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2015-2016 LBARC1662 - Matériaux Mathieu Auquier

Matériaux - synthèse Q4
Cahier 1 : Les produits noirs
1.1 Généralités
1.1.1 Définition

= matériaux riches en carbone et en hydrogène (mélanges d’hydrocarbures lourds), naturels ou


obtenus en général par distillation de matières organiques. Généralement artificiels. Ils constituent
des matières de base pour réaliser divers produits commerciaux de plus en plus intéressants dans la
construction, particulièrement dans le domaine de l’étanchéité. Ils sont aussi désignés par des
matières bitumeuses.

1.1.2 Matières de base

Les produits naturels viennent du pétrole : bitumes et asphaltes. Ont subi ou non après extraction
certains traitements (raffinage, broyage, etc.).

 Asphalte : roche calcaire imprégnée de bitume (pétrole).

Les produits pyrogènes ou artificiels viennent du charbon : braies et goudrons divers. Proviennent de
la distillation du pétrole et de la houille.

 Brai de houille : roche calcaire imprégnée de goudron (charbon).

1.1.3 Propriétés des matières

- Souplesse et plasticité.
- Imperméabilité à l’eau et à l’air : revêtement d’étanchéité de couverture et de cuvelage.
- Ductilité et élasticité : inattaquable par les produits chimiques, durcis à l’air, résiste à l’usure.
- Adhésivité : colle au support.
- Pouvoir pénétrant : infiltre la matière.
- Faible résistance mécanique, fragilité, ramollissement à la chaleur.

1.2 Les matériaux de base


1.2.1 Les bitumes (85% routes, 10% toitures, 5% autres)

Le produit théorique :

- Bitume pur = mélange colloïdal d’hydrocarbures lourds naturels, d’origine minérale, pouvant
être solide, liquide ou visqueux.
- Entièrement soluble dans le sulfure de carbone.
- Pouvoir adhésif.
- Résistant à toutes les eaux agressives naturelles mais attaqué par la chaux libre.

Le bitume naturel :

- Mélange de bitume pur et de petites quantités de matières solubles dans CS2.


- Le plus répandu est l’asphalte de Trinidad qui à l’état raffiné contient 54% de bitume et 46%
d’insolubles.
- Le bitume naturel brut se ramollit vers 50°C et coule à 100°C.
- Brûle facilement avec d’épaisses fumées.

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Le bitume artificiel :

- Résidus obtenus à partir des pétroles lourds : soit par distillation fractionnée (technique
routière), soit par oxydation (soufflage à l’air comprimé).
- Braie de soufflage ou bitume oxydé employé en étanchéité (enduits appliqués chauds), très
agglomérant et fusible (susceptible de fondre sous la chaleur).
Désigné par 2 nombres : bitume oxydé 85/25 avec 85 = t° de ramollissement et 25 = moyenne
des pénétrations, pénètre sur 2.5mm d’épaisseur.

1.2.2 Les asphaltes

(37% revêtement chaussée et trottoir, 27% étanchéité des toitures terrasses, 25% parkings extérieurs,
6% étanchéité des ouvrages d’arts, 2% étanchéité des parkings, 2% sols industriels, 1% étanchéité des
ouvrages enterrés)

Origine :

- Roches sédimentaires, calcaires ou siliceuses, grès, arkoses, imprégnées de bitume naturel.


- La roche poreuse a absorbé le pétrole des couches inférieures qui a été poussé vers la surface
par une pression de gaz.

Propriétés :

- Ne vieillit pas.
- Provient d’une roche calcaire : ne craint pas la chaux, craint le ciment et les acides.
- Bon isolant thermique : combustible et étanche.
- Insoluble dans l’éther de pétrole, se ramollit sous la chaleur (±50°)

1.2.3 Les goudrons

Origine des goudrons de houille :

- Produits fabriqués, mélanges : carbure d’hydrogène (benzols, phénols), carbone en fines


particules.
- Obtenus par : distillation rapide du charbon à 1100° (coaltar), distillation lente du charbon à
800°, carbonisation du charbon à 650° (goudrons de basses t°).

Propriétés :

- Liquide noir brillant, visqueux.


- Densité > 1.
- Insoluble dans l’eau.
- Attaqué par l’acide sulfurique.
- À l’abri de l’air, il reste noir et collant.

1.2.4 Les braies de houille

Hydrocarbures et dérivés obtenus par évaporation partielle ou par distillation fractionnée des
goudrons. On obtient des produits pâteux, visqueux, solides, fusibles et agglomérant.

1.2.5 Différences entre les bitumes et les goudrons

- Composition chimique : bitume comprend des hydrocarbures saturés (pétrole), le goudron


comprend des matériaux à base de charbon.
- À densité égale, la tension vapeur diffère. À viscosité égale, la tension superficielle diffère.

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- Bitumes + adhérents et stables que les goudrons.


- Le goudron est + sensible aux variations de t° et au vieillissement que le bitume.
- Le bitume augmente la résistance d’un revêtement.

1.3 Les produits utilisés dans la construction


1.3.1 Les produits d’étanchéité

Les matériaux en feuilles

Feuille réalisée par enrobage d’une armature déjà imprégnée à refus par une masse bitumeuse ou
goudronnée. L’épaisseur de la feuille est supérieure à celle de l’armature. Le matériau peut se souder
ou se couler à lui-même ou sur un support adéquat à l’aide d’un chalumeau.

- Les armatures :

Les voiles de verre ms = 45 à 50 g/m2, les feutres ms = 280 à 500 g/m2, les toiles de jute ms = 305 g/m2,
les tissus de verre ms = 125 g/m2.

- Les produits composés :

En surfaçage (voile de verre, tissu de verre) : bitume de pétrole oxydé. En imprégnation : bitume de
pétrole raffiné.

1. Les feutres goudronnés (roofing) : imprégnés braie de houille.

2. Les feutres bitumés : anticollant sable ou talc.

3. Les voiles de verre bitumés.

4. Bitume armé : bitumes armés-feutres, bitumes armés-jute, bitumes armés-voile de verre, bitumes
armés-tissu de verre, bitumes armés-aluminium.

Les bardeaux bitumés

Bardeau d’asphalte ou shingle, éléments plats de (90x30 ou 100x36), fabriqués à partir de feutres
d’origine cellulosique ou minérale, ou d’amiante, saturés d’asphalte ou de bitumes et recouverts de
granulats minéraux colorés.

1.3.2 Les matériaux utilisés à chaud

Le mastic d’asphalte

À partir de poudre d’asphalte enrichie par du bitume raffiné ou par du brai de pétrole.

- Mastic d’asphalte pur : revêtements d’étanchéité sous dallage ou carrelage.


- Mastic d’asphalte gravelé fin : toitures à trafic pédestre léger et intermittent.
- Mastic d’asphalte gravelé gros : toitures à trafic pédestre régulier et dense.
- Mastic d’asphalte vertical : revêtements verticaux ou en fortes pente.

L’asphalte coulé

À partir de mastic d’asphalte concassé (94-92%) de bitume naturel (ou brai de pétrole) et d’un fondant
(asphalte raffiné). La teneur totale en bitume = au – 11%. Les chapes d’asphaltes peuvent être colorées.

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1.3.3 Les matériaux utilisés à froid

Les produits pâteux

Mélange d’hydrocarbures (bitumes et goudrons) et de fibres minérales inertes, additionné de


fluidifiant volatil ou non et parfois d’un plastifiant.

1.3.4 Les carreaux et pavés d’asphalte

À partir de la poudre asphaltique provenant du broyage qu’on tamise et chauffe à 120° avec du bitume
pour l’enrichir et la pétrir. Bons isolants thermiques et phoniques. Avec le mastic d’asphalte provenant
des arkoses bitumineuses, on réalise des dallages antiacides pour les sols industriels.

1.4 Types de toiture plate


Toiture chaude

Toiture plate dont l’isolant est placé sur le support sans lame d’air entre les différentes couches.
L’isolant est recouvert par la membrane d’étanchéité. Un écran pare-vapeur doit être interposé entre
le support et l’isolant. L’étanchéité peut être lestée ou non.

Avantages :

- L’isolant conserve ses caractéristiques thermiques.


- Ne nécessite pas de lestage, fixation mécanique ou collage possible.
- Léger.
- Protège le bâtiment des variations de t° (dilatation et contrainte).
- Si support lourd => augmente l’inertie thermique du bâtiment.

Inconvénients :

- Variations de t° de la membrane.
- Si rénovation => la membrane d’étanchéité existante doit être renouvelée même si elle est
bonne.

Toiture compacte

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L’isolant en plaques de verre cellulaire est directement collé sur le support dans un bain de bitume
chaud. Les joints entre les plaques sont remplis par le bitume. L’étanchéité est collée en adhérence
totale sur l’isolant, soit à la flamme, soit au bitume chaud.

Avantages :

- Ensemble étanche et désordres limités.


- On peut renoncer au pare-vapeur.

Toiture inversée

Étanchéité placée sur le support et l’isolant posé sur l’étanchéité. Isolant mouillé par les eaux pluviales.
Isolant lesté et en une seule couche.

Avantages :

- Si rénovation => la membrane d’étanchéité est conservée.


- La membrane fait office de pare-vapeur.
- Protège la membrane contre les chocs thermiques et rayonnement UV.
- Protège le bâtiment des variations de t°.
- Si support lourd => augmente l’inertie thermique du bâtiment.

Inconvénients :

- Mettre en œuvre un lestage (poids sur la construction).


- Pente doit être inférieure à 5°.
- L’eau sous l’isolant entraîne des déperditions calorifiques.
- Ponts thermiques difficiles à éviter.
- Entretien + difficile qu’une toiture chaude non lestée.
- Risque de condensation en début de précipitation (support léger).

Toiture combinée

Mélange des techniques « toiture chaude » et « toiture inversée ». Isolant mis en place en 2 couches,
la 1ère est recouverte par la membrane, la 2e est placée sur la membrane. Un pare-vapeur est interposé
entre le support et l’isolant inférieur. Lestage nécessaire.

Avantages :

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- Diminue les risques de condensation sous la membrane d’étanchéité.


- La membrane fait office de pare-vapeur.
- Protège la membrane contre les chocs thermiques et le rayonnement UV.
- Protège le bâtiment des variations de t°.
- Si support lourd => augmente l’inertie thermique du bâtiment.

Inconvénients :

- Système seulement quand les couches épaisses d’isolation sont nécessaires.


- Entretien + difficile que pour une toiture chaude non lestée.

Toiture froide

Toiture plate dont l’isolant est placé en dessous du support de l’étanchéité avec une lame d’air ventilée
interposée. Ce système est actuellement complètement dépassé et est à proscrire.

Aucun avantage.

Inconvénients :

- Condensation interne inévitable.


- Vapeur d’eau se condense sur le support d’étanchéité et retombe sur l’isolant.
- Ventilation de la lame d’air + faible que nécessaire.
- Support beaucoup + froid que l’air extérieur (sur-refroidissement).
- Air intérieur chaud aspiré dans l’espace ventilé et s’y condense (=> altération de l’isolant,
suppression de son efficacité, pourriture des planchers, gels des matériaux, décollement des
matériaux agglomérés, moisissures, …)

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Les supports de toitures plates

La nature du support influence les techniques choisies pour l’isolation et l’étanchéité (pas l’inverse).

Supports à considérer en fonction de : la capacité portante, la déflexion, le coefficient de transmission


thermique, le comportement hygrothermique.

Les membranes synthétiques

PVC et EPDM

Fixations

Lestage, fixation mécanique (vis), collage à froid, collage au bitume chaud, soudage à la flamme.

Type de pose d’étanchéité

- Pose en indépendance du revêtement d’étanchéité.


- Pose en semi-dépendance du revêtement d’étanchéité.
- Pose en adhérence : complexe d’étanchéité entièrement collé au support.

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Cahier 2 : Les métaux


Métaux ferreux Métaux non ferreux
La fonte, l’acier, les fers (base : minerai de fer) Le cuivre, le plomb, le zinc, l’aluminium et titane
Se soudent Ne se soudent pas
S’oxydent : rouille, destruction du matériau S’oxydent : l’oxydation crée une pellicule
protectrice
+ solide que les non ferreux - solide que les ferreux

2.1 Les métaux ferreux


2.1.1 Généralité

Le fer dans la construction

Sous forme de matériaux ouvrés. L’acier est le + solide (armature, ossature, etc.).

- Ossatures métalliques enrobées de béton : poutrelles I, L.


- Barres d’acier pour armer le béton : armé et précontraint.
- Menuiseries métalliques.
- Tuyaux et plaques de fonte.
- Tuyaux d’acier pour canalisations.
- Serrurerie et fer forgé.
- Clous, vis.

Législation

- Tuyaux et raccords en fonte.


- Tubes en acier.
- Les produits plats : tôles, mines d’acier.
- Les produits longs : poutrelles, …

2.1.2 Matière première utilisée

Le minerai de fer

Pas naturel, le fer n’existe pas à l’état pur => traiter les minerais (très variés) extraits du sol.

Les types d’oxydes (+ utilisés) :

- Les minerais oxygénés ou oxydes :

1. La magnétite (Fe3O4) : contient 70% de fer (Suède, Oral, France).

2. L’oxyde ferrique (Fe2O3) : + intéressant car riche en fer, colore en rouge les grès, argiles et calcaires.
Le fer magnétique ou hématite rouge contient 40-65% de fer.

3. Le peroxyde de fer hydraté (2Fe2O3, 3H2O) : le + abondant mais le - riche en fer, 25-55% de fer.
Minette, limonite, hématite brune.

- Les minerais carbonatés (FeCO3) :

Transformés en oxyde par grillage.

1. La sidérose (fer sphaltique) : contient 48% de fer.

2. Le fer carbonaté argileux.

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- Les minerais silicatés :

La pyrite (FeS2) : fabrication de gaz sulfureux, le résidu du grillage (Fe2O3) est fourni à la sidérurgie.

Le traitement du minerai

- But : réduire l’oxyde de fer => lui enlever son oxygène.


- Moyen :

Utilisation de l’oxyde de carbone provenant de la combustion incomplète du charbon (cokes).

La gangue est formée d’oxydes, de calcium, de silicium, d’aluminium. Au cours de la fusion réductrice,
les oxydes de fer et les autres oxydes sont réduits. Les oxydes non réduits = laitier qui est fluide et
désulfurant.

Si la gangue permet d’obtenir la composition de laitier voulue sans corps appeler fondants, il est dit
autofondant.

Au contraire, le minerai est accompagné de fondants : calcaire, dolomie.

- Outil : le haut fourneau.

Le creuset : récipient cylindrique qui sert de réceptacle à la fonte et au laitier entre 2 coulées.

Les étalages : partie tronconique évasée vers le haut (diminution du volume de la charge lors de sa
fusion qui intervient dans les étalages).

Le ventre : partie cylindrique qui assure la transition entre les étalages et la cuve.

La cuve haute : partie tronconique évasée vers le bas (accroissement du débit volumique des gaz dû à
l’accroissement de la t°.

Le gueulard : appareil de réception et de répartition des matières, orifice de sortie du gaz et couvercle
du four.

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2.1.3 Produits de base obtenus

Affinage de la fonte brute sortie du haut fourneau

Les matières étrangères au fer disparaissent, la proportion de carbone diminue => pdts très divers
allant du fer pur (ferrite) à la cémentine (Fe3C).

Les fontes

- Métal de dureté variable.


- Résiste bien à la compression.
- Couleur blanche, truitée, grise.
- La teneur en carbone fait varier les propriétés des fontes.
- Lourdes mais très bonne inertie.

1. La fonte grise ou fonte de moulage :

Utilisée pour le moulage de tuyaux.

- Facile à mouler (1150-1200°).


- Élastique, se travaille facilement, on peut la percer, la tarauder.
- Grande résistance à la corrosion, à l’usure mais fragile au choc.
- Densité : 7,1 - 7,3.
- Teneur en carbone : 3 - 3,8%.

2. La fonte blanche ou fonte d’affinage :

- Très dure.
- Pas attaquée par la lime.
- Ne se prête ni au travail des machines ni au moulage.
- Très cassante.
- Réservée à l’affinage pour fabriquer les fers et les aciers.
- Densité : 7,3 - 7,7.

3. La fonte malléable :

- Fonte décarburée en surface (5mm d’épaisseur). Le pourtour est en fer l’intérieur de la fonte.
- Peu cassante, élastique.
- Fabrication des pièces de quincaillerie, de sellerie.
- Se soude et se travaille facilement.

4. La fonte ductile ou fonte G.S. (graphite sphéroïdal) :

Ajout de magnésium dans la fonte grise en fusion => graphite cristallise en petits grains sphéroïdaux.

- Teneur en carbone : 3,2 - 4%.


- Résistance à l’usure et à la corrosion.
- Se prête au moulage des tuyaux.
- Peut être percée, coupée, usinée.
- Résistance de traction = ±80daN/mm2.

Les fers

- Peuvent être laminés (aplatir les lingots pour en faire des tôles), forgés et soudés à chaud.
- Résistent bien à l’extension sous toutes ses formes.

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- Résistent à la flexion et à la compression.


- Moins cassants que la fonte.

1. Le fer doux ou fer pur, exempt de carbone :

- Non cassant, ductile (assez mou).


- Facile à souder, malléable à chaud et à froid.
- Très pur donc vite attaqué par la rouille.

2. Le fer corroyé ou fer forgé (taux de carbone réduit à 0%) :

Obtenu en soudant au marteau-pilon puis en laminant des paquets de fer chauffés à blanc.

3. Le fer galvanisé :

Fer recouvert de zinc (canalisation d’eau).

4. Le fer blanc :

Fer recouvert d’étain sur ses 2 faces, dit étamé lorsqu’une seule face est protégée.

Les aciers

Purification des fontes => métal très pur (acier).

Affinage des fontes => réduction de la teneur en carbone soit au convertisseur Bessemer (= four
comportant un revêtement basique ou acide suivant que la fonte est basique ou acide) soit au four
Martin (= four à réverbère qui permet d’obtenir un acier de meilleure qualité mais plus cher).

Maîtrise du C dans la fonte : varie de 0,1 - 1,5%.

- Classement d’après leur teneur en carbone :

1. Extra-doux : 0,1 < C < 0,15 ou fer fondu.

- Plus résistant que le fer.


- Utilisé pour les boulons, tréfonds, clous, …

2. Très doux : 0,2 < C < 0,25

- Plus élastique, plus résistant, plus cassant que le fer.


- Utilisé pour acier à boulons, rivets, ronds à béton.

3. Mi-dur : 0,3 < C < 0,35

- Acier pour béton armé.

4. Extra dur : C < 1,5

- Acier pour tubes de précontrainte du béton.

- Classement d’après le traitement à la sortie du four :

1. Aciers laminés : aciers à haute résistance.

2. Aciers forgés (doux et dur).

3. Aciers moulés (doux et mi-dur).

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- Les aciers spéciaux ou électromagnétiques :

Ils renferment des éléments étrangers qui augmentent les limites de rupture et d’élasticité.

- Les aciers particuliers :

1. L’acier trempé :

Refroidissement brusque (de 850°) => grande dureté, cassant, mieux si sa teneur en C est élevée.

2. L’acier revenu :

On réchauffe l’acier dur trempé pour le refroidir lentement => certaine élasticité en conservant une
dureté acceptable.

3. Les aciers inoxydables :

Aciers à base de chrome mais aussi de nickel ou de molybdène. Métal non ferreux + un peu de métal
ferreux => ne rouille pas, se soude, résistant.

- Acier inoxydable seul : aciers inox ferritique.


- Acier inoxydable au chrome et au nickel : aciers inox austénique.
- Acier inox au chrome, nickel et molybdène 2,5% : aciers inox austénique stabilisés.

Caractéristiques des aciers inoxydables :

- Pas cassant.
- Soudage comme celui du zinc.
- Contact direct avec l’aluminium, le cuivre, le plomb, le zinc, avec tous les mortiers, le plâtre, le
bois, les produits noirs.

4. L’acier corten :

Acier faiblement allié à haute limite d’élasticité ayant la propriété de se recouvrir d’une couche
protectrice d’oxyde sous l’action de l’air et des milieux oxydants.

Acier complexe de C-Mn-P-S-Si-Cu-Cr-Ni.

- Couche d’oxyde foncé subit une érosion suite aux intempéries.


- Formation de la couche protectrice : 18 mois à 3 ans.
- Éviter le contact avec d’autres matériaux.

Propriétés générales des métaux ferreux

- Ténacité : résistance opposé aux déformations.


- Élasticité : reprendre sa forme primitive après déformations.
- Dureté : résistance aux frottements, à l’usinage.
- Fragilité : résiste peu au choc (acier trempé, fonte).
- Résilience.
- Malléabilité : facilité de déformation au marteau.
- Ductilité : être étiré en fil, barre.
- Fusibilité.
- Résistance mécanique.

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2.1.4 Les produits sidérurgiques pour la construction

Classification par la forme :

- Produits longs (L > l) : profilés et tubes.


- Produits plats (L et l > e) : tôles.

Classification par le type de laminage :

- Produits laminés à chaud : profilés I, profilés H.


- Produits laminés à froid : tôles minces, tubes.

Classification suivant le type de produits :

- Tôles.
- Feuillards et bandes à tubes.
- Profils.
- Tréfilés.
- Tubes en acier.
- Fontes sanitaires.
- Aciers pour armatures de béton armé ou précontraint.

Les tôles

1. Tôles laminées à chaud :

- Tôles minces : e < 3mm.


- Tôles moyennes : 3 < e < 4.75mm.
- Tôles fortes : 4.75 < e.
- Tôles larmées.
- Tôles striées : avec surépaisseur en dessin losange.

2. Tôles laminées à froid :

Épaisseur plus mince : 0.25 < e < 3mm. Produits plats fabriqués à partir de ces produits.

- Tôles galvanisées et tôles électrozinguées :

Les tôles galvanisées = tôle d’acier immergée dans un bain de zinc en fusion. Zinc = protecteur contre
la corrosion atmosphérique.

Les tôles électrozinguées = traitements dans des cuves d’électrolyse où elles circulent entre les
électrodes de zinc. Couche de zinc + faible, se soude facilement.

Utilisation : en couverture (toiture, bardage, planchers secs, coffrage).

- Tôles prépeintes et plastifiées :

Tôle d’acier galvanisé ou électrozingué peinte en continu.

La tôle plastifiée = tôle d’acier galvanisé ou électrozingué + film plastique décoratif. Utilisation :
bardage et couverture.

Les profils, les poutrelles

- Produits laminés à chaud.


- Utilisation : poutres, poteaux des ouvrages en charpente métallique.

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- Types de profils : I, H, U, T, cornières à ailes égales ou inégales, poutrelle ajourées (profil


Lltzka), les palpanches.

Les tubes en acier

- Produits transformés.
- Utilisation : élément de construction (profils creux) colonne, grilles charpentes, canalisation
pour l’eau, le gaz, les eaux usées, le chauffage central.
- Types de tubes :
Tubes soudés (majorité des profils creux) : tube en continu par formage à froid au travers
d’une série de cages et soudage en continu à la sortie du laminoir rouleur ou enroulement en
hélice du produit plat et soudage en continu des bords chanfreinés.
Tubes sans soudure (profils laminés à chaud) : action d’un poinçon refouleur ou par passage
entre des cylindres symétriques et inclinés.

Les produits en fonte

1. Tuyaux en fonte grise ou en fonte ductile :

Fabriqués par moulage ou centrifugation. Utilisation : conduite forcée d’eau, de gaz, conduite
d’évacuation d’eau sanitaire.

2. Fontes de voiries et d’assainissement :

Regards de chaussées de modèles divers. Appareils de traitement, d’évacuations disposées sur des
réseaux d’égout.

3. Colonnes en fontes :

Un corps ou fût cylindrique (évidé), une tête munie d’un chapiteau et une base avec un tenon de
centrage et un élargissement à boulonner dans le massif de fondation.

Les armatures d’acier pour béton armé (fils)

1. Les ronds lissés.

2. Les ronds à haute limite d’élasticité et à adhérence maximale :

Dit acier à haute adhérence. Fils obtenus par laminage à chaud transformés à froid par torsion ou
crantage. Deux catégories : aciers doux écrouis par torsion (aciers Tor, Caron, le fils ardox) ou aciers
naturellement durs (aciers crenelés).

L’accroissement d’adhérence : verrous et nervures en hélice (Tor), aspérités (Radix).

3. Les treillis soudés :

Armatures préfabriquées pour béton armé, formées de fils tréfilés assemblés rigidement par soudure
électrique en mailles carrées ou rectangulaires.

Utilisation : armature pour armer dalles et hourdis, voile, tuyaux, chapes.

4. Les tôles étirées et découpées (tôles à mailles) :

Dit métal déployé. Utilisation : armer divers ouvrages en béton armé, réservoir, voûtes minces
autostables, voiles, radiers, piscines, égout, enduits.

5. Les ronds à béton en acier inoxydable.

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2.2 Les métaux non ferreux


Les 4 métaux usuels : plomb et cuivre (les + anciens), zinc (aujourd’hui Zn-Cu-Ti et Zn-Ti) et l’aluminium
(+ jeune mais offrant le + de possibilités).

 Avantages sur le fer car ne se corrodent pas en atmosphère normale.

2.2.1 Le cuivre

Origine et fabrication

Extrait de minerais sulfurés (calcapyrite ou bornite). Aussi le cuivre désoxydé au phosphore (CuP).

Propriétés générales

1. Propriétés physiques :

- Couleur : rouge pour le cuivre pur.


- Poids : 8,4 g/cm3 > fer.
- Point de fusion : 1084°.
- Très ductile et malléable : façonnage à froid par martelage.
- Dureté moyenne : 2e + tenace après le fer => réduction possible en feuilles ou étirement en
tuyaux de faible épaisseur.
- Brillant par polissage mais altération à l’air.
- Se dilate sous la chaleur.
- Haute conductibilité électrique.
- Haute conductibilité thermique : 5x l’acier et 2x l’aluminium.

2. Propriétés chimiques :

- Passivité chimique.
- Oxydation lente à l’air : forme des composés insolubles (vert-de-gris) => résistance à la
corrosion, même en atmosphère sulfureuse ou saline.
- Bonne résistance à la corrosion :
Résiste aux acides mais pas à l’ammoniaque (ne pas utiliser pour les sanitaires), à l’hydrogène
sulfuré et dans les sols acides.
Bon comportement pour la distribution d’eau.
Bonne résistance aux atmosphères diverses sauf si extrêmement polluées.

3. L’ouvrabilité :

Ne se soude pas facilement à lui-même (par brasure) et la soudure à l’étain n’est pas très résistant.

4. Alliages :

- Avec le zinc : le laiton (cuivre jaune).


- Avec l’étain : le bronze.
 Tuyauterie, robinetterie et quincaillerie.
- Cuivre plombé électrolytique : qualités mécaniques du cuivre + résistance chimique du plomb.
- Avec Zinc + nickel : le maillechort.
- Avec le nickel : le monel (inaltérabilité intéressante).

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Formes marchandes des produits finis et leurs caractéristiques

1. Les tubes :

- Fabrication : obtenus par étirage à froid ou par filage à chaud. Épaisseur régulière sans soudure
à surface intérieure lisse.
- Épaisseur (diamètre extérieur) : 1mm pour diamètre de 6 - 80mm, 1.5mm pour 106mm et
2mm pour 132mm.
- Longueurs : 4.5 - 5.5m pour diamètre de 6 - 132mm.
- Usages : installations sanitaires, installation chauffage central par eau chaude, installation
conditionnement d’air, distribution de gaz domestiques et gaz spécifiques, canalisation pour
combustibles et liquides spécifiques, canalisation pour protection contre l’incendie.
- Usages interdits : transport d’acétylène, d’ammoniaque, de gaz nitreux, évacuation d’eau de
chute (WC), aération de fosse septique.

2. Les feuilles et bandes :

- Applications : couvertures d’édifices publics, barrières d’étanchéité (cuvelage).


- Fabrication : par laminage à chaud ou à froid.
- Les feuilles :
Épaisseurs : 0.45mm, 0.6mm, 0.7mm, 3mm.
Largeurs : 600mm, 700mm, 1000mm.
Longueurs : 1.8m, 2m.
- Les bandes :
Épaisseurs : 0.6mm, 0.7mm, 3mm.
Largeurs : 600mm, 700mm, 800-1000mm.
Longueurs : 10-35m.

3. Contacts avec les autres matériaux du bâtiment :

- Éviter : contacts causant des courants électrolytiques Cu-Zn, Cu-Fe et Cu-Al. Pour les toitures
avec du Cu, utiliser du Cu (accessoires, etc.).
- Cu craint le ciment.
- Contacts admis : Cu-Pb, Cu-acier inox, Cu-bois.

Remarques des annexes

- Durée de vie exceptionnelle car formation d’une patine dure, adhérente et étanche.
- Aspect esthétique.
- Patine fongicide : pas de mousses en toiture.
- Capacité d’adaptation, facilité de mise en œuvre, malléabilité, pose rapide.
- Compétitif économiquement.
- Laminage à chaud et à froid.
- Pour des pentes faibles et fortes.

2.2.2 Le zinc

Origine et fabrication

Extrait de minerais sulfurés (le blende) ou minerais oxydés (la calamine). Le zinc pur est laminé à 150°
en feuilles. Utilisations aujourd’hui : Zn-Cu-Ti et Zn-Ti.

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Propriétés générales du Zn-Cu-Ti

Facilité de formage et de mise en œuvre. Simplicité et qualité de son assemblage par soudage ou
agrafage. Bonne résistance à la corrosion atmosphérique.

- Composition :

Zn-électrolytique de 99% de pureté : < 99.85%, Cu > 0.1% et Ti > 0.05%.

- Caractéristiques physiques :

Poids spécifique : 7.14. Point de fusion : 419°. Métal dur, tenace, très cassant à froid mais malléable et
ductile entre 100-150° => façonnage, pliage, formage.

- Caractéristiques chimiques :

Inaltérable à l’air sec mais s’oxyde à l’air humide => couche imperméable de carbonate basique. Se
corrode par les fumées acides et les bases. Formation de sulfate de zinc active la corrosion.

Revêtement protecteur => aucune précaution à prendre contre la corrosion atmosphérique. La


corrosion du zinc varie suivant les atmosphères. Si + de pollution, - de résistance.

Formes marchandes des produits finis

1. Le Zn-Cu-Ti : en feuilles ou en bandes pour les toitures, couverture de bâtiment et évacuation d’eau
pluviale.

2. Le Zn-CU-Ti prépatiné : en feuilles ou en bandes pour les toitures, gouttières et tuyaux de descente
pour E.P.

3. Le zinc « Zinalux ».

4. Joint de dilatation pour éléments en Zn-Cu-Ti.

Recommandations pour l’utilisation du Zn-Cu-Ti (ce qu’il faut éviter)

- Placer le zinc sur une pente insuffisante ou un support mal ventilé.


- Placer des boiseries proches des conduits de fumée.
- Se servir de voliges impropres au contact du zinc.
- Travailler le zinc par temps froid (< 10°).
- Plier le zinc à angle vif.
- Serrer le zinc contre les parois d’un chéneau.
- Agrafer à fond, surtout en saison chaude.
- Employer un zinc trop mince dans les chéneaux et noues.
- Faire des chéneaux trop étroits.
- Faire des chéneaux trop longs sans coupe de dilatation.
- Faire des soudures longitudinales dans les chéneaux.
- Souder les noues aux chéneaux.
- Employer des soudures sans marque, sans garantie de la teneur en étain.

Contacts avec les autres matériaux de construction

Contacts admis : aluminium, acier inoxydables.

Contacts à éviter :

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- Béton, plâtre, matériaux susceptibles de le corroder (cuivre, fer).


- Interposition d’un film type feutre bitumineux entre le zinc et le support.
- Supports de chêne, châtaignier, Red cedar.
- Mousses de toitures.
- Retombées de fumerons autour d’une cheminée d’un chauffage au mazout mal réglé.
- Roofings contenant du soufre et mal protégés contre les UV.
 Vernis protecteur ou peinture spéciale.

Utilisation du Zn-Cu-Ti

- Couvertures : toitures et bardages.


- Quasiment plus que pour les gouttières.
- Tuyaux de descente.
- Fabrication de lavabos, baignoires, bacs à douche.
- Matériau d’étanchéité pour réservoirs.
- Matériau de galvanisation : zingage.

Si le zinc est en contact avec l’humidité en l’absence de CO2 la couche passivante ne se forme pas =>
rouille blanche (pas protectrice, pas esthétique, ne diminue pas la durabilité), possibilité de corrosion.

2.2.3 Le plomb

Origine et fabrication

Extrait des minerais sulfurés (galène). En Belgique : plomb doux laminé (99,97%).

Propriétés générales du plomb

- Couleur grise bleuâtre brillante, se ternit rapidement à l’air humide (céruse).


- Protégé par l’oxyde de plomb : bonne résistance aux agents chimiques et ne s’altère pas à l’air.
Aucun entretien car pas de corrosion.
- Souple, malléable à froid : mou, rayable à l’ongle, ductile, se travaille facilement en feuilles.
- Lourd : facteur d’insonorisation, d’étanchéité et anti-vibration mais surcharge de poids en
couverture.
- Dureté : peu tenace, détérioré au choc, meilleur écran contre les radiations atomiques, rayons
X et gamma.

Formes marchandes des produits finis

1. Feuilles de plomb :

Pour couverture de toiture. Épaisseur : 2mm, 2.5mm, 3mm. Largeur : 1-2m. Longueur : 2-5-10m.

2. Bandes de plomb :

Largeur  50cm.

3. Tuyaux étirés.

4. Alliages :

Avec l’antimoine : abaisse le point de fusion, augmente la dureté mais aussi la fragilité. Plomb dur en
tuyaux rigides.

Avec l’étain : soudure ± riche en étain (plombiers et zingueurs).

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5. Plombages : revêtement protecteurs d’autres métaux.

Fer plombé (fer blanc terne), acier plombé (tubes pour échangeurs de chaleur) et cuivre plombé
(couvertures et conducteurs électriques).

Utilisation du plomb

- Couverture, bardage et jonction.


- Canalisation : évacuation d’eaux usées, pas pour l’eau d’alimentation.
- Matériau anti-vibratile et d’insonorisation : isolant acoustique, dalle sous machine, isolation
d’ascenseur.
- Matériau d’étanchéité : écran étanche aux remontées capillaires, cuvelage d’installations
sanitaires.
- Résistance au feu et à la corrosion mais faible résistance mécanique.

Contacts avec les autres matériaux

- Éviter : Pb-Fe, Pb-Al (le plomb corrode ces 2 métaux), liants (chaux libre en cours de prise),
bois (chêne et châtaignier).
- Admis : Pb-Cu, Pb-Zn, Pb-acier inox.

2.2.4 L’aluminium

Origine et fabrication

Le + utilisé après le fer. Extrait d’un minerai (bauxite). Utilisé sous forme d’alliages légers (99% +
manganèse ou magnésium).

Propriétés générales

- Métal blanc brillant.


- Mou à l’état pur.
- Malléable à froid.
- Contact à l’air humide : alumine (= pellicule adhérente imperméable continue => résistance à
la corrosion).
- Craint les acides phosphoriques, fluorhydriques, sulfuriques, les bases et sensibilité à l’air salin.
- Pouvoir réfléchissant des rayons calorifiques très élevée (90-95%) => le + isolant des matériaux
traditionnels de couverture.
- Bon conducteur de chaleur et d’électricité.
- Résistance à la traction.
- Se raye facilement.

Formes marchandes des produits finis

1. L’aluminium laminé en feuilles (tôles et bandes) : couverture à tasseaux.

2. Tôles planes : couverture à tasseaux.

3. Plaques ondulées ou nervurées pour couverture.

4. Ardoises, tuiles embouties, losanges agrafés.

5. Eléments préfaçonnés brevetés : bacs autoportants Jean Prouvé, grands éléments portant de 8m,
bandes nervurées, système autoportant Couvral.

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6. Tubes en recuit ou en demi-dur : tuyaux d’évacuation de gaz brulés et en ventilation et pas des
canalisations d’eau.

7. Complexe bitume-aluminium : étanchéité.

Contacts avec les autres matériaux

- Éviter : Cu, bronze, laiton, étain, Pb, Fe, plâtre frais, ciment libérant de la chaux libre durant la
prise, bois humides (chêne, châtaignier).
 Badigeonnage au bitume, vernis transparent, boucles adhésives.
- Admis : Zn, Fe, acier inox.

Utilisation de l’aluminium

- Murs rideaux, bardages ondulés ou nervurés.


- Structure de façade préfabriquée.
- Cloisons légères démontables.
- Menuiseries intérieures et extérieures.
- Quincaillerie, robinetterie, blocs cuisines, éviers.
- Cabines d’ascenseur.

2.2.5 Le titane

Origine et fabrication

Métal léger, résistant, blanc métallique très résistant.

Minerais de titane (rulite et ilménite) surtout utilisé industriellement (aéronautique civile et militaire,
énergie et chimie). Usinage, déformation à chaud et à froid, soudage, brasage, collage.

Titane alpha et titane béta (moins dense) + alliage = titane alpha+béta.

Propriétés générales

- Principalement utilisé pour les alliages.


- Résistance à l’érosion et au feu.
- Résistance à la corrosion (eau de mer, organisme humain).
- Résistance mécanique élevée : peut être améliorée par des alliages d’aluminium ou de
vanadium. Des t° cryogéniques à 600°.
- Types de produits très variés.
- Grande résistance à la corrosion, attaques chimiques, érosion, tous types de milieux naturels.
- Faible densité.
- Amagnétique.
- Bio compatibilité élevée.
- Coefficient de dilatation faible.

Applications technologiques

- Turboréacteurs, turbines à gaz.


- Pompes, tuyauteries, échangeurs, réacteurs chimiques.
- Bielles, ressorts, soupapes de moteurs de véhicules de sport ou de course.
- Blindage.
- Prothèses en dentisterie.
- Cannes de golf.

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- Horlogerie et lunetterie.
- Bâtiment : couvertures et structures.

2.3 Les problèmes de corrosion des métaux


2.3.1 Généralités

2 types de corrosions : attaque des autres matériaux sur les métaux ou corrosion dû à la conductibilité
électrique.

Système hors équilibre provoqué quand on extrait un métal de son minerai et qu’on l’expose à l’air =>
accroissement de l’entropie.

2.3.2 Types de corrosions

- Corrosion uniforme : affaiblissement général.


Corrosion locale : perforation.
- Matériaux homogènes : corrosion autour des cristaux nés de la solidification du métal.
Matériaux hétérogènes : modification de la structure et disparition des propriétés de
résistance.
- Corrosion naturelle : réaction avec l’eau ou l’atmosphère.
Corrosion chimique : réaction avec un agent corrodant.
Le mécanisme de ces 2 phénomènes est identique.

2.3.3 Théories de la corrosion

= phénomène d’origine électrochimique se compliquant d’action chimique proprement dite.

Théorie électrochimique

Métal en contact avec un électrolyte : il entre en solution en émettant des ions. Le métal se charge
négativement. Le phénomène est limité car l’accumulation des ions propres du métal s’oppose à la
poursuite de l’ionisation. L’hydrogène se dégage sur le métal => polarisation. Mais en milieu aéré,
oxygène => dépolarisation et progression de la corrosion.

Wilsmore a classé les métaux suivant leur tendance décroissante à émettre des électrons : lorsque 2
métaux de la liste sont en contact et en présence d’une solution saline ou d’air humide (électrolyte),
le métal qui a l’indice le + faible se corrode (+ rapide si l’écart des 2 métaux est grand).

La polarisation peut se renverser : cathode => anode. La nature des électrolytes gazeux ou solides
dissout dans l’eau joue un rôle important.

Théorie du courant local

L’hétérogénéité du métal engendre des différences locales de potentiel.

- Hétérogénéité chimique : formation de plages anodiques à certains endroits et de plages


cathodiques à d’autres.
- Hétérogénéité physique : courants électriques naissent entre 2 zones d’un même métal.

2.3.4 Facteurs intervenant dans l’aptitude du métal à la corrosion et dans son intensité

1. Facteurs dépendant du métal : plus un métal est pur, moins il est attaquable.

- Addition de certains éléments à l’acier augmente l’oxydabilité (acier inox).


- État de la surface ou structure du métal : pièces coulées moins attaquées que celles laminées.

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- Hétérogénéités physiques.

2. Nature des métaux en contact : le moins électropositif sera épargné.

3. Nature, concentration et t° de l’électrolyte : les acides corrodent plus.

4. Produits de la corrosion : phénomène de polarisation, couche protectrice, rouille, catalysant les


réactions.

5. Les catalyseurs : agissent sur la vitesse de corrosion.

6. Les mouvements du liquide.

7. L’oxygène.

2.3.5 Quelques cas de corrosion

Les métaux ferreux

- Rouilles ferreuses qui se forment près du métal.


- Rouilles ferriques qui forment la couche extérieure.

Les métaux ferreux plus attaqués par l’eau que par l’air humide.

- Rouille dans les charpentes métalliques.


- Rouille dans les conduites d’eau potable : fréquent et grave + renouveler intégralement les
conduites d’alimentation d’eau et de chauffage central.

Facteurs de la corrosion rapide :

- Tensions internes dues aux soudures ou aux pressions.


- Défaut localisé de la protection superficielle.
- Présence de limaille.
- Utilisation d’eau douce riche en acide carbonique, présence d’adoucisseur.
- Présence de chlorures dans l’eau.
- Prise de terre sur les conduites.
- Disparition de la couche protectrice de calcaire.
- Phénomène d’aération différentielle.

Corrosion de l’aluminium

Résistant : aux solutions ammoniacales pures et à l’air sec => oxyde protecteur.

Attaqué : acides forts et faibles, chaux et solutions diluées d’alcalis => éviter le contact avec le béton,
mortier et savon.

Action de l’eau : superficielle (plages de métal brun foncé) ou corrosion perforante.

Corrosion du cuivre

Film protecteur => résistant à la corrosion des intempéries, des atmosphères nocives mais corrosion
des fumées sulfureuses, de l’acide chlorhydrique et sulfurique.

Corrosion du nickel

Résistant aux conditions atmosphériques et à l’air humide.

Attaqué par l’acide chlorhydrique, nitrique, plus légèrement à l’acide sulfurique et au gaz sulfhydrique.

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Corrosion du plomb

Résistant à l’acide sulfurique et à l’air.

Attaqué par l’eau de chaux, solutions alcalines, solution de soude, acide nitrique, eau de mer, etc.

Pas idéal pour les évacuations des eaux et pour l’étanchéité des toitures, terrasses et jardins suspendus
car plantes demandent de l’acide nitrique (+ produisent acide humique), ennemi n°1 du plomb.

Corrosion du zinc

Attaqué par tous les produits alcalins, eaux douces, acides, etc., résiste peu à l’air grâce à sa couche
protectrice.

2.4 La protection des métaux contre la corrosion


2.4.1 Généralités

La couche protectrice doit présenter des qualités spécifiques + des qualités esthétiques.

2.4.2 Protections des métaux (aciers et métaux non ferreux)

Par métallisation : protéger un métal oxydable par un revêtement métallique (± oxydable selon les
cas). 4 méthodes :

- Électrolyse.
- Immersion.
- Revêtement par projection métallique au pistolet : Schoop ou Schori.
- Cémentation ou diffusion réciproque.

Pour les ferronneries : projections métalliques => Schoop (métal obtenu en fils), Schori (métal obtenu
en poudre). En général on projette avec le système Schoop du zinc, ne pas confondre avec la
galvanisation qui est moins efficace. Le processus de cémentation est + efficace que les projections.

Autres méthodes :

- Peinture et vernis.
- Revêtements bitumeux.
- Revêtements à base de caoutchouc chloré et d’ébonite.
- Revêtements à base de lanoline.
- Revêtements d’une couche mince d’oxyde.
- Coslettisation et parkérisation (couche de phosphate).
- Couche d’émail.
- Béton ou ciment.
- Nituration : protège et augmente la dureté du métal.
- Voie électrolytique (anode sacrifiée).
- Amélioration du métal par augmentation de la pureté ou par réalisation d’alliage.
- Neutralisation des agents agressifs.

2.4.3 La protection de l’aluminium

En usine : trempage dans des solutions sianurées de cobalt => seconde couche protectrice. Procédé
anodique (anodisation) ou cathodique (moins fréquente).

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Sur chantier : protéger les pièces avant leur placement => précadres en acier, stockage à l’abri des
poussières et de protection, vernis pelable, etc.

Peintures déconseillées sur les aluminiums.

2.4.4 Qualités générales demandées à l’enduit protecteur

1. Supprimer le contact entre le métal et le milieu corrodant.

2. Ne pas rendre le métal anodique.

3. Présenter une indifférence chimique complète par rapport au milieu agressif.

4. Avoir une résistance mécanique suffisante.

5. Résistance physique aux variations de t°, à l’action des poussières et de la lumière.

6. Coût peu élevé.

7. Qualités esthétiques : coloration, brillance, relief.

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Cahier 3 : Les matières plastiques


3.1 Généralités
Matériaux de synthèse susceptibles d’être façonnés par moulage, coulage, formage, extrusion à l’aide
de chaleur et d’une faible pression, ils sont à caractère résineux.

- Plastique = état de fusion à haute viscosité.


- Matières composées par l’homme.
- Structures organique : chimie proche des matières organiques naturelles.
- Matières premières : fractions ou dérivés du pétrole.
- Structure macromoléculaire : synthèse des plastiques en liant des monomères =>
polymérisation => macromolécules ou polymère (polymère synthétique).

3.2 Classification des produits de base


3.2.1 Les élastomères

Substances à haute élasticité : souple, retrouvent leur forme initiale. Caoutchouc naturel et artificiel.

PUR : polyuréthane, EPDM : caoutchouc terpolymère (membrane étanche pour remplacer toiture
bitumineuse), CSM : polyéthylène chlorosulforé, SI : silicones, IIR : caoutchouc butyle.

3.2.2 Les plastomères

Déformables sous l’action de la chaleur et de la pression.

- Les résines thermodurcissables (T.D.) :

Très rigides et résistantes. Transformation chimique sous la chaleur et la pression. Durcissement


définitif et plus de réaction à la chaleur.

PUR : polyuréthane, PF : résine phénolique (bakélite), UP : résine polyester, EP : résine époxyde.

- Les résines thermoplastiques (T.P.) :

Ramollissement et travail sous la chaleur : propriétés mécaniques dépendantes de la t°. Le travail peut
être répété à tout moment sans modifier les caractéristiques du matériau.

PE : polyéthylène, PP : polypropylène, PS : polystyrène, PVC : polychlorure de vinyle.

3.2.3 Domaines d’application des matières plastiques

Emballage 25%, bâtiment 21%, industrie électrique 15%, divers 10,5%, colles, peintures et vernis 10%,
industrie automobile 7%, ameublement 5%, agriculture 4% et articles ménagers 2,5%.

3.3 Les techniques de transformation


Réchauffement de la matière avant la mise en forme car propriété de fusion visqueuse à haute t°.

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3.3.1 Extrusion

Technique de fabrication continue de feuilles, plaques, tubes et profilés. Matière plastique introduite
dans un cylindre chauffé avec une vis assurant le transport et l’homogénéité de la masse fondue. La
masse plastique est pressée à travers une matrice d’extrusion (filière) qui lui donne sa forme finale.

 Tubes, tuyaux, planchettes, profilés de châssis, feuilles, plaques, joints et profilés de montage.

3.3.2 Extrusion-soufflage

 Corps creux en thermoplastique.

3.3.3 Injection

Technique de production de pièces détachées. Matière plastique fondue et homogénéisée dans un


cylindre chauffé. La vis sert aussi de piston pour injecter la masse dans un moule fermé.

 Raccords et accessoires pour tuyaux et installation sanitaire, accessoires pour installation


électrique, accessoires de toiture.

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3.3.4 Calandrage

Technique de fabrication de feuilles. Matière préchauffé passe entre des calandres, rouleaux
métalliques (proche du laminage de la tôle). Les feuilles peuvent avoir des épaisseurs  et un certain
relief si la dernière calandre est gravée. Finition par estampage (cuir artificiel), flockage (velours
artificiels), impression ou métallisation.

 Membranes d’étanchéité, revêtement de sol, simili-cuir, feuilles en PVC et tissus enduits.

3.3.5 Revêtements ou coating

Projection de poudre thermoplastique sur un objet métallique pour lui donner une couche protectrice.
La poudre fond et forme une couche homogène, résistante à la corrosion.

 Revêtement de bardages métalliques, revêtement de constructions métalliques, revêtement


intérieur de conduites métalliques et de leurs accessoires.

3.3.6 Moussages

Techniques proches de celles des matières solides. Par réaction chimique libérant un gaz lors du
durcissement ou par la présence d’un agent gonflant qui devient gazeux à la t° de transformation.

 Isolation thermique et acoustique, profilés de châssis en mousse de PUR à peau intégrale,


profilés-joints.

3.4 Propriétés
- Technologie de transformation variée et économique : t° de fusion basse.

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- Faible masse volumique : manipulation aisée et construction légère.


- Ténacité et résistance au choc.
- Coloration dans la masse et aspect brillant : pas besoin de traitements de surface postérieurs.
- Résistance chimique exceptionnelle.
- Isolation électrique.
- Faible conductivité thermique : améliorée si matière moussée.
- Composé par l’homme : modifier sur mesures les caractéristiques.
- Additifs : antioxydants (dégradation chimique), stabilisants (durabilité), plastifiants (souplesse
et résistance au choc), lubrifiants (transformation facile), ignifugeants (résistance au feu),
additifs conducteurs (contre les charges électrostatiques), renforçant (propriété mécanique).

Alliages de plusieurs plastiques possibles. Les plastiques ont leur limite et le plastique miracle n’existe
pas => beaucoup de plastiques différents. Limites des plastiques :

- Rigidité et résistance mécanique moins élevées que les métaux.


- Fluage : déformation.
- Fragilité au choc à basse t°.
- Instabilité dimensionnelle à haute t°.
- Vieillissement : influence des radiations solaires.
- Comportement au feu : inflammabilité, vitesse de propagation, etc. Toxicité des fumées pas
très important.

3.5 Les domaines d’applications


3.5.1 Mousses d’isolation

Mousses de PUR et mousses phénoliques : meilleurs isolants.

Matériau d’isolation en panneaux rigides : bonne résistance mécanique et stable même dans les
milieux humides, absorption négligeable, résistance à la diffusion de la vapeur.

Panneau d’isolation composés ou panneau sandwich.

La stabilité dimensionnelle exige des t° limites. Comportement au feu : choisir des mousses auto-
extinguibles ou d’une qualité ignifugée. Sensibilité aux rayons UV médiocre.

3.5.2 Tuyaux

Adduction sous pression de gaz, eau potable (PE, PVC), eau chaude (PP, PVC), évacuation des eaux
usées (PVC, PE).

Avantages :

- Bonne résistance chimique.


- Absence de corrosion.
- État lisse durable de la face intérieure.
- Montage facile.
- Faible poids.
- Souplesse.
- Manipulation de grandes longueurs.
- Jonctions faciles : soudage, collage, raccords.

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Inconvénients :

- T° limite entre 65° (PVC) et 100° (PP et PVC.C).


- Forte dilatation thermique => anticiper les raccords.

3.5.3 Membranes d’étanchéité

Membranes polymères pour une étanchéité monocouche.

Qualités recherchées :

- Résistance à la perforation.
- Souplesse à basse t°.
- Résistance à la traction.
- Allongement avant rupture.
- Résistance chimique.
- Durabilité.

Inconvénient :

- Besoin d’une main-d’œuvre qualifiée.

Membranes thermoplastiques (PVC, CPE) ou élastomères (EPDM, IIR, CSM) : soudage à air chaud (PVC,
CPE), collage (PVC) ou vulcanisation (élastomère). En préfabrication : grandes dimensions.

 Étanchéité des toitures, des cuvelages, des piscines, des bassins, des tunnels, etc.
Pour tentes et structures gonflables : résistance mécanique plus élevée.

3.5.4 Menuiserie plastique

Domaine du PVC, utile en rénovation.

Avantages :

- Aspect brillant blanc qui résout les problèmes de décoloration.


- Pas besoin d’entretien.
- Isolation thermique.

Profilés en PVC par extrusion et assemblage des châssis par soudage.

Aussi châssis en âme métallique enrobée d’une mousse de PUR.

3.5.5 Vitrage plastique

Avantages :

- Plus léger que le verre.


- Moins fragile.
- Manipulation plus facile : couper, plier, thermoformer (coupole).

Inconvénient :

- Plus cher.

 Lumière zénithale, plaques, panneaux à double ou triple paroi, tôle ondulée, etc.
Polyester (bon marché), PS (intérieur), PVC (bleuâtre et économique), PC (incassable) et
PMMA (brillant et transparent, durable, résistance aux rayures).

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Cahier 4 : Les isolants


4.1 Modes de transfert de chaleur
- Conduction : transfert de l’agitation par chocs intermoléculaires.
 Enlever la matière pour diminuer la conduction.
- Convection : transport de matière entre zones chaude et froide.
 Élément étanche (ou vide) pour éliminer la convection.
- Rayonnement : émission-absorption de rayonnement électromagnétique.
 Élément opaque ou réfléchissant pour diminuer le rayonnement.
- Évapo-condensation : évaporation et condensation.
 Matériau sec pour éviter l’évapo-condensation.

L’isolant principal dans le bâtiment : l’air immobile.

- Les fibres ou parois des cellules immobilisent l’air, supprimant la convection.


- Le rayonnement ne peut passer au travers du matériau globalement opaque.
- Dans l’idéal, il ne reste que la conduction de l’air.

Conductivité thermique par rapport à l’air :

4.2 Qualité des isolants thermiques


- Conductivité thermique.
- Résistance mécanique (traction et compression).
- Étanchéité à l’air.
- Résistance à la diffusion de vapeur d’eau.
- Faible absorption d’eau.
- Stabilité dimensionnelle.
- Résistance au feu.
- Comportement de la chaleur.
- Qualités acoustiques.
- Aspect.
- Critères écologiques : recyclable, écobilans de fabrication.
- Toxicité.
- Prix.

Exemple : laine de verre performante pour l’isolation thermique mais pas pour l’isolation acoustique.

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Ce qui isole n’est pas les matériaux mais principalement l’air qu’ils contiennent. L’air est isolant s’il est
piégé dans les fibres ou sous la forme de microbulles.

Exemple : polystyrène extrudé bon isolant car bulles d’air emprisonnées alors que le polystyrène
expansé est moins bon car les bulles d’air ne sont pas hermétiques.

- Isolants légers : base minérale, matières plastiques alvéolaires ou base végétale ou animale.
- Matériaux lourds : rarement de bons isolants malgré leur épaisseur, mais bonne capacité
d’inertie thermique.

Murs en briques = compromis entre isolation et inertie.

4.2.1 Effets des isolants thermiques

- Isolation thermique.
- Protection incendie.
- Isolation acoustique : contre les bruits aériens et les bruits de choc.
- Absorption acoustique.

4.2.2 Qualités des matériaux isolants

Résistance mécanique

- Pas toujours nécessaire.


- Résistance à la compression pour dalles, planchers, ouvrages souterrains.
- Se mesure par la contrainte à 10% de compression.
- Résistance à la traction (rupture) pour isolation extérieure compacte et toitures plates non
chargées.

Étanchéité à l’air

- Nécessaire pour le confort, la durabilité et le contrôle de l’aération.


- N’est pas attendue d’un matériau isolant.

Résistance à la diffusion de vapeur d’eau

- Nécessaire pour la durabilité de la construction.


- La vapeur d’eau diffuse au travers des matériaux poreux, et condense dans les zones froides
donc en aval de l’isolation.
- N’est pas attendue d’un matériau isolant.

Absorption d’eau

- Un isolant humide perd de son pouvoir.


- Les isolants pouvant être en contact avec de l’eau ne doivent donc pas l’absorber.
- Se mesure en laissant flotter des échantillons sur l’eau ou par diffusion de vapeur dans un
gradient de t°.

Qualités acoustiques

- Absorption des bruits de choc : matériaux mous.


- Absorption des bruits aériens : matériaux poreux ou fibreux.

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4.3 Les matériaux isolants


4.3.1 Fibres minérales

- Fibre de verre.
- Laine de roche.
- Laine de verre.
- Fibres obtenues par filage de verre ± pur, liée avec une colle (bakélite).
- Bonne résistance au feu.
- Peu hygroscopique : teneur en humidité.
- Absorption acoustique.
- Résistance mécanique nulle à basse densité et moyenne à haute densité.

4.3.2 Fibres naturelles

- Laine de mouton, coton, paille, coco, chanvre.


- Cellulose (papier recyclé) injectée.
- Emploi marginal, connotation écologique.
- Absorption acoustique.
- Faible résistance au feu, à l’humidité et aux agents biologiques.

4.3.3 Mousses minérales

Mousse de verre

- Cuisson d’un « cake » de verre.


- Bonne résistance à la compression.
- Étanche à l’eau et à la vapeur d’eau.
- Coût élevé.

Verre cellulaire

Béton cellulaire

- Mortier à la poudre d’aluminium, autoclavé.


- Pouvoir isolant médiocre => forte épaisseur.
- Bonne résistance mécanique.
- Parois et dalles homogènes, éléments légers.
- Sensible à l’eau, au gel si humide.

4.3.4 Isolants organique synthétiques

Polystyrène expansé

- Usage général.
- Résistance à l’eau médiocre.
- Résistance mécanique suffisante dans bien des cas.

Polystyrène extrudé

- Usage spécifique pour toitures inversées et isolation enterrée.


- Bonne résistance aux intempéries, notamment à l’eau.
- Résistance mécanique supérieure.
- Plus cher que l’expansé.

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Polyuréthane

- Bonne résistance mécanique.


- Excellent pouvoir isolant.
- Résistance nulle aux intempéries et UV.
- Mousse injectable.

Urée-formol

- Mousse injectable in situ.


- Très sensible à l’eau.
- Résistance mécanique nulle.

4.3.5 Isolants ligneux

Bois léger et paille agglomérée

- Bonne résistance mécanique.


- Pouvoir isolant médiocre.
- Faible résistance à l’humidité : pourriture.

Liège

- Bonne résistance mécanique.


- Résistance à l’humidité médiocre.
- Certaine résistance au feu.

4.3.6 Isolation mince réfléchissante

- Aucun miracle : il faut de l’épaisseur pour isoler. Prétendu équivalent 20cm de laine minérale.

Épaisseur à avoir pour une isolation équivalente selon les matériaux

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Coût des isolants :

- Moins cher : laine de roche, laine de verre, polystyrène expansé, chanvre.


- Moyen : laine de chanvre.
- Plus cher : polyuréthane, polystyrène extrudé, liège, laine de lin, vermiculite, chanvre + chaux,
béton cellulaire.

4.4 Isolation d’un mur extérieur existant


4.4.1 Remplissage de la lame d’air

Avantages Inconvénients
Finitions intérieurs et extérieures conservées. Coulisse  4cm et régulière. Examen avant :
endoscopie.
Pas d’encombrement. Pas applicable si parement peint ou émaillé :
couche étanche empêche évacuation de la
vapeur d’eau.
Technique simple. Épaisseur d’isolation limitée.
Coût moindre. Risque d’accentuation des ponts thermiques
aux interruptions de la coulisse.
Pas de permis d’urbanisme. Refroidissement du mur de parement :
potentiel de séchage réduit, risque de gel.

4.4.2 Isolation par l’extérieur

Avantages Inconvénients
Continuité de l’isolant : suppression des ponts Modification de l’aspect extérieur, modification
thermiques. de l’alignement des façades : permis
d’urbanisme.
Amélioration de l’étanchéité de la façade. Retours des baies doivent être isolés, seuils
remplacés, diminution de la surface vitrée.
Protège le mur du gel et de la fissuration. Déplacement des descentes d’eau.
Améliore l’aspect extérieur car nouvelles Nécessité de faire appel à une entreprise
finitions. spécialisée : coût élevé.
Masse thermique et finitions intérieurs
préservées.
Pas de perte de surface habitable à l’intérieur.

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4.4.3 Isolation par l’intérieur

Avantages Inconvénients
Aspect extérieur conservé. Diminution de la surface habitable.
Réalisation sans échafaudages. Finitions intérieures à remplacer.
Diversité de choix des isolants. Augmentation des sollicitations
hygrothermiques dans le mur : risque de
condensation, de gel, de dilatations,
d’efflorescences
Chantier à l’abri. Ponts thermiques : moisissures et condensation
Réalisation possible pièce par pièce. Diminution de l’inertie thermique : risque de
surchauffe
Coût moindre.
Pas de permis d’urbanisme.

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Cahier 5 : Les produits verriers


5.1 Composition du verre
- Sable de silice : corps vitrifiant.
- Oxyde de sodium : fondant dans le but d’abaisser la t° de fusion de la silice.
- Chaux : stabilisant conférant une résistance chimique.
- Divers oxydes métalliques : propriétés mécaniques et résistance atmosphérique.
- Le verre recyclé peut faire partie des matières premières.
 Verre silico-sodo-calcique.

5.2 Les différents types de verre


5.2.1 Les produits de base

= produits verriers silico-sodo-calciques obtenus à la sortie du four sans traitement ultérieur.

Le float ou verre recuit

Verre plan, recuit, transparent, clair ou coloré, 2 faces planes et parallèles. Produit de base le plus
couramment utilisé.

Le verre imprimé ou coulé

Une ou 2 faces comportent des dessins. Technique du float + rouleaux texturés au moment du
laminage.

Le verre armé

Treillis métallique incorporé pour maintenir les morceaux de verre en cas de bris mais la résistance
mécanique est inférieure à celle du verre non armé. Ne peut être trempé, feuilleté ou en double
vitrage.

Le verre profilé

Verre recuit avec processus de formage, souvent en forme d’U. Existe aussi du verre profilé armé, verre
profilé en double paroi pour limiter les problèmes de condensation entre les parois.

Le verre étiré

Premier procédé mécanique, défauts d’aspect mais aspect ancien.

Le verre moulé

Dalles décoratives, briques (étanches à l’air), pavés, ne sont pas porteurs.

Le verre soufflé

Ancien procédé artisanal de soufflage, large gamme de couleurs.

5.2.2 Les produits de base spéciaux

Le verre borosilicate

7 à 15% d’oxyde de bore, dilatation inférieure au vitrage de base, excellent résistance aux acides.
Utilisé pour les protections des feux ouverts.

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Les vitrocéramiques

Par float ou étirage, phase cristalline et phase vitreuse. Dilatation quasiment nulle. Utilisés pour les
plaques de cuisson.

Les verres à haute teneur en plomb

Teneur en plomb de 70%, atténuation des rayons X et gamma, éviter le contact avec l’eau et les
détergents, poids supérieur. Utilisés dans des salles de radiologie médicale ou industrielle.

5.2.3 Les produits transformés

Le verre trempé thermiquement

Traitement thermique augmentant sa résistance. Refroidissement brutal. Résistance aux sollicitations


d’origines mécanique et thermique supérieure à celle du verre recuit. Soit trempe verticale ou
horizontale.

- Ne peuvent pas être découpés, sciés, percés ou façonnés après la trempe.


- Résistance mécanique et résistance aux chocs élevées.
- Résistance aux chocs thermiques élevée.
- En cas de bris, se fragmente en morceaux petits et non coupants : verre de sécurité.
- Pas aussi plan que le verre recuit.
- Anisotrope : réflexion sous la lumière varient de point en point (pas un défaut).

Il y a parfois dans le verre des inclusions de sulfure de nickel (NiS). Avec un refroidissement brutal, les
NiS n’ont pas le temps d’atteindre leur structure stable de basse t° => casse spontanée de la feuille de
verre. Limiter les risques avec le traitement « heat soak ».

Le verre durci

Traitement thermique semblable à la trempe mais niveau de contraintes inférieur car refroidissement
plus lent.

- Ne peuvent pas être découpés, sciés, percés ou façonnés après le durcissement.


- Résistance à la rupture par flexion supérieure à celle du verre recuit.
- Résistance aux chocs thermiques.
- Pas des verres de sécurité.
- Phénomène d’interférences semblable à celui du verre trempé.
- Traitement « heat soak » pas nécessaire.

Le verre trempé chimiquement

Verre trempé thermiquement mais procédé chimique. Résistance très élevée. Utilisé dans
l’aéronautique ou l’éclairage.

Le verre feuilleté

Au moins 2 feuilles de verre assemblées sur toute leur surface par un intercalaire (film en matière
synthétique, résine ou gel). Limitation du risque de blessure en cas de bris, la protection contre
l’effraction, contre les armes à feu et les explosions, contre l’incendie, l’isolation acoustique, la
décoration.

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Propriétés Avantages
Ne se désintègre pas en cas de bris, les morceaux Minimise les risques de blessures et empêche le
restent collés à l’intercalaire. passage au travers du vitrage.
Ne se brise qu’au point d’impact. Limite les conséquences du vandalisme.
Doit être découpé sur les 2 faces. Élimine ou retarde toute tentative d’infraction.
Facilement intégré dans un double vitrage. Sécurité + isolation thermique.
Facilement disponible en toutes dimensions et Pas de main-d’œuvre spécialisée.
se pose rapidement.
Existe en différentes épaisseurs. Large sélection en fonction du niveau de
sécurité.

Le verre à couches

Dépôt d’une ou plusieurs couches de matières inorganiques. Classés selon 3 critères : mode de
fabrication de la couche, emplacement de la couche et application réservée au vitrage.

Ces verres peuvent être trempés, durcis, feuilletés ou bombés. Applications : réflexion solaire, isolation
thermique, contrôle lumineux.

3 modes de fabrication :

- Les dépôts pyrolithiques : oxydes ou mélanges d’oxydes, bonne durabilité.


- Les dépôts sous vide : oxydes ou métaux, fragiles.
- Les dépôts au trempé.

Le double vitrage

Espace hermétique clos avec air ou gaz déshydraté, pouvoir isolant. Composé de :

- Deux feuilles de verre.


- Espaceur.
- Deux barrières d’étanchéités.
- Un dessicatif destiné à assécher le gaz.

Le bon fonctionnement du dessicatif et des barrières d’étanchéité conditionne la durée de vie.

Le verre bombé

Le procédé de courbure peut être combiné à la trempe, au feuilletage, au dépôt et au double vitrage.

Le miroir

Les verres de décoration

Sérigraphie, émaillage, matage, sablage, etc.

Les vitrages chromogènes

- Les vitrages non électro-activés : les conditions ambiantes déterminent le changement d’état.

1. Le vitrage photochromique : variation de l’absorption du rayonnement solaire.

2. Le vitrage thermochromique : initié par un changement de t°.

3. Le vitrage thermotrope : thermochromique mais processus physique.

- Les vitrages électro-activés : changement d’état induit par application d’un courant électrique.

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1. Le vitrage à cristaux liquides : soit opaque ou transparent.

2. Le vitrage électrochromique : décoloration pour régler l’intensité de la réflexion en fonction de


l’intensité lumineuse.

5.2.4 Reconnaissances de vitrages

Fort difficile d’identifier avec certitude la nature des vitrages une fois qu’ils sont placés dans une
menuiserie.

5.2.5 Les produits non verriers

Plastiques ou métacrylate (plexiglas).

5.2.6 Les verres translucides

Perméables à la lumière (± 80%) mais pas transparents. Verres coulés ou verres à reliefs, verres dépolis,
verres de couleurs. Ils absorbent + la lumière. Briques et pavés de verre.

5.2.7 Le verre cellulaire

Propriétés de non-absorption d’eau, de non-hygroscopicité, d’imperméabilité à la vapeur d’eau, de


résistance aux acides, à la vapeur d’eau et aux rongeurs, d’incombustibilité et de stabilité
dimensionnelle.

5.2.8 Des granulats de verre expansé

Associé au ciment ou au plâtre (voire aux mousses ou résines synthétiques) pour créer des panneaux
d’isolation thermique.

5.3 Décoration et architecture


Le verre a une fonction de décoration à l’extérieur (vitrage extérieur collé VEC ou vitrage extérieur
attaché VEA), à l’intérieur (portes, parois, etc.) et dans une gamme infinie de produits dérivés.

Verre imprimé, bombé, émaillé, sérigraphié, maté, sablé, laqué, feuilleté à intercalaire décoratif,
coloré, vitraux, pavés et briques en verre.

5.4 Choix d’un vitrage


5.4.1 Problématique du choix

- Secteur résidentiel : propriétés thermiques et acoustiques, sécurité et contrôle solaire.


- Secteur non résidentiel : mêmes critères.
- Cas particulier : mobilier urbain (abribus) => sécurité.

5.4.2 Les différentes combinaisons possibles

Isolation thermique

Obligation des double-vitrages et double vitrage à haut rendement conseillé.

Isolation thermique + acoustique

- Double vitrage composé de 2 verres d’épaisseur différente.


- Verre feuilleté avec intercalaire en PVB, PVBa ou résine coulée.

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Isolation thermique + sécurité

- Protection des personnes : verre trempé ou feuilleté.


- Double vitrage composé de 2 verres de sécurité.
- Vitrages en toitures.
- Contre le vandalisme et l’effraction des magasins : verres feuilletés.

Isolation thermique + acoustique + sécurité

Double vitrage composé d’un verre feuilleté avec PVB ou PVBa + verre trempé.

Contrôle solaire

Verre de contrôle solaire (absorbant ou à couches) pour éviter les surchauffes.

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Cahier 6 : L’assainissement privé


6.1 Les types d’eaux à évacuer
6.1.1 Les eaux pluviales (P)

- Sur des toitures non accessibles : accumulées avant d’être évacuées.


- Sur des toitures accessibles : jamais accumulées et directement évacuées.

6.1.2 Les eaux usées

Eaux usées domestiques (U)

- Eaux fécales ou noires (F)


- Eaux ménagères (M) : baignoires, lavabos, douches, lave-linge.
- Eaux traitées ou vannes (V) : F + M ayant subi un traitement.

Eaux usées industrielles (I)

6.1.3 Les eaux de drainage (D)

Recueillies dans le sol autour du bâtiment.

6.2 Les systèmes d’égouttage


6.2.1 Un système d’égouttage

Récolte les eaux P + U + D pour les évacuer dans un système d’égout public ou de dispersion des eaux
dans l’environnement. Constitué d’un système d’égout public (ou de dispersion), d’un système d’égout
privé et d’un branchement privé, dépendants du type d’égout public.

6.2.2 Les systèmes d’égouts publics

Égouts publics souterrains et fermés

- Unitaire : évacuer P + U dans un seul conduit.


- Séparatif : évacuer P + U dans des conduits distincts.
- Global : sans traitement préalable.
- Partiel : traitement des eaux.

Égouts publics ouverts

Fossés, eaux de surface ou voies artificielles d’évacuation. Avoir une autorisation et eaux traitées.

Système de dispersion

Eaux traitées et autorisation.

6.3 Les systèmes d’égout privé et le branchement privé


6.3.1 Constitution d’un système d’égout privé

- Appareils de récolte des eaux.


- Système vertical d’évacuation : deux parties distinctes, lien entre les appareils de récolte et le
système horizontal.
- Système horizontal d’évacuation : lien entre système vertical et système de branchement
privé + dispositifs de traitements.

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6.3.2 Les appareils de récolte

- Recueillir de l’eau.
- Contenir de l’eau.
- Décharger de l’eau.
- Déterminés avec le débit d’eau évacuée.

Les appareils domestiques et sanitaires sont raccordés au système d’évacuation par des coupe-air
(occlusion hydraulique). Hauteur de l’occlusion  50mm, résistance à l’écoulement et éviter les dépôts.

- « Passage » : autonettoyant, pertes d’occlusion fréquente, tous types d’appareils.


- « Bouteille » : dépôts, pertes d’occlusion limitées, éviers et lavabos.
- « Cloche ».

Bouteille Passage Cloche

Causes de pertes d’occlusion hydraulique :

- Aspiration de l’eau contenue dans le coupe-air.


- Refoulement de l’eau contenue dans le coupe-air.
- Évaporation de l’eau contenue dans le coupe-air.

Les avaloirs de sol avec coupe-air

Eaux non chargées de boues, graisses, hydrocarbures ou fécules. Placés à l’intérieur.

Les avaloirs de sol sans coupe-air

Eaux chargées de boues, graisses, hydrocarbures ou fécules. Intérieur et extérieur.

Pied de descente sans coupe-air Avaloir de toiture sans coupe-air

6.3.3 Terminologie des tuyauteries d’un système d’évacuation

Branchement privé

Tuyauteries de jonction entre l’égout public et l’égout privé (système horizontal).

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Les tuyauteries du système horizontal d’évacuation

Tuyauteries entre les colonnes d’évacuation, raccordements, branchements, appareils de traitement


et le branchement privé.

Les tuyauteries du système vertical d’évacuation

- Colonnes d’évacuations des eaux : eaux pluviales (descentes), eaux fécales (chutes), eaux
ménagères (décharges), mixtes (chutes uniques), ventilation primaire uniquement (avec ou
sans ventilation secondaire partielle), ventilation secondaire directe ou terminale.
- Tuyau de branchement : lien entre les raccordements des appareils et une colonne
d’évacuation des eaux.
- Tuyau de raccordement : lien entre les appareils et un tuyau de branchement.

- Les tuyauteries de ventilation : primaire = prolonge une colonne d’évacuation ou une


tuyauterie de l’égout privé vers l’air extérieur. Secondaire terminale ou directe.

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6.3.4 Typologie des systèmes d’évacuation

Système d’évacuation unitaire et global

P + U en un seul conduit sans traitement.

- Système vertical de type séparatif (U + P).


- Système horizontal de type unitaire et global.
- Branchement privé en un seul conduit.

Système d’évacuation séparatif et global

P + U en conduits distincts sans traitement.

- Système vertical de type séparatif (U + P).


- Système horizontal de type séparatif et global (U + P).
- Branchement privé en 2 conduits.

Système d’évacuation unitaire et partiel

Soit un égout public de type unitaire et partiel, soit un système de dispersion


des eaux dans l’environnement.

- Système vertical de type séparatif (F + M + P).


- Système horizontal de type unitaire et partiel (F + M + P) : système
horizontal en amont des systèmes de traitement de type partiel et
système horizontal en aval de type unitaire.
- Branchement privé en un seul conduit.

Système d’évacuation séparatif et partiel

Soit un égout public de type séparatif et partiel (U + P, traitées) et


branchement à 2 conduits, soit un système de dispersion des eaux (U + P,
traitées) et autant de branchement que de système de dispersion.

- Système vertical de type séparatif (F + M + P).


- Système horizontal de type séparatif et partiel (F + M + P) : système
horizontal en amont des systèmes de traitement de type partiel et
système horizontal en aval de type séparatif (U + P).

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6.4 Les systèmes horizontaux d’évacuation


6.4.1 Principes de conception

Économie d’énergie et fiabilité

Action de la gravité ou relevage des eaux (pompes).

- Maison unifamiliale : P et U ne sont pas mélangées, l’égout de U possède un clapet anti-crue.


- Autres bâtiments : clapet anti-crue, installation de pompage.

Pente des tuyaux vers le branchement : 3%, pas trop large car garder une pression élevée pour évacuer
les bouchons possibles.

Les eaux usées en-dessous de la ligne d’accessibilité de l’égout public : système de relevage.
Les eaux pluviales au-dessus de la ligne d’accessibilité : gravité.

Pompe de relevage des eaux usées

Le clapet anti-crue : appareil de tuyauterie empêchant le refoulement de l’eau. P évacuées en aval du


clapet anti-crue.

Sécurité et confort

Aucun risque pour les utilisateurs, pour le bâtiment et pour l’environnement. Pas de nuisances
acoustiques.

Durabilité, entretien et inspection

- Entretien régulier : résister aux sollicitations mécaniques, t°, rayonnement, dégradation, gel.
- Installation avec des produits normalisés : Benor.
- Installation intérieure doit être accessible sur toute son étendue : chambre de visite.
- U évacuées par la gravité : ventilation pour créer un contact avec l’air extérieur.
- Ne pas contrarier 2 écoulements d’eaux de directions différentes.
- Étanchéité à l’eau et à l’air : coupe-air disconnecteur.

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6.4.2 Dispositifs de traitement des eaux usées

La fosse septique et l’épurateur (F + M)

Fosse septique : clarifier l’eau, séparer et digérer les boues fécales, vidange biannuelle nécessaire.
Épurateur : libérer l’eau de l’activité bactérienne.

Circuit bleu : ventilation pour faire fonctionner les bactéries.

Le séparateur de graisses

Retenir les graisses animales et végétales évacuées avec l’eau ménagère.

Le séparateur de fécules

Retenir les féculents (riz, pomme de terre, pâtes) évacuées avec l’eau ménagère. Utilisé dans les
cuisines importantes.

Le séparateur d’hydrocarbures

Retenir les hydrocarbures évacués avec l’eau pluviale (cour, parking, station-service) ou avec l’eau
ménagère (garage, chaufferie).

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6.4.3 Dispositifs de traitement des eaux pluviales

Le débourbeur

Retenir les déchets solides (boues, graviers, etc.) évacuées avec les eaux pluviales. En amont
d’appareils de traitement et de stockage d’eau pluviale (citerne d’eau pluviale).

La citerne d’eau pluviale

- Arrivée des eaux traitées.


- Système de puisage.
- Évacuation du trop-plein de la citerne.

6.4.4 Dispositifs de traitement précédant les systèmes de dispersion des eaux

Le bac décolloïdeur

Précédera tous les systèmes de dispersion, élimine les matières graisseuses en suspension. Les
particules en suspension sont piégées lors de leur passage au travers d’un filtre constitué de matières
concassées.

Le filtre à sable drainé

Utilisé avant l’évacuation dans une voie artificielle d’eau pluviale. Les particules en suspension sont
piégées lors de leur passage au travers d’un filtre constitué de sable.

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6.4.5 Dispositifs de dispersion des eaux dans l’environnement

L’épandage souterrain

Évacuation par dispersion de P traitées dans le sol par un réseau de conduits perforés.

Le plateau absorbant

Évacuation des eaux traitées par évaporation (plantes aquatiques ornementales).

Le puits perdants

Évacuation des eaux traitées par dispersion dans le sol, à éviter.

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6.5 Les systèmes verticaux d’évacuation


6.5.1 Conception des colonnes d’évacuation

Toute colonne doit être ventilée

- Ventilation primaire : prolonge la colonne et peut être complétée avec une conduite de
ventilation secondaire partielle.
- Ventilation secondaire : directe ou terminale, en plus de la ventilation primaire.

Verticalité des colonnes

Seules les ventilations secondaires peuvent présenter plus d’une déviation (sans dépasser les 45°).

Branchement à un système horizontal

Deux coudes de 45°.

Déviation de colonne

Pour une h > 10m, les appareils situés juste au-dessus seront reliés :

6.5.2 Conception des tuyauteries de branchement et de raccordement

- Avec ou sans ventilation terminale.


- Pente constante 1-5% mais tronçon vertical ou élément à 45° pour une dénivellation h  1m
sans ventilation terminale ou h illimitée avec ventilation terminale.
- Longueur limitée à 6m sans ventilation terminale.
- Raccords aux colonnes : 45° si diamètres égaux et 88° si colonne plus large.
- Changements de direction limités à 3 sans ventilation terminale.

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6.5.3 Conception des tuyauteries de ventilation

- Extrémité supérieure verticalement à 1m de toutes prises d’air ou de fenêtres et


horizontalement à 2m de toutes fenêtres.
- Ne peut servir de conduite d’évacuation ni de trop-plein.
- Aussi rectiligne que possible.
- Plusieurs conduites de ventilation peuvent se réunir en une seule.
- La colonne de ventilation secondaire directe est raccordée à la colonne à chaque étage où des
conduites de branchement ou de raccordement sont connectées à la colonne.
- Une colonne qui comporte des tronçons d’allure horizontale,
on raccorde la colonne de ventilation secondaire à la partie
verticale de la colonne située immédiatement en aval du
tronçon horizontal.

6.6 L’évacuation des eaux du sol, le drainage


Objectifs

= récolter les eaux souterraines (infiltrations, précipitations) qui pourraient pénétrer dans la
construction.

L’humidité du sol et les terrains noyés

- Zones humides : zones d’évaporation et de transition.


- Zones noyées : terrains argileux ou rocheux, imperméable.

Nécessité d’un réseau de drainage

- Terrains secs (graviers et sables) : drains en amont.


- Terrains humides (argile et roches) : construction ceinturée par un réseau de drainage.

Système de drainage autonome par rapport au réseau d’évacuation des eaux. Les eaux drainées sont
évacuées par infiltration ou déversées dans des eaux superficielles ou connectées à la dernière
chambre de visite des eaux évacuées pour aller vers l’égout public.

Conception d’un réseau de drainage

- Pose du drain commence par le bas.


- Le point haut du drain ne dépasse pas le niveau fini du sous-sol.
- Drains posés (quand les murs du sous-sol sont étanchéisés) sur un lit de sable, d’argile ou sur
une banquette de béton de propreté.
- Changements de directions avec des pièces arrondies.

Précautions contre l’humidité du sol

- Dispositions préventives : trottoir étanche, drainage périphérique, cimentage hydrofuge,


empierrement, béton de propreté, etc.
- Dispositions curatives :
Méthode mécanique = insertion d’une membrane étanche.
Méthode physique = creuser des orifices de ventilation.
Méthode chimique = créer une barrière d’étanchéité et boucher les porosités.
Introduire dans le mur un conducteur métallique pour modifier le potentiel mur/sol.

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2015-2016 LBARC1662 - Matériaux Mathieu Auquier

Précautions contre l’eau dans le sol

- Cuvelage : répercussions sur le réseau d’évacuation, fosse de relevage, parois uniques ou


parois doubles.

6.7 Mise en œuvre d’un système horizontal d’évacuation


Système horizontal enterré (enfoui sous la dalle de rez ou dans le sol)

- Pente minimale 3%.


- Profondeur du réseau est définie par rapport au sol.
- Dispositif d’inspection : chambre de visite (représentée en rond).

Système horizontal d’évacuation suspendu (au plafond du sous-sol)

- Pente minimale 1.5%.


- Hauteur définie par rapport au plafond.
- Dispositif d’inspection : regards vissés (représentés en T).

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