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1STMG – Droit - 2021- 2022

SYNTHESES DU THEME 1 / 4 : LE DROIT ET SES FONCTIONS DANS LA SOCIETE

Synthèse du chapitre 1 : Le droit


et ses fonctions dans la société

1. Les fonctions du droit


Parce qu’il assure le respect des principes généraux d’égalité, de liberté, de solidarité et de laïcité,
le droit est un facteur d’organisation et de pacification de la société.

A. La fonction de « pacification » du droit


Le droit interdit certains comportements afin d’assurer l’ordre public c’est-à-dire le bon ordre, la
sécurité, la salubrité et la tranquillité publique.
En prévoyant l’interdiction et la punition de certains comportements constituant des atteintes aux
personnes (violences, homicide involontaire, meurtre, etc.) ou aux biens (destructions, dégradations,
vols, etc.), le droit permet de prévenir les infractions. En effet, l’existence de la sanction dissuade la
majorité des individus de transgresser les règles, ce qui évite les conflits.
Lorsque les règles sont malgré tout transgressées, le droit organise la sanction afin de punir l’auteur
de la violation et, le cas échéant, de réparer le préjudice subi par la victime.
Le droit permet donc de pacifier les relations entre les individus en prévenant ou en réglant les
conflits.

B. La fonction d’« organisation » du droit


Le droit n’est pas uniquement source d’interdiction et de sanction. Il est aussi un facteur
d’organisation des rapports entre les personnes vivant en société.
Ainsi, en créant des droits et des obligations, le droit réglemente les rapports sociaux.
Il organise les rapports familiaux : obligation des époux d’entretenir et d’élever leurs enfants,
obligation alimentaire au profit d’un ascendant dans le besoin, etc.
Il organise aussi les rapports entre employeurs et salariés : égalité salariale (à travail égal, salaire
égal) imposition d’un Smic, règles relatives au licenciement, etc.
Le droit organise toutes sortes de rapports économiques et sociaux tels que les rapports entre les
professionnels et les consommateurs, entre les banques et leurs clients, entre les artistes et le public,
entre les concurrents sur un marché, entre les utilisateurs de la voie publique, etc.
La société tout entière est soumise aux règles. Ce système institutionnel dans lequel même la
puissance publique est soumise au droit s’appelle un État de droit.

2. Les caractères de la règle de droit


A. La règle de droit est obligatoire
La règle de droit est obligatoire pour tous ceux à qui elle s’applique.
Pour obtenir des individus qu’ils se conforment à la règle de droit, des sanctions sont prévues.
Souvent, la simple crainte de la sanction suffit à obtenir le respect de la règle. Parfois, la règle est
transgressée et la sanction s’applique.
L’objet de la sanction varie :
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– les sanctions pénales visent à punir celui qui a violé la règle de droit et à prévenir les infractions par
la menace de la peine (amende, emprisonnement, retrait ou suspension du permis de conduire,
travaux d’intérêt général, etc.) ;
– les sanctions civiles permettent soit de réparer le préjudice découlant du non-respect de la règle
(versement de dommages-intérêts, nullité d’un contrat, saisie de biens, etc.), soit de forcer les
individus à se conformer à la règle.
C’est son caractère obligatoire qui permet de distinguer la règle de droit des autres règles de vie en
société. Ainsi, par exemple, la règle de morale (exemple : être charitable) n’est pas obligatoire au
sens où le non-respect de celle-ci n’entraîne pas de sanction.

C. La règle de droit est générale


Aux termes de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, la loi «  doit être la
même pour tous ». La forme d’un certain nombre de règles de droit illustre cette généralité. En effet,
la règle de droit est rédigée en termes abstraits : « Tout Français jouira des droits civils » (article 8 du
Code civil) ; « Chacun a droit au respect de sa vie privée » (article 9 du Code civil).
La règle de droit ne s’applique donc pas à telle ou telle personne nommément désignée, mais à
toutes les personnes sans distinction ou à une catégorie de personnes déterminée (par exemple, le
droit de vote est accordé aux personnes majeures uniquement).
La généralité de la règle de droit est une garantie contre les discriminations individuelles.

D. La règle de droit est légitime


La plupart d’entre nous acceptent de se soumettre aux règles de droit parce qu’elles sont élaborées
par des représentants du peuple, c’est-à-dire par des institutions légitimes.
Ainsi, par exemple, les lois sont discutées et votées par des députés et des sénateurs élus par les
citoyens (directement ou indirectement).
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Lexique
État de droit

Système juridique dans lequel le respect du droit s’impose non seulement à toutes les personnes, mais
aussi à l’État.

Ordre public
Règles de droit auxquelles nul ne peut déroger ; l’ordre public a pour but d’assurer la protection de
l’intérêt général ou de défendre des sujets de droit en situation de faiblesse relative (salariés,
consommateurs).
Laïcité (principe)
Principe garantissant à tous le même droit à la liberté de conscience, le droit d’adhérer ou non à une
religion, et aussi la séparation de l’État et des organisations religieuses.
Égalité (principe)
Principe selon lequel toutes les personnes sont traitées de la même façon par le droit.
Liberté (principe)
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Principe autorisant à chacun de choisir le mode d’organisation de sa vie en disposant de droits


fondamentaux, comme les libertés de pensée, d’expression, de se déplacer, de choisir son activité
professionnelle, etc.
Solidarité (principe)
Principe juridique d’organisation de la société selon lequel chacun participe par ses contributions au bien-
être des moins favorisés.
Règle de droit
Règle organisant la vie en société ; à la différence d’autres règles sociales, les règles de droit sont
générales, obligatoires et contraignantes.
Caractère obligatoire (de la règle de droit)
Principe selon lequel la règle de droit s’impose à tous, sous peine de sanction.
Caractère général (de la règle de droit)
Principe selon lequel la règle de droit est la même pour tous les sujets de droit.
Caractère légitime (de la règle de droit)
Caractère incontestable de la règle de droit lié à la légitimité de l’autorité qui en est à l’origine.
Règle morale
Règle imposant un comportement social à partir de la distinction entre ce qui est bien et ce qui est mal,
dont le respect n’est toutefois pas sanctionné.
Autorité légitime
Autorité dont le pouvoir d’élaborer les règles de droit est justifié par le processus démocratique qui l’a
désignée.

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Synthèse du chapitre 2 : Les sources du droit

1 Les sources de droit nationales


Le droit français est un ensemble de règles variées émanant d’autorités différentes.
Ces textes parfois complexes et hiérarchisés doivent être portés à la connaissance de tous. La plupart
d’entre eux font l’objet de recueil par branche du droit : les Codes (Code civil, Code pénal…).

B. Les principales sources du droit national


Les principales sources de droit national sont les suivantes :
• Les textes législatifs :
– La Constitution : adoptée en 1958, c’est la loi fondamentale de l’État. Elle définit les droits et
libertés des citoyens et organise les pouvoirs publics, définit leur rôle et leurs relations. Qualifiée de
texte suprême, modifiée assez souvent, elle intègre un ensemble de textes qui forment le bloc de
constitutionnalité (Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, Préambule de la
constitution de 1946, Charte de l’environnement de 2004).
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– La loi : texte législatif adopté par le Parlement composé de l’Assemblée nationale et du Sénat, c’est
une règle de droit écrite de portée générale et impersonnelle. La loi intervient dans les domaines que
lui assigne l’article 34 de la Constitution (ex. : les droits civiques, la nationalité, le régime de la
propriété…). On parle de proposition de loi lorsque le Parlement en est à l’origine ou de projet de loi
lorsque le texte débattu émane du gouvernement. Examinée, amendée et adoptée par l’Assemblée
nationale et le Sénat à tour de rôle, elle est ensuite promulguée par le président de la République et
publiée au Journal officiel.
– L’ordonnance : il s’agit d’une mesure prise par le gouvernement dans un domaine relevant
normalement de la loi mais adopté par le gouvernement pour l’exécution de son programme. Texte
relevant de la procédure législative déléguée, son adoption doit avoir été autorisée puis validée par
le Parlement.
• Les textes réglementaires :
– Le décret : il s’agit d’un texte adopté par le président de la République, le Premier ministre ou les
ministres concernés, le plus souvent pour préciser les modalités d’application de la loi. Il a une portée
générale ou individuelle (ex. : décret portant nomination au grade de chevalier de la Légion
d’honneur).
– L’arrêté : il s’agit d’un texte adopté au niveau national (arrêté ministériel) qui s’applique à tout le
territoire, ou au niveau local (arrêtés préfectoraux, municipaux) et applicable dans le département, la
commune…

E. Les sources complémentaires du droit national


Outre les principales sources évoquées, la négociation collective et les décisions de justice
représentent des sources de droit complémentaires.
Le droit négocié est un ensemble de règles négociées entre les partenaires sociaux (syndicats
représentant les salariés et organisations patronales), d’accords collectifs pour adapter la loi sociale
aux caractéristiques particulières des branches d’activités ou des entreprises.
– L’accord interprofessionnel : il s’agit d’un accord généralement national portant sur un ou quelques
points intéressant l’ensemble des salariés (formation, accès à une assurance complémentaire
santé…) et s’appliquant aux différentes branches d’activité.
– La convention collective : il s’agit d’un accord précisant les conditions d’emploi et les garanties
accordées aux salariés dans une branche d’activité spécifique. Le plus souvent nationale, elle peut
aussi être conclue au niveau régional ou local.
– L’accord d’entreprise : négocié entre la direction et les représentants des salariés d’une entreprise,
il a pour but d’adapter les règles générales du droit du travail aux spécificités de l’entreprise.
La jurisprudence est l’ensemble des décisions de justice, ou plus précisément, la solution
habituellement apportée par les juges à un problème de droit.

2. Les différentes institutions nationales


A. La séparation des pouvoirs entre les institutions
La constitution de 1958 précise la façon dont sont organisées les institutions selon le principe de la
séparation des pouvoirs.
– Le pouvoir exécutif : il est exercé par le président de la République qui assure le fonctionnement
des pouvoirs publics, le Premier ministre qui dirige l’action du gouvernement et assure l’exécution
des lois, et le gouvernement qui détermine et conduit la politique de la Nation.
– Le pouvoir législatif : il est exercé par le Parlement composé de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Il examine et vote les lois, contrôle le gouvernement et soumet des propositions de loi au Parlement.
– Le pouvoir judiciaire : il est exercé par les juridictions administratives qui tranchent les litiges entre
les citoyens et l’État, et par les juridictions judiciaires qui tranchent les litiges entre les personnes en
application du droit. L’ensemble des décisions rendues par ces tribunaux constitue la jurisprudence.
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F. Le conseil constitutionnel et le contrôle de constitutionnalité


– La hiérarchie des normes : pour que les règles émanant de sources différentes ne se contredisent
pas, un principe pose qu’une norme inférieure ne peut contredire une norme supérieure. Ainsi, un
décret ne peut contredire une loi qui ne peut contredire un traité qui lui-même ne peut contredire la
Constitution, placée au sommet de la hiérarchie (au sommet de la pyramide dans le schéma).
– Le contrôle de constitutionnalité : le Conseil constitutionnel est chargé de vérifier la conformité
des lois à la Constitution, texte suprême. Ainsi, toute personne qui estime être jugée par un tribunal
en application d’une loi non conforme à la Constitution a le droit de soulever une question prioritaire
de constitutionnalité (QPC) pour demander au Conseil constitutionnel de se prononcer.

3. Les sources du droit et les institutions


au niveau européen
A. Les traités et textes de droit européen
– Les différents traités européens fixent les règles de fonctionnement de l’Union européenne et
établissent le cadre qui sert à l’élaboration des textes de droit européen dérivé.
– Le règlement est un texte adopté par les institutions européennes de portée générale et
obligatoire, il est directement applicable dans les États membres.
– La directive est un texte adopté par le Parlement et le Conseil de l’Union européenne, et a pour
objectif d’harmoniser les législations européennes. À destination d’un, de plusieurs ou de tous les
États membres, elle leur fixe un objectif à atteindre. Les États membres ont l’obligation, dans un délai
donné, de transposer la directive dans le système juridique national.

G. Les institutions européennes


L’Union européenne (UE) est composée de différents organes qui lui permettent de mener à bien ses
missions. Le Parlement européen, la Commission européenne et le Conseil de l’Union européenne
sont les principales institutions qui assurent son fonctionnement.
Les compétences et pouvoirs de chacune de ces institutions européennes sont répartis
conformément aux différents traités qui ont organisé l’UE.
– Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement et le Conseil de l’Union européenne qui adoptent
les textes proposés par la Commission européenne.
– Le pouvoir exécutif est assuré par la Commission européenne.
– Le pouvoir judiciaire est exercé par la Cour de justice de l’Union européenne chargée de veiller au
respect de la législation de l’Union européenne dans tous les États membres.
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Lexique
 • Principales sources de droit
Constitution

Ensemble des règles qui déterminent la forme du gouvernement d’un pays (régime politique), les rapports
entre gouvernants et citoyens ainsi que les libertés et les droits fondamentaux. En France, la Constitution
de la Ve République est en vigueur depuis le 4 octobre 1958.

Lois

Textes créateurs de règles de droit adoptés par le Parlement.

Décrets

Textes élaborés soit par le président de la République, soit par le Premier ministre, en vue notamment de
préciser les conditions d’application d’une loi.
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Ordonnances

Textes réglementaires par leur origine mais législatifs dans leur contenu, car adoptés par le gouvernement
dans des domaines de compétences en principe réservés au Parlement.

Arrêtés

Décisions de portée générale ou individuelle qui émanent d’un ou de plusieurs ministres (arrêté
ministériel) ou d’autres autorités administratives (arrêté préfectoral ou municipal).

 • Sources de droit complémentaires


Jurisprudence

Ensemble des décisions de justice ou, plus précisément, solution habituellement apportée par les juges à
un problème de droit, et plus particulièrement solution des juges suprêmes (Cour de cassation).

Droit négocié

Ensemble des règles de droit du travail élaborées par accord entre les partenaires sociaux, syndicats de
salariés d’une part, employeurs ou groupements patronaux d’autre part.

Accords collectifs

Accords conclus entre des employeurs (ou des groupements patronaux) et des organisations syndicales
représentatives de salariés portant sur un point particulier des conditions de travail (accord salarial,
accord sur la formation professionnelle continue, etc.).

Hiérarchie des normes

Classement hiérarchisé de l’ensemble des sources du droit imposant à une source inférieure d’être
conforme à une source supérieure.

Contrôle de constitutionnalité

Contrôle opéré par le Conseil constitutionnel de la conformité d’une loi à la Constitution.

 • Institutions européennes
Droit européen

Droit issu des institutions européennes, soit sous forme de droit originaire (les traités européens) soit
sous forme de droit dérivé (les règlements et directives de l’Union européenne).

Directives (européennes)

Textes de droit élaborés par les instances européennes, dont l’application dans chaque pays de l’Union
suppose une transposition en droit interne par un texte de droit national (loi ou décret).

Règlements (européens)

Textes de droit européen, directement applicables dans tous les États membres de l’Union, tant aux
entreprises qu’aux particuliers.

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