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Lexicologie et lexicographie

Présentation du cours
Le cours se divise en deux parties. La première partie s'occupe de la lexicologie : définir le
lexique et les unités lexicales avant d'en arriver à la question centrale qui est celle de définir le
sens lexical. La deuxième partie concerne la pratique lexicographique : les dictionnaires.
La première s’occupe des fondements de la lexicologie, on va définir lexique et unités lexicales.
La question centrale est celle de décrire le sens du lexique. La deuxième partie est davantage
pratique car elle s’occupe des dictionnaires. Il est judicieux de lire l’introduction de son
dictionnaire usuel.

Examen
Examen oral de type traditionnel en deux questions. Il y a une question sujet qu’on peut préparer
à l’avance et on doit définir ensuite deux notions. Cet examen peut être préparé. Le professeur
attache beaucoup d’importance à la rigueur de l’exposé. On peut remplacer l’examen traditionnel
par une lecture.

L'OBJET DE LA LEXICOLOGIE : LE LEXIQUE 


 Délimiter le domaine du lexique par rapport au domaine de la grammaire
 Envisager la spécificité du lexique sur le plan sémiotique, dans la zone des échanges entre
la langue et le monde. Le lexique parle du monde et permet de former des énoncés qui
traitent du monde ou qui agissent sur celui-ci. La langue n’est pas un objet abstrait et
fermé, il y a des interactions avec le monde  objet sémiotique.
 En troisième approche nous essaierons de voir comment le lexique se définit par rapport à
la société. Sociolinguistique

1.1. Lexique et grammaire


On cherche certaines infos dans une grammaire et d’autres dans un dictionnaire. On peut
souligner la complémentarité de ces deux outils (dictionnaire et grammaire). Ils décrivent tous
deux ce que certains linguistiques appellent compétences, en utilisant des fragments d'énoncés
qui sont des performances jugées conformes à la norme reçue. Ces deux ouvrages entendent
décrire la compétence d'un locuteur idéal, celui qui connaît sa langue. On verrait le dictionnaire
comme un outil rassemblant des informations sur des unités que la grammaire décrit dans leur
fonctionnement.
Un ouvrage décrit des unités et des règles. Les règles sont dans la grammaire et les mots dans le
dictionnaire. Mais y a-t-il une telle dichotomie ? On trouve dans le dico des mots qui relèvent de
la grammaire. Par ailleurs le dictionnaire classique donne des informations grammaticales. Il
fournit aussi régulièrement des informations de type morphologique soit qu'elles soient
directement décrites ou montrées dans les exemples (ex : les verbes).
 La dichotomie n’est pas parfaite.
Si on dit unité dans le dictionnaire et règle dans la grammaire, on voit que certaines unités ne sont
ni dans les dicos ni dans la grammaire. Par exemple les formes fléchies ne sont pas toutes dans
les grammaires et ne sont en aucun cas dans les dicos. On parle de lemmatisation, on rapporte
les formes à une seule qui les synthétise toutes. Il est exagéré de dire que ces deux matières ont
un point de vue différent sur l’objet. Les éléments qui sont dispersés dans le dico, sont classés
dans la grammaire en fonction de leurs propriétés. En pratique donc, on verra que les dicos ne
contiennent pas toutes les unités. Souvent ils ne contiennent aucun morphèmes liés (affixes ou
flexions), ni les noms propres (ils ne représentent jamais une classe, mais un individu singulier, la
référence est identique à l’identification). Une part du lexique énorme, qu’on ne peut pas
mesurer (noms propres, noms individualisés ou noms de lieux) n’est pas présente

 Le lexique, par opposition à la grammaire pose ce double problème : le lexique


comporte les unités grammaticales, et relève en lui-même d'unités grammaticales et
par ailleurs, toutes les unités ne sont pas dans le dictionnaire (noms propres, dont la
référence est singulière, la référence est identique à la signification). C'est cela qui
traduit cette dichotomie imparfaite entre grammaire et dictionnaire.
Pour déterminer le lexique on peut essayer de déterminer les unités du lexique. La grammaire
donne des règles pour définir les unités signifiantes. Lorsqu'on se place pour déterminer ces
règles il y a deux niveaux : la grammaire de la phrase, et la grammaire de l'énoncé. Les unités
sont donc inférieures à la phrase. Elles se combinent pour arriver à ce sommet qui est la phrase,
auquel on se place pour définir les unités inférieures à la phrase. Le problème se ramène donc à
identifier et à décrire ces unités signifiantes de la plus petit à la plus grande et de voit lesquelles
sont codées. On opposera donc des unités signifiantes codées à des unités libres. Seulement les
premières appartiennent au lexique.
Dans le domaine du lexique, L’unité signifiante la plus petite est le morphème. Le morphème
peut être définit comme une unité signifiante minimale. Permet de constituer des unités
constituées de un ou plusieurs morphèmes appelées « mot » (= un signifiant minimal libre). Les
unités signifiantes minimales servent à construire des mots qui ont la propriété d'être libres, qui
eux mêmes permettent de faire des constituants de phrases, lesquels constituants servent à former
des phrases. La grammaire sert à agencer ces unités pour former des syntagmes et des phrases
acceptés par la langue. Pour définir des unités du lexique, on a deux portes d'entrées. Il faut voir
ce que l'on peut dire de chacune des façons de voir les choses. Si un mot ne comporte qu'un
morphème, on le définira comme mot. On désigne toujours l'unité à son degré d'intégration
supérieur. La lexie complexe est l’unité signifiante maximale.
Quelles sont les propriétés formelles du morphème ?
Les morphèmes sont séparables, par exemple dans chant-ons, ou non séparables comme dans
sont. Cet exemple fait voir qu'un morphème est libre (chant-ons) ou au contraire lié (sont). Dans
la catégorie des morphèmes liés, il y a les flexions et les marques qui réfèrent à la grammaire, et
il y a les affixes, qui eux sont des éléments lexicaux. Toute la conjugaison du verbe, la marque du
pluriel et les désinences de la déclinaison font partie des flexions,
En ce qui concerne le mot qui est une unité signifiante minimale libre, il ne peut pas être
décomposé en d'autres formes libres signifiantes plus petites. Même si le mot est composé de
plusieurs morphèmes, c'est ça cohésion interne qui prône. A l'intérieur de cette notion de mot on
doit faire attention à d'autres notions avec l'idée que le figement est plus ou moins grand. Les
mots comprennent des unités qui apparemment relèveraient de la syntagmatique, mais qui en fait
n'en relèvent pas.
Donc, quels sont les caractères généraux de ces unités de langues ? Elles possèdent toutes en
commun d'être codées, d'appartenir au code de la langue. Ce sont donc des unités de mémoire,
qui sont reproduites en bloc dans le discours. Ceci les distingue du syntagme et de la phrase. La
lexie complexe est l'unité. Ces unités codées composent des ensembles finis, en principe
dénombrables alors que les unités non codées forment par essence des ensembles infinis. Les
unités codées forment des ensembles finis en principe dénombrables mais qui ne sont pas
dénombrés. Les unités non codées forment des ensembles infinis.
Articulation entre langue et discours
Pour préciser encore ce que sont ces unités codées qui appartiennent à la langue, voyons
l'articulation entre langue et discours. Pour pouvoir décrire cela on a besoin de la notion
d'occurrence. Une occurrence dans le discours s'oppose à sa place dans la langue. Chanter
constitue les occurrences d'un seul verbe. Finalement on peut compter les occurrences d'une unité
de langue en dépouillant des discours.
Notion de variante et d'allomorphie
Il faut également introduire les notions de variantes et d’allomorphes. Une allomorphe est une
variante automatique imposée par la distribution du morphème en question. Exemple : le verbe
mourir a deux allomorphe au présent : meur-, mour-. On voit bien que ces unités qu'on considère
comme mots ou comme morphèmes, elles sont en fait plus complexes, puisque ce que l'on voit,
c'est qu'en discours ces unités peuvent avoir des fréquences différentes, et on voit que ces unités
qui apparaissent comme une abstraction unique peuvent apparaître sous diverses variantes qu'elle
soit libre ou imposée par le contexte.
Les marques grammaticales : pluriel, conjugaison, genre,
L’actualisation d’une unité dans le discours fait intervenir la notion de marque grammaticale
(marque du pluriel, flexion de conjugaison, marque de genre, etc). On peut se représenter cela
comme la différence entre la forme du dictionnaire de l’infinitif, qui est une forme abstraite et qui
ramasse une grande diversité.

UNITÉ LEXICALE : MOT OU MORPHÈME ?


Selon qu’on considère que l’unité lexicale est le morphème ou le mot, on va aboutir à une
définition différente du lexique ou de la grammaire.
 Première hypothèse
Si le lexique est égal à l'ensemble des morphèmes d'une langue, c'est au fond ce que développe la
linguistique américaine qui s'est renouvelée surtout au moment de l’observation de langue dont le
corpus était seulement oral. Le linguiste qui allait sur le terrain devait faire une liste de tous les
morphèmes. On voit bien que cette manière de voir est très propre à une linguistique des langues
orales, sans corpus écrit. On voit qu'il y a des différences enter ces morphèmes : certains
appartiennent à des classes ouvertes et d'autres à des classes fermées. Cela signifie que les unités
de classe ouverte sont celles qui se renouvellent le plus vite, ce sont les classes proprement
lexicales qui donnent de la signification et de la référence. Tandis que les classes fermées
comprennent les unités grammaticales. Les morphèmes lexicaux et les morphèmes grammaticaux
montrent une césure dans le monde des morphèmes. La différence entre ces classes est dans le
nombre d'éléments qu'elles contiennent et de leur capacité de renouvellement. Les éléments
grammaticaux nouveaux vient souvent du phénomène de grammaticalisation. La description
grammatical des unités les plus fermées suffit à la sélectionnée. La conséquence de l'opposition
lexème-grammème se reporte sur la manière dont on doit décrire ces unités.
Si on définit le lexique comme l'ensemble des morphèmes d'une langue, quel sera le rôle de la
grammaire ? Quelles seront les tâches de la grammaire ? On aura des règles de la grammaire :
relations, combinaisons entre les morphèmes, qui expliqueront les combinaisons entre:

 Morphème lex. + morphème gram. (Ex : conjugaison- déclinaison).


 Morphème lex. libre + morphème lex. lié (Ex : morphologie lexicale – formation des
mots)
 Morphème libre entre eux qui relèvent de la syntaxe.

Le problème de cette conception américaine, qui consiste à faire des listes, est que cette
morphologie lexicale n'a pas forcément sa place.
Une phrase n’est pas une suite de morphèmes, on doit savoir ce qui est lexical ou grammatical, ce
qui est libre ou lié. On ne fait pas une phrase comme on fait un mot. On a besoin de cette double
opposition et on a besoin de se représenter le problème que pose la création de nouvelles unités
liées.
 Deuxième hypothèse
Une autre manière de voir les choses est de voir le lexique comme l'ensemble des mots d'une
langue => dictionnaire. Mais où s’arrête-t-on pour savoir si ça appartient au code ? On attend
que toutes les unités codées les plus hautes soient recensées dans le dictionnaire. Sont donc
toujours exclus les morphèmes grammaticaux liés, et sont presque toujours exclus les morphèmes
lexicaux liés. Dans cette vision traditionnelle le lexique est associé à des catégories
grammaticales et est vu comme appartenant à des parties du discours (substantif, adj, adverbe,
article, pronom, préposition, conjonction). Donc le lexique est réparti en classes grammaticales
ou partie du discours, ce qui implique que la grammaire va :
Définir les propriétés du mot : actualisation (voir comment ces unités s'actualisent) => mot +
morphologie

-> Si verbe : conjugaison


-> Si substantif : déclinaison

La combinatoire => mot + syntaxe


Qu'est ce qui manque dans cette grammaire ? On n'explique pas comment les mots se forment
dans la langue, alors qu'elle se posait (mais mal) dans le cadre d'une définition de l'ensemble des
mots d'une langue.
On voit déjà qu'à ce niveau d’interrogation, que plein de questions se posent. Il y en a qui vont
dire que le lexique est l'ensemble de tous les éléments lexicaux qu'ils soient libres ou liés. C'est
une conception que l'ont trouve par exemple chez Martinet. D'autres vont dire que le lexique ne
comprend que les éléments libres qu'ils soient lexicaux ou grammaticaux.

Statut sémiotique du lexique


Comment voir le prototype du signe linguistique ? Le signe linguistique peut être vu comme un
signifiant sonore et un signifié abstrait. Ils sont unis par un lien que Saussure signifie d'arbitraire.
L'association est aussi bien indissociable qu'arbitraire. Un signe peut être représenté comme une
unité biface. Le signe par excellence a aussi une autre relation ; qui du signe, va vers le monde
réel tel qu'il est. Ce lien est s'appelle la dénotation ou la référence. Ce qui est linguistique est ce
qui est interne au signe. Cette fonction dénotative sert à évoquer les objets du monde, qu'ils soient
concrets, abstraits ou même imaginaires. Cette fonction permet de renvoyer à des classes d'objets,
mais aussi à des objets singuliers. On admet donc que pour rendre la communication possible, ce
lien entre signifiant et signifié est constitué d'un noyau de sens qui est déterminé et suffisamment
stable pour permettre un échange fructueux. A côté de ce sens on voit que le signe comporte des
caractéristiques fonctionnelles. Cette catégorie grammaticale a des implications fonctionnelles
mais aussi sémantiques. Le verbe contient des éléments sémantiques que ne contient pas le
substantif. Il est intégré à une catégorie grammaticale, et cette dernière donne des infos quant au
fonctionnement du signe mais a aussi des implications sémantiques.
On peut alors se demander quel serait le signe linguistique optimal ? Étant donné les critères
envisagés ci dessus, on peut relever le mot grammatical c'est-à-dire l'unité codée maximale qui
représente le mieux l'idée du signe car il est codé comme des unités inférieures mais est
indépendant comme les unités supérieurs. Le mot apparaît alors comme l'image du signe. A
l'intérieur de la catégorie des mots, le mot lexical, à la différence du mot grammatical apparaît
comme chargé sémantiquement et indépendant sémantiquement du contexte. Les mots
grammaticaux s’adjoignent pour créer des énoncés, le fonctionnement de la, je ne peux pas les
décrire sémantiquement les articles mais seulement dans leur fonctionnement. Le sens de ce mot
est toujours lié à un contexte sémantique particulier. De plus, ces mots grammaticaux ont souvent
un sens qui dépend du contexte est qui est extrêmement abstrait.
Au-delà on peu dire que le mot lexical est un instrument par lequel les civilisations se
développent en élaborant des systèmes qui permettent de nommer quantités de notions et donc de
construire une vision du monde. Grâce au mot lexical on peut borner une notion, même très
abstraite comme morphème, voir imaginaire comme licorne. => Le mot lexical est donc le signe
par excellence. L'ethnologie et l'histoire peuvent s’intéresser au lexique d'une époque donnée
pour voir ce qu'était représenté durant cette époque. Le lexique possède des mots
métalinguistiques qui permettent de donner une image de la langue elle-même incluse dans une
vision du mode. Le signe linguistique optimal est non seulement le mot en tant qu'unité codée et
indépendante mais plus encore, le mot lexical, par rapport au mot grammatical.
Au sein de ces mots lexicaux une unité apparaît comme le prototype du mot lexical, il s'agit du
substantif. Plus le lexique global d'une langue s'étend, plus la proportion de substantifs augmente.
C'est grâce au substantif que la langue construit des classes. Le nom est donc porteur de
substance est apparaît donc comme étant moins grammaticalisé. Dans les changements
linguistiques c’est la catégorie qui contient le plus de néoformation au sein de la langue. Au
niveau de l'emprunt c'est également la catégorie qui acquière le plus d'unité nouvelles. C'est aussi
aux noms qu'appartiennent les sigles (= SMS - ONU). C'est aussi à cette catégorie qui s'ajoute
l'immense quantité de noms propres qui se réfèrent à des personnes ou des territoires notoires, ou
même à toutes sortes de manifestations individuelles telles que les prénoms. Ce qui particularise
le nom propre est l'incapacité de se référer à une classe. La référence et la signification pour le
nom propre s’identifient. Il n’y a pas de définition vu qu’il ne revoie pas à une classe.
Le substantif a la capacité d'autonymie => transformation de n'importe quel élément de la langue
en substantif. Par exemple « m est une consonne de nasale ». En devenant sujet, la lettre m est
bien substantivée. Le substantif est par excellent le signe linguistique et c’est par ce signe que les
signes lexicaux créent une vision du monde. L'autonymie pourrait également porter sur tout un
élément du discours que ce soit une phrase ou un texte. On peut dès lors se demander quel moyen
avons-nous pour parler de la langue ?

 Objets langagiers : m – ons – chanter


L’autonymie fait de ces objets langagiers, les objets de mon discours. Ils vont pouvoir entrer dans
des catégories métalinguistiques grâce à un vocabulaire spécialisé.

 Catégoriser ces objets langagiers grâce à un vocabulaire spécialisé.

 Voici les moyens que nous possédons pour parler de la langue. Ce qui est intéressant
est de voir que la fonction sémiotique sert à parler du monde à classer le monde mais
aussi à parler de la langue.

1.3. Statut sociolinguistique


La sociolinguistique s'occupe de la relation de la langue avec les individus qui la parlent. Pour
envisager toutes les notions importantes, il faut d'abord poser une synchronie dans laquelle la
langue se définit comme un ensemble complet avec des échanges réciproques. La langue qui est
un phénomène social se définit par des échanges complets et réciproques Une synchronie sur un
temps T0 est difficilement accessible, une synchronie correspond à la durée de la mémoire
humaine car es sociétés sont composées de personnes d'âge différent et parmi lesquels la
communication fonctionne. Chaque individu possède un idiolecte (= une compétence linguistique
qui n'est jamais équivalente à la compétence linguistique d'un autre individu). On retrouve la
dichotomie entre grammaire et lexique. Les usagers d'une langue maîtrisent les règles de la
grammaire, tandis que les individus n'en maîtrisent jamais tout le lexique étant donné qu'il est en
très grand nombre et qu'il se renouvelle très vite. On ne peut donc pas prévoir la compétence
lexicale d'un individu.
Pour essayer de déterminer cela on peut envisager la notion de disponibilité comme le fait H.
Mitterand. Le lexique virtuel est la somme de tout le lexique individuel. La première distinction
est donc quantitative, mais aussi qualitative. Il en convient de distinguer l'existence d'un mot dans
la langue de sa disponibilité pour un individu particulier. Les mots ne sont pas tous probables au
même degré chez tous les sujets et on distinguera les mots qui sont disponibles chez tous les
sujets qui maitrisent une langue. Les mots disponibles chez tous les sujets sont appelés les usuels
(lit, couteau, fourchette). . Cependant, les mots disponibles chez tous les sujets sont appelés les
mots usuels.
Ensuite on peut s’arrêter sur la notion de fréquence qui s'établit sur les corpus. C'est le nombre
d'occurrence de tel mot, par rapport au nombre d'occurrence du corpus, c’est à dire sur des listes
de mots au sein desquels on définit des ordres de fréquence, des listes de fréquence.. On peut
établir des listes et à partir de chiffres absolus, on peut les ramener à une proportion. Des études
ont été faites pour objectiver la disparité entre les mots fréquents et les mots les plus rares. Le
TLF indique les mots de basse fréquence contrairement aux autres dictionnaires usuels. Certaines
formes reviennent très fréquemment dans la parole (le – mon -ai ..), d'autres souvent, alors que
d'autres très rarement. => On descend dans les classes de fréquence. A partir de ces mots
différents on va se reporter sur leur classe pour voir combien de fois ils apparaissent dans les
corpus.
Pierre Guiraud : la fréquence d'un mot est liée à l'ensemble de ses caractères phoniques,
morphologiques, sociologiques, étymologique, etc. Toute modification de fréquence entraine des
changements dans les caractères. Dans une liste de mots rangés par ordre décroissant de
fréquence, les 100 premiers mots recouvrent 60% de la totalité des mots du texte dépouillé. I y a
donc une stabilité extrêmement grande dans les classes de haute fréquence. Les 1000 premiers
mots eux recouvrent 85% tandis que les 4000 premiers recouvrent 97,5%. Les 20000 ou 30000
autres ne portent plus que sur 2,5%. Les mots outils et sémantiquement vides sont ai nombre de
100 et constituent la moitié des occurrences du texte.
 Les mots outils, sémantiquement vides sont les plus fréquents et constituent la moitié des
mots de tout texte
 Les mots « pleins » se répartissent en catégories : les mots thèmes sont une cinquantaine
dans la langue et représente 9% du discours. Il y a une différence notable entre cette
première catégorie qui constitue la majorité du texte.
L'idée que l'on a que les mots ne sont pas tous probables chez tous les individus et dans toutes les
circonstances s'objective par la méthode de recherche de fréquence. On comprend donc que le
vocabulaire d'une personne ne soit pas identique à celui d'une autre personne. Le langage d'une
personne est unique. Il faut distinguer les mots qui sont connus des les mots qui sont employés
(voc actif >< voc passif). Dans les 2.5% il y a des mots dont on perçoit le sens mais ce n‘est pas
pour cela qu’on va réemployer ce vocabulaire. C’est le vocabulaire passif. Le vocabulaire actif
sont les mots employés. Pour une langue de civilisation, on pose qu'un individu doit maîtriser au
moins 30000 mots.
Tous les mots, tous les idiolectes ont en commune une partie du vocabulaire, c'est ce que l'on
appelle le lexique commun. C’est l’intersection entre tous les idiolectes, il comporte tous les
mots grammaticaux ainsi que tous les mots lexicaux de première nécessite (ex : dormir). La
différence va jouer dans les termes de basse et moyenne fréquence. Selon les caractéristiques de
l'individu, il va sélectionner dans les mots de basse et moyenne fréquence, les mots dont il en
aura l'usage. C'est à l'intérieur des mots de basse et moyenne fréquence qu'on peut déterminer les
axes de variation. C'est dans ces ensembles que l'on pourra observer les sous-lexiques dans le
lexique total :
Axe diatopique : Les langues régionales qui affectent une langue selon les lieux. On
attache à cet axe régional la notion de régionalismes.

Axe diastratique : Les langues sociales : reflètent l’opposition de la classe dirigeante qui
est cultivée aux autres classes mais aussi différences plus subtiles entre monde urbain et
rural, culture savante et populaire

Axe diachronique : Les langues de génération : les jeunes ne parlent pas selon les
normes de leurs aînés. Tout le monde va se comprendre mais les unités vont passer dans
le vocabulaire passif puis vont disparaître. Mais, la culture maintient dans le vocabulaire
actif des termes qui auraient du passer dans le vocabulaire passif.

Axe diamésique : Les langues thématiques : les idiolectes diffèrent extrêmement entre
eux, ce sont des différences qui viennent des thèmes d’intérêt des locuteurs qui ont divers
intérêts professionnels, diverses activités, etc. On trouve des mots de fréquence limitée
qui appartiennent aux individus par leur secteur d’activité. C’est là que se situe la plus
grande part de néologie. Les 2.5 % qui restaient sont certainement liés à ce vocabulaire.
Cela dépend de facteurs individuels et culturels.

Deux problèmes fondamentaux de la sémantique lexicale

Le lexique est la pierre de touche de la sémantique et de la sémiotique. Le mot apparaît comme le


signe linguistique optimal, il est autonome dans son fonctionnement et autonome
sémantiquement. L’approche sociolinguistique : la valeur d’échange d’un mot est sa capacité à
fonctionner dans une société de façon large, générale ou de de façon restreinte. Certains mots
appartiennent à des milieux sociaux, à des facteurs d’activité, des thèmes d’activité, etc. Le
lexique est la pierre de touche la plus pertinente pour envisager cette différenciation.

Une question importante est celle de l’indétermination du lexique social  le statut


sociolinguistique d’un mot dépend de sa valeur d’échange. Celle-ci est la circulation d’un mot
dans un lexique donné et dans une synchronique donné et son utilisation pour un groupe de
locuteurs nombreux ou moins nombreux. Certains mots ont des fortes valeurs de d’échange. 

1. Quels sont les deux problèmes fondamentaux de la sémantique lexicale ?

Comment à l’intérieur de la langue, le lexique apporte sa part de signification ? Est-ce qu’il y a


moyen de structurer le lexique ? Il y a deux conditions pour parler d’une structuration : Parler du
sens linguistique en général : est-ce qu’on peut faire la structure sémantique d’une langue ? Et à
l’intérieur d’une structure sémantique, quelle est la place prise par le lexique ?

1.1. Les mots ont-ils un sens ?


Il est évident que le lexique n’épuise pas tout le sens, il n’a pas l’apanage du sens mais si dans le
langage courant on peut dire « il a utilisé des mots blessants ». Le sens se construit à tous les
niveaux de langue susceptibles de transmettre de la signification. Les relations entre les éléments
comme des mots sont porteuses de signification. Les relations sont marquées pas des morphèmes
ou des positions (ex. Paul bat Pierre : opposition entre patient et agent/ sujet/objet). Ce genre de
concept n’est pas exprimé par un segment particulier du discours : on a distingué le sens lexical et
grammatical (exprimé par segments identifiables dans le discours).

Quelle est la part prise par chacun de ses moyens dans la signification des énoncés ? Irène Tamba
introduit son Que sais-je ? où elle se pose la question du statut de la sémantique. Il y a une ou
plusieurs sémantiques.

 J. Lyons, étude du sens


 P. Guiraud, étude du sens des mots
 P. Lerat, étude du sens des mots, des phrases (structure abstraite, j’ai faim) et des énoncés
(énoncé particulier qui actualise ces phrases, frontière que constitue l’énonciation).

Pour J. Lyons, la sémantique est « l’étude du sens ». La sémantique est « l’étude du sens des mots
», cette vision est celle de Pierre Guiraud. Pierre Lerat : la sémantique est « l’étude des mots, des
phrases et des énoncés ». La différence entre phrase et énoncé est la frontière que constitue
l’énonciation. ??? Pour Tamba, il manque « linguistique » dans la première définition. Le
jugement est sévère car teke considère que c’est « anti-sémantique », La deuxième définition lui
fait dire que c’est une « sémantique frugale ». La troisième est une sémantique globale qui couvre
tous les systèmes de sens, elle est dite « gloutonne ». Les sémanticiens définissent de façon
différente leur objet d’étude. On va ici s’intéresser à une sémantique lexicale et on va voir que les
définitions diffèrent : certaines débouchent à des questions grammaticales et d’autres à des
questions pragmatiques, logiques et argumentatives.

Par ce qui constitue le noyau des langues, le sens, on a la preuve que la discipline de la
linguistique se trouve au carrefour d’autres disciplines.

Irene Tamba nous montre que le tableau n’est pas si simple, et cette première appréciation
précédé le survol historique de ce qui a existé comme courants dans le domaine de la
sémantique. Le lexique n’épuise pas le sens.

Comment le lexique participe-t-il au sens ?

Par conception trop large de Lyons, no celle de Guriaud, le sens se construit avec le lexique et
avec la grammaire (relation, etc.). Un mot a un sens dans un contexte, on va spécifier dcde terme.
On utilise le mot opération dans un cadre précis comme « opération mathématique » ou «
opération militaire » (autre sens du miot). ON voit que les contextes d’emploi changement soit
explicitement, c’est ce qu’on appelle le contexte. Et par ce qui appartient à la situation
(d’énonciation). Le contexte c’est l’entourage linguistique du lexème. La situation d’énonciation
réfère à quelque chose qui dépasse le linguiste (comme le ton de la voix).

A côté de ces mots, on trouve aussi cotexte et contexte. On trouve liés à ces deux parties des
oppositions entre sens et significations. Pour certains, le sens d’un mot n’est que dans le contexte
et la situation d’emploi. Certains diront, un mot n’a pas de sens, il n’a que des emplois (Meillet).
Lorsque l’on tombe sur un mot qui n’apparait que dans un contexte, comment le définir ? Il n’y a
pas cette somme d’emplois, ils se laissent très difficilement appréhender. Cette idée, un mot n’a
pas de sens il n’a que des emplois, donne une grande importance à ces emplois ; et ça c’est
important.

Si on ouvre un dictionnaire comme le Godefroy, on sait que les définitions sont des paquets de
gloses mis bout à bout et ne distingue pas les contextes de sens où le mot a été trouvé. Le
philologue choisit les sens en fonction du contexte. La philologie détermine le sens d’un mot
dans un texte ancien : on voit le texte lui-même et cela demande aussi une finesse d’appréciation
d’une civilisation dont on a quand même perdu beaucoup. Il y a une preuve de ce que veut dire
que le mot n’a pas de signification mais que des usages, on a à faire à une moyenne d’emploi.
Lorsque qu’on rencontre un hapax, comment le définir ? Comme il n’y a pas cette somme
d’emploi et cette moyenne d’individus qui utilisent le mot, on ne sait pas l’appréhender.

Cette idée donne une grande importance aux emplois et c’est intéressant et renouvelé par la
linguistique structurale cela donne les études de distribution. Cfr. Ecole des distributionnalistes
de Harris (1909-1992) : la distribution d’un mot (ou contexte) est « l‘ensemble des contextes
dans lequel on peut trouver ce mot » (ça répond à la définition du sens de Meillet). Colocation est
un terme plus traditionnel, il est utilisé par les philologues et linguistique. Distribution : somme
des contextes dans lequel on peut identifier une unité. La polysémie d’un mot peut s’étudier par
une analyse rigoureuse. Il y a aussi des mots très fréquents qui ont des sens thématiques (des
mots thèmes). On verra dans la suite comment on a essayé de déterminer le sens.

Quand on se pose la question du sens lexical, on se demande si le mot a un sens ou si le sens


dépend du contexte. On admet généralement que le mot dispose d’un noyau de sens. Pour des
mots qui ne sont pas trop généraux ou polysémique, serait la partie stable du sens. Une autre part
de la signification et liée au contexte et à la situation. Dans chacun de ces cas, on peut prendre
l’exemple de mots pleins. Le contexte détermine une part de la signification. Si on prend un mot
vide, comme ‘la’, il ne tire son sens que lorsque la renvoie à quelque chose, il faut chercher dans
le contexte linguistique « il la voit ». on part du sens conceptuel doit être trouver pour « la » dans
il la voit. On peut avoir des phrases générales comme « Un fruit le matin est bon pour la santé ».
Fruit est générique ; c’est une référence générique (renvoie à toute la classe). On peut avoir une
référence spécifique avec un terme général comme par exemple dans « Donne-moi ce fruit ».
Cela est lié à la situation.

La situation est la seule manière d’emprunter un mot qui n’a pas de sens par lui-même comme
« ça ». « ça » est le plus général des mots déictique, il en fonctionne qu’en le montrant. Même
dans les mots qui n’ont pas de sens par eux-mêmes, leur signification découle du contexte et de la
situation. Ont-ils un sens stable, un noyau de sens ? Peut-être oui. C’est un sens qui dirait
« cherche ce qui est montré dans la situation ». Ces termes sont appelés embrayeurs. La deixis a
fait l’objet de nombreuses études depuis les années 80. Les américains appellent ces termes qui
permettent d’encrer l’énoncé, « les embrayeurs », et contiennent les indexicaux et les déictiques.
Quelle est la différence ?

 Indexicaux : ces premiers renvoient à l’énoncé en train de se faire.


 Déictiques : ce sont les instruments linguistiques que le locuteur utilise pour référer par
ostension (ceci,…). C’est ici que l’on distinguera le sens contextuel ou le sens
situationnel.

Le lexique est-il structurable ?

On retrouve la question de l’opposition entre tous les éléments structurels de la langue et


l’opposition entre grammaire et lexique. La morphologie établit des règles pour expliquer
comment se décline certaine classe de mots, la syntaxe objective des relations entre des éléments.
La linguistique depuis le 20ème siècle objective des structures, on retrouve l’opposition
fondamentale entre linguistique et grammaire. Cela concerne l’intégration du mot ou du
morphème dans une structure. La morphologie établit des règles pour décrire comment se
conjuguent une certaine classe de mots. Dans ces domaines phonologie, morphologie, syntaxe, la
linguistique objective des structures. On retrouve l’opposition fondamentale entre lexique et
grammaire. Mais on peut voir le paradoxe de la linguistique structurale.. Le plan du sens n’est pas
étudié pour lui-même mais est utilisé comme critère d’analyse par les linguistes de différentes
obédiences. Les fonctionnalistes comme Martinet font de la communication le centre de leur
recherche.

Martinet par exemple, Eléments de linguistique générale, est un livre qui ne contient pas de
chapitre sur la sémantique. Il s’intéresse à tous, mais on ne parle pas du sens. Il y a tout de même
un passage, une mise en garde. « Il faut se prémunir contre les dangers devant lesquels on
s’expose lorsqu’on aborde sans précaution le domaine sémantique ». Cependant on ne peut faire
abstraction du sens, rien que pour reconnaitre les phonèmes. ‘ba’ est différent de ‘pa’. C’est un
critère d’analyse qui débouche sur le principe de pertinence (à une différence de forme
correspond une différence de sens). ce sont des paires minimales qui permettent d’isoler des
phonèmes, elles dessinent des oppositions de sens entre l’unité minimale de signification ba et pa.
On doit faire attention selon lui mais on ne peut pas s’en prémunir. Le principe de pertinence peut
se réduire à « une différence de forme correspond à une différence de sens ». Il traverse toute la
linguistique structurale et peut différencier des unités à différents niveaux. Il est nécessaire
d’isoler des segments pour faire correspondre à une différence de forme, une différence de
contenu. A tous les niveaux, on peut voir que le principe de pertinence fonctionne ; Pierre bat
Paul est différent de Paul bat Pierre.
Autres linguistes :

 Hjelmsev : le sens est pour lui une masse amorphe qui échappe à la connaissance mais
non la forme du contenu attaché à des segments qui possèdent des significations ou à des
relations.
 Harris : dit lui qu’il faut faire attention et refuser le mentalisme. Si telle distribution pour
tel mot est différente de telle autre distribution pour un autre mot, c’est que ces deux mots
sont différents (aigu et pointu c’est la même chose mais la distribution permet
d’objectiver des différences de sens).
 Bloomfield : auteur d’un livre « Langage » publié en 1933. Chapitre à lire intitulé «
Signification », il est influencé par le behaviorisme, école qui objective son étude en
observant des comportements sur la forme de stimuli et de réponses.

L. Bloomfield (livre 1933) chapitre 9

La signification d’une forme linguistique est la situation dans laquelle le locuteur l’énonce et
celle dans laquelle l’auditeur la reçoit. Le stimulus initiale coïncide avec la situation dans la
quelle il se trouve.

Situation du locuteur  Réponse de l’auditeur

Discours

 La signification

Définir la signification est compliqué car ce que dit le locuteur est lié à son histoire et à son vécu.
La situation et la réponse sont coordonnées. On peut comprendre ce que nous dit le locuteur si ce
qu’il dit à un lien avec un domaine scientifique que nous connaissons. Que puis-je savoir pour
analyser la situation telle que le locuteur a eu en vue lors de l’énonciation ? Quelles solutions
proposent-ils ?

Signification = situation + réponse. Ce stimulus initial coïncide avec la situation dans laquelle se
trouvent le locuteur, le message verbal et la réponse du locuteur. Cela laisse penser à quelque
chose qui est en dehors de l’acte du langage. Est-ce que Bloomfield en reste là ? On va discuter
de la situation dans laquelle se trouve le locuteur. C’est plus confortable de parler de cela plutôt
que de parler de la réponse qui peut être variable ou inconnue. Il réduit donc déjà le propos ; cette
situation elle est hors d’atteinte. La solution propose que quand on a une connaissance
scientifique, on peut déterminer le sens d’une forme particulière comme celle chlorure de sodium,
comme des noms de plantes,… mais que faire avec des mots comme ‘amour’ par exemple. Même
si nous avons une connaissance scientifique, est-ce que cela suffit ? Non car la classification n’est
pas identique. Conclusion (p133), « L’établissement de la signification est le point faible de
l’étude de la langue et le restera tant que nos connaissance ne seront pas plus avancées
qu’aujourd’hui ».

Il existe tout de même des expédients qui pourraient permettre de parler de la situation :

1) Montrer (on peut montrer du doigt, tant que l’objet est dans l’environnement et
qu’il est concret).
2) La circonlocution (paraphrase, un discours analytique portant sur la chose en
question).
3) La traduction

Il y aura tout de même des problèmes pour mettre en équivalence les langues. Ex. les couleurs ne
renvoient pas toujours à la même chose.

Il n’y a jamais deux situations semblables nous disent les philosophes et les psychologues. Il faut
faire la part des traits non-distinctifs, par opposition à traits distinctifs. L’exemple de « pomme » :
les traits distinctifs sont ceux qui conviennent à toute la classe désignée par les caractéristiques :
charnue, avec pépins. Et non distinctifs : rouge, mûre.

Les traits « rouge » et « mûre » ne seront pas retenus dans la définition car ils ne caractérisent pas
tous les objets de la classe. Les traits distinctifs sont ceux qui conviennent à toute la classe
désignée (convient à toutes les situations). Or le linguiste ne s’occupe que des traits distinctifs, la
linguiste ne s’occupe que ce qui est pertinent à son objet, et donc ce qui appartient à toutes les
situations. Une forme exprime son sens.

Il venait de terminer en disant qu’une forme signifie son sens ; mais une forme peut ne pas
signifier son sens, dans le cas du discours déplacé. Elle veut dire autre chose de ce qu’elle signifie
à priori. Le discours relayé est la preuve qu’une forme ne signifie pas forcément son sens. Une
forme peut signifier quelque chose qui relève de la conséquence, ou une forme qui pourrait
n’avoir des rapports que très lointains avec la vérité exprimés (l’ironie, le mensonge,…).

Il n’y a pas que les linguistes comme Tamba qui se sont occupés de la signification, il y a aussi
les philosophes et les psychologues. La psychologie mentaliste (selon Bloomfield) définit le sens 
comme tel : évènement mental. Deux choses sont visées, une forme qui dépend de la
conséquence ou une forme qui a des rapports très lointains avec la réalité exprimée. Comment
fait la psychologie mentaliste pour définir le sens ? Il y a une phrase à extraire : « le sens d’une
forme linguistique … édition de la forme linguistique ».

Il n’adhère pas du tout à cela. Relier la signification à un évènement mental qui n’est pas visible,
pas objectivable, ce n’est pas juste. Le behaviorist n’accepte pas cette façon de définir la
signification. Pour les mécanicistes, tout va être ramené à des mouvements corporels, y compris
les mouvements intérieurs. Les images mentales ne sont que des thèmes populaires pour des
mouvements corporels. Ces derniers peuvent être des processus généraux qui peuvent être les
mêmes chez différentes personnes : contraction musculaire et glandulaire, mouvement des
organes. Ces mouvements corporels peuvent être constatés : « j’ai faim » (=> j’ai envie de passer
à table). L’échange de signification passe par quantité de canons, et Bloomfield dit qu’il faut faire
mention des traits non linguistiques du discours. Le sens linguistique s’accompagne de beaucoup
d’autres moyens de transmettre du sens (gestes,…) et en plus, à l’intérieur de la langue, les
schémas intonatifs disent aussi quelque chose du sens. Les formes linguistiques cependant
aboutissent pour la plupart à une coordination beaucoup plus précise.

La linguistique a une position particulière car il étudie parmi les moyens sémiotiques celui qui
semblent le plus lié à un élément déterminé. Aucun moyen de définir la plupart des significations,
ou leur stabilité, nous devons (et ceci est un postulat) considérer le caractère spécifique et stable
d’une langue comme nous le présupposons … A ces formes linguistiques est associé un sens
définit comme circonscrit et stable.

Sa conclusion : puisque nous n’avons aucun moye de définir la plupart des significations, de
démontrer leur stabilité, nous devons [considérer le caractère spécifique et stable d’une
langue comme présupposition de l’étude linguistique de même que nous le présupposons
dans le contact quotidien avec les gens]. Nous devons le considérer comme le postulat
fondamental de la linguistique.

Cette proposition date mais montre que la question est posée et reçoit une solution dans un cadre
philosophique précis où le moyen qu’utilise Bloomfield est de se méfier de tout ce qui est
mentalisme et d’essayer d’objectiver les choses. Si on n’y arrive pas, le linguiste peut se référer à
sa propre expérience du langage. Le sens des formes linguistiques va être considéré comme
spécifique et stable et contenant un grand nombre de traits de sens qui leur appartiennent en
propre à travers toutes leurs actualisations.

3. STRUCTURE SÉMANTICO-FORMELLE DU LEXIQUE : LA GRAMMAIRE DANS LE


LEXIQUE

Existe-t-il une grammaire interne au mort ?

Cours de Saussure, p.180-184. A. REY, la lexicologie. Lectures

 Arbitraire et motivation des signes lexicaux

Le principe d’arbitraire, c’est le principe de base qui définit selon Saussure le signe
linguistique ; c’est l’association indissoluble d’un signifiant (forme sonore) et d’un signifié
(qui est le contenu associé à ce signifiant). Le signifiant est concret, le signifié abstrait. Rien ne
prédestinait cheval à s’appeler cheval. Ce principe d’arbitrarité unit les deux faces du signe. Il
n’est pas question de la référence ici mais de la signification. Saussure n’invente pas quelque
chose, le thème de l’arbitraire du signe est aussi ancien que la réflexion sur le langage (extraits
d’Aristote et Platon). Le principe domine toute la linguistique. C’est à la fois le fondement de la
linguistique des langues, mais c’est aussi la base de la sémiologie. C’est la définition du signe par
sa propriété essentielle : le signe est arbitraire.

On peut distinguer deux types de signes :

Le radicalement arbitraire (immotivé)


Le relativement arbitraire (partiellement motivé)

Quelle est la source de la motivation ?

Ce sont des relations que le signe établit avec d’autres signes dans la langue. Ex : dix-neuf (dix,
neuf ; dix-huit, vingt-neuf). On peut déduire une part du sens. La limitation d’arbitraire nous dit
donc qu’au contraire, la forme particulière de certains signes (complexes), on déduit par des
relations entre formes, une part du sens. Cela limite donc l’arbitraire. On pourrait représenter ceci
comme si le lexique est une liste d’items, dont on ne peut rien faire d’autre que les recenser et en
examiner le sens. Cette vision un peu désespérée est au fond compensée par cette idée que
certains signes peuvent être mis en relation avec d’autres signes. Grâce à cela, on peut dire
d’avance quelque chose sur leur sens. Ex : berger est immotivé. En synchronie, l’analyse est
possible par le locuteur. Il s’agit de montrer que portier a quelque chose avoir avec porte, et le –
ier se retrouve dans d’autres noms qui peuvent se rapporter à des professions. On voit que
Saussure veut nous montrer qu’il y aurait une certaine régularité à l’intérieur du lexique.

Quelles sont les conditions pour découvrir ces relations ?

Les deux axes en jeu et que Saussure nomme syntagmatique et associatif, sont ceux que l’on
appelle plus généralement aujourd’hui syntagmatique et paradigmatique. Il faut que l’on puisse
reconnaitre ces unités par une mise en association. La motivation n’est jamais absolue, elle est
toujours partielle ; car les éléments d’un signe sont eux-mêmes arbitraires ; et la valeur totale
n’est pas égale à la somme des parties. La relation interne n’est pas explicite. De même le fait que
pommier ait une finale qui évoque celle de cerisier etc. et pompier, cela pourrait créer des
rapprochements qui n’ont en réalité aucune valeur. Les éléments eux-mêmes sont arbitraires, et la
relation n’équivaut pas à additionner les parties. C’est un principe qui est à la base de la
sémiologie.

Pourquoi est-ce important de dire que les langues sont arbitraires et qu’il y a un principe de
limitation d’arbitraire ?

Alors qu’on disait, le lexique c’est une liste chaotique et la grammaire est organisée, et bien ce
principe de limitation nous dit qu’il y a une part de régularité à l’intérieur du lexique. La valeur
d’un signe se déduit pour certains d’entre eux par la mise en relation de certains signes avec
d’autres signes.
On peut avoir une approche typologique si on regarde les différentes langues en synchronie, en
considérant les langues indépendamment des familles auxquelles elles appartiennent. Certaines
langues ont beaucoup d’arbitraires, on les appelle les langues lexicologiques (comme le chinois),
et celles où le principe grammatical est plus important, les langues grammaticales (le sanscrit).
On pourrait dire que les langues où l’immotivé atteint son maximum sont lexicologiques. On peut
classer les langues en fonction de ce principe.

Motivé arbitraire

Qu’est-ce qui provoque ce passage du motivé à l’arbitraire ? L’évolution phonétique qui


obscurcit les liens.

Par exemple, le cas de la différence entre berger et vacher peut être étudié. Vacher a été formé en
latin, hérité de vaccarius, lui-même motivé par rapport à vacca. L’évolution phonétique ici n’a
pas obscurcit les liens. En revanche, pour berger, on avait vervecarius formé sur vervex. Le mot
vervecarius est motivé en latin, mais donne le français berger. Les liens sont obscurcit ; et vervex
n’est pas conservé. Il n’y a plus de motivation. Berger ne se rapproche pas d’une base.

Arbitraire motivé

Par le renouvellement du lexique qui se fait par la dérivation et par la composition. Aveugle est
motivé en latin, immotivé en français, et on forme malvoyant. Le lexique en se renouvellement
engendre des unités motivées qui à leur tour vont produire par l’usure de la langue des unités qui
à nouveau seront non-motivées. Le latin était une langue plus motivée que le français moderne.

 Par rapport au constat fait par d’autres langues, on constate bien qu’en effet, il
existe tout de même une certaine régularité dans le lexique. C’est une correction du
principe irrationnel de l’arbitraire du signe.

Dans le cas de l’emprunt, la langue reçoit une unité qui par définition ne peut pas être motivée.
Surkrut (motivé ; krut = kraut le choux, sauer = saumure => le choux dans la saumure). =>
Choucroute (réinterprété, ce qui montre ce besoin, remotivation, non étymologique). Ce
phénomène est appelé étymologie populaire/synchronique. Une analyse du lexique sans
préjugés étymologiques. Ce n’est pas parce que l’on utilise ce mot en français que l’on connait
son origine. Autre renouvellement en principe motivé, les sigles : sida (syndrome
immunodéfitaire acquis).

 Martinet, Eléments de linguistique générale (1963)

Dans son ouvrage p.128, Martinet nous dit le principe de base de la syntagmatique (forme des
syntagmes des phrases) c’est l’expansion. On appelle expansion tout élément ajouté à un énoncé
qui ne modifie pas les rapports mutuels et la fonction des éléments préexistants.
Va ! Va vite ! Va chez la voisine ! L’expansion est vue par Martinet comme créée à partir d’un
prédicat (ici : Va). La base de la syntaxe envisagée comme syntagmatique, c’est qu’à partir de ce
noyau on peut ajouter des choses sans modifier des éléments et la fonction présente.

Question préalable de Martinet : Est-ce que la composition et la dérivation peuvent être


considérées comme des expansions ?

Il semblerait bien que l’on puisse justifier la création de mots nouveaux par composition et
dérivation en tant qu’expansion. Par exemple, si on remplace route par autoroute « il est venu par
la route ». On a remplacé un segment par un autre mais pas la nature des rapports en présence.
Martinet nous dit dans autoroute par rapport à route, j’ajoute un élément mais je ne modifie rien.
Et si on retirait les éléments ? La soustraction des monèmes ajoutés auto- et –ette dans autoroute
et maisonnette ne peut modifier la fonction des éléments en présence. Je l’ai mis dans le vide-
poche => on ne peut supprimer vide ni poche sans modifier les rapports en présence. Je rendrais
un énoncé agrammatical. Dans certains cas, on constate qu’on ne peut en aucun cas considérer
des rapports entre les mots comme des rapports qui ne changent pas des relations en présence et
la fonction de chacun des éléments. Maisonnette aurait pu été envisagée comme une expansion de
maison mais pas vide-poche.

 Il n’y a pas expansion mais création hors contexte d’une unité nouvelle.

Dans la mesure où je découvre qu’il y a création hors contexte et pas expansion en contexte, on a
là affaire à un secteur particulier de l’organisation de la langue, que martinet appelle la
SYNTHEMATIQUE. Martinet entend montrer ce qu’est cette grammaire. Il y a une
syntagmatique qui produit par expansion en contexte des unités, et en revanche il y a un autre
secteur de l’organisation de la langue qui est produit par la création préalable de ces unités, la
synthématique.

Martinet désignera des mots comme maisonnette ou autoroute comme endocentriques, qui ne
modifient pas les rapports des unités en présence ni la fonction. D’autres sont exocentriques, on
ne peut pas remplacer l’un par l’autre dans le même contexte : vide-poche. Les relations que vide
peut entretenir « je vide mes poches » sont différentes que les relations que peut entretenir poche.

Un certain nombre résulte de ce que l’on appelle le figement (parmi les endocentriques) ; Il s’agit
d’anciennes expansions, ces pétrifications d’expansions anciennes. Ils peuvent parfois relever à la
fois de la syntagmatique que de la synthématique.

Caractéristiques d’un synthème :

 C’est une unité sémantique.


sémantique Mais ceci est difficile à prouver. Il résulte d’un choix unique.
La création de cette unité a lieu hors contexte. Si on analyse entreposions (forme verbale
conjuguée) => c’est un syntagme dans la mesure où j’ai choisi le radical du verbe, un
certain temps et une certaine personne (3 points sur lesquels le locuteur s’est porté). Ce
syntagme est lui-même fait partir d’un synthème (entrepose) => plusieurs monèmes
conjoints, choisis indépendamment.

 Un synthème se comporte comme un monème simple,simple donc on pourrait dire que ce sont
des unités de comportement. Comme un monème simple, qui peut porter des modalités.
Par exemple dans chaises longues : les deux segments sont nécessairement mis au pluriel.
La modalité porte sur l’ensemble.

Analyse de entreposions :
/ãtrƏpoziõ/
= syntagme
/ãtrƏpoz-/ /-i-/ /-õ/
= synthème = monème libre = monème libre « 1e
/ãtr-/ /-poz-/ imparfait personne du pluriel »
= monème conjoint = monème conjoint

Quelles sont les principales manières de composer des synthèmes ?

o Composition & dérivation

Composition se fait à partir d’unités qui se rencontrent à l’état isolé dans le discours,
contrairement à la dérivation qui comporte au moins un élément qu’on ne trouvera jamais à l’état
isolé dans le discours. Il peut y avoir passage d’un monème d’une catégorie à une autre, par
exemple, d’éléments composés à affixes. Par exemple l’élément –ment de l’adverbe, on ne le
trouve pas isolé dans le discours, mais vient de mente l’ablatif de mens, «  de manière habile ».
Ainsi il peut y avoir passage d’éléments libres à l’état de suffixe.

o Confixation

Martinet, après avoir envisagé les processus traditionnels de dérivation et de composition, nous
dit qu’il faut envisager un autre processus. Il s’agit de la confixation, qui est la formation de deux
unités dont aucune n’existe à l’état isolé dans la langue « thermostat » (unités empruntées au
langage savant).

 Problèmes de linguistique générale, II, p.163

I. Composés savants < = éléments gréco-latins. Caractérise le français par rapport à d’autres
langues. La réflexion de Benveniste est celle-ci : il faut montrer que ce sont bien des éléments et
que les relations faites entre eux appartiennent bien à la langue où le composé fonctionne. Il
prend l’exemple du mot microbe ; on n’a pas vérifié les conditions de la formation de ce mot.
Microbe dans le VW, emprunt du grec microbios (« a la vie courte »).Or cette explication est
incorrecte pour deux raisons. Benveniste est un très bon philologue. Ce microbios n’a jamais
existé en grec a aucune époque. D’ailleurs il voudrait dire seulement « de petite vie » et non « de
vie courte ». Un autre adjectif a existe pour ce dernier et c’est bracubios. L’adjectif macros ne
s’applique pas à bios. On connait l’auteur du néologisme, et la motivation de ce mot. Ce que
l’auteur Sédillot (scientifique ami de Pasteur) dit, c’est un être petit, le plus petit être vivante. Il
propose ce mot pour désigner cela. Pasteur en a assuré la diffusion. Sédillot avait consulté Littré.
Emploi que fait notre langage des radicaux latins et grecs. Il y a parfois des signes de cet
emprunt, puisqu’il est fréquent que ces radicaux soient pourvus de l’infixe –o (thermostat). La
langue française a combiné micros et bios dans un syntagme français. La notion a été pensée en
français « le plus petit organisme vivant ». C’est du français, et à partir de là microsbios =>
adapté en microbe.

Texte de Benveniste : « Composition et synapsie »

Benvéniste introduit sont propos en disant que nos catégories traditionnelles ne sont pas toujours
valides pour qualifier ce qu’on observe. Certaines formations ne sont même pas perçues,
reconnues.

Benveniste1 explique plusieurs modes de composition. Il développe tout d’abord la catégorie des
composés savants, nommés « confixés » par Martinet, sont formés sur base d’éléments gréco-
latins. Mais le problème est qu’on les a pris pour des unités relevant de la morphologie des
langues classiques. Or ce sont uniquement les éléments qui sont issus du grec ou du latin mais la
formation de ces composés, propre à la langue scientifique, relève du français. Il faut montrer que
les relations qui sont faites entre les éléments appartiennent bien à la langue où le composé
fonctionne : il faut distinguer un confixé, ou composé savant, et un emprunt.

Il prend l’exemple du mot microbe : quelles sont les conditions de la formation de ce mot, de « la
genèse de ce terme capital de la science moderne » ? On sait à qui l’on doit ce mot, Sédillot, mais
les dictionnaires étymologiques l’expliquent mal, comme si c’était un mot emprunté (« emprunt
au grec mikrobios, à la vie courte »). Les conditions de sa formation ne sont pas nettes. Ce
mikrobios n’a jamais existé en grec à aucune époque. Il faut pourtant vérifier qu’un étymon a
existé. Il signifierait d’ailleurs « de petite vie » et non « de vie courte » (existait par ailleurs en
grec). On connait pourtant la motivation du terme : Sédillot, en créant ce néologisme, désignait
« le plus petit être vivant ». On n’a donc ni compris la formation ni la signification du mot. L’un
va de paire avec l’autre.

1
Problèmes de linguistique générale, t.2, p. 163.
Benvéniste définit ensuite une nouvelle classe, celle des synapsie. Elle est à l’origine de
nombreuses nouvelles nomenclatures, scientifiques et techniques. C’est donc une classe très
productive et qui est passée inaperçue aussi bien des locuteurs que des linguistes. Cet objet se
distingue pourtant des autres types de composition, notamment par le fait qu’il possède une
liaison explicite consistant en une préposition (de ou à). Pourquoi ne l’a-t-on pas remarqué ? Car
on a jugé qu’il s’agissait là simplement d’un syntagme.

Pour désigner cette nouvelle classe, Benvéniste fait un emprunt au grec et la nomme synapsie. Il
énumère ses traits caractéristiques :

1) La nature syntaxique de la liaison entre les membres

2) L’emploi de joncteurs (de et à)

3) L’ordre déterminé + déterminant

4) Leur forme lexicale pleine et le choix libre de tout substantif ou adjectif : on a


l’impression qu’on peut créer des formes nouvelles sur forme d’un modèle

5) L’absence d’article devant le déterminant

6) La possibilité d’expansion

7) Le caractère unique et constant du signifié : indépendamment du contexte, la synapsie a


un sens déterminé et constant. Ce sont des termes de nomenclature donc ils doivent être
clairs sémantiquement.
La synapsie possède une capacité d’expansion, soit par des qualificatifs soit par d’autres
synapsies. Benvéniste analyse gardien d’asile de nuit de deux manières différentes :

- Si gardien d’asile de nuit est issu du prédicat « il garde l’asile de nuit » : gardien est un
membre simple tandis qu’asile de nuit est un membre subsynaptique se décomposant en deux
membres simples, asile et nuit.

- Si gardien d’asile de nuit est issu du prédicat « il garde l’asile la nuit » : gardien d’asile
est un membre subsynaptique tandis que nuit est un membre simple.

- On pourrait envisager une 3e possibilité, qu’on traduirait par la phrase « c’est un gardien
de nuit qui travaille à l’asile ». Il y aurait alors insertion d’asile dans la synapsie gardien de nuit.
Mais cette analyse est moins explicite.

On peut dire que ce qui est particulier dans la synapsie, c’est qu’il s’agit du plus syntaxique, du
plus explicite, du plus analytique des éléments appartenant à la catégorie générale de la
composition.

Benvéniste caractérise enfin le joncteurs qui entrent en jeu dans la synapsie. Le choix du joncteur
n’est pas innocent. Par exemple, les déterminants précédés par à ne sont pas des êtres humains, à
moins de vouloir produire un effet dépréciatif.

Pour approfondir : Benvéniste Emile, Fondements syntaxiques de la composition nominale.

Élément clé pour savoir si on a affaire à une synapsie : la nature du désigné (cf 7°).

Dernier paragraphe p173(-174). Ce qui est particulier dans la synapsie c’est que c’est le plus
syntaxique des procédés de formation. Ce qui particulier dans la synapse c’est le plus
syntaxique des éléments de formation. C’est une synapsie essentiellement analytique.

Chemin de fer est une synapsie en français mais aussi un calque de railway (« voix ferrée »).

Même dans la composition savante, il y a parfois un élément de joncteur, il s’agit du o. Il s’est


généralisé pour les compositions savantes indépendamment de l’origine du mot. Il reprend les
traits en les explicitant car il dit qu’il y a de et a dans la synapsie et que l’ordre est toujours
déterminé + déterminant. Que signifie « idiomatique » ? C’est ce qui appartient à la langue de
formation, ce ne sont pas des éléments de formations externes à la langue comme dans
télégraphe par exemple. Tous ces traits mettent la synapsie en contraste avec la composition
traditionnelle. On peut facilement créer des formations syntagmatiques qui vont avoir un signifié
unique et constant. Ça en fait un instrument idéal pour construire une nomenclature, c’est à dire
une terminologie (dans le sens « d’ensemble de termes »).

Tous ces traits mettent la synapsie en contraste par rapport aux autres procédés de formation. Ce
qui est intéressant est que la composition en français est facilement bloquée, ce n’est pas facile
de faire des mots nouveaux en français (langue peu grammaticale), tandis qu’avec les synapsies
c’est facile. C’est donc un instrument idéal pour construire les nomenclatures. Nomenclature =
terminologie = ensemble des termes d’une discipline donnée ; quand on parle de termes, on
entend par là des mots monosémiques, qui s’oppose donc aux mots courants qui sont souvent
polysémiques ; les termes ont un sens spécifique et constant, et déterminé au moment du choix du
terme ou de la création du terme. La synapsie est donc particulièrement rentable dans la création
de nomenclature.

Les expansions de synapsie se réalise par les adjectifs ou des nouvelles fonctions. La suite de
l’article explique la valeur des joncteurs. Ce que dit la langue est que la langue signifie même
dans ses instruments grammaticaux. Le choix du joncteur n‘est pas innocent.

P176 : pas de à avec les noms humains car c’est dépréciatif.  On voit que la langue signifie
quelque chose même dans ses instruments grammaticaux.

L’objet de l’article était de lui donner son statut linguistique en montrant les particuliers des
différentes sous-classes : composés, conglomérés et synapsie. Il y a un fondement syntaxique.

Récapitulatif :

Le lexique n’est pas une masse informe dépourvue de structure.

Saussure, dans son Cours de linguistique générale, pose le principe de l’arbitrarité du


signe et donc des systèmes que sont les langues, mais il y a des limites à cette arbitrarité car on
trouve de la motivation relative de certains signes. Jusqu’ici, on a identifié des éléments. Dans
les composés, on a affaire à des éléments qui n’existent pas à l’état isolé dans le discours. Qu’est-
ce qui a été fait ? On a identifié des unités, on les a mises en relation avec d’autres unités d’une
même langue et d’une même synchronie linguistique.
La deuxième approche est celle de Martinet, avec Saussure on n’a vu qu’il y a des
langues plus grammaticales que d’autres mais attention, la syntaxe qui forme les phrases
(syntagmatique) n’est pas la syntaxe qui forme les mots (synthématique). Rocher écrit Base-
radical  : alors que Martinet nous informe des différences entre la syntagmatique et la
synthématique (qui aboutit à la création d’unités nouvelles qui sont des unités de mémoires même
si difficile à prouver). On peut aussi montrer la différence entre la morphologie grammaticale et
la lexicale d’où l’importance de bien distinguer avec les termes ce qui relèvent de l’une et de
l’autre (c’est ce qu’on retrouve dans le texte de Rocher. Ce dernier nous donne l’exemple du
verbe, qui est accompagné de toutes ces formes radicales appelées « thèmes ». Ex. Ama – amav –
Amat  : si verbe régulier, si on donne une forme, on peut en déduire toutes les autres. N’importe
quelle forme suffit à déduire toutes les autres. Qu’un verbe soit régulier ou non, toutes les cases
doivent être remplies (il peut être conjugué à tous les temps quelle que soit la régularité). On
parle de « tiroirs verbaux » pour désigner les différents temps et modes. Ceci appartient à la
morphologie grammaticale. Si on prend amant, le radical est am (pour former amant). Mais si
on a amat, on trouve un autre radical pour former amateur. On peut dire que tous les verbes à
thèmes a ont une déclinaison régulière mais on ne peut pas dire qu’il était prévisible de construire
amant et amateur. Il faut préciser la dénomination de ce dont on parle. Si on revient à Martinet,
On doit identifier les éléments et les liens entre ceux-ci, la grammaire des mots n’est pas la même
que la grammaire des phrases. La grammaire qui forme les paradigmes n’est pas là-même que
celle qui crée les dérivés.

Si on prend l’article de Benveniste, on analyse d’abord le cas de Microbe. On retrouve


également la notion de synapsie, bien que le modèle existe déjà dans la langue, on constate la
profusion du canevas : un élément + joncteur + autre élément. D’une certaine manière, le joncteur
fait que la relation est rendue explicite. Ex. Avion à réaction, il y a une explicitation possible
mais vague de la relation sémantique qui unit les deux termes, ce n’est pas comme dans vide-
poche ou oiseau-mouche. Il y a une explicitation de la relation. Ce processus nous permet de tout
former y compris en mettant à la place de l’élément déterminant un élément complexe pour faire
une subsynapsie. On va maintenant étudier le point de vue de Benveniste sur la composition au
sens large après avoir donné quelques mots sur sa vie.

1.1. Benveniste : bibliographie

Benveniste est l’auteur de Problèmes de linguistique générale, il est né en 1902 en Syrie, il n’est
pas français mais est en territoire français. Il est mort en 1976 en France et toute sa carrière se
déroule là. Il a été élève de Meillet à l’Ecole pratique des hautes études. Il devient enseignant
dans une des plus hautes institutions à 25 ans, Le Collège de France. Il va se réfugier en Suisse
puis revenir, il s’investit dans la Société linguistique de Paris. Il fonde une revue nommée
L’homme. Sa langue maternelle est l’iranien mais il se tourne vers l’étude des langues
indoeuropéennes. Il publie « les origines de la formation des noms en indo-européen » et Le
vocabulaire des institutions indo-européennes, cela reflète la relation qu’il veut faire entre la
langue et la culture. Cela renvoie à l’idée que la langue est le reflet de la culture. Il écrit un autre
livre : Nom d’agent et nom d’action en indo-européen. Beaucoup d’études que l’ont fait
aujourd’hui notamment sur l’énonciation, s’inspirent de son œuvre. Il fait penser à Saussure au
niveau de son évolution, il passe d’un domaine précis à la linguistique générale. Dans le volume
2 qui recueille ces œuvres, il y a un chapitre qui s’appelle « Fonction syntaxique » et ça
rassemble des questions qui concernent la formation des mots. Ceci pose problème car on
différenciait la grammaire des mots et des phrases alors que Benveniste traite de la formation des
mots sous le nom de syntaxe : on retrouve cela dans « Forme et nouvelle de la constitution
nominale » et l’autre article est « Fondement syntaxique de la composition nominale ». Cela
montre qu’on ne résonne pas à travers une seule langue.

 « Fondement syntaxique de la composition nominale » de Benveniste

On se trouve ici dans le chapitre qui s’intéresse aux composés au sens strict. Les liens
syntaxiques qu’on peut observer dans les compositions en français mais aussi dans les autres
langues. L’article commence le sujet en rappelant que les désignations sont souvent imparfaites.
Il faut reclasser les objets langagiers en les observant convenablement et créer pour les désigner
des catégories ou des noms d’ensemble qu’on pourrait appeler métalinguistiques. Beaucoup
d’articles de Benveniste commence par ce propos : « nous avons l’habitude de dire que ce sont
des pronoms… ». On a toujours considéré que la composition est au niveau de la morphologie
des mots, tout comme la dérivation. Cela est vrai. Dérivation et composition sont considérées
comme deux variétés de la composition des mots, mais il y a toujours un lien avec la syntaxe.

Un terme clé est celui de « fonction », on peut dire que la linguistique n’est pas une science mais
ce qui relève de la terminologie linguistique est parfois polysémique. Qu’est-ce qui les rend
possibles ? Qu’est-ce qui les rend nécessaires ? Il dit que les composés sont nécessaires et il
s’interroge sur les moyens qu’a la langue pour construire ces unités nouvelles.

Le postulat de départ est que les composés sont des organisations syntaxiques. « La
composition est une micro-syntaxe » (phrase clé). L’auteur examine les principales classes de
composés telles quelles sont partout reconnues. Il a utilisé toute la documentation disponible sur
toutes les langues pour arriver à une synthèse. Nous posons le principe qu’un composé comporte
toujours seulement deux termes (pas plus pas moins) même la synapsie a été réduite à deux
termes. Cela veut dire que la composition a deux termes (mais on peut y avoir des sous-termes
comme gardien d’asile de nuit). Quels sont les critères qui vont servir à classer les composés de
toutes les langues ?
On va considérer deux critères dont l’un prime sur l’autre : il parle de deux « facteurs » (= mots-
clés) et on le comprend comme critères qui répondent à des fonctions différentes. Les facteurs
relèvent de la relation logique et de la structure formelle. On voit que la relation logique est
sous-jacente à la structure formelle. La structure formelle dépend des relations logiques. On va
pouvoir observer dans la structure formelle des relations logiques. Certains éléments rendront
parfois cette relation logique visible. C’est la relation logique qui fournit les critères. Seule la
relation logique fournit les critères vus que la structure formelle n’est que la visualisation de ce
qu’il se passe au plan logique.

Il distingue deux classes de composés à partir de ces deux critères :

 Celle où la relation entre x et y est interne et équivalente (ne dépasse pas ces deux
termes)  Relation interne ex. x – y . La relation est équidimensionnelle.

 Celle où la relation entre x et y implique un autre terme (et donc dépasse cette
relation), relation externe.  Relation dépasse les termes. X – y / z

Il va envisager dans cet article tous les composés qu’il a pu identifier dans les langues connues et
il va les classer dans ces deux classes. Dans la première classe, il distingue quatre groupes :

a. La première classe est la classe « dvendra » qui signifie « père « : il conjoint deux
substantifs qui sont équipotents, ils sont coordonnés. C’est piter-amatara « père-mère »
 « les parents ». Il renvoie à plusieurs objets.
b. Le composé renvoie maintenant à un seul objet : ex. Oiseau-mouche, il y a deux
substantifs mais le référent est unique. Le premier fournit la dénomination et le
deuxième la spécification. Il y a une forme de détermination de mouche par rapport à
oiseau. Entre les deux référents, il y a un rapport de disjonction. La relation est
sémantique ; L’objet ne relève pas identiquement des deux classes, il appartient à une des
classes par nature (c’est bien un oiseau) et par l’autre, il est attribué figurément (« petit
comme une mouche »). Un autre exemple est papier-monnaie. La constitution
syntaxique : la jonction n’est pas de l’ordre de l’être (l’oiseau n’est pas la mouche). Mais
c’est un mécanisme d’assimilation sémantique (il est comme la mouche)
c. La troisième classe est le composé de dépendance envisagé à travers l’anglais.
L’exemple set arrow-head : cela désigne aussi un seul objet. Il y a aussi le grec oiko-
despotes. On voit clairement la relation avec la syntaxe libre, le maitre de maison peut
être rapporté à une phrase telle que « Il est maitre de la maison ». Quand on dit « maitre »
c’est toujours « maitre de quelque chose ». On est obligé de supposer un terme qui se
rapport à un autre. Il y a un appel à ces termes relatifs.
d. Le type qui nous dit-il pourrait être considéré comme le type classique. L’exemple est le
latin signifer « qui porte l’enseigne ». Contrairement aux cas précédents, c’est composé
d’un verbe et c’est le type du français porte-monnaie. Le même type se définit par une
différence de séquence. Qu’est-ce que l’on peut dire ? On peut rapporter ce type de
formations à l’énoncé libre qui en est la source : « il porte l’enseigne ». Le « il » est
désigné par signifier, c’est lui qui porte l’enseigne.

On passe à la deuxième grande classe qui unit x et y. La fonction syntaxique et la relation dépasse
x et y. On se trouve donc dans le deuxième cas.

e. C’est la classe de français rouge-gorge ou du grec kuno-kephalos « à la tête de chien ».


Rouge-gorge est « oiseau à la gorge rouge », il a ici la valeur d’un adjectif. La définition
a toujours posé problème. Benveniste retient celle de bahuvrihi et on va comprendre
pourquoi il utilise ce terme ; C’est « beaucoup » « riz » qui signifie « l’homme-riche » (=
« ayant beaucoup de riz »). Ce type qui nous paraît obscur est choisi comme parangon
d’une classe, c’est ce qui représente le mieux le type qui doit être étudié. Qu’est-ce qui est
la particularité ? On n’a pas une construction syntaxique simple mais complexe car on est
obligé de reconstruire deux propositions sous-jacentes et non une seule. Dans les cas
précédents, une seule suffisait ; ici, il y a deux prédications. On pourrait dire : « Sa gorge
est rouge » mais avec le « sa » on a une proposition d’attribution, il faut donc deux
prédications. On pourrait ajouter « l’oiseau a gorge ». On doit soumettre deux
propositions dont une est soumise à l’autre. Cela définit la structure syntaxique du
bahuvrihi.

Il y a une marque formelle d’attribution. Cran-suil-ech : « sombre » « yeux » et « = ». Le


prédicat est rendu visible par un suffixe qui indique l’attribution.

La structure formelle n’est pas homologue à la structure syntaxique. On a l’impression qu’il y a


deux éléments nominaux et pourtant, on a rien compris si on n’a pas vu que cette structure
syntaxique dépasse la forme. Pour Benveniste, on voit qu’il y a la logique, la syntaxe et la
morphologie. Il y a qqch de sous-jacent qui domine le tout : la fonction attributive. Fonction
attributive : suppose qu’il y a un attributaire qui est en dehors du composé : ou bien il est
déterminé ou bien c’est quelqu’un (« aux yeux sombres »). Il est soit générique ou déterminé. Ce
qui est essentiel c’est qu’il y a deux plans de prédication : celle de qualité (la gorge est rouge) et
celle d’attribution (l’oiseau à une gorge). Il y a deux plans de prédication : prédication de
qualité, qui est subordonnée à la prédication d’attribution.
A partie de là, il revient sur la distinction entre le type 1 et le type 2 ; il va appeler les bahuvrihi,
les biplanaires car la relation est supérieure à celle des composés.
Il y a un suffixe qui transforme la catégorie. Dans le bahuvrihi, on voit la fonction attributive
que remplit le suffixe. La structure des composés et la biplanaire vont de pair. Il y a d’abord la
fonction essive de spécialisation et puis la fonction attributive.

Quelques remarques :

 Les relations entre les composés sont représentées par un « x » et non par un « + ».
 Si on a trois éléments on a soit des conglomérés soit des composés multiples qui se
subdivisent en éléments inférieurs.
 Les composés sont des micro-syntaxes. La composition est issue des constructions
syntaxiques avec leurs variétés de prédication (à assigner au terrain logique).
 Toutes les formes de composition au sens large ont un substrat syntaxique.

La fonction des composés est « Transférer au virtuel le rapport actuel de prédication énoncé par
la proposition de fondement ». Quelque chose a disparu du substrat syntaxique : le rapport
actuel. Autant dans une phrase comme J’ai faim que dans une phrase comme La terre tourne
autour du soleil. La langue avait besoin de créer des unités nouvelles fondées sur un rapport
syntaxique tout en laissant de côté ce rapport actuel lié à l’énonciation. On retrouve alors l’idée
que même si on peut créer des termes nouveaux, ils préexistent à l’énoncé.

Dans les classes envisagées par Benveniste en ce qui concerne la composition (au sens large) :

 La composition stricto sensu : deux grandes parties et divisées en 5.


 Les composés savants
 Les conglomérés
 La synapsie
Analyse du texte de Michaux

Il dit qu’il ne faut pas confondre la dérivation qui se passe sur un plan morphologique et la
composition qui est plus syntaxique.

On va s’interroger à la structuration syntagmatique du lexique. On va envisager la grande


grammaire, la syntaxe en tant qu’elle lie une part du sens. Ce qui distingue Michaux des autres
poètes est son amour de la langue à travers des mots qui n’appartiennent qu’à lui.

« Il l’emparouille et l’endosque contre terre  […] Il lui barafle les ouillais […] L’autre hésite,
s’espudrine et se defaisse, se torse, se ruine ».

Comment objectiver la part de sens que l’on peut comprendre ? Si on voit un texte étranger
on se demande d’abord en quelle langue il est écrit. Ici il n’y a pas de doutes. On reconnait
par exemple

 Le pronom personnel sujet singulier 3e p. « Il ». On a toute une série de sujets qui ne sont
pas répétés (pas obligatoire).
 « Le », pronom objet 3 psg.
 « Lui » pr. Pers. Obj et ind. 3 ps.
 « Les » art.déf. m. pl.

Ce sont des mots grammaticaux.

 Le « s’ » des verbes pronominaux prolongent cette continuité anaphorique.

Quels sont les éléments grammaticaux qui permettent d’identifier un verbe ?

 Le pronom, morphème libre


 Les morphèmes liés (la terminaison)

Il y a aussi des verbes identifiés par les pronoms mais aussi par la terminaison. Au-delà de la
catégorie verbale on identifie quelle propriété verbale ? Il y a des verbes transitifs dont on
pourrait faire la liste : barafler. Il y a aussi des bi-transitifs et des pronominaux réfléchis (avec se).
 La liste s’organise grâce à des traits grammaticaux. La liste commence déjà à s’organiser
simplement avec des traits grammaticaux qui relèvent de la grande syntaxe.

 Les substantifs vont être identifiés eux-aussi par des articles, par des morphèmes liés (‘s’
du pluriel).

Il y a des mots qu’on reconnaît comme contre terre. Les substantifs sont identifiés par les
articles mais aussi par les morphèmes liés. Il ya un mot grammatical assez précieux pour
comprendre une partie du sens : contre, autre - parmi deux - (pronom indéfini qui sert à
réciproquer et à inverser la continuité anaphorique). C’est certainement + animé et + humain.
 Le pronom indéfini qui sert à inverser la continuité anaphorique « l’autre ».

On voit qu’il y a un mélange de formes connues et de formes qu’il faut identifier. Une part du
sens est donnée par la grammaire, par l’appartenance catégorielle. On doit trouver celle-ci à
partir d’indice qui sont des morphèmes libres (conjonction, etc.) mais aussi à partir des
morphèmes liés. On voit à partir de tout cela se dessiner une bagarre. Une part du sens est donnée
par la grammaire, par l’appartenance catégorielle.

On a des indices de classèmes : le sujet est animé et grâce à l’autre, qui inverse le processus, on
voit que tous les deux sont animés et humains. Cette grammaire de la phrase nous aide à assigner
les formes à des classes et à trouver des compatibilités de ces formes. Quand tout cela a été fait,
on voit qu’on est obligé de poser pour les deux sujets ce qui se débute comme classème : une
grande catégorie sémantique à implication syntaxique. Une part du sens se déduit de ça. Certains
diront que cela va au-delà de la pure syntaxe.

A. Morphologie

On quitte la grande syntaxe pour repartir sur l’analyse comme on l’a faite sur l’axe
paradigmatique. On s’intéresse à la grammaire interne (morphologie) et non plus à la syntaxe.
On reconnaît des préfixes comme em-, en-, es-. Chez Michaux, il n’y a pas que des mots
inconnus, on va lui assigner un sens lexical à partir de ce qui est présent. Si on relie endosquer à
quelque chose qui ne se trouve pas dans l’énoncé  Axe paradigmatique/associatif. On peut aller
plus loin grâce à la présence de contre terre.

L’effort va être d’assigner du sens en utilisant ces deux axes. Est-ce qu’une part du sens est
déduite des classes, des assignations temporelles, des compléments ? La réponse est oui et on
peut dire un certain nombre de choses. On peut amorcer un glossaire du texte.

Une part du sens est également liée à l’association des formes lexicales et à des caractéristiques
grammaticales (axe syntagmatique). Un mot qui a peut de valeur d’échange a peu de chance
d’être un mot.

La structure sémantique du lexique, ou structure des signifiés

Y a-t-il une structure dans les seuls signifiés ?

On va laisser tomber les rapports entre formes et sens pour se pencher sur le sens. On va montrer
l’ambivalence / le double rôle sémantique des formes lexicales. Elles seront ensuite opposées à
d’autres types de signes. Cette base nous permettra d’aborder les tris classes fondamentales :
Ambivalence, hyperonymie, antonimie + polysémie.

1. L’ambivalence fonctionnelle du mot lexical


Ouvrage d’Irène Tamba, La sémantique (coll. Que sais-je)

Si on repart du signe saussurien, on voit que la linguistique structurale envisage une seule relation
interne au signe que Saussure appelle la relation entre signifiant et signifié. Cette relation signifie.
On peut définir le sens et voir qu’il y a un lien indissoluble entre l’image de la forme insoluble
qui est concrète et un signifié qui est abstrait. La flèche symbolise la relation fondamentale qui
unit le signifiant et le signifié. Pour Saussure on se limite à ça en étudiant le signe. Et pourtant, il
dit qu’on va voir cela comme une relation première. Le mot fonctionne comme un signe et cela
permet aux hommes d’échanger des mots contre des objets du monde. Grace à cette relation, on
peut parler d’objets concrets, abstraits et imaginaires. La valeur du signe dépend des relations
qu’il entretient avec d’autres mots. Cette valeur est déduite par opposition. Un signe s’oppose à
tous les autres signes mais certaines relations sont plus intéressantes pour déterminer la valeur.
Les relations s’établissent par la syntagmatique : chaud n’a pas le même sens quand il se
rapproche de couleur ou café. La valeur est déterminée par dérogation au sein du syntagme mais
aussi par des relations avec ce qui est absent (associative). On peut mettre en relation chaud,
bouillant et tiède. Ces mots appartiennent au même registre de signification. Les mots se
caractérisent par des relations formelles et sémantiques qui déterminent la valeur du terme. Les
oppositions peuvent être faite en présence ou à l’intérieur d’une association (lien
paradigmatique). Le mot fonctionne comme un signe et permet à l’homme d’échanger des
paroles contre des objets du monde (« Donne moi une pomme »). On peut obtenir des objets
concrets ou imaginaires.

Comme le dit Tamba, cette relation n’est pas exclusive. On peut aussi échanger des mots contre
d’autres mots. On peut parler des mots eux-mêmes avec d’autres mots. Il n’y a plus la relation
entre le signe et un objet du monde, mais entre des signes. Elle permet l’apprentissage de la
langue et du monde. Le signe lexical c’est une association de sens et de référence. Cette manière
de définir le signe lexical est celle qui est le plus commode pour voir que dans la langue, tous les
signes ne fonctionnent pas comme ça. Cette relation de référence a été mise de côté par la
linguistique saussurienne par toutes les formes de linguistiques qui voulai qu’on ne confonde pas
les signes avec le réel, et pourtant il est fondamental de voir que ce lien de référence, qui fait du
signe un nom, une dénomination, et bien elle permet pour les signes lexicaux, se référer à des
classes d’objets. « Pomme », c’est le nom de tous les fruits charnus que je peux obtenir en
utilisant le nom « pomme ». Ainsi c’est le nom d’une classe d’objet. Je peux aussi dire « donne
moi la pomme ». La propriété du signe lexical est de pouvoir désigner une classe d’objet ou un
objet particulier déterminé par le contexte d’énonciation. Le signe fonctionne comme
dénomination et peut s’échanger contre d’autres dénominations. Une unité formelle unique
remplit deux rôles sémantiques distincts : signification et référence On réhabilite donc le lien
référentiel comme un lien linguistique à part entière. A partir de là on peut distinguer d’autres
signes.

On peut distinguer les signes lexicaux des autres signes :


 Les noms propres ne fonctionnent pas de la même manière : il ne désigne pas une classe
d’objets mais un individu en particulier. De plus, le lien de référence correspond à la
signification. La référence est toujours unique.
 Je, tu renvoie à celui qui énonce, à l’allocutaire. Ces mots paraissent fortement engagés
dans la référence. On parle des signes embrayeurs. Ils embraillent le discours sur
l’énonciation, ils servent à l’ancrage de l’énonciation.

Les signes dit embrayeurs sont ceux qui ancrent l’énonciation vue comme acte où le sujet prend
la langue et en même temps se nomme à l‘intérieur du discours en je. Il nomme son locuteur en
tu. A ces termes indexicaux s’ajoutent ici, maintenant, etc. Leur particularité est de changer de
valeur à chaque nouvelle énonciation particulière. L’ancrage se fait par référence à l’énonciation
comme acte mais aussi à l’intérieur de l’énonciation par ostension.

On peut aussi faire des renvois par ostension ou par proximité (aller ou venir). Il y a une
référence à la situation.

Indexicaux est utilisé comme épéronyme de l’ensemble, c’est «  l’énonciation comme acte ».

La déixis c’est montrer, l’ostension c’est montrer. Le plus commun des déictiques est ça, c’est le
réfèrent de son propos. Tamba : cela réfère à quelque chose dont on prend en cause la seule
présence. Si le référent de ça n’est pas présent, le discours n’a aucun sens.

La référence est faite à l’instance de l’énonciation. Que dire des noms propres ? Ils ont une
référence unique et se situent en marge des signes lexicaux. Cette référence peut être fait hors
contexte. Je peux nommer Louis XIV même si je ne l’ai jamais vu. Ce qui est distinct avec les
embrayeurs c’est que la référence unique est indépendante de l’énonciation. Cela les rapproche
des signes lexicaux même ils n’ont pas une fonction sémantique complète, ils ne peuvent jamais
que désigner un individu. Les individus qui possèdent un nom le garde indépendamment du
contexte d’énonciation.

 On n’a pas encore envisagé les signes grammaticaux. Quelle est leur particularité ? Ils
sont dépourvus de valeur dénominative. On voit ainsi se dessiner une psychologie des
signes qui fonctionnent avec cette seule valeur dénominative. Ils ne peuvent pas
fonctionner seuls. Les signes grammaticaux appartiennent à des groupes fermés avec des
nombres restreints de termes. Ils acquièrent leur valeur par opposition, générale mais
relativement stable. La frontière n’est pas étanche enter les mots lexicaux et
grammaticaux et les indexes et les grammaticaux. On observe le passage de mots lexicaux
à grammaticaux  c’est le processus de grammaticalisation. Il y a une perte de valeur
référentielle. Ces signes sont secondaires par rapport aux lexicaux et ??? Les auxiliaires
sont issues de verbes pleins (ex. a).
Tamba dit que cela suggère que les signes linguistiques se sont élaborés selon trois processus et il
y a une triple structure de signe :

1. La désignation
2. La lexicalisation : on ajoute une relation sémiotique
3. La grammaticalisation : on détache la forme de sa valeur désignative pour la rendre
abstraite. Pour Tamba : « abstraction graduelle liée à des contraintes cognitives ».

Article « La nature des pronoms », Benveniste (-> p.257). La subjectivité dans le langage
(approfondissement).

L’auteur nous dit qu’on a l’habitude de considérer qu’il s’agit d’une classe formelle et
fonctionnelle lorsqu’on parle de pronoms. Souvent on s’attache à des aspects extérieurs sans
comprendre la signification dans le langage. L’universalité de ces formes conduit à penser que
cela est un problème de langage, de langue car il serait d’abord un problème de langage. C’est
comme fait de langage que nous le poserons ici pour montrer que les pronoms ne constituent pas
une thèse (je, tu, il, ne se situent pas forcément dans le même plan).

 Première approche : les pronoms personnels

L’auteur dit qu’on a l’habitude de considérer que ces pronoms forment une classe formelle et
fonctionnelle. Benveniste dit qu’on s’accroche à des aspects extérieurs sans comprendre le sens.
Le problème des pronoms est un problème de langue car il est avant un problème de langage. Les
pronoms ne constituent pas une classe unitaire : je tu et il ne se situent pas dans le même plan. La
première approche est celle des pronoms personnels.

1. Pronoms personnels

La grammaire met dans le même plan des choses qui n’ont rien à avoir, je tu et il. Comment
montrer cette différence ? Benveniste va nous montrer qu’il existe des énoncés qui contiennent je
et tu et d’autre part des énoncés qui contiennent seulement des il. Il fait référence à différents
types de textes. Chaque instance d’emploi d’un nom (qui diffère de celle de pronom) réfère à une
notion consciente et objective apte à rester virtuelle ou à s’actualiser. Le nom est une
représentation objective constante. Le nom a un signe qui lui est associé mais les instances
d’emplois de je ne constitue pas une instance de référence. Chaque je a sa référence propre.
Chaque référence propre singulière est liée à chaque acte d’énonciation. Il y a une différence
entre la nomination objective et la désignation. Je ne peut être défini qu’en termes de locution
« fait de dire ». Il va venir à la définition du je en plusieurs phases :
La définition de je en plusieurs phases :

1. Je signifie la personne qui énonce la présence instance d’énonciation contenant je. Il y a


dans ce procès une double instance conjuguée.

2. L’instance de discours contenant je comme référé. Cette forme nous est montrée comme
un outil spécial dont dispose la langue pour à la fois créer l’instance de je comme ce qui
réfère et d’autre part l’instance de discours comme contenant je comme référé. Je signifie
la personne qui énonce la présente instance d’énonciation contenant l’instance
linguistique je. L’instance d’énonciation en tant qu’elle est référée par je, et l’instance
linguistique qui sert à encrer le discours.

Tu signifies l’individu ou la personne allocuté, convoqué par je, dans la présente instance de
discours, contenant l’instance linguistique tu. On forge des définitions tenant compte de
l’instance de discours et de l’instance de personne.

Ici (hic), signifie l’objet désigné par un indicateur d’ostension concomitant à la présente
d’instance d’énonciation. On voit le rôle de pivot qu’exerce le je dans cette série. On peut défini
ici et maintenant également à partir du je. Cette signification doit être sonnée à partir de
l’instance d’énonciation. L’essentiel est le rapport entre les indicateurs et la présente instance de
discours.

Benveniste dit qu’on obtient des paires qui fonctionnent dans la langue : je et il. Il est un substitut
de nom et le sens est en relation avec ce qui est énoncé objectivement dans le discours, d’où les
paires : hier/la veille. La langue par ses formes, dévoilent la différence.

21/11

Organiser des relations entre les formes de langue, formes essentiellement lexicales, qui sont
traditionnellement envisagées sous le nom de synonymie (emprunt au grec), hyperonymie,
antonymie (création à partir d'éléments de formation). On peut décrire ces relations en langage
ordinaire. On peut par exemple définir les synonymes comme des mots qui veulent dire la même
chose, alors que des antonymes sont eux des opposés.
Nous avons vu que la structure des signifiés pouvait être décrite en vertu de deux relations :
interne et extterne au signe. On trouve un essai pour intégrer à leur description, des notions
logico-mathématiques. On va se référer à la théorie des ensembles. Ces notions logico-
mathématiques vont se baser sur la décomposition de la référence.
 La synonymie
La synonymie fait référence à des mots ayant le même sens. Dans un réflexion plsu avancée on
va dire que cela implique que ces mots ont le même statut morphosyntaxique. Un verbe n'a en
effet pas le même sens qu'un substantif. On peut aller plus loin grâce à notre faculté de nous
servir de la double relation de signification. On aura des paires de synonymes, qu'on pourra
éventuellement multiplier.
Ignorer – ne pas savoir ; Ictère – jaunisse  ; Trouiller – avoir peur ; Tauromachie -corrida  ;
Guenon – laideron  ;Endive – chicon ; vélo – bicyclette ; aigu - pointu
Ce sont des paires de mots qui ont la même signification. La valeur d'échange du terme ictère est
différente de celle de jaunisse. Ictère est en fait issu du langage scientifique. U des termes est
connoté comme étant reçu par de personnes, et donc non maîtrise par tout le monde. Certains
peuvent dire que la différence de sens entre trouiller et avoir peur pourrait apporter des nuances.
En ce qui concerne la différence entre endive – chicon, ainsi que dîner – souper, on est dans
l'ordre d'univers de langue. On voit bien qu'elle paramètre sur lequel se situe cette différenciation
est donc différente. Quant à la différenciation entre guenon et laideron, guenon est d'abord la
femelle du singe, puis vu que l'on peut dire que la femelle du singe n'est pas belle, par métaphore
peut être considérée comme la femme laide et donc par laideron. Le cas de vélo et bicyclette fait
référence à une différence d'usage. En effet, bicyclette fait partie de notre usage passif. Pour ce
qui est d'aigu et pointu, c'est que ces mots n'avaient pas forcément la même distribution (objet
pointu – voix aigue). Ca nous fait penser à ce que disait Bédier (?) : la somme d'un mot est la
somme de tous ses emplois et la relation avec toutes les personnes qui peuvent employer ces
mots. La synonymie est donc limitée par ces deux paramètres. Quels contextes admettent tel ou
tel mot ? Et quel schéma d'interlocution admettent tel ou tel mot ?
Si vieux bougre veut dire « mon cher ami » dans la lettre à Flaubert, on ne peut pas dire que ces
termes sont synonymes. On Il est évident que ce sont des équivalents contextuels. Un dictionnaire
bien fait va tout de même repérer des emplois possibles d'un mot comme soulier pour désigner
quelqu'un dans le peuple wallon. On ne parlera pas à proprement parlé de synonymie car il s'agit
de contexte particulier.
Tous les termes vus précédemment ne sont eux pas liés à un contexte particulier. La où on peut
avoir une équivalence précaire lié à un comportement langagier, on délimite au contraire la
synonymie par une équivalence durable, stable, et qui concerne donc la langue. Une manière de
repérer la différence et de voir que dans l'échange de mots il est utile de préciser de façon
générale que trouiller a la même signification qu'avoir peur. Pour de nombreux usagers il est clair
que trouiller est la même chose qu'avoir peur > synonymie véritable qui n'est pas systémique.
Un autre problème, qui se situe au niveau du système lexical, est que la synonymie peut ne
toucher qu'un sens particulier d'un tel mot polysémique. On voit que de toute façon, la synonymie
reste souvent, sinon toujours approximative. D'ailleurs la synonymie constitue la théorie,
puisqu'en principe à chaque différence de terme, diffère le contenu. Pour des termes qui
paraissent aussi proche qu'aigu et pointu, on va vori que la distribution de aigu et de pointu n'est
pas la même. Donc les contextes dans lesquels on va releève ces termes, on va retrouver des
similitudes, et des contextes un l'un des deux termes sera refusé, ou préféré. Ce snt donc la des
préférences sémantiques minimales. La distribution de « ne pas savoir « n'est pas la même que
celle d'ignorer alors que certains contextes acceptent les deux : j'ignore son nom, - je ne sais pas
son nom. Cependant on peut dire j'ignorais sa venue, mais pas je ne savais pas sa venue. Des
différences sémantiques minimales se repèrent grâce à la distribution. C'est à dire que les
distributions ne sont pas identiques.
Pour tous les cas qu'il reste, pour définir la condition de la synonymie il faut une identité
référentielle, le signe doit pouvoir nommer le même objet du monde et doit aussi être doté d'une
signification identique avec des distributions sembles ou analogues. On voit donc que l'identité
référentielle ne suffit pas. On voit qu'un objet du monde peut être désigné par plusieurs noms. Je
vous ai apporté des roses et tu as mis les fleurs dans un vases. On sait que la co-référence ne
suffit pas : un objet du monde est susceptible de connaître des noms spécifiques ou généraux. Il
faut donc non seulement, quel lien se fasse au niveau de la nomination, mais qu'il se fasse aussi
au niveau de la signification. Les mêmes traits sémantiques doivent être présents dans les deux
cas. L'analyse du sens doit livrer le même nombre de traits. Mais alors, une autre manière de se
dire ceci « que signifie alors cette différence de forme » ? Pourquoi la langue devrait être un
système rationnel ? On peut dire que la différence se situe tout d'abord dans un univers discursif
particulier : je choisis dans mon répertoire trouiller ou avoir peur, et je crée de la sorte une
relation avec mon interlocuteur. Dans d'autres cas ce n'est pas l'univers discursif qui est visé, mais
plutôt une sorte d'univers de langue. Si j'emploie le mot ictère, c'est que j'ai appris ce qu'il
signifiait. Un terme appartenant à une langue de spécialité, doit recevoir une définition qui lui
correspond. On révèle donc pas la un univers de langue (si j'emploie ictère, c'est que je suis
médecin). T donc on va voir que des deux côtés, aussi bien lorsque l'on va cette différence au
niveau discursif, on voit que l'un des termes est marqués parce qu'il est reconnu comme neutre,
ou parce que l'autre appartient à une norme imposée par la langue. Donc deux manière
d'envisager cette différence.
On découvre alors une troisième relation, celle que le signe a avec celui qui l'emploie. Cette
duplicité n'est pas gratuite, elle révèle d'une part la relation de l'énonciateur avec son discours et
son interlocuteur particulier, et puis elle révèle ce qu'il est en tant que locuteur, quel est son
univers linguistique ; Il révèle donc une part de son idiolecte.

28/11/17

Rappel : On est occupé à étudier les structures sémantiques du lexique : les relations entre les
sens. On a postulé l’ambivalence sémantique du signe lexical : il a à la fois une signification et
une référence. La première est la relation sémiologique (relation signifié et signe) la deuxième est
la relation référentielle qui ne peut pas être écartée. Elle pose un problème qu’on a pu voir à
travers la critique de Bloomfield. Il existe une relation interne au signe (signification) et externe
(lexicale) qui est une relation de référence. Il y a des signes qui marchent du côté de la référence
(les embrayeurs) : ils réfèrent toujours à un acte d’énonciation. Les signes lexicaux c’est
différent. Les signes grammaticaux, on ne peut pas percevoir de référence (mais ça ne veut pas
dire qu’ils n’ont pas de signification), elle est d’autant plus abstraite que le signe est grammatical.

C’est en tenant compte de cette double relation qu’on arrive à décrire les relations
fondamentales : on a déjà vu la synonymie. C’est la relation qui fait que certains mots signifient
la même chose et peuvent être employés l’un pour l’autre. L’un peut être une expansion de l’autre
(il faut que cela fonctionne syntagmatiquement). La synonymie, ce sont des mots qui ont le même
sens et qui peuvent renvoyer à la même classe d’objet. Les noms propres n’ont pas de
synonymes. Les conditions sont deux mots qui ont le même sens, qui réfère à la même classe
d’objet et qui peuvent s’échanger dans tous les contextes.
Au plan référentiel on a vu qu’une reprise, au plan référentiel, peut-être plus général que le terme
propre. Ce qui pose problème : L’équivalence dans des contextes ou situations particulières ou
équivalences coréférentielles (même objet mais pas synonyme). LA deuxième réserve ? La
troisième est que le rapport de synonymie est toujours limité et parfois approximatif. On voit
qu’il existe des différences sémantiques tenues qui fait que les mots n’ont pas le même signifié.
Quand on veut objectiver ça, on peut voir des différences de combinatoire. Des différences de
combinatoire donnent lieu à des différences sémantiques. La synonymie est approximative. Elle
révèle ce qu’on appelle la connotation du signe : les parties du sens qui indiquent un univers de
discours, on parle de différences de registres. On possède des termes qui possèdent la même
chose mais qu’on choisit en fonction du contexte. Certains termes révèlent un univers de langue,
socialement, chronologiquement, qui révèle aussi mes secteurs d’activités etc, je vais sans choisir
nécessairement prendre un terme au lieu d’un autre.

On peut à partir de là aborder le point suivant, qui concerne la relation d’hyperonymie. Une seule
relation désignée par deux termes. Si X est hyponyme de Y, alors Y est hyponyme de X. On n’a
pas un seul mot pour désigner cette relation, elle montre une hiérarchie.

La date de ces termes ? Le mot de synonymie apparait déjà à époque ancienne. On trouve
l’adjectif en 1380, dans un ancien dictionnaire. On forge un sens qui est emprunté du grec. Le
terme synonymie de même origine que l’adjectif a déjà ce sens de « qui signifie la même chose »,
et le principe de signification commune. Synonymie 1582. Processus lent, d’emprunt. Nous
avons vu aussi dans le cours qu’il y avait moyen dans une langue de former des mots, en utilisant
des éléments de formations. A partir du moment où il existe un mot, il crée des modèles pour en
former des nouveaux. Microbe n’est pas un emprunt, il a été formé ; ce sont des mots savants,
formés à partir d’éléments de formation. On ne dit pas préfixe ou suffixe car les termes ont
chacun une valeur, mais les éléments de formation d’origine latine ou grecque. On les appelle
confixes ; et ces mots savants sont des confixés. Ces confixes ne sont jamais isolés dans le
discours. Hyponyme est daté de 1969 et hyperonyme de 1966. C’est quand se développe la
sémantique structurale avec des auteurs comme Greimas. Quand à autonymie, il fait une
apparition chez Robespierre (1799), popularisé par un dico puis il fait l’objet d’une redéfinition
dans le contexte de la sémantique structurale.

 Hypo-hypéronymie

Recette du kugelhopf ou kouglof. On peut lire cette recette. Qu’est-ce qui me permet de découvrir
ce que c’est ? J’ai jamais vu ce gâteau ni goûté, comment savoir ce que c’est ? On a une liste
d’ingrédient à assembler dans un certain ordre. L’assemblage est désigné comme pâte. Est-ce un
synonyme ? Non c’est quelque chose en devenir, mais ce n’est pas possible d’échanger kouglof et
pâte. Est-ce que gâteau peut être utilisé avec kouglof ? (pour référer au même objet du monde)
Oui. Pâte c’est le futur gâteau. Dans ces circonstances énonciatives déterminées, gâteau peut
s’échanger contre kouglof. Il semble signifier la même chose, mais ce n’est pas un synonyme.
Quelle est la relation de sens ? Une coréférence. Les deux noms désignent la même chose dans
ces circonstances énonciatives particulière. Ce n’est pas la définition de la synonymie. Imaginons
encore une autre situation, nous avions ici un univers textuel. Mais prenons un autre univers, il y
a une différence à faire entre contexte et situation. Au restaurant, qu’avez-vous comme dessert ?
Il parle du kouglof, et dit que c’est une brioche. Mais mon ami ne sait pas ce qu’est une brioche,
je lui explique alors que c’est un gâteau. Cette situation particulière met en relation plusieurs
termes afin de déterminer ce qu’est kouglof. C’est un mot qui peut être cherché dans les
dictionnaires, dont on peut trouver une définition référentielle à travers les livres de recette, et
surtout dont on apprend la définition dans des contextes énonciatifs quotidiens qui nous permet
de déterminer sa place. La portée référentielle momentanée de certains de ces mots peut faire que
certains de ces mots peuvent être échangés avec d’autres.

On peut avoir une expérience spontanée du sens. Mais on peut aussi se forcer à certaines
appréhensions qui nous feront réfléchir à cette relation par référence à des relations logiques ou
logico-mathématique. Tout d’abord, l’appréhension logique va nous faire réfléchir en termes
d’inclusion (math.) et d’implication (log.). Les classes d’objets vont être représentées par des
ensembles ; qu’on peut définir en extension.

La relation d’inclusion => la classe des kouglofs est certainement incluse dans la classe des
gâteaux. Tous les objets du monde que j’appelle kouglof, sont aussi des objets du monde que je
peux appeler gâteau. J’ai utilisé la formule d’inclusion mathématique. La classe est incluse dans
la macro-classe. Nous avons un discours sur les choses.

Passons maintenant à la relation d’implication, qui est en relation avec l’inférence qui nous donne
des conditions de vérité. Si c’est un gâteau alors c’est un kouglof ? Non. Kouglof indique gâteau.
Cette relation ne fonctionne que dans un sens, car si c’était dans les deux sens il s’agirait de
synonymes. Indigo indique bleu, accoutrer implique habiller. Ces mots partagent des
caractéristiques communes, grâce à cette double fonction qui résonne sur les objets du monde
envisagés en tant que classe. Le problème est qu’on aimerait savoir quelles sont les
caractéristiques singulières de l’objet du monde qu’on appelle kouglof.

Où trouve-t-on des définitions du sens ? Dans le dico. Quels sont les traits de sens qui peuvent à
la fois définir kouglof dans ce qu’il a de commun avec gâteau et quels sont les traits de snes qui
le particularisent ? Kouglof est défini comme « gâteau alsacien, brioche garnie de raisins secs ».
Les raisins secs ont l’air d’être sa particularité. On a deux mots qui ne sont visiblement pas
synonymes mais on aimerait tout de même réduire notre définition. Le terme alsacien explique le
fait que nous ne connaissons peut être pas ce gâteau étant donné qu’il vient d’une autre aire
géographique que la nôtre. Gâteau et brioche => quel est le plus particulier ? Brioche. Aec la
procédure implicative on peut dire si brioche => alors gâteau. La définition se réduit alors à
brioche + alsacien + raisins secs.

On va revoir dans le dictionnaire, et on trouve à brioche « pâtisserie légère de forme souvent


ronde faite avec une pâte levée ». « Pâtisserie faite à base de farine, beurre, oeufs, et
ordinairement sucrés ». Ces deux mots ont le même incluant. Doit-on dire si gâteau alors brioche
ou l’inverse ? Est-ce que brioche désigne une classe plus restreindre du monde ? Est-ce que
gâteau est plus général ? Oui. Donc on devrait avoir dans la définition de brioche, gâteau. Ca
nous mettrait dans une situation plus commode où on aurait un terme général, pâtisserie. C’est
plus général que gâteau, qui est plus général que brioche, qui est plus général que kouglof. On
peut dire si c’est une brioche c’est une pâtisserie. Elle prend un incluant plus général, mais cette
définition n’est pas fausse. Il y a une hiérarchisation à travers le lexique, que l’on appelle le lien
d’hypo-hypéronymie. Si kouglof est l’hyponyme de brioche, alors brioche est l’hyperonyme de
kouglof.

Prendre en photo la vitrine : il existe des relations instaurées par la langue qui structurent à la fois
le lexique et la réalité. Ce qui fait qu’on va dégager à travers cette hiérarchie des prototypes. On
va découvrir que le prototype de l’animal domestique par ex est le chat ou le chien. Macro-
classes qui permettent de structurer le lexique et le monde. Sur le plan du sens, le terme le plus
général, gâteau est définit par pâtisserie avec les traits suivants : farine, œufs, sucre. Le mot
brioche on va lui ire que c’est un gâteau donc tous les termes associés à celui-ci doivent être
contenus dans la définition de brioche auxquels on ajoute léger, rond, pâte levée. Pour kouglof,
vu que c’est une brioche, on va avoir tous les termines qui y sont associés auxquels on ajoute
alsacien et raisins secs. On va pouvoir ainsi opposer kouglof à 4/4. A travers les définitions on va
essayer de voir où se situent les termes ainsi que la hiérarchie des sens. Ce qui permet de
représenter les définitions sont des traits de sens généraux avec l’incluant. Kouglof = brioche
(incluant) + alsacien + raisins secs (traits particuliers). Cela consiste à rapporter une désignation
particulière à une désignation plus générale et à découvrir les traits particuliers qui permettent de
découvrir cette désignation particulière par rapport à toutes les autres désignations qui occupent
une place similaire. Relation vers le haut, l’incluant est un hyperonyme.

La définition lexicographique canonique porte un terme considéré comme hyponyme à son


incluant qui est son hyperonyme en y ajoutant des traits de sens. Regardons les traits de sens à
travers ce tableau ; et comment définir la relation d’inclusion à travers cette analyse sémantique.
On peut voir les choses de deux manières : nous désignons sans cesse par les lexèmes une langue
qui se développe, des macros classes, des mots de sens généraux. On peut dire que les langues
manifestent leur structuration par la création de mots très généraux dont il est spécifique de
spécifier les sèmes. Ces mots désignent des quantités d’objets du monde de manière vague. Les
langues manifestent leur structuration par des termes forts généraux. On arrive à ce que Robert
Martin appelait des primitives sémantiques. Tel usage ne va pas être le même pour une personne
ou l’autre, dans tel temps ou lieu. Pour désigner la même chose, le médecin n’emploie pas le
même terme que les patients par exemple.

MANQUE ? Paraphrase ?

On peut acquérir un signe nouveau sans avoir jamais vu l’objet en question. Donc on voit
l’importance de la hiérarchie des signes. En synthèse, il faut construire une définition sur cette
relation d’hypo-hypéronymie.
 Antonymie

Une définition tout à fait spontanée : ce sont des mots de sens contraires. Par exemple : beau et
laid. Comment appelle-t-on la relation entre blanc et noir ? Par exemple, aux dames, j’ai des
pions noirs et des pions blancs. Ce sont des opposés. Mais comment définir cette relation entre
noir et blanc par rapport à beau et laid ? On voit bien que opposés seraient un hyperonyme qui
conviendrait pour tout ça. Et puis des relations comme parent-enfant ? On sent qu’il y a quelque
chose qui est une relation inverse. Pour clarifier tout ça, on va voir ce qu’on peut vraiment
appeler antonyme, et les notions connexes.

La première relation est celle d’incompatibilité. J’achète une table :


ronde/ovale/carrée/rectangulaire. Il est en train de sélectionner mes goûts. Je vais dire que si la
table que je veux est ronde, alors elle ne sera pas ovale, carrée ou rectangulaire. Donc si P(x) =>
~ P (y)

P (z)

P (n)

C’est dit un rapport de contradiction, il repose sur une implication qui détermine les conditions
de vérité. Si je réponds à la question du marchand en disant « je voudrais une table en bois ». Est-
ce que je peux situer rond, carré, et en bois sur le même plan ? Non. Il manque la dimension de
similarité. Ici le fait de choisir une ronde exclut ovale, carré mais je peux avoir rond et bois, ovale
et bois,… On voit que l’on peut trouver à travers cela des valeurs (au sens saussurien) qui
s’opposent et qui vont se définir comme étant co hyponymes. Rond, ovale, carré sont co
hyponymes dans la configuration de forme de table. Est-ce que ces complémentaires ont un
hyperonyme ? Ici on a des adjectifs. On n’a pas d’adjectif général correspondant. L’adjectif
appelle donc quelque chose après lui. Les substantifs ont eux un hyperonyme. Cette dimension de
similarité ne peut pas être purement assimilée à un hyperonyme, c’est une dimension en vertu de
laquelle on considère les relations entre les objets. On cherche le rapport de similarité qui tente
d’établir le rapport de contradiction => C’est une négation stricte.

Le cas particulier de la même relation d’incompatibilité pour des ensembles à deux éléments. On
doit choisir blanc ou noir. Si P(x) ~ P(y). Si la proposition le pion est noire alors la proposition
est blanc, est fausse. Il implique la négation de la proposition 2. Il faut cette dimension de
similarité. Blanc ne s’oppose pas au noir dans tous les cas, mais ce qui est intéressant c’est que
P(x) implique non P(y), P(y) implique non P(x). La complémentarité joue entre deux éléments et
implique une relation que l’on peut exprimer par la négation (relation de contradiction). C’est soit
noir soit blanc.

Ce qu’il en est de l’antonymie : Si P(beau) -> ~ P(laid). Si telle personne est belle, elle n’est pas
laide en même temps. Si je dis ~ P(beau) ou ~ P(laid) -> X. On a toujours cette dimension de
similarité, c’est l’espace, la qualité sur laquelle on compare. Le lieu de comparaison. Dans
l’antonymie, on va avoir une gradation. Ce que l’on pourrait représenter comme ceci : la
différence entre blanc et noir est représentée comme :

Alors que la gradation, c’est soit beau soit laid : beau laid

Cette comparaison fait intervenir des dimensions qui touchent l’espace mais aussi le temps. « Il
est plus beau qu’hier », ce ne sont pas des valeurs absolues mais des valeurs relatives par rapport
à une norme implicite.

05/12 Lectures examen

Thème I : Le sens et la référence. Problème de sémantique : La polysémie en question, Georges


Kleiber. Introduction ; Ch.1 : du sens en général et en particulier (p.15-52).

Thème II : La définition. L’activité définitoire en langue naturelle. Robert Martin et Martin
Riegel. La définition, 1990. (p.85-97). + chapitre de l’ouvrage Etudes linguistiques et sémiotiques
des dictionnaires français contemporains, J-Rey-Deboxe. Caractère général de la définition
lexicographique. (P.191-218).

Thème III : Formation des mots. Apothélon, chap.III. Aspects pragmatiques et sociologiques de
la dérivation. 2002, (p.103-137).

E. Benveniste, Problèmes de linguistique général, tome 2, 1974. Fondements syntaxiques de la


composition nominale. XI, XII.

=> Montrer que l’on a compris la lecture par un abstract que l’on remet au début de l’examen. Le
présenter, l’important est que l’on fasse un exposé oral pour présenter un aspect ou tout si c’est
petit. 12 minutes. Recherches d’exemples personnels, réflexions critiques,… Question de la
définition à intégrer dans l’exposé.

Suite du cours

L’antonymie est une opposition telle que l’on peut la trouver entre grand et petit, bon et mauvais.
L’opposition vient de la comparaison entre deux choses ou entre deux états d’une même chose
(dimension supplémentaire). Ce qui permet de distinguer les antonymes et les complémentaires,
c’est que les premiers ne sont pas des valeurs absolues mais plutôt graduables et relatives à une
norme implicite. Si tel objet est petit alors il n’est pas grand. S’il n’est pas grand, il n’est pas
nécessairement petit. La norme est implicite et liée à la focalisation sur un objet donné.

 Norme implicite
 Valeur graduée
 Valeur relative

La neutralisation est intéressante ; on peut la découvrir à travers l’interrogation et la négation.


Peut-on découvrir cette valeur neutre à travers l’opposition ? La dérivation, qui n’est pas
absolue :

Chaud froid

Dér. : chaleur.

Grand petit

Dér. : grandeur

La même chose peut se voir par l’interrogation. Est-il grand ? (et non est-il petit).

Il semblerait que s’attache à cette valeur neutre le pôle positif. Si on a le dérivé chaleur, on
considère que chaud est positif par rapport à froid, ou grand est positif par rapport à petit, qui est
« ce qui n’est pas grand ». Le test de la dérivation marche mieux que celui de l’interrogation.
Pour facile et difficile, ce serait difficile qui serait orienté positivement.

 La réciprocité

Dernière notion à envisager en rapport avec l’antonymie, c’est la réciprocité. Elle se note
notamment dans le domaine verbal, avec des couples comme acheter-vendre. Si X achète
quelque chose à Y, alors Y vend quelque chose à X. Pour les noms et les adjectifs, on pourrait
aussi trouver les adverbes, le rapport est un rapport mutuel. Par exemple, X est parent de Y
entraine Y est enfant de X. Les termes réciproques alternent dans les langues avec des termes
symétriques. On a des relations assez étonnement symétriques dans un terme comme louer : je
suis aussi bien celui qui prend en location que celui qui donne en location (acheter-vendre).
Epouser, est aussi bien le fait que l’homme qui épouse la femme, qu’inversement. En latin, on a
un couple réciproque, on dirait nubere (=prendre le voile) pour la femme, et pour l’homme on
dira in matrimonium ducere. La question culturelle se manifeste en fonction du lexique. La même
forme exprime deux valeurs que l’on pourrait dire opposées.

Autour de l’antonymie vraie, on a des relations entre les complémentaires, les symétriques et les
réciproques. Pourquoi trouve-t-on dans les langues des couples antonymes ? Pour ce qui est de
l’antonymie vraie, on peut se demander pourquoi des moyens grammaticaux ne peuvent pas
suffire à exprimer des contraires ? Potable/non potable. Ce qui s’y ajoute, c’est la polarisation et
la gradation par rapport à une norme implicite, découverte par la neutralisation d’une valeur. Ce
que l’on ne trouve pas dans la négation, qui est une pure exclusion. Ce n’est pas +/- mais plutôt

+ -
Parfois il n’y a aucune relation de forme, mais certaines fois bien. Il y a justement des moyens
qui peuvent exprimer la privation d’une qualité, tout en gardant cet aspect de gradation. Donc par
exemple possible/impossible  ; propre/malpropre. Comme on a une négation vraie ici, le couple
potable et non potable serait plutôt complémentaire qu’antonymes vrais. A travers ce préfixe qui
marque l’un des deux termes, et qui montre où se trouve la polarisation (+ du côté de propore) ;
mais on a aussi des couples qui s’opposent avec un préfixe dans les deux termes comme dans
proaméricain/antiaméricain.

La définition

La linguistique structurale a voulu renouvelle la définition par l’analyse componentielle ou la


décomposition du sens en traits de sens. Elle essaie de faire dans le domaine sémantique la même
chose que ce qui concerne les autres aspects de la langue à savoir, trouver dans le lexique une
structure, qui se construit par des oppositions pertinentes, fondées sur des traits de sens, des
sèmes, qui s’opposent. Ils constituent un sémème. Le linguiste Bernard Potier essaie de dire, si
une langue est structurée, alors le lexique est structuré. On retrouve la question abordé au point 2,
peut-on dire que le lexique est structuré.

On va voir la différence de cette définition par trait par rapport à celle en langue naturelle.
Comment fonctionne cette définition ? Les principes sont :

1. Le lexique est structuré. On va chercher des sous-ensembles structurés dans lesquels on


peut voir des oppositions, qui délimiteront des structures à l’intérieur du lexique.
La structure est interne à la langue. C’est le principe d’immanence. Ce n’est pas le réel
qui impose sa structure à la langue, c’est la langue qui impose sa structure au réel. Cela ne
veut pas dire qu’elle s’impose indépendamment du réel, mais on peut constater les
différences entre langues, et les états de langues différents, qu’elles structurent
différemment le lexique. Les oppositions concernent les lexèmes à l’intérieur d’une
langue.

2. Identifier un objet grâce à son nom. La langue découpe le réel en disant « ceci
s’appelle… ». Dans la mesure où ça marche, il faut chercher les traits qui distinguent les
signes/noms de tel autre signe. Quels sont les traits de sens qui les différencient. Montrer
les différences, les oppositions.

Exemple : Celui du mot chaise. C’est un objet concret, délimité et manufacturé. Combien de
traits opposant le signe chaise et d’autres signes et constituant son sème.

Les différentes phases :


 La première phase consiste à s’interroger sur le consens autour du nom. Le mot chaise
doit désigner tous les objets du monde qui sont appelés chaise. La réponse peut être oui
c’est appelé chaise ou non. On va avoir une série d’objets qui peuvent tous répondre à la
dénomination chaise. On va réfléchir sur ce qu’est le nom.
 Dans la seconde phase, il s’agit d’énumérer les propriétés des objets nommés. Par
exemple, c’est en bois, sur pieds,…
 Dans la troisième phase on va sélectionner les traits qui appartiennent à tous les objets.
On va retenir les traits qui appartiennent à tous les objets, ce sont des traits pertinents
nommés sèmes.2 On va trouver comme sème selon Potier : 1. Avec dossier, 2. Sur pied, 3.
Pour une personne, 4. Pour s’asseoir. S(chaise) = s1+s2+s3+s4. Sémème = l’ensemble des
sèmes d’un lexème, donc les traits pertinents de signification.

 La phase suivante consiste à déterminer un ensemble de signes qui ont une partie de traits
en commun mais pas plus, mais si possible une grande partie.

Chaise + + + + Sans bras -


Fauteuil + + + + Avec bras +
Canapé + +- - + +
Tabouret - + + + -

 On voit apparaitre des sèmes différenciateurs.

 La cinquième phase consiste à chercher l’Archi sémème, trait qui appartient à tous les
sémèmes. Ici il s’agit du sémème équivalent à un seul sème, « pour s’asseoir ».
 La phase suivante cherche l’archi lexème. Quelle est la lexicalisation de l’archi sémème ?
Siège.

Ainsi le sens d’un mot est envisagé comme son sémème, l’ensemble des sèmes, très pertinents ou
très distincts. Pertinents car définis par opposition à l’intérieur d’une microstructure lexicale. Il
s’agit d’une approche émique.

On voit une grande différence entre la définition en langue naturelle et celle-ci. La place du
référent dans cette dernière est assez évidente, alors que la définition du dictionnaire en principe
est une analyse du signifié du mot. Pourquoi l’analyse en traits de sens n’est pas une définition ?
Car l’analyse en traits de sens n’obéit pas aux règles syntaxiques de la définition. On ne peut pas
remplacer le défini par sa définition en contexte de communication. Je ne peux pas dire « veux-tu
t’asseoir sur avec dossier sur pieds ? ».

Le sémème ne représente qu’une partie du sens, la partie diagnostique, qui relève des oppositions.
La définition traditionnelle serait « siège, avec dossier, sur pieds,… » qui propose donc un

2
Sème sans majuscule mais Sémème avec majuscule
incluant, qui est l’hyperonyme. Tandis que dans la définition en traits de sens ne relève que les
traits spécifiques. Le trait incluant est trouvé à l’issue de l’analyse en traits de sens. Sèmes = traits
pertinents de signification

DEUXIEME PARTIE DU COURS

Introduction à la lexicographie

La lexicographie est antérieure à la lexicologie qui se veut une branche de a linguistique, alors
que la lexicographie consiste à décrire dans une utilité pratique. Comment envisager le dico ?
Comme un objet culturel, en même temps qu’il décrit les mots, il décrit une culture. Il peut être
envisagé comme un objet pédagogique à travers la description. Il peut aussi être considéré
comme un certain type de texte, définissable par une organisation particulière. Enfin il peut être
considéré par ses choix comme reflétant une certaine vision du lexique. Ce qu’on retient : le
dictionnaire comme type de texte particulier, et comme montrant une certaine vision du lexique.

Du point de vue du texte, double structure. Suite d’énoncés séparés les uns des autres, pas de
liens sauf renvois explicites. Il n’y a pas de texte continu. C’est un ouvrage de consultation. Il
faut déterminer la macrostructure de l’ouvrage et celle qui détermine la microstructure de
l’ouvrage. Qui dit structure dit forme. Une double formalisation du lexique. La macrostructure
organise la nomenclature et la microstructure organise le programme de contenu, qui est la
description de la nomenclature. L’important est de ne pas confondre les termes macrostructure et
nomenclature. Les entités décrites forment la nomenclature, et elles sont gérées par une
macrostructure. On lit verticalement la liste des entrées, et on lit chaque article avec un projet de
lecture horizontal, en essayant de découvrir l’information que l’on cherche.

Quelle est la spécificité de cette macrostructure ?

Tout d’abord, à propos de celle-ci on peut dire que la suite des unités décrites peut être simple ou
complexe. On peut avoir une suite d’unités verticalement. Entre les unités et sous unités on
trouve des différences sémantiques (à l’ancienne) ou des relations de forme. Dans le dictionnaire
de l’Académie (1694), on trouve une macrostructure ultra complexe, qui est basée sur
l’étymologie. Par exemple pour le terme chemin, on trouve cheminée, acheminé, s’acheminer,
acheminement. On voit bien ici que chemin a bien pour dérivé cheminée. Mais cheminée nous
donne le dérivé acheminé, et c’est ce dernier qui donne s’acheminer. L’unité 1 donne l’unité 2,
qui donne l’unité 3, etc. C’est un principe de regroupement que l’on ne retrouve plus dans aucun
dictionnaire aujourd’hui. A la macrostructure, on doit avoir une entrée acheminer, voir chemin.
On voit des relations de formes entre entrées et sous-entrées. Mais dans le dictionnaire on trouve
quelque chose de curieux : on trouve un très gros article devoir (dû part., dû nm, duement, indû,
indument, debet, dette, endetter, endetté, rendetter, redevoir, redevable,…). C’est une
macrostructure ultra complexe. On a affaire à une étymologie qui n’est plus un regroupement
formel, mais le dictionnaire décrit un ensemble lexical qui contient un mot qui appartient à une
autre langue. Associer des mots qui sont unis par la forme et donc qui permettent selon ce que
l’on a vu au chapitre III.1 structuration paradigmatique, qui permettent d’envisager un terme dans
un sous ensemble lexical, les relations doivent être perceptibles en synchronie.

 La nomenclature

L’objet d’un choix qui détermine le type de dictionnaire et la vision que l’on a du lexique. C’est
intéressant de voir quelles normes régissent la sélection de la nomenclature. Tout d’abord on va
distinguer les dictionnaires généraux et spécialisés :

Dictionnaires généraux Dictionnaires spécialisés

Choses langue choses langue

Encyclopédie Dictionnaire de langue Encyclopédie thématique Dictionnaire thématique

Exemples :

- Dico général de langue : Dico orthographique, de rime, dico liégeois ou de choses


- Dico spécialisé : dico du fromage

La nomenclature permet de s’orienter dans la typologie de ces ouvrages de consultation, qui


souvent sont classés par ordre alphabétique mais ce n’est pas une nécessité.

Deuxièmes aspect, on apprend que lorsqu’on envisage des dictionnaires de langue, il nous donne
une réduction structurée du lexique. Si c’est un dico en un volume, on attend que les unités les
plus fréquentes soient représentées.

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