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DCG 10 Deuxième partie : Technique comptable approfondie - Les Actifs

Fiche 5 – Opérations de location-financement


2. Actifs (70 heures) TD 5
2.2- Immobilisations corporelles et incorporelles
Définir les immobilisations corporelles et incorporelles et appliquer les règles de leur évaluation et de leur comptabilisation.
Compétences : - Identifier et distinguer les immobilisations corporelles et incorporelles.
- Exposer et appliquer les règles d’inscription à l’actif, d’évaluation et d’enregistrement des immobilisations corporelles et
incorporelles.
- Évaluer et comptabiliser les opérations portant sur les immobilisations corporelles et incorporelles à l’entrée et postérieurement à
leur entrée.
- Analyser les conséquences d’un choix de comptabilisation, notamment sur la présentation des comptes annuels, dans une situation
donnée.
- Présenter les informations à fournir en annexe.
- Principes d’évaluation des immobilisations corporelles et incorporelles à l’entrée et postérieurement à leur entrée :
Savoirs associés - détermination de la valeur d’entrée et incorporation des frais et charges ;
- évaluation à l’inventaire (amortissement comptable, amortissement fiscal et dépréciation éventuelle) ;
- sortie des immobilisations et prise en compte des frais de cession ;
- comptabilisation des régularisations de TVA.
- Opérations de location-financement.

I. Généralités sur le crédit-bail


1) Définition
a) Définition juridique
Le crédit-bail est un contrat de location d'une durée déterminée, passé entre une entreprise
(industrielle ou commerciale), le crédit-preneur, et une banque ou un établissement spécialisé, le
crédit-bailleur, et assorti d'une promesse de vente à l'échéance du contrat. Une entreprise fournit le
bien qui est acheté par l’organisme de crédit-bail.
=> L'utilisateur n'est donc pas juridiquement propriétaire du bien mis à sa disposition pendant la
durée du contrat. Il verse des redevances périodiques.
Le contrat contient donc de la part du bailleur, une promesse unilatérale de vente dont la
réalisation reste subordonnée au paiement du prix fixé à l'avance augmenté des intérêts et des frais.
En cas de cession de biens compris dans une opération de crédit-bail, le cessionnaire est tenu des
mêmes obligations que le cédant qui reste garant de l'exécution du contrat.

b) Définition économique
D’origine anglo-saxonne, appelé " leasing", c’est un mode de financement des investissements
particulier, assimilable à un crédit.
C’est une alternative au crédit classique, ou au financement par fonds propres.
Il s'agit d'une opération financière par laquelle une entreprise (ou une banque) donne en location des
biens d'équipement, de l'outillage, une voiture automobile ou des biens immobiliers à un preneur,
une autre entreprise qui à un moment quelconque du contrat mais, le plus souvent à l'échéance, peut
décider de devenir propriétaire du ou des biens qui en ont été l'objet.
Il permet aussi de profiter du matériel plus récent donc des avancées technologiques (serveurs,
téléphonie, informatique).

2) Les traitements comptables possibles


a) Selon l’optique juridique :
CB = location + promesse de vente. L’utilisation comptable du bien se traduit dans le compte de
résultat.
=> on enregistre les redevances comme des loyers.
Les biens n’apparaissent pas au bilan du preneur mais dans celui du bailleur. Les dettes
n’apparaissent pas au passif. C’est la solution =retenue par le PCG.
Le 1er loyer majoré doit être étalé sur la durée du contrat d’où une charge constatée d’avance étalée
sur le nombre de mois du contrat.

b) Selon l’optique économique


C’est l’optique de la norme IAS 17 devenue au 01/01/2019 IFRS 16.

Fiche 5 Opérations Location Financement 1


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Il existe selon cette norme les contrats de location simple et les contrats de location financement
(donc le CB) s’ils ont pour effet de transférer au preneur la quasi-totalité des risques et avantages
inhérents à la propriété d’un actif. (Réalité économique de la transaction plutôt que la forme
juridique du contrat)
Dans une vision économique de l'entreprise (qui la méthode préférentielle en comptes consolidés,
et celle de la norme IFRS 16), on comptabilise au départ du bail un actif équivalent à un passif :
- Les biens loués en crédit-bail sont assimilés à des immobilisations ; il faudra déprécier et
amortir le bien.
- La contrepartie au bilan est une dette financière qui équivaut à la valeur actuelle des
engagements de loyers et du prix de levée de l'option d'achat dont dispose l'entreprise.

II. Pendant la période de location


On retient la méthode PCG.
1) Lors de la signature du contrat de location :
Eventuellement, versement d’un dépôt de garantie = Compte 275 au débit, trésorerie au crédit.
2) Pendant la période de location
Pour chaque versement de redevances :
(Loyers) = compte 612 Redevances de crédit bail
6122.CB mobilier
6125 CB immobilier
+ TVA (si déductible) au débit
Penser aux charges constatées d’avance pour les trimestres.
+ Information à donner en annexe :
- Valeur des biens pris en crédit bail au moment de la signature du contrat,
- Redevances versées :
o Montant des redevances payées au cours de l’exercice,
o Montant des redevances cumulées payées au cours des exercices précédents,
- Amortissements qui auraient été enregistrés si l’entreprise avait été propriétaire de ces biens. :
o Dotations de l’exercice,
o Cumul des dotations au titre des exercices précédents.
- Redevances restant à verser, on les ventile selon leur échéance :
o A un an au plus
o A +d’1 an et à – 5 ans,
o A + 5 ans.
- Prix d’achat résiduel.
 On ventile toutes ces informations selon les postes du bilan dans lesquels on aurait classé ces
immobilisations.

Fiscalement :
CB mobilier : redevances payées fiscalement déductibles. !! Véhicules de tourisme TTC
CB Immobilier :
- contrats conclus avant 1996 : redevances totalement déductibles.
- contrats conclus à partir du 01/01/1996 : on décompose les redevances en deux parties :
* part correspondant aux intérêts de la dette : déductible
Ils sont déterminés selon les règles de l’actualisation, la dette a pour point de départ le coût total de
l’ensemble immobilier pour le crédit bailleur. (Terrain+construction)
* part correspondant au prix de cession de l’ensemble immobilier au locataire
On affecte chaque dans l’ordre suivant :
- d’abord le remboursement des frais d’acquisition,
- puis le paiement de la construction,
- enfin le paiement du terrain.
!! Seule la partie de la redevance qui rémunère le prix d’acquisition du terrain n’est pas déductible.

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3) Cas des biens décomposables
Si le renouvellement des composants est contractuellement à la charge du preneur, c’est le preneur
qui comptabilise les composants qu’il achète en immobilisations, et qui les amortit sur leur durée
d’utilisation.
Ex : avions moteurs.
4) En fin de contrat
Dans tous les cas, il y a récupération du dépôt de garantie.
L’entreprise rend le bien.

III. La levée de l’option


En fin de contrat, s’il y a levée d’option d’achat on immobilise le bien :
1) Le CB mobilier
Compte 2* + TVA (si déductible) au débit
Prix d’acquisition = prix contractuel de cession.
Amortissement du bien selon durée probable d’utilisation déterminée au moment de la levée
d’option. Il suit le régime des biens d’occasion.

2) Le CB immobilier
a) Traitement comptable
Souvent, il est souscrit auprès d’un organisme spécialisé ou d’une SICOMI :
• SICOMI (Société Immobilière pour le Commerce et l'Industrie) : société spécialisée dans la
location d'immeubles non équipés à usage professionnel sous forme de crédit-bail.
Il correspond à un terrain + une construction.
Même enregistrement comptable que le CB mobilier.

b) Conséquences de la divergence comptabilité / fiscalité :


En comptabilité, on inscrit le bien pour son prix de cession, c’est le prix de la levée d’option.
En fiscalité, il faut réintégrer au résultat fiscal la différence entre la valeur résiduelle et le prix de
levée de l’option, en déduisant éventuellement la quote-part des loyers non déductibles.

Possibilité de provisionner l’impôt à supporter sur la réintégration à effectuer lors de la levée de


l’option :
Cela permet d’éviter une charge importante d’impôt en fin de contrat. On effectue ces provisions à
chaque fin d’exercice, pendant la durée du contrat de location. On étale ainsi la charge d’IS sur la
durée totale du contrat de CB immobilier.
Remarque : cette provision n’est pas déductible car elle sert à faire face à un impôt non déductible.

c) A la clôture des exercices qui suivent la levée d’option


Concernant la construction, on constate :
- un amortissement C/ : calculé sur la valeur d’origine comptable (= prix levée option)
- un amortissement dérogatoire (= fraction réintégrée des loyers, amortie sur la durée d’utilisation).
=> on peut avoir un amortissement total > valeur brute de la construction inscrite à l’actif du bilan.
!! en cas de cession du bien, il faut reprendre totalement ces amortissements dérogatoires.

IV. Les cessions de CB


1) Cession ultérieure d’un bien acquis en fin de contrat de CB
On retrouve les caractéristiques propres à toutes cessions (voir chapitres précédents).
Il faut juste penser à reprendre les éventuels amortissements dérogatoires.
Qualification de la plus value : Société IS = court terme forcément
Société BIC/IR : La plus value à court terme correspond au montant des amortissements théoriques
que l’entreprise aurait pratiqués pendant la durée de vie du contrat, + ceux qu’elle a pratiqués
depuis la levée d’option. Le reste est à long terme.

Fiche 5 Opérations Location Financement 3


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Remarque : dans le cadre d’un CB immobilier, on doit minorer le montant de la PV à court terme de
la somme réintégrée fiscalement lors de la levée d’option.

2) Cession d’un contrat de CB en cours (hors programme)


Il s’agit alors d’un transfert de propriété entre deux entreprises locataires, sans que cela concerne le
crédit bailleur.
a) Chez le cédant
Produit réalisé = prix de cession ; VO = 0
Enregistrement comptable : Date de cession
512 Banque Xxxx
7788 Produits exceptionnels divers xxxx
44571 Etat-TVA collectée xxxx
Cession d’un contrat de CB

Fiscalement = produit imposable, régime des PV de cession d’éléments d’actif immobilisé

b) Chez l’acheteur du contrat de CB


L’entreprise acquiert un contrat de CB avant que l’option soit levée.
1. Lors du rachat du contrat
 Entrée de l’immobilisation à son prix d’acquisition.
i Le CB mobilier
La valeur de l’immobilisation s’amenuise au fur et à mesure du déroulement du contrat =>
amortissement. Valeur résiduelle du bien meuble en fin de contrat souvent négligeable.
Fiscalement : la valeur d’acquisition doit être amortie sur la durée d’utilisation du bien selon le
mode linéaire.
ii Le CB immobilier
On ne peut pas amortir l’immobilisation, en effet en fin de contrat, la valeur résiduelle du bien
immeuble n’est pas négligeable (construction et surtout terrain).
Fiscalement : Divergence avec la comptabilité :
La valeur d’acquisition doit être amortie sur la durée d’utilisation du bien selon le mode linéaire. La
base amortissable est le prix payé diminué de la fraction qui correspond à la valeur du terrain.
=> en comptabilité pour respecter l’obligation fiscale de cet amortissement, on doit constater un
amortissement dérogatoire. (Voir III 2) c))

2. En fin de contrat à la levée de l’option


On détermine la valeur d’acquisition du bien :
VA = prix de l’option d’achat stipulée au contrat,
+ Valeur comptable de l’immobilisation corporelle (nette d’amortissements dans le cas du
crédit bail mobilier).
= base des amortissements comptables,
Durée = durée probable d’utilisation estimée à la levée de l’option.
Fiscalement :
Le prix de revient total du bien = prix de levée de l’option
+ valeur résiduelle fiscale de l’immobilisation corporelle.
= base de calcul des amortissements fiscaux.
=> pratiquer en comptabilité des amortissements comptables (base = valeur d’origine comptable),
=> pratiquer une reprise des amortissements dérogatoires : cette reprise est étalée sur la durée
d’amortissement déterminée pour le bien pour un montant égal à la différence entre l’amortissement
comptable et l’amortissement fiscalement déductible.

Fiche 5 Opérations Location Financement 4

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