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LA THÉORIE DU CAPITAL HUMAIN


(TCH)

Le rôle déterminant de l’Education


dans le développement économique
et social
L’investissement dans l’éducation et les dotations en
ressources humaines semblent expliquer des
différences importantes, entre pays, sur le plan de
leurs performances économiques et sociales.

La contribution du facteur éducatif au


développement économique et social a été formalisé
par la théorie du capital humain. Celle-ci a été mise
au point et formalisée, au milieu des années 50 et au
début des années 60.

Cette théorie constitue une élaboration avancée du


lien entre l’éducation et le développement
économique.
Présentation
Les qualités et aptitudes d'une personne sont à l'origine de
sa plus ou moins grande productivité.
• L’Education formelle (initiale et continue)
• + la formation sur le tas et + l'expérience professionnelle,
• + les dépenses de santé des individus (le maintien de l’Etat
de santé), etc.
• contribuent au développement des aptitudes et à
l’amélioration des capacités de production des individus ;
ils des effets positifs et se traduisent par un accroissement
de la productivité des travailleurs.
• Avec la TCH la dépense éducative change de statut :
de « dépense de consommation » pour devenir une
dépense d’investissement (sous certaines conditions).
• La théorie du capital humain s'est construite par analogie à la
théorie du capital physique (G. Becker, 1994). L'éducation et la
formation sont considérées comme un investissement que
l'individu doit effectuer d'une façon rationnelle afin de se
construire un capital productif inséparable de sa personne.

• “To most of you, capital means a bank account, one hundred shares
of IBM… These are ail forms of capital (. ..). But I am going to talk
about a different kind of capital. Schooling, a computer training
course, expenditures on medical care, and lectures on the virtues of
punctuality and honesty are capital too in the sense that they
improve health, raise earnings, or add to a person's appreciation of
literature over much of his or her lifetime” G. Becker, (1994), Human
Capital: A theoretical and Empirical Analysis with Special Reference to Education,
University of Chicago Press, 3e Édition, p. 15.

• Véronique Simonnet, (2003), « Le capital humain », Chap. dans Encyclopédie des Ressources Humaines, ouvrage
coordonné par José Allouche, Vuibert, p. 135
• Université du QUÉBEC - MONTRÉAL : Éducation , Croissance Économique et Développement Humain : Le
Cas du Maroc. Mémoire présenté de la Maîtrise en Sciences politiques. PAR RABII HAl
La théorie du « capital humain » s’est développée grâce aux
travaux de T. W. Schultz et G. Becker.

• Ces auteurs affirment que c'est la qualité du facteur travail


qui représente un élément fondamental pour la
compréhension de la dynamique de la croissance.

• Le capital humain se présente comme un facteur endogène


résultant de choix rationnels d'investissement de la part des
individus, des travailleurs et des entreprises.

Deux sortes de coûts sont associés à l’acquisition du capital


humain :

1. Un coût d'opportunité, un revenu auquel l'individu pourrait


prétendre s'il travaillait à temps plein (auquel il renonce)

2. Les frais et dépenses exigés pour sa formation.


Définition de la notion de capital humain :

« l'ensemble des capacités productives d'un


individu provenant de l'acquisition préalable
de connaissance générales ou spécifiques ou
de l'expérience passée notamment sur des
systèmes de production ».

Avec cette définition le capital ne se limite plus aux


investissements physique mais concerne aussi les
dépenses qui développent :
le savoir,
le savoir-faire,
la connaissance,
le potentiel de recherche, etc.
• G. Becker (1994), affirme que c'est l'anticipation
des gains futurs que peut gagner l'individu en
termes de revenus, qui détermine son choix et
son niveau d'investissement éducatif.

• Le rendement marginal de l'investissement est


censé décroître au fur et à mesure que l'effort
individuel augmente.

• L'opacité du capital humain signifie que les


compétences, connaissances et aptitudes du
travailleur ne sont pas complètement visibles
pour l'employeur dès le début de l'opération de
recrutement.
• L’intérêt porté au « capital » humain est triple :

• Au niveau macro-économique, les investissements dans


l’éducation et la recherche sont cités en tête des facteurs
explicatifs de la croissance et du développement.

• Au niveau micro-économique, les entreprises ont intérêt à


attirer les travailleurs qui ont les caractéristiques les plus
favorables a l'accroissement de la productivité (et à les
rémunérer en conséquence : recette marginale > coût
marginal).

• Dans le cadre de la préparation à la vie active, les


étudiants (et les parents) ont intérêt à investir dans
l’éducation pour développer leur CH qui leur permettra
d’améliorer leurs revenus futurs.
Notion de croissance endogène
• La théorie du CH est associée à la théorie de la croissance
endogène : plusieurs facteurs peuvent faire apparaître des
externalités positives et par conséquent être source de croissance
pour la collectivité : investissement en capital humain,
apprentissage par la pratique, recherche et innovations
technologiques…

• La théorie du capital humain défend la thèse selon laquelle investir


en éducation est une des pré-conditions à une croissance
économique soutenue et durable.

• Le taux de croissance d'une économie est essentiellement affecté


par le taux de croissance de l'éducation et du niveau scolaire de la
population active.

• Cette théorie a donné lieu à une sorte de consensus en faveur


d'une expansion massive
Les économistes néoclassiques supposent
que les décisions des agents économiques
La théorie néo-libérale
sont établies sans d’autres interférences que de l'économie de
celles du marché. l'éducation

Affirme que l'éducation


Trois affirmation sont soulignées : est un bien privé et doit
être prise en charge par
les individus.
Les agents économiques sont rationnels. Ils cherchent à
optimiser leurs revenus futurs, en tenant compte des Elle défend et légitime le
coûts associés à l’acquisition du capital humain retrait de l'État et de la
réduction des dépenses
publiques d'éducation,
L’investissement en CH est supposé accroître les en faveur d'un rôle de
capacités productives de la personne qui l'effectue. plus en plus important
pour le marché.

L’investissement ne sera effectué que si son coût est


compensé par un gain net.
Indications sur les revenus et le niveau
d’éducation au Maroc
« En 2013, la rémunération moyenne d’un
salarié ayant juste le niveau scolaire du
primaire est la moitié de celle d’un salarié ayant
le niveau du lycée. Ce dernier a un salaire
supérieur de 40% à celui d’un niveau du
collège. Enfin, disposer d’un niveau d’études
supérieures permet d’avoir, en moyenne, un
salaire presque deux fois (1,8 fois) celui d’un
salarié ayant le niveau du lycée. »
Synthèse CH -HCP
Etapes de l’évolution de la dépense éducative en productivité

Dépense éducative (1)

Effets
externes (9)
Consommation (2)
Oui - mais
Type et nature de (3)
l’éducation / formation
Contexte Marché du travail Investissement (10)
socio Offre et demande (4)
économique
(8) Chômage (5) Recrutement
(6)
Contexte et conditions
de travail (7)

Productivité (11)
Indications sur la situation au Maroc

• La hausse du nombre d’années de scolarité Taux de chômage,


a tendance à s’accompagner d’une hausse 2013
20
du sous emploi et du chômage (jusqu’ à 12 18,2
années). 18
16,9
16
• A partir de 13 années de scolarité, les
14
chances d’emploi s’améliorent (Enquête
12
CH, HCP).
10
• En 2013, le taux de chômage varie de 2,3% 8
pour ceux n’ayant jamais été scolarisés à 6
18,2% pour ceux ayant une durée de 4
scolarité de 10 à 12 ans. Il tend par la suite 2,3
2
à diminuer pour s’établir à 16,9% pour une
0
durée de scolarité de 17 à 19 ans. Sans 10 à 12 16-19
scolarité années de années de
• La même tendance est enregistrée par le scolarité scolarité
taux de sous emploi.
Appréciation critique de la TCH

1. Les niveaux éducatifs n’expliquent pas toujours de manière


convaincante les différences de salaires : de nombreux facteurs
comme la taille, le secteur d’activité des entreprises, le sexe,
etc. interviennent dans la fixation et l’évolution des salaires.

2. Difficultés d'isoler l'impact de l’éducation sur la productivité du


reste des facteurs : type d’organisation, équipements, effets
sociaux externes; la productivité le résultat d’un travail collectif.

3. La mise en œuvre du potentiel productif est lié à l’emploi. Un


niveau important du chômage est une remise en cause de
l’impact productif du capital humain.
4. La mesure de la productivité et du rendement de
l’éducation est problématique car elle dépend du
niveau des salaire qui est influencé par la situation
du secteur, le type de gestion du personnel, les
organisations et réactions syndicales etc.

Il n’est pas toujours possible de séparer


l’accroissement de la productivité lié à l’expérience
de celui qui est le résultat de la formation initiale.

5. La décision d’entreprendre des études et le choix des


filières et des options n’obéit pas toujours à des
motivations monétaires.

Le choix d’une filière moins rentable peut-être fait,


en fait, par manque de choix ou parce que les
chances de succès sont plus grandes, ou parce qu’il
constitue une valeur d'option pour le futur.
Inégalités et justifications de l’enseignement privé !

• M. Friedman (1995) : l’Etat et le public n’est pas performant dans le


domaine éducatif

• Le secteur privé offre une éducation de qualité – ce qui n’est pas le


cas du public : perte sur le plan éducatif et scientifique, mais
également ceci représente une menace pour la paix et la cohésion
sociales.

La solution selon Friedman !


• Retrait de l'État à travers la généralisation de l'enseignement privé
moyennant la privatisation de l'offre éducative,
• Pour que l'ensemble de la population étudiante puisse bénéficier
d'une éducation privée et de qualité.

L’auteur suggère l’utilisation des "vouchers" (chèques-formation),


pour la réussite de la transition d'un « système d'éducation publique
régi et géré par l'État à celui privé ».
Maroc : l’investissement dans le capital humain améliore
significativement la mobilité scolaire intergénérationnelle

• En 2011, la chance Chances d'atteindre le secondaire


ou le supérieur en 2011
d’atteindre un niveau de 100,00%

90,00%
89,60%

l’enseignement 80,00%

secondaire ou supérieur 70,00%

60,00%

passe de 11,7% pour 50,00%

ceux dont le père n’a 40,00%

30,00%
jamais été à l’école à 20,00%
11,70%
89,6% pour ceux dont le 10,00%

père détient un niveau 0,00%


Père jamais à l'école Père avec études
périeures
d’études supérieures.
Chances de promotion sociale au Maroc
Chance d'occuper un poste social
supérieur à celui du père (nombre de
fois)
18

Un actif de niveau d’étude 16


16,2

fondamental a 1,6 fois de


14
chances de plus que son
homologue ‘sans niveau 12

d’étude’ d’occuper une position 10

sociale supérieure à celle de 8

son père. 6
4,6
4
Ce rapport de chances s’élève
1,6
à 4,6 fois pour le niveau 2
1

d’enseignement secondaire et 0
Sans études Niveau Secondaire supérieeur
à 16,2 fois pour le supérieur. fondamental

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