Vous êtes sur la page 1sur 21

14/06/2012

Antibioprophylaxie

P Maurette (SAR3) Bordeaux

HISTORIQUE

INFECTION PAS D’INFECTION

 Hématome  Hygiène
 Ischémie  Antiseptiques
 Modif du potentiel CHIRURGIE  Meilleure connaissance
d’oxydo réduction Bactéries présentes de la physiopathologie
 Immunodépression dans 90% des de l’infection
plaies opératoires  Antibiotiques
- en prophylaxie
- en curatif

1
14/06/2012

HISTORIQUE
 1939 : Gavlock et Seely
- sulfamides en pré-op abcès paroi après chirurgie ano-
rectale

 Période « euphorique », puis déception.

 1955 : Altemeier
- risque de l’antibiothérapie
- efficacité non certaine
- toxicité, coût

 1963 : Finland « presque tous les chirurgiens compétents doivent


reconnaître qu’elle est inutile et indésirable ».

 1960 : Burke etal prouvent l’efficacité chez l’animal.

 1984 : Vachon « l’antibioprophylaxie a pour but de


participer à la réduction en fréquence et en gravité d’un
risque d’infection hypothétique, lié à une intervention
chirurgicale donnée ».

OBJECTIF DE L’ANTIBIOPROPHYLAXIE

 Diminuer la fréquence des infections du site


opératoire

 Complémentaire à :
- l’hygiène

- l’asepsie péri opératoire

2
14/06/2012

4 TYPES D’INFECTION POST-OPERATOIRE

1) Infection du site chirurgical


- superficielles : peau, tissus sous-cutanés
- profondes : infection des fascias et des muscles

2) Infection des organes, des espaces « inter-


organes »
- abcès sous phrénique
- cavité orale, sinusienne, vaginale
- médiastin, espaces interdiscaux

3) Infections systémiques
- bactériémie
- sonde, cathéter

4) Infections à distance
- ex : pneumonie compliquant une cholécystectomie

4 TYPES D’INFECTION POST-OPERATOIRE


1 seul objectif pour l’antibioprophylaxie

1) Infection du site Antibioprophylaxie

2) Infection d’organe - qualité et durée du geste


3) Infections systémiques - hygiène
4) Infection à distance - Asepsie
- Antibiothérapie curative
- Kinésithérapie etc.

3
14/06/2012

Comment le site opératoire


peut s’infecter?

Les sources de contamination

Infection Endogène Exogène

Equipe Matériel
Source Patient
médicale Environnement

Flore normale
Nez
Site proche du site
Peau
opératoire

Mode de Air (squames) Air (Aspergillus)


Contact direct
contamination Contacts (gants) Contact

4
14/06/2012

Temps de croissance des bactéries

 Division par scissiparité

 Croissance exponentielle

 Temps de génération
 20 à 30 min: si croissance rapide
 18h si croissance lente

4 réservoirs physiologiques

1. La peau

2. Les voies aériennes

3. Le tube digestif

4. La sphère génito-urinaire

5
14/06/2012

Les germes saprophytes de la peau

Les germes saprophytes du tube digestif

Inoculum
Classe de germe
ufc/ml
Estomac 10 à 103 Aérobie - Cocci
- Entérobactéries

Intestin 104 à 107 Aérobies ≈ Anaérobies - Cocci


- Entérobactéries
- Bactéroïdes

Colon 109 à 1011 Anaérobies >> Aérobies - Bactéroïdes


1000/1 - Clostridium
- Streptocoques
- Cocci
- Entérobactéries
Rectum 1011 Anaérobies >> Aérobies - Bactéroïdes
1000/1 - Clostridium
- Streptocoques
- Cocci
- Entérobactéries

6
14/06/2012

4 classes d’intervention chirurgicale:


CLASSIFICATION D’ALTEMEIER

CLASSIFICATION D’ALTEMEIER

 Normalement classe 1 = pas d’antibioprophylaxie

 Mais chirurgie cardiaque, chirurgie orthopédique


avec prothèse

Nécessité d’autres indicateurs à prendre en


compte

7
14/06/2012

SCORE NNISS
National Nosocomial Infections Surveillance System

 Si ASA 3, 4 ou 5 = 1 point
 Si Altemeier 3 ou 4 = 1 point
 Si durée supérieur à un temps « T » = 1 point

Score NNISS (points) Risques infectieux %

0 1,5 %
1 2,6 %
2 6,8 %
3 13 %

CLASSIFICATION D’ALTEMEIER

Classe 2 = Antibioprophylaxie

Classe 3 et 4 = infection déjà constituée


= antibiothérapie curative

8
14/06/2012

PATIENTS A RISQUE PARTICULIER


relevant d’une prophylaxie avec des molécules récentes à large spectre

Hospitalisation et alitement pré-opératoire > 48 h

 Epidémie locale à germes multirésistants


 Antécédents d’infection à germes multirésistants
 Antécédents d’antibiothérapie au long cours
(prostate)
 Immunodépression, patient transplanté, diabète
 Réintervention dans un délai inférieur à 1 an

- peuvent déroger au proctocole habituel


- molécules plus récentes, plus large spectre
- sans transgresser les règles de
l’antibioprophylaxie habituelle

MALADES PORTEURS D’UNE VALVULOPATHIE

- La prévention de l’endocardite prime sous la


prévention de l’infection du site opératoire

9
14/06/2012

Diminuer le risque d’infection du site


opératoire…

Comment?

LE PRODUIT IDEAL

1) Actif sur les germes contaminants


potentiellement dangereux

2) Pas d’induction de résistance, modifie peu


l’écosystème

3) Diffusion tissulaire telle que la concentration soit


efficace au niveau du ou des tissus susceptibles
d’être contaminés

10
14/06/2012

Diffusion tissulaire telle que la concentration soit efficace au


niveau du ou des tissus susceptibles d’être contaminés

Diffusion tissulaire telle que la concentration soit efficace


au niveau du ou des tissus susceptibles d’être contaminés

11
14/06/2012

La diffusion tissulaire

LE PRODUIT IDEAL

4) La demi-vie doit être suffisamment longue


- taux élevés pendant toute la durée de l’acte

12
14/06/2012

Demi-vies d’élimination

Durée de la chirurgie

13
14/06/2012

LE PRODUIT IDEAL(3)

5) Toxicité la plus faible possible


ex :- phénicolés, sulfamides
- Rechercher une allergie par l’interrogatoire aux β lactamines

6) Pas d’interférence avec les produits de l’anesthésie


ex : curares (polymyxines, aminosides)

7) Administration aisée

LE PRODUIT IDEAL(4)

8) Rentabilité économique

Retentissement économique infections post-opératoires (USA)

Site prolongation nombre coût


d’hospitalisation (j) par an (milliards de dollars)

Poumon 9 250 000 1,7


Paroi 5 600 000 2,3
Voies urinaires 2 1000 000 1,5
Septicémie 14 120 000 1,3

14
14/06/2012

ELEMENTS DE BACTERIOLOGIE

 Cinétiques de bactéricidie
- temps-dépendant (β
lactamines)
- concentration-dépendant
(aminosides)

 L’effet inoculum
- résistants hétérogènes
- peu important dans le
cadre de la prophylaxie

ELEMENTS DE BACTERIOLOGIE (2)

 L’effet post-antibiotique (bactériopause)

Persistance d’un effet inhibiteur alors que l’antibiotique a disparu des


tissus

- EPA limité pour les β lactamines sur les gram +


- EPA important pour les aminosides sur les gram -
- EPA majeur pour la rifampicine et les fluoroquinolomes sur
gram + et gram -

15
14/06/2012

En pratique:

Les protocoles d'antibioprophylaxie sont établis localement après accord entre


chirurgiens, anesthésistes et réanimateurs, infectiologues, microbiologistes et
pharmaciens. Ils font l'objet d'une analyse économique par rapport à d'autres
choix possibles. Leur efficacité est régulièrement réévaluée par une surveillance
des taux d'infections postopératoires et des microorganismes responsables chez
les malades opérés ou non. L'alternance systématique avec d'autres molécules
également valables pour la même indication peut être envisagée. Ainsi, dans
chaque service de spécialité, faut-il établir une politique de l'antibioprophylaxie
c'est-à-dire une liste des actes opératoires regroupés selon leur assujettissement
ou non à l'antibioprophylaxie avec, pour chaque groupe, la molécule retenue et
son alternative en cas d'allergie. De plus, les malades à risque infectieux élevé
(ou toute autre situation justifiant) font l'objet d'une antibioprophylaxie
particulière que l'on peut dire "personnalisée" (ou "à la carte"). Dans un même
service, il est recommandé de choisir distinctement les molécules utilisées en
antibioprophylaxie et en antibiothérapie curative. Les protocoles sélectionnés
doivent être écrits, validés par le CLIN et le comité du médicament de
l'établissement. Ces protocoles doivent impérativement être affichés en
salle d'intervention. Les tableaux ci-après présentent l'actualisation 1998 des
recommandations de la Conférence de consensus de 1992 (Promoteur : Société
Française d'Anesthésie et de Réanimation).

16
14/06/2012

SI PROTHESE ARTICULAIRE

Utiliser une antibioprophylaxie efficace sur


le staphylocoque et le streptocoque

17
14/06/2012

18
14/06/2012

Chirurgie cardio thoracique

SI PATIENT PORTEUR D’UNE PROTHESE


CARDIAQUE OU VALVULAIRE

Prophylaxie identique à la chirurgie cardiaque

19
14/06/2012

Chirurgie digestive

Chirurgie urologique

20
14/06/2012

Chirurgie gynécologique et obstétricale

CONCLUSION

 « Le microbe n’est rien, le terrain est tout »

21

Vous aimerez peut-être aussi