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Mécanique des fluides

Pr. Younes CHHITI

Licence GPID/OID

Email : chhiti.younes@gmail.com
younes.chhiti@um6p.ma
Plan du cours
Généralités. Définitions. Forces sur un fluide

Hydrostatique

Equations de conservation

Mouvement d’un fluide. Cas du fluide parfait incompressible

Pertes et gains de charge

Etudes des pompes


Prérequis

Mathématiques
 
 g dS,  g dV , ,
x y
, , grad, rot, div
S V
Mécanique
dP
F  dt
Loi de la dynamique

Thermodynamique
U  K   W  Q Premier principe
 (= conservation de l’énergie)


Mécanique des fluides
La mécanique des fluides est une discipline ancienne, d’applications très variées et encore en
pleine évolution. l’évolution de cette discipline a eu deux moteurs, fortement imbriquées :
– l’explication des phénomènes naturels : les vagues, le vent…
– l’exploitation des fluides à des fins pratiques : fabrication d’embarcations, pompage de puits…
La mécanique des fluides a cet avantage qu’elle fait partie de notre quotidien, « Intuition ».
Mais les équations de la mécanique des fluides ont une structure mathématique complexe, et
doivent être vues comme un ultime recours pour décrire ou quantifier un phénomène, là ou
l’intuition s’arrête. Elles ne sont pas la mécanique des fluides, elles la décrivent.

A titre de préliminaire à ce cours, on pourra par exemple se poser les questions suivantes :

– pourquoi les portes claquent dans un courant d’air ?


– pourquoi les bulles remontent dans l’eau ?
– pourquoi un avion ne tombe t’il pas sous son propre poids ?
– comment faire monter un fluide d’un point bas à un point haut ?
– la quantité d’eau sortant d’un tuyau par unité de temps est-elle égale à celle qui y rentre ?
– l’eau sortant d’un robinet a-t-elle la même allure selon la valeur du débit ?
– que faut-il faire pour siphonner un récipient ?
– comment fonctionne une centrale hydroélectrique ?
Qu’est-ce qu’un fluide ?
• pas de forme propre
• s’écoule si on lui applique une force
• prend la forme du récipient
Les molécules interagissent (peu pour les gaz)
Gardent une certaine mobilité les unes par rapport aux autres.
Pas d’ordre comme dans un solide (ou peu)

Limite solide / fluide parfois floue :

• dépend de la dynamique de la sollicitation


(sable mouillé, polymères, pâtes)
• états semi-ordonnés (ou « indécis »)
(liquides vitreux, cristaux liquides, colloides)
• dépend de l’échelle de temps considérée (glacier)
Quelques fluides
Monophasiques
eau, air, huile, métaux fondus
Multiphasiques
• aérosols (brouillard)
• émulsions (lait, vinaigrette...)
• suspensions (pâtes, boues)
• liquides à bulles (surface de l’océan, fluides de refroidissement)
« Complexes »
• magma, plasmas, ferrofluides (propriétés magnétiques)
• polymères, micelles, cristaux liquides
• milieux granulaires (sable, poudres)
Ferrofluides

Sang
Lait Liquide à bulles

Cristaux liquides
Description d’un fluide

Macroscopique : celle qui nous intéresse


• à notre échelle
• milieu continu (?)

Microscopique
• atomes ou molécules + ou - libres les uns / aux autres
• Liquide = fort encombrement / interactions forte
• Gaz = faible encombrement / interaction faible

On cherche à représenter ce que l’on voit :


description macroscopique
Analogie
r(x) = ? (en nbre de voitures / km)
dx petit du point de
vue macro
x
x

Echelle macroscopique (km) Suffisamment petit : pas de


variation de densité à cette échelle

Echelle mésoscopique
Volume de moyennage
(50 m) Suffisamment grand : doit contenir
un nombre suffisant de voitures
Echelle microscopique (m)

L grand du point de vue micro


Hypothèse de milieu continu
Comment définir une densité r et une vitesse v variant continument / x,y,z ?

Masse volumique rx,y,z ?kg/m3) Vitesse vx,y,z ?


(x,y,z) mi
mi vi
(x,y,z)
  dV
 
V
   dV
Echelle macroscopique Echelle mésoscopique Echelle microscopique


rx, y,z,t  
 m i


dM
vx, y,z,t  
 mv i i

dP
 dV m i
r dV
Masse volumique (kg/m3) Champ de vitesses

 r et v grandeurs continues
 (et dérivables...) / à x, y, z
Pas toujours vrai .... (ondes de chocs)
Grandeurs volumiques
G(t) grandeur extensive contenue dans V
dG
On définit : g(x, y,z,t) 
dV
soit Gt    g dV
V
g grandeur volumique (G/m3)
dV
M t    r dV Masse de fluide dans V
 V

V    rv dV
Pt  Quantité de mouvement de V
V
 K t    rv dV 1
2
2
Energie cinétique de V
 V
U t    ru dV Energie interne de V
  K(t),U t
M(t), P(t),  V
grandeurs globales
rx, y,z,t, vx, y,z,t, ux, y,z,t  grandeurs locales

Remarque : V peut être fixe ou mobile (par rapport à nous)
Masse volumique
rx,y,z en kg/m3 Eau 1000 kg/m3
Mercure 13000 kg/m3
Air 1.3 kg /m3
En général différente d’un point à un autre

Varie avec la température (même pour un liquide)


Varie avec la pression (peu pour un liquide)

Une approximation bien utile : le fluide incompressible


r = r0 constant par rapport à t et x,y,z
Conditions de validité : plus tard

M t    r dV  rV Masse de fluide dans V


V
Densité

On définit la densité d’un corps

d = rcorps/ reau si solide ou liquide

d = rcorps / rair(20°C,1 atm) si gaz


Exercices d’applications
Faire ces exercices sans calculette

EX1) Quelle est la masse volumique de l’eau en g.L-1 , en g.mL-1 ? en kg.L-1 en kg.m-3 ?

EX2) Quelle est la masse de 50 mL d’eau ?

EX3) 150 mL d’éthanol ont une masse de 120 g


a. Calculer la masse volumique de l’éthanol en g.L-1

b. Quelle est la densité de l’éthanol ?


Exercices d’applications
EX4) La masse volumique du cyclohexane est = 780 g.L-1
a. Quelle est la densité du cyclohexane ?

b. Calculer la masse de 50 mL de cyclohexane

c. Calculer le volume correspondant à 20 g de cyclohexane

EX5) Un morceau de bois de sapin de 20 cm3 a une masse de 10 g. Calculez la densité de ce bois.

EX6) Une pierre calcaire de 800 cm3 a une masse de 2,1 kg . Calculez la densité du calcaire
Forces exercées sur un fluide

S dS
dV
V

 surfaciques
Forces  ou « de contact »
exercées surchaque élément de surface dS

(pression, frottement visqueux)

Forces volumiques
exercées sur chaque élément de volume dV
(poids, forces d’inertie, magnétiques, ...)
Forces de pression: approche
intuitive
Fp1 Equilibre: Fp + mg = 0
• Fp vers le haut
Fp
Liquide en équilibre • Fp  mg  rVg  rhSg
n1
mécanique S1 donc Fp proportionnelle à S
h
 • Fp = Fp1+ Fp2
S2 • Fp1 et Fp2 orthogonales à S1, S2
n2 • Fp1 et Fp2 vers l’intérieur de V
P=mg
• on écrit
S Fp1= -p1 n1S1
Fp2 Fp2= -p2 n2S2
Origine microscopique
Gaz Liquide
Echange de quantité de mouvement Forces de répulsion
avec les molécules de Van der Waals

dS dS
n Fp= - p n dS n Fp

Système subissant
la pression
Force de pression

Expression générale : on considère un volume V fermé par une surface S


découpée en petits éléments de surface dS, de normale sortante n
S

n
dS
Fp =  dF p Fp =  -p.n dS
dFp= -p n dS dS S S
V n A retenir

 
Forces volumiques
-rdV.(ae+ac)
Poids : somme des poids élémentaires dm.g = rdV.g
de toutes les particules fluides dV
dV
V P=  rg dV Attention !
a priori rx,y,z)
V
rgdV
Forces d’inertie : somme des forces d’inertie élémentaires
(en référentiel non -dm.(ae+ac) = -rdV.(ae+ac)
galiléen)
de toutes les particules fluides dV

 Fie+Fic =  -r(a +a ) dV


e c

V
Forces électromagnétiques : Obtenues de la même façon.
Responsables du champ magnétique
(pour info : plasmas, magma, ferrofluides)
terrestre (magnéto-hydrodynamique)
Hydrostatique :
équation globale
Décrit un fluide immobile (dans un référentiel galiléen ou non)
Equilibre entre :
Forces de pression Forces volumiques
Fp
Fp =  -p.n dS S dS
P=  rg dV
S V
V n

 
Fp+ P = 0  -p.n dS +  rg dV = 0 A retenir
S V
Hydrostatique :
équation globale
• La résultante des forces de pression est toujours dirigée vers le haut
c’est la poussée d’Archimède !

• Equation peu pratique pour calculer le champ de pression


Il faut la réécrire sous forme « locale » = exprimée en tout point
grâce à des opérateurs d’analyse vectorielle.
Hydrostatique :
équation locale
 -p.n dS +  rg dV = 0
S V

Or (formule de Green):  -p.n dS =  -grad p dV


S V
Donc :  -grad pdV +  rg dV = 0, vrai quel que soit V
V V

L’intégrande doit être nul, soit grad p = rg


 
A retenir
Hydrostatique :
équation locale
grad p = rg

• Peut être intégrée pour trouver le champ de pression p(x,y,z)


dans un fluide au repos

• Condition aux limites : p = patm sur la surface de contact avec l’air

• Les surfaces isobares p(x,y,z) = Cte sont perpendiculaires à g

• La pression augmente quand on se dirige dans le sens de g


(c’est le problème du plongeur)

• La pression diminue quand on se dirige en sens inverse de g


(mal de l’altitude, pressurisation des cabines d’avion)
Hydrostatique en
référentiel non galiléen
Le fluide est immobile par rapport à un référentiel R’qui accélère / R

• une cuve ou un verre dans un véhicule qui freine/accélère (ae horizontal)


• miroirs liquides, centrifugeuses (ae radial)
• expériences en gravité 0 (ae = g)
Il faut ajouter la force d’inertie d’entraînement
La force de Coriolis est nulle car le fluide est immobile


Fie -rae dV Fic 0
V
Fp+ P + Fie= 0  -p.n dS + rg - a )dV = 0
e
S V
Tout revient à remplacer g par la « pesanteur apparente » g - ae

Hydrostatique en
référentiel non galiléen

Sous forme globale :  -p.n dS + rg -ae) dV = 0


S V
Sous forme locale : grad p = rg -ae)

Les surfaces isobares p(x,y,z) = Cte sont maintenant perpendiculaires à g-ae


 
Force d’Archimède
• Ce n’est rien d’autre que la résultante des forces de pression.
• On cherche en général la force exercée sur un corps étranger au fluide
• Solide ou bulle dans liquide, ballon d’hélium dans l’air...

On remplace
Fp= ? Fluide par du fluide Fp Fluide
immobile immobile
S S
Corps V Fluide V
étranger en
équilibre

rfluideVg
Le champ de pression est le même dans les deux cas, donc Fp aussi.
L’équilibre dans le deuxième cas montre que Fp= - rfluideVg
Force d’Archimède

Fp= - rfluideVg
S
Corps V
étranger

Pcorps= rcorpsVg

Le corps n’est pas en équilibre :


Pcorps+ Fp = (rcorps-rfluide)Vg ≠ 0 • rcorps >rfluide : il descend
• rcorps <rfluide : il monte
Force d’Archimède
On peut généraliser le raisonnement au cas où un objet partiellement immergé.
On retiendra : Fp= - rfluideVimmergé g
Dans ce cas l’équilibre est possible :
Iceberg Bateau en alu

V V
Vimmergé
Vimmergé

Pcorps+ Fp = (rcorpsVcorps-rfluideVimmergé ) g = 0

Le corps est moins dense Le corps est pourtant plus dense


rfluide> rcorps rcorps > rfluide
Vimmergé < Vcorps mais Vcorps < Vimmergé
Moment des forces de pression
Utile pour les problèmes de stabilité / à la rotation.
S

dS V
n dFp= - pn dS dS
M
A n
AM M

Moment total en A de Fp = somme des moments élémentaires en A des dFp

MA(Fp) =  AM  dFp soit MA(Fp) =  AM  - pn dS


S S
En particulier, on peut définir le centre de poussée C sur le volume V
C’est le point C tel que MC(Fp) = 0


Rappel sur les unités
Masse volumique r, unité SI : kg / m3

Pression p :

• unité SI : N / m2 = kg m-1 s-2 = Pa (Pascal)


• 1 bar = 100 kPa
• 1 torr = 1 mm Hg
•.1 psi = 1 pound / square inch

Pression atmosphérique :

1 atm = 1,01325 bar = 101325 Pa = 760 torr = 14,70 psi


Exercices d’application
de l’hydrostatique
• Equilibre d’une colonne d’eau

• Intégration de l’équation de l’hydrostatique

- dans un liquide incompressible


- dans l’atmosphère

• Mesure de la densité avec un tube en U

• Force de pression et moment sur une paroi de bassin


Exercices d’application
de l’hydrostatique
Variation de la pression avec la profondeur de liquide
Prenons un axe Oz, orienté vers le bas (dans le sens de g), et l’origine à la
surface du liquide. L’équation (grad p = rg) se décompose alors en trois
équations :

et nous obtenons alors, en supposant le liquide


incompressible (r = Cte) : p(z) = patm + rgz

On retrouve le résultat obtenu pour une colonne de fluide. Avec patm =


101300 Pa, et = 998 kg/m3, on voit que la pression augmente environ de
patm tous les 10 mètres.
Principes de conservation

La nature conserve plusieurs grandeurs :

• la masse
• la quantité de mouvement
• l’énergie

« Rien ne se perd, rien ne se crée »


Principe de conservation

Bilan d’une grandeur G dans un volume V


Flux entrant Flux sortant
de G de G
Habitants d’un pays V
De l’argent
Masse Destruction
G = Quantité de mouvement Production
de G
de G
Energie
Charge électrique
dG
 fe(t) - fs(t) + R+(t) - R-(t)
dt
Principe de conservation: exemples
Prenons par exemple le cas où la grandeur est une quantité d’argent A et le système
mon compte en banque. Pour connaitre la quantité d’argent instantanée sur mon
compte, j’écris entre deux instants t1 et t2 :

Pour formaliser plus avant ces variations, appelons :


– G(t) la quantité d’argent instantanée sur mon compte (on supposera à tort que c’est une
fonction dérivable du temps. . .),
– mes revenus instantanés (quantité d’argent qui rentre par unité de temps à l’instant t),
– mes dépenses instantanées (quantité d’argent qui sort par unité de temps à l’instant t).
Prenons t1 et t2 infiniment proches soit t1 = t et t2 = t + dt. Le bilan s’´ecrit :
Principe de conservation: exemples
Prenons un autre exemple : le système est un pays, avec
ses frontières, la grandeur est le nombre de personnes
instantané G(t) dans ce pays. Ses variations peuvent
provenir de 3 causes :
– des personnes entrent ou sortent du pays
en traversant ses frontières,
– des personnes naissent,
– des personnes meurent.
Bilans pour un fluide
Système = Volume de fluide V FIXE
• limité par S Rappel : Gt    g dV
• contenant une certaine quantité G V
• traversé par du fluide transportant G
S = Se + Ss

Ss Comment G(t) varie ?


Se V

On veut calculer  e t  - s t  = FLUX


quantité de G quantité de G
qui entre dans V qui sort de V
par sa frontière Se par sa frontière Ss
Deux sortes de flux
Flux = mouvement d’une grandeur à travers une surface
• convectif = transporté par le fluide (à cause de v)
• diffusif = causé par un gradient
Exemple pour un flux d’énergie :

Diffusif Convectif
(du chaud vers le froid) (forcé par le mouvement du fluide)
Flux convectif
Le but de cette section est de quantifier ce flux convectif pour n’importe quelle
grandeur traversant la surface frontière S d’un volume V eulérien, c’est-`a-dire
fixe dans l’espace.

Prenons pour commencer l’exemple simple suivant : de la fumée sort d’une pièce fermée par
une fenêtre à cause d’un vent de vitesse v(t), uniforme et perpendiculaire à la fenêtre , par
exemple causé par un ventilateur.

L’évaluation de la masse de fumée dG sortant pendant un temps dt : c’est celle qui se trouve
dans un volume S dl où dl = v dt est le trajet parcouru par la fumée pendant un temps dt
Flux convectif
Imaginons maintenant que la densité de la fumée g et/ou la vitesse v ne soit plus
uniforme sur toute la surface de la fenêtre , mais dépende de la position (x, y) du point de
la fenêtre considéré : il faut alors calculer les quantités infinitésimales rentrant par chaque
petit élément de surface dS = dx dy et intégrer sur toute la surface. La quantité de fumée
d2G sortant de la pièce par dS est la fumée contenue dans le volume dS × v dt, soit :
Flux convectif
Il reste à voir le cas le plus général où la vitesse n’est pas orthogonale à la surface.
Considérons un petit élément dS de la fenêtre et désignons par n le vecteur normal à dS,
orienté de l’intérieur vers l’extérieur de la pièce (on parlera de vecteur normal sortant).
La masse de fumée sortante par dS est la quantité de fumée dans le volume pointillé.
Ce volume vaut dS × (vdt.n) et donc :
Flux convectif
Quantité d2G passant par dS S = Se + Ss
pendant dt ?
Se v Ss
dS
n
n dS
V n
q
vdt
v v
d2V
Par Ss tout entier il sort donc pendant dt
Pendant dt, le fluide balaye
un petit volume d2V dGs = dt  g v.n dS
Ss
d2V = v.n dS dt = dS vdt cosq Par S tout entier il rentre donc pendant dt


e
d2G = quantité de G dans ce volume
= gd2V = g v.n dS dt dGe = - dt g v.n dS
Se
Flux convectif (suite)
Pendant dt, la variation de G dans V est donc :

dG = dGe - dGs = - dt  g v.n dS - dt  g v.n dS = - dt  g v.n dS


Se Ss S
-
Ce qui rentre Ce qui sort
S = Se + Ss
v.n < 0 La contribution du mouvement
v Ss du fluide à la variation de G est
 v.n > 0 donc :
Se
n
dS

 g v.n dS
V n dG
=-
v dt
S
Bilan pour un fluide
Le bilan de G dans un volume V est donc:

dG d

dt dt
 g dV = -  g v.n dS + flux diffusifs
+ création - disparition
V S

fe(t) - fs(t) + R+(t) - R-(t)


S
  v
n
dS
V n
v
Bilans sur un tube de courant
Définition: Un tube de courant est un tube fictif dont les parois latérales Slat sont en tout point
tangentes au vecteur vitesse et comportant une section d’entrée Se et une section de sortie Ss, toutes
deux droites. Un tube de courant est l’ensemble des lignes de courant s’appuyant sur un contour

 ni 
fermé.
Objectif : avoir des équations plus simples sans
Le prix à payer : faire des hypothèses simplificatrices V S
v
Slat v
Tube de v V
S Ss
courant : n e
v n
v.n > 0
 = 0 
Slat
v.n < 0 v
n v.n
v
S = Se + Ss + Slat
v

 g v.n dS =  g v.n dS +  g v.n dS +  g v.n dS Hypothèses


supplémentaires ?
S Se Ss Slat
Bilan sur un tube de courant
Hypothèse : g uniforme sur Se et Ss (justifié pour des écoulements en conduite)
On définit les vitesses moyennes > 0 ve et vs en entrée et en sortie :

 v.n dS
veSe = - vsSs = v.n dS
S S
 g v.n dS = g  v.n dS = - g v S  g v.n dS = g  v.n dS = + g v S
e s

e e e e s s s s

Se Se Slat v Ss Ss
v
v V
n Se Ss
 Slat
v  n
v.n > 0
v.n < 0 v
v
 dG 
Le bilan sur la grandeur g devient : = geveSe - gsvsSs + R  t  - R- t 
dt
Justification tube de courant
Ecoulement laminaire Ecoulement turbulent

Approximation écoulement piston On définit une vitesse


moyenne v sur la section, par :

vS =  v.n dS
S
Récapitulatif : bilan de G
Dans un volume V :
S
v
dG d

dt dt
 g dV = -  g v.n dS + R  t  - R- t  n V
dS
n
V S v
Sur un tube de courant :

v
dG v
 = geveSe- gsvsSs + R t - R- t Se v V Ss
dt n
v n
v
v

Bilan de matière
•G=M masse
•g=r masse volumique
• R+ - R- = 0 ni production, ni destruction,
ni flux diffusifs (pour un fluide homogène)

Général :
dM d
 
dt dt
 rdV = -  r v.n dS
V S

dM
Tube de reveSe - rsvsSs
:
courant dt M = rvS débit massique
Me Ms (noté aussi q)
 
Conservation de la quantité de
mouvement
P’1=m1v’1

P1=m1v1
P1+ P2 = P’1+ P’2

Choc
Variation de QDM de 2 :
P2=m2v2
P’2 -P2 = P1- P’1 = F 1/2 t
Echange de QDM <=> force :

P’2=m2v’2 P2 = F 1/2 t

dP
F Une force « produit » de la quantité de mouvement.
dt
Bilan de quantité de mouvement

•G=P quantité de mouvement


• g = rv densité de quantité de mouvement
• R+ - R- = SFext loi de la dynamique

dP d

dt dt
 rv dV = -  rv (v.n) dS F ext

V S

dP
reve(veSe) - rsvs (vsSs) Fext
Equations
Tube de
 courant : dt vectorielles
Meve Msvs
 
Conservation de l ’énergie
Pour un système fermé (qui n’échange pas de matière) :
Q

U1, K1 U2, K2

W Pendant un temps dt :

(U+K) = (U2+K2) - (U1+K1) = W + Q


Joule
Bilan d’énergie
Adaptation au système ouvert
• G = U+K énergie interne + cinétique
• g = ru + v2/2) densité d’énergie interne + cinétique
• R+ - R- = premier principe de la thermo

d (U+K) d
dt

dt
 ru + v /2) dV = -  ru + v /2) (v.n) dS
2 2

V S

d (U+K)
Tube de re (ue + ve2/2) (veSe) - re (us + vs2/2) (vsSs)
courant : dt 2 2
Me (ue + ve /2) Ms (us + vs /2)
 
Forces extérieures
Poids :  rg dV
V
Pression :  -pn dS
S
Frottement visqueux : frottement fluide / fluide
 adhérence fluide aux solides
dissipation d’énergie


Viscosité : expérience de Couette
y

t1  0 t2 > t 1 t U0

v Ffluide / plaque
h v v

Constatations expérimentales : x

• vx = U0 sur la plaque supérieure


• vx = 0 sur la plaque inférieure
• profil linéaire de vx au bout d’un temps assez grand v x y   U 0
y
U dv dvx h
• F/S 0
 x  F/S=  avec S surface mouillée
h dy dy
Le coefficient de proportionnalité ne dépend que du fluide
= viscosité dynamique  
Frottement visqueux
y
t1  0 t2 > t 1 t  tv V0

v Ffluide / plaque
h v v F

Conclusions :
• le fluide adhère aux parois
• les couches de fortes vitesse entraînent celles de faible vitesse
==> frottement entre les couches fluides
• la force / u. de surface est proportionnelle au gradient de vitesse
• elle s’exerce tangentiellement à la surface
• transfert de quantité de mouvement des fortes v vers les faibles v
• n = / rviscosité cinématique en m2/s.
Viscosité
• homogène à kg.m-1.s-1 = Pa.s = Pl (Poiseuille)
on utilise le Poise (Po) et surtout le Centipoise (cPo)
Eau : 10-3 Pa.s = 1 cPo
Air : 1.85 10-5 Pa.s

•  augmente avec T pour un gaz


indépendant de p pour un gaz
diminue avec T pour un liquide (cf. huile dans poële)
augmente avec p pour un liquide
Bilan de quantité de mouvement

d
dt
 rv dV = -  rv (v.n) dS +  rg dV  -pn dS +   .n dS v

V S V S S
Variation de QDM QDM transportée Poids Pression Frottement
du fluide par le fluide  visqueux
dans le volume V rentrant - sortant

    
Equations locales
Objectif : remplacer le bilan sur un volume V
par des relations différentielles valables en chaque point du fluide

Moyens :

• théorèmes  
S V
• passage à la limite V 0

Intérêt :
• calcul analytique ou numérique de solutions d’écoulement

 
Bilan matière pour un
fluide incompressible
r( x, y, z, t) = r0
S = Se + Ss
Général
 v.n dS = 0 n
Se
V
v Ss
dS
n
S
v
veSe = vsSs Ce qui rentre = Ce qui sort
Tube de courant
Ve Vs Accumulation de masse impossible


V = vS débit volumique
(noté aussi Q)
Validité fluide incompressible
Correct si : v << c Ma << 1 Ma = ν/c nombre de Mach
p 
c vitesse du son dans le fluide c    déduite de l’équation d’état
2

r s
 R
Exemple pour un gaz parfait: c   T = 340 m/s à 298 K
M
 du caractère gazeux ou liquide
• Validité indépendante
• Inutilisable si Ma > 0,3
• Inutilisable pour rendre compte de certains phénomènes (acoustique, chocs)
• En pratique presque toujours valable dans les liquides
Modèle de fluide parfait
Permet de négliger les frottements visqueux
• mouvement non dissipatif
• conservation de l’énergie mécanique
• pas d’adhérence aux parois solides
• pas de création de « rotationnel »
• ouvre de nombreuses simplifications mathématiques

Limitations évidentes. Ne rend pas compte :


• du freinage visqueux d’un corps ou d’un fluide
• de l’amortissement des ondes (vagues, acoustiques, ...)

Validité ?
Nombre de Reynolds
Forces d’inertie du fluide
Conservation QDM =
Forces visqueuses

Energie cinétique du fluide


=
Energie dissipée par frottement
rLV
Re  Temps de transport de QDM par diffusion


=
Temps de transport de QDM par convection

 rv (v.n) dS
A retenir ! S
=
  .n dS
v

S
Classification des écoulements

Permet de classer les régimes d’écoulement

Re <<1
Ecoulement Re >>1 Re >>>>1
rampant Ecoulement Ecoulement
ou « de Stokes » laminaire turbulent

  Re
Effets visqueux 1 100 - 1000
Filets fluides Mouvement
sensibles dans tout
parallèles désordonné
l’écoulement
≠ fluide parfait !
Ecoulement rampant (ou de Stokes)
• Re << 1 (inertie négligeable devant frottements visqueux)
• Effets visqueux sensibles dans tout l’écoulement
•Equations linéaires => plusieurs solutions analytiques pratiques
(suspensions, milieux poreux)
• Réversible
Classification des écoulements
Ecoulement rampant Ecoulement laminaire

Ecoulement autour
d’un cylindre

Re = 1,5 Re = 26
Ecoulement turbulent
Transition laminaire-turbulent

Re = 200 Re = 8000
Transition laminaire-turbulent
C’est Reynolds Expérience de Reynolds
Ecoulements interne
Ecoulement laminaire Ecoulement turbulent

Approximation écoulement piston

Fluide parfait utilisable


• si on moyenne le profil de vitesse
• si on ne s’intéresse pas aux pertes de charges
Validité fluide parfait

• Ecoulements externes :

Si Re >> 1, valable à l’extérieur de la couche limite (qui est petite)


Mais ne rend pas compte de certains phénomènes (trainée)
Si Re << 1, à traiter par théorie écoulements rampants

• Ecoulements en conduite :

Fluide parfait applicable (Bernoulli) pour tout Re


Avec correction pour pertes de charges
Conditions aux limites
Quelles relations doit-on écrire aux frontières du domaines :

• parois solides
• interface avec autre fluide
• entrée d’un écoulement (typiquement d’un tuyau)
• sortie d’un écoulement (idem)
• infiniment loin en amont d’un obstacle
Conditions aux limites
• Paroi solide : normalement v = 0
ATTENTION : en fluide parfait, glissement autorisé
on impose seulement : v.n = 0

n
v

• Sortie écoulement : p imposé (souvent = patm) et v // n

• Infini amont : écoulement parallèle v = V0

V0 
Conservation QDM en fluide parfait
Sous forme globale :

d
dt
 rv dV = -  rv (v.n) dS +  rg dV  -pn dS
V S V S
Variation de QDM QDM transportée Poids Pression
du fluide par le fluide
dans le volume V rentrant - sortant

Sous forme locale :
  v   
r  v.v rg - grad p
t 
 v 
r   grad v / 2  rot v  v   rg - grad p
2

 t 
Fluide parfait incompressible
r( x, y, z, t) = r0 v= 0

Equations locales :

Masse div v  0
v 
r0  grad v /2  rot v  v r0g - grad p
2
QDM t 


Une grande simplification est


 possible :
Loi de Bernoulli
Loi de Bernoulli
Hypothèses-Enoncé

Sous les hypothèses :


• Fluide parfait
• Fluide incompressible Il existe une version en compressible
• Régime permanent Peut être généralisé en instationnaire
dans quelques cas rares

La quantité p + rv2/2 + rgz est constante le long d’une ligne de courant

Energie potentielle Energie cinétique Energie potentielle


de pression de pesanteur

Conservation de l’énergie mécanique


Loi de Bernoulli
Démonstration
v 
r0  grad v /2  rot v  v r0g - grad p
2
QDM t 

Ligne de courant : v // dM => (rot v  v) . dM = (v  dM) . rot v = 0


 v 2
v
M
1 dM v v
v
On suppose régime permanent => 0
t
On projette la conservation QDM sur la ligne de courant

r0( grad v2/2 + rot v  v) . dM = (r0g - grad p) . dM



Loi de Bernoulli
Démonstration

En remarquant de plus que, avec l’axe Oz orienté vers le haut.


g = grad (-gz)
Comme le fluide est incompressible, peut être entré dans grad v2/2 et
nous obtenons :

grad (r0 v2/2 + p + r0gz) . dM = 0

Ce qui signifie que l’intérieur du gradient ne varie pas le long de


la ligne de courant. CQFD.

r0 v12/2 + p1 + r0gz1 = r0 v22/2 + p2 + r0gz2


Loi de Bernoulli
Commentaires

Cette formule est certainement la plus connue de la mécanique des fluides, la plus
pratique, et aussi la plus dangereuse. Elle est pratique car on voit qu’elle ne
présente plus aucune dérivée partielle, contrairement aux équations locales.

Elle est dangereuse car comme nous le verrons, elle ne s’applique pas dans
certaines configurations où les forces de frottement visqueux ne peuvent être
négligées, ou encore pour des écoulements quasi permanents avec un travail utile.

Remarques diverses :
– pour un fluide immobile, v = 0 et la formule de Bernoulli redonne la loi de
l’hydrostatique.
– la formule de Bernoulli peut être vue comme une loi de conservation de
l’énergie mécanique : elle signifie que énergie cinétique, énergie potentielle de
pesanteur et pression sont interchangeables, sans pertes.
Loi de Bernoulli
Application: Problèmes de vidange

Château d’eau connecté `a un tuyau fermé Château d’eau connecté `a un tuyau ouvert

Si le robinet est fermé, la pression p s’exerçant sur le robinet coté fluide est patm+ρgh et
vaut patm coté air. Le clapet du robinet est donc soumis `a une différence de pression nette
p = ρgh. C’est de cette pression que l’on parle lorsque l’on dit par exemple que ce robinet
est à une pression de 8 bars : il s’agit aussi bien d’une hauteur égale à 8 bars / ρg.

Si on ouvre maintenant le robinet :


– le fluide dans le tuyau revient `a la pression patm
– les vitesses aux points A et S sont reliées par vAΣ= vSS via la conservation de la masse.
En général Σ >>S et par conséquent vA <<vS
– Si le tuyau est à section constante, la vitesse vaut vB dans toutes les sections du tube.
Loi de Bernoulli
Application: Problèmes de vidange

Par conséquent, Bernoulli appliqué entre A et S indique que:

l’énergie cinétique du fluide à la sortie est donc , énergie potentielle


de pesanteur.
Nous voyons donc que la relation de Bernoulli indique qu’une hauteur est
toujours convertible en pression ou en vitesse. C’est la notion de charge que
nous définirons un peu plus loin.
Notons également que l’on peut déduire la vitesse de vidange du château d’eau
de la formule ci-dessus :
Connue sous le nom de
formule de Toricelli
Loi de Bernoulli
Application: Problèmes de vidange

Une dernière remarque importante :

En un point M quelconque du tuyau horizontal, le fluide se déplace à la


vitesse v = vS, en raison de la conservation de la masse.
La formule de Bernoulli, appliquée entre M et S indique alors que la
pression en M vaut patm, et ce quelle que soit la longueur du tuyau !

Cela signifie que le château d’eau pourrait alimenter une maison


distante de plusieurs milliers de kilomètres. . .

Le paradoxe vient bien sûr du modèle de fluide parfait, mis en défaut


sur de telles longueurs. Nous y reviendrons dans la section suivante.
Notion de charge
On appelle charge (“head” en anglais) la grandeur

z + p/r0g + v2/2g
Homogène à une hauteur

p/r0g est appelée hauteur piézométrique ou charge de pression

v2/2g est appelée hauteur capable ou charge dynamique

On définit aussi parfois la charge sous forme de pression :

r0gz + p + r0 v2/2
Notion de charge
Cette définition convertit la pression et la vitesse en une hauteur ou en
une pression équivalentes.
Ainsi, dans les hypothèses précitées :
La formule de Bernoulli prédit que la charge est constante le long
d’une ligne de courant
Cela est bien sûr faux dans l’absolu à cause des frottements visqueux et
l’idée d’un château d’eau alimentant une maison distante de plusieurs
milliers de kilomètres doit être oubliée dans la pratique.
Notion de charge
Les différentes composantes de la charge peuvent être représentées graphiquement.
Prenons tout d’abord le cas d’une canalisation de section constante et montante.
La section constante impose que la vitesse reste également constante le long du tuyau.
Traçons par rapport à une référence arbitraire, les courbes d’évolution de chaque terme de la
charge :
z est simplement l’altitude du tuyau ;
z + p/rg est appelée ligne piézométrique;
H est la ligne de charge (horizontale si la formule de Bernoulli est applicable),
et la charge dynamique v2/2rg est la différence entre la ligne de charge et la ligne
piézométrique. Ici cette dernière est également horizontale, puisque la vitesse est constante.

La figure montre les interprétations physiques des


lignes piézométriques et de charge. La première
est la hauteur d’eau dans un tube connecté sur la
paroi du tuyau. La seconde est la hauteur d’eau
dans un tube relié à un embout de tube Pitot
plongé au cœur de l’écoulement.
Ce sont des conséquences de la formule de
Bernoulli.
Ligne de charge et ligne piézométrique pour une
canalisation de section constante en fluide parfait.
Notion de charge
Reprenons maintenant l’exemple du château d’eau sur le tuyau ouvert.

Nous prenons la référence au niveau du tuyau. La pression est constante égale à la


pression atmosphérique dans tout l’écoulement, et la hauteur h est entièrement
convertie en charge dynamique.

Ligne de charge et ligne piézométrique pour le problème du château d’eau ouvert sur
une canalisation à l’atmosphère.

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