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Les dons de

l'Esprit
Le fruit de
l'Esprit

Derek Prince

1
ISBN 978-2-911537-84-X
Originally published in English as a series of radio messages
under the title "Gifts of the Spirit" (RC007-RC008), and "Fruit
of the Spirit (RC009-RC010).
French translation published by permission of Derek Prince
Ministries International USA, P.O. Box 19501, Charlotte, North
Carolina 28219-9501, USA.
Copyright by Derek Prince. All rights reserved.
Copyright French translation February 2006 by DPM
International. All rights reserved.

Traduit par Anne Fuchs et Fabrice Marchand.

Aucun extrait de cette publication ne peut être reproduit ou


transmis sous une forme quelconque, que ce soit par des
moyens électroniques ou mécaniques, y compris la photocopie,
l'enregistrement ou tout stockage ou report de données sans la
permission écrite de l'éditeur.

Sauf autre indication, les citations bibliques de cette publication


sont tirées de la traduction Louis Segond "Nouvelle Edition".
Publié par Derek Prince Ministries France, année 2006.
Dépôt légal: 1e trimestre 2006.
Deuxième impression 3e trimestre 2009.
Troisième impression 1e trimestre 2011.

Couverture faite par Damien Baslé, www.damienbasle.com


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3
Du même auteur:
**"Ils chasseront les démons"
 Ce livre de Derek Prince de 288 pages, qu'il a écrit en 1997,
constitue un manuel solide et biblique traitant le sujet délicat
de la délivrance d'une façon modérée, réaliste et équilibrée.
**"Alors viendra la fin... "
 Derek Prince vous montrera comment aborder le sujet de la
prophétie dans la Bible. Il est très important pour les enfants
de Dieu de savoir comment les reconnaître.
**"Qui est le Saint-Esprit?"
 Une étude sur la Personne la moins comprise de la Bible: le
Saint-Esprit.
**"Le remède de Dieu contre le rejet"
 Peut-être que le rejet est-il la cause de la douleur la plus
profonde, formant l'une des blessures les plus sensibles et
vulnérables de l'homme. C'est une expérience courante de nos
jours, et de nombreuses personnes en souffrent. Dieu a-t-il
pourvu à une solution? Ce livre vous le montrera.
**"Prier pour le gouvernement"
 D'une façon claire, Derek Prince montre pourquoi il est
logique de prier "avant toutes choses" pour ceux qui sont haut
placés (1 Tim. 2:1-2). Un enseignement simple et
compréhensible, afin de savoir comment et pourquoi prier
intelligemment pour le gouvernement.
**"Les actions de grâces, la louange et l'adoration"
 Une étude profonde sur ce qu'un être humain peut connaître
de plus élevé: adorer et louer son Dieu
**"Le mariage: une alliance"
 En traitant l'une des choses pouvant être la plus profonde et la
plus précieuse de la vie, Derek Prince explique ce que le
mariage est avant tout aux yeux de Dieu: une alliance. Tout
comme la Nouvelle Alliance de Jésus était impossible sans sa
mort, de même l'alliance du mariage est impensable si les
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4
**"Votre langue a-t-elle besoin de guérison?"
 Tôt ou tard, chaque chrétien est confronté au besoin impératif
de contrôler sa langue, mais il n’y parvient pas. Derek Prince
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 Par ce livre Derek Prince donne des exemples aussi bien de
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changement du cours de l'histoire pour une nation tout
entière.
**"Dieu est un Faiseur de mariages"
 Comment se préparer au mariage? Quel est le plan de Dieu
pour le mariage? Qu'est-ce que la Bible dit sur le divorce?
Est-ce que la Bible permet de se remarier? Dans quelles
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personnelle et de plus de cinquante ans de ministère.
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Table des matières

Première partie: les dons de l'Esprit

1) Le but des dons page 7


2) La parole de sagesse page 13
3) La parole de connaissance page 19
4) Distinguer (discerner) les esprits page 25
5) Le don de foi page 31
6) Les dons de guérison page 37
7) L’accomplissement (action) des miracles page 43
8) Le don de prophétie page 49
9) Le don des langues page 55
10) L’interprétation des langues page 61

Deuxième partie: le fruit de l'Esprit

11) Comment apparaît le fruit? page 67


12) Le fruit de l’amour page 73
13) Le fruit de la joie page 79
14) Le fruit de la paix page 85
15) Le fruit de la patience page 91
16) L’amabilité page 97
17) La bonté page 103
18) La bonté page 109
19) La douceur page 115
20) La maîtrise de soi page 121

6
Première partie

LES DONS DE L’ESPRIT

Chapitre 1

Le but des dons.

Dans la première partie de ce livre, je vous parlerai d’un


sujet très intéressant et très important: "Les dons du Saint-
Esprit". Ces dons ont toujours été présents dans la Bible et ils
ont toujours été à la disposition de l'Eglise. Et pourtant pendant
une longue période, pour la plupart des chrétiens, ils ont été
méconnus et inutilisés. Par la suite, dans les dernières décennies
il y a eu une redécouverte spontanée de ces dons, ce qui a eu
pour résultat que, dans presque toute la Chrétienté aujourd'hui,
à travers toutes les diverses dénominations, nous trouvons un
nombre sans cesse croissant d'hommes et de femmes, qu'ils
soient dans le ministère ou non, dont les vies et les ministères
ont été revitalisés, renouvelés et redirigés par l'exercice de ces
dons spirituels.
Dans le premier chapitre, nous allons étudier la nature et les
buts de ces dons spirituels. Prenons 1 Corinthiens 12:7-11, où
Paul liste les dons. Il liste neuf dons spécifiques du Saint-Esprit,
en commençant au verset 7:

Or à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour


l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par
l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de
connaissance, selon le même Esprit; à un autre, de la
foi, par le même Esprit; à un autre, des dons de
guérison, par l’unique Esprit; à un autre, la capacité
7
d’opérer des miracles; à un autre, celle de parler en
prophète; à un autre, le discernement des esprits; à un
autre, diverses langues; à un autre, l’interprétation des
langues mais c’est un seul et même Esprit qui opère
toutes ces choses, distribuant à chacun en particulier
comme il le décide.

Le premier, la parole de sagesse; le deuxième, la parole de connaissance; le


troisième, la foi; le quatrième, le don de guérison; le cinquième, le don des
miracles; le sixième, la prophétie; le septième, le discernement des esprits; le
huitième, la pluralité des langues; le neuvième, l'interprétation des langues.

J'aimerai souligner quatre points importants concernant tous


ces dons. Le premier point est que ce sont des dons. Ils ne
peuvent s'acquérir ou être gagnés. Ce ne sont pas des preuves de
nos mérites. Ils sont donnés par Dieu à son entière discrétion et
ils doivent être reçus par nous comme une simple réponse de
foi. Il ne faut pas du temps pour acquérir les dons spirituels.
Deuxièmement, à la fois au début et à la fin de cette liste, Paul
utilise la phrase "à chacun". Au début il dit, "à chacun la
manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune." Et
puis à la fin il dit, "Mais c’est un seul et même Esprit qui opère
toutes ces choses, distribuant à chacun en particulier comme il
le décide." Ainsi au début et à la fin de cette liste de dons
spirituels, Paul insiste sur le fait qu'ils sont pour chacun; ils sont
rendus disponibles pour tous les croyants. Ma conviction
personnelle est que Dieu désire que tous les croyants participent
à l'exercice de ces dons. Ils ne sont pas réservés à une certaine
dénomination ou à quelques spirituels ou une minorité
privilégiée. Ils sont pour chacun.
Le troisième point est que Paul décrit ces dons par un
mot clé "manifestation". Voilà ce qui distingue cette manière
particulière où le Saint-Esprit oeuvre dans nos vies, de toutes
les autres façons dont il le fait. Le terme "manifestation"
indique quelque chose de perceptible par les sens humains. Le
Saint-Esprit lui-même, en tant que personne demeurant dans le
croyant, est invisible. Il ne peut être perçu par les sens, mais à
8
travers les dons que le Saint-Esprit manifeste lui-même à
travers un croyant dans un espace/temps donné. Comme
conséquence de ces dons, nous sommes conscients que le Saint-
Esprit est là parce que nous le percevons actuellement avec nos
sens. Donc le mot clé est ici "manifestation". Chacun de ces
dons a un impact quelque part dans un espace/temps donné que
nous pouvons percevoir par nos sens.
Le quatrième point est que les dons sont surnaturels. Ils
sont des manifestations de Dieu lui-même dans la personne du
Saint-Esprit et ils sont toujours à un niveau plus haut que les
capacités humaines ou que l'éducation pourrait nous permettre
d'atteindre par nous même.
Laissez-moi vous récapituler ces quatre points.
Premièrement ce sont des dons, ils ne peuvent être gagnés.
Deuxièmement, ils sont à la disposition de chacun.
Troisièmement, le mot clé est "manifestation". Ils produisent
des résultats qui peuvent être perçus par nos sens. Et
quatrièmement, ils sont toujours surnaturels. Ils se placent
toujours un niveau plus haut que ce nous pourrions atteindre par
nos propres capacités.
Maintenant, pour vous aider à saisir ce que sont ces dons
et dans un souci de compréhension, je diviserai les dons en trois
catégories, chacune de ces catégories ayant trois dons.
Le premier groupe sont les dons de révélation, et sous cette
appellation, nous avons la parole de sagesse, la parole de
connaissance, et le discernement des esprits.
Le second groupe sera appelé dons de puissance. Sous cette
appellation nous avons la foi, les miracles et les guérisons.
Le troisième groupe sont les dons vocaux, dons qui opèrent
nécessairement par les organes vocaux humains. Sous cette
appellation nous avons le parler en langues, l'interprétation des
langues, et la prophétie.
Maintenant, j'aimerai vous donner les raisons pour
lesquelles ces dons nous ont été rendus disponibles par Dieu.
J'aimerai vous suggérer quatre buts qu'ils accomplissent. Le
premier est que les dons donnent la place à la souveraineté de
9
Dieu. C'est quelque chose à laquelle la Chrétienté
contemporaine ne laisse pas, en général, beaucoup de place.
Mais Dieu a le contrôle suprême de son église et Il ne veut pas
de quelque chose dans l'église qui soit purement sous la
direction humaine et ne laisse aucune place à son intervention
ou à sa puissance. Mais à travers ces dons surnaturels, Dieu
peut intervenir et manifester sa souveraineté, son contrôle
ultime et suprême sur toute l'église.
Deuxièmement, les dons, comme je les ai décrits, nous
élèvent au-dessus du domaine de nos capacités naturelles. C'est
très important. J'ai voulu une fois découvrir par moi-même
quelle place les manifestations surnaturelles ont pu jouer dans la
vie et le travail de l'église. Je suis parti du principe que le
meilleur document pour cela était le livre des Actes, qui est
actuellement le seul document scripturaire historique du
Christianisme en action. Donc j'ai lu le livre des Actes, qui a 28
chapitres, essayant de découvrir ce qui se passerait si j'enlevais
toutes les références aux manifestations surnaturelles. Savez
vous ce que j'ai découvert en finissant la lecture de ces 28
chapitres? Si j'enlevais toutes les références liées au surnaturel,
aucun de ces 28 chapitres ne pourrait rester intact. Donc, je suis
devenu intellectuellement convaincu en m'appuyant sur le
Nouveau Testament, que le Christianisme est une foi
surnaturelle. Et nous ne pouvons jamais parler du Christianisme
du Nouveau Testament qui serait vécu seulement au niveau
naturel.
La troisième raison d’être ou but des dons est qu'ils
confirment notre témoignage de Jésus-Christ. Cela est
clairement établi par Paul dans 1 Corinthiens 1:4-8, où il dit
ceci aux chrétiens de Corinthe:

Je rends toujours grâce à mon Dieu, à votre sujet, pour


la grâce de Dieu qui vous a été accordée en Jésus–
Christ; car en lui vous êtes devenus riches de tout, de
toute parole et de toute connaissance, puisque le
témoignage du Christ a été confirmé en vous. Dès lors,
10
il ne vous manque aucun don de la grâce, en attendant la
révélation de notre Seigneur Jésus–Christ. C’est lui qui
vous affermira aussi jusqu’à la fin, pour que vous soyez
sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus–Christ.

Notez que Paul remercie Dieu au sujet des chrétiens de


Corinthe: le témoignage de Christ était confirmé, renforcé ou
établi, parmi eux et cela était du au fait qu'ils ne manquaient
d'aucun don. Et il spécifie particulièrement les dons de parole
(ce que nous appelons les dons vocaux), les dons de
connaissance (ce que nous appelons les dons de révélation).
Ainsi nous voyons qu'un des objectifs majeurs de ces dons est
de confirmer ou renforcer notre témoignage de Jésus-Christ
parmi son peuple, l'Eglise.
Nous pouvons aussi remarquer que Paul dit que ces
chrétiens ne manquaient d'aucun don dans l'attente de la
révélation de notre Seigneur Jésus-Christ. Puis il continue
"C’est lui qui vous affermira aussi jusqu’à la fin". En d'autres
termes, Paul envisage clairement que l'opération de ces dons
spirituels continuera dans l'Eglise jusqu'à la fin des temps
La quatrième raison ou but de ces dons, est qu'ils permettent
à tous les croyants de contribuer au bien commun, ce qui est la
raison que Paul établit pour eux dans 1 Corinthiens 12. C'est
très significatif qu’immédiatement après avoir listé ces dons il
parle du corps et de ses membres. Car les dons spirituels est un
des premiers moyens avec lequel les membres du corps peuvent
contribuer pour le bien commun.
Dans 1 Corinthiens 14:26, Paul déclare ceci au sujet des
rassemblements de l'église:

Que faire alors, mes frères? Lorsque vous vous


réunissez, chacun ayant un cantique, un enseignement,
une révélation, une langue, une interprétation, que tout
soit constructif.

Donc vous voyez que les dons sont disponibles, les croyants
11
ne viennent pas à une réunion juste pour recevoir ou juste pour
écouter, mais ils ont à contribuer. Contribuer à l’aide des
capacités spirituelles surnaturelles qu'ils ont reçu à travers les
dons.

12
Chapitre 2

La parole de sagesse

Dans ce chapitre, nous allons travailler avec le premier des


trois dons de révélation, la parole de sagesse. Je commencerai
par lire le verset dans 1 Corinthiens 12:8, où Paul mentionne ce
don.

En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de


sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le
même Esprit.

Nous notons que la parole de sagesse et la parole de


connaissance sont très proches ici. Sagesse et connaissance sont
en effet très liées ensemble mais pourtant elles sont très
différentes. Et il est très impor0tant de voir cette différence. Je
résumerai cela dans une seule déclaration; la sagesse est
directive, la connaissance est informative. Le but de la sagesse
est de nous donner la bonne direction. Cela nous est montré par
une déclaration de Salomon dans Ecclésiaste 10:10 qui dit:

Si le fer est émoussé et qu’on n’en aiguise pas le


tranchant, on devra redoubler de vigueur; l’avantage de
la sagesse, c’est qu’elle procure le succès. " (N.d.t.: en
anglais la traduction littérale donne: "la sagesse est
profitable pour diriger".)

Voilà la clé de cette déclaration: la sagesse est "profitable


pour diriger". L'image est celle d'un homme essayant de couper
un arbre avec une hache mais cette hache n'est pas affûtée et il
ne coupe pas l'arbre au bon endroit, il dépense ainsi beaucoup
de temps et d'énergie. Mais la sagesse dit d'affûter cette hache,
la sagesse nous montre où couper l'arbre et le résultat est assuré.
13
Donc les mots clés que j'aimerais que vous reteniez ici sont "la
sagesse est profitable pour diriger."
La sagesse et la connaissance sont souvent
interdépendantes. Elles vont fréquemment ensemble. Par
exemple dans proverbes 15:2: "La langue des sages fait valoir la
connaissance..." C'est une chose que d'avoir la connaissance,
cela en est une autre de la faire valoir. Je suis sur que vous avez
déjà rencontré des personnes qui sont remplis de connaissance
mais qui ne savent pas comment l'utiliser. Parfois ils utilisent
cette connaissance pour leur propre destruction. Mais avec la
sagesse nous avons la bonne utilisation de la connaissance.
Chacun de ces dons est une parole, une petite part de la
sagesse entière de Dieu ou de la connaissance entière de Dieu.
Dieu possède toute la sagesse et toute la connaissance, mais il
ne nous charge pas de ce fardeau. Il nous attribue
surnaturellement par le Saint-Esprit une "parole de sagesse",
"une parole de connaissance", une parole particulière dont nous
avons besoin dans une situation donnée.

J'aimerai vous illustrer cela par un incident survenu dans le


livre des Actes. Dans Actes 15, il y avait un concile à Jérusalem
de tous les dirigeants de l'église pour déterminer un problème
épineux – quelles conditions devaient être exigées des Gentils
(N.d.t: Gentils: du latin gentiles signifiant païens, étrangers.
Toutes les nations qui n’étaient pas de race israélite) convertis à
la foi chrétienne. Tous les grands dirigeants étaient présents,
Paul et son groupe, Jean et son groupe, Jacques et ses partisans.
Il y avait aussi les chrétiens juifs qui étaient fermement
convaincus que les Gentils convertis devaient être circoncis et
garder les commandements de la loi de Moïse. Il y a eu de
fortes discussions et nul doute que les tempéraments des
personnes étaient mis à rude épreuve et il y avait un esprit fort.
Et puis Dieu donna à Jacques une parole de sagesse. Et il dit:
"Frères, écoutez-moi." Et il cita un passage du prophète Amos
sur la restauration du tabernacle de David et à propos des
Gentils recherchant le Seigneur, ces Gentils sur qui le nom du
14
Seigneur avait été invoqué. Et il applique ce passage d'Amos à
leur situation présente. Et voilà ce qui est dit dans le livre des
Actes 15:19-20:

C’est pourquoi, moi, je suis d’avis de ne pas créer de


difficultés aux non–Juifs qui se tournent vers Dieu, mais
de leur écrire qu’ils s’abstiennent des souillures des
idoles, de l’inconduite sexuelle, des animaux étouffés et
du sang.

C'était une définition très simple. Tout ce qui était exigé de


ces Gentils convertis était de s'abstenir de quatre choses: les
idoles, la fornication, la nourriture étouffée et la nourriture
contenant du sang. Cela eut un impact profond et vital sur
l’histoire subséquente de l'Eglise.
Je voudrais que vous remarquiez les résultats qui ont été
atteints à travers cette parole de sagesse. En premier lieu, la
pensée de Dieu fut révélée au peuple de Dieu. Ils avaient
tâtonnés; trébuchés, argumentés, discutés. Mais à travers cette
parole de sagesse, donnée à travers Jacques, ils en sont venus à
une compréhension claire de ce que Dieu désirait d'eux à ce
tournant vital de l'histoire de l'Eglise.
En deuxième lieu, la parole de sagesse avait produit une
harmonie complète entre eux. Nous pouvons lire dans les
versets suivants comment le concile fut conclu et ils utilisent la
phrase, "il parut bon" trois fois. Actes 15:22: "Alors il parut bon
aux apôtres et aux anciens, ainsi qu’à toute l’Eglise..." C'était
une décision unanime de l'église entière. Actes 15:25, ils
écrivirent une lettre aux croyants gentils et ils dirent, "… Après
nous être mis d’accord, il nous a paru bon …" Notez, la parole
de sagesse les a amenés à se mettre d'accord ensemble, d'accord
sur la pensée de Dieu. Et puis dans Actes 15:28 ils disent
encore, "… il a paru bon à l’Esprit saint et à nous–mêmes…" Ils
savaient maintenant qu'ils ne tâtonnaient plus, trébuchaient ou
argumentaient à un niveau humain, mais ils avaient reçu la
pensée de Dieu qui leur fut donnée par le Saint-Esprit, et cela
15
leur donna une direction claire et une unité complète qui était
essentielle pour la progression de l'œuvre de Dieu.
Je vous ai donné cet exemple de parole de sagesse dans ce
que j'appellerai un contexte à l'échelle large – la rencontre des
dirigeants de toute l'Eglise à Jérusalem. Mais la parole de
sagesse peut aussi opérer à un niveau plus intime et personnel
comme je l'ai appris dans ma propre expérience. Aussi j'aimerai
vous donner un exemple de la parole de sagesse donné à mon
foyer à un moment critique dans le passé lorsque nos vies
étaient en danger et que nous ne savions pas quoi faire. Le
Seigneur est venu en donnant une parole de sagesse qui nous
donna la direction.

A ce moment là, durant l'année 1948, ma première femme


Lydia et moi vivions dans la Jérusalem juive avec nos quatre
jeunes filles adoptées, deux d'entre elles étaient juives, une était
arabe et l'autre anglaise. Jérusalem était assiégée depuis un
certain temps par les armées arabes, et était sous les
bombardements, les approvisionnements en nourriture avaient
été coupés, c'était une cité entièrement assiégée. Puis les
Nations Unies imposèrent un bref cessez le feu. Et nous devions
trouver la pensée de Dieu sur ce que nous devrions faire durant
ce bref intervalle de cessez le feu. Aussi juste avant la fin de ce
cessez le feu, nous appelâmes nos quatre petites filles leur
disant, "Maintenant, nous allons prier et demander à Dieu de
nous montrer ce que nous devons faire." Nous nous sommes
donc agenouillés dans notre salle à manger et je peux encore me
rappeler toutes les vitres des fenêtres qui avaient été soufflées
par les explosions et par les fusillades. C'était vraiment une
situation sombre et désespérée. Et nous avons commencé à prier
ensemble et après avoir fini, notre petite fille arabe, que ma
femme avait appelé Kirsten, se leva et elle dit à ma femme très
simplement, juste comme si elle décrivait quelque chose qu'elle
venait de manger au souper—elle dit, "Maman, lorsqu'on priait,
j'ai vu une route qui était très étroite, et il y avait une barricade
au milieu. Mais alors que je regardais, j'ai vu un ange venir et
16
enlever la barricade et après la route était ouverte et j'ai vu bien
que c'était très étroit à première vue, que celle ci devenait de
plus en plus large." Je voudrai dire que Kirsten, bien qu'elle
n'avait que onze ans, était une petite fille très spirituelle qui
avait une relation très proche et très personnelle avec le
Seigneur.
Cette vision que le Seigneur donna à Kirsten répondait à
notre problème. A partir de ce moment là, nous savions que
c'était la volonté de Dieu pour nous de quitter Jérusalem à ce
moment là, bien qu'il n'y avait aucun moyen humain de quitter
la cité. Cette parole de sagesse nous a donné la foi et nous
commençâmes à agir avec foi sachant que Dieu nous avait
montré qu'il nous ouvrirait la route.
Maintenant, cela prendrait très, très longtemps pour moi que
de décrire tout ce qui se passa dans les 48 heures suivantes.
Frustrations, difficultés et besoins, mais pendant tout ce temps à
cause de cette parole de sagesse, je savais que Dieu allait ouvrir
la route. Et bien entendu, il le fit. Et remarquablement et
spectaculairement dans le dernier convoi qui sortait de
Jérusalem avant que les combats ne recommencent, dans le
dernier véhicule du convoi, ma femme et moi et nos quatre
filles, nous sommes sortis de Jérusalem. Le Seigneur avait fait
ce qu'il nous avait montré à travers Kirsten. Il avait enlevé la
barricade et ouvert la porte. Et très probablement cela a sauvé
nos vies. Qui sait ce que les alternatives auraient pu être. Mais
je n'ai jamais cessé de remercier Dieu lorsque je regarde en
arrière et que je vois sa fidélité et que je vois comment Il assura
notre avenir à travers cette petite fille arabe.
Depuis je remercie Dieu que cette petite fille était si proche
du Seigneur et si ouverte à l'Esprit saint que Dieu à pu nous
parler à travers elle.
C'est juste un exemple personnel de comment une parole de
sagesse fonctionna pour notre famille, résolut en fait notre
problème et sauva peut-être nos vies. Aussi pour finir ce
chapitre, j'aimerais juste vous encourager. N'imaginez pas que
ces dons de l'Esprit sont quelque chose d'irréel, de lointain ou
17
d’éloigné dans un passé distant, mais ils sont proches et ils sont
disponibles si nous ouvrons juste nos cœurs à Dieu et que nous
marchons tout prés de lui.

18
Chapitre 3

La parole de connaissance

Dans ce chapitre, nous allons examiner le deuxième don


de révélation, la parole de connaissance.
Dans le chapitre précédent, j'ai souligné la relation étroite
entre la sagesse et la connaissance bien qu’elles soient pourtant
distinctes. Nous avions défini cette différence en termes
simples: la sagesse est directive; la connaissance est
informative. La connaissance nous donne des faits; la sagesse
nous dit ce qu'il faut faire à propos des faits. Dans chaque cas
c'est une parole, une parole de sagesse ou une parole de
connaissance. Dieu possède toute la sagesse et toute la
connaissance, mais il ne nous charge pas de toute sa sagesse et
de toute sa connaissance car nous serions écrasés sous cette
tension. Mais lorsque nous sommes dans une situation ou nous
avons besoin de connaître quelque chose ou d'avoir une
direction et que cela n'est pas accessible par nos capacités
naturelles ou notre éducation ou à travers nos sens, alors Dieu
dans sa souveraineté nous donne une parole de sagesse ou une
parole de connaissance. Juste une petite part de sa sagesse
infinie et de sa connaissance infinie.
Nous allons regarder un exemple de la manière dont opère
cette parole de connaissance dans le ministère de l'apôtre Pierre
décrit dans le livre des Actes. Voyons en Actes 4:34-35 et puis
en Actes 5, la première partie du chapitre. C'est l'histoire
d'Ananias et de Saphira. J'aimerai que vous remarquiez
attentivement comment Dieu le Saint-Esprit, à travers Pierre, a
géré la situation. C'est une description de la vie dans l'église
primitive à Jérusalem. Actes 4:34-35:

Parmi eux, en effet, personne n’était dans le dénuement;


car tous ceux qui possédaient des champs ou des
19
maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu’ils
avaient vendu et le déposaient aux pieds des apôtres; et
l’on distribuait à chacun selon ses besoins.

Actes 5:1-11:

Or un nommé Ananias, avec Saphira, sa femme, vendit


aussi une propriété; avec le consentement de sa femme,
il détourna une partie du prix, puis il apporta le reste et
le déposa aux pieds des apôtres. Pierre lui dit: Ananias,
pourquoi le Satan a–t–il rempli ton cœur, que tu mentes
à l’Esprit saint en détournant une partie du prix du
champ? Lorsque celui–ci était encore à toi, ne pouvais–
tu pas le garder? Et même quand il a été vendu, son prix
ne restait–il pas sous ton autorité? Comment as–tu pu
envisager pareille action? Ce n’est pas à des humains
que tu as menti, mais à Dieu! Quand Ananias entendit
cela, il tomba et expira. Une grande crainte saisit tous
ceux qui l’apprirent. Les jeunes gens se levèrent,
l’enveloppèrent, l’emportèrent et l’ensevelirent. Environ
trois heures plus tard, sa femme entra, sans savoir ce qui
était arrivé. Pierre lui demanda: Dis–moi, est–ce bien à
tel prix que vous avez vendu le champ? Oui, répondit–
elle, c’est bien à ce prix–là. Alors Pierre lui dit:
Comment avez–vous pu vous accorder pour provoquer
l’Esprit du Seigneur? Sache–le: ceux qui ont enseveli
ton mari sont à la porte; ils t’emporteront aussi! A
l’instant même, elle tomba à ses pieds et expira. Les
jeunes gens, à leur entrée, la trouvèrent morte; ils
l’emportèrent et l’ensevelirent auprès de son mari. Une
grande crainte saisit toute l’Eglise et tous ceux qui
apprirent cela.

C'est un exemple remarquable de Dieu donnant la


connaissance à un de ses serviteurs. Ce couple, Ananias et
Saphira, essayait de mentir à Dieu. Comme Pierre leur à bien
20
signifié, ils ne mentaient pas à des hommes, ils mentaient au
Saint-Esprit. L'essence même de leur culpabilité reposait là. Ils
proclamaient donner à Dieu la totalité de la somme de la vente
de leur propriété, alors qu'ils en gardaient une partie pour eux.
Pierre leur à dit qu'ils étaient libres de garder toute la somme,
mais qu'ils n'étaient pas libres d'essayer de tromper Dieu. Pierre
leur montrait clairement que ce n'était pas avec les hommes
qu'ils traitaient mais avec Dieu. Ainsi par cette parole de
connaissance surnaturelle, il l’a démontré clairement,
premièrement à Ananias et puis à Saphira, car il savait qu'ils
mentaient, qu’ils ne disaient pas la vérité au sujet du prix.
L'impact de cette révélation de la part de l'omniscience de Dieu,
sa connaissance infinie, apporta une telle conviction aussi bien
sur Ananias que sur Saphira que ceux ci ne pouvaient plus
vivre. La vie les quitta.
Laissez-moi insister sur certains points pour illustrer
l'opération de la parole de connaissance. Premièrement Pierre a
reçu cette connaissance directement du Saint-Esprit. Il n'y avait
aucune intervention humaine. Il n'avait pas une agence de
détectives, il n'a pas procédé à des investigations, il a eu
l'information directement du Saint-Esprit.
Deuxièmement, les résultats furent dramatiques et
puissants. Il y eut deux effets principaux. Tout d'abord,
l'opération de ce don dans ce contexte préserva l'église d'être
infiltré par l'hypocrisie. Cela garda l'Eglise pure et honnête et
droite devant Dieu. Ensuite, cela apporta une formidable
conviction sur les incroyants. Cela leur montra que Dieu était
réellement au milieu de son peuple.
Dans le Cantique des cantiques 6:10, l'église est présentée
prophétiquement par ces mots: "redoutable comme des troupes
sous leurs bannières". Je pense que parfois nous oublions qu'un
aspect de l'Eglise est celle d'une armée, une armée qui va
répandre la peur et la terreur sur les ennemis de Dieu. Et une
des choses qui est effrayante et terrifiante dans cette armée, ce
sont ses bannières. Et certaines de ces bannières qui rendent
l'église si terrifiante pour les ennemis de Dieu sont ces dons
21
surnaturels du Saint-Esprit. Ce fut la parole de connaissance,
ici, à travers Pierre qui amena la crainte, pas seulement sur
l'église, mais sur toute la communauté environnante. C'est une
des fonctions des dons du Saint-Esprit que de nous rendre
capable de s'occuper efficacement des ennemis de Dieu et de
rendre l'église vraiment terrifiante comme une armée avec des
bannières.

Maintenant, je voudrais vous donner quelques exemples


venant de ma propre expérience, comment la parole de
connaissance a opéré dans ma vie. Je me rappelle qu'il y a de
nombreuses années en arrière, je fus présenté à une dame
chrétienne. Je ne savais rien d'elle. Il n'y avait rien de notable ou
de particulier dans son apparence. Mais en fait, elle avait de
profonds problèmes. Elle était diagnostiquée comme
schizophrène. Mais je ne savais rien de cela. En temps normal,
je l'aurai juste saluée, mais avant même que je réalise ce que je
disais, avant même que je dise un autre mot, sortant de mes
lèvres vinrent ces mots, "votre problème est votre mère".
Je suis pourtant une personne relativement bien éduquée et
je ne saluerai pas une étrangère avec ces mots. Par la suite, je
fus embarrassé. Je pensais, "C'est vraiment indélicat de ma part
que de faire une telle déclaration à une femme que je ne connais
même pas." Mais pourtant ce fut la clé de sa délivrance totale et
de sa guérison. Il apparut plus tard qu'elle avait une mauvaise
relation et une mauvaise attitude avec sa mère qui avait ouvert
une porte à tous ses problèmes personnels et émotionnels. Et
par l'Esprit de Dieu, sans comprendre ce que je faisais moi-
même, j'ai mis le doigt directement sur le problème. Et quand
elle a vu quelle était la nature du problème, elle était ouverte à
une relation d'aide conséquente et à la prière qui l'a amenée à
une restauration complète.
Je l'ai rencontrée un certain nombre de fois par la suite et
elle était une femme parfaitement normale. Aucune trace de
schizophrénie ne restait dans sa vie. Mais il fallut le diagnostic
du Saint-Esprit pour aller à la racine du problème.
22
Dans les évangiles, le Saint-Esprit est appelé "le doigt de Dieu"
[n.d.t.: référence à Luc 11:20: "Mais si c’est par le doigt de
Dieu que, moi, je chasse les démons, c’est donc que le règne de
Dieu est parvenu jusqu’à vous."] C'est un de ses titres, et vous
pouvez voir comment Dieu, à travers le doigt du Saint-Esprit, à
travers la parole de connaissance, a atteint et touche un domaine
de la vie ou du passé d'une personne qui est juste le point clé à
ouvrir avant qu'une aide réelle ne puisse intervenir.
Maintenant, laissez-moi vous donner un exemple de plus
tiré de ma propre expérience, comment je fus moi-même aidé à
travers une parole de connaissance. Récemment je dirigeais une
conférence à Jérusalem. J'avais conclu mon enseignement et
j'avais suggéré aux personnes de s'avancer pour la prière s’ils
avaient des besoins personnels de guérison ou autres. Alors que
nous nous tenions là attendant de voir ce que les personnes
feraient, une sœur dans le Seigneur que je connaissais et
respectais dit ceci: "Il y a un homme ici avec un problème dans
son œil droit, c'est un problème chronique et il prend des
médicaments pour ça. S'il s'approche et que l’on prie pour lui, il
sera guéri."
Bien, il y a eu une grande pause. Qui était cet homme
avec le problème dans son œil droit? Et je regardais autour de
moi me demandant qui cela pouvait bien être. Soudainement, je
pensais en moi-même, "Ca pourrait être moi. J'ai en effet une
inflammation chronique dans la cornée de mon œil droit et je
prends un traitement pour ça. Je crois vraiment que ça doit être
moi!" Alors, j'ai juste dit à la dame et aux autres conseillers
présents, "vous savez, je pense que c'est moi. J’ai un problème à
mon œil droit." Et je leur ai juste demandé de prier pour moi.
Rien de spectaculaire n'arriva, mais le jour suivant mon œil fut
complètement guéri. Ainsi vous voyez que Dieu, avec le doigt
du Saint-Esprit, à travers la parole de connaissance de cette
sœur, m'a juste montré mon problème, l'a amené à mon
attention, et m'a montré que c'était le moment pour moi d'être
guéri. Cela créa en moi la foi de recevoir la guérison que Dieu
voulait que je reçoive.
23
Dans le prochain chapitre nous parlerons du troisième
dont de révélation: le discernement des esprits.

24
Chapitre 4

Distinguer (discerner) les esprits

Nous allons maintenant parler du dernier don de


révélation, le discernement (ou la distinction) des esprits. Les
deux traductions sont utilisées – discerner ou distinguer les
esprits.
Tout d'abord, laissez moi essayer de donner une
définition de ce que signifie "distinguer" ou "discerner". Je le
comprends comme le moyen de reconnaître, d'identifier et de
distinguer entre plusieurs sortes d'esprits auxquels nous sommes
confrontés. Et dans cette connexion nous avons besoin de
garder à l'esprit que le ministère chrétien est un ministère dans
le domaine spirituel. Dans Ephésiens 6:12 Paul dit que nous ne
combattons pas des ennemis de chair et de sang ou des
personnes avec des corps, mais nous luttons contre un royaume
spirituel maléfique, contre des esprits de méchanceté. Il est
donc essentiel que nous soyons équipés pour combattre nos
ennemis spirituels.
Je dirais que le but de ce don est quadruple.
Premièrement, pour enlever le voile qui couvre le monde
spirituel invisible. Le monde dont nous devons nous occuper si
nous voulons être efficaces.
Deuxièmement, pour nous permettre de voir comme Dieu
voit, "car l'homme regarde à l'apparence extérieure, mais le
Seigneur regarde au cœur". Ce don de discernement ou de
distinction des esprits nous permet d'aller au-delà des
apparences et de voir la condition du cœur.
Le troisième but de ce don est de nous protéger de la
tromperie. Il nous est rappelé que parfois Satan vient vers le
peuple de Dieu comme un ange de lumière. Il apparaît comme
magnifique, très bon et très sage. Mais son objectif principal et
son intention est le mal et la destruction.
25
Le quatrième but de ce don est de nous permettre de
diagnostiquer les problèmes des gens et ainsi de les aider.
Le don est le discernement des esprits, pas juste le
discernement des esprits mauvais. Il y a toutes sortes d'esprits
que l'on peut rencontrer dans une marche chrétienne. Laissez-
moi en mentionner quatre: Tout d'abord, l'Esprit de Dieu, le
Saint-Esprit. Il est très important de discerner le Saint-Esprit.
Deuxièmement, il y a les anges, aussi bien les bons anges que
les mauvais anges. Troisièmement, il y a les démons et les
esprits impurs. Et quatrièmement, il y a l'esprit de l'homme,
l'esprit humain.
Maintenant, j'aimerais vous donner quelques exemples de
l'opération de ce don dans le Nouveau Testament. En premier
lieu, dans le ministère de Jésus. Dans Jean 1:47 et suivants,
vous pouvez lire comment Nathanaël vint à Jésus:

Jésus vit Nathanaël venir à lui, et il dit de lui: Voici un


véritable Israélite, en qui il n’y a pas de ruse.

Comment Jésus a-t-il pu savoir qu'il n'y avait pas de ruse en


Nathanaël? Il n'avait aucun moyen extérieur de le savoir, mais il
discerna en Nathanaël aucune ruse. Nathanaël en était stupéfait.

Nathanaël lui dit: D’où me connais–tu? Jésus lui


répondit: Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais
sous le figuier, je t’ai vu.

Peut être que Jésus prêchait debout et que Philippe se tenait


un peu plus loin sous le figuier l'écoutant, mais Jésus regarda
au-dessus des têtes de ceux qui étaient proches de Lui, Il vit son
visage et ne discerna en lui aucun esprit de ruse. Nathanaël était
stupéfait, mais Jésus lui dit, "Tu verras des choses plus grandes
encore!".

26
Et il lui dit: Amen, amen, je vous le dis, vous verrez le
ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre sur
le Fils de l’homme.

Jésus dit, en effet, non seulement nous discernerons les


esprits humains, mais nous discernerons aussi les esprits
angéliques. Et bien sur, plus tard dans le Nouveau Testament
cela se vérifia un certain nombre de fois. Par exemple dans
Actes 27 nous lisons au sujet de Paul que son bateau était
terriblement agité par la tempête. Ils n'avaient pas vu le soleil
ou la lune ou même les étoiles depuis plusieurs jours. Tout
espoir de survie était abandonné, mais un ange de Dieu vint à
Paul sur le bateau. Et après cela Paul se leva et parla aux
hommes et les encouragea et il dit ceci:

En effet, un ange du Dieu auquel j’appartiens et à qui je


rends un culte s’est présenté à moi cette nuit et m’a dit:
N’aie pas peur, Paul; il faut que tu comparaisses devant
César, et Dieu t’accorde la grâce de tous ceux qui
naviguent avec toi.

Donc nous voyons qu'un ange vint au milieu de la tempête


sur le bateau, mais le seul qui fut conscient de la présence de
l'ange fut Paul. Paul discerna ce que les autres n'avaient pu voir,
une présence angélique sur le bateau.
De même, toujours dans le ministère de Paul, j'aimerais
vous donner un exemple du discernement d'un esprit mauvais.
Cela décrit ce qui arriva lorsque Paul et Silas et leurs
compagnons étaient dans la ville de Philippes afin d'y apporter
l'évangile. Ils allaient tous les jours à un lieu de prière, mais il y
avait une esclave qui les suivait faisant des proclamations
spirituelles spectaculaires sur eux. Cela est rapporté dans Actes
16:16-18:

Comme nous allions au lieu de prière, une servante qui


avait un esprit pythique et qui, par ses divinations,
27
procurait un gain important à ses maîtres est venue au–
devant de nous.

L'esprit de divination dans le royaume de Satan est l'esprit


de bonne aventure, celui qui prédit le futur, qui vous dit si vous
allez être riche ou pauvre, qui vous allez marier entre une
blonde et une brune, si votre mère ou votre tante va mourir, et
beaucoup d'autres choses semblables. C'est cela l'esprit de
divination, la bonne aventure. Ce n'est pas de Dieu, c'est de
Satan. Les écritures continuent disant ceci:

Elle s’est mise à nous suivre, Paul et nous, en criant:


Ces gens sont des esclaves du Dieu Très–Haut, ils vous
annoncent la voie du salut!

C'est très significatif que ce qu'elle disait était absolument


vrai. C'est un exemple de Satan venant comme un ange de
lumière. Mais néanmoins, elle ne servait pas Dieu, mais Satan.
Le but de Satan était de mettre la confusion dans le peuple de
Philippes. Ils étaient habitués à la divination, ils étaient habitués
aux personnes ayant des esprits mauvais. Si Paul et ses
compagnons avaient accepté cette fille et son témoignage, le
peuple de Philippes en aurait conclu, "En fait, voilà juste un
autre exemple de ce que nous sommes habitués de voir depuis
toutes ces années." Mais Paul ne tomba pas dans ce piège. A
travers le discernement des esprits, il identifia l'esprit comme un
esprit mauvais et voilà comment il traita avec lui:

Comme elle faisait cela depuis plusieurs jours, Paul,


excédé, [Savez-vous qu'il est légitime parfois d'être
excédé? Etre excédé par le diable n'est pas un péché.] a
fini par se retourner pour dire à l’esprit [pas à la femme
mais à l'esprit]: Par le nom de Jésus–Christ, je t’enjoins
de sortir d’elle! Et il [l'esprit] est sorti à ce moment
même.

28
Ainsi l'esprit mauvais fut discerné par Paul et chassé dans le
nom de Jésus-Christ. Ce fut un moment critique. Cela mis la
cité en colère. Les buts de Satan avaient été dévoilés, il devint
excessivement fâché et un tumulte extraordinaire se fit dans la
ville. Ce fut la réponse de Satan face à la révélation de ses
manigances. Laissez-moi vous donner juste un exemple un peu
similaire de ma propre expérience. Cela arriva alors que
j'exerçais mon ministère dans une église de Chicago. A la fin du
culte, une dame vint me voir et me demanda de prier pour elle.
Elle disait avoir des problèmes personnels. Le Seigneur me
montra à travers une parole de connaissance, qu'elle avait été
médium. Je lui dis alors que je n'étais pas préparé à prier pour
elle. Aussi elle s'en alla et revint quelques semaines plus tard.
Elle disait, "J'ai arrêté de faire le médium. Je voudrais que vous
priiez pour moi." Je sentis alors que je ne pouvais refuser. Je
n'étais pas convaincu de sa sincérité, mais je commençais à
prier avec elle, et ce fut très ardu.
Après un moment, je fis une pause. Et alors que je
m'arrêtais, elle commença à me regarder intensément et il y
avait une étrange lueur dans son regard et elle dit, "Je vous vois
dans une voiture et celle ci est accidentée contre un arbre et il y
a du sang." Pendant un moment, je commençais à être
découragé, et je me suis dit: "Je vais être dans une voiture
accidentée contre un arbre." Mais soudainement je réalisais que
ce n'était pas le Saint-Esprit. C'était l'esprit de divination par
lequel elle opérait comme médium. Alors la colère de Dieu vint
sur moi et je répondis, "Toi esprit de divination, je te rejette! Je
n'accepte pas cela comme ma destinée! Je ne serais dans aucune
voiture accidentée contre un arbre! Je le refuse! Je n'accepte pas
cela de ta part!".
Je ne crois pas que cette femme fut délivrée. En tout cas pas
à ce moment là. Je ne pense pas vraiment qu'elle se soit repentie
de ses mauvaises pratiques. Mais je crois que pour moi se fut un
tournant de ma vie.
Lorsque vous allez voir une voyante, la voyante vous prédit
quelque chose de terrible sur votre vie, ce qui arrive souvent. Si
29
vous vous dites, "Oh mais c'est terrible! Cela va sûrement
m'arriver!", dans un certain sens vous êtes en train de vous
soumettre à la destinée que Satan veut pour votre vie.
Et si vous vous soumettez à cela, cela s'accomplira très
probablement. Ce que nous devons apprendre à faire est
d'identifier Satan dans ses ruses, le rejeter, se détourner de lui,
se tourner vers Dieu, les Ecritures et le Saint-Esprit, et recevoir
la destinée de Dieu pour notre vie, et croire en cela plutôt que la
destinée de Satan. De nos jours, il est très important que nous
soyons capables de discerner également quand Satan vient à
nous sous l'aspect d'un ange de lumière.

30
Chapitre 5

Le don de foi

Dans ce chapitre, nous allons traiter du premier don de


puissance, le don de foi. Dans plusieurs cas, j'ai pu voir par
l'expérience que ce don de foi est une sorte de marchepied qui
nous permet de rentrer dans l'exercice des deux autres dons de
puissance; qui sont la capacité à faire des miracles et les dons
de guérisons.
En traitant du don de foi, il est nécessaire, avant toute
chose, de mettre en avant le fait que la foi est présentée dans le
Nouveau Testament sous des formes différentes. Et nous
devons bien faire la distinction entre ces différentes formes de
foi. Je voudrais faire ressortir trois aspects différents de la foi.
Premièrement, ce que j'appelle "vivre par la foi". Paul dit, "Le
juste vivra par la foi". Cette foi est une relation continue et
personnelle d'engagement à Dieu et elle fournit les capacités, la
motivation et la direction pendant toute la vie chrétienne. C'est
le genre de foi que chaque chrétien doit avoir pour être chrétien.
Puis il y a le fruit de la foi qui est listé dans Galates 5. En
effet, le fruit est toujours un aspect du caractère. Dans la
seconde partie de ce livre, je vous parlerai plus longuement de
ce fruit de l'Esprit. Mais ce n'est pas de cet aspect là dont je
veux parler.
La troisième sorte de foi est le don de foi. C'est la foi
surnaturelle, une foi au-dessus du niveau humain, la foi même
de Dieu qui est attribuée par le Saint-Esprit en accord avec la
souveraine volonté de Dieu. Dans un certain sens le don de foi
est analogue à la parole de sagesse et la parole de connaissance.
C'est une attribution d'une toute petite partie de la foi même de
Dieu pour accomplir les desseins de Dieu dans une certaine
situation. Jésus parla à un moment de la foi comme un grain de

31
moutarde. C'est donc un grain de moutarde de la foi de Dieu qui
nous est attribué.
Je vais commencer avec un exemple tiré du ministère de
Jésus. Dans Marc 11:

Le lendemain, comme ils sortaient de Béthanie, il eut


faim. Apercevant de loin un figuier qui avait des
feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose; mais,
en y arrivant, il n’y trouva que des feuilles –– car ce
n’était pas la saison des figues. Il lui dit alors: Que plus
jamais personne ne mange un fruit de toi! Et ses
disciples l’entendirent.

Puis un peu plus tard dans le chapitre, nous pouvons voir ce


qui est arrivé au figuier lorsqu'ils repassèrent devant le jour
suivant.

Le lendemain matin, en passant par-là, ils virent le


figuier: il avait séché jusqu’aux racines. Pierre, se
souvenant de ce qui s’était passé, dit à Jésus: –– Maître!
regarde le figuier que tu as maudit: il est devenu tout
sec! Jésus répondit: Ayez foi en Dieu. Vraiment, je vous
l’assure, si quelqu’un dit à cette colline: "Soulève–toi de
là et jette–toi dans la mer", sans douter dans son cœur,
mais en croyant que ce qu’il dit va se réaliser, la chose
s’accomplira pour lui. (Version Semeur).

Je voudrai faire ressortir quelques points de cet incident.


Tout d'abord, Jésus a simplement parlé à l'arbre. Il n'a rien fait
d'autre. Mais Il parla avec foi et ce qu'il avait dit arriva. Lorsque
ses disciples le questionnèrent, il leur répondit "d'avoir foi en
Dieu". Mais là il s'agit de la traduction française, mais dans le
grec original, ce qui est dit littéralement est en fait "Ayez la foi
de Dieu". Et c'est la véritable explication. Ce don est la foi de
Dieu. C'est un petit grain de moutarde attribué à un moment
donné pour un but donné. C'est une foi surnaturelle. Ce n'est pas
32
une foi au niveau humain, c'est une foi divine impartie
surnaturellement par le Saint-Esprit. C'est un peu comme la
parole de sagesse et la parole de connaissance. C'est un petit
grain de moutarde de foi.
Puis Jésus dit "quand vous avez cette sorte de foi, vous
pouvez dire à une montagne 'soulève toi et va te jeter dans la
mer' et cela arrivera." Quoi que vous disiez avec cette sorte de
foi est aussi efficace que si Dieu lui-même l'avait prononcé, car
c'est la foi même de Dieu. Et un grain de moutarde peut bouger
une montagne. L'emphase ici n'est pas sur la quantité de foi,
mais sur la qualité. Si c'est la propre foi de Dieu cela prendra
juste un grain de moutarde pour bouger une montagne.
Je voudrais maintenant vous donner d'autres exemples de
cette sorte de foi à partir du Nouveau Testament. C'est le don
qui est normalement utilisé pour chasser les mauvais esprits.
Normalement c'est une parole prononcée dans la foi qui produit
ce résultat. Par exemple, il est dit du ministère de Jésus dans
Matthieu 8:16:

Le soir venu, on lui amena beaucoup de démoniaques. Il


chassa les esprits par sa parole et guérit tous les
malades.

Lorsqu'il fut confronté à des esprits méchants, Il leur parla


avec foi et autorité, ils devaient obéir.
Au chapitre précédent nous avons étudié le don du
discernement des esprits et je me suis référé aux incidents
survenus en Actes 16 où Paul et ses compagnons étaient suivis
par une jeune esclave qui avait un esprit de divination et nous
avons lu comment Paul parla à cet esprit. Il dit, "Je te
commande dans le nom de Jésus-Christ de sortir d'elle." L'esprit
devait lui obéir. Il parla avec la foi divine, avec une autorité
divine.
Il y a un certain nombre de cas dans le Nouveau Testament
de personnes qui furent ressuscités des morts, et qui furent
ramenées à la vie. Dans presque chaque cas, vous pourrez voir
33
que c'était le don de foi qui produisait ce résultat. Par exemple,
Jésus qui rencontrait une procession funéraire du fils de la
veuve de Naïn. Il stoppa la procession, toucha le cercueil et dit,
"Jeune homme, je te l’ordonne, réveille–toi!" Le mort s'assit et
commença à parler. La parole d'autorité et de foi ramena
l'homme à la vie.
De même, lorsque Jésus se tenait devant la tombe de Lazare
qui y reposait depuis quatre jours, Jésus cria d'une voix forte,
"Lazare, sors!" Et immédiatement le mort commença à sortir de
la tombe. Le don de foi s’exprimait dans une parole d'autorité.
De même dans Actes 9:40, Pierre est confronté à Tabitha qui gît
morte sur un lit à l'étage de la maison. Toutes les veuves
pleuraient et gémissaient. Pierre resta seul avec elle,
s'agenouilla, pria, puis se tourna vers le corps et lui dit,
"Tabitha, lève-toi." Et elle ouvrit les yeux et quand elle vit
Pierre, elle s'assit.
Ainsi, vous pouvez voir que presque dans tous les cas
d'une personne ressuscitée d'entre les morts, le don qui
produisait ce résultat, était le don de foi. Lorsque je servais le
Seigneur en Afrique il y a quelques années, ma première femme
et moi-même vîmes deux cas d'étudiants dans notre collège qui
étaient morts et furent ramenés à la vie. C'est pour ça que je sais
que cela arrive encore de nos jours.
J'aimerais prendre un autre exemple venant de mon
propre ministère du don de foi qui est un peu particulier.
J'espère que vous serez en mesure de le recevoir. J'espère que
nous resterons bons amis après que je vous ai relaté cet
incident.
Je servais dans le ministère d'une certaine église à
Chicago et juste au coin droit ou était placé l'église se trouvait
un magasin de vins et spiritueux. Ce magasin était construit mur
contre mur avec l'église. Mais non seulement il vendait de
l'alcool mais il y avait aussi de la prostitution et le trafic de
stupéfiants, c'était vraiment un très mauvais lieu et une plaie
dans le voisinage

34
Quelques temps plus tard, nous avions une réunion de
prière dans l'église et quelqu'un mentionna le problème de ce
magasin. Un peu plus tard pendant la réunion de prière et sans
préméditation, comme je priais, je prononçais ceci: "Je place la
malédiction de Dieu sur ce magasin d'alcool dans le nom du
Seigneur Jésus." Et très sincèrement, je n'y ai plus pensé par la
suite.

Environ un mois plus tard, j’étais entrain de dormir à


Park Ridge, où nous habitions à cette époque. Il était près de
deux heures du matin lorsque le téléphone sonna. Une voix très
agitée à l’autre bout du fil me sortit de mon sommeil en disant
"frère Prince, frère Prince, l’église est entrain de brûler!" Je
bondis hors du lit et m’habillai à la hâte. La nuit était glaciale.
Je pris ma voiture, rentrai dans Chicago et là, je vis le ciel
rempli de flammes et de fumée au-dessus de l’église. Mais
lorsque je m’approchais, je me rendis compte que ce n’était pas
l’église qui était en feu, mais le magasin de spiritueux. Le vent
soufflait du nord depuis le lac vers l’église et les flammes
venaient en vagues lécher le toit de l’église. Mais tout à coup, le
vent tourna à 180° et se mit à souffler les flammes loin de
l’église. Le magasin de spiritueux n’était plus qu’un tas de
décombres, alors que l’église s’en sortait totalement intacte à
part les dommages causés par la fumée qui furent facilement
éliminés.
Alors que je méditai sur ce que Dieu avait fait, je fus
rempli d’un sentiment de crainte respectueuse. Permettez-moi
de mentionner qu’après avoir inspecté les lieux et fait son
analyse de la situation, le chef de la brigade des pompiers de
Chicago dit à l’ancien de l’église dans son langage un peu
rustique "Vous devez être en bons termes avec Celui qui est là-
haut". Parce que ce changement soudain de direction du vent
avait sauvé l’église d’une destruction certaine par le feu.
Par la suite, lorsque je me remémorai ma prière faite un
mois auparavant, je me dis, "je vais devoir faire très attention à
ce que je demande dans la prière". Je ne me suis pas senti exalté
35
par ma propre importance ou ma propre puissance, j’avais
plutôt le sentiment d’une lourde responsabilité. Je réalisais dans
un certain sens que Dieu nous avait donné une sorte de pouvoir
quelque peu effrayant. Vous vous souvenez que nous avons lu
comment Jésus avait maudit le figuier et que celui-ci s’était
desséché par la racine? Jésus avait dit à ses disciples de manière
spécifique, "vous feriez ce qui a été fait au figuier, et quand
vous diriez à une montagne "ôte-toi et jette-toi dans la mer" cela
se ferait. Si vous priez avec la vraie foi, celle de Dieu, tout ce
que vous demanderez, vous l'obtiendrez".

36
Chapitre 6

Les dons de guérison

Nous continuons notre étude avec le suivant de ces dons


de puissance que nous avons abordés dans le chapitre
précédent, c’est à dire le don de guérison ou les dons de
guérisons. Dans le grec original du Nouveau Testament, les
deux sont au pluriel: dons et guérisons. Nous pouvons
comprendre cela de plusieurs façons. En un sens, cela pourrait
signifier que chaque guérison que vous recevez est un don et
qu’il y a plusieurs sortes de guérisons. Cependant je n’irai pas
plus loin dans cette pensée, je laisse simplement à votre
réflexion que le grec original se traduit par "dons de guérisons".
Quelle est la nature de la guérison dont il est parlé ici? Je
dirais qu’en essence il s’agit du pouvoir de guérison de Dieu
canalisé au travers de celui qui exerce le don envers celui dont
le corps est malade. La guérison est directement liée à la
maladie. Là où il n’y a pas de maladie il n’y a aucun besoin de
guérison. Ainsi la guérison est le pouvoir divin et surnaturel de
Dieu canalisé au travers d’un croyant humain vers le corps
d’une personne malade. Ce pouvoir vient contrer la maladie, la
traiter et la remplacer par la santé.
Nous prendrons quelques exemples tirés du ministère de
Jésus. Si nous pratiquons une étude objective de son ministère
tel que rapporté dans les évangiles, nous pouvons probablement
affirmer que Jésus a passé au moins un tiers de son ministère
public à guérir les malades et à chasser les démons. Je ne pense
pas que cela ait jamais cessé d’être la volonté de Dieu. Je crois
que c’est toujours la volonté de Dieu pour ceux qui prêchent
l’évangile aujourd’hui.
Nous voyons en Luc 4:40, la description du ministère de
Jésus:

37
Après le couché du soleil, tous ceux qui avaient des
malades atteints de diverses maladies les lui amenèrent.
Il imposa les mains à chacun d'eux, et il les guérit.

Il est très significatif que Jésus ne se soit jamais détourné


d’une personne malade qui venait vers lui pour recevoir la
guérison. Rien de tel n’est rapporté dans aucun des évangiles. Il
n’a jamais dit "ta maladie est trop grave" ou bien "ce n’est pas
la volonté de Dieu que tu sois guéri". Dans l’exemple cité plus
haut, Jésus a imposé les mains sur tous ceux qui étaient
malades. La puissance de Dieu a coulé des mains de Jésus dans
les corps de ces personnes malades, en a retiré la maladie et l’a
remplacée par la santé. Il y avait donc un pouvoir de guérison
qui émanait de la personne de Jésus.
Cela est traité de manière encore plus complète dans un
événement cité en Marc 5:24-34: la guérison de la femme qui
souffrait d’une perte de sang ou la question du sang:

Et une grande foule le suivait et le pressait. Or, il y avait


une femme atteinte d'une perte de sang depuis douze
ans. Elle avait beaucoup souffert entre les mains de
plusieurs médecins, elle avait dépensé tout ce qu'elle
possédait, et elle n'avait éprouvé aucun soulagement,
mais était allée plutôt en empirant. Ayant entendu parler
de Jésus, elle vint dans la foule par derrière, et toucha
son vêtement. Car elle disait: Si je puis seulement
toucher ses vêtements, je serai guérie. Au même instant
la perte de sang s'arrêta, et elle sentit dans son corps
qu'elle était guérie de son mal. Jésus connut aussitôt en
lui-même qu'une force était sortie de lui; et, se
retournant au milieu de la foule, il dit: Qui a touché mes
vêtements? Ses disciples lui dirent: Tu vois la foule qui
te presse, et tu dis: Qui m'a touché? Et il regardait
autour de lui, pour voir celle qui avait fait cela. La
femme, effrayée et tremblante, sachant ce qui s'était
passé en elle, vint se jeter à ses pieds, et lui dit toute la
38
vérité. Mais Jésus lui dit: Ma fille, ta foi t'a sauvée; va
en paix, et sois guérie de ton mal.

Il y a des choses à examiner ici. Tout d’abord, à certains


moments une force surnaturelle de guérison émanait du corps
de Jésus. Dans un certain sens, cette puissance était disponible
pour tout le monde et il était entouré par une foule, mais tout le
monde n’a pas reçu cette force. Une femme l’a reçue.
Pourquoi? Parce que sa foi personnelle a libéré cette force. Tous
les autres affluaient autour de Jésus, mais elle l’a touché. Sa foi
a libéré cette vertu guérissante.
Deuxièmement, il y a eu un changement manifeste dans
son propre corps. Elle a senti le changement. Elle a su que la
perte de sang avait cessé. C’est donc là un exemple de la
manière d’opérer du pouvoir de guérison de Dieu. Puis nous
voyons en Luc 5:17, il est dit:

Un jour Jésus enseignait. Des pharisiens et des docteurs


de la loi étaient là assis, venus de tous les villages de la
Galilée, de la Judée et de Jérusalem; et la puissance du
Seigneur se manifestait par des guérisons.

Nous voyons ici que la puissance surnaturelle de Dieu


peut en fait imprégner un lieu. Un lieu entier peut en être rempli
ou chargé. En conséquence, un homme paralysé a été amené en
cet endroit et a été guéri.
Je voudrai témoigner du fait que j’ai vécu des situations
lors de réunions où la puissance de Dieu imprégnait réellement
l’endroit. Quelques fois TOUTES les personnes malades de la
réunion ont été guéries.
Un autre exemple est donné en Actes 5:15-16, s’agissant
du ministère de Pierre. Il est dit:

… en sorte qu'on apportait les malades dans les rues et


qu'on les plaçait sur des lits et des couchettes, afin que,
lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrît
39
quelqu'un d'eux. La multitude accourait aussi des villes
voisines à Jérusalem, amenant des malades et des gens
tourmentés par des esprits impurs; et tous étaient guéris.

Nous voyons encore une fois la réalité de ce pouvoir de


guérison surnaturel qui vient tout d’abord au travers de Jésus et
ensuite se répand à ceux qui sont liés à lui directement et qui le
servent avec foi. Dans ce cas, en un certain sens, la puissance de
guérison de Dieu était acheminée au travers de l’ombre de
Pierre.
J’aimerais également vous donner un exemple de ce
pouvoir de guérison dans le ministère de Paul. En Actes 28:8-9,
qui raconte ce qui s’est passé après que Paul et sa troupe aient
débarqué sur l’île de Malte; nous lisons ce qui suit:

Le père de Publius était alors au lit, malade de la fièvre


et de la dysenterie; Paul, s'étant rendu vers lui, pria, lui
imposa les mains, et le guérit. Là-dessus, vinrent les
autres malades de l'île, et ils furent guéris.

Nous remarquons ici une affirmation très claire de la


Parole. Il est dit que Paul a imposé les mains sur cet homme et
l’a guéri. Paul l’a guéri. Nous savons bien entendu que la
puissance de guérison vient de Dieu. Cependant, Dieu l’a
confiée à son serviteur et il arrive un moment où nous nous
voyons dans l’obligation de guérir. Par exemple lorsque Jésus a
envoyé ses premiers disciples, il a dit "dans quelque ville que
vous alliez, guérissez les malades". Il n’a pas dit "Priez moi afin
que je guérisse les malades". Il n’a pas dit "priez Dieu". Il a dit
"Vous guérissez les malades." Je crois que ceux d’entre nous
qui sommes serviteurs du Seigneur Jésus, devons faire face à
cette obligation. Aux moments et aux endroits qu’il aura choisis
personnellement, Jésus s’attend à ce que nous pratiquions son
pouvoir de guérison afin que les malades soient guéris.
J’aimerais maintenant vous partager quelques-unes unes
de mes expériences personnelles à ce sujet. J’aimerais vous
40
raconter ce qui s’est passé en 1963 dans une ville appelée
Minneapolis. J’étais pasteur associé d’une église à cette époque.
Ma première épouse, Lydia, et moi étions entrain de prier
ensemble le matin dans notre chambre à coucher comme nous
le faisions d’ordinaire, et à un certain moment nous fûmes
conscients que la présence de Dieu s’établissait de manière très
inhabituelle dans la pièce. Nous avions tous deux les mains
levées pour louer le Seigneur. Après un moment, Lydia se
tourna ver moi et dit, "Derek, Le Seigneur vient de mettre un
don de guérison dans mes mains – juste ici!" Et elle me montra
du doigt la paume de sa main gauche. Je lui répondis "tu n’as
pas besoin de me le dire, je le sais déjà". Comment je le savais,
aucune idée, mais c’était ainsi. Ce matin-là avait lieu la réunion
de prière hebdomadaire de l’Eglise, nous nous y rendîmes donc
et passâmes environ deux heures à prier. Puis, à la fin de la
réunion, une sœur plutôt timide de l’assemblée vint vers mon
épouse et lui dit "Je me sens si mal, peux-tu prier pour moi?"
Sans y penser ni réfléchir à ce que Dieu avait fait, Lydia leva sa
main gauche la posa sur la tête de la femme et celle-ci
s’évanouit aussitôt. Je veux dire qu’elle n’est pas tombée
doucement sur le sol, mais qu’elle s’est retrouvée tout à coup
couchée sur le dos par terre. Elle y resta environ 5 minutes, puis
elle se releva plutôt embarrassée et se confondant en excuses.
Elle dit "je suis désolée de ce qui s’est passé", elle ajouta "mais
il y avait une telle puissance dans votre main que je n’ai pas pu
rester debout". Voilà comment Lydia s’est retrouvée embarquée
dans l’exercice de ce don de guérison. Durant les 12 années qui
suivirent, qui furent les 12 dernières années de sa vie, cette
puissance s’opéra au travers d’elle fréquemment et de très
nombreuses personnes furent guéries instantanément.
Elle m’expliqua comment cela se produisait. Avant cela
elle avait souvent prié avec foi pour que des gens soient guéris,
et ils l’avaient été, mais elle me dit "Derek, lorsque le don se
met en oeuvre c’est différent". Elle affirma "je ne tente pas
d’exercer MA foi, je suis simplement tranquille dans mon esprit
et je contacte Dieu au nom de la personne, puis à un certain
41
moment, le don arrive au travers de moi et je sais que si la
personne accepte ce don, elle sera guérie à ce moment là". Bien
entendu il y a toujours un élément de foi personnelle requis
dans la personne pour qui on prie. Dieu nous transmet le don,
mais il appartient à la personne pour qui l’on prie de recevoir ce
don de guérison.
Dans le chapitre suivant, nous traiterons le troisième des
dons de puissance "l’accomplissement ou l’action des
miracles". J’expliquerai, entre autres choses, la différence entre
les guérisons et les miracles.

42
Chapitre 7

L’accomplissement (action) des miracles

Nous allons maintenant étudier le troisième don de


puissance, qui est l’accomplissement ou l’action des miracles.
Les guérisons et les miracles sont intimement liés,
cependant ils sont différents. Il serait peut-être opportun de
commencer par citer certaines de ces différences. Les guérisons
peuvent être graduelles. Par exemple vous pouvez être guéri
d’une maladie comme un emphysème, cela peut prendre des
heures, des jours ou des semaines. Souvent aussi, les guérisons
sont invisibles. Elles peuvent avoir lieu dans des endroits du
corps qui ne peuvent être distingués à l’œil nu. D’un autre côté,
normalement les miracles sont visibles. Ce qui en résulte peut
ordinairement être constaté d’une manière ou d’une autre. Et
fréquemment, mais pas nécessairement, ils sont instantanés.
Récapitulons donc ces deux points Les guérisons peuvent être
graduelles et sont souvent invisibles. Les miracles sont
normalement visibles et fréquemment instantanés.
Néanmoins, les dons du Saint-Esprit sont comme les
couleurs de l’arc-en-ciel. Les couleurs sont distinctes mais
cependant en se dégradant, elles se fondent les unes dans les
autres. Ainsi donc les guérisons se fondent dans les miracles et
chacun d’eux est à son tour lié en quelque sorte à la foi.
Laissez-moi vous donner des exemples de conditions
physiques qui requièrent un miracle. Par exemple si on a enlevé
l’oreille interne d’une personne par une opération chirurgicale,
il n’y a pas moyen de guérir une oreille interne qui n’est plus là.
Mais je me souviens qu’il y a des années, alors que je priai pour
un homme dans le cadre de mon ministère, il se contenta de me
dire la chose suivante "il s’agit de mon oreille". J’ai donc prié.
Je le rencontrai plus tard. Je lui dis "comment va votre oreille?".
Il répondit, "elle va bien". Je lui demandai "dites-moi, qu’est-ce
43
qui n’allait pas avec cette oreille?". Il rétorqua "on m’avait fait
une ablation chirurgicale de l’oreille interne". Il continua "je
suis retourné chez un docteur pour me faire réexaminer, celui-ci
ne sachant rien de mon problème m’a affirmé que j’avais une
oreille parfaitement normale et saine". Si je regarde en arrière,
je suis content de n’avoir pas su pourquoi je priai, parce que
maintenant je ne peux plus remettre en question ce que Dieu a
fait, je me suis contenté de libérer la puissance de Dieu.
Mais encore, une personne peut avoir un bras ou jambe
plus court, pouvant aller jusqu’à plusieurs centimètres de moins
que l’autre. Il n’y a pas moyen de guérir une jambe ou un bras
trop court, ce n’est pas une maladie. Et pourtant, je peux
témoigner pour la gloire de Dieu avoir vu des centaines de
personnes dont les jambes ou les bras se sont physiquement
rallongés de manière bien visible sous l’action d’un miracle.
Un autre exemple: une personne peut avoir un os cassé
qui a été ressoudé de travers et qui donc est de travers de façon
permanente. Vous ne pouvez guérir un os cassé mais un miracle
peut le remettre droit. Et encore une fois, j’ai vu cela arriver en
de nombreuses occasions.
Ce qui est intéressant à propos de l’accomplissement des
miracles c’est qu’ils nécessitent souvent un acte spécifique et
inspiré pour libérer la puissance d’action miraculeuse de Dieu.
Il existe un principe applicable ici qui dit que la foi sans les
œuvres est morte. La foi doit s’exprimer au travers d’un acte
correspondant et approprié pour être libérée. Je vais vous citer
un exemple tiré du ministère de Jésus. En Jean 9:1-3- 6-7, il est
dit:

Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance.


Ses disciples lui firent cette question: Rabbi, qui a
péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né
aveugle? Jésus répondit: Ce n'est pas que lui ou ses
parents aient péché; mais c'est afin que les oeuvres de
Dieu soient manifestées en lui. Après avoir dit cela, il
cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il
44
appliqua cette boue sur les yeux de l'aveugle, et lui dit:
Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie
envoyé). Il y alla, se lava, et s'en retourna voyant clair.

Ça c’était un miracle, et pas seulement une guérison. Cet


homme n’avait jamais pu voir. Ses yeux n’étaient pas malades,
il est probable qu’ils aient été inexistants. Peut-être n’étaient-ils
que des cavités vides. Et Jésus a accomplit quelque chose de
très inhabituel. Il s’est assis par terre, a fait de la boue et en a
enduit l’endroit où les yeux devaient se trouver, puis a dit à
l’homme d’aller se laver dans un certain bassin. Dans la foi et
l’obéissance, cet homme s’est lavé et comme résultat de cet acte
d’obéissance, la puissance d’action miraculeuse de Dieu s’est
libérée dans la boue qui couvrait ses yeux et la vue lui vint.
Vous pouvez vous demander "pourquoi Jésus a-t-il fait
quelque chose d’aussi inhabituel?". Je ne peux pas chercher à
tout expliquer, mais ce qui m’impressionne dans tout cela c’est
que la boue est le matériau de base de la création. Lorsque Dieu
a créé pour la première fois le corps d’un homme, il l’a fait à
partir de la boue. Ensuite l’Esprit de vie de Dieu souffla dans
cette boue et en fit une personne vivante. Je pense que lorsque
Jésus a accompli ce miracle, il s’en est servi comme d’un
avertissement pour les gens de son époque, qui disait en fait "le
créateur est toujours avec vous". Il a pris le matériau d’origine
de la création, l’a posé sur les yeux de l’homme et lorsque
l’homme par son acte de foi et d’obéissance a libéré la
puissance du Saint-Esprit, celui-ci a fabriqué deux yeux parfaits
avec cette boue.
Voyons un autre exemple en Luc 17 de comment un
miracle peut être libéré au travers d’un simple acte de foi. Il est
dit de Jésus:

Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à


sa rencontre. Se tenant à distance, ils élevèrent la voix,
et dirent: Jésus, maître, aie pitié de nous! Dès qu'il les
eut vus, il leur dit: Allez vous montrer aux
45
sacrificateurs. Et, pendant qu'ils y allaient, il arriva
qu'ils furent guéris.

L’acte d’y aller, en obéissance au commandement de


Jésus, a libéré la puissance surnaturelle de Dieu - la puissance
d’action miraculeuse de Dieu – qui a effacé toute trace de lèpre
dans leur corps. Mais ils n’ont pas seulement été guéris, leur
chair aussi a été réellement restaurée, ce qui est plus qu’une
guérison, c’est un miracle. Cependant ce qui est significatif
c’est que Jésus, inspiré par le Saint-Esprit, leur a ordonné
d’accomplir un certain acte et lorsque par obéissance et foi
envers Lui, qui pour eux était le représentant de Dieu, ils
accomplirent cet acte d’obéissance, la puissance d’action
miraculeuse de Dieu a été libérée dans leur corps.
Je vais à présent aborder un miracle qui a eu lieu lors du
ministère primitif des apôtres. En Actes 3:1-8, il est dit:

Pierre et Jean montaient ensemble au temple, à l'heure


de la prière: c'était la neuvième heure. Il y avait un
homme boiteux de naissance, qu'on portait et qu'on
plaçait tous les jours à la porte du temple appelée la
Belle, pour qu'il demandât l'aumône à ceux qui entraient
dans le temple. Cet homme, voyant Pierre et Jean qui
allaient y entrer, leur demanda l'aumône. Pierre, de
même que Jean, fixa les yeux sur lui, et dit: Regarde-
nous. Et il les regardait attentivement, s'attendant à
recevoir d'eux quelque chose. Alors Pierre lui dit: Je n'ai
ni argent, ni or; mais ce que j'ai, je te le donne: au nom
de Jésus Christ de Nazareth, lève-toi et marche. Et le
prenant par la main droite, il le fit lever. Au même
instant, ses pieds et ses chevilles devinrent fermes; d'un
saut il fut debout, et il se mit à marcher. Il entra avec
eux dans le temple, marchant, sautant, et louant Dieu.

Il y a eu un miracle là, pas uniquement une guérison. Il


était évident que les os de cet homme n’avaient jamais été sains.
46
Ce n’était pas un cas de maladie. Il était probablement né avec
les chevilles difformes et il était probablement assis là avec les
jambes repliées sous lui, comme nous voyons souvent les
mendiants le faire encore aujourd’hui.
Poussés par le Saint-Esprit, Pierre et Jean se sont dirigés
vers lui. Il est tellement important dans ce ministère que nous
apprenions à répondre aux impulsions du Saint-Esprit.
L’homme tendit sa main vers eux et les regarda en attendant de
l’argent de leur part. Pierre dit "Je n'ai ni argent, ni or; mais ce
que j'ai, je te le donne".
Je suis si heureux qu’en tant que chrétiens et serviteurs
de Dieu, nous nous attendions à avoir quelque chose. On ne
s’attend pas à ce que nous passions à côté des besoins humains
et que nous secouions la tête en disant "c’est terrible, mais j’ai
bien peur qu’il n’y ait rien que je puisse faire". Par la foi, Pierre
a dit "j’ai quelque chose à te donner". Puis il fit quelque chose
de très décisif. Il tendit sa main, attrapa la main de l’homme qui
était tendue pour recevoir de l’argent, le releva, et cet acte de le
relever libéra la puissance d’action miraculeuse de Dieu dans
les jambes et les pieds de l’homme, il bondit sur ses pieds, se
tint debout et commença à marcher en sautant.
Nous remarquons deux éléments dans ce miracle: tout
d’abord, le commandement de foi. J’ai déjà énoncé que c’est le
don de la foi qui libère les deux autres dons. C’est comme un
catalyseur qui peut faire se manifester soit le don de guérison,
soit celui des miracles. Dans ce cas là, le commandement de foi
de Pierre a été suivi d’un acte et celui-ci libéra la puissance
d’action miraculeuse de Dieu. Cet homme aurait pu rester assis
là bas pour toujours, et si rien n’avait jamais été accompli par la
foi, il n’y aurait pas eu de miracle.
J’ai appris cela au travers d’une expérience personnelle.
Plusieurs fois, j’ai constaté qu’un acte spécifique est nécessaire
pour libérer la puissance miraculeuse de Dieu.
Je pense à une femme pour laquelle j’ai prié un jour en
Floride, elle avait de l’arthrite. Elle avait été clouée au lit
pendant 5 mois. On l’amena à l’église dans un fauteuil roulant
47
et on la plaça assise sur le devant. A la fin de mon message, j’ai
commencé à prier pour les malades. Les personnes qui l’avaient
amenée me demandèrent de prier pour elle et je m’agenouillai
devant elle, je lui pris les pieds et j’eus la foi que je libérerais la
puissance d’action miraculeuse de Dieu dans son corps au
travers de mes mains, mais elle resta assise. Je pense qu’elle
était guérie mais elle restait totalement passive. Puis je fis
quelque chose qui exigeait un peu de courage. Je lui dis "levez-
vous et commencez à marcher!" Je lui tendis la main et la tirai
hors de la chaise et je me demandais vraiment ce qui allait se
passer ensuite. Elle me regarda incrédule pendant un moment,
puis, de manière très hésitante, elle fit un pas, constata qu’elle y
arrivait, en fit un autre, commença à marcher et en l’espace de
30 secondes elle se mit à courir tout autour de l’église. Mais
lorsque j’y repense, je réalise que si je ne lui avais pas donné
cette impulsion, si je ne l’avais pas poussée à FAIRE quelque
chose, la puissance d’action miraculeuse de Dieu n’aurait
jamais été libérée dans cette femme. Souvenez-vous donc, que
souvent une action est requise pour libérer la puissance d’action
miraculeuse de Dieu.

48
Chapitre 8

Le don de prophétie

Dans ce chapitre, je vais commencer à traiter les trois


dons vocaux, c’est à dire les dons qui s’opèrent obligatoirement
au travers des organes vocaux de la personne. Ces trois dons
sont la prophétie, les langues et l’interprétation des langues.
Nous allons commencer par le don de prophétie.
Je vais d’abord tenter de le définir. La prophétie est la
capacité, accordée par le Saint-Esprit à un croyant, d’annoncer
des paroles qui viennent de Dieu et qui ne viennent pas de
l’intelligence, du raisonnement ou de l’éducation de la
personne.
Ce don de prophétie a été à l’œuvre tout au long de
l’histoire du peuple de Dieu depuis le début. Nous le voyons
plusieurs fois cité dans la Genèse. Par exemple, prenons le cas
d’Isaac bénissant Jacob, qui est très remarquable. Isaac, le père,
imaginait qu’il était entrain de bénir l’aîné de ses jumeaux,
Esaü, mais Jacob s’était fait passer pour Esaü et s’est présenté à
sa place devant son père, Isaac, qui était aveugle. Isaac, dans sa
cécité, imposa les mains à Jacob, en croyant qu’il était Esaü et
le bénit. Plus tard, on découvrit qu’il avait béni Jacob et non
Esaü. Celui-ci implora son père de revenir sur sa bénédiction,
mais Isaac dit " je ne peux pas faire cela, je l’ai béni et il doit
être béni".
Nous voyons donc que les paroles qu’Isaac a prononcées
prophétiquement ne provenaient pas de sa propre intelligence et
en réalité, il était incapable de revenir dessus, de défaire ce qui
avait été dit. Nous voyons un cas similaire arriver à Jacob plus
tard, lorsqu’il bénit les deux fils de Joseph. Joseph avait son
idée à propos duquel se ses fils devait recevoir la plus grande
bénédiction, mais inspiré et sous l’impulsion du Saint-Esprit,
Jacob croisa les mains et bénit Ephraïm le plus jeune, plus que
49
Manassé l’aîné. Puis encore une fois, Jacob dit "je ne peux
changer ce que j’ai fait. C’est le fait de Dieu et non le mien."
Nous constatons donc qu’au travers de la prophétie un
croyant peut devenir un canal du conseil de Dieu, des desseins
de Dieu, exprimés en paroles qui proviennent de Dieu et non du
croyant. Elles sont données surnaturellement par le Saint-Esprit.
Le Nouveau Testament nous en révèle beaucoup sur
l’exercice de ces dons. Tout d’abord, il faut définir pour quelle
finalité ils sont donnés. Nous la trouvons citée en 1 Corinthiens
14:3, où Paul dit:

Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes,


les édifie, les exhorte, les console.

C'est-à-dire que celui qui prophétise, parle de la part de


Dieu aux hommes. Et le but final est cité en trois mots:
édification, exhortation, et consolation. On pourrait l’exprimer
en langage un peu plus contemporain: le but de la prophétie est
d’instruire, d’affermir et de réconforter.
Le don de prophétie n’est absolument pas donné pour
produire des dictateurs. Des personnes qui sont là pour faire des
déclarations arbitraires sur ce que d’autres personnes devraient
faire. Permettez-moi de vous dire ceci très fermement et une
fois pour toutes: Il n’y a pas de dictateurs dans le corps de
Christ et celui ou celle qui utilise la prophétie pour se poser en
dictateur fait un mauvais usage de ce don. Nous devons
examiner cela.
C’est pour cette raison que la Parole dit très clairement
que toutes les déclarations prophétiques doivent être jugées. Par
exemple en 1 Corinthiens 14:29, Paul dit:

Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent,


et que les autres jugent;

Il est important de voir que normalement, mais pas


invariablement, dans le Nouveau Testament, les prophètes
50
oeuvraient ensemble. Ils étaient membres du même corps. Il ne
s’agissait pas d’un homme qui était for au-dessus des autres et
qui énonçaient des déclarations que tous les autres devaient
accepter, qu’ils soient d’accord ou non. Ainsi Paul dit: laissez
parler deux ou trois prophètes et que les autres prophètes les
jugent. Laissez les définir au nom du corps si ce qu’ils affirment
vient bien de Dieu et nous devrions faire attention à eux.
Encore une fois, en 1 Thessaloniciens 5:19-21, Paul dit
la chose suivante:

N'éteignez pas l'Esprit. Ne méprisez pas les prophéties.


Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon;

Paul met en garde contre deux erreurs. La première est


celle de mépriser des déclarations prophétiques et de les rejeter
en bloc. La seconde est celle de croire tout ce qu’elles disent
sans les examiner. Il dit ne les méprisez pas et n’éteignez pas
l’Esprit, mais d’un autre côté, lorsqu’une prophétie arrive,
examinez-la attentivement et ne retenez que ce qui est bon..
Ça me rappelle quelque chose que j’avais l’habitude de
dire à des africains il y a quelques années en Afrique orientale.
Je leur disais: "souvenez-vous que tout ce que les missionnaires
ont apporté n’était pas bon. Il y a des choses bonnes et d’autres
qui ne le sont pas. Mais, ajoutai-je "ce n’est pas vraiment un
problème. Lorsque vous, africains, mangez du poisson, vous
savez quoi faire: vous avalez la chair et recrachez les arêtes.
Donc faites de même". Et je le redis aujourd’hui. Il ne faut pas
avaler toutes les prophéties. Nous devons avaler la chair qui
nous fait du bien. Nous recrachons les arêtes, qui ne feraient
aucun bien.
J’ai dit que la prophétie devait être jugée. Comment
pouvons-nous la juger? J’aimerai vous donner trois tests
scripturaires simples et pratiques. Tout d’abord, la prophétie
s’accorde–t-elle avec la parole? Le Saint-Esprit est l’auteur de
la parole et Il ne se contredit jamais. Donc, Il ne dira jamais au
travers de la prophétie quelque chose de contradictoire à la
51
parole.
Le deuxième test est le suivant: la prophétie exalte-t-elle
Jésus Christ? Le premier ministère du Saint-Esprit dans l’église
est de révéler et d’exalter Jésus Christ. Tout ce qui ne l’exalte
pas ne vient pas du Saint-Esprit. Apocalypse 19:10 nous précise
ceci en particulier:

le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie.

Toutes les vraies prophéties sont centrées sur la personne


de Jésus.
La troisième: La prophétie édifie-t-elle le peuple de
Dieu? Rappelons-nous que c’est le premier dessein:
l’édification du peuple de Dieu. Si la prophétie n’instruit pas, ne
fortifie pas et n’encourage pas le peuple de Dieu, il n’y a
aucune raison de croire qu’elle vient du Saint-Esprit.
Si nous examinons le ministère de Jésus à la recherche
d’exemples de prophétie, il est intéressant de constater que nous
n’en trouvons pas. Je crois que la raison en est que tout ce que
Jésus a dit était prophétique, il n’y avait donc pas de situation
particulière dans laquelle il aurait pu prophétiser parce que
l’intégralité de Son ministère était prophétique. Cependant, il y
a d’autres exemples de prophétie dans le Nouveau Testament
qui sont intéressants et instructifs.
Je voudrais en examiner un dans la vie de Timothée. En
1 Timothée 1:18, Paul écrit ce qui suit à Timothée:

Le commandement que je t'adresse, Timothée, mon


enfant, selon les prophéties faites précédemment à ton
sujet, c'est que, d'après elles, tu combattes le bon
combat.

Nous devons reconstituer le contexte. Ailleurs dans ses


épîtres Paul dit que Timothée était destiné à un ministère
particulier par l’imposition des mains des anciens ainsi que des
prophéties. En d’autres termes, il semble que le cours particulier
52
qu’allait suivre la vie de Timothée, celui que Dieu avait planifié
pour lui, avait été révélé au travers du don de prophétie, et
qu’au travers de celui-ci, Paul et les anciens furent poussés à
imposer les mains à Timothée afin de le mettre à part pour son
ministère. Il semblerait également que ces prophéties aient
donné de grands encouragements et des promesses à Timothée
par rapport à ce que Dieu allait accomplir au travers de lui.
Ainsi, lorsque Paul écrit sa première épître il avertit Timothée
contre l’esprit de crainte et de découragement.
L’une des choses qu’il a dites était "souviens-toi des
prophéties qui ont été faites à ton sujet auparavant. Souviens-toi
que Dieu est avec toi, et même si tu as des oppositions et des
problèmes, Dieu va accomplir ce qu’il a promis." Voilà un bel
usage de la prophétie, je l’ai expérimenté plusieurs fois dans ma
propre vie. Lorsque j’ai été découragé ou oppressé ou que je me
demandais si j’allais arriver au bout, je me suis souvenu des
prophéties qui m’avaient été données dans le passé et elles
m’ont encouragé et fortifié.
Cependant, je dois tout de même vous mettre en garde
quant à la prophétie directive. :
Elle ne doit pas être le seul moyen de trouver une direction dans
votre vie. En 2 Corinthiens 13:1, Paul dit:

Toute affaire se réglera sur la déclaration de deux ou de


trois témoins.

N’agissez pas seulement suivant une prophétie. Laissez-


la simplement être l’un des moyens qui vous guidera dans la
volonté de Dieu.
Je vais refermer ce chapitre avec un bref témoignage
d’une expérience personnelle. Il y a quelques années, j’étais en
Angleterre, je prêchais dans une église où je n’étais jamais venu
auparavant. Je devais intervenir lors du service du dimanche
matin, mais je suis arrivé tôt et les gens étaient en pleine
réunion de prière avant le culte. Je me suis donc agenouillé et
j’ai prié avec eux. Après un moment, j’ai entendu plusieurs
53
personnes donner des paroles prophétiques. Elles parlaient à
une certaine personne, en décrivant des choses du passé de la
vie de cette personne et soudain je réalisai choqué qu’il
s’agissait de moi. Je savais qu’aucune des personnes présentes
ne connaissait mon passé. Donc, lorsque Dieu eut attiré mon
attention de cette manière là, ils commencèrent à donner des
paroles sur ce que Dieu avait l’intention de faire au travers de
ma vie future. En particulier à propos d’un nouveau style de
livre que le Saint-Esprit allait m’inspirer. Cela m’a vraiment
parlé et m’a encouragé et m’a donné une direction dans un
moment critique de ma vie et laissez moi vous dire que plus
tard, ce livre particulier je l’ai réellement écrit et il est
actuellement à l’impression. Voilà un bon exemple
d’encouragement et de direction- exhorté, réconforté, motivé
par le don de prophétie.

54
Chapitre 9

Le don des langues

Dans ce chapitre nous allons traiter de ce don que


beaucoup de gens ont du mal à comprendre, le don des langues.
Gardons à l’esprit que dans le langage du Nouveau Testament
le mot "langue" veut également dire "langage". Vous pouvez
donc l’appeler le don des langues ou le don des langages.
Habituellement il est cité comme étant le don des langues
inconnues, mais dans la plupart des cas, dans le grec original, le
mot "inconnu" n’est même pas dans le texte, même si le
contexte indique que cela a dû être une langue ou un langage
inconnu.
Il nous faut considérer quelques principes généraux à
propos de la langue pour comprendre quelques-unes unes des
difficultés qu’elle cause- la langue est le membre problématique
du corps. Il est à l’origine d’au moins 50 % des soucis dans nos
vies. Jacques 3:8 dit:

… mais la langue, aucun homme ne peut la dompter.

Aucun homme ne peut totalement contrôler sa langue.


Pour quel usage nous est-elle donnée?Dans les Psaumes, David
appelle sa langue "ma gloire". Pourquoi l’appelle-t-il ainsi? La
réponse est que le but suprême de la langue humaine est de
glorifier Dieu. C’est la première raison pour laquelle la langue a
été placée dans notre bouche. En conséquence, tout usage de la
langue qui ne glorifie pas Dieu est un mauvais usage. Basé sur
ce principe, je doute que quelqu’un puisse nier que nous nous
rendons souvent coupables d’un mauvais usage de notre langue.
Le fait est que qu’aucun être humain ne peut totalement
contrôler l’usage de sa langue. C’est pourquoi nous avons
besoin de l’aide surnaturelle du Saint-Esprit pour nous rendre
55
capable d’utiliser correctement notre langue. En Romains 6:13
Paul dit:

offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de


justice.

En d’autres termes, nous devons offrir à Dieu tous les


membres de notre corps comme des instruments dont il aurait
l’usage. Le besoin le plus désespéré que nous ayons est celui de
remettre notre langue à Dieu, parce qu’entre tous les membres
elle est celui que nous ne pouvons contrôler.
En fait la première fois qu’il est question de parler en
langues c’est dans le récit du jour de la Pentecôte. Le Saint-
Esprit est descendu et les croyants qui attendaient en furent
remplis, le résultat immédiat fut qu’ils commencèrent à parler
dans d’autres langues ou langages selon ce que le Saint-Esprit
leur inspirait. Cela rassembla une foule de Juifs venant des
quatre coins de l’Empire romain qui étaient venus célébrer la
fête de la Pentecôte. Les Juifs comprirent les langues que les
disciples parlaient et ils savaient également que les disciples
eux, ne les comprenaient pas. Ils n’étaient que de simples
Galiléens. Nous voyons donc clairement que parler en d’autres
langues ou en langue inconnue signifie que le croyant, au
travers de la direction et de l’aide surnaturelles du Saint-Esprit,
parle une langue qu’il n’a pas apprise et qu’il ne comprend pas,
mais qui pourrait être comprise s’il y avait une personne
présente la connaissant.
En 1 Corinthiens 12:10 & 28, Paul se réfère à cela
comme à la "diversité des langues." Je comprends le mot
diversité comme signifiant différents usages ou finalités des
langues. Je vais donc mentionner trois finalités spécifiques et
différentes des langues. Le premier usage qui je pense est
fondamental et capital est celui de la communion directe avec
Dieu. En 1 Corinthiens 14:2, Paul dit:

En effet, celui qui parle en langue ne parle pas aux


56
hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et
c'est en esprit qu'il dit des mystères.

C’est très clair. Lorsque quelqu’un parle dans une langue


inconnue, il ne parle pas aux hommes, il parle à Dieu, il parle
par le Saint-Esprit, il parle de mystères, ce qui veut dire, de
choses que l’intelligence naturelle ne peut saisir pleinement.
Deux versets plus loin, Paul dit:

Celui qui parle en langue s'édifie lui-même;. . .

S’édifie lui-même. Ainsi même si nous ne comprenons


pas intellectuellement ce que nous faisons, lorsque nous parlons
à Dieu dans une langue, nous parlons de mystères et nous nous
édifions nous-même spirituellement. Paul continue en disant en
1 Corinthiens 14:14-15.

Car si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais


mon intelligence demeure stérile. Que faire donc? Je
prierai par l'esprit, mais je prierai aussi avec
l'intelligence; je chanterai par l'esprit, mais je chanterai
aussi avec l'intelligence.

Paul indique ici qu’il y a plus d’une manière de prier. Il y


a celle de prier avec l’Esprit qui fait que nous ne comprenons
pas avec notre intelligence ce que nous disons. Il y a une autre
manière de prier avec notre intelligence, lorsque celle-ci est
totalement consciente de ce que nous disons. Paul dit que les
deux sont légitimes. Nous avons besoin des deux. Il dit, "je
prierai avec l’esprit", et il dit aussi "je prierai aussi avec mon
intelligence".
Mon propre arrière plan, avant de connaître le Seigneur
Jésus personnellement, était celui d’un philosophe
professionnel. J’étudiais les langages, et j’étudiais dans les
livres, je voyageais, et m’intéressais aux arts, à la musique, à la
peinture et à la poésie ainsi qu’à toutes sortes d’autres choses.
57
Et pourtant il y avait dans ma vie une insatisfaction intérieure
profonde que je ne comprenais absolument pas, et je ne voyais
aucun moyen de remplir ce vide.
Puis, d’une manière véritablement souveraine, Dieu m’a
révélé Jésus et j’ai reçu cette capacité de parler à Dieu dans une
langue inconnue. Et lorsque cela arriva, je réalisai mon
ignorance philosophique, j’avais complètement ignoré la partie
la plus vitale de ma propre personne, qui était mon esprit.
J’avais nourri mon âme, mon corps, mais mon esprit mourait de
faim. Et pendant tout ce temps, mon esprit avait aspiré à
s’exprimer et à communiquer avec Dieu, qui est le Père des
esprits. Mais lorsque Dieu me donna cette capacité de parler
dans une langue inconnue, alors, pour la première fois, mon
esprit put s’exprimer librement envers Dieu sans avoir à passer
par le goulot étroit de mon esprit limité. Cela m’apporta une
libération intérieure des plus intenses. En réalité, je me suis
rendu compte en lisant les Ecritures que ce que je faisais était
de la communication avec Dieu, que je parlais de mystères et
que je m’édifiais, et je remercie Dieu de m’avoir permis de
jouir de cette expérience presque continuellement, c’est à dire
de manière quasi quotidienne depuis maintenant près de
quarante ans1. Je chéris cela tendrement, c’est très précieux
pour moi.
Le deuxième usage ou la deuxième sorte de langues c’est
lorsqu’une parole est donnée en public dans une assemblée dans
une langue inconnue et qu’elle est suivie de son interprétation
dans une langue connue. Lorsque cela arrive, la combinaison de
la parole en langue avec son interprétation équivaut à la
pratique de la prophétie. Dans le chapitre suivant, je vais traiter
plus spécifiquement de l’interprétation des langues, et donc, je
ne vais pas creuser plus loin cet usage des langues maintenant.
J’en viens à présent au troisième usage d’une langue
inconnue, un usage qui n’est pas très clair pour beaucoup de

1
Ces messages ont été donnés au début des années 70. Note de
l’Editeur.
58
monde. C’est le fait qu’une langue inconnue puisse être un
signe pour les non-croyants. En In 1 Corinthiens 14:22, Paul
dit:

Par conséquent, les langues sont un signe, non pour les


croyants, mais pour les non-croyants;

Remarquez que les langues sont là pour être un signe


pour les non croyants. Qu’est ce que cela veut dire? Revenons
un instant au jour de la Pentecôte. Que s’est-il passé? Le Saint-
Esprit est venu sur les disciples, ils ont été remplis, ils ont
commencé à parler des langues qu’ils ne comprenaient pas- des
langues inconnues. Mais les incroyants rassemblés là
reconnurent les langues. Et ils furent impressionnés en réalisant
que ces hommes parlaient ces langues couramment et
parfaitement, des langues qu’eux-mêmes comprenaient mais
que les hommes qui les parlaient ne comprenaient pas, et donc,
par conséquent, leur attention fut attirée et cela les prépara à
recevoir le message que Pierre leur prêcha par la suite. Voilà ce
que signifie ‘les langues comme un signe pour les non-
croyants’. C’est inhabituel, mais ça ne s’est jamais arrêté.
Je connais une église dans une certaine ville des Etats
Unis, une église Episcopale, où il y avait une dame dont le
plaisir et le ministère étaient de visiter les malades dans un
certain hôpital. Un jour qu’elle allait de chambre en chambre,
elle arriva auprès d’un homme qui était assis calé contre ses
oreillers et qui semblait sombre et malheureux. Elle alla donc
vers lui, commença à lui parler et découvrit qu’il ne comprenait
pas l’anglais. Il faut dire que cette femme avait plus de foi que
nombre d’entre nous, elle décida donc de parler une langue
inconnue. Elle ne savait pas quelle langue elle parlait, mais à
peine commença-t-elle que le visage de l’homme s’éclaira et
qu’il commença à l’écouter. Il lui répondit dans la même
langue, elle lui donna la réplique et ils eurent ainsi une
conversation. Toute l’attitude de cet homme avait changé. Plus
tard elle apprit qu’elle avait parlé en espagnol des Iles Canaries.
59
C’était la langue maternelle de cet homme. Elle put trouver
quelqu’un qui parlait espagnol et qui pouvait venir annoncer le
salut à cet homme dans sa propre langue, mais ce fut l’usage
initial de la langue inconnue qui avait capté l’attention de
l’homme et qui l’avait rendu réceptif à la bonne nouvelle.
Je pourrais également me remémorer une période
antérieure de ma vie alors que j’étais le pasteur d’une église à
Londres et que chaque dimanche soir, durant ce que nous
appelions le service de l’évangile, nos filles et d’autres
membres de l’église amenaient des gens qui étaient intéressés.
Un jour notre fille aînée, Tikva, amena un jeune homme du
pays de Galles, dont la langue maternelle était le gallois. Nous
commençâmes le service et je prêchais mon message lorsque
tout à coup, avant que je puisse me rendre compte de ce qui se
passait, un ancien de l’église, que nous connaissions tous, se
leva et parla très clairement et distinctement dans une autre
langue. J’étais un peu frustré. Je pensais vraiment qu’il m’avait
coupé et gâché mon message, mais le jeune homme se tourna
vers notre fille et dit "pourquoi cet homme parle-t-il de mes
péchés en public?" Cela nous prit environ 10 mn pour
convaincre ce jeune gallois que le vieil homme ne connaissait
pas un mot de gallois et ne savait même pas quelle langue il
avait parlée. Croyez-moi, l’attention de ce jeune homme fut
captée ce jour là, et puis-je vous dire encore quelque chose, il se
maria plus tard avec la jeune fille qui l’avait amené à la réunion,
et est maintenant l’un de mes beaux-fils. C’est un exemple
intéressant de l’usage des langues comme un signe pour les
non-croyants.

60
Chapitre 10

L’interprétation des langues

Dans ce chapitre, nous traiterons du don qui est


directement lié à celui des langues que nous avons étudié dans
le chapitre précédent. En fait, le don que je vais examiner
maintenant n’a pas de sens sans celui des langues. C’est le don
d’interprétation des langues. Par pure logique, il ne peut y avoir
de besoin d’exercer ce don d’interprétation sauf s’il a été
précédé de l’usage d’une langue inconnue, qui nécessite d’être
interprétée.
Permettez-moi de définir d’abord le terme
"interprétation" à la lumière de ce que nous venons de dire.
L’interprétation est la capacité surnaturelle, donnée par le Saint-
Esprit, d’exprimer dans une langue connue la signification de ce
qui a été dit auparavant dans une langue inconnue Cependant, la
personne qui donne l’interprétation peut être la même que celle
qui a donné la parole dans une langue inconnue ou bien une
autre. La parole laisse le choix entre les deux possibilités.
En essence, le but de l’interprétation des langues comme
nous l’avons définie est le même que celui de la prophétie. Par
exemple, en 1 Corinthiens 14:4-5, Paul dit la chose suivante:

Celui qui parle en langue s'édifie lui-même; celui qui


prophétise édifie l'Église. Je désire que vous parliez tous
en langues, mais encore plus que vous prophétisiez.
Celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle
en langues, à moins que ce dernier n'interprète, pour que
l'Église en reçoive de l'édification.

Le test pour l’utilité de ces dons, est l’édification. A quel


point cette parole est-elle édifiante? Toujours est-il que, le fait
de parler dans une langue inconnue édifie celui qui parle, mais
61
n’édifie personne d’autre. Mais la prophétie édifie l’église,
l’assemblée des croyants réunis. C’est pour cela qu’il est dit que
la prophétie est plus grande que le parler en langue parce
qu’elle édifie un plus grand nombre de personnes.
Alors, lorsque les langues sont suivies d’interprétation, la
signification des langues est communiquée aux personnes qui
peuvent l’entendre et la comprendre, et en conséquence, elle
produit le même effet que celui d’une prophétie. Donc, le don
des langues conjugué à celui d’interpréter est mis au même
niveau que la prophétie.
Puis encore une fois, en 1 Corinthiens 14:12 & 13, Paul
continue en disant ceci:

De même vous, puisque vous aspirez aux dons


spirituels, que ce soit pour l'édification de l'Église que
vous cherchiez à en posséder abondamment. C'est
pourquoi, que celui qui parle en langue prie pour avoir
le don d'interpréter.

Pourquoi devrait-il prier ainsi? Parce qu’il devrait désirer


édifier d’autres personnes que lui-même. Lorsqu’il parle en
langue, il s édifie lui-même, mais lorsqu’il prophétise ou
interprète ce qui a été dit en langues, alors il édifie les autres.
Peut-être vous dites-vous, "n’est-il pas étrange que Dieu
donne d’abord un message en langue inconnue et qu’ensuite il
en donne l’interprétation? Pourquoi Dieu ne donnerait-il pas la
prophétie ou l’interprétation directement?" En fait, je pense
qu’il y a certaines questions dont les réponses devront venir de
Dieu Lui-même. Mais, permettez-moi vous donner trois des
raisons pour lesquelles je pense que cette manière de faire est
pratique.
Tout d’abord, si Dieu donne une parole à une personne
en une langue inconnue et à un autre l’interprétation, il favorise
l’interdépendance des membres et c’est là un des buts
principaux des dons. Paul, après avoir parlé des dons en 1
Corinthiens 12, continue en parlant du corps et de ses membres,
62
et l’un des points principaux qu’il soulève est que tout membre
a besoin des autres. Dès lors, lorsqu’une personne parle en
langues, mais que l’interprétation est donnée au travers d’une
autre personne, chacun d’eux a besoin de l’autre pour le résultat
final.
Deuxièmement, en général, le fait de parler dans une
langue que l’on ne connaît pas détrône l’intellect humain et
laisse ainsi la place à la souveraineté de Dieu. L’un des plus
grands problèmes de l’église est que dans beaucoup de cas nous
avons agi selon le simple niveau de notre intellect. Nous avons
besoin de tout comprendre avant de l’accepter, mais Dieu agit à
un niveau bien plus élevé que celui de notre intellect, et l’une
des façons dont Dieu opère pour détrôner en nous l’intellect
humain est celle de prier dans une langue inconnue face à
laquelle le pauvre esprit humain doit faire un pas en arrière et
dire "je ne comprends pas ce qui est dit". C’est une chose bonne
et saine pour la plupart d’entre nous qui croyons trop en notre
intellect.
Une autre raison pratique est que cela se passe de temps
en temps dans une réunion du peuple de Dieu où les gens ne
sont pas vraiment attentifs et prêts à entendre une parole
prophétique. Mais s’il y a auparavant une parole ointe, articulée
et pleine d’autorité dans une autre langue, alors l’attention des
gens est captée. Ils réalisent que Dieu tente de percer et de dire
quelque chose. Et si les gens ont été bien disciplinés pour ce
genre de situation, lorsqu’une parole de ce genre arrive dans
une langue inconnue, ils devraient se taire et tout le monde
devrait se mettre dans une attitude de prière attentive, priant et
attendant l’interprétation. Voilà donc une troisième raison pour
laquelle quelque fois il est pratique pour Dieu d’agir au travers
d’une autre langue et une interprétation plutôt que simplement
au travers d’une prophétie, car une langue préparera la voie
pour qu’ils reçoivent l’interprétation.
Je vais à présent examiner les règles pour pratiquer à la
fois la prophétie et l’interprétation, données par Paul en 1
Corinthiens 14. Il est important de comprendre que ces dons
63
doivent être réglementés. Paul commence au verset 26:

Que faire donc, frères? Lorsque vous vous assemblez,


les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une
instruction, une révélation, une langue, une
interprétation, que tout se fasse pour l'édification.

Vous remarquerez encore une fois que le but ultime est


toujours l’édification. Et, au travers de ces dons surnaturels,
lorsque le peuple de Dieu se rassemble, chacun peut recevoir
quelque chose de Dieu pour y contribuer. Personne ne doit
rester passif et silencieux, à écouter les autres. Cela rend tous
les membres du corps potentiellement actifs. Puis Paul continue
en disant à propos du parler en langues:

En est-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus


parlent, chacun à son tour, et que quelqu'un interprète;
s'il n'y a point d'interprète, qu'on se taise dans l'Église,
et qu'on parle à soi-même et à Dieu.

Paul dit qu’une parole en langue inconnue n’a pas sa


place dans l’assemblée si elle n’est pas suivie d’interprétation.
Donc une personne qui donne une telle parole devrait être
capable de l’interpréter elle-même ou bien avoir confiance dans
le fait qu’une autre personne présente pourra en donner
l’interprétation. Autrement, il est légitime que cette personne
parle en langue, mais pas à haute voix. Paul dit:"…qu’on se
parle à soi-même et à Dieu". Il y a des gens qui ne se rendent
même pas compte qu’il n’est pas nécessaire de parler fort en
langues. Il est parfaitement légitime de le faire pour vous-même
à voix basse. Puis Paul continue dans la réglementation de la
prophétie. Il dit:

Pour ce qui est des prophètes, que deux ou trois parlent,


et que les autres jugent;.

64
Je vous ai fait remarquer précédemment, dans mon étude
sur la prophétie, que celle-ci devrait toujours être l’objet d’un
jugement. Elle ne devrait jamais être acceptée sans être
critiquée, sans avoir été testée. Donc lorsque deux ou trois
prophètes parlent, les autres personnes ayant ce don et ce
ministère sont censées examiner les prophéties et dire si elles
viennent de Dieu ou pas. Autant pour les langues avec
interprétation que pour la prophétie, Paul dit "deux ou trois". Je
pense que la raison est que Dieu ne souhaite pas que son peuple
reçoive un repas composé d’un seul plat. Un seul plat pourrait
être l’exercice des langues et de l’interprétation ou de la
prophétie, mais il y a beaucoup d’autres aspects au régime
complet que Dieu a prévu pour son peuple. Il ne veut pas que
Son peuple s’emmitoufle dans une manifestation particulière et
écarte les autres provisions qu’Il a pour eux. Puis Paul souligne,
au verset 31:

Car vous pouvez tous prophétiser successivement. . .

Selon Dieu et les Ecritures il est parfaitement possible


que tous les croyants prophétisent. "Vous pouvez tous
prophétiser, l’un après l’autre, afin que tous puissent être
enseignés et exhortés" Cela ne veut pas dire que la première
fois qu’une personne va prophétiser, elle va le faire comme
Esaïe. Il se peut qu’elle bégaye ou hésite, qu’elle soit un peu
timide, mais elle peut le faire comme étant en phase
d’apprentissage. Puis Paul dit:

Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes;

Ceci est très important. Lorsqu’une personne agit selon


le Saint-Esprit, elle garde toujours le contrôle d’elle-même.
C’est une leçon difficile à apprendre pour certains d’entre nous.
Une personne qui fait quelque chose d’insensé et de déplacé et
qui jette ensuite le blâme sur le Saint-Esprit en disant: "c’est le
Saint-Esprit qui m’a fait faire cela" n’est pas en cohérence avec
65
la parole. Le Saint-Esprit ne manipule pas un enfant de Dieu.
L’apôtre Pierre a dit "Le Saint-Esprit m’a enjoint de faire
quelque chose" mais il n’a jamais dit "Le Saint-Esprit m’a fait
faire quelque chose". Les esprits malins s’emparent de la
personnalité humaine et la contraignent à faire des choses
qu’elle n’a aucune intention de faire et dont elle n’est pas
responsable, mais le Saint-Esprit ne fera jamais cela à personne.
Tout est résumé dans cette déclaration "Car Dieu n’est pas un
Dieu de confusion mais il apporte la paix dans toutes les
assemblées des saints" Nous voyons donc que les conseils de
Paul ont deux finalités, tout d’abord l’édification (bâtir) et
ensuite l’ordre. Maintenant il me reste encore brièvement à
vous raconter comment Dieu m’a donné le don d’interprétation.
Je viens d’un arrière plan philosophique. J’étais ignorant des
choses spirituelles, mais le Seigneur Jésus s’est souverainement
révélé à moi de manière surnaturelle et m’a rempli de Son
Saint-Esprit. J’ai immédiatement constaté que j’avais cette
capacité de parler dans une langue inconnue. Ainsi, tous les
soirs, lorsque je me couchais, avant de m’endormir, je parlais
dans une langue inconnue, puis je parlais en anglais, mais je ne
choisissais pas les mots que je disais et j’étais surpris de ce que
je disais dans ma propre langue. Je me suis alors tourné vers le
Nouveau Testament parce que je ne savais pas où d’autre
chercher pour trouver une explication, et je trouvai ces
expressions "les langues" et "l’interprétation des langues", je
réalisai soudain que Dieu m’avait donné cette capacité
d’interpréter les langues qu’Il m’avait données précédemment.
Je me souviens maintenant, la première fois que cela est arrivé,
je prononçai des mots qui me surprirent et me stupéfièrent, mais
au travers de ces mots, Dieu m’avait donné une vision
annonciatrice de son plan pour ma vie. Si je reviens presque
quarante ans en arrière, je peux témoigner que ce que Dieu m’a
montré alors au travers de ce don d’interprétation, s’est
accompli progressivement depuis.

66
Deuxième partie

LE FRUIT DE L’ESPRIT

Chapitre11

Comment apparaît le fruit?

Dans les chapitres précédents, j’ai abordé les neufs dons


de l’Esprit saint. La suite du livre s’attachera à ce que l’on
pourrait appeler l’autre côté de la médaille - c’est à dire le fruit
de l’Esprit.
Nous trouvons la liste des neuf formes du fruit de
l’Esprit saint dans Galates 5:22-23:

Mais le fruit de l'Esprit c'est l'amour, la joie, la paix, la


patience, l'amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur, la
maîtrise de soi…

Dans les chapitres qui vont suivre, je vais traiter tour à


tour chacun des neufs aspects que peut prendre le fruit de
l’Esprit. Mais en introduction je souhaite aiguiller mon message
sur la question: comment apparaît le fruit ?
Nous devons garder à l’esprit qu’à la fois le fruit et les
dons sont issus du Saint-Esprit. Le Saint-Esprit donne les dons
et il fait croître le fruit. Ces deux points sont d’égale importance
dans la volonté de Dieu. Dieu veut que son peuple exerce les
dons, et il veut qu’il porte du fruit. Cela n’est pas contradictoire.
Malheureusement, dans le corps de Christ, deux groupes ont
tendance à se faire front. L’attitude des uns est de dire "Si nous
avons le fruit de l'Esprit nous n’avons donc pas besoin des
dons" et les autres se carrent dans l’attitude inverse "Puisque
67
nous avons les dons de l’Esprit nous n’avons pas besoin des
fruits". Aucun de ces deux groupes n’a raison. Chacun d’eux
s’oppose à l’Ecriture. Car la volonté de Dieu clairement révélée
est que tous les croyants portent du fruit et exercent les dons.
Vous direz peut-être, "Mais quelle est la différence entre
le fruit et les dons?" Je vais vous en donner une explication
succincte. D’une part, les dons sont reçus lors d’une courte et
simple transaction. Ils ne peuvent s’acquérir. On ne peut
produire d’effort pour les avoir. D’autre part, le fruit apparaît
issu d’un processus progressif et nécessite d’être cultivé. Il est
important de remarquer que presque partout dans le monde il
est impossible d’acheter des fruits qui n’aient été préalablement
cultivés. Afin de donner une image plus éloquente, considérons
deux arbres. Un pommier et un arbre de Noël. Un pommier
porte des fruits et un arbre de Noël porte des dons (cadeaux).
Les fruits du pommier apparaissent selon un processus de
croissance et leur qualité dépend d’un certain nombre de
facteurs. En revanche, les dons sur l’arbre de Noël y sont placés
d’un simple geste et en sont ôtés d’un geste tout aussi simple.
Ainsi, le pommier représente un exemple de fruit et
l’arbre de Noël représente un exemple des dons. Nous pourrions
le résumer de la façon suivante: les dons personnifient
essentiellement les capacités ou la puissance, le fruit personnifie
le caractère. Cependant, ils ne vont pas l’un sans l’autre. Les
dons ou la puissance sont dangereux sans le caractère. Ils sont
semblables à un jeune homme en possession d’une nouvelle
voiture de sport et qui ne sait pas se maîtriser ni conduire. Si
vous le laissez faire ce qu’il veut de cette voiture il en fera
probablement une épave. Les dons et la puissance sans
caractère sont dangereux, quel que soit notre point de vue.
D’autre part, le caractère sans les dons est inefficace. La vie
chrétienne implique plus que de simples marques de sympathie.
Il existe une devise qui me plaît beaucoup (je l’ai entendu un
jour): "je veux faire partie de la solution et non du problème."
Je pense que c’est le devoir d’un chrétien – faire partie de la
solution. Mais pour ce faire il faut les dons. C’est une chose que
68
de faire preuve de sympathie à l’encontre d’une personne
malade, mais il faut la foi, un don de guérison ou une œuvre
miraculeuse pour répondre au besoin de cette personne malade.
Jésus en est un exemple parfait. Il portait à la perfection le fruit
de l'Esprit dans sa vie et dans son caractère, mais il exerçait
aussi les dons de L’Esprit. Les dons de l’Esprit le rendaient
capable de mettre son caractère en action. Nous avons donc
besoin des deux: des dons et du fruit.
Cependant, il existe entre eux une différence importante
qui est celle-ci: le caractère est permanent, les dons sont
temporaires. Le fait que les dons soient temporaires est
clairement exprimé en 1 Corinthiens 13:8-10. Il parle de
l’amour et n’oubliez pas que l’amour est le premier des fruits. Il
dit:

L'amour n'aura pas de fin. Les prophéties cesseront, les


langues inconnues prendront fin, et la connaissance
particulière cessera. Notre connaissance est partielle, et
partielles sont nos prophéties. Mais le jour où la
perfection apparaîtra, ce qui est partiel cessera.

Nous avons donc besoin des dons maintenant. Nous


avons besoin de paroles de connaissance, de prophéties et des
autres dons parce que nous ne sommes pas encore parvenus à ce
qui est parfait. Mais lorsque nous arriverons à cette perfection
dans notre vie de résurrection, nous n’aurons plus besoin des
dons. Néanmoins, dans notre vie de résurrection, le caractère
aura toujours son aspect permanent. Votre caractère vous suivra
dans l’éternité. N’oubliez donc pas cela: les dons sont
temporaires et le caractère est permanent.
J’ai évoqué plus haut que le fruit devait être cultivé. Je
voudrais maintenant vous donner quelques brèves indications
sur la manière dont il doit être cultivé. Penchons-nous tout
d’abord sur 2 Timothée 2:6 où Paul dit la chose suivante: "C'est
au cultivateur qui travaille dur d'être le premier à jouir de la
récolte (fruit)." Paul met ici en exergue un fait simple et
69
basique: cultiver une récolte ou du fruit implique un dur labeur.
Je voudrais vous suggérer quatre choses à accomplir pour
cultiver le fruit spirituel dans votre vie.
Tout d’abord, il faut étudier la Parole. La parole de Dieu
est la provision de base que Dieu nous donne. Si Elle ne nous
est pas familière, nous sommes inévitablement privés de la
plupart de ses provisions. En 2 Timothée 2:15, Paul dit encore à
Timothée, "Efforce-toi de te présenter devant Dieu en homme
qui a fait ses preuves, en ouvrier qui n'a pas à rougir de son
ouvrage, parce qu'il transmet correctement la parole de vérité ".
Ainsi, pour transmettre la parole de vérité – c’est à dire la Bible,
la parole de Dieu - correctement, il faut être un ouvrier. Cela
prend du temps. D’une certaine manière il faut retrousser ses
manches et s’y mettre.
La deuxième indication que je donnerais est celle de
passer du temps dans la prière. Et par prière je ne parle pas
simplement du fait de parler à Dieu, mais ce qui est tout aussi
important si ce ne l’est plus, c’est d’être à l’écoute de Dieu. Là
encore c’est Jésus qui nous montre le parfait exemple. La base
absolue de la vie de ministère de Jésus sur terre était sa relation
avec son Père. Et afin de cultiver et d’entretenir cette relation.
Jésus a passé énormément de temps dans la prière. Très souvent
tôt le matin, et là il entendait la voix de Dieu et recevait ses
instructions pour son ministère.
La troisième indication que je vous propose est la
suivante: cultiver la communion fraternelle. N’essayez pas de
mener votre vie chrétienne tout seul. La Parole dit que nous
sommes tous membres d’un seul corps et que nous avons besoin
les uns des autres. Je pense souvent à David qui sortit pour
affronter Goliath. Vous vous rappelez que les armes dont il
s’était pourvu n’étaient que cinq petites pierres polies tirées du
ruisseau. Pourquoi ces pierres devaient-elles être polies? Il est
évident que si elles ne l’avaient pas été, elles n’auraient pas été
précises. Toute excroissance ou irrégularité aurait rendu leur tir
aléatoire et imprécis. Elles auraient pu coûter la vie à David.
Pourquoi étaient-elles polies? Parce qu’elles avaient passé du
70
temps dans le ruisseau. Que leur était-il arrivé dans le ruisseau?
Tout d’abord, l’eau était passée sur elles régulièrement. Ensuite
elles s’étaient entrechoquées les unes contre les autres et cela en
avait limé les aspérités.
Je pense que lorsque le Seigneur Jésus-Christ cherche
des chrétiens qu’il peut utiliser, il va les chercher dans le
ruisseau. Il va à l’endroit où l’eau pure de la parole de Dieu a
coulé sur eux, les a lavés, les a arrondis, à l’endroit où ils ont
pratiqué la communion fraternelle et ont limé leurs aspérités en
se frottant les uns aux autres. Ainsi donc, cultivez la
communion fraternelle et elle vous rendra semblables à une
pierre polie.
Ma quatrième et dernière recommandation est de vous
soumettre à la discipline. Aucun fruit ne germe dans une vie
sans la discipline; et j’ai en tête deux catégories principales de
discipline. Primo l’autodiscipline, votre discipline propre et
personnelle, votre manière d’organiser votre vie. Même dans les
choses les plus simples, comme l’heure à laquelle vous vous
levez le matin, ce dont vous vous nourrissez, ce que vous
portez, votre hygiène intime. Tout cela est essentiel pour
cultiver les fruits. Cependant, au-delà cette discipline
personnelle, je pense que tout chrétien dans une situation
normale, devrait être soumis à la discipline de l’église. Il devrait
être membre d’une église, sous l’autorité de dirigeants d’église
et soumis à leur discipline.
Revoici donc mes quatre recommandations – étudier la
parole de Dieu, passer du temps dans la prière, cultiver la
communion fraternelle et se soumettre à la discipline.
Dans le chapitre suivant nous traiterons de la première
catégorie du fruit de l’Esprit "le fruit de l’amour".

71
72
Chapitre 12

Le fruit de l’amour

Nous avons vu précédemment que les dons sont donnés


et reçus au cours d’une brève et simple transaction, ils ne
peuvent s’acquérir ni s’obtenir par l’effort. Inversement, le fruit
apparaît à l’issue d’un processus de croissance et a besoin d’être
cultivé. Cela demande beaucoup d’efforts. En substance, les
dons représentent les capacités et le fruit représente le caractère.
Dans ce chapitre nous allons aborder la première forme
du fruit, qui est l’amour. Je dois dire tout d’abord que l’amour
est primordial dans la foi chrétienne. Il occupe une place dont
l’importance ne souffre aucun partage.
Voyons ce que Jésus nous dit en Jean: 13:34-35:

Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous


les uns les autres. Oui, comme je vous ai aimés, aimez-
vous les uns les autres. A ceci, tous reconnaîtront que
vous êtes mes disciples: à l'amour que vous aurez les
uns pour les autres.

Il y a certaines choses que nous devons retenir dans ces


paroles de Jésus. Tout d’abord, l’amour est un commandement,
ce n’est pas une option. Si nous ne nous aimons pas les uns les
autres nous désobéissons au Seigneur.
Ensuite, c’est un commandement nouveau. Dans un
certain sens il supplante, résume et englobe tous les
commandements préalables. Il est intéressant de noter que
Moïse a donné à Israël 10 commandements et que dans le
judaïsme il en existe 613; mais que le Seigneur Jésus a laissé un
seul commandement nouveau qui est de nous aimer les uns les
autres. Puis, force nous est de reconnaître que c’est un test
certain pour savoir si nous pouvons nous qualifier de disciples.
73
Francis Schaeffer a résumé ceci dans cette déclaration
"Le Seigneur a donné au monde le droit de juger l’église". Si les
gens de ce monde nous voient comme des chrétiens qui ne
s’aiment pas les uns les autres, ils ont parfaitement le droit, par
l’autorité que leur confèrent les paroles de Jésus, de dire que
nous ne sommes pas ses disciples.
Voyons également ce que Paul a à dire sur l’amour, dans
Romains 13:8-10,

Ne restez redevables de rien à personne, sinon de vous


aimer les uns les autres. Car celui qui aime l'autre a
satisfait à toutes les exigences de la *Loi. En effet, des
commandements comme: Tu ne commettras pas
d'adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne
voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres, se
trouvent récapitulés en cette seule parole: Aime ton
prochain comme toi-même. Celui qui aime ne cause
aucun mal à son prochain. Aimer son prochain, c'est
donc accomplir toute la Loi.

Remarquez la déclaration synthétique de la fin "aimer


son prochain c’est donc accomplir toute la loi".
A la suite, deux affirmations en Galates 5:6

Car, en Jésus-Christ, ni la circoncision ni


l'incirconcision n'a de valeur, mais la foi qui est
agissante par l’amour.

Selon Paul, la seule chose qui ait une réelle importance,


c’est la foi exprimée par des actes d’amour. Les ordonnances et
les rituels extérieurs sont secondaires. Le centre même de notre
foi c’est l’expression de l’amour.
Puis en Galates 5:14, Paul continue en disant:

Car toute la loi est accomplie dans une seule parole


[quelle est cette parole?], dans celle-ci: Tu aimeras ton
74
prochain comme toi-même. [Cette parole est bien
entendu L’AMOUR].

Particulièrement pour ceux d’entre nous qui


accomplissent un ministère chrétien, que nous soyons
enseignants, pasteurs ou autres, il est important de prendre en
compte cette prééminence de l’amour dans tous les aspects de la
vie chrétienne, parce que c’est ce qui fait la différence dans
l’accomplissement de notre ministère.
En Timothée 1:5 & 6, Paul dit ce qui suit:

Le but du commandement, c'est un amour venant d'un


cœur pur, d'une bonne conscience, et d'une foi sincère.
Quelques-uns, s'étant détournés de ces choses, se sont
égarés dans de vains discours;

Que veut dire Paul par-là? Que le but ultime et légitime


de tout ministère chrétien est de produire de l’amour. Les
ministères qui ne produisent pas d’amour se sont détournés des
objectifs de Dieu et débouchent sur des discussions stériles, des
paroles vides de sens et du temps perdu. Nous devons éprouver
notre propre ministère d’après ce modèle. Suscitons-nous
l’amour mutuel chez les gens?
En certains endroits il n’est pas difficile de faire venir les
gens à l’église, de les faire asseoir sur des bancs et chanter des
cantiques, ni même de leur faire donner leur dîme, mais si ces
gens ne s’aiment pas les uns les autres, tout cet effort religieux
est en réalité une perte de temps. J’ai souvent éprouvé mon
propre ministère selon ce critère, et parfois j’ai dû admettre en
mon for intérieur que je ne produisais pas les fruits que j’aurais
dû. Mais je suis déterminé dorénavant à amener les personnes à
s’aimer les unes les autres réellement.
Quelle est la nature de l’amour tel qu’il est compris dans
le Nouveau Testament? Permettez-moi de vous expliquer
brièvement que dans le grec de l’époque du Nouveau
Testament, il existait quatre mots principaux, ils se référaient
75
tous à un certain type d’amour. Le premier est eros, qui vous le
savez sûrement, se réfère à l’amour ou au désir sexuel. Le
deuxième est storge, qui pourrait se traduire par "affection",
ayant particulièrement trait à l’affection familiale. Le troisième
est philia, qui signifie l’amitié. Le quatrième est agape, qui
exprime l’amour pur et durable, premièrement manifesté par
Dieu lui-même, et, même s’il y a des endroits dans le Nouveau
Testament où il est utilisé pour un amour autre que celui de
Dieu, habituellement agape se réfère à l’amour qui est généré
par Dieu lui-même.
Comment l’amour apparaît-il? Comment est-il généré?
J’ai déjà dit que le fruit devait être cultivé. Comment cultive-t-
on l’amour? Je voudrais vous suggérer quatre principes simples
sur le fait de cultiver l’amour agape, le type d’amour dont parle
le Nouveau Testament.
Tout d’abord, un amour d’une telle sorte est issu de la
semence de la parole de Dieu, reçue dans le cœur du croyant.
Pierre l’exprime en 1 Pierre 1:22-23.

Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité pour


avoir un amour fraternel sincère, aimez-vous
ardemment les uns les autres, de tout votre cœur,
puisque vous avez été régénérés, non par une semence
corruptible, mais par une semence incorruptible, par la
parole vivante et permanente de Dieu.

Remarquez ce que dit Pierre en substance: "aimez-vous


ardemment les uns les autres, de tout votre cœur, puisque vous
avez été régénérés par la semence de la parole de Dieu". En
d‘autres termes, c’est la nouvelle naissance générée par la
semence de la parole de Dieu qui nous rend capables d’aimer de
cette sorte d’amour. L’origine de ce fruit, c’est la semence de la
parole de Dieu.
En I Jean 4:7 & 8, Jean dit encore ceci:

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres; car l'amour


76
est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît
Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu
est amour.

Il y a une sorte d’amour qui n’est possible que lorsque


nous sommes nés de Dieu. Tout être né de Dieu devrait
manifester ce type d’amour, et ceux qui ne le manifestent pas
n’ont aucune base scripturaire pour clamer qu’ils sont nés de
Dieu.
Le second principe est que l’amour est déversé par le
Saint-Esprit. Romains 5:5 dit: "Or, l'espérance ne trompe point,
parce que l'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le
Saint-Esprit qui nous a été donné." Le cœur d’un chrétien né de
nouveau devient le réceptacle de l’amour de Dieu. Une
personne non née de nouveau n’est pas un réceptacle adéquat
pour recevoir l’amour de Dieu. Mais lorsque nous naissons de
nouveau, nos cœurs deviennent ce réceptacle et c’est alors que
le Saint-Esprit peut y déverser l’amour de Dieu. Voilà quelle est
la contribution du Saint-Esprit.
Troisièmement, cultiver cette sorte d’amour requiert la
collaboration de notre volonté. Nous sommes aujourd’hui
tellement habitués à expérimenter un amour émotionnel et
physique, que certaines personnes ont du mal à admettre qu’il
existe un amour différent non basé sur nos émotions, ni sur nos
sens physiques, mais sur la volonté. L’amour agape est basé sur
la volonté. Il est essentiellement le produit de notre décision et
la mise en oeuvre de notre volonté. Il ne dépend pas de nos
émotions, ni de nos sensations physiques.
Quatrièmement, cette sorte d’amour est mise en pratique
en donnant nos vies.
En Jean 15:12-13, Jésus dit:

C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les


autres, comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus
grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

77
Jésus dit que c’est un commandement. Ce n’est pas une
option que de s’aimer les uns les autres. De quelle manière faut-
il s’aimer? "comme je vous ai aimés ". Comment Jésus a-t-il
exprimé son amour pour nous? En donnant sa vie pour nous. Si
nous nous aimons les uns les autres, nous sommes dans
l’obligation de donner nos vies les uns pour les autres. Nous
retrouvons cela en 1 Jean 3:16, "Nous avons connu l'amour, en
ce qu'il a donné sa vie pour nous; nous aussi, nous devons
donner notre vie pour les frères." Voyez-vous, en ceci repose
l’essence de l’amour agape, donner sa vie. Pas nécessairement
comme un martyr, par la mort physique, mais en nous donnant
nous-mêmes, nos possessions, nos capacités et nos talents à nos
frères en Christ. Voilà ce que signifie donner sa vie pour ses
amis – c’est l’expression de l’amour agape.
Permettez-moi de récapituler ces quatre principes sur
comment cultiver l’amour. Tout d’abord, il est produit par le
fait d’être né de nouveau de la semence de la parole de Dieu.
Une personne non née de nouveau ne peut produire ce genre
d’amour.
Ensuite, le cœur né de nouveau devient le réceptacle que
le Saint-Esprit remplit de l’amour de Dieu.
Troisièmement, un amour de cette sorte est basé sur la
volonté, non sur les émotions ou le corps physique.
Et quatrièmement, cet amour s’exprime de la même
manière que Christ l’a exprimé pour nous. En donnant notre
vie. Si nous ne désirons pas donner notre vie pour nos amis
chrétiens, nous n’avons pas le droit de clamer haut et fort que
nous avons ce genre d’amour.

78
Chapitre 13

Le fruit de la joie

"La joie" est un mot magnifique. Lorsque Dieu bénit des


parents en leur donnant une jolie petite fille, le nom qui est
souvent choisi pour elle est "joie " (n.d.t., dans certaines
cultures, notamment anglophone). Il y a quelque chose de très
beau dans la joie. Cependant, afin d’expérimenter cette beauté
dans nos vies, nous devons comprendre la vraie nature de la
joie. Et dans ce but, il nous faut savoir quelque chose sur la
personne humaine.
La Bible révèle que la personne humaine est constituée
de trois domaines différents: AME-CORPS-ESPRIT. Paul en
fait état en Thessaloniciens 5:23, comme suit:

Que le Dieu de paix vous rende lui-même entièrement


saints et qu'il vous garde parfaitement esprit, âme et
corps pour que vous soyez irréprochables lors de la
venue de notre Seigneur Jésus-Christ.

Remarquez bien que lorsque Paul parle de notre


personne dans son intégrité il en distingue trois éléments.
L’ESPRIT, l’AME et le CORPS.
Chacun de ces éléments d’une personne trouve sa
satisfaction différemment. Si nous comprenons cela, nous
pouvons commencer à comprendre la vraie nature de la joie. En
ce qui concerne le corps, j’appellerais ce qui peut le satisfaire:
le plaisir. Pour combler l’âme, nous pourrions parler de
bonheur. Mais la satisfaction de l’esprit, ce serait la joie. Ainsi
le plaisir est dans le corps, le bonheur dans l’âme et la joie dans
l’esprit.
Il est important de faire la distinction entre le bonheur et
la joie de la manière dont je viens de le définir. Bien entendu
79
ces mots peuvent être utilisés différemment, mais je choisis de
les utiliser de cette manière pour bien faire ressortir la
différence. Quelle est donc la différence entre le bonheur et la
joie? Laissez-moi vous donner un exemple très simple et
quotidien du bonheur. Voici un jeune homme dans sa voiture de
sport avec sa compagne à ses côtés, par une merveilleuse
journée de printemps, sur une splendide autoroute. Tout va
bien, les oiseaux chantent, il a de l’argent plein les poches, sa
compagne lui tient la main et il est très heureux.
Mais, changeons de décor, observons le même jeune
homme. Sa superbe voiture de sport est accidentée, sa
compagne l’a quitté, c’est une froide journée d’hiver, il pleut et
il est fauché. Pensez-vous qu’il soit heureux à présent?
Certainement pas. Son bonheur semble s’être évaporé. Quelle
est en la raison? C’est que le bonheur dépend des circonstances.
Mais ce qu’il y a de merveilleux à comprendre là dedans, c’est
que la joie ne dépend pas des circonstances.
Vous vous dites "mais comment cela est-il possible?". La
réponse est que la joie dépend de quelque chose qui ne change
jamais selon la situation, les circonstances, les finances ou le
temps. Il n’y a qu’une seule source de la joie, et c’est Dieu lui-
même, et puisque Dieu ne change jamais, la joie n’a aucun
besoin de changer non plus.
Si nous nous contentons de vivre dans le domaine du
corps et de l’âme, nous pouvons connaître le plaisir et le
bonheur, mais nous ne pouvons pas connaître la joie. Car la joie
n’a qu’une origine et c’est Dieu. La joie est le fruit d’une
relation directe, personnelle et constante avec Dieu. Sans cette
relation il est impossible de connaître la vraie joie.
Je voudrais vous donner le témoignage de quelques
personnes qui ont trouvé le secret de la joie. Je vais vous le
transmettre au travers de leurs propres paroles. Le premier est
évidemment David, le psalmiste. Lisez ce qu’il dit dans le
Psaume 43:4. Le contexte de ce Psaume est que David est
oppressé, ses ennemis sont après lui et il est sous la pression des
circonstances, les choses se passent mal et son avenir semble
80
incertain. Il prend donc une décision et voici ce qu’il dit:

Alors j'avancerai jusqu'à l'autel de Dieu, vers toi, Dieu


de ma joie et de mon allégresse. Alors je te louerai en
m'accompagnant de la lyre. O Dieu: tu es mon Dieu!
(La Bible du Semeur)

En fait, David, se dit en lui-même "comment sortir de


toutes ces difficultés? Quelle est la solution?" Il continue en
disant: "Il existe un endroit où je dois aller. C’est l’autel de
Dieu. Lorsque je me présente devant l’autel, je peux
commencer à adorer et à louer Dieu, mon contact avec Dieu est
rétabli et ma joie m’est rendue ".
Et remarquez ce que David dit de Dieu "Dieu de ma joie
et de mon allégresse ". La joie de David ne se trouvait donc pas
dans une situation, une circonstance, une expérience, un succès
ou une bénédiction quelconque, mais elle se trouvait en Dieu et
il dit de lui qu’il est sa joie et son allégresse.
Avez-vous ce genre de relation avec Dieu qui, au milieu
de la difficulté et de l’oppression, laisse la voie ouverte pour
recevoir la joie? Le canal entre vous et Dieu est dégagé, et
même si vous n’êtes pas heureux et que vous ne ressentez pas
de plaisir, et que tout autour de vous est sombre et incertain,
vous avez toujours la joie – la joie dans votre esprit, parce que
votre esprit est en contact direct avec l'Esprit de Dieu, la source
de la joie.
Ecoutez le témoignage d’un autre homme qui était dans
une situation terrible. En fait, dans un certain sens, il est
difficile de se trouver en pire situation que cet homme qui est le
prophète Habacuk. Voici le témoignage d’Habacuk au chapitre
3:17 & 18:

Car le figuier ne bourgeonnera plus, et il n'y aura plus


de raisins dans les vignes, le fruit de l'olivier trompera
les espoirs, les champs ne produiront plus de pain à
manger. Les moutons et les chèvres disparaîtront de
81
leurs enclos, les bœufs de leurs étables. Mais moi, c'est
à cause de l'Eternel que je veux me réjouir, j'exulterai de
joie à cause du Dieu qui me sauve.

Habacuk est confronté à une situation dans laquelle il est


privé de toutes les choses matérielles sur lesquelles il pouvait
compter. La liste en est impressionnante. Le figuier ne
bourgeonne plus, il n’y a plus de raisin dans les vignes, il n’y a
plus d’olives, les champs ne produisent plus de nourriture, le
troupeau a disparu du champ et le bétail des étables. Donc, pour
un homme qui vivait des produits de la ferme il ne restait pas
grand-chose. Quelle fut la réaction d’Habacuk? S’est-il assis en
disant "bon, tout est fini. Dieu m’a oublié. Je devrais tout laisser
tomber à mon tour". Qu’auriez-vous fait dans une situation
similaire?
Habacuk, tout comme David, a pris une décision. David
a dit "Je vais aller à l’autel de Dieu". Habacuk dit "J’exulterai
de joie à cause de Dieu ". Je veux que vous voyiez que ceci ne
repose pas sur les émotions, mais sur la volonté. C’est une
décision. Tout est allé de travers, mais je peux toujours aller
près de Dieu et lorsque j’y vais, j’ai de la joie, parce que le
Seigneur est ma joie, et même si les circonstances et les
situations changent, le Seigneur ne change pas. Voilà comment
il est possible pour un croyant d’avoir une joie permanente et
ininterrompue. Non dans son corps ou dans son âme mais dans
son esprit.
En Romains 5, Paul décrit une progression intéressante
dans la joie. Dans le verset 2 il dit, "nous nous glorifions [ou
nous espérons ou nous réjouissons] dans l'espérance de la gloire
de Dieu". La première source de la joie est l’espérance de la
gloire de Dieu. La description suivante dans le verset 3 est
plutôt surprenante au regard de la pensée humaine. Il dit, "nous
nous glorifions même des afflictions" [dans nos difficultés].
Nous en tirons de la joie. Mais comment cela est-il possible?
Paul l’explique dans le verset suivant. Parce que les
afflictions produisent dans notre caractère un certain résultat qui
82
ne pourrait être produit autrement. Et même si nous n’aimons
pas les afflictions, nous en tirons de la joie, nous nous en
glorifions. Parce que nous savons que cela a de l’effet sur notre
caractère.
Toujours est-il que la troisième étape de cette
progression se trouve dans le verset 11 de Romains 5 où Paul
dit la chose suivante:

Et non seulement cela, mais encore nous nous glorifions


en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, par qui
maintenant nous avons obtenu la réconciliation.

Le summum de l'exaltation dans la joie c’est de le faire


en Dieu lui-même. Et comme je l'ai dit déjà, cela ne peut jamais
vous être enlevé. Je dirais que la marque d'une véritable
maturité est de trouver la joie en Dieu lui-même, non dans une
expérience ou une bénédiction ou une provision – même si ces
choses sont merveilleuses – mais en Dieu seul.
Laissez-moi vous lire un verset en Actes:13-52. Il est dit
ici, à propos des disciples dans la ville d’Antioche en Pysidie:

…tandis que les disciples étaient remplis de joie et du


Saint-Esprit.

Si vous regardez le contexte, ces disciples étaient


fraîchement convertis. Ils étaient soumis à une grande pression,
il y avait de la persécution dans la ville, les hommes qui les
avaient amenés au Seigneur – Paul et Barnabas - avaient dû les
quitter, donc ils étaient livrés à eux-mêmes au milieu de la
persécution.
Quelle a été leur réaction? Laisser tomber ou être abattu
et dire "Bon alors, Dieu nous a abandonné"? Non, leur réponse
fut surprenante. Les disciples étaient continuellement remplis
de joie et de l’Esprit saint. Tant que vous serez remplis de
l’Esprit saint vous serez capable d’être remplis de joie.
Je vais clore ce chapitre avec deux affirmations
83
parallèles. La première, il est impossible d’être rempli de joie
sans le Saint-Esprit et la deuxième, il est impossible d’être
rempli du Saint-Esprit sans la joie.

84
Chapitre 14

Le fruit de la paix

Dans ce chapitre nous étudierons le troisième forme du


fruit de l’Esprit, "le fruit de la paix".
D’un point de vue négatif, la paix signifie la fin – ou
l’absence – de conflit. Il ne peut certainement pas y avoir de
paix lorsqu’il y a conflit. Mais pour mettre fin à un conflit la
réconciliation est nécessaire. Il est important de savoir cela.
Nous qui sommes tellement habitués à la guerre dans le monde
d’aujourd’hui, nous pensons que normalement la paix ne
survient lorsque qu’un côté a vaincu l’autre. Mais ce n’est pas
vraiment cela la paix. La vraie paix n’intervient que lorsque
deux personnes, nations ou autres qui s’opposent, se
réconcilient l’une avec l’autre. Ainsi, là où il y a eu conflit, la
paix n’est possible qu’au travers de la réconciliation, en
réunissant ensemble les deux parties en guerre et en ôtant de
leurs cœurs la guerre et l’inimitié.
A l’origine, le conflit a été introduit dans l’Univers par le
péché. Tout d’abord, par le péché de Satan, l’ange déchu, puis
par le péché de la race humaine sur terre. Le péché a amené
différentes formes de conflit. Il y a un conflit entre Dieu et
l’homme, parce que l’homme est en guerre contre Dieu et il
n’est plus en harmonie avec lui. Mais il y a conflit également
entre les hommes. Il y a la guerre, la discorde, les querelles
partout dans l’humanité – au sein des familles, des nations, au
niveau international. Pour arriver à la paix, nous avons besoin
de réconciliation. La réconciliation a été accomplie une fois
pour toutes par Dieu au travers de la mort de Jésus à la croix. Il
n’y a aucune autre possibilité de réconciliation que celle qui a
été pourvue par la mort de Jésus à la croix. Regardez ce que dit
le prophète Esaïe au chapitre 53:5. Je pense que c’était une
prédiction prophétique des souffrances de Jésus à notre place. Il
85
est dit:

Mais c'est pour nos péchés qu'il a été percé, c'est pour
nos fautes qu'il a été brisé. Le châtiment qui nous donne
la paix est retombé sur lui et c'est par ses blessures que
nous sommes guéris.

Remarquez la phrase centrale: "Le châtiment qui nous


donne la paix est retombé sur lui." Aussi longtemps que nos
crimes et nos iniquités n’avaient pas été réglés, la paix n’était
pas possible parce qu’il n’y avait pas eu de réconciliation. Mais
Jésus a été puni pour nos crimes. Il a pris sur lui le châtiment
qui nous était destiné. De cette manière la justice de Dieu a été
satisfaite et le chemin nous a été ouvert pour entrer dans la paix
– la paix avec Dieu.
En Colossiens 1:19-20, Paul traite du même sujet—la
réconciliation entre Dieu et l’homme, accomplie au travers de la
mort de Jésus sur la croix. Voilà ce que Paul dit:

Car c'est en lui que Dieu a désiré que toute plénitude ait
sa demeure (en Jésus). Et c'est par lui qu'il a voulu
réconcilier avec lui-même l'univers tout entier: ce qui
est sur la terre et ce qui est au ciel, en instaurant la paix
par le sang que son Fils a versé sur la croix.
.
Le but de la mort de Jésus était la réconciliation. Au
travers de cela, Dieu a fait la paix avec nous, mais pour faire
cette paix, il était nécessaire que Jésus verse son sang. C’est
uniquement grâce au sacrifice de sa vie pour nous qu’il nous a
été possible d’expérimenter la réconciliation avec Dieu.
Il faut deux poutres pour faire une croix: une verticale et
une horizontale. Chacune d’elles représente une certaine
relation. La poutre verticale – de bas en haut - représente notre
relation avec Dieu, mais la poutre horizontale représente notre
relation avec nos frères. Sur la croix, les deux relations ont été
restaurées. La réconciliation s’est étendue dans les deux
86
directions. Tout d’abord de Dieu vers l’homme et ensuite de
l’homme vers l’homme.
Voyons d’abord la première direction de réconciliation,
représentée par la poutre verticale. En Romains 5:1, Paul dit la
chose suivante:

Puisque nous avons été déclarés justes en raison de


notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre
Seigneur Jésus-Christ.

Une fois que nous avons été acquittés de notre


culpabilité, par la mort de Jésus, nous avons la paix avec Dieu.
La réconciliation avec Dieu s’est réalisée. Cela amène la paix.
Voyons maintenant la poutre horizontale. La relation
d’homme à homme. En Ephésiens 2:14-15, Paul dit à Jésus:

Car il est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un [à
l’origine il s’agit des Juifs et des Gentils], et qui a
renversé le mur de séparation, l'inimitié [par sa mort
Jésus a brisé la barrière montée par les murs de
division], ayant anéanti par sa chair la loi des
ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-
même avec les deux un seul homme nouveau, en
établissant la paix,

Remarquez qu’ici il s’agit de la paix sur le plan


horizontal – c’est entre un homme et un autre homme. Par sa
mort à la croix, Jésus a brisé les barrières qui divisaient et
séparaient l’humanité et il a rendu possible la paix entre les
hommes. C’est pour cette raison que l’humanité ne pourra
jamais connaître la vraie paix, si ce n’est au travers de la croix.
Aucune autre voie ne mène à la paix, que ce soit pour les
individus, les familles, les nations ou toute l’espèce humaine.

Voyez ce que dit Dieu au genre humain en Esaïe 57:19-


21
87
Je créerai sur leurs lèvres des hymnes de louange. Paix,
paix à qui est loin comme à ceux qui sont près, déclare
l'Eternel. Oui, je le guérirai. Mais les méchants
ressemblent à la mer agitée qui ne peut se calmer et dont
les flots agitent la vase et le limon. Mais, a dit Dieu, il
n'y a pas de paix pour les méchants.

Remarquez deux choses – la paix mène à la guérison.


Dieu accorde la paix et ensuite il dit "je guérirai". Cela est vrai
pour chaque sphère qui compose l’être humain – la pensée, les
émotions et le corps. La paix apporte la guérison.
Mais ensuite, d’un autre côté, il n’y a pas de paix pour le
méchant – ceux qui restent bornés, rebelles, intraitables et
insoumis; ceux qui rejettent la réconciliation par la croix. Il n’y
a pas d’autre chemin vers la paix pour eux.
J’ai dit que la paix est réalisée au travers de la
réconciliation. Cependant, nous devons comprendre que la paix
est plus qu’une simple absence de conflit. Bien entendu,
lorsqu’il y a conflit il ne peut y avoir de paix; mais simplement
la fin du conflit ne signifie pas la paix dans sa plénitude. Le mot
hébreu pour paix est "shalom" - la salutation usuelle entre les
Juifs d’aujourd’hui. "Shalom" est lié à une racine en hébreu qui
veut dire "achever" ou "compléter". "Shalom" veut dire
plénitude, aboutissement, bien-être. Voilà la signification
complète de la paix. C’est non seulement l’absence de conflit,
mais quelque chose de très positif – la plénitude,
l’aboutissement, le bien être.
Je voudrais vous proposer deux clés pour la paix. La
première est la souveraineté de Dieu. En Esaïe 9:6, cette
prophétie sur le Messie est donnée:

Il étendra sans fin la SOUVERAINETE (l'anglais donne


"gouvernement", n.d.t ) et donnera la PAIX qui durera
toujours. . . (Version Semeur)

Remarquez la relation entre le gouvernement de Dieu et


88
la paix. Remarquez-en aussi l’ordre. Le gouvernement de Dieu
vient d’abord et ensuite vient la paix. Seuls ceux qui sont sous
le gouvernement de Dieu peuvent connaître la paix. Ceux qui
rejettent le gouvernement de Dieu ne connaissent jamais la
véritable paix. Souvent dans la Bible, il est fait référence à
l’évangile comme à l’évangile du Royaume de Dieu. Evangile
signifie "bonne nouvelle". Quelle est cette bonne nouvelle? La
bonne nouvelle est que Dieu est prêt à régner sur nous – à
établir son Royaume sur nos vies - et lorsqu’il le fait, nous
pouvons recevoir la paix, mais sans le gouvernement de Dieu, il
n’y a pas de paix.
La deuxième clé pour la paix est, je le pense, ECOUTER
ET OBEIR A LA VOIX DE DIEU. En Esaïe 48:18, Dieu parle
à son peuple, Israël. Il leur rappelle ce qu’ils auraient pu avoir
s’ils avaient marché dans l’obéissance. Voici ce qu’il dit:

Si tu avais su obéir à mes commandements, ta paix


coulerait comme un fleuve et le salut que je ferai venir
pour toi serait semblable aux vagues de la mer.

Quelle est donc la clé pour avoir une paix qui coule
comme un fleuve? Etre attentif aux commandements de Dieu,
écouter ce que Dieu dit, et ensuite le faire.
Le même principe est reporté de la même manière dans
le Nouveau Testament. En Jean 10:27, Jésus dit ceci de ses
disciples (ceux qui le suivent vraiment):

Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me


suivent.

A quoi reconnaît-on un vrai disciple de Jésus? Ce n’est


pas à une étiquette dénominationnelle. Ni même pas à une
certaine condition doctrinale. Mais à ceci: "Mes brebis écoutent
ma voix et elles me suivent"
Quelles sont les deux choses qui déterminent le croyant
authentique, le vrai disciple de Jésus? Tout d’abord écouter sa
89
voix et ensuite le suivre, et cela apporte la paix. Jésus a dit à
ceux qui font cela "Je vous laisse la paix, je vous donne Ma
paix, je ne vous donne pas comme le monde donne."
Je suis heureux que ce ne soit pas comme le monde
donne, parce ce ne serait pas très constant, ni stable ni durable.
Ainsi donc, quelles sont les deux conditions pour la paix?
Premièrement la réconciliation au travers de la croix avec Dieu
et avec les hommes, et deuxièmement, l’écoute et l’obéissance à
la voix de Dieu.

90
Chapitre 15

Le fruit de la patience

La patience possède deux aspects différents mais qui


sont liés entre eux. Le premier aspect est l’opiniâtreté à endurer
la souffrance, le deuxième est la lenteur à se venger du mal. Si
l’un de ces deux aspects manque, la patience n’est pas
complète. Certaines personnes font preuve de détermination
lorsqu’elles endurent des souffrances, mais elles sont promptes
à la vengeance. D’autres personnes sont lentes à se venger, mais
manquent d’endurance dans la souffrance. Pour avoir une vraie
patience selon la parole – le fruit de l’Esprit dans sa totalité – il
faut allier ces deux choses: La détermination à endurer les
problèmes et la lenteur à se venger.
Nous devons comprendre que le chemin de l’homme
pour entrer dans le Royaume de Dieu traverse des tribulations.
Cela est spécifié dans la Parole. A un moment donné au cours
de leur ministère, Paul et Silas ont traversé des villes où il y
avait des disciples nouvellement convertis au Seigneur grâce à
leur ministère, des disciples qui avaient subi des pressions et
souffert de la persécution. Voici ce que Paul et Silas faisaient:
Actes 14:22:

… fortifiant l'esprit des disciples, les exhortant à


persévérer dans la foi, et disant que c'est par beaucoup
de tribulations qu'il nous faut entrer dans le royaume de
Dieu"

Remarquez ce mot "il faut ". Pourquoi "il faut"?


Pourquoi faut-il que nous passions par beaucoup de tribulations
pour entrer dans le Royaume de Dieu? En quoi les tribulations
nous sont-elles nécessaires? Les tribulations, les problèmes ou
la pression – quel que soit le terme que vous vouliez utiliser -
91
sont nécessaires pour que les bénéfices de la mort de Jésus à
notre place se révèlent en nous. Ce que Jésus a accompli sur la
croix, il l’a accompli une fois pour toutes. Cela n’a pas besoin
d’être renouvelé. C’est une oeuvre complète et parfaite. Mais
son effet dans nos vies ne se limite pas à une expérience unique
et passagère. C’est un processus constant qui fait que les effets
bénéfiques que nous procure la mort de Jésus à la croix s’y
révèlent. Et les tribulations sont des facteurs qui génèrent ces
effets bénéfiques. Je vais vous le dire autrement: Sur la croix,
Jésus est mort au péché à notre place. C’est pour cela que nous
devons reconnaître sa mort comme notre propre mort. Nous
voyons cela en Romains 6:10-11.

Car il est mort, et c'est pour le péché qu'il est mort une
fois pour toutes; il est revenu à la vie, et c'est pour Dieu
qu'il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme
morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-
Christ

"Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au


péché, …" De la même manière que Jésus est mort sur la croix,
considérez-vous comme morts, parce que sa mort a été votre
mort. C’est un fait accompli que nous devons reconnaître
aussitôt que nous en avons réalisé la portée.
Cependant, le reconnaître est une chose. En voir les
effets dans le quotidien en est une autre. Paul dit donc en
Colossiens 3:5, en parlant aux chrétiens:

Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre,


l'impudicité, l'impureté, les passions, les mauvais désirs,
et la cupidité, qui est une idolâtrie.

Nous nous reconnaissons nous-mêmes comme morts,


mais afin que cela soit effectif dans nos vies, nous devons
mettre à mort ces choses qui sont l’expression de notre vieille
nature non régénérée. La patience est cet aspect de notre
92
caractère qui en résulte - elle est produite en nous lorsque nous
expérimentons les effets de la mort de Jésus à notre place. Jésus
est mort au péché. Le dessein de Dieu est que nous soyons
morts au péché. Nous le recevons par la foi, mais nous en
ressentons les effets en en faisant l’expérience. Expérimenter
ces effets requiert de la patience. Sans la patience, nous ne
pouvons entrer dans la plénitude de ce que Dieu nous accorde
au travers de la mort de Jésus sur la croix.
Dans l’acquisition de la patience, Jésus a été notre
exemple. 1 Pierre 2:20-23 l’exprime clairement. Pierre parle
essentiellement aux personnes qui sont dans l’esclavage, soumis
à des maîtres. Mais le principe de ce qu’il dit dépasse largement
le niveau de la relation esclave/maître. Ce principe s’applique à
nous tous qui sommes des croyants. Il dit ceci:

En effet, quelle gloire y a-t-il à supporter de mauvais


traitements pour avoir commis des fautes? Mais si vous
supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est
bien, c'est une grâce devant Dieu.

Remarquez que ce que Dieu veut de nous, c’est que


même si nous sommes traités injustement, puni alors que nous
ne le méritons pas, nous le supportions. Voici ce qu’il
recherche. Ce qui suit est très frappant.

Et c'est à cela que vous avez été appelés.

Qu’est-ce que cela? Supporter patiemment de


mauvaises choses et un traitement injuste. La plupart des
chrétiens qui parlent d’être appelés à faire un tas de choses
intéressantes ne mentionnent même pas le fait que c’est aussi à
cela que nous avons été appelés. Puis Pierre continue en disant:

parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous


laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces,

93
Nous sommes donc clairement incités à suivre
l’exemple de Jésus dans le fait de souffrir. Son exemple est
exposé, dans les versets 22-23:

Lui qui n'a point commis de péché, Et dans la bouche


duquel il ne s'est point trouvé de fraude;

Il était entièrement innocent. Il n’avait mérité aucune


des souffrances qu’il a subies. Mais il est dit:

Lui qui, injurié, ne rendait point d'injures, maltraité, ne


faisait point de menaces, mais s'en remettait à celui qui
juge justement.

La manière dont Jésus a répondu au traitement injuste et


à la souffrance venait de sa confiance en son Père. Il était prêt à
s’en remettre à son Père et à ne pas se défendre lui-même.
Alors, il a enduré les mauvais traitements, les mauvaises
actions, les fausses accusations et le rejet, patiemment, sans
rendre les coups, parce qu’il avait confiance en son Père qui le
sortirait de là. C’est ça la patience. Lorsque nous l’avons
acquise, nous renonçons au désir de nous justifier nous-mêmes
ou de nous venger nous-mêmes. Aussi longtemps que nous
sommes occupés à nous justifier ou à nous venger lorsque nous
sommes faussement accusés ou injustement traités, nous
n’avons pas pleinement acquis le fruit de la patience.
Pierre continue dans la même pensée en 1 Pierre 4:1 & 2:

Ainsi donc, Christ ayant souffert dans la chair, vous


aussi armez-vous de la même pensée. Car celui qui a
souffert dans la chair en a fini avec le péché, afin de
vivre, non plus selon les convoitises des hommes, mais
selon la volonté de Dieu, pendant le temps qui lui reste
à vivre dans la chair.

94
Notez cette remarquable affirmation: "Car celui qui a
souffert dans la chair en a fini avec le péché, afin de vivre, non
plus selon les convoitises des hommes, mais selon la volonté de
Dieu, pendant le temps qui lui reste à vivre dans la chair." Ce
qui est essentiel c’est d’être mort au péché. Le fait que nous
puissions mourir au péché a été rendu possible par la mort de
Jésus, mais l’accomplissement de cela dans notre vie demande
de la patience, et sans elle nous ne pouvons y arriver.
Qu’est-ce que cela veut dire que d’être mort au péché? Je
l’exprimerais de la manière suivante. Lorsque vous êtes morts
au péché, le péché n’a plus de pouvoir sur vous, il ne vous attire
plus et il vous fait plus réagir. Je pense que tout cela est
progressif. Je connais des croyants sur qui le péché n’a plus
aucun pouvoir. Ils ne cèdent plus au péché sous la pression,
mais celui-ci les attire encore. Il subsiste en eux un désir qui
n’est pas mort. Je connais des croyants encore plus mûrs sur qui
le péché n’a plus de pouvoir et ne les attire plus non plus, mais
il les fait toujours réagir. Par exemple, si quelqu’un parle de
vous en mal, la moutarde vous monte au nez et vous avez envie
de le frapper – si ce n’est de votre poing, du moins de votre
langue, mais lorsque vous êtes réellement mort au péché, vous
ne réagissez plus. Et vous êtes alors libre de soumettre votre vie
à la volonté de Dieu.
Quelle est la clé pour obtenir cette patience? Je suggère
que vous la trouviez en gardant vos yeux fixés sur Jésus. Lisez
Hébreux 12:1-3:

Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés


d'une si grande nuée de témoins [Il s’agit des grands
hommes de l’Ancien Testament], rejetons tout fardeau,
et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons
avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte,
ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur
de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a
souffert la croix, méprisé l'ignominie, et s'est assis à la
droite du trône de Dieu. Considérez, en effet, celui qui a
95
supporté contre sa personne une telle opposition de la
part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point,
l'âme découragée.

Jésus savait que le seul chemin vers la joie passait par la


souffrance. En vue de la joie qui lui était réservée, il a supporté
la souffrance. La clé de tout cela est de garder nos yeux fixés
sur Jésus et de le suivre là où il nous conduit.

96
Chapitre 16

L’amabilité

Quelle est en essence, la nature de l’amabilité? Elle


signifie traiter les autres comme nous aimerions qu’ils nous
traitent. Je pense que cette définition nous rend le concept
d’amabilité pratique et facile à comprendre, dans un certain
sens aussi, facile à appliquer parce qu’en général nous savons
de quelle manière nous aimerions être traités. C’est en fait très
clair dans notre esprit.
L’amabilité c’est qu’il soit tout aussi clair pour nous que
nous devons traiter les gens de la manière dont nous aimerions
qu’ils nous traitent. Jésus a quelque chose à dire à ce propos en
Luc 6:27-31. Voici ce qu’il dit:

Mais je vous dis, à vous qui m'écoutez: Aimez vos


ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent,
bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui
vous maltraitent. Si quelqu'un te frappe sur une joue,
présente-lui aussi l'autre. Si quelqu'un prend ton
manteau, ne l'empêche pas de prendre encore ta tunique.
Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas ton
bien à celui qui s'en empare. Ce que vous voulez que les
hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux.

Nous y voyons de nombreux exemples d’amabilité:


aimer nos ennemis, faire du bien à ceux qui nous haïssent, bénir
ceux qui nous maudissent, prier pour ceux qui nous maltraitent.
Et si quelqu’un veut prendre quelque chose qui nous appartient;
il ne faut pas le réclamer. Nous devons donner à ceux qui nous
demandent. Je pense que toutes ces choses que Jésus mentionne
ici en tant que règles de conduite, représentent en réalité
l’amabilité en action. Dans le dernier verset, il résume tout et
97
nous donne la clé de l’amabilité. Il dit "Ce que vous voulez que
les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux".
Traitez les gens comme vous souhaiteriez qu’ils vous traitent. .
Dans le Sermon sur la montagne en Matthieu 7:12, Jésus
nous renvoie à ce principe en disant ceci:

Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour


vous, faites-le de même pour eux, car c'est la loi et les
prophètes.

Cette une étonnante déclaration n’est-ce pas?


L’intégralité de l’Ancien Testament, la loi et les prophètes,
étaient basés sur le même principe. Tout ce que vous désirez
que les autres fassent pour vous, il faut que vous le fassiez pour
eux. Nous sommes parfois tellement perdus dans le dédale des
commandements et des ordonnances que nous nous demandons
finalement à quoi ils riment. Mais dans le Nouveau Testament,
Jésus résume tout en un seul principe de base tout simple: celui
de traiter les autres comme vous voudriez qu’ils vous traitent.
Il nous faut savoir que c’est ainsi que tout fonctionnera
de toute manière. Donc autant le savoir à l’avance. En d’autres
termes, le traitement que vous infligerez aux autres finira par
vous revenir. C’est une loi universelle. Ce n’est peut-être pas
une loi reconnue scientifiquement, mais c'est une loi que Dieu a
disposée en l’homme pour sa conduite et ses relations avec les
autres. Paul la résume en Galates 6:7:

Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce


qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi.

Vous voyez donc que, vue sous cette forme, l’amabilité


est en réalité un égoïsme à visage humain. Vous allez donner ce
que vous voulez recevoir en retour. Cependant, pour que cela
fonctionne, il faut combiner l’amabilité avec le fruit de l’Esprit,
dont j’ai parlé précédemment: la patience, une volonté de tenir
bon. Il ne faut pas toujours s’attendre à des résultats immédiats.
98
Quelques fois, il faut attendre assez longtemps avant de
moissonner ce que nous avons semé, que ce soit du bon ou du
mauvais. Mais la Parole nous dit que nous récolterons ce que
nous semons.
Paul souligne la nécessité d’être patient un peu plus loin,
en Galates 6:9. Il dit:

Ne nous lassons pas de faire le bien; car nous


moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous
relâchons pas.

Il y a donc un temps entre les semailles et la moisson.


Que vous traitiez les autres de la manière dont vous aimeriez
être traités ne veut pas forcément dire qu’ils vont réagir
immédiatement et se comporter avec vous de la même manière.
En fait, il se peut même que cela soit tout le contraire. Mais
Paul dit que si vous ne vous relâchez pas, vous moissonnerez ce
que vous avez semé en son temps.
La Bible le souligne largement, tout particulièrement en
ce qui concerne l’application de ce principe envers les pauvres.
La Bible en dit plus sur le fait d’aider les pauvres que ce que
croient la plupart des chrétiens modernes. Par exemple en
Proverbes 19:17, et je le lis dans "la Parole vivante", il est dit:

Celui qui a pitié du pauvre prête à l'Éternel, qui lui


rendra selon son oeuvre!

Il gardera peut-être ce prêt pendant un certain temps,


mais un jour il vous le rendra, avec des intérêts. Et le taux
d’intérêt de Dieu est élevé. Nous voyons donc encore le même
principe: donnez, soyez aimable, traitez les autres de la manière
dont vous aimeriez qu’ils vous traitent, et, même s’il vous
semble que vous avez donné sans recevoir en retour, souvenez-
vous que vous avez en réalité prêté à l’Eternel, et que même si
les gens en eux-mêmes manquent de fiabilité, il veillera à ce
que vous receviez en retour.
99
Le même principe est également évoqué en Ecclésiaste
11:1-2, d’une manière figurée et plutôt belle:

Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu
le retrouveras; [donne et attends-toi à voir comment
Dieu va te récompenser, puis il est dit] donnes-en une
part à sept et même à huit, car tu ne sais pas quel
malheur peut arriver sur la terre.

Je suggère de comprendre que le nombre 7 représente


ce que nous devons, et 8 représente au-delà de ce que nous
devons. C’est comme ce que Jésus a appelé "le deuxième mille"
(Matthieu 5:41, n.d.t.). Salomon veut donc dire "faites votre
devoir, donnez aux gens à qui vous devez donner et donnez
même un peu plus". Pourquoi cela? Parce que vous ne savez pas
quel malheur peut arriver sur la terre. Autrement dit, un jour
vous aurez peut-être besoin d’aide. C’est peut-être vous qui
serez dans une situation désespérée. Si vous avez donné et aidé
d’autres personnes, lorsque ce jour arrivera Dieu veillera à ce
que l’on prenne soin de vous convenablement.
Ce que j’ai dit à propos de traiter les autres comme vous
voudriez être traités ne s’applique pas seulement à nos actes,
mais tout autant à nos attitudes. Ecoutez ce que Jésus dit en
Matthieu 7:1-2:

Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. [En


d’autres termes, si vous portez un jugement, il revient
sur vous sous forme de jugement] car on vous jugera du
jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la
mesure dont vous mesurez.

C'est-à-dire que nous ferions mieux de juger les autres


charitablement parce que nous voudrons un jour qu’ils nous
jugent charitablement.

Dans le Sermon sur la Montagne, encore une fois, en


100
Matthieu 5:7 Jésus dit:

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront


miséricorde!

Si nous voulons recevoir de Dieu la miséricorde, nous


devons nous montrer miséricordieux envers les autres.
Dans ma vie chrétienne, qui dure maintenant depuis
presque 40 ans, un principe m’a toujours suivi: c’est que j’ai
besoin de la miséricorde de Dieu. Je n’ai jamais mésestimé cela.
Je suis conscient en permanence de mon besoin de la
miséricorde de Dieu. C’est pour cette raison que,
personnellement, je n’ose pas refuser la miséricorde aux autres,
parce que je sais que j’aurai besoin de celle de Dieu.
Paul parle du même genre d’attitude en Galates 6:1,
lorsqu’il s’agit de traiter une situation où un de vos frères a
commis une erreur quelconque ou s’est mis dans une situation
difficile. Il dit:

Frères, si un homme vient à être surpris en quelque


faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un
esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que
tu ne sois aussi tenté.

Vous voyez, la spiritualité ne signifie pas être sévère, ni


légaliste ou dogmatique. La spiritualité c’est d’être gentil avec
les autres lorsqu’ils sont en difficulté. Pour quelle raison
devons-nous être gentils avec les autres? Une des raisons est
que la faiblesse qui les habite pourrait aisément apparaître en
nous.
Si souvent dans ma vie chrétienne, j’ai vu des chrétiens
juger durement un autre chrétien qui s’était mis en situation
difficile, et ceux qui faisaient cela ne tardaient pas à se
retrouver dans le même genre de situation eux-mêmes. Voyez-
vous, c’est une sorte de loi. Lisez ce que dit Jacques 2:13:

101
… Car le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas
fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement.

Si vous ne montrez pas de miséricorde dans vos


jugements envers les autres, vous serez jugés sans pitié vous-
même. Ce verset est rendu de manière plus complète encore
dans la "Living Bible" (traduction littérale, n.d.t.):

Car il n’y aura pas de miséricorde pour ceux qui


n’auront pas semé la miséricorde. Mais si vous avez été
miséricordieux, alors la miséricorde de Dieu envers
vous triomphera de son jugement sur vous.

Dieu peut donc vous juger. Il y a des choses dans vos


vies pour lesquelles Dieu pourrait indubitablement vous juger.
Dieu est un Dieu de jugement, mais il est aussi un Dieu de
miséricorde. Comment pouvez-vous être sûr que vous allez
recevoir la miséricorde de Dieu et non son jugement? En
montrant de la miséricorde envers les autres. Si vous avez été
miséricordieux, alors la miséricorde de Dieu envers vous
triomphera de son jugement sur vous.
Je résumerais ainsi ce que signifie l’amabilité.
L’amabilité c’est de traiter les autres de la manière dont vous
aimeriez qu’ils vous traitent ou bien, pour le dire autrement,
l’amabilité c’est vivre en harmonie avec les lois qui gouvernent
l’univers, particulièrement avec celles qui gèrent la conduite et
les relations humaines. Dans un certain sens, l’amabilité est un
égoïsme à visage humain.
Dans le chapitre suivant, je vais traiter de la 6ème
catégorie des fruits de l’Esprit, le fruit de la bonté.

102
Chapitre 17

La bonté

Dans ce chapitre, je vais parler du fruit de la bonté. Pour


commencer, il y a certaines choses à dire sur le mot "bon" en
lui-même. C’est l’un des mots les plus communément utilisé en
langue anglaise tout comme en langue française. Mais dans le
langage contemporain, nous l’avons largement édulcoré et
l’utilisons inconsidérément, sans lui accorder de réelle
importance. Nous l’avons appliqué indifféremment à des choses
comme à des gens qui ne méritent pas vraiment ce qualificatif.
Cependant, dans la Parole, le mot "bon" désigne
l’excellence, et en particulier, l’excellence morale. Dans son
usage le plus strict, il ne s’applique qu’à Dieu lui-même. Nous
le voyons à ce que Jésus dit en Marc 10:17-18:

Comme Jésus se mettait en chemin, un homme


accourut, et se jetant à genoux devant lui: Bon maître,
lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la vie
éternelle? Jésus lui dit: Pourquoi m'appelles-tu bon? Il
n'y a de bon que Dieu seul.

C’est une affirmation très forte "Il n’y a de bon que Dieu
seul". Et il est évident que si cet homme n’avait pas discerné la
divinité de Jésus, il n’avait aucun droit de l’appeler bon.
Ainsi, le concept de bonté découle en fait d’un standard
très élevé. Il correspond à celui de Dieu, celui qui définit qui est
Dieu et ce qu’il fait. C’est l’authentique bonté, l’excellence
morale, la pleine droiture, la parfaite honnêteté, la justice
absolue. Si nous devons être bons dans ce sens là, il n’y a qu’un
moyen de l’être. La seule chose que nous pouvons faire c’est de
devenir des réceptacles de la vie et de la nature divine de Dieu.
Alors, la bonté de Dieu se manifestera en nous. Lorsque nous
103
agissons ainsi, nous révélons à ce monde à quoi ressemble
Dieu. Etre bon dans ce sens signifie mener une vie qui porte
témoignage de l’existence de Dieu. Ceci a été magnifiquement
résumé par des paroles du Cardinal Suhard que j’ai lues un jour.
Voici ce qu’il dit:

"Etre un témoin ne consiste pas à faire de la propagande


ni même à rameuter des gens, mais à être un mystère vivant.
C'est-à-dire à vivre d’une telle manière que notre vie n’aurait
aucun sens si Dieu n’existait pas."

Vous voyez donc, être bon c’est être un mystère vivant.


C’est être quelque chose que les gens de ce monde ne
parviennent pas à comprendre. Mais d’un autre côté, ils ne
peuvent pas non plus le nier, et ainsi, la vie de bonté, celle de
Dieu, exprimée par l’un de ses fidèles, confronte le monde à
l’existence de Dieu.
Je me souviens avoir entendu un jour le témoignage d’un
homme ayant servi dans la marine britannique pendant quelques
années. Lorsqu’il est entré dans la marine c’était un athée
convaincu. Il ne croyait pas en Dieu, il n’avait que du mépris
pour toutes les formes de religion, et n’avait jamais eu
l’intention d’adhérer à l’une d’elles. Cependant, durant
quelques mois il fut embarqué sur un assez petit navire dont
l’équipage ne consistait seulement à quelques membres. Un
d'entre eux, qu’il voyait chaque jour et avec qu'il partageait ses
repas et qu’il ne pouvait éviter de voir, était un chrétien engagé.
Cet homme ne lui faisait pas de sermons, ne parlait pas de la
Bible, mais se contentait de mener une vie de bonté sous ses
yeux, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois.
Cet athée avait vu en ce compagnon d’équipage quelque chose
qu’il ne pouvait pas expliquer. C’était un genre de vie auquel il
n’avait jamais été confronté auparavant. Son commentaire final
fut le suivant: "jamais je n’aurais ouvert une Bible mais je ne
pouvais pas éviter de lire la vie de cet homme. Finalement sa
vie me convainquit qu’il devait exister un Dieu".
104
Et donc, lorsque cet homme quitta la marine britannique
il était devenu un croyant confirmé en Jésus-Christ. Quelle était
la Bible qui l’avait convaincu? Non pas une Bible imprimée de
caractères noirs sur papier blanc, mais une Bible de chair et de
sang. La vie d’un homme qui avait exprimé sa foi sans trop de
religiosité, sans trop de sermons – juste en étant bon.
A chaque fois que j’entends ce témoignage et à chaque
fois que je le médite, il me confronte à mon sens du devoir. Je
me dis "souviens-toi que ta vie sera peut-être la seule Bible que
quelqu’un lira jamais". Il est presque certain que dans votre vie
chrétienne vous rencontrerez quelqu’un comme cet athée. Une
personne qui n’irait jamais dans une église, qui ne veut pas lire
la Bible, qui ne croit pas en Dieu. Comment Dieu peut-il
atteindre une telle personne? Votre vie sera probablement la
seule Bible qu’elle lira jamais. Que lirait-t-elle sur les pages de
votre vie si elle les lisait aujourd’hui?
J’ai dit que la bonté était en réalité laisser sa vie devenir
un réceptacle de celle de Dieu. Peut-être me demanderez-vous
"comment cela peut-il se faire?" Je répondrais: en se soumettant
à Dieu et en lui permettant de vivre sa vie au travers de nous. Je
pense que la clé est dans le mot "soumission". Lisez donc ce
que dit Paul de sa propre expérience chrétienne en Galates 2:20:

J'ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n'est plus moi


qui vis, c'est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant
dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a
aimé et qui s'est livré lui-même pour moi.

Ce que Paul dit en fait c’est, "Comment vivre ma vie


chrétienne? Eh bien," dit-il, "si j’en étais réduit à le faire par
mes propres forces et mes propres capacités, je n’y arriverais
pas". Et il ajoute "mon secret c’est que je suis arrivé au bout de
moi-même. Je vois Jésus sur la croix et je réalise qu’en fait c’est
moi qui suis mort. Je suis donc mort, mais une nouvelle
personne vit en moi et c’est le Christ ressuscité. Ainsi, la vie
que je vis aujourd’hui dans ce corps mortel qui est le mien, dans
105
le temps et l’espace présent - la cuisine, le bureau, l’usine,
l’autoroute - cette vie que je vis, je la vis par la foi dans le Fils
de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi".

Puis encore en Philippiens 1:21, Paul dit:

… car Christ est ma vie, et la mort m'est un gain.

La vie de Paul ne lui appartenait donc plus, c’était Christ


qui vivait au travers de lui. Il était arrivé au bout de lui-même et
avait passé le relais à Jésus.
Je me souviens du témoignage d’une petite vieille dame
un jour, il y a plusieurs années, qui menait une vie de bonté
exemplaire. Elle ne faisait pas beaucoup de sermons; elle se
contentait de vivre. Un jour quelqu’un lui dit "sœur une telle,
que faites-vous lorsque vous êtes tentée?"
Sa réponse fut remarquable. Elle dit, "Lorsque le diable
frappe à la porte, je laisse Jésus ouvrir".
Voilà ce que passer le relais à Jésus veut dire. C’est
éviter de rencontrer le diable armé simplement de nos propres
forces, ne pas essayer de faire face à la tentation par nos propres
capacités ou notre propre justice. C’est laisser Dieu vivre sa vie
au travers de nous.
Lisez encore ce que dit Paul en Romains 6:11-14:

Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au


péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ.
Que le péché ne règne donc point dans votre corps
mortel, et n'obéissez pas à ses convoitises. Ne livrez pas
vos membres au péché, comme des instruments
d'iniquité; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu,
comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à
Dieu vos membres, comme des instruments de justice.
Car le péché n'aura point de pouvoir sur vous, puisque
vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce.

106
C’est une glorieuse affirmation "le péché n’aura point de
pouvoir sur vous". Comment cela est-il possible? Tout d’abord,
nous devons savoir que cela n’est pas issu des œuvres de la loi.
Lorsque Christ est mort, il est mort pour les péchés qui se
trouvaient sous la loi. Il nous a libéré de l’obligation d’être
justifié en observant la loi. Il nous a amené dans une nouvelle
forme de justice. Non pas en abaissant le standard, mais en
opérant par un autre moyen: la justice de la grâce de Dieu. Et
elle s’accomplit dans la soumission à Dieu.
Je dois dire encore une chose. La bonté selon ce critère
ne fait pas de compromis avec le mal. Ce n’est pas un
christianisme de lait coupé d’eau qui plie sous n’importe quelle
pression. Au contraire, il n’existe aucun compromis entre le
bien et le mal. Dans le Psaume 45:7, le psalmiste dit, et ces
paroles sont prophétiques quant au Seigneur Jésus:

Tu aimes la justice, et tu hais la méchanceté: C'est


pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t'a oint d'une huile de joie,
par privilège sur tes collègues.

Remarquez qu’aimer la justice implique aussi haïr la


méchanceté. Il ne peut y avoir de compromis. Et dans le
Psaume 97:10, le psalmiste dit:

Vous qui aimez l'Éternel, haïssez le mal!....

En définitive, la seule puissance qui puisse vaincre le


mal, c’est le bien. Il n’y a pas d’autre moyen de faire face au
mal et de le vaincre que par le bien. Le bien est suffisamment
fort pour venir à bout du mal. C’est ce que dit Paul en Romains
12:21:

Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le


mal par le bien.

Souvenez-vous, la bonté c’est Dieu qui vit en vous et à


107
travers vous. Et la vie de Dieu est plus forte et plus grande que
toutes les puissances du mal. La bonté c’est de se soumettre à
Dieu et de le laisser manifester sa vie en vous et au travers de
vous.

108
Chapitre 18

La fidélité

Précédemment dans ce livre, dans la partie qui traite des


dons de l’Esprit, j’ai abordé les trois formes de foi que l’on
trouve dans le Nouveau Testament. Je vais les récapituler
brièvement. Le premier type de foi je l’appelle "vivre par la
foi". C’est ce type de foi qui nous rend capables de vivre une
vie chrétienne. Il est basé sur une relation permanente et
personnelle avec Dieu qui pourvoit à la motivation et à la
capacité de vivre ce genre de vie.
Le deuxième type de foi est le don de foi, qui est cité
parmi les dons de l’Esprit. Il s’agit là de la propre foi de Dieu,
une foi surnaturelle, qui nous est souverainement impartie par le
Saint-Esprit dans une situation qui la nécessite.
Le troisième type de foi est le fruit de la foi, qui est un
des aspects de notre caractère et qui doit être cultivé avec
attention. C’est ce que nous allons traiter dans ce chapitre.
Il y a deux manières différentes de traduire ce fruit en
particulier. Dans certaines versions la traduction est "foi ", dans
d’autres c’est "fidélité". Le mot grec est en fait le mot
normalement utilisé dans le Nouveau Testament pour "foi", et
on l’y trouve probablement plus de 100 fois. Les deux
traductions sont légitimes mais aucune des deux n’est complète.
Le mot désigne en réalité à la fois le concept de foi et celui de
fidélité. De fait, dans notre manière de penser, la distinction
entre la foi et la fidélité est artificielle, étant donné que dans la
langue d'origine de la Bible, la foi implique la fidélité et que la
fidélité est impossible sans la foi.
Dans les deux cas, l’idée clé est "dépendre de". Je vous
suggère d’y penser comme à une simple pièce à double face.
Sur une face il y a la foi, sur l’autre la fidélité. Mais des deux
côtés la clé se trouve dans le mot "dépendre".
109
Prenons une face d’abord, celle de la "foi". La foi c’est
apprendre à dépendre de Dieu dans toutes situations ou
circonstances. D’autre part, la face opposée, la "fidélité", c’est
être digne de confiance, être ce genre de personne sur qui les
autres peuvent compter et cela implique à la fois Dieu et les
hommes. Pour cette raison, permettez-moi de parler un peu de
la foi auparavant.
La foi est une confiance calme, ferme et constante en la
fidélité de Dieu. Le fruit de la foi c’est de ne pas paniquer, de
ne pas être désemparé, de ne pas perdre la victoire, de ne pas
penser à tourner les talons et à s’enfuir. C’est une confiance en
Dieu calme, ferme, impassible et constante. Il existe une base
scripturaire unique et suffisante pour cette attitude confiance.
On la trouve en Romains 8:28:

Nous savons en outre que Dieu fait concourir toutes


choses au bien de ceux qui l'aiment, de ceux qui ont été
appelés conformément au plan divin.

Si nous savons que toutes choses vont concourir à notre


bien, il n’y a donc jamais de raison de faire autre chose que
confiance. Ce qui est important c’est de savoir que nous
remplissons les conditions requises par Dieu, qui sont que nous
nous sommes remis à lui et que nous suivons le courant de ses
plans pour notre vie. Si nous en avons la certitude, alors nous
savons que Dieu va tout faire concourir à notre bien, peu
importe ce qu’il arrivera. Il n’y a donc aucune raison de
paniquer et d’abandonner notre confiance.
La clé de tout ceci est de se confier. Je voudrais vous lire
un passage en 2 Timothée 1:12. Il me faut d’abord vous en
dépeindre le contexte. Cette lettre a été écrite vers la fin de la
vie de Paul. Il était captif dans une prison romaine, il n’avait
pas suffisamment de vêtements chauds (il disait à Timothée de
lui amener son manteau d’hiver), il était en instance de
jugement et d’une exécution probable par les mains du tyran
Néron. Quelques-uns uns des ses fidèles amis l’avaient
110
abandonné. Il n’y avait absolument rien d’encourageant pour lui
dans ces circonstances. Et pourtant voici ce qu’il écrit:

C’est pourquoi aussi je souffre ces choses; mais je n’ai


pas de honte, car je sais qui j’ai cru, et je suis persuadé
qu’il a la puissance de garder ce que je lui ai confié,
jusqu’à ce jour–là. (Darby)

Le mot clé ici est "confié". La version Segond dit "de


garder mon dépôt" mais les deux mots sont également corrects.
La clé de la confiance est de confier. Si vous savez de manière
certaine que vous avez placé votre vie sans réserve et
intégralement entre les mains de Dieu, c’est que vous la lui avez
confiée, remise. Alors vous saurez que la suite est que Dieu fera
tout concourir à votre bien. La confiance vient donc de confier
quelque chose.
Considérons maintenant la face opposée de la pièce: "la
fidélité", être fiable. Nous devons tenir compte d’un fait qui est
cité tout au long de la Parole: Dieu est fidèle. Je pense que si
j’avais un seul témoignage à laisser derrière moi lorsque je
quitterai cette terre et que Dieu me rappellera à lui, si j’avais un
seul message pour ma famille et ceux qui me suivent, je
pourrais le résumer en trois mots: DIEU EST FIDELE.
J’ai éprouvé sa fidélité, toujours et encore au cours de
ma vie. J’ai une conviction absolue que Dieu est fidélité.
Maintenant, le fruit de la fidélité c’est de laisser Dieu façonner
en vous sa propre fidélité. Et je peux vous dire que cela
demande de la pratique. Ca ne se fait pas comme ça. Rappelez-
vous que j’ai dit que tout fruit devait être cultivé. Aucun fruit ne
requiert plus de culture que celui de la fidélité et cela
commence par les petites choses. Lisez ce que Jésus dit en Luc
16:10:

Celui qui est fidèle dans les moindres choses l'est aussi
dans les grandes, et celui qui est injuste dans les
moindres choses l'est aussi dans les grandes
111
La fidélité commence dans les choses de moindre
importance. Beaucoup de gens pensent de manière erronée. On
leur a assigné une responsabilité qui leur semble banale – que
ce soit au travail ou dans leur famille - et leur attitude est de
dire "cette chose est tellement insignifiante qu’elle ne vaut pas
la peine qu’on lui accorde beaucoup d’attention. Maintenant, si
on me confiait quelque chose d’important et de substantiel je
pourrais vraiment montrer qui je suis." Je me permets de vous
corriger: vous montrez bien mieux qui vous êtes en vous
chargeant d’une responsabilité moindre et en apparence peu
importante. C’est ainsi que votre caractère est testé. Et dans le
Royaume de Dieu, si vous n’êtes pas fidèle dans les petites
choses vous ne serez jamais promu à des choses plus
importantes. Peut-être est-il temps de vous examiner vous-
même maintenant. Jusqu’à quel point êtes-vous fidèle? Jusqu’à
quel point peut-on compter sur vous?
Je voudrais vous poser quatre questions assez
personnelles. Tout d’abord, faites-vous des promesses à votre
femme ou à vos enfants qu’ensuite vous ne tenez pas? Vous
savez, j’ai remarqué que certains de mes amis chrétiens sont
plus empressés à tenir leurs promesses à leurs employés qu’à
leurs propres épouses. Ce n’est pas ça la fidélité.
Question n° 2: Arrivez-vous en retard à vos rendez-vous?
Vous remarquerez que Dieu, lui, n’est jamais en retard. Le
soleil de Dieu ne se lève ni ne se couche jamais en retard. Il est
toujours à l’heure. Tout ce dont Dieu est responsable dans cet
univers est ponctuel. Vous ne reflétez pas la fidélité de Dieu si
vous n’êtes pas ponctuel.
Question n° 3: Dépassez-vous le délai de paiement de
vos factures? Vous répondrez, "j’étais tellement sous pression,
j’avais tant d’autres choses auxquelles penser". Mais qu’en est-
il de vos créanciers? Ils étaient peut-être sous pression aussi. Ça
ne reflète pas la fidélité de Dieu que d’être lent et négligent à
payer ses factures. Il y a quelques temps, j’ai revendu au détail
certain de mes livres au travers de plusieurs librairies
chrétiennes. Certaines d’entre elles avaient des noms très jolis,
112
incluant souvent le nom de Jésus. Mais vous savez, quelques-
unes unes de ces librairies aux noms religieux fantaisistes
étaient fréquemment en retard de trois ou quatre mois pour
payer leur dû. Elles ne faisaient pas preuve de fidélité.
Quatrième question: Empruntez-vous de l’argent sans le
rendre? Savez-vous ce que dit le Psaume 37:21?

Le méchant emprunte, et il ne rend pas...

Ne soyez pas indignés, je ne vous appelle pas méchants.


Mais je veux vous dire que si vous vous dites chrétien et que
vous empruntez de l’argent que vous ne rendez pas, il y a un
domaine de votre vie qui ne reflète pas la fidélité de Dieu. Peut-
être me direz-vous "vous parlez d’argent trop souvent, l’argent
n’est pas important, l’argent n’est pas spirituel". L’argent n’est
peut-être pas spirituel mais laissez-moi vous dire qu’il est très
important. La manière dont nous traitons le domaine de l’argent
est réellement le test ultime de notre fidélité. Ecoutez- ce que
Jésus dit en Luc 16:11:

Si donc vous n'avez pas été fidèle dans les richesses


injustes, qui vous confiera les véritables?

Vous voyez, la fidélité commence par les petites choses,


pas par les grandes. Elle commence par les choses matérielles –
l’argent, les finances, en honorant Dieu avec vos finances, avec
vos dîmes et vos offrandes – alors Dieu vous confiera les
véritables richesses spirituelles.
Cependant, qu’il s’agisse de foi ou de fidélité,
souvenez-vous que la clé est de se remettre ou de se confier.
Dans le chapitre suivant, nous continuerons sur ce thème
des fruits spirituels et examinerons le fruit de la douceur.

113
114
Chapitre 19

La douceur

Dans ce chapitre nous traiterons le fruit de la douceur.


Dans le grec original ce terme peut se traduire également par
douceur ou par docilité. Certaines versions utilisent la première
traduction et d’autres la seconde. Quel que soit le mot que nous
utilisons, il nous faut nous souvenir que la douceur implique la
docilité et vice versa. Pour le moment, j'utiliserai le mot
docilité.
La première chose à dire c’est que la docilité n’est pas de
la faiblesse. Beaucoup de personnes le croient, mais en fait c’est
l’inverse qui est vrai. La docilité est une démonstration de
force.
Je pense qu'une bonne manière de l’illustrer à partir du
monde naturel est d’observer un jumbo jet. Cela fait partie de
mes privilèges de voyager en jet fréquemment. J’en ai pris pour
voyager pendant plusieurs années. Je suis passé du 707 au 727,
puis au 747. Lorsque j’ai commencé à voyager en jumbo jet,
l’une des choses qui m’a le plus impressionné, a été la douceur
de l’atterrissage. J’avais du mal à concevoir qu’un engin d’une
telle taille et pesant tant de tonnes, transportant peut-être 400
personnes, puisse atterrir avec une douceur si étonnante. J’ai
même l’impression qu’un 747 atterrit plus doucement qu’un jet
plus petit comme un 707 ou un 727.
Je me souviens qu’une fois, j’étais dans un jet en train
d’atterrir, comme j’avais beaucoup prêché j’étais assez fatigué
et juste avant l’atterrissage je m’étais assoupi sur mon siège.
Lorsque je me suis réveillé, nous étions arrivés. Nous avions
atterri si doucement que cela ne m’avait même pas réveillé.
Réfléchissez à cette immense construction métallique et
aux autres éléments qui composent un jet, atterrissant si
doucement que ça ne réveille même pas une personne assoupie
115
sur son siège. Vous diriez que c’est de la faiblesse? Bien sûr
que non. C’est une magnifique démonstration d’habileté et de
force.
Imaginez cet énorme jet atterrissant dans un bang sonore,
puis un boum et un bruit sourd, se cognant et s’entrechoquant
dans un bruit de ferraille. Qu’est-ce que cela démontrerait? De
la force? Ou de la faiblesse? Plutôt de la faiblesse évidemment.
Et c’est ainsi que certaines personnes se comportent pensant
ainsi montrer leur force. Elles crient, elles trépignent, elles
élèvent la voix, elles se montrent abusives. Ce n’est pas de la
force, c’est de la faiblesse.
Une autre chose que nous devons comprendre c’est que
la douceur et la docilité vont de pair avec l’autorité. Là encore
c’est contraire à la pensée naturelle.
J’ai été principal dans une école d’enseignement pour
professeurs en Afrique orientale pendant 5 ans et j’y ai appris
que l’idée que les Africains se font de l’autorité d’un professeur
est que celui-ci porte un grand bâton et donne de la voix. En
fait, cela indique plutôt un manque d’assurance et d’autorité. Si
vous devez crier, c’est que vous n’avez aucune autorité. Alors
je leur ai dit que la clé pour avoir de l’autorité était d’être sous
une autorité. Si vous êtes sous une autorité vous l’avez aussi.
Voyons un instant l’exemple de Moïse. Voici ce qui est
déclaré à son propos. En Nombres 12:3:

Et cet homme, Moïse, était très doux (l'anglais dit


'docile', n.d.t.), plus que tous les hommes qui étaient sur
la face de la terre. (Darby)

Moïse, à son époque, était l’homme le plus doux ou


docile de la terre. Etait-il une mauviette? Manquait-il
d’autorité? Bien au contraire. Il n’y a probablement aucun autre
personnage dans la Bible qui ait eu plus d’autorité que Moïse,
mais son autorité découlait de sa docilité.
Comment Moïse a-t-il acquis sa docilité et sa douceur?
La réponse est qu’il s’est soumis aux actions de Dieu dans sa
116
vie. A quarante ans il était prêt à délivrer son peuple Israël de
ses propres forces. Il est sorti, s’est mis en colère, et a tué un
Egyptien, puis il a dû s’enfuir pour sauver sa peau. Sa tentative
de tout faire par ses propres forces fut un échec total. Puis
vinrent les quarante ans de désert, pendant lesquels il fut un être
quelconque s’occupant de garder les moutons de son beau-père.
J’imagine que c’est une manière de vivre plutôt humiliante –que
de s’occuper des moutons de son beau-père- dans ce que la
Bible appelle de manière très pittoresque "derrière le désert".
(Exode 3:1)
Moïse a passé les quarante années suivantes à faire cela.
En avait-il terminé à quatre-vingt ans? Non, il était prêt à
commencer. Pourquoi cela? Parce qu’il avait été épuré de sa
propre force et de sa confiance en lui-même. Dieu avait mis
quatre-vingt ans pour épurer Moïse de ce que les êtres humains
appellent la force. Mais une fois vidé de ses propres forces et de
sa confiance en lui, il y eut de la place en lui pour la force de
Dieu, manifestée en docilité.
Voyez-vous, aussi longtemps que nous opérons de nos
propres forces; nous ne laissons pas la place à la force de Dieu.
Dans le chapitre 40 de Esaïe, il est dit que Dieu augmente la
force de ceux qui n’en ont pas. En d’autres termes, c’est lorsque
nous sommes à bout de force que celle de Dieu peut intervenir.
Dans notre conduite, le fait d’arriver au bout de nos forces se
manifeste par la docilité.
Cependant, comment Moïse a-t-il tenu le coup durant ces
quarante années de désert alors qu’il y avait si peu
d’encouragement au sein de ses circonstances? La réponse c’est
qu’il a gardé les yeux fixés sur le Seigneur. En Hébreux 11:27
nous lisons à propos de Moïse:

C'est par la foi qu'il quitta l'Égypte, sans être effrayé de


la colère du roi; car il se montra ferme, comme voyant
celui qui est invisible.

Comment Moïse a-t-il vu celui qui est invisible? C’est à


117
dire, comment a-t-il gardé ses yeux fixés sur Dieu au travers de
ces quarante années dans le désert? La Parole dit "par la foi".
Gardez cela à l’esprit. C’est la foi qui nous rend capables de
voir l’invisible. Et c’est la foi qui nous aide à tenir lorsque rien
dans nos circonstances n’est fait pour nous encourager.
"Eh bien," vous demanderez, "Que doit faire Dieu afin
de susciter en nous la douceur et la docilité?" Je pense que la
réponse réside dans une expression particulière que l’on trouve
dans la Parole. C’est celle qui dit "un cœur brisé". Dans le
Psaume 51:17 nous voyons une déclaration faite par David. Elle
intervient au milieu de sa prière de repentance après qu’il ait
réalisé l’horreur de son péché d’adultère avec Bath-Sheba,
l’épouse d’Urie le Hittite. Il s’humilia dans une immense
contrition (repentance) et composa la merveilleuse prière
contenue dans le Psaume 51. Mais au verset 17, presque à la fin
du Psaume, David dit ceci:

Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c'est un esprit


brisé: O Dieu! Tu ne dédaignes pas un cœur brisé et
contrit.

Le genre de sacrifice que Dieu recherche de notre part


n’est ni un bouc, ni un mouton, ni un autel, mais c’est quelque
chose de profondément enfoui en nous – un esprit brisé. Il y a
une grande différence entre une volonté soumise et un esprit
brisé. Une volonté soumise dira: "je ferai la volonté de Dieu
quel qu’en soit le prix". Ensuite, quand la volonté de Dieu n’est
pas attrayante et ne ressemble pas à ce que nous espérions, nous
prenons notre mal en patience, nous serrons les poings, nous
nous accrochons et disons "je ferai la volonté de Dieu, je ferai
la volonté de Dieu". Mais une lutte intérieure phénoménale
nous habite. Beaucoup de choses résistent en nous à la volonté
de Dieu. Nous nous y conformons en apparence, mais à
l’intérieur il y a toujours de l’opposition.
Ça me rappelle l’histoire d’un petit garçon dans l’église,
assis à côté de son père il n’arrêtait pas de se mettre debout sur
118
le banc. Chaque fois qu’il se mettait debout, son père le faisait
descendre et se rasseoir. Au bout de la troisième fois, son père
le fit descendre et lui donna une fessée. Alors le petit garçon
resta assis, mais il regarda son père et lui dit "Peut-être que je
suis assis en apparence mais à l’intérieur de moi je suis
debout!" Cela reflète souvent notre attitude envers Dieu. Nous
semblons vouloir nous conformer extérieurement mais à
l’intérieur nous faisons de la résistance. C’est cela la différence
entre une volonté soumise et un esprit brisé. Un esprit brisé ne
réagit pas, il ne se rebelle pas, il ne réplique pas, il ne se justifie
pas, mais il laisse le Saint-Esprit faire son oeuvre.
Je me souviens avoir entendu un jour le témoignage
d’une adolescente qui avait de sérieux problèmes relationnels
avec sa mère. Chaque fois que sa mère la réprimandait ou lui
demandait de faire quelque chose, elle voulait répliquer et se
justifier. Mais un jour elle donna ce témoignage. Elle s’était fait
attraper par sa mère et elle dit "ce qui est merveilleux c’est que
je n’ai même pas eu envie de répliquer". C’est ça un esprit
brisé.
Alors, comment obtenir un esprit brisé dans votre vie ou
dans la mienne? Je voudrais vous suggérer deux façons
possibles. L’une c’est par un processus progressif comme pour
Moïse. Quarante années dans le désert. L’autre c’est par un
temps de crise comme pour David, soudain confronté à
l’horreur de son péché son esprit s’est brisé.
Je voudrais à mon tour vous poser cette question:
Accorderiez-vous à Dieu la permission de façonner en vous un
esprit brisé? Une réelle douceur, une réelle docilité?

119
120
Chapitre 20

La maîtrise de soi

Dans cet ultime chapitre je vais aborder la dernière forme


du fruit de l’Esprit, la maîtrise de soi. Cette traduction est
donnée par la plupart des versions modernes, dans la traduction
Darby, le mot utilisé est "la tempérance". Le problème avec le
mot tempérance est qu’au cours des trois cents cinquante
dernières années, sa signification a quelque peu changé. En
anglais (ou en français) contemporain, ce mot est souvent
exclusivement associé à l’abstinence d’alcool. Cependant, le
mot grec se réfère à l’abstinence dans tous les domaines de la
vie. Non seulement il interdit une trop grande tolérance envers
l’alcool mais également envers la nourriture, ce que l’on appelle
la gloutonnerie ou l’excès de nourriture.
Un jour, j’ai entendu quelqu’un dire de notre culture
américaine contemporaine, "après qu’un américain ait usé un
jeu de dents à creuser une tombe intemporelle pour lui-même, il
reçoit un nouveau jeu de dents artificielles pour finir le travail".
Je dirais que la gloutonnerie est l’un des péchés les plus
communément tolérés parmi les chrétiens américains. La
plupart des églises américaines ou du moins plusieurs d’entre
elles, sont fermement opposées à l’alcool et à l’alcoolisme, mais
restent silencieuses par rapport à la gloutonnerie et aux excès de
nourriture. Et à voir la condition physique des membres de ces
églises il semble évident qu’ils n’ont pas considéré cela comme
un péché. Cependant la Bible rapproche étroitement
l’alcoolisme et la gloutonnerie et les condamne de la même
manière.
Nous trouvons un exemple en Deutéronome 21:18-21 de
comment les parents, sous la Loi, devaient traiter un enfant
rebelle et indocile.

121
Si un homme a un fils indocile et rebelle, n'écoutant ni
la voix de son père, ni la voix de sa mère, et ne leur
obéissant pas même après qu'ils l'ont châtié, le père et la
mère le prendront, et le mèneront vers les anciens de sa
ville et à la porte du lieu qu'il habite. Ils diront aux
anciens de sa ville: Voici notre fils qui est indocile et
rebelle, qui n'écoute pas notre voix, et qui se livre à des
excès et à l'ivrognerie. Et tous les hommes de sa ville le
lapideront, et il mourra. Tu ôteras ainsi le mal du milieu
de toi, afin que tout Israël entende et craigne.

Remarquez les charges qui pèsent sur le fils. Il est


indocile et rebelle, glouton et ivrogne. Quatre choses sont citées
ensemble: l’indocilité, la rébellion, la gloutonnerie, et
l’ivrognerie. Les deux premières, l’indocilité et la rébellion sont
des aspects du caractère et sont des causes. Les deux derniers, la
gloutonnerie et l’ivrognerie, sont des aspects de la conduite et
sont des résultats. Nous devons comprendre qu’à la fois la
gloutonnerie et l’ivrognerie ainsi que pratiquement toutes les
formes de tolérance exagérée ou de dépendance sont issues de
deux racines dans nos caractères: l’indocilité et la rébellion.
Seulement, sous la loi de Moïse, le châtiment pour la
gloutonnerie et l’ivrognerie était la mort. Voilà à combien Dieu
évalue ces deux formes de conduite. Nous n’allons donc pas
utiliser le mot tempérance, mais plutôt le mot "maîtrise de soi"
car son utilisation est plus étendue.
Beaucoup de chrétiens sont surpris de voir que Dieu
attend de nous que nous nous maîtrisions. Lorsqu’ils sont
confrontés à ce type d’enseignement ils répondent quelque
chose du style: "Mais, je pensais que c’était le Saint-Esprit qui
était censé nous maîtriser". Oui, mais ce n’est pas l’entière
vérité. Le Saint-Esprit nous maîtrise mais non sans le concours
actif de notre volonté. Nous pouvons le résumer en deux
affirmations parallèles: nous ne pouvons y arriver sans le Saint-
Esprit et, le Saint-Esprit ne peut y arriver sans nous.
Ce principe est clairement exposé par Paul en Philippiens
122
2:12-13 où il dit:

... mettez votre salut en action, non seulement comme si


j’étais présent, mais bien plus encore maintenant que je
suis absent. Car c’est Dieu qui opère en vous le vouloir
et le faire selon son dessein bienveillant. (Segond
révisée)

Dieu est à l’origine de tout le processus du salut. Dieu


travaille en nous. Il façonne en nous à la fois la volonté de faire
ce qui est bien et la capacité de le faire. Mais en même temps
qu’il travaille en nous il nous demande de mettre notre salut en
action. Nous extériorisons donc le travail que Dieu accomplit en
notre intérieur. Cependant, le travail qu’il accomplit en nous est
limité par notre manière de le mettre en action. Si nous cessons
de le faire, alors Dieu n’a plus lieu d’agir en nous non plus. Le
processus du salut est par conséquent divisé en deux aspects: Le
travail de Dieu et le nôtre. Dieu agit en nous, et nous mettons en
action.
Ceci s’applique en particulier au fruit de la maîtrise de
soi. Il ne fonctionne pas sans que nous exercions notre volonté.
Lorsque Paul désire illustrer la maîtrise de soi dans la vie
chrétienne, il prend en exemple le domaine de l’athlétisme.
Voici ce qu’il dit en 1 Corinthiens 9:24-25:

Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade


courent tous, mais qu'un seul remporte le prix? Courez
de manière à le remporter. Tous ceux qui combattent
s'imposent toute espèce d'abstinences, et ils le font pour
obtenir une couronne corruptible; mais nous, faisons-le
pour une couronne incorruptible.

Bien entendu nos Jeux Olympiques d’aujourd’hui sont


basés sur ceux pratiqués du temps de Paul, dans l’ancien
monde. Le prix du vainqueur dans les anciens Jeux Olympiques
était une couronne de lauriers, qui bien sûr flétrissait très
123
rapidement. Donc, ce que Paul dit c’est qu’ils affrontaient
toutes ces difficultés, mettaient en œuvre tous leurs efforts juste
pour gagner cette couronne qui allait se faner. Cependant, dit-il,
si nous investissons un effort comparable dans nos entreprises
chrétiennes, si nous pratiquons une maîtrise de soi équivalente,
nous gagnerons une couronne ou un prix qui ne dépérira pas. Il
est vrai que le prix actuel pour l’athlétisme moderne est une
médaille d’or, mais même celle-ci, bien qu’elle dure longtemps,
n’est finalement pas éternelle. Ce que veut dire Paul c’est qu’ils
font cela pour une chose si éphémère, de si peu de valeur
intrinsèque, mais que nous le faisons pour quelque chose de
permanent et d’une valeur incalculable. S’ils le font pour ce
genre de motifs, combien plus devrions nous le faire pour les
motifs qui nous animent? Il l’applique ensuite à lui-même en
disant:
Moi donc, je cours, non pas comme à l'aventure [je
cours pour un but, dit-il]; je frappe, non pas comme
battant l'air. Mais je traite durement mon corps et je le
tiens assujetti, de peur d'être moi-même rejeté, après
avoir prêché aux autres.[C’est-à-dire. écarté du prix à
gagner parce que je n’aurais pas observé les règles]
Lorsque nous observons ce que Paul a accompli dans sa
vie et dans son ministère, il est évident que le fait qu’il
considérait toujours comme possible d’être disqualifié pour
remporter le prix s’il ne tenait pas son propre corps en bride,
devrait à la fois nous servir d’avertissement et nous garder
humbles.
L’exemple de l’athlétisme est évidemment tout aussi
valable pour nous aujourd’hui qu’il l’était au temps de Paul. Il
est un fait que l’athlétisme et les Jeux Olympiques sont présents
ponctuellement dans l’esprit et sur les écrans de télévision de
tout le monde.
Quel style de vie doit mener un athlète moderne pour
réussir, pour courir plus vite et sauter plus haut ou tirer plus loin
ou lancer le javelot à plus de distance que tous les autres
124
compétiteurs? Je dirais ceci: la discipline d’un athlète affecte
tous les domaines principaux de sa vie. Ce qu’il mange, ce qu’il
boit, ses heures de sommeil, les choses qu’il lit. Un part
importante de la victoire en athlétisme réside dans le fait
d’avoir psychologiquement la bonne perspective. Cela touche
aussi ses amis et ses partenaires. Il s’associera à des personnes
qui l’encourageront, qui auront des valeurs similaires, et non
pas à des gens qui le distrairont ou le tenteront par des plaisirs
ou toutes autres formes de dissipations qui compromettraient
ses chances de succès.
Tous ces principes s’appliquent à nous en tant que
chrétiens. La maîtrise de soi touche tous les domaines
principaux de nos vies. Ce que nous mangeons, ce que nous
buvons, nos heures de sommeil, les choses que nous lisons, les
personnes avec lesquelles nous nous lions.
Cependant, en définitive, le succès d’un athlète est
déterminé par sa motivation. Il a un but spécifique à atteindre. Il
veut sauter une coudée plus haut que personne n’a jamais sauté
ou courir une certaine distance plus vite que personne ne l’a
jamais fait. Voilà son but. Son but est sa motivation. C’est ce
qui le rend capable d’endurer un entraînement si rigoureux.
La même chose s’applique à nous en tant que chrétiens.
Si nous avons le bon objectif, celui-ci nous rendra capable
d’exercer notre maîtrise de soi. Sans le bon objectif, nous
courons à l’échec. Quel devrait être notre objectif? Je dirais
ceci: Notre objectif devrait être de discipliner et d’entraîner
chacune de nos facultés, dans tous les domaines de notre vie, à
accomplir les desseins suprêmes de Dieu pour nous. Cela
représente plus que de simplement aller au ciel. Si nous gardons
cet objectif en perspective, nous serons prêts à faire les
sacrifices nécessaires à une bonne maîtrise de soi.

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terrain de nos cœurs à la croissance des fruits qui ont été
traités dans ce message, nous recommandons le livre "la Grâce
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La série
des fondements de la foi
vol. 1, vol. 2, vol. 3

dans l'ordre logique, la première et la plus importante caractéristique


de tout bâtiment permanent et solide, ce sont les fondations. Celles-ci
limitent le poids et la hauteur de l'immeuble à ériger. ... il m'est arrivé
de vivre dans une maison construite par un Assyrien. Cet homme avait
obtenu de la municipalité un permis de construire pour une maison à
deux étages, et les fondations étaient en rapport avec la hauteur de
l'immeuble .... cet Assyrien avait construit un troisième étage sans en
avoir l'autorisation. Le résultat fut que ... l'immeuble tout entier
commença à s'affaisser dans un angle et finalement, ne fut plus
d’aplomb. Pourquoi? Simplement parce que les fondations n'étaient
pas assez fortes pour supporter la maison que cet homme avait essayé
de bâtir dessus.
Ainsi, dans le domaine spirituel la même chose arrive dans la vie de
nombreux chrétiens pratiquants. Ils partent avec l'intention de bâtir un
édifice imposant et magnifique de chrétienté dans leur vie. Mais hélas,
en peu de temps, le bel édifice commence à s'enfoncer, à s'affaisser et
à s'éloigner de la vérité. Il penche de façon grotesque. Parfois, il
s'écroule complètement ne laissant rien d'autre que des morceaux de
voeux, de prières et de bonnes intentions inaccomplies. La raison de
cet échec gît sous ce tas de ruines. C'étaient les fondations qui n'ont
jamais été correctement posées, et qui ne pouvaient supporter le bel
édifice prévu....

Un classique! Ecrit en 1965, révisé en 1977, traduit en de nombreuses


langues partout dans le monde, traitant en profondeur le sujet du
fondement de la foi chrétienne, selon Hébreux 6:1-3. C'est l'outil
indispensable à tout chrétien, laïque ou engagé dans le ministère.
format 12x18 cm, environ 220 pages chaque volume, 9,75 € /pièce.

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