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SOMMAIRE

1ERE PARTIE: ECONOMIE GENERALE

THEME 1: les échanges internationaux………………… 2

Chapitre 1 : Le commerce international ................................................................................................ 3

Chapitre 2 : l’action de l’etat sur le commerce international ................................................................ 8

Chapitre 3 : La balance des paiements ................................................................................................ 12

Chapitre 4 : le marché des changes ..................................................................................................... 17

Chapitre 5 : Le systeme monetaire international ................................................................................. 22

Chapitre 6 : les organisations specialisees du commerce international ............................................... 27

THEME 2: la croissance et le developpement ………………………….

Chapitre 1: Mesure et signification de la croissance………………………….

Chapitre 2: le sous developpement et les politiques de developpement…………

Chapitre 3: l’endettement du tiers-monde …………………………………………..

2E PARTIE: ECONOMIE ET ORGANISATION DES ENTREPRISES ............................................... 41

THEME1: la gestion de l’entreprise

Chapitre 1: Définition et Mode d’analyse de l’entreprise ................................................................... 42

Chapitre 2: La Fonction Personnel ...................................................................................................... 47

Chapitre 3: Les relations humaines .................................................................................................... 53

THEME2: la strategie

Chapitre 1: Le pilotage de l’entreprise ................................................................................................ 67

Chapitre 2: La notion de strategie ....................................................................................................... 73

Chapitre 3: la croissance de l’entreprise…………………………………76

Chapitre 4: l’entreprise multinationales………………………………


THEME 1: LES ÉCHANGES INTERNATIONAUX

Chapitre 1: Le commerce international

LES FONDEMENTS DU COMMERCE INTERNATIONAL

Les REI recouvrent à la fois des échanges de marchandises, de service, de capitaux, de monnaie, etc.…
Toutefois ils sont traditionnellement considérés comme étant limités aux seuls échanges de biens et de
services. Les échanges de capitaux et de monnaie constituent, pour leur part, des flux financiers.
Ainsi, on a pu observer une forte croissance des échanges internationaux de biens et de services depuis la fin
de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, ces échanges se présentent comme un facteur d’accroissement
des richesses produites et une source de bien-être social.
Les économistes ont tenté, depuis le XVIe siècle, d'expliquer, voire de justifier les échanges internationaux.
L'apport des théories du commerce international au développement de ces échanges est indéniable.
I- LES THEORIES CLASSIQUES

Alors que les mercantilistes considèrent le commerce avec l'étranger comme un jeu à somme nulle, les
classiques considèrent le libre-échange comme un jeu à somme positive.
Les premières tentatives de modélisation de l'échange international sont l'œuvre de deux auteurs britanniques
du XVIIIe siècle et du début du XIXe, Adam Smith (1723-1790) [Economiste écossais auteur de " Recherches
sur la nature et les causes de la richesse des nations " en 1776.] et David Ricardo (1772-1823) [Économiste
anglais auteur de "Principes de l'économie politique et de l'impôt " publié en 1817.].

1. Adam Smith justifie l'échange par la loi de l'avantage absolu

Selon cette loi, pour échanger, chaque économie a intérêt à se spécialiser dans les activités pour lesquelles
elle possède " quelque avantage sur ces voisins " en termes de productivité et d'acheter à l'extérieur ce que
les producteurs étrangers peuvent fabriquer à coût moindre. Le pays qui parvient à produire un bien avec
moins de facteurs de production que ses voisins, possède un avantage absolu. C'est du principe de la division
internationale du travail que doit résulter un gain mondial. Cette division internationale, non seulement
favorise une allocation optimale des ressources au niveau mondial, mais en plus est favorable pour
l'ensemble des nations participant aux échanges.
Cette théorie présente cependant l'inconvénient d'exclure les pays qui ne possèdent pas un avantage absolu en
termes de productivité.

 Démonstration :
Pour justifier la théorie d'Adam Smith, nous pouvons prendre l'exemple suivant.
Soient deux pays A et B disposant chacun de 12 unités de production permettant de produire deux
biens X et Y de la manière suivante :

Pays A Pays B
Bien X 6 3
Bien Y 3 6
(Explication : le pays A doit consommer 6 unités de production pour produire un bien X et 3 unités de
production pour produire un bien Y)
Si chaque pays produit les deux biens X et Y, alors la production de chaque nations sera de :
Pays A Pays B Monde
Unités de 12 12 24
production
Biens X produit 1 2 3
Sans Biens Y produit 2 1 3 spécialisation, la
production mondiale est donc de 3
biens X et de trois biens Y pour une utilisation totale de 24 unités de facteurs de production.
Si les pays A et B respectent la théorie des avantages absolus, alors chacun va se spécialiser sur le
secteur d'activité pour lequel il bénéficie d'un avantage comparatif absolu, soit la production de biens
Y pour le pays A et la production de biens X pour le pays B. La production des deux pays sera alors
la suivante :

Pays A Pays B Monde


Unités de 12 12 24
production
Biens X produit 0 4 4
Biens Y produit 4 0 4

 Constat
La spécialisation permet d'accroître la production mondiale de biens et services pour une
consommation constante de facteurs de production et permet alors de satisfaire un plus grand nombre
de besoins.
David Ricardo reprend ce concept mais ne se situe plus dans le cadre des avantages absolus mais dans
le cadre des avantages relatifs.

2. Ricardo justifie l'échange par la loi des avantages relatifs

Ricardo démontre, au début du XIXe siècle, qu'un pays qui ne dispose d'aucun avantage absolu peut trouver
un intérêt à participer au commerce international en se spécialisant dans la production pour laquelle son
désavantage est le moins grand. C'est la théorie de l'avantage relatif ou comparatif.
Un pays dispose d'un avantage comparatif relatif par rapport à un autre pays dans la production ou son coût
de production est le moins éloigné de celui du pays le plus compétitif, c'est à dire dans la production ou l'écart
de coût entre les deux pays est le plus faible.
Chaque pays va donc devoir se spécialiser et échanger même si un pays est moins productif que l'autre dans
toutes les productions. En effet, cette spécialisation permettra globalement d'économiser des facteurs de
production.

 Démonstration
David Ricardo prend pour exemple le cas de la Grande-Bretagne et du Portugal qui échangent des
draps et du vin alors que le Portugal dispose dans ces deux domaines d'un avantage comparatif absolu
que l'on peut estimer en terme de coûts de production de la manière suivante :

Grande-Bretagne Portugal
Drap 100 90
Vin 120 80

Le Portugal est plus productif que la Grande-Bretagne dans les deux productions avec un avantage
comparatif de 10 pour le drap (100-90) et de 40 pour le vin (120-80).
Si chaque pays produit une unité de chacun des biens considérés, on obtient donc une consommation
de facteurs de production de 390 :

Grande-Bretagne Portugal Monde


Drap 100 90 190
Vin 120 80 200
Total 220 170 390

Les pays, selon Ricardo, auront quand même intérêt à se spécialiser pour continuer à échanger afin de
limiter au niveau mondial la consommation de facteurs de production.
Cette spécialisation se faisant en fonction du différentiel de coûts de production, la Grande-Bretagne
va donc se spécialiser dans la production de draps puisque son désavantage compétitif (-10) y est plus
faible que dans la production de vin (-40).
La Grande-Bretagne produira donc 2 unités de draps et le Portugal 2 unités de vin, pour un coût total
de production de :

Grande-Bretagne Portugal Monde


Drap 200 0 200
Vin 0 160 160
Total 200 160 360

 Constat
Le coût de production mondial après spécialisation (360) est inférieur au coût de production mondial
avant spécialisation (390).
La spécialisation, selon le principe des avantages comparatifs relatifs, permet donc de produire les
mêmes quantités de biens en économisant des facteurs de production.

II- LES THEORIES NEO-CLASSIQUES

1. le théorème de HOS (ou théorie HOS)

Cette théorie des coûts relatifs a été approfondie au XXe siècle par les économistes Hecksher, Ohlin et
Samuelson [Nom des trois économistes dont les initiales sont été retenues pour qualifier le théorème qui porte
leur nom.] qui ont cherché à comprendre les différences de coûts comparatifs entre les pays et à appliquer,
dans leur théorie du commerce international, les principes de l'analyse marginaliste. Ils ne raisonnent plus
dans le seul cadre de coûts mesurés comme précédemment par des écarts de productivité de l'unique facteur
travail. Ils expliquent l'échange international par l'abondance ou la rareté relative des divers facteurs de
production dont sont dotés les pays. En fonction de la loi économique simple qui consiste à dire que tout ce
qui est rare est cher, une économie doit se spécialiser dans les activités qui utilisent le plus intensément le
facteur de production dont elle dispose en abondance. Elle a intérêt à exporter ces biens et à importer ceux qui
utilisent le facteur de production pour lequel elle est le moins bien dotée.
Les différences de dotations de facteurs de production sont donc à la source des avantages comparatifs selon
Hecksher, Ohlin et Samuelson.

2. Le paradoxe de Leontieff

Dans les années 50, Wassily Leontieff teste le modèle d'interprétation néoclassique sur les données du
commerce extérieur des États-Unis et met en évidence la contradiction qui existe entre la dotation factorielle
de ce pays, à priori fortement avantagé en capital, et sa spécialisation dans des productions intensives en
travail. Dans le modèle, un tel résultat correspond à un pays peu développé possédant un surplus de main
d'œuvre.
Loin d'invalider le théorème de HOS, les travaux de Leontief permettent de le préciser en prenant notamment
en compte, parmi d'autres explications, l'hétérogénéité du facteur travail.

Chapitre 2: l’action de l’etat sur le commerce international

LES POLITIQUES DU COMMERCE INTERNATIONAL

En dehors des débats théoriques relatifs à la nécessité d'ouvrir ou non son économie aux échanges
internationaux, il est important de bien saisir les avantages et inconvénients qui résulteraient selon les
économistes de l'intégration d'une économie dans la division internationale du travail. Ceux-ci se sont donc
attachés, en parallèle à la formulation de leurs théories libre-échangistes ou protectionnistes, à montrer les
effets positifs ou négatifs engendrés par l'ouverture d'une économie aux échanges internationaux.

I- LE LIBRE-ECHANGE
1. Définition

Le libre échange est l’application des théories libérales aux échanges internationaux : la liberté totale du
commerce doit être instaurée entre nations et toute entrave aux échanges internationaux doit disparaître.
En d’autres termes, le libre échange est une doctrine économique qui vise à limiter les obstacles à la circulation
des biens, des services et des capitaux entre les économies.

2. Les arguments du libre-échange

Les partisans du libre-échange adressent de nombreuses critiques aux défenseurs du protectionnisme :


 Toute mesure protectionniste entraîne de la part des autres pays des mesures de rétorsion. La réduction
des importations risque alors d’entraîner une chute des exportations et un déficit de la balance
commerciale.
 Le protectionnisme empêche une confrontation stimulante avec les entreprises étrangères. En effet, la
suppression de toute protection aux frontières entraîne un accroissement de la concurrence pour les
entreprises qui doivent redoubler d’effort pour rester compétitives. La recherche de gain de
productivité, l’innovation, la baisse des prix sont autant de conséquences liées à cette concurrence
accrue qui profite en premier lieu aux consommateurs.
Les défenseurs du libre-échange ne se contentent pas seulement de critiquer le protectionnisme : pour eux, le
libre-échange permet à chaque pays de se spécialiser dans les productions pour lesquelles il est le plus efficace
et d’acheter à d’autres pays les biens qu’il ne produirait pas à des coûts plus bas s’il les produisait lui-même.
Cette division internationale du travail est source d’économies d’échelle pour les entreprises (diminution des
coûts unitaires de production lorsque la production augmente) et d’enrichissement.

3. Avantages et limites du libre-échange

Sans reprendre l'intégralité des arguments avancés, on peut néanmoins dresser le tableau suivant illustrant de
façon synthétique les principaux avantages et inconvénients supposés résulter de la mise en place d'une
politique de libre-échange :

Avantages Limites
- Baisse des prix des biens et services : - Déclin de certains secteurs d'activité :
La concurrence qui s'exerce entre les Les entreprises nationales présentes dans des
producteurs nationaux et étrangers permet au secteurs d'activité où les entreprises étrangères
consommateur d'élargir ses choix et de sont plus compétitives ne vont pas survivre à la
consommer à un prix moindre si les producteurs concurrence internationale.
étrangers sont plus productifs. L'ouverture de l'économie entraîne donc des
restructurations massives dans les branches
- Plus grande efficacité économique : souffrant d'un déficit concurrentiel.
La division internationale du travail permet une
meilleure allocation des ressources au niveau - Remise en cause de certains acquis
mondial puisque chaque pays se spécialise pour sociaux pour les salariés :
les productions où il est le plus efficace. La concurrence exercée par les producteurs
étrangers peut conduire à une remise en cause de
- Plus forte croissance économique : certains acquis si ceux-ci se traduisent par une
La baisse des prix stimule la demande, alors hausse des coûts de production défavorable àla
que les entreprises grâce aux échanges compétitivité des entreprises nationales. Les
internationaux accroissent leur production. conditions de travail risquent alors de se
généraliser selon les principes du "moins-disant"
- Plus grand espace d’échange : afin de prévenir les délocalisations.
la suppression des protections engendre un
agrandissement de l’espace d’échange - Risques de ralentissement de la
économique en donnant à chaque pays des croissance :
marchés extérieurs de plus en plus disponibles. Les restructurations et la pression à la baisse sur
les coûts de production engendrées par la
concurrence internationale ont un effet dépressif
sur la demande nationale et donc sur la
croissance économique.

II- LE PROTECTIONNISME

1. Définition

Contrairement au libre-échange, le protectionnisme consiste, pour un Etat à prendre des mesures visant à faire
obstacle aux importations afin de protéger la production nationale contre la concurrence étrangère.
Autrement dit, le protectionnisme est une doctrine économique qui a pour but de limiter l’accès aux
marchés nationaux pour les produits étrangers.

2. Les pratiques protectionnistes

On distingue les mesures tarifaires et les mesures non tarifaires :


 Les mesures (ou barrières) tarifaires
Les barrières tarifaires représentent les droits de douanes que doivent acquitter les agents économiques
étrangers qui souhaitent vendre un bien ou un service sur le marché national.
Ces droits de douane qui présentent l'avantage de procurer des recettes budgétaires à l'Etat sont
progressivement supprimés à travers différents accords internationaux.
Cette baisse importante des droits de douane a incontestablement favorisé l'essor des échanges
internationaux.
Néanmoins, derrière cette quasi-suppression des droits de douane, se cache la multiplication de
barrières non tarifaires qui contribuent encore à freiner les échanges internationaux.
 Les mesures (ou barrières) non tarifaires :
Les barrières non tarifaires constituent la forme la plus répandue du protectionnisme contemporain et
se distingue des droits de douane par le fait qu'il est plus ciblé, plus diffus (moins clairement visible)
et qu'il peut prendre un grand nombre de formes :
- subventions aux exportations : les Etats accordent des subventions qui permettent de diminuer
artificiellement le prix des biens exportés, ce qui fausse la concurrence internationale.
- La prohibition commerciale : interdiction d’importer ou d’exporter un produit. On parlera
d’embargo commercial ou de blocus commercial si l’interdiction est suivie d’un contrôle
militaire.
- Le contingentement ou quota : fixation d’une quantité d’importation maximale.
- Les normes : mesures règlementaires qui doivent être respectées par les biens ou services
importés dans le souci de garantir la sécurité et le bien être des consommateurs et qui permet
en fait de fermer le marché national à certaines productions étrangères. Ces mesures portent
généralement sur l’hygiène, la sécurité, le procédé (technique) de fabrication etc...
- La rétorsion : actions entreprises par un Etat à l’encontre des intérêts d’un autre Etat afin
d’obtenir l’annulation des mesures qui pénalisent ses propres activités.
- Les mesures anti-dumping : le dumping consiste à vendre moins cher sur les marchés
extérieurs que sur le marché intérieur, un produit identique. Les Etats importateurs peuvent
prendre des mesures pour mettre fin à ce genre de pratique. On parle de dumping social lorsque
le producteur cherche à minimiser les coûts salariaux en ne respectant pas les règles salariales.
- La clause de sauvegarde : exception aux principes d’une union qui permet à un pays de cette
union de protéger temporairement certaines activités nationales, en cas de difficultés
sectorielles ou régionales, ou bien en cas de difficultés générales de la balance des paiements.

3. Les arguments du protectionnisme

Face aux critiques des défenseurs du libre-échange, les partisans du protectionnisme avancent des arguments
pour défendre leur position :
 Le libre-échange entraîne d’importantes destructions d’emplois dans les secteurs soumis à une forte
concurrence étrangère. Le protectionnisme peut, au contraire, favoriser l’emploi à court terme et la
protection des droits sociaux des salariés.
 Il est parfois nécessaire de protéger pendant un certain temps, les industries naissantes ou vieillissantes
(restructuration).
 Les pouvoirs publics peuvent souhaiter protéger certains secteurs (agriculture, pêche, cinéma …).

4. Avantages et limites du protectionnisme

Sans reprendre l'intégralité des arguments avancés, on peut néanmoins dresser le tableau suivant illustrant de
façon synthétique les principaux avantages et inconvénients supposés résulter de la mise en place d'une
politique protectionniste :

Avantages Inconvénients
- Pas de baisse des prix pour les
- Préservation des emplois : consommateurs :
Les mesures protectionnistes renchérissant le La concurrence étrangère ne peut entraîner
prix des biens importés se traduit par une une baisse des prix puisque les droits de
amélioration de la compétitivité-coût des douane entraînent une hausse du prix des
productions nationales ce qui d'une part biens importés au niveau des prix de vente des
protège les emplois dans les secteurs menacés entreprises nationales.
par la concurrence internationale, mais aussi
crée des emplois puisque la demande qui - Moins bonne allocation des
s'adresse aux entreprises nationales augmente. ressources au niveau macroéconomique:
La division internationale du travail étant
- Amélioration de la compétitivité faussée par les mesures protectionnistes,
nationale : l'économie nationale ne se spécialise donc pas
Les entreprises naissantes notamment, dans les productions ou elle est la plus
protégées de la concurrence internationale compétitive. On maintien alors
sont en mesure de profiter des économies artificiellement des productions qui entraînent
d'échelle liées à l'accroissement de la des gaspillages de ressources rares.
production et des économies d'apprentissage
liées à l'amélioration des méthodes de - Restriction de la concurrence :
production. Cette compétitivité accrue Cette restriction empêche le marché de
permettra à terme d'être moins sensible à la fonctionner selon le principe de la libre
concurrence internationale ce qui est concurrence ce qui réduit la capacité des
favorable pour la préservation des emplois agents à effectuer des choix pertinents dans
dans le futur. leur processus de consommation.

- Ralentissement de la croissance
économique :
Les mesures protectionnistes adoptées par les
autres nations ne permettent pas aux
producteurs nationaux d'accéder aux marchés
étrangers.

Le développement du commerce international est aujourd'hui un fait acquis et irréversible.


La spécialisation des pays dans leurs activités les plus rentables, la recherche de nouveaux débouchés, le
prolongement du cycle de vie du produit ont contribué à la division internationale du travail et au succès de
la théorie du libre-échange. Mais cette libéralisation et la concurrence internationale ne sont équitables, sur
l'échiquier commercial mondial, que si des limites et des règles leur sont imposées. Un cadre institutionnel
favorable au développement des échanges internationaux a donc été progressivement mis en place.
CHAPITRE 3: LA BALANCE DES PAIEMENTS

A partir des opérations des agents économiques et leur représentation synthétique, la comptabilité nationale
donne une image de l’activité économique d’ensemble d’un pays avec le reste du monde. Cette représentation
se fait à travers un tableau qui résume les opérations économique entre le pays et l’extérieur : c’est la balance
des paiements.
En Afrique en générale et en Côte d’Ivoire en particulier, la récolte des statistiques économiques sont
difficilement réalisable à cause de la peur fiscale. Et pourtant sans statistiques fiables il devient difficile
d’avoir une bonne mesure de la balance des paiements.

I- PRESENTATION DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

1. Définition

La balance des paiements est un document statistique qui présente l’ensemble des flux d’échanges
(commercial, financier et monétaire) entre une économie et le reste du monde durant une période donnée.
2. La logique d’enregistrement

L’enregistrement se fait selon le principe de la comptabilité en partie double. C’est-à-dire que chaque
opération donne lieu à deux écritures comptables, l’une en crédit et l’autre en débit. Pour les opérations sans
contrepartie comme les transferts ou les dons pour lesquels il n’y a qu’un seul flux, on effectue par convention
une deuxième écriture pour respecter la règle.
- Toute opération qui se traduit par une entrée de devises est enregistrée en crédit.
- Toute opération qui se traduit par une sortie de devises est enregistrée en débit.
La BP retrace, pour une économie et une période donnée, l’origine (les ressources) et l’utilisation (les emplois)
des devises. Ainsi, la BP est un document comptable équilibré.
La méthodologie d’élaboration de la BP est donnée par le FMI.

II- STRUCTURE (OU COMPOSANTES) DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

La balance des paiements est composée de plusieurs balances particulières qui s’emboîtent les unes dans les
autres. Elle regroupe trois grands comptes ainsi qu’un poste « erreurs et omissions ».

Titres Crédits Débits Soldes

1. Compte des transactions courantes .....................


2. Compte de capital ..........................................
3. Compte d’opérations financières........................
4. Erreurs et omissions nettes (a) ........................

(a) L'expression « Erreurs et omissions nettes », utilisée par le FMI et le conseil de


l'IME, sera à nouveau employée en France, au lieu du terme « ajustement ».

1. Le compte (ou la balance) des transactions courantes

Il prend en compte :
 Les biens (marchandises);
 Les services (transports, voyages, assurances, etc.);
 Les revenus (du travail et du capital). Ils sont divisés entre :
- rémunération des salariés (travailleurs frontaliers ou saisonniers),
- revenus des investissements. Cette rubrique recouvre les revenus des investissements directs,
les revenus des investissements de portefeuille (participation au capital et titres de créance)
ainsi que les autres revenus d’investissement (intérêts provenant d’autres opérations
financières).
 Les transferts courants (transferts sans contrepartie). On trouve notamment les envois de fonds
des travailleurs ainsi que les dons au titre de l’aide au développement.
Ce compte est structuré comme suit :

Titres Crédits Débits Soldes

1. COMPTE DES TRANSACTIONS COURANTES


1.1. Biens..............................................................
1.2. Services ........................................................
1.3. Revenus..........................................................
1.4. Transferts courants ........................................

2. Le compte capital

Il se compose :
 des transferts en capital (remises de dette, aides à l’investissement, ainsi que les transferts des
migrants, qui résultent du changement de résidence pour au moins un an et correspondent à la
valeur du patrimoine transféré),
 des acquisitions et cessions d’actifs non financiers non produits (brevets, licences etc.). Ces
opérations sont désormais nettement séparées de l’utilisation de ces actifs.

Titres Crédits Débits Soldes

2. COMPTE CAPITAL......................................
2.1. transferts en capital.......................................
2.2. acquisition d’actifs non financier non produit ...

3. le compte des opérations financières

Ce compte est structuré comme suit :

Titres Crédits Débits Soldes

3. COMPTE D’OPÉRATIONS FINANCIÈRES.....


Mouvements de capitaux (hors avoirs de réserve)...
3.1. Investissements directs.................................
3.2. Investissements de portefeuille......................
3.3. Autres investissements ...............................
Avoirs de réserve...............................................

– Pour les investissements directs, on distingue d’abord en fonction du sens des mouvements puisse on la
nature des flux : capital social (le seuil de l’investissement direct est fixé à 10 % du capital), bénéfices
réinvestis et autres transactions entre entreprises apparentées.
– En ce qui concerne les investissements de portefeuille, on a les titres de participation et les titres de créance
(obligations et autres titres d’emprunt).
– La rubrique autre investissements recouvre les crédits commerciaux et les prêts à court et long terme, la
monnaie fiduciaire, les dépôts et les autres avoirs et engagements.
– Le poste avoirs de réserve inclut les transactions portant sur les avoirs considérés comme étant à la
disposition des autorités monétaires : or monétaire, droits de tirage spéciaux (DTS), position de réserve au
FMI, avoirs en devises étrangères (en monnaie et en titres) et autres créances.

4. Erreurs et omissions

Enregistre la différence entre ressources et emplois (erreurs statistiques, etc.).


III- LES MECANISMES D’AJUSTEMENT DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

L’ajustement de la balance des paiements se fait généralement selon deux approches théoriques. L’ajustement
par les prix (l’approche classique) et l’ajustement par les revenus (l’approche keynésienne).

1. L’ajustement par les prix

L’ajustement par les prix a son origine dans l'analyse des classiques.
il souligne l'influence du taux de change sur le compte courant à travers les élasticités-prix c'est-à-dire la
sensibilité des demandes d'importation et d'exportation aux modifications de prix. En cas de baisse du change
de la monnaie domestique (dépréciation), trois facteurs affectent la balance commerciale :
- le volume des importations est entraîné à la baisse ce qui améliore la balance commerciale.
- Le volume des exportations s'accroît en améliorant la balance commerciale
- les recettes d'exportation sont réduites en valeur avec la dépréciation de la monnaie domestique ce qui
défavorise le retour à l'équilibre de la balance commerciale

2. l’ajustement par les revenus : l’approche par l’absorption

L’ajustement par le revenu est une approche keynésienne.


Elle tient compte du niveau d'activités domestiques et étrangères sur le compte courant à travers les
mécanismes d'ajustement par les effets- revenus. La théorie de l'absorption remet en cause le rôle exclusif du
taux de change et des prix dans la recherche de l'équilibre externe.
Une dépréciation de la monnaie domestique accroît la production domestique mais elle réduit parallèlement
la production étrangère freinée par la chute des exportations de l'étranger.
Présentation type de la balance des paiements
1. Compte courant Crédit Débit
A. Biens et services
Biens Exportés Importés
Services
Transports Exportés Importés
Voyages Exportés Importés
Autres services Exportés Importés
Services fournis ou reçus par
les administrations publiques Exportés Importés
B. Revenus
Rémunération des salariés Reçue Versée
Revenu des investissements Reçu Versé
Dont : intérêts sur la dette Reçus Versés
extérieure
C. Transferts courants Reçus Versés
2. Compte de capital et d’opérations financières
A. Capital
Transferts de capital Reçus Versés
Acquisitions/cessions d’actifs
non financiers non produits Cédés Acquis
B. Opérations financières
Investissements directs De l’étranger A l’étranger
Investissements de portefeuille De l’étranger A l’étranger
Autres investissements
Prêts, crédits commerciaux, etc. Empruntés Prêtés
Crédits et prêts du FMI Achetés Rachetés
Avoirs de réserve
Or monétaire Baisse Hausse
DTS Baisse Hausse
Position de réserve au FMI Baisse Hausse
Devises Baisse Hausse
Autres créances Baisse Hausse
Source : FMI, Manuel de la balance des paiements (1993).

CHAPITRE 4 : LE CHANGE

Chaque pays ayant sa propre monnaie, les échanges internationaux de biens, de services et de capitaux
entraînent un échange de monnaies. Du moment où il n’existe pas une monnaie unique à l’échelle
internationale, il est en effet nécessaire de pouvoir échanger des devises entre elles. Se pose alors un problème
de change : comment, et à quel prix s’échangent entre elles les monnaies ?
Toute relation économique à l’international exige donc une opération de change puisque la monnaie nationale
doit être convertie dans la monnaie du pays avec lequel se réalise la transaction. Cette opération a lieu sur un
marché appelé marché de change qui lui-même dépend d’un régime de change.

I- LA NOTION DE CHANGE

1. Définition

Le change est l’opération qui permet d’obtenir une monnaie étrangère à partir d’une monnaie nationale, ou
inversement. Celle-ci consiste à échanger les monnaies de différents pays entre elles à travers un cours.
Le cours de change (ou côte de change, ou encore taux de change) est le rapport dans lequel s’effectue la
conversion des monnaies entre elles. Il représente alors le prix unitaire d’une monnaie (nationale) par rapport
à une autre (devise).

2. Opération de détermination du taux de change

L’opération de détermination du cours de change est appelée cotation. Elle se fait de deux manières :
- La cotation au certain
Elle indique le nombre d’unités monétaires étrangères (devise) correspondant à une unité monétaire
nationale.
- La cotation à l’incertain
Elle exprime le nombre d’unités monétaires nationales correspondant à une unité monétaire étrangère.

NB : la plus part des places cotent à l’incertain sauf la place de Londres.

II- LES MARCHES DE CHANGE

Le marché de change est un lieu (ou une place) où s’achètent et se vendent les monnaie étrangères (devises).
Ou encore, c’est le lieu de rencontre entre les offreurs et les demandeurs en vue d’un échange de devises. On
distingue différents types de marchés de change.

1. Marché de change au comptant


Sur ce marché, l’exécution des échanges est immédiate. Cependant, l’achat et la vente de devise se réalisent
à un cours déterminé, le règlement intervenant immédiatement. Les opérations de change sont donc
immédiates et simultanées.

2. Marché de change à terme

Sur ce marché, il y a une dissociation entre le moment (jour) où le contrat est conclu et le moment où
l’exécution matérielle à lieu. Le règlement des opérations de change intervient alors à une échéance plus ou
moins lointaine et à un cours (différent du cours au comptant du jour de la négociation) déterminé au départ.

3. Marché de change manuel

Il résulte de la confrontation des offres et des demandes portant sur des billets ou des chèques de voyage. Ce
marché intéresse principalement les touristes ou les hommes d’affaires se rendant à l’étranger.

4. Marché de change scriptural

Il se traduit par des jeux d’écriture de compte à compte sur les livres des banques nationales et sur ceux des
banques étrangères qui leurs servent de correspondant.

III- LES REGIMES DE CHANGE

On distingue le régime de change fixe et le régime de change flottant ou flexible.

1. Le régime de change fixe

Régime dans lequel un pays s'engage à défendre la fixité du taux de change de monnaie par rapport aux autres
monnaies ou par rapport à un étalon de référence. Ce régime s’exprime donc par l’existence d’un taux fixe ou
d’une parité pour la conversion d’une monnaie dans une autre, accompagnée d’une intervention des banques
centrales pour assurer la stabilité des taux de change de leurs monnaies.
Lorsqu’une banque centrale ne peut plus défendre la parité officielle de sa monnaie (dû au fait que ses réserves
de change sont épuisées ou qu’elle est impuissante à compenser les tendances du marché), elle peut négocier
avec ses partenaires une modification du taux de change (dévaluation ou réévaluation).
La dévaluation est la baisse de la valeur de la monnaie nationale par rapport aux autres monnaies. Le taux de
change officiel va alors augmenter (lorsqu’on exprime la valeur de la monnaie étrangère).
La réévaluation est l’opération inverse de la dévaluation. C’est donc la hausse de la valeur de la monnaie
nationale par rapport aux autres monnaies, le taux de change va dans ce cas baisser.
Exemple de régime de change fixe :
- Le système étalon-or
- La zone CFA

2. Le régime de change flottant ou flexible

Régime dans lequel un pays laisse évoluer librement le taux de change de sa monnaie, sur le marché des
changes en fonction de l'offre et de la demande, soit totalement (flottement libre) soit partiellement (flottement
géré).
Le cours de change est alors déterminé par la seule rencontre des offres et des demandes spontanées des
devises. Ainsi, plus une monnaie est demandée, plus son taux de change par rapport aux autres augmente et
vis-versa.
Dans le régime de change flottant, on parle de dépréciation (ou d’appréciation) de la monnaie, lorsque celle-
ci perd (ou bénéficie d’une augmentation) de la valeur par rapport à d’autres devises sur le marché des
changes.

CHAPITRE 5: Le système monétaire international (SMI)

L'existence de relations économiques entre des nations ayant des monnaies différentes &nécessite donc en
parallèle l'existence d'un marché ou les agents économiques pourront convertir leurs devises en monnaie
nationale. L'ensemble des marchés sur lesquels s'effectuent les échanges monétaires internationaux constitue
le Système Monétaire International. Le SMI repose sur des caractéristiques précises et a évolué dans le temps.

1- La notion de SMI

 Définition :
Un système monétaire international est l’ensemble des règles, des mécanismes et des institutions visant à
organiser, contrôler et réguler les échanges monétaires internationaux.
Il a généralement pour objectif de faciliter les échanges internationaux et permettre d’aider les pays qui
connaissent des difficultés de paiement.

 Caractéristiques d’un SMI :


Un SMI se caractérise généralement par trois éléments essentiels :
- un système ou régime de change fixe ou flexible qui permet de déterminer le taux de change des
monnaies les unes par rapport aux autres.
- une base (ou un étalon) de référence par rapport auquel chaque monnaie nationale est définie selon
un taux de change. C’est une unité de mesure commune entre les monnaies. L’or a été pendant
longtemps cette base de référence.
- des liquidités internationales qui représentent l’ensemble des moyens de paiement internationaux
dont disposent les pays pour financer les besoins de financement de leurs balances des paiements.
On a principalement l’or et les réserves de change (composées des devises acceptées et recherchées
dans le monde entier, comme le dollar, le yen ou l’euro). Ce mécanisme de crédit entre nation peut
être éventuellement supervisé par un organisme international (le FMI par exemple).

2- Evolution du système monétaire international

Le Système Monétaire International a connu de profondes évolutions au cours du dernier siècle, alternant
phases de stabilités et phases de profondes instabilités.
L'instabilité mondiale qui a marqué le 20ème siècle se traduit au niveau du système monétaire international
par une grande fluctuation des taux de change et la mise en place de différents régimes de changes successifs.
On peut dresser le tableau suivant qui reprend les grandes phases de l'évolution du SMI.

Date SMI
1879 - 1914 un régime de changes fixes fonctionnant selon le système de l'étalon-or.
Ce régime de change (Gold Standard) fait de l'or la monnaie internationale.
Les monnaies nationales bénéficient d'une parité fixe avec l'or qui sert de
monnaie de transaction internationale. Les banques centrales détiennent par
ailleurs presque exclusivement des réserves en or. La livre britannique joue
aussi un rôle de monnaie internationale du fait de la puissance de l'économie
britannique.
La première guerre mondiale voit apparaître sur la scène internationale une
nouvelle économie dominante, les États-Unis, qui succèdent à des pays
européens ruinés par la guerre.

1914 - 1939 un régime de change fonctionnant selon le système de change-or et marqué


par l'instabilité des parités de change des principales monnaies.
A la fin de la guerre le système monétaire international se réorganise autour
d'un régime de change fixe qui redonne à l'or son rôle central d'étalon de
valeur des parités des monnaies nationales. Cependant l’or n’est plus le
principal instrument de règlement des transactions internationales, mais des
devises qui sont-elles même convertibles en or. Mais, la crise économique
qui touche les pays développés au début des années 30 et l'absence de
coopération internationale entre les nations entraîne une instabilité très forte
des taux de change qui sont régulièrement modifiés. La concurrence entre la
livre et le dollar pour s'affirmer en tant que monnaie d'échange internationale
ne fait qu'ajouter à cette instabilité du système financier.
Voilà pourquoi, tirant les conséquences de cette phase d'instabilité, les pays
vainqueurs de la seconde guerre mondiale se réunissent dès 1944 pour
redéfinir un nouveau régime de change.

1944 - 1971 Le Système de BettonWoods


Ce système résulte de la concertation des principales puissances
économiques qui rétablissent un système de change fixe fonctionnant selon
le principe du Gold Exchange Standard qui consiste à fixer des parités-or
pour chaque monnaie nationale, mais qui n'accorde qu'à une seule monnaie
la possibilité d'être convertie en or, le Dollar. Le dollar devient de fait la
monnaie de règlement des échanges internationaux et il peut être à tout
moment échangé contre de l'or auprès de la Banque Centrale américaine. Une
seule devise est alors convertible en or (le dollar) et les autres
monnaies sont convertibles en dollar selon une parité fixe. Il s'agit donc d'un
système de change fixe dominé par la monnaie américaine
Deux institutions internationales sont créés pour assurer le financement des
balances des paiements.
La fin de la convertibilité or du dollar en 1971 marque la fin de ce régime de
change fixe qui cède le pas à un régime de change flexible.

De 1971 à nos Régime de change flexible et instabilité monétaire


jours L'instabilité monétaire est la règle durant les années 70 et le début des années
80. Mais les fortes variations du taux de change de la monnaie internationale
(le dollar) poussent de plus en plus les grandes nations économiques à
relancer une concertation internationale afin de stabiliser le
taux de change des monnaies. Le G5 réunissant les Etats-Unis, le Japon, la
France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne se réunit au Louvres en 1985 pour
stabiliser le taux de change du dollar. De telles réunions se reproduisent
régulièrement (accord du Plazza en 1987) et réunissent maintenant 7 pays
(G5 + Canada + Italie). De plus, face à cette instabilité des parités, un certain
nombre d'initiatives régionales se sont mises en place pour limiter la variation
des monnaies. L'Europe en particulier a dès 1979 définie une politique de
stabilisation des taux de change entre les monnaies des pays appartenant à la
CEE et s'est dotée en 1999 d'une monnaie unique qui a remplacée
définitivement les monnaies nationales au 1er janvier 2002.
Il faut toutefois noter que le nouveau SMI actuel a vu le jour avec les accords
de la Jamaïque en 1976. Ces accords officialisent l’abandon du système des
changes fixes pour le système des changes flottants. Ainsi, depuis cette date,
tous les pays sont désormais libres d’adopter le régime de change de leur
choix

THEME 2: LA CROISSANCE ET LE DEVELOPPEMENT

Chapitre 1: Mesure et signification de la croissance

La production mesure la richesse créée pendant une période déterminée. Ce n’est donc qu’une quantité de
biens qui, lorsqu’elle s’accroît de période en période, marque ce que l’on appelle la croissance économique.
La plupart des économistes accordent énormément de vertus à la croissance économique car elle permet de
créer des emplois et des revenus, vertu essentielle dans un contexte d’amélioration du bien-être des individus.
Il est donc important d’en avoir une approche exacte.
I- LA NOTION DE CROISSANCE

1. Définition

La croissance économique peut être définie comme étant l’accroissement durable et soutenu de la
production globale d’une économie. C’est donc un phénomène purement quantitatif et de longue période.
Par ailleurs il faut distinguer la notion de croissance de la notion d’expansion. L’expansion économique est
une augmentation conjoncturelle de la production d’un pays.

2. La mesure de la croissance

La mesure de la croissance économique est basée sur la prise en compte d’un agrégat ou d’un indicateur
important de la production : le PIB.
Elle se mesure ainsi par le pourcentage d’augmentation (ou de variation) du PIB appelé taux de croissance
économique.
Deux approches sont à relever dans la mesure de la croissance économique. On parle alors de croissance réelle
ou de croissance nominale.
- La croissance réelle ou croissance en volume de production:
Pour mesurer la croissance réelle, il faut déterminer le PIB réel (ou le PIB à prix constants). La
croissance réelle est donc la croissance de la production après avoir éliminé la hausse due à l’inflation.
Mieux elle mesure la variation des quantités de biens et services produits.
- La croissance nominale ou croissance en valeur :
La croissance nominale est déterminée à partir du PIB nominal (ou le PIB à prix courants). C’est donc
la croissance économique qui résulte d’une hausse de la production réelle tout comme de
l’augmentation des prix. En d’autres termes, elle tient compte non seulement de la variation des prix
des biens et services produits mais aussi de la variation du volume de ceux-ci.

II- LES FACTEURS ET LES MODALITES (ASPECTS) DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

Les facteurs liés à la croissance économique sont nombreux et peuvent jouer différemment sur celle-ci. On
note ainsi différents aspects de la croissance économique.

1. Les facteurs de la croissance économique


La fonction de production repose généralement sur l'utilisation de facteurs de production essentiels ou
classiques qui sont le travail et le capital auxquels on ajoute d’autres facteurs considérés comme des facteurs
résiduels. La croissance dépend donc des quantités de facteurs de production disponibles et de la manière dont
ils sont utilisés.
a) Les facteurs classiques ou essentiels

 Le facteur travail : la croissance est possible grâce à une augmentation de la quantité de travail
disponible ou par une augmentation de la qualité du facteur travail utilisé (accroissement de la
qualification moyenne des salariés) :

- Évolution démographique
- hausse de la population active (← allongement de la durée du travail, augmentation du taux
d'activité, ...)
- formation / expérience
- division du travail, meilleure organisation du travail

 Le facteur capital : la croissance se traduit par des Investissements qui viennent accroître ou améliorer
le stock de capital technique disponible ce qui permet une augmentation des quantités de biens et
services produites.

b) Les facteurs résiduels ou non économiques

Le progrès technique : qui accroît la productivité des facteurs de production utilisés. Près dela moitié de la
croissance économique serait le fait de ce progrès technique.
Le facteur culturel : les systèmes de valeurs culturelles (coutumes, religion…) peuvent être source de
croissance.
Le facteur juridique : l’existence d’une législation claire sur la propriété et d’une justice impartiale
encourage les investissements et le développement d’activités qui sont source de croissance.
Le facteur politique : la stabilité politique justifiée par des institutions démocratiques et une politique
d’intégration nationale peut stimuler la croissance.
Les facteurs sociaux : ils s’expriment par la lutte contre l’exclusion, la santé, l’éducation, la formation
technique et professionnelle.
Les échanges extérieurs : élargissement des marchés et transfert de technologie.

2. Les modalités de la croissance

La croissance économique dépend à la fois de l'augmentation des quantités de facteurs de production utilisés
dans le processus productif, mais aussi de l'amélioration des techniques de production permettant de produire
plus de biens et services avec les mêmes quantités de facteurs de production. On peut alors distinguer :
La croissance extensive : croissance économique qui résulte surtout de l’augmentation des quantités de
facteurs de production utilisés.
La croissance intensive : croissance économique qui résulte surtout d’une meilleure utilisation des facteurs
de production, et qui repose donc sur des gains de productivité.
La croissance équilibrée : croissance économique obtenue dans les équilibres macroéconomiques classiques
(équilibre du budget de l’Etat, inflation nulle, plein emploi des facteurs de production). C’est aussi une
croissance sans disparités régionale et sectorielle.
La croissance zéro ou croissance durable : à l’origine c’est une croissance économique qui est égale à la
population. C’est aussi une croissance qui respecte l’équilibre écologique, qui ne détruit pas les ressources
naturelles déjà limitées

III- LES EFFETS DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

La croissance économique a des conséquences positives tout comme des conséquences négatives.

1. Les effets positifs de la croissance économique

Comme effets positifs, la croissance économique entraîne généralement :


- L’amélioration du bien-être de la population ;
- Le développement équilibré des secteurs et des régions du pays si les retombés de la croissance sont
équitablement repartis ;
- La réduction de la pauvreté ;
- L’augmentation du niveau de la consommation ;
- L’augmentation de l’emploi ;
- Etc.
En somme, la croissance économique entraîne le développement économique.

2. Les effets pervers de la croissance économique

- Une croissance économique élevée n’est pas toujours synonyme d’augmentation ou d’amélioration du
niveau de vie ;
- Une mauvaise ou inégale répartition des richesses créées peut faire coïncider un PIB élevé et une
grande pauvreté. Ou bien entraîner des disparités régionales et sectorielles ;
- Une croissance économique provoque aussi très souvent un déséquilibre écologique : déforestation,
pollution, etc.
CHAPITRE 2: LE DÉVELOPPEMENT ET LE PROBLÈME DU SOUS DÉVELOPPEMENT

Le développement est sûrement la question économique, humaine et sociale la plus importante de nos jours.
Certains pays aujourd’hui accèdent à un niveau de développement, parfois partiel ou qui ne concerne que
certains secteurs de l’économie, alors que d’autres régressent et s’enfoncent de plus en plus dans une situation
de précarité et de dépendance. C’est donc cette inégalité qui met en relief la notion de développement et celle
du sous-développement. Par ailleurs quel que soit l’ampleur du niveau d’évolution des deux phénomènes, ils
sont caractérisés par certains nombres de critères qui s’examinent par opposition entre les pays.

I- LA NOTION DE DEVELOPPEMENT

1. Définition

Il ne faut pas confondre la croissance économique et le développement, même si ces deux notions sont liées.
La croissance est un phénomène économique quantitatif et structurel, donc mesurable et de longue durée, qui
se caractérise par l’accroissement des richesses produites (PIB, PNB…) par un pays sur une période donnée.
Contrairement à elle, le développement est un phénomène qualitatif, qui correspond à l’ensemble des
transformations techniques, sociales et culturelles permettant l’apparition et la prolongation dans le temps de
la croissance économique.
Toutefois la croissance économique est une condition nécessaire pour le bon déroulement du processus de
développement, mais celui-ci est aussi indispensable à la poursuite de la croissance. Ainsi, la définition du
développement économique peut se résumer à celle donnée par François Perroux : « le développement est la
combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître,
cumulativement et durablement, son produit réel global ».

2. Les indicateurs de développement (ou mesure des inégalités de


développement) : caractéristiques

Le développement économique s’apparente à la combinaison des changements touchant l’ensemble des


structures économiques, sociales, culturelles et démographiques. De ce fait, de nombreux critères doivent
donc évolués ensemble : le niveau de vie, la part de l’industrie et des services dans la production et dans la
population active, le taux de mortalité infantile, le taux d’alphabétisation, le nombre d’étudiants, de
chercheurs, etc.
L’analyse de ces critères fait apparaître de fortes inégalités de développement dans le monde à travers des
indicateurs. On peut distinguer les indicateurs de richesse d’un pays et les indicateurs de niveau de vie. Vue
les limites du PIB, la banque mondiale définit la richesse d’une nation non pas comme une variable de flux
de production mais comme une variable de stock de capitaux (capitaux liés à la nature, capitaux économique
et ressources humaines mesurées par le niveau d’éducation et de nutrition) autorisant le “développement
durable d’une nation”. Les niveaux de vie montrent comment la croissance de la richesse nationale profite aux
individus.
Par ailleurs, le programme des nations unies pour le développement (PNUD) a proposé deux autres
indicateurs, l’IDH et l’IPH.
a) L’indicateur du développement humain (IDH)

Proposé en 1990, l’IDH est un indicateur (compris entre 0 et 1) ayant pour objectif de refléter trois aspects du
développement économique et social d’un pays :
- l’espérance de vie à la naissance
- le degré d’éducation (mesuré par le taux d’alphabétisation des adultes et la moyenne d’année
d’étude)
- le PIB réel par habitant
L’IDH est cependant une moyenne nationale qui masque des inégalités entre sexes, régions, classe de revenus
c’est pourquoi le PNUD va proposer en 1997 un autre indicateur qui est l’IPH.

b) L’indicateur de pauvreté humaine(IPH)

Il est fondé sur trois éléments : l’espérance de vie, le niveau d’éducation et les conditions de vie, mesuré à
partir de trois variables : l’accès au service de santé, l’accès à l’eau potable et la part des enfants de moins de
5 ans victimes de malnutrition.
L’IPH vient pour compléter l’IDH car l’amélioration de ce dernier peut cacher une répartition inégale des
progrès réalisés ou la persistance de zones de pauvreté.

3. Le processus de développement (ou de croissance)

Selon l’économiste Rostow, le développement (la croissance) d’un pays passe par cinq étapes :

a) La société traditionnelle

C’est le stade antérieur à tout phénomène de développement. C’est une société dont l’activité est basée sur
l’agriculture et l’artisanat et où le progrès technique est totalement inexistant.

b) Les conditions préalables au démarrage

C’est la phase de transformation et d’évolution des mentalités se traduisant par une volonté de développement.
- développement des moyens de communication et télécommunication
- accroissement de la productivité globale
- industrialisation progressive
- apparition d’une épargne disponible pour les premiers investissements industriels

c) Le démarrage

C’est la phase de décollage, caractérisée par :


- l’apparition de techniques nouvelles
- la révolution politique et économique
- l’amélioration de la productivité agricole
- l’existence de secteurs de croissance élevée ayant un effet d’entraînement sur les autres
- une forte augmentation des investissements
- l’apparition des industries de transformation
- les pouvoirs publics orientent leurs actions vers le développement économique

d) La marche vers la maturité

Phase d’application des techniques modernes à l’ensemble de l’économie. Elle se caractérise par la création
de nouveaux secteurs avec transfert de la population active agricole vers l’industrie et les services.

e) L’ère de la consommation de masse

Il y a une grande importance des produits de consommation et des biens d’équipement durables. Il y a
également prédominance du secteur tertiaire.

II- LA NOTION DE SOUS-DEVELOPPEMENT

1. Définition

Le sous-développement peut être défini comme une situation de blocage du développement économique qui
résulte de l’absence de conditions propices à une transformation des structures économiques, sociales,
culturelles ou institutionnelles.

2. Caractéristiques ou critères du sous-développement


Le sous-développement peut s’analyse à travers différents critères :

a) Les critères humains et sociaux

 le critère humain
Il s’articule autour de l’alimentation. En effet, les carences quantitatives et qualitatives alimentaires, sont
en corrélation fortement positives avec un grand nombre de phénomènes constitutifs du sous-
développement. On a entre autres le taux de mortalité infantile, la brièveté de l’espérance de vie, la
faiblesse de la productivité… De nombreux pays vivent dans la faim et la malnutrition, ce qui provoque
des réactions en chaîne dont le résultat est d’annihiler les possibilités d’actions de l’homme. Des qualités
humaines comme la vivacité, la vitalité, l’aptitude intellectuelle, la volonté de réussir en sont ainsi réduites.
Aussi, la famine chronique interdit aux qui en souffrent de parvenir à un plein épanouissement de leur
possibilités physiques et mentales : elle les condamne à un vieillissement précoce et à une mort
prématurée.
La malnutrition est un facteur favorisant l’extension de nombreuses maladies : paludisme, bilharziose,
rachitisme, goitre…
 les critères sociaux
- la situation sanitaire marquée par une insuffisance des infrastructures sanitaires et un manque de
personnel soignant. Les pays sous-développés sont minés par les grandes endémies (tuberculose,
lèpre, la malaria, le SIDA…).
- Le niveau de vie qui est faible à cause du faible pouvoir d’achat.
- Le niveau de l’emploi ; le chômage est trop fort avec un exode rural accentué.
- L’éducation ; l’analphabétisme est très élevé en particulier chez les adultes. Le taux de scolarisation
est faible surtout chez les jeunes filles.
- La démographie ; les taux de natalité, de fécondité, de mortalité infantile sont très élevés. On a
aussi une faible durée de vie et une population jeune.
- La pauvreté définie par la non couverture des besoins fondamentaux. La majorité de la population
de ces pays vit dans la misère.
- Le blocage culturel ; pour certains sociologues, les coutumes, les croyances, les préceptes et rites
religieux, les habitudes de la vie quotidienne constituent parfois des freins au développement.
- Les inégalités régionales et les inégalités dans la répartition des richesses.
 Les critères politiques
Les pays en voie de développement sont généralement des anciennes colonies, il y existe de ce fait une
situation de subordination économique et diplomatique. On y note une absence d’unité nationale compte
tenu des morcellements ethniques, linguistiques et culturels. Il y persiste aussi une centralisation du
pouvoir (et donc une absence de démocratie et de bonne gouvernance), un non-respect des droits de
l’homme et des libertés (expression, association, syndicat…) malgré quelques efforts plus ou moins
perceptibles.
 Les critères économiques
Si l’observation des nations du tiers monde permet de constater des inégalités humaines et sociales,
l’analyse de leurs résultats économiques laisse apparaître de forts déséquilibres comparativement aux pays
dits développés. On a :
- le PIB par habitant très faible
- faible productivité (taux de croissance faible voir négatif)
- extraversion de l’économie (dépendance accrue de l’économie de l’extérieur)
- niveau d’endettement élevé
- dualisme de l’économie supplanté par un secteur traditionnel
- faible part dans les échanges extérieurs.

III- LES ANALYSES DU SOUS-DEVELOPPEMENT : LES CAUSES

Nombreux sont les auteurs qui essaient de donner une explication au sous-développement. Les différentes
analyses réalisées peuvent être regroupées en deux grandes thèses : la thèse libérale et la thèse tiers-mondiste.

1. La thèse libérale
Pour les libéraux, le sous-développement se manifeste par une inefficacité des structures économiques,
politiques et socioculturelles ; c’est de ce fait un retard dans le processus de développement qui peut être
rattrapé.
Les obstacles au développement sont :
- le manque de capitaux
- le surpeuplement des pays du tiers-monde
- le dualisme des pays sous-développés (manque de communication entre le secteur traditionnel et
le secteur moderne)

2. La thèse tiers-mondiste

Les économistes du tiers monde soutiennent que le sous-développement n’est pas un retard dans le
développement comme le soutiennent les libéraux mais plus un produit du développement qui se justifie par
une intervention plus ou moins directe dans les économies des pays en développement.
Les obstacles de sortie du sous-développement sont :
- contrôle ou tentative de manipulation des centres de décision des économies du tiers monde
- bouleversement puis façonnement des structures des pays sous-développés dans l’intérêt des pays
développés
- appropriation par l’extérieur d’une grande partie du surplus économique des pays sous-développés.

IV- LES STRATEGIES DE DEVELOPPEMENT

Plusieurs stratégies s’offrent aux pays du tiers monde pour amorcer leur développement. Celles-ci portent
généralement sur l’agriculture, l’industrie, l’intégration économique et la réduction de la pauvreté.

1. la stratégie de développement basée sur l’agriculture

L’agriculture participe au développement économique par le biais de ses produits, son marché, ses facteurs de
production (main d’œuvre) et son accumulation de capital.
Cette stratégie porte sur :
- la valorisation du potentiel agricole (développement extensif, travaux d’irrigation, développement
intensif, usage d’engrais chimique…)
- la réforme agraire qui est une modification apportée par la puissance publique aux structures
agricoles
- la révolution verte qui consiste à modifier la technologie agraire (semence, engrais, pesticides…)
et à développer la productivité afin de nourrir la population sans cesse croissante.

2- La stratégie d’industrialisation

Donner la priorité à l’industrie équivaut à emprunter la voie royale du développement. Quatre stratégies sont
envisageables à ce niveau.

a) La stratégie des industries industrialisantes

Elle consiste à rechercher les pôles d’industrialisation dont les effets sur le reste de l’économie sont
importants. Pour les tenants de cette thèse, seules certaines industries sont susceptibles d’assurer la
propagation du processus d’industrialisation à l’ensemble de l’économie. Cette stratégie relève trois
questions :
- quelle production encourager (industrie lourde, chimie, énergie) ?
- quel marché satisfaire ?
- quels sont les acteurs du processus ?
Dans la pratique cette stratégie se heurte à de nombreuses difficultés : rareté de main d’œuvre qualifiée,
endettement financier, coût d’investissement élevé…

b) La stratégie d’industrialisation par substitution aux importations

Elle devrait permettre l’essor d’une industrie nationale tournée vers un marché intérieur protégé. Elle permet
de combler la demande pour les biens à faible intensité capitalistique.
Toutefois elle présente des limites : risque de saturation de la demande, absorption insuffisante de la main
d’œuvre, dépendance financière…

c) La stratégie d’industrialisation par valorisation des exportations

La valorisation des exportations se justifie par la promotion des exportations et la substitution entre les
exportations (produit à forte valeur ajoutée contre produit à faible valeur ajoutée.). Cette stratégie permet une
plus grande utilisation des capacités nationales de production, étend le marché potentiel au-delà des frontières
nationales, entraîne une élévation du niveau technologique de la nation.

d) La stratégie de développement endogène

Le sous-développement étant perçu comme un fruit du développement par les théoriciens tiers-mondistes, les
pays du tiers- monde devraient donc couper « le cordon ombilical » avec les pays du Nord, anciens
colonisateurs et d’amorcer un développement auto-entretenu, autocentré, endogène, autonome à travers une
politique de développement adaptée, basée sur les ressources propres disponibles.

3- La coopération internationale
Le nouvel ordre économique international (NOEI) a pour fondement la souveraineté politique et permanente
des Etats du tiers monde avec le droit de nationalisation, l’indépendance économique, l’équité et la
coopération dans le domaine économique. En effet, les échanges internationaux sont considérés comme un
facteur important de développement (Trade, not Aid comme le préconisait l’administration Clinton.)

4- La réduction de la pauvreté

La pauvreté humaine est le fait d’être privé des possibilités de choix et des opportunités les plus essentielles
au développement humain. La pauvreté humaine s’exprime par :
- une durée de vie brève,
- un déficit d’éducation de base,
- un manque de moyens matériels,
- l’exclusion et une privation de liberté et de dignité.
Les pays du tiers monde doivent donc œuvrer à réduire la pauvreté pour connaître un développement à savoir
vivre longtemps, vivre en bonne santé, vivre dans un milieu de liberté, acquérir des connaissances et un savoir
et pouvoir accéder aux ressources nécessaires pour vivre dans des conditions décentes.

5- L’intégration économique

Elle vise à unir des Etats en vue de la disparition complète des obstacles protectionnistes entre les pays
membres et développer le commerce intra et extra.

Chapitre 3: l’endettement du tiers-monde


-
THEME1: la gestion de l’entreprise
Chapitre 1: Définition et Mode d’analyse de l’entreprise
INTRODUCTION

La fonction personnel a connu plusieurs mutations dues essentiellement à l'apparition de


différentes formes d'organisations du travail et d'administration du personnel. Dans ce chapitre, nous
montrerons les attributions de la fonction personnel, ensuite parlerons de la gestion de l'emploi, et enfin
de l’évolution de la fonction personnel.

1. ATTRIBUTIONS DE LA FONCTION PERSONNEL


1.1. Rôle de la direction du personnel
Les services du personnel ont connu d'importantes transformations opérées à plusieurs niveaux
(économiques, juridique, psychologiques) qui ont influé sur les rapports du personnel et son
environnement immédiat.

1.1.1. Partage de l'attribution avec la hiérarchie

Ce partage s'observe à plusieurs niveaux :


– La hiérarchie doit conserver la responsabilité des relations directes avec le personnel
conformément au principe de l'unité de commandement et du fait de son contact permanent avec
les subordonnés.
– Les services du personnel assurent la majeure partie des attributions dans le domaine de
l’administration du personnel.
– La hiérarchie est compétente pour les décisions concernant la gestion des personnes.

1.1.2. Rapports des services du personnel avec l'encadrement


Les services du personnel ont trois rôles à l'égard de l'encadrement hiérarchique :
– Conseil : il donne des conseils notamment juridiques et assiste la hiérarchie dans l'analyse de
tous les problèmes de gestion (absentéisme, retard, démission, accident de travail, conflits, ...)
– Prestataire de services : il décharge la hiérarchie de toutes les décisions administratives relatives
à la gestion du personnel en mettant en places les procédures administratives du personnel, les
préparations du recrutement et de la formation.
– Fonctionnel : il élabore des procédures, rédigent des consignes obligatoires pour tous les autres
services de l'entreprise.

1.1.3. Rapports avec la direction générale

La définition de la politique sociale est l'une des attributions de la direction générale, à son égard la
direction du personnel entretient deux types de relations :
– La direction du personnel intervient dans la préparation (fonction conseil) et l'application
(fonction hiérarchique) de la politique sociale.
– Elle donne également son avis au niveau juridique et social lors des conseils de direction.

1.2. Place de la direction du personnel


La fonction personnel, même-si elle n'est pas indépendante, s'exerce dans une certaine
autonomie.
1.2.1. Rattachement à la direction générale
Dans les petites entreprises, les problèmes du personnel relèvent directement de la direction
générale. Pour les problèmes de gestion courante, elle est assistée soit par les services administratifs,
comptables ou par un service du personnel spécialisé.

1.2.2. Autonomie de la fonction du personnel.


Dès que l'entreprise atteint une dimension importante, les problèmes relatifs au personnel sont
confiés à la direction du personnel ou direction des ressources humaines.

1.2.3. Eclatement des services

Dans les firmes à établissements multiples, chaque département comprend son propre service
du personnel qui dépend :
– Hiérarchiquement du chef de l'établissement
– Fonctionnellement du directeur du personnel du siège social.

1.3. Organisation interne de la direction du personnel


Elle passe par la création de divers services spécialisés selon la dimension de l'entreprise.

1.3.1. Service d'embauche


Il est chargé de réaliser les opérations de prospection et de sélection du personnel (recherche de
candidature, réalisation des tests d'embauche, ...)

1.3.2. Service de paie


Il élabore les bulletins de paie et tient à jour le fichier du personnel. Il collecte les documents
nécessaires au calcul de la paie (Bons de travail, fiches de pointage, certificats médicaux,...)

1.3.3. Service de sécurité


Il est chargé de prévenir les risques dans l'entreprise, et cela de trois façons :
– Actions psychologiques : qui consistent à éveiller la conscience des risques et à amener le
personnel à acquérir des comportements favorables à la sécurité de l'entreprise.
– Actions administratives : qui consistent à établir des procédures et des consignes de sécurité
obligatoires et à élaborer des plans de secours.
– Action matérielle :qui consiste à acquérir des équipements de sécurité (coupe-circuit,
dispositif d'arrosage en cas d'incendie, casques, lunettes habits spéciaux,...)

1.3.4. Service médical


Il est dirigé par un médecin du travail dont le rôle est essentiellement préventif :
– Réalisation des examens médicaux
– Administration de soins de premières nécessités

1.3.5. Service social


Il est dirigé par un conseillé du travail ou un(e) assistant(e) social(e) qui assure le
fonctionnement des activités sociales et culturelles de l'entreprise.
1.3.6. Service de la formation
Il définit les programmes de formation, les réalise et établit à la fin de l'année un bilan de la
formation dans l'entreprise.

1.3.7. Service des relations humaines


Il est chargé des relations avec les organes représentatifs du personnel (délégués du personnel,
délégués syndicaux) afin de répondre à leur revendications. Il fait donc le bilan social.

2. Gestion de l'emploi
2.1. Analyse de l’existant
L’analyse de l’effectif est effectuée d’un point de vue dynamique (études des arrivées et départs)
et d’un point de vue statique (description de la structure par âge, sexe, ancienneté, qualification...).
La fonction personnelle définit aussi le profil de chaque poste :
– Un poste correspondant à l’ensemble des tâches qu’effectue en permanence une seule
personne.
– L’analyse de poste précise, pour chaque poste, les objectifs ou missions de la personne
concernée, ses principales responsabilités et sa place dans l’organigramme de l’entreprise.

2.2. Gestion prévisionnelle des emplois


Elle est la planification à moyen et long terme de l’évolution qualitative et quantitative des
effectifs. Elle permet, par exemple, de s’interroger sur les besoins de recrutement ou de formation
interne.

2.3. Recrutement
Lorsque les besoins de l'entreprise sont identifiés et les postes à pourvoir définis, l'on élabore un
programme de recrutement ou de dotation permettant de choisir les meilleurs personnes parmi les
candidats disponibles.

2.3.1. Définition
C’est l’opération par laquelle une entreprise satisfait ses besoins en personnel.

2.3.2. Sources du recrutement


2.3.2.1. Recrutement interne
Il consiste à promouvoir un employé de l'entreprise ou à intégrer un stagiaire.

Avantages
– moins couteux pour l'entreprise
– adaptation rapide au poste
– c'est un facteur de motivation pour le promu
Inconvénients
– problèmes de personnes (jalousie ; insoumission,...)
– stabilité dans le système de direction
– danger de sclérose de l'entreprise (l'entreprise ne bénéficie pas de compétences nouvelles)
2.3.2.2. Recrutement externe
C'est l'embauche de nouveaux collaborateurs venant du marché de l'emploi.

Avantages
– recours à des compétences nouvelles
– facteur de dynamisme
– rééquilibrage de l'effectif pour remplacer les départs.
Inconvénients
– intégration difficile
– coût souvent élevé

2.3.3. Etapes du processus de recrutement


Le recrutement se fait .selon les étapes suivantes :

2.4. l'affectation du personnel


C'est lorsque le nouveau personnel est orienté vers le service demandeur.

2.4.1. Méthodes d'affectation

– L'utilisation des profils individuels : Il s'agit de détecter les individus susceptibles d'être
affecter à l'endroit considéré.
– L'utilisation des plans de carrières : Il s'agit de gérer la carrière des individus notamment en
accordant la promotion, en proposant la formation nécessaire, en accordant des primes. Cette
méthode concerne plusieurs travailleurs à la fois.
– L'établissement de l'état des vacances d'emplois : Il consiste à prévoir les départs, les
démissions,... afin de les remplacer le moment venu. Le personnel est informé de l'état des
vacances d'emplois afin de susciter des candidatures.
– L'utilisation de l'organigramme prévisionnel : Il consiste à mettre en place un organigramme
dans lequel l'entreprise envisage des mutations et des promotions.

2.4.2. Cas d'affectation

– La mutation : c'est un simple changement de poste sans évolution du niveau hiérarchique, ni de


la qualification. Elle se fait à la demande du salarié (demande de mutation) ou de l'entreprise
(mutation pour nécessité de service). On parle alors dans ce cas de mutation d'office qui
sanctionne un comportement fautif de l'employé.
– La promotion : c'est l'accession du travailleur à un emploi d'un niveau de qualification supérieur
et mieux rémunéré. Cette politique a pour but la gestion de carrière des employés, ce qui conduit
à procéder à des bilans de compétence, des entretiens d'évaluation.
– Le reclassement : c'est un changement d'emploi lié à la disparition pour des raisons
économiques du poste précédent occupé ou lié à l'inaptitude de l'employé à conserver le poste.

2.5. Rémunération
C'est la contrepartie monétaire du service rendu ou du travail fourni par le travailleur au sein de
l'entreprise.

2.5.1. Différents aspects du salaire

– Du point de vue juridique : Le salaire est dû en échange de la prestation de travail. C'est donc
le prix du travail fourni.
– Du point de vue social : Il constitue le revenu unique ou essentiel du travailleur. C'est la
source principale de satisfaction des besoins personnels et familiaux.
– Du point de vue économique : Il représente pour l'employeur une charge rentrant dans le
calcul des coûts de revient.

2.5.2. Facteurs déterminant la rémunération

– Le niveau de qualification des employés


– Le degré de difficulté de certaines tâches et de compétence requise
– L'ancienneté des employés
– Des rémunérations versées par d'autres entreprises du pays pour les mêmes tâches
– Les capacités financières de l'entreprise
– Les effectifs de travail.

2.5.3. Formes de rémunération

– La rémunération au temps : L'employé reçoit une rémunération proportionnellement au


temps de travail effectué selon une périodicité (mois, trimestre, année…).
– La rémunération au rendement : L’employé est payé par unité de produit ou de ventes
sans tenir compte du temps de travail.
– La rémunération mixte : Elle comprend une rémunération au temps constituant un minimum
garanti et une rémunération au rendement qui s'ajoute à la précédente qui est une incitation à
l’amélioration de la production, de la productivité, des ventes, et de la qualité.

2.5.4. Paiement du salaire

– La périodicité : La rémunération doit être payée au moins une fois par mois et de façon
régulière excepté les rémunérations exclus de la mensualisation.
– Le bulletin de paie : L'employeur doit lors du paiement, remettre à l’employé un bulletin de paie
lui permettant de contrôler le mode de calcul de sa rémunération. Il est établit sur la base des
fiches de pointage et de bons de travail.

2.5.5. Protection du salaire

– Protection du salaire contre son paiement à toutes créances


– L'institution du salaire minimum garanti (SMIG)
– La création de revenu de remplacement en cas d'interruption du travail pour cas de force
majeure (maladie, accident de travail, chômage)
– Retraite pour accroissement de besoins familiaux(cotisation retraite)

2.6. Formation
2.6.1. Définition
La formation est l’acquisition d’un ensemble de savoirs, savoir-faire et savoir-être que tout
individu doit posséder dans sa vie pour pouvoir exercer une activité professionnelle correctement.

2.6.2. Objectifs
La politique de formation vise à :
– Satisfaire, intégrer et motiver les travailleurs dont les niveaux d’aspiration se sont élevés au fil
du temps (objectif social)
– Améliorer la production et la créativité du travailleur afin de maintenir ou d’améliorer la
compétitivité de l’entreprise (objectif économique)
– Adapter les travailleurs aux évolutions des techniques des modes d’organisation (objectif
technique)
En définitive, ces objectifs permettent aux travailleurs d’acquérir un stock de capital humain et
à l’entreprise d’améliorer sa productivité et sa compétitivité.

2.6.3. Différentes modalités de la formation


La formation peut intervenir lors de l’embauche ou en cours de carrière. Dans le premier cas,
l’on parle de formation initiale, dans le second cas de formation continue. (Voir tableau)

Formation initiale Formation continue

– Apprentissage – Entretien des connaissances professionnelles


–Changement de métier
– Formation en alternance avec – Perfectionnement
l’école – adaptation aux nouveaux outils, procédés,
méthodes
–Stage pour étudiants

–Adaptation aux particularités du


métier de l’entreprise

2.6.4. Plan de formation


Le plan de formation est basé sur la détermination des besoins qui sert à définir le contenu et
les méthodes de formation.
 Les actions de formation (programmes)
 Les personnels concernés
 Les moyens matériels et humains
 Le budget prévisionnel
 Le calendrier des actions
 Il obéit à des obligations légales (droit individuel à la formation, obligation de financement de
l’entreprise)
 La formation peut être interne ou externe à l’entreprise.
2.7. Promotion

2.7.1. Définition
C’est le passage d’un poste de niveau hiérarchique inférieur à un poste de niveau hiérarchique
supérieur.

2.7.2. Formes de promotion


On distingue plusieurs types de promotion :
– La promotion dans la catégorie ou promotion professionnelle : Le travailleur est maintenu
dans son poste de travail, ses activités professionnelles sont élargies (promotion horizontale)
– La promotion de catégorie ou promotion hiérarchique : Le travailleur change de poste de
travail avec un niveau hiérarchiquement supérieur (promotion verticale)
– La promotion de salaire : Le travailleur bénéficie d’une augmentation de sa rémunération
– La promotion collective : C’est une augmentation de rémunération dont bénéficie tout le
personnel de l’entreprise.

2.7.3. Politiques de promotion


Dans la pratique, les entreprises ont recours à la promotion soit au cas par cas, soit de façon
organisée et planifiée.
– La promotion au cas par cas ou coup par coup : La promotion se fait selon les besoins. Ce qui
donne une grande souplesse dans la gestion du personnel mais peut être décourageant pour les
salariés qui manquent de perspectives de carrière.
– La promotion organisée et planifiée : On peut proposer à l’avance au salarié un plan de carrière
ou un parcours indicatif de carrière, ce qui est motivant. Ici l’entreprise perd sa souplesse d’action
et n’est pas sûre de pouvoir tenir ses engagements en cas de difficultés.

2.7.4. Reclassement
C’est un changement d’emploi dû à la disparition pour cause économique du poste
précédemment occupé ou dû à l’inaptitude de l’employé à conserver son poste.

2.8. Gestion des carrières ou des compétences


La gestion des carrières consiste à prendre en compte à la fois pour le présent et pour l’avenir les
besoins de l’entreprise et ceux exprimés par chaque travailleur par rapport à l’affectation à un poste.
Une carrière dans l’entreprise représente donc une succession d’affectation à des postes de niveau
de plus en plus supérieur. Ce qui implique un système d’appréciation permettant d’orienter la gestion
prévisionnelle de l’emploi (GPE). L’outil utilisé est le système d’évaluation du personnel. Il comporte
plusieurs méthodes dont les plus utilisées sont l’entretien annuel d’évaluation et le bilan de compétence.
La gestion des carrières consiste à assurer la mutation, la promotion et la formation des
travailleurs de l’entreprise

3. Evolution de la fonction personnelle


La gestion des ressources humaines (GRH) est devenue une fonction importante dans
l’entreprise. Son évolution a concerné successivement l’administration du personnel puis la gestion du
personnel et enfin la gestion des ressources humaines.
3.1. Administration du personnel
Elle consistait à appliquer des règles préétablies et à confier la gestion du personnel
à des "anciens militaires" pour leur poigne, discipline et rigueur. Ainsi donc, tout
manquement à la discipline collective était l’objet de sanctions sans autre forme de
procédures. Comme on le voit, l’administration du personnel s’est caractérisée par une
rigidité qui a fait dire qu’elle est statique.
Elle a concerné pour l’essentiel :
– La gestion des dossiers administratifs (fiche de salaire, contrat d’embauche etc.)
– L’application des dispositions légales et conventionnelles (code du travail,
relation avec la sécurité sociale)
– La paie

3.2. Gestion du personnel


Le contenu de l’administration du personnel a évolué dans le sens d’une meilleure
gestion du personnel en intégrant de nouvelles missions à la fonction qui vont au-delà
d’une simple administration du personnel. Cette gestion consiste donc à élaborer des
politiques qui permettent de gérer les relations avec les travailleurs et qui sont appliqués
de manière systématique dans l’entreprise : Recrutement, Rémunération, Promotion,
Gestion des effectifs etc.

3.3. Gestion des ressources humaines (GRH)


Dans cette nouvelle approche, il s’agit de ne plus considérer l’homme au travail
comme un simple facteur de production qu’il suffit de gérer et de rémunérer, mais comme
un individu ayant besoin de trouver un sens à son travail et de s’y réaliser.
La GRH doit dès lors tenir compte des aspirations intellectuelles et
psychosociologiques du personnel. Mc Gregor parle alors de la prise en compte de la
"dimension humaine" du personnel. .

3.4. Facteurs d’évolution de la fonction personnelle


– L’idéologie socialiste
– Les politiciens de gauche
– Les facteurs économiques (accroissement de la demande par exemple)
– Les facteurs techniques (mutation technologique)
– Les facteurs psychosociologiques (évolution des aspirations dans les sociétés)
– Les facteurs sociaux (grève)
– Les facteurs institutionnels (lois, règlements, choix idéologique)
THEME 2: LA STRATEGIE
CHAPITRE I: ANALYSE SYSTÉMIQUE DE L’ENTREPRISE

Derrière la définition de l’entreprise se cache une multitude d’entités qui n’ont parfois rien en commun.
Comment en effet mettre en parallèle l’activité d’un artisan individuel travaillant essentiellement dans
un environnement géographique restreint avec une société comme SOLIBRA réalisant plus des
centaines de milliards de FCFA de chiffre d’affaire, présent dans le pays tout entier et employant des
dizaines de milliers de salariés ?
L’intérêt de l’analyse systémique de l’entreprise réside dans le fait que malgré leurs différences, toutes
les entreprises peuvent être représentées selon le Principe d’un système.

I- APPROCHE SYSTEME DE L’ENTREPRISE

1. La notion de système

Un système est un ensemble d’éléments en interaction et organisés pour atteindre un objectif commun.
Cinq caractéristiques peuvent être repérées pour identifier tout système:
- 1-des éléments différents et interdépendants
- 2-une frontière
- 3-un environnement
- 4-un objectif
- 5-des processus de régulation (rétroaction) pour piloter et maintenir le système en son état.
-
Schéma général d’un système

(2)

(4) (1)

(3)

(5)

2. L’entreprise- système

L’approche systémique de l’entreprise consiste à considérer l’entreprise comme étant un système et


l’étudier comme ayant les caractéristiques d’un système. Si l’on applique alors cette démarche système
à l’entreprise, il ressort que:
- les éléments différenciés sont les fonctions et les services de l’entreprise
- la frontière est la structure de l’entreprise
- l’environnement est l’ensemble des partenaires obligés de l’entreprise
- l’objectif est la recherche de profit et la survie de l’entreprise à long terme
- les processus de régulation sont les décisions et les actions de pilotage
Schéma de l’entreprise système

Objectif

Direction générale production Fournisseurs


Etat
Régulation vente Clients
Banques
Finance Syndicats
Concurrents
Administration

II- CARACTERISTIQUES DE L’ENTREPRISE EN TANT QUE SYSTEME

A travers cette approche système, l’entreprise devient un système complexe, concret, organisé, finalisé,
ouvert et dynamique.

1. L’entreprise, système complexe

L’entreprise est un système complexe compte tenu de ses composants qui sont soit de nature concrète
(système concret) soit de nature abstraite. En terme concret l’entreprise peut être décomposée en deux
sous-systèmes : celui des personnes et celui des ressources techniques. En terme abstrait on parlera des
sous-systèmes politiques, de travail et de valeur.
Le problème est qu’une fois un système décrit en termes de composants, il est souvent difficile
d’inventorier ses fonctions qui ont toutes chances d’être multiples et variées.

2. L’entreprise, système organisé

Cela revient à dire que l’entreprise est dotée d’une structure de fonctionnement permettant d’assurer la
coordination des éléments du système.

3. L’entreprise, système finalisé

L’entreprise a une finalité et des objectifs qui lui sont propres. L’objectif de l’entreprise est de réaliser
un maximum de profit et de lutter pour sa survie d’où la nécessité de la mise en œuvre d’une stratégie.

4. L’entreprise, système ouvert

L’entreprise est en relation constante avec son environnement dans lequel elle puise les éléments
nécessaire à son fonctionnement. Inversement, l’environnement reçoit d’elle les résultats (produits,
services…) et les résidus (déchets, polluants…) de son activité.

5. L’entreprise, système dynamique

C’est dire que l’entreprise est en constante évolution, du fait entre autre des modifications de son
environnement.

III- LES MODES DE REGULATION DU SYSTEME

Il existe différents modes de régulation de l’entreprise en tant que système. Et à cet effet elle est aussi
considérée comme un système régulé.

1. La régulation par anticipation

Elle permet d’éviter les inadaptations du système à son milieu. Cette régulation intervient lorsque des
perturbations proviennent de l’environnement de l’entreprise et où sans réaction l’entreprise ne pourra
plus atteindre ses objectifs.

2. La régulation par alerte

Elle consiste à attendre que des perturbations externes ou internes aient une incidence sur le
fonctionnement de l’entreprise avant de réagir.

3. La régulation par erreur

Elle consiste à rechercher les raisons d’un écart entre les résultats obtenus et les objectifs fixés afin d’y
apporter des corrections de façon à se rapprocher des objectifs.
4. L’autorégulation

Elle consiste à laisser le système se réguler lui-même.

II LE SYSTÈME D’INFORMATION

A une époque où l’environnement des entreprises était stable, les chefs d’entreprise avaient des choix
relativement simples à effectuer, mais les récentes modifications de l’environnement rendent ceux-ci
plus incertains et plus complexes sous le double effet de l’instabilité des marchés et de la plus forte
pression de la concurrence. Dès lors, l’information devient un outil essentiel à la prise de décision.

I- NATURE ET DIVERSITE DE L’INFORMATION

1. Définition de l’information

Le mot “information” vient du latin informare, “mettre en forme”. Ce terme recouvre deux réalités
différentes. D’un point de vue technique, il désigne n’importe quel élément ou signe qui peut être
transmis ou stocké. Mais cet élément technique ne présente un intérêt pour les utilisateurs qu’à partir du
moment où l’information a une signification, un contenu sémantique. En ce sens, l’information est un
message, un savoir, une connaissance qui se transmet.

2. Les besoins en information de l’entreprise

Avant de prendre une décision, les gestionnaires doivent recueillir des informations relevant de
différents domaines ou services.
La recherche d’information vise à anticiper les différentes évolutions auxquelles l’entreprise doit faire
face. Le besoin en information concerne donc,
- soit des informations quantitatives d’un secteur d’activités visant, par exemple, le
taux de croissance du marché, l’évolution de la structure productive ou de la
distribution, ou les variations chiffrées de la demande…
- soit des informations qualitatives qui concernent les mutations technologiques, les
évolutions du comportement d’achat des consommateurs, etc.
II- LES SOURCES D’INFORMATION

Il est possible de distinguer les informations selon leur origine ( interne ou externe).

1. Les sources internes

Il s’agit d’informations qui proviennent de l’entreprise elle-même. Les principales sources internes
peuvent être classées de la façon suivante :
- les fichiers de l’entreprise, renseignent sur l’activité de ses différents services (comptabilité,
gestion des commandes, suivi des clients, etc.)
- les statistiques, permettent de comparer les évolutions constatées sur différentes périodes
(statistiques de vente, nombre d’accidents de travail…)
- l’organigramme, représente la distribution et le partage des tâches au sein des différents
services de l’entreprise
- le règlement intérieur et les manuels de procédures, concernent tant les règles internes du
fonctionnement de l’entreprise que les méthodes et pratiques concernant les
approvisionnements, la production, les usages commerciaux, la gestion de la trésorerie, la
gestion des ressources humaines, etc.

2. Les sources externes

Il s’agit des informations qui proviennent de l’environnement de l’entreprise. Les sources externes sont
variées et donc l’entreprise peut se procurer des informations auprès de :
- Organismes publics officiels
- Organismes professionnels
- Quotidiens et magazines

III- LES MODES DE TRANSMISSION DE L’INFORMATION : LA COMMUNICATION

Communiquer, c’est divulguer, transmettre, faire connaître une information à quelqu’un dans le but de
mettre en relation un émetteur et un récepteur. Ainsi, la communication désigne la totalité des flux
d’informations qui naissent soit entre l’entreprise et son environnement, soit à l’intérieur même de
l’entreprise.
Pour fonctionner, un système de communication implique la rencontre d’un certain nombre d’éléments.
1. Les éléments nécessaires à une communication

Pour transmettre des informations, il faut qu’un certain nombre d’éléments et de conditions soient réunis.
a) Une source (ou émetteur) identifiée
Il s’agit d’une entité (personne, entreprise, organisme…) à l’origine du message. L’important dans la
procédure de communication est que la source soit identifiée par le récepteur

b) Un codage
Il est important de donner un sens clair et compréhensible à l’information transmise. Le codage est donc
la transcription d’information sous forme de signes déchiffrables par le destinataire.
c) Les canaux de transmission
Ils représentent les courroies de transmission par lesquelles transitent les messages. Ces canaux sont soit
internes ou externes, soit personnels ou impersonnels.
 Les canaux internes sont les moyens matériels de l’entreprise tels que l’intranet, le service
“courrier interne”, la note de service, l’affichage…
 Les canaux externes sont les procédés de communication qui n’appartiennent pas à l’entreprise,
tels que l’internet, les services postaux, le téléphone, etc.
 Les canaux personnels sont soit internes (représentants, directeurs d’un service, etc), soit
externes (clients, distributeurs, etc.)
 Les canaux impersonnels sont soit internes (communication média ou hors média), soit externes
(articles de presse…).
d) Le décodage
Il est le fait du récepteur qui va décoder le message de l’entreprise, en fonction de ses aptitudes à lire,
écouter et comprendre. Par ailleurs, il y a lieu de noter que des immodérations ou des parasites, que l’on
appelle “rumeurs”, peuvent survenir entre le moment où l’émetteur conçoit le message et le moment où
le récepteur le reçoit et l’interprète.

e) Le récepteur
C’est celui auquel l’émetteur destine le message qu’il a conçu et réalisé. Le but de l’émetteur est que
son message soit reçu par celui auquel il le destine. Or ce n’est pas toujours le cas.

f) La rétroaction (ou feed-back)


La rétroaction est la réaction normalement engendrée chez le récepteur par la diffusion d’un message :
si un tel phénomène ne se produit pas, c’est que la communication a échoué.

2. Les types de communication en entreprise


Les différents types de communication coexistant dans l’entreprise peuvent être distingués en fonction
de plusieurs critères :

a) Communication interne et communication externe

 Communication interne, c’est la gestion du flux d’information à l’intérieur de l’entreprise.


L’enjeu pour l’entreprise est de canaliser ces informations, de les traiter, de façon à les diriger
vers leurs utilisateurs. Aussi, la communication interne vise à réduire les dysfonctionnements
éventuels entre les acteurs de l’entreprise, donc à favoriser un bon climat social.
 Communication externe, c’est la communication qui est dirigée vers l’ensemble des partenaires
qui ne font pas partie intégrante de l’entreprise. Elle est souvent associée aux actions de
communication média et de communication hors média.

b) Communication descendante, ascendante et latérale

Cette typologie est plus particulièrement valable pour la communication interne.


 Communication verticale : une communication est dite verticale lorsqu’elle emprunte la voie
hiérarchique. Elle est dite descendante lorsque les informations sont échangées d’un niveau
supérieur à un niveau inférieur de la hiérarchie. Elle est dite ascendante lorsque le cheminement
des informations est inverse, c’est-à-dire d’un niveau inférieur vers un niveau supérieur.
 Communication latérale ou horizontale : elle concerne les informations échangées entre des
personnes occupant des postes différents ou appartenant à des services distincts mais de même
niveau hiérarchique.

c) Communication formelle et communication informelle

 Communication formelle, c’est l’ensemble des actions organisées qui mettent en œuvre deux
types d’outils, les actions média et les actions hors médias. Ces actions sont généralement
prévues et budgétisées dans le plan de communications.
 Communication informelle, elle est verbale ou non verbale et se fait par des échanges
d’informations entre personnes, par les perceptions que certains acteurs ont de l’action d’autres
acteurs. C’est donc une communication spontanée, naturelle et quotidienne.

3. Les moyens de communication de l’entreprise


a) Les moyens de communication internes
 Les documents de l’entreprise :
- les statuts des sociétés et les rapports de conseils d’administration qui sont des documents
répondant à des exigences légales.
- La note de service, les rapports, les tableaux d’affichage, le journal d’entreprise ou la revue
de presse ; sont des documents qui traduisent les volontés et les procédures de l’entreprise.
 Les autres moyens : on a les moyens liés à la communication verbale et non verbale (stages,
séminaires, formation, boite à idées, compétition sportives, jeux-concours…) et les moyens
audiovisuel et l’introduction de nouvelles technologies de la communication (internet).
 La gestion de la communication par les dirigeants (les conférences de presse, les assemblées
générales d’actionnaires et les points de presse).

b) Les moyens de la communication externe


Les entreprises se servent souvent de documents pour communiquer à leurs partenaires extérieurs des
informations sur leur activité. Elles ont ainsi recours à différents supports :
- les petites annonces
- les bons de commandes
- les factures
- etc.
A ces supports, on ajoute les moyens de communication média et hors média.

IV- LE ROLE DE L’INFORMATION

Les principaux rôles de l’information sont :

1. Support des processus de gestion ou de management

Le traitement des commandes, la tenue d'une comptabilité, la programmation d'une action, etc.
nécessitent que l'on dispose d'informations.
Enorme évolution dans ce domaine avec les technologies informatiques, les réseaux.

2. Instrument de communication

L'échange d'informations est nécessaire pour la réalisation de nombreuses activités.


La technologie a également beaucoup fait évoluer cet aspect.
Penser :- aux bases de données
- aux systèmes de messagerie et courrier électronique
- aux réseaux (Internet bien sûr, mais aussi les intranets d'entreprise, ...)

3. Support de connaissance individuelle

On pourrait résumer ainsi ce rôle : « la capacité cognitive des organisations est aussi celle des individus
qui en font partie ».

4. Instrument de liaison avec l’environnement

Sur ce plan, on ne peut nier l'intérêt de l'information. De même, une information de qualité aura un effet
positif sur le climat social au sein des organisations.
L'information est un facteur de motivation, d'intérêt, de cohésion sociale.

V- LA GESTION DE L’INFORMATION : LE SYSTEME D’INFORMATION

1. Définition
L’ensemble des moyens mis en œuvre pour gérer l’information au niveau de toute organisation constitue
le système d’information.
L'information est un élément stratégique pour l'entreprise (et de plus en plus).
Le système d'information a pour intérêt (ou doit permettre) :
- une meilleure connaissance possible de l'entreprise elle-même.
- la "veille technologique" (ou "système d'information stratégique", par opposition au "système
d'information de gestion"). Toute une structure doit être mise en place à ce niveau.

2. Les fonctions du système d’information


Les fonctions du système d’information se résument à l’alimentation du système, à la mémorisation, au
traitement et à la restitution de l’information.
 Alimentation du système (collecter ou capter)
Cela suppose :
- savoir écouter
- savoir entendre
- savoir saisir
- savoir classer, codifier, condenser
 Mémorisation
Le système d'information (+ ou - sophistiqué) doit être en mesure de fixer l'information
sur des supports adaptés, de la stocker.
Au niveau technique, de nombreuses possibilités existent:
- classiques (papier, ...)
- informatiques (disques, disquettes, bandes, cartouches, ...)
- films et microfilms
- ...
A la base, on trouve de nombreux fichiers, et qui sont souvent interconnectés et en
relation.
 Le traitement
Calculs, tris, classements, modifications, ajouts, suppressions, ... sont des opérations
classiques à effectuer.
 La restitution
L'information n'a pas d'intérêt pour elle-même. Elle sera utile aux utilisateurs réels ou
potentiels .Elle est ascendante, descendante ou latérale.
Elle doit (si utile) répondre aux critères de sécurité et de confidentialité.
En résumé les fonctions classiques seront les suivantes :
- collecte
- saisie
- traitement
- stockage
- diffusion

3. Les qualités du système d’information


Les informations recueillies doivent répondre aux besoins du système de décision. Elles doivent
avoir des qualités attendues.
3-1 La pertinence de l’information
Le systèmwe d’information peut comporter une surabondance d’informations. Ex : longueur
des listings inexploités.
Pour cela, le S.I. doit donc comporter des filtres pour distinguer les bonnes informations des
mauvaises et ne retenir que les informations pertinentes.
NB : Une information n’est pertinente que lorsqu’elle constitue un facteur de choix ;
améliore la qualité des décisions ; pose un problème nouveau ; ouvre des opportunités.
3-2 La finalité de l’information
Pour fonder une décision correcte, il faut que l’information soit fiable, c’est-à-dire conforme à
la réalité. L’information doit être toujours une représentation fidèle du réel.

3-3 La rapidité de l’information


L’information est une denrée périssable. (Ex : Les scoops)
La valeur de l’information, pour l’entreprise dépend donc beaucoup des délais de collecte, de
transmission, de traitement et d’utilisation des données. Un journal de plus de 4 ans coûte plus
cher que le journal du jour.
Une information trop tardive c’est-à-dire « hors délais » non seulement n’a pas de valeur, mais
entraîne des coûts plus ou moins importants. Ex: Perte de recettes ou de clients dans le cas d’une
commande non traitée dans les délais.

3-4 Confidentialité de l’information


Une information n’a de valeur que si elle est rare.
Les règles déontologiques imposent de ne pas divulguer certaines informations concernant des
tiers.
Le système d’information doit garantir la confidentialité des informations en limitant le nombre
de personnes pouvant accéder aux fichiers.
3-5 Valeur d’une information
Une information n’a de valeur que lorsque son contenu est sélectif (volume d’informations
que contient le message) ; un contenu structurel (il représente le degré de synthèse de
l’information) et un contenu métrique (il est équivalent au degré de précision de
l’information.)
NB : L’acquisition d’une information n’a d’intérêt que dans la mesure où sa valeur est
supérieure à son coût.
La valeur d’une information repose sur l’utilisation qui en est faite.
Exemple : Une étude de marché permet de réduire l’incertitude quant à la demande potentielle
d’un produit, peut entraîner de profondes modifications du programme de production, et faire
économiser à l’entreprise les coûts liés, par exemple, aux produits invendus.
VI- LE PILOTAGE DE L’ENTREPRISE

1- Définition

Piloter: c’est assigner des objectifs à l’entreprise et mettre en œuvre les moyens afin de les
atteindre
2- Différents types de pilotage

- Le pilotage charismatique, défini par WEBER, ici, c’est le chef qui pense la vie et la
politique de l’entreprise.

- Le pilotage bureaucratique: l’autorité tire sa légitimité de la loi.

- Le pilotage participatif ou coopératif: c’est la méthode qui est basée sur la


participation de tous et pour laquelle il est fait appel à l’initiative des uns et des autres.

- Le pilotage technocratique: le pouvoir est fondé sur le haut niveau de compétence


technique c'est-à-dire que les dirigeants doivent être des experts en certaines matières
de pointe et avoir des capacités de synthèse. Ici, les décisions les plus importantes sont
prises par les technocrates.

- Le pilotage autocratique: le Principe consiste pour le chef de décider seul sans


concertation et de diffuser ensuite les informations à son gré.
CHAPITRE 2: LES CHOIX STRATÉGIQUES

Les choix stratégiques sont soit effectués au niveau d’un domaine d’activité stratégique soit au niveau
global. Ainsi, différents types de stratégies s’offrent aux entreprises.

I- LES STRATEGIES GENERIQUES

1. La stratégie de différenciation

Cette stratégie consiste pour une entreprise à donner à son offre une spécificité différente de celle de ses
concurrents.

2. La stratégie de domination par les coûts

L'objectif de l'entreprise est de minimiser ses coûts complets. Cet avantage de coût lui permettra de
pratiquer une politique de prix adaptée à l'intensité de la concurrence et à la position de l'entreprise.
Les stratégies de domination par les coûts sont des stratégies de volume. L'entreprise recherchera la
part de marché la plus importante. Cette stratégie est adaptée aux domaines d'activité où la
différenciation des produits est faible et où la concurrence se fait sur les prix.
Les risques sont de plusieurs ordres : nécessité d'utiliser des moyens techniques importants, concurrents
qui bénéficient des effets d'expérience, guerre des prix, apparition de produits de substitution...

3. La stratégie de focalisation ou de concentration

Dans ce type de stratégie l'entreprise se concentre sur un segment du marché où sa rentabilité sera plus
forte que celle de ses concurrents présents sur l'ensemble des segments. On parle également de stratégie
de niche.
La stratégie de focalisation ou de concentration est adaptée aux PME, elle n'a pas d'effet de taille.

4. la stratégie de spécialisation

Elle consiste, pour l'entreprise, en la concentration de ses efforts sur un domaine d'activité dans le but
de dégager des avantages concurrentiels.
Intérêts: Maîtrise d'un métier et limitation des risques.
Limite: Rigidité de l'organisation, de la production. Moindre réactivité. En cas de variation de la
demande, risque de disparition. Substitution.
5. La stratégie de diversification

La diversification repose sur l'acquisition et l'utilisation de nouveaux savoir-faire dans d'autres domaines
d'activités.
Intérêts: Nouvelles sources d'innovation. Permet de saisir de nouvelles opportunités. Utiliser ses
compétences dans d'autres domaines d'activité et rechercher de nouvelles compétences. Recherche de
gains de synergie. Diminution du risque qui est réparti. Réalisation d'économies d'apprentissage.
Flexibilité stratégique.
Limite : Incertitude et complexité croissante de l'environnement et des technologies. Choix d'un mauvais
secteur. Diminution de la rentabilité de l'entreprise.

6. Dégagement et recentrage

Une stratégie de dégagement(ou désengagement ou désinvestissement stratégique) est une manœuvre


qui consiste à abandonner un domaine d'activité.
Une stratégie de recentrage consiste pour une entreprise, après une opération de diversification, à revenir
à son métier d'origine.
Intérêts :
Lorsque l'entreprise ne dispose pas d'avantage concurrentiel. Activité située en fin de cycle. Équilibre
du portefeuille. Besoin de financer une autre activité. Recentrage sur le métier de l'entreprise (stratégie
de recentrage).
Limite :
Existence de barrières à la sortie (difficultés à trouver un acquéreur, résistances sociales par craintes des
restructurations et de suppressions d'emploi).

II- LES STRATEGIES DE CROISSANCE

La croissance de l'entreprise se caractérise par une augmentation de sa taille mesurée par son chiffre
d'affaires.
Elle s'effectuer selon deux modalités, par la croissance interne lorsque l'entreprise développe ses moyens
de production, par la croissance externe lorsque l'entreprise reprend des capacités de production déjà
existantes.
1. La stratégie de croissance interne

La croissance interne ou croissance organique est un processus continu de développement de


l’entreprise qui s’appuie uniquement sur les ressources et les compétences internes de celle-ci.
En d’autres termes, l’entreprise s’appuie sur ses propres forces (capacité en R&d, finances,
personnel…) et se développe à partir de là.
La croissance interne est très souvent autofinancée, une bonne capacité d’autofinancement est
alors indispensable.

Avantages et limites

Avantages Limites

- développement progressif de - processus lent;


l'entreprise ; - problèmes de financement
- maîtrise du développement ; - si croissance forte;
- utilisation des ressources financières - ressources humaines et
propres; organisationnelles.
- culture d'entreprise consolidée.

2. La stratégie de croissance externe

La croissance externe se réalise par des transferts d'actifs existants d'une entreprise vers une autre. Elle
repose ainsi sur un mode de développement de l’entreprise par acquisition d’actif auparavant propriété
d’autres entreprises. La croissance externe fait apparaître un regroupement d’entreprises. Ce
regroupement peut être intégral ou partiel, se faire entre deux ou plusieurs entreprises.

2-1Les modalités de la croissance externe


 Modalités juridiques
Juridiquement, la croissance externe se traduit par l’acquisition de titres de propriété
comme les actions. Cela se manifeste par :
- La prise de participation
Elle consiste à devenir associé ou actionnaire, en souscrivant à des titres
qu’une entreprise émet, ou à acheter certains de ses titres déjà émis.
- La fusion :
La fusion-association, les entreprises (soient A et B) fusionnent pour donner
une nouvelle entité (soit C) qui incorpore les ressources détenues
précédemment par les différentes entreprises.
La fusion-absorption, l’entreprise B phagocyte ou absorbe la société A qui
disparaît, le rapport de force est inégalitaire.
- L’apport partiel d’actif
L’entreprise rachète à l’un de ses concurrents une partie de ses actifs. Cette
situation se rencontre surtout dans le cadre de restructuration d’entreprise
qui conduit à un recentrage sur les métiers de base.
 Modalités financières
- La négociation
Cette procédure concerne les entreprises qui ne sont pas cotées en bourse ou
lorsque le capital est concentré dans quelques mains. Il s’agit alors de
négocier une cession totale ou partielle.
- Le ramassage boursier
La société qui souhaite acquérir une autre cotée en bourse se porte acquéreur
au jour le jour des titres offerts à la vente sur le marché à leur cours normal.
- L’offre publique d’achat (OPA)
La société acquéreur propose aux actionnaires de la société convoitée le
rachat de leurs titres, à un prix supérieur au cours boursier. L’objectif est
d’acquérir un nombre suffisant de titres pour pouvoir disposer d’un contrôle
de la société.
L’OPA peut être amicale ou hostile.
- L’offre publique d’échange (OPE)
Le principe est le même que dans l’OPA, mais au lieu de proposer un prix,
les actionnaires se voient proposer un échange d’actions.
- L’offre publique de vente (OPV)
Elle permet de contrôler ou de prendre une participation dans une société
nouvellement introduite en bourse.
2-2 Avantages et limites
Avantages Limites
- opération rapide; - Différences culturelles entre les
- acquisitions rapides de part de entreprises regroupées;
marché supplémentaires ; - non complémentarité;
- accès rapide à des technologies ; - problèmes de financement;
- effets de synergie ; - coûts sociaux en cas de
- diversification ; restructuration avec des
- pas d'augmentation de l'offre licenciements.
globale.

III- LES STRATEGIES D’IMPARTITION ET STRATEGIE D’INTEGRATION VERTICALE

1. Les stratégies d’impartition

L’impartition peut se définir comme une politique de coopération entre plusieurs partenaires disposant
de potentiels complémentaires et désireux de concrétiser une synergie latente, réalisée sous forme de
mise en commun de leurs compétences propres.
Les techniques d'impartition sont de plusieurs ordres ; sous-traitance, franchise, concession, cession de
licence.
- La sous-traitance
Une entreprise (le donneur d'ordres) fait exécuter par une autre (le sous-traitant) une partie de sa
production.
- La franchise
C'est un contrat par lequel une entreprise (le franchiseur) met à la disposition d'une autre (le franchisé)
son savoir-faire, sa marque, son assistance en contreparties de redevances.

- La concession
C'est un contrat par lequel un commerçant appelé concessionnaire, distribue exclusivement sur un
territoire donné, pour un commerçant ou un industriel appelé concédant.
- La cession de licence
Il s'agit pour une entreprise d'autoriser une autre à utiliser un brevet d'invention en contrepartie de
redevances.
Avantages et risques :

Avantages Risques

- synergie économique, technique, - dépendance économique;


commerciale, financière ; - vol d'informations
- flexibilité;
- moindre complexité
organisationnelle
- facilite les opérations à
l'international.

2. La stratégie d’intégration verticale

La stratégie d'intégration verticale consiste pour une entreprise à acquérir d'autres qui appartiennent à
une même filière.
Il s'agit d'une internalisation d'activités exercées précédemment, en amont par des fournisseurs ou en
aval par des clients.
Avantages et limites

Avantages Limites

- rationalisation des opérations - rigidités de fonctionnement ;


productives ; - accroissement des frais fixes;
- maîtrise de plusieurs technologies ; - difficulté à sortir de la filière;
- économies d'échelle; - pertes des avantages liés au
- garanties sur les approvisionnements changement de partenaires pour
- garanties sur les débouchés. l'approvisionnement et les
débouchés.
IV- LA STRATEGIE D’INTERNATIONALISATION

1. Définition

Une stratégie d'internationalisation est une stratégie d'extension d'une entreprise au-delà de son marché
national.
Elle a pour intérêt : la recherche d'un marché potentiel plus vaste, La diminution des coûts avec les
économies d'échelle et les coûts de main d'œuvre plus faibles. Le Contournement des barrières (tarifaires
et non tarifaires). Recherche de gains fiscaux et de change.

2. Techniques et limites

La stratégie d’internationalisation se fait à travers les techniques suivantes :


- L'exportation indirecte avec utilisation de courtiers à l'export.
- L'exportation directe avec un service export interne.
- Adhésion à un groupement d'exportateurs (GIE ou portage).
- Mise en place de réseaux de distribution (franchise, licence, succursale, filiale).
- Délocalisation de la production.
Elle a pour limite :
- L'entreprise est confrontée à de nouvelles pratiques.
- Cadres légaux différents.
- Coûts d'apprentissage.
- Instabilité des taux de change.
- Risques politiques, économiques et financiers.

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