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SEANCE 1

PRESENTATION – METHODOLOGIE
&
LA REGLE DE DROIT

1 - PREPARATION DES SEANCES DE TRAVAUX DIRIGES

A) But des travaux dirigés :

Les travaux dirigés remplissent un triple rôle :


• Faciliter l’apprentissage par des exercices pratiques et des discussions en groupes plus
réduits. À cette fin, vous devrez, chaque semaine, étudier et réviser une partie du
programme.
• Préparer les étudiants à l’examen.
• Attribuer à chaque étudiant une note de contrôle continu qui reflète son travail
personnel.

L’étudiant se familiarisera avec la technique de rédaction de la fiche d’arrêts afin d’apprendre


à lire et interpréter les décisions de justice.
De plus, les travaux dirigés seront l’occasion, pour les étudiants, d’apprendre la technique du
cas pratique.

Cet exercice :
• Aide à comprendre comment les règles et principes étudiés s’appliquent dans une
situation réelle.
• Familiarise avec le raisonnement juridique.

B) Instruments de travail :

1) Le Code civil est l’instrument indispensable :


- soit le Code civil édité par Dalloz (couverture rouge)
- soit le Code civil édité par Litec (couverture bleue).
Il est indispensable de travailler avec un exemplaire de la dernière édition (Code civil 2021 pour
cette année universitaire) qui sera mis à votre disposition dans la bibliothèque. Vous trouverez
également le Code civil en ligne sur le site www.légifrance.fr.
2) Les traités, manuels ou précis suivants pourront être utilisés en complément du cours
pour la partie concernant l’introduction au droit. La liste ici donnée est purement indicative et
est loin d’être exhaustive, considérez systématiquement la dernière édition…
- J.-L. Aubert, E. Savaux : Introduction au droit et thèmes fondamentaux du droit civil,
Sirey, Collec. Université.
- B. Beignier et C. Bléry, A.L. Thomat-Raynaud : Cours d’introduction au droit (cours –
thèmes de TD – méthodologie – lexique), LGDJ, Collection Lextenso Editions.
- R. Cabrillac, Introduction au droit, Cours Dalloz.
- M. Douchy-Oudot, Droit civil 1ère année, Introduction, Personnes, Famille, Dalloz,
Collection Hypercours.
- Ph. Malaurie et P. Morvan : Introduction générale. Edition Defrénois. Collec. Droit civil.
- Ph. Malinvaud : Introduction à l’étude du droit. Edition Litec.
- F. Terré : Introduction générale au droit. Dalloz. Collec. Précis Dalloz.
- R. Cabrillac, Droit des obligations, Cours Dalloz.

Pour des conseils de méthode, vous pouvez notamment vous référer à l’ouvrage de
messieurs Goubeaux et Bihr, Les épreuves écrites de droit civil, LGDJ.

3) Les dictionnaires juridiques.


Là encore, il en existe beaucoup… Pour n’en citer que deux :
- G. Cornu, Vocabulaire juridique, Ed. Puf, Quadrige.
- S. Guinchard, T. Debard (dir), Lexique de termes juridiques, Dalloz, Collec.
Lexiques.

4) Les revues juridiques se consacrent à l’actualité juridique et publient à la fois des


textes législatifs, de la jurisprudence, en texte intégral ou en résumé, avec ou sans notes de
jurisprudence, et de la doctrine. Ces ressources peuvent être consultées en format papier à la
Bibliothèque Universitaire de droit qui se trouve à Saint-Quentin-en-Yvelines (45 Bd Vauban,
78280 Guyancourt), ou en version numérique sur le site de la bibliothèque.
Principales revues dans les banques de données juridiques françaises

Titre Abréviation Base de données


Bulletin Joly Sociétés BJS Lextenso
Bulletin rapide de droit des affaires BRDA Navis droit des affaires
Contrats Concurrence Consommation CCC JurisClasseur
Droit de la famille Dr. Fa. JurisClasseur
Droit des sociétés Droit soc. JurisClasseur
Droit et patrimoine Lamyline
Droit Pénal DP JurisClasseur
Gazette du palais (tri-hebdomadaire) GP Lextenso
Journal du Droit international (Clunet) JDI, J JurisClasseur
Petites affiches (les) PA, LPA Lextenso
Procédures JurisClasseur
Recueil Dalloz D. Dalloz.fr
Recueil Lebon Rec. Dalloz.fr
Répertoire du Notariat Defrénois Def. Lextenso
Responsabilité civile et Assurances RCA JurisClasseur
Revue critique de droit international privé RCDIP Dalloz.fr
Revue de droit bancaire et financier RDBF JurisClasseur
Revue de droit du travail Rev. droit trav. Dalloz.fr
Revue de droit fiscal JurisClasseur
Revue de droit immobilier RDI Dalloz.fr
Revue de droit sanitaire et social RDSS Dalloz.fr
Revue de jurisprudence de droit des affaires RJDA Navis Droit des affaires
Revue de jurisprudence fiscale RJF Navis fiscal
Revue de jurisprudence sociale RJS Navis social
Revue de science criminelle RSC Dalloz.fr
Revue des Contrats RDC Lextenso
Revue des procédures collectives JurisClasseur
Revue des sociétés RDS Dalloz.fr
Revue française de droit administratif RFDA Dalloz.fr
Revue Générale du Droit des Assurances RGDA Lextenso
Revue juridique personnes et famille RJPF Lamyline
Revue Lamy droit civil RLDC Lamyline
Revue Lamy droit des affaires RLDA Lamyline
Revue trimestrielle de droit civil RTD civ. Dalloz.fr
Revue trimestrielle de droit commercial RTD com Dalloz.fr
Semaine juridique - Ed. générale JCP G JurisClasseur
Semaine juridique - Entreprise et affaires JCP E JurisClasseur
Semaine juridique – Social JCP S JurisClasseur
2 - METHODOLOGIE

LA FICHE D’ARRET – Fiche méthode

Exercice classique et incontournable dans les Facultés de droit, la fiche d’arrêt constitue
en réalité un travail indissociable d’un autre : le commentaire d’arrêt. Le contenu de la fiche
d’arrêt doit mettre en évidence les éléments clés de l’arrêt et constitue l’introduction du
commentaire d’arrêt. Dans la mesure où nous ne sommes pas en Faculté de droit, nous mettrons
de côté la technique du commentaire d’arrêt. En revanche, la méthodologie de la fiche d’arrêt
reste un exercice pédagogique de premier plan dans le cadre d’un DUT.

La fiche d’arrêt se décompose en 5 parties :

1) La présentation sommaire de la décision

- Juridiction : Il s’agit d’indiquer en une ligne les références du Tribunal ou de la Cour qui a
rendu la décision ainsi que sa date.
ex. : Cour de cassation, chambre sociale, 22 avril 2001

- Parties : Il faut également mentionner si cela est possible le nom des parties.
- Demandeur : partie qui a saisi le tribunal. Elle est appelée « appelant » en appel, et
« demandeur au pourvoi » en cassation ;
- Défendeur : partie assignée en justice. Elle est appelée « intimé » en appel et «
défendeur au pourvoi » en cassation.
ex. : Cour de cassation, chambre sociale, 22 avril 2001, M. X. (demandeur) c./ M. Y (défendeur).

2) Le résumé des faits

Faits : Il s’agit ici d’exposer les faits de manière objective et chronologique. Le lecteur doit
comprendre l’origine du litige. La présentation des faits doit être concise et précise. Elle indique
quelles sont les parties en présence, leur lien juridique ainsi que les faits constants c'est-à-dire
non contestés. Attention, vous ne devez pas exposer ici la procédure. Les faits s’arrêtent juste
avant la saisine du premier tribunal dans l’affaire.
Il peut arriver, dans les arrêts de rejet notamment, que certains éléments de fait soient présentés
dans les arguments de l’auteur du pourvoi ou dans la réponse de la Cour de cassation : il faut
en tenir compte et les intégrer dans le résumé des faits.

3) La présentation de la procédure et les prétentions des parties

Procédure : il s’agit de reprendre tous les éléments de procédure, de les exploiter en respectant
l’ordre chronologique procédural : 1er degré, 2e degré, etc. jusqu’au pourvoi en cassation. Il est
possible que dans l’arrêt une partie de la procédure soit absente (par exemple, la décision du
tribunal de 1ère instance peut être absente dans un arrêt de la Cour de cassation). Dans ce cas, il
faut coller à l’arrêt et ne pas essayer d’imaginer ce qui a pu se passer avant.
Le vocabulaire juridique à utiliser ici doit être précis :

- Au 1er degré : on forme ou intente une action. Il faut indiquer qui est le demandeur, qui est le
défendeur, quel est le tribunal saisi et quel est le sens du jugement prononcé.
- Au 2e degré : on interjette appel. Il faut indiquer qui est l’appelant, qui est l’intimé, quelle est
la cour d’appel saisie, à quelle date elle a rendu son arrêt et quel est le sens de l’arrêt prononcé.
- En cassation : on se pourvoit en cassation. A ce stade, vous devez uniquement indiquer qui
s’est pourvu en cassation.

Prétentions des parties : il faut relever dans l’arrêt/décision, l’essentiel des arguments de
chacune des parties et les exposer de manière synthétique :
- Demandeur : argumentation :
- ………………………………………..
- ………………………………………..
- ………………………………………..
Par conséquent, il demande au tribunal/cour de :………………..

- Défendeur : argumentation :
- ………………………………………..
- ………………………………………..

4) La formulation du problème de droit posé à la Cour de cassation


Problème de droit : c’est la question juridique à laquelle répond la cour. Elle doit être précise
Vous devez la formuler sous forme d’une ou plusieurs questions. Elle ne fait aucune référence
à l’affaire, elle doit être formulée en termes juridiques et abstraits. Inspirez-vous du dispositif
et des motifs du tribunal/cour pour formuler votre question.

5) La présentation de la décision et du raisonnement de la Cour de cassation


Décision et Motifs : Il s’agit du raisonnement qui a conduit la cour à prendre telle ou telle
décision. Il ne s’agit pas seulement de dire qu’elle rejette le pourvoi ou qu’elle casse l’arrêt de
la Cour d’appel.
Ex. : Dans un arrêt rendu le (date de l’arrêt), la 1ère chambre civile de la Cour de cassation a
cassé l’arrêt d’appel au motif que (indication des motifs de cassation de l’arrêt d’appel)…

Conseil à suivre : Ne recopiez surtout pas des paragraphes entiers de l’arrêt pour réaliser cette
fiche d’arrêt ! Cela ne sert à rien. De telles réponses ne peuvent pas être validées par les
correcteurs. L’évaluation porte sur votre analyse personnelle et sur votre propre rédaction.
Certes, certains termes utilisés par la Cour de cassation peuvent être repris entre guillemets,
mais il faut que votre écrit reste essentiellement personnel, afin de constater votre degré de
compréhension de l’arrêt.
LE CAS PRATIQUE – Fiche méthode

Le cas pratique est l’exercice pratique par excellence en droit. Il permet à l’étudiant de
confronter ses acquis théoriques avec une situation pratique qu’il pourrait rencontrer dans la vie
de tous les jours et notamment sa vie professionnelle. Avant de se lancer dans la méthode du
cas pratique, il est essentiel de comprendre que ce type d’exercice permet d’appliquer ce qu’il
convient d’appeler le syllogisme juridique.

Définition du syllogisme juridique :

Pour pouvoir appliquer une règle de droit à une situation de fait particulière, il faut
procéder à un raisonnement déductif, par syllogisme, qui lui-même inclut un exercice de
qualification. Le but de cette opération est d’aboutir à une solution juridique logique et fiable.
Le syllogisme se déroule en trois étapes :
a) La « majeure » : indique la règle de droit applicable. Elle est énoncée de manière
générale et abstraite et se réfère à des textes précis, loi, règlement, contrat…
b) La « mineure » : indique quels sont les faits, en les qualifiant juridiquement, c'est-à-
dire, en les faisant entrer dans des catégories juridiques adéquates. Il s’agit ici de « traduire »
en termes juridiques une situation.
c) La « conclusion » aboutit à la solution juridique résultant de l’application de la règle
de droit (majeure) aux faits (mineure). Elle énonce des droits subjectifs (dans la «
« conclusion ») qui sont déduits du droit objectif (énoncé dans la « majeure » et la « mineure »).

a) La majeure :
Outils pour se référer au droit objectif :

Locutions Verbes

Construction : locution + nom (la loi x, Construction : nom (la loi x, l’article x du code z,
l’article x du code z, le contrat y, le traité x, la le contrat y, le traité x, la clause x du contrat z, les
clause x du contrat z, les principes principes fondamentaux de la République, la
fondamentaux de la République, la Directive x directive x …) + verbe
…)

Selon Disposer (la loi)


D’après Stipuler (le contrat)
En vertu de (! Verbe impersonnel) Il résulte des dispositions
Conformément à de …
Aux termes de Définir
Prévoir
Garantir
Interdire
Punir
Soumettre
b) La mineure :

1er niveau de qualification : la qualification non argumentative :


Il s’agit d’une qualification non polémique, qui n’est pas argumentative car elle ne vise pas à
démontrer mais seulement à affirmer.

Exemple :
Situation décrite en langage Situation qualifiée juridiquement
courant
M. V. a tué son voisin à coups de M. V. a commis un meurtre.
carabine.

Il a été condamné à 20 ans de Il a été condamné à 20 ans de réclusion


prison. criminelle.

2ème niveau de qualification : la qualification-définition :


Il s’agit ici d’une qualification polémique, argumentative qui vise à démontrer, à persuader de
sa validité.
Le tableau suivant énumère dans la première colonne des expressions verbales qui permettent
de qualifier juridiquement un être humain (2ème colonne) ou une situation, un fait (3ème colonne
: non humain).
Les X indiquent que les expressions de la première colonne s’emploient pour un « humain »
et/ou un « non humain » (les « - » indiquent un emploi impossible).

Outils pour qualifier :

Un humain Un non humain


(il est qualifié par sa fonction, ses (un fait, une situation, une
qualités) clause…)
Exemples : salarié, gérant Exemples : homicide
majoritaire, responsable involontaire, modification
juridiquement, préposé… unilatérale du contrat de travail,
dol, vice du consentement…
Il s’agit de X X

Constituer - X

Etre X X

Avoir la qualité de X -

Présenter tous les caractères de - X

(ne pas pouvoir, devoir) être X X


qualifié de
(ne pas pouvoir, devoir) être X X
considéré comme
(ne pas pouvoir, devoir) - X
s’analyser comme
Réunir toutes les conditions X X

Exemple : Mme B. salariée de la société Hificom a participé à une grève ; avec ses collègues
grévistes, elle a occupé l’usine et empêché les non-grévistes d’aller travailler (faute lourde).

La qualification donne :
Le fait pour un salarié gréviste de participer à l’occupation des locaux et d’empêcher les non-
grévistes d’aller travailler constitue une faute lourde.

Après avoir vu les étapes du syllogisme juridique, il convient de reprendre les différentes
étapes du cas pratique en les simplifiant.

Il faut distinguer 2 types de cas pratique :


• Le Cas pratique « fermé » c'est-à-dire où une question précise vous est posée et à laquelle il
vous faut répondre.
• Le Cas pratique « ouvert » dans lequel il vous appartiendra de déterminer vous-même les
questions. Ce type de cas se termine généralement par : « Qu'en pensez-vous ? »

ÉTAPE 1 : Les faits

Il est inutile de reprendre tous les détails exposés, vous devez être précis et concis,
efforcez-vous de vous exprimer dans un vocabulaire juridique, cela est impératif. Par exemple,
les « M. X » sont à proscrire, préférez les qualifications suivantes : le conducteur, le vendeur…
Votre exposé des faits doit toujours commencer par « En l'espèce », cette étape est importante
pour la résolution du cas pratique, par conséquent, soyez rigoureux.
Cela vous paraîtra également évident, mais ne faites pas de fautes d'orthographe !!!!

ÉTAPE 2 : Le problème de droit

Cette étape est la plus importante de votre devoir. Un bon problème de droit montrera
votre compréhension du sujet. Il s'agit, ici, d'exposer sous forme interrogative, la difficulté
d'application ou d'interprétation d'une règle de droit (vous devez poser la question soulevée par
le cas).

ÉTAPE 3 : Les règles de droit applicables

Le cas pratique ne consiste, en aucun cas, en une récitation de cours. Il convient ici de
poser toutes les définitions pertinentes dans la résolution de votre cas pratique.
Afin de résoudre le problème de droit, il convient d'exposer successivement, dans l'ordre
suivant, les règles de droit applicables.
La loi
Vous devez citer les textes de loi applicables. Il est inutile de recopier les articles de loi de votre
Code civil lorsque ces derniers sont particulièrement longs : présentez, dans ce cas, le contenu
des articles de manière logique en énumérant les conditions d'application.

Ex. : Selon l'article XXX du Code civil, XX conditions sont nécessaires à la validité du
contrat…

IMPORTANT : Un article de loi dispose, un contrat stipule !!!


Sachez qu'il vous faudra définir les termes employés par le texte de loi.

La jurisprudence
Vous devez ici exposer, les jurisprudences qui sont venues préciser les conditions d'application,
d'interprétation ou parfois les sanctions d'une règle de droit. Inutile également de citer 15
jurisprudences allant dans le même sens, il vous suffit de citer l'arrêt de principe en soulignant
que cette solution est depuis constamment réitérée. Soyez très précis lorsque vous citez les
jurisprudences. Il faut la date, la juridiction, et préciser quelle chambre.

Ex. : Dans un arrêt rendu par la première Chambre civile de la Cour de cassation du 8 Décembre
1992…

ÉTAPE 4 : L’application de la règle de droit

Il convient ensuite d'appliquer ces règles de droit aux faits de l'espèce, ainsi si votre
exposé des faits est clair, cela est très simple ! Parfois, il faudra effectuer l’application de la
règle de droit aux faits au fur et à mesure de la résolution du cas : par exemple, sous chaque
condition légale, il faudra vérifier si les faits y répondent.

ÉTAPE 5 : La conclusion

Cette étape souvent oubliée par les étudiants est pourtant essentielle. Vous devez ici
trancher la question qui vous a été posée dans l'énoncé du cas pratique.

NB : Un cas pratique se rédige de manière impersonnelle, pas de « je ».


ATTENTION : Le cas pratique n’est pas un contrôle de connaissance, on ne vous
demande pas de « caser » à tout prix votre cours pour prouver que vous le connaissez. Il
faut creuser le problème et n’utiliser que les parties de cours qui sont pertinentes au cas
qui vous est proposé.

Les écueils à éviter :


• Ne surtout pas recopier l'énoncé (il y a un travail de synthèse à faire).
• Ne pas laisser des détails inutiles dans l'exposé des faits, on se moque du fait que la voiture
soit de couleur verte fluo.
• Ne pas qualifier trop tôt (par exemple, dire qu'il s'agit d'un fait juridique ou d'un acte juridique
alors que la qualification pose problème et appelle des développements dans le corps de votre
cas pratique).
• Ne pas donner la solution du problème dans l'exposé des faits, c'est logique quand même !!!
• Ne pas inventer votre propre droit, généralement cela passe très mal.
I) Documents insérés dans la fiche :

- Doc. : Cass. Ass. Plén., 31 mai 1991, n° 90-20105.

II) Travaux à préparer pour la séance


● Avant la séance, vous irez rechercher dans un lexique de termes juridiques de votre choix la
signification des termes suivants :
- Demandeur
- Défendeur
- Jugement
- Arrêt
- Visa
- Chapeau
- Un « moyen »
- Une Branche
- Motif
- Dispositif
- Pourvoi
- Appel
- Cassation
- Infirmer/ Confirmer
- Juge du fond
- Débouter

● Avant la séance, vous élaborerez une fiche d’arrêt du document 1. Avant de faire la fiche
d’arrêt, vous devrez :
- rechercher et recopier le contenu des textes de loi cités ;
- retracer l’histoire judiciaire dans la logique chronologique :
Quelle est la situation de fait initiale qui a donné lieu au litige ?
Qui a saisi le juge initialement ? Quel juge ? Quel était l’objet de la demande ? (Juge de 1ère
instance : pour cette décision la 1ère instance n’est pas indiquée mais vous devez essayer de
répondre aux questions par déduction)
Qu’a répondu ce juge ? Quel autre juge a alors été saisi, par qui et pourquoi ? (Juge de 2ème
instance)
Quelle a été la position de ce juge et sa motivation ?
Qui forme le pourvoi en cassation ? Quel est l’objet de la demande ?
Quelle est la position de la Cour de cassation : décision et motivation (expliquer la différence
entre les « motifs » et le « dispositif »).
Document : Cass. Ass. Plén., 31 mai 1991, n° 90-20105.

Sur le pourvoi dans l'intérêt de la loi formé par M. le Procureur général près la Cour de
Cassation :

Vu les articles 6 et 1128 du Code civil, ensemble l'article 353 du même Code ;

Attendu que, la convention par laquelle une femme s'engage, fût-ce à titre gratuit, à concevoir
et à porter un enfant pour l'abandonner à sa naissance contrevient tant au principe d'ordre
public de l'indisponibilité du corps humain qu'à celui de l'indisponibilité de l'état des personnes
;

Attendu selon l'arrêt infirmatif attaqué que Mme X..., épouse de M. Y..., étant atteinte d'une
stérilité irréversible, son mari a donné son sperme à une autre femme qui, inséminée
artificiellement, a porté et mis au monde l'enfant ainsi conçu ; qu'à sa naissance, cet enfant a été
déclaré comme étant né de Y..., sans indication de filiation maternelle ;

Attendu que, pour prononcer l'adoption plénière de l'enfant par Mme Y..., l'arrêt retient qu'en
l'état actuel des pratiques scientifiques et des mœurs, la méthode de la maternité substituée doit
être considérée comme licite et non contraire à l'ordre public, et que cette adoption est conforme
à l'intérêt de l'enfant, qui a été accueilli et élevé au foyer de M. et Mme Y... pratiquement depuis
sa naissance ;

Qu'en statuant ainsi, alors que cette adoption n'était que l'ultime phase d'un processus
d'ensemble destiné à permettre à un couple l'accueil à son foyer d'un enfant, conçu en exécution
d'un contrat tendant à l'abandon à sa naissance par sa mère, et que, portant atteinte aux principes
de l'indisponibilité du corps humain et de l'état des personnes, ce processus constituait un
détournement de l'institution de l'adoption, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :


CASSE ET ANNULE, mais seulement dans l'intérêt de la loi et sans renvoi, l'arrêt rendu le 15
juin 1990 par la cour d'appel de Paris.
3 - LA REGLE DE DROIT

I) Documents insérés :

- « Les caractères distinctifs de la règle de droit », Ph. Malinvaud Introduction à l’étude du


droit, Litec 2011 (doc.1).

- Extraits du Discours préliminaire sur le projet de code civil de Jean-Etienne-Marie Portalis,


in Recueil complet des travaux préparatoires du Code civil, Fenet, Tome 1er, 1801 (doc. 2).

II) Travaux à effectuer :

Il est demandé aux étudiants de :

• Répondre aux questions suivantes :


- Qu’est-ce qu’une règle de droit ?
- A quoi sert une règle de droit ?
- Identifiez, en vous aidant du document 1, les caractères principaux de la règle de
droit (nb : tous les caractères de la règle de droit ne figurent pas dans le texte).
- En vous aidant du document 2, quelle est la finalité du droit, des lois au sens large ?
Quel est l’équilibre préconisé par l’auteur pour que le droit soit de qualité ?

• Répondre aux questions suivantes concernant la journée catastrophe de votre amie Ella
Padechance.

Cas pratique 1 :
Ella Padechance habite sur la Côte d’Azur et se rend tous les jours à son IUT en scooter. Ces
derniers jours, la chaleur est caniculaire et Ella décide de ne pas mettre son casque de peur de
trop transpirer et de défaire sa coiffure.

1. Ses arguments sont-ils recevables ?


2. Quelle règle viole-t-elle ? Donnez son contenu.
3. Qualifiez la situation juridique.

La règle que vous devez rechercher se trouve dans le Code de la route que vous aurez en accès
libre sur le site Légifrance.

Cas pratique 2 :
Ella apprend par l’un de ses camarades, Brice, que la Société Mic Mac Food recrute du
personnel « au noir ». Ella, qui aimerait mettre du beurre dans ses épinards, se dit que ce travail
non déclaré tombe à pic puisqu’elle ne souhaite pas déclarer de revenus afin de conserver sa
bourse d’études.

1. Ses arguments sont-ils recevables ?


2. Quelle est la règle violée ? Donnez son contenu.
3. Qualifiez la situation juridique.
La règle que vous devez rechercher se trouve dans le Code du travail que vous aurez en accès
libre sur le site Légifrance.

Cas pratique 3 :
Durant sa pause, Ella croise son petit ami, Brad, dans les bras de sa pire ennemie, Constance.
Ella, très jalouse, pousse violemment sa camarade dans les escaliers. La pauvre Constance a le
bras fracturé, une entorse à la cheville droite et son ordinateur est cassé.

1. Quelle est la nature du/des préjudice(s) subi(s) ?


2. Ella est-elle responsable de ce préjudice ?
3. Quelle est la règle violée ? Donnez son contenu.
4. Comment se réglera la situation ?

La règle que vous devez rechercher se trouve dans le Code civil que vous aurez en accès libre
sur le site Légifrance.
Document 1 : « Les caractères distinctifs de la règle de droit »
Ph. Malinvaud Introduction à l’étude du droit, Litec 2011
Le caractère obligatoire est le propre de toute règle. On le retrouve tout naturellement dans la
règle de droit. Ce caractère apparaît d’évidence lorsque la règle interdit tel comportement, par
exemple lorsqu’elle interdit de causer un dommage à autrui. C’est une interdiction que la loi
fait aux citoyens. Il est tout aussi évident lorsque la règle prescrit certains comportements, par
exemple lorsqu’elle oblige les employeurs à faire certaines déclarations et à verser certaines
cotisations à la Sécurité sociale ou autres organismes sociaux ou fiscaux. (…)
La règle de droit est une disposition absolument impersonnelle qui a vocation à s’appliquer à
un nombre indéterminé de personnes se trouvant dans telle situation déterminée. En définitive,
elle vise non pas tant les personnes en elles-mêmes que les situations juridiques dans lesquelles
elles se trouvent (…)

Document 2 : Discours préliminaire sur le projet de code civil de Jean-Etienne-Marie


Portalis, in Recueil complet des travaux préparatoires du Code civil, Fenet, Tome 1er, extraits.
Les lois ne sont pas de purs actes de puissance ; ce sont des actes de sagesse, de justice
et de raison. Le législateur exerce moins une autorité qu’un sacerdoce. Il ne doit point perdre
de vue que les lois sont faites pour les hommes, et non les hommes pour les lois ; qu’elles
doivent être adaptées au caractère, aux habitudes, à la situation du peuple pour lequel elles sont
faites : qu’il faut être sobre de nouveautés en matière de législation, parce que s’il est possible,
dans une institution nouvelle, de calculer les avantages que la théorie nous offre, il ne l’est pas
de connaître tous les inconvénients que la pratique seule peut découvrir ; qu’il faut laisser le
bien, si on est en doute du mieux ; qu’en corrigeant un abus, il faut encore voir les dangers de
la correction même ; qu’il serait absurde de se livrer à des idées absolues de perfection, dans
des choses qui ne sont susceptibles que d’une bonté relative ; qu’au lieu de changer les lois, il
est presque toujours plus utile de présenter aux citoyens de nouveaux motifs de les aimer ; que
l’histoire nous offre à peine la promulgation de deux ou trois bonnes lois dans l’espace de
plusieurs siècles ; qu’enfin, il n’appartient de proposer des changements qu’à ceux qui sont
assez heureusement nés pour pénétrer d’un coup de génie et par une sorte d’illumination
soudaine, toute la constitution d’un État.

A l’ouverture de nos conférences, nous avons été frappés de l’opinion, si généralement


répandue, que, dans la rédaction d’un code civil, quelques textes bien précis sur chaque matière
peuvent suffire, et que le grand art est de tout simplifier en prévoyant tout.
Tout simplifier est une opération sur laquelle on a besoin de s’entendre. Tout prévoir est un but
qu’il est impossible d’atteindre.
Il ne faut point de lois inutiles ; elles affaibliraient les lois nécessaires ; elles compromettraient
la certitude et la majesté de la législation. Mais un grand État comme la France, qui est à la fois
agricole et commerçant, qui renferme tant de professions différentes, et qui offre tant de genres
divers d’industrie, ne saurait comporter des lois aussi simples que celles d’une société pauvre
ou plus réduite.

Dans les états despotiques, où le prince est propriétaire de tout le territoire, où tout le commerce
se fait au nom du chef de l’État et à son profit, où les particuliers n’ont ni liberté, ni volonté, ni
propriété, il y a plus de juges et de bourreaux que de lois ; mais partout où les citoyens ont des
biens à conserver et à défendre, partout où ils ont des droits politiques et civils, partout où
l’honneur est compté pour quelque chose, il faut nécessairement un certain nombre de lois pour
faire face à tout. Les diverses espèces de biens, les divers genres d’industrie, les diverses
situations de la vie humaine, demandent des règles différentes. La sollicitude du législateur est
obligée de se proportionner à la multiplicité et à l’importance des objets sur lesquels il faut
statuer. De là. dans les codes des nations policées, cette prévoyance scrupuleuse qui multiplie
les cas particuliers, et semble faire un art de la raison même.
Nous n’avons donc pas cru devoir simplifier les lois au point de laisser les citoyens sans règnes
et sans garantie sur leurs plus grands intérêts.

Nous nous sommes également préservés de la dangereuse ambition de vouloir tout régler et
tout prévoir. Qui pourrait penser que ce sont ceux mêmes auxquels un code paraît toujours trop
volumineux, qui osent prescrire impérieusement au législateur la terrible tâche de ne rien
abandonner à la décision du juge ?

Quoi que l’on fasse, les lois positives ne sauraient jamais entièrement remplacer l’usage de la
raison naturelle dans les affaires de la vie. Les besoins de la société sont si variés, la
communication des hommes est si active, leurs intérêts sont si multipliés et leurs rapports si
étendus, qu’il est impossible au législateur de pourvoir à tout.
Dans les matières mêmes qui fixent particulièrement son attention, il est une foule de détails
qui lui échappent, ou qui sont trop contentieux et trop mobiles pour pouvoir devenir l’objet d’un
texte de loi.
D’ailleurs, comment enchaîner l’action du temps ? Comment s’opposer au cours des
événements ou à la pente insensible des mœurs ? Comment connaître et calculer d’avance ce
que l’expérience seule peut nous révéler ? La prévoyance peut-elle jamais s’étendre à des objets
que la pensée ne peut atteindre ?
Un code, quelque complet qu’il puisse paraître, n’est pas plutôt achevé, que mille questions
inattendues viennent s’offrir au magistrat. Car les lois, une fois rédigées, demeurent telles
quelles ont été écrites ; les hommes, au contraire, ne se reposent jamais ; ils agissent toujours ;
et ce mouvement, qui ne s’arrête pas, et dont les effets sont diversement modifiés par les
circonstances, produit à chaque instant quelque combinaison nouvelle, quelque nouveau fait,
quelque résultat nouveau.
Une foule de choses sont donc nécessairement abandonnées à l’empire de l’usage, à la
discussion des hommes instruits, à l’arbitrage des juges.

L’office de la loi est de fixer, par de grandes vues, les maximes générales du droit ; d’établir
des principes féconds en conséquences, et non de descendre dans le détail des questions qui
peuvent naître sur chaque matière.
C’est au magistrat et au jurisconsulte, pénétrés de l’esprit général des lois, à en
diriger l’application.
De là, chez toutes les nations policées, on voit toujours se former, à côté du sanctuaire des lois,
et sous la surveillance du législateur, un dépôt de maximes, de décisions et de doctrines qui
s’épure journellement par la pratique et par le choc des débats judiciaires, qui s’accroît sans
cesse de toutes les connaissances acquises, et qui a constamment été regardé comme le vrai
supplément de la législation.

….Pour combattre l’autorité que nous reconnaissons dans les juges, de statuer sur les choses
qui ne sont pas déterminées par les lois, on invoque le droit qu’a tout citoyen de n’être jugé que
d’après une loi antérieure et constante. Ce droit ne peut être méconnu. Mais, pour son
application, il faut distinguer les matières criminelles d’avec les matières civiles.
Les matières criminelles qui ne roulent que sur certaines actions, sont circonscrites : les
matières civiles ne le sont pas. Elles embrassent indéfiniment toutes les actions et tous les
intérêts compliqués et variables qui peuvent devenir un objet de litige entre des hommes vivant
en société. Conséquemment, les matières criminelles peuvent devenir l’objet d’une prévoyance
dont les matières civiles ne sont pas susceptibles.
En second lieu, dans les matières civiles, le débat existe toujours entre deux ou plusieurs
citoyens. Une question de propriété, ou toute autre question semblable ne peut rester indécise
entre eux. On est forcé de prononcer ; de quelque manière que ce soit, il faut terminer le litige.
Si les parties ne peuvent pas accorder elles-mêmes, que fait alors L’État ? Dans l’impossibilité
de leur donner des lois sur tous les objets, il leur offre, dans le magistrat public, un arbitre éclairé
et impartial dont la décision les empêche d’en venir aux mains, et leur est certainement plus
profitable qu’un litige prolongé, dont elles ne pourraient prévoir ni les suites ni le terme.
L’arbitre apparent de l’équité vaut encore mieux que le tumulte des passions.
Mais dans les matières criminelles, le débat est entre le citoyen et le public. La volonté du public
ne peut être représentée que par celle de la loi. Le citoyen dont les actions ne violent point la
loi, ne saurait donc être inquiété ni accusé au nom du public. Non seulement alors on n’est pas
forcé de juger, mais il n’y aurait pas même matière à jugement.
La loi qui sert de titre à l’accusation doit être antérieure à l’action pour laquelle on accuse. Le
législateur ne doit point frapper sans avertir : s’il en était autrement, la loi, contre son objet
essentiel, ne se proposerait donc pas de rendre les hommes meilleurs, mais seulement de les
rendre plus malheureux, ce qui serait contraire à l’essence même des choses.
Ainsi, en matière criminelle, où il n’y a qu’un texte formel et préexistant qui puisse fonder
l’action du juge, il faut des lois précises et point de jurisprudence.
Il en est autrement en matière civile : là, il faut une jurisprudence, parce qu’il est impossible de
régler tous les objets civils par des lois, et qu’il est nécessaire de terminer, entre particuliers,
des contestations qu’on ne pourrait laisser indécises, sans forcer chaque citoyen à devenir juge
dans sa propre cause, et sans oublier que la justice est la première dette de la souveraineté.

…Il y a une science pour les législateurs, comme il y en a une pour les magistrats; et l’une ne
ressemble pas à l’autre. La science du législateur consiste à trouver, dans chaque matière, les
principes les plus favorables au bien commun ; la science du magistrat est de mettre ces
principes en action, de les ramifier, de les étendre, par une application sage et raisonnée, aux
hypothèses privées ; d’étudier 1’esprit de la loi, quand la lettre tue, et de ne pas s’exposer à être
tour à tour esclave et rebelle, et à désobéir par esprit de servitude.

Il faut que le législateur veille sur la jurisprudence : il peut être éclairé par elle, et il peut, de
son côté, la corriger ; mais il faut qui il y en ait une. Dans cette immensité d’objets divers, qui
composent les matières civiles, et dont le jugement, dans le plus grand nombre de cas, est moins
l’application d’un texte précis, que la combinaison de plusieurs textes qui conduisent à la
décision bien plus qu’ils ne la renferment, on ne peut pas plus se passer de jurisprudence que
des lois. Or, c’est à la jurisprudence que nous abandonnons les cas rares et extraordinaires qui
ne sauraient entrer dans le plan d’une législation raisonnable, les détails trop variables et trop
contentieux qui ne doivent point occuper le législateur, et tous les objets que l’on s’efforcerait
inutilement de prévoir, ou qu’une prévoyance précipitée ne pourrait définir sans danger. C’est
à l’expérience à combler successivement les vides que nous laissons. Les codes de peuples se
font avec le temps ; mais, à proprement parler, on ne les fait pas.

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