Vous êtes sur la page 1sur 28

MACRO & MICRO ÉCONOMIE

> Consommation et épargne

économie : études gestion produits et services limités / besoins illimités + comparaison n’est pas
≠raison

I. définitions et tendances conso et épargne (depuis 60’s) (pk conso et épargne


évoluent)

a. la consommation et l’épargne des ménages

- Ménage (selon comptabilité nationale = institutions qui construisent le budget


de l’état, chiffrage politiques pour pol économiques / travaille sur entités,
entreprises, ménages) : est constitué par tout individu ou tout groupe
d’individus vivants sous un même toit
> ménages 2 fonctions économiques principales :
-facteurs de production aux autres agents économiques (force
et intelligence à travers le travail
-utilisent les revenus de facteurs de production pour la
consommation et/ou l’épargne

- Consommation : opération économique qui consiste à acquérir des biens ou


des services (destinés à être détruits immédiatement ou progressivement à
travers leur utilisation) pour satisfaire un besoin + cf. e-campus
> consommation intermédiaire (fait des entreprises) : transformation
ou destruction de biens et de services dans le processus de production
(entreprises consomment matières premières pour fournir des biens)
> consommation finale des ménages : acquisition de biens ou de
services destinés à satisfaire directement les besoins d’un ménage
> Dépenses consommation finale des ménages : dépenses
effectivement supportées par les ménages
> Consommation effective des ménages : recouvre l’ensemble des
biens et des services des ménages : quelque soit la manière dont ils sont
financés = ajoute éléments pas dans consommation finale des ménages
> certains services produits par administrations : généralement
comptabilisés dans les transferts sociaux en nature
> consommation marchande : acquisition de biens (à classer selon
durabilité) et de services sur un marché à un prix couvrant au moins leur coût
de production (achat d’un bien qui nous est vendu à au moins égal coût
production)
> consommation non marchande : services fournis gratuitement ou quasi
gratos = prix inférieur à la moitié de leur coût de revenu → fournis par
administrations publiques + Institutions sans buts lucratifs au services des ménages
(ISBLSM) = asso

1
> auto-consommation (du coup pas pris en compte dans Produit Intérieur
Brut) : exclut par définition le recours à l’échange + comporte opération de création
et de destruction de richesses → effectuée par un seul et même individu ou ménage
(ex : production d’un jardin familial)
> consommation de services (numérique : forte dématérialisation éco)
- services marchands : prestations de services fournies par les
entreprises faisant l’objet de transactions sur le marché (ex :
abonnement téléphonique…)
- services non marchands : services fournis gratos ou prix inférieur au
coût de production
ces services peuvent être individuels mais aussi collectifs (ex : service
TBM, services marchands des autoroutes à péages)

- Épargne : définie comme part du revenu dispo des ménages qui n’est pas
utilisée en dépense de conso finale = part dispo pour achat actifs physiques
(maison…) et financiers (cryptomonnaies, actions dans entreprises)
> épargne non financière : acquisition du bien immobilier, fait des
ménages mais aussi de certaines entreprises (individuelles) = correspond
aux remboursements des prêts souscrits pour investissements immobiliers
des ménages
> épargne financière : ou capacité de financement des ménages +
constituée d’actifs financiers (actions, obligations) mais peut aussi être
détenue sous forme liquide = thésaurisation
OU placée → injectée dans circuits de financement de l’économie soit sous forme
monétaire (dépôt à vue) ou placements à court terme (dépôts à terme = prêts pour la
banque) ou sous forme financière (obligations, actions : entreprises créent actions
pour augmenter capital → financement de l’entreprises grâce à ce système)
⇒ intérêt pour l’état : savoir qui détient l’épargne en france = doit aller vers autres
agents économiques (incitations avec impôts sur fortune sauf actions entreprises)
> taux d’épargne : rapport de l’épargne brut au revenu disponible brut (en %)
→ analyse composition taux épargne : évolution du taux d’épargne financière et taux
d’épargne non financière (ou le taux d’investissement en logement)

2
b. L’évolution de la consommation (cf. e-campus)

- 2017 : dépenses de conso finale des ménages : 1 191 milliard €


consommation finale effective des ménages : 1 592 milliard €
= PIB : 2 290 milliards €
→ 400 milliards € conso de transferts sociaux : poids intervention de l’état est
important en France quelque soit prestations
→ conso = alimentation (question dépendance ou indep alimentaire de la France) +
santé = importation de biens (q° import / export)

3
- 1959 - 2009 : conso finale des ménages français x 3
= évolution de la conso irrégulière (ex : 30 glorieuses [1945] = augmentation
annuel conso : 4.1 % niv individuel / depuis 1973 [choc pétrolier] = 1.5 %)

- 2 changements dans répartition budgets des ménages


Engel = lois de consommation = 1857 : mis en évidence relation stable entre
variations revenus et évolution de certaines dépenses de consommation des
ménages
> 1ère loi : plus une famille est pauvre, plus grand est le % du revenu
qui est consacré à l’alimentation (pcq besoin primaire)
effet saturation = pas pcq 2 x plus riche qu’on mange 2 x plus
> 2ème loi : part affectée aux dépenses de chauffage, éclairage,
vêtements et logement = stable
> 3ème loi : part du revenu consacrée aux dépenses d’éducation,
santé et voyage augmente plus vite que le revenu
→ 1ère et 3ème loi valide ajd mais pas 2ème

- dépenses contraintes ou pré engagées : dépenses incontournables faites


automatiquement en début de mois = loyer, électricité, gaz, abonnements
téléphoniques, mutuelle, impôts, assurances
> augmentation des dépenses contraintes = pèsent environ 30% des
dépenses de conso totales (sans remboursement d’emprunt immobilier)
> analyse de tout ça permet de mesurer l’évolution du revenu arbitral = revenu dispo
après déduction de ces dépenses pré engagées → se rapproche le plus de la perception
de l’évolution du pouvoir d’achat par les ménages

c. L’évolution de l’épargne des ménages

- 30 glorieuses : taux d’épargne a connu une hausse régulière et dépasse les 20% à
partir du début des 70’s → logique keynésienne = hausse du revenu permet de
dégager une épargne croissante
M à partir de 1974 / crise pétrolière → épargne des ménages semblent répondre à une
logique d’épargne de précaution = analyse de Freeman (ménages chercheraient à
lisser leur conso et augmenteraient donc leur épargne comprenant que la grande
prospérité des 30 glorieuses est derrière eux)

- 1978 - 1987 : baisse continue dans contexte de crise économique et inflation -


envolée du chômage et politique économique pénalisent le revenu et l’épargne → tout
se passe comme si les ménages puisent dans leur épargne pour maintenir un niveau de
conso +- stable (effet de cliquet) + inflation a pu progressivement décourager
l’épargne des ménages en érodant sa rémunération réelle

- taux d’épargne remonte brutalement à partir de 1987 + oscille autour de 15%


depuis 1988 = vieillissement population + difficulté de financement du
système de retraite par répartition + croissance déficit et endettement public
> rejoint presque le taux d’investissement en logement = libéralisation 1980’s
contribue à orienter l’épargne des ménages vers placements financiers plus
nombreux et plus diversifiés

4
I. L’analyse microéconomique de la consommation : concepts de base

a. Les agents économiques

- théories néoclassiques étudient la façon dont un agent isolé et rationnel


(homo oeconomicus) effectue des choix de nature economique
> considèrent que c’est à partir de l’étude des comportements
individuels que l’on peut expliquer les phénomènes économiques et sociaux
> agents sont supposés isolés des autres de la société et leurs choix
dépendent uniquement de leurs goûts et des caractéristiques de biens
> l’agent désire maximiser sa satisfaction en consommant certaines quantité
des biens disponibles = confronte désirs (caractérisés par préférences) à la réalité du
monde qui l’entoure → s’exprime par quantité de biens que la nature permet de
construire
→ on suppose qu’il n’y a que 2 biens = 1 & 2
→ x1 et x2 = quantité de biens 1 et 2 (positive et divisible)
→ un panier de biens (X = (x1 x2))est un ensemble contenant une quantité de
chacun des 2 biens

b. Préférences et fonction d’utilité

relation de préférences traduit les goûts de l’agent : compare paniers de biens 2 à 2 et


classe en préférence
→ préférence ordinal non strict > peut être indifférent entre 2 paniers
→ x1 > x2 = préfère x1 à x2
→ x1 = x2 = indifférent entre les 2
relation de préférences doit respecter conditions :
- réflexivité = pour tout panier x1 de l’ensemble des paniers X = x1 > x1
> tt panier est au moins aussi désirable qu’un panier identique
- transitivité = si x1 ≥ x2 et x2 ≥ x3 alors x1 ≥ x3
> traduit rationalité de l’individu au sens de la cohérence de ses choix
- complétude = pour tt panier x1 ou x2 de X, on a forcément x1 ≥ x2 ou x1 ≦ x2
> agent toujours capable de classer n'importe quel panier de biens par
rapport
à n’importe quel autre en étant au pire indifférent
- continuité = si le panier x1 est strictement préféré au panier x2, alors tout panier
assez proche de x1 est strictement préféré à tout panier proche de x2
- croissance stricte = si un panier x1 contient au moins autant de bien 1 et plus de bien
2 ou l’inverse que le panier x2, alors il préférera le panier x1
> un agent est supposé toujours préféré consommer plus de chacun des
deux biens > non satiété / non saturation
- convexité = agent préfère paniers de biens diversifiés contenant une quantité de
chaque bien, au panier de bien spécialisés

5
> préférences représentées par
courbes d’indifférence =
courbe continue, décroissante,
convexe
→ contient tous les paniers entre lesquels
agent indifférent qui lui procurent un
même niveau d’utilité
→ les hypothèses sur les préférences
permettent de caractériser la forme des
courbes d’indifférence
→ si le consommateur préfère un panier à
un autre, il éprouve une satisfaction plus
importante
> la courbe d’indifférence
correspondant à ce panier est
donc plus élevée que la précédente
→ + courbes éloignées de l’origine, plus elles correspondent à des niveaux d’utilité ou de satisfaction
élevée
→ 2 courbes d’indifférence ne peuvent jamais se couper = hypothèse de transitivité

taux marginal de substitution =

→ tous les paniers (composés de quantités différentes de chacun des biens) d’une même courbe
d’indifférence procure la même satisfaction à l’agent
graphique =
> à partir d’un panier xA agent peut consommer un panier xB en renonçant à une
certaine quantité de x2 du bien 2 (Δx2) pour pouvoir consommer une quantité supérieure du
bien 1 (Δx1) tout en conservant un niveau d’utilité inchangé
> pour panier xA, on définit un TMS du bien 2 au bien 1 qui mesure la quantité de
biens 1 à laquelle l’agent est prêt à renoncer pour consommer une quantité supplémentaire
dx
1
de biens 2 = TMS (xA) = - 1
2 dx
2
dx1 et dx2 = variations infiniment petites quantités des biens 1 et 2

6
→ TMS permet de connaître le taux d’échanges de l’agent entre les deux biens à satisfaction
inchangée = taux auquel ils acceptent de substituer du bien 2 au bien 1
> graphiquement valeur TMS est donnée par la pente en valeur absolue de la courbe
d’indifférence au point xA
⇒ TMS taux d’échange privé et subjectif / propre à l’agent et dépend de ses préférences
>autre agent exhibait un TMS différent
+ courbe d’indifférence décroissante > courbe TMS aussi

la contrainte budgétaire = délimite l'ensemble des paniers de biens qu’agent peut s’offrir
en fonction de ce qu’il possède / ressources dont dispose l’agent

prix chacun des deux biens = p1 (produit 1) et p2 (produit 2)


→ on suppose que l’agent consacre toutes ses ressources à la consommation
p1
il s’agit de l’équation d’une droite décroissante de pente -
p2
> intersection avec chacun des axes correspond à situation où consommateur
consacre toutes ses ressources à la consommation d’un seul bien (1 ou 2)
s’il ne consomme que du bien 1, alors x2 = 0 et x1 = R/p1
triangle délimité par la droite et les deux axes représente le domaine de choix du
consommateur & chacun des points de la droite du budget représente une dépense identité
d’un montant R w/ allocation différente entre les quantités achetées
> le montant R ne change pas mais les quantités du produit 1 et 2 oui
→ tout point situé sur et sous la droite est un panier possible (mais pas rationnel)
> consommateur peut consommer + des 2 biens -> peut donc augmenter sa
satisfaction
M tout point situé au dessus de la contrainte est inaccessible

II. choix du conso

a. L’équilibre du consommateur

7
consommateur rationnel cherche à retirer le max de satisfaction des ressources dont il
dispose = confronte fonction d’utilité au montant de ses ressources > détermine le niveau et
la structure de sa consommation
> consommateur se trouve à l’équilibre lorsque, pour des ressources ou un budget
donné des prix de biens de consommation déterminé, son niveau d’utilité est le plus élevé
possible (optimisation)
→ équilibre = situation dans laquelle le consommateur n’a pas d'intérêt à
s’éloigner
> pb du consommateur = résoudre mathématiquement le programme suivant =
Maximisation U (x1 et x2), sachant que les ressources - le prix du produit 1 x la quantité du
produit - le prix du produit 2 x la quantité du produit 2 = 0
→ R - p1 x x1 - p2 x x1 = 0
> équilibre obtenu pour un niveau de satisfaction correspondant à la courbe d’indifférence la
+ élevée possible compatible w/ la contrainte budgétaire
point E = point de tangente de la
droite de budget et de l’un des
courbes d’indifférence (U2)
> équilibre détermine le niveau de
satisfaction max atteint par le conso,
mais également la structure de sa
consommation
quantité de chacun des deux biens
(x*1 et x*2) consommés à l’équilibre
les rapports des utilités marginales =
U' 1 p1
rapports des prix =
U' 2 p2
→ consommateur à l’équilibre quand il
consomme quantités de biens telles que
U'1
la valeur relative (valeur
U' 2
subjective) concorde avec la
valeur relative objective que le
p1
marché leur attribue
p2

b. L’élasticité-revenu de la demande

si le revenu du consommateur varie (ex = hausse de revenu de R à R’), les prix des biens
restant fixes > contrainte budgétaire se déplace parallèlement à elle-même vers la droite
(vers la gauche si le revenu diminue)
→ l’équilibre va se modifier, mais pour déterminer la façon précise dont la structure de la
consommation évolue, on définit l'élasticité de la demande par rapport au revenu
> le rapport entre le % de variation de la demande d’un bien, et le % de variation du
revenu
> toutes choses égales par ailleurs, les biens n’ont aucune raison de présenter la
même élasticité revenu = lorsque le revenu change, la structure de la consommation change
également (par exemple = produit 1 et 2)

8
➡ 1857 Engel = classification qui permet de distinguer les biens en fonction de leur élasticité revenus
=
- biens inférieurs = biens pour lesquels l’élasticité revenu est négative
> coefficient budgétaire (rapport à la dépense totale de la dépenses
consacrée à un bien ou un service donné) diminue quand le revenu
augmente / augmente quand son revenu baisse
> biens de qualité médiocre auxquels les consommateurs préfèrent
substituer de nouveaux biens ou des biens de meilleure qualité
lorsque le revenu le permet (cas du pain ou des patates)
- biens normaux ou nécessaires = élasticité revenu de ces biens est compris entre 0
et 1
> coefficient budgétaire de ces biens stagne quand le revenu
augmente dans une proportion ≤ 1
- biens supérieurs = élasticité revenu est strictement > 1
> coefficient budgétaire augmente quand le revenu augmente (cas
des biens culturels)

c. L’élasticité-prix de la demande

si le niveau des prix relatifs des biens se modifie, les ressources restant constantes, le choix
du consommateur peut également évoluer
→ telle variation de prix a conséquences sur le choix de consommation de l’agent =
- effet de substitution = variation des prix pousse l’agent à consommer plus du bien
dont le prix relatif à baisser et moins de l’autre (structure consommation se modifie)
- effet de revenu = variation du prix relatif modifie le pouvoir d’achat des ressources de
l’agent
> si le prix des biens baissent, ses ressources lui permettent de consommer
+ de quantité des deux biens et d’atteindre ainsi un niveau de satisfaction +
élevé
→ ces 2 effets se conjuguent, et pour déterminer lequel l’emporte pour un bien considéré, il faut
définir l’élasticité prix de la demande de ce bien (rapport entre la variation relative de la demande
d’un bien & la variation relative du prix de ce bien toutes choses égales par ailleurs)
→ en fonction de la valeur prise par cette élasticité-prix, on peut distinguer quelques cas particuliers
intéressants pour l’analyse économique
- élasticité nulle = demande reste la même quelque soit le prix (produits de 1ère
nécessité / court terme = dépenses pré engagées [loyer, abonnements divers])
- élasticité forte < -1 = suffit d’un faible changement de prix pour entraîner une
modification importante de la demande (produits de mode dont les ventes
s’effondrent en période de crise et s’envolent en période de croissance)
- élasticité positive = demande du bien augmente avec le prix =
> les biens de Giffen = biens de 1ère nécessité et lorsque leur prix
augmente le pouvoir d’achat des consommateurs est réduit →
renoncent à d’autres biens plus coûteux et concentrent leur demande
sur le 1er produit
> les biens de Veblen = biens moins consommés quand leur prix est
faible car perçus comme insuffisamment chers
quand prix augmente, biens + demandés = effet Veblen ou de démo

9
→ pour Veblen ces biens sont outils de distinction sociale
→ élasticité-prix croisée de la demande = demande d’un bien peut varier à cause de la variation du
prix d’un autre bien = rapport entre le % de variation de la quantité de bien 1 et le % de variation du
prix d’un bien 2
- élasticité-prix croisée positive = augmentation du prix d’un bien entraîne
l’augmentation de la demande d’un autre bien (les deux biens sont substituables)
- élasticité-prix croisée négative = augmentation du prix d’un bien entraîne la
diminution de la demande d’un autre bien (les deux biens sont complémentaires)
- élasticité-prix croisée nulle = les deux biens sont indépendants
le modèle de choix du consommateur permet de mettre en évidence les déterminants de la
consommation (les prix relatifs, les ressources et les goûts du consommateur)
→ à partir de l’analyse des élasticités, on peut déduire l’expression de la demande agrégée adressée à
un bien en particulier
> si un bien est normal, la demande de ce bien est fonction décroissante de ce
premier (si prix augmente, demande baissera et réciproquement)
→ possible d’appliquer ce mode de raisonnement très général à d’autres pb plus spécifiques comme le
choix entre le loisir / la consommation et le travail ou encore le choix entre la consommation et
l’épargne (consommation présente / consommation future)

III. L’arbitrage consommation-épargne chez les néoclassiques

a. La théorie

pour les théoriciens néoclassiques les ménages arbitrent entre l’épargne et la


consommation en fonction du taux d’intérêt proposé pour rémunérer l’épargne
→ comme les agents économiques donnent la préférence à une consommation immédiate par rapport
à une consommation future (incertaine par définition), ils n’accepteront donc d’épargner que si la
consommation à laquelle ils renoncent permet une consommation future + élevée > grâce à un intérêt
positif
> taux d’intérêt = prix de la renonciation à la consommation
→ suivant l’analyse néoclassique, l’épargne dépend du taux d’intérêt =
> + il est élevé - grande est la consommation (part du revenu non épargnée = résidu)
1907 = Irving Fisher = modèle de choix intertemporel à l’origine de la théorie néoclassique
de
l’arbitrage consommation-épargne

10
→ dans ce modèle les biens 1 et 2 ne sont plus deux biens différents consommés aujourd’hui mais le
même bien consommé aujourd’hui ou demain
→ l’agent économique étudié est supposé vivre deux périodes, ici 1 et 2 et consommer à chaque
période une quantité C d’un bien unique
> il est doté de préférences (représentées par une fonction d’utilité convexe), que
l’on
qualifie d’intertemporelles car elles portent sur plusieurs périodes
→ l’agent est également supposé toucher un revenu Y au début de chaque période, il s’agit de savoir
ce qu’il va en faire (consommation ou épargne)
> on suppose alors qu’il le place en achetant des titres financiers ou en le déposant sur son
compte en banque = placement rémunéré par un taux d’intérêt r → soumis à une contrainte budgétaire
qui traduit ici le fait que le montant total de la consommation ne peut excéder celui de ses revenus
C2 CY 2
C1 + = Y1 + → consommation et revenu de 2ème période sont actualisés
1+ r 1+r
(taux d’actualisation choisie est le taux d’intérêt)
C2 = -1 + r x C1 + 1 + r x Y1 + Y2 ← la contrainte peut être écrite comme ça = équation d’une droite
de pente -1 + r et d’ordonnée à l’origine Y1(1 + r) + Y2
> elle permet de mettre en évidence le rôle du taux d’intérêt sur les ressources dont
l’agent dispose
> le taux d’intérêt r intervient dans la pente de la contrainte mais également dans la
valeur de l’ordonnée à l’origine
l’équilibre correspond au point E telle que la consommation de 1ère période C*1 < au niveau
du revenu Y1
→ l’agent épargne en 1ère période un montant S2 = Y1 - C1 → le revenu de la période 1 - la
consommation de la période 1
car le taux d’intérêt l’incite à le
faire et cela lui permet de
consommer en 2nde période un
montant C2 plus important que
son revenu Y2
> désir d’hisser sa consommation qui est à l’origine de l’arbitrage consommation -
épargne
M désir pas spontané = il faut que la rémunération de l’épargne compense
exactement l’impatience naturelle de l’agent pour que celui-ci décide d’épargner
(c’est toujours un choix)
→ c’est sa rationalité qui le guide dans cette direction = il est rationnel d’épargner
pour consommer + demain et l’utilité obtenue est > à celle qui serait atteinte sans
cette épargne
> dans le cas d’une variation des revenus (supposons ici une hausse) = la contrainte
budgétaire va se déplacer vers le haut de façon parallèle et l’agent augmentera sa
consommation présente et à venir
notons toutefois que sous certaines hypothèses, l’augmentation du revenu Y1 engendre une
augmentation de la consommation courante C1 dans une proportion moindre que celle du revenu =
c’est exactement la même idée que Keins formulera quelques années plus tard → la décroissance de la
propension marginale à consommer
> dans le cas d’une variation du taux d’intérêt (supposons ici hausse), d’abord l’épargne
augmente au détriment de la consommation ce qui traduit un effet de substitution de
l’épargne à la consommation courante

11
en revanche, grâce à cette hausse du taux d’intérêt, plus nécessaire d’épargner autant pour
obtenir la même somme demain ce qui peut inciter à augmenter la consommation immédiate
= il s’agit ici d’un effet de revenu
→ la somme de ces 2 effets est a priori à déterminer, mais comme souvent, les
néoclassiques retiennent la situation dans laquelle l’effet de substitution l’emporte sur
l’effet de revenu
une hausse du taux d’intérêt doit donc favoriser l’épargne au détriment de la consommation

➡ l’approche de Fisher formalise ainsi l’idée selon laquelle le taux d’intérêt (en + d’être le prix du
capital) serait le prix du temps
➡ de son côté l’épargne serait une consommation différée mais surtout le fruit d’un choix d’un
arbitrage rationnelle en fonction de critères économiques objectifs et de préférences individuelles

b. La consommation dépasse le simple calcul économique des néoclassiques

le postulat systématique d’une conduite rationnelle par l’analyse néoclassique a cependant


été largement relativisée par de nombreux travaux d’origine économique et surtout
sociologique
→ les choix de consommation comme d’épargne du reste, ne sont pas toujours libres et rationnels =
l’individu tel que le décrit les néoclassiques n’existe pas
> le comportement économique ne peut être entièrement dicté par des calculs
> les déterminants de type prix ou revenus ne suffisent pas à expliquer les
comportements
> il convient également, avec les sociologues, d’intégrer des enjeux en termes de
goûts, de statuts sociaux, de phénomènes de groupes, de classes sociales etc…
dans cette perspective, différents travaux qui intègre ces nouvelles dimensions ont contribué
à relativiser la vision néoclassique traditionnelle =
- effet Veblen + consommation ostentatoire = institutionnaliste américain Thorstein
Veblen s’est attaqué ainsi à l’un des principes du jeu de l’offre et de la demande, qui
veut que lorsque le prix d’un bien augmente, sa consommation se réduit
> certains biens (essentiellement biens de luxe) ont une élasticité-prix
positive en raison de l’image sociale qu’ils véhiculent
dans ce cas le prix élevé du produit joue un rôle de signal vis-à-vis des autres
(la consommation ayant ici un caractère ostentatoire)
> on parle alors de biens de Veblen
- effet d’imitation de Duesenberry = sur le même registre, l’économiste américain
James S. Duesenberry montre que le comportement de consommation d’un individu
est fonction du groupe social auquel il s’identifie
> chaque catégorie socioprofessionnelle tendrait à imiter le modèle de
consommation de la classe sociale située au dessus d’elle (= groupe de
référence)
- filière inversée de John Galbraith 1967 = s’attaque à une autre hypothèse
néoclassique = l’autonomie du consommateur
> le consommateur est en réalité sous influence
> théorie de la filière inversée = met en avant le fait que le jugement des
consommateurs est déformé par les stratégies publicitaires des entreprises
qui stimulent artificiellement le désir d’achat

12
il faut également souligner la contribution majeure de grand sociologue français à
l’interprétation des comportements de consommation =
- univers des goûts de Bourdieu = insiste sur l’influence du capital culturel des
individus et non plus seulement de leur capital économique
> il propose une typologie sociale des goûts aux extrêmes =
→ des goûts de luxe pour les professions libérales
→ goûts de nécessité pour les classes populaires
> univers des goûts débouchent ensuite sur des comportements d’achat
nettement différenciés
- monde des signes de Baudrillard = met l’accent sur la valeur des signes de la
consommation, si bien que la logique des signes en vient à se substituer à la logique
des besoins dans les comportements d’achat
> si le consommateur reste rationnel, sa rationalité n’est en tout état de cause
pas utilitaire

IV. La fonction de consommation keynésienne

les néoclassiques cherchaient à déduire les comportements agrégés en partant de l’étude


des comportements individuels
1936 = John Maynard Keynes affirme que la démarche est vouée à l’échec et qu’il faut
d’emblée partir des valeurs globales
> l’objet d’analyse est donc pour Keynes une consommation agrégée (ensemble des
consommations effectuées par l’ensemble des consommateurs sur l’ensemble des
biens)
➡ on passe donc d’une microéconomie à une macroéconomie
l’analyse keynésienne adopte une position radicalement opposée =
→ pour lui, c’est l’épargne qui est un résidu = les ménages effectuent leur choix de
consommation en fonction du revenu disponible et l’épargne est alors simplement la
partie non consommée du revenu
→ le taux d’intérêt détermine uniquement la forme monétaire ou non de l’épargne = il
rémunère la renonciation à la liquidité
➡ ainsi Keynes explique l’évolution de la consommation globale par les variations du revenu global
→ selon lui, la consommation est avant tout fonction du revenu et la consommation est une
fonction croissante de ce même revenu
toutefois, la fraction consommée du revenu (qu’il appelle propension à consommer) diminue
avec l’augmentation du revenu, ainsi la part consacrée à la consommation est de - en -
grande en vertu d’une loi psychosociologique fondamentale = avec l’accroissement du
revenu, les besoins sont progressivement satisfaits et les possibilités d’épargne de + en +
importantes

a. La loi psychologique fondamentale

Keynes appuie son analyse sur une loi psychologique fondamentale =


“c’est qu’en moyenne, et la plupart du temps, les hommes tendent à accroître leur
consommation à mesure que le revenu croît, mais non d’une quantité aussi grande que
l’accroissement du revenu”
il traduit cette loi par une propension à consommer qui relie revenu et consommation → distingue 2
types de propension à consommer =

13
- la propension moyenne à consommer = rapport de la consommation au revenu
> diminue quand le revenu augmente, ce qui signifie qu’à long terme, la part
du revenu consacrée à la consommation est supposée diminuer au profit de
celle consacrée à l’épargne
> PMC = C∕Y
- la propension marginale à consommer = rapport de la variation de la consommation
à la variation du revenu
> toujours inférieure à la propension moyenne
> supposée stable sur le court terme
> PmC = dC/dY

si pour Keynes la propension marginale et moyenne à consommer sont < 1 et décroissante,


les keynésiens vont adopter une version légèrement amendée selon laquelle la propension
moyenne est décroissante et la propension marginale est constante
→ = C = c x Y + C0
C = consommation
c = propension marginale à consommer (entre 0 et 1)
Y = revenu courant
C0 = consommation incompressible ou autonome donc indépendante du revenu

← fonction de consommation keynésienne


existence d’une consommation incompressible a une conséquence importante
→ la propension moyenne à consommer est alors une fonction décroissante du revenu
selon ces hypothèses = consommation serait donc une fonction croissante du revenu
courant
> + action est riche, + part du revenu qu’elle consacre à la consommation est faible
et inversement

~> un pays qui se développe doit donc voir sa propension moyenne à consommer baisser,
inversement si un pays traverse une récession qui réduit son revenu national = sa
propension moyenne à consommer est + élevée que ce qu’elle était avant la crise

→ si on reprend la version originale de Keynes = décroissance de la propension marginale à


consommer est également un argument en faveur des politiques de redistribution

14
→ si on raisonne désormais sur des groupes sociaux et non plus sur la nation dans son ensemble, la
propension à consommer des pauvres = + importante que celle des riches
> redistribuer le revenu des seconds vers les premiers doit donc amener à ce qu’une
proportion + importante du revenu total soit consommée et constitue ainsi des
débouchés supplémentaires pour les entreprises
➡ l’essentiel est de retenir l’importance fondamentale donnée par Keynes au revenu global comme
déterminants de la consommation
> important au plan théorique M peut-être encore + du pdv des conséquences qu’on
peut en tirer en matière politique économique

b. L’épargne est un “résidu”

pour Keynes, l’épargne est tout simplement l’excès du revenu sur la dépense pour la
consommation (épargne noté S apparaît comme résidu)
> on a l’habitude de noter S = Y - C (épargne = revenu - consommation)
→ de la même façon que pour la consommation, on peut définir 2 propension à épargner =
- la propension moyenne à épargner = rapport de l’épargne totale au revenu (taux
d’épargne)
- la propension marginale à épargner = rapport de la variation de l’épargne (dS) à la
variation du revenu (dY)
> inférieure à 1
> se déduit de la propension marginale à consommer → PmS = 1 - PmC
→ épargne est également une fonction croissante du revenu courant
→ si la propension marginale à consommer est constante, la propension marginale à épargner l’est
aussi, tandis que la propension moyenne à épargner est croissante avec le niveau de revenus

→ pour un niveau de revenus nul, l’épargne est négative (-C0) = conséquence de l’hypothèse de
consommation incompressible
> si la consommation est positive même avec un revenu nul, c’est qu’il y a eu des
épargnes (les ménages ont puisé dans leur épargne pour financer cette
consommation incompressible)
➡ l’épargne est donc un résidu, la consommation est 1ère

→ la consommation est une composante majeure de la demande effective (demande globale anticipée
par les entrepreneurs)
→ augmentation de l’épargne nuit aux débouchés et à l’activité économique = paradoxe de l’épargne
➡ ce comportement individuel vertueux devient nuisible au niveau collectif

c. Les tests de la fonction de consommation keynésienne

les tests opérés sur la fonction de consommation keynésienne ont donnée des résultats
mitigés
> certaines études à court terme portant sur des valeurs annuelles ou trimestrielles de la
consommation des ménages semblent confirmer l’hypothèse de Keynes

→ 1946 = analyses de Kuznets sur des séries temporelles longues (de 1869 à 1938) ont
montré la nécessité de reformuler la fonction de consommation
> il a montré que la propension marginale à consommer est constante et < 1

15
(conformément à la fonction de consommation keynésienne) mais que la
consommation incompressible est plutôt proche de 0
> met ainsi en évidence une fonction de consommation de long terme linéaire =
C = c x Y (avec c = 0.86) → va à l’encontre de l’hypothèse de Keynes d’une
propension moyenne à consommer décroissante avec le revenu

> d’autres études en coupe instantanée ont été réalisées = ce type d’études consiste à
observer à un instant donné les différents niveaux de consommation de ménages classés
classés par niveaux de revenus et semblent confirmer au moins partiellement l’hypothèse de
Keynes
M la contradiction avec les résultats de long terme subsistent, ce qui explique les travaux
ultérieurs qui vont tenter de reformuler le pb

→ la fonction de consommation keynésienne est donc valable à court terme, pas long terme
> long terme = semblerait que la relation soit linéaire (ni infime, ni concave)
- pas de décroissance mais constance de la propension marginale à consommer
- pas de consommation incompressible = la propension marginale et moyenne à
consommer serait égale et constante

V. Les reformulations post-keynésiennes de la fonction de consommation

a. Le revenu relatif

1949 = travaux de Duesenberry = tentative de réconciliation des analyses en coupe


instantanée et des analyses de long terme
> s’inspire de l’effet de démonstration proposée par Veblen (1899) que développera
également le sociologue Jean Baudrillard
> les biens ne sont pas seulement consommés en fonction de la satisfaction
économiques qu’ils procurent = ils sont aussi le moyen d’afficher une appartenance sociale
et revêtent une forte dimension symbolique
> la consommation aurait alors une dimension ostentatoire
> celle d’un agent n’est pas indépendante de celle des autres

→ rupture avec l’une des hypothèses fondamentales de l’analyse


néoclassique
> ils supposent qu’un ménage ne consomme pas seulement en fonction du niveau
de son revenu courant, mais également en fonction de son revenu relatif (position du
revenu du ménage dans l’échelle des revenus)
→ un ménage pauvre consomme alors une + grande part de son revenu
qu’un ménage riche = les ménages les + pauvres chercheraient à imiter le
mode de consommation des + riches
→ dans ces conditions, la propension à consommer est bien une fonction
décroissante du revenu, mais elle devient constante au niveau agrégé
comme le montrait Kuznets

b. L’effet de cliquet

16
1948 = 2nde voie empruntée par Duesenberry qui repose sur l'hypothèse d’un certain degré
d’irréversibilité des décisions de consommation
> la consommation dépend alors du revenu courant (Y) mais aussi du revenu le +
élevé obtenu dans le passé (Ymax)
> les variations du revenu courant ne modifieraient donc la consommation qu’à la
marge, car le revenu le + élevé touché dans le passé conditionne encore la
consommation courante
→ effet de cliquet (ou de crémaillère) permettrait d’expliquer pourquoi lors d’une récession la
consommation des ménages ne diminue pas nécessairement en proportion de la baisse de l’activité
économique = C1 = f(Yt, Ymax)
> la baisse de la consommation serait freinée par les habitudes de consommation
adoptées dans le passé lorsque le revenu était >
→ à l’inverse en période de prospérité, la consommation augmente - vite que le revenu

1952 = pour Brown l’hypothèse d’une telle irréversibilité des habitudes de consommation est
excessive → il lui semble + pertinent de supposer qu’à mesure que le temps passe, les habitudes de
consommation s’estompent
> propose alors une fonction de consommation =
C1 = c x Y1 + a x Ct - 1 + b
c = propension à consommer
a & b = paramètres et a traduit le poids accordé aux habitudes de
consommation du passé
> + on avance dans le temps, + on adapte sa consommation à son revenu actuel
→ cette approche s’est révélée suffisamment robuste pour être adoptée dans de nombreux modèles
économétriques

VI. Le rôle du patrimoine dans la consommation

l’observation que la théorie n’est pas toujours conforme aux faits amènera certains
théoriciens (souvent de sensibilité néoclassique) au 1er rang desquels Milton Friedman a
critiqué les hypothèses à la base du modèle keynésien et a proposé de nouvelles
formulations de la relation entre consommation et revenu
> tentative pour améliorer le modèle explicatif du partage entre consommation et
épargne
→ travaux relatifs à la théorie du revenu permanent de Milton Friedman = sur le court terme, le lien
entre le revenu d’une part et la consommation et l’épargne de l’autre semble se vérifier au moins
partiellement
→ en revanche, dès le fin du XIXème siècle, travaux menés par l’économiste américain Simon
Kuznets ont montré sur une longue période, une grande stabilité de la propension moyenne à
consommer aux USA alors que dans le même temps, les revenus connaissent une progression
importante

a. La théorie du revenu permanent

1957 = pour Milton Friedman, la fonction de consommation keynésienne est erronée, il est
nécessaire de déterminer les fondements microéconomiques de la consommation agrégée
> s’ils existent, les comportements de consommation et d’épargne relèvent bien d’un
arbitrage et non d’une propension

17
> pour lui, la consommation d’un agent rationnel dépend certes du revenu courant,
mais également des revenus qu’il peut percevoir dans le futur à condition qu’il puisse
les anticiper correctement et qu’il ait également la possibilité d’épargner et
d’emprunter grâce aux marchés financiers de façon à lisser sa consommation dans
le temps
→ la consommation dépend donc de la richesse (W) de l’agent, la somme actualisée de ses revenus
futurs anticipés
→ si l’agent ne vit que 2 périodes, sa richesse s’écrit = W = Y1 + Y2 / (1 + r)
> taux d’intérêt
> une hausse du revenu ne peut alors avoir une influence sur la consommation que
si elle augmente la richesse de l’agent, son patrimoine (les ressources qu’il estime
qu’il percevra tout au long de sa vie)

→ Milton Friedman en déduit que, grâce aux marchés financiers, l’agent n’est plus contraint par son
revenu courant, le revenu à prendre en compte est le revenu permanent (somme qu’un agent peut
consommer en maintenant constante la valeur de son capital) = Yp = r x W
> rendement de la richesse de l’agent (il consomme les fruits de sa richesse et non
sa richesse)
> à chaque période, le revenu de l’agent est ainsi composé d’une partie permanente
et stable (Yp) et d’une partie transitoire (Ygamma) ou revenus qui ne peuvent être
anticipés car aléatoires ou imprévisibles (primes exceptionnelles, gains à la loterie) et
qui peuvent être négatifs (pertes de revenu imprévues, chômage, maladie…)
→ de la même façon Friedman définit la consommation permanente Cp comme une fonction du
revenu permanent = Cp = Ygamma x Yp
> les tests opérés par F lui permettent de déterminer une valeur de gamma de l’ordre
de 0.87 (proche de celle trouvée par Kuznets pour la propension à consommer)
> explication de la consommation alternative de celle proposée par Brown , fondée
sur des arguments totalement différents
→ il existe bien une relation entre consommation et revenu mais elle concerne leur composante
permanente = il n’y a pas de relation stable entre consommation et revenu transitoire
→ les agents cherchant à lisser leur consommation dans le temps, il est tou à fait possible que ce
revenu transitoire soit épargné plutôt que consommé

→ une politique de relance qui vise à stimuler la consommation en augmentant par exemple le revenu
des ménages par des mesures temporaires, risque fort d’être perçue par Friedman comme transitoire
par les agents et donc d’engendrer une hausse de l’épargne plutôt que de la consommation
> l’épargne de précaution est le moyen dont dispose les agents pour amortir les
fluctuations économiques
→ à travers sa démonstration, F essaie de prouver que Keynes se trompe

b. L’hypothèse du cycle de vie

1954 = selon Modigliani & Brumbing ou 1963 = Ando & Modigliani → observation et analyses
empiriques montrent que les individus préfèrent effectivement lisser leur consommation dans le temps
→ préfèrent consommation stable à une consommation fluctuante au gré de la conjoncture
> en raisonnant sur toute la durée de vie d'un individu, l’épargne permet alors de
reporter une partie de sa consommation vers des périodes futures où les revenus
attendus seront + faibles

18
> à l’inverse, l’endettement permet d’anticiper la hausse attendue du revenu futur
→ l’épargne permet la constitution d’un patrimoine dans lequel on pourra puiser notamment en fin de
vie à partir du départ en retraite
> l’épargne n’est donc plus seulement décidée en fonction du niveau du taux
d’intérêt, mais également car elle sert un objectif = pouvoir maintenir son niveau de
consommation
→ dans la version la + simple de la théorie du cycle de vie = agent connaît avec certitude la date de sa
retraite et de son décès = touche revenu Y constant tout au long de sa vie active et ce revenu devient
nul au moment de la retraite

← théorie du cycle de vie

→ commence donc une partie de son revenu C et épargner le reste (Y - C) en vue de constituer un
patrimoine P dans lequel il pourra puiser pendant sa retraite cherche à maintenir un niveau de
consommation constant sur le reste de sa vie
> son patrimoine passe alors par un maximum (date de départ en retraite) et diminue
ensuite régulièrement pour s’annuler au moment du décès
→ au début de la vie active (t0), l’agent commence à constituer un patrimoine grâce à son épargne (S
= Y - C)
→ lorsqu’arrive l’âge de la retraite (t1) ce patrimoine commence à être consommé car les revenus du
travail ont disparu et il décroît donc régulièrement au rythme de sa consommation jusqu’à sa mort en
t2
→ consommation C est donc ici une fonction du revenu Y et du patrimoine P

19
➡ modèle très utile pour comprendre le rôle des fluctuations financières dans le comportement des
ménages
+ épargne très souvent placé dans l’immobilier ou sur les marchés financiers
+ la baisse de la valeur du patrimoine accumulé (résultat d’un effondrement des
marchés) devrait dès lors susciter un effort d’épargne supplémentaire dans le but de
maintenir constante la valeur de ce patrimoine

→ selon Modigliani, les ménages subissent ce qu’on appelle l’effet de richesse, qui pourrait
expliquer le ralentissement de la consommation dans les pays touchés (notamment par la
crise immobilière US de 2007 + krach boursier de 2008)
→ hypothèse du cycle de vie fréquemment employée pour analyser le fonctionnement des systèmes
de retraite et les conséquences du vieillissement de la population
> théoriquement, la croissance démographique devrait augmenter la part des actifs
dans la population par rapport à celles des retraités et donc le volume de l’épargne
nationale
> de même, l’allongement de l’espérance de vie devrait également se traduire par
une hausse de l’épargne pour financer la consommation sur une période de retraite
+
longue ou encore par une baisse de la consommation moyenne tout au long de la vie
M à l’inverse, le report de l’âge de la retraite devrait permettre d’alléger l’effort d’épargne des
ménages
→ 90’s = autres économistes notamment Deaton ont repris ce modèle, mais en infléchissant pour tenir
compte de l’accroissement massif de l’endettement des jeunes ménages (notamment USA) et surtout
de l’observation de la montée en puissance de l’épargne de précaution
> la constitution d’un patrimoine devient un objectif en soi pour se prémunir contre
les
risques et aléas entourant les revenus futurs (chômeurs, retraités, etc…) concernant
les individus eux-mêmes mais également leurs descendants, d’où d’ailleurs le
constat d’un accroissement des taux d’épargne y compris pour des ménages âgés
→ l’ensemble de ces travaux comporte ainsi ses propres limites
> la thèse du revenu permanent colle assez bien avec les évolutions du revenu et de
l’épargne dans les 70’s - 80’s, mais ceci est déjà moins vrai dans les 90’s
→ théorie du cycle de vie = repose sur des hypothèses contraignantes =
- sous-estimation de l’objectif de transmission d’un
patrimoine
- connaissances a priori par les individus de leurs
revenus futurs et de leur durée de vie
- absence de prises en compte de l’importance du
transfert limitant l’incitation à épargner etc…
> cette théorie fait également référence par définition à l’âge qui est une variable
structurelle de long terme et donc, la rend inopérante pour conduire une analyse
conjoncturelle

20
> Fiscalité, inégalités et redistribution

I. Les principes de la fiscalité

a. Les prélèvements obligatoires

→ INSEE définit les prélèvements obligatoires comme les impôts + cotisations sociales effectives
reçues par les administrations publiques et institutions européennes

→ les prélèvements obligatoires concernent =


- impôts = définis par juriste Gaston Jèze (1935) comme prestation pécuniaire requise
des particuliers par voie d’autorité à titre définitif et sans contrepartie en vue de la
couverture des charges publiques
> absence de contrepartie = appartient au parlement (qui en a voté le principe
et le montant) d’en décider l’affectation en fonction des besoins et des
mission de l’état
- taxes = perçues à l’occasion d’un service rendu ou d’une opération économique M
constitue pas la contrepartie monétaire de ce service
> recettes d’une taxe peuvent en revanche être affectées à une dépenses
précise
- cotisations sociales = prélèvements assis sur les salaires + affectés au financement
de la protection sociale
> ouvrent des droits individualisés à une indemnisation à ceux qui les ont
versées
> 2 types de cotisations sociales =

21
→ cotisations salariales = prélevées sur le salaire brut et versées par
les salariés
→ cotisations patronales = idem par l’employeur
> pdv économique = distinction importe peu car finalement c’est toujours
l’employeur qui paye + ses cotisations font donc partie du coût du W au sens
large

→ assiette fiscale = montant sur lequel est calculé le prélèvement (ex : salaires pour les cotisations
sociales, le revenu pour l’impôt sur le revenu)
> impôt progressif = lorsque le rapport entre les sommes prélevées et l’assiette
fiscale augmente avec cette dernière
> impôt dégressif = dans le cas contraire
=> proportionnel si le rapport est constant

→ prélèvements
> directs = perçus en fonction du statut ou des ressources de l’individu (impôts sur le
revenu, les bénéfices, taxes foncières, d’habitation)
> indirects = perçus à la suite d’une action d’un individu (TVA qui repose sur un acte
de consommation)
=> les revenus sont taxés dans les deux cas M indirectement dans le second

b. La politique fiscale

→ processus par lequel sont déterminés l’assiette fiscale et le taux des différents prélèvements
obligatoires
> le terme peut renvoyer à la politique budgétaire au sens large (comprend alors un
volet dépenses + volet recettes = cas dans pays de tradition anglo saxonne)
→ s’inscrit dans tryptique de Musgrave en 1959 =
- fonction d’allocation = modifier les prix relatifs → génère des distorsions
> 2nd théorème de l’économie du bien-être souligne que possible d’atteindre
l’efficacité après une redistribution initiale (pour peu que celle-ci soit
forfaitaire)
> M dans la plupart des pays = de telles taxes sont jugées inéquitables &
impôts nuisent donc nécessairement à l'efficacité au sens de pareto
> dans ces conditions l’objectif de la politique fiscale peut être double =
~ tenter de réduire les distorsions introduites par la nécessité de
financer les dépenses de l’Etat
~ utiliser ces distorsions pour modifier les comportements des
individus dans le sens jugé souhaitable
→ sens de la fiscalité “correctrice” ou “paternaliste”
> fiscalité peut alors être employée pour corriger les défaillances des
marchés telles que les externalités ou les biens publics
- fonction de stabilisation = renvoie aux dépenses de l’Etat permettant de réguler la
conjoncture économique
> prélèvements obligatoires permettent de financer ses dépenses (condition)
> M emprunt joue aussi un rôle important

22
+ possible de réguler la demande globale en jouant sur le taux et l’assiette des
prélèvements
> baisse d’impôts augmente (toute chose égale par ailleurs) le revenu
disponible des ménages = peut être utilisé comme outil de relance
> stabilisation réalisée par intermédiaire des mécanismes de protection sociale ⇒
stabilisateurs automatiques
> montants des prélèvements + transferts varient automatiquement
en fonction de la conjoncture
- fonction de redistribution = plupart des impôts (comme celui sur le revenu) sont
progressifs (le + souvent) → contribuent de facto à réduire les revenus perçus par les + riches
> fonction renvoie aussi à la protection sociale au sens large → certains
services publics financés par l’Etat favorisent la consommation partout de
certaines services jugés indispensables (éducation nationale, dépenses de
santé)

c. La fiscalité en France et à l’étranger

→ en comparaison avec partenaires de l’OCDE > France se distingue tout d’abord par un poids +
important de la fiscalité dans le PIB

→ ex = 2014 > total des prélèvements obligatoires représentait ~47.9% PIB (proportion la + élevée au
sein des pays de l’OSCE)
> après le Danemark ~58%
> de loin devant les USA ~25.9%
> ou Mexique ~15.2%
→ situation cependant récente car comme le montre le graphique de gauche = si la France fait déjà
partie déb 70’s des pays qui prélèvent le + > elle ne le fait qu’à hauteur d’⅓ du PIB
> c’est à partir de cette époque qu’on note une vraie divergence dans les politiques
fiscales
> mandats de Ronald Reagan et Margaret Thatcher seront chacun marqué par une
forte réduction de la pression fiscal directe
→ la structure de la fiscalité est d’abord déterminée par celle des dépenses publiques
→ autre caractéristique française est de présenter un poids relatif + important des prélèvements de
sécurité sociale dans le total des prélèvements obligatoires (~40%) graphique de droite)
> grâce à son mode d’organisation = là où la protection sociale est laissée en grande
partie au secteur privé (particulièrement dans
les pays anglo saxons) la France et d’autres

23
pays d’Europe continentale ont choisi une
organisation essentiellement publique
> conséquences sont importantes = cotisations sociales sont assises sur les
salaires et viennent alourdir le coût du travail
→ selon Pierre Rosanvallon 1981 = crise de l’Etat providence s’explique en grande partie par le choix
de ce mode de financement
> 80’s = tandis que d’un côté l’espérance de vie s’allonge + progrès de la médecine
augmente le coût des dépenses de santé > hausse des cotisations sociales =>
d’un autre côté chômage de masse s’installe progressivement et suscite lui aussi
une hausse des dépenses + nouvelle hausse des cotisations sociales
M celles-ci alourdissent encore le coût du travail + constituent un réel frein à
l’embauche engendrant à son tour une montée du chômage
> volonté de transférer progressivement le financement de la protection sociale vers
l'impôt de façon à alléger le coût du travail
→ écarts de pression fiscale entre les pays s’expliquent par les différences en termes d’organisation de
la protection sociale = traduisent essentiellement les différences de préférences collectives en la
matière

II. L’approche microéconomique de la fiscalité

a. La théorie de l’incidence fiscale

→ 2002 = Bernard Salanié formule que l’une des premières conclusions de la théorie de l’incidence
fiscale est que l’agent qui supportent réellement la fiscalité n’est pas nécessairement celui qui rédige
le chèque

→ la figure présentée décrit


le marché d’un bien
quelconque sur lequel se
confronte une offre et une
demande sans impôt
→ équilibre situé sur le
point E1
→ pour des quantités
produites et échangées =
Q1
→ prix du marché = P1
→ si on suppose dans un
2nd temps l’imposition
d’une taxe t qui s’ajoute au
prix du bien et qui est
versée par les entreprises >
courbe d’offre se déplace alors vers le haut
> taxe vient renchérir le prix attendu par les entreprises pour accepter de vendre une
même quantité de biens
> l’équilibre se déplace donc au point E2
> quantités vendues sont inférieures Q2
> tandis que le prix d’équilibre est + élevé P2

24
→ cependant utile de distinguer ce prix TTC payé par le consommateur du prix hors taxe
P2 - T perçu par le producteur
→ en présence d’une taxe > plus de conformité entre l’équilibre du producteur et celui du
consommateur
> la taxe a beau être versée par le producteur => elle est également en partie payée
par le consommateur qui paye + cher des marchandises produites en quantité
inférieure
→ même conclusion s’applique si la taxe est prélevée sur la demande
→ répartition de la charge de la taxe va dépendre des élasticités-prix de l’offre et de la demande
→ les taxes sont principalement supportées par les agents dont les comportements sont les moins
sensibles aux prix

→ une taxe engenre ensuite une perte sociale


> le surplus collectif est inférieur à ce qu’il serait sans taxes comme l’a montré
Harberger en 1962

→ sans taxe, le surplus collectif est la somme de celui du consommateur A + B + C est de celui du
producteur D + E + F
→ si une taxe est imposée, le surplus collectif est la somme de celui du consommateur A du
producteur F et de l’Etat B + F (qui perçoit désormais des recettes fiscales)
> M taxe a réduit le niveau des échanges et collectivité perd un surplus représenté
par le triangle gris C + D
> cette perte sociale appelée “triangle de Harberger” dépend des courbes d’offre et
de demande et on peut la mesurer par la différence entre le revenu de l’Etat et la
perte de surplus des consommateurs et des producteurs
→ 1844 = Dupuit a mis en évidence une dernière conséquence = l’ampleur de la perte sociale varie
comme le carré de la taxe
> surface du triangle augmente avec la taxe puisque les quantités d’équilibre se

25
réduisent mais on voit qu’elle augmente par le haut (réduction du surplus du
consommateur) et par le bas (réduction du surplus du producteur)
⇒ existe donc un arbitrage entre 2 types de coûts liés à la fiscalité
> une taxe importante réduit le bien-être collectif + fortement que plusieurs
petites taxes d’un montant total équivalent
> il serait donc + pertinent d’augmenter le nombre de taxes plutôt que de
préférer simplifier le millefeuille fiscale
M à l’inverse = recouvrement de ces taxes est coûteux > ce coût augmente
avec le nombre de taxes à recouvrir
> cet arbitrage signifie que pour un montant donné de recettes fiscales à percevoir =
possible de déterminer un nombre optimal de taxes

b. La fiscalité optimale

→ 2nd théorème de l’économie du bien-être établit qu’il est possible d’atteindre n’importe quel état
optimal au sens de pareto en distribuant de manière forfaitaire les ressources initiales et en laissant
ensuite jouer les mécanismes de marché
> si le marché conduit à une distribution qui n’est pas jugée souhaitable (au regarde
d’un critère d’équité) il suffit de transférer des ressources ex-ante (locution latine
signifiant au préalable ≠ ex-post qui signifie après les faits → en économétrie, une
variable prévisionnelle est calculée ex-ante càd avant la réalisation du phénomène
modélisé + mesuré ex-post càd après la réalisation du phénomène observé dans
ces conditions) et de laisser ensuite faire le marché
M taxes et transferts forfaitaires sont souvent jugés inéquitables et débouchent sur
des oppositions parfois violentes (ex = capitation d’Ancien Régime = pôle taxe de
Margaret Thatcher)
→ dans ces conditions = ne reste aux dirigeants que les instruments non-forfaitaires dont les niveaux
dépendent des décisions de consommation ou de production des agents et qui ont alors nécessairement
des conséquences sur leurs comportements
→ l’efficacité peut ainsi exiger à renoncer à l’équité et inversement
> c’est à ce genre de préoccupations que se confrontent les théories de la fiscalité
optimale
→ si l’objectif du gouvernement est uniquement fondée sur un critère d’efficacité (càd minimiser les
distorsions)
+ dans le cas d’une fiscalité indirecte optimale 1927 = Ramsey montre qu’il faut taxer +
fortement les biens dont l’offre et la demande est la + rigide, la - élastique au prix
→ cette règle de Ramsey pose toutefois un problème d’équité car les biens dont la demande est la +
rigide sont le plus souvent des biens de première nécessité (pain, produits alimentaires de bas) tandis
que les biens dont la demande est la + élastique sont plutôt des biens de luxe (bijoux)
> or part des biens de première nécessité est + importante dans le budget des
ménages + défavorisés que la règle de Ramsey amène alors à taxer + fortement
que les ménages les + fortunés
> si on néglige ce point dans un premier temps un certain nombre d’applications
pratiques en découlent =
- la fiscalité sur les facteurs de production doit taxer les facteurs dont l’offre est
la + rigide (le travail plutôt que le capital beaucoup plus mobile)
- si on souhaite tout de même taxer le capital, il faut alors taxer les biens
capitaux immobiles des impôts fonciers plutôt que taxer le capital financier

26
> de même, il vaut mieux taxer le stock de capital plutôt que les transactions
dont le volume pourrait se réduire et empêcher une allocation optimale du
capital
> il vaut mieux taxer le capital plutôt que les revenus du capital
→ si l’objectif du gouvernement intègre également un critère d’équité = 1971 Diamond & Mirrlees
montrent que des taux de taxation + élevés devraient certes être appliqués pour les biens dont la
demande est peu élastique par rapport aux prix M qui sont également consommés en + forte
proportion par les agents les + riches
> nuancer la règle de Ramsey en taxant + fortement les biens dont l’élasticité revenu
est élevée
→ par ailleurs Atkinson & Stiglitz 1976 = montrent que l'impôt indirect est inutile si l'impôt direct est
optimal à condition que les préférences des individus entre les biens et le travail soient faiblement
séparables
> taxation directe du revenu permet d’éviter d’introduire des distorsions dans le
système de prix des biens

→ courbe de Laffer 1974 constitue une


1ère approche simple de la fiscalité
optimale en matière d’imposition directe
> “trop d’impôts tue l’impôt”
> signifie qu’il existe un taux
d’imposition optimale tel que toute
hausse du taux d’imposition au-delà de
l’optimum réduira les recette fiscales
→ baisser les impôts peut donc avoir pour
conséquence paradoxale d’augmenter les
recettes fiscales

→ l’augmentation des taux d’imposition


engendre 2 effets opposés =
- effet arithmétique = si les taux d’imposition baissent, les revenus de l’impôt sont
réduits dans la même proportion (l’inverse aussi valable pour une hausse des
impôts)
- effet économique = décrit les conséquences positives d’un taux d’imposition + faible
sur le travail, production et emploi => assiette fiscale par l’intermédiaire des
incitations à la croissance de l’activité
→ sur la figure présentée lorsque le taux d’imposition est nulle, les recettes fiscales le sont également
> lorsque le taux devient positif et augmente ensuite, les recettes fiscales
augmentent M à un taux décroissant
➡ l’effet arithmétique > à l’effet économique M celui-ci tend à augmenter de + en + jusqu’à un point
où les 2 effets se compensent exactement → on atteint alors le point correspondant au taux optimal T*
> au-delà de ce point = effet économique l’emporte jusqu’à rendre l'effort productif
absolument inintéressant et annuler les recettes fiscales faute de revenus à taxer
lorsque le taux atteint 100%

27
→ même montant de recettes fiscales R1 peut être obtenu avec taux d’intérêts différents T2 > T1
> il est donc rationnel de réduire le poid de la fiscalité si le taux d’imposition est
supérieur au taux optimal
→ Laffer illustre sa thèse par les 3 grandes phases de réduction d’impôt qu’ont connu les USA au
XXème siècle
- 1925 = celle de Coolidge
- 1964 = Kennedy
- 1981 et 1986 = Reagan
cependant et du moins durant ce dernier cas, baisses d'impôts ont certes augmenté les
recettes fiscales, M elle s’accompagne également d’un fort accroissement du déficit
budgétaire ce qui laisse penser que la croissance US de la période était surtout dues à
l’effet positif du déficit sur la demande globale et pas nécessairement à un effet sur l’offre
→ 1999 = Piketty a tenté de répondre à “le sommet de la courbe de Laffer a-t-il déjà été dépassé en
france et faut-il abaisser les taux marginaux supérieurs pour stimuler l’activité économique et
permettre une progression des recettes fiscales ?”
> en a conclu que l’économie française se trouvait à cette époque dans la section
croissante de la courbe de Laffer
M récente hausse d’impôts et ras-le-bol fiscal qui en résulte peuvent laisser penser
que situation a pu changer depuis
→ 2012 = Bénassy-Quéré et al. rappellent que la courbe de Laffer n’est pas une théorie au sens où
elle n’est que la généralisation à un niveau agrégé sans réelle justification de comportements et
d’effets microéconomiques (de substitution, de revenu) et que sa + grande faiblesse est
qu’elle est incapable d’indiquer quel est le taux optimal
→ théorie de la fiscalité optimale

III. Évolutions et explications des inégalités


IV. Les inégalités sont-elles efficaces ?
V. La redistribution

28

Vous aimerez peut-être aussi