure protectionniste entraîne de la part des autres pays des mesures de
rétorsion. La réduction des importations risque alors d’entraîner une chute des
exportations et un déficit de la balance commerciale.
 Le protectionnisme empêche une confrontation stimulante avec les entreprises
étrangères. En effet, la suppression de toute protection aux frontières entraîne un
accroissement de la concurrence pour les entreprises qui doivent redoubler d’effort
pour rester compétitives. La recherche de gain de productivité, l’innovation, la baisse
des prix sont autant de conséquences liées à cette concurrence accrue qui profite en
premier lieu aux consommateurs.
Les défenseurs du libre-échange ne se contentent pas seulement de critiquer le
protectionnisme : pour eux, le libre-échange permet à chaque pays de se spécialiser dans les

Mr KOUYATE
productions pour lesquelles il est le plus efficace et d’acheter à d’autres pays les biens qu’il ne
produirait pas à des coûts plus bas s’il les produisait lui-même.
Cette division internationale du travail est source d’économies d’échelle pour les entreprises
(diminution des coûts unitaires de production lorsque la production augmente) et
d’enrichissement.

3. Avantages et limites du libre-échange

Sans reprendre l'intégralité des arguments avancés, on peut néanmoins dresser le tableau
suivant illustrant de façon synthétique les principaux avantages et inconvénients supposés
résulter de la mise en place d'une politique de libre-échange :

Avantages Limites

- Baisse des prix des biens et services : - Déclin de certains secteurs d'activité :
La concurrence qui s'exerce entre les Les entreprises nationales présentes dans des
producteurs nationaux et étrangers permet au secteurs d'activité où les entreprises étrangères
consommateur d'élargir ses choix et de sont plus compétitives ne vont pas survivre à la
consommer à un prix moindre si les concurrence internationale.
producteurs étrangers sont plus productifs. L'ouverture de l'économie entraîne donc des
restructurations massives dans les branches
- Plus grande efficacité économique : souffrant d'un déficit concurrentiel.
La division internationale du travail permet
une meilleure allocation des ressources au - Remise en cause de certains acquis
niveau mondial puisque chaque pays se sociaux pour les salariés :
spécialise pour les productions où il est le plus La concurrence exercée par les producteurs
efficace. étrangers peut conduire à une remise en cause
de certains acquis si ceux-ci se traduisent par
- Plus forte croissance économique : une hausse des coûts de production défavorable
La baisse des prix stimule la demande, alors àla compétitivité des entreprises nationales. Les
que les entreprises grâce aux échanges conditions de travail risquent alors de se
internationaux accroissent leur production. généraliser selon les principes du "moins-
disant" afin de prévenir les délocalisations.
- Plus grand espace d’échange :
la suppression des protections engendre un - Risques de ralentissement de la

Mr KOUYATE
agrandissement de l’espace d’échange croissance :
économique en donnant à chaque pays des Les restructurations et la pression à la baisse sur
marchés extérieurs de plus en plus disponibles. les coûts de production engendrées par la
concurrence internationale ont un effet
dépressif sur la demande nationale et donc sur
la croissance économique.

II- LE PROTECTIONNISME

1. Définition

Contrairement au libre-échange, le protectionnisme consiste, pour un Etat à prendre des


mesures visant à faire obstacle aux importations afin de protéger la production nationale
contre la concurrence étrangère.
Autrement dit, le protectionnisme est une doctrine économique qui a pour but de limiter
l’accès aux marchés nationaux pour les produits étrangers.

2. Les pratiques protectionnistes

On distingue les mesures tarifaires et les mesures non tarifaires :


 Les mesures (ou barrières) tarifaires
Les barrières tarifaires représentent les droits de douanes que doivent acquitter les
agents économiques étrangers qui souhaitent vendre un bien ou un service sur le
marché national.
Ces droits de douane qui présentent l'avantage de procurer des recettes budgétaires à
l'Etat sont progressivement supprimés à travers différents accords internationaux.
Cette baisse importante des droits de douane a incontestablement favorisé l'essor des
échanges internationaux.
Néanmoins, derrière cette quasi-suppression des droits de douane, se cache la
multiplication de barrières non tarifaires qui contribuent encore à freiner les échanges
internationaux.
 Les mesures (ou barrières) non tarifaires :
Les barrières non tarifaires constituent la forme la plus répandue du protectionnisme
contemporain et se distingue des droits de douane par le fait qu'il est plus ciblé, plus
diffus (moins clairement visible) et qu'il peut prendre un grand nombre de formes :

Mr KOUYATE
- subventions aux exportations : les Etats accordent des subventions qui
permettent de diminuer artificiellement le prix des biens exportés, ce qui
fausse la concurrence internationale.
- La prohibition commerciale : interdiction d’importer ou d’exporter un produit.
On parlera d’embargo commercial ou de blocus commercial si l’interdiction
est suivie d’un contrôle militaire.
- Le contingentement ou quota : fixation d’une quantité d’importation
maximale.
- Les normes : mesures règlementaires qui doivent être respectées par les biens
ou services importés dans le souci de garantir la sécurité et le bien être des
consommateurs et qui permet en fait de fermer le marché national à certaines
productions étrangères. Ces mesures portent généralement sur l’hygiène, la
sécurité, le procédé (technique) de fabrication etc...
- La rétorsion : actions entreprises par un Etat à l’encontre des intérêts d’un
autre Etat afin d’obtenir l’annulation des mesures qui pénalisent ses propres
activités.
- Les mesures anti-dumping : le dumping consiste à vendre moins cher sur les
marchés extérieurs que sur le marché intérieur, un produit identique. Les Etats
importateurs peuvent prendre des mesures pour mettre fin à ce genre de
pratique. On parle de dumping social lorsque le producteur cherche à
minimiser les coûts salariaux en ne respectant pas les règles salariales.
- La clause de sauvegarde : exception aux principes d’une union qui permet à
un pays de cette union de protéger temporairement certaines activités
nationales, en cas de difficultés sectorielles ou régionales, ou bien en cas de
difficultés générales de la balance des paiements.

3. Les arguments du protectionnisme

Face aux critiques des défenseurs du libre-échange, les partisans du protectionnisme avancent
des arguments pour défendre leur position :
 Le libre-échange entraîne d’importantes destructions d’emplois dans les secteurs
soumis à une forte concurrence étrangère. Le protectionnisme peut, au contraire,
favoriser l’emploi à court terme et la protection des droits sociaux des salariés.
 Il est parfois nécessaire de protéger pendant un certain temps, les industries naissantes
ou vieillissantes (restructuration).

Mr KOUYATE
 Les pouvoirs publics peuvent souhaiter protéger certains secteurs (agriculture, pêche,
cinéma …).

4. Avantages et limites du protectionnisme

Sans reprendre l'intégralité des arguments avancés, on peut néanmoins dresser le tableau
suivant illustrant de façon synthétique les principaux avantages et inconvénients supposés
résulter de la mise en place d'une politique protectionniste :

Avantages Inconvénients
- Pas de baisse des prix pour les
- Préservation des emplois : consommateurs :
Les mesures protectionnistes renchérissant le La concurrence étrangère ne peut entraîner
prix des biens importés se traduit par une une baisse des prix puisque les droits de
amélioration de la compétitivité-coût des douane entraînent une hausse du prix des
productions nationales ce qui d'une part biens importés au niveau des prix de vente
protège les emplois dans les secteurs des entreprises nationales.
menacés par la concurrence internationale,
mais aussi crée des emplois puisque la - Moins bonne allocation des
demande qui s'adresse aux entreprises ressources au niveau macroéconomique:
nationales augmente. La division internationale du travail étant
faussée par les mesures protectionnistes,
- Amélioration de la compétitivité l'économie nationale ne se spécialise donc
nationale : pas dans les productions ou elle est la plus
Les entreprises naissantes notamment, compétitive. On maintien alors
protégées de la concurrence internationale artificiellement des productions qui
sont en mesure de profiter des économies entraînent des gaspillages de ressources
d'échelle liées à l'accroissement de la rares.
production et des économies d'apprentissage
liées à l'amélioration des méthodes de - Restriction de la concurrence :
production. Cette compétitivité accrue Cette restriction empêche le marché de
permettra à terme d'être moins sensible à la fonctionner selon le principe de la libre
concurrence internationale ce qui est concurrence ce qui réduit la capacité des

Mr KOUYATE
favorable pour la préservation des emplois agents à effectuer des choix pertinents dans
dans le futur. leur processus de consommation.

- Ralentissement de la croissance
économique :
Les mesures protectionnistes adoptées par les
autres nations ne permettent pas aux
producteurs nationaux d'accéder aux marchés
étrangers.

Le développement du commerce international est aujourd'hui un fait acquis et irréversible.


La spécialisation des pays dans leurs activités les plus rentables, la recherche de nouveaux
débouchés, le prolongement du cycle de vie du produit ont contribué à la division
internationale du travail et au succès de la théorie du libre-échange. Mais cette libéralisation et
la concurrence internationale ne sont équitables, sur l'échiquier commercial mondial, que si
des limites et des règles leur sont imposées. Un cadre institutionnel favorable au
développement des échanges internationaux a donc été progressivement mis en place.

Mr KOUYATE
CHAPITRE IV
L’ORGANISATION DES ECHANGES INTERNATIONAUX

Les échanges internationaux ne peuvent se développer que dans un cadre institutionnel


approprié à l'intérieur duquel sont garanties la liberté et la sûreté des transactions. Les
participants à l'échange bénéficient, en outre, dans leur propre pays, de dispositifs de soutien
pour l'accès aux marchés étrangers.
L’organisation des échanges internationaux a vu le jour à la fin de la deuxième guerre
mondiale. Ces échanges sont depuis lors régis au niveau mondial dans le cadre des
organisations internationales et au niveau régional dans le cadre des accords interrégionaux.

I- LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES

Au niveau mondial des accords à vocation commerciale ou financière ont été négociés, au
lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, dans le cadre de l'ONU. Ces différentes
négociations ont permis de mettre en place des accords pour organiser et développer les
échanges puis des organismes pour financer ceux-ci.

1. Les accords pour développer les échanges

 L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC)


L'objectif de l'Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce (GATT ou General
Agreement on tariffs and trade), créé en 1947 pour développer le libre-échange et le
multilatéralisme, tendait vers l'abandon progressif et généralisé des droits de douanes
(négociations commerciales multilatérales ou rounds), la suppression de toutes barrières non
tarifaires, et l'abolition des mesures discriminatoires dans les échanges commerciaux. Malgré
des résultats sensibles dans un certain nombre de domaines (près de 40 % de baisse des droits
de douane des pays industrialisés par exemple et diminution des restrictions quantitatives),
des divergences d'intérêt, notamment entre grandes zones régionales, subsistent. Le commerce
international se trouve dans une impasse.
Le GATT est remplacé, en 1995, à la suite de sept laborieuses années de négociations de
l'Uruguay Round, par l'OMC, institution dont les attributions doivent permettre l'encadrement
des échanges internationaux (mesures antidumping, surveillance des clauses restrictives dans
les appels d'offres, définition et harmonisation des normes, vérification de l'application des
accords de l'Uruguay Round).

Mr KOUYATE
Missions et principes de l’OMC :
La création de l’OMC n’entraîne aucune modification de fond sur les principes fondamentaux
du GATT. Toutefois elle marque l’introduction de nouveaux domaines (agriculture, service,
textile, propriété intellectuelle) dans les négociations ainsi qu’une réforme du règlement des
différends.
Elle a ainsi deux missions principales :
 Réduire les obstacles aux échanges internationaux
 Arbitrer les conflits commerciaux internationaux
Et est régis par les principes suivants :
 La libre concurrence
 Le libre échange
 Le principe de non-discrimination ou « clause de la nation la
plus défavorisée »

Les négociations ou rounds :


Les Etats participants se rencontrent périodiquement au sein de rounds, c’est-à-dire de cycles
de négociations multilatérales dont le but est d’aboutir à un accord entre pays.
Les enjeux sont immenses et les divergences d’intérêt entre les pays membres aussi. La
progression des négociations est aujourd’hui très lente et plusieurs conférences ministérielles
se sont soldées par des échecs, échecs liés en grande partie au peu d’empressement des pays
membres à démanteler leurs barrières protectionnistes.

 La Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le développement


(CNUCED)
Les pays en développement, convaincus que le GATT ne leur est pas favorable, convoque, en
1964, une Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement. Elle a pour
vocation d'améliorer la participation des pays les moins développés au commerce
international. La CNUCED devient le lieu privilégié du dialogue Nord-Sud. Elle est à
l'origine du système généralisé des préférences (SGP), des accords par produit (matières
premières comme l'étain, produits de base) pour la stabilisation des cours, du code de conduite
maritime pour le partage des lignes et des accords sur les montants des aides publiques au
développement.

Mr KOUYATE
 L'Organisation de Coopération et Développement Economique (OCDE)
Instituée au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale pour faciliter la reconstruction de
l'Europe dans le cadre du plan Marshall, est devenue aujourd'hui un centre d'études et
d'analyse des politiques économiques mises en œuvre par les principaux pays développés
(Europe, Amérique du Nord, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande, Corée). On parle à ce sujet
de " Club des riches ".

2. les organismes pour financer les échanges

 Le Fonds monétaire international (FMI)


Le Fonds Monétaire International a été créé en 1944 par la Conférence de Bretton-Woods
pour organiser les relations monétaires internationales et veiller au respect des règles du traité
signé. Il a pour rôle d’assurer la convertibilité des monnaies, la stabilité des changes et de
distribuer des concours en liquide aux Etats membres. Aujourd'hui, le rôle du FMI consiste
aussi à aider les pays qui en font la demande, soit techniquement dans la gestion de leurs
problèmes d'endettement, soit financièrement en accordant des crédits internationaux. La
contrepartie de cette aide est un fort pouvoir d'ingérence du FMI dans l'orientation des
politiques économiques nationales.

 La Banque Mondiale (BM)


Créée en même temps que le FMI, elle regroupe la BIRD (banque internationale pour la
reconstruction et le développement) spécialisée dans le financement de projets
d'infrastructure, l'AID (association internationale pour le développement) qui consent des
prêts à des conditions privilégiées aux pays en développement, et la SFI (Société Financière
Internationale) qui soutient les initiatives privées débouchant sur des projets rentables. Son
action s'inscrit dans la durée. Elle prend en charge des projets en faveur des pays du Tiers-
monde qui ne pourraient pas être financés par des moyens classiques.

II- LA REGIONALISATION DES ECHANGES ET QUELQUES EXEMPLES DE

COOPERATION ET INTEGRATION ECONOMIQUE

De nouvelles formes d'échanges, plus ou moins teintées de protectionnisme, se développent


depuis une quarantaine d'années, à l'intérieur de zones géographiques régionales, plus ou
moins intégrées, ainsi qu’à travers différentes formes de coopération économique.
1. Les accords régionaux
Des accords signés par quelques pays viennent se superposer aux accords multilatéraux des
organisations internationales. Ces accords de formes variés connaissent un essor important.

Mr KOUYATE
Principe des accords régionaux :
Des pays géographiquement très proches se regroupent sur le plan commercial pour faciliter
les échanges et profiter de leurs liens privilégiés
La libre circulation des biens, des services, des capitaux, se construit donc aussi au niveau
régional.

Les différentes formes d’intégration :


On distingue tout d'abord les zones de libre-échange à l'intérieur desquelles sont supprimées
les barrières douanières tarifaires et non tarifaires. Mais chaque membre de l’union conserve
ses propres tarifs douaniers vis-à-vis de l’extérieur.
On trouve ensuite l'union douanière qui est une zone de libre-échange avec un tarif extérieur
commun.
Le degré suivant d'intégration économique est le marché commun qui autorise, au sein d'une
union douanière la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux. Ensuite
vient l'union économique, marché commun dans lequel les pays membres harmonisent leurs
politiques économiques et l'intégration économique qui vise l'unification des politiques
économiques et sociales.

2. Quelques exemples de coopération et d’intégration économique

 L’Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA)


L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine a été créée par le Traité signé à Dakar le
10 janvier 1994 par les Chefs d’Etat et de Gouvernement des sept pays de l’Afrique de
l’Ouest ayant en commun l’usage d’une monnaie commune, le F CFA. Il s’agit du Bénin, du
Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo.
Le Traité est entré en vigueur le 1er août 1994, après sa ratification par les États membres.
Le 02 mai 1997, la Guinée-Bissau est devenue le 8ème État membre de l’Union.
Ses objectifs sont :
 Renforcer la compétitivité des activités économiques et financières des États
membres dans le cadre d’un marché ouvert et concurrentiel et d’un environnement
juridique rationalisé et harmonisé
 Assurer la convergence des performances et des politiques économiques des États
membres par l’institution d’une procédure de surveillance multilatérale

Mr KOUYATE
 Créer entre Etats membres un marché commun basé sur la libre circulation des
personnes, des biens, des services, des capitaux et le droit d’établissement des
personnes exerçant une activité indépendante ou salariée, ainsi que sur un tarif
extérieur commun et une politique commerciale
 Instituer une coordination des politiques sectorielles nationales par la mise en œuvre
d’actions communes, et éventuellement, de politiques communes notamment dans les
domaines suivants : ressources humaines, aménagement du territoire, agriculture,
énergie, industrie, mines, transports, infrastructures et télécommunication
 Harmoniser, dans la mesure nécessaire au bon fonctionnement du marché commun,
les législations des États membres et particulièrement le régime de la fiscalité.

 Partenariat (coopération) UE (Union Européenne)/ACP (Afrique Caraïbes


Pacifique)
La politique d'aide européenne aux pays en développement se concentrait, jusqu'à la fin des
années soixante, sur les pays liés à l'Europe par la colonisation. Dès la naissance du Marché
commun en 1957, les anciennes colonies de la France, de la Belgique, de l'Italie, et des Pays-
Bas ont été au cœur de la politique d'aide au développement menée par la Communauté.
En accédant à l'indépendance, ces territoires ont négocié sur des bases contractuelles leurs
relations avec la Communauté européenne. Ainsi, le Traité de Rome instituait un régime
d'association des pays et territoires d'outre-mer pour conserver les relations particulières entre
l'Europe naissante et ses anciennes colonies.
Par la suite, la politique communautaire de coopération entre l'UE et les pays ACP, longtemps
considérée comme un modèle de partenariat entre le Nord et le Sud, mise en place par les
Conventions de Yaoundé (1963 et 1969) et de Lomé (1975, 1979, 1984 et 1989 révisée en
1995), créait un cadre institutionnel permanent et paritaire accompagné par des mécanismes
d'échanges spécifiques.
Les conventions de Lomé, ont été modifiées par les accords de Cotonou, avec pour objectif la
réduction de la pauvreté et l'intégration des pays ACP dans l'économie mondiale.
L'Accord de Cotonou constitue un tournant dans les relations de coopération entre l'Union
européenne et les pays ACP. Conclu en juin 2000 pour une durée de 20 ans, il possède une
clause de révision tous les 5 ans. Parallèlement à la lutte contre la pauvreté placée au cœur de
sa stratégie, le nouvel Accord de Cotonou associe étroitement le dialogue politique et l'aide au
développement, assure la participation de la société civile et des acteurs économiques dans le
processus de développement, et introduit une profonde réforme du système financier.
L'objectif de ces accords est d'améliorer l'accès aux marchés pour les pays ACP, de
consolider l'intégration économique régionale de ces pays et de faire progresser les réformes
institutionnelles. Aussi, instaurer des zones de libre-échange entre l'Union européenne et les
Mr KOUYATE
pays ACP ou entre pays ACP, en raison de nouvelles règles du commerce international de
l'OMC qui interdisent toute discrimination entre pays en développement.
Ainsi, les 76 pays ACP signataires de l'Accord de Cotonou ont entamé depuis septembre 2002
des cycles de négociations, en vue de conclure de nouveaux accords de partenariat
économique (APE) avec l'Union européenne.

 Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD)


Au cours de l'année 2001 prenant conscience de l'énorme retard de l'Afrique, de la situation
désastreuse de ses populations et de l'inanité des interminables études et plans irréalistes qui
ont jalonné notre histoire depuis l'indépendance, des Chefs d'Etat prirent sur eux-mêmes
l'initiative de proposer des plans procédant d'un esprit tout à fait nouveau.
C'est ainsi que le Président Thabo Mbeki d'Afrique du Sud, le Président Olusegun Obasanio
du Nigeria et le Président Abdel Aziz Bouteflika d'Algérie proposèrent le Millenium African
Plan (MAP) pendant que le Président Abdoulaye Wade du Sénégal proposait le plan
OMEGA.
Les deux plans furent fusionnés en un plan unique : la Nouvelle Initiative Africaine (NIA) qui
sera plus tard baptisé Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD),
abréviation de l'anglais New Partnership for African Development.
Le NEPAD a pour ultime objectif de combler le retard qui sépare l'Afrique des pays
développés. Il vise ainsi un rattrapage politique, social et économique du continent sur
l’ensemble des thèmes de l’agenda du développement. Il comprend sept grands axes :
• démocratie et saine politique pour une adhésion populaire durable des réformes ;
• bonne gouvernance économique pour une gestion saine et équilibrée des ressources
économiques ;
• développement des infrastructures (énergie, transport, eau, et NTIC) condition
nécessaire à l’émergence et au développement des marchés ;
• développement des ressources humaines pour une stratégie double de croissance
économique et de lutte contre la pauvreté ;
• mobilisation des capitaux nécessaire à la création et au développement des activités
économiques ;
• accès aux marchés par la stimulation du secteur privé et une libéralisation
stratégique de l’économie ;
• protection de l’environnement.

Mr KOUYATE
CHAPITRE V
LE CHANGE

Chaque pays ayant sa propre monnaie, les échanges internationaux de biens, de services et de
capitaux entraînent un échange de monnaies. Du moment où il n’existe pas une monnaie
unique à l’échelle internationale, il est en effet nécessaire de pouvoir échanger des devises
entre elles. Se pose alors un problème de change : comment, et à quel prix s’échangent entre
elles les monnaies ?
Toute relation économique à l’international exige donc une opération de change puisque la
monnaie nationale doit être convertie dans la monnaie du pays avec lequel se réalise la
transaction. Cette opération a lieu sur un marché appelé marché de change qui lui-même
dépend d’un régime de change.

I- LA NOTION DE CHANGE

1. Définition

Le change est l’opération qui permet d’obtenir une monnaie étrangère à partir d’une monnaie
nationale, ou inversement. Celle-ci consiste à échanger les monnaies de différents pays entre
elles à travers un cours.
Le cours de change (ou côte de change, ou encore taux de change) est le rapport dans lequel
s’effectue la conversion des monnaies entre elles. Il représente alors le prix unitaire d’une
monnaie (nationale) par rapport à une autre (devise).

2. Opération de détermination du taux de change

L’opération de détermination du cours de change est appelée cotation. Elle se fait de deux
manières :
- La cotation au certain
Elle indique le nombre d’unités monétaires étrangères (devise) correspondant à une
unité monétaire nationale.
- La cotation à l’incertain
Elle exprime le nombre d’unités monétaires nationales correspondant à une unité
monétaire étrangère.

NB : la plus part des places cotent à l’incertain sauf la place de Londres.

Mr KOUYATE
II- LES MARCHES DE CHANGE

Le marché de change est un lieu (ou une place) où s’achètent et se vendent les monnaie
étrangères (devises). Ou encore, c’est le lieu de rencontre entre les offreurs et les demandeurs
en vue d’un échange de devises. On distingue différents types de marchés de change.

1. Marché de change au comptant

Sur ce marché, l’exécution des échanges est immédiate. Cependant, l’achat et la vente de
devise se réalisent à un cours déterminé, le règlement intervenant immédiatement. Les
opérations de change sont donc immédiates et simultanées.

2. Marché de change à terme

Sur ce marché, il y a une dissociation entre le moment (jour) où le contrat est conclu et le
moment où l’exécution matérielle à lieu. Le règlement des opérations de change intervient
alors à une échéance plus ou moins lointaine et à un cours (différent du cours au comptant du
jour de la négociation) déterminé au départ.

3. Marché de change manuel

Il résulte de la confrontation des offres et des demandes portant sur des billets ou des chèques
de voyage. Ce marché intéresse principalement les touristes ou les hommes d’affaires se
rendant à l’étranger.

4. Marché de change scriptural

Il se traduit par des jeux d’écriture de compte à compte sur les livres des banques nationales et
sur ceux des banques étrangères qui leurs servent de correspondant.

III- LES REGIMES DE CHANGE

On distingue le régime de change fixe et le régime de change flottant ou flexible.

1. Le régime de change fixe

Mr KOUYATE
Régime dans lequel un pays s'engage à défendre la fixité du taux de change de monnaie par
rapport aux autres monnaies ou par rapport à un étalon de référence. Ce régime s’exprime
donc par l’existence d’un taux fixe ou d’une parité pour la conversion d’une monnaie dans
une autre, accompagnée d’une intervention des banques centrales pour assurer la stabilité des
taux de change de leurs monnaies.
Lorsqu’une banque centrale ne peut plus défendre la parité officielle de sa monnaie (dû au fait
que ses réserves de change sont épuisées ou qu’elle est impuissante à compenser les tendances
du marché), elle peut négocier avec ses partenaires une modification du taux de change
(dévaluation ou réévaluation).
La dévaluation est la baisse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux autres
monnaies. Le taux de change officiel va alors augmenter (lorsqu’on exprime la valeur de la
monnaie étrangère).
La réévaluation est l’opération inverse de la dévaluation. C’est donc la hausse de la valeur de
la monnaie nationale par rapport aux autres monnaies, le taux de change va dans ce cas
baisser.
Exemple de régime de change fixe :
- Le système étalon-or
- La zone CFA

2. Le régime de change flottant ou flexible

Régime dans lequel un pays laisse évoluer librement le taux de change de sa monnaie, sur le
marché des changes en fonction de l'offre et de la demande, soit totalement (flottement libre)
soit partiellement (flottement géré).
Le cours de change est alors déterminé par la seule rencontre des offres et des demandes
spontanées des devises. Ainsi, plus une monnaie est demandée, plus son taux de change par
rapport aux autres augmente et vis-versa.
Dans le régime de change flottant, on parle de dépréciation (ou d’appréciation) de la monnaie,
lorsque celle-ci perd (ou bénéficie d’une augmentation) de la valeur par rapport à d’autres
devises sur le marché des changes.

IV- Le système monétaire international (SMI)

L'existence de relations économiques entre des nations ayant des monnaies différentes
&nécessite donc en parallèle l'existence d'un marché ou les agents économiques pourront
Mr KOUYATE
convertir leurs devises en monnaie nationale. L'ensemble des marchés sur lesquels s'effectuent
les échanges monétaires internationaux constitue le Système Monétaire International. Le SMI
repose sur des caractéristiques précises et a évolué dans le temps.

1. La notion de SMI

 Définition :
Un système monétaire international est l’ensemble des règles, des mécanismes et des
institutions visant à organiser, contrôler et réguler les échanges monétaires internationaux.
Il a généralement pour objectif de faciliter les échanges internationaux et permettre d’aider les
pays qui connaissent des difficultés de paiement.

 Caractéristiques d’un SMI :


Un SMI se caractérise généralement par trois éléments essentiels :
- un système ou régime de change fixe ou flexible qui permet de déterminer le taux
de change des monnaies les unes par rapport aux autres.
- une base (ou un étalon) de référence par rapport auquel chaque monnaie nationale
est définie selon un taux de change. C’est une unité de mesure commune entre les
monnaies. L’or a été pendant longtemps cette base de référence.
- des liquidités internationales qui représentent l’ensemble des moyens de paiement
internationaux dont disposent les pays pour financer les besoins de financement de
leurs balances des paiements. On a principalement l’or et les réserves de change
(composées des devises acceptées et recherchées dans le monde entier, comme le
dollar, le yen ou l’euro). Ce mécanisme de crédit entre nation peut être
éventuellement supervisé par un organisme international (le FMI par exemple).

2. Evolution du système monétaire international

Le Système Monétaire International a connu de profondes évolutions au cours du dernier


siècle, alternant phases de stabilités et phases de profondes instabilités.
L'instabilité mondiale qui a marqué le 20ème siècle se traduit au niveau du système monétaire
international par une grande fluctuation des taux de change et la mise en place de différents
régimes de changes successifs.
On peut dresser le tableau suivant qui reprend les grandes phases de l'évolution du SMI.

Mr KOUYATE
Date SMI
1879 - 1914 un régime de changes fixes fonctionnant selon le système de l'étalon-or.
Ce régime de change (Gold Standard) fait de l'or la monnaie internationale.
Les monnaies nationales bénéficient d'une parité fixe avec l'or qui sert de
monnaie de transaction internationale. Les banques centrales détiennent par
ailleurs presque exclusivement des réserves en or. La livre britannique joue
aussi un rôle de monnaie internationale du fait de la puissance de
l'économie britannique.
La première guerre mondiale voit apparaître sur la scène internationale une
nouvelle économie dominante, les États-Unis, qui succèdent à des pays
européens ruinés par la guerre.

1914 - 1939 un régime de change fonctionnant selon le système de change-or et


marqué par l'instabilité des parités de change des principales monnaies.
A la fin de la guerre le système monétaire international se réorganise autour
d'un régime de change fixe qui redonne à l'or son rôle central d'étalon de
valeur des parités des monnaies nationales. Cependant l’or n’est plus le
principal instrument de règlement des transactions internationales, mais des
devises qui sont-elles même convertibles en or. Mais, la crise économique
qui touche les pays développés au début des années 30 et l'absence de
coopération internationale entre les nations entraîne une instabilité très forte
des taux de change qui sont régulièrement modifiés. La concurrence entre la
livre et le dollar pour s'affirmer en tant que monnaie d'échange
internationale ne fait qu'ajouter à cette instabilité du système financier.
Voilà pourquoi, tirant les conséquences de cette phase d'instabilité, les pays
vainqueurs de la seconde guerre mondiale se réunissent dès 1944 pour
redéfinir un nouveau régime de change.

1944 - 1971 Le Système de BettonWoods


Ce système résulte de la concertation des principales puissances
économiques qui rétablissent un système de change fixe fonctionnant selon
le principe du Gold Exchange Standard qui consiste à fixer des parités-or
pour chaque monnaie nationale, mais qui n'accorde qu'à une seule monnaie
la possibilité d'être convertie en or, le Dollar. Le dollar devient de fait la
monnaie de règlement des échanges internationaux et il peut être à tout

Mr KOUYATE
moment échangé contre de l'or auprès de la Banque Centrale américaine.
Une seule devise est alors convertible en or (le dollar) et les autres
monnaies sont convertibles en dollar selon une parité fixe. Il s'agit donc
d'un système de change fixe dominé par la monnaie américaine
Deux institutions internationales sont créés pour assurer le financement des
balances des paiements.
La fin de la convertibilité or du dollar en 1971 marque la fin de ce régime
de change fixe qui cède le pas à un régime de change flexible.

De 1971 à nos Régime de change flexible et instabilité monétaire


jours L'instabilité monétaire est la règle durant les années 70 et le début des
années 80. Mais les fortes variations du taux de change de la monnaie
internationale (le dollar) poussent de plus en plus les grandes nations
économiques à relancer une concertation internationale afin de stabiliser le
taux de change des monnaies. Le G5 réunissant les Etats-Unis, le Japon, la
France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne se réunit au Louvres en 1985
pour stabiliser le taux de change du dollar. De telles réunions se
reproduisent régulièrement (accord du Plazza en 1987) et réunissent
maintenant 7 pays (G5 + Canada + Italie). De plus, face à cette instabilité
des parités, un certain nombre d'initiatives régionales se sont mises en place
pour limiter la variation des monnaies. L'Europe en particulier a dès 1979
définie une politique de stabilisation des taux de change entre les monnaies
des pays appartenant à la CEE et s'est dotée en 1999 d'une monnaie unique
qui a remplacée définitivement les monnaies nationales au 1er janvier 2002.
Il faut toutefois noter que le nouveau SMI actuel a vu le jour avec les
accords de la Jamaïque en 1976. Ces accords officialisent l’abandon du
système des changes fixes pour le système des changes flottants. Ainsi,
depuis cette date, tous les pays sont désormais libres d’adopter le régime de
change de leur choix

Mr KOUYATE
CHAPITRE V
LA BALANCE DES PAIEMENTS

A partir des opérations des agents économiques et leur représentation synthétique, la


comptabilité nationale donne une image de l’activité économique d’ensemble d’un pays avec
le reste du monde. Cette représentation se fait à travers un tableau qui résume les opérations
économique entre le pays et l’extérieur : c’est la balance des paiements.
En Afrique en générale et en Côte d’Ivoire en particulier, la récolte des statistiques
économiques sont difficilement réalisable à cause de la peur fiscale. Et pourtant sans
statistiques fiables il devient difficile d’avoir une bonne mesure de la balance des paiements.

I- PRESENTATION DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

1. Définition

La balance des paiements est un document statistique qui présente l’ensemble des flux
d’échanges (commercial, financier et monétaire) entre une économie et le reste du monde
durant une période donnée.

2. La logique d’enregistrement

L’enregistrement se fait selon le principe de la comptabilité en partie double. C’est-à-dire que


chaque opération donne lieu à deux écritures comptables, l’une en crédit et l’autre en débit.
Pour les opérations sans contrepartie comme les transferts ou les dons pour lesquels il n’y a
qu’un seul flux, on effectue par convention une deuxième écriture pour respecter la règle.
- Toute opération qui se traduit par une entrée de devises est enregistrée en crédit.
- Toute opération qui se traduit par une sortie de devises est enregistrée en débit.
La BP retrace, pour une économie et une période donnée, l’origine (les ressources) et
l’utilisation (les emplois) des devises. Ainsi, la BP est un document comptable équilibré.
La méthodologie d’élaboration de la BP est donnée par le FMI.

II- STRUCTURE (OU COMPOSANTES) DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

La balance des paiements est composée de plusieurs balances particulières qui s’emboîtent les
unes dans les autres. Elle regroupe trois grands comptes ainsi qu’un poste « erreurs et
omissions ».

Mr KOUYATE
Titres Crédits Débits Soldes

1. Compte des transactions courantes .....................


2. Compte de capital ..........................................
3. Compte d’opérations financières........................
4. Erreurs et omissions nettes (a) ........................

(a) L'expression « Erreurs et omissions nettes », utilisée par le FMI et le conseil de l'IME, sera à nouveau employée en France, au
lieu du terme « ajustement ».

1. Le compte (ou la balance) des transactions courantes

Il prend en compte :
 Les biens (marchandises);
 Les services (transports, voyages, assurances, etc.);
 Les revenus (du travail et du capital). Ils sont divisés entre :
- rémunération des salariés (travailleurs frontaliers ou saisonniers),
- revenus des investissements. Cette rubrique recouvre les revenus des
investissements directs, les revenus des investissements de portefeuille
(participation au capital et titres de créance) ainsi que les autres revenus
d’investissement (intérêts provenant d’autres opérations financières).
 Les transferts courants (transferts sans contrepartie). On trouve notamment les
envois de fonds des travailleurs ainsi que les dons au titre de l’aide au
développement.
Ce compte est structuré comme suit :

Titres Crédits Débits Soldes

1. COMPTE DES TRANSACTIONS COURANTES


1.1. Biens..............................................................
1.2. Services ........................................................
1.3. Revenus..........................................................
1.4. Transferts courants ........................................

2. Le compte capital

Mr KOUYATE
Il se compose :
 des transferts en capital (remises de dette, aides à l’investissement, ainsi que
les transferts des migrants, qui résultent du changement de résidence pour au
moins un an et correspondent à la valeur du patrimoine transféré),
 des acquisitions et cessions d’actifs non financiers non produits (brevets,
licences etc.). Ces opérations sont désormais nettement séparées de l’utilisation
de ces actifs.

Titres Crédits Débits Soldes

2. COMPTE CAPITAL......................................
2.1. transferts en capital.......................................
2.2. acquisition d’actifs non financier non produit ...

3. le compte des opérations financières

Ce compte est structuré comme suit :

Titres Crédits Débits Soldes

3. COMPTE D’OPÉRATIONS FINANCIÈRES.....


Mouvements de capitaux (hors avoirs de réserve)...
3.1. Investissements directs.................................
3.2. Investissements de portefeuille......................
3.3. Autres investissements ...............................
Avoirs de réserve...............................................

– Pour les investissements directs, on distingue d’abord en fonction du sens des mouvements
puisse on la nature des flux : capital social (le seuil de l’investissement direct est fixé à 10 %
du capital), bénéfices réinvestis et autres transactions entre entreprises apparentées.
– En ce qui concerne les investissements de portefeuille, on a les titres de participation et les
titres de créance (obligations et autres titres d’emprunt).

Mr KOUYATE
– La rubrique autre investissements recouvre les crédits commerciaux et les prêts à court et
long terme, la monnaie fiduciaire, les dépôts et les autres avoirs et engagements.
– Le poste avoirs de réserve inclut les transactions portant sur les avoirs considérés comme
étant à la disposition des autorités monétaires : or monétaire, droits de tirage spéciaux (DTS),
position de réserve au FMI, avoirs en devises étrangères (en monnaie et en titres) et autres
créances.

4. Erreurs et omissions

Enregistre la différence entre ressources et emplois (erreurs statistiques, etc.).

III- LES MECANISMES D’AJUSTEMENT DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

L’ajustement de la balance des paiements se fait généralement selon deux approches


théoriques. L’ajustement par les prix (l’approche classique) et l’ajustement par les revenus
(l’approche keynésienne).

1. L’ajustement par les prix

L’ajustement par les prix a son origine dans l'analyse des classiques.
il souligne l'influence du taux de change sur le compte courant à travers les élasticités-prix
c'est-à-dire la sensibilité des demandes d'importation et d'exportation aux modifications de
prix. En cas de baisse du change de la monnaie domestique (dépréciation), trois facteurs
affectent la balance commerciale :
- le volume des importations est entraîné à la baisse ce qui améliore la balance
commerciale.
- Le volume des exportations s'accroît en améliorant la balance commerciale
- les recettes d'exportation sont réduites en valeur avec la dépréciation de la monnaie
domestique ce qui défavorise le retour à l'équilibre de la balance commerciale

2. l’ajustement par les revenus : l’approche par l’absorption

L’ajustement par le revenu est une approche keynésienne.

Mr KOUYATE
Elle tient compte du niveau d'activités domestiques et étrangères sur le compte courant à
travers les mécanismes d'ajustement par les effets- revenus. La théorie de l'absorption remet
en cause le rôle exclusif du taux de change et des prix dans la recherche de l'équilibre externe.
Une dépréciation de la monnaie domestique accroît la production domestique mais elle réduit
parallèlement la production étrangère freinée par la chute des exportations de l'étranger.

Mr KOUYATE
Présentation type de la balance des paiements
1. Compte courant Crédit Débit

A. Biens et services
Biens Exportés Importés

Services

Transports Exportés Importés


Voyages Exportés Importés
Autres services Exportés Importés
Services fournis ou reçus par

les administrations publiques Exportés Importés

B. Revenus
Rémunération des salariés Reçue Versée
Revenu des investissements Reçu Versé
Dont : intérêts sur la dette extérieure Reçus Versés
C. Transferts courants Reçus Versés

2. Compte de capital et d’opérations financières

A. Capital
Transferts de capital Reçus Versés
Acquisitions/cessions d’actifs

non financiers non produits Cédés Acquis

B. Opérations financières
Investissements directs De l’étranger A l’étranger
Investissements de portefeuille De l’étranger A l’étranger

Autres investissements

Prêts, crédits commerciaux, etc. Empruntés Prêtés


Crédits et prêts du FMI Achetés Rachetés

Avoirs de réserve

Or monétaire Baisse Hausse


DTS Baisse Hausse
Position de réserve au FMI Baisse Hausse
Devises Baisse Hausse
Autres créances Baisse Hausse

Source : FMI, Manuel de la balance des paiements (1993).

Mr KOUYATE
ECONOMIE ET
ORGANISATION DES
ENTREPRISES

Mr KOUYATE
SECTION I – L’ENTREPRISE ET SES SYSTEMES

L’entreprise est un terme qui regroupe des situations très diverses : aussi bien des unités de
production que des sociétés de services ou des organismes publics. Pour comprendre leur
fonctionnement, les entreprises doivent être appréhendées de manière dynamique.
Les multiples variables quantitatives et qualitatives, directes et indirectes, externes et internes
influençant les décisions rendent difficile la gestion des entreprises, d’autant qu’elles sont en
interdépendance tout en étant parfois antagonistes.

CHAPITRE I
ANALYSE SYSTEMIQUE DE L’ENTREPRISE

Derrière la définition de l’entreprise se cache une multitude d’entités qui n’ont parfois rien en
commun. Comment en effet mettre en parallèle l’activité d’un artisan individuel travaillant
essentiellement dans un environnement géographique restreint avec une société comme
SOLIBRA réalisant plus des centaines de milliards de FCFA de chiffre d’affaire, présent dans
le pays tout entier et employant des dizaines de milliers de salariés ?
L’intérêt de l’analyse systémique de l’entreprise réside dans le fait que malgré leurs
différences, toutes les entreprises peuvent être représentées selon le principe d’un système.

I- APPROCHE SYSTEME DE L’ENTREPRISE

1. La notion de système

Un système est un ensemble d’éléments en interaction et organisés pour atteindre un objectif


commun. Cinq caractéristiques peuvent être repérées pour identifier tout système :
- 1-des éléments différents et interdépendants
- 2-une frontière
- 3-un environnement
- 4-un objectif
- 5-des processus de régulation (rétroaction) pour piloter et maintenir le système en
son état.
-

Mr KOUYATE
Schéma général d’un système

(2)

(4) (1)

(3)

(5)

2. L’entreprise- système

L’approche systémique de l’entreprise consiste à considérer l’entreprise comme étant un


système et l’étudier comme ayant les caractéristiques d’un système. Si l’on applique alors
cette démarche système à l’entreprise, il ressort que :
- les éléments différenciés sont les fonctions et les services de l’entreprise
- la frontière est la structure de l’entreprise
- l’environnement est l’ensemble des partenaires obligés de l’entreprise
- l’objectif est la recherche de profit et la survie de l’entreprise à long terme
- les processus de régulation sont les décisions et les actions de pilotage

Mr KOUYATE
Schéma de l’entreprise système

Objectif

Direction générale production Fournisseurs


Etat
Régulation vente Clients
Banques
Finance Syndicats
Concurrents
Administration

II- CARACTERISTIQUES DE L’ENTREPRISE EN TANT QUE SYSTEME

A travers cette approche système, l’entreprise devient un système complexe, concret,


organisé, finalisé, ouvert et dynamique.

1. L’entreprise, système complexe

L’entreprise est un système complexe compte tenu de ses composants qui sont soit de nature
concrète (système concret) soit de nature abstraite. En terme concret l’entreprise peut être
décomposée en deux sous-systèmes : celui des personnes et celui des ressources techniques.
En terme abstrait on parlera des sous-systèmes politiques, de travail et de valeur.
Le problème est qu’une fois un système décrit en termes de composants, il est souvent
difficile d’inventorier ses fonctions qui ont toutes chances d’être multiples et variées.

2. L’entreprise, système organisé

Cela revient à dire que l’entreprise est dotée d’une structure de fonctionnement permettant
d’assurer la coordination des éléments du système.

3. L’entreprise, système finalisé

Mr KOUYATE
L’entreprise a une finalité et des objectifs qui lui sont propres. L’objectif de l’entreprise est de
réaliser un maximum de profit et de lutter pour sa survie d’où la nécessité de la mise en œuvre
d’une stratégie.

4. L’entreprise, système ouvert

L’entreprise est en relation constante avec son environnement dans lequel elle puise les
éléments nécessaire à son fonctionnement. Inversement, l’environnement reçoit d’elle les
résultats (produits, services…) et les résidus (déchets, polluants…) de son activité.

5. L’entreprise, système dynamique

C’est dire que l’entreprise est en constante évolution, du fait entre autre des modifications de
son environnement.

III- LES MODES DE REGULATION DU SYSTEME

Il existe différents modes de régulation de l’entreprise en tant que système. Et à cet effet elle
est aussi considérée comme un système régulé.

1. La régulation par anticipation

Elle permet d’éviter les inadaptations du système à son milieu. Cette régulation intervient
lorsque des perturbations proviennent de l’environnement de l’entreprise et où sans réaction
l’entreprise ne pourra plus atteindre ses objectifs.

2. La régulation par alerte

Elle consiste à attendre que des perturbations externes ou internes aient une incidence sur le
fonctionnement de l’entreprise avant de réagir.

3. La régulation par erreur

Mr KOUYATE
Elle consiste à rechercher les raisons d’un écart entre les résultats obtenus et les objectifs fixés
afin d’y apporter des corrections de façon à se rapprocher des objectifs.

4. L’autorégulation

Elle consiste à laisser le système se réguler lui-même.

II LE SYSTEME D’INFORMATION

A une époque où l’environnement des entreprises était stable, les chefs d’entreprise avaient
des choix relativement simples à effectuer, mais les récentes modifications de
l’environnement rendent ceux-ci plus incertains et plus complexes sous le double effet de
l’instabilité des marchés et de la plus forte pression de la concurrence. Dès lors, l’information
devient un outil essentiel à la prise de décision.

I- NATURE ET DIVERSITE DE L’INFORMATION

1. Définition de l’information

Le mot “information” vient du latin informare, “mettre en forme”. Ce terme recouvre deux
réalités différentes. D’un point de vue technique, il désigne n’importe quel élément ou signe
qui peut être transmis ou stocké. Mais cet élément technique ne présente un intérêt pour les
utilisateurs qu’à partir du moment où l’information a une signification, un contenu
sémantique. En ce sens, l’information est un message, un savoir, une connaissance qui se
transmet.

2. Les besoins en information de l’entreprise

Avant de prendre une décision, les gestionnaires doivent recueillir des informations relevant
de différents domaines ou services.
La recherche d’information vise à anticiper les différentes évolutions auxquelles l’entreprise
doit faire face. Le besoin en information concerne donc,
- soit des informations quantitatives d’un secteur d’activités visant, par exemple, le
taux de croissance du marché, l’évolution de la structure productive ou de la
distribution, ou les variations chiffrées de la demande…

Mr KOUYATE
- soit des informations qualitatives qui concernent les mutations technologiques, les
évolutions du comportement d’achat des consommateurs, etc.

II- LES SOURCES D’INFORMATION

Il est possible de distinguer les informations selon leur origine ( interne ou externe).

1. Les sources internes

Il s’agit d’informations qui proviennent de l’entreprise elle-même. Les principales sources


internes peuvent être classées de la façon suivante :
- les fichiers de l’entreprise, renseignent sur l’activité de ses différents services
(comptabilité, gestion des commandes, suivi des clients, etc.)
- les statistiques, permettent de comparer les évolutions constatées sur différentes
périodes (statistiques de vente, nombre d’accidents de travail…)
- l’organigramme, représente la distribution et le partage des tâches au sein des
différents services de l’entreprise
- le règlement intérieur et les manuels de procédures, concernent tant les règles
internes du fonctionnement de l’entreprise que les méthodes et pratiques
concernant les approvisionnements, la production, les usages commerciaux, la
gestion de la trésorerie, la gestion des ressources humaines, etc.

2. Les sources externes

Il s’agit des informations qui proviennent de l’environnement de l’entreprise. Les sources


externes sont variées et donc l’entreprise peut se procurer des informations auprès de :
- Organismes publics officiels
- Organismes professionnels
- Quotidiens et magazines

III- LES MODES DE TRANSMISSION DE L’INFORMATION : LA COMMUNICATION

Communiquer, c’est divulguer, transmettre, faire connaître une information à quelqu’un dans
le but de mettre en relation un émetteur et un récepteur. Ainsi, la communication désigne la

Mr KOUYATE
totalité des flux d’informations qui naissent soit entre l’entreprise et son environnement, soit à
l’intérieur même de l’entreprise.
Pour fonctionner, un système de communication implique la rencontre d’un certain nombre
d’éléments.

1. Les éléments nécessaires à une communication

Pour transmettre des informations, il faut qu’un certain nombre d’éléments et de conditions
soient réunis.
a) Une source (ou émetteur) identifiée
Il s’agit d’une entité (personne, entreprise, organisme…) à l’origine du message. L’important
dans la procédure de communication est que la source soit identifiée par le récepteur

b) Un codage
Il est important de donner un sens clair et compréhensible à l’information transmise. Le
codage est donc la transcription d’information sous forme de signes déchiffrables par le
destinataire.
c) Les canaux de transmission
Ils représentent les courroies de transmission par lesquelles transitent les messages. Ces
canaux sont soit internes ou externes, soit personnels ou impersonnels.
 Les canaux internes sont les moyens matériels de l’entreprise tels que l’intranet, le
service “courrier interne”, la note de service, l’affichage…
 Les canaux externes sont les procédés de communication qui n’appartiennent pas à
l’entreprise, tels que l’internet, les services postaux, le téléphone, etc.
 Les canaux personnels sont soit internes (représentants, directeurs d’un service, etc),
soit externes (clients, distributeurs, etc.)
 Les canaux impersonnels sont soit internes (communication média ou hors média),
soit externes (articles de presse…).
d) Le décodage
Il est le fait du récepteur qui va décoder le message de l’entreprise, en fonction de ses
aptitudes à lire, écouter et comprendre. Par ailleurs, il y a lieu de noter que des immodérations
ou des parasites, que l’on appelle “rumeurs”, peuvent survenir entre le moment où l’émetteur
conçoit le message et le moment où le récepteur le reçoit et l’interprète.

e) Le récepteur

Mr KOUYATE
C’est celui auquel l’émetteur destine le message qu’il a conçu et réalisé. Le but de l’émetteur
est que son message soit reçu par celui auquel il le destine. Or ce n’est pas toujours le cas.

f) La rétroaction (ou feed-back)


La rétroaction est la réaction normalement engendrée chez le récepteur par la diffusion d’un
message : si un tel phénomène ne se produit pas, c’est que la communication a échoué.

2. Les types de communication en entreprise

Les différents types de communication coexistant dans l’entreprise peuvent être distingués en
fonction de plusieurs critères :

a) Communication interne et communication externe

 Communication interne, c’est la gestion du flux d’information à l’intérieur de


l’entreprise. L’enjeu pour l’entreprise est de canaliser ces informations, de les traiter,
de façon à les diriger vers leurs utilisateurs. Aussi, la communication interne vise à
réduire les dysfonctionnements éventuels entre les acteurs de l’entreprise, donc à
favoriser un bon climat social.
 Communication externe, c’est la communication qui est dirigée vers l’ensemble des
partenaires qui ne font pas partie intégrante de l’entreprise. Elle est souvent associée
aux actions de communication média et de communication hors média.

b) Communication descendante, ascendante et latérale

Cette typologie est plus particulièrement valable pour la communication interne.


 Communication verticale : une communication est dite verticale lorsqu’elle emprunte
la voie hiérarchique. Elle est dite descendante lorsque les informations sont échangées
d’un niveau supérieur à un niveau inférieur de la hiérarchie. Elle est dite ascendante
lorsque le cheminement des informations est inverse, c’est-à-dire d’un niveau inférieur
vers un niveau supérieur.
 Communication latérale ou horizontale : elle concerne les informations échangées
entre des personnes occupant des postes différents ou appartenant à des services
distincts mais de même niveau hiérarchique.

c) Communication formelle et communication informelle

Mr KOUYATE
 Communication formelle, c’est l’ensemble des actions organisées qui mettent en
œuvre deux types d’outils, les actions média et les actions hors médias. Ces actions
sont généralement prévues et budgétisées dans le plan de communications.
 Communication informelle, elle est verbale ou non verbale et se fait par des échanges
d’informations entre personnes, par les perceptions que certains acteurs ont de l’action
d’autres acteurs. C’est donc une communication spontanée, naturelle et quotidienne.

3. Les moyens de communication de l’entreprise


a) Les moyens de communication internes
 Les documents de l’entreprise :
- les statuts des sociétés et les rapports de conseils d’administration qui sont des
documents répondant à des exigences légales.
- La note de service, les rapports, les tableaux d’affichage, le journal d’entreprise ou
la revue de presse ; sont des documents qui traduisent les volontés et les
procédures de l’entreprise.
 Les autres moyens : on a les moyens liés à la communication verbale et non verbale
(stages, séminaires, formation, boite à idées, compétition sportives, jeux-concours…)
et les moyens audiovisuel et l’introduction de nouvelles technologies de la
communication (internet).
 La gestion de la communication par les dirigeants (les conférences de presse, les
assemblées générales d’actionnaires et les points de presse).

b) Les moyens de la communication externe


Les entreprises se servent souvent de documents pour communiquer à leurs partenaires
extérieurs des informations sur leur activité. Elles ont ainsi recours à différents supports :
- les petites annonces
- les bons de commandes
- les factures
- etc.
A ces supports, on ajoute les moyens de communication média et hors média.

IV- LE ROLE DE L’INFORMATION

Les principaux rôles de l’information sont :

Mr KOUYATE
1. Support des processus de gestion ou de management

Le traitement des commandes, la tenue d'une comptabilité, la programmation d'une action,


etc. nécessitent que l'on dispose d'informations.
Enorme évolution dans ce domaine avec les technologies informatiques, les réseaux.

2. Instrument de communication

L'échange d'informations est nécessaire pour la réalisation de nombreuses activités.


La technologie a également beaucoup fait évoluer cet aspect.
Penser : - aux bases de données
- aux systèmes de messagerie et courrier électronique
- aux réseaux (Internet bien sûr, mais aussi les intranets d'entreprise, ...)

3. Support de connaissance individuelle

On pourrait résumer ainsi ce rôle : « la capacité cognitive des organisations est aussi celle des
individus qui en font partie ».

4. Instrument de liaison avec l’environnement

Sur ce plan, on ne peut nier l'intérêt de l'information. De même, une information de qualité
aura un effet positif sur le climat social au sein des organisations.
L'information est un facteur de motivation, d'intérêt, de cohésion sociale.

V- LA GESTION DE L’INFORMATION : LE SYSTEME D’INFORMATION

1. Définition
L’ensemble des moyens mis en œuvre pour gérer l’information au niveau de toute
organisation constitue le système d’information.
L'information est un élément stratégique pour l'entreprise (et de plus en plus).
Le système d'information a pour intérêt (ou doit permettre) :
- une meilleure connaissance possible de l'entreprise elle-même.
- la "veille technologique" (ou "système d'information stratégique", par opposition au
"système d'information de gestion"). Toute une structure doit être mise en place à ce niveau.

Mr KOUYATE
2. Les fonctions du système d’information
Les fonctions du système d’information se résument à l’alimentation du système, à la
mémorisation, au traitement et à la restitution de l’information.
 Alimentation du système (collecter ou capter)
Cela suppose :
- savoir écouter
- savoir entendre
- savoir saisir
- savoir classer, codifier, condenser
 Mémorisation
Le système d'information (+ ou - sophistiqué) doit être en mesure de fixer
l'information sur des supports adaptés, de la stocker.
Au niveau technique, de nombreuses possibilités existent:
- classiques (papier, ...)
- informatiques (disques, disquettes, bandes, cartouches, ...)
- films et microfilms
- ...
A la base, on trouve de nombreux fichiers, et qui sont souvent interconnectés et en
relation.
 Le traitement
Calculs, tris, classements, modifications, ajouts, suppressions, ... sont des opérations
classiques à effectuer.
 La restitution
L'information n'a pas d'intérêt pour elle-même. Elle sera utile aux utilisateurs réels ou
potentiels .Elle est ascendante, descendante ou latérale.
Elle doit (si utile) répondre aux critères de sécurité et de confidentialité.
En résumé les fonctions classiques seront les suivantes :
- collecte
- saisie
- traitement
- stockage
- diffusion

3. Les qualités du système d’information

Mr KOUYATE
Les informations recueillies doivent répondre aux besoins du système de décision. Elles
doivent avoir des qualités attendues.
3-1 La pertinence de l’information
Le systèmwe d’information peut comporter une surabondance d’informations. Ex : longueur
des listings inexploités.
Pour cela, le S.I. doit donc comporter des filtres pour distinguer les bonnes informations des
mauvaises et ne retenir que les informations pertinentes.
NB : Une information n’est pertinente que lorsqu’elle constitue un facteur de choix ;
améliore la qualité des décisions ; pose un problème nouveau ; ouvre des opportunités.
3-2 La finalité de l’information
Pour fonder une décision correcte, il faut que l’information soit fiable, c’est-à-dire conforme à
la réalité. L’information doit être toujours une représentation fidèle du réel.
3-3 La rapidité de l’information
L’information est une denrée périssable. (Ex : Les scoops)
La valeur de l’information, pour l’entreprise dépend donc beaucoup des délais de collecte, de
transmission, de traitement et d’utilisation des données. Un journal de plus de 4 ans coûte
plus cher que le journal du jour.
Une information trop tardive c’est-à-dire « hors délais » non seulement n’a pas de valeur,
mais entraîne des coûts plus ou moins importants. Ex : Perte de recettes ou de clients dans le
cas d’une commande non traitée dans les délais.
3-4 Confidentialité de l’information
Une information n’a de valeur que si elle est rare.
Les règles déontologiques imposent de ne pas divulguer certaines informations concernant des
tiers.
Le système d’information doit garantir la confidentialité des informations en limitant le
nombre de personnes pouvant accéder aux fichiers.
3-5 Valeur d’une information
Une information n’a de valeur que lorsque son contenu est sélectif (volume d’informations
que contient le message) ; un contenu structurel (il représente le degré de synthèse de
l’information) et un contenu métrique (il est équivalent au degré de précision de
l’information.)
NB : L’acquisition d’une information n’a d’intérêt que dans la mesure où sa valeur est
supérieure à son coût.
La valeur d’une information repose sur l’utilisation qui en est faite.

Mr KOUYATE
Exemple : Une étude de marché permet de réduire l’incertitude quant à la demande potentielle
d’un produit, peut entraîner de profondes modifications du programme de production, et faire
économiser à l’entreprise les coûts liés, par exemple, aux produits invendus.

VI- LE PILOTAGE DE L’ENTREPRISE

1- Définition

Piloter : c’est assigner des objectifs à l’entreprise et mettre en œuvre les moyens afin de les
atteindre
2- Différents types de pilotage

- Le pilotage charismatique, défini par WEBER, ici, c’est le chef qui pense la vie et la
politique de l’entreprise.

- Le pilotage bureaucratique : l’autorité tire sa légitimité de la loi.

- Le pilotage participatif ou coopératif : c’est la méthode qui est basée sur la


participation de tous et pour laquelle il est fait appel à l’initiative des uns et des autres.

- Le pilotage technocratique : le pouvoir est fondé sur le haut niveau de compétence


technique c'est-à-dire que les dirigeants doivent être des experts en certaines matières
de pointe et avoir des capacités de synthèse. Ici, les décisions les plus importantes sont
prises par les technocrates.

- Le pilotage autocratique : le principe consiste pour le chef de décider seul sans


concertation et de diffuser ensuite les informations à son gré.

Mr KOUYATE
CHAPITRE III
LE SYSTEME DE DECISION

Dans le cadre de son activité, l’entreprise est confrontée quotidiennement à une multitude de
choix. En vue d’atteindre des objectifs déterminés, elle doit prendre des décisions. Cependant,
toutes n’auront pas la même force, selon qu’elles présentent un caractère exceptionnel ou, à
l’inverse, un caractère routinier.

I- NOTION DE DECISION

1. Définition

Prendre une décision, c’est opérer un choix entre plusieurs options, c’est apporter une solution
satisfaisante à un problème posé.
La décision est donc le choix d’un comportement en fonction des informations disponibles.
Mieux, c’est l’action de faire le choix d’une solution entre plusieurs, face à un problème
identifié.

2. Typologie des décisions

Il existe différentes typologies de décisions possibles. Quelle que soit la typologie retenue, il
convient surtout de bien cerner les effets que ces différentes décisions ont sur l’entreprise.
Les typologies généralement retenues sont :

a) La classification d’Ansoff

Igor Ansoff distingue trois catégories de décision :


- Les décisions stratégiques qui déterminent l’orientation générale de l’entreprise.
Elles concernent l’ensemble de l’entreprise avec une échéance de long terme. Elles
sont prises par le niveau supérieur de la hiérarchie (direction générale), sont
incertaines, complexes et ne se reproduisent pas à l’identique.
Exemple : - agrandir l’usine
- racheter une entreprise concurrente
- fusionner
- Les décisions tactiques ou administratives qui déterminent l’organisation,
l’acquisition et le développement des ressources de l’entreprise. Elles concernent

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une fonction de l’entreprise avec une échéance à moyen terme. Elles sont ainsi
prises à un niveau intermédiaire de la hiérarchie, sont incertaines et moins
complexes.
Exemple : - choisir le logiciel adapté à la comptabilité
- décider du calcul de la paie et de sa distribution
- Les décisions opérationnelles qui sont relatives à l’exploitation courante. Elles
concernent une zone restrictive avec une échéance de court terme. Elles sont prises
à la base de la hiérarchie par des employés ou des ouvriers spécialisés, sont
certaines et répétitives.
Exemple : déterminer la quantité à commander pour maintenir le stock de matière
première à son seuil de sécurité.

b) La classification selon la structure de la décision

Les décisions peuvent être classées en fonction de la méthode utilisée par le décideur pour
aboutir au choix définitif. On a :
- Les décisions programmables qui sont des décisions arrêtées et dont le contenu est
délimité (d’où la notion de programmation mensuelle, annuelle, de planning, de
planification des tâches). L’organisation définit alors la façon dont les missions
doivent être accomplies ainsi que les modes de résolution des éventuels obstacles.
- Les décisions non programmables qui sont des décisions imprévisibles,
exceptionnelles voire stratégiques. Elles dépendent des facteurs essentiellement
environnementaux qui s’avèrent peu ou difficilement maîtrisables.
Schéma de synthèse

Décisions Opérationnelles Tactiques Stratégiques


Critères
Domaine de décision Exploitation Gestion Stratégie
(objet)
Durée (échéance) Court terme Moyen terme Long terme
Procédure de décision Programmables Semi-programmables Non programmables
(structure)
Répétitivité des choix Fortement répétitives Faiblement répétitives Non répétitives
(choix unique)
Champs d’action Régulation Pilotage Planification
(objectifs)

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II- PROCESSUS DE DECISION

Le processus de décision peut être défini comme la méthode retenue pour effectuer des choix.
On a :

1. Un processus formalisé : le modèle IMC de prise de décision de Simon

Herbert Simon distingue trois phases dans la logique générale du processus de décision,
connue sous le nom d’IMC (Intelligence Modélisation Choix).
1. Identifier le problème.
2. Collecte ou recherche des informations. Phase d’intelligence
3. Analyse des informations recueillies

4. Concertation et discussion entre les responsables Phase de modélisation


en vue de recenser les situations envisageables ou de conception

5. Prise de décision : un ou deux choix d’une meilleure Phase de choix ou de


Opportunité de solution sélection

6. La mise en œuvre de la décision Phase d’exécution


7. Evaluation des résultats obtenus Phase d’évaluation

L’intelligence correspond à la phase d’exploration de l’environnement de l’entreprise.


La modélisation est la phase d’invention et de développement, celle au cours de laquelle
s’analysent les options stratégiques.
Le choix consiste en une comparaison, une évaluation et au choix d’une option.

2. Un processus non formalisé


La démarche de prise de décision doit respecter les points suivants :
- analyser l’objectif qui consiste à définir un objectif pour mieux comprendre ce
qu’il convient de faire et de s’y tenir.
- Analyser les ressources de l’entreprise et comparer les forces, correspondant à une
phase d’étude des forces et des faiblesses de l’entreprise (sur le plan quantitatif et
qualitatif) et de celles de ses concurrents en tenant compte de l’objectif fixé.

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- Analyse des facteurs externes qui permet de déterminer la liberté de manœuvre de
l’organisation.
- Analyse des options stratégiques qui autorise à dresser un inventaire des choix
possibles.
- Enfin le choix d’une option.

3. Un processus composite : le modèle de la “poubelle” de Marc, Cohen et


Olsen

La possibilité de choix est comparée à une poubelle dans laquelle les acteurs de l’organisation
jettent différents problèmes et différentes solutions. Ce modèle considère une décision comme
la résultante de trois facteurs :
- des problèmes
- des solutions
- des participants

Remarque : globalement, la démarche de prise de décision doit respecter les points suivants :
- analyse de l’objectif
- analyse des ressources de l’entreprise et comparaison des forces
- analyse des facteurs externes
- analyse des options stratégiques
- comparaison et évaluation
- choix d’une option

III- LES OUTILS D’AIDE A LA DECISION

De nombreuses techniques permettent au décideur de prendre certaines décisions. Les outils


qu'il devra mettre en œuvre, dépendent du problème initial et de la connaissance plus ou
moins précise du décideur.
Il est possible de classer les différentes situations en quatre catégories selon un degré
d'incertitude croissant.

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1. L'aide à la décision en univers certain

En univers certain, le décideur a une connaissance parfaite des différents paramètres de la


décision. Il peut ainsi prévoir les conséquences de ses choix. Certaines techniques d'aide à la
décision pourront néanmoins être utilisées pour évaluer les conséquences des différents choix
possibles :
- la programmation linéaire (elle vise à déterminer un optimum en tenant compte
des diverses contraintes de ressources),
- les techniques d'actualisation (elles permettent au décideur d'apprécier la
rentabilité économique d'un investissement), ou encore
- les réseaux (ils ont pour but de minimiser les coûts et les délais des programmes)
sont des outils d'aide à la décision qui peuvent assister le décideur lors de ses
choix. Avec l’apparition d’intranet, l’entreprise dispose d’un outil d’aide à la
décision (Business Intelligence) qui s’appuie sur des entrepôts de données (data
warehouse) dont les informations proviennent des bases de données de l’entreprise.

2-L’aide à la décision en univers incertain

En univers incertain, le décideur n'a pas suffisamment d'informations pour connaître ou


prévoir les différents événements liés à la décision. Dans de telles situations, il peut faire
appel à certains critères de la théorie des jeux. C'est un instrument de recherche qui permet
l'analyse des décisions des agents économiques. Les critères du minimax et du maximax sont
généralement retenus. - Si le décideur est optimiste, il privilégiera le choix pour lequel le
maximum espéré est le plus élevé (maximax) - Si le décideur est pessimiste, il privilégiera la
solution pour laquelle le gain minimum espéré est le plus élevé (minimax).

Exemple : le décideur peut choisir entre deux solutions (1) et (2)


Gain minimum espéré Gain maximum espéré
(1) 70 300
(2) 150 250

Il retiendra la solution (1) d'après le critère du maximax, et la solution (2) d'après le critère du
minimax.

 L’aide à la décision dans un univers aléatoire

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En univers aléatoire, le décideur peut associer une probabilité à chaque éventualité de la
décision. Le calcul des probabilités (espérance mathématique), des statistiques (variance, écart
type pour apprécier les risques), et la technique des arbres de décisions (intéressante lorsque
l'on veut étudier les conséquences d'une série de décisions successives) pourront l'assister
dans le processus conduisant au choix final.

 L’aide à la décision en univers conflictuel

En univers conflictuel, tous les événements dépendent d'intervenants par nature hostiles. Les
décisions peuvent en effet concerner plusieurs agents (exemple du cas des oligopoles). La
théorie des jeux peut une nouvelle fois permettre au décideur d'analyser une décision dans une
situation où plusieurs agents économiques interagissent. Chacun devra tenir compte des
actions des autres joueurs pour prendre une décision.

 Le concept de système interactif d’aide à la décision (SIAD)

L'expression SIAD désigne des systèmes automatisés qui assistent le décideur, sans le
remplacer, au cours du processus de décisions. Il permet au décideur d'avoir accès à de
nombreuses connaissances, de les synthétiser et de tester différents choix possibles. Les SIAD
sont des outils informatiques d'aide à la décision. Ils se superposent aux systèmes
informatiques traditionnels pour faire apparaître les données stratégiques utiles à l'entreprise.
Ils doivent donc résumer et modéliser des chiffres et des données significatives. Les tableurs
sont à cet effet des outils informatiques d'aide à la décision (ils permettent de simuler diverses
situations à l'aide de tableaux). Il existe cependant des SIAD plus modernes, qui associés à
une base de données, peuvent traiter beaucoup plus de variables et tester les différents choix
possibles.

 Les systèmes experts

Les systèmes experts sont des programmes capables de simuler un raisonnement humain dans
un contexte de rationalité limitée. Dans un premier temps, le système acquiert les
connaissances de l'expert humain et les stocks au sein d'une base de connaissances. Dans un
second temps, lors de l'utilisation du système, le décideur présente au système le problème à
résoudre. Le système expert le plus connu, MYCIN (1974), permet à partir d'un dialogue entre
l'utilisateur et la machine, d'établir un diagnostic dans le domaine des maladies du sang. Le
champ d'application des systèmes experts, très limité au début des années 80, inclut

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aujourd'hui de nombreux domaines comme le diagnostic technique (Prospector pour la
recherche pétrolière), l'analyse financière (système expert de la Bourse de Paris), la création
d'entreprise... Le progiciel Prométhée.

IV- L’EXERCICE OU L’ORGANISATION DU POUVOIR DE DECISION

L’exercice du pouvoir au sein d’une entreprise suppose une bonne connaissance des rapports
de forces existantes et une gestion intelligente des différents niveaux hiérarchiques. De plus,
le comportement du dirigeant et le style de direction adopté évoluent de façon à permettre une
plus grande participation de l’ensemble des salariés et une responsabilisation accrue des
individus.
Etudier aujourd’hui l’exercice du pouvoir dans l’entreprise suppose donc d’en identifier les
différentes formes et d’en analyser l’évolution.

 1- Les fondements de l’exercice du pouvoir

a) Pouvoir et autorité

Tout pouvoir de décision se traduit par des ordres, des instructions, des directives qui devront
être appliquées par les différents membres de l'organisation. Le pouvoir de décision peut
appartenir aux propriétaires des moyens de production dans une entreprise capitaliste, à l'Etat
dans les économies socialistes planifiées, aux salariés dans les entreprises autogérées, aux
propriétaires des moyens de production et aux salariés dans les solutions mixtes.
Le sociologue Max Weber (1864 - 1920) a tenté d'expliquer les origines de ce pouvoir en
analysant les raisons qui conduisent les individus à obéir aux ordres. Il convient selon lui de
faire la distinction entre les notions de pouvoir et d'autorité.
 Le pouvoir est la capacité d'imposer sa volonté, de forcer l'obéissance. L'exercice du
pouvoir n'implique pas obligatoirement l'adhésion des individus concernés et peut
nécessiter le recours aux sanctions ou aux menaces.
 L'autorité désigne l'aptitude à faire respecter volontairement les ordres. Dans un
système d'autorité, les décisions sont appliquées car les subordonnés les croient
légitimes. Les sanctions deviennent inutiles en raison de l'existence d'un véritable
consensus entre le décideur et les subordonnés.

Max Weber établit trois types d’autorité :

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 l’autorité charismatique, fondée sur la présence d’un leader aux qualités
exceptionnelles. Elle est cependant instable par nature, problème en effet de
succession.
 l’autorité traditionnelle, fondée sur la croyance en la vertu des traditions et en la
légitimité de ceux qui sont appelés au pouvoir par la coutume (elle s'avère cependant
peu évolutive).
 l’autorité rationnelle-légale (ou bureaucratique), fondée sur la croyance en la validité
des règlements établis rationnellement et en la légitimité des chefs.
C’est-à-dire, elle repose sur un système de buts et de fonctions, étudié
rationnellement, conçu pour maximiser la performance d'une organisation et mis à
exécution par certaines règles ou procédures écrites).

b) Les facteurs qui influencent l’exercice du pouvoir

Les facteurs qui influencent l’exercice du pouvoir sont multiples. Ils sont à la fois juridiques
et économiques.
 Les facteurs juridiques, trouvent leur source dans le droit de propriété s’exerçant sur
l’entreprise. Selon le statut juridique de l’entreprise, l’exercice du pouvoir ne sera pas
le même.
 Les facteurs économiques, trouvent leur source dans les fondements théoriques.
L’exercice du pouvoir est pour partie formel en ce qui concerne notamment la
coordination des ressources matérielles, humaines et financières et pour partie
informel, fondé notamment sur le charisme personnel de certains.
Taylor et Fayol se rattachent à la conception du pouvoir formel alors que celle du
pouvoir informel est mise en évidence par l’école des relations humaines.

3. La répartition ou Les formes d’exercice du pouvoir

La répartition du pouvoir s’apprécie en fonction des services et des différentes fonctions de


l’entreprise, du personnel concerné, de l’environnement... L’entreprise peut alors choisir une
structure très centralisée, ou au contraire rechercher une certaine décentralisation.

a) La centralisation

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Dans une entreprise centralisée, tous les pouvoirs sont concentrés en un point de l'organisation
(une personne ou un groupe de personnes). Cette conception du pouvoir est directement issue
de l'OST qui repose sur un clivage organisationnel entre d'un côté ceux qui pensent et qui
décident, et de l'autre ceux qui exécutent. La centralisation est un puissant mécanisme de
coordination et de cohérence. Cependant ce principe de centralisation s'avère difficile à
appliquer dans les grandes entreprises car il tend à déresponsabiliser le personnel et à
restreindre la performance des décisions dans la mesure où une personne ne peut contrôler
efficacement toutes les phases du processus de décision.
La centralisation présente alors des avantages et des inconvénients :
 Avantages
 Elle garantit un contrôle des activités des différents échelons hiérarchiques
 Elle assure une solide cohérence des orientations stratégiques prises
 Elle facilite et éclaircit les grandes lignes organisationnelles qui en résultent
 Inconvénients
 Déresponsabilisation du personnel
 Moins bonne analyse des informations nécessaires à la prise de décision
 Lourdeur des procédures de prises de décision

b) la décentralisation
La décentralisation est un système dans lequel une personne ou un service dispose d'une
autonomie de décision réelle vis à vis de la hiérarchie. La décentralisation ne doit pas être
confondue avec la délégation. La délégation consiste à confier à un subordonné une mission
précise ainsi que les moyens pour la réaliser. Il s'agit d'un transfert de pouvoir à une ou
plusieurs personnes. Le décideur demeure toutefois le seul détenteur du pouvoir de décisions.
 Avantages
 Responsabilisation des acteurs et leur participation dans la prise de décision
 Souplesse dans l’organisation et la gestion de l’entreprise
 Supprime les rigidités nées de la centralisation
 Rapprochement entre décideurs et exécutants
 Accroit l’efficacité de l’entreprise

 Inconvénients
 Elle multiplie les centres de décision ce qui peut nuire à la cohésion
d’ensemble
 Risque de mauvaise décision

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De nombreuses raisons justifient le principe de décentralisation au sein des organisations. Le
graphique ci-dessous en donne quelques exemples :

Décentralisation

La Une trop La décentralisation La La


capacité grande accroît la décentralisation décentralisation
cognitive concentration flexibilité de répond à un permet de prendre
des de l’entreprise et sa impératif de des décisions plus
agents l’information rapidité à répondre motivation et performantes car
est présente un aux aléas donne aux les décideurs sont
limitée risque cadres des plus près
responsabilités des problèmes
Elle favorise
l’initiative et la
créativité

La décentralisation est ainsi associée aux idées d'efficacité et de motivation du personnel.


Mais toute décentralisation suppose l'existence de mécanismes de coordination destinés à
empêcher la dispersion des efforts des différents centres. Il appartient à chaque entreprise de
déterminer le degré de décentralisation correspondant le mieux à ses besoins spécifiques. En
fait, la décentralisation du pouvoir de décision est rarement totale, elle peut être limitée à
certaines personnes et services, à certains types de décisions, ou à certaines phases du
processus de décisions. On note ici plusieurs types de décentralisation : globale (chaque unité
décentralisée a le pouvoir de prendre toutes les décisions concernant son activité, ses
produits), sélective (chaque unité décentralisée peut prendre certaines décisions
opérationnelles, les décisions stratégiques restant sous la responsabilité de la direction
générale), exhaustive (l'unité décentralisée contrôle l'intégralité du processus de décision), de
phase (l'unité décentralisée ne contrôle que quelques phases du processus de décision, des
experts préparent la décision), verticale (le pouvoir de décision est dispersé vers le bas de la
ligne hiérarchique) ou horizontale (les pouvoirs sont transférés aux fonctionnels, au support
logistique ou à la technostructure).

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 Les modalités de la décentralisation :
 La direction par objectifs (DPO)
La DPO est une méthode de gestion décentralisée de l'entreprise, adoptée par
les entreprises américaines durant les années 60. Peter Drucker en est le
véritable initiateur. Les objectifs sont fixés par la Direction Générale et ensuite
confiés aux différents responsables. Ceux-ci doivent impérativement les
atteindre. Ils peuvent toutefois les discuter avec la hiérarchie s'ils estiment ne
pas avoir tous les moyens pour les réaliser. La DPO permet d'accroître
l'efficacité de l'unité économique et la coordination entre les différents acteurs.

 La direction participative par objectifs (DPPO)


La DPPO considère l'entreprise comme un système d'objectifs. Tous les
acteurs de l'unité économique sont cependant associés à la négociation, aux
réunions et à la fixation des objectifs (il s'agit surtout d'objectifs tactiques). La
DPPO favorise l'intégration et la responsabilisation du personnel autour des
objectifs fixés. Ceci présente l'avantage de faciliter la communication interne
et donc créer un climat de "Paix sociale".

 La cogestion
C'est un système de direction décentralisée qui a été mis en place dans les
entreprises allemandes durant les années 50. Il consiste à associer les salariés à
la gestion de l'entreprise. Cette participation du personnel est cependant
indirecte, puisqu'elle transite par les organes de représentation (conseil
d'établissement...). Ces organes sont régulièrement consultés et possèdent un
véritable pouvoir d'intervention dans les décisions.

 L’autogestion
Issue des pratiques des entreprises de l'Ex-Yougoslavie, elle repose sur le
principe de totale décentralisation. Les salariés titulaires d'un véritable pouvoir
de décisions, assurent le fonctionnement de l'entreprise. En France, une telle
pratique est présente dans les sociétés coopératives ouvrières, ou dans le cas de
reprise de l'entreprise par ses salariés. Les principales critiques qui peuvent être
adressées à ce système, sont : le problème des compétences, de la productivité
et de l'efficacité de l'entreprise en question.

3. les styles de commandement (pouvoir et comportement des dirigeants)

Mr KOUYATE
Diriger une entreprise, c'est avoir la responsabilité d'un groupe. Quel que soit les modalités
d'exercice du pouvoir, le leader doit exercer trois grandes activités : une activité relationnelle,
une activité informationnelle et une activité décisionnelle. Une étude théorique du style de
comportement des dirigeants permet de déceler une évolution dans leur conception et
utilisation du pouvoir.

a) Les deux styles de commandement de Lewin

Kurt Lewin (1890-1947) a mené des études qui ont abouti à la distinction de deux formes
de commandement :

Type autocratique Type démocratique


- Le chef a son plan et ne le découvre pas - le chef expose les buts et les moyens
possibles du groupe. Il l’invite à
délibérer. Le groupe décide et arrête le
plan.
- Le chef seul connaît les étapes et repartit - Le groupe se distribue les tâches. Il a
le travail au fur et à mesure. Le groupe recours au chef pour des conseils
reste dans l’incertitude de ce qui va d’exécution ; le chef se borne à suggérer
arriver. divers moyens entre lesquels on choisit.
- L’exécutant ne sait pas toujours à quoi - Chacun travaille avec qui lui plait. On
sert le travail qu’on lui impose. Le chef peut s’assister mutuellement.
refuse de lui expliquer.
- Le chef félicite les uns, blâme les autres, - Le chef ne juge pas les individus mais
sans autres motifs que son bon plaisir. le travail. Il s’efforce de paraître comme
un membre normal du groupe, exerçant
une fonction comme les autres.

b) La grille de Blake et Mouton

En 1964, R. Blake et J.S. Mouton ont conçu, à partir de deux échelles numérotées
chacune, de 1à 9, une grille qui permet de croiser deux critères : le niveau d’intérêt pour
les personnes et le niveau d’intérêt pour la production.

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Ils définissent ainsi une échelle de valeurs sur laquelle les dirigeants peuvent évoluer. Cela
les amène à définir cinq styles de gestion.

N
i
v
e
a
4 5
u

d
’ 9 Le manager 1,9 Le manager 9,9
i
n
t Est très attentif aux besoins des Sait assurer les tâches par
é
r personnes, néglige volontiers
3 l’épanouissement personnel
ê
8
t
p les tâches au profit d’une des collaborateurs.
o
u
r
7 ambiance amicale
l
e Le manager 5,5
s
p
e
6 Vise les niveaux nécessaires
r
s 1 pour que le travail soit fait 2
o
n
n
5 et les gens sereins, à peu
e
s près satisfaits.
4 Le manager 1,1 Le manager 9,1
Recherche les efforts minimaux Soucieux avant tout de
3 pour que le travail soit accepté l’efficacité de la production
et que les gens restent calmes. et souhaite éviter
2 les problèmes personnels

1 2 3 4 5 6 7 8 9
Niveau d’intérêt pour la production

Le style (1), très taylorien, tendrait à être abandonné.


Le style (2), correspond à un dirigeant gardant une distance vis à vis de son personnel.
Le style (3) est un équilibre entre les deux nécessités. C'est un excellent point de départ pour
se diriger vers le style idéal.
Le style (4) fait le maximum pour maintenir de bonnes relations au sein de l'entreprise.
L'efficacité de cette dernière (la production) en dépend.
Le style (5) est le style idéal (difficile dans la pratique).

c) Formes d’exercice du pouvoir selon Tannenbaum et


Schmidt

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Tannenbaum et Schmidt ont une approche plus nuancée des styles de direction et ont
distingué, en 1958, sept cas (voir schéma ci-dessous).

Style de direction centré sur le subordonné


Style de direction centré sur le supérieur

Autorité du supérieur
Liberté d’action du subordonné
1 2 3 4 5 6 7
Le dirigeant Le dirigeant le dirigeant Le dirigeant Le dirigeant le dirigeant Le dirigeant
prend « vend » ses présente ses présente une présente le définit des laisse le
les décisions décisions idées et décision problème, limites et groupe libre de
et les annonce demande à conditionnelle obtient des demande au choisir tant
chacun son qu’il se déclare suggestions groupe de que certaines
avis prêt à changer et prend sa prendre une contraintes
décision décision à sont respectées
l’intérieur de
ses limites

d) Les théories X et Y de McGregor

Psychologue et spécialiste du comportement humain à l’intérieur des organisations, McGregor


différencie deux modèles :

 La théorie X (le management autoritaire) où le manager affirme sa personnalité


et a une faible culture d’entreprise. Il ne motive pas ses travailleurs et masque
son autocratie par des apparences de concertation.

 La théorie Y (le management participatif) où le manager adopte les techniques


de motivation des travailleurs et son autorité est fondée sur le respect et
l’obéissance. Néanmoins, il sanctionne les fautes sur mesure.

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e) Analyse de Likert

Likert, à partir de résultats détaillés de questionnaires adressés à des employés de sociétés


américaines et portant sur l’opinion que ceux-ci se faisaient de leurs supérieurs, identifie, en
1961 quatre styles de direction :

 Le style autoritaire-exploiteur désigne un mode où le dirigeant gère par la


crainte et la coercition (les décisions s’imposent sans consultation et la
communication reste très centralisée).

 Le style autoritaire-paternaliste, désigne un mode où les salariés demeurent


disciplinés et subordonnés, même si la direction leur fait espérer des avantages
et récompenses.

 Le style consultatif, fait alterner sanction et récompenses dans le discours de la


direction, laquelle cherche à mieux communiquer avec ses employés et
s’efforce de promouvoir le travail en équipe.

 Le style participatif (le meilleur aux yeux de Likert), est caractérisé par la
participation à des réunions de travail où se prennent des décisions, et par un
fonctionnement qui favorise la communication et la résorption de désaccords.

f) Le manager du 3ème type de G. Archier

Georges Archier (1989) présente dans son livre "Mobiliser pour réussir" les croyances du
Manager Taylorien qu'il oppose au Manager du troisième type. Entre le style taylorien très
rigide et autocratique, et le style de l'entreprise du troisième type (pour lequel le personnel est
la plus grande des valeurs de l'entreprise), on trouve un éventail de styles de comportement
qui dépendent de nombreux paramètres (taille, secteur, dirigeant...).

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Voir tableau ci-après :

Style Croyances Manifestation Conséquences


renforçantes

Sur la vie Comportements L'équipe en fait le


une véritable jungle directif, décide seul moins possible Les
Sur les autres informe peu ou pas gens sont rebelles et
difficulté de faire organise et contrôle négligent leur travail
confiance pas de planifie tout pas Absentéisme
conscience d'écoute peu de Démotivation
Taylor
professionnelle. dégoût du concertation Déresponsabilisation
travail nécessité de Jeux
contrôle persécuteur sauveteur
Sur soi victime
information non partagée Somatisations
exercice du pouvoir Anxiété, angoisse

L'entreprise repose sur le Définition du projet BON CLIMAT


personnel Satisfaction des d'entreprise Gestion ENVIE DE
besoins et motivation du participative TRAVAILLER
personnel MANAGEMENT Les gens se trouvent
CONFIANCE EN SOI PAR OBJECTIFS concerner Forte
AUTONOMIE Transparence de conscience
RESPONSABILISATION l'information professionnelle
3ème type
CREATIVITE Communication Prospérité de
INFORMATION constructive l'entreprise et fidélité
Partage du pouvoir du client
ENCOURAGER
la communication et les
remises en cause, ainsi
que l'initiative

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SECTION II – LA STRATEGIE

Plus l’horizon est lointain, l’environnement instable, la concurrence exacerbée, plus il est
indispensable que l’entreprise ait une vision claire de son futur choisi. Elle doit donc adopter
une démarche non pas seulement réactive mais aussi anticipative.
CHAPITRE I
LA DEMARCHE STRATEGIQUE

Quelles seront les différentes activités de l’entreprise? Quelles armes va-t-elle mettre en
œuvre pour faire face à ses concurrents ? Pour répondre à ces questions, l’entreprise procède à
une analyse préalable de son environnement concurrentiel pour en percevoir les opportunités
et les menaces ; parallèlement, elle fait un inventaire de ses ressources internes, afin d’en
évaluer les forces et les faiblesses. La confrontation de ces différentes données constitue une
base de réflexion nécessaire à la prise de décisions stratégiques.

I- LA NOTION DE STRATEGIE

1. Définition

La stratégie est un terme d’origine militaire initié par Karl Von Clausewitz introduite en
économie et en gestion par certains auteurs. Selon Clausewitz : « la stratégie détermine le lieu
et le moment du combat et les forces nécessaires pour le mener ».
Pour les économistes, la stratégie consiste à déterminer les objectifs à long terme d’une
entreprise et à choisir les modes d’action et d’allocation des ressources pour atteindre ces
objectifs-là.
La stratégie est aussi l’ensemble des décisions destinées à adapter dans le temps et dans
l’espace, les ressources de l’entreprise aux opportunités et aux risques d’un environnement en
mutation constante.

2. Objectif

L’objectif principal de la démarche stratégique est de déterminer un avantage concurrentiel


pour l’entreprise. Pour cela, la firme doit maîtriser les facteurs clés de succès du secteur.
L’avantage concurrentiel doit regrouper les caractéristiques suivantes :
– il doit être identifiable par les consommateurs ;
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– il doit être durable ;
– il doit être défendable face aux concurrents ;
– il ne doit pas être substituable.

II- DIAGNOSTIC ET ANALYSE STRATEGIQUE

Avant de définir sa stratégie, l’entreprise doit réaliser un diagnostic de sa situation.

1. diagnostic stratégique

Le diagnostic stratégique se décompose en diagnostic externe et diagnostic interne :


 Le diagnostic interne
Il consiste à examiner successivement les fonctions de l'entreprise.
Le diagnostic interne fait alors la synthèse des forces et faiblesses de l’entreprise.
 Le diagnostic externe
Il cherche à cerner les opportunités et les menaces issues de l’environnement de
l’entreprise.
La connaissance de l'environnement
L'environnement de l'entreprise est multiforme (environnement
démographique, social, économique, technologique, culturel, politique,
juridique, international...). Bien connaître son environnement permettra à
l'entreprise de mieux détecter les menaces et les opportunités stratégiques.
L'analyse concurrentielle
- Les éléments principaux de l'analyse concurrentielle: les caractéristiques des
domaines d'activité ou segments stratégiques (croissance, potentiel de
développement, attrait...), principales forces qui s'y exercent (menace de
nouveaux entrants, pouvoir de négociation des fournisseurs, des clients,
menace des produits de substitution, intensité de la concurrence).
- La position concurrentielle. Pour analyser la position concurrentielle d'une
entreprise il faut prendre en compte l'effet d'expérience, le cycle de vie du
produit et le portefeuille d'activités.

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2. Analyse stratégique

Elle peut être résumée au schéma suivant :

Mr KOUYATE
CHAPITRE II
LES CHOIX STRATEGIQUES

Les choix stratégiques sont soit effectués au niveau d’un domaine d’activité stratégique soit
au niveau global. Ainsi, différents types de stratégies s’offrent aux entreprises.

I- LES STRATEGIES GENERIQUES

1. La stratégie de différenciation

Cette stratégie consiste pour une entreprise à donner à son offre une spécificité différente de
celle de ses concurrents.

2. La stratégie de domination par les coûts

L'objectif de l'entreprise est de minimiser ses coûts complets. Cet avantage de coût lui
permettra de pratiquer une politique de prix adaptée à l'intensité de la concurrence et à la
position de l'entreprise.
Les stratégies de domination par les coûts sont des stratégies de volume. L'entreprise
recherchera la part de marché la plus importante. Cette stratégie est adaptée aux domaines
d'activité où la différenciation des produits est faible et où la concurrence se fait sur les prix.
Les risques sont de plusieurs ordres : nécessité d'utiliser des moyens techniques importants,
concurrents qui bénéficient des effets d'expérience, guerre des prix, apparition de produits de
substitution...

3. La stratégie de focalisation ou de concentration

Dans ce type de stratégie l'entreprise se concentre sur un segment du marché où sa rentabilité


sera plus forte que celle de ses concurrents présents sur l'ensemble des segments. On parle
également de stratégie de niche.
La stratégie de focalisation ou de concentration est adaptée aux PME, elle n'a pas d'effet de
taille.

4. la stratégie de spécialisation

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Elle consiste, pour l'entreprise, en la concentration de ses efforts sur un domaine d'activité
dans le but de dégager des avantages concurrentiels.
Intérêts : Maîtrise d'un métier et limitation des risques.
Limite : Rigidité de l'organisation, de la production. Moindre réactivité. En cas de variation de
la demande, risque de disparition. Substitution.

5. La stratégie de diversification

La diversification repose sur l'acquisition et l'utilisation de nouveaux savoir-faire dans d'autres


domaines d'activités.
Intérêts : Nouvelles sources d'innovation. Permet de saisir de nouvelles opportunités. Utiliser
ses compétences dans d'autres domaines d'activité et rechercher de nouvelles compétences.
Recherche de gains de synergie. Diminution du risque qui est réparti. Réalisation d'économies
d'apprentissage. Flexibilité stratégique.
Limite : Incertitude et complexité croissante de l'environnement et des technologies. Choix
d'un mauvais secteur. Diminution de la rentabilité de l'entreprise.

6. Dégagement et recentrage

Une stratégie de dégagement(ou désengagement ou désinvestissement stratégique) est une


manœuvre qui consiste à abandonner un domaine d'activité.
Une stratégie de recentrage consiste pour une entreprise, après une opération de
diversification, à revenir à son métier d'origine.
Intérêts :
Lorsque l'entreprise ne dispose pas d'avantage concurrentiel. Activité située en fin de cycle.
Équilibre du portefeuille. Besoin de financer une autre activité. Recentrage sur le métier de
l'entreprise (stratégie de recentrage).
Limite :
Existence de barrières à la sortie (difficultés à trouver un acquéreur, résistances sociales par
craintes des restructurations et de suppressions d'emploi).

II- LES STRATEGIES DE CROISSANCE

Mr KOUYATE
La croissance de l'entreprise se caractérise par une augmentation de sa taille mesurée par son
chiffre d'affaires.
Elle s'effectuer selon deux modalités, par la croissance interne lorsque l'entreprise développe
ses moyens de production, par la croissance externe lorsque l'entreprise reprend des capacités
de production déjà existantes.

1. La stratégie de croissance interne

La croissance interne ou croissance organique est un processus continu de développement de


l’entreprise qui s’appuie uniquement sur les ressources et les compétences internes de celle-ci.
En d’autres termes, l’entreprise s’appuie sur ses propres forces (capacité en R&d, finances,
personnel…) et se développe à partir de là.
La croissance interne est très souvent autofinancée, une bonne capacité d’autofinancement est
alors indispensable.

Avantages et limites

Avantages Limites

- développement progressif de - processus lent;


l'entreprise ; - problèmes de financement
- maîtrise du développement ; - si croissance forte;
- utilisation des ressources financières - ressources humaines et
propres; organisationnelles.
- culture d'entreprise consolidée.

2. La stratégie de croissance externe

La croissance externe se réalise par des transferts d'actifs existants d'une entreprise vers une
autre. Elle repose ainsi sur un mode de développement de l’entreprise par acquisition d’actif
auparavant propriété d’autres entreprises. La croissance externe fait apparaître un
regroupement d’entreprises. Ce regroupement peut être intégral ou partiel, se faire entre deux
ou plusieurs entreprises.

Mr KOUYATE
2-1Les modalités de la croissance externe
 Modalités juridiques
Juridiquement, la croissance externe se traduit par l’acquisition de titres de
propriété comme les actions. Cela se manifeste par :
- La prise de participation
Elle consiste à devenir associé ou actionnaire, en souscrivant à des titres
qu’une entreprise émet, ou à acheter certains de ses titres déjà émis.
- La fusion :
La fusion-association, les entreprises (soient A et B) fusionnent pour
donner une nouvelle entité (soit C) qui incorpore les ressources détenues
précédemment par les différentes entreprises.
La fusion-absorption, l’entreprise B phagocyte ou absorbe la société A qui
disparaît, le rapport de force est inégalitaire.
- L’apport partiel d’actif
L’entreprise rachète à l’un de ses concurrents une partie de ses actifs. Cette
situation se rencontre surtout dans le cadre de restructuration d’entreprise
qui conduit à un recentrage sur les métiers de base.
 Modalités financières
- La négociation
Cette procédure concerne les entreprises qui ne sont pas cotées en bourse
ou lorsque le capital est concentré dans quelques mains. Il s’agit alors de
négocier une cession totale ou partielle.
- Le ramassage boursier
La société qui souhaite acquérir une autre cotée en bourse se porte
acquéreur au jour le jour des titres offerts à la vente sur le marché à leur
cours normal.
- L’offre publique d’achat (OPA)
La société acquéreur propose aux actionnaires de la société convoitée le
rachat de leurs titres, à un prix supérieur au cours boursier. L’objectif est
d’acquérir un nombre suffisant de titres pour pouvoir disposer d’un
contrôle de la société.
L’OPA peut être amicale ou hostile.
- L’offre publique d’échange (OPE)

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Le principe est le même que dans l’OPA, mais au lieu de proposer un prix,
les actionnaires se voient proposer un échange d’actions.
- L’offre publique de vente (OPV)
Elle permet de contrôler ou de prendre une participation dans une société
nouvellement introduite en bourse.

2-2 Avantages et limites


Avantages Limites
- opération rapide; - Différences culturelles entre les
- acquisitions rapides de part de entreprises regroupées;
marché supplémentaires ; - non complémentarité;
- accès rapide à des technologies ; - problèmes de financement;
- effets de synergie ; - coûts sociaux en cas de
- diversification ; restructuration avec des
- pas d'augmentation de l'offre licenciements.
globale.

III- LES STRATEGIES D’IMPARTITION ET STRATEGIE D’INTEGRATION VERTICALE

1. Les stratégies d’impartition

L’impartition peut se définir comme une politique de coopération entre plusieurs partenaires
disposant de potentiels complémentaires et désireux de concrétiser une synergie latente,
réalisée sous forme de mise en commun de leurs compétences propres.
Les techniques d'impartition sont de plusieurs ordres ; sous-traitance, franchise, concession,
cession de licence.
- La sous-traitance
Une entreprise (le donneur d'ordres) fait exécuter par une autre (le sous-traitant) une partie de
sa production.
- La franchise
C'est un contrat par lequel une entreprise (le franchiseur) met à la disposition d'une autre (le
franchisé) son savoir-faire, sa marque, son assistance en contreparties de redevances.

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- La concession
C'est un contrat par lequel un commerçant appelé concessionnaire, distribue exclusivement
sur un territoire donné, pour un commerçant ou un industriel appelé concédant.
- La cession de licence
Il s'agit pour une entreprise d'autoriser une autre à utiliser un brevet d'invention en
contrepartie de redevances.
Avantages et risques :

Avantages Risques

- synergie économique, technique, - dépendance économique;


commerciale, financière ; - vol d'informations
- flexibilité;
- moindre complexité organisationnelle
- facilite les opérations à l'international.

2. La stratégie d’intégration verticale

La stratégie d'intégration verticale consiste pour une entreprise à acquérir d'autres qui
appartiennent à une même filière.
Il s'agit d'une internalisation d'activités exercées précédemment, en amont par des
fournisseurs ou en aval par des clients.
Avantages et limites

Avantages Limites

- rationalisation des opérations - rigidités de fonctionnement ;


productives ; - accroissement des frais fixes;
- maîtrise de plusieurs technologies ; - difficulté à sortir de la filière;
- économies d'échelle; - pertes des avantages liés au
- garanties sur les approvisionnements changement de partenaires pour
- garanties sur les débouchés. l'approvisionnement et les débouchés.

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IV- LA STRATEGIE D’INTERNATIONALISATION

1. Définition

Une stratégie d'internationalisation est une stratégie d'extension d'une entreprise au-delà de
son marché national.
Elle a pour intérêt : la recherche d'un marché potentiel plus vaste, La diminution des coûts
avec les économies d'échelle et les coûts de main d'œuvre plus faibles. Le Contournement des
barrières (tarifaires et non tarifaires). Recherche de gains fiscaux et de change.

2. Techniques et limites

La stratégie d’internationalisation se fait à travers les techniques suivantes :


- L'exportation indirecte avec utilisation de courtiers à l'export.
- L'exportation directe avec un service export interne.
- Adhésion à un groupement d'exportateurs (GIE ou portage).
- Mise en place de réseaux de distribution (franchise, licence, succursale, filiale).
- Délocalisation de la production.
Elle a pour limite :
- L'entreprise est confrontée à de nouvelles pratiques.
- Cadres légaux différents.
- Coûts d'apprentissage.
- Instabilité des taux de change.
- Risques politiques, économiques et financiers.

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SECTION III – ENTREPRISE ET SOCIETE

CHAPITRE I
LA CULTURE D’ENTREPRISE

Vues de l’extérieur, toutes les entreprises se ressemblent : des ateliers, des entrepôts, des
bureaux, des mouvements incessants d’hommes et de marchandises. Pourtant un examen
approfondi montre qu’aucune entreprise n’est comparable à une autre. Chacune a sa
personnalité, possède une identité et une image propres. Rechercher la spécificité d’une
entreprise conduit à analyser sa culture et donc à reconnaître le rôle des hommes qui la
composent.

I- LA NOTION DE CULTURE D’ENTREPRISE

1. Définition

La culture d’entreprise peut être définie comme l’ensemble des éléments particuliers qui
expliquent les bases du fonctionnement d’une entité spécifique. Elle est, dans un certain sens,
un sous-produit de la culture nationale et par conséquent un ensemble de valeurs, de mythes,
de rites, de tabous et de signes partagés par la majorité des salariés.

2. Caractéristiques

La culture d’entreprise est perçue comme générale (globale) et partagée, c’est-à-dire qu’elle
explique le comportement de l’ensemble du corps (ou du groupe) social.
Elle est également transmissive et évolutive. L’introduction de nouvelles valeurs, l’apparition
de nouveaux mythes ou rites sont fortement marquées par l’ouverture de la société sur
l’environnement.

II- LES COMPOSANTES DE LA CULTURE D’ENTREPRISE

La culture d’entreprise est la combinaison de différents matériaux culturels, chacun ayant des
caractéristiques propres.
Il faut tout d’abord relever que toute culture d’entreprise est influencée par la culture
nationale et les sous-cultures. Celles-ci s’imposent donc à l’entreprise dans l’élaboration de sa
propre culture.

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1 .Culture nationale et sous culture

 la culture nationale est une « sorte de moyenne de croyances et de valeurs autour de


laquelle se situent les individus qui habitent un pays » (G. Hofstede), qui explique les façons
d’agir et de penser d’un groupe ;
 les sous cultures sont propres à chaque groupe composant l’entreprise et constituent
donc des variantes ; elles sont liées à l’appartenance régionale, religieuse, professionnelle,
sociale… Certains travaux prouvent que dans une même entreprise coexistent des profils
culturels différents.

2 Variables propres

Les valeurs :Il s’agit des préférences collectives qui s’imposent au groupe, aux croyances
essentielles, aux normes qui définissent les façons d’agir et de penser. Ces
valeurs forment la philosophie de l’entreprise.

Les symboles : Ce sont des mots, des objets, des gestes, des tenues vestimentaires, des styles
architecturaux… qui ont une signification liées aux valeurs essentielles.
Les mythes : Ils correspondent aux légendes, aux histoires associées au passé de l’entreprise.
Le mythe peut être associé à la personne du fondateur ou des dirigeants qui ont
marqué l’histoire de l’entreprise (les héros).

Les rites : Ce sont des pratiques qui découlent des valeurs partagées au niveau du
recrutement, des réunions de travail, des réceptions…

Les tabous : Ils correspondent aux interdits dans une organisation, comme les sujets dont on
ne doit pas parler, les actes que l’on ne doit pas faire.

III- CULTURE ET GESTION (MANAGEMENT) D’ENTREPRISE

La connaissance de la culture d’entreprise est un préalable indispensable à toute réflexion


stratégique. Elle permet de prendre des décisions adaptées, tenant compte des spécificités de
l’entreprise. Il est généralement admis que la culture d’entreprise est un outil de management
(gestion) au service de la performance de l’entreprise. Cependant cet outil présente des
limites.

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3. la culture d’entreprise : outil de performance

La culture d’entreprise permet au manager :


 d’assurer la cohérence du groupe dans la mesure où elle permet de fédérer sur des
valeurs communes qui transcendent les divergences d’intérêt et d’opinion entre les
différentes parties prenantes internes (dirigeants, managers, cadres, ensemble des
salariés) ; dans ce cadre, la culture d’entreprise apparaît donc comme un outil, dont
dispose le dirigeant, pour limiter les risques de conflits et d’affrontement ;
 d’améliorer l’adaptation car un groupe mieux soudé réagit plus efficacement aux
évolutions inévitables de l’environnement ;
 de favoriser la motivation puisque les salariés intègrent les objectifs de
l’entreprise.
Sur le plan économique, la culture d’entreprise peut donc permettre l’amélioration de la
performance. L’adhésion aux valeurs de l’entreprise développe la motivation, permet une
meilleure coordination, facilite les synergies, assure une meilleure intégration des nouveaux
salariés…
Toutefois, la culture d’entreprise comporte des limites.

2. les limites de la culture d’entreprise

 Les effets attendus ne sont pas toujours atteints car certains individus peuvent ne
pas adhérer aux valeurs véhiculées par cette culture, limitant ainsi les effets au
niveau de la motivation ; de même, les conflits de personnes peuvent limiter les
effets positifs attendus ;
 Une culture d’entreprise trop forte peut être perçue par les salariés comme une
manipulation, provoquant les effets inverses à ceux attendus ;
 Elle peut constituer aussi un facteur de rigidité face aux changements, comme par
exemple à l’occasion d’opération de fusion.

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CARACTERISTIQUES

Transmissive
Evolutive

Partagée

Globale
COMPOSANTES FINALITES

Culture nationale Management

Sous-culture Cohérence du groupe

Valeurs CULTURE Adaptation


D’ENTREPRISE
Symboles Motivation

Mythes

Performance
Rites

Tabous
CHAPITRE II
L’ENTREPRISE ET L’INTERET GENERAL

Quel est le véritable rôle de l'entreprise ?


Pour la vision traditionnelle, il est économique : une entreprise est faite pour gagner de
l'argent, pour survivre, pour s'agrandir, … objectifs quelquefois en opposition avec l'intérêt
des salariés, des consommateurs, voire de la nation toute entière.
Une vision plus moderne tend à faire de l'entreprise un système dont la préoccupation n'est
pas uniquement économique. D'autres préoccupations doivent être présentes à l'esprit des
décideurs. L'intérêt général ne peut pas être ignoré.

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Ainsi, De nos jours, la responsabilité des dirigeants d’entreprise n’est plus limitée à la
recherche du profit. L’attitude vis à vis de l’environnement naturel, humain, et social est à
prendre en compte. La réputation des entreprises dans ces domaines est même devenue un
atout de compétition. On parle alors d’entreprise citoyenne.

I- LE ROLE DE L’ENTREPRISE DANS LA SOCIETE

Une conception traditionnelle confère à l’entreprise un rôle de production de richesses. Il


s’avère que l’entreprise dépasse cette simple conception pour devenir un acteur à part entière
de la vie sociale dont les différents rôles sont complémentaires et parfois antagonistes.

1. Rôle économique de l’entreprise

Au sens strictement économique, l’entreprise a pour fonction de produire des richesses. C’est
sa mission fondamentale. Dans cette approche, le seul impératif de l’entreprise est d’optimiser
la combinaison productive en faisant varier les facteurs de production. En ce sens, les salariés
sont une variable d’ajustement comme une autre. L’entreprise a aussi pour fonction de
distribuer des revenus à ses salariés et des dividendes aux actionnaires. Elle paie des impôts et
des contributions sociales qui financent l’Etat et les organismes sociaux.
L’entreprise comme organisation poursuit la recherche de ses propres intérêts, dans le respect
du droit, mais sans toujours se préoccuper des conséquences sociales et environnementales de
ses actes. Le profit maximal reste l’impératif premier d’une organisation économique en
économie de marché, même si elle est soucieuse de vivre en bonne harmonie avec son
environnement.
L'entreprise participe également à la réalisation de la politique économique de l'Etat par les
créations d'emploi, les efforts de productivité, le contrôle des hausses de prix, la volonté de
croissance pour faire face à la concurrence internationale, l'agressivité commerciale à
l'étranger,…

2. Le rôle social de l’entreprise

Les rôles sociaux de l’entreprise sont essentiels à la vie en société. On attend de l’entreprise
qu’elle offre des emplois stables, de bonnes conditions de travail et qu’elle participe
activement à la formation, à la qualification et à l’insertion des salariés.
Fournir des emplois est le premier rôle de l’entreprise. En créant des emplois elle
contribue au bon fonctionnement de la société. En revanche, un fort taux de chômage génère

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de grandes souffrances sociales. Les licenciements massifs liés à des restructurations
d’entreprises sont souvent mal perçus par l’opinion publique qui ne comprend pas qu’une
entreprise réalisant des bénéfices se sépare de ses salariés. Un tel comportement risque de
ternir de façon durable l’image de l’entreprise.
L’entreprise doit également organiser la vie au travail. Dans les pays où le droit du travail
est développé, les conditions de travail sont généralement acceptables, même si certains
modes d’organisation perturbent la vie de famille (le travail de nuit, …)
Former, qualifier et insérer est le troisième rôle social de l’entreprise. Le système éducatif
en partenariat avec les entreprises contribue à accroître les qualifications des salariés, et les
nombreuses formations internes enrichissent leurs perspectives de carrière. L’accroissement
des qualifications est un réel facteur de compétitivité pour les entreprises.
Les entreprises fournissent également de nombreux stages aux étudiants, pour faire découvrir
leur fonctionnement et les confronter à la réalité du terrain. Cet effort de formation lors des
stages facilite l’intégration des jeunes au monde de l’entreprise.

3. Le rôle environnemental

La protection de l’environnement est devenue une préoccupation centrale des entreprises. En


France par exemple, la réglementation et la vigilance des entreprises garantissent une bonne
protection de l’environnement, ce qui n’est malheureusement pas le cas au plan international.
Les activités industrielles et agricoles transforment l’environnement et leurs conséquences
écologiques sont majeures (production de gaz à effet de serre, production de déchets
radioactifs…). Les activités tertiaires ont aussi des conséquences sur le cadre de vie :
développement des antennes pour le téléphone mobile, des antennes paraboliques….
Toutefois, la situation des pays en voie de développement est toute autre : ils privilégient
l’activité économique sans se soucier des dégradations de l’environnement, de la pollution, et
de la déforestation.

4. Le rôle de l’entreprise dans le développement mondiale

Le développement mondial du libéralisme et la concurrence entre les Etats conduisent parfois


à une exploitation abusive de la nature et des ressources humaines des pays en voie de
développement. Certaines entreprises sous la pression des consommateurs, veillent au respect
des conditions de travail de leurs sous-traitants.

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En effet, le contexte hyperconcurrentiel qui caractérise les économies de marché, conduit les
entreprises à mettre les pays en concurrence pour produire dans les conditions les plus
avantageuses pour elles. Elles délocalisent leur production et multiplie les achats extérieurs.
Afin d’éviter le dumping social, l’idée d’une « clause sociale », fixant un minimum de
normes à respecter, a été proposée, mais elle ne fait pas l’unanimité car certains la considèrent
comme du protectionnisme déguisé. Néanmoins, depuis quelques années, certaines entreprises
pour répondre aux critiques dont elles font l’objet se montrent plus particulièrement vigilantes
sur les conditions de travail chez les sous-traitants, et soumettent leurs activités à l’évaluation
d’organismes indépendants.

II- L’ENTREPRISE CITOYENNE

Une entreprise est citoyenne lorsqu'elle se considère pleinement au service de l'homme, cequi
suppose de développer des liens privilégiés avec ses salariés, ses partenaires et
l'environnement. La citoyenneté d'entreprise doit conduire à une véritable prise de conscience
du rôle économique et social à jouer au sein de la cité.

1. nouvelles responsabilités de l’entreprise

Les dirigeants d’entreprise sont conscients des conséquences de leurs activités sur
l’environnement local et social. Beaucoup considèrent que leur rôle économique, qui est pour
des entreprises rationnelles de maximiser leur profit, est compatible avec une vision plus
globale du développement, le respect des personnes et la préservation des ressources
naturelles.

 L’entreprise est un producteur responsable de son environnement


Une entreprise citoyenne se développe tout en protégeant son environnement et en
produisant des biens recyclables, non nocifs à l’environnement.
Dans les pays développés, essentiellement, les questions relatives à l’écologie ont de
plus en plus de poids dans les décisions politiques. En effet, les entreprises citoyennes
veillent dans leur mode de production à la qualité de l’eau, de l’air, du sol, et évitent
toute dégradation des ressources naturelles par la protection des forêts, par exemple.
De même, afin d’assurer un développement durable à la société à savoir, un mode de
développement permettant de répondre aux besoins des générations actuelles sans
compromettre la réponse aux besoins des générations futures, l’entreprise conçoit de

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plus en plus de produits dont les matériaux sont recyclables. Ces produits doivent
générer le moins de pollution possible.
 L’entreprise, un employeur respectueux de ses salariés
L’entreprise citoyenne doit bien sûr s’intéresser à son environnement social, « à
l’intérêt général », mais elle doit avant tout s’assurer du respect de ses salariés. Le
respect des personnes est encouragé dans les rapports entre les salariés.
Ainsi, lors des grands changements qui affectent la vie des entreprises, l’entreprise
citoyenne doit veiller au respect de chacun des salariés. Elle facilite l’insertion des
jeunes, le réemploi des salariés plus âgés et l’intégration des handicapés.
En effet, dans la vie quotidienne sur les lieux de travail, le droit du travail et le droit
social imposent de nombreuses normes relatives à la vie dans l’entreprise (le Bilan
Social, par exemple, est imposé aux entreprises de plus de 300 salariés).
L’entreprise citoyenne s’efforce d’aller au-delà du simple respect de la réglementation,
ceci peut d’ailleurs être rendu public par l’instauration d’un code de bonne conduite.
D’une façon générale, l’entreprise citoyenne aide le salarié à s’épanouir dans son
travail, contribue à élever son niveau de formation, lui offre des perspectives de
carrière et des postes conformes à sa formation, ses aptitudes.
L’entreprise citoyenne agit aussi lors des grands événements de la vie des entreprises :
lors des opérations de fusion, regroupement, acquisition où le sort des salariés est
souvent négligé.
Ainsi, l’entreprise citoyenne évite toutes les actions conduisant à des licenciements et
propose des solutions de remplacement acceptables par les salariés (préretraite ;
reclassement …)
Enfin, elle encourage ses salariés à la création d’entreprise (pratique de l’essaimage) et
aide à l’insertion et à la réinsertion. Favoriser l’insertion des jeunes est une priorité
pour l’entreprise citoyenne, elle favorise les contrats de qualification et
d’apprentissage (contrats aidés) mais elle s’occupe aussi des salariés les plus âgés
ayant des difficultés à retrouver un emploi.
L’entreprise citoyenne a aussi des responsabilités envers ses fournisseurs.
 L’entreprise citoyenne et le développement du commerce équitable
Pour l’entreprise citoyenne, il n’y a pas de rapport de force avec le fournisseur. Ainsi,
elle pratique le commerce équitable avec les pays en voie de développement.
En effet, au niveau national l’entreprise citoyenne adopte un comportement
responsable et n’abuse pas de sa position de force même si son poids sur le marché est
important.

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De même au niveau international, on voit se développer le commerce équitable qui se
définit comme une pratique commerciale qui vise à payer régulièrement au
producteur, localisé dans un pays en développement, un prix suffisant pour sa survie et
la croissance de son exploitation. Ceci permet d’éviter les fluctuations des cours
mondiaux des produits de base (café, cacao, minerais…) qui ont de lourdes
conséquences sur la vie des petits producteurs.
Cependant malgré des essais positifs, le commerce équitable est relativement peu
développé.
Enfin, l’entreprise citoyenne s’intéresse à l’intérêt général.

2. contribution multiforme : l’entreprise citoyenne s’implique dans la vie des


citoyens

L’entreprise citoyenne s’implique dans la vie des citoyens par le mécénat, le choix de ses
implantations, l’aide humanitaire ou par le soutien d’une organisation non gouvernementale
(ONG).
 Le mécénat, le sponsoring (parrainage)
Par leur soutien financier, l’entreprise citoyenne permet à des projets artistiques et
culturels devoir le jour : création des fondations Cartier, Hachette ou Vivendi pour
aider les artistes contemporains, les jeunes auteurs…
 Aide pour un développement équilibré du territoire
De plus, les entreprises citoyennes cherchent à s’implanter dans les régions les moins
favorisées ce qui est d’ailleurs encouragé par les collectivités territoriales qui
accordent des aides aux entreprises pour s’implanter dans des régions où l’activité
économique est encore insuffisante.
 L’action humanitaire
Enfin, la lutte contre la pauvreté, l’aide aux grands malades, la lutte contre la
malnutrition... constitue les domaines d’intervention des ONG humanitaires.
Les entreprises n’interviennent pas toujours directement mais aident ces ONG par des
dons pécuniaires, des dons de matériel, la mise à disposition de personnel…Air France
transporte par exemple gratuitement le fret de Handicap International qui soigne les
blessés de guerre.
Toutes ces actions démontrent que l'entreprise citoyenne parvient à concilier les impératifs
économiques et la volonté d'assumer pleinement son rôle dans la cité.

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