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Christophe DEMULE THENON

Julien DEVALLOIR

Ecole des Mines de Douai

Département Technologie des Polymères et Composites

TRE : INSTRUMENTATION

D’UN CHOC CHARPY

Promotion 2002
2
3

SOMMAIRE

SOMMAIRE .............................................................................................................................. 3

REMERCIEMENTS .................................................................................................................. 4

INTRODUCTION...................................................................................................................... 5

PARTIE 1 : ETAT DE L’ART ................................................................................................ 6


1.1 Principe et définition du choc Charpy classique ............................................................. 7
1.1.1 Résistance au choc Charpy....................................................................................... 7
1.1.2 Machine d’essai : le Mouton de Charpy................................................................... 7
1.1.3 Eprouvettes ............................................................................................................... 8
1.2 Calcul et expression des résultats.................................................................................... 9
1.3 Avantages et limites ........................................................................................................ 9

PARTIE 2 : INSTRUMENTATION DU CHOC CHARPY ................................................. 11


2.1 Description de l’ensemble du système .......................................................................... 12
2.1.1 Le marteau.............................................................................................................. 12
2.1.2 Le percuteur ............................................................................................................ 14
2.1.3 Le capteur piézoélectrique ..................................................................................... 14
2.1.4 La partie électronique ............................................................................................. 16
2.1.5 L’interface d’utilisation.......................................................................................... 17
2.2 Présentation des différents calculs ................................................................................ 18

PARTIE 3 : MODE OPERATOIRE ET RESULTATS ......................................................... 21


3.1 Mode opératoire ............................................................................................................ 22
3.2 Essais réalisés ................................................................................................................ 23
3.3 Détermination des paramètres pertinents en mécanique de la rupture .......................... 24
3.3.1 Théorie ................................................................................................................... 24
3.3.2 Application............................................................................................................. 26

CONCLUSION ET PERSPECTIVES ..................................................................................... 27

BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................... 28
4

REMERCIEMENTS

Nous tenons à remercier Mr Eric LAFRANCHE, tuteur de ce TRE, pour son aide ainsi que
pour ses précieux renseignements.

Nous tenons également à remercier Mr Jean-Michel POLLET, Mr Jean-Michel COILLOT, et


Mr Laurent CHARLET pour l’aide qu’ils ont bien voulu nous apporter durant la réalisation de
ce TRE.
5

INTRODUCTION

Initialement développé pour les essais de choc sur les métaux, l’essai Charpy est
désormais très utilisé dans les laboratoires pour les caractérisations de routine des polymères
et des matériaux composites. Malgré sa simplicité, il pose de nombreux problèmes
d’interprétation et de reproductibilité. L’instrumentation de cet essai par un capteur de force
permet d’obtenir des informations supplémentaires, et peut palier certains des inconvénients
du choc Charpy "traditionnel".

L’objectif de ce TRE est, en plus de l’instrumentation d’un percuteur, la mise au point


d’un système facilitant le lancement et le traitement des essais.

Dans une première partie, nous présenterons le choc Charpy "classique" pour conclure
sur ses limites et sur l’intérêt du choc instrumenté. Ensuite, dans une deuxième partie, nous
traiterons des travaux réalisés (hardware et software). Finalement, nous nous intéresserons
dans une troisième partie au mode opératoire.
6

PARTIE 1 :

ETAT DE L’ART
7

1.1 Principe et définition du choc Charpy classique [1], [2], [3], [4], [5]

1.1.1 Résistance au choc Charpy

La résilience caractérise la capacité d’un matériau à absorber les chocs sans se rompre.
Elle est mesurée sur des machines du type Charpy (éprouvette sur deux appuis, voir figure 1)
ou Izod (éprouvette encastrée).

percuteur
appuis

éprouvette

Fig. 1 : principe du choc Charpy

La résistance au choc Charpy d’une éprouvette, souvent notée acU dans les cas
d’éprouvettes non-entaillées et acN dans le cas d’éprouvettes entaillées, représente l’énergie de
choc absorbée par la rupture de l’éprouvette, rapportée à la section droite initiale de
l’éprouvette, et s’exprime en kJ.m-2 .

1.1.2 Machine d’essai : le Mouton de Charpy

L’essai mesure l’énergie qu’il faut fournir à un pendule pesant (cf. figure 2) pour
briser une éprouvette entaillée ou non du matériau à tester. Le calcul de cette énergie est
expliqué dans le chapitre Calcul et expression des résultats (page 17).

pendule de poids P

h0

éprouvette
h1

Fig. 2 : Mouton de Charpy


8

1.1.3 Eprouvettes

Selon le type d’essai réalisé, les éprouvettes peuvent être disposées de différentes
façons sur le bâti et posséder ou non une entaille. Il existe plusieurs types d’éprouvettes selon
le type de matériau testé.

Dans le cas d’essais sur des thermoplastiques, les dimensions sont les suivantes :

Longueur Largeur Epaisseur Distance entre appuis


l b h L
80 ± 2 mm 10,0 ± 0,2 mm 4,0 ± 0,2 mm + 0,5
62 0 mm

Les schémas suivants (fig. 3, fig. 4 et fig. 5) présentent les deux principaux types de chocs sur
éprouvettes thermoplastiques, ainsi que les types d’entailles.

Direction de
percussion

Fig. 3 : Choc Charpy en position debout


avec éprouvette à simple entaille

Direction de
percussion

Fig. 4 : Choc Charpy à plat


9

Type A Type B Type C


rayon de fond d’entaille rayon de fond d’entaille rayon de fond d’entaille
rn = 0,25 mm ± 0,05 mm rn = 1 mm ± 0,05 mm rn = 0,1 mm ± 0,02 mm
Fig. 5 : Types d’entailles

1.2 Calcul et expression des résultats

L’énergie absorbée par l’éprouvette (W) est égale à la différence des énergies potentielles du
pendule entre le départ (W0 ) et l’arrivée (W1 ).

On a donc : W0 = P.h0
W1 = P.h1

W = P.(h0 - h1 )

Pour connaître la résistance au choc Charpy (ou résilience), dans le cas d’une éprouvette non
entaillée, on utilise l’équation :

a cU = W
h. b U
avec W l’énergie absorbée par l’éprouvette en Joules
h l’épaisseur de l’éprouvette en Millimètres
bU la largeur de l’éprouvette en Millimètres

Pour une éprouvette entaillée, le terme bU est remplacé par bN qui représente la largeur
restante, en millimètres, à la base de l’entaille de l’éprouvette.

1.3 Avantages et limites

Un essai de choc Charpy traditionnel est rapide et simple à mettre en œuvre, et il peut être
réalisé par du personnel non qualifié. De plus, la comparaison avec d’autres résultats est aisée
étant donné que cet essai est très répandu, et qu’il existe de nombreuses bases de données
matériaux incluant cet essai.
10

Un tel essai de résilience possède tout de même de nombreux inconvénients. En premier


lieu, les résultats dépendent de la géométrie de l’entaille. Si les géométries et les tolérances
dimensionnelles des entailles sont définies dans la norme, il n’en est pas de même pour la
procédure de réalisation des entailles. La reproductibilité des essais n’est donc pas toujours
facile à obtenir.

De plus W, l’énergie nécessaire à la rupture de l’éprouvette, doit être corrigée pour tenir
compte des pertes dues aux frottements et à la résistance de l’air. Sur un pendule de 4 J, la
perte de frottement maximale admissible sans éprouvette est de 0,02 J. Il est donc nécessaire
de contrôler périodiquement les pertes par frottement de la machine.

Un choc Charpy instrumenté nous donne l’évolution de la force appliquée sur


l’éprouvette en fonction du déplacement du marteau, ce qui permet de caractériser le type de
rupture, ainsi que les différents phénomènes qui interviennent pendant cette rupture
(initiation, propagation de la fissure, pics d’inertie …) Cela permet d’accéder aux propriétés
intrinsèques du matériau (voir figure 6).

Force en N Force en N

Tenace Fragile

Flèche Flèche
en mm en mm

Fig. 6 : exemples de courbes caractéristiques force-flèche avec


différents types de défaillances
11

PARTIE 2 :

INSTRUMENTATION DU
CHOC CHARPY
12

2.1 Description de l’ensemble du système

2.1.1 Le marteau

La première étape de l’instrumentation du Choc Charpy fut de dessiner puis de réaliser


le marteau et le percuteur afin qu’ils répondent au cahier des charges. Pour cela, nous avons
procédé de la manière suivante :

Ø dessin et réalisation du marteau pour approcher le plus possible la masse


nécessaire

Ø ajout de masses additionnelles pour obtenir l’énergie désirée, c’est à dire 4


Joules, correspondant à une masse totale de 1.359 kg.

percuteur masses
additionnelles
marteau

Fig. 7 : marteau et percuteur

Les plans du marteau, ont été fortement inspiré des plans fournis dans le rapport du
Projet de Fin d’Etudes de Madaline Alexiandu (promotion 2000) pour la géométrie des pièces
(cf. fig. 8 page 13). Ils ont été adaptés au cas présent en modifiant certaines côtes tout en
respectant naturellement l’équilibre de l’objet. Le marteau, du fait de sa masse relativement
faible, n’a pas été réalisé en acier, mais en titane. De plus, le titane est un matériau qui
absorbe peu les vibrations ; il convient donc bien à ce type d’application puisqu’il transmet au
capteur la presque totalité des efforts qu’il subit.
13

Fig. 7 : vue de profil du marteau

Le calcul du poids des masses additionnelles a été effectué à partir de la formule :


J = m.g.h
avec m : masse de l’ensemble marteau - tige
g = 9,81 m.s-2
h : distance entre le barycentre de l’ensemble marteau-tige et le point de fixation de cet
ensemble sur le bâti
J : énergie du marteau

La détermination du barycentre a été réalisée sur le marteau sans les masselottes. Connaissant
la valeur de h, on en déduit la masse que devrait avoir l’ensemble marteau-tige :

4 = m . 9,81 . 0,3

d’où : m = 1,359 kg

de cette valeur, on soustrait le poids actuel du marteau, 1,0243 kg, ce qui permet de connaître
la masse des 4 masselottes à rajouter, à savoir :

1,3590 - 1,0243
m masselotte = = 0,0837 kg
4
14

2.1.2 Le percuteur

Le percuteur, fabriqué également en titane, n’a pas été réalisé avec le marteau mais
constitue une pièce à part entière, étant donné qu’il est nécessaire de le démonter pour insérer
le capteur à l’intérieur. Un système de vis visible sur la figure 9, dont le poids est pris en
compte pour calculer l’énergie, est utilisé pour le monter sur le marteau.

Fig. 9 : plan du percuteur

Une fois monté avec le capteur, nous avons pesé notre ensemble puis dessiné les masses
additionnelles nécessaires à l’obtention d’un poids correspondant à l’énergie désirée

2.1.3 Le capteur piézoélectrique

Ø Description du capteur piézoélectrique

Lorsque l’on applique des efforts sur les faces du cristal dans la direction des axes
électriques ou neutres, on fait apparaître sur les faces électriques des charges électriques
proportionnelles aux efforts appliqués. Cette propriété permet de relier directement
l’application d’un effort à le génération de charges électriques.

Les charges électriques produites sont collectées sur des armatures métalliques
déposées sur les faces actives du quartz. L’ensemble étant parfaitement isolé, il constitue un
condensateur. Les charges sont converties en tension sur les armatures, tension qui doit
ensuite être amplifiée avant d’être mesurée.

Ce capteur permet entre autres de mesurer des forces à l’intérieur d’un élément de
machine ou d’un outil avec une fréquence d’acquisition élevée (plusieurs dizaines de kHz). Le
montage se fait à l’aide d’un écrou. Pour une bonne utilisation, il est nécessaire de le calibrer
au moins en statique.

Ø Etalonnage du capteur

Il convient de différencier les données propres à la cellule seule et lorsque celle-ci est
intégrée à un montage. Il est alors nécessaire d’effectuer un calibrage après avoir précontraint
la cellule à l’aide d’une clé dynamométrique et d’un couple de serrage de 15 Nm,
conformément aux données de la fiche technique.
15

A l’aide d’une machine d’essais universelle, une force de compression est exercée sur
le percuteur (cf. figure 10). En relevant pour chacune de ces forces la tension délivrée par le
capteur, i : est possible de déterminer la relation entre la force en Newton exercée sur le
capteur et la tension en Volts à la sortie de ce dernier. Cette donnée nécessaire pour réaliser
les calculs présentés dans les pages suivantes.

Force appliquée

Cellule de force
de la machine
d’essai

Percuteur et
capteur Force (N)

Tension (V)
Mors

Fig. 10 : Principe de l’étalonnage du capteur

La figure 11 ci-dessous présente la courbe d’étalonnage et met en avant le caractère


proportionnel avec un coefficient de corrélation de 0.9999. On peut donc écrire la relation
suivante :

F = 225.34 x U

Avec F : force en Newton


U : tension en Volts
16

1000

900
y = 225,34x
2
800 R = 0,9999

700

600
Force en N

500

400

300

200

100

0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5
Tension (V)

Fig. 11 : calibration du capteur piézoélectrique du marteau Charpy

2.1.4 La partie électronique

Pour faire le lien entre le capteur, c’est à dire la tension qu’il délivre, et l’interface
informatique, il existe un certain nombre d’éléments électroniques tels que le conditionneur et
la mise à zéro (voir figure 12). Etant donné la nature même du capteur, il y a une dérive du
signal de sortie de ce dernier. Cette dérive, liée à la présence d’un quartz, doit être éliminée
avant chaque essai. C’est pour cette raison qu’avant de démarrer l’essai, il est nécessaire
d’initialiser la tension délivrée par le capteur à 0. Le signal délivré par le capteur est trop
faible pour être exploité par la carte d’acquisition de l’ordinateur, il est donc nécessaire de
l’amplifier, c’est le rôle confié au conditionneur.

CAPTEUR

ORDINATEUR CONDITIONNEUR

MISE A 0

Fig. 12 : schéma de câblage


17

2.1.5 L’interface d’utilisation

Afin de rendre plus aisé et plus rapide l’essai, nous avons mis au point un logiciel
(figure 13) qui reprend les grandes étapes de la procédure : l’acquisition sous LabView, le
traitement des données et la présentation des résultats. On peut ainsi éviter un nombre
important d’opérations fastidieuses pour l’utilisateur, d’où un gain de temps important.

Fig. 13 : fenêtre principale

Acquisition sous LabView dirige l’utilisateur vers l’interface d’acquisition sélectionnée


(sur la figure 14 : Choc Charpy 16000 Hz.vi)

Fig. 14 : fenêtre acquisition sous Labview

Le traitement des données brutes permet de lancer l’ensemble des calculs dans Excel,
calculs qui seront détaillés dans la partie suivante. L’utilisation du tableur permet
d’automatiser un grand nombre d’opérations qui se seraient révélées une réelle perte de temps
pour l’utilisateur.
18

Enfin, le dernier bouton permet d’afficher les résultats utiles du calcul ainsi que les
graphiques correspondant aux variations.

2.2 Présentation des différents calculs [1], [4]

Le programme est réalisé sous Microsoft Visual Basic. Il permet de simplifier et


d’accélérer la réalisation des essais. Outre la fonction Acquisition, qui permet d’exécuter
Labview, il est composé d’une fonction Traitement des données et d’une fonction Courbes et
résultats. Ces deux dernière fonctions représentent la plus grande partie du programme. Leur
réalisation est détaillée dans les paragraphes suivants.

L’acquisition sous Labview nous permet d’obtenir la courbe FV = f(t). Or,


l’interprétation des résultats nécessite d’avoir la loi de comportement du materiau, c’est à dire
FN = f(d). De plus, sur les quelques dizaines de milliers de points mesurés, seulement une
partie d’entre eux est intéressante.

Nous verrons par la suite, que de par sa conception, le principe de sélection de la plage de
mesure peut donner un résultat qui n’est pas satisfaisant. En cas d’échec il faut donc pouvoir
effectuer cette opération manuellement, il est donc nécessaire d’avoir avoir accès aux
déplacements et à la force exprimée en Newton pour l’ensemble des points. La première étape
est donc de transformer les mesures de sorte à pouvoir tracer FN = f(d).

Ø Première étape : obtention de FN = f(d)

On sait que :FN( t ) = m .a (t )


D’où : v i − v i + 1 = ∫ F N dt
0
m

La calibration du capteur nous permet d’exprimer FN en fonction de FV :

FN = C . FV
F + F V i+ 1
Donc : v i − v i + 1 = 1 . C .( t i + 1 − t i ). V i
m 2
Comme la masse, et la vitesse initiale du marteau (au moment ou il entre en contact avec
l’éprouvette) nous sont connues, à l’aide de la formule suivante, il est aisé de calculer le
déplacement de l’échantillon :

v0= 2 .g . h 0

d i +1− d i = vi .( t i +1− t i )
A chaque point M de coordonnées (FV , t), qui nous est donné suite à l’acquisition, nous
pouvons désormais faire correspondre un point M’ (FN , d) associé.
19

Ø Deuxième étape : sélection des données « intéressantes »

L’algorithme de sélection de la plage de données est synthétisé sur la figure 15.

1/ Détection
du pic de force Fmax
Force en N

3/ détecter le point a
et corriger l’erreur en
rehaussant la courbe

Déplacement
en mm
a
2/ Intervalle utilisée pour redresser la courbe

Fig. 15 : opérations à effectuer sur les mesures

La première étape est la détection du pic de force. Cela permet de détecter un point
situé approximativement au centre de la zone "intéressante".

L’étape suivante est donc la sélection d’un intervalle. Ce sont uniquement les points
de cet intervalle qui seront représentés sur le graphique. En théorie, cela permet entre autre
d’obtenir directement une représentation graphique centrée et à la bonne échelle, opération
qui, lorsqu’elle est faite manuellement, nécessite plusieurs minutes étant donné le nombre de
points relevés. Le choix de la valeur de l’intervalle se fait sur le temps nécessaire à la rupture
de l’éprouvette. Une valeur est conseillée par défaut, mais il est possible de la changer au
moment de lancer la fonction Traitement des données.

La troisième étape est la détection du point a. C’est le dernier point dont l’ordonnée
est négative, avant le pic de force (figure 15). Une fois que ce point est connu, il est possible
de faire une moyenne sur tous les points situés avant celui-ci, et de rehausser la courbe
FN=f(d) afin d’annuler la force résiduelle négative que l’on remarque avant que le percuteur
n’entre en contact avec l’éprouvette (figure 16).

Une fois que la force résiduelle a été compensée, il est possible de calculer l’énergie
totale (Et ), comme étant l’air totale sous la courbe FN=f(d). Pour cela, la première étape est de
détecter le premier point ayant une ordonnée négative après Fmax, que l’on peut appeler ß, et
calculer l’aire sous la courbe entre a et le point situé juste avant ß (cf. figure 16)
20

Force en N

Fmax

Et

a Déplacement
en mm
ß

Fig. 16 : suite des opérations à effectuer sur les mesures

Comme cet algorithme peut échouer dans la détection du pic de force, par exemple
lorsque les pics parasites que nous avons fréquemment observés ont une amplitude supérieure
à la force maximale observée lors de la rupture ; il est nécessaire de pouvoir tracer FN=f(d)
pour l’ensemble des points de l’essai, et cadrer la représentation graphique manuellement.

Lorsque l’on exécute la fonction Courbes et résultats, le programme crée dans Excel
une feuille contenant la courbe caractéristique force-déplacement, ainsi que les valeurs des
principales caractéristiques de l’éprouvette, à savoir :

- L’énergie totale en Joules


- L’énergie élastique, qui est l’aire sous la courbe F=f(d) jusqu'à la force maximale
- La résistance au choc Charpy en J.m-2
- La force maximale en Newtons
21

PARTIE 3 :

MODE OPERATOIRE
ET RESULTATS
22

3.1 Mode opératoire

Afin d’utiliser au mieux cet essai, il est conseillé d’utiliser le mode opératoire suivant.

• Lancer le programme intitulé : Choc Charpy instrumenté

L’interface suivante apparaît (fig. 17) :

Fig. 17 : fenêtre principale

• Cliquer sur le bouton : Acquisition sous Labview. Il s’agit alors de choisir le fichier
correspondant au modèle désiré (sur la figure 18 : Choc Charpy.vi).

Fig. 18 : programme Labview pour l’acquisition


23

• Après avoir rempli les paramètres souhaités dans le logiciel d’acquisition, il est
nécessaire de faire la mise à zéro du capteur en appuyant sur le bouton poussoir. On
peux ensuite lancer l’acquisition.

• Lâcher le marteau afin qu’il vienne percuter l’éprouvette.

• Arrêter l’acquisition le plus rapidement possible après que le marteau ait cassé
l’éprouvette et quitter Labview.

• Cliquer sur le bouton intitulé Traitement des données brutes pour lancer les calculs
sous Excel.

• Afin d’afficher l’ensemble des résultats et les courbes, cliquer sur le troisième bouton :
Courbes et résultats

3.2 Essais réalisés

Voici deux exemples d’essais réalisés. Ils concernent des matériaux possédant des types de
rupture différents : semi-ductile pour le PS Choc (fig. 19), où l’on observe une propagation de
la fissure avant la rupture, et fragile pour le PPS (fig. 20) où la rupture est plus brutale, et sans
propagation.

Initiation Propagation
450

400

350

300

250
Force (N)

200
Rupture
150

100

50

0
-1 0 1 2 3 4 5 6 7 8
-50
Déplacement (mm)

Fig. 19 : Courbe force / déplacement pour un PS choc


24

400
Initiation

300
Rupture

200
Force (N)

100

0
-1 0 1 2 3 4 5 6 7

-100

-200
Déplacement (mm)

Fig. 20 : Courbe force/déplacement pour un PPS

3.3 Détermination des paramètres pertinents en mécanique de la rupture [4]

3.3.1 Théorie

3.3.1.1 Généralités

La mécanique de la rupture est un outil de description quantitatif des phénomènes de


rupture. Elle permet de relier la résistance à la fissuration d’un matériau aux conditions de
sollicitation d’une structure donnée. Trois paramètres définis par la mécanique de la rupture
seront utilisés :

Kc le facteur de contrainte critique


Gc le taux de restitution d’énergie élastique critique
Gprop l’énergie de propagation
25

La mécanique de la rupture s’applique aux matériaux présentant un comportement


parfaitement élastique et fragile, et selon deux approches :

Ø Une approche mécanique développé par Irwin, qui évalue l’intensité du champs de
contraintes en pointe de fissure et qui permet de calculer K.

Ø Une approche énergétique développée par Griffith, qui considère la manière selon
laquelle le matériau restitue de l’énergie au cours de sa fissuration et qui permet de
remonter à G.

La mécanique linéaire élastique de la rupture s’établit suivant trois modes élémentaires


de sollicitations :

Ø Le mode I est le mode par ouverture en tension des lèvres de la fissure (clivage).
Ø Le mode II est un glissement droit ou un cisaillement dans le plan de la fissure.
Ø Le mode III est un chargement hors plan de la structure du type déchirure.

Le mode I est le mode le plus pénalisant et également le plus utilisé.

3.3.1.2 Détermination de K1c et de G1c

Le point d’amorçage de la fissure est établi au maximum de la force de la courbe


FN = f(d). Cette valeur, ainsi que celle de l’énergie élastique, qui correspond à l’aire sous la
courbe FN = f(d) jusqu’à la force maximale, permettent de calculer les deux paramètres
d’amorçage K1c et G1c :

K1 c = f . Fmax
h. b

G 1 c = E élastique pour une rupture fragile


h .b .Φ

G 1c = E élastique pour une rupture ductile


h . (b - a)

avec a longueur de l’entaille


h épaisseur de l’éprouvette
b largeur de l’éprouvette
f facteur d’étalonnage lié à la géométrie
F facteur d’étalonnage de l’énergie dispersée
26

3.3.1.3 Relation entre K1c et G1c

K 1c = E G 1c
1- x2

avec x = ? en déformation plane (structures épaisses)


x = 0 en contrainte plane (structures minces)
E : module d’Young
? : coefficient de Poisson

3.3.2 Application

Grâce à des essais de choc Charpy instrumentés sur des éprouvettes entaillées, il est
possible de connaître les paramètres de la mécanique de la rupture cités précédemment via la
connaissance de la force d’amorçage de la fissure, et de l’énergie élastique. En effet, f et F,
les deux facteurs d’étalonnage, peuvent être calculés à partir de la géométrie de l’éprouvette
entaillée :

(
 b b
) b
()
f =  1 , 99 − ( a ).( 1 − a .( 2 , 15 − 3 , 93 . a + 2 , 7 . a
b
2
.
3 .L . a
b b
 2 .( 1 + 2 . a ).( 1 − a ) 3 / 2
b b

Φ = a + 1 . 2 .l . a
2 b 18 π b b

avec a longueur de l’entaille


h épaisseur de l’éprouvette
b largeur de l’éprouvette
l longueur de l’éprouvette
L distance entre appuis
27

CONCLUSION ET PERSPECTIVES

Suite à ce Travail de Recherche Elève, l’appareil de Choc Charpy instrumenté est


opérationnel et donne des résultats satisfaisants .La mise en place de cet essai nous a ouvert
des perspectives d’amélioration, principalement pour le logiciel d’acquisition sous LabView.
En effet, de meilleures compétences dans la programmation sous LabView nous aurait permis
de modifier un certain nombre de points.

En premier lieu, il aurait été pratique de pouvoir utiliser des paramètres par défaut.
Actuellement, il est nécessaire, pour chaque essai, de saisir tous les paramètres d’acquisition
(fréquence…). Dans un second temps, nous nous sommes aperçus que le logiciel Excel
révélait des limites dans le traitement des données dont la limitation à 36 000 mesures.
L’ajout d’un timer maîtrisant la durée d’acquisition permettrait sûrement de contourner cette
difficulté.

Outre l’approfondissement de nos connaissances sur l’essai Choc Charpy et la


réalisation d’un projet concret, ce TRE nous a donné l’occasion d’une part de découvrir el
logiciel LabView et d’autre part d’utiliser nos compétences en Visual Basic.
28

BIBLIOGRAPHIE

[1] Projet de norme internationale ISO/DIS 179-2


1993

[2] J.P. Trotignon - Précis des matières plastiques : structures-propriétés, mise en œuvre,
normalisation - ed. Nathan, 232 pages

[3] J.L. Fanchon - Guide des sciences et technologies industrielles - Ed Nathan, 544 pages

[4] Madaline Alexiandu promotion 2000 - Rapport de projet de fin d’études : étude
expérimentale du comportement mécanique en sollicitation rapide des polymères
renforcés choc

[5] site web de l’UMIST


http://www.umist.ac.uk/

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