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Avec la forte reprise du marché des matières premières, le potentiel minier confirmé

des pays africains, comme le Burkina-Faso, est devenu l’objet de fortes convoitises,
aussi bien des compagnies minières internationales que des artisans et des petits
entrepreneurs locaux. Au niveau institutionnel et pour tous les organismes de
développement internationaux (ex. Banque Mondiale, PNUD) ou bilatéraux (ex.
Coopération Française), la confrontation des enjeux de développement, de lutte
contre la pauvreté dans les pays à faible PIB, et de protection de l’environnement
atteint des niveaux critiques. Ainsi, tous les principes d’une gouvernance des
géoressources1 adaptée aux enjeux sont requis pour affronter l’avenir dans une
perspective de développement durable (Belem, 2006).

2D’autre part, alors que 85 % de la population urbaine en Afrique a de l’eau


potable, 55 % de la population rurale n’y a toujours pas accès (Enterprise Works
World Wide, 2003). Les effets néfastes des difficultés d’accès à l’eau potable sur la
santé et l’hygiène, constituent un facteur prépondérant dans le cercle vicieux de la
pauvreté. En effet, dans de nombreuses régions des pays en développement, la
charge d’aller chercher de l’eau revient aux femmes et aux enfants, qui doivent
souvent parcourir de longues distances, leur laissant alors moins de temps pour des
activités génératrices de revenu et pour l’éducation (Hounmenou, 2006). De plus,
les pays d’Afrique de l’Ouest connaissent une pluviométrie irrégulière, et depuis les
années 1970, des périodes de sécheresses chroniques ainsi que des périodes
d’inondation, qui augmentent les risques sur les récoltes et entrainent une inflation
du prix des matières premières alimentaires.

3Dans ce contexte socio-économique critique, comment les services géologiques


nationaux (organismes publics), dont la mission est de fournir à la société un savoir
dans le domaine des géosciences et en particulier des géoressources, peuvent-ils
contribuer à instaurer une gestion raisonnée de ces géoressources en Afrique ?

4Classiquement, ces organismes publics apportent des éléments de réponses :


o 2  « Socle » en géologie signifie terrains anciens composés notamment de granites et
de schistes. Le (...)

en réalisant des cartes de ressource en eau souterraine en fonction du type de


terrain réservoir mais la difficulté en domaine de socle2 est accrue par le manque
de continuité spatiale des formations géologiques et par la faible densité des
informations hydrogéologiques, récoltées au droit des puits et forages hydrauliques
villageois ; et
 en améliorant la connaissance géologique sous forme de carte géologique à
différentes échelles, et en dressant un inventaire des ressources minérales du pays
(carte des indices et gisements, Castaing et al. 2003) dans le but d’évaluer le
potentiel minier du pays par substance (ex. or, cuivre, zinc, roches ornementales,
roches industrielles). Ce type de carte est classiquement destiné à une mise en
valeur des ressources minières par des compagnies internationales fonctionnant
fréquemment en joint venture avec les compagnies nationales.
5En revanche, les cartes produites (carte géologique, carte minière) ne répondent
que partiellement aux besoins spécifiques des exploitants à petite échelle (artisan
minier ou PME hydraulique villageoise) qui ont légitimement une place à prendre
dans la politique de développement des territoires. En effet, alors que ces petits
exploitants recherchent une ressource facilement accessible, proche de la surface, il
n’existe pas à proprement parler de cartographie de ces formations superficielles.
Ces ressources, qui s’élèvent à quelques centaines de kilos par exemple pour l’or,
ne concurrencent pas les grandes sociétés minières qui visent plusieurs dizaines de
tonnes d’or. En revanche, dans la lutte contre la pauvreté, l’exploitation de ces
ressources permettrait un réel bénéfice directement auprès des nationaux, en
complément du développement d’autres ressources naturelles comme le coton par
exemple (Campbell et al., 2009).

Figure 1. Schéma de répartition des couvertures latéritiques à la surface du


globe.

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Nahon, 2003

 3  Ces processus provoquent également l’argilisation de cette roche, qui génère des
couches d’argile, (...)

6A cet égard, il s’avère qu’en climat intertropical, les 100 premiers mètres sous la
surface sont le siège d’intenses processus de désagrégation et de transformation de
la roche : c’est la zone d’altération latéritique (figure 1). De fait, ces processus 3,
tant mécaniques que chimiques, facilitent considérablement l’accès à certaines
géoressources (ex. or, argile, kaolin, eau souterraine) et font des 100 premiers
mètres sous la surface une cible d’exploitation privilégiée par les petits exploitants
(figure 2). En conséquence, l’élaboration de carte de la zone d’altération latéritique
en région intertropicale est un enjeu adapté à une mise en valeur des géoressources
et au développement des territoires. Ensuite, fort d’une cartographie précise, le défi
est de répondre aux besoins des exploitants potentiels, et autres parties prenantes
contribuant à la gestion de la géoressource, en élaborant des cartes prévisionnelles.
Tel est l’enjeu que les services géologiques burkinabé (BUMIGEB) et français
(BRGM) ont décidé de relever en créant un partenariat scientifique original autour
du projet « Burkina-Faso, Géoressources et Société » (acronyme BF-GS) qui s’est
déroulé sur deux ans (2007-2008), et dont les spécificités font l’objet du présent
article.

Figure 2. Coupe conceptuelle d’un profil d’altération latéritique, typique des


régions intertropicales et siège d’une grande partie de l’exploitation des
géoressources.

Agrandir Original (jpeg, 112k)

Burkina Faso, géoressource et société : contexte sociétal


7Au Burkina Faso, où le potentiel aurifère est élevé compte tenu d’une géologie
favorable de type « ceinture de roches vertes » (figure 3), l’exploitation de l’or dans
la zone d’altération latéritique est une activité artisanale très ancienne (orpaillage).
Après une longue période de sommeil, l’orpaillage vit un important regain d’intérêt
depuis les années 1970, notamment en raison d’un épisode de sécheresse très
important ; on compte à ce jour plus de 300 000 orpailleurs au Burkina Faso.
L’extraction de l’or, dans la partie superficielle des filons de quartz, ne requiert pas
l’usage de technologie sophistiquée : pelle et pioche (soli) suffisent au fonçage de
puits (pouvant dépasser 50 m de profondeur) et de galeries. En revanche, sous la
zone d’altération, la roche devient dure et l’accès à la ressource n’est alors possible
que pour des compagnies minières équipées en conséquence. Ainsi, la zone
d’extraction des artisans mineurs est très dépendante de l’épaisseur de l’altération
latéritique qui est susceptible de varier considérablement d’un site à l’autre (figure
2).

Figure 3. Localisation de la zone pilote de « Kaya-Ouahigouya » (Nord-


Burkina Faso) du projet Burkina Faso, Géoressources et Société (BF-GS)
sur un fond géologique à 1/1 000 000.

Agrandir Original (jpeg, 128k)

Castaing et al., 2003

Légende : Sur la carte géologique, le couleur verte représente les ceintures de


roches vertes, caractérisées par leur potentiel aurifère.

 4  La soudure est la période qui sépare la fin de la consommation de la récolte de


l'année précédente (...)

 5  D’autres ressources minérales disponibles dans la zone d’altération latéritique sont


également exp (...)

8Alors que l’extraction de l’or est une source de revenu pour les orpailleurs
traditionnels (exploitants nomades, plus rarement sédentaires) comme pour une
partie de la population locale en cas de soudure 4 difficile (orpailleurs occasionnels),
c’est en revanche une source de préoccupation tant pour les travailleurs (conditions
de travail, de vie, santé, …) que pour l’environnement (pollution par le mercure,
impact sur les paysages, …). Afin de remédier à ces facteurs pénalisants, la
professionnalisation de l’activité via le développement d’Exploitation à Petite Echelle
(EPE) pourrait permettre de mettre en valeur la ressource aurifère dans des
conditions acceptables aussi bien pour les exploitants et les populations occupant le
territoire exploité que pour leur environnement. La réalisation de carte
prévisionnelle de l’or, répondant aussi bien aux besoins techniques des artisans
qu’aux aménageurs des territoires qui ont vocation à gérer l’espace, doit pouvoir
contribuer à la professionnalisation des artisans miniers 5 et in fine participer à la
lutte contre la pauvreté.

 6  Un « aquifère » est littéralement un terrain qui porte de l’eau.

9Sur les mêmes territoires vit une population rurale (agriculteur, éleveurs…) pour
qui l’accès à l’eau souterraine est un enjeu majeur de survie, aussi bien pour les
personnes (eau potable) que pour les troupeaux et les cultures. En effet, dans les
zones pré-sahéliennes, comme au nord du Burkina-Faso, la présence d’eau de
surface (rivière) est rarement pérenne et souvent vulnérable aux pollutions. En
domaine de socle, la ressource en eau souterraine, véritable trésor des territoires,
est, principalement située à la base du profil d’altération, entre la zone d’altération
latéritique et la roche saine, qui se caractérise par un horizon fissuré (figure 2),
aujourd’hui considéré comme un aquifère 6 subcontinu (Lachassagne et Wyns,
2005). La profondeur de cette interface, et donc de l’eau, est très variable (0-150
métres), alors que les pompes manuelles ne sont utilisables que jusqu’à 60 m. Dans
ce cas, l’élaboration de carte prévisionnelle de la ressource en eau souterraine doit
répondre aux besoins des bureaux d’étude chargés de prospecter la ressource
(hydraulique villageoise), des aménageurs du territoire, et in fine des populations
locales pour qui cette ressource est vitale.

10Fort de cette problématique sociétale, la question scientifique qui se posait en


début de projet était la suivante : quelle méthodologie mettre en œuvre pour
réaliser ces cartes prévisionnelles, véritables outils d'aide à la gestion raisonnée des
géoressources ? Et en corollaire, quel type de données était nécessaire à
l’élaboration d’une telle méthodologie.

Fonctionnement original du projet scientifique BF-GS


 7  Le BRGM, établissement public français, est spécialisé dans la connaissance et
l'étude du sous-sol (...)

 8  Le BUMIGEB, service géologique national du Burkina Faso, est une société d’Etat,
qui a pour missio (...)

11Pour répondre à cette problématique, le projet « Burkina Faso, Géoressources et


Société » (acronyme BF-GS), a été élaboré par des chercheurs des services
géologiques français (BRGM7) et burkinabé (BUMIGEB8), dans une démarche
participative (équipe de projet scientifique sud-nord) et consultative (comité
d’utilisateurs finaux COMUT).

 9  L’UEMOA, Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, vise à mettre en place


des politiques sect (...)
12Le projet scientifique s’est déroulé sur une période de deux ans, entre janvier
2007 et décembre 2008, et a été co-animé par deux chefs de projets provenant de
chacun des organismes publiques. D’emblée l’équipe a été confrontée à
l’éloignement géographique entre la France et le Burkina Faso. Pour y remédier, elle
a fonctionné en ateliers de travail d’une semaine, au Burkina (Ouagadougou et
terrain) et en France (Orléans) avec au total 5 ateliers au cours des deux années.
Chaque atelier de travail a comporté une phase de formation adaptée aux besoins
de l’équipe de projet (géostatistique, gestion de données, SIG), suivie d’un travail
multidisciplinaire - entre hydrogéologues, géologues miniers, spécialistes SIG,
télédétecteurs, géostatisticiens -, un pré-requis essentiel à l’élaboration de la
méthodologie attendue. En complément des ateliers communs, la réalisation de
tâches afférentes à chaque organisme a été programmée, avec l’appui essentiel
d’un assistant technique de l’UEMOA9, basé à Ouagadougou.

13L’un des objectifs du projet étant de répondre aux attentes des utilisateurs finaux
(artisans, PME, aménageurs, ministères,…), il fallait dès le début du projet créer
l’espace nécessaire à l’expression de ces attentes. Cela a été fait au travers de la
mise en place d’un « COMité d’UTilisateurs finaux », le COMUT qui a, tout au long
du projet, joué le rôle de comité de pilotage pragmatique des activités scientifiques.

Le COMUT : comité d’utilisateurs finaux 


14En créant le COMUT, l’équipe de projet a eu l’ambition de garantir l’adéquation
entre les besoins des utilisateurs finaux (en termes de cartes d’aide à la gestion des
ressources) et la méthodologie à adopter par l’équipe pour élaborer ces cartes. Ce
comité, constitué sous l’égide du Ministère des Mines, des Carrières et de l’Energie
du Burkina Faso, est composé de représentants des parties prenantes liées aux
géoressources et à leur territoire, tant publiques que privées. Le COMUT compte
principalement des représentants :

 des artisans miniers (Association des Femmes du Secteur Minier du Burkina,


Consortium National des Petits Exploitants Miniers),
 de ministères relevant en particulier des ressources minières (Ministère des Mines,
des Carrières et de l’Energie) et des ressources en eau (Direction Générale des
Ressources en Eau), provenant des structures centrales comme de leurs
représentations régionales, et
 d’élus locaux (Association des Maires du Burkina Faso) représentant les habitants
(villageois pour la plupart) occupant les territoires riches en géoressources.

15Le fonctionnement du COMUT s’est déroulé en quatre phases :

 Phase 1 (Mars 2007) : Après avoir élaboré une liste exhaustive de parties


intéressées par le thème géoressources au Burkina Faso, les coordinateurs
« développement durable » du projet BF-GS ont procédé à l’invitation à une
« Table Ronde sur la gestion des géoressources au Burkina Faso ». Cette table
ronde a permis de présenter les objectifs du projet devant un auditoire d’une
quinzaine de participants, de recueillir leurs expressions d’intérêt et de constituer
le COMUT.
 Phase 2 (Décembre 2007) : La désignation de représentant par leur institution ou
association ayant pris plus de temps que prévu, la principale réunion du COMUT
s’est tenue en décembre 2007, regroupant une dizaine de participants
assermentés. Cette réunion a permis d’identifier les enjeux territoriaux prioritaires
ayant trait aux géoressources et de sélectionner la zone pilote sur laquelle ont été
mises au point, en 2008, les cartes d’aide à la gestion raisonnée des
géoressources.

o Un des principaux besoins exprimés par les parties prenantes a été d’aider à
l’identification des géoressources (eau souterraine, minéraux, métaux) tout en
prévenant et limitant les conflits d’usage. L’attention des participants s’est portée
en particulier sur l’épaisseur variable des formations meubles, et sur le besoin
d’un vocabulaire commun comme par exemple d’arriver à présenter un profil
latéritique en fonction des différents usages des géoressources présentes dans ce
profil (figure 2).
o Le COMUT a finalement retenu la zone géographique de « Kaya-Ouahigouya »,
située au centre-nord du Burkina Faso, qui couvre une surface de 20 000 km², à
partir de deux principaux arguments (figure 3). D’une part, la région pilote, où
règne un climat de type soudano-sahélien, est peu arrosée (680 mm/an à Kaya)
alors qu’elle est relativement peuplée, marquée par un habitat dispersé en dehors
des quelque grandes villes (ex. Kaya, Ouahigouya). Compte tenu du manque de
cours d’eau pérenne, l’eau souterraine, tant pour les villageois que pour leur
cheptel, est une ressource vitale. D’autre part, en termes d’activité minière, la
zone pilote contient une formation géologique -dénommée « ceinture de roches
vertes » par les géologues- connue pour sa richesse en or, et aussi en argile et en
kaolin (figure 3).
 Phase 3 (Septembre 2008) : Après avoir travaillé sur la zone pilote pendant 8
mois, l’équipe scientifique est venue présenter l’avancement du projet BF-GS à
Kaya et à Ouahigouya devant une cinquantaine d’utilisateurs finaux locaux,
relevant de la zone pilote. Ces deux réunions ont été organisées avec le soutien
des Directions Régionales de l'Economie et du Plan (DREP) relevant du Ministère de
l’Administration Territoriale et de la Décentralisation du Burkina Faso. Il est
notamment ressorti de ces discussions les risques liés à l’exploitation des
ressources (pollution des eaux, dégradations des terres cultivables, non respect
des lieux cultuels) et le besoin d’appui technique auprès des exploitants (réduction
du nombre de forages d’eau négatifs ou problème d’instabilité des puits aurifères).
 Phase 4 (Décembre 2008) : Enfin, une restitution des résultats scientifiques du
projet BF-GS s’est tenue à Ouagadougou en présence de membres du COMUT.
Plusieurs membres ont exprimé leur satisfaction comme ce représentant d’artisans
miniers déclarant « Toutes mes félicitations pour ce travail formidable. C'est
exactement ce à quoi je m'attendais de ce projet. Si seulement cela pouvait
s'étendre sur d'autres zones du Burkina ! ».

Démarche scientifique du projet


16La démarche géoscientifique adoptée et appliquée à la zone pilote a été déclinée
en deux étapes principales :  

Etape 1 : Conception et élaboration, en 2007, d’une cartographie de la


zone d’altération latéritique
 10  Les forages hydrogéologiques ont pour objectif la recherche d’eau souterraine,
généralement destin (...)

17Il s’avère que les données d’exploration et d’exploitation minières nous


renseignent de façon très hétérogène sur un territoire car elles sont limitées aux
zones d’intérêt minier. Par contre, les logs de forages hydrogéologiques 10, qui
recoupent la zone d’altération latéritique pour venir recouper l’aquifère situé à la
base du profil d’altération (figure 2), apportent une information dense et
relativement homogène (fonction de l’habitat) sur les 100 premiers mètres du
territoire étudié. D’où l’intérêt considérable de ce type de donnée pour l’objectif fixé.
De fait, après avoir extrait 1900 forages hydrogéologiques disponibles sur la zone
pilote, à partir d’une base de données nationale gérée de la Direction Générale de la
Ressource en Eau du Burkina Faso (DGRE), les logs de forages ont été analysés puis
traités par des méthodes géostatistiques (interpolation) afin de cartographier la
zone d’altération latéritique à l’échelle du 1/200 000ème.

Etape 2 : Conception et élaboration, en 2008, des cartes


prévisionnelles par géoressources répondant aux besoins des
utilisateurs finaux

18Fondées sur la cartographie de la zone d’altération latéritique ( = « altérites »),


l’élaboration des cartes nécessitent des données spécifiques à la ressource à
prédire. Ainsi, par exemple, les informations utiles à l’élaboration de la carte de
favorabilité aurifère à destination des petits exploitants, proviennent à la fois des
bases de données minières du BUMIGEB et de la base nationale des forages d’eau
de la DGRE.

19Au final, les cartes élaborées doivent pouvoir être comprises par les différents
utilisateurs finaux, qui pour la plupart n’ont pas de culture géoscientifique. Pour ce
faire, le vocabulaire utilisé et la représentation cartographique ont été adaptés aux
parties prenantes.

Résultats du projet
Bilan du COMUT

20Le premier résultat positif a été, sans conteste, la constitution, non sans
difficultés, du COMUT. Réunir des agents de différents horizons, du domaine public
(différents ministères) et de la sphère privée (exploitants), des personnes de
différents métiers (eau, ressources minérales, sol, aménagement du territoire),
autour d’une question scientifique qui leur était a priori étrangère, était une
gageure. L’intérêt suscité par ce comité a su dépasser les difficultés administratives
à mobiliser simultanément des agents de différents ministères et sa déclinaison en
COMUT national (phase 2) puis COMUT local (phase 3) et a permis aux équipes
scientifiques de travailler avec une vision claire des attentes et des contraintes. On
peut seulement regretter l’impossibilité d’élaborer un arrêté interministériel portant
création du COMUT qui aurait pu permettre de pérenniser le comité au delà du
projet BF-GS.

21Nombreux participants et organismes sollicités ont souligné l’importance d’une


mise en réseau des parties prenantes à travers un tel comité et ont souligné le
caractère exceptionnel de cette démarche au Burkina Faso. Le COMUT est un lieu
d’expression où chaque partie prenante concernée par la gestion des ressources en
eau et des ressources minérales a pu faire valoir ses attentes et participer de
manière active à des travaux de recherche en fixant les objectifs (choix des enjeux,
choix des territoires). A cet égard, l’obtention rapide d’un consensus sur le choix des
enjeux et de la zone cible a démontré une certaine maturité du groupe. D’autre
part, le réseau a permis d’informer de l’existence de données souvent éparpillées
pour une utilisation commune bénéfique à tous. Il faut aussi souligner que pour
beaucoup des parties prenantes sollicitées, le COMUT aura été un lieu
d’apprentissage des processus participatifs multi-parties prenantes qui peut inspirer
d’autres projets.

Multidisciplinarité et traçabilité

22Du point de vue scientifique, la mobilisation interdisciplinaire autour du projet a


permis d’aboutir à des résultats tangibles, décrits dans les paragraphes qui suivent.
Le dialogue géologue minier – hydrogéologue – télédétecteur – géostatisticien n’est
pas chose si commune et le défi de répondre aux attentes des parties prenantes
(artisans, villageois, décideurs) a contribué à l’instauration de ce dialogue entre
scientifiques.

23Quelques exemples de cartes, résultant du projet scientifique, sont présentés ci-


après. Insistons ici sur le fait que des manuels méthodologiques ont été associés à
chacune des cartes produites. Ils ont comme objectifs d’une part de garder la
mémoire des procédures suivies pour leur élaboration (données utilisées, méthode,
etc.) ce qui permettra la reproduction des cartes en question, et d’autre part de
porter une analyse critique sur les cartes : limites de la méthode, degré
d’incertitude du résultat, etc.

Cartographie de l’épaisseur des altérites

Enjeux de la carte

24Alors que la cartographie des formations géologiques (« roche dure ») est une
tâche technique classiquement entreprise en Afrique (ex. Castaing et al., 2003 au
Burkina Faso), il s’avère que la représentation en 3D de l’épaisseur de la zone
d’altération latéritiques est rare car délicate à exécuter. Pourtant, ce type de carte
est un pré-requis indispensable à l’élaboration des documents d’aide à la gestion
des géoressources. Pour la thématique « ressource en eau souterraine » par
exemple, l’épaisseur d’altérite est un paramètre qui présente un intérêt technico-
économique immédiat : celui de pouvoir planifier et optimiser une campagne de
forages en évaluant financièrement les coûts. En effet l’épaisseur d’altérites
permet :

 de donner une longueur minimale de forages pour dépasser la saprolite et atteindre


l’horizon fissuré, a priori plus aquifère (figure 2) ;
 d’évaluer les contraintes techniques liées à la foration. Par exemple, pour des
épaisseurs d’altérites jusqu’à 30 m, la foration peut généralement être réalisée à
l’air. Au-delà, il est nécessaire d’injecter un fluide (boue ou eau avec épaississeur).

Conception de la carte

25Pour réaliser la carte d’épaisseur des altérites (figure 4), la base de données de
forages hydraulique villageois, gérée par la DGRE a été valorisée. En effet, cette
base fournit ponctuellement (forage), mais avec une représentativité spatiale jugée
suffisante, des informations pertinentes sur les 100 premiers mètres sous la
surface. Elle contient plus de 1 900 forages répartis sur l’ensemble de la zone pilote.
Chaque forage est renseigné par un champ libellé « épaisseur d’altération » qui
correspond à l’épaisseur résiduelle du profil d’altération allant jusqu’au toit de
l’horizon fissuré ( = roche dure, figure 2). La carte de l’épaisseur des altérites a été
calculée par une interpolation des données ponctuelles des forages d’eau qui prend
en compte à la fois les corrélations spatiales existantes entre ces données et
l’incertitude liée à ces données (méthodes géostatistiques avec variogrammes et
krigeage). Ces forages avaient préalablement été classifiés en différentes
populations en fonction de leur contexte géologique, afin de prendre en compte les
différences de réactions à l’altération en fonction de la nature des roches (Wyns et
al., 2004).

Analyse de la carte

26Pour plus de lisibilité, les épaisseurs d’altérite ont été seuillées à 80 m, ce qui
correspond au maximum des épaisseurs d’altération rencontrées dans les logs de
forages sur la zone pilote (figure 4). La carte donne des résultats cohérents, avec
notamment des épaisseurs plus faibles dans les fonds de vallées. Cette carte des
épaisseurs est accompagnée de l’incertitude associée à toute valeur interpolée, ce
qui permet à l’utilisateur d’avoir à disposition un intervalle de confiance (carte en
encart de la figure 4). On constate que cette incertitude est d’autant plus grande
que la densité de points de calcul (les forages) est faible.

Figure 4. Estimation de l’épaisseur de l’altération sur la zone pilote de


« Kaya-Ouahigouya » (Nord-Burkina Faso).
Agrandir Original (jpeg, 268k)

Légende : Les points noirs représentent les forages hydrogéologiques utilisés.

Carte de favorabilité de l’or pour une Exploitation Petite Echelle (EPE)

Enjeux et utilisateurs finaux de la carte

27L’activité d’orpaillage est une source de revenu pour la population d’orpailleurs du


Burkina Faso (tableau 1). Cependant, le développement souvent anarchique de
cette activité artisanale est cause de nombreux problèmes ayant trait aux conditions
de vie et de travail des artisans, aux conflits d’usage avec les populations locales
et/ou les compagnies minières, et aux impacts sur l’environnement. La
professionnalisation de l’orpaillage, qui constitue un enjeu aussi bien national que
régional, doit permettre de remédier à ces problèmes cruciaux. Ainsi, la mise à
disposition de cartes de favorabilité de l’or dédiées à l’exploitation à petite échelle
vient en appui à cette professionnalisation. Destinée en priorité aux « petits
mineurs », cette carte propose une hiérarchisation des zones aurifères
potentiellement exploitables à petite échelle, dans la tranche 0-100 m de
profondeur et constitue une aide à la prospection (figure 5). Cette carte de
favorabilité de l’or permet également à l’aménageur du territoire de connaître à
priori les zones susceptibles d’être explorées voire exploitées et ainsi de planifier
l’aménagement.

Tableau 1. Enjeux et utilisateurs finaux concernant la carte de favorabilité


de l’or pour une Exploitation à Petite Echelle (EPE)
Titre de la carte Favorabilité de l’or pour une Exploitation à Petite Echelle à l’échelle de la zone
pilote de « Kaya-Ouahigouya »
Enjeux Professionnalisation de l’activité d’orpaillage au Burkina Faso
Utilisateurs Petits mineurs, aménageurs des territoires, Ministère des Mines
finaux

Conception et analyse de la carte

28La carte de favorabilité de l’or pour une Exploitation à Petite Echelle (figure 5) est
fondée sur la combinaison de deux principales informations à savoir : 1) le potentiel
aurifère déterminé à partir de critères géologiques (quel que soit le type
d’exploitation) et 2) l’épaisseur des formations meubles ( = altérites) estimées à
partir des descriptions des forages d’eau.

29La favorabilité est répartie en 4 groupes - défavorable, peu favorable, favorable


et très favorable - correspondant à une probabilité croissante d’avoir à la fois la
minéralisation aurifère et une épaisseur d’altération suffisante. Avertissement : la
zone qualifiée de « défavorable » correspond aux formations granitiques situées en
dehors des ceintures de roches vertes. La distinction entre zone « favorable » et
zone « très favorable » mérite des contrôles en raison d’incertitudes sur les
épaisseurs d’altération et sur le potentiel aurifère estimé.

Figure 5. Carte de favorabilité en or pour une exploitation à petite échelle


pour la zone pilote de « Kaya-Ouahigouya », Nord Burkina Faso

Agrandir Original (jpeg, 196k)

Carte de favorabilité pour l’exploitation de l’eau souterraine

Enjeux et utilisateurs finaux de la carte


30L’accès à une ressource en eau de qualité est un enjeu vital pour les populations.
Les eaux souterraines, qui constituent une ressource de proximité pour ces
populations, sont généralement moins vulnérables aux pollutions et aux variations
climatiques que les eaux superficielles. Localiser la ressource en eau souterraine et
ses possibilités d’exploitation est un enjeu important :

 pour les aménageurs du territoire et les gestionnaires de l’eau qui auront à planifier
l’accès des populations à l’eau potable ;
 pour les bureaux d’étude qui implanteront les ouvrages de captage et détermineront
leurs conditions de réalisation et d’équipement.
 11  La recharge est la part de l’eau de pluie qui alimente l’aquifère.

31Cette carte propose une hiérarchisation des zones en fonction de leur favorabilité
pour l’exploitation de l’eau souterraine, en tenant compte de la productivité de
l’aquifère et de sa recharge11 potentielle, pour une gestion de la ressource sur le
long terme (figure 6). En encart de cette carte principale est donnée une carte
d’estimation de la profondeur du niveau d’eau par rapport au sol, destinée à servir
de guide pour le choix de l’équipement des futurs forages d’eau (pompe manuelle,
pompe immergée, etc.).

Tableau 2. Enjeux et utilisateurs finaux concernant la carte de favorabilité


pour l’exploitation d’eau souterraine
Titre de la carte Favorabilité pour l’exploitation d’eau souterraine de la zone pilote de « Kaya-
Ouahigouya », Nord-Burkina Faso
Enjeux Accès à la ressource en eau souterraine en zone de socle
Utilisateurs Aménageurs des territoires, gestionnaires de l’eau, ONG, bureaux d’études
finaux (prospection d’eau)

Conception et analyse de la carte

 12  L’horizon fissuré correspond à la partie fissurée des terrains de socle située sous
les altérites.

32La carte de favorabilité pour l’exploitation d’eau souterraine (figure 6) est fondée
sur la combinaison de trois principales informations estimées à partir d’analyses
statistiques sur les données des quelques 1900 forages d’eau, à savoir : 1)
l’épaisseur des altérations superficielles qui constituent la zone de recharge de
l’aquifère, 2) l’épaisseur de l’horizon fissuré 12 sous-jacent (dite « épaisseur utile »),
qui constitue l’aquifère principal des formations de socle, et 3) un indice de
productivité de cette épaisseur utile. La méthode de détermination des ces deux
derniers paramètres, élaborée dans le cadre du projet BF-GS, a fait l’objet d’une
publication scientifique spécifique (Courtois et al., 2010).

33La favorabilité est répartie en 4 groupes - peu favorable, moyennement


favorable, favorable et très favorable -, correspondant à une probabilité croissante
d’avoir à la fois la présence d’une recharge potentielle (les altérites) et d’un aquifère
épais et productif (l’horizon fissuré sous-jacent). Avertissement : des incertitudes
existent en particulier dans les zones à faible densité de forages. Ainsi, certaines
zones classées « peu favorables » pourraient comporter des ressources en eau
significatives.

Figure 6. Carte de favorabilité pour l’exploitation d’eau souterraine en zone


de socle à l’échelle de la zone pilote de « Kaya-Ouahigouya », Nord Burkina
Faso

Agrandir Original (jpeg, 249k)

Conclusions et perspectives
34L’éloignement géographique des deux partenaires, la durée limitée du projet
scientifique et le souhait d’adopter une démarche participative large étaient une
gageure. Les résultats obtenus sont à la hauteur des objectifs scientifiques et des
attentes sociétales. Après des difficultés administratives pour mettre en place le
COMUT, celui-ci a joué pleinement son rôle en orientant les scientifiques sur les
thématiques intéressant directement les partenaires locaux et les
populations. Répondre à cette demande sociétale a nécessité une plus grande
ouverture scientifique par l'usage inhabituelle de données multisectorielles (ex.
utilisation de forages d’hydraulique villageoise à des fins minières). Ce projet
permet in fine au deux partenaires – le BUMIGEB et le BRGM- de maîtriser une
méthodologie de cartographie pour l’aide à la gestion raisonnée des géoressources
en Afrique intertropicale et, à l’avenir, de les appliquer au Burkina ou dans d’autres
régions caractérisées par une intense altération latéritique. D’autre part, la
collaboration scientifique sud-nord a eu pour effet de renforcer les relations entre
les deux organismes publics en géosciences, à travers l’échange d’expériences, le
transfert de compétences et l’acquisition commune d’un savoir-faire.
35Pour aller plus loin, même si la carte de favorabilité de l’or pour une Exploitation
Petite Echelle est destinée en premier lieu aux petits exploitants, il est clair qu’elle
pourra constituer un outil d’aide à la prévention des conflits d’usage de la ressource
aurifère entre petits exploitants et compagnie minières. En effet, sachant que les
cibles minières des uns ne sont pas nécessairement celles des autres, cette carte
peut permettre de différencier les zones aurifères potentielles en fonction des
exploitants et ainsi répartir la ressource et donc la richesse. D’autre part, la carte de
favorabilité de l’or peut permettre aux autorités de connaître a priori les zones
susceptibles d’être impactée par les orpailleurs et ainsi de mener des actions
préventives dans ces zones à risques.

36De même, croiser les deux types de cartes réalisées - or et eau - pourrait


favoriser la prévention des conflits d’usage entre exploitants d‘or à Petite Echelle,
opérateurs de l’hydraulique villageoise (PME) et villageois. En effet, les exploitants
miniers sont susceptibles d’exploiter les ressources aurifères jusqu’au niveau de
l’aquifère et éventuellement de polluer la nappe d’eau potable. 

37Enfin, les cartes prédictives des ressources en or et en eau souterraine,


fournissent des informations pertinentes aux décideurs en charge de l’aménagement
des territoires. Par exemple, elles peuvent contribuer à une planification de
l’électrification d’une région, en vue de favoriser le développement de petites mines
(EPE), dont l’accès au réseau électrique est vital. De même, la carte des zones
favorables à l’exploitation de l’eau souterraine constitue un paramètre essentiel
pour déterminer l’implantation de nouveaux villages. C’est notamment pour ces
raisons, que les unités décentralisées de l’aménagement du territoire (DREP),
disposant d’un système d’information géographique adapté à la question, ont été
moteur dans la constitution des Comités d’Utilisateurs locaux. La combinaison de
données géoscientifiques et socio-économiques constituent une aide à la
gouvernance pour le développement des territoires.

38Pour conclure, l’expérience acquise à travers le projet « Burkina-Faso,


Géoressources et Société » montre que les projets scientifiques appliqués, qui sont
ancrés sur une demande concrète locale, devraient permettre de garantir une
meilleure « applicabilité » des résultats.

Remerciements
39Les résultats positifs obtenus dans le cadre du projet BF-GS ont été possible
grâce aux chercheurs engagés dans le projet et aussi grâce aux soutiens
multiformes extérieurs. C’est l’occasion pour nous de remercier sincèrement :
M. Francis Bougairé précédemment Directeur Général des Ressources en Eau du
Ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources Halieutiques qui a mis
à la disposition du projet des données sur les forages et a, à travers ses techniciens,
participé activement aux différents ateliers à Ouagadougou ; M. Abdoulaye Koné,
Directeur des Ressources Naturelles et des Energies renouvelables de L’UEMOA pour
l’implication de son institution et les multiples soutiens (achat du logiciel GDM,
financement d’une mission en France, appui de son expert, Yann Itard) ; Les
autorités politiques, administratives et les responsables d’associations des régions
du Centre-Nord et du Nord pour leur implication lors des rencontres du COMUT, à
Ouagadougou et dans les localités de Kaya et Ouahigouya ; M. Ousmane Traoré, de
la Direction Générale de l’Aménagement du Territoire pour ses multiples
contributions tout au long du projet, de même que les responsables de DREP de
Kaya et d’Ouahigouya ; Mmes Anne Bourguignon et Raymonde Blanchin du BRGM
pour avoir animé avec professionnalisme des ateliers à Ouagadougou et à Orléans
et tous les partenaires scientifiques et techniques du BUMIGEB qui ont contribué à
la réussite du projet ; M. Blaise Zida, co-signataire de la convention BF-GS, qui
d’emblée s’est approprié le projet au regard de ses objectifs et en tant que
coordonnateur a apporté tout son appui. Malheureusement, il n’a pas pu
accompagner le projet jusqu’à son terme ayant été brutalement arraché à notre
affection par la mort le 19 avril 2008. Toute l’équipe du projet lui rend hommage.

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BIBLIOGRAPHIE

Belem, G. 2006. « Le développement durable en Afrique : un processus sous


contraintes Expérience de l’industrie minière malienne », VertigO - la revue
électronique en sciences de l'environnement, Volume 7 Numéro 2 | septembre
2006, [En ligne] : http://vertigo.revues.org/2242, consulté le 10 novembre 2010

Campbell B., Akabzaa T., Belem G., Mazalto M., Sarrasin B. 2009. Mining in Africa.
Regulation and development. « Groupe de recherche sur les activités minières en
Afrique (GRAMA) ». Copublication Londres : Pluto, Ottawa : CRDI, et Uppsala :
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Castaing C., Le Metour J., Billa M. (coordonnateurs) et Donzeau M., Chevremont P.,
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(BUMIGEB), Thieblemont D., Guerrot C., Cocherie A., Tegyey M., Itard Y., Milesi
J.P., Itard Y. (BRGM). 2003. « Carte géologique et minière du Burkina Faso à
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Courtois, N., P., Lachassagne, R., Wyns, R., Blanchin, F.D., Bougaïré, S., Somé, A.
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Burkina Faso”. Ground Water, Volume 48, Issue 2, pp. 269-283.

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URL : www.enterpriseworks.org, 2 p., consulté le 10 novembre 2010

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10 novembre 2010

Lachassagne P. et Wyns R. 2005. « Aquifères du socle : nouveaux concepts.


Application à la prospection et la gestion de la ressource en eau ». Géosciences,
numéro 2, septembre 2005
 pp. 32-37, [En ligne]
URL : http://www2.brgm.fr/Fichiers/Revue_02/Aquiferes_Socle.pdf, consulté le 10
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Nahon, D. 2003. « Altérations dans la zone tropicale. Signification à travers les


mécanismes anciens et/ou encore actuels / Weathering in tropical zone. Significance
through ancient and still active mechanisms ». Comptes Rendus Geosciences,
Volume 335, Issue 16, pp. 1109-1119.

Wyns R., J.M. Baltassat, P. Lachassagne, A. Legchenko, J. Vairon, F. Mathieu. 2004.


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mapping in weathered basement rocks (Brittany, France) ». Bulletin de la Société
Géologique de France 175, no. 1, pp. 21-34.

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NOTES

1  « Géoressources » est un terme générique qui regroupe l’ensemble des ressources du sous-sol à savoir
les ressources minérales (métaux et matériau industriel, roche ornementale), l’eau souterraine, et les
ressources énergétiques fossiles (charbon, uranium,…) ou renouvelables (géothermie). C’est un sous-
ensemble de la notion de ressources naturelles qui comprend en outre les ressources de surface (forêt,
halieutique, solaire,…).

2  « Socle » en géologie signifie terrains anciens composés notamment de granites et de schistes. Le


continent africain est majoritairement composé de terrains de socle. Au Burkina Faso, ils affleurent sur 80 %
de la surface.

3  Ces processus provoquent également l’argilisation de cette roche, qui génère des couches d’argile, sous la
cuirasse latéritique.

4  La soudure est la période qui sépare la fin de la consommation de la récolte de l'année précédente et
l'épuisement des réserves des greniers, de la récolte suivante. Durant cette période, la population est
contrainte de trouver des revenus complémentaires pour se nourrir.

5  D’autres ressources minérales disponibles dans la zone d’altération latéritique sont également exploitables
par les artisans. C’est notamment le cas des argiles de qualité situées immédiatement sous la cuirasse
ferralitique (Figure 2), qui servent de matériau de construction traditionnel, ou pour la poterie. Il en est de
même du kaolin (argile blanche) située de préférence dans les zones aurifères et dont l’exploitation pourrait
constituer une activité relais de l’exploitation de l’or. Globalement, une mise en valeur des argiles latéritique
est un axe de développement important, mais compte tenu de la durée du projet de recherche, la
thématique n’a été qu’effleurée et ne sera de fait pas traitée dans cet article.

6  Un « aquifère » est littéralement un terrain qui porte de l’eau.

7  Le BRGM, établissement public français, est spécialisé dans la connaissance et l'étude du sous-sol. Il
décline depuis plus de cinquante années dans le monde entier, le savoir-faire de ses géoscientifiques,
notamment au service des Etats. L’expertise et les méthodologies des équipes du BRGM, exportées dans un
cadre de coopération, sont en constante évolution grâce à de nombreux programmes de recherche et de
développement comme c’est le cas du projet BF-GS. Le BRGM a une longue expérience en matière de
coopération scientifique et technique avec l'Afrique et en particulier le Burkina Faso
8  Le BUMIGEB, service géologique national du Burkina Faso, est une société d’Etat, qui a pour missions
essentielles, la réalisation d’études et de travaux destinés à améliorer la connaissance géologique et minière
du pays, appuyer la production et le développement de la petite mine, soutenir la promotion et la
valorisation des substances minérales et de carrières contenues dans le sous-sol du pays. Les activités du
BUMIGEB comprennent entre autres, les levés géologiques d’intérêt national ou régional, l’inventaire et la
mise à jour du potentiel minier, la production de données et la diffusion de l’information géologique et
minière de base. Il travaille en collaboration avec des organismes comme le Ministère de l’Hydraulique qui
détient les données hydrogéologiques.

9  L’UEMOA, Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, vise à mettre en place des politiques
sectorielles (agricoles, environnementales, minières, économiques) communes aux huit états membres. A ce
titre elle appuie certains projets locaux ou nationaux dont les résultats pourraient avoir une portée régionale.

10  Les forages hydrogéologiques ont pour objectif la recherche d’eau souterraine, généralement destinée à
l’alimentation en eau potable. Les logs de forages correspondent à la coupe géologique (nature et épaisseur
des terrains recoupés) relevée lors de la foration. Ils apportent des informations précieuses sur les conditions
de gisement de l’eau souterraine.

11  La recharge est la part de l’eau de pluie qui alimente l’aquifère.

12  L’horizon fissuré correspond à la partie fissurée des terrains de socle située sous les altérites.
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TABLE DES ILLUSTRATIONS

Titre Figure 1. Schéma de répartition des couvertures latéritiques à la surface


du globe.

Crédits Nahon, 2003

URL http://journals.openedition.org/vertigo/docannexe/image/10435/img-1.png

Fichier image/png, 43k

Titre Figure 2. Coupe conceptuelle d’un profil d’altération latéritique, typique


des régions intertropicales et siège d’une grande partie de l’exploitation
des géoressources.

URL http://journals.openedition.org/vertigo/docannexe/image/10435/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 112k

Titre Figure 3. Localisation de la zone pilote de « Kaya-Ouahigouya » (Nord-


Burkina Faso) du projet Burkina Faso, Géoressources et Société (BF-GS)
sur un fond géologique à 1/1 000 000.

Crédits Castaing et al., 2003

URL http://journals.openedition.org/vertigo/docannexe/image/10435/img-3.jpg

Fichier image/jpeg, 128k

Titre Figure 4. Estimation de l’épaisseur de l’altération sur la zone pilote de


« Kaya-Ouahigouya » (Nord-Burkina Faso).

Légend
Légende : Les points noirs représentent les forages hydrogéologiques utilisés.
e

URL http://journals.openedition.org/vertigo/docannexe/image/10435/img-4.jpg

Fichier image/jpeg, 268k

Titre Figure 5. Carte de favorabilité en or pour une exploitation à petite échelle


pour la zone pilote de « Kaya-Ouahigouya », Nord Burkina Faso

URL http://journals.openedition.org/vertigo/docannexe/image/10435/img-5.jpg

Fichier image/jpeg, 196k

Titre Figure 6. Carte de favorabilité pour l’exploitation d’eau souterraine en


zone de socle à l’échelle de la zone pilote de « Kaya-Ouahigouya », Nord
Burkina Faso

URL http://journals.openedition.org/vertigo/docannexe/image/10435/img-6.jpg

Fichier image/jpeg, 249k

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POUR CITER CET ARTICLE

Référence électronique
Vincent Bouchot, Emile Bangraogo Kaboré, Yann Itard, Nathalie Courtois,
Sylvain Somé, Aïssata Tapsoba Sy et Gilles Récoché, « Burkina Faso, géoressource
et société : un projet scientifique Sud-Nord au service d’une gestion raisonnée des
géoressources en Afrique intertropicale », VertigO - la revue électronique en
sciences de l'environnement [En ligne], Regards / Terrain, mis en ligne le 12 janvier
2011, consulté le 20 novembre 2021. URL :
http://journals.openedition.org/vertigo/10435 ; DOI :
https://doi.org/10.4000/vertigo.10435
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CET ARTICLE EST CITÉ PAR

 Andriamasinoro, Fenintsoa. Angel, Jean-Michel. (2012) Artisanal and small-


scale gold mining in Burkina Faso: Suggestion of multi-agent methodology as a
complementary support in elaborating a policy. Resources Policy, 37.
DOI: 10.1016/j.resourpol.2012.04.004

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AUTEURS

Vincent Bouchot
BRGM, 3 avenue Claude-Guillemin, BP 36009, 45060 Orléans Cedex 2, France,
courriel : v.bouchot@brgm.fr

Emile Bangraogo Kaboré
BUMIGEB, 01 BP 601, Ouagadougou 01, 572 Avenue Bendogo, Burkina Faso

Yann Itard
UEMOA, Avenue du Professeur Joseph Ki-Zebo, 01 BP 543, Ouagadougou 01,
Burkina-Faso

Nathalie Courtois
BRGM, 3 avenue Claude-Guillemin, BP 36009, 45060 Orléans Cedex 2, France

Sylvain Somé
BUMIGEB, 01 BP 601, Ouagadougou 01, 572 Avenue Bendogo, Burkina Faso
Aïssata Tapsoba Sy
BUMIGEB, 01 BP 601, Ouagadougou 01, 572 Avenue Bendogo, Burkina Faso

Gilles Récoché
BRGM, 3 avenue Claude-Guillemin, BP 36009, 45060 Orléans Cedex 2, France

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