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Transmission des données

TRANSMISSION
DES
DONNEES TELECOMS

Cours dispensé par :


M. N’GUESSAN N. François
Ingénieur télécom
Transmission des données

SOMMAIRE

I- GENERALITES

II- MODULATION

III- MULTIPLEXAGE

IV- COMMUTATION

V- SIGNAL NUMERIQUE

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I GENERALITES

I.1 INTRODUCTION

Les communications comprennent l’ensemble des moyens


techniques nécessaires à l’acheminement aussi fidèlement que
possible d’information entre deux points quelconques situés à
des distances quelconques avec des coûts raisonnables.

La mise en relation de deux usagers afin de leur permettre de se


faire parvenir l’information est généralement le rôle de la
commutation.

L’acheminement de l’information d’un point à un autre point


exception faite du réseau d’abonnés est du ressort de la
transmission.

Les canaux de transmission sont des supports de nature diverse.


On en distingue deux grands groupes :

1. Les supports physiques :


- Paire torsadée ;
- Câble coaxial ;
- Fibre optique.
2. Les supports immatériels :
- Faisceau hertzien ;
- Liaison satellitaire.

I.2 NATURE DES SIGNAUX TRANSMIS

Les messages représentent l’information. Ceux qui font l’objet


des télécommunications sont de natures différentes. On
distingue :

- Les sons (fixes ou mobiles)


- Les textes (écrits avec ou sans dessins)
- Les données (dialogue entre ordinateurs)

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Récepteur
Emetteur Canal de
Codeur Décodeur d’information
d’information transmission

Signal électrique,
Parole
Parole Microphone électromagnétique, Ecouteur
ou optique
Signal électrique,
Image fixe Télécopieur électromagnétique, Télécopieur Image fixe
ou optique
Signal électrique,
Image mobile Caméra électromagnétique, Récepteur TV Image mobile
ou optique
Signal électrique,
Texte écrit Télécopieur électromagnétique, Téléimprimeur Texte écrit
ou optique
Signal électrique,
Modem
Données électromagnétique, Modem Données
(ERBD)
ou optique
Tous ces signaux sont convertis en courant électrique, en onde
électromagnétique ou en onde optique avant l’acheminement.

ERBD : Emetteur Récepteur Bande des Données

I.3 PLACE DE LA TRANSMISSION DANS UN RESEAU TELEPHONIQUE DE


TELECOMMUNICATION

Centre de Centre de
transmission transmission
Autocom A A B Autocom B

C C
o Câble de
Câble de o
jonction
m jonction m
Réseau m TRANSMISSION m
Réseau
d’abonnés u u
d’abonnés
t t
a a
t t
i i
o o
n n

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I.4 RÔLE DE LA TRANSMISSION

Le rôle de la transmission est d’assurer le transport des


signaux avec une qualité de réception acceptable. Aujourd’hui,
grâce au développement des systèmes de transmission, l’on peut
relier deux points du globe terrestre. C’est l’ère de
l’autoroute des informations. La transmission permet ainsi :

- De relier des autocommutateurs entre eux ;


- De relier un terminal à un ordinateur (serveur) ;
- De relier un engin spatial à sa base ;
- De relier les mobiles entre eux.

I.5 MODE DE COMMUTATION

Il existe trois modes :

 Unilatéral (monologue) : on parle de transmission simplex.


Exemple : radio diffusion sonore.
 Bilatéral (dialogue) : dans ce cas on peut avoir :
 Une transmission half duplex (dans les deux sens mais
en alternat).
Exemple : talkie-walkie.
 Une transmission full duplex (dans les deux sens
simultanément).
Exemple : le téléphone
 Conférence (au moins trois personnes)

II LA MODULATION

II.1 INTRODUCTION

Le message en communication peut prendre diverses formes (voix


humaine, image fixe ou animée, musique, texte). Notre but en
transmission est de convoyer ce message à distance. Le
transducteur traduit le message sous forme électrique.

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Ainsi le microphone convertit les variations de pression


acoustique en un courant électrique proportionnel. Toujours dans
le même domaine, le message électrique comprend des fréquences
allant de 20 Hz à 20 kHz qui sont des fréquences audibles.

Supposons que l’on désire émettre le message électrique au


moyen d’une antenne ; l’expérience montre que les dimensions
des antennes propres à ces fréquences atteindraient 1500 km pour
100 Hz et 15 km pour 10 kHz. De plus, si deux stations émettent
en même temps en fréquence audio, il ne serait pas possible de
discerner l’une de l’autre dans le récepteur. On ne pourrait
donc pas transmettre plus d’une image à la fois.

Face à ces contraintes, nous devons recourir à un autre


moyen. Nous introduirons un message électrique de basse
fréquence dans un autre message de haute fréquence. C’est le
principe même de la modulation. Chaque station choisit une haute
fréquence qui lui est propre dite fréquence porteuse ou onde
porteuse. Celle-ci est modifiée par le message électrique basse
fréquence dite onde modulante. Le signal transmis est dit onde
modulée.

Exemple :

m (t) : r(t) = Am(t)cos2πf0t


Onde modulante Onde modulée

Acos2πfot

Onde porteuse

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II.2 LES CARACTERISTIQUES DU SIGNAL

Les principales caractéristiques d’un signal sinusoïdal sont :

- L’amplitude : la valeur maximale du signal ;


- La fréquence : le nombre d’oscillations du signal pendant
l’unité de temps. F = , T étant la période (période =
durée d’une oscillation complète) ;
- La phase : décalage de position à l’origine des temps par
rapport à l’origine des espaces.

L’expression générale d’un signal sinusoïdal est :

( )= ( + )

A : L’amplitude.

ω : La pulsation. ω =2 =

φ : La phase à l’origine.

(ω t + φ ) : La phase instantanée du signal.

II.3 LA MODULATION

II.3.1 Définition

Les signaux sont rarement sous forme adaptée à la transmission


directe dans les voies ou sur support de transmission.
Préalablement à leur transmission, ils doivent subir un
traitement approprié. D’une façon générale, ce traitement
consiste à une modulation qui a pour objet de transporter le
signal dans un domaine de fréquence ou de le mettre sous forme
favorable à sa transmission dans la voie ou sur le support de
transmission.

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En un mot, moduler un signal consiste à inscrire


l’information dans une des caractéristiques du signal
sinusoïdal. Ainsi moduler un signal sinusoïdal de haute
fréquence c’est faire varier l’un des paramètres caractérisant
le signal en fonction d’un signal basse fréquence. L’opération
qui consiste à récupérer l’information à transmettre après
l’onde modulée est appelée démodulation.

On distingue ainsi plusieurs types de modulation :

- La modulation d’amplitude (AM)


- La modulation de fréquence (FM)
- La modulation de phase (PM)
- La modulation par impulsion et codage (MIC)

Remarque :
La modulation d’amplitude, de fréquence et de phase sont de
type analogique car elles portent directement sur un signal tel
qu’il se présente ; tandis que la modulation MIC dite de type
numérique porte sur le signal dont la nature a été modifiée.

II.3.2 Les modulations linéaires

Les modulations linéaires sont largement utilisées dans la


pratique. Il existe que quatre techniques de modulation
linéaires courantes :

- La modulation DBSP (Double Bande Sans Porteuse) : elle est


utilisée par exemple pour constituer le multiplex
stéréophonique ;
- La modulation DBAP (Double Bande Avec Porteuse) : elle est
dite modulation d’amplitude et très répandue en
radiodiffusion (onde courte, moyenne ou longue) ;
- La modulation BLU (Bande Latérale Unique) : elle est la
base de la technique de multiplexage en fréquence
utilisée en téléphonie et des radiocommunications
militaires et maritimes ;

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- La modulation BLR (Bande Latérale Résiduelle) : elle est


employée par exemple pour la transmission du signal vidéo
en télévision.

II.3.2.1 Modulation DBSP

L’une des fonctions principales d’une modulation étant de


changer la localisation spectrale du signal de départ, l’idée
la plus simple est bien de constituer un nouveau signal dont le
spectre est simplement translaté de façon à être inclus dans la
bande passante du canal. Mathématiquement il suffit pour cela de
faire le produit du signal modulant par la porteuse. Le signal
modulé s’écrit : SDBSP (t) = Am(t)cos2πf0t

avec m(t) le signal modulant (message) et Acos2πf0t la


porteuse.

m (t) SDBSP (t) = Am(t)cos2πf0t

Acos2πfot

En effet, une translation dans le domaine spectral se


traduit mathématiquement par une convolution par une fonction de
Dirac. Pour obtenir un signal réel, il faut translater
symétriquement à droite et à gauche sur l’axe des fréquences.
Cela correspond dans le domaine temporel à une multiplication
par un signal sinusoïdal. Le spectre du signal obtenu est donc
décalé de + f0 et – f0.

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m(t)

p(t)

Enveloppe
S(t)

Rappel : ( ℶ: é )

Supposons ( ) ℶ ( ) et g(t) ℶ ( ) :

 ( ). ( ) ℶ ( ) ∗ ( )
 ( ) ∗ ( ) ℶ ( ). ( )
 ℶ ( − )
 ℶ ( + )
 ( ) ∗ ( ± ) = M ( ± )
( )= ( ) = ( )

( ) ℶ ( )

+
2 =
2

2 ℶ [ ( − )+ ( + )]

( ) ℶ ( ) = ( )∗[ ( − )+ ( + )]
2

( )= [ ( − )+ ( + )] = ( )

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( )

-b 0 b f

( )
B = 2b

f
-f0-b -f0 -f0+b f0-b f0 f0+b

La bande occupée par le signal modulé est donc la bande


nécessaire pour sa transmission à une largeur double de celle du
signal de départ. La porteuse (qui correspondrait à une raie à
la fréquence f0) n’est pas présente dans le spectre. C’est la
forme particulière de son spectre qui a donné la modulation DBSP
(Double Bande Sans porteuse). Il est intéressant de voir comment
on peut réaliser concrètement cette modulation que l’on vient
de définir mathématiquement.

II.3.2.1.a Générateur du signal DBSP

Parmi les différents dispositifs qui permettent de réaliser le


produit du message par la porteuse, nous avons retenu un qui est
particulièrement simple et ingénieux dans sa réalisation et son
fonctionnement : le modulateur en anneau.

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Le principe de ce modulateur est fondé sur l’idée que


l’opération de multiplication d’un signal m(t) par la porteuse
2 peut être réalisée en multipliant m(t) par n’importe
quel signal pair périodique de même fréquence fondamentale que
la porteuse. En effet, un tel signal peut toujours se
représenter par sa décomposition en série de Fourier.

( )= 2

( )= ( ). ( ) = ( ). 2

( )= ( ) 2

( )= ( )+ ( ) 2 + ⋯+ ( ) 2

( )= ( )+ − + + + ⋯+ − + +

Le spectre de ce signal (S(t)) est égal au spectre M(f) du


message m(t) translaté au tour des fréquences ± , ±2 , ± . En
filtrant ce signal à travers un filtre passe bande centré sur f0
et de largeur de bande B=2b, on obtient le signal
( ) c’est-à-dire précisément le signal DBSP.

II.3.2.1.b Démodulation cohérente du signal DBSP

La démodulation des signaux DBSP présente une difficulté de


principe. Elle exige en effet que le récepteur « connaisse »
parfaitement la phase du signal modulé.

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Elle fait intervenir un oscillateur situé au niveau du récepteur


que l’on appelle oscillateur local.

Filtre passe bande autour de 0

r(t)
SDBSP(t) m(t)

0
2cos2πfot
Oscillateur local

( )= ( ). 2 2

( )=2 ( )× 2 × 2 Rappel : 2 =1+ 2

( )= ( )[1 + 4 ]

( )= ( )+ [ ( − )+ ( + )]
M(f)

A A

-2f0 0 2f0 -b 0 b

Le filtre passe bande autour de 0 a pour rôle d’isoler le


message en éliminant l’autre thème. L’adjectif « cohérent »
vient de ce que la connaissance précise par le récepteur de la
fréquence et de la phase de la porteuse est indispensable. Par
exemple un déphasage de ∅ entre la porteuse et l’oscillateur
local produira le signal :

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r(t)
SDBSP(t) m(t)

0
2cos(2πfot + ∅)

( )= ( ). cos (2 + ∅)

( )=2 ( ). 2 × cos (2 + ∅)

( )= ( ). [ ∅ + cos (4 + ∅]

( )= ( ) ∅+ ( ) ( + ∅)

Ce qui donne après filtrage passe bande autour de 0 :


( )= ( ) ∅ et qui provoque ainsi une atténuation du signal
démodulé. On peut penser à priori que cette dégradation du
signal démodulé n’est pas catastrophique puisqu’il est
toujours possible d’amplifier le signal après démodulation.

Seulement dans les conditions réelles de transmission, du


bruit se superpose au signal démodulé et ce bruit qui n’est pas
cohérent avec le signal ne sera pas lui atténué. Il s’en suivra
donc une dégradation réelle de la qualité de transmission.

C’est un problème de cohérence qui fait que la DBSP est en


fait moins utilisée comme technique spécifique de transmission
analogique que comme technique de multiplexage fréquentiel.
La modulation qui a été utilisée la première fois en
radiodiffusion est la modulation Double Bande Avec Porteuse
(DBAP) dite parfois modulation d’amplitude. Pourtant le signal
DBAP est légèrement plus complexe que le signal DBSP. Mais
c’est bien la DBAP qui a permis d’énorme essor de la
radiodiffusion dans les années 20 grâce à l’emploi d’un
récepteur d’une simplicité enfantine.

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II.3.2.2 Modulation DBAP

Le principe de la modulation DBAP consiste à transmettre la


porteuse telle quelle additionnée à un signal modulé de type
DBSP de façon à éviter tous les problèmes liés à la récupération
de la porteuse à la réception. Le signal modulé a la forme
suivante :

( )= + ( ) avec | ( )| < 1

( )= [ + ( )].

m(t) × SDBAP(t)

Acos2πfot

m(t)

p(t)

Enveloppe
SDBAP(t)

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La différence essentielle entre le signal DBSP et DBAP est


que l’enveloppe DBAP ne s’annule jamais. Car on prend comme
précaution en jouant sur le paramètre appelé taux de
modulation de maintenir ( ) strictement compris entre -1 et
1.

Par ailleurs, et c’est là que réside la simplicité dans


la démodulation, l’enveloppe du signal DBAP a exactement la
forme du signal de départ.

( )= + ( )

( )= [ ( − )+ ( + ]+ [ ( − )+ ( + )]

( )

( ) B = 2b

f f
-b 0 -b -f0-b -f0 -f0+b f0-b f0 f0+b

On note que la largeur du signal transmis est comme pour la


modulation DBSP : le double de celle du message.

II.3.2.2.a Générateur de signal DBAP ?

II.3.2.2.b Démodulation du signal DBSP ?

Il est permis de se demander après l’étude de ces deux


types de modulation quelles ont été les raisons qui ont amené
les ingénieurs à concevoir d’autres techniques de modulation.
Une première réponse apparaît après examen de la bande occupée
dans les deux cas du signal transmis. Cette bande B est le
double de la largeur du signal de départ.

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Il y a donc gaspillage. On sait que la bande spectrale est


un bien rare qi coût parfois très cher que ce soit en
radiodiffusion qu’en télécommunication. Il est donc crucial
pour de nombreuses applications de rechercher les moyens de
limiter la bande occupée à la transmission aussi nécessaire.
C’est ce genre de réflexion qui a conduit à la conception de la
modulation BLU.

II.3.3 Modulation BLU

Des deux bandes latérales du spectre d’une modulation


d’amplitude portant la même information, on retient de ne
transmettre qu’une. Bande latérale supérieure

( )
( )

f
-b 0 -b -f0-b -f0 -f0+b f0-b f0 f0+b

La largeur de la bande se trouve diminuée de moitié et


égale à celle du signal modulant. La puissance transmise est
optimisée car elle ne correspond qu’au signal utile contenu
dans une bande latérale.

La BLU est particulièrement indiquée pour la transmission


des signaux de parole. Cette technique de modulation est
impraticable avec les signaux de données qui contiennent
malheureusement des composantes spectrales significatives aux
très basses fréquences.

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II.3.4 Modulation BLR

Afin de profiter malgré tout de la précieuse réduction de


bande que peut apporter un filtrage de type BLU, on a développé
la technique de Bande Latérale Résiduelle (BLR) que l’on peut
placer comme intermédiaire entre la BLU et la DBSP.

( )
( )
= ( + ).
B
< <1

f
-b 0 -b -f0-b -f0 -f0+b f0-b f0 f0+b

Le résidu vient compenser à la démodulation la déformation


subie par la bande latérale du fait du filtrage.

On notera que seules les modulations double bande (DBSP et DBAP)


sont des modulations d’amplitude au sens strict et en revanche
les modulations à bande réduite (BLR et BLU) sont les
modulations conjointes d’amplitude et de phase.

II.3.5 Modulation de fréquence

II.3.5.1 Définition

La modulation de fréquence consiste à faire varier la fréquence


de l’onde porteuse proportionnellement à la valeur instantanée
du signal.

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( )= ( + ( ))

m(t)

( )=

p(t)

( )= 2

SMF(t)

II.3.5.2 Les atouts de la modulation de fréquence

La qualité essentielle de la modulation de fréquence


concerne la résistance exceptionnelle que ce type de modulation
offre aux bruits.

L’une des qualités réside dans le fait qu’il s’agit


d’une modulation dite à ’’enveloppe constante’’.
L’enveloppe du signal MF est celle d’une sinusoïde et ne
dépend donc pas du message modulant.

La puissance du signal MF est constante et indépendante de


celle du signal modulant.

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II.3.5.3 Applications de la modulation de fréquence

- La transmission par satellite ;


- La transmission de données ;
- La télégraphie ;
- La radiographie.

II.3.6 Modulation de phase

Elle consiste à modifier la phase de l’onde porteuse en


fonction de l’information à transmettre. La modulation de phase
est utilisée pour la transmission des données.

( )= ( + ( ))

m(t)

p(t)

SMP(t)

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Conclusion :

La modulation de fréquence et la modulation de phase dont l’une


ne peut se faire sans entraîner l’autre sont dites modulations
angulaires.

La modulation d’amplitude est affectée par des bruits parasites


qui agissent sur l’amplitude (bruits atmosphériques, décharges
électriques, …).

II.3.7 Modulation par impulsion et codage (MIC)

Elle a pour objet de convertir le signal téléphonique analogique


en un signal numérique. Les principales opérations utilisées
pour y parvenir sont :

- L’échantillonnage ;
- La quantification ;
- Le codage.

II.3.7.1 L’échantillonnage

Porte de voie

T0

T0

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Le principe consiste à prélever les valeurs instantanées


d’un signal à intervalle de temps régulier. Pour la voix il est
effectué à la fréquence de 8 kHz soit une période
d’échantillonnage de 125 µs. L’échantillonnage d’une voix est
réalisé par une porte de voie qui s’ouvre aux instants T0 et
reste ouverte pendant une durée . En sortie de la porte
d’échantillonnage nous trouvons des échantillons de même durée
dont les amplitudes ont les valeurs du signal au moment de la
fermeture de la porte de voie.

Remarque : Théorème de Shannon

La fréquence d’échantillonnage ( ) d’un signal doit être


supérieure ou égale à deux fois la fréquence maximale contenu
dans ce signal.

Lorsque l’on respecte cette condition, il n’y a pas de


recouvrement de spectre et donc pas de détérioration de
l’information.

Pour s’assurer qu’un signal que l’on veut échantillonner


possède un spectre borné, on utilise un filtre appeler filtre
anti repliement.

Le rôle de ce filtre est de limiter le spectre du signal


pour respecter la condition de Shannon. C’est donc un filtre
passe-bas de fréquence de coupure FC = Fe/2.

Schéma complet de l'échantillonneur :

Signal Signal
analogique Filtre anti Echantillonnage échantillonné
repliement à Fe
Fc < Fe/2

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II.3.7.2 La quantification

II.3.7.2.1 Principe

Le signal obtenu après échantillonnage est constitué d’une


suite d’impulsions finies modulées en amplitude. Ces impulsions
sont très sensibles aux distorsions d’amplitude-fréquence.
Donc, on ne peut pas transmettre l’impulsion elle-même mais un
mot binaire représentant sa mesure. On dit que l’on code
l’impulsion modulée en amplitude.

Avant de coder un échantillon, il est nécessaire de mesurer


son amplitude : c’est la quantification. Elle consiste donc à
déterminer la plage de tensions entre deux échelons fixés à
laquelle appartient l’échantillon à coder. Toute amplitude
située dans une plage est remplacée par un nombre représentant
l’amplitude moyenne de la plage. Le signal une fois quantifié
est différent du signal avant quantification. La distorsion
introduite par cet écart se traduit par un bruit dit bruit de
quantification.

L’erreur est d’autant plus faible que l’intervalle entre


deux niveaux est plus faible. L’intervalle entre deux niveaux
consécutifs s’appelle échelon.

II.3.7.2.2 Quantification avec compression et quantification


linéaire

En pratique, les plages de quantification ne sont pas toutes


égales entre elles. Elles sont petites pour les amplitudes
faibles et plus grandes pour les amplitudes élevées. On dit
alors qu’on a une compression logarithmique selon la loi G711.

La quantification linéaire est une quantification où


l’intervalle de tensions est constant entre deux niveaux
consécutifs c’est-à-dire que tous les échelons sont identiques

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en tension. Pour limiter le bruit de quantification, on restitue


à la réception le signal étalon choisi plus la valeur d’un
demi-échelon.

II.3.7.2.3 Echelle de quantification à compression logarithmique

Echelon

Segment

128


128


4


2

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= 3072 ; = 1536 ; = 768 ; = 384 .

= 192 ; = 96 ; = 48 ; = 24 .

L’échelle est composée de 16 segments dont 8 positifs et 8


négatifs de façon symétrique. Chaque segment est divisé en 16
échelons égaux. On a au total 256 échelons dont 128 positifs et
128 négatifs.

II.3.7.3 Codage

II.3.7.3.1 Principe

Le codage fait correspondre à chaque amplitude étalon ou niveau


une mesure numérique binaire appelée code. Ce sont des
impulsions binaires correspondant à ce nombre qui sont
transmises à la place des échantillons initiaux. Un échantillon
sera codé sur 8 bits.

Segment

S A B C W X Y Z

Bit de signe Echelon sur le segment

Si échantillon < 0 alors S = 0

Si échantillon > 0 alors S = 1

Il y a 8 segments et chacun est codé sur 3 bits. Chaque échelon


est codé sur 4 bits et chaque segment en contient 16.

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Code des segments :

Segment Code
(ABC)
[0; 24 ] 000
[24 ; 48 ] 001
[48 ; 96 ] 010
[96 ; 192 ] 011
[192 ; 384 ] 100
[384 ; 768 ] 101
[ ; ] 110
[1536 ; 3072 ] 111

II.3.7.3.1 Exemple

-1400 mV

Déterminons le code binaire correspondant à l’échantillon ayant


pour valeur E = - 1400 mV.

 Le bit de signe : on a E < 0 alors S = 0.


 Le segment : on a 768 < < 1536 alors ABC = 110.
 L’échelon : on détermine l’échelon à l’aide d’une
recherche dichotomique.

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w x y z
Vmax1 = 1536 mV
1 1 1 1
1 1 1 0
P4 = 1440 mV=Vmax2
1 1 0 1
P55 == 1392
P 1392 mV
mV
1 1 0 0 P33 = 1344 mV
1 0 1 1
1 0 1 0
1 0 0 1
1 0 0 0
P
P22 == 1152
1152 mV
mV
0 1 1 1
0 1 1 0
0 1 0 1
0 1 0 0
0 0 1 1
0 0 1 0
0 0 0 1
0 0 0 0 P11 = 768 mV

Au départ on a la valeur maximale du segment Vmax = 1536 mV et sa


valeur minimale ou piédestal P = 768 mV. A chaque étape on
déterminera de nouvelles valeurs pour Vmax et P.
Posons Vmax1 = Vmax et P1 = P
o = = = 1152 ; > ⇒ = 1

o = = = 1344 ; > ⇒ = 1

o = = = 1440 ; < ⇒ =0

o = = = 1392 ; > ⇒ = 1

Conclusion : le code binaire de l’échantillon E est donc


01101101.

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III MULTIPLEXAGE

Le multiplexage consiste à regrouper sur un même support


plusieurs voies. Le démultiplexage est bien entendu l’opération
symétrique. Le multiplexeur est le matériel qui permet de
réaliser ces deux fonctions.

Voie haute vitesse

MUX MUX
Voies Voies

Basses Modem Modem Basses

vitesses vitesses
DEMUX DEMUX

On appelle Multiplex le signal composite obtenu en sortie du


multiplexeur. Le support utilisé en sortie doit présenter une
bande passante large (au moins égale à la somme des bandes
passantes des voies entrantes).

Il existe deux grands types de multiplexage : le multiplexage


fréquentiel et le multiplexage temporel.

III.1 MULTIPLEXAGE FREQUENTIEL

Dans ce type de multiplexage appelé aussi multiplexage


analogique ou encore multiplexage à répartition en fréquence, la
bande passante de la voie de sortie est divisée en sous-bande de
fréquences moins larges pour constituer autant de sous-canaux
qu’on alloue distinctement à chaque voie entrante.

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La transposition de chacun des signaux entrants dans une


des plages de la bande du canal sortant se fait par le procédé
de modulation.

Le multiplexage fréquentiel est utilisé avec les signaux


analogiques.

III.2 MULTIPLEXAGE TEMPOREL

C’est un multiplexage dans le temps de signaux entrants de type


numérique. Les signaux analogiques doivent être préalablement
numérisés. La technique consiste à allouer un intervalle de
temps appelé IT à chaque voie entrante et à transférer pendant
cet intervalle de temps le signal correspondant sur la voie
sortante. Il existe deux types de multiplexage temporel classé
en fonction de la technique d’allocation des IT.

III.2 Multiplexage temporel synchrone

Les IT sont des tranches de temps fixes et affectés à chaque


voie entrante et de façon statique.

ITi est réservé à la voie Ei


E1
S1
E2
MUX MUX S2
E3
S3
E4
S4

IT4 IT3 IT2 IT1 IT4 IT3 IT2 IT1

MVT

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Il apparaît donc sur le signal composite une structure


répétitive appelée trame. Pour permettre au récepteur
d’identifier le début de chaque trame, on insère en-tête de
chaque trame une configuration binaire spéciale appelée mot de
verrouillage de trame (MVT).

III.2 Multiplexage temporel asynchrone

Dans le cas précédent un IT est alloué même à un canal entrant


qui n’a rien à émettre. Le multiplexage temporel asynchrone
pallie cet inconvénient en allouant les IT aux voies entrantes
qui émettent réellement. On parle d’allocation dynamique. La
voie haute vitesse est alors mieux utilisée. Les trames sont de
longueurs variables. Ce type de multiplexage est utilisé dans
les réseaux téléinformatiques et les réseaux à commutation de
paquets. On l’appelle multiplexage statistique.

Exercice :
On veut multiplexer à l’aide d’un groupe primaire. Les
porteuses sont séparées de 4 kHz.

1- Peut-il avoir chevauchement ?


2- Donner la largeur de la bande du signal sortant.
3- Si la bande commence par 60 kHz, donner l’intervalle
qu’occupe le septième signal.

Remarque : La porteuse se place en milieu de bande. Un groupe


primaire (GP) a 12 voies et chacune à pour bande
passante[300 − 3400 ].

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Transmission des données

Résolution :

4 KHz
3,1 KHz
C D

⋯ ⋯

a f1 f2 inf7 sup7 f12 b


f7

1. + = × 3000 + 3000 = 3100 <


4000 donc é .

2. Largeur de la bande du signal sortant [ , ]:

= 11 × 4000 + 1550 + 1550

= ,

3. = − 1550

= − 1550

= 6 × 4000 + 1550 + 60000

= 85,55

= 85550 − 1550

= 85550 + 1550

= ,

L’intervalle recherché est donc : [ , , ]

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Transmission des données

IV COMMUTATION

La commutation est la fonction qui permet de réaliser une


liaison temporaire entre l’équipement demandeur et
l’équipement demandé à travers le réseau. L’aiguillage des
communications est assuré à chaque nœud par des commutateurs.

Ceux-ci sont spécialisés sur le type de réseau (réseau à


commutation de circuits ou de paquets). Ce sont à l’heure
actuelle de véritables ordinateurs (on parle de commutation
électronique) alors qu’auparavant la commutation s’effectuait
de façon électromécanique.

On distingue généralement dans un réseau les commutateurs


locaux des commutateurs de transit :
- Les commutateurs locaux (CL) sont ceux sur lesquels sont
raccordés directement les abonnés par les lignes
d’abonné ;
- Les commutateurs de transit (CT) sont interconnectés entre
eux ou avec des CL par des circuits sur lesquels le signal
est un multiplex.

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Transmission des données

V NOTION DE VALENCE, RAPIDITE, DE MODULATION ET DE DEBIT


BINAIRE

V.1 SIGNAL NUMERIQUE

Un signal numérique est un signal qui peut prendre un nombre


fini de valeurs discrètes.

V4

V3

t1 t2 t3 t4

V2
T
V1

- L’information portée par un signal numérique est de nature


binaire et sera donc une suite de 0 et de 1. Chaque élément 0
et 1 est appelé élément binaire ou bit.
- Les valeurs que peut prendre le signal sont appelées états
significatifs. Dans notre exemple ce sont V1, V2, V3 et V4.
- Une transition est le passage d’un état significatif à un
autre.
- Les instants où se produisent les transitions sont appelés
instants significatifs. Dans notre exemple ce sont t1, t2, t3
et t4.
- Le nombre d’états significatifs est la valence. Dans notre
exemple V=4.

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Transmission des données

Remarque : Pour coder sous forme binaire quatre (4) états


significatifs il faut deux (2) éléments binaires. Plus
généralement si = alors chaque état significatif est
représenté par éléments binaires.

- L’intervalle de temps élémentaire est la durée minimale d’un


état significatif. Il est noté T et s’exprime en seconde.
= est la rapidité de modulation et s’exprime en bauds.
- Le débit est le nombre d’éléments binaires transmis par
seconde. Il s’exprime en bit/s. On a la relation suivante :

Remarque : Si = alors = ; on a donc =

D’après le critère de Nyquist, pour que la transition se fasse


dans de bonnes conditions on doit avoir :

B est la bande passante et R la rapidité de modulation.

Lorsque :

- = , le signal est dit bivalent ;


- = , le signal est dit quadrivalent ;
- = , le signal est dit octavalent.

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Transmission des données

Exercice :

Soit la séquence suivante à transmettre 11000011100. On veut la


transmettre avec une rapidité de 200 bauds.

a) Avec un signal bivalent.


b) Avec un signal quadrivalent.
c) Avec un signal octavalent.

1) Dans les trois cas faire un diagramme de la séquence puis


calculer le débit binaire.
2) Quelles sont les limites d’un tel procédé ?

Résolution :

1) Détermination de l’intervalle de temps élémentaire T :

= ; AN: = ⇒ = .

a) Signal bivalent: = 2 ⇒ = 1

1 1 0 0 0 0 1 1 1 0 0
1

Le débit binaire correspondant est: =

= 1 × 200 = /

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Transmission des données

b) Signal quadrivalent : =4⇒ =2

11 1 1 0 0 0 0 1 1 1 0 0
10

01

00

Le débit binaire correspondant est: =

= 2 × 200 = /

c) Signal octavalent : =8⇒ =3

1 1 0 0 0 0 1 1 1 0 0
111

110

101

100

011

010

001

000

Le débit binaire correspondant est: =

= 3 × 200 = /

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Transmission des données

2) Lorsque le débit est élevé, il y a des risques de perdre


les informations à transmettre.

V.2 METHODES DE CODAGE

Le transcodage est réalisé par le convertisseur en bande de base


ou modem. Le nouveau signal obtenu ne doit pas avoir d’énergie
vers la fréquence zéro. D’autre part, comme la transmission en
bande de base est en mode synchrone, il faut pouvoir récupérer
le rythme d’horloge à la réception. Cela nécessite que le
signal présente toujours des transitions quelles que soient les
séquences binaires émises. Nous allons voir les plus utilisés.

V.2.1 Code Non Retour à Zéro (No Return to Zero) : NRZ

Ce code d’applique à la paire torsadée. Le signal binaire est


simplement transposé en tension pour éviter les valeurs nulles.

1 1 1 1

Séquence 0 0 0
binaire

V1

Code NRZ
0

-V1

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Transmission des données

V.2.2 Code Biphase ou Manchester

Le code Manchester s’applique au câble coaxial. Une opération


« OU Exclusif » ou XOR est réalisée entre l’horloge et les
données. D’où une transition systématique au milieu de chaque
bit du signal binaire.

1 1 1 1

Séquence
binaire 0 0 0

V1
Code
Manchester

-V1

Ou Exclusif
A +
A B
B
0 0 0
0 1 1
1 0 1
1 1 0

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Transmission des données

V.2.2 Code Manchester différentiel ou code Biphase différentiel

Le code Manchester différentiel s’applique au câble coaxial.


Dans ce code une transition systématique est réalisée au milieu
de chaque bit. Pas de transition pour coder un bit à 1, une
transition pour coder un bit à 0.

1 1 1 1
Séquence
binaire 0 0 0

V1
Code
Manchester
différentiel

-V1

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Transmission des données

V.3 DIFFERENTES MODULATIONS

1 0 0 1 0 1 1
Signal
binaire

Modulation
d’Amplitude

Modulation
de Fréquence

Modulation
de Phase

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