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Chapitre 1 Géotechnique et fondations spéciales

Chapitre 1

Géotechnique et Fondations spéciales

1. Qu’es ce que la Géotechnique


La Géotechnique est I ’ensemble des activités liées aux applications de la
Mécanique des Sols, de la mécanique des Roches et de la Géologie de l'ingénieur.
La mécanique des Sols étudie plus particulièrement le comportement des sols sous
leurs aspects résistance et déformabilité.
A partir d'essais en laboratoire et in situ de plus en plus perfectionnés, la Mécanique
des sols fournit aux constructeurs les données nécessaires pour étudier les ouvrages
de génie civil et de bâtiment et assurer leurs stabilité en fonction des sols sur
lesquels ils doivent être fondés, ou avec lesquels ils seront construits (barrages en
remblais) ceci tant durant la progression des travaux (grands terrassements)
qu'après la mise en service des ouvrages.

1.1 La mécanique des sols


La mécanique des sols est l'application des lois mécaniques et hydrauliques au
matériau sol. Comparé aux nombreux autres matériaux étudiés en mécanique, les
bétons, les aciers, les plastiques, le bois..., le sol présente une originalité, c'est un
milieu discontinu qu'il faudra étudié à la fois dans sa globalité et dans sa composition
élémentaire.

1.1.1 Les domaines d’application


La Mécanique des Sols joue un rôle essentiel dans l’acte de construire et pour tous
les travaux de bâtiment et de génie civil en relation avec les sols ou les mettant en
œuvre.
Les sols peuvent :
- Supporter les ouvrages : fondations superficielles, fondations profondes...

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- Etre supportés murs de soutènement, rideaux de palplanches..,


- Constituer l’ouvrage lui-même : remblais, digues, barrages..,
On peut citer par exemple :
- Les fondations des bâtiments des ouvrages d'art, des ensembles industriels..
- Les ouvrages de soutènement (murs, rideaux de palplanches..),
- Les tunnels et travaux souterrains dans les sols,
- Les barrages et digues en terre,
- La stabilité des pentes naturelles est des talus et les travaux de stabilisation,
- Les ouvrages portuaires et maritimes (fondations de quais, comportement des
brise-lames...)
- Les terrassements routes, autoroutes voies, ferrées,
- L‘amélioration et le renforcement des sols,
- La protection de l'environnement.

1.1.2 Propriétés physiques et mécaniques des sols

Caractéristiques physico-chimiques des sols : L’étude des caractéristiques


physiques et chimiques des sols a montré sa grande utilité pour la prédiction ou
l’interprétation du comportement du sol. Parmi ces propriétés on peut citer le poids
volumique, la teneur en eau, l’indice des vides, la granulométrie etc… la majorité
sont déterminées par des essais au laboratoire ou sur site.

Caractéristiques mécaniques : L’analyse du comportement mécanique des sols


repose sur les propriétés physiques et chimiques ainsi que sur des essais de
laboratoire ou sur site. Cette discipline permet de déterminer la résistance du sol et
sa capacité portante, et par conséquent le choix du mode de fondation et les
dimensions des éléments enterrés.

Enfin, elle permet de prévoir de façon quantitative la déformation ou tassement du


sol sous la charge de l’ouvrage. Les caractéristiques mécaniques des sols peuvent
être classées en deux catégories : on parle des caractéristiques mécaniques de

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compressibilité des sols d'une part, et des caractéristiques mécaniques de


cisaillement des sols d'autre part.

Les caractéristiques mécaniques de compressibilité vont servir dans le calcul des


ouvrages à déterminer les déformations du sol, c'est-à-dire généralement les
tassements, qu'ils se produisent à long terme ou à court terme.

Les caractéristiques mécaniques de cisaillement vont servir pour leur part à


déterminer la résistance (au sens large du terme) du sol aux sollicitations qui lui sont
appliquées.

1.2 Le rapport géotechnique

Lors d’un projet d’aménagement, tout constructeur doit (de manière à assurer la
pérennité des futurs ouvrages) prendre en compte la nature des formations
constituant le sous-sol du site où il est prévu de réaliser cet aménagement. Cette
prise en compte permet d’adapter le projet au site envisagé, de définir le système de
fondation de l’ouvrage avec le meilleur rapport sécurité/coût et de se garantir contre
les effets de la réalisation des travaux sur les constructions voisines.

Pour des raisons de compétence, la responsabilité des problèmes liés aux


formations composants le sous-sol est transféré à un spécialiste, le géotechnicien,
dont la mission porte généralement sur les points suivants :

 Définition du cadre géologique, hydrogéologique et topographique général


d’un site étudié et prise en compte des avoisinants du projet ;

 Définition des aléas existants vis-à-vis des risques naturels : détection des
cavités, stabilité général d’un site (par rapport au glissement de terrain par
exemple), séismicité.

 Définitions des terrassements : faisabilité, réemploi des matériaux, tenus des


talus et parois des fouilles ;

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 Définition de l’influence de circulations d’eaux souterraines, agressivité de


l’eau vis-à-vis des bétons ;

 Définition de l’influence de la nature et de la répartition des formations


géologiques sur la réalisation des travaux et sur la conception de l’ouvrage :
détermination des sollicitations que sont capables de reprendre ces formations
en fonction des projets, définition des types de fondations à envisager et
évaluation des tassements sous ouvrages ;

 Définition de l’incidence sur l’environnement avoisinant le projet : stabilité des


pentes et des constructions voisines, nuisances liés aux futurs travaux ;

Pour mener à bien cette mission, l’intervention du géotechnicien se divise


généralement en deux phases :

 Une phase d’investigations réalisée sur le site étudié et permettant d’obtenir


des informations relatives aux formations constituant le sous-sol (homogénéité
ou hétérogénéité du sous-sol, détermination des caractéristiques géo-
mécaniques des formations constituants le sous-sol, présence de circulations
d’eaux souterraines…). Différents moyens peuvent être utilisés pour obtenir
ces informations : reconnaissance géologique visuelle, réalisation d’essais
mécaniques en place (sondage par forage destructif avec ou sans réalisation
d’essais pressiomètrique, sondage par forage carotté, sondage au
pénétromètre, etc..), essais en laboratoire géotechnique sur des matériaux
prélevés sur site…

 Une phase d’ingénierie permettant d’analyser les résultats des investigations,


de les synthétiser pour ne garder que les paramètres représentatifs et
importants, de modéliser à l’aide de ces paramètres le comportement du futur
aménagement sur le site d’implantation envisagé et d’étudier la faisabilité de

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solutions techniques permettant l’adaptation spécifique d’un aménagement à


son site.

Le géotechnicien résume souvent sa mission (investigations + ingénierie) au sein


d’un rapport d’étude géotechnique qui correspond à une mission bien définie (un
« contrat » entre le client et le géotechnicien). Ce rapport a pour objectif de présenter
aux constructeurs le cadre dans lequel ils vont réaliser leurs
aménagements (environnement du projet, géologie des sous-sols, eaux
souterraines…) ainsi que les solutions techniques pratiques, viables et économiques
de manière à réaliser en toute sécurité et à moindre coût l’aménagement projeté.

Selon le niveau d’avancement d’un projet d’aménagement (étude préliminaire, phase


avant-projet, phase projet, étude sur des ouvrages en cours de réalisation, étude sur
des ouvrages construits…) et l’ampleur du projet d’aménagement, l’implication du
géotechnicien, en terme de moyens et de responsabilités, n’est pas la même.

En France, la norme NF P 94-500 est le document de référence définissant le cadre


règlementaire de travail du géotechnicien. Elle définit plusieurs types de missions
géotechniques permettant au géotechnicien d’adapter son intervention en fonction du
niveau d’avancement du projet et en fonction de la finalité recherchée par son étude.
Ces missions sont :

 G1 : Etude géotechnique préalable ;

 G2 : Etude géotechnique de conception ;

 G3 : Etude géotechnique de réalisation (étude et suivi géotechniques


d’exécution) ;

 G4 : Etude géotechnique de réalisation (supervision géotechnique


d’exécution) ;

 G5 : Diagnostic géotechnique.

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Exemple du contenu d’un rapport géotechnique :

INTRODUCTION : LE SITE – LE PROJET- PRINCIPE DE L'ÉTUDE


1.1. LE SITE
1.2. LE PROJET
1.3. PRINCIPE DE L'ÉTUDE
2. GÉOLOGIE DU SITE
2.1. CADRE GÉNÉRAL
2.2. ANALYSE DES SONDAGES
2.3. CONCLUSION SUR LA GÉOLOGIE
3. HYDROGÉOLOGIE DU SITE
4. GÉOTECHNIQUE
4.1. STABILITÉ NATURELLE DU SITE – FAISABILITÉ GÉOTECHNIQUE
4.2. ÉLÉMENTS D'AMÉNAGEMENT
4.2.1. Considérations générales
4.2.2. Sol de fondation
4.2.3. Profondeur de fondation
4.2.4. Mode de fondation
4.2.5. Contrainte admissible
4.2.6. Tassements
4.2.7. Assise du rez-de-chaussée
4.2.8. Poussées sur les murs enterrés
4.2.9. Terrassements
4.2.10. Drainage
4.2.11. Aspect sismique
5. REMARQUES
6. ANNEXES

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2. Problèmes courants dans un sol d’assise

Quels types de problèmes peut-on rencontrer dans un sous-sol ?

Figure 1.1 Sondage carotté


Un sondage carotté consiste à prélever un échantillon de terrain, le plus intact
possible, sous forme de cylindre afin d'en analyser la nature.
Les sous-sols peuvent présenter de multiples problèmes et impliquer des frais
supplémentaires.
Des argiles gonflantes, sensibles aux variations climatiques (sécheresse et
fortes pluies). Il faut savoir que les épisodes de sécheresse très forte créent des
rétractations qui sont cumulatives et que les fondations suivent les mouvements du
sol. Les dispositions constructives actuelles fonctionnent très bien : on descend les
fondations là où les argiles ne bougent plus car elles se trouvent à une profondeur où
elles sont insensibles au climat.
Le retrait-gonflement des argiles est lié aux variations de teneur en eau des terrains
argileux : ils gonflent avec l’humidité et se rétractent avec la sécheresse. Ces
variations de volume induisent des tassements plus ou moins uniformes et dont
l’amplitude varie suivant la configuration et l’ampleur du phénomène. Sous une
habitation, le sol est protégé de l’évapotranspiration, et sa teneur en eau varie peu

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dans l’année. De fortes différences de teneur en eau vont donc apparaître dans le
sol au droit des façades.

Figure 1.2 Tassement

Le phénomène se manifeste par des tassements différentiels provoquant des


dommages dans les constructions si les fondations et la structure ne sont pas assez
rigides. Ces dommages peuvent prendre plusieurs formes : fissurations en façade,
décollements entre éléments jointifs (garages, perrons, terrasses), distorsion des
portes et fenêtres, dislocation des dallages et des cloisons et, parfois, rupture de
canalisations enterrées.

2.1 Cavités souterraines : prévenir les risques d’effondrement


Notre sous-sol est traversé par un nombre considérable de cavités souterraines,
naturelles ou liées aux activités humaines. Une fois oubliées, ces cavités
représentent un risque d’effondrement potentiellement très destructeur, notamment
en milieu urbain où se concentrent les enjeux.
Différents types de cavités existent. La majorité des cavités naturelles sont créées
par la dissolution des roches sédimentaires due à la circulation de l’eau (karst, gypse
naturel), formant des cavités de tailles très variables. Les cavités anthropiques, c’est-
à-dire d’origine humaine, sont multiples : des carrières (essentiellement à faible
profondeur, de 5 à 50 mètres), des mines, des troglodytes (à flanc de coteaux), des
caves (en zones bâties), ainsi que des ouvrages civils ou militaires. Ces cavités sont

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susceptibles d’évoluer si elles manquent d’entretien, ce qui les rend plus


dangereuses selon leur proximité à la surface, surtout en zone urbaine.

Figure 1.3 Cavite souteraine


Effondrement d’une cavité souterraine en zone urbaine au niveau d’une habitation.
L’eau, un facteur aggravant L’eau est un facteur déclencheur ou aggravant pour
l’effondrement de cavités. En cas de forte circulation d’eau dans le sol, des
mouvements de terrain ou des fissures peuvent en effet rapidement apparaitre ou
s’agrandir, et parfois provoquer un effondrement brutal en surface.
Si les cavités sont profondes, le mouvement s’amortit progressivement vers le haut
et se prolonge en surface par un affaissement. En revanche, si elles sont peu
profondes, l’effondrement peut atteindre la surface et avoir des conséquences
catastrophiques.

Figure 1.4 Etapes d’effondrement d’une cavité

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2.2 Les failles


Des failles peuvent résulter de tremblement de terre, ou modifier les mouvements de
la roche en cas de séismes. Inversement, les séismes tectoniques sont le résultat de
mouvements sur une faille préexistante, dont les contraintes de blocage se sont
suffisamment accumulées pour excéder la résistance des roches.
La rupture et le glissement le long de la faille s'accompagnent d'un tremblement de
terre. Dans les cas relativement rares de glissement libre,
apparemment asismique (sur les temps d'observation humaine), on parle de fluage,
de mouvement de convergence, ou encore de séisme lent.

Figure 1.5 Les failles


Sur les lieux de tremblements de terre, les bâtiments écroulés ont été bâtis sur des
failles géologiques importantes, alors que les autres bâtiments sont en place.
Tremblement de terre: intensité, magnitude, énergie et moments sismiques.

2.3 L'inondation par remontée de nappe phréatique


Les nappes phréatiques sont dites « libres » lorsqu’aucune couche imperméable ne
les sépare du sol. Elles sont alimentées par la pluie, dont une partie s'infiltre dans le
sol et rejoint la nappe.

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Lorsque l'eau de pluie atteint le sol, une partie est évaporée. Une seconde partie
s'infiltre et est reprise plus ou moins vite par l'évaporation et par les plantes, une
troisième s'infiltre plus profondément dans la nappe. Après avoir traversé les terrains
contenant à la fois de l'eau et de l'air, qui constituent la zone non saturée (ZNS), elle
atteint la nappe où les vides de roche ne contiennent plus que de l’eau, et qui
constitue la zone saturée. On dit que la pluie recharge la nappe.
Si des éléments pluvieux exceptionnels surviennent et engendrent une recharge
exceptionnelle, le niveau de la nappe peut atteindre la surface du sol. La zone non
saturée est alors totalement envahie par l'eau lors de la montée du niveau de la
nappe : c'est l'inondation par remontée de nappe
On conçoit que plus la zone non saturée est mince, plus l'apparition d'un tel
phénomène n’est probable.

Figure 1.6 l'inondation par remontée de nappe.

En cas de remontée de nappe souterraine, dans une maison, l’ouvrage peut être
affecté. L’inondation atteint tout d’abord les zones enterrées de la construction. Les
caves, sous-sols, et parking par exemple. Il peut ensuite arriver que l’inondation soit
observée dans les parties supérieures (pièces en rez-de-chaussée ou jardin par
exemple). En remontant, l’eau peut transporter des débris en tout genre,

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occasionnant des nuisances visuelles et olfactives. Mais c’est surtout les


dégradations sur le bâti qui sont les plus gênantes :
 Dissolution du sol, affaissement, voire effondrement (fontis)
 Liquéfaction du sol de fondation
 Réduction de la capacité portante des fondations
 Soulèvement du bâtiment
 Tassement différentiel et fissuration de l’ouvrage
 Corrosion des bétons
 Désordre d’humidité divers (taches, traces de rouille, pourrissement des
éléments bois, etc.)

2.4 Des terrains sismiques


En maison individuelle, le maître d'ouvrage n'est pas tenu d'opter pour une
construction antisismique. Il faut savoir qu'il existe des classes de sites mais
aussi des classes de sols et certains sont dits liquéfiables. En cas de séisme, ces
sols se transforment « en eau » et perdent leur portance. Les fondations seront
conçues selon l'épaisseur de ces sols et selon leur profondeur. Si ces sols sont
par exemple à 40 mètres de profondeur, ce sera sans conséquence, mais s'ils se
situent à seulement 2 mètres, la maison les suivra.

Figure 1.7
Galeries, argiles gonflantes, tourbes... les sous-sols peuvent présenter des difficultés
impliquant des frais plus importants qu'il n'était prévu.

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2.5 Quand la terre se dérobe, le glissement de terrain


Une autre manifestation due cette fois à la pesanteur : le glissement de terrain. Dans
ce cas, c’est une loupe de terrain qui va glisser sur une surface de rupture
préexistante en profondeur (voir schéma ci-dessous). Ce phénomène peut concerner
d’importants volumes de matériaux, et parfois, dans certains grands glissements, on
peut même trouver des habitations qui vont se déplacer au cœur du glissement
quasiment sans subir de dégâts.

Figure 1.8 Schéma en coupe d’un glissement de terrain

Connaître les sols pour prévenir et informer


Ainsi, les facteurs prédisposant à l’instabilité des sols sont connus : nature des
roches, présence d’eau qui dissout la roche ou peut la faire éclater, déclivité du
versant, sismicité ou existence de zones de fragilisation (failles, fractures, fissures…)
induisent une aggravation des risques. Aussi, les causes liées à l’homme ne doivent
pas être négligées. L’occupation des sols, leur imperméabilisation, le déboisement
sont autant de circonstances aggravantes aisément repérables et requièrent
l’attention pour mener une politique de prévention et d’information.
La loi a instauré l’élaboration de plans de prévention du risque mouvement de
terrain. Une cartographie réalisée par le bureau de Recherche géologique et minière
précise les zones vulnérables, conduisant à des mesures constructives (adaptation

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des fondations au contexte géologique) et d’urbanisme (maîtrise des rejets des eaux
pluviales et usées).
En outre, deux méthodes de protection, « actives » ou « passives » sont aujourd’hui
envisageables selon le phénomène considéré.
Méthodes « actives » et « passives »
Les méthodes « actives » consistent à éviter le déclenchement du phénomène.
Par exemple, pour soutenir et consolider les cavités, l’installation de piliers en
maçonnerie et/ou l’injection de coulis formant des plots sont préconisés. Pour les
glissements de terrain, un système de drainage chargé de collecter les eaux
superficielles limitera les infiltrations d’eau, tandis qu’un mur de soutènement
construit en pied du glissement en circonscrira le développement.
Les méthodes « passives » s’attachent à contrôler les conséquences du mouvement.

3. Amélioration de sol

Les méthodes d’amélioration des sols sont l’un des outils dont dispose l’ingénieur
pour résoudre les problèmes de stabilité ou de déformations qu’il rencontre lors de
l’élaboration d’un projet. De nombreuses techniques ont été développées par les
ingénieurs géotechniciens au cours du 20ème siècle. Elles permettent l’amélioration
des caractéristiques géotechniques et les propriétés mécaniques des terrains, et,
sont jugées efficaces. Certaines de ces méthodes sont très anciennes, comme le
battage de pieux de bois dans les sols de faible portance, d'autres sont plus
récentes, comme les méthodes d'injection, de pilonnage ou de congélation. Elles ont
connu, depuis une vingtaine d'années, un développement considérable et sont
maintenant utilisées comme un élément à part entière des projets.
Les techniques d’amélioration des sols consistent à modifier les caractéristiques d’un
sol par une action physique (vibrations par exemple) ou par l’inclusion dans le sol ou
le mélange au sol d’un matériau plus résistant, dans le but de :
- augmenter la capacité portante et/ou la résistance au cisaillement,

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- diminuer les tassements, tant absolus que différentiels, et le cas échéant les
accélérer,
- diminuer ou éliminer le risque de liquéfaction en cas de tremblement de terre ou de
vibrations importantes.
Les champs d’application des différentes techniques dépendent essentiellement de
la nature et de la granulométrie des terrains que l’on désire améliorer.

Figure 1.9 Amélioration des sols selon leurs natures

3.1 Compactage dynamique et plots ballastés


Cette méthode permet de traiter le sol en profondeur, par des actions de surface. La
consolidation dynamique provoque un compactage des sols granulaires.
Le principe consiste à laisser tomber, en chute libre et de façon répétée une masse
de plusieurs dizaines de tonnes depuis une hauteur de quelques dizaines de mètres.
Dans les terrains cohérents, on procède à une incorporation de ballast sous la
masse, réalisant ainsi des plots ballastés.

3.2 Drains verticaux


Les drains verticaux sont utilisés pour l'amélioration des sols fins saturés en eau. La
technique consiste à foncer verticalement dans le terrain, suivant un maillage
régulier, un drain préfabriqué. Lors de la mise en charge du terrain, les drains

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facilitent l'évacuation de l'eau interstitielle jusqu'à la surface, permettant ainsi une


consolidation accélérée des sols traités. La surcharge est apportée soit par un
remblai de pré-chargement, soit par d'autres méthodes.
Vibroflottation
La vibroflottation, (parfois appelée vibrocompaction), s'applique essentiellement aux
sols granulaires non cohérents, tels que sables et graviers.
Les vibrations engendrent un phénomène temporaire de liquéfaction du sol
environnant le vibreur. Dans cet état, les forces intergranulaires sont quasiment
annulées, et les grains sont réarrangés dans une configuration plus dense
présentant de meilleures caractéristiques mécaniques. Cette technique est
couramment mise en œuvre à très grande échelle pour le compactage de terre-
pleins en sable gagnés sur la mer par remblaiement hydraulique.

3.3 Colonnes ballastées


La technique des colonnes ballastées est une extension de la vibroflottation aux
terrains qui comportent des couches limoneuses ou argileuses dont les éléments ne
peuvent être réarrangés par la vibration. Les colonnes ballastées permettent de
traiter ces sols par incorporation de matériaux granulaires (couramment appelés
ballast) compactés par passes remontantes. Ces colonnes peuvent être également
cimentées ou constituées de mortier.
Elles servent également de drains et permettent une accélération du processus
naturel de consolidation. En zone sismique, elles réduisent les risques de
liquéfaction.

3.4 Inclusions
Utilisable pour fonder tous types d'ouvrage sur sols compressibles de toute nature,
ce procédé permet de réduire fortement les tassements.
Les inclusions sont généralement verticales et disposées suivant un maillage
régulier. Elles doivent présenter des caractéristiques intrinsèques de déformation et

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de raideur, compatibles avec les terrains encaissants et les structures à porter.


Différents modes de mise en œuvre (forage avec ou sans refoulement, battage,
vibration) et différents types de matériaux (ballast, gravier, mélange sol-ciment et
tous types de mortier ou béton) sont utilisables pour permettre de réaliser à moindre
coût un système de fondations superficielles en lieu et place d'un système de
fondations profondes.

4. Les Fondations profondes

4.1 Les pieux


Un pieu est un élément structural mince et profilé mis en place par fonçage ou
battage et utilisé pour transmettre des charges en profondeur lorsque l’utilisation de
fondations superficielles n’est pas économique ou impossible c-à-d sur des terrains
souples ou des sols trop meubles pour en supporter le poids.
Construire sur la roche n’est pas un problème, mais pour construire sur de la terre on
a développé le principe de fondations suffisamment larges et profondes pour minorer
la pression du poids du bâti appliquée au sol (semelles filantes et semelles isolées).
Dès lors que le sol est meuble (sable, limon, tourbe…) il faut aller chercher au-
dessous de la couche meuble la couche dure qui supportera le poids du bâti, ou
répartir la résistance à l’enfoncement de la charge entre pression verticale et
frottement. La construction sur pieux répond à ces deux impératifs en permettant par
la longueur des pieux (et par le diamètre) d’aller reposer sur la couche la plus dure
du sous-sol mais aussi, par la longueur et le nombre de pieux, d’opposer à la gravité
le frottement entre le sol et la surface développée des pieux.
Couramment les éléments utilisés peuvent varier d’un diamètre de 300 mm à 900
mm
Il existe aussi ce qu’on appelle les caissons forés ou pieux forés qui sont des
éléments structuraux mis en place par forage. Le diamètre d’un caisson foré peut
varier de 300 mm à 3500 mm

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Figure 1.10 pieux

Figure 1.11 Caissons

4.1.1 Types de pieux

Il existe essentiellement deux types de pieux :


Les pieux battus sont des pieux qui ont été façonnés à l’avance (hors site ou sur
site). Jadis en bois, ils sont de nos jours plutôt en béton armé et/ou précontraints,
voire en acier ou mixtes (acier et béton).
Leur appellation de pieux « battus » tient à leur mise en place dans le sol qui se fait
par battage (charge appelée « mouton » qui est abattue sur la tête du pieu comme
un marteau sur un clou). La forme, les dimensions, les renforts de tête des pieux
battus sont très diverses en fonction de la nature du sol, de la charge de la
construction, etc. Certains pieux battus peuvent être en acier enrobé (de béton) ou

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vibrofoncés (enfoncés par vibrations), ou injectés haute pression lorsqu’un coulage


de béton vibré est ensuite effectué via des tubes à manchette ;
Pieux battus préfabriqués en béton armé,
Pieux métalliques battus ou vibrofoncés injectés haute pression ;

Figure 1.12
Pieux en béton préfabriqués Pieu métallique

Figure 1.13 Battage des pieux prefabriques

Figure 1.14 Pieux battus en bois

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Figure 1.15 Pieux à tube battu exécutés en place : pieux battus moulés

1. Positionnement du tube de battage et formation d'un bouchon de battage pour


obturer le premier tube perdu.
2. Un mouton tombant à chute libre frappe le bouchon compacté qui entraîne le
tube dans le sol.
3. Au fur et à mesure de l'exécution du pieu, fonçage et soudage l'un à l'autre
des tubes suivants, de longueur limitée.
4. Battage jusqu'à la profondeur d'assise prévue
5. Bétonnage
6. Mise en place de l'armature

Les pieux forés sont réalisés sur site après forage dans le sol. On distingue :
 Les pieux forés simples qui ne se placent que dans les sols situés au-dessus
des nappes phréatiques (profondeur généralement inférieure à 20 m) pour
lesquels aucune protection des parois du forage n’est confectionnée ;
 Les pieux forés tubés pour lesquels le forage est fait au centre d’un tube déjà
enfoncé dans le sol. Une fois le forage effectué, on injecte alors du béton
avant d’extraire le tubage qui a permis une protection des parois. Cela est
primordial en sous-sol boueux ou à faible granulométrie afin d’éviter le

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comblement du forage par affaissement des parois, mais aussi lorsque la


profondeur de forage s’étend au-dessous du/des niveaux de la nappe
phréatique ;
 Les pieux à tarière creuse sont coulés au fur et à mesure du forage par
injection de béton dans l’âme de la tarière (outil de forage). Plusieurs
procédés brevetés sont employés dans une suite de techniques délicates à
contrôler en continu (forage et coulage simultanés).

Pieux forés simples, pieux forés à la boue

Figure 1.16 Pieux vissés moulés

1. Mise en station et mise en route de l’enregistrement des paramètres


2. Descente de l’outil jusqu’à la cote de dimensionnement
3. Réalisation du pieu par pompage du béton simultané à la remontée de la tarière

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4. Mise en place de la cage d’armature dans le béton frais

Le choix des caractéristiques du pieu se fera en fonction de nombreux paramètres :


nature du sol ; environnement ; matériel disponible ; coût ; temps de réalisation.
Comme fondations de très anciennes constructions, on trouve parfois des pieux en
bois (chênes). Ils ont une très bonne durabilité tant que la nappe ne fluctue pas.

4.2 Fondations spéciales


Les puits
On envisage des fondations sur puits lorsque le sol d’assise de fondation est
relativement profond (plus de deux mètres généralement), et pour éviter un blindage
de tranchées quand le sol risque de s’ébouler. Le puits est un massif de béton
reposant sur le sol, à la profondeur voulue, et recevant la semelle sous poteau ou
sous mur.

Sous poteau Sous mur

Figure 1.17 Schémas de fondations sur puits

Compte tenu du poids élevé du puits, cette solution de fondations sur puits n’est pas
appropriée pour les sol de faible portance (inferieure a 0,1 MPa) ou trop
compressibles.

Cours structure Master 1 Architecture 2019-2020 Dr Lamia Medjitna

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