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Chapitre 1 : LA REGULARISATION DES

COMPTES DE TRESORERIE
Le compte « Banque » est le compte de trésorerie principal d’une entreprise. Il récapitule
au débit les encaissements reçus et au crédit les règlements effectués par l’entreprise.

La banque ou le centre des chèques postaux tiennent eux-mêmes le compte de l’entreprise,


compte réciproque du compte « Banque » ou du compte « chèques postaux » tenu par
l’entreprise. Ces établissements adressent à l’entreprise des relevés de compte quotidiens ou
périodiques. Le pointage du relevé établi par la banque permet d’identifier les opérations
portées en compte chez l’entreprise et non enregistrées chez la banque et celles portées en
compte chez la banque et non enregistrées chez l’entreprise. On appelle état de rapprochement
bancaire le document qui permet ce contrôle. Les opérations de rapprochement sont effectuées
périodiquement en cours d’exercice, en fonction du volume des opérations enregistrées. L’état
de rapprochement permet de vérifier la concordance des deux comptes réciproques et de
trouver les erreurs ou les différences éventuelles. En fin d’exercice, l’établissement d’états de
rapprochement des comptes Banques est indispensable. Le compte « Banque » tenu par
l’entreprise ne présente pratiquement jamais le même solde à la même date que le compte
tenu par la banque, en raison des décalages dans l’enregistrement des opérations. L’état de
rapprochement permet de vérifier la concordance des deux comptes et de trouver les erreurs
éventuelles.

1. L’état de rapprochement

Sur l’état de rapprochement bancaire, on dispose de deux comptes réciproques, avec leurs
soldes à la fin d’une certaine période ( le mois, le trimestre, le semestre ou l’année ).

On inscrit dans chacun des comptes, les opérations qui le concernent, mais qu’elles n’y sont
pas encore enregistrées, alors qu’elles sont déjà inscrites sur l’autre compte en raison du
décalage des écritures dans les deux comptabilités.
L’entreprise réalise périodiquement (en fin de mois, par exemple)
le rapprochement du compte « Banque » tenu en comptabilité et le relevé bancaire reçu de sa
banque.

Elle vérifie la concordance des opérations comptabilisées dans le compte « Banque » avec
celles enregistrées par la banque.

En effet, dans la pratique, les soldes des deux documents sont rarement égaux. Les opérations
sont généralement enregistrées à des dates différentes dans la comptabilité de l’entreprise et
dans celle de sa banque.

• Par exemple, un chèque émis sera aussitôt enregistré dans la comptabilité de l’entreprise,
mais le banquier ne tiendra compte de cette opération que lors de l’encaissement par le
bénéficiaire.

• Au contraire, le banquier procède aux règlements par prélèvement automatique, mais


n’informe l’entreprise qu’ultérieurement.

Le rapprochement bancaire permet à l’entreprise de relever les règlements et encaissements


non enregistrés et d’identifier toutes les erreurs d’imputation ou d’arrondi.

1.1 Les documents nécessaires

Pour réaliser un rapprochement bancaire, il faut se munir :

 du compte « Banque » tenu dans la comptabilité de l’entreprise (extrait du grand-


livre) ;
 du relevé de compte reçu de la banque (relevé bancaire) ;
 de l’état de rapprochement bancaire précédent (si existant).

1.2 Les étapes du rapprochement bancaire

• Étape 1 : lettrer les soldes de départ.

• Étape 2 : Pointer par double croisement les opérations. (Exemple : une somme au débit sur
le compte « Banque » doit se lettrer avec une somme au crédit sur le relevé bancaire.)

• Étape 3 : établir l’état de rapprochement.


– Sous-étape 3.1 : reporter les soldes de fin dans les mêmes documents et au même
endroit. (Exemple : le solde final débiteur du compte « Banque » se reporte au débit du
compte « Banque » ;)

– Sous-étape 3.2 : reporter toutes les sommes non lettrées en faisant une double
inversion. (Exemple : une opération non lettrée au débit du compte « Banque » se reporte au
crédit du relevé bancaire.)

– Sous-étape 3.3 : établir la concordance finale en totalisant et en faisant apparaître les soldes
rapprochés.
2. Principales opérations de discordance :
Les principales opérations de discordance et leur inscription à l’état de rapprochement
peuvent être résumées dans le tableau suivant :
ETAT DE RAPPROCHEMENT
Compte Compte de
Désignations banque chez l’entreprise chez
l’entreprise la banque
Débit Crédit Débit Crédit
Soldes avant rapprochement
1. chèques remis aux fournisseurs non encore (1)
encaissés
2. virements bancaires effectués par les clients (2)
sans avoir avisé l’entreprise
3. effets domiciliés non enregistrés (3)
4. agios et commissions bancaires non encore (4)
notifiés à l’entreprise
5. intérêt en faveur de l’entreprise dont elle n’a (5)
pas été avisée.
6. Erreurs de comptabilisations chez l’entreprise (6) (6) (6) (6)
ou / et la banque.
Soldes après rapprochement
Totaux a a b b
Il reste alors à enregistrer dans la comptabilité de l’entreprise les écritures correspondant aux
opérations figurant sur le relevé bancaire dont cette dernière n’en a pris connaissance qu’à la
réception du relevé de compte.
3. Exemple
Le 31 mars 2005, le compte de la banque présente dans nos livres un solde débiteur de 14
456,150 et le relevé de compte à la même date, que nous adresse la banque fait apparaître un
solde en notre faveur de 13 652,300.
Le pointage des deux comptes nous révèle que :
1) Les opérations inscrites sur le compte tenu par la banque n’ont pas encore été enregistrées
dans nos livres.
- Agios pour 82,360 sur remise à l’escompte du 28 mars (Intérêts 79,410 – Commissions
T.T.C. 2,950).
- Commissions bancaires du premier trimestre T.T.C. 130,980. - Virement à notre ordre du
client CHOYA pour 574,000.
- Domiciliation d’un effet n° 51 réglée le 31 mars par la banque pour 2 667,410.
- Coupons d’obligations encaissés par la banque pour notre compte pour 246,000.
2) D’autres opérations, enregistrées dans nos livres, ne l’ont pas encore été par la banque.
- Chèque n° 634111 à l’ordre du fournisseur GABSI pour 258,900.
- Chèque n° 634113 à l’ordre du fournisseur BILEL pour 998,000.
L’état de rapprochement peut être ainsi établi.

La concordance des deux soldes est ici observée, il n’y a donc pas eu d’erreurs de tenue de
l’un ou l’autre compte. A la suite de « rapprochement » nous enregistrons dans nos livres
comptables les opérations dont nous avons pris connaissance par le relevé de banque.
Après ces enregistrements, le compte Banque est bien dans notre comptabilité, débiteur de
12395,400

Les deux chèques émis sont comptabilisés et ne concernent plus la comptabilité de


l’entreprise.

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