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Chapitre 4 Evaluation des forces latérales d’origine sismique

Chapitre 4 : Evaluation des forces latérales d’origine sismique


4.1 Introduction

Les mouvements sismiques sont les actions les plus vulnérables pour les constructions. Ils proviennent
du mouvement relatif au droit des zones de rencontre (failles) des plaques constituant l’écorce terrestre.
Ils se distinguent par un effet vibratoire appelé effet dynamique, qui est à l’origine des dégâts
occasionnés aux constructions. En effet, les éléments constructifs soumis à des forces latérales opposées
à leurs extrémités (par exemple un poteau entre deux planchers) se déforment, en fonction de leur
géométrie plus ou moins élancée, en flexion ou par distorsion. Le type et la localisation des contraintes
les plus élevées dans l’élément dépendront du mode de déformation.

4.2 Conséquences du mouvement sismique

Sous l’effet du mouvement du sol, des efforts se génèrent le long de la structure proportionnellement à
la distribution de la masse. A chaque instant t, un système de forces en équilibre pour une masse mi
s’établit selon l’équation suivante :

mi xi + ci x i + k i xi = −γmi (4.1)

Où xi, désigne le déplacement de la masse suivant le degré de liberté i ; γ est l’accélération du sol ; ci est
la constante d’amortissement visqueux et ki , la raideur de la structure relative à la masse mi.

4.3 Modèle mathématique de calcul

Un modèle de calcul d’un ouvrage est une représentation théorique adéquate de son système structural
capable de se prêter à des techniques de calcul appropriées, pour traduire un comportement
sensiblement proche de celui de l’ouvrage réel. Pour des bâtiments satisfaisant aux critères de régularité
et de symétrie, des modèles de calcul simplifiés peuvent être utilisés à la place du modèle réel de la
structure. Néanmoins, ces modèles doivent refléter de manière convenable la distribution de raideur et
de masse de manière que les déformées dominantes en rapport ave la raideur ainsi que les forces
d’inertie vis-à-vis des actions sismiques considérées soient correctement représentées. Un modèle plan
dit à masses concentrées permet, pour ce genre de bâtiments, de traduire adéquatement leur
comportement réel.

Modèle de la structure à
Structure réelle masses concentrées
mn

mi

m2
m1

Figure 4.1 : Passage du modèle réel au modèle discret d’un bâtiment.

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4.4 Méthodes d’analyse sismique

Plusieurs méthodes d’analyse sismique sont disponibles et dépendent du modèle de calcul et des
résultats attendus. Globalement, des méthodes pseudo-dynamiques ainsi que des méthodes dynamiques
linéaires et non linéaires sont le plus souvent utilisées.

4.4.1 Méthodes pseudo-dynamiques (méthode statique équivalente)

Pour les bâtiments courants réguliers, la méthode statique équivalente se prête bien pour le calcul de la
force sismique. Elle consiste à ramener les efforts sismiques réels à des sollicitations statiques dont les
effets sont équivalents à ceux de l’action sismique. Les sollicitations statiques représentent un effort
horizontal global se traduisant par un effort tranchant, V, à la base de la structure. Sa valeur est donnée
par la relation suivante :

V = S .W (4.2)

Où, W est le poids sismique effectif de la structure et S, un coefficient tenant compte de paramètres
spécifiques au règlement utilisé. Dans le cas des RPA99, la valeur de S est donnée par :

ADQ
S= (4.3)
R
Où :
V : effort tranchant global à la base dans le sens considéré.

A : Coefficient d’accélération de zone

A est donné par le tableau 4.1 des RPA99. Il est fonction de l’accélération maximale du sol représentant
l’aléa sismique maximal de la zone concernée et le degré d’importance (groupe d’usage) que l’on fixe
pour l’ouvrage.

D : Facteur d’amplification dynamique

Il est fonction de la catégorie du site de construction, de l’amortissement et de la période fondamentale


de la structure. La période fondamentale peut être calculée de façon analytique ou par toute autre
formule empirique ou numérique appropriée. La formule empirique proposée par les RPA99, à l’instar
de plusieurs codes sismiques, est :

3
T = CT hN4 (4.4)

hN : désigne la hauteur en mètres du bâtiment mesurée à partir de la base de la structure jusqu’au sommet
du dernier niveau, N.
CT, est un coefficient fonction du type de contreventement et du remplissage. Il est donné par le tableau
4.6 des RPA99.
Le facteur d’amplification se calcule par les formules 4.2 et 4.3 et le tableau 4.3 des RPA99. Il se
justifie par le fait que le sol constitue un système physique qui transforme un signal d’entrée (excitation)
en un signal de sortie (réponse) amplifié.

R : Coefficient de comportement global de la structure.

Il traduit la ductilité de la structure, c-à-d, sa capacité de subir des déformations dans le domaine post-
élastique (plastique) et par conséquent, à dissiper de l’énergie.

Q : Facteur de qualité

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Q est fonction de la qualité de conception et de réalisation de la structure :


Conception : redondance de la géométrie des éléments et régularité en plan et en élévation.
Réalisation : Qualité de contrôle de la construction (matériaux, exécution…)

Q=1+∑pq (4.5)

Pq représente la pénalité à retenir selon que le critère de qualité est observée ou non. Sa valeur est
donnée par le tableau 4.4 des RPA99. Si le critère de qualité n’est pas observé, la pénalité est à retenir.

W : Poids sismique effectif de la structure.

Il est égal à la somme des poids calculés pour chaque niveau auxquels on rajoute une fraction de la
charge d’exploitation, Q.

W=∑Wi (4.6)
avec Wi=WGi+βWQi

β: Coefficient de pondération fonction de la nature et de la durée de Q. β=20% pour les bâtiments à


usage d’habitation.

4.4.1.1 Conditions d’application

La méthode s’applique aux bâtiments de hauteur faible à modérée, qui satisfont aux critères de
régularité en plan et en élévation. A défaut et en cas d’irrégularité, les RPA spécifient les hauteurs
limites à considérer en fonction de la zone sismique et du groupe d’usage (importance de la
construction). Dans le cas des bâtiments réguliers de hauteur moyenne, seul le mode fondamentale est à
considérer dans le calcul de la force sismique.

Le modèle du bâtiment à considérer dans les deux directions est un modèle plan avec des masses
concentrées aux centres de gravité des planchers, en admettant un seul degré de liberté de translation par
niveau.

4.4.1.2 Distribution de la résultante des forces sismiques suivant la hauteur (selon les RPA99)

La résultante des forces sismiques à la base, V, dans le sens considéré doit être distribuée sur la hauteur
du bâtiment selon la formule :

V=Ft+∑Fi (4.7)

La force Ft, concentrée au sommet, permet de tenir compte des modes supérieurs de vibration. Elle est
déterminée par la formule :

Ft=0.07 T V (4.8)

Avec T, la période fondamentale de la structure et V, l’effort tranchant global à la base. La force Ft ne


doit pas dépasser 25% de V et est prise égale à zéro si T ≤ 0.7s. La partie restante de V, soit (V-Ft), est
distribuée suivant la hauteur du bâtiment conformément à la formule :

(V − Ft )Wi hi
Fi = n
(4.9)
∑W h
j =1
j j

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Où :

Fi : Force horizontale revenant au niveau i.


hi : Niveau du plancher où s’exerce la force Fi.
hj : Niveau d’un plancher quelconque.
Wi, Wj : Poids revenant aux plancher i et j, respectivement.

Fn mn

Fi mi

F2 m2
F1 m1

Figure 4.2 : Distribution de l’effort tranchant global à la base sur les différents niveaux de la structure.

Tableau récapitulatif :

Coefficient Sens X Sens Y


A
D
Q
R
Wt
Vt

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4.5 Rappels de dynamique des structures

4.5.1 Réponse à un tremblement de terre

La réponse dans le temps d’un système élémentaire à un tremblement de terre peut être obtenue à partir
de l’intégrale de Duhamel, représentant une solution analytique à l’équation différentielle régissant le
mouvement d’un système amorti à un seul degré de liberté soumis à une excitation quelconque. Il est
nécessaire de noter qu’en cas de séisme, aucune force n’est appliquée à la structure, mais une force
effective donnée par le produit de la masse et de l’accélération du sol se développe au sein de cette
dernière (Fig. 4.3) :

mxa + cx + kx = 0 avec xa = xg + x (4.10)


mx + cx + kx = − xg m (4.11)
( Peff = − xg m)
Peff m

k, c, h

Figure 4.3 : Représentation des forces instantanées développées au sein d’un système élémentaire (1
ddl) due à une excitation sismique.

On obtient alors :

t
1
mω D ∫0
x(t ) = −mxg (τ )e −ξω ( t −τ ) sin ω D (t − τ ) dτ (4.12)

L’équation (4.12) représente une solution appropriée pour l’équation du mouvement d’un système à 1
ddl soumis à une excitation quelconque ( − mxg (τ ) ), connue sous le nom d’intégrale de Duhamel et
lorsqu’on néglige la petite différence entre les fréquences amorties et non amorties pour les
amortissements faibles, la réponse sera donnée par l’expression ci-dessous :

t
1
ω∫
x(t ) = − mx (τ )e
g
− ξω ( t −τ )
sin ω (t − τ ) dτ (4.13)
0

1
Ou bien : x(t ) = − X (t ) (4.14)
ω
t
Où X (t ) = ∫ mxg (τ )e −ξω ( t −τ ) sin ω (t − τ )dτ (4.15)
0

Avec ω D = ω 1 − ξ 2

Le déplacement relatif maximum est souvent utilisé comme mesure de l’intensité du mouvement du sol.
Ce déplacement peut s’exprimer comme suit :

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1
xmax = − X (t ) max (4.16)
ω
Après la détermination de la réponse temporelle, le cisaillement et le moment dans le temps maximaux
peuvent être calculés à la base du bâtiment :

V0 (t ) = f s (t ) où f s = k x (t ) = mω 2 x(t ) (4.17)
M 0 (t ) = h f s (t ) (4.18)

Forces maximums
Forces à l’instant t durant le séisme

V0(t) V0max

M0(t) M0max

M 0 (t ) max = h . f s max
.

Figure 4.4 : Représentation des forces développées au sein d’un système élémentaire due à une
excitation sismique.

4.5.2 Spectre de réponse

Pour le dimensionnement d’un ouvrage, l’ingénieur est souvent intéressé à la valeur maximale de la
réponse due à un tremblement de terre. Dans ce cas, le signe n’a pas de signification et l’on a, pour un
paramètre de réponse quelconque R :

Rmax = |R(t)|max

Où l’indice max dénote la valeur maximale de la réponse. On a donc :

Déplacement relatif maximum S D = x (t ) max

Vitesse relative maximale

Accélération relative maximale S A = x(t ) max

La courbe de la valeur maximale d’un paramètre de réponse quelconque (déplacement, vitesse,


accélération) en fonction de la période (ou la fréquence) naturelle d’un système élémentaire est appelée
spectre de réponse. La valeur exacte du déplacement maximum est obtenue à partir de l’équation
(4.12) :

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t
1
∫ x (τ )e
− ξω ( t −τ )
SD = − sin ω D (t − τ )dτ (4.18)
ωD 0
g
max

La vitesse spectrale est obtenue en dérivant l’expression (4.18)

t
 ξω 
SV = − ∫ xg (τ )e −ξω ( t −τ ) cos ω D (t − τ ) − sin ω D (t − τ )  dτ (4.19)
0  ωD  max

L’accélération spectrale est donnée par la relation suivante :

t 
− ξω ( t −τ ) ω (1 − 2ξ )
2 
SA = ∫0 g

x (τ ) e 
 (1 − ξ 2 )
sin ω D (t − τ ) + 2ξω cos ω D (t − τ )  dτ

(4.20)
max

Une simplification considérable peut être obtenue en notant que ω ≈ ωD pour les faibles valeurs de
l’amortissement rencontrées en pratique (ξ < 0.2), et en supposant que les termes en ξ2 sont négligeables
par rapport à l’unité, on obtient une expression simplifiée appelée pseudo-spectre de réponse. On a
donc :

t
S v = − ∫ xg (τ )e −ξω ( t −τ ) cos ω (t − τ ) dτ (4.21)
0 max

∫ x (τ )e
−ξω ( t −τ )
Sa = g ω sin ω (t − τ )dτ (4.22)
0 max

Si de plus en suppose que le terme en cosinus de l’équation (4.21) peut être remplacé par un terme en
sinus ayant la même valeur maximale bien qu’à un temps différent, on obtient :

t
Sv = − ∫ xg (τ )e −ξω ( t −τ ) sin ω (t − τ )dτ = v(t ) max (4.23)
0 max

Et en comparant les équations (4.18), (4.22) et (4.23), il en découle :

S v = ωS d (4.24)
S a = ω 2 S d = ωS v (4.25)

Un des avantages d’utiliser les pseudo-spectres de réponse vient des relations simples données par les
équations (4.24) et (4.25). Ainsi, pour un oscillateur vibrant suivant une fonction harmonique avec un
déplacement maximum Sd, la vitesse et l’accélération maximales sont égales à Sv et Sa, respectivement.
On peut montrer pour un tremblement de terre, que Sv ≈ SV et Sa ≈ SA sur la gamme usuelle des périodes
et des amortissements. L’accélération est cependant plus précise que la vitesse. Quand T → ∞, Sd tend
vers le déplacement maximum du sol, Sv tend vers la vitesse maximale et Sa tend vers 0. Donc pour les
longues périodes, Sv peut être considérablement différent de SV. Il faut noter de plus que pour un
amortissement nul, Sa = SA mais Sv ≠ SV puisque l’expression de Sv contient un terme en cosinus.
L’emploi du terme pseudo qui veut dire faut en rapport avec la représentation approximative des

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spectres peut induire en erreur puisqu’il s’agit plutôt d’approximation que de faux concepts.
L’utilisation d’un spectre de réponse dans le dimensionnement d’une structure se base sur les étapes
suivantes :
a) Calculer la période, T
b) Calculer analytiquement (ou déterminer graphiquement) l’accélération spectrale en fonction de T
c) Calculer le cisaillement à la base :

V0,max = kS d = mω 2 S d = mS a (4.26)
Sa
V0,max = W (4.27)
g

4.5.2.1 Spectre de réponse élastique et spectre de réponse réglementaire

Il est bien connu que la représentation d’un séisme par un accélérogramme n’est pas couramment
utilisée. Bien que cette représentation décrive complètement le mouvement sismique, l’analyse
temporelle d’une structure par rapport à un séisme réel nécessite des moyens et un temps de calcul
considérables, de plus, elle s’affranchit difficilement du caractère particulier du choix d’un
accélérogramme. La notion la plus répandue pour représenter un séisme en ingénierie sismique est le
spectre de réponse d’oscillateurs linéaires. Le spectre de réponse en accélération, vitesse ou
déplacement fournit la réponse maximale d’oscillateurs linéaires élastiques soumis à un séisme et met
en évidence le contenu fréquentiel du mouvement sismique.

(a) (b)
0.3 1

0.2 0.8
Accélération (g)

PSA (g), ξ=5%

0.1
0.6
0
0.4
-0.1
0.2
-0.2

-0.3 0
0 20 40 60 80 0 2 4 6 8 10 12
Temps (s) Période (s)

Figure 4.5 : (a) Accélérogramme du choc principal du séisme de Chi Chi, Taiwan (1999), (b) pseudo-
spectre de réponse élastique en accélération de l’accélérogramme.

Les spectres de réponse des séismes antérieurs constituent une base rationnelle pour le calcul
anélastique des structures. Les pics des spectres de réponse de la figure 4.5b sont dus aux résonances
locales du mouvement du sol. Ces pics irréguliers n’ont pas un intérêt pratique et peuvent être éliminés
en considérant la moyenne d’un nombre suffisant de spectres de réponse pour une certaine classe de
site, provenant de tremblements de terre normalisés par rapport à la même intensité. La courbe moyenne
obtenue se nomme spectre élastique moyen. Lorsque ce dernier est associé à l’aléa de la zone sismique,
au coefficient de comportement tenant en compte la réponse anélastique de la structure ainsi qu’aux
caractéristiques de cette dernière se rapportant à la qualité de conception et de réalisation, la courbe
obtenue s’appelle spectre réglementaire. Cette courbe enveloppe le spectre moyen et est fournie via des

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expressions analytiques décrivant chaque branche du spectre, délimitée par des valeurs de périodes
particulières.

Figure 4.6 : Spectres de réponse réels en accélération pour un site ferme issus de différents
tremblements de terre, spectre moyen et spectre réglementaire.
0.3
Spectre de réponse (Sa/g)

0.25

0.2

0.15

0.1

0.05

0
0 1 2 3 4
Période (s)

Figure 4.7 : Spectre de réponse réglementaire (de calcul) relatif au site S3 proposé par les RPA99.

Le spectre de calcul de la figure 4.7 possède les propriétés suivantes :


Site : S3
Zone sismique : IIb
Groupe d’usage : 1B
Facteur de comportement, R : 3
Facteur de qualité, Q : 1.2
Amortissement, ξ : 7%

Afin de construire le spectre réglementaire relativement aux différents sites et aux autres paramètres, les
RPA99 proposent des expressions analytiques permettant de tracer les différentes branches du spectre
(équations 4.26). Un spectre de calcul élastique possède généralement une branche ascendante dominée
par les accélérations spectrales, un plateau horizontal régi par les vitesses spectrales et une branche
descendante gouvernée par les déplacements spectraux.

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  T Q 
 1.25 A1 +  2.5η − 1  0 ≤ T ≤ T1
  T1  R 
 Q
 2.5η (1.25 A)  T1 ≤ T ≤ T2
Sa  R
= 2/3
(4.28)
g   Q  T2 
2.5η (1.25 A)   T2 ≤ T ≤ 3.0 s
  R  T 
 2/3 5/3
 2.5η (1.25 A) T2   3   Q  T > 3.0 s

  3  T   R 

4.5.2.2 Paramètres influençant un spectre de réponse

 Mode de la rupture sismique (mécanisme) de faille.


 Distance épicentrale.
 Profondeur Focale.
 Conditions locales du site.
 Magnitude du séisme.
 Amortissement de la structure.
 Période de la structure.

4.5.3 Caractéristiques dynamiques d’un système à plusieurs degrés de liberté


4.5.3.1 Système libre non-amorti
Pour déterminer les caractéristiques dynamiques d’un système à plusieurs degrés de liberté (ddl), il
existe deux méthodes : méthode des raideurs et méthode des flexibilités.
a) Méthode des raideurs
L’équation du mouvement du système libre non-amorti à tout instant t s’écrit :

[M ]{X }+ [K ]{X } = 0 (4.29)

 x1   x1 
 x  x 
{ } 2  2
Avec : X =   ; {X } =  
 (4.30)
.  . 
 xn 
   xn 
 
On obtient alors un système d’équations différentielles couplées sans second membre à coefficients
constants. On peut rechercher des solutions harmoniques pour ce système sous la forme :

xi (t ) = φi sin(ωt + ϕ ) (4.31)

Où ϕi, désigne l’amplitude du degré de liberté i. Donc pour n degrés de liberté, il vient :

{X } = {φ }sin(ωt + ϕ ) (4.32)

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{X } = −ω {φ }sin(ωt + ϕ )
2
(4.33)

En introduisant ces deux expressions dans (4.29), on retrouve :

− ω 2 [M ]{φ }sin(ωt + ϕ ) + [K ]{φ }sin(ωt + ϕ ) = 0 (4.34)

et aussi :

[[K ] − ω [M ]]{φ}sin(ωt + ϕ ) = 0
2
(4.35)

L’équation (4.35) doit être satisfaite pour toute valeur de t. Par conséquent :

[[K ] − ω [M ]]{φ} = 0
2
(4.36)

L’équation (4.36) est connue sous le non de problème aux valeurs propres. Pour une solution non
triviale,

({ϕ}≠0) du système d’équations, le déterminant de la matrice résultante doit être nul :

[ ]
det [K ] − ω 2 [M ] = 0 (4.37)

Il en résulté une équation polynomiale de degré n en ω. Cette équation s’appelle équation


caractéristique du système. Pour chaque valeur de ω satisfaisant l’équation (4.37), on obtient une
solution pour le vecteur {ϕ}. Le couple (ωi, ϕi) représente la caractéristique du degré de liberté i.

b) Méthode des flexibilités (souplesses)


L’équation du mouvement du système libre non-amorti à plusieurs degrés de liberté s’écrit :

[F ][M ]{X }+ [I ]{X } = 0 (4.38)

− ω 2 [F ][M ]{φ }sin(ωt + ϕ ) + [I ]{φ }sin(ωt + ϕ ) = 0 (4.39)

[[I ] − ω [F ][M ]]{φ }sin(ωt + ϕ ) = 0


2
(4.40)

 
[F ][M ] − ω 2 [I ]{φ } = 0
1 (4.41)

Avec :

[F ][M ] = [D ]matrice dynamique


 (4.42)
 1
 =λ
ω 2

det{[D ] − λ [I ]} = 0 (4.43)

Les solutions de l’équation (4.43) représentent les valeurs propres de la matrice dynamique [D] notées
1
λi = .
ωi 2
Pour chaque valeur propre λi, correspond un vecteur propre {ϕi} vérifiant : [D ] − λi [I ] {φi } = 0

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4.5.3.2 Modes normaux et relations d’orthogonalité


Les modes propres possèdent une propriété très importante qui est à la base de la résolution des
problèmes dynamiques des systèmes à plusieurs degrés de liberté. Soit un système à deux ddl.

x1 x2
k1 k2
m1 m2

Figure 4.8 : Système à deux degrés de liberté non amorti.


On a :

[[K ] − ω [M ]]{φ} = 0
2

En résolvant ce système d’équations, on obtient les valeurs et vecteurs propres du système à 2 ddl (ω1,
ϕ1), (ω2, ϕ2), où :

φ11 φ12 
{
Φ = φ1 φ 2 =  }
 (Matrice modale)
φ21 φ22 

Pour le premier mode, on a :

[K ]{φ1} = ω12 [M ]{φ1}


k11 k12  φ11  m 0  φ11  
2 1 ω1 m1φ11 
2

k k  φ  = ω 0 m  φ  =  2

= P
(1)
{ }
 21 22   21   2   21  ω2 m2φ21 
 
Pour le deuxième mode, on a aussi :

k11 k12  φ12  m 0  φ12  


2 1 ω1 m1φ12 
2

k k  φ  = ω 0 m  φ  =  2

= P
( 2)
{ }
 21 22   22   2   22  ω2 m2φ22 
 
Remarque (théorème de réciprocité de Betti)
Soit une structure soumise à un chargement {P} engendrant un déplacement {X}. Cette structure est
soumise aussi à un autre chargement {Q} engendrant un déplacement {Y}. Le travail effectué par le
chargement {P} avec le déplacement {Y} est égal au travail effectué par le chargement {Q} avec le
déplacement {X}. Par conséquent :

{P } φφ
(1) T 12 
= P
φ
( 2 ) T  11 
{ } φ
[
2 2 φ12 
φ
2
] 2
[
  ⇔ ω1 m1φ11 , ω1 m2φ21   = ω2 m1φ12 , ω2 m2φ22 ]φφ
12
 (4.44)
 22   21   22   22 

[ω1
2
] [
m1φ11φ12 + ω12 m2φ21φ22 = ω2 m1φ12φ11 + ω22 m2φ22φ21
2
] (4.45)

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[(ω 1
2
− ω22 )m1φ11φ12 + (ω12 − ω22 )m2φ21φ22 = 0 ] (4.46)

(ω1 − ω22 )[m1φ11φ12 + m2φ21φ22 ]= 0


2
(4.47)

comme ωi ≠ ωj, alors :

[m1φ11φ12 + m2φ21φ22 ]= 0 (4.48)

m1 0  φ21 
[φ11 φ21 ]    = 0 (4.49)
0 m2  φ22 

{φ } [M ]{φ } = 0
(1) T ( 2)
(4.50)

La relation (4.50) s’appelle propriété d’orthogonalité des vecteurs modaux. En généralisant, on


obtient pour i ≠ j :

{φ } [M ]{φ }= 0
(i ) T ( j)
(4.51)

On dit que les vecteurs modaux sont orthogonaux par rapport à la matrice masse. Considérons
l’équation :

[K ]{φ j } = ω j 2 [M ]{φ j } (4.52)

En pré multipliant cette équation par φ { }(i ) T


:

{φ } [K ]{φ } = ω {φ } [M ]{φ } = 0 (en vertu de l’équation 4.50)


i T j
j
2 i T j
(4.53)

On dit que les vecteurs modaux sont orthogonaux par rapport à la matrice de raideur K.

Exemple :
Soit la structure ci-contre. Déterminer les matrices M et K, puis calculer les pulsations et les modes
propres. Vérifier les conditions d’orthogonalité. m
x1

[M ] = 
m1 0 
 k/2 k/2
0 m2  m
x2

[K ] =  11 12 
k k
k/2 k/2
k 21 k 22 

Premier état : Deuxième état :


x2=1
k11=k+k=2k ; k21= - k x2=0 k22=k ; k12= - k

x1=1 x1=0

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Chapitre 4 Evaluation des forces latérales d’origine sismique

2k − k 
[K ] =  
− k k 
Pulsations propres :

2k k  ω m 0
[ ]
2

det [K ] − ω [M ] = 0 ⇒ 
2
−  =0⇒
− k k  0 ω m 
2

 2k − ω 2 m − k 
 2
= 0 ⇒ (2k − mω 2 )(k − mω 2 ) − k 2 = 0
− k k − mω 

2k 2 − 2kmω 2 − mω 2 k + m 2ω 4 − k 2 = 0

m 2ω 4 − 3kmω 2 + k 2 = 0 (équation caractéristique)

∆ = 9k 2 m 2 − 4k 2 m 2 = 5k 2 m 2 ⇒ ∆ = 5km

(3 − 5 ) k k (3 + 5 ) k k
ω12 = = 0.38 ω2 2 = = 2.62
2 m m 2 m m
Vecteur propres :
Premier vecteur :

φ11  2k − 0.38k − k  φ11  − 1  φ11 


[K ]{φ 1}− ω12 [M ]  =0⇒  
1.62
 =0⇒   =0
φ21  − k k − 0.38k  φ21  − 1 0.62 φ21 
1.62φ11 − φ21 = 0 ⇒ φ21 = 1.62φ11  1 
 ⇒ φ =
1
{ }
 (Premier mode)
− φ11 + 0.62φ21 = 0  1.62
Deuxième vecteur :

φ 2k − 2.62k − k  φ12  − 0.62 − 1  φ12 


[K ]{φ 2 }− ω2 2 [M ]  12  = 0 ⇒    =0 ⇒   =0
φ22  − k k − 2.62k  φ22  − 1 − 1.62 φ22 

− 0.62φ12 − φ22 = 0  1 
 ⇒ φ =
2
{ }
 (Deuxième mode)
− φ12 − 1.62φ22 = 0 ⇒ φ12 = −1.62φ22  − 0.62

1  1 
ω12 = 0.38
k
{ }
; φ1 =   ω22 = 2.62
k
{ }
; φ2 =  
m 1.62 m − 0.62
Propriétés d’orthogonalité :

− k  1 
{φ } [K ]{φ } = [1 1.62] 2−kk
1 T 2
   = [0 . 38k 0 . 62 k ]1


=0
 k  1.62 − 0.62

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Chapitre 4 Evaluation des forces latérales d’origine sismique

{φ } [M ]{φ } = [1 1.62] 0m


1 T 2 0  1 
 
1
 = [m 1.62m]

=0
 m 1.62 − 0.62
4.6 Analyse dynamique modale – Méthode de superposition modale
L’analyse modale est une technique très utilisée pour déterminer la réponse dynamique d’un système
linéaire à plusieurs ddl, soumis à un chargement dynamique (ou à une excitation à la base) quelconque.
Le système d’équations différentielles du mouvement dans le cas général est le suivant :

[M ]{X }+ [C ]{X }+ [K ]{X } = {F (t )} (4.54)

Si on considère le ième ddl, l’équation du mouvement s’écrit :

[mi1x + mi 2 x2 + ... + min xn ] + [ci1 x1 + ci 2 x2 + ... + cin xn ] + [ki1 x1 + ki 2 x2 + ... + kin xn ] = {F1 (t )} (4.55)

En vertu de cette équation, on constate que le système d’équation du mouvement est un système
dynamique couplé. C’est le cas lorsque les matrices [M], [C] et [K] ne sont pas diagonales. Si mij existe
pour i≠j, on dit que le système possède un couplage dynamique. Si kij existe pour i≠j, on dit que le
système possède un couplage statique.
La stratégie de base de l’analyse modale consiste à introduire une transformation linéaire des variables
utilisant la matrice modale [Φ], afin de découpler les équations du mouvement.
4.6.1 Méthode de superposition modale – Coordonnées principales
Pour découpler les équations du mouvement, on introduit une transformation linéaire en utilisant la
matrice modale [Φ]. Cette transformation convertit les équations différentielles des coordonnées x(t) ou
ddl, en un nouveau système de coordonnées principales (normales) xp(t) :

φ11.......φ1n 
. . 
{X (t )} = [Φ ]{X P (t )} avec [Φ ] = [{φ }{φ } {φ }......{φ }]
1 2 3 n
=
. . 
(4.56)
 
φ1n φnn 
4.6.1.1 Découplage des équations du mouvement
On remplaçant (4.56) dans (4.54), l’équation du mouvement pour un système forcé amorti devient :

[M ][Φ ]{X P }+ [C ][Φ ]{X P }+ [K ][Φ ]{X P } = {F (t )} (4.57)

On pré multiplie l’équation (4.57) par [Φ]T :

[Φ ]T [M ][Φ ]{X P }+ [Φ ]T [C ][Φ ]{X P }+ [Φ ]T [K ][Φ ]{X P } = [Φ ]T {F (t )} (4.58)

En vertu des propriétés d’orthogonalité :

[Φ ]T [M ][Φ ] = [M P ] ; [Φ ]T [C ][Φ ] = [CP ] ; [Φ ]T [K ][Φ ] = [K P ] ; [Φ ]T {F (t )} = {FP (t )} (4.59)

[M P ]{X P }+ [C P ]{X P }[K P ]{X P }= {FP (t )} (4.60)

Le système d’équations (4.60) est formé de n équations, où chaque équation possède une inconnue.
Chaque équation du système (4.60) représente l’équation du mouvement d’un oscillateur simple
correspondant au mode de vibration du même ordre que le degré de liberté associé, ayant les propriétés

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Chapitre 4 Evaluation des forces latérales d’origine sismique

du mode y afférent (masse modale, raideur modale, amortissement modal). La particularité de cette
équation du mouvement est qu’elle est indépendante des équations du mouvement relatives aux autres
degrés de liberté.
Dans l’équation (4.60), nous avons supposé que la transformation en coordonnées principales permet de
découpler la matrice d’amortissement [C], mais cela n’est possible que si cette matrice satisfasse aux
propriétés d’orthogonalité. Lord Rayleigh a montré qu’une telle matrice est de la forme [C]=
a[M]+b[K] :

[Φ ]T [C ][Φ ] = a [Φ ]T [M ][Φ ] + b[Φ ]T [K ][Φ ] (4.61)

[C P ] = a[M P ]+ b [K P ] (4.62)

Pour le ddl i :

mPi xPi + c Pi x Pi + k Pi x Pi = {Fi (t )} (4.63)

c Pi = amPi + bk Pi x Pi = 2mPiξ iωi (4.64)

4.6.1.2 Cas d’un chargement harmonique


L’équation du mouvement s’écrit sous la forme de l’équation (4.63).
n
φki F0 k 1
x Pi (t ) = ∑ sin(α k t − ϕ k ) (4.65)
k =1 k pi (1 − β k2 ) 2 + (2ξ i β k ) 2

n n
FPi (t ) = ∑ φ ki F0 k sin αt =∑ φ ki Fk (t ) (4.66)
k =1 k =1

αk k pi
βk = ; ωi =
ωi m pi

4.6.1.3 Cas d’un chargement quelconque


t n
1
xPi (t ) =
mPiωi ∫ ∑φ
0 k =1
ki Fk (τ ) e −ξiωi ( t −τ ) sin ω Di (t − τ )dτ

{X (t )} = [Φ ]{X P (t )}
4.6.2 Système soumis à une excitation à la base

4.6.2.1 Utilisation d’un accélérogramme ( xg connu)

L’équation du mouvement pour le degré de liberté i en coordonnées principales est :

mPi xPi + c Pi x Pi + k Pi x Pi = −{φ } [M ]{1}xg


T
(4.67)

∫ − {φ } [M ]{1}x (τ )e
t
1 −ξiωi ( t −τ )
x Pi (t ) = i T
sin ω Di (t − τ )dτ (4.68)
mPiωi
g
0

{φ } [M ]{1} 1 − x (τ )e
i T t

{φ } [M ]{φ } ω ∫
−ξiωi ( t −τ )
xPi (t ) = g sin ω Di (t − τ )dτ (4.69)
i T i
i 0

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Chapitre 4 Evaluation des forces latérales d’origine sismique

Γi
t

∫ − x (τ )e
−ξ iωi ( t −τ )
x Pi (t ) = sin ω Di (t − τ )dτ (4.70)
ωi 0
g

Avec Γi =
{φ } [M ]{1}
i T

{φ } [M ]{φ }
Facteur de participation modale traduisant la part de la masse mobilisée par
i T i

le mode i. La réponse maximale de déplacement en coordonnées principale est donnée par :


t
1
∫ − x (τ )e
−ξ iωi ( t −τ )
x Pi = x Pi (t ) max = Γi sin ω Di (t − τ )dτ = Γi S dP (ωi , ξ i ) (4.71)
ωi
max g
0 max

4.7 Méthode dynamique modale spectrale

4.7.1 Caractérisation du chargement sismique

L’action sismique émane de la traduction en données physiques de calcul permettant de décrire le


phénomène sismique. Certaines hypothèses simplificatrices sont nécessaires pour s’affranchir de la
complexité du phénomène. Durant longtemps, l’analyse dynamique faisait défaut dans le calcul de
structures, par absence de méthodes et de moyens de calcul. L’action sismique y était représentée par un
effort latéral mobilisant les masses discrétisées de la structure par une accélération et non à travers une
analyse dynamique ou temporelle, et traduit notamment l’absence de couplage dynamique entre modes
de vibration. Pour des études de dimensionnement, on peut ne s'intéresser qu'à une estimation des efforts
maximaux induits par les sollicitations, sans recourir à une analyse transitoire. Cela fait appel aux
spectres de réponse d’oscillateurs simples élastiques linéaires, transcrivant les réponses spectrales
maximales de ces oscillateurs. En plus de la méthode statique équivalente, les RPA99 propose la
méthode modale spectrale comme méthode d’analyse dynamique des structures.

4.7.2 Principe de la méthode modale spectrale

La méthode modale spectrale consiste à décomposer les équations du mouvement d'une structure en un
système d'équations découplées, puis à utiliser les spectres de réponse d'oscillateurs, permettant
d'obtenir une estimation du maximum de la réponse. La réponse de la structure étant prépondérante au
voisinage de certaines fréquences dites fréquences modales (fréquences de résonance). Le but est donc
la détermination du comportement de la structure au droit des fréquences de résonance. A chaque
fréquence de résonance correspond un comportement différent de la structure régi par le mode propre
associé. Les résultats de l'analyse modale sont généralement combinés pour obtenir, approximativement,
le maximum de la réponse.

4.7.3 Estimation des réponses réelles

La réponse maximale en coordonnées principales dans le ième ddl d’un système à n ddl est donnée par
l’équation (4.71). En vertu de la relation (4.56), on retrouve la réponse en coordonnées réelles du ième
ddl de la structure, issue de la contribution de tous les modes de vibration.

n
xi (t ) = ∑ φki x Pk (t )
k =1
(4.72)

L’indice k dans l’expression précédente représente le mode de vibration.

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Chapitre 4 Evaluation des forces latérales d’origine sismique

n
xi (t ) max = ∑ φki Γk S Pdk (4.73)
k =1

Et il en découle :

n
Γk
xi (t ) max = ∑ φki S Pvk (4.74)
k =1 ωk
n
xi (t ) max = ∑ φki Γk S Pak (4.75)
k =1

4.7.3.1 Effort de niveau (Fi)

La charge statique équivalente à chaque plancher s’écrit :

n n
S Pak
( Fi ) max = mi xmax = mi ∑ φki Γk S Pak = wi ∑ φki Γk (4.76)
k =1 k =1 g

g, représente l’accélération gravitaire. La force Fi est la force statique équivalente maximale provenant
de la superposition de tous les modes de vibration. Il vient donc que la force maximale statique
équivalente associée au mode k est :

S Pak
( Fki ) max == wiφki Γk (4.77)
g

4.7.3.2 Effort tranchant global modal à la base

L’effort tranchant global modal à la base de la structure est obtenu par la sommation de toutes les forces
d’étages du même mode. Il est donné par la relation :

S ak
Vk max = α k S ak M tot = α kWtot (4.78)
g

Où :

2
 n 
 ∑ φki wk 
α k =  k =n1  1
n
(4.79)
∑ φki w2 k
k =1
∑w
k =1
k

La charge statique équivalente maximale à chaque étage relative au mode k est :

wk φki
(Fki )max = Vk max n (4.80)
∑w φ
i =1
k ki

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