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Numéro 

UNIVERSITE DE KARA
FACULTE DES SCIENCES ET TECHNIQUES
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EXAMEN
D e so cio -an th ro p o lo g ie

Domaine  : Sciences économiques et de gestion

Mention  : Economie

Spécialité : Suivi-évaluation des programmes et projets de


développement

D écentralisation et la gestion des


nouvelles communes : diagnostic et
suivi évaluation

Présenté par

DORCIS-AKPAGLO Fabrice Edgard

Examen effectué du 01/10/2020 au 14/10/2020

PSE/PDL

SUIVI EVALUATION

Chargé du cours de socio-anthropologie 

TATA Padabo Kèlèm, Maître-de conférence, Université de Kara

Année académique
2019-2020
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Table des matières
INTRODUCTION...............................................................................................................................................................4
1. Les préalables du projet de décentralisation et la gestion des nouvelles communes........................................4
1.1. Diagnostic de la décentralisation et de la gestion........................................................................................4
1.1.1 Organigramme.......................................................................................................................................4
1.1.2 Le personnel...........................................................................................................................................5
1.1.3 Le fonctionnement des services.............................................................................................................6
1.1.4 Finance des communes..........................................................................................................................6
1.2 Suivi évaluation de la décentralisation et de la gestion...............................................................................6
1.2.1 Au niveau personnel communal...............................................................................................................6
1.2.1.1 Organigramme.......................................................................................................................................6
1.2.1.2 Personnel................................................................................................................................................7
1.2.1.3 Au niveau du fonctionnement des services..........................................................................................8
1.2.1.4 Au niveau des finances..........................................................................................................................8
Conclusion....................................................................................................................................................................... 9

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INTRODUCTION

Loin de répondre aux attentes des réalisateurs et des autorités, les projets de développement
initiés en Afrique n’ont fait que développer des situations conflictuelles entre cadres et
paysans. Les échecs trop nombreux, les réussites rares, à l’entre-deux, des résultats médiocres,
l’attention des autorités fut tirée sur la question.

En observant de près l’échec de certains projets, les remarques faites sont que les projets sont
entrepris sans que les réalisateurs ne prennent soins au préalable de sensibiliser et de recueillir
l’avis de ceux à qui s’adressent les projets de développement. Pour venir au bout de ce
problème, le Togo a adopté dans ces dernières années une dans la politique de
décentralisation, la création des collectivités locales pour que l’implantation des projets et
programmes de développement prenne en compte les réalités locales.

En effet depuis les premières élections locales de 1987, le Togo a entrepris ces dernières
décennies une vaste réforme de l’administration. Cette réforme a consisté à mettre en
place un cadre institutionnel en charge de l’administration du territoire. La
décentralisation à débuter au Togo en 2007, par l’adoption de la loi 2007-011 du 31 mars,
relatives à la décentralisation et aux libertés locales. Elle a été modifiée en 2008 puis en 2009.
Ainsi depuis 2019, le processus de la décentralisation a connu des avancées significatives
donnant ainsi lieu aux deuxièmes élections locales en juin 2019. Ces élections locales ont été
marquées par un renouvellement massif des élus (plus de 80%). Le processus nécessite une
mise en œuvre de nouvelles pratiques et une collaboration des acteurs centraux,
déconcentrés et décentralisés à tous les niveaux en vue d’administrer ensemble le
territoire.

1. Les préalables du projet de décentralisation et la gestion des nouvelles communes


1.1. Diagnostic de la décentralisation et de la gestion
1.1.1 Organigramme

Les communes togolaises ont largement démontré leur volonté d’organiser leur administration
puisqu’elles, les pluparts des communes ont établi leur organigramme. Cela s’est concrétisé
par la prise d’un arrêté d’organisation.

Les communes connaissent majoritairement des problèmes pour loger les services. Si près
(8%) des communes ont suffisamment de locaux pour loger tous les services communaux
existants, seules 6,1% sont en mesure d’abriter l’ensemble des services prévus dans leur
organigramme.

La mise en œuvre des organigrammes est largement ralentie par l’absence de moyens
matériels et financiers conséquents. Seules les anciennes communes peuvent disposer des
moyens suffisants pour la mise en place complète de leur organigramme ; plus de la moitié des
communes sont donc incapables de pourvoir tous les postes de leur organigramme.

Les communes doivent caler leur organigramme sur l’ensemble de leurs besoins, en prenant
en considération les moyens dont elles disposent ou pensent disposer à court terme.

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1.1.2 Le personnel

Près de la moitié des communes ont un taux d’encadrement inférieur à la norme


communément admise, traduisant soit un sous-effectif de cadres A et B ou un sur effectif de
cadres C, D, E.

Certaines communes (les plus anciennes) ont un taux d’encadrement optimum qui doit leur
permettre de disposer d’une administration performante et d’autres communes ont un taux
d’encadrement très élevé qui traduit un nombre élevé de cadres A et B ou un sous-effectif
criard de cadres C, D, E.

Des communes présentent un large sous-effectif de cadres A et B, ne permettant pas une


couverture fonctionnelle des services. Cela se traduit par le cumul de postes ou l’absence de
certaine catégorie de cadres dans au moins la moitié des services.

Près de la moitié des communes ont une couverture encore insuffisante, ce qui dénote un
effort mais qui doit être poursuivi. Quelques rares communes (les plus anciennes ou les
nouvelles siégeant dans les locaux des anciennes communes) ont une couverture correcte de
leurs services par des cadres A et B, qui doit leur permettre de disposer d’une administration
performante.

 Il n’existe pas de plan de recrutement du personnel dans bon nombres de communes,


 L’absence d’un système de mise à jour des dossiers du personnel a été relevée dans des
communes,
 Les répertoires et les dossiers individuels des agents ne sont pas à jour dans les trois
quarts au moins des communes,
 Les plans de formation du personnel communal sont soit inexistant soit non mis en
œuvre dans des communes.
 Existence de défauts d’archivage et/ou de continuité dans certaine administration
communale

Une forte tendance à l’élévation du taux d’encadrement a été observée dans certaines
communes. Toutefois des difficultés demeurent dans une large majorité d’entre elles. On note
un déséquilibre dans la répartition catégorielle du personnel et une prépondérance des agents
de la catégorie D, généralement de niveau bas et sans spécialité. Les services ne sont pas tenus
par au moins un cadre A ou B dans la grande majorité des communes, ce qui traduit à la fois
une forte concentration de cadres de ces catégories dans un nombre assez réduit de communes
ainsi qu’un recours aux agents des catégories C ou D pour servir en qualité de chefs de
services; ce qui a des impacts directs sur les performances des services. L’inexistence d’un
plan de formation consolide la routine et n’assure pas l’adaptation des agents aux nouvelles
techniques s’appliquant à leurs activités. Par ailleurs, le niveau des formations dispensées
n’est pas toujours adapté aux cadres C et D qui viennent les suivre en qualité de chef de
service. L’inexistence d’un plan de recrutement dans une majorité des communes traduit une
absence de programmation technique et financière des recrutements. Elle encourage de ce fait
les recrutements hors profils et parfois politiques. Une problématique importante intervient

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dans la nécessité d’équilibrer les catégories à recruter pour ne pas créer de graves
déséquilibres au sein entre d’une part, le dispositif humain existant largement composé de
catégories C, D, E; d’autre part, le nombre de cadres A et B à recruter censés a priori occuper
les postes initialement tenus par ces catégories inférieures.

1.1.3 Le fonctionnement des services

L’évaluation des capacités institutionnelles des communes doit faire l’objet de plusieurs
études menées préalablement puis à la mise en œuvre de la décentralisation au Togo. Plus
précisément, les études menées dans le cadre de l’opérationnalité des services communaux.

Le fonctionnement des services communaux est organisé et suivi de manière rigoureuse, avec
une bonne communication au maire des activités. Cependant ceci n’est observable dans toutes
les communes. Les maires communiquent directement avec les services sans passer par le SG
dans presque la moitié des communes. Les facteurs sont multiples, politisation de
l’administration communale, manque d’initiative du SG et dans certains cas à son
inexpérience. Le cadre travail du personnel dans certaines communes n’est pas valorisé pour
stimuler les agents à donner le meilleur d’eux-mêmes; on note le peu de pertinence dans la
répartition des missions entre les services, conduisant, à des chevauchements dans la mise en
œuvre des missions, à des conflits entre les services, à des missions non exécutées.

L’inexistence ou l’inapplication d’un manuel de procédures administratives, budgétaires et


techniques caractérise bon nombre de communes rurales ce qui est à la base du peu de
performance en termes d’organisation des services.

1.1.4 Finance des communes

La mobilisation des ressources financières à la hauteur des ambitions, reste l’un des défis
incontournables dans le processus de décentralisation et de gestion des communes. Elle peut
s’avérer comme un blocus aux activités de la commune. Les budgets de la plupart des
communes ne sont pas en équilibre réel conformément aux textes en vigueur. Les communes
ont une situation financière peu reluisante en raison du niveau assez faible de leurs recettes
propres et de leurs récences et aussi la pression fiscale est également très faible.

1.2 Suivi évaluation de la décentralisation et de la gestion

Les pouvoirs publics ont mis sur pied un Conseil national de suivi de la décentralisation
(CNSD). Il est chargé de fixer les orientations et de veiller à leur cohérence avec les autres
politiques sectorielles, de proposer des mesures adéquates pour améliorer le processus, de
définir les mécanismes de coordination des appuis des partenaires techniques et financiers,
enfin de procéder à l’évaluation de la mise en œuvre de la décentralisation.

Le suivi évaluation doit prendre en considération les axes d’intervention qui suivent:

1.2.1 Au niveau personnel communal


1.2.1.1 Organigramme

Il s’agit ici de proposer des pistes d’actions possibles pour alimenter la réflexion pour
l’élaboration du plan d’actions du programme.

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 Appuis globaux:
 élaboration des fiches de postes
 élaboration et/ou régularisation des arrêtés d’organisation
 Appuis spécifiques
 Cas des communes ayant élaboré leurs organigrammes en fonction de leurs
moyens et qui disposent de locaux appropriés:
o appui au recrutement de cadres A et/ou au redéploiement du personnel
de façon à placer un cadre A (ou B) à la tête des services (élaboration
des fiches de postes, élaboration des TdR, évaluation);
o accompagnement à l’adaptation aux postes.
 Cas des communes ayant élaboré leurs organigrammes en tenant compte de
leurs seuls besoins.
o appui à la définition des postes prioritaires et des postes susceptibles de
cumuls.
o appui au recrutement de cadres A pour occuper les postes prioritaires.
o recrutement de l’encadrement intermédiaire pour occuper les autres
postes.
o accompagnement à l’adaptation au poste.

1.2.1.2 Personnel

Ici il sera question de la Stratégie d’intervention :


Prendre en compte la capacité financière des communes et leur niveau d’organisation;
Porter une grande attention aux communes ne couvrant pas leurs charges de personnel par
leurs ressources propres;
Mettre en place une gestion performante des communes : tenue des dossiers et fichiers,
conservation des dossiers;
Asseoir la progressivité et veiller à stabiliser le recrutement des agents des catégories D et
E.
 Cas des communes ne couvrant pas leurs charges de personnel par leurs ressources
propres
 Appuis à l’étude sur les modalités de stabilisation du personnel et aux
recrutements prioritaires ;
 Appuis à la mise en place des outils de gestion du personnel (tenue des
dossiers et fichiers, conservation des dossiers, édition et actualisation des
fichiers, maîtrise et respect des textes formation du personnel;
 Formation/action des responsables du service à l’utilisation de ces outils.

 Cas des communes couvrant leurs charges de personnel par leurs ressources propres
 Appuis à l’étude sur les modalités de stabilisation du personnel et aux
recrutements prioritaires ;
 Appuis à la mise en place des outils de gestion du personnel (tenue des
dossiers et fichiers, conservation des dossiers, édition et actualisation des
fichiers, maîtrise et respect des textes formation du personnel)
 Formation/action des responsables du service à l’utilisation de ces outils.

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 Cas des communes couvrant leurs charges de personnel par leurs ressources
 Appui à l’évaluation des postes prioritaires à pourvoir ;
 Appui à l’élaboration des Thèmes de référence pour ces postes ;
 Appuis à l’évaluation des candidats en liaison avec les structures nationales;
 Appuis à l’adaptation au poste.

D’une façon générale, les appuis se résument ainsi qu’il suit :

 Mise en adéquation du dispositif en personnel avec les spécificités de la commune ;


 Prise en compte du ratio d’encadrement ;
 Appui à l’embauche et à l’intégration du recruté ;
 Appui à l’organisation inter et intra services ;
 Information des élus sur leurs rôles et tâches dans la gestion communale avec une
extension sur la formation des chefs d’arrondissement ;
 Promotion d’animations culturelles sur la vie communale notamment sur les relations
entre les élus, avec le personnel et avec les tiers ;
 Soutien aux services de proximité et de promotion de la citoyenneté.

Cependant il est à éviter, les interventions de plusieurs Partenaires Techniques et financiers


dans une même commune et dans des domaines identiques car ceci peut susciter
d’importantes contradictions; les rivalités internes au sein des mairies entre personnel de
différentes catégories sont susceptibles de bloquer la mise en œuvre des mesures, notamment
avec l’arrivée de nouveaux cadres A et B venant prendre la place d’un chef de service de
catégorie C ou D mais ayant une longue présence à son poste.

1.2.1.3 Au niveau du fonctionnement des services

 Mettre en place un système d’archivage au niveau des communes ;


 Rendre opérationnel les services technique en raison des services à rendre à la
population ;
 Faire élaborer un guide d’accueil du public ;
 Evaluer et mettre en place les manuels de procédures ;
 Mettre en place un système de suivi évaluation en terme d’aide à la décision des
autorités communales ;
 Relever le niveau des agents en leur donnant des formations spécifiques ;
 Aménager les locaux en vue de les rendre fonctionnel et propice au travail des agents;
 Informatiser les services états civils, développement planification, technique, affaires
financières, domaniaux, des archives ;

1.2.1.4 Au niveau des finances

Pour résoudre le problème de mobilisation des ressources financières, il faut :

 renforcer le partenariat local et national en :


 améliorant le système de reddition de comptes aux citoyens ;
 développant les cadres de concertation sur la mobilisation des recettes locales ;

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 multipliant la sensibilisation des contribuables sur la nécessité de payer les
taxes et impôts ;
 poursuivant le plaidoyer auprès de l’Etat pour l’opérationnalisation du Fonds
d’Appui aux Collectivités Territoriales (FACT) ;
 organisant des rencontres avec les opérateurs privés pour explorer des pistes de
partenariat public-privé (PPP) pour certains projets structurants et onéreux.

 développer le partenariat externe à travers :


 l’organisation des tables rondes avec les Parties Techniques et Financiers pour
solliciter leur appui ;
 la recherche active de partenariat de coopération décentralisée ;
 l’appui sur la diaspora de la commune afin de mobiliser des ressources
financières additionnelles.

Conclusion

Pour l’atteinte d’une décentralisation effective et bonne gestion des nouvelles communes, il
est nécessaire d’avoir une bonne mobilisation et une gestion optimale des ressources
humaines, matérielles et financières. Le renforcement des capacités institutionnelles et
organisationnelles des acteurs locaux et notamment de l’administration communale s’avère
important et urgent. Ainsi, l’opérationnalisation du dispositif inclusif de mise en œuvre et de
suivi-évaluation favorisera d’une part, la mobilisation des ressources techniques et financières
pour la réalisation des activités prévues par les communes et part ailleurs l’implication des
acteurs dans la dynamique de gestion des affaires locales.

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Qu’est-ce que la sociologie et quelles sont ses branches? De par son
étymologie, le mot « sociologie » vient de deux racines étrangères au
français:  une latine "socius", qui signifie société ou compagnon ; 
et l’autre grecque "logos", qui veut dire : étude, science, discours,
connaissance. On peut retenir que la sociologie est l’étude, le discours,
ou la science de la société. Elle étudie ainsi les groupes humains, leurs
structures (les parties politiques, les syndicats, la famille) et leurs
rapports et les domaines de la société que sont : politique,
économique, juridique, familial, éducatif, religieux, urbain, rural,
loisir, commercial, industriel, électoral, sportif, du travail, etc. Autant
de domaines qui constituent des sociologies particulières. C’est ainsi
qu’on parlera par exemple de la sociologie économique, rurale,
juridique, du travail, politique, de la santé, de la famille, etc. Au sens
strict, la sociologie est la science des phénomènes sociaux. Elle a pour
objet soit la description systématique des comportements sociaux
particuliers (la politique, la religion, l’économie), soit l’étude des
phénomènes sociaux totaux ou globaux (d’après Marcel MAUSS).
Elle vise à intégrer tout fait social au groupe dans lequel il se
manifeste, et qui a pour approche méthodologique l’observation et
l’analyse objective des faits. Dans un sens large, la sociologie a pour
objet, la connaissance des faits sociaux. Pour Durkheim, la sociologie
étudie les faits sociaux. Dès lors qu’au départ nous avons posé comme
postulat que la sociologie est la science qui étudie la réalité dans toutes
ses dimensions, nous prenons du coup acte du fait que les dimensions
de la réalité sociale sont multiples. En effet, le champ couvert par la
sociologie concerne l’environnement où s’insèrent les diverses réalités
dont fait face l’homme en tant qu’acteur social. L’homme est à la fois
homo économicus ; homo religiosus ; homo politicus, etc. en voulant
voir les divers domaines de la réalité sociale qu’explore la sociologie,
nous voulons toucher les divers champs d’actions de l’homme, tel
qu’il peut y produire des actes susceptibles d’être analyser par la
sociologie. Ses champs sont nombreux et recouvrent l’économie, la
religion, la politique, l’industrie, le rural, la connaissance, la ville, la
communication, les élections, etc. Nous n’allons peut-être pas

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examiner en détails tous ces domaines mais nous allons exposer
certains assez brièvement.

Sociologie du développement

Tentative de définition Issue de la combinaison de deux notions


(sociologie et développement), la sociologie du développement est une
discipline ou mieux une sous-discipline de la sociologie relativement
jeune (la sociologie en tant que discipline scientifique, ne date que du
19ème siècle et le développement en tant que phénomène social est
apparu après la seconde guerre mondiale). Située à la croisée de
différents chemins : histoire, anthropologie, économie, science
politique, etc., la sociologie du développement s’intéresse
essentiellement aux processus de développement sociaux et
économiques. Etant une branche importante de la sociologie, elle
approche son objet d’étude avec une démarche et parvient à des lois
qui lui restent propres. Pour Georges B. Kavadias, l’objet de
lasociologie du développement c’est le développement lui-même
défini comme phénomène historique. En effet, cette notion comporte
trois acceptions distinctes mais solidaires et interactives entre elles: a)
le développement en tant que situation socioéconomique et historique
concrète, correspondant à celle des pays industrialisés. Par opposition,
le sous-développement est défini comme étant la situation propre des
pays non-industrialisés et en particulier de l’ensemble des pays
communément appelés «Tiers Monde» ; b) le développement en tant
que changement socioéconomique, la transformation d’une société
sous- développée en société développée et c) le développement en tant
qu’action visant à promouvoir le changement, le passage du sous-
développement vers le développement. Il est également impossible
d’agir en vue du développement si l’on ne sait au préalable sur quelle
situation l’action doit être appliquée, vers quels buts elle doit être
orientée, et encore et surtout dans quelles conditions elle peut
provoquer le changement voulu. Cela signifie que pour accorder à

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l’action toutes les garanties de succès il faut agir en connaissance de
cause. Il conviendrait alors de savoir quels sont les déterminismes qui
régissent le changement, dans quelle mesure et suivant quels
processus, et se servir d’eux pour orienter utilement l’action. Pour être
plus explicite, disons que la sociologie du développement tente
d'analyser, de critiquer et de faire la promotion du développement des
communautés à partir des repères géographiques : village, ville, pays,
région et temporels : passé, présent voire futur. En cela, elle
appréhende les rapports entre les pays du Nord dits industrialisés voire
postindustriels (économie du savoir) et les pays du Sud dits en voie de
développement, évalue les conséquences résultant des processus de
modernisation (mondialisation, rationalisation et innovation par
exemple), critique la colonisation/délocalisation et l’impérialisme
occidental. Partant de sa jeunesse et de la nature de son objet, il est à
remarquer qu’elle est la somme ou la résultante de plusieurs courants
de pensées. Voyons dans la suite, les différentes sources d’eau
auxquelles elle s’est abreuvée.

Les apports anthropologiques


Avant d’évoquer les apports de l’anthropologie sur les questions de
développement, nous allons nous référer aux travaux de Jacques
Hamel (1997) pour avoir un bref aperçu sur la discipline très voisine
de la sociologie. L’auteur évoque son terrain d’étude et ses méthodes
d’approche en ces termes : « l’anthropologie a donc pour terrain
d’étude les sociétés qui ne possèdent pas l’écriture, ou à peine, et chez
lesquelles la tradition est orale, de même que les communautés rurales
dotées de ces mêmes caractéristiques. La sociologie se réserve les
sociétés proches et suffisamment avancées dans le temps présent pour
échapper au crible de l’histoire. A l’origine, étude par excellence des
races humaines, l’anthropologie prétend assumer l’explication globale
des faits sociaux, des faits imputés à l’espèce humaine, en mettant
l’accent sur leurs caractères physiologiques, intellectuels et moraux
manifestés dans des langues, des us, coutumes et traditions historiques

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qui peuvent être envisagés comme des cultures…Par le fait qu’elle a
pour terrain de prédilection les sociétés sans écriture, l’anthropologie
se voit contrainte de développer cesméthodes susceptibles d’accéder à
son objet, la culture, par voie directe ou orale. L’observation
participante dont elle se réclame à juste titre depuis Bronislaw
Malinowski en est l’exemple patent.»

Les études en sociologie du développement sont souvent proches


d'analyses effectuées par des anthropologues quand elles abordent, à
partir de cas particuliers, le développement des communautés locales.
Plus récemment, les études en sociologie du développement se sont
intéressées à la relation entre les dynamiques locales et les enjeux
mondiaux. Elles analysent tant les effets de la stratification sociale sur
le développement de petits groupes sociaux que les répercussions de
l'application de logiques macrosociales. Elles peuvent être complétées
par des analyses au niveau des cultures et attitudes (psychologie
sociale du développement).

Apports de quelques auteurs dans l’édification de la sociologie du


développement

Le terme "développement", dans le sens qui lui est prêté ici, est
d'utilisation relativement récente. Cependant, les analyses de ce
phénomène sont antérieures à l'émergence du vocable. Les sociologues
classiques que sont Talcott Parsons Durkheim, Marx et Weber - ont
produit des interprétations riches de la constitution et de l'évolution
des formes sociales. Celles-ci restent parfaitement actuelles quand
elles permettent une mise en lumière de certains aspects du
"développement".

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- Émile Durkheim

Emile Durkheim présente dans De la division du travail social (1893)


une vision holiste du développement, aux accents évolutionnistes (voir
holisme, évolutionnisme). En effet, selon l'auteur, la division du travail
social est « un résultat de la lutte pour la survie, mais elle en est un
dénouement adouci. Grâce à la division du travail, les rivaux ne sont
pas obligés de s’éliminer mutuellement, mais peuvent coexister les uns
à côté des autres » 1. Ainsi, Durkheim considère que la division du
travail provient essentiellement de l'accroissement de la population et
de la "densité sociale". Il y aurait un seuil critique au-delà duquel les
humains choisissent de coopérer, de commercer entre eux, plutôt que
de se combattre. Les communautés traditionnelles laissent place à la
société moderne. Dans ce contexte, le système social de production
œuvre sans cesse à trouver une place aux nouveaux arrivants qui sont
intégrés dans un tissu productif de plus en plus complexe. La division
du travail serait la réponse de la société à l'accroissement du volume et
de la densité sociale qui implique une « intensité plus grande de la
lutte » 2. Ce qu'explique Durkheim recouvre deux aspects étroitement
liés entre eux : le passage d'une société traditionnelle à une société
moderne à travers le dépassement de l'équilibre population-
subsistance. Ce sont deux aspects essentiels du développement qui se
conjuguent dans le phénomène de transition démographique. Or, celui-
ci est, ou a été observé, dans toutes les sociétés. Durkheim en est le
témoin dans les pays occidentaux au 19ème siècle. - Max Weber

La contribution de Max Weber à la compréhension du développement


s'inscrit dans ses nombreuses analyses d'un processus qu'il considère
être à l'œuvre dans toute société : le processus de rationalisation (voir
l'article Max Weber). Weber démontre dans L'éthique protestante et
l'esprit du capitalisme (1905) que les actions guidées par une
rationalité en finalité prennent une importance croissante au fil de
l'évolution sociale. Si la religion est au centre du processus décrit par

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Weber, c'est aussi et surtout, pour l'auteur, un moyen explicatif en
terme épistémologique. Autrement dit, ce ne sont pas les valeurs
protestantes, telle que l'ascétisme, qui expliquent l'avènement du
capitalisme ; il y a simplement une proximité entre ces valeurs
religieuses et celles propres au capitalisme. Ce qu'explique Weber,
c'est qu'à une certaine forme d'ordre social correspondent certaines
valeurs, une certaine culture qui, en conférant un sens aux actions
humaines, les oriente. Pour résumer, l'évolution de l'ordre social (le
développement) est accompagnée par une transformation des manières
de faire, de sentir, d'agir, de penser des membres de la société. À
l'inverse, l'absence d'évolution des valeurs peut bloquer le processus
de développement, ou du moins le compromettre.

- Karl Marx

Karl Marx offre une interprétation du développement comme étant


indissociable d'un système de rapports sociaux qu'il résume avec le
terme "capitalisme". Ce système se traduit notamment par la
dépossession des instruments de production pour une partie de la
population - qui se constitue alors en prolétariat - par la classe des
capitalistes. Ce groupe social avait déjà été identifié par Adam Smith,
par exemple, qui se méfiait de ses possibles abus de pouvoir (ententes
sur les prix…). Marx considère que la position des capitalistes comme
propriétaires des moyens de production se traduit par leur domination
de l'espace social. L'"homme aux écus", le capitaliste, exploite le
prolétaire et accapare les profits issus de l'exploitation. Le rapport
social marxien est donc fondamentalement inégal. Ce qu'explique
Marx, c'est que le développement capitaliste est motivé par la
recherche de profits qui sont eux-mêmes indissociables de la
domination du prolétariat. Le développement capitaliste serait
déséquilibré du fait de la répartition sociale de la propriété. Toutefois,
dans l'optique marxienne, ce processus inégalitaire, producteur
d'inégalités, est un passage obligé vers la libération de l'homme. Le

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capitalisme est voué à disparaître, emporté par la révolution
prolétaire ; il contient en lui-même les germes de sa propre
destruction, de son dépassement par une forme sociale supérieure
(socialisme, communisme).

- La sociologie du développement dans la francophonie

Dans la francophonie, la sociologie du développement est surtout le


fait de Georges Balandier (perspective historique du fait social de la
relation développeur-développé), René Dumont (agronome et praticien
du développement, il est l'auteur de "l'Afrique est mal partie"), Alain
Touraine et de Samir Amin (grand chantre de la théorie de la
dépendance) et dans une certaine mesure, Immanuel Wallerstein. De
manière plus contemporaine, on soulignera le travail du paradigme dit
de l'après-développement ou Critique du développement en particulier
Serge Latouche et Gilbert Rist. L'APAD. (Association Euro-Africaine
pour l'Anthropologie du Développement) regroupe nombre d'auteurs et
chercheurs sur le sujet, dont en particulier Jean-Pierre Olivier de
Sardan et Philippe Lavigne-Delville qui ont beaucoup travaillé sur les
pratiques du monde du développement et les paradigmes qui les sous-
tendent (ONG et autres institutions).

Chapitre I : Les conditions de développement économique et social

Le processus qui a conduit les nations du nord, certaines du Sud, au


développement et à la croissance n’a pas été linéaire. Le parcours a été
semé d’embuches parfois insurmontables. La crise des différents
régimes, les dégâts des différentes guerres, les épidémies n’avaient pas
laissé de place à l’espoir. Hormis la traite négrière et l’esclavage,
certaines d’entre elles ont connu la même situation que celles des
nations africaines : troubles d’ordre épidémiques, politiques,

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économiques, guerres et colonialisme. La résilience dont a fait preuve
ces dernières, témoigne de leur situation plus ou moins stable
aujourd’hui. Les pays d’Afrique subsaharien quant à eux semblent être
installés pour longtemps dans la stagnation sociale, politique,
économique et rien ne présage d’un sursaut d’orgueil, que les effets
pervers qui concourent à annihiler tout effort de développement sont
inhérents. L’abandon face à la vague oppressive de la pauvreté de leur
propre destin aux autres pays dits développés, aux organismes peu
crédibles, a fait de cette partie du monde plein de ressources humaines,
minières et agricoles, la région la plus assistée en matière de
développement. La domination, l’ingérence des puissances étrangères
d’une part, et les faiblesses institutionnelles des pays du Sud d’autre
part, contribuent à la faillite des Etats de l’Afrique subsaharienne.
Cette situation perpétue et entretient la spirale de la dépendance et de
l’instabilité. Quel serait donc les conditions qui mènent vers un
développement soutenu ?

1. Les étapes de la croissance économique selon Rostow

Il est reconnu des économistes que le secteur agricole, reste le moteur,


la base de développement si un pays veut assoir un développement
durable. L’industrialisation ne peut pas être possible si le secteur
primaire qui doit lui fournir la matière première n’estpas solidement
implanté. Un développement soutenu ne peut être possible avec la
force humaine. Il faut alors penser à l’intensification de la
mécanisation.

L’économie du Togo est basée essentiellement sur l’agriculture qui


constitue la principale source de revenus pour 80 % de la population
avec une valeur ajoutée de 40 % du PIB. Outre son étroitesse, le pays
présente des atouts pour l’agriculture, cependant, il accuse une faible
productivité. La surface cultivable représente environ 60 % de la

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superficie totale, mais seuls 25 % de cette superficie totale serait
réellement cultivée (source FAO).

Sans un soutien réel de l’État et une ouverture des agriculteurs à


l’innovation, la production restera à l’image des moyens de production
et ne permettra pas à l’agriculteur de se prémunir de la faim. Cette
absence ou la faiblesse de mécanisation constitue aussi un facteur
handicapant pour une agriculture compétitive. Dans ces conditions,
l’agriculture qui est le principal pourvoyeur du secteur industriel en
matières premières, ne peut répondre de façon efficiente. A cet effet,
toute tentative d’industrialisation ne serait que de l’extrapolation.

Le développement d’une agriculture innovante est devenu un enjeu


national. L’agriculture est en effet, un des éléments essentiels autour
duquel la prospérité peut être possible. Une réalité qui est loin des
réalités sur le terrain. Dans les régions qualifiées de poumons de
l’agriculture, les conditions préalables ne sont rarement réunies. Le
développement de l’agriculture passe par celui de la route. Les pistes
dans la région des plateaux présentent cette image déplorable.
Vivement que les différents chantiers amorcés sur toute l’étendue du
pays, pallient à ce manquement. L’agriculteur togolais ne produit pas
en fonction de la demande sur le marché. Il produit ce qui est à sa
portée. La politique de la promotion de la diversification des cultures
est limitée. Le Programme National de développement avec le secteur
des agropoles apportera à coup sûr une réponse à cette situation.

La part du budget consacré au secteur est révélatrice. Un milliard pour


le budget 2014 était loin du protocole de Maputo qui demande à
chaque Etat africain de consacrer 10% de leur budget général au
secteur.

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