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Université M’Hamed Bouguara - Boumerdes

MODES DE TRANSFERT THERMIQUE


Résumé de cours et exercices d’applications

1
SOMMAIRE

page
I. Notions fondamentales sur le transfert de chaleur…………………………………………………………………………….. 03
I.1 Conduction……………………………………………………………………………………………………………………………….. 03
I.2 Convection………………………………………………………………………………………………………………………………... 03
I.3 Rayonnement…………………………………………………………………………………………………………………………….. 04
II. Modes de transfert de chaleur……………………………………………………………………………………………………….. 04
II.1 Conduction………………………………………………………………………………………………………………………………. 04
II.1.1 Conduction à travers une paroi plane…………………………………………………………………………...………….. 05
II.1.2 Conduction à travers une paroi cylindrique……………………………………………………………………………… 08
II.2 Convection………………………………………………………………………………………………………………………………. 10
II.2.1 Loi fondamentale de la convection…………………………………………………………………………...……………... 10
II.2.2 Conduction et convection simultanées…………………………………………………………………………………….. 10
II.3 Rayonnement………………………………………………………………………………...…………………………………………… 11
II.3.1 Propriétés du rayonnement calorifique……………………………………………………………………………..……… 11
II.3.2 Loi fondamentale du rayonnement calorifique (loi de Stefan Boltzmann) ………………………………….. 12
III.1 Différence moyenne de température DTLM…………………………………………………………………………...…… 13
III.1.1. Echange à contre-courant pur…………………………………………………………………………...…………………... 14
III.1.2. Echange à courants parallèles…………………………………………………………………………...…………………... 15

2
I. Notions fondamentales sur le transfert de chaleur

La transmission de la chaleur est une science qui traite de la propagation de la chaleur dans différents
milieux.

L’expérience montre que deux corps isolés de l’ambiance et à température différente échangent de l’énergie
sous forme de chaleur jusqu’à disparition complète de leur différence de température.

Cet échange peut se faire de trois façons différentes.

● Conduction
● Convection
● Rayonnement ou radiation
I.1 Conduction
C’est un processus d’échange de chaleur entre les particules des corps en présence d’un gradient de
température.

La conduction thermique à l’état pur ne se manifeste que dans les corps solides et dans les couches minces et
immobiles de liquides ou de gaz. Les lois fondamentales du transfert par conduction sont en complète
analogie avec celles de la conduction électrique.

I.2 Convection

Cet échange à pour origine le mouvement d’un fluide. Ce mouvement peut prendre naissance sous l’effet des
différences de températures dans le fluide donc de différences de densité par déplacements réciproques de
particules chaudes et froides : Il s’agit de convection libre ou naturelle (tuyauterie chaude exposée l’air,
récipient chauffé par le fond…).

Dans la casserole d’eau qui chauffe les molécules chaudes ont tendance à monter car moins denses.

3
Le mouvement de l'eau qui bout dans une casserole que l'on chauffe relève du phénomène de la convection ;
l'eau des zones les plus chaudes (celles qui sont au fond de la casserole) se dilatent et s'élèvent (poussée
d'Archimède) tandis que celle des zones les plus froides descendent.

Le mouvement d'ensemble des molécules d'eau dû à des différences de température est ce qu'on appelle la
convection naturelle.

Ce mouvement peut être provoqué par une cause mécanique (pompe, agitateur, soufflante …etc.) ; Il
s’agit alors de convection forcée.

I.3 Rayonnement

Cet échange est caractérisé par l’absence d’un contact direct entre les corps. Tout corps dont la température
est supérieure au zéro absolu (0°K) rayonne dans toutes les directions une énergie sous forme d’ondes
électromagnétiques.

Inversement tout corps est susceptible d’absorber ou d’émettre partiellement ou entièrement une énergie.

Plus nous éloignons d’un bon feu, moins nous recevons de chaleur

En réalité tout échange thermique s’effectue sous les trois formes précédentes mais l’une d’elles est
prédominante et les autres peuvent être négligées.

Enfin, signalons que l’échange de chaleur entre les corps peut s’opérer à des régimes thermiques établis (ou
permanents) et non établi (ou transitoire). Pendant le régime établi la température à chaque point du corps
reste invariable dans le temps.

Lorsque le régime est non établi la température à chaque point du corps varie en fonction du temps : les
équations de transfert comportent alors le terme différentiel dt relatif au temps.

Dans ce qui suit-il est surtout examiné le régime thermique établi vu qu’il est plus simple à décrire et qu’il est
d’une grande importance pratique.

II. Modes de transfert de chaleur

II.1. Conduction

Fourier dés 1822, écrit l’expression du flux élémentaire de chaleur q pendant le temps dt sous la forme
suivante :

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𝑑𝑄 𝑑𝑡
𝑞= = −𝜆
𝑑𝑆𝑑𝑡 𝑑𝐿

Où :

q : Flux de chaleur en Kcal /h.m2.°C

dQ : Quantité de chaleur

dt : Temps

dT : Température

dL : Epaisseur du matériau traversé par le flux de chaleur

dS : Section traversée par le flux de chaleur

𝜆: Coefficient de conductivité thermique du matériau

Le signe moins signifie que le flux calorifique va du chaud au froid.

Le signe du gradient de température est opposé à celui du flux.

II.1.1 Conduction à travers une paroi plane

a. Paroi à une seule couche

La variation de la température suivant l’épaisseur de la paroi est régie par une relation linéaire.

La quantité de chaleur passant à travers la paroi est exprimée par la loi de Fourier:

(𝑇1 − 𝑇2 )
𝑄 = 𝜆𝑆
𝑒

Q : Quantité ou débit de chaleur en W

λ : Coefficient de conductivité thermique du matériau en W /m.°C


T1 : Température de la surface extérieure de la paroi en °C
T2 : Température de la surface intérieure de la paroi en °C

e : Epaisseur de la paroi en m

S : Surface de la paroi en m2

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Le coefficient de conductivité thermique est en général déterminé par voie expérimentale. La valeur de λ
dépend de la nature de la substance du corps, de sa structure, et varie en fonction de la température.

Dans le tableau ci- dessous il est donné les valeurs de λ pour différents corps solides, liquides et
gazeux.

D'une façon générale, les métaux sont beaucoup plus conducteurs de chaleur que les substances non
métalliques.

Les gaz sont plutôt mauvais conducteurs : le caractère isolant de la laine de verre est dû à la présence de
l'air emprisonné entre les fibres.

Matériau λ (W /m. degré) Matériau λ (W /m. degré)


Aluminium 204 Verre 0,78
Cuivre 386 Liége 0,17
Fer (pur) 16 Laine de Verre 0,038
Acier au carbone 50 Eau 0,556
Fonte 60 Air 0,0262
Argent 419 Tartre de chaudière 0,70
Laiton 100 Suie 0,08
Béton 1,30 Brique réfractaire 0,75

(𝑇1 −𝑇2 )
Reprenons l’équation 𝑄 = 𝜆𝑆
𝑒

𝑄 𝑄 (𝑇1 −𝑇2 )
En divisant 𝑆
on aura : 𝑞 = =𝜆 En W /m2
𝑆 𝑒

𝑄
La grandeur 𝑞 = est appelée densité spécifique du flux thermique ou flux de chaleur.
𝑆

(𝑇1 −𝑇2 )
𝑞=𝜆 𝑒
En W /m2

λ e
La grandeur e
est appelée conductivité (ou conductance) thermique. Et sa valeur inverse 𝜆
ou
2
(résistivité) thermique exprimée en résistance m .°C/W
𝑒
En posant 𝑅 = on obtient :
𝜆

(𝑇1 − 𝑇2 )
𝑄=𝑆
𝑅
(𝑇1 −𝑇2 )
Et 𝑞 = 𝑅

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b. Paroi à plusieurs couches (murs composés)

Considérons une paroi constituée par trois couches de matériaux différents adhérant intimement l’une
à l’autre.

Le flux de chaleur q est constant pour toutes les couches de la paroi. C’est pourquoi pour chacune des
couches nous pouvons écrire l’équation suivante :
𝜆1
1ére couche 𝑞 = (𝑇1 − 𝑇2 )
𝑒1

𝜆2
2éme couche 𝑞 = (𝑇2 − 𝑇3 )
𝑒2

𝜆3
3 éme couche 𝑞 = (𝑇3 − 𝑇4 )
𝑒3

En additionnant ces trois équations membre à membre nous obtenons :

(𝑇1 − 𝑇4 )
𝑞=𝑒 𝑒 𝑒
1
+ 2+ 3
𝜆1 𝜆2 𝜆3

q en w/m2

Si le mur est constitué par l’accolement de n couches d’épaisseurs e1, e2, …e n et de conductivités thermiques
λ1, λ2,…λn, le flux reste toujours constant et l’on a :

𝑇1 − 𝑇𝑛+1
𝑞= 𝑒
∑ 1
𝜆1

Si : R = Σ ei /λi = Σ Ri

On aura :

𝑇1 − 𝑇𝑛+1
𝑞=
∑ 𝑅𝑖

Σ Ri : Est la somme de toutes les résistivités thermiques des différentes couches de la paroi.

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II.1.2Conduction à travers une paroi cylindrique

Outre les parois planes, dans le domaine pratique de l’échange de chaleur il est souvent utilisé des parois
cylindriques (parois de tubes) qui sont soit à une seule couche soit à plusieurs couches.

a. Paroi à une seule couche

La valeur de la quantité de chaleur passant à travers une paroi cylindrique à une seule couche est :
𝑇1 −𝑇2
Où : 𝑄 = 1 𝑑 en w
𝑙𝑛 2
2𝜋𝜆𝐿 𝑑1

L : Longueur du tube en m

d1 , d2 : Diamètres intérieur et extérieur en m

T1, T2 : Températures aux surfaces intérieure et extérieure du tube en °C. (T1 > T2)

λ: Coefficient de conductivité thermique du matériau en W /m.°C.


La grandeur au dénominateur de l’équation représente la résistance (ou résistivité) thermique R.

Examinons le débit de chaleur par unité de longueur de tube :


𝑄 𝑇1 −𝑇2
𝑞𝑙 = = 2,732𝜆 𝑑 en W/m
𝑙 𝑙𝑜𝑔 2
𝑑1

Dans le cas d’une paroi composée l’expression du débit de chaleur par unité de longueur de tube s’écrira :

b. Paroi à plusieurs couches

Dans le cas d’une paroi composée l’expression du débit de chaleur par unité de longueur de tube s’écrira :

𝑇1 − 𝑇2
𝑞𝑙 = 2,732𝜆
1 𝑑
∑ 𝑙𝑜𝑔 𝑖+1
𝜆𝑖 𝑑𝑖

Application numérique

Un tube en acier de diamètre intérieur d1=100mm et de diamètre extérieur d2=110mm dont la conductivité
thermique λ1est de 58,1 w/m.°C est recouvert d’un isolant à deux couches de même épaisseur e1=e2=50 mm.

La température de la surface intérieure du tube t1=250°C et celle de la surface extérieure de l’isolant t4= 50°C.

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1. Calculer les pertes de chaleur à travers les parois d’un mètre linéaire du tube et la température entre les
couches d’isolation si la couche intérieure est produite d’un isolant dont λ=0,07 w/m.deg. et la seconde couche
possède λ= 0,14 w/m.deg.

2. Comment varient les pertes de chaleur à travers les parois du tube considéré et la température entre les
couches d’isolation si l’on inverse la place des couches (c'est-à-dire si on place l’isolant avec λ=0,14 w/m.deg.
directement sur la paroi de l’acier et l’isolant dont λ= 0,07 w/m.deg. à l’extérieur).

Solution :

𝑇1 − 𝑇2
𝑞𝑙 = 2,732𝜆
1 𝑑
∑ 𝑙𝑜𝑔 𝑖+1
𝜆𝑖 𝑑𝑖

d3 = d2+ 2e1 = 110 + 2.50 = 210 mm

d4 = d3+ 2e2 = 210 + 2.50 = 310 mm

𝑇1 − 𝑇4
𝑞𝑙 = 2,732𝜆
1 𝑑
∑ 𝑙𝑜𝑔 𝑖+1
𝜆𝑖 𝑑𝑖

𝑇1 − 𝑇4
𝑞 = 2,732
1 𝑑 1 𝑑 1 𝑑
𝑙𝑜𝑔 2 + 𝑙𝑜𝑔 3 + 𝑙𝑜𝑔 4
𝜆1 𝑑1 𝜆2 𝑑2 𝜆3 𝑑3

250 − 50
𝑞 = 2,732 = 104,66 𝑤/𝑚
1 110 1 210 1 310
𝑙𝑜𝑔 + 𝑙𝑜𝑔 + 𝑙𝑜𝑔
58,1 100 0,07 110 0,14 210

1 𝑑
𝑇3 − 𝑇4 𝑙𝑜𝑔 4
𝜆3 𝑑3
𝑞 = 2,732 ⇒ 𝑇3 = 𝑞 + 𝑇4
1 𝑑4 2,732
𝑙𝑜𝑔
𝜆3 𝑑3

1 310
0,14 𝑙𝑜𝑔 210
𝑇3 = 104,6𝑥 + 50 = 96,28°𝐶
2,732

En inversant les couches des isolants on aura :

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𝑇1 − 𝑇4
𝑞 = 2,732
1 𝑑2 1 𝑑 1 𝑑
𝑙𝑜𝑔 + 𝑙𝑜𝑔 3 + 𝑙𝑜𝑔 4
𝜆1 𝑑1 𝜆2 𝑑2 𝜆3 𝑑3

250 − 50
𝑞 = 2,732 = 123,54 𝑤/𝑚
1 110 1 210 1 310
𝑙𝑜𝑔 100 + 0,14 𝑙𝑜𝑔 110 + 0,07 𝑙𝑜𝑔 210
58,1

1 𝑑
𝑇3 − 𝑇4 𝑙𝑜𝑔 4
𝜆2 𝑑3
𝑞 = 2,732 ⇒ 𝑇3 = 𝑞 + 𝑇4
1 𝑑4 2,732
𝑙𝑜𝑔
𝜆2 𝑑3

1 310
0,07 𝑙𝑜𝑔 210
𝑇3 = 123,54𝑥 + 50 = 159,28°𝐶
2,732

II.2. Convection

L’échange de chaleur par convection se produit entre une paroi et un fluide baignant la dite paroi
lorsqu’ils sont en contact directe.

II.2.1. Loi fondamentale de la convection

Le flux de chaleur transmis par convection entre une surface et un fluide est donné par la relation suivante :

Soit 𝑄 = ℎ𝑆(𝑇1 − 𝑇2 ) é𝑞𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑁𝑒𝑤𝑡𝑜𝑛 − 𝑅𝑖𝑐ℎ𝑚𝑎𝑛𝑛

q= ℎ(𝑇1 − 𝑇2 ) 𝑒𝑛 𝑤/𝑚2

Avec :

Q : Quantité ou débit de chaleur (w)

q : Flux de chaleur (w/m2)

h : Coefficient d’échange de chaleur (w /m2.°C)

S : Surface d’échange en m2 (ou surface de contact entre le fluide et le solide).

T1 et T2 : Température de la paroi du solide et celle du fluide en °C.

1/h : Résistance thermique à la convection

II.2.2. Conduction et convection simultanées

a. Paroi plane

Δ𝑇 Δ𝑇
𝑞= = 𝑒𝑛 𝑤/𝑚2
𝑅 1 𝑒𝑖 1
+∑ +
ℎ1 𝜆𝑖 ℎ2

Posons :
1 1 𝑤
𝑈= = 𝑒𝑛 2
𝑅 1 𝑒 1 𝑚 °𝐶
+∑ 𝑖 +
ℎ1 𝜆𝑖 ℎ2

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𝑞 = 𝑈. Δ𝑇 𝑒𝑛 𝑤/𝑚2

Q = U.S.∆t en w

La grandeur U est appelée coefficient global de transmission thermique

b. Paroi cylindrique

𝑄 𝜋Δ𝑇
𝑞= = 𝑒𝑛 𝑤/𝑚
𝑙 1 1,15 𝑑 1
+ 𝑙𝑜𝑔 2 +
ℎ1 𝑑1 𝜆1 𝑑1 ℎ2 𝑑2

∆T représente la différence de température entre les milieux extrêmes.

II.3. Rayonnement

Cet échange de chaleur est caractérisé par l’absence d’un contact direct entre les corps. L’échange de
chaleur peut ainsi s’opérer lorsque les corps se trouvent à une certaine distance l’un de l’autre.

Les rayonnements de tous types sont transmis sous formes d’ondes (oscillations) électromagnétiques.

Suivant la longueur des ondes ces oscillations présentent différentes propriétés énergétiques. On distingue
ainsi les rayons x, ultraviolets, lumineux, les rayons γ, infrarouges, etc.

Dans le domaine de l’échange de chaleur, un rôle important revient aux rayons thermiques infrarouges.

Tout corps dont la température est supérieure au zéro absolu (0°K) rayonne dans toutes les directions une
énergie sous forme d’ondes électromagnétiques. Inversement tout corps est susceptible d’absorber ou
d’émettre partiellement ou entièrement une énergie.

Cette forme de transfert de chaleur ne nécessite donc aucun support matériel et s’identifie parfaitement à la
propagation de la lumière c'est-à-dire à l’optique.

II.3.1 Propriétés du rayonnement calorifique

Si l’on désigne par Q0 la quantité totale d’énergie rayonnante tombant sur un corps et respectivement par QA
la quantité d’énergie rayonnante absorbée, QR la quantité d’énergie rayonnante réfléchie, et par QT la
quantité d’énergie transmise à travers le corps ; le bilan énergétique sera :

Q0 = QA + QR + QT

En divisant tous les termes de cette équation par Q0 on aura :

𝑄0 𝑄𝐴 𝑄𝑅 𝑄𝑇
= + +
𝑄0 𝑄0 𝑄0 𝑄0

𝑄𝐴
𝐴= est le pouvoir absorbant du corps ;
𝑄0

𝑄𝑅
𝑅= est le pouvoir réflecteur du corps ;
𝑄0

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𝑄𝑇
𝑇= est le pouvoir de transparence du corps.
𝑄0

A+R+T=1 (1)

a. Si dans l’équation (1) on adopte : R + T = 0, on aura alors A = 1

Un corps absorbant totalement tout rayonnement incident quels que soient la longueur d’onde et l’angle
d’incidence est appelé corps noir absolu (ou idéal). Dans la nature il n’existe pas de corps qui soient
absolument noirs, cependant il y en a qui d’après leurs propriétés en sont proches : le carbone pure, la suie,
la surface oxydée de l’acier, etc. Ces corps absorbent environ 97% de l’énergie rayonnante incidente.

b. Si on adopte : A + T = 0, on aura alors R = 1

Un corps réfléchissant totalement l’énergie rayonnante qui le frappe est appelé corps parfaitement blanc ou
miroir.

c. Si on adopte : A + R = 0, on aura alors T = 1

Un corps transmettant totalement l’énergie rayonnante qui le frappe est appelé corps transparent.

Dans la nature il n’existe également pas de corps qui soient parfaitement blancs ou transparents, les plus
proches des corps parfaitement blancs sont les métaux polis.

Les gaz monoatomiques et diatomiques ont un pouvoir de transparence T presque égale à 1 (T≈ 1).

II.3.2. Loi fondamentale du rayonnement calorifique (loi de Stefan Boltzmann)

Q = S.ε.σ. T4

Où :

Q : Energie rayonnée ;
S : surface émissive ;
ε : émissivité. (ε = 1 pour un corps noir) ;

σ : constante de Boltzmann numériquement égale à 5,67.10-8 W/m2.°K4 ou 4,96.10-8 Kcal/h.m2.°K4

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Emissivité de certains corps gris

Désignation du matériau Température en °C ε (émissivité)


Aluminium rugueux 20 - 50 0,006 – 0,07
Eau 0 - 100 0,95 – 0,96
Brique rouge 20 0,88 – 0,98
Peinture à l’huile de différentes couleurs 100 0,92 – 0,96
Charbon 100 - 600 0,81 – 0,79

3 Applications : calcul de la D.T.L.M

Etant donné deux produits dont les températures sont différentes, la transmission de chaleur s’effectue
d’un milieu plus chaud à un milieu plus froid.

Quel que soit le type de l’appareil utilisé il est possible d’établir le bilan thermique global en écrivant que
la quantité de chaleur Q perdu par le fluide chaud est égale à celle récupérée par le fluide froid, si l’on
néglige les pertes thermiques :

Q = M Cp (T1 – T2) = m cp (t2 – t1)

Soit : Q = M (H1 – H2) = m (h2 – h1)

Les lettres majuscules sont réservées pour le fluide chaud, les minuscules pour le fluide froid.

Où :

1 et 2 : indices correspondant respectivement à l’entrée et à la sortie ;

M et m : débits massiques des fluides en kg /h ;

Cp : chaleur spécifique moyenne (à pression constante) du fluide chaud, en kcal /kg.degré

cp : chaleur spécifique moyenne (à pression constante) du fluide chauffé, en kcal /kg.degré

T et t : températures des fluides en °C ;

H et h : enthalpies des fluides en fonction de leurs températures T et t en kcal /kg.

Par ailleurs on peut appliquer l’équation de Fourier

Q = U.S.ΔTLM

Q : quantité de chaleur transmise par unité de temps en kcal /h ;

U : coefficient global de transfert de chaleur en kcal /h. m2. °C ;

S : surface totale d’échange de l’appareil en m2 ;

ΔTLM : différence de température logarithmique moyenne en °C.

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Le coefficient de transfert U dépend de plusieurs facteurs : nature du fluide, sa vitesse d’écoulement,
composition chimique du matériau et dimension du tube, taux d’encrassement de la paroi qui sépare les deux
fluides…etc.

III.1 Différence moyenne de température ΔTLM

Elle est déterminée selon :

Δ𝑇1 − Δ𝑇2
Δ𝑇𝐿𝑀 =
Δ𝑇
2,3𝑙𝑜𝑔 1
Δ𝑇2

L’évolution de la température de chaque fluide à partir des températures d’entrées T1 et t1 conditionne la


valeur moyenne de T. Elle est fonction de :

✓ la nature et des débits des deux fluides ;


✓ du sens d’écoulement relatifs des deux fluides qui peuvent circuler soit à contre-courant pur ou à
courants parallèles, comme c’est le cas pour les échangeurs à double-tube, soit à courants mixtes,
successivement contre-courant et courants parallèles pour des appareils tubulaires à plusieurs passes.
III.1.1. Echange à contre-courant pur
Les entrées et les sorties de chaque produit sont respectivement à l’opposé l’une de l’autre, de sorte que les
produits se croisent.

Echange à contre-courant pur

∆T1 = T1 – t2

∆T2 = T2 – t1

Où :

T1 et T2 : températures initiale et finale du produit chaud.

t1 et t2 : températures initiale et finale du produit froid

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III.1.2. Echange à courants parallèles
Les deux entrées, sont du même côté de l’échangeur et les deux sorties à l’autre extrémité de sorte que les
produits cheminent parallèlement de chaque côté de la surface d’échange.

Echange à courants parallèles

∆T1 = T1 – t1

∆T2 = T2 – t2

On remarque que l’échange à contre- courant est plus efficace (meilleur) que l’échange à courants de
même sens à cause de la ΔTLM plus élevée.

Application numérique (1)


Dans un appareil d’échange de chaleur tubulaire eau-eau, le liquide chauffant à une température initiale
T1=110°C et une température finale T2 =70 °C.

Le second fluide, l’eau réchauffée dans une circulation a contre-courant, à une température d’entrée t1=40 °C
et une température de sortie t2 = 60 °C.

Déterminer la surface d’échange dans le mode de circulation considérée et dans le mode de circulation à
courant parallèle si la quantité de chaleur a pour valeur Q = 83,3.10 3 kj /h et le coefficient global de transfert
U = 6290 kj /h. m2. °C

Solution

1) Mode de circulation à contre-courant

∆T1 = T1 – t2 = 110 – 60 = 50 °C

∆T2 = T2 – t1 = 70 – 40 = 30 °C
Δ𝑇1 50
Vu que : ΔT2
= 30 = 1,67 < 1,7

Nous pouvons donc utiliser la formule simplifiée pour déterminer la ΔTLM

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∆𝑇1 − ∆𝑇2 50 − 30
∆𝑇𝐿𝑀 = = = 40°𝐶
∆𝑇1 50
2,3𝑙𝑜𝑔 ∆𝑇 2,3𝑙𝑜𝑔 30
2

La formule la plus exacte nous donne :

∆𝑇1 − ∆𝑇2 50 − 30
∆𝑇𝐿𝑀 = = = 39,19°𝐶
∆𝑇 50
2,3𝑙𝑜𝑔 ∆𝑇1 2,3𝑙𝑜𝑔
2 30

On utilisant la formule simplifiée on aura une erreur de :

40 − 39,19
. 100 = 2%
39,19

Qui est habituellement admissible dans les calculs techniques.

● Surface d’échange à contre- courant :


𝑄 83,3. 103
𝑆𝑐𝑐 = = = 0,337 𝑚2
∆𝑇𝐿𝑀 6290.39,19
2) Mode de circulation à courant parallèle

∆T1 = T1 – t1 = 110 – 40 = 70 °C

∆T2 = T2 – t2 = 70 – 60 = 10 °C

∆𝑇1 − ∆𝑇2 70 − 10
∆𝑇𝐿𝑀 = = = 30,8°𝐶
∆𝑇 70
2,3𝑙𝑜𝑔 1 2,3𝑙𝑜𝑔
∆𝑇2 10

● Surface d’échange à courant parallèle :


𝑄 83,3. 103
𝑆∥ = = = 0,429 𝑚2
𝑈. ∆𝑇𝐿𝑀 6290.30,8
C'est-à-dire si on emploie ce système d’échange nous devons augmenter la surface d’échange de 27%

Application numérique (2)


Il est indispensable de chauffer en une heure 450 kg d’eau dont la température sera portée de 10°C à 75°C par
des fumées à température initiale T1=165°C. Le débit des fumées est de 1800kg/h. La chaleur spécifique à
𝐾𝑗
pression constante des gaz 𝐶𝑝.𝑔 = 1,0468 𝑘𝑔.°𝐶 et le coefficient global de transmission thermique 𝑈 =
𝑊
163,3 𝑚2 °𝐶 .

Déterminer la surface de chauffe S pour la circulation en courants parallèles et à contre-courant.


𝐾𝑗
On donne : pour l’eau chaleur spécifique à pression constante cp.eau = 4,19𝑘𝑔.°𝐶

Solution

1. La quantité de chaleur Q cédée à l’eau est :

16
Qeau = m.cp.e (t2 – t1) = 450. 4,19(75 – 10) = 122,6.103 kJ/h

2. La température de sortie des gaz est :

En négligeant les pertes de chaleur on peut poser : Q = Qeau = Qgaz

𝑄𝑔𝑎𝑧 = 𝑀. 𝐶𝑝.𝑔 (𝑇1 − 𝑇2 )

𝑄 122,6𝑥103
⇒ 𝑇2 = 𝑇1 − = 165 − = 100°𝐶
𝑀𝐶𝑝.𝑔 1800𝑥1,0468

3. Surface d’échange pour le courant parallèle :


Q = U.S.ΔTLM

∆T1 = T1 – t1 = 165 – 10 = 155 °C

∆T2 = T2 – t2 = 100 – 75 = 25 °C

∆𝑇1 − ∆𝑇2 155 − 25


∆𝑇𝐿𝑀 = = = 72°𝐶
∆𝑇1 155
2,3𝑙𝑜𝑔 ∆𝑇 2,3𝑙𝑜𝑔
2 25

𝑄 122,6. 106
𝑆∥ = = = 2,9 𝑚2
𝑈. ∆𝑇𝐿𝑀 3600𝑥163,3𝑥72
4. Surface d’échange pour le contre-courant

∆T1 = T1 – t2 = 165 – 75 = 90 °C

∆T2 = T2 – t1 = 100 – 10 = 90 °C
Δ𝑇1
Vu que : ΔT2
=1

Δ𝑇1 +Δ𝑇2 90+90


La valeur de ΔTLM sera déterminée d’après : Δ𝑇𝐿𝑀 = = = 90°C
2 2

𝑄 122,6. 106
𝑆𝑐𝑐 = = = 2,32 𝑚2
∆𝑇𝐿𝑀 3600𝑥163,3𝑥90

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