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INSTITUT NATIONAL DES TECHNIQUES ÉCONOMIQUES ET COMPTABLES

En collaboration avec le Centre National d'Enseignement à Distance – Institut


de Lyon

COMPTABILITÉ
INTERNATIONALE

UE 715 S7151-F1/2

Ce fascicule comprend :
Les séries 01 et 02
Les devoirs 1 et 2 à envoyer à la correction

Généralités

Présentation et évaluation au bilan

Pascale DELVAILLE –
Christophe HOSSFELD – Louis KLEE
Jean-Claude LAVOYER – Anne LE MANH
Catherine MAILLET – Alain MIKOL

2009 – 2010
2 S7151-F1/2

L’ensemble des contenus (textes, images, données, dessins, graphiques, etc.) de


ce fascicule est la propriété exclusive de l’Intec-Cnam.
En vertu de l’art. L. 122-4 du Code de la propriété intellectuelle, la reproduction ou
représentation intégrale ou partielle de ces contenus, sans autorisation expresse
et préalable de l’Intec-Cnam, est illicite. Le Code de la propriété intellectuelle
n’autorise que « les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé
du copiste et non destinées à une utilisation collective » (art. L. 122-5).
S7151-F1/2 3

PRÉSENTATION DES UE DE SPÉCIALITÉ

L’Intec, Institut du Cnam et premier centre français de formation aux métiers de la comptabilité, du
contrôle, de l’audit, de la finance, et de l’expertise comptable, s’efforce depuis toujours de répondre à
tous les besoins de formation professionnelle économique, comptable et financière.
Nous proposons ainsi des enseignements dans des domaines importants, permettant à des comptables
de se spécialiser ou d’acquérir la maîtrise de techniques et d’outils nouveaux. Ces formations
s’adressent donc aux collaborateurs de cabinets, aux gestionnaires et aux comptables en entreprise
ayant besoin de perfectionner leurs compétences ou d’en acquérir de nouvelles. Elles peuvent :
– compléter utilement les préparations du DCG (ou du DGC de l’Intec) et du DSCG (ou DSGC de
l’Intec),
– entrer dans la préparation à la MSTCF dans le cadre de l’UE optionnelle,
– entrer dans la préparation au Master dans le cadre de l’UE optionnelle,
– ou encore permettre à des comptables de formation de se spécialiser sur un domaine ou d’acquérir
la maîtrise de techniques et d’outils nouveaux.
Pour chacune d’entre elles, un cours de haut niveau rédigé par des professionnels s’attache à
développer les aspects à la fois théoriques et pratiques des thèmes abordés. Ce cours abonde en
illustrations, cas pratiques et exercices autocorrigés, permettant à chacun de tester son niveau de
compréhension des pratiques exposées. Sa forme – un cours par correspondance accompagné de
devoirs pouvant être corrigés – permettra à chacun de se former à son rythme.
Ce cours à distance peut être – pour certaines formations – complété par des appuis oraux se déroulant
à Paris, en régions ou à l’étranger. Nous pouvons également organiser des sessions de formation sous
forme de séminaires, sous réserve d’un effectif suffisant. N’hésitez pas à nous contacter pour nous
faire connaître vos besoins en la matière.

MULTIPLES POSSIBILITÉS DE FINANCEMENT


Les formations peuvent être financées individuellement ou prises en charge par les employeurs
notamment dans le cadre de la formation continue.
Les organismes sociaux peuvent également financer tout ou partie des frais de scolarité pour les
personnes pouvant bénéficier d’un plan d’aide au retour à l’emploi, d’un contrat de qualification, d’un
congé individuel de formation, d’un contrat emploi-solidarité, etc.

OBJECTIFS GÉNÉRAUX DE LA FORMATION


En application du règlement (CE) n° 1606/2002 du Parlement européen et du Conseil de l’Union
européenne, en date du 19 juillet 2002, les comptes consolidés des sociétés cotées doivent être
préparés conformément aux normes comptables internationales (IFRS) de l’IASB. Ce passage aux
normes comptables internationales a concerné près de 7 000 sociétés cotées européennes.
Pour permettre aux experts-comptables, cadres comptables et financiers, consolideurs et contrôleurs de
gestion de s’adapter à ce passage aux normes comptables internationales, l’Intec, Institut du
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conservatoire national des arts et métiers, a décidé d’inclure dans ses formations un certificat de
spécialisation dans lequel est développé exclusivement l’enseignement de cette matière.
Pour être suivie avec profit, cette formation suppose que l’étudiant ait pu approfondir préalablement
les concepts et les techniques de niveau Master 1re année en comptabilité et gestion relevant
notamment de :
– la comptabilité financière approfondie,
– la comptabilité et le contrôle de gestion,
– l’analyse financière,
– les mathématiques financières.

L’étudiant doit avoir la capacité de se connecter sur les sites des sociétés cotées de l’Union
européenne, notamment, et d’y récupérer les informations financières correspondantes.
Cette formation s’adresse plus généralement à toute personne qui désire acquérir de solides
connaissances sur les principes et techniques de comptabilisation en normes IFRS (et, notamment, des
comptes consolidés des sociétés cotées).

PLAN GÉNÉRAL DU COURS


Série 01 : Généralités
Introduction : Enjeux de l’harmonisation comptable internationale
Partie 1 : Sources de la normalisation comptable
1. Organismes de normalisation comptable
2. Cadre conceptuel comptable

Partie 2 : États financiers


1. Éléments introductifs (IAS 1)
2. Conformité des états financiers aux IFRS
3. Bilan (ou état de la situation financière à la fin de la période) (IAS 1)
4. État du résultat global (IAS 1)
5. État des variations des capitaux propres (IAS 1)
6. Notes aux états financiers (IAS 1)
7. Méthodes comptables, changements d’estimations et erreurs (IAS 8)

Partie 3 : Tableau (ou état) des flux de trésorerie (IAS 7)


1. Éléments introductifs
2. Structure du tableau et définitions
3. Contenu et analyse des trois flux
4. Détermination des flux provenant des activités opérationnelles
5. Points particuliers

Série 02 : Présentation et évaluation au bilan


1. Actif non courant : corporel, incorporel et goodwill (IAS 16, IAS 38, IFRS 3)
2. Dépréciation de l’actif non courant (IAS 36)
3. Actif courant
4. Dettes et autres passifs non financiers (IAS 37, IAS 19, IFRIC 1, IFRIC 5)
5. Impôts différés (IAS 12)
6. Instruments financiers (IAS 32, IAS 39, IFRS 7)
S7151-F1/2 PRÉSENTATION DES UE DE SPÉCIALITÉ 5

Série 03 : Présentation et évaluation au compte de résultat


1. Produits ordinaires (IAS 18)
2. Contrats de location (IAS 17)
3. Contrats de construction (IAS 11)
4. Événements postérieurs à la clôture (IAS 10)
5. Résultat de base par action (IAS 33)

Série 04 : Compléments et approfondissements


Partie 1 : Compléments relatifs aux états financiers
1. Effets des variations des cours des devises (IAS 21)
2. Secteurs opérationnels (IFRS 8)
3. Information financière intermédiaire (IAS 34)
4. Information relative aux parties liées (IAS 24)
5. Résultat dilué par action (IAS 33)

Partie 2 : Compléments relatifs aux postes du bilan


1. Immeubles de placement (IAS 40)
2. Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités abandonnées (IFRS 5)
3. Subventions publiques et aide publique (IAS 20)
4. Paiement fondé sur des actions (IFRS 2)

Partie 3 : États financiers consolidés (IAS 27, IAS 28, IAS 31, IFRS 3)

Partie 4 : Autres approfondissements


1. Première application des IFRS (IFRS 1)
2. Projet d’IFRS pour les PME

Ce volume, dirigé par Louis KLEE rassemble les contributions de :


– Pascale DELVAILLE, professeur à l’ESCP-EAP et diplômée d’expertise comptable,
– Christopher HOSSFELD, professeur à l’ESCP-EAP,
– Anne LE MANH, professeur affilié à l’ESCP-EAP,
– Catherine MAILLET, professeur à l’ESCP-EAP et diplômée d’expertise comptable,
– Alain MIKOL, professeur à l’ESCP-EAP et diplômé d’expertise comptable,
– Jean-Claude LAVOYER, expert-comptable,
– Louis KLEE, maître de conférences au Cnam et diplômé d’expertise comptable.

Nous attirons votre attention sur le fait que le volume de travail nécessaire à la bonne compréhension
d’une série n’est pas le même pour chacune des séries. À titre indicatif, nous vous conseillons de
répartir votre charge de travail comme suit : série 01 : 15 % – série 02 : 40 % – série 03 : 15 % –
série 04 : 30 %.

Ce cours comprend : les séries 01 et 02.


6 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE
Réglementation européenne
Règlement de la Commission n° 1126/2008 du 3 novembre 2008 (JOUE 29/11/2008) : Version
consolidée des normes (IAS et IFRS) et interprétations (SIC et IFRIC) en vigueur dans l’Union
européenne (disponible en français)

Ouvrages en français
– BACHY B. et SION M., Analyse des comptes consolidés – Normes ISA/IFRS, Dunod, 264 pages,
2005.
– COLASSE B. (éd.), Encyclopédie de Comptabilité, Contrôle de gestion et Audit, Economica,
2e édition, Paris, 2009.
– ERNST & YOUNG, IFRS 2007, Les Pratiques comptables des grands groupes européens, CPC,
2007.
– HOSSFELD CH. (éd.), Information financière en IFRS, LITEC, Paris, 2007.
– IASB, Code IFRS : normes et interprétations, Textes consolidés à jour au 1er mai 2009, Collection
les Codes RF, Groupe Revue fiduciaire, 4e édition, Paris, 2009.
– MAILLET-BAUDRIER C. et LE MANH A., Les Normes comptables internationales,
éd. Foucher, 2007.
– OBERT R. et MAIRESSE M.P., Comptabilité et audit – DSCG 4, Dunod, 2008.
– PRICEWATERHOUSECOOPERS, Comptes consolidés + règles françaises : entreprises
industrielles et commerciales, éd. F. Lefebvre, 2007.
– PRICEWATERHOUSECOOPERS, Des règles françaises aux IFRS 2007 – Principales diver-
gences, éd. F. Lefebvre, 2007.
– RAFFOURNIER B., Les Normes comptables internationales, 3e édition, Economica, Paris, 2006
– WALTON P., La Comptabilité anglo-saxonne, Éd. La Découverte, 2001.

Dossiers et revues en français


– Option finance
– Revue fiduciaire comptable (mensuel)
– Revue française de comptabilité (mensuel)

Ouvrages en anglais
– ALEXANDER D. et ARCHER S. (2008), Miller IAS Guide 2004, Harcourt Brace.
– ALEXANDER D., BRITTON A., JORISSEN A. (2007), International Financial Reporting and
Analysis, Thomson Learning.
– CHOI F.D.S. et MEEK G.K. (2005), International Accounting, Pearson Prentice Hall.
– IASB (2003), International Financial Reporting Standards (IFRSs) 2003 – Abbreviated versions
of IAS 1 to IAS 41, IASCF.
– NOBES C. et PARKER R. (2008), Comparative International Accounting, Financial Times
Prentice Hall, Londres.
– STOLOWY H. et LEBAS M.J. (2006), Corporate Financial Accounting – a Global Perspective,
Thomson.

Sites Internet de référence


International Accounting Standards Board : www.iasb.org.uk
Commission européenne : ec.europa.eu/internal_market/accounting/ias_fr.htm
Autorité des marchés financiers : www.amf-france.org/
Conseil national de la comptabilité : www.minefi.gouv.fr/directions_services/CNCompta/
CNCC/OEC : www.focusifrs.com
S7151-F1/2 PRÉSENTATION DES UE DE SPÉCIALITÉ 7

Par ailleurs, des ressources pédagogiques complémentaires sont disponibles sur le site de l’Intec
(http://www.intec.cnam.fr) dans la rubrique « Ressources pédagogiques » de l’UE « Normes
comptables internationales ».
Ce document de cours a été établi sur la base des textes des normes comptables internationales
consolidées et à jour au 1er mai 2009 applicables dans l’Union européenne, avec mentions de normes
ou projets de normes ultérieures.
Il est également tenu compte de IFRS 3 version janvier 2008 et IAS 27 amendée janvier 2008, rendues
applicables dans l’Union européenne respectivement par les règlements n° 495/2009 et n° 494/2009
du 3 juin 2009 (JOUE n° L 149 du 12/06/2009).
Il ne traite pas des normes suivantes :
IAS 26 : Comptabilité et rapports financiers des régimes de retraite
IAS 29 : Information financière dans les économies hyperinflationnistes
IAS 41 : Agriculture
IFRS 4 : Contrats d’assurances
IFRS 6 : Prospection et évaluation des ressources minières
ni des interprétations SIC nos 7, 10, 13, 15, 21, 25, 27, 29 et 31 et IFRIC nos 2, 6, 7, 8, 9, 11, 14, 16 et
17.
8 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2
S7151-F1/2 9

SÉRIE 01

PLAN DE LA SÉRIE

GÉNÉRALITÉS.....................................................................................................................................................11

INTRODUCTION ............................................................................................................................ 11

COMPTABILITÉ INTERNATIONALE : DE L’HARMONISATION À LA


NORMALISATION ...................................................................................................... 11
1. DES RÉFÉRENTIELS ET DES PRATIQUES COMPTABLES DIVERSIFIÉS ET
CONTINGENTS ..................................................................................................... 11
1.1 La diversité des référentiels et des pratiques comptables ............................................. 11
1.2 Les facteurs de contingence............................................................................................ 13
2. LA « NÉCESSAIRE » RÉDUCTION DE LA DIVERSITÉ COMPTABLE :
ADOPTION DU MODÈLE COMPTABLE DOMINANT OU
HARMONISATION ET NORMALISATION INTERNATIONALES ? ........... 14
2.1 Les causes de la réduction de la diversité comptable.................................................... 14
2.2 La recherche d’une comptabilité internationale ............................................................ 14
2.3 Les directives comptables et la voie européenne de l’harmonisation comptable
internationale...................................................................................................... 15
2.4 De l’IASC à l’IASB : de l’harmonisation comptable internationale à la
normalisation ...................................................................................................... 16

PARTIE 1 : COMPTABILITÉ INTERNATIONALE : LA QUESTION DES


SOURCES ...................................................................................................................... 20
SECTION 1. ORGANISATION DE LA RÉGULATION COMPTABLE ................................. 20
1.1 Systèmes de régulation comptable et normalisateurs comptables................................ 20
1.2 Régulation comptable dans l’Union européenne et rôle de l’IASB ............................. 23
1.3 IASB : un modèle de normalisateur comptable ?.......................................................... 28
SECTION 2. CADRE COMPTABLE CONCEPTUEL ............................................................... 32
2.1 Notion de cadre conceptuel : du FASB à l’IASB.......................................................... 32
2.2 Fonctions, rôles et limites du cadre conceptuel comptable .......................................... 37
2.3 Convergence des référentiels US-GAAP et IFRS et résultats attendus de la
normalisation comptable internationale ........................................................... 41

PARTIE 2 : ÉTATS FINANCIERS............................................................................................. 45


SECTION 1. ÉLÉMENTS INTRODUCTIFS (IAS 1) ................................................................. 45
1.1 Objectif et champ d’application de la norme................................................................. 45
1.2 Définitions........................................................................................................................ 46
1.3 Objet et composition des états financiers....................................................................... 46
1.4 Fréquence de l’information financière ........................................................................... 47
SECTION 2. CONFORMITÉ DES ÉTATS FINANCIERS AUX IFRS .................................... 47
2.1 Image fidèle ..................................................................................................................... 48
2.2 Respect de toutes les normes .......................................................................................... 48
2.3 Hypothèses de base et caractéristiques qualitatives ...................................................... 49
2.4 Identification des états financiers ................................................................................... 49
10 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

SECTION 3. BILAN OU ÉTAT DE LA SITUATION FINANCIÈRE ...................................... 49


3.1 Structure du bilan ............................................................................................................ 49
3.2 Actifs et passifs courants ................................................................................................ 50
3.3 Postes à présenter au minimum au bilan ........................................................................ 51
3.4 Informations à présenter soit au bilan, soit dans les notes............................................ 51
SECTION 4. ÉTAT DU RÉSULTAT GLOBAL.......................................................................... 53
4.1 Structure de l’état du résultat global .............................................................................. 53
4.2 Postes à présenter au minimum dans l’état du résultat global ...................................... 54
4.3 Informations à présenter soit dans l’état du résultat global, soit dans les notes .......... 55
SECTION 5. ÉTAT DES VARIATIONS DES CAPITAUX PROPRES.................................... 56
5.1 Évolution de l’état des variations des capitaux propres................................................ 56
5.2 Structure de l’état des variations des capitaux propres ................................................. 57
5.3 Applications ..................................................................................................................... 60
SECTION 6. NOTES AUX ÉTATS FINANCIERS..................................................................... 66
6.1 Objectif des notes aux états financiers ........................................................................... 66
6.2 Structure des notes aux états financiers ......................................................................... 66
6.3 Principales catégories d’informations ............................................................................ 67
SECTION 7. MÉTHODES COMPTABLES, CHANGEMENTS D’ESTIMATIONS ET
ERREURS (IAS 8) .................................................................................................. 68
7.1 Méthodes comptables...................................................................................................... 68
7.2 Estimations....................................................................................................................... 69
7.3 Erreurs 69
7.4 Traitement comptable des changements de méthodes comptables, des
changements d’estimations et des corrections d’erreurs ................................. 70

PARTIE 3 : TABLEAU (OU ÉTAT) DES FLUX DE TRÉSORERIE DE LA


PÉRIODE (IAS 7).......................................................................................................... 76
SECTION 1. ÉLÉMENTS INTRODUCTIFS ............................................................................... 76
1.1 Objectif de la norme........................................................................................................ 76
1.2 Obligation d’établir le tableau des flux de trésorerie .................................................... 76
1.3 Avantages du tableau des flux de trésorerie .................................................................. 76
SECTION 2. STRUCTURE DU TABLEAU ET DÉFINITIONS ............................................... 77
2.1 Structure du tableau des flux de trésorerie..................................................................... 77
2.2 Définitions........................................................................................................................ 77
SECTION 3. CONTENU ET ANALYSE DES TROIS FLUX ................................................... 78
3.1 Flux provenant des activités opérationnelles................................................................. 78
3.2 Flux provenant des activités d’investissement .............................................................. 78
3.3 Flux provenant des activités de financement................................................................. 79
SECTION 4. ÉLÉMENTS DE MÉTHODOLOGIE ..................................................................... 80
4.1 Détermination des flux provenant des activités opérationnelles .................................. 80
4.2 Effet des variations de change ........................................................................................ 83
4.3 Intérêts et dividendes....................................................................................................... 83
4.4 Impôt sur le résultat......................................................................................................... 84

DEVOIR 1 À ENVOYER À LA CORRECTION................................................................................................85


S7151-F1/2 SÉRIE 01 11

GÉNÉRALITÉS

INTRODUCTION
COMPTABILITÉ INTERNATIONALE : DE L’HARMONISATION
À LA NORMALISATION
La comptabilité internationale est née d’un double constat :
– le constat d’une diversité de référentiels et de pratiques comptables ;
– le constat de la nécessité d’une réduction de cette diversité.
La connaissance, plus ou moins précise, de la réalité diversifiée de la comptabilité n’est sans doute pas
récente. Mais est certainement plus récent le souci d’analyser cette réalité, d’en comprendre les causes,
et surtout d’agir pour faire disparaître les distorsions, voire l’ambition d’en unifier le « corpus ».
Certes le travail d’approfondissement des concepts, d’adaptation correcte de l’information financière à
la réalité changeante de la vie des entreprises a toujours existé. Mais ce qui est nouveau, c’est l’angle
d’attaque, à savoir l’approche internationale : c’est-à-dire l’élargissement, au-delà des seuls espaces
nationaux, des perspectives à la fois de l’analyse et de l’action en matière de référentiels et de
pratiques comptables. À cet égard, le début des années 1970 marque sans doute une étape décisive
dans la naissance de ce qui n’a pas été appelé tout de suite : « la comptabilité internationale »,
construite de façon quasi exclusive à partir des « normes comptables internationales » (International
Accounting Standards, IAS), devenues les « normes internationales d’information financière »
(International Financial Reporting Standards, IFRS).
Cette introduction donnera quelques pistes sur l’analyse de la diversité des référentiels et des pratiques
comptables et de la nécessité de leur uniformisation.
Dans la première partie de la série 01, ce cours examinera la question des sources de la comptabilité
internationale, avant de développer, dans les autres parties de la série 01, la présentation des états
financiers et, dans les séries 02 et 03, les principales thématiques abordées par la comptabilité
internationale au titre de la présentation et de l’évaluation des postes du bilan et du compte de résultat.
La série 04 présentera certains compléments et approfondissements.

1. DES RÉFÉRENTIELS ET DES PRATIQUES COMPTABLES DIVERSIFIÉS ET


CONTINGENTS

Les différences entre les référentiels et les pratiques comptables peuvent être analysées à partir de
plusieurs critères. Nombreuses sont les explications de ces différences.

1.1 La diversité des référentiels et des pratiques comptables


Plusieurs auteurs ont tenté de synthétiser les différences entre les systèmes comptables nationaux en
proposant une classification. La plus célèbre est celle de Nobes (1983)1.
Certaines classifications se fondent sur la prise en compte de sphères d’influence : britannique,
américaine (États-Unis), euro-continentale ; cette dernière faisant éventuellement l’objet d’une

1 Voir Raffournier B., « Comptabilité internationale », in Colasse B. (éd.), Encyclopédie de comptabilité, contrôle de gestion et audit,
2e édition, Economica, Paris, 2009.
12 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

distinction entre la zone d’influence française et la zone d’influence allemande. D’autres encore ont pu
mettre en évidence une sphère d’influence « communiste » spécifique.
D’autres classifications se sont appuyées sur l’analyse de la régulation de l’information comptable
dont les modèles types seraient : le marché, l’État et la communauté financière.
Dans le modèle du marché, chaque entreprise choisit ses propres normes influencées principalement
par les pressions du marché financier et chaque entreprise donne la seule information dont la demande
est exprimée par le marché. Ce modèle fonctionne dans les économies sans régulation. Dans le modèle
de l’État, un organisme fixe les pratiques qui doivent être suivies et vérifie l’application stricte et sans
réserve de principes définis par l’État. Enfin, dans le modèle de la communauté financière, les normes
émergent de l’action solidaire de la communauté financière.
À ces trois situations extrêmes, certains auteurs ont opposé la présentation d’une graduation
progressive entre le libéralisme et le légalisme qui distingue l’« associationnisme » et le
« coopérationisme »1.
Dans l’« associationnisme », la régulation est réalisée par des organisations formées pour représenter
et défendre les intérêts de leurs membres. Les membres sont des bénévoles qui agissent sans mandat.
Dans le « coopérationisme », l’État reconnaît ces regroupements d’intérêts particuliers et les incorpore
dans une régulation centralisée et hiérarchisée. La différence entre ces deux situations réside dans la
nature des dispositions élaborées : elles sont privées dans le premier cas et publiques, c’est-à-dire sous
le contrôle de l’État, dans le deuxième cas.
Selon la proposition de Nobes (1983), les systèmes comptables concrets pourraient être classés selon
une hiérarchie de critères en plusieurs niveaux.
Au premier niveau, il serait possible d’opposer la classe micro-économique et la classe macro-
économique :
– la classe micro-économique regrouperait des systèmes comptables dont l’optique serait centrée sur
les besoins de l’entreprise et qui seraient fondés en particulier sur le jugement de l’entrepreneur ;
– la classe macro-économique comprendrait les systèmes comptables organisés en fonction du rôle
de l’État dans l’économie et de ses besoins d’information sur les entreprises, notamment pour des
raisons fiscales.
Au deuxième niveau, Nobes distingue des sous-classes.
L’approche micro-économique des systèmes comptables reposerait, selon les cas, sur :
– une théorie économique de l’entreprise : cette théorie serait centrée sur l’analyse de la valeur de
l’entreprise à partir de recherches sur le concept de capital, sur le maintien du capital (capital
nominal, financier, physique) ; le système comptable des Pays-Bas serait, à son origine,
représentatif de cette optique ;
– une approche pragmatique de l’activité des entreprises ; cette approche appartiendrait au monde
anglo-saxon mais correspondrait à deux familles distinctes :
W une première famille suivrait l’exemple britannique où les professionnels comptables se sont
vus reconnaître longtemps un rôle prééminent voire l’exclusivité dans l’élaboration des normes
comptables, à savoir le Royaume-Uni, l’Irlande mais aussi, avec des nuances nationales,
l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud ;
W une deuxième famille serait sous influence américaine, à savoir les États-Unis, le Canada et
aussi le Mexique, les Philippines, le Japon ; les règles américaines auraient été élaborées par les
professionnels comptables, mais leur pouvoir aurait été tempéré ou limité par l’organisme de
contrôle des marchés de capitaux.

1 D’après Puxty et al. (1987), p. 283, cité par Nobes C. et Parker R., Comparative International Accounting, seventh edition, Pearson
Education, Londres, 2002.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 13

L’approche macro-économique comprendrait des systèmes comptables correspondant à deux


conceptions différentes du rôle de l’État :
– une première conception donnerait à l’État un rôle fondamental dans l’orientation de l’activité
économique ; les objectifs de sa politique économique viseraient non seulement les aspects
conjoncturels mais aussi l’organisation de l’économie nationale ; l’exemple en serait la Suède, telle
qu’elle a pu fonctionner dans les années 1960 ;
– une autre conception, connue sous l’appellation de « comptabilité continentale », regrouperait les
systèmes comptables dont l’origine historique serait liée à la volonté de l’État de définir le cadre de
l’activité économique, sans intervention (majeure) sur son orientation ; mais ce cadre de l’activité
économique serait défini par le moyen :
W du droit commercial, du droit des sociétés, à l’exemple de l’Allemagne et du Japon, ou
W du droit fiscal, à l’exemple de la France, de la Belgique et de l’Espagne.
D’après son auteur, cette analyse correspondrait à la situation qui pouvait exister en 1980, soit avant
les évolutions marquantes réalisées notamment dans le cadre européen.

1.2 Les facteurs de contingence


Si les conditions juridiques, économiques et politiques expliquent les différences des systèmes
comptables nationaux, ceux-ci sont également le reflet de facteurs culturels.
Ainsi le contexte juridique droit coutumier vs droit écrit influence non seulement le mode
d’élaboration du texte de référence, mais aussi son esprit : principes généraux vs règles détaillées et
son mode d’application et d’interprétation : du particulier au général vs du général au particulier. On y
trouve l’opposition entre les pays anglo-saxons et ceux d’Europe continentale.
Le mode de financement des entreprises joue également. Le rôle des marchés financiers dans le
financement de l’entreprise, à l’instar du financement du capitalisme anglo-saxon, conduit à
privilégier l’information à destination des investisseurs, apporteurs de capitaux propres. Un
financement appuyé sur le secteur bancaire, à l’exemple, jusqu’à une période récente, de l’Allemagne,
conduit à assurer la protection des créanciers au travers du principe de prudence.
Des investisseurs à long terme et à court terme n’ont pas une même appréciation du facteur temps : les
premiers sont attachés à l’évolution à long terme de la valeur de l’entreprise, alors que les seconds
sont intéressés par le résultat réalisé et les dividendes versés.
Dans les pays où la fiscalité s’appuie sur (est connectée avec) la comptabilité, l’établissement des
comptes sociaux sera soumis au régime de déductibilité fiscale des charges.
La constatation de l’existence de sphères d’influence révèle le poids des influences politiques.
Il ne faudrait cependant pas négliger le rôle des facteurs culturels, telles les quatre dimensions qui,
selon Hofstede (19801) définissent toute culture, à savoir : l’individualisme opposé au collectivisme, la
distance au pouvoir (faible ou importante), l’aversion (forte ou faible) à l’incertitude et la masculinité
opposée à la féminité.
Les facteurs explicatifs ainsi mis en évidence ne sont pas sans incidence sur l’évaluation de la
situation, de la performance et du résultat des entreprises. Ils font également apparaître que la
comptabilité n’est pas seulement une technique mais est aussi le fruit d’une « construction sociale »,
dont elle véhicule sans doute à la fois les limites et les valeurs.

1 Voir Raffournier B., « Comptabilité internationale », in Colasse B. (éd.), Encyclopédie de comptabilité, contrôle de gestion et audit, op. cit.
14 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

2. LA « NÉCESSAIRE » RÉDUCTION DE LA DIVERSITÉ COMPTABLE : ADOPTION


DU MODÈLE COMPTABLE DOMINANT OU HARMONISATION ET
NORMALISATION INTERNATIONALES ?

Des changements institutionnels et économiques majeurs de l’environnement des entreprises et la


transformation du champ de leurs activités ont favorisé plusieurs tentatives de réduction de la diversité
comptable et la recherche d’une comptabilité internationale.

2.1 Les causes de la réduction de la diversité comptable


La réduction de la diversité des systèmes s’est progressivement imposée sous l’effet
d’évolutions « longues » mais aussi d’événements particuliers.
La construction d’un espace économique le plus large et indifférencié possible a été considérée
comme un facteur décisif de croissance de l’économie mondiale. Cette construction, engagée sous
l’action de l’OMC (Organisation mondiale du commerce ; anciennement GATT), a eu pour effet la
mondialisation de l’économie, l’élargissement du champ d’action des entreprises et l’accroissement de
leurs besoins de financement au fur et à mesure de la réalisation de la croissance économique et du
progrès technique.
La formation progressive de la Communauté économique européenne, transformée en Union
européenne, a favorisé la création d’une zone économique de plus en plus intégrée. Cet espace
économique plus limité a été créé avec le même objectif de croissance économique, parfois en
résilience sinon toujours en consonance avec les objectifs de l’OMC : création d’un tarif extérieur
commun, développement des échanges intracommunautaires, etc.
Dans la mesure où le marché américain des capitaux avait une position dominante, les entreprises
multinationales non américaines ont été conduites à faire appel à ce marché. Les entreprises
européennes, telle Daimler-Benz, se sont ainsi tournées vers le marché des capitaux américain à partir
des années 1990.
Pour s’y faire coter, elles ont dû établir un jeu supplémentaire d’états financiers conformes aux normes
américaines ou, à tout le moins, un état de passage avec le résultat et les capitaux propres conformes
aux normes américaines. Cet exercice, déjà coûteux en soi, a révélé en outre des différences qui
pouvaient être très significatives entre les montants conformes aux règles du pays d’origine des
entreprises et les montants conformes aux normes comptables américaines.
Les normes américaines, applicables sur le marché des capitaux de référence, étant la référence
comptable, les autres normes, dont celles des pays de l’Union européenne, apparaissaient en
conséquence de qualité inférieure.
Plus récemment, la création d’une monnaie européenne commune a rendu insupportables les
divergences existant dans les règles comptables des États membres de l’Union européenne, et ce
malgré l’adoption des directives comptables européennes (4e directive sur les comptes annuels et
7e directive sur les comptes consolidés). L’Union européenne s’est alors trouvée dans la nécessité de
définir une nouvelle stratégie au regard de l’harmonisation comptable internationale.

2.2 La recherche d’une comptabilité internationale


S’il y a comptabilité internationale dès qu’il y a un corps de dispositions comptables dont le champ
d’application géographique dépasse l’espace national, alors la comptabilité américaine peut être
considérée comme une comptabilité internationale.
Avant même d’être appliqués par les sociétés étrangères désirant se faire coter sur le marché des
capitaux américains, les US-GAAP (US Generally Accepted Accounting Principles : principes
comptables généralement admis aux États-Unis) ont été utilisés pour comptabiliser les opérations dans
les cas d’absence de disposition comptable nationale correspondante.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 15

D’ailleurs et pour contourner une référence explicite et directe aux US-GAAP, la loi française1, dans
une disposition d’application temporaire, les avait qualifiés de « règles internationalement
reconnues ».
Cependant les US-GAAP s’inscrivent dans un système national de régulation comptable et ont
vocation, à cet égard, à répondre d’abord aux contraintes et aux objectifs nationaux propres des États-
Unis. En outre, leur élaboration échappe à toute influence externe.
L’expérience interétatique européenne d’harmonisation comptable et l’action de la profession dans le
cadre de l’IASC (International Accounting Standards Committee : comité international des normes
comptables)2 représentent deux autres tentatives pour développer une comptabilité « internationale ».
Toutes les deux ont eu comme objectif d’élaborer, selon un processus collectif, des dispositions
comptables dont le champ d’application débordait un espace national donné.
Cependant elles se différencient notamment par :
– la méthode : harmonisation interétatique, concertation interprofessionnelle ;
– la nature des textes élaborés :
W directives européennes : obligatoires mais après transposition dans la législation par chaque État
membre,
W normes IAS : obligatoires à l’égard des seuls membres de l’IASC ;
– le contenu des textes :
W directives européennes : elles définissent des objectifs et abordent toutes les thématiques
comptables mais, lors de leur intégration dans la législation de chaque État membre, celui-ci
définit les moyens pour atteindre les objectifs,
W normes IAS : approche par thème ;
– la langue :
W directives européennes : dans la langue nationale de chaque État membre,
W normes IASC : langue anglaise ;
– le champ visé : respectivement vocation européenne, vocation internationale.

2.3 Les directives comptables et la voie européenne de l’harmonisation comptable


internationale
Les directives comptables européennes ont été élaborées selon un processus de concertation inter-
étatique complexe qui a abouti à des textes sur les comptes individuels (4e directive : juillet 1978) et
sur les comptes consolidés (7e directive : juin 1983) des sociétés de capitaux (et assimilées).
Ce sont des textes complets. Notamment la 4e directive porte sur :
– les règles d’établissement des comptes annuels : image fidèle, composition (bilan, compte de
résultat et annexe),
– les règles de présentation, avec une modularité selon la taille,
– les règles d’évaluation,
– les règles d’établissement du rapport de gestion,
– les règles de publication.

1 La loi française du 6 avril 1998 portant réforme de la normalisation comptable a disposé à l’article L. 357-8-1 de la loi sur les sociétés
commerciales que les sociétés dont les titres étaient admis sur un marché réglementé d’instruments financiers pouvaient utiliser, jusqu’au
31 décembre 2002 et en l’absence d’un corps de règles internationales adoptées dans les conditions fixées au premier alinéa, des règles
internationalement reconnues adoptées dans les mêmes conditions.
2 Voir cours ci-dessous.
16 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Mais la rigidité et la lourdeur du processus d’élaboration des directives comptables ont été suivies
d’une grande souplesse dans la mise en œuvre :
– des options ont été intégrées dans chacune des directives,
– chaque texte nécessite d’être traduit dans les langues officielles de l’Union européenne,
– chaque État membre doit les transposer dans sa législation nationale pour leur donner un caractère
obligatoire et il définit les moyens qui, selon lui, permettent d’atteindre les objectifs fixés.
Ainsi l’Italie, qui appartient pourtant au « club » des États membres fondateurs de l’Union
européenne, a-t-elle transposé les deux textes seulement en 1991.
Le mélange, d’une part, de rigidité et de lourdeur du processus d’élaboration et d’adoption des
directives et, d’autre part, de souplesse incontrôlée dans leur mise en œuvre révèle les limites du
processus.
Les directives ont représenté la voie de la coordination des dispositions nationales. Dès 1995 se pose
la question d’une autre stratégie pour l’harmonisation comptable en Europe.
Tous les objectifs des directives comptables n’ont pas été atteints. La comparabilité et l’équivalence
des informations publiées dans les comptes annuels ont été trop souvent sacrifiées au profit du
maintien des traditions nationales. La diversité des options n’a pas été réduite, ni les interprétations
nationales coordonnées. Aucune délégation des États membres n’a été dans la capacité ou la volonté
d’aborder des thèmes nouveaux de haute technicité. Aucune révision ou mise à jour d’ensemble n’est
intervenue, en raison de la lourdeur de toute transposition parlementaire1.
C’est pourquoi, en choisissant la voie de l’application au sein de l’Union européenne des normes
comptables internationales, l’Union européenne a fait le constat de l’échec, ou tout au moins des
limites, de la voie européenne dans l’élaboration des règles comptables et celui de la réussite de
l’action développée par l’IASC devenue depuis 2001 l’IASB.
Cette nouvelle stratégie prévoit toutefois un processus d’agrément des normes comptables
internationales pour les intégrer dans le droit communautaire applicable.

2.4 De l’IASC à l’IASB : de l’harmonisation comptable internationale


à la normalisation
À son origine, en 1973, l’IASC est une association privée, créée à la suite d’un accord entre les
organisations professionnelles comptables de neuf pays : Allemagne, Australie, Canada, États-Unis,
France, Japon, Mexique, Pays-Bas, Royaume-Uni et Irlande. Ce cercle s’est élargi et, en 1983, toutes
les organisations comptables professionnelles membres de la Fédération internationale des comptables
(International Federation of Accountants : IFAC) devenaient membres de l’IASC.
Le fonctionnement de l’IASC était assuré par un bureau composé de 16 membres élus et bénévoles.
Son financement était assuré par les membres de l’IASC, à savoir les organisations professionnelles
comptables, par l’IFAC, par d’autres organisations représentées au sein de son conseil, par des
institutions financières, de grandes entreprises et de grands cabinets comptables.

En 2001, l’IASC, organisme unique, s’est transformé en une fondation dénommée IASCF
(Foundation), structurée selon le modèle de l’organisme américain de normalisation.
Cette réforme a visé à professionnaliser le fonctionnement de l’organisation et à la rendre
indépendante, notamment des organisations professionnelles comptables. Depuis, cette structure a subi
de nouvelles évolutions 2.

1 Avant celles qui ont été rendues nécessaires (en 2001 et 2003) pour l’application des normes comptables internationales.
2 IASC Foundation, Constitution, approuvée par les trustees le 1er février 2009.
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a. La structure de l’IASCF
La fondation comprend cinq composantes :
– l’assemblée des administrateurs de la fondation (les trustees),
– le conseil de surveillance de l’IASCF : Monitoring Board (créé début 2009),
– le conseil international de normalisation comptable : International Accounting Standards Board
(IASB),
– le comité permanent d’interprétation : International Financial Reporting Interpretations Committee
(IFRIC),
– le conseil consultatif de normalisation : Standards Advisory Council (SAC).

Les trustees

Ils comprennent 22 membres qui sont choisis de manière à refléter un équilibre entre les différentes
régions du monde, à savoir 6 en provenance de l’Asie/Océanie, 6 en provenance de l’Europe, 6 en
provenance de l’Amérique du Nord et 4 de manière à réaliser un équilibre régional. Au 31 décembre
2008, leur nombre était réduit à 19 : 5 en provenance de l’Europe (au lieu de 6), 4 de l’Amérique du
Nord (au lieu de 6), 1 de l’Afrique, 1 de l’Amérique du Sud, 4 de l’Asie/Océanie et 4 des autres
régions.
Ils sont désignés pour un mandat de trois ans, renouvelable une fois. Le remplacement se fait par
cooptation après consultation des organisations nationales et internationales d’auditeurs, de
préparateurs, d’utilisateurs, d’universitaires et du conseil de surveillance.
Leurs missions consistent principalement à :
– pourvoir au financement de l’IASB et voter son budget,
– désigner les membres de l’IASB, de l’IFRIC et du SAC,
– définir l’agenda de l’IASB et évaluer son action.

Le conseil de surveillance (Monitoring Board)

Il a pour mission d’établir un lien entre les trustees et les autorités publiques.
Il a la responsabilité de :
– participer au processus de désignation des trustees et approuver leur désignation,
– superviser et donner son avis aux trustees,
– participer aux réunions des trustees.
Il comprend :
– un membre représentant de la Commission européenne,
– le président du comité des marchés émergents de l’IOSCO (International Organisation of
Securities Commissions : Organisation internationale des commissions de valeurs mobilières –
OICV),
– le président du comité technique de l’IOSCO,
– un représentant de l’Agence japonaise des services financiers,
– le président de la SEC (Securities and Exchange Commission), la commission américaine de
contrôle des Bourses,
– et en tant qu’observateur le président du comité de Bâle de supervision bancaire.

L’IASB

Il a l’entière responsabilité de l’élaboration, de l’adoption et de la publication des normes comptables.


Depuis 2001, l’appellation des normes est : norme internationale d’information financière
(International Financial Reporting Standard : IFRS) ; elle remplace celle de norme comptable
internationale (International Accounting Standard : IAS) au fur et à mesure de la révision des IAS.
18 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Il comprend quatorze membres : douze à plein temps et deux à temps partiel (élargi à seize membres,
dont trois à temps partiel, à compter de juillet 2012), désignés pour un mandat de cinq ans,
renouvelable une fois.
Ses membres sont choisis par les trustees de telle sorte que le Board « regroupe des personnes
représentant la meilleure combinaison possible de compétences techniques et d’expériences des
affaires internationales et de la situation des marchés », tout en respectant les critères d’origine
géographique et un équilibre approprié des expériences professionnelles (auditeurs, préparateurs,
utilisateurs, universitaires).
Parmi les membres à plein temps, les trustees désignent le président de l’IASB, qui est en même temps
directeur exécutif de l’IASCFondation et le vice-président de l’IASB.
La préparation d’une norme comporte six étapes : inscription à l’agenda de l’IASB, définition d’un
calendrier pour le projet, préparation et publication d’un document de travail, préparation d’un exposé-
sondages, préparation et publication de la norme, procédures engagées après l’adoption d’une norme.
La publication d’un exposé-sondages (exposure-draft) ou d’une norme doit être approuvée par neuf
membres de l’IASB s’ils sont moins de seize, et par dix membres s’ils sont au nombre de seize.
Les autres décisions, y compris la publication d’un document de travail, sont acquises à la majorité
simple des membres présents à une réunion qui regroupe au moins 60 % des membres de l’IASB, en
personne ou par téléphone.

L’IFRIC

Ce comité est composé de 12 membres nommés par les trustees.


Un représentant de la Commission européenne et un représentant de l’IOSCO participent aux débats
en qualité d’observateur.
Les débats de l’IFRIC sont dirigés par le membre de l’IASB désigné à cet effet par les trustees, ou par
le directeur des services techniques, mais le président ne prend pas part aux votes.
La préparation d’une interprétation suit un due process avec une large consultation internationale.
Après la décision de l’IFRIC d’inscrire les questions posées sur son agenda, les services techniques de
l’IASB établissent un résumé des questions, à l’aide éventuellement des organismes nationaux de
normalisation comptable ou d’interprétation.
Un consensus sur un projet d’interprétation est acquis s’il ne réunit pas plus de quatre voix contre. Il
est alors soumis à consultation publique, à moins que cinq membres ou plus de l’IASB s’y opposent.
Les commentaires recueillis sont analysés pour finaliser l’interprétation. Un projet ou une
interprétation est adopté(e) par l’IFRIC s’il (ou elle) ne réunit pas plus de quatre voix contre. Le
projet ou l’interprétation est alors présenté(e) à l’IASB, qui, après approbation par au moins neuf de
ses membres, le ou la publie.

Le SAC

Ce conseil d’une trentaine de membres, désignés par les trustees, constitue un forum pour les
personnes ou les organisations concernées par l’information financière et son harmonisation
internationale.
Il apporte son aide à l’IASB pour fixer son agenda et définir ses priorités, lui donne son avis sur les
projets de normes.
Il est consulté préalablement par l’IASB sur ses projets majeurs et par les trustees sur les propositions
de modification des statuts.
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b. Les objectifs et le financement de l’IASB


Inscrit dans la préface des normes et dans sa dernière rédaction, l’objectif de l’IASB est de :
« (a) développer, dans l’intérêt public, un ensemble unique de normes comptables de haute
qualité, compréhensibles et d’application générale requérant une information de haute
qualité, transparente et comparable dans les états financiers et les autres informations
financières pour permettre aux participants aux différents marchés de capitaux dans le
monde et aux autres utilisateurs de ces informations de prendre des décisions
économiques ;
(b) promouvoir l’utilisation et l’application rigoureuse de ces normes, et
(c) prendre en compte, en complet accord avec les objectifs (a) et (b) et de façon
appropriée, les besoins particuliers des entités petites et moyennes et des économies
émergentes, et
(d) apporter à la convergence entre les normes comptables nationales et les IFRS des
solutions de haute qualité ».

Le financement de l’IASB est assuré principalement par des contributions, qui proviennent en forte
part des firmes internationales d’audit et des entreprises. En 2008, classés par ordre décroissant de
l’origine géographique des donateurs, à l’exclusion des firmes d’audit, les cinq plus importants pays
donateurs ont été : 1. les États-Unis, 2. le Japon, 3. l’Allemagne, 4. le Royaume-Uni, 5. l’Italie.
L’IASB a également des ressources propres tirées notamment de ses publications.

c. Le développement des normes et la stratégie de l’IASB1


Le développement des normes s’inscrit dans trois périodes.
De sa création en 1973 à 1990, l’IASC a publié des normes surtout importantes par les pratiques
qu’elles écartaient 2. Mais elles comportaient suffisamment d’options pour ne pas poser de problèmes
d’application. L’IASC apparaissait ainsi comme un organisme privé dépourvu de pouvoir de
coercition mais travaillant, dans un esprit de coordination professionnelle, à l’harmonisation
comptable internationale.
Ce processus, nécessairement lent et peu visible compte tenu du nombre des options et d’une approche
thématique, risquait de mettre en cause à terme l’existence de l’organisation.
Aussi à la fin de cette période, un souci de comparabilité et de cohérence conduit à réduire le nombre
des options et à rédiger un cadre conceptuel destiné à fixer les bases théoriques de l’élaboration des
normes. Ces nouvelles orientations ont permis à l’IASC d’élaborer, entre 1990 et 2000, un ensemble
complet et cohérent de normes, dont certaines sur des thèmes novateurs (Instruments financiers) et
avec de nouveaux concepts (juste valeur).
Cet effort s’est inscrit en 1995 dans un accord passé avec l’IOSCO en vue d’obtenir la reconnaissance,
par les membres de cette organisation, du référentiel IAS pour les cotations transfrontalières. La
Commission européenne, qui dispose d’un poste d’observateur à l’IASC, soutient également cet effort
en raison des difficultés qu’elle rencontre à moderniser les directives comptables.
Dans ces conditions, l’action de l’IASC répond à une volonté d’harmonisation comptable
internationale qui se combine de plus en plus avec un rôle de normalisation comptable internationale.
Ce rôle lui est reconnu d’abord par l’IOSCO en 2000 puis par l’Union européenne. Cette dernière
décide par un règlement n° 1606/2002 du 19 juillet 2002 de rendre obligatoire l’utilisation des normes

1Voir Colasse B., « Harmonisation comptable internationale », in Colasse B. (éd.), Encyclopédie de Comptabilité, Contrôle de gestion et
Audit, 2e édition, Economica, Paris, 2009.
2 Gélard G., « De l’IASC à l’IASB : un témoignage sur l’évolution structurelle de la normalisation comptable internationale », Revue
française de comptabilité, n° 380, septembre 2005.
20 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

internationales pour l’établissement des comptes consolidés des sociétés européennes qui font appel
public à l’épargne. Leur application est également possible, sur option de chaque État membre, aux
comptes consolidés des sociétés européennes qui ne font pas appel public à l’épargne et aux comptes
individuels.
La suppression en novembre 2007 par la SEC de l’obligation de présenter une réconciliation avec les
US GAAP pour les émetteurs privés étrangers aux États-Unis qui établissent des états financiers
conformes au référentiel IFRS a ouvert la voie à une reconnaissance mondiale de l’IASB comme
normalisateur comptable international. La SEC devrait prendre en 2011 une décision sur une
application obligatoire des IFRS par les émetteurs américains à partir de 2014 mais de manière
échelonnée.
L’appui de la SEC renforce le rôle de l’IASB face aux éventuelles réticences européennes. Mais la
crise financière (été 2008) a obligé l’IASCF à accepter la création du conseil de surveillance
(Monitoring Board) qui devrait intervenir en amont sur le fonctionnement de l’IASCF et de l’IASB.

PARTIE 1 : COMPTABILITÉ INTERNATIONALE : LA QUESTION DES SOURCES


S’intéresser aux sources de la comptabilité internationale, c’est s’interroger sur l’organisation de la
régulation comptable et sur la place et le rôle de l’acteur principal que constitue l’organisme de
normalisation mais aussi sur les bases de son travail et les principes qui en définissent les orientations.

SECTION 1. ORGANISATION DE LA RÉGULATION COMPTABLE

Il est possible de s’interroger sur le mode de régulation comptable qui conduit ou devrait conduire
l’harmonisation et la normalisation comptable internationale.
Résumé

La régulation comptable présente une grande variété de modes opératoires. Ceux-ci dépendent
notamment de la nature des acteurs (État, profession comptable, organisme « indépendant »
comprenant des experts représentant ou non les différentes parties prenantes intéressées par
l’information comptable et financière) qui interviennent dans les différentes étapes du processus. La
construction des normes est particulièrement éclairée par les choix institutionnels qui déterminent la
nature de l’organisme chargé de leur élaboration et l’articulation de l’étape de normalisation
proprement dite avec celle de leur validation à l’égard des tiers.
L’IASB n’est pas devenu le modèle du normalisateur comptable, bien qu’il s’impose de plus en plus,
grâce notamment à la nouvelle stratégie comptable de l’Union européenne et aux efforts de
convergence entre les IFRS et les US-GAAP, comme l’acteur dominant de la normalisation
comptable internationale.

1.1 Systèmes de régulation comptable et normalisateurs comptables


La notion de système de régulation comptable, plus large et plus neutre que celles de réglementation
ou de normalisation, permet en outre de resituer la place et la fonction de l’organisme chargé de la
normalisation comptable.
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a. Régulation, réglementation et normalisation comptables et modes de régulation comptables


À cet égard, il sera proposé de distinguer d’une part la notion de régulation comptable des notions de
réglementation ou de normalisation comptables et d’autre part les modes de régulation possibles des
fonctions attachées à la régulation comptable elle-même, quel que soit le mode de régulation
comptable

Q La différenciation des termes

P Régulation ou normalisation
Le terme de réglementation suggère une nécessaire intervention de l’État (Colasse, 2001)1. L’État pose
la règle par excellence, à savoir la règle juridique, à laquelle sont associées à la fois et naturellement
autorité et contrainte.
Le terme de régulation ne préjuge pas de l’existence ou de la nature du mode d’intervention de l’État
et laisse concevoir qu’il puisse y avoir plusieurs modes de régulation.

P Régulation et normalisation
En comptabilité, l’expression de normalisation au sens strict peut se comprendre comme le processus
d’élaboration des dispositions standard, des références qui sont considérées comme les meilleures et
ont alors vocation à acquérir le statut de dispositions « ordonnatrices ».
Mais le processus d’élaboration ou de conception du standard, c’est-à-dire la normalisation, n’est pas
garant par lui-même du « sort » qui sera donné au standard défini.
Aussi peut-on considérer que la notion de normalisation comptable est trop étroite et ne rend pas
compte du processus qui va de la conception du standard jusqu’à l’application obligatoire et contrôlée
du standard.
On peut désigner par régulation comptable l’ensemble de ce processus. Cette analyse suggère alors
que la régulation comptable comporte plusieurs étapes ou fonctions.
La confrontation de la notion de régulation comptable avec celles de réglementation et de
normalisation comptable fait apparaître tout ensemble qu’il peut y avoir plusieurs modes de régulation
comptable et que celle-ci peut être analysée comme un processus constitué de plusieurs étapes ou
fonctions.

Q Diversité des systèmes de régulation comptable


B. Colasse (2001) illustre la diversité des systèmes de régulation comptables en proposant de
distinguer trois modes « purs » de régulation comptable selon que l’État ou la profession comptable ou
l’ensemble des acteurs intéressés par l’information comptable et financière y joue le rôle central.

P La régulation comptable par l’État


Dans cette situation, l’État, constitué de l’exécutif et du législatif, a le monopole de la régulation
comptable.
L’État est considéré comme représentant l’intérêt général. Il est dans la position de définir le standard
le meilleur au regard du critère de l’intérêt général et de lui donner force juridique.
Comme il dispose du pouvoir de contrainte, il est aussi en mesure de veiller au respect des dispositions
qu’il a prises.

P La régulation comptable par la profession


Ce mode de régulation est fondé sur l’expertise, c’est-à-dire la compétence de spécialistes qui
détiennent la capacité technique de définir la meilleure règle dans leur domaine.

1Colasse B., « Où il est encore question d’un cadre conceptuel français, inutile hier, improbable demain », Revue française de comptabilité,
n° 332, avril 2001.
22 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Il leur est reconnu alors le pouvoir d’émettre cette règle. Ils veillent à son application par les fonctions
qu’ils remplissent auprès des entreprises : conseil des préparateurs des états financiers, contrôle des
états financiers.
Dans cette hypothèse, c’est par sa qualité « intrinsèque », c’est-à-dire par la nature, l’importance et la
qualité des justificatifs qui l’accompagnent, que le standard, élaboré par les professionnels comptables,
va s’imposer aux autres acteurs de la communauté financière. La qualité du standard est la base de sa
légitimité, de sa reconnaissance, de son acceptation.
Au Royaume-Uni, la reconnaissance des normes était facilitée par l’organisation de la profession
comptable qui regroupe à la fois les comptables qui exercent en profession libérale et ceux qui
travaillent dans les services comptables des entreprises.

P La régulation comptable par un organisme « indépendant »


Dans ce mode, la régulation est confiée à un organisme dans lequel sont censés être représentés les
intérêts des différents acteurs concernés par l’information comptable et financière.
Outre la profession comptable, cet organisme comprend les préparateurs, les utilisateurs, les
enseignants en comptabilité…
Les systèmes concrets de régulation comptable ne correspondront pas à une modalité « pure » mais
procèdent plutôt d’une combinaison de ces types de régulation (Colasse, 2001).
Le processus de régulation comptable peut s’appuyer sur des acteurs de natures différentes mais
suppose que soient assurées plusieurs fonctions qu’il est nécessaire de différencier.

Q Fonctions à assurer par le processus de régulation comptable


Entre le moment où se pose une problématique nouvelle, qui justifie une nouvelle norme et celui où
l’application de cette norme est contrôlée, plusieurs étapes ou fonctions ont été assurées.
On peut, notamment, distinguer les étapes ou fonctions suivantes :

P La fonction de conception des textes ou standards, appelée normalisation


La mise en évidence d’une nouvelle problématique entraîne un processus d’élaboration d’un nouveau
texte sous forme de norme ou de réglementation. Cette élaboration peut suivre des processus divers
qui dépendent de la méthodologie mise en œuvre par l’acteur chargé de l’élaboration. Ce processus
peut être plus ou moins formalisé, défini au cas par cas selon l’objet, avec des phases internes d’études
et de recherche ou de négociations et des phases externes de consultation. Il peut y avoir aussi des
phases d’expérimentation, ou des études de terrain qui vont correspondre à des enquêtes qualitatives
voire à des mises en œuvre expérimentales.
Le processus d’élaboration sera le fruit du travail de professionnels, d’experts, d’un consensus obtenu
entre parties différentes mais intéressées, ou d’une décision politique.
Cette phase aboutit à l’adoption d’un texte, qui répond au problème posé et comporte une ou des
solutions adaptées ou acceptables. L’adoption du texte marque, du point de vue de la normalisation, la
fin de l’étape de son élaboration.

P La fonction de reconnaissance du texte en tant que disposition obligatoire


Lorsque le texte porteur de la solution au problème posé est élaboré, il convient, d’une manière ou
d’une autre, de le rendre obligatoire. C’est-à-dire de faire en sorte qu’il soit appliqué par les uns et
opposable aux autres. Il lui est alors reconnu autorité ou force juridique.
La reconnaissance de l’autorité d’un texte peut être réalisée de diverses façons. Elle peut dépendre de
la qualité de l’émetteur : qualité technique reconnue ou nature juridique de l’émetteur. Dans ce dernier
cas, la nature juridique de l’émetteur détermine la nature juridique du texte et donc la nature et
l’étendue de l’obligation qui y est attachée.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 23

Mais l’émetteur qui donne sa valeur obligatoire au texte peut être différent de celui qui a élaboré et
adopté le texte en question. Dans cette situation, la validation, c’est-à-dire la procédure, à l’issue de
laquelle l’émetteur donne ou reconnaît un caractère obligatoire au texte transmis par l’organisme qui
l’a élaboré, peut être plus ou moins complexe. En effet, elle peut résulter d’un simple contrôle de
forme du texte ou d’un examen de sa conformité à des critères techniques de cohérence interne ou
externe, voire à des critères politiques.
Enfin, la validation peut fonctionner selon la règle du tout ou rien, ou selon la méthode du filtre. Elle
peut aller, éventuellement, jusqu’à réécrire une partie du texte. À ce moment, elle absorbe
partiellement la fonction d’élaboration de la norme.

P La fonction de sanction
Quelle que soit l’origine du caractère obligatoire d’un texte, si sa non-application n’est pas
sanctionnée, la reconnaissance de son caractère obligatoire est vaine.
La sanction intervient à l’issue d’un contrôle de l’application du texte obligatoire et résulte d’une
appréciation, plus ou moins contradictoire et motivée, de la nature et de l’importance de ou des
situations d’inapplication ou de mauvaise application.
Les contrôles, l’appréciation des cas de non-application de la règle et le prononcé de la sanction
peuvent être organisés selon des modalités très variables et dans des contextes et avec des acteurs très
différents.
Lorsque la régulation est assurée par l’État, il exerce lui-même toutes ces fonctions. Dans les autres
modes de régulation, l’État se décharge de (ou n’assume pas) la fonction de conception du standard.
Comme, en théorie, l’État a le monopole de la force publique, c’est en général par délégation de sa
part que seront assumées les fonctions de reconnaissance de l’opposabilité aux tiers et de contrainte.
Cette délégation peut être explicite ou implicite et automatique, ou ancienne en ce qui concerne la
fonction de reconnaissance de l’opposabilité aux tiers. Cette délégation sera, en général, explicite en
ce qui concerne la fonction de contrainte.
On peut repérer des modes très divers d’organisation du système de régulation selon les modalités de
mise en œuvre à la fois des différentes fonctions à assurer et de leur articulation ou combinaison.
On proposera de définir un système de régulation comptable comme un processus constitué de
plusieurs étapes ou fonctions qui consistent, successivement, à concevoir des normes comptables pour
l’établissement de l’information financière et à les valider en sorte que leur application soit opposable
aux tiers et leur inapplication sanctionnée. Chacune de ces fonctions peut être remplie selon des
modalités techniques, juridiques et institutionnelles variables.

1.2 Régulation comptable dans l’Union européenne et rôle de l’IASB1


Le règlement du Parlement européen et du Conseil n° 1606/2002, qui entérine l’application des
normes comptables internationales au sein de l’Union européenne, renouvelle le processus européen
de régulation comptable dans sa forme et dans ses méthodes.

a. Nécessité d’un « jeu unique de normes comptables » et règlement européen


L’objectif de l’intégration économique et financière nécessite d’aller au-delà d’une simple
coordination ou équivalence des dispositions comptables des États membres. Il exige un « jeu unique
de normes comptables » et impose que ces normes soient admises sur le plan international et soient
capables de concurrencer les normes appliquées dans les bourses étrangères. Compte tenu également

1 Chambost I. et Klee L., « La régulation comptable européenne : de l’articulation de l’expertise et du politique », Communication au
30e congrès de l’Association francophone de comptabilité sur « Dimension européenne dans le domaine de la comptabilité, du contrôle et de
l’audit », Strasbourg, mai 2009.
24 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

des impératifs de délai, il convient d’utiliser un « outil » législatif qui assure une adoption rapide et
générale des IAS/IFRS au sein de l’Union européenne et leur application obligatoire aux comptes
consolidés de toutes les sociétés cotées.
En conséquence, l’outil de la directive n’est plus adéquat et l’utilisation du règlement s’impose, c’est-
à-dire la voie de l’acte supranational, à la fois comme acte à caractère législatif : règlement du
Parlement et du Conseil, et comme mesure exécutoire : règlement de la Commission.

b. Procédure d’agrément pour intégrer les IFRS dans le droit communautaire


Cette nouvelle situation met en présence un dispositif juridique communautaire « lourd » et une norme
technique « forte » élaborée à l’extérieur de ce dispositif. Le règlement 1606/2002 a organisé
l’insertion des normes comptables internationales dans la réglementation européenne par le moyen
d’un mécanisme d’agrément à l’issue duquel la Commission décide de l’applicabilité des normes
comptables internationales et prend les mesures exécutoires utiles.
Le processus d’agrément organisé fait intervenir une série d’acteurs : l’IASC/IASB, acteur extérieur à
la scène mais à l’origine des normes, la Commission, organe institutionnel de l’Union européenne
responsable de la décision sur l’applicabilité des normes IAS/IFRS, et, entre ces deux acteurs, quatre
autres acteurs, à savoir d’un côté : le Parlement européen, branche de l’autorité législative avec le
Conseil, et de l’autre côté trois comités :
– l’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group) : « groupe consultatif pour
l’information financière en Europe », créé en 2001,
– le SARG (Standard Advice Review Group) : « comité d’examen des avis sur les normes
comptables », apparu en 2006 et qui a pour mission de valider les travaux de l’EFRAG, et
– l’ARC (Accounting Regulatory Committee) : « comité de réglementation comptable », créé en
2002.
Ces trois comités construisent, avec la Commission et le Parlement européen, le processus d’agrément
des normes comptables IAS/IFRS.
L’EFRAG est un organisme privé qui, dans son comité technique, regroupe des représentants des
professionnels comptables, des utilisateurs, des préparateurs, des régulateurs nationaux.
Le SARG est un organisme public placé aux côtés de la Commission et composé de sept membres,
nommés par la Commission sur des critères de compétence et d’indépendance.
L’ARC, instauré par la Commission, se compose de représentants des différents États membres. C’est
une instance politique.
Pour développer une participation proactive plus efficace à l’élaboration des IFRS, l’EFRAG et les
normalisateurs nationaux européens ont constitué un pool de ressources et de recherche, sous la
dénomination « Proactive Accounting Activities in Europe » (PAAinE). Un comité de coordination a
été formé, composé des présidents des normalisateurs comptables allemand, britannique, français,
hollandais, polonais, espagnol, suédois sous la direction de l’EFRAG.
Ce comité a déjà engagé des travaux sur le cadre conceptuel (dirigés par la France), la distinction entre
capitaux propres et dettes (dirigés par l’Allemagne), la comptabilisation des pensions (dirigés par le
Royaume-Uni), l’information sur la performance (dirigés par l’Espagne et l’EFRAG), la
comptabilisation des produits (dirigés par l’Allemagne avec le soutien de l’EFRAG), les
regroupements d’entreprises sous contrôle commun (dirigés par l’Italie avec le soutien de l’EFRAG).
Il intervient également dans les études d’impact réalisées préalablement à l’agrément des normes (par
exemple IFRS 3 révisée, IAS 27 amendée) ou des interprétations (IFRIC 15 et 16).
Le PAAinE a en outre mission de coordonner les travaux à l’égard des projets de l’IASB et du FASB.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 25

c. Justifications juridique, technique et politique du mécanisme de l’agrément


Le mécanisme d’agrément des normes est le lieu de l’articulation entre la légitimité technique des
IFRS qui leur est conférée par l’IASB et la légitimité politique qui leur est reconnue au sein du droit
communautaire1.
Il est justifié au plan juridique pour protéger les fondements juridiques du droit communautaire qui
semblent interdire une application directe des normes IFRS. Il permet en particulier de vérifier que
l’application des normes ou interprétations fournit « une image fidèle et honnête de la situation
financière et des résultats » au sens des directives comptables (considérant 9 du règlement 1606/2002).
Les directives comptables ont d’ailleurs été préalablement modifiées pour :
– autoriser l’évaluation de certains actifs et passifs financiers à leur juste valeur et permettre ainsi la
comptabilisation et la mesure des instruments financiers2, et
– élargir leurs options 3 afin, notamment, d’assouplir les règles de présentation du compte de résultat
et du bilan en fonction de l’évolution des IFRS.
Une autre disposition du règlement, qui demande de vérifier le respect de « l’intérêt public européen »,
est plus politique bien qu’elle fasse un renvoi technique « aux critères fondamentaux quant à la qualité
de l’information requise » d’« états financiers utiles aux utilisateurs ». Le caractère très général de ces
dispositions en fait des arguments de « dernier ressort ».
Le mécanisme d’agrément a des modalités relativement floues : il n’est pas précisé si l’agrément
procédera par « tout ou rien » ou par filtrage des seules dispositions des normes considérées comme
incompatibles avec les directives européennes. Cette dernière option sera par exemple utilisée lors de
l’adoption fortement discutée de la norme sur la comptabilisation et l’évaluation des instruments
financiers (IAS 39).
Dans la mesure où la procédure d’agrément doit être mise en jeu pour toute nouvelle norme ou
modification de norme, l’IASB est averti qu’il ne dispose pas d’un « chèque en blanc » et les États
membres sont informés dès le départ que le référentiel comptable évoluera.

d. Procédure d’agrément et pouvoirs de la Commission européenne


Saisie d’une nouvelle norme, la Commission européenne se prononce sur son applicabilité après avoir
mis en œuvre la procédure d’agrément, qui doit donner un avis de conformité.
À cet effet, la norme est transmise tout d’abord à l’EFRAG chargé de donner un avis technique.
Depuis 2006, cet avis est transmis au SARG qui doit en examiner le caractère équilibré et objectif.
L’avis de l’EFRAG, accompagné de celui du SARG, est transmis pour approbation à l’ARC, qui
intervient en sa qualité de « comité de réglementation comptable avec contrôle ».
Dans le cas d’un avis favorable de l’ARC, corroboré par la Commission, cette dernière le transmet au
Parlement et au Conseil des ministres. En l’absence de désaccord manifesté par ces deux instances, la
norme peut être agréée par la Commission par un règlement. En cas de désaccord, la Commission
procède à une nouvelle revue.
En cas de désaccord de l’ARC, l’avis est envoyé au Conseil qui, en cas d’approbation, le transmet au
Parlement, ou, en cas de désaccord, le renvoie à la Commission.
Après examen par le Parlement, s’il donne un avis favorable, le Commission peut agréer le texte.
Sinon, la Commission procède à une nouvelle revue.

1 Chambost I. et Klee L., « La régulation comptable européenne : de l’articulation de l’expertise et du politique », Communication au
30e congrès de l’Association francophone de comptabilité sur « Dimension européenne dans le domaine de la comptabilité, du contrôle et de
l’audit », Strasbourg, mai 2009.
2 Directive 2001/65/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 septembre 2001 (JOCE du 27 octobre 2001).
3 Directive 2003/51/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2003 (JOUE du 17 juillet 2003).
26 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

On peut signaler trois achoppements :


– un avis défavorable de l’ARC qui a conduit à adopter IAS 39 en écartant les dispositions
controversées,
– un avis défavorable rendu par l’EFRAG sur l’interprétation IFRIC 3 « Droits d’émission de gaz à
effets de serre », qui a entraîné le retrait précipité de cette interprétation par l’IASB,
– une demande par le Parlement de compléments d’informations sur IFRS 8 « Secteurs
opérationnels » ; dans un deuxième temps, le Parlement, bien que réticent, a donné un avis
favorable, mais à titre temporaire, sur cette norme.
Cette organisation de la régulation européenne distingue clairement la fonction de conception,
d’élaboration des normes qui est confiée à l’IASB et la fonction de validation de la norme, qui est
réalisée par la mise en œuvre du mécanisme complexe et hiérarchisé de l’agrément. Ce mécanisme
joue par « oui ou non ». Le « oui » peut être partiel (IAS 39) ou temporaire (IFRS 8) (?) et le « non »
total (IFRIC 3).
Ce modèle de régulation a été critiqué car il traduirait en fait un renoncement des instances
« politiques » au bénéfice d’une légitimité « technique » qui correspondrait à la représentation
organisée des intérêts d’une seule catégorie de parties prenantes. Les réseaux qui lient les membres
des différents comités (EFRAG, SARG et IASB), en favorisant la formation de consensus de fait,
nuiraient à l’organisation de débats sur les véritables enjeux.
Les normes IAS/IFRS sont publiées (et traduites dans chacune des langues nationales reconnues dans
l’UE : en anglais, allemand, français…) au Journal officiel de l’Union européenne au fur et à mesure
de leur agrément par la Commission européenne.

Situation des normes IFRS et des interprétations IFRIC à l’égard de l’agrément de l’Union européenne
au 29 juillet 2009 (EFRAG)
Norme Titre Publication au JOUE de
/interprétation l’agrément des révisions
ou modifications récentes
IAS 1 Présentation des états financiers 18/12/2008 et 22/01/2009
IAS 2 Stocks
IAS 7 Tableaux des flux de trésorerie
IAS 8 Méthodes comptables, changements d’estimations comptables et
erreurs
IAS 10 Événements postérieurs à la date de clôture
IAS 11 Contrats de construction
IAS 12 Impôts sur le résultat
IAS 16 Immobilisations corporelles
IAS 17 Contrats de location
IAS 18 Produits des activités ordinaires
IAS 19 Avantages du personnel
IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et informations à
fournir sur l’aide publique
IAS 21 Effets des variations des cours des monnaies étrangères
IAS 23 Coût d’emprunt 17/12/2008
IAS 24 Information relative aux parties liées
IAS 26 Comptabilité et rapports financiers des régimes de retraite
IAS 27 États financiers consolidés et individuels 24/01/2009 et 12/06/2009
IAS 28 Participations dans des entreprises associées
IAS 29 Information financière dans les économies hyperinflationnistes
IAS 31 Participations dans des coentreprises
IAS 32 Instruments financiers : présentation 22/01/2009
IAS 33 Résultat par action
IAS 34 Information financière intermédiaire
IAS 36 Dépréciation d’actifs
S7151-F1/2 SÉRIE 01 27

IAS 37 Provisions, passifs éventuels, actifs éventuels


IAS 38 Immobilisations incorporelles
IAS 39 Instruments financiers : comptabilisation et évaluation 16/10/2008
IAS 40 Immeubles de placement
IAS 41 Agriculture
IFRS 1 Première application des IFRS 24/01/2009
IFRS 2 Paiement fondé sur des actions 17/12/2008
IFRS 3 Regroupements d’entreprises 12/06/2009
IFRS 4 Contrats d’assurance
IFRS 5 Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités
abandonnées
IFRS 6 Prospection et évaluation de ressources minérales
IFRS 7 Instruments financiers : informations à fournir 16/10/2008
IFRS 8 Secteurs opérationnels 22/10/2007
Améliorations Concernant : IAS 1, 8, 10, 16, 19, 20, 23, 27, 28, 29, 31, 34, 36, 24/01/2009
des IFRS 38, 39, 40 et 41 et IFRS 5
SIC 7 Introduction de l’euro
SIC 10 Aide publique – Absence de relation spécifique avec des activités
opérationnelles
SIC 12 Consolidation - Entités ad hoc
SIC 13 Entités contrôlées conjointement – Apports non monétaires des
coentrepreneurs
SIC 15 Avantages dans les contrats de location simple
SIC 21 Impôts sur le résultat – Recouvrement des actifs non
amortissables réévalués
SIC 25 Impôts sur le résultat – Changements de statut fiscal d’une
entreprise ou de ses actionnaires
SIC 27 Évaluation de la substance des transactions prenant la forme
juridique d’un contrat de location
SIC 29 Accords de concessions de services : informations à fournir
SIC 31 Produits des activités ordinaires – Opérations de troc impliquant
des services de publicité
SIC 32 Immobilisations incorporelles – Coûts liés aux sites Web
IFRIC 1 Variations des passifs existants relatifs au démantèlement, à la
remise en état et similaires
IFRIC 2 Parts sociales des entités coopératives et instruments similaires
IFRIC 4 Déterminer si un accord contient un contrat de location
IFRIC 5 Droits aux intérêts émanant de fonds de gestion dédiés au
démantèlement, à la remise en état et à la réhabilitation de
l’environnement
IFRIC 6 Passifs découlant de la participation à un marché spécifique –
Déchets d’équipements électriques et électroniques
IFRIC 7 Application de l’approche du retraitement dans le cadre d’IAS 29
IFRIC 8 Champ d’application d’IFRS 2 09/09/2006
IFRIC 9 Réexamen de dérivés incorporés 09/09/2006
IFRIC 10 Information financière intermédiaire et dépréciation 02/06/2007
IFRIC 11 IFRS 2 – Actions propres et transactions intragroupe 02/06/2007
IFRIC 12 Accords de concession de services 26/03/2009
IFRIC 13 Programmes de fidélisation de la clientèle 17/12/2008
IFRIC 14 IAS 19 – Le plafonnement de l’actif au titre des régimes à 17/12/2008
prestations définies, les exigences de financement minimal et leur
interaction
IFRIC 15 Accords pour la constructions de biens immobiliers 23/07/2009
IFRIC 16 Couvertures d’un investissement net d’une activité à l’étranger 05/06/2009
IFRIC 17 Distributions d’actifs non monétaires aux actionnaires En attente
IFRIC 18 Transferts d‘actifs des clients En attente
28 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

1.3 IASB : un modèle de normalisateur comptable ?


La construction institutionnelle de l’IASB s’est largement inspirée de celle du FASB (Financial
Accounting Standards Board), organisme américain de normalisation comptable. Elle a pu servir de
référence, sans toutefois s’imposer.

a. Cadre institutionnel du FASB


Créé en 1973, le FASB est un organisme indépendant, placé sous le contrôle de la Fondation pour la
comptabilité financière (Financial Accounting Foundation - FAF) et conseillé par le Conseil
consultatif pour les normes comptables financières (Financial Accounting Standards Advisory
Council- FASAC). En 1984 a été créé un comité d’urgence (Emerging Issues Task Force - EITF).

La FAF

La FAF chapeaute la normalisation comptable pour le secteur privé (de la compétence du FASB) ainsi
que, et selon une structure parallèle, pour le secteur public.
Elle comprend dix-huit administrateurs (trustees) nommés par huit organisations participantes
représentant la profession comptable, les entreprises, la communauté financière, le monde enseignant
et le gouvernement.
Antérieurement à la loi Sarbannes-Oxley (2002), ces organisations participaient à son financement.
Depuis cette loi, les ressources proviennent de taxes payées par les sociétés cotées.
Elle a pour mission de désigner les membres du FASB et du FASAC, d’exercer une supervision
générale sur le fonctionnement et la structure de ces organismes, sans intervenir dans la normalisation.
Elle en approuve les budgets.

Le FASAC

Il regroupe une vingtaine de personnes d’horizons différents et a pour mission de conseiller le FASB
sur ses priorités et son agenda.

Le FASB

Il a été créé en 1973 sur la base des recommandations du comité Wheat mis en place par l’Institut
professionnel comptable américain (American Institute of Certified Public Accountants - AICPA) en
1971 pour réfléchir à une réforme de la normalisation comptable. Il devient le normalisateur
comptable. À cet effet, il publie les textes qui constituent les US-GAAP (Generally Accepted
Accounting Principles), parmi lesquels :
– les SFAS (Statements of Financial Accounting Standards),
– les SFAC (Statements of Financial Accounting Concepts),
– et les Interpretations (commentaires ou extensions des SFAS).
Cette mission lui est confiée par délégation de la SEC (Securities Exchange Commission). En effet et
afin d’assurer le bon fonctionnement des marchés financiers américains, la SEC a, notamment, le
pouvoir légal de définir le contenu et la présentation des états financiers à appliquer par les sociétés
cotées. Mais à part les interprétations et préconisations incluses dans les « Staff Accounting Bulletins –
SAB », elle n’assure pas cette fonction.
Néanmoins la SEC surveille l’établissement des normes comptables par le FASB et surtout en vérifie
l’application par les sociétés cotées.
Le FASB comprend sept membres à plein temps avec un mandat de cinq ans, renouvelable une fois.
Ses membres ne sont pas nécessairement issus de la profession comptable mais doivent posséder une
expertise et une compétence suffisantes pour traiter des problèmes à résoudre. Ils doivent avoir rompu
tout lien (passé et futur) avec tout autre emploi.
L’élaboration des normes suit une procédure définie (due process).
S7151-F1/2 SÉRIE 01 29

L’EITF

Le comité d’urgence, indépendant du FASB, l’aide à identifier les nouveaux problèmes et à trouver
dans le cadre des textes existants des solutions aux problèmes d’application. Il comprend 13 membres
votants, originaires des grands cabinets d’audit, des autres cabinets et du monde des affaires.
Le directeur technique du FASB en est le président mais n’a pas le droit de vote. Le chef des affaires
comptables de la SEC et le président du comité comptable de l’AICPA participent aux réunions de
l’EITF en qualité d’observateurs.
Dès lors que 11 des 13 membres de l’EITF s’accordent sur une solution pratique, cette dernière
devient obligatoire pour les sociétés faisant appel public à l’épargne.
Le choix de cette structuration complexe permet de dissocier les fonctions administrative et financière
confiées à la FAF, les fonctions de représentation des différentes parties prenantes et d’orientation
stratégique assurées par le FASAC, du travail opérationnel réparti entre le FASB pour l’élaboration
des normes et l’EITF pour la résolution dans le court terme des problèmes d’application1.

b. Choix institutionnels de l’IASB


La réforme de 2001 a orienté la construction de l’organisme international de normalisation comptable
vers le modèle du FASB. Mais l’IASB reste un organisme privé.
En tant qu’organisme privé, l’IASB ne peut pas appuyer son autorité et donc l’autorité des textes qu’il
élabore sur un contexte institutionnel légal. Aussi sa stratégie a-t-elle suivi plusieurs axes :
– développer la professionnalisation de ses travaux pour en améliorer la qualité technique,
– faire reconnaître cette qualité dans le cadre de négociations avec des partenaires qui ouvrent
progressivement des « marchés » à l’application acceptée, voire obligatoire des normes.
À l’instar du FASB et pour « professionnaliser » la structure de l’IASB, le Board est composé d’un
nombre restreint de personnes, choisies pour leur expertise technique et qui y travaillent
principalement à plein temps.
En tant que structure opérationnelle, dont l’indépendance financière et technique est assurée par la
fondation IASCF, l’IASB a l’entière responsabilité des opérations de normalisation, à savoir tout
autant pour ce qui concerne les normes (au sens strict) que pour ce qui concerne les interprétations. Il a
autorité sur l’IFRIC dont il adopte et publie les textes.
Le travail du FASB et celui de l’IASB s’inscrivent dans des due process organisés de façon
comparable, qui participent à la recherche de la qualité des normes tout autant qu’à leur
reconnaissance.
En effet, l’IASB développe la concertation avec toutes les personnes, organismes, autres
normalisateurs comptables intéressés. En même temps et de ce même fait, il s’est posé
progressivement comme acteur reconnu et incontournable et comme arbitre.
Il neutralise ainsi les concurrents « nationaux » dans des propositions de coopérations nécessairement
déséquilibrées. La convergence des travaux de l’IASB avec le FASB n’est-elle pas en train de créer un
monopole dans la normalisation comptable ?
En s’appuyant sur les travaux d’autres organismes, il a aussi déporté sur ces organismes une partie des
coûts de recherche.
Contrairement au FASB, le financement de l’IASB, certes sous la responsabilité de l’IASCF, reste
assuré principalement par des contributions volontaires auxquelles les firmes d’audit ont une part
majeure (voir les états financiers publiés par l’IASCF). Ces contributions doivent faire face à un
accroissement significatif des charges.

1Chantiri-Chaudemanche R., « Organismes de normalisation comptable », in Colasse B. (éd.), Encyclopédie de Comptabilité, Contrôle de
gestion et Audit, 2e édition, Economica, Paris, 2009.
30 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

c. IASB : modèle du normalisateur comptable ?


Une comparaison du modèle institutionnel de l’IASB avec des normalisateurs nationaux permet d’en
resituer les caractéristiques. La comparaison ci-dessous avec les normalisateurs allemand, français et
britannique pourrait être étendue à d’autres normalisateurs nationaux (Pays-Bas, Australie, Chine, etc.)
et les caractéristiques identifiées ci-dessous pourraient être développées. Il serait en outre intéressant
de mettre en évidence les facteurs explicatifs des solutions nationales. Enfin une analyse comparée des
états financiers de chacun des organismes serait la bienvenue.

Comparaison des normalisateurs comptables d’Allemagne, de France et du Royaume-Uni

Pays Allemagne France Royaume-Uni


Support Deutsches Autorité des normes comptables Financial Reporting
logistique Rechnungslegungs Council (FRC)
Standards Committee
(DRSC)
Origine Création de l’association le Création par ordonnance 2009- Création du FRC en mars
17/03/1998 79 du 22/01/2009 par 1990 et création, en
Reconnaissance comme transformation du Conseil septembre 1990 en tant que
organisme privé de national de la comptabilité filiale, de l’ASB, qui
normalisation comptable succède à l’Accounting
par contrat du 03/09/1998 Standards Committee
avec le ministère fédéral (ASC), normalisateur
de la Justice comptable reconnu en tant
que tel par le Companies
Act (1985).
Site internet www.drsc.de www.cnc.minefi.gouv.fr www.frc.org.uk
Nature Association privée Établissement public autonome Société à responsabilité
juridique limitée (Company limited
by guarantee)
Financement Cotisations des membres, Ressources dépendant du Gouvernement, profession
dons et subventions dispositif prévu par l’État comptable, communauté
financière (sociétés cotées),
chacun pour un tiers
Organisme de Deutscher Collège, assisté de services Accounting Standards
normalisation Standardisierungsrat administratifs dans le cadre de Board, assisté de services
(DSR) l’ANC administratifs sous
l’autorité du FRC
Nombre de 9 16 11
membres
Membres à 2 1 (président) 2 (président et directeur
plein temps technique)
Désignation par Directoire du DRSC Le gouvernement (président) et Les trustees du FRC
le ministre chargé de l’économie
Qualités des Personnes physiques, avec Président, 3 hauts magistrats Professionnels comptables
membres une qualification de (Conseil d’État, Cour de ou financiers (associés des
comptable, conseiller Cassation, Cour des Comptes), sociétés d’audit, présidents
fiscal, avocat et 3 représentants de régulateurs ou directeurs comptables
d’enseignant en (AMF, Commission bancaire, ou financiers d’entreprises
comptabilité Autorité de contrôle des ou d’institutions
assurances et des mutuelles) financières)
8 personnes nommées en raison
de leur compétence économique
et comptable, un représentant
des organisations syndicales
représentatives des salariés
S7151-F1/2 SÉRIE 01 31

Champ de Convergence des règles Prescriptions comptables Normes de


compétences nationales avec les normes générales et sectorielles, avis sur comptabilisation et
internationales, toute disposition législative ou d’information financière ;
Normes pour les comptes réglementaire de nature guides d’application des
consolidés comptable normes ;
Coopération avec l’IASB Avis et prises de positions dans Coopération avec l’IASB,
et les autres normalisateurs le cadre de l’élaboration des les normalisateurs
Avis sur toute disposition IFRS nationaux et l’EFRAG
comptable nationale Coordination et synthèse des
Recueil des contributions travaux théoriques et
financières allemandes méthodologiques de nature
pour l’IASB comptable
Textes élaborés Norme (DRS) Deutsches Règlement Norme (FRS)
Rechnungslegungs
Standard
Validation Publication au Bulletin Publication au JO après Publication par l’ASB, en
officiel du ministère homologation par arrêté du vertu du Companies Act
fédéral de la justice : ministre chargé de l’économie, 1985 (section 256 (1) et
autorité de GOB (principes après avis du garde des Sceaux, section 257)
comptables) ministre de la Justice, et du
ministre chargé du budget
On constate une concentration du pouvoir de normalisation sur un groupe retreint de membres (de 9 à
16). Mais le nombre de membres à plein temps est généralement faible, ce qui limite le
professionnalisme et l’indépendance du normalisateur, au sens où l’IASB entend ces caractéristiques.
Cela réduit également leur capacité opérationnelle, bien que le normalisateur puisse confier certaines
tâches ou missions à des commissions particulières : notamment le DRSC dispose d’un comité
permanent d’interprétation et l’ASB d’un comité d’urgence. Les organismes allemand et français
comportent un comité consultatif, comme l’IASB. Le dispositif de consultation organisé par l’ASB est
intégré dans son due process. Le DSR a également formalisé un processus équivalent d’élaboration
des normes. Pour renforcer la qualité et la reconnaissance de ses normes, l’IASB a développé son due
process dans le sens d’un accroissement de la transparence et de la consultation.
Le financement du normalisateur comptable britannique relève d’une solution tripartite assez
pragmatique. Cette solution, qui est éloignée de la solution très libérale du DRSC et de l’IASB,
correspond au mode de financement du FASB antérieurement à la loi Sarbannes-Oxley (2002). Depuis
2002, le FASB bénéficie, par l’intermédiaire du FAF, d’un financement public, dont il sera intéressant
de voir de quelle manière il inspirera le financement de l’ANC.
S’agissant de normalisateurs nationaux, une procédure organise, tout naturellement et selon une
méthode conforme aux dispositifs nationaux, la validation des textes à caractère normatif qu’ils
émettent. La solution à ce problème est plus complexe pour l’IASB, qui vise une application
internationale de ses normes et doit donc les insérer dans des dispositifs législatifs nationaux très
divers. Le caractère obligatoire est toutefois assuré de façon directe dans le cas du règlement émis par
l’ANC grâce à sa publication sous la forme juridique d’un arrêté, texte obligatoire en raison de sa
nature juridique, et dans le cas de la norme émise par l’ASB, dont le caractère obligatoire est reconnu
par la loi dès sa publication par l’ASB. Dans le cas allemand, cette validation est assurée de manière
indirecte. En effet, la norme émise par le DSR allemand relève dès sa publication au bulletin officiel
du ministère fédéral de la justice allemand des principes d’une comptabilité régulière, à savoir des
« Grundsätze ordnungsmässiger Buchführung », c’est-à-dire des principes comptables généralement
admis et ce au titre de la meilleure pratique reconnue. Elle ne vaut donc que tant que la contestation de
cette qualité est écartée par les tribunaux, cette contestation pouvant être admise au cas particulier.
L’IASB n’a pas défini de modèle référent pour l’organisation du normalisateur comptable, bien qu’il
soit l’acteur dominant de la normalisation comptable. Pour assurer son fonctionnement et son
développement sur le long terme, l’IASB va devoir s’assurer un financement stable et suffisant. Mais
32 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

en tant qu’acteur privé au champ d’action internationale, peut-il prétendre bénéficier d’un financement
public autonome ?

SECTION 2. CADRE COMPTABLE CONCEPTUEL

Résumé
Un cadre conceptuel (framework) est un système cohérent d’objectifs et de principes fondamentaux
liés entre eux qui a pour objet de donner une représentation utile de l’entreprise. Dans le cadre du
dispositif normatif de l’IASB, c’est un préambule à la préparation et à la présentation des états
financiers établis à partir de normes (IAS et IFRS) et d’interprétations de normes (SIC et IFRIC).
Le cadre conceptuel prévoit, en particulier :
la nature des documents composant les états financiers (bilan, annexe, etc.) ;
– des hypothèses de base (comptabilité d’engagement et continuité) ;
– des caractéristiques qualitatives à respecter (prudence, exhaustivité, comparabilité, etc.) ;
– des définitions (ce qu’est un actif, une charge, etc.) et des règles d’évaluation.

La notion de cadre comptable conceptuel est relativement récente. Ce sont les textes mis au point par
le FASB qui initient la véritable lignée des cadres comptables conceptuels. Ils constituent un corps
théorique comptable qui détermine sur le long terme les orientations et les enjeux de la normalisation
comptable.

2.1 Notion de cadre conceptuel : du FASB à l’IASB


D’origine récente, il a été formalisé en strates successives par le FASB. Le document établi par
l’IASC, prédécesseur de l’IASB, en présente une construction synthétique.

a. Origine du cadre conceptuel du FASB


Aux États-Unis, la notion de cadre conceptuel comptable (conceptual accounting framework) répond
aux appels pressants d’uniformité en matière comptable lancés dès 1880 et renouvelés à la suite du
krach boursier de 1929 (Naciri, 1986)1. Mais la nécessité d’une approche systématique des problèmes
comptables s’est heurtée aux défenseurs des conceptions pragmatiques.
En 1933, le gouvernement crée la SEC pour uniformiser les règles d’audit des comptes. L’AICPA
(American Institute of Certified Public Accountants), créé depuis 1897 pour regrouper les
professionnels comptables américains, constitue en 1936 le « Committee on Accounting Principles »
(CAP), Comité sur les principes comptables, auquel la SEC accepte de confier la normalisation
comptable.
Le CAP a développé quelques principes comptables, dont l’application n’était pas obligatoire afin de
préserver la liberté d’exercice du jugement professionnel (Naciri, 1986).
L’AICPA le remplace en 1959 par l’« Accounting Principles Board » (APB), dont le rapport n° 4
(APB Statement n° 4), publié en 1970, propose, selon une démarche nouvelle (Schmidt, 1989)2, une
présentation raisonnée des concepts de base et des principes comptables qui sous-tendent les états
financiers des entreprises commerciales.

1Naciri A., « Le cadre conceptuel américain et ses conséquences sur le modèle comptable traditionnel », Revue française de comptabilité,
n° 173, novembre 1986, p. 44 à 52.
2 Schmidt G., « Les principes comptables 1936-1972 », Dossier Minerve n° 1, CRD des experts-comptables et des commissaires aux
comptes, octobre 1989, 24 p.
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En 1971, l’AICPA met en place deux comités chargés de prolonger cette étude, désignés sous le nom
de leurs présidents : le comité Trueblood à qui est confiée une réflexion sur les objectifs des états
financiers et le comité Wheat dont les recommandations serviront à la création, dès 1973, du FASB,
organisation indépendante de normalisation comptable (Naciri, 1986).
Dans son rapport publié en 1973, le comité Trueblood relie l’information comptable à la prise de
décision par l’utilisateur de cette information. En conséquence, cet utilisateur est moins intéressé par
le résultat passé que par les flux monétaires futurs. L’information comptable dont il a besoin doit être
aussi une information prévisionnelle (Naciri, 1986).
Le FASB élaborera les textes relatifs au cadre conceptuel comptable américain sur la base des
conclusions du comité Trueblood.

b. Contenu du cadre comptable conceptuel du FASB


Le cadre conceptuel du FASB comprend six études publiées de 1978 à 1985 et une septième publiée
en 2000, sous l’appellation de Statements of Financial Accounting Concepts (SFAC).
Le SFAC n° 1 : objectifs de l’information financière des entreprises industrielles et
commerciales
L’objectif principal de l’information est l’aide à la prise de décisions des investisseurs sur les marchés
financiers. Cette information doit être compréhensible pour ceux qui ont une connaissance raisonnable
des affaires et permettre à l’investisseur d’évaluer les flux monétaires futurs.
Le SFAC n° 2 : caractéristiques qualitatives requises de l’information financière
Les caractéristiques qualitatives requises visent à permettre une prise de décision rationnelle. La
caractéristique essentielle est la pertinence : l’information pertinente est celle qui est susceptible de
modifier la décision de l’investisseur. Est pertinente l’information comptable nouvelle ou
prévisionnelle.
Les autres caractéristiques contribuent au même objectif :
– la fiabilité : est fiable l’information vérifiable, neutre et fidèle ;
– la comparabilité : est comparable l’information établie avec la même méthode d’un exercice à
l’autre ;
– la cohérence : est cohérente l’information qui utilise les mêmes principes ou des principes
équivalents d’un exercice à l’autre ;
– le seuil de signification : il existe si l’évaluation d’une information déterminée est en mesure de
modifier la décision de l’investisseur ;
– le coût de l’information : il est à comparer avec l’avantage qu’elle procure.
Le SFAC n° 3 : éléments constitutifs des états financiers des entreprises industrielles et
commerciales considérés comme directement liés à la mesure de la performance
Ils sont au nombre de dix : les actifs, les dettes, les capitaux propres, les apports et les retraits effectués
par les propriétaires, le résultat global, les revenus, les dépenses, les gains et les pertes. Le concept de
résultat global « comprehensive income » comprend toutes les variations des capitaux propres hors les
apports et retraits des propriétaires.
Les actifs sont définis comme des avantages économiques futurs dont l’entreprise obtiendra, dans
l’avenir, le bénéfice et les passifs comme des sacrifices économiques futurs que l’entreprise devra
consentir dans l’avenir.
Le SFAC n° 4 : objectifs des états financiers des organisations à but non lucratif (pour mémoire)
Le SFAC n° 5 : comptabilisation et évaluation dans les états financiers des entreprises
industrielles et commerciales
34 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Les états financiers considérés sont, à l’exclusion des notes annexes :


– le bilan,
– le compte de résultat,
– le tableau de financement,
– le tableau de la variation de la situation nette.
La comptabilisation d’un élément est soumise à la réalisation de quatre conditions :
1. la définition : l’élément considéré correspond à la définition d’un des éléments des états financiers,
2. l’évaluation : l’élément considéré peut être évalué de façon quantifiée avec une fiabilité suffisante,
3. la pertinence : l’information attachée à l’élément considéré est susceptible d’avoir une incidence sur
la décision de l’utilisateur,
4. la fiabilité : l’élément considéré est vérifiable, neutre et fidèle.
Les règles d’évaluation utilisées sont les suivantes :
– le coût historique : pour les immobilisations,
– le coût courant : pour les inventaires,
– la valeur de marché courante : pour les titres échangés en Bourse,
– la valeur nette de réalisation : pour les opérations à court terme,
– la valeur actuelle : opérations à long terme.
Le SFAC n° 6 : éléments des états financiers
Il remplace le SFAC n° 3 dont il reprend le contenu pour l’étendre aux organisations à but non lucratif
(Colasse, 2000)1.
Le SFAC n° 7 : information fondée sur les flux de trésorerie et la juste valeur dans les
évaluations comptables
Ce texte pose en particulier le problème de la méthodologie à suivre pour déterminer la juste valeur
dans les situations d’absence de marché lorsqu’il existe néanmoins des informations suffisantes pour
reconstituer le prix de marché.

c. Contenu du cadre comptable conceptuel (Fw) de l’IASB2


Le cadre conceptuel a été approuvé par l’IASC en 1989 sous le titre : « Cadre pour la préparation et la
présentation des états financiers » et adopté par l’IASB en 2001. Il traite en un seul texte de l’objectif
des états financiers, des principes comptables, des éléments constitutifs des états financiers et des
concepts de capital.

Q Objectif des états financiers


L’IASB définit l’objectif des états financiers d’une entreprise en se situant dans l’optique de l’analyste
externe, compétent et disponible.
Les informations fournies par les états financiers et qui portent sur la situation financière, la
performance et l’évolution de la situation financière, doivent, en effet, être utiles aux prises de
décisions des utilisateurs.
Parmi ceux-ci, les investisseurs sont privilégiés. Car ils sont des apporteurs de capitaux à risque de
l’entreprise et, en outre, ils ont « une connaissance raisonnable des activités économiques et de la
comptabilité et la volonté d’étudier l’information d’une façon raisonnablement diligente » (Fw § 25).

1 Colasse B., « Les cadres comptables conceptuels », in Colasse B. (éd.), Encyclopédie de Comptabilité, Contrôle de gestion et Audit,
2e édition, Economica, Paris, 2000
2 Son texte intégral est disponible en annexe d’une étude publiée en novembre 2003 par la Commission européenne : « Commentaires
concernant le règlement IAS et les directives comptables. Publication du cadre de l'IASB » ;
voir site internet : www.ec.europa.eu/internal_market/accounting/documents_fr.htm#studies.
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Il est néanmoins possible d’observer que la complexité croissante des normes et l’accroissement
corrélatif du degré de compétence exigé comportent des risques qu’il conviendrait d’analyser.

Q Principes comptables : hypothèses de préparation et caractéristiques qualitatives


Les principes comptables de base, dégagés par l’IASB, comprennent les hypothèses sous-jacentes de
préparation des états financiers et les caractéristiques qualitatives des états financiers.
Les états financiers sont toujours établis sur la base d’une comptabilité dite d’engagement et, sauf
précision contraire, à partir de l’hypothèse de la continuité d’exploitation.
Les caractéristiques qualitatives sont des repères méthodologiques dont le respect, combiné avec celui
des normes comptables pertinentes, permet normalement aux états financiers de donner une image
fidèle ou une représentation fidèle de l’information. Toutefois le cadre conceptuel ne s’intéresse pas à
l’objectif en soi de l’image fidèle. Il insiste surtout sur la signification des quatre principales
caractéristiques qualitatives de l’information fournie par les états financiers, à savoir :
– l’intelligibilité,
– la pertinence (liée à l’importance significative),
– la fiabilité et
– la comparabilité.
Il développe notamment les conditions de la fiabilité : la fidélité à la réalité, celle-ci étant appréhendée
selon sa substance, indépendamment de toute subjectivité, avec prudence et sans omission.
Ces caractéristiques qualitatives doivent être observées selon un équilibre approprié, les avantages de
l’information comparés à ses coûts et l’information donnée sans retard.

Q Éléments des états financiers, processus de comptabilisation et méthodes d’évaluation


Les éléments constitutifs de la situation financière de l’entreprise sont les actifs, les passifs et les
capitaux propres. Les éléments liés à la performance dans le compte de résultat sont les produits et les
charges. L’état de l’évolution de la situation financière ne comporte aucun élément spécifique. Le
cadre conceptuel donne une définition de ces différents éléments.
Un actif est une ressource contrôlée par l’entreprise du fait d’événements passés et dont des
avantages économiques futurs sont attendus par l’entreprise (§ 49).
L’avantage économique futur représentatif d’un actif est le potentiel qu’a cet actif de
contribuer, directement ou indirectement, à des flux de trésorerie et d’équivalents de
trésorerie au bénéfice de l’entité (§ 53).
Un passif est une obligation actuelle de l’entreprise résultant d’événements passés et dont
l’extinction devrait se traduire pour l’entreprise par une sortie de ressources représentatives
d’avantages économiques (§ 49).
Une des caractéristiques essentielles d’un passif est que l’entreprise a une obligation
actuelle. Une obligation est un devoir ou une responsabilité d’agir ou de faire quelque
chose d’une certaine façon. Les obligations peuvent être juridiquement exécutoires en
conséquence d’un contrat irrévocable ou d’une disposition statutaire (§ 60).
Les capitaux propres sont l’intérêt résiduel dans les actifs de l’entité après déduction de
tous ses passifs (§ 49).
Les produits sont les accroissements d’avantages économiques au cours de l’exercice, sous
forme d’entrées ou d’accroissements d’actifs, ou de diminutions de passifs qui ont pour
résultat l’augmentation des capitaux propres autres que les augmentations provenant des
apports des participants aux capitaux propres (§ 70).
Les charges sont des diminutions d’avantages économiques au cours de l’exercice sous
forme de sorties ou de diminutions d’actifs, ou de survenance de passifs qui ont pour
résultat de diminuer les capitaux propres autrement que par des distributions aux
participants aux capitaux propres (§ 70).
36 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

La notion de passifs est ici comprise au sens de passifs externes, par opposition aux capitaux propres.
La suite du cours reviendra sur ces définitions (voir aussi le texte complet du cadre conceptuel sur le
site de l’Union européenne).
Le cadre conceptuel de l’IASB analyse le processus de comptabilisation en distinguant deux étapes
méthodologiques :
– l’identification d’un article comme élément des états financiers : elle donne la description de cet
article et vérifie qu’il satisfait à la définition d’un élément.
– la comptabilisation dans les états financiers : elle intervient si à l’article identifié est associée une
probabilité d’avantages économiques futurs pour l’entreprise et si la mesure de l’évaluation de ce
même article est fiable.
Le cadre conceptuel de l’IASB constate l’utilisation, à des degrés divers et selon des combinaisons
variables, de quatre bases d’évaluation :
– le coût historique,
– le coût actuel,
– la valeur réalisable et
– la valeur actuelle.
Il s’agit d’un coût lorsque le flux de liquidités ou d’équivalents de liquidités associé à l’élément est
fonction d’événements connus dans le passé ou le présent.
Il s’agit d’une valeur lorsque le flux de liquidités ou d’équivalents de liquidités associé à l’élément est
fonction d’événements anticipés pour le présent ou le futur.

Q Concepts de capital
L’utilisation de l’une ou de plusieurs de ces bases d’évaluation doit être cohérente avec le concept de
capital sous-jacent aux états financiers : capital financier ou capital physique. Le choix des bases
d’évaluation et celui du concept de capital sont fondés sur les besoins des utilisateurs des états
financiers. Ils déterminent, compte tenu des concepts de maintien du capital qui en découlent, la
mesure de la performance de l’entreprise.
Le cadre conceptuel de l’IASB apparaît ainsi comme un effort d’explicitation des problèmes posés,
des situations rencontrées et des concepts utilisés lors de l’établissement des états financiers de
l’entreprise, effort que les normes comptables sont appelées à concrétiser de manière cohérente
lorsqu’elles déterminent les modes opératoires.

d. Conséquences du cadre conceptuel sur le modèle comptable traditionnel


À l’exemple du rapport Trueblood, le cadre comptable conceptuel du FASB reconnaît implicitement
l’hypothèse de l’efficience des marchés et privilégie l’investisseur dont la décision est basée sur
l’information prévisionnelle. Mais il s’en différencierait en soulignant les limites de l’information
financière et la nécessité d’autres sources d’information (Naciri, 1986).
Le cadre conceptuel comptable du FASB et celui de l’IASB modifient le modèle comptable
traditionnel sur les points suivants :
– L’objectif de l’information financière est de permettre la prise de décision par son utilisateur.
– Les utilisateurs de l’information financière sont en priorité les investisseurs.
– Aussi l’information sur le passé, qui consiste à « rendre compte », importe-t-elle moins que
l’information sur le futur : l’information comptable et financière doit contenir des éléments
prévisionnels.
– Pour qu’une information soit utile, elle doit être pertinente, c’est-à-dire en mesure de modifier la
décision de son utilisateur.
– Pour être pertinente, l’information comporte un aspect économique prioritaire et elle doit être
diffusée aussi rapidement que possible, c’est-à-dire en temps opportun.
– Les investisseurs utilisent les flux nets de trésorerie plutôt que le bénéfice comptable dans leurs
modèles de prise de décision. Le SFAC n° 1 reconnaît que l’information financière doit « aider les
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investisseurs actuels et potentiels à évaluer le montant, l’échelonnement et l’incertitude concernant


les flux nets de trésorerie ». De son côté, le cadre conceptuel de l’IASB (§ 15) énonce que « les
décisions économiques qui sont prises par les utilisateurs des états financiers imposent une
évaluation de la capacité de l’entreprise à générer de la trésorerie et des équivalents de trésorerie
ainsi que de leur échéance et de l’assurance de leur concrétisation ».
– Le cadre conceptuel ne privilégie pas le modèle comptable basé sur les coûts historiques. Celui du
FASB met en avant l’évaluation à la « valeur actuelle ». Celui de l’IASB ne fait aucune référence à
la notion de « juste valeur ».
– L’information financière n’est pas la seule source d’information.

Le FASB et l’IASB sont engagés dans un processus de convergence1. S’il touche le contenu des
différentes normes, ce processus concerne également leurs cadres conceptuels comptables.

2.2 Fonctions, rôles et limites du cadre conceptuel comptable


Le cadre conceptuel remplit des fonctions directes et indirectes au bénéfice de la normalisation
comptable malgré ses limites.

a. Fonctions et rôles du cadre conceptuel comptable


Le cadre conceptuel comptable est à la fois un outil de légitimation institutionnel et un outil technique.

Q Outil politique de légitimation du mode de régulation


Le cadre conceptuel comptable pallie l’absence ou les insuffisances de légitimité et d’efficacité
juridiques (Colasse, 2001)2.
a. L’existence d’une légitimité institutionnelle explique l’absence de cadre comptable conceptuel
explicite.
Ainsi, B. Colasse (2001) observe-t-il l’absence de cadre conceptuel comptable dans les situations de
régulation comptable par l’État. Le cas « imparfait » de la France en est, jusqu’en 1998, une
illustration, à laquelle on peut ajouter, également jusqu’en 1998, celui de l’Allemagne.
Par contre les situations de régulation par la profession et plus encore celles de régulation par un
organisme indépendant justifient et nécessitent un cadre comptable conceptuel.
b. Le cadre conceptuel, comme instrument d’une légitimité externe : le cas de la régulation
comptable par la profession.
La profession comptable a besoin de mettre en place un « appareil justificatif » de ses choix,
d’expliciter les objectifs et les principes de la comptabilité. Cet « appareil » donne à son travail
normatif des aspects de rationalité théorique selon une approche déductive, d’expertise de haute
technicité et en conséquence de défense de l’intérêt général.
De cette manière, la profession veut écarter le soupçon de prises de positions partisanes ou
opportunistes que son pouvoir d’influence permettrait d’imposer.
c. Le cadre conceptuel, comme instrument d’une légitimité externe et interne : le cas de la
régulation comptable par un organisme indépendant.
Dans les situations de régulation par un organisme indépendant, composé de représentants de
différentes parties prenantes à la comptabilité, la nécessité d’un cadre comptable conceptuel n’est pas
seulement d’ordre externe en vue d’asseoir son indépendance mais également d’ordre interne dans la
mesure où, à l’exemple du FASB, cet organisme doit se justifier à l’égard des organisations qui le
parrainent.

1 Le 18 septembre 2002 puis le 29 octobre 2002, l’IASB et le FASB américain se sont engagés à faire converger leurs normes et à
coordonner leurs programmes techniques (accords de Norwalk, Connecticut).
2 Colasse B., « Où il est encore question d’un cadre conceptuel comptable français, inutile hier, improbable demain », Revue française de
comptabilité, n° 332, avril 2001.
38 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Il cherche, par l’adhésion aux raisonnements qu’il développe, à obtenir l’acceptation et l’application
des textes qu’il émet.
La légitimité et l’efficacité des normes adoptées par la profession ou l’organisme indépendant seront
d’autant plus grandes que l’appareil justificatif et le processus d’élaboration seront cohérents et de
qualité. Pour certains normalisateurs, ces caractéristiques techniques du cadre conceptuel apparaissent
fondamentales dans la mesure où elles se justifient par elles-mêmes, éventuellement à l’encontre de
l’État.

Q Outil technique nécessaire, garant de la cohérence et de la qualité des normes


Les fonctions techniques du cadre conceptuel en font un outil incontournable dans l’élaboration des
normes.
a. Le cadre conceptuel : un générateur de normes.
Le contenu du cadre conceptuel lui permet d’être « l’instrument intellectuel qui sert de guide pour
produire par déduction des normes » (Colasse, 2000). C’est « un générateur de normes ou une méta-
norme » selon l’expression de B. Colasse (2000).
À cet égard, le cadre conceptuel n’est pas du domaine de la règle (loi, décret, règlement). Il n’est pas
non plus une norme. Il est « l’inspirateur et l’ordonnateur des normes », « en amont du système
normatif » (Gélard, 2001)1.
Selon G. Gélard (2001), cette fonction de production de normes justifierait l’existence d’un cadre
conceptuel comptable même lorsque le régulateur est l’État. Il en est ainsi aux États-Unis où, grâce à
son cadre conceptuel, le FASB peut proposer des normes à la SEC qui est en fait une émanation de
l’État et assure la validation et le contrôle politique des normes comptables. Il en serait de même de
l’IASC/IASB à l’égard de l’Union européenne.
b. Le cadre conceptuel : un outil de cohérence des normes (Gélard, 2001).
Les définitions et principes comptables posées par le cadre conceptuel servent de « commun
dénominateur » aux normes proposées et en garantissent la qualité et la cohérence.
c. Les fonctions dérivées de la fonction principale du cadre conceptuel, à savoir : les fonctions
explicative (IAS 8), évaluative et prédictive, utilisées non seulement par les normalisateurs mais aussi
par les utilisateurs et les préparateurs des états financiers (Colasse, 2000) assurent également la qualité
et la cohérence des normes émises.
Les qualités de référentiel et de repère méthodologique du cadre conceptuel comptable sont utiles à
l’égard d’un État qui ne serait ni omniscient, ni capable par sa seule autorité de faire appliquer les
règles qu’il émet, surtout lorsque celles ci seraient déficientes (Gélard, 2001).
Les cadres conceptuels comptables ont un rôle direct au niveau de la fonction de conception au sein du
processus de régulation comptable et cela d’autant plus explicitement que cette fonction n’est pas
assurée par l’État.
Aux États-Unis et dans l’Union européenne, la fonction de normalisation, distinguée nettement des
autres fonctions (validation et contrôle), est assumée par des organismes indépendants : le FASB et
l’IASB. Ce sont ces organismes, chargés de la conception des normes, qui ont à leur disposition des
cadres conceptuels comptables.

b. Limites du cadre conceptuel comptable


Les limites résultent du statut de ce document mais aussi de son caractère incomplet.

Q Caractère non obligatoire du cadre conceptuel comptable


Le cadre conceptuel est un outil pour les organismes chargés de la seule conception des normes,
organismes qui sont, en général, sans autorité propre pour rendre les normes obligatoires.

1 Gélard G., « Le cadre conceptuel pour la France ne sera pas franco-français », Revue française de comptabilité, n° 333, mai 2001.
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a. En raison même de sa nature, le cadre conceptuel n’a pas de caractère obligatoire.


Ainsi, l’Union européenne ne l’a pas intégré dans son dispositif réglementaire comptable qui ne
reprend que les seuls textes à caractère obligatoire émis par l’IASB. Sont donc écartés le cadre
conceptuel ainsi d’ailleurs que les bases de conclusions, les guides d’applications ou les exemples
illustratifs qui accompagnent les normes et les interprétations.
b. Une hiérarchie non rigide des textes.
On peut définir :
1. le cadre conceptuel comptable comme un système cohérent d’objectifs et de principes
fondamentaux liés entre eux, qui a pour objet de donner une représentation utile de l’entreprise.
On rappellera que le cadre conceptuel de l’IASB :
– indique les utilisateurs des états financiers,
– précise les objectifs des états financiers,
– donne la liste des principes comptables à respecter dans l’établissement des états financiers,
– donne la définition des éléments des états financiers,
– fixe les règles de comptabilisation et d’évaluation,
– traite du concept de maintien du capital, qui sert de base pour mesurer la performance de
l’entreprise.
2. les normes comme l’exposé de la méthode comptable reconnue comme la meilleure pour
comptabiliser, évaluer et présenter une opération ou un événement dans les états financiers.
Une norme (standard) remplit deux fonctions : une fonction de guide du professionnel et une autre
fonction, non moins importante, de label de qualité pour le public.
Si une norme est en conflit avec le cadre conceptuel, les solutions de la norme prévalent sur les
dispositions du cadre conceptuel.
3. les interprétations comme des précisions sur les modalités d’application des normes dans des
situations particulières.
La traduction officielle de l’anglais interpretation est « interprétation » mais on aurait pu lui préférer
l’expression « commentaire de norme ».
En conclusion :
– le cadre conceptuel fixe les objectifs à atteindre par les états financiers (qualité, comparabilité, etc.)
et donne une liste de principes comptables fondamentaux à respecter (prudence, non-compensation,
etc.),
– tandis que les normes et leurs interprétations sont les modalités d’application du cadre conceptuel.
Mais à défaut de normes ou d’interprétations applicables à une transaction ou événement, le jugement
de la direction fait référence aux définitions, critères de comptabilisation et d’évaluation des actifs,
passifs, produits et charges du cadre conceptuel (IAS 8 § 11).

Q Caractère incomplet du cadre conceptuel comptable


La notion de « juste valeur »1 ne figure pas dans le cadre conceptuel. Introduite par la norme IAS 16
« Immobilisations corporelles » dans sa version 1982, la notion de « juste valeur » a trouvé sa
définition la plus large2 dans la norme IFRS 2 :
« le montant pour lequel un actif pourrait être échangé, un passif éteint, ou un instrument de
capitaux propres attribué entre des parties bien informées et consentantes dans le cadre
d’une transaction effectuée dans des conditions de concurrence normale. »
Cette expression a progressivement essaimé pour devenir une notion de référence. Le glossaire établi
par l’IASB renvoie ainsi aux normes : IAS 2, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 32, 36, 38, 39, 40, 41 et IFRS 1, 2,
3, 4, 5.

1 Casta J.F. et Colasse B. (éd.), Juste valeur, enjeux techniques et politiques, Economica, Paris, 2001.
2 Jeanjean T., « La juste valeur », in Colasse B., Encyclopédie de Comptabilité, Contrôle de gestion et Audit, Economica, Paris, 2009.
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Traduction de l’expression anglaise « fair value », la « juste valeur » est au cœur du projet de
convergence des référentiels comptables développé par le FASB et l’IASB et notamment de leur
projet d’élaboration d’un cadre conceptuel comptable1 commun.
Or l’évaluation à la « juste valeur » représente un changement majeur par rapport aux principes du
coût historique et de prudence, principes très critiqués pour leur manque de pertinence ou pour la
marge d’appréciation qu’ils laissent à la direction. La « juste valeur », qui renvoie à une évaluation à
la valeur de marché, serait plus proche de la réalité, donc plus utile aux investisseurs. Elle assurerait
également une meilleure comparabilité puisque tous les éléments auraient la même valeur s’ils sont
identiques, quelles que soient la modalité et la date de leur acquisition. Enfin, elle serait neutre car
indépendante des intentions de la direction.
Mais la pertinence et la fiabilité de la juste valeur reposent sur l’existence supposée de marchés
suffisamment actifs et liquides, intégrant des anticipations correctes du futur, même lointain, et dont
l’offre et la demande s’ajusteraient sans coûts ni frictions aux changements de prix.
Cependant dans la réalité, les comptables peuvent être confrontés tant à une pluralité de marchés pour
un même bien qu’à l’inexistence du marché correspondant, ou à des marchés qui dysfonctionnent.
Face à ces difficultés, les préparateurs des états financiers sont alors autorisés à déterminer la juste
valeur à partir de modèles mathématiques.
Or un classement des méthodes d’évaluation distingue quatre niveaux d’incertitude croissante2. Le
premier niveau est représenté par la comptabilité de caisse : le résultat correspond au solde monétaire
en fin de cycle et aucune prévision n’est requise. Le deuxième niveau est celui du coût historique : le
résultat est lié à la livraison des produits et à la constatation de la créance correspondante qui reste à
encaisser. À ce deuxième niveau, le montant du résultat comporte une estimation du montant résiduel
à encaisser, qui diminue déjà la qualité de son évaluation. Au troisième niveau dans le cadre de
l’évaluation à la valeur de marché : les ventes peuvent être non encaissées, voire non livrées ; il suffit
d’en avoir une évaluation par le marché : le profit ou la perte sont alors virtuels (exemple : plus-value
comptabilisée à la clôture de l’exercice sur les titres de placement). Au quatrième niveau, l’utilisation
de valeurs de substitution issues de modèles mathématiques détermine le profit ou la perte avant même
tout acte de production. Ce dernier niveau d’incertitude n’avait, jusqu’à présent, jamais été accepté.
L’évaluation de la « juste valeur » est généralement construite à partir d’une valeur actuarielle. Celle-
ci correspond à la somme actualisée des flux de trésorerie décaissés et/ou encaissés dans le futur et liés
à l’élément considéré. Or cette évaluation est porteuse d’une subjectivité et d’une forte volatilité, liées
à la fois à l’évaluation des flux futurs de trésorerie, au choix du taux d’actualisation qui traduit le
« coût du temps qui passe » et à la prise en compte de la prime de risque.
Les choix auxquels procède l’entreprise rendent difficile la comparabilité des états financiers et font
craindre des risques de manipulation lors de la détermination des paramètres3. L’actualisation, par essence,
diminue d’autant plus la valeur actuelle du flux de trésorerie considéré, au regard de sa valeur effective (ou
brute), que ce flux se situe loin dans le temps et/ou que le taux d’actualisation retenu est élevé.
Ainsi, inscrire dans les comptes les valeurs actualisées des dettes revient, en quelque sorte, à reporter
sur les exercices futurs une partie des impacts sur le résultat et donc de la prise en charge des
obligations correspondantes, partie qui peut se révéler très significative. Et lorsqu’elle s’applique aux
actifs, l’évaluation à la valeur actualisée conduit à valoriser les investissements sur la base des flux
futurs attendus et non sur la base des coûts engendrés : dans ces conditions, elle tend à opérer un suivi
des anticipations plutôt qu’une comparaison entre anticipations et réalisations. Enfin la
comptabilisation de gains encore virtuels, latents ou seulement futurs, au détriment du principe de
prudence, peut devenir un moyen d’accélérer la prise en compte des produits.

1 FASB : Statement of Financial Accounting Standards (SFAS), n° 157, Fair value Measurements, septembre 2006.
2Ijiri Y., « US accounting standards and their environment: a dualistic study of their 75-years of transition », Journal of Accounting and
Public Policy, vol. 24, 2005, p. 255-279.
3Biondi Y., Chambost I., Klee L., « La “ juste valeur ”, enfin une évaluation proche de la réalité », in Pezet A. et Sponem s. (éd.), Petit
bréviaire des idées reçues en management - CriM (Critique et Management), Éditions La Découverte, Paris, 2008.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 41

L’évaluation à la juste valeur est donc nécessairement associée à la collecte et à la définition d’un
ensemble d’éléments de fait et d’hypothèses. Le SFAS 157 les désigne sous l’expression d’inputs et
propose de les hiérarchiser en trois niveaux selon leur degré de fiabilité1.
Les inputs de niveau 1 avec un degré élevé de fiabilité sont constitués des prix non ajustés sur un
marché actif pour des actifs et passifs identiques. Les inputs de niveau 2 avec un degré de fiabilité
moindre correspondent à des prix non ajustés sur un marché actif pour des actifs ou passifs similaires
ou à des prix non ajustés sur un marché moins liquide pour des actifs ou passifs identiques.
L’évaluation avec un degré faible de fiabilité est obtenue avec des inputs de niveau 3 dans les cas où il
n’y a pas ou peu de données observables sur un marché. L’entreprise est dans l’obligation de
reconstituer des données de marché reflétant les hypothèses des participants au marché et non les
siennes. Dans cette hypothèse et en l’absence d’activité comparable chez d’autres intervenants, elle
serait justifiée à procéder à l’actualisation de cash flows estimés.
Cette distinction conduirait à distinguer les domaines où l’évaluation à la juste valeur serait justifiée et
les autres où cette mesure serait à écarter. Elle ne rend pas compte cependant des situations de crises
systémiques nées de « marchés illiquides ».
À la crainte de l’augmentation de la subjectivité et de l’introduction d’une forte volatilité dans les
comptes s’ajoutent les risques de la préférence pour le présent et de la distribution accélérée de
dividendes. En effet, l’évaluation à la juste valeur renvoie à des comportements déterminés par une
préférence marquée pour la liquidité et un raccourcissement des horizons-temps des placements,
comportements qui sont caractéristiques du capitalisme financier. Elle correspond également à des
comportements de rentiers, qui, pour maintenir des revenus suffisamment hauts, déplacent
fréquemment leurs placements à l’affût de taux de rentabilité élevés.
Ces actionnaires s’éloignent du comportement type de l’« investisseur responsable » : apporteur dans
la durée de financements pour l’entreprise, ce dernier est censé avoir un horizon économique à moyen-
long terme et viser une rémunération liée à la réalisation des résultats dans le temps, selon le modèle
comptable fondé sur le coût historique et le principe de prudence.
L’IASB justifie l’alignement de tous les besoins d’information sur les besoins des investisseurs, dans
la mesure où « comme les investisseurs sont les apporteurs de capitaux à risque de l’entreprise, la
fourniture d’états financiers qui répondent à leurs besoins répondra également à la plupart des besoins
des autres utilisateurs susceptibles d’être satisfaits par des états financiers »2. Or la « juste valeur »
participerait, en fait, à la construction d’un modèle comptable qui n’intégrerait pas les besoins de
toutes les catégories d’investisseurs mais favoriserait au contraire certains types de comportements et
donc certaines catégories d’investisseurs.

2.3 Convergence des référentiels US-GAAP et IFRS et résultats attendus


de la normalisation comptable internationale
La convergence des référentiels USGAAP et IFRS devrait contribuer fortement à la réalisation des
objectifs attendus de la normalisation comptable internationale.

a. Résultats de la convergence des référentiels US-GAAP et IFRS


Dès le 18 septembre 2002, l’IASB et le FASB se sont engagés à faire converger leurs normes et à
coordonner leurs programmes techniques (accords de Norwalk, Connecticut). Le 27 février 2006, ils
ont publié un protocole d’accord « Memorandum of Understanding – MoU » définissant de façon plus
détaillée leur programme de travail.

1 IASB, « Fair Value Measurements – Part 2 : SFAS 157 : Fair Value Measurements », novembre 2006, disponible sur www.isab.org.uk
2 IASB, Cadre conceptuel, 1989, §10.
42 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Les lignes directrices étaient les suivantes :


– la convergence des normes comptables est mieux assurée par l’élaboration dans le temps de normes
communes de haute qualité ;
– il est plus opportun de développer une nouvelle norme commune qui améliore l’information
financière fournie aux investisseurs que d’essayer d’éliminer des différences entre deux normes qui
ont besoin d’améliorations significatives ;
– servir les besoins des investisseurs signifie que l’IASB et le FASB devraient plutôt chercher à
converger en remplaçant des normes « faibles » par des normes « plus fortes ».
Un double objectif devait être atteint à l’horizon 2008 :
– programme de convergence à court terme : identification de différences majeures dans 10 thèmes
importants susceptibles d’être résolues à court terme par la publication de nouvelles normes
communes ou révisions de normes existantes par l’IASB et/ou le FASB ;
– sélection de 11 autres thèmes identifiés comme nécessitant des améliorations dans le cadre de
projets communs aux deux normalisateurs, sans que la convergence puisse être réalisée.
Ce protocole tenait compte à la fois des observations formulées par le Comité des régulateurs boursiers
européens (Committee of European Securities Regulators – CESR) et des domaines mentionnés par la
SEC pour la suppression de l’obligation de réconciliation avec les normes US-GAAP.
En septembre 2008, l’IASB et le FASB ont procédé à l’analyse de l’état d’avancement de leur
programme de travail.

Q Programme de convergence à court terme


a. Projets réalisés
Par l’IASB : révision de IAS 23 « Coûts d’emprunts » et adoption de IFRS 8 « Secteurs
opérationnels » (en remplacement de IAS 14 « Information sectorielle »)
Par le FASB : introduction de l’option « juste valeur » (SFAS 159) et comptabilisation des frais de
recherche développement acquis dans le cadre d’un regroupement d’entreprises (SFAS 141R).
b. Projets en cours
Par l’IASB : modification d’IAS 31 « Participations dans des coentreprises » (exposé-sondages publié)
et d’IAS 12 « Impôts sur le résultat » (exposé-sondages en cours)
Par le FASB : Événements postérieurs à la date de clôture (projet attendu) et appels à commentaires
sur la révision de IAS 12 (en fonction des réponses, proposition d’adoption de IAS 12 révisée, IAS 40
« Immeubles de placement et IAS 38 « Immobilisations incorporelles »)
c. Projets reportés : projets communs sur « Dépréciation d’actifs » et « Subventions publiques ».

Q Autres projets communs


Thèmes Situation
1. Regroupements d’entreprises (phase 2) FASB : FAS 141 R et IASB : IFRS 3 révisé
2. Instruments financiers (remplacement des IASB : Discussion paper publié
normes actuelles)
3. Présentation des états financiers IASB : IAS 1 révisée et délibérations conjointes en
cours
4. Immobilisations incorporelles Non inscrit sur les agendas du FASB et de l’IASB
5. Contrats de location Délibérations conjointes en cours
6. Distinction Dettes / Capitaux propres Discussion paper publié
7. Comptabilisation des produits Délibérations conjointes en cours
8. Consolidation Exposés sondages attendus
9. Décomptabilisation Exposés sondages attendus
10. Évaluation à la juste valeur FASB : norme publiée en 2006 ; IASB : Discussion
paper publié et discussions en cours
11. Avantages postemploi (y compris retraite) IASB : Discussion paper publié
S7151-F1/2 SÉRIE 01 43

Sur sept de ces thèmes, les deux Boards considèrent qu’ils ont dégagé des orientations communes qui
leur permettront d’aboutir à de nouvelles normes de haute qualité. Sur les autres thèmes, ils sont
encore à des étapes différentes du développement d’une nouvelle norme.
Les travaux sur ces projets doivent s’inscrire dans le contexte du projet commun de « cadre
conceptuel »1.
La SEC prévoit un calendrier de transition en vue d’une application obligatoire des IFRS par les
émetteurs américains de manière progressive à partir de 2014. La décision finale sur les modalités de
cette transition interviendrait en 2001, en fonction de la poursuite de l’amélioration des IFRS et de
l’évolution de la gouvernance de l’IASCF2.

b. Résultats attendus de la normalisation comptable internationale


Des résultats sont attendus à la fois en termes de méthodes de normalisation comptable et
d’informations comptables et financières.

Q Hybridation des méthodes de normalisation3 ?


On a pu opposer le mode de normalisation du FASB et celui de l’IASB. Le FASB procéderait selon
une normalisation par les règles (« rules based ») alors que l’IASB développerait une normalisation
par les principes (« principles based »). Peut-on réellement opposer les deux modes de normalisation ?
Selon Gélard (2006)4, l’opposition entre ces deux modes de normalisation ne serait pas fondée car ce
qui les différencie en fait est une question non de nature mais de degré, à savoir le degré de liberté
laissé dans le choix des méthodes comptables. L’objectif des US-GAAP aurait été jusqu’à une période
récente de ne laisser aucun choix.
Mais se pose alors la question de savoir où se situe la frontière entre une normalisation basée sur les
principes et une normalisation basée sur les principes.
Les US-GAAP auraient échoué en raison même de leur prescriptivité excessive. Si on fixe une
condition précise à l’application de la norme, la comptabilité créative intervient en effet facilement
pour modifier en amont la nature apparente de l’opération de façon à permettre ou écarter l’application
de la règle. Ainsi par exemple le classement en contrat de location-financement d’un contrat de
location si sa durée dépasse 90 % de la durée d’utilité du bien, ou le seuil de détention par une société
de 50 % et une voix dans le capital d’une autre qui détermine le traitement de celle-ci comme filiale.
L’accumulation de détails fait perdre de vue le principe. La situation inverse du seul énoncé de
principes n’éclaire cependant pas sur les modalités et le sens de leur application.
Mais cet éclairage est, en particulier, donné par le cadre conceptuel. Si ce dernier justifie en amont la
solution adoptée par la norme, il aide en aval à sa compréhension et à son application, sans qu’il soit
donc toujours nécessaire de développer tout un appareil d’explications. Ce mode opératoire relève
toutefois du « benchmarking », c’est-à-dire du meilleur choix dans le cas général, et non du « carcan ».

1IASB, Exposure Draft of « An improved Conceptual Framework for Financial Reporting : Chapter 1 : The Objective of Financial
Reporting ; Chapter 2 : Qualitative Characteristics and Constraints of Decision-useful Financial Reporting Information », mai 2008,
disponible sur www.iasb.org.uk
IASB, « Preliminary Views on an Improved Conceptual Framework for Financial Reporting: The Reporting Entity », mai 2008, disponible
sur www.isab.org.uk
IASB, « Fair Value Measurements – Part 1 : Invitation to Comment and Relevant IFRS Guidance », novembre 2006, disponible sur
www.isab.org.uk
IASB, « Fair Value Measurements – Part 2 : SFAS 157 Fair Value Measurements », novembre 2006, disponible sur www.isab.org.uk
2PriceWaterHouseCoopers, « Convergence des IFRS et des US GAAP. L’IASB et le FASB font le point », Feuillet rapide comptable,
Francis Lefebvre, n° 4/08, octobre 2008.
3 Hoarau C., « Convergences IFRS-US GaaP : vers une hybridation des modes de normalisation », Revue Sciences de Gestion, ISMEA,
ISEOR éditeur, n° 54, 2005.
4 Gélard G., « Démarche normative et cadre conceptuel », Revue française de comptabilité, n° 393, novembre 2006.
44 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

La reconnaissance par l’IASB du « rôle supplétif » du cadre conceptuel dans le choix des méthodes
comptables différencierait l’approche américaine du cadre conceptuel de celle de l’IASB et
expliquerait que les US-GAAP seraient longues et très détaillées par rapport à des IFRS, plus brèves et
peu détaillées.
L’avantage des US-GAAP est certes de conduire à une plus grande uniformité de l’information. La
question posée est cependant de savoir si cette uniformité n’est pas « forcée ou artificielle » au point
de nuire à une réelle comparabilité des informations fournies par les entreprises.
En outre, une normalisation à caractère mondial doit réfléchir au niveau de détail adéquat. L’énoncé
de principes accompagné d’une « littérature minimale d’accompagnement » serait le meilleur système,
dans la mesure où les IFRS à vocation mondiale se doivent d’échapper à un contexte juridique,
institutionnel ou social particulier.
Dans ces conditions, on peut s’interroger sur la convergence des deux référentiels. Elle pourrait
conduire à une meilleure articulation de leurs rôles respectifs, les principes prenant le pas sur les règles
ou en éclairant l’application, sans qu’il s’agisse pour autant d’un croisement au sens « génétique » du
terme.
La voie envisagée par la SEC d’une application des IFRS par les sociétés cotées américaines va dans
cette direction.

Q Généralisation des IFRS et amélioration de l’information financière1 ?


L’amélioration de l’information induite par la généralisation des IFRS se traduirait par une réduction
de l’asymétrie informationnelle, les IFRS étant d’une qualité supérieure à celle des normes
précédemment appliquées et ayant pour effet notamment de diminuer les options de comptabilisation.
Pourtant l’analyse des pratiques des entreprises ne démontre pas encore clairement une réduction des
manipulations de leurs résultats, bien que l’adoption des IFRS se soit accompagnée d’une tendance
à moins différer les pertes. La première application des IFRS a cependant pu être l’occasion pour
certaines entreprises d’apurer et solder des pertes antérieures.
Compte tenu de l’orientation des IFRS qui sont destinées aux investisseurs sur les marchés financiers,
on peut s’attendre à un accroissement de la pertinence boursière des chiffres comptables et
notamment à une réduction du « gap » entre la valeur comptable des entreprises cotées et leur valeur
boursière. Mais l’horizon temps des recherches déjà effectuées n’est pas suffisant pour aboutir à des
conclusions définitives.
La crise financière qui a mis en lumière le caractère « procyclique » des normes, lié notamment à
l’application de la juste valeur, permet de s’interroger à la fois sur un éventuel constat de cette
pertinence et sur l’objectif de « pertinence boursière » des normes. Faut-il en effet viser une pertinence
boursière des normes comptables ou reconnaître une différence normale entre évaluation boursière et
évaluation comptable, non seulement en raison des méthodes mais aussi en raison des objectifs ? Ce
serait sans doute reconnaître que des acteurs tels que les analystes financiers, les agences de notation
et autres établissements financiers ont aussi un rôle spécifique dans la « formation » de l’évaluation
des titres sur les marchés financiers.
Plusieurs études constateraient que l’amélioration de la qualité de l’information financière due à la
généralisation des IFRS aurait eu pour conséquence une réduction du coût du capital des entreprises
et de meilleures conditions d’emprunt.

1Raffournier B., « Comptabilité internationale », in Colasse B. (éd.), Encyclopédie de Comptabilité, Contrôle de gestion et Audit, 2e édition,
Economica, Paris, 2009.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 45

PARTIE 2 : ÉTATS FINANCIERS


Résumé
La norme IAS 1 prescrit la base de la présentation des états financiers à usage général, afin que les
états financiers de l’entité soient comparables entre eux dans le temps et avec ceux des autres entités.
Elle s’applique aux états financiers individuels ou consolidés mais pas aux états financiers
intermédiaires (IAS 34).
Sa terminologie est adaptée aux entités à but lucratif mais la description de certains postes peut être
modifiée en vue de son application aux entités à but non lucratif.
La norme énonce les dispositions générales relatives à la présentation, à la structure et au contenu
minimal des états financiers.
La première version de la norme sur la présentation des états financiers (IAS 1, révisée en 1997) a
conditionné la qualification d’états financiers conformes aux normes comptables internationales à
leur conformité à toutes les dispositions de chaque norme et interprétation.
Sa révision en décembre 2003 a interdit l’utilisation de la notion d’élément extraordinaire.
Sa dernière version, en date de novembre 2007, a été adoptée par l’Union européenne par le
règlement (CE) n° 1274/2008 de la Commission du 17 décembre 2008 (JOUE du 18 décembre
2008), qui la rend applicable au plus tard à la date d’ouverture du premier exercice commençant
après le 31 décembre 2008.

Les dispositions sur la présentation de l’information financière dans les états financiers sont principalement
développées dans la norme IAS 1. Une norme spécifique a été adoptée pour ce qui concerne les tableaux
des flux de trésorerie : IAS 7, document qui fait partie des états financiers. D’autres normes portent sur
l’information sectorielle : IFRS 8 « Les secteurs opérationnels » et sur l’information financière
intermédiaire : IAS 34 (voir Série relative aux « Compléments et approfondissements »).
Cette partie développe plus particulièrement les dispositions générales de la norme IAS 1. La norme
IAS 7 est analysée distinctement. L’étude des notes attachées aux états financiers est suivie de celle de
la norme IAS 8 sur « Méthodes comptables, changements d’estimations comptables et erreurs ».

SECTION 1. ÉLÉMENTS INTRODUCTIFS (IAS 1)

1.1 Objectif et champ d’application de la norme


L’objectif de la norme est énoncé ainsi au § 1 (2007) :
L’objectif de la présente norme est de prescrire une base de présentation des états financiers
à usage général, afin qu’ils soient comparables tant aux états financiers de l’entité pour les
périodes antérieures qu’aux états financiers d’autres entités. Pour atteindre cet objectif, la
présente norme énonce les dispositions générales relatives à la présentation des états
financiers, des lignes directrices concernant leur structure et les dispositions minimales en
matière de contenu.
Mais la comptabilisation, l’évaluation et l’information à fournir concernant des transactions
spécifiques et autres événements sont l’objet d’autres normes et interprétations (§ 3, 2007).
Le champ d’application s’étend aussi bien aux comptes individuels qu’aux comptes consolidés, mais
pas aux états financiers intermédiaires (§ 4, 2007).
« L’entité doit appliquer la présente norme pour établir et présenter les états financiers à usage général
selon les normes internationales d’information financière (IFRS) » (§ 2, 2007).
La terminologie de la norme, adaptée aux entités à but lucratif, y compris les entités commerciales du
secteur public, peut être modifiée pour s’appliquer à toute entité à but non lucratif du secteur privé ou
public.
46 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

1.2 Définitions
La norme donne, entre autres, la définition des termes suivants :
– Les états financiers (à usage général) : ce sont les états destinés à répondre aux besoins des
utilisateurs qui ne sont pas en mesure d’exiger que l’entité prépare des rapports financiers adaptés à
leurs besoins particuliers d’informations.
– Significatif : sont significatives les omissions ou inexactitudes qui peuvent, individuellement ou
collectivement, influencer les décisions économiques que prennent les utilisateurs sur la base des
états financiers. Selon la norme, deux facteurs sont à prendre en considération :
W L’un se rapporte aux caractéristiques de l’omission ou de l’inexactitude : sa taille, sa nature,
compte tenu des circonstances.
W L’autre se rapporte aux caractéristiques des utilisateurs, qui, comme il est rappelé et selon le
Cadre comptable conceptuel, « sont supposés avoir une connaissance raisonnable des affaires et
des activités économiques et de la comptabilité et une volonté d’étudier l’information d’une
façon raisonnablement diligente ».
– Les propriétaires : ils sont les porteurs d’instruments classés comme capitaux propres.

1.3 Objet et composition des états financiers


L’objet des états financiers :
§ 9, 2007 : Les états financiers sont une représentation structurée de la situation financière
et de la performance financière d’une entité. L’objectif des états financiers est de fournir
des informations sur la situation financière, la performance financière et les flux de
trésorerie de l’entité qui soient utiles à un large éventail d’utilisateurs pour la prise de
décisions économiques. Les états financiers montrent également les résultats de la gestion
par la direction des ressources qui lui sont confiées.
Pour remplir cet objectif, les états financiers de l’entité fournissent des informations sur ses actifs, ses
passifs, ses capitaux propres, ses produits et charges, les apports des propriétaires agissant en cette
qualité et ses flux de trésorerie.
§ 9, 2007 : Ces informations, accompagnées des autres informations fournies dans les
notes, aident les utilisateurs des états financiers à prévoir les flux de trésorerie futurs de
l’entité, en particulier leurs échéances et leur degré de certitude.
La norme décline les différents états que comprend un jeu complet d’états financiers :
– un état de la situation financière à la fin de la période,
– un état du résultat global de la période,
– un état des variations des capitaux propres de la période,
– un état des flux de trésorerie de la période,
– des notes, contenant un résumé des principales méthodes comptables et d’autres informations
explicatives,
– un état de la situation financière au début de la première période de comparaison en cas de
changement de méthode appliquée de façon rétroactive ou de retraitement rétroactif ou de
reclassement d’éléments des états financiers.
Cette déclinaison justifie l’utilisation du terme « état » pour chacun des documents particuliers, sauf
les notes (annexe). Mais l’entité a la possibilité d’utiliser d’autres titres pour ces états, à savoir les
titres plus usuels : bilan, compte de résultat, tableau des flux de trésorerie.
La présentation adoptée du jeu complet des états financiers doit donner à chacun la même importance,
sans hiérarchisation entre eux.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 47

En outre, IAS 1 reconnaît que de nombreuses entités présentent en dehors des états financiers :
– un rapport de gestion décrivant et expliquant les principales caractéristiques de la performance
financière et de la situation financière de l’entité ainsi que les principales incertitudes auxquelles
elle est confrontée (§ 13, 2007). Ce rapport peut comporter une analyse :
(a) des principaux facteurs et influences déterminant la performance financière, y compris
les changements de l’environnement dans lequel opère l’entité, la réaction de l’entité face à
ces changements et leurs effets ainsi que la politique d’investissement de l’entité en vue de
maintenir et d’améliorer sa performance financière, y compris sa politique en matière de
dividendes ;
(b) des sources de financement de l’entité et de ses objectifs de ratio de dettes sur capitaux
propres ;
(c) des ressources de l’entité qui ne sont pas comptabilisées dans l’état de la situation
financière conformément aux IFRS.
– des rapports et des états tels que des rapports sur l’environnement et des états à valeur ajoutée, en
particulier dans des secteurs d’activité où les facteurs environnementaux sont significatifs et où les
membres du personnel sont considérés comme un groupe d’utilisateurs important (§ 14, 2007).
Ces états supplémentaires, présentés en dehors des états financiers, n’entrent pas dans le champ
d’application des IFRS.

1.4 Fréquence de l’information financière


Les états financiers complets doivent être présentés au minimum une fois par an (§ 36).

En cas de période plus longue ou plus courte que l’année, l’entité doit en justifier et indiquer que les
états financiers ne sont pas totalement comparables. La norme autorise en particulier que l’exercice
puisse correspondre pour des raisons pratiques à une période de 52 semaines (§ 37, 2007).

SECTION 2. CONFORMITÉ DES ÉTATS FINANCIERS AUX IFRS

Le champ d’application s’étend aussi bien aux comptes individuels qu’aux comptes consolidés, mais
pas aux états financiers intermédiaires (§ 4, 2007).
L’identification du référentiel utilisé pour l’établissement des états financiers est importante pour
l’utilisateur des états financiers. Il s’agit également d’un enjeu fondamental pour l’organisme qui est à
l’origine de ce référentiel. En effet, les états financiers traduisent la qualité des normes qu’il a
élaborées mais aussi, et en sens contraire, illustrent et servent son pouvoir normalisateur, c’est-à-dire
sa capacité à imposer ses normes.
Il est donc important pour le normalisateur de défendre « sa marque de fabrique » et de veiller aux
conditions de son utilisation.
Ce souci d’identification des états financiers IFRS, précédemment IAS, a été introduit par la première
version de l’IAS 1 consacrée à la « Présentation des états financiers » et adoptée en 1997. Cette
identification s’appuie sur l’objectif de l’image fidèle, dont l’obtention est réalisée par l’application
des normes IFRS selon des modalités explicitées par les hypothèses de base et les caractéristiques
qualitatives reprises du Cadre conceptuel par la norme IAS 1.
48 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

2.1 Image fidèle


§ 15, 2007 : Les états financiers doivent présenter une image fidèle de la situation
financière, de la performance financière et des flux de trésorerie d’une entité. La
présentation d’une image fidèle nécessite une représentation fidèle des effets des
transactions, autres événements et conditions selon les définitions et les critères de
comptabilisation des actifs, des passifs, des produits et des charges exposés dans le Cadre.
L’application des IFRS, accompagnée de la présentation d’informations supplémentaires
lorsque nécessaire, est présumée conduire à des états financiers qui donnent une image
fidèle.
Cette disposition peut être mise en parallèle avec la disposition correspondante de la 4e directive
européenne sur les comptes annuels :
Article 2 § 3 : Les comptes annuels doivent donner une image fidèle du patrimoine, de la
situation financière ainsi que des résultats de la société.
Article 2 § 4 : Lorsque l’application de la présente directive ne suffit pas pour donner
l’image fidèle visée au paragraphe 3, des informations complémentaires doivent être
fournies.
IAS 1 utilise des expressions à caractère plus économique et général, écartant des termes d’acception
plus juridique (patrimoine). Elle part d’une présomption d’obtention de l’image fidèle grâce à
l’application du référentiel comptable.
Cette présomption de la qualité des normes est développée de deux façons :
En énonçant que, dans quasiment toutes les circonstances, l’entité présente une image fidèle
par le seul fait de se conformer aux IFRS (§ 17, 2007) et
En soulignant que sont extrêmement rares les circonstances où la direction estime que le
respect d’une disposition d’une IFRS serait trompeur au point d’être contraire à l’objectif
des états financiers et où l’entité doit s’écarter de cette disposition (§ 19, 2007).
Si le cadre réglementaire permet cet écart, elle le fait en indiquant clairement la disposition
dont elle s’écarte et l’effet financier de cet écart. Sinon, elle réduit l’effet trompeur de
l’application de la disposition contestée par des informations complémentaires et non par
une dérogation à cette disposition.

2.2 Respect de toutes les normes


§ 16, 2007 : Une entité dont les états financiers sont conformes aux IFRS doit procéder à
une déclaration explicite et sans réserve de cette conformité dans les notes. L’entité ne doit
décrire les états financiers comme étant conformes aux IFRS que s’ils sont conformes à
toutes les dispositions des IFRS.

ILLUSTRATION

Extrait du rapport annuel de Nestlé (2005)


Les états financiers consolidés sont conformes aux normes comptables internationales
(normes IFRS) publiées par l’International Accounting Standards Board (IASB) ainsi
qu’aux interprétations publiées par l’International Financial Reporting Interpretations
Committee (IFRIC).

En d’autres termes, appliquer le référentiel IFRS entraîne l’obligation de retenir toutes les solutions
techniques prévues par l’ensemble des normes IAS et IFRS, y compris les interprétations SIC et
IFRIC.
Dans la mesure où les entités qui relèvent du droit communautaire de l’Union européenne ne peuvent
pas appliquer la totalité des normes IFRS adoptées par l’IASB pour l’établissement de leurs états
S7151-F1/2 SÉRIE 01 49

financiers consolidés, leurs états financiers ne sont pas conformes aux IFRS. Elles utilisent une
formule différente selon l’exemple suivant :

ILLUSTRATION

Extrait du rapport annuel de GDF Suez (2008)


Au 31 décembre 2008, les états financiers consolidés annuels du Groupe sont établis
conformément au référentiel IFRS tel que publié par l’IASB et adopté par l’Union
européenne (1).
(1) Référentiel disponible sur le site Internet de la Commission européenne
http://ec.europa.eu/internal-market/accounting/

2.3 Hypothèses de base et caractéristiques qualitatives


L’entité doit appliquer les normes IFRS en établissant les états financiers :
– sur une base de continuité d’exploitation, sauf si la direction a l’intention ou n’a pas d’autre
solution réaliste que de liquider l’entité ou de cesser son activité (§ 25, 2007),
– en utilisant la méthode de la comptabilité d’engagement, sauf pour les informations relatives aux
flux de trésorerie (§ 27, 2007),
– en présentant séparément chaque catégorie significative d’éléments similaires et les éléments de
nature et de fonction dissemblables, sauf s’ils sont non significatifs (principe d’importance relative
et regroupement) (§ 29, 2007),
– sans compenser les actifs et les passifs ou les produits et les charges, sauf si cette compensation
est imposée ou autorisée par une IFRS (§ 32, 2007),
– en présentant les informations comparatives au titre de la période précédente pour tous les
montants figurant dans les états financiers de la période IFRS (§ 38, 2007),
– dans le respect de la permanence de la présentation et du classement des postes dans les états
financiers d’une période à l’autre (§ 45, 2007).

2.4 Identification des états financiers


Les états financiers doivent être clairement identifiés et distingués des autres informations figurant
dans le même document publié (§ 49, 2007).
Doivent être précisées (§ 51, 2007) :
– l’identité de l’entité présentant les états financiers,
– la nature des comptes (individuels ou consolidés),
– la date de fin de la période de reporting ou de la période couverte par les états financiers,
– la monnaie de présentation et le niveau d’arrondi (milliers… millions d’unités monétaires).

SECTION 3. BILAN OU ÉTAT DE LA SITUATION FINANCIÈRE

3.1 Structure du bilan


Le bilan est établi selon une présentation courant/non courant (§ 60). Mais une entité peut néanmoins
choisir la présentation selon le critère de liquidité, si cette dernière apporte des informations fiables et
plus pertinentes.
Quelle que soit la méthode de présentation adoptée, pour chaque ligne d’éléments d’actif et de passif
comprenant des montants qu’elle s’attend à recouvrer ou à régler, l’entité doit indiquer la partie
qu’elle s’attend à recouvrer ou à régler au-delà de 12 mois (§ 61).
50 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Le § 65 précise que les informations sur les dates d’échéance des actifs et des passifs sont utiles pour
évaluer la liquidité et la solvabilité d’une entité.

3.2 Actifs et passifs courants


§ 66 : L’entité doit classer un actif en tant qu’actif courant lorsque :
(a) elle s’attend à pouvoir réaliser l’actif ou qu’elle entend le vendre ou le consommer dans
son cycle d’exploitation normal ;
(b) elle détient l’actif principalement aux fins d’être négocié ;
(c) elle s’attend à réaliser cet actif dans les douze mois qui suivent la période de reporting ;
(d) l’actif se compose de trésorerie ou d’équivalent de trésorerie (tels que définis dans
IAS 7), sauf s’il ne peut être échangé ou utilisé pour régler un passif pendant au moins
douze mois après la période de reporting.
Le cycle d’exploitation d’une entité correspond à la période qui s’écoule entre, d’une part,
l’acquisition d’actifs en vue de leur transformation et, d’autre part, leur réalisation sous forme de
trésorerie ou d’équivalents de trésorerie. Sa durée est présumée de 12 mois (§ 68).
Le § 68 de la norme précise que font partie de l’actif courant :
– les éléments du cycle d’exploitation tels que les stocks et les clients même s’ils doivent être réalisés
dans plus de 12 mois ;
– la partie à court terme des actifs financiers non courants,
– les actifs financiers classés comme des actifs détenus à des fins de transaction (selon IAS 39).
Tous les autres actifs doivent être classés en tant qu’actifs non courants, à savoir notamment : les
immobilisations corporelles, les immobilisations incorporelles et les actifs financiers destinés à être
détenus pour une longue durée.
§ 69 : L’entité doit classer un passif en tant que passif courant lorsque :
(a) elle s’attend à régler le passif au cours de son cycle d’exploitation normal ;
(b) elle détient le passif principalement aux fins d’être négocié ;
(c) le passif doit être réglé dans les douze mois qui suivent la période de reporting ;
(d) l’entité ne dispose pas d’un droit inconditionnel de différer le règlement du passif pour
au moins douze mois après la période de reporting.
Tous les autres passifs doivent être classés en tant que passifs non courants, notamment les passifs
financiers qui assurent un financement à long terme.
De manière symétrique au § 68, le § 70 de la norme précise que font partie du passif courant :
– les éléments du cycle d’exploitation tels que les fournisseurs et certaines dettes liées au personnel
et d’autres coûts opérationnels, même s’ils doivent être réglés plus de 12 mois après la période de
reporting ;
– la partie à court terme des passifs financiers non courants ;
– les découverts bancaires, les dividendes à payer, les impôts sur le résultat et autres créditeurs non
commerciaux ;
– les passifs financiers détenus à des fins de transactions.
L’entité classe ses passifs financiers en passifs courants lorsqu’ils doivent être réglés dans les 12 mois
qui suivent la fin de la période de reporting, même si :
– l’échéance d’origine était fixée à plus de 12 mois ; et
– un accord de refinancement ou de rééchelonnement des paiements à long terme est conclu après la
période de reporting et avant la date d’autorisation de publication des états financiers (§ 72).

ILLUSTRATION

Voir les « fonds étrangers courants » et les « actifs non courants » au bilan de Nestlé 2007 (ci-après).
S7151-F1/2 SÉRIE 01 51

3.3 Postes à présenter au minimum au bilan


La norme IAS 1 ne prescrit aucun ordre ou format de présentation du bilan (§ 57). Néanmoins le § 54
donne la liste des postes et des informations que doit comporter au minimum le bilan. L’entité juge s’il
y a lieu de présenter des postes supplémentaires, en tenant compte pour les actifs : de leur nature, de
leur liquidité et de leur fonction au sein de l’entité, et pour les passifs de leur montant, de leur nature et
de leur échéance.
Les postes imposés par le § 54 sont les suivants :
(a) immobilisations corporelles ;
(b) immeubles de placement ;
(c) immobilisations incorporelles ;
(d) actifs financiers (à l’exclusion des montants indiqués selon (e), (h) et (i)) ;
(e) participations comptabilisées selon la méthode de la mise en équivalence ;
(f) actifs biologiques ;
(g) stocks ;
(h) clients et autres débiteurs ;
(i) trésorerie et équivalents de trésorerie ;
(j) le total des actifs classés comme étant détenus en vue de la vente et les actifs inclus dans
des groupes destinés à être cédés qui sont classés comme détenus en vue de la vente
(IFRS 5) ;
(k) fournisseurs et autres créditeurs ;
(l) provisions ;
(m) passifs financiers (à l’exclusion des montants indiqués selon (k) et (l)) ;
(n) passifs et actifs d’impôt exigible, tels que définis dans IAS 12 Impôts sur le résultat ;
(o) passifs et actifs d’impôt différé, tels que définis dans IAS 12 ;
(p) passifs inclus dans des groupes destinés à être cédés qui sont classés comme détenus en
vue de la vente (IFRS 5)
(q) participation ne donnant pas le contrôle (intérêts minoritaires, présentés au sein des
capitaux propres) ;
(r) capital émis et réserves attribuables aux porteurs de capitaux propres de la société mère.
IAS 1 ne précise pas que l’actif du bilan doit comporter une colonne valeur brute, une colonne
dépréciation (et amortissements) et une colonne valeur nette, contrairement à la présentation
préconisée par le PCG.
Lorsque l’entité présente séparément les actifs courants et non courants et les passifs courants et non
courants dans son bilan, elle ne doit pas classer les actifs et passifs d’impôts différés comme actifs et
passifs courants.

3.4 Informations à présenter soit au bilan, soit dans les notes


Selon le § 77 : L’entité doit indiquer, soit au bilan, soit dans les notes, des subdivisions
complémentaires aux postes présentés, classées d’une manière adaptée à l’activité de l’entité.
Le § 78 donne des exemples de subdivision : ventilation des immobilisations corporelles par
catégories, ventilation des créances en créances clients, créances à recevoir des parties liées...,
ventilation des stocks en matières premières, produits finis…, etc.
Le § 79 donne la liste des informations qui doivent être fournies soit au bilan, soit dans l’état des
variations des capitaux propres, soit dans les notes :
a) pour chaque catégorie d’actions :
(i) le nombre d’actions autorisées ;
(ii) le nombre d’actions émises et entièrement libérées et le nombre d’actions émises
et non entièrement libérées ;
(iii) la valeur nominale des actions ou le fait que les actions n’ont pas de valeur
nominale ;
52 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

(iv) un rapprochement entre le nombre d’actions en circulation au début et en fin


d’exercice ;
(v) les droits, privilèges et restrictions attachés à cette catégorie d’actions, y compris
les restrictions relatives à la distribution de dividendes et au remboursement du
capital ;
(vi) les actions de l’entité détenues par elle-même ou par ses filiales ou entités
associées ;
(vii) les actions réservées pour une émission dans le cadre d’options et de contrats de
vente, y compris les modalités et les montants ;
b) une description de la nature et de l’objet de chacune des réserves figurant dans les
capitaux propres.

ILLUSTRATION

Bilan consolidé de Nestlé au 31 décembre 2007


En millions de CHF Notes 2007 2006

Actif

Actifs courants
Disponibilités 18 6 594 5 278
Liquidités et équivalents de liquidités 2 902 6 197
Placements à court terme 9 496 11 475

Clients et autres débiteurs 8/18 15 421 14 577


Actifs destinés à être cédés 25 22 74
Stocks 10 9 272 8 029
Instruments financiers dérivés actifs 9/18 754 556
Comptes de régularisation actifs 805 594
Total des actifs courants 35 770 35 305

Actifs non courants 11


Immobilisations corporelles
Valeur brute 49 474 47 077
Amortissement et perte de valeur cumulés (27 409) (26 847)
22 065 20 230
Participations dans les sociétés associées 6 8 936 8 430
Impôts différés actifs 16 2 224 2 433
Immobilisations financières 18 4 213 2 778
Préfinancement des régimes de prévoyance 14 811 343
Goodwill 12 33 423 28 513
Immobilisations incorporelles 7 217 3 773
Total des actifs non courants 78 889 66 500

Total de l’actif 114 659 101 805


S7151-F1/2 SÉRIE 01 53

Bilan consolidé de Nestlé au 31 décembre 2007 (suite)


En millions de CHF Notes 2007 2006

Passif

Fonds étrangers courants


Fournisseurs et autres créanciers 18 14 179 12 572
Passifs directement liés à des actifs 25 7 -
destinés à être cédés
Dettes financières 18 24 541 15 494
Dettes fiscales 856 884
Instruments financiers dérivés passifs 9/18 477 470
Comptes de régularisation passif 3 766 3 059
Total des fonds étrangers courants 43 326 32 479

Fonds étrangers non courants


Dettes financières 18 6 129 6 952
Engagements envers le personnel 14 5 165 5 415
Impôts différés passifs 16 1 398 706
Autres créanciers 1 091 366
Provisions 17 3 316 3 039
Total des fonds étrangers non courants 17 099 16 478

Total des fonds étrangers 60 425 48 957

Fonds propres 20 393 401


Capital-actions (a)
Primes et réserves
Primes à l'émission (a) 5 883 5 926
Réserve pour propres actions (a) 7 839 4 550
Écarts de conversion (6 302) (5 205)
Bénéfices accumulés (a) 52 285 49 963
59 705 55 234
Actions détenues en propre (a) (8 013)
Total des fonds propres attribuables aux 52 085 50 991
actionnaires de la société mère
Actionnaires minoritaires 2 149 1 857
Total des fonds propres 54 234 52 848

Total du passif 114 659 101 805


(a) Lors de l'assemblée générale du 19 avril 2007, les actionnaires ont ratifié l'annulation de 7 663 200 actions.

SECTION 4. ÉTAT DU RÉSULTAT GLOBAL

4.1 Structure de l’état du résultat global


Dans la perspective de définir, à plus ou moins long terme, un état qui permette d’apprécier de la
meilleure manière possible la performance de l’entité, l’IASB a élaboré un état du résultat global, qui
cherche à présenter et combiner la mesure de la performance de la gestion proprement dite, ou du
management, et la mesure de la performance globale de l’entité.
54 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Aussi l’état du résultat global est-il construit selon une structure à deux étages :
– d’une part, le compte de résultat, détaillant les composantes du résultat en produits et charges, et
– d’autre part, l’état du résultat global, commençant par le résultat et détaillant les autres éléments du
résultat global.
Ces 2 états peuvent être présentés séparément l’un à la suite de l’autre ou ne former qu’un seul état en
2 parties.
L’entité a le choix entre une présentation des charges par nature ou bien par fonction (§ 99). Mais les
composantes de la performance financière font l’objet d’une subdivision afin de les mettre en évidence
selon leur fréquence, leur potentiel de profit ou de perte et leur prévisibilité.
Comme pour le bilan, la norme IAS 1 ne prescrit aucun ordre ou format de présentation du compte de
résultat et de l’état du résultat global mais elle donne la liste des postes qui doivent y figurer.

4.2 Postes à présenter au minimum dans l’état du résultat global


Au minimum, l’état du résultat global comporte les postes suivants au titre de la période (§ 82) :
(a) les produits des activités ordinaires,
(b) les charges financières,
(c) la quote-part dans le résultat des entités associées et des coentreprises comptabilisées
selon la méthode de la mise en équivalence,
(d) la charge d’impôt sur le résultat,
(e) un montant unique représentant le total :
(i) du profit ou de la perte après impôt des activités abandonnées ;
(ii) du profit ou de la perte après impôt comptabilisé(e) résultant de l’évaluation à la
juste valeur diminuée des coûts de la vente ou de la cession des actifs ou du (des)
groupe(s) destiné(s) à être cédés(s) constituant l’activité abandonnée.
(f) le résultat,
(g) chaque composante des autres éléments du résultat global classée par nature (à
l’exception des montants en (h)),
(h) la quote-part des autres éléments de résultat global des entités associées et des
coentreprises comptabilisées selon la méthode de la mise en équivalence,
(i) le résultat global total.

Le résultat de la période
Il comprend tous les éléments de produits et de charges de la période, sauf cas prévus par les IFRS
(exemple : IAS 8 pour les corrections d’erreurs et l’effet des changements de méthodes).
Dans l’état du résultat global, l’entité doit présenter les affectations du résultat de la période et du
résultat global total entre les détenteurs des participations ne donnant pas le contrôle (intérêts
minoritaires) et les propriétaires de la société mère.
L’entité doit présenter des postes supplémentaires lorsque leur présentation est pertinente pour aider à
comprendre la performance financière de l’entité. Mais elle ne doit pas présenter des produits ou des
charges en tant qu’éléments extraordinaires.

Les autres éléments du résultat global


Ils comprennent (§ 7) :
(a) les variations de l’excédent de réévaluation (IAS 16 et 38),
(b) les écarts actuariels sur l’obligation au titre des prestations définies (IAS 19 § 93 A),
(c) les profits et les pertes résultant de la conversion des états financiers d’une activité à
l’étranger (IAS 21),
(d) les profits et les pertes relatifs à la réévaluation d’actifs financiers disponibles à la vente
(IAS 39),
(e) la partie efficace des profits et pertes sur instruments de couverture dans une couverture
de flux de trésorerie (IAS 39).
S7151-F1/2 SÉRIE 01 55

Le montant d’impôt relatif à chaque autre élément du résultat global, y compris les ajustements de
reclassements, est présenté soit dans l’état de résultat global, soit dans les notes.

Les ajustements de reclassement


Ils correspondent aux montants antérieurement comptabilisés en autres éléments du résultat global qui
sont reclassés (« recyclés ») dans le résultat. Ils surviennent lors de :
– la sortie d’une activité à l’étranger (IAS 21),
– la décomptabilisation d’actifs financiers disponibles à la vente (IAS 39),
– une transaction future affectant le résultat (IAS 39).
Ils ne comprennent pas :
– les variations des écarts de réévaluation : elles peuvent être transférées aux résultats non distribués
au cours de périodes ultérieures au fur et à mesure de l’utilisation de l’actif ou lors de sa
décomptabilisation (IAS 16 et 38) ;
– les écarts actuariels ; ils sont présentés dans les « résultats non distribués » de la période au cours
de laquelle ils sont comptabilisés en « autres éléments du résultat global ».
Les ajustements de reclassement sont présentés soit dans l’état du résultat global, soit dans les notes.
Dans ce dernier cas, les autres éléments du résultat global sont présentés nets des ajustements de
reclassement.

4.3 Informations à présenter soit dans l’état du résultat global, soit dans les notes
L’entité doit indiquer séparément la nature et le montant des éléments de produits et de charges qui
sont significatifs.

Les entités classant les charges par fonction doivent fournir des informations supplémentaires sur la
nature des charges, y compris les dotations aux amortissements et les frais de personnel (§ 104).
Entre la méthode d’analyse des charges par nature et par fonction, la direction sélectionne la
présentation la plus pertinente et la plus fiable.
La méthode de l’analyse des charges par nature est considérée par la norme comme une méthode
simple à appliquer dans la mesure où elle ne nécessite aucune affectation des charges aux différentes
fonctions. Dans ces conditions, cette affectation, qui relève de la comptabilité de gestion, est dissociée
de la comptabilité financière.
L’indicateur de départ est « la production de l’exercice », à savoir le chiffre d’affaires (production
vendue évaluée au prix de vente), corrigé de la production stockée (au coût de production) et,
éventuellement, de la production immobilisée (au coût de production). Il permet de déterminer la
valeur ajoutée par diminution du montant des consommations externes.
Dans la méthode de l’analyse des charges par fonction, aussi appelée méthode du « coût des ventes »,
les charges sont réparties sur le coût des ventes et, par exemple, le coût des activités commerciales ou
administratives ou autres, en fonction de la nature des activités de l’entreprise. Cette méthode suppose
une connexion de la comptabilité de gestion avec la comptabilité financière. Selon la norme, elle peut
fournir des informations plus pertinentes pour les utilisateurs.
Mais la norme reconnaît qu’elle peut nécessiter des affectations arbitraires. L’affectation des charges
aux différentes fonctions de l’entité échappe à la normalisation car sa nécessaire adaptation au cas de
chaque entité implique une part de jugement considérable : nature et périmètre des fonctions, méthode
de rattachement des charges, etc.
Cette méthode fait également disparaître des informations, que la norme demande donc de présenter
en informations supplémentaires.

Chaque poste du compte de résultat doit renvoyer à l’information correspondante dans les notes
annexes (§ 113).
56 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

ILLUSTRATION

Compte de résultat consolidé de Nestlé (2007) en millions de francs suisses


En millions de CHF Notes 2007 2006

Chiffre d’affaires 1 107 552 98 458


Coût des produits vendus (45 037) (40 713)
Frais de distribution (9 104) (8 244)
Frais de commercialisation et d’administration (36 512) (34 465)
Frais de recherche et développement (1 875) (1 734)
EBIT Earnings Before Interest, Taxes restructuring and impairments* 1 15 024 13 302

Revenus (charges) divers(es) net(te)s 2 (590) (516)


Bénéfice avant coût financier net et impôts 14 434 12 786

Coût financier net 3


Produits financiers 576 537
Charges financières (1 492) (1 218)
(916) (681)
Bénéfice avant impôts et sociétés associées 13 518 12 105
Impôts (3 416) (3 293)
Quote-part dans les résultats des sociétés associées 5 1 280 963
Bénéfice provenant des activités poursuivies 6 11 382 9 775

Bénéfice/(perte)net(te) des activités abandonnées 25 - 74


Bénéfice de la période 11 382 9 849
Attribuable aux actionnaires minoritaires 733 652
Attribuable aux actionnaires de la société mère (Bénéfice 10 649 9 197
net)

En % du chiffre d’affaires
EBIT Earnings Before Interest, Restructuring and impairments* 14,0 % 13,5 %
Bénéfice de la période attribuable aux actionnaires de la 9,9 % 9,3 %
société mère (Bénéfice net)

Bénéfice par action provenant des activités poursuivies


(en CHF)
Bénéfice de base par action 7 27,81 23,71
Bénéfice dilué par action 7 27,61 23,56
* Résultat d’exploitation avant intérêts, impôts, frais de restructuration et perte de valeur d'actifs

SECTION 5. ÉTAT DES VARIATIONS DES CAPITAUX PROPRES

5.1 Évolution de l’état des variations des capitaux propres


L’IAS 1 § 106 demande que les entités publient des informations concernant la variation des capitaux
propres dans un document particulier inclus dans les états financiers. Ainsi, ces informations, souvent
publiées sous forme de tableau, sont à côté du bilan, de l’état du résultat global, de l’annexe et du
tableau des flux de trésorerie, le 5e élément d’un rapport annuel en normes IFRS (cf. aussi l’IAS 1
§ 10). Cela est un point de divergence entre les normes françaises et les normes internationales parce
S7151-F1/2 SÉRIE 01 57

que le règlement CRC 99-02 demande d’inclure les informations sur les variations des capitaux
propres dans l’annexe.
Cet état présente une évolution de IAS 1 entre sa version 2003 et sa version 2007. Les changements
sont la conséquence de ceux qui sont intervenus pour le compte de résultat transformé en état du
résultat global.
Dans la version 2003, l’état des variations des capitaux propres intégrait chacun des éléments de
produits et de charges de la période comptabilisés directement en capitaux propres, comme imposé par
d’autres normes ou par des interprétations, ainsi que le total de ces éléments.
Ces éléments sont désormais (version 2007) comptabilisés en « autres éléments du résultat global » et
additionnés au résultat de la période pour déterminer le résultat global. Ce dernier solde constitue alors
le point de départ pour l’établissement de l’état des variations des capitaux propres.

5.2 Structure de l’état des variations des capitaux propres


L’état des variations des capitaux propres est en conséquence structuré de la manière suivante (IAS 1
§ 106) :
(a) le résultat global total de la période, présentant séparément les montants totaux
attribuables aux propriétaires de la société mère et aux détenteurs des participations ne
donnant pas le contrôle (intérêts minoritaires),
(b) pour chaque composante des capitaux propres, les effets d’une application rétrospective
ou d’un retraitement rétrospectif comptabilisés selon IAS 8,
(c) les montants des transactions avec les propriétaires agissant en cette qualité, présentant
séparément les contributions des propriétaires et les distributions aux propriétaires et
(d) pour chaque composante des capitaux propres, un rapprochement entre la valeur
comptable en début et en fin de période, indiquant séparément chaque élément de
variation.
L’entité doit indiquer, soit dans l’état des variations des capitaux propres, soit dans les
notes, le montant des dividendes comptabilisés au titre des distributions aux propriétaires
au cours de la période, ainsi que le montant correspondant par action. (§ 107).
En fait, cette présentation est applicable pour les nouvelles périodes annuelles ouvertes à compter du
1er janvier. Sauf application anticipée, les états financiers 2008, établis selon les IFRS, se sont donc
conformés à la précédente présentation de l’état des variations des capitaux propres.
La variation des capitaux propres entre le début et la fin de la période de reporting reflètent
l’augmentation ou la diminution de l’actif net. Les variations des capitaux propres qui ne
correspondent pas au résultat global (corrigé de l’effet des changements de méthodes ou des
corrections d’erreurs : IAS 8) sont toutes les transactions avec les actionnaires.
En général, on peut distinguer les variations (« classiques ») suivantes qui sont dues à des transactions
avec les actionnaires :
Les variations du capital social/souscrit :
– augmentation de capital en numéraire consécutive à une émission d’actions,
– levée d’options de souscription d’actions donnant lieu à la création d’actions nouvelles,
– conversion de bons de souscription en actions,
– conversion d’obligations en actions, etc.
Les primes d’émission, de fusion et d’apport :
– primes d’émission découlant d’augmentation de capital en numéraire, ou sur conversion
d’obligations, ou sur conversion de bons de souscription, etc.
– l’IAS 32 prévoit dans son § 35 la déduction des frais d’augmentation de capital des
capitaux propres. En général, les frais sont ainsi imputés sur la prime d’émission. Ce
traitement correspond parfaitement à l’avis 2000-D du Comité d’urgence du CNC relatif au
traitement comptable des frais d’émission et d’acquisition de titres.
58 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Les variations de réserves :


– partie non distribuable,
– partie librement distribuable du report à nouveau.

REMARQUE
Les capitaux propres consolidés sont uniquement diminués par les dividendes versés par la société
mère. Les dividendes versés par les filiales, en revanche, ne modifient pas les capitaux propres
consolidés. En effet, ces dividendes diminuent les capitaux propres de la filiale distribuant les
dividendes mais ils augmentent en même temps le bénéfice de la société du groupe qui détient les
parts dans cette filiale.

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note 11, État des mouvements des fonds propres
Total des fonds
propres
Réserve Moins : Actionnaires Total des
Capital Primes à Écarts de Bénéfices attribuables
En millions de CHF pour propres propres minoritaires fonds
actions l’émission conversion accumulés aux
actions actions propres
actionnaires de
la société mère
Fonds propres au 31 décembre 401 5 926 4 550 (5 205) 49 963 (4 644) 50 991 1 857 52 848
2006 tels que publiés l’année
dernière

Total des profits et pertes (1 097) 10 520 9 423 656 10 079


comptabilisés au bilan
Distributions et transactions avec
les actionnaires de la société mère
Dividende concernant l’exercice (4 004) (4 004) (4 004)
précédent
Mouvement net des propres actions 4 442 (4 442) (4 290) (4 290) (4 290)
Résultat sur options et propres 232 (232) - -
actions détenues à des fins de
négoce
Livraison des paiements en actions (14) (35) 14 (35) (6) (41)
réglés en instruments de capitaux
propres
Réduction du capital-actions (8) (43) (1 139) 51 1 139 - -
Total des distributions et (8) (43) 3 289 (8 198) (3 369) (8 329) (6) (8 335)
transactions avec les actionnaires
Mouvement net avec les (358) (358)
actionnaires minoritaires
Fonds propres au 31 décembre 393 5 883 7 839 (6 302) 52 285 (8 013) 52 085 2 149 54 234
2007

Il est également obligatoire d’établir un document appelé « état du résultat global » (comprehensive
income statement). Dans cet état, on présente le résultat de la période (du compte de résultat) et les
« autres éléments du résultat global », qui sont les profits et pertes comptabilisés directement en
capitaux propres et donc non comptabilisés au compte de résultat.
Nestlé 2007 a choisi la présentation d’un état des « autres éléments du résultat global » distinct du
compte de résultat.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 59

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, État des profits et pertes comptabilisés au bilan pour l’exercice 2007
En millions de CHF Capital Primes à Réserve Écarts de Bénéfices Moins : Total des Actionnaires Total
actions l’émission pour conversion accumulés propres fonds minoritaires des
propres actions propres fonds
actions attribuables propres
aux
actionnaires
de la société
mère
Bénéfice de la période 10 649 10 649 733 11 382
comptabilisé au compte de
résultat
Écarts de conversion (1 097) (1 097) (98) (1 195)
Ajustements à la juste valeur des
instruments financiers destinés
à la vente
– Résultats non réalisés (15) (15) (15)
– Reprises de résultats réalisés au (18) (18) (18)
compte de résultat
Ajustements à la juste valeur des
couvertures de flux de trésorerie
– Inscrits dans la réserve de 94 94 94
couverture
– Repris de la réserve de (168) (168) (168)
couverture
Gains/(pertes) actuariel(le)s 600 600 (3) 597
résultant des régimes à
prestations définies
Variation des fonds propres des (631) (631) (631)
sociétés associées
Coût des paiements en actions 222 222 24 246
réglés en instruments de capitaux
propres
Effet fiscal sur éléments de fonds (213) (213) - (213)
propres
Profits et pertes comptabilisés (1 097) (129) (1 226) (77) (1 303)
directement dans les fonds
propres
Total des profits et pertes (1 087) 10 520 9 423 656 10 079
comptabilisés au bilan pour
l’exercice 2007

Dans les normes IFRS, les intérêts minoritaires (participations ne donnant pas le contrôle) sont inclus
dans les capitaux propres et figurent donc dans l’état des variations des capitaux propres et dans l’état
des autres éléments du résultat global. En revanche, les normes françaises excluent les intérêts
minoritaires des capitaux propres. Pour cette raison, le règlement CRC 99-02 prévoit explicitement la
possibilité d’établir à part un tableau de variation des intérêts minoritaires ou d’inclure volontairement
des informations appropriées dans le tableau de variation de capitaux propres.
60 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

5.3 Applications
Une société mère M détient 80 % d’une filiale F. Les bilans N –1 sont les suivants en millions
d’euros :

M (N –1)
ACTIF PASSIF
Immobilisations 240 Capital 300
Titres F (80 % du capital F) 160 Résultat 20
Dettes 80

F (N –1)
ACTIF PASSIF
Immobilisations 300 Capital 200
Résultat 60
Dettes 40

BILAN CONSOLIDÉ M+F en N –1


ACTIF PASSIF
Immobilisations (240 + 300) 540 Capital (300 + 200  80 % – 160) 300
Résultat attribuable aux actionnaires de M 68
(20 + 60  80 %)
Intérêts minoritaires ((200 + 60)  20 %) 52
Total Capitaux propres 420
Dettes (80 + 40) 120
TOTAL ACTIF 540 TOTAL PASSIF 540

NOTA BENE
Les « intérêts minoritaires » sont désignés sous l’appellation plus générale de « participations ne
donnant pas le contrôle » par IFRS 3 version 2008.

HYPOTHÈSE 1 : Distribution de dividendes de la société mère


En N, M distribue l’intégralité de son résultat (20) et F ne distribue aucun dividende. Les bilans sont
les suivants :

M (N)
ACTIF PASSIF
Immobilisations 240 Capital 300
Titres F 160 Résultat 0
Dettes 100
TOTAL ACTIF 400 TOTAL PASSIF 400

F (N)
ACTIF PASSIF
Immobilisations 400 Capital 200
Réserves 60
Résultat 50
Dettes 90
TOTAL ACTIF 400 TOTAL PASSIF 400
Établir le bilan consolidé et le tableau de variation des capitaux propres pour l’exercice N.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 61

HYPOTHÈSE 2 : Distribution de dividendes de la filiale


En N, F distribue l’intégralité de son résultat N –1 (60) et M ne distribue aucun dividende. Les bilans
sont les suivants :

M (N)
ACTIF PASSIF
Immobilisations 240 Capital 300
Titres F 160 Réserves 20
Trésorerie 48 Résultat 48
Dettes 80
TOTAL ACTIF 448 TOTAL PASSIF 448

F (N)
ACTIF PASSIF
Immobilisations 400 Capital 200
Résultat 50
Dettes 150
TOTAL ACTIF 400 TOTAL PASSIF 400
Établir le bilan consolidé et le tableau de variation des capitaux propres pour l’exercice N.

HYPOTHÈSE 3 : Augmentation de capital de la société mère


En N, M augmente son capital social de 200 par apports en numéraire. Les résultats N –1 de M et de F
ne sont pas distribués. Les bilans sont les suivants :

M (N)
ACTIF PASSIF
Immobilisations 240 Capital 500
Titres F 160 Réserves 20
Trésorerie 200 Résultat 0
Dettes 80
TOTAL ACTIF 600 TOTAL PASSIF 600

F (N)
ACTIF PASSIF
Immobilisations 400 Capital 200
Réserves 60
Résultat 50
Dettes 90
TOTAL ACTIF 400 TOTAL PASSIF 400
Établir le bilan consolidé et le tableau de variation des capitaux propres pour l’exercice N.
62 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

HYPOTHÈSE 4 : Augmentation du capital de la filiale avec maintien du pourcentage d’intérêts


de la société mère
F augmente son capital social de 150 par apports en numéraire (100 en capital social et 50 en prime
d’émission). M a souscrit 80 % de l’augmentation de capital. Après l’opération, les bilans sont les
suivants. M et F n’ont pas distribué de dividendes.

M (N)
ACTIF PASSIF
Immobilisations 240 Capital 300
Titres F (160 + 150  80 %) 280 Réserves 20
Résultat 0
Dettes 200
TOTAL ACTIF 520 TOTAL PASSIF 520

F (N)
ACTIF PASSIF
Immobilisations 400 Capital 300
Trésorerie 150 Prime d’émission 50
Réserves 60
Résultat 50
Dettes 90
TOTAL ACTIF 550 TOTAL PASSIF 550
Établir le bilan consolidé et le tableau de variation des capitaux propres pour l’exercice N.

Corrigé de l’application sur l’état des variations des capitaux propres


Corrigé hypothèse 1 : Distribution de dividendes de la société mère
En N, M distribue l’intégralité de son résultat (20) et F ne distribue aucun dividende.

BILAN CONSOLIDÉ M + F en N –1
ACTIF PASSIF
Immobilisations (240 + 300) 540 Capital (300 + 200  80 % – 160) 300
Résultat attribuable aux actionnaires de M (20 68
+ 60  80 %)
Intérêts minoritaires ((200 + 60)  20 %) 52
Total Capitaux propres 420
Dettes (80 + 40) 120
TOTAL ACTIF 540 TOTAL PASSIF 540

BILAN CONSOLIDÉ M + F en N
ACTIF PASSIF
Immobilisations (240 + 400) 640 Capital (300 + 200  80 % – 160) 300
Réserves consolidées (0 + 60  80 %) 48
Résultat attribuable aux actionnaires de M (0 40
+ 50  80 %)
Intérêts minoritaires 62
((200 + 60 + 50)  20 %)
Total Capitaux propres 450
Dettes (100 + 90) 190
TOTAL ACTIF 640 TOTAL PASSIF 640
S7151-F1/2 SÉRIE 01 63

Tableau de variation des capitaux propres N


Capitaux propres consolidés au 31/12/N –1 : 420
+ Résultat N attribuable aux actionnaires de M : + 40
+ Résultat N attribuable aux intérêts minoritaires (50  20 %) + 10
– Dividendes distribués par M : – 20
= Capitaux propres consolidés au 31/12/N : 450
Une distribution de dividendes de la société mère ne demande aucune correction lors de la
consolidation. À travers les comptes individuels de la société mère qui constituent la base pour
l’établissement des comptes consolidés, la distribution est déjà prise en compte par une diminution des
réserves. Puisque les réserves de la société mère baissent, les réserves consolidées et donc les capitaux
propres consolidés baissent. Par conséquent, cette variation doit apparaître au tableau de variation des
capitaux propres.
Corrigé hypothèse 2 : Distribution de dividendes de la filiale
En N, F distribue l’intégralité de son résultat N–1 (60) et M ne distribue aucun dividende.

BILAN CONSOLIDÉ M + F en N–1


ACTIF PASSIF
Immobilisations (240 + 300) 540 Capital (300 + 200  80 % – 160) 300
Résultat attribuable aux actionnaires de M 68
(20 + 60  80 %)
Intérêts minoritaires ((200 + 60)  20 %) 52
Total Capitaux propres 420
Dettes (80 + 40) 120
TOTAL ACTIF 540 TOTAL PASSIF 540

BILAN CONSOLIDÉ M + F en N
ACTIF PASSIF
Immobilisations (240 + 400) 640 Capital (300 + 200  80 % – 160) 300
Trésorerie 48 Réserves consolidées (20 + 48) 68
Résultat attribuable aux actionnaires de M 40
(48 – 48 + 80 %  50)
Intérêts minoritaires ((200 + 50)  20 %) 50
Total Capitaux propres 458
Dettes (80 + 150) 230
TOTAL ACTIF 688 TOTAL PASSIF 688

Remarques sur le bilan consolidé N :


Résultat attribuable aux actionnaires de M : Les dividendes de F augmentent le résultat individuel
de M en N ; ils constituent d’ailleurs le seul bénéfice de M en N. Mais le montant des dividendes (48)
figurait déjà dans le résultat attribuable aux actionnaires de M en N –1, parce qu’il faisait partie du
résultat individuel de F. Puisque le même bénéfice ne peut pas apparaître deux fois dans le résultat
attribuable aux actionnaires de M (N –1 et N), il faut le sortir du résultat attribuable aux actionnaires
de M de l’année N.
Réserves consolidées : Les dividendes que F verse à M restent dans le groupe. Donc du point de vue
du groupe, on peut les considérer comme étant thésaurisés et les intégrer dans les réserves consolidées.
64 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Tableau de variation des capitaux propres N


Capitaux N propres consolidés au 31/12/N –1 : 420
+ Résultat N attribuable aux actionnaires de M : + 40
– Baisse des intérêts minoritaires –2
((260 – 250)  20 %) parce que le dividende versé (60)
est supérieur au résultat N (50)
= Capitaux propres consolidés au 31/12/N : 458
Les dividendes versés par les filiales ne font pas varier les capitaux propres consolidés parce que ces
dividendes ne quittent pas le groupe, sauf pour les dividendes distribués aux intérêts minoritaires. En
revanche, ce versement nécessite un reclassement du montant en question : élimination des dividendes
du résultat attribuable aux actionnaires de M et leur intégration dans les réserves consolidées.
S’il s’agit d’une filiale à l’étranger, un écart de conversion peut apparaître parce que les réserves sont
converties au taux historique et le produit financier de la société mère au taux en vigueur à la date de
la décision de la distribution par l’assemblée générale. Cet écart de conversion doit également être
enregistré dans le tableau de variation des capitaux propres.
Corrigé hypothèse 3 : Augmentation de capital de la société mère
En N, M augmente son capital social de 200 par apports en numéraire. Les résultats N –1 de M et de F
ne sont pas distribués.

BILAN CONSOLIDÉ M + F en N –1
ACTIF PASSIF
Immobilisations (240 + 300) 540 Capital (300 + 200  80 % – 160) 300
Résultat attribuable aux actionnaires de M
(20 + 60  80 %) 68
Intérêts minoritaires
((200 + 60)  20 %) 52
Total Capitaux propres 420
Dettes (80 + 40) 120
TOTAL ACTIF 540 TOTAL PASSIF 540

BILAN CONSOLIDÉ M + F en N
ACTIF PASSIF
Immobilisations (240 + 400) 640 Capital (500 + 200)  80 % – 160) 500
Trésorerie 200 Réserves consolidées (20 + 60  80 %) 68
Résultat attribuable aux actionnaires de M
(0 + 50  80 %) 40
Intérêts minoritaires
((200 + 60 + 50) + 50)  20 %) 62
Total Capitaux propres 670
Dettes (80 + 90) 170
TOTAL ACTIF 840 TOTAL PASSIF 840

Tableau de variation des capitaux propres N


Capitaux propres consolidés au 31/12/N –1 : 420
+ Augmentation de capital M : + 200
+ Résultat N attribuable aux actionnaires de M : + 40
+ Résultat N attribuable aux intérêts minoritaires (50  20 %) : + 10
= Capitaux propres consolidés au 31/12/N : 670
S7151-F1/2 SÉRIE 01 65

Une augmentation de capital de la société mère ne demande aucune correction lors de la consolidation.
À travers les comptes individuels de la société mère qui constituent la base pour l’établissement des
comptes consolidés, l’augmentation de capital est déjà prise en compte.

Corrigé hypothèse 4 : Augmentation du capital de la filiale avec maintien du pourcentage d’intérêts


de la société mère

F augmente son capital de 150 par apports en numéraire (100 en capital social et 50 en prime
d’émission). M a souscrit 80 % de l’augmentation de capital. M et F n’ont pas distribué de dividendes.

BILAN CONSOLIDÉ M + F en N –1
ACTIF PASSIF
Immobilisations (240 + 300) 540 Capital (300 + 200  80 % – 160) 300
Résultat attribuable aux actionnaires de M
(20 + 60  80 %) 68
Intérêts minoritaires
((200 + 60)  20 %) 52
Total Capitaux propres 420
Dettes (80 + 40) 120
TOTAL ACTIF 540 TOTAL PASSIF 540

BILAN CONSOLIDÉ M + F en N
ACTIF PASSIF
Immobilisations (240 + 400) 640 Capital (300 + (300 + 50)  80 % – 280) 300
Trésorerie 150 Réserves consolidées (20 + 60  80 %) 68
Résultat attribuable aux actionnaires de M
(0 + 50  80 %) 40
Intérêts minoritaires
((300 + 50 + 60) + 50)  20 %) 92
Total Capitaux propres 500
Dettes (200 + 90) 290
TOTAL ACTIF 790 TOTAL PASSIF 790

Tableau de variation des capitaux propres N

Capitaux propres consolidés au 31/12/N –1 : 420


+ Résultat N attribuable aux actionnaires de M : + 40
+ Augmentation des intérêts minoritaires due à l’augmentation
de capital (150  20 %) et au résultat de F (50  20 %) : + 40
= Capitaux propres consolidés au 31/12/N : 500
L’augmentation de capital de la filiale entraîne uniquement une variation de capitaux propres
consolidés pour la part des intérêts minoritaires. En revanche, pour la part de M dans l’augmentation,
on ne constate aucune variation des capitaux propres consolidés parce que le pourcentage d’intérêt est
maintenu.
66 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

SECTION 6. NOTES AUX ÉTATS FINANCIERS

6.1 Objectif des notes aux états financiers


Les notes annexes aux états financiers d’une entité doivent :
a. présenter des informations sur la base d’établissement des états financiers et sur
les méthodes comptables spécifiques choisies et appliquées aux transactions et événements
importants ;
b. fournir l’information requise par les IFRS qui n’est pas présentée ailleurs dans les états
financiers ; et
c. fournir des informations qui ne sont pas présentées ailleurs dans les états financiers mais
qui sont pertinentes pour les comprendre (§ 112).
À ce stade, la version IAS 2007 fait disparaître l’objectif de l’image fidèle, ce qui relativise d’une
certaine manière l’obligation de donner des informations supplémentaires. Elles sont cependant liées à
l’impératif de compréhension des états financiers.
Le § 97 relatif à la présentation des méthodes comptables impose de décrire les bases d’évaluation
utilisées pour l’établissement des états financiers et chacune des méthodes comptables spécifiques
(coûts d’emprunts dans les actifs, contrats de construction, contrats de location, frais de
développement, etc.) nécessaire à une bonne compréhension des états financiers.
Le § 102 donne la liste des informations devant figurer en annexe sauf dans le cas où elles figurent
déjà dans un autre document :
a. l’adresse et la forme juridique de l’entité, le pays dans lequel elle a été enregistrée et
l’adresse de son siège social (ou de son établissement principal s’il est différent) ;
b. une description de la nature des opérations de l’entité et de ses principales activités ;
c. le nom de la société mère et celui de la société tête de groupe ; et
d. le nombre de membres du personnel en fin d’exercice ou l’effectif moyen au cours de
l’exercice.

6.2 Structure des notes aux états financiers


Dans la mesure du possible, les notes sont présentées de manière organisée (§ 113), à savoir qu’une
référence croisée vers l’information figurant dans les notes doit être insérée au niveau de chaque
élément de chaque état (bilan, état du résultat global, état des variations des capitaux propres, tableau
des flux de trésorerie).
Le § 114 préconise un classement des informations dans les notes, même si le § 115 laisse la
possibilité de le modifier :
Pour aider les utilisateurs à comprendre les états financiers et à les comparer à ceux
d’autres entités, les notes sont normalement présentées dans l’ordre suivant :
a. déclaration de conformité aux IFRS (voir ci-dessus) ;
b. résumé des principales méthodes comptables appliquées ;
c. informations supplémentaires pour les éléments présentés dans chacun des états
financiers dans l’ordre dans lequel apparaissent chacun des états financiers et chacun des
postes ; et
d. autres informations dont :
(i) les passifs éventuels (voir IAS 37) et les engagements contractuels non comptabilisés, et
(ii) des informations non financières, par exemple les objectifs et les méthodes de l’entité
en matière de gestion des risques financiers (voir IFRS 7).
S7151-F1/2 SÉRIE 01 67

6.3 Principales catégories d’informations

a. Informations sur les méthodes comptables et sur les critères de jugement de la direction
Dans son résumé des principales méthodes comptables, l’entité donne les informations sur (§ 117) :
a. la base (ou les bases) d’évaluation utilisée(s) pour l’établissement des états financiers ; et
b. les autres méthodes utilisées qui sont nécessaires à une bonne compréhension des états
financiers.
L’entité fournit les jugements réalisés par la direction, à l’exclusion de ceux qui impliquent des
estimations, lors de l’application des méthodes comptables et qui ont l’impact le plus significatif sur
les montants comptabilisés dans les états financiers (§ 122). Notamment lorsque la direction
détermine (§ 123) :
– le classement des actifs financiers en placements détenus jusqu’à l’échéance,
– le classement des contrats de location,
– la qualification des ventes particulières de marchandises : mode de financement ou produits des
activités ordinaires,
– la qualification des entités ad hoc.

b. Sources d’incertitude relative aux estimations


L’entité doit donner des informations sur les hypothèses qu’elle formule pour l’avenir et sur les autres
sources majeures d’incertitude relatives aux estimations à la fin de la période de reporting, qui
présentent un risque important d’entraîner un ajustement significatif des montants des actifs et des
passifs.
Ces estimations impliquent des hypothèses relatives à des événements : ajustements des risques en
fonction des flux de trésorerie, taux d’actualisation, modifications futures des salaires ou de prix
influençant d’autres coûts.
Les types d’informations à fournir comprennent par exemple (§ 129) :
– la nature de l’hypothèse ou d’une autre incertitude relative aux estimations ;
– la sensibilité des valeurs comptables aux méthodes, hypothèses et estimations qui forment la base
de leur calcul, y compris les raisons de cette sensibilité ;
– la résolution prévue d’une incertitude et la fourchette des issues raisonnables possibles au cours de
la période suivante pour l’évaluation des actifs et des passifs affectés ;
– une explication des modifications apportées aux anciennes hypothèses relatives à ces actifs et
passifs, si l’incertitude perdure.

c. Capital
Les notes comprennent les informations nécessaires pour permettre d’évaluer les objectifs, procédures
et processus de l’entité mis en œuvre pour la gestion du capital (§ 134), à savoir :
– des informations qualitatives sur les objectifs, procédures et processus de gestion du capital ;
– un résumé des données quantitatives sur le capital géré : les passifs financiers inclus, les
instruments de capitaux propres exclus ;
– les modifications relatives aux informations précédentes ;
– les conditions dans lesquelles l’entité a respecté ou non les exigences de gestion du capital
imposées de l’extérieur et les conséquences éventuelles.
68 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

d. Instruments financiers remboursables au gré du porteur classés en capitaux propres


Les informations suivantes sont fournies :
– un résumé des données quantitatives sur le montant classé en capitaux propres ;
– les objectifs, politique et procédures de gestion de l’obligation de racheter ou de rembourser les
instruments ;
– la sortie de trésorerie attendue lors du remboursement ou du rachat ;
– la manière dont cette sortie de trésorerie attendue est déterminée.

e. Autres informations
Les notes fournissent des informations sur les dividendes.
Il n’existe pas de norme propre aux notes. Mais il y est renvoyé dans la quasi-totalité des normes et
des interprétations ; à ce titre, le contenu des notes est traité dans toutes les parties et sections du
présent document.

SECTION 7. MÉTHODES COMPTABLES, CHANGEMENTS D’ESTIMATIONS ET


ERREURS (IAS 8)
Résumé

La pertinence, la fiabilité et la comparabilité des états financiers dépendent, comme le rappelle la norme
IAS 8, de l’adéquation de la méthode comptable utilisée, de la qualité de l’estimation et de l’absence
d’erreurs.
Encore faut-il choisir et appliquer la méthode comptable avec jugement et en changer si nécessaire.
L’estimation, inhérente à l’établissement des états financiers, nécessite également des changements en
fonction des dernières informations disponibles.
La norme établit les critères de sélection et de changement des méthodes comptables ainsi que le traitement
comptable des changements de méthodes, des changements d’estimation et des corrections d’erreurs. Elle
développe également les informations à fournir sur ces différents points.

7.1 Méthodes comptables

a. Notion de méthodes comptables


Les méthodes comptables sont les principes, bases, conventions, règles et pratiques spécifiques
appliqués par une entité lors de l’établissement et de la présentation de ses états financiers.
Ces méthodes sont développées par les normes et interprétations énoncées par l’IASB, textes auxquels
l’entité doit se référer en priorité ainsi qu’aux guides d’application mis au point par l’IASB qui sont
obligatoires, chaque fois qu’ils font partie intégrante des IFRS, selon l’indication des IFRS.
En l’absence d’IFRS spécifique applicable à une transaction, un autre événement ou condition, l’IAS 8
prévoit la possibilité d’utiliser, selon le jugement de la direction, une méthode comptable dans la
mesure où elle permet d’obtenir des informations présentant les caractéristiques qualitatives
équivalentes à celles qui sont demandées aux informations établies sur la base des normes et
interprétations de l’IASB : pertinence, fiabilité, fidélité, prééminence de la substance, neutralité,
prudence, exhaustivité.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 69

Pour définir la méthode applicable dans cette hypothèse, la norme impose au préparateur des états
financiers une procédure de sélection. Il doit en effet « faire référence aux sources suivantes,
énumérées par ordre décroissant, et considérer leur possibilité d’application » (IAS 8 § 11) :
– les normes et interprétations traitant de questions similaires et liées ;
– le Cadre pour la préparation et la présentation des états financiers pour ce qui concerne les définitions,
les critères de comptabilisation et d’évaluation des éléments des états financiers (actifs, passifs,
charges, produits) ; le Cadre conceptuel apparaît en conséquence non seulement comme un outil au
service du normalisateur mais aussi comme un outil d’aide à l’interprétation et à l’application ;
– les positions officielles les plus récentes d’autres organismes de normalisation comptable utilisant
un cadre conceptuel similaire ;
– la littérature comptable et les pratiques admises du secteur d’activité.
Une fois déterminée, la méthode comptable doit être appliquée de façon cohérente et permanente,
c’est-à-dire pour des transactions, événements et conditions similaires.

b. Changements obligatoires de méthodes comptables


Certaines circonstances peuvent conduire l’entité à changer de méthodes comptables, à savoir lorsque :
– le changement est imposé par une norme ou interprétation ;
– le changement a pour résultat d’améliorer l’information donnée par les états financiers par une
fiabilité et une pertinence accrues sur les effets des transactions, autres événements ou conditions
sur la situation financière, la performance financière ou les flux de trésorerie de l’entité.
Mais ne constitue pas changement de méthodes comptables l’application d’une méthode adaptée à des
opérations différentes en substance des opérations précédentes ou d’une nouvelle méthode pour des
opérations qui ne se produisaient pas auparavant.

7.2 Estimations

a. Notion d’estimations
L’estimation implique des jugements fondés sur les dernières informations fiables disponibles. Le
recours à des estimations raisonnables est une part essentielle de la préparation des états financiers et
ne remet pas en cause leur fiabilité. Elle fait partie de la préparation normale des états financiers.

b. Changement d’estimation et changement de méthodes comptables


Un changement d’estimation peut être justifié par le changement intervenu dans les circonstances qui
fondaient l’estimation ou par suite de nouvelles informations, de nouveaux développements ou d’un
effet d’apprentissage.
La révision d’une estimation porte sur le présent et/ou le futur et ne correspond pas à une correction
d’erreur.
Un changement de la base d’évaluation est un changement de méthode comptable et non d’estimation.
Dans les cas où il est difficile de distinguer entre changement de méthode et changement d’estimation,
le changement est traité comme un changement d’estimation.

7.3 Erreurs
Des erreurs peuvent survenir à l’occasion de la comptabilisation, de l’évaluation, de la présentation ou
de la fourniture d’informations sur des éléments des états financiers.
L’erreur de la période en cours découverte pendant cette même période est corrigée avant
l’autorisation de publication des états financiers.
70 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

7.4 Traitement comptable des changements de méthodes comptables, des changements


d’estimations et des corrections d’erreurs

a. Généralités
Certains retraitements ont un effet limité à un exercice comptable, d’autres peuvent porter sur
plusieurs exercices.
Il s’agit de s’interroger sur la ou les périodes comptables auxquelles rattacher l’impact du retraitement.
Deux solutions de principe sont possibles :
– soit de limiter l’impact à l’exercice en cours et si besoin aux exercices futurs,
– soit de le faire démarrer au premier exercice concerné du passé.
La première solution correspond à une approche « prospective », analogue à l’effet juridique qualifié
« d’effet immédiat ».
La deuxième solution correspond à une approche « rétrospective », à rapprocher de l’effet juridique
qualifié « d’effet rétroactif ».
Dans cette approche, le retraitement du passé fait en sorte que seule apparaisse l’information sous sa
nouvelle forme. Il a également pour effet de répartir l’impact comptable sur une période plus longue et
en particulier d’en limiter l’effet sur le présent et le futur, dans la mesure où le passé l’aura
partiellement supporté (ou en aura bénéficié).
Le retraitement sera réalisé s’il a un caractère significatif au vu de sa taille et de sa nature compte tenu
de ses circonstances.
Lorsqu’il a un caractère rétrospectif, le retraitement peut se heurter à des difficultés telles qu’il en est
impraticable plus on retourne dans le passé. Il sera alors modulé éventuellement en fonction de son
caractère « impraticable », sachant que « l’application d’une disposition est impraticable lorsque
l’entité ne peut pas l’appliquer après avoir mis en œuvre tous les efforts raisonnables pour y arriver »
(IAS 8 § 5).
De façon générale, en cas de retraitement(s), l’entité doit fournir des informations sur l’origine, les
justifications, la nature, les impacts du ou des retraitements.

b. Application rétrospective des changements de méthode comptable


L’entité doit appliquer la nouvelle méthode comptable de façon rétrospective lorsqu’elle change de
méthode comptable :
– pour la première application d’une norme ou d’une interprétation ne comportant aucune disposition
transitoire spécifique ou
– de sa propre initiative.
L’application rétrospective consiste à appliquer une nouvelle méthode comptable à des transactions,
autres événements et conditions comme si cette méthode avait toujours été appliquée.
En général, l’ajustement est comptabilisé dans les résultats non distribués. Mais il peut être imputé à
une autre composante des capitaux propres, notamment pour se conformer à une IFRS.
L’entité doit ajuster le solde d’ouverture pour la première période antérieure présentée, ainsi que les
montants comparatifs fournis comme si la nouvelle méthode avait toujours été appliquée.

c. Retraitement rétrospectif des erreurs


Les erreurs significatives d’une période antérieure doivent être corrigées de manière rétrospective.
Le retraitement rétrospectif consiste à corriger la comptabilisation, l’évaluation et la fourniture
d’informations comme si une erreur d’une période antérieure n’était jamais survenue.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 71

Il s’agit d’imputer l’effet des corrections aux exercices où ces erreurs ont été commises et non aux
exercices où ces erreurs ont été découvertes.
La correction doit être réalisée dans le premier jeu d’états financiers dont la publication est autorisée
après la découverte de l’erreur, en retraitant les montants comparatifs de la ou des périodes antérieures
présentées au cours desquelles l’erreur est intervenue.
Si l’erreur est intervenue avant la première période présentée, il convient de retraiter les soldes
d’ouverture de la première période antérieure présentée.

d. Application prospective d’un changement de méthodes comptables et de la comptabilisation


d’un changement d’estimations
L’effet d’un changement d’estimation comptable est comptabilisée de manière prospective.
L’application prospective consiste à comptabiliser l’effet du changement d’estimation comptable aux
périodes en cours et futures affectées par ce changement.
L’effet du changement d’estimation est alors inclus dans le résultat de la période du changement, s’il
n’affecte que cette période et dans le résultat des périodes ultérieures, si celles-ci sont également
concernées par ce changement.
L’application prospective peut également s’appliquer au changement de méthode comptable, par
exception explicitée par la nouvelle norme. Elle consiste alors à appliquer la nouvelle méthode aux
transactions, autres événements et aux situations intervenant après la date du changement.

EXEMPLE

Un matériel a été acquis le 1er juillet 2001 pour 120 000 et mis en service ce même jour. À l’occasion
d’un contrôle de ses amortissements pour l’inventaire du 31 décembre 2003, l’entreprise constate que
ce matériel a été amorti linéairement sur 10 ans, alors que sa durée d’utilité était de 6 ans.
Ses réserves au 31 décembre 2002 étaient de 80 000, y compris le résultat (après impôt) de
l’exercice 02 de 21 000. Le résultat provisoire (après impôt) de l’exercice 03 est de 28 000. Ce résultat
tient compte d’une dotation d’amortissement calculée sur la durée d’utilité initiale. Le taux d’impôt est
de 30 %.
Présenter l’état des réserves et du résultat au 31 décembre 2003, en faisant apparaître les montants
comparatifs, selon qu’il s’agit d’une erreur significative, d’un changement d’estimation ou d’un
changement de méthode comptable.

Solution
Dans l’exemple, la correction de l’erreur conduit à recalculer les amortissements depuis l’origine du
plan d’amortissement. Elle a le même effet que l’hypothèse du changement de méthode comptable,
dont l’application rétrospective efface l’impact des amortissements pratiqués selon le plan
d’amortissement initial.
L’hypothèse du changement d’estimation conduit à amortir la valeur nette comptable au 31 décembre
2002 sur la nouvelle durée d’utilité résiduelle.
72 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Erreur et changement de
Changement d’estimation
méthode
Exercice 03 Exercice 02 Exercice 03 Exercice 02
Résultats non distribués à l’ouverture 80 000 59 000 80 000 59 000
Impact –12 000  0,7 –4 000  0,7
Réserves à l’ouverture après retraitement = 71 600 = 56 200 80 000 59 000
Résultat de l’exercice 28 000 21 000 28 000 21 000
Impact –8 000  0,7 –8 000  0,7 –10 667  0,7
Résultat de l’exercice après retraitement 22 400 = 15 400 = 20 533 21 000
Résultats non distribués à la clôture 94 000 71 600 100 533 80 000

Hypothèses de la correction d’erreur ou du changement de méthode comptable


Correction de la dotation d’amortissement en année pleine : 120 000 (1/6 – 1/10) = 8 000.
Hypothèse du changement d’estimation
Valeur nette comptable au 31 décembre 2002 : 120 000 – 12 000  1,5 = 102 000.
Complément de dotation d’amortissement pour 03 : 102 000 /(6-1,5) – 12 000 = 10 667.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 73

EXEMPLE D’ÉTAT DE LA SITUATION FINANCIÈRE


Guide d’application non obligatoire de la norme IAS 1 (2007)

XYZ GROUP – Statement of financial position as at 31 December 20X7


31 Dec 20X7 31 Dec 20X6
ASSETS
Non-current assets
Property, plant and equipment X X
Goodwill X X
Other intangible assets X X
Investments in associates X X
Available-for-sale financial assets X X
X X
Current assets
Inventories X X
Trade receivables X X
Other current assets X X
Cash and cash equivalents X X
X X
Total assets X X

31 Dec 20X7 31 Dec 20X6


EQUITY AND LIABILITIES
Equity attributable to equity holders of the parent
Share capital X X
Retained earnings X X
Other components of equity X X
X X
Non-controlling interests X X
Total equity X X

Non-current liabilities
Long-term borrowings X X
Deferred tax X X
Long-term provisions X X
Total non-current liabilities X X
Current liabilities
Trade and other payables X X
Short-term borrowings X X
Current portion of long-term borrowings X X
Current tax payable X X
Short-term provisions X X
Total current liabilities X X
Total liabilities X X
Total equity and liabilities X X
74 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

EXEMPLE D’ÉTAT DU RÉSULTAT GLOBAL PAR FONCTION


Guide d’application non obligatoire de la norme IAS 1 (2007)

XYZ GROUP – Statement of comprehensive income for the year ended 31 December 20X7
31 Dec 31 Dec
20X7 20X6
Revenue X X
Cost of sales (X) (x)
Gross profit X X
Other income X X
Distribution costs (X) (X)
Administrative expenses (X) (X)
Other expenses (X) (X)
Finance costs (X) (X)
Share of profit of associates (*) X X
Profit before tax X X
Income tax expense (X) (X)
Profit for the year from continuing operations X X
Loss for the year from discontinued operations (X) (X)
PROFIT FOR THE YEAR X X
Other comprehensive income
Exchange differences on translating foreign operations X X
Available–for-sale financial assets X X
Cash flow hedges X X
Gains on property revaluation X X
Actuarial gains (losses) on defined benefit pension plans X X
Share of other comprehensive income of associates X X
Income tax relating to components of other comprehensive income (X) (X)
Other comprehensive income for the year, net of tax X X
TOTAL COMPREHENSIVE INCOME FOR THE YEAR X X
(*) This means the share of associates’ other comprehensive income attributable to owners of the associates, i.e. it is after tax
and non-controlling interests in the associates.

31 Dec 31 Dec
20X7 20X6
Profit attributable to :
Equity holders of the parent X X
Non-controlling interests X X
X X
Total comprehensive income attributable to :
Equity holders of the parent X X
Non-controlling interests X X
X X
S7151-F1/2 SÉRIE 01 75

EXEMPLE D’ÉTAT DU RESULTAT DE L’EXERCICE PAR NATURE


Guide d’application non obligatoire de la norme IAS 1 (2007)
Présentation de l’état du résultat global en deux documents séparés

XYZ GROUP – Income statement for the year ended 31 December 20X7
31 Dec 20X7 31 Dec 20X6
Revenue X X
Other income X X
Changes in inventories of finished goods and work in progress (X) X
Work performed by the entity and capitalised X X
Raw material and consumables used (X) (x)
Employee benefits expense (X) (x)
Depreciation and amortisation expense (X) (x)
Impairment of property, plant and equipment (X) (x)
Other expenses (X) (x)
Finance costs (X) (x)
Share of profit of associates (**) X X
Profit before tax X X
Income tax expense (X) (X)
Profit for the year from continuing operations X X
Loss for the year from discontinued operations (X) (X)
PROFIT FOR THE YEAR X X
Profit attributable to :
Equity holders of the parent X X
Non-controlling interests X X
X X
(**) This means the share of associates’ other comprehensive income attributable to owners of the associates, i.e. it is after tax
and non-controlling interests in the associates.

Profit for the year X X


Other comprehensive income
Exchange differences on translating foreign operations X X
Available–for-sale financial assets X X
Cash flow hedges X X
Gains on property revaluation X X
Actuarial gains (losses) on defined benefit pension plans X X
Share of other comprehensive income of associates X X
Income tax relating to components of other comprehensive income (X) (X)
Other comprehensive income for the year, net of tax X X
TOTAL COMPREHENSIVE INCOME FOR THE YEAR X X
Total comprehensive income attributable to :
Equity holders of the parent X X
Non-controlling interests X X
X X
76 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

PARTIE 3 : TABLEAU (OU ÉTAT) DES FLUX DE TRÉSORERIE DE LA PÉRIODE


(IAS 7)
Résumé
La norme IAS 7 définit la présentation, la structure et le contenu du tableau des flux de trésorerie,
état obligatoire des états financiers.
Elle distingue 3 catégories de flux de trésorerie associées à 3 catégories d’activités : les activités
opérationnelles, les activités d’investissement et les activités de financement. L’addition de leurs flux
de trésorerie respectifs explique la variation de la trésorerie de la période concernée.
Cette norme, adoptée en 1992, est applicable depuis le 1er janvier 1994. Elle a été intégrée dans le
droit communautaire de l’Union européenne par le règlement (CE) n° 1725/2003 de la Commission
du 29 septembre 2003 (JOUE du 13 octobre 2003).

SECTION 1. ÉLÉMENTS INTRODUCTIFS

1.1 Objectif de la norme


Le tableau des flux de trésorerie est un document très apprécié par les dirigeants, analystes financiers
et actionnaires pour une raison simple : il est facile à interpréter car il n’y figure que les entrées et les
sorties de trésorerie.
Les informations concernant les flux de trésorerie d’une entité sont utiles aux utilisateurs
des états financiers car elles leur apportent une base d’évaluation de la capacité de l’entité à
générer de la trésorerie et des équivalents de trésorerie ainsi que des besoins d’utilisation de
cette trésorerie par l’entité.
L’objectif de la norme est de définir l’information à donner. Les flux de trésorerie retenus par l’IAS 7
sont de trois natures : opérationnel, investissement et financement.
L’objectif de la présente norme est d’imposer la fourniture d’une information sur
l’historique des évolutions de la trésorerie et des équivalents de trésorerie d’une entité au
moyen d’un tableau des flux de trésorerie classant les flux de trésorerie de l’exercice en
activités opérationnelles, d’investissement et de financement.
Il existe de nombreux modèles de tableaux des flux de trésorerie (IAS 7, avis n° 30 de l’ordre des
experts-comptables en 1997…), mais ils retiennent tous les mêmes flux fondamentaux (opérationnel,
investissement, financement) même s’ils présentent parfois quelques variantes mineures.

1.2 Obligation d’établir le tableau des flux de trésorerie


Le § 1 de la norme IAS 7 rappelle en ces termes que le tableau des flux de trésorerie est obligatoire :
Une entité doit établir un tableau des flux de trésorerie selon les dispositions définies par la
présente norme et doit le présenter comme partie intégrante de ses états financiers pour
chaque période donnant lieu à présentation d’états financiers (§ 1).

1.3 Avantages du tableau des flux de trésorerie


Les utilisateurs des états financiers d’une entité sont intéressés par la façon dont l’entité
génère et utilise sa trésorerie ou ses équivalents de trésorerie (§ 3).
S7151-F1/2 SÉRIE 01 77

Un tableau des flux de trésorerie, lorsqu’il est utilisé de concert avec le reste des états
financiers, fournit des informations qui permettent aux utilisateurs d’évaluer les
changements de l’actif net d’une entité, sa structure financière (y compris sa liquidité et sa
solvabilité) et sa capacité à modifier les montants et l’échéancier des flux de trésorerie pour
s’adapter aux changements de circonstances et opportunités. Les informations relatives aux
flux de trésorerie sont utiles pour apprécier la capacité de l’entité à dégager de la trésorerie
et des équivalents de trésorerie et permettent aux utilisateurs d’élaborer des modèles pour
apprécier et comparer la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs de différentes entités.
Elles renforcent également la comparabilité des informations sur la performance
opérationnelle de différentes entités car elles éliminent les effets de l’utilisation de
traitements comptables différents pour les mêmes opérations et événements (§ 4).

SECTION 2. STRUCTURE DU TABLEAU ET DÉFINITIONS

2.1 Structure du tableau des flux de trésorerie


Toutes les entrées et sorties de trésorerie qui figurent sur le tableau des flux de trésorerie sont celles
d’une même période. Le tableau des flux de trésorerie boucle sur la trésorerie : elle est la résultante
des trois flux fondamentaux retenus par l’IAS 7 :
(1) Flux de trésorerie liés aux activités opérationnelles
(2) Flux de trésorerie liés aux opérations d’investissement
(3) Flux de trésorerie liés aux opérations de financement
= Variation (augmentation ou diminution) de la trésorerie = (1) + (2) + (3).

2.2 Définitions
Trésorerie
Elle comprend les fonds en caisse et les dépôts à vue. Les « fonds en caisse » correspondent au poste
disponibilités au sens français du terme. Mais la trésorerie comprend aussi (§ 8) les concours bancaires
courants et les soldes créditeurs de banque (au sens français du terme).

Équivalents de trésorerie
Ce sont les placements à court terme, très liquides, qui sont facilement convertibles en un montant
connu de trésorerie et qui sont soumis à un risque négligeable de changement de valeur. Ils ne
correspondent pas exactement aux valeurs mobilières de placement (au sens français du terme).
Les équivalents de trésorerie sont détenus dans le but de faire face aux engagements de
trésorerie à court terme plutôt que pour un placement ou d’autres finalités. Pour qu’un
placement puisse être considéré comme un équivalent de trésorerie, il doit être facilement
convertible, en un montant de trésorerie connu et être soumis à un risque négligeable de
changement de valeur. En conséquence, un placement ne sera normalement qualifié
d’équivalent de trésorerie que s’il a une échéance rapprochée, par exemple inférieure ou
égale à trois mois à partir de la date d’acquisition (§ 7).

Flux de trésorerie
Ils résultent des entrées et des sorties de trésorerie et d’équivalents de trésorerie. Ils ne comprennent
pas les mouvements entre postes de trésorerie ou d’équivalents trésorerie (§ 9).

Activités opérationnelles
Ce sont les principales activités génératrices de produits de l’entité et toutes les autres activités qui ne
sont pas des activités d’investissement ou de financement.
78 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Activités d’investissement
Ce sont l’acquisition et la sortie d’actifs à long terme et les autres placements qui ne sont pas inclus
dans les équivalents de trésorerie.

Activités de financement
Ce sont les activités qui résultent des changements dans l’importance et la composition des capitaux
propres et des emprunts de l’entité.

SECTION 3. CONTENU ET ANALYSE DES TROIS FLUX

3.1 Flux provenant des activités opérationnelles


Il est fondamental pour déterminer l’aptitude de l’entité à dégager de l’argent par ses seules activités
opérationnelles (activités autres que d’investissement ou de financement). Le § 13 de la norme
précise :
Le montant des flux de trésorerie provenant des activités opérationnelles est un indicateur
clé de la mesure dans laquelle les opérations de l’entité ont généré suffisamment de flux de
trésorerie pour rembourser ses emprunts, maintenir la capacité opérationnelle de l’entité,
verser des dividendes et faire de nouveaux investissements sans recourir à des sources
externes de financement.
En cas de doute sur la nature d’un flux, il convient de déterminer s’il répond aux définitions ou aux
contenus des flux d’investissement ou de financement ; dans la négative, le flux considéré est réputé
être un flux opérationnel.

3.2 Flux provenant des activités d’investissement


Il génère le plus souvent des sorties importantes d’argent car il comprend toutes les acquisitions
d’immobilisations qui ont été payées lors de l’exercice social. Il peut être réduit si l’entité a cédé des
immobilisations. Le flux lié aux opérations d’investissement peut :
– également comprendre les mouvements sur prêts,
– et tenir compte des mouvements sur créances et dettes sur immobilisations.
Le flux en provenance des activités d’investissement ne comprend pas les investissements réalisés par
location-financement (§ 44-a).
Les acquisitions et sorties de filiales figurent dans le flux de trésorerie lié aux opérations
d’investissement (§ 39).
Le § 16 de la norme précise :
La présentation séparée des flux de trésorerie provenant des activités d’investissement est
importante car les flux de trésorerie indiquent dans quelle mesure des dépenses ont été
effectuées pour l’accroissement de ressources destinées à générer des produits et flux de
trésorerie futurs.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 79

ILLUSTRATION

Tableau de financement de Nestlé 2007


En millions de CHF Notes 2007 2006
Activités d’investissement
Investissements en immobilisations corporelles 11 (4 971) (4 200)
Investissements en immobilisations incorporelles 13 (619) (689)
Ventes d’immobilisations corporelles 323 98
Acquisitions d’activités 23 (11 232) (6 469)
Cessions d’activités 24 456 447
Mouvements de trésorerie avec les sociétés associées 264 323
Autres cash-flow des activités d’investissement 26 (30)
Cash-flow des activités d’investissement (15 753) (10 520)

3.3 Flux provenant des activités de financement


Les nouveaux emprunts génèrent des entrées d’argent tandis que les remboursements d’emprunts
génèrent des sorties d’argent. Le flux en provenance des activités de financement comprend également
les versements de dividendes aux actionnaires (sorties d’argent) et les augmentations de capital
(entrées d’argent). Au total, le flux provenant des activités de financement peut aussi bien générer des
entrées d’argent que des sorties d’argent.
Le § 17 de la norme précise :
La présentation séparée des flux de trésorerie provenant des activités de financement est
importante, car elle est utile à la prévision des flux futurs de trésorerie de l’entité attendus
par les apporteurs de capitaux.
Exemples de flux de trésorerie provenant des activités de financement :
a. entrées de trésorerie de l’émission d’actions ou d’autres instruments de capitaux propres ;
b. sorties de trésorerie faites aux actionnaires pour acquérir ou racheter les actions de
l’entité ;
c. produits de l’émission d’emprunts obligataires, ordinaires, de billets de trésorerie,
d’emprunts hypothécaires et autres emprunts à court ou à long terme ;
d. sorties de trésorerie des montants empruntés ; et
e. sorties de trésorerie effectuées par un preneur de bail dans le cadre de la réduction du
solde de la dette relative à un contrat de location-financement.
80 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

ILLUSTRATION

Tableau de financement de Nestlé 2007


En millions de CHF 2007 2006
Activités de financement
Dividende payé aux actionnaires de la société mère (4 004) (3 471)
Achat de propres actions (5 455) (2 788)
Vente de propres actions 980 906
Mouvements de trésorerie avec les actionnaires minoritaires (205) (191)
Émissions d’emprunts 2 023 1 625
Remboursements d’emprunts (2 780) (2 331)
Augmentation des autres dettes financières non courantes 348 134
Diminution des autres dettes financières non courantes (99) (289)
Augmentation/(diminution) des dettes financières courantes 9 851 (14)
Diminution/(augmentation) des investissements courants 3 238 6 393
Autres cash-flow des activités de financement - (4)
Cash-flow des activités de financement 3 897 (30)

SECTION 4. ÉLÉMENTS DE MÉTHODOLOGIE

4.1 Détermination des flux provenant des activités opérationnelles


Ces flux sont égaux à la différence entre les produits et les charges liés aux activités opérationnelles
encaissés l’année N, qu’ils soient dus à des opérations de l’année N ou à des opérations antérieures.
Les opérations concernées correspondent :
– à tous les produits du compte de résultat, sauf les cessions d’immobilisations, qui donnent lieu à
des encaissements ; il convient de noter que les reprises sur dépréciations et provisions et les
transferts de charges ne donnent jamais lieu à des encaissements ;
– et à toutes les charges du compte de résultat qui donnent lieu à des décaissements ; il convient de
noter que les dotations aux amortissements, dépréciations et provisions ne donnent jamais lieu à
des décaissements.
Les flux de trésorerie liés aux activités opérationnelles sont déterminés par la méthode directe ou par
la méthode indirecte (§ 18) :
– méthode directe : on détermine les encaissements et les décaissements ;
– méthode indirecte : on part du bénéfice que l’on ajuste en tenant compte des charges et des produits
calculés et des variations de certains postes du besoin en fonds de roulement (stocks, client,
fournisseurs, etc.).
Des dispositions similaires figurent dans l’article 46211 du règlement n° 99-02 du CRC.
IAS 7 § 19 précise que les entités sont encouragées à utiliser la méthode directe. Cette précision du
§ 19 est parfaitement logique : tout l’intérêt du tableau des flux de trésorerie est, comme son nom
l’indique, de présenter des flux de trésorerie (des entrées et des sorties d’argent) ; cela est bien le cas
avec la méthode directe mais non dans la méthode indirecte. En outre, la présentation selon la méthode
indirecte est, à notre avis, nettement plus difficile à comprendre que la présentation avec la méthode
directe car, comme on le voit avec l’illustration ci-dessous, on y trouve des termes techniques, tels que
« variation du besoin en fonds de roulement », qui impliquent, chez le lecteur des comptes, un niveau
minimal de connaissances comptables et financières.
L’annexe de la norme IAS 7 propose deux exemples de tableaux des flux de trésorerie. Ces exemples
n’ont pas de caractère obligatoire (des exemples… non des modèles) et ne font pas partie du texte de
la norme repris par le règlement européen.
S7151-F1/2 SÉRIE 01 81

Direct Method Cash Flow Statement (paragraph 18a)


20-2

Cash flows from operating activities


Cash receipts from customers 30 150
Cash paid to suppliers and employees 27 600
Cash generated from operations 2 550
Interest paid (270)
Income taxes paid (900)

Net cash from operating activities 1 380

Cash flows from investing activities


Acquisition of subsidiary X, net of cash acquired (Note A) (550)
Purchase of property, plant and equipment (Note B) (330)
Proceeds from sale of equipment 20
Interest received 200
Dividends received 200

Net cash used in investing activities (480)

Cash flows from financing activities


Proceeds from issue of share capital 250
Proceeds from long-term borrowings 250
Payment of finance lease liabilities (90)
Dividends paid* (1 200)

Net cash used in financing activities (790)

Net increase in cash and cash equivalents 110


Cash and cash equivalents at beginning of period (Note C) 120
Cash and cash equivalents at end of period (Note C) 230

* This could also be shown as an operating cash flow


82 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Indirect Method Cash Flow Statement (paragraph 18b)


20-2

Cash flows from operating activities


Profit before taxation 3 350
Adjustments for
Depreciation 450
Foreign exchange loss 40
Investment income (500)
Interest expense 400
3 740
Increase in trade and other receivables (500)
Decrease in inventories 1 050
Decrease in trade payables (1 740)
Cash generated from operations 2 550
Interest paid (270)
Income taxes paid (900)

Net cash from operating activities 1 380

Cash flows from investing activities


Acquisition of subsidiary X net of cash acquired (Note A) (550)
Purchase of property, plant and equipment (Note B) (350)
Proceeds from sale of equipment 20
Interest received 200
Dividends received 200

Net cash used in investing activities (480)

Cash flows from financing activities


Proceeds from issue of share capital 250
Proceeds from long-term borrowings 250
Payment of finance lease liabilities (90)
Dividends paid* 1 200

Net cash used in financing activities (790)

Net increase in cash and cash equivalents 110


Cash and cash equivalents at beginning of period (Note C) 120
230
* This could also be shown as an operating cash flow
S7151-F1/2 SÉRIE 01 83

ILLUSTRATION

Tableau de financement de Nestlé 2007


En millions de CHF Notes 2007 2006
Activités d’exploitation
Bénéfice provenant des activités poursuivies 11 382 9 775
Moins quote-part dans les résultats des sociétés associées (1 280) (963)
Amortissement des immobilisations corporelles 11 2 620 2 581
Perte de valeur des immobilisations corporelles 11 225 96
Perte de valeur du goodwill 12 251 38
Amortissement des immobilisations incorporelles 13 591 480
Perte de valeur des immobilisations incorporelles 13 6 -
Augmentation/(diminution ) des provisions et des impôts différés 162 (338)
Diminution/(augmentation) du fonds de roulement 22 82 348
Autres cash-flow d’exploitation (600) (341)
Cash-flow d’exploitation (a) 13 439 11 676

(a) Les impôts payés s’élèvent à CHF 3 072 millions (2006 : CHF 2 811 millions). Les intérêts s’élèvent à CHF 788 millions.

4.2 Effet des variations de change


Les gains et pertes latents provenant des variations des cours de change ne sont pas des flux
de trésorerie. Toutefois, l’effet des variations des cours de change sur la trésorerie ou les
équivalents de trésorerie détenus ou dus en monnaie étrangère est présenté dans le tableau
des flux de trésorerie de façon à permettre le rapprochement de la trésorerie et des
équivalents de trésorerie à l’ouverture et à la clôture de l’exercice (§ 28).

ILLUSTRATION

Tableau de financement de Nestlé 2007 en millions de francs suisses


En millions de CHF 2007 2006
•••
•••
•••
Cash-flow des activités de financement 3 897 (30)
Différences de change sur les flux (64) (360)
Augmentation/(diminution) des liquidités et équivalents de 1 519 766
liquidités
Liquidités et équivalents de liquidités au début de l’exercice 5 278 4 658
Effet de la variation des cours de change sur le solde d’ouverture (203) (146)
Liquidités et équivalents de liquidités reconvertis au début de 5 075 4 512
l’exercice
Liquidités et équivalents de liquidités à la fin de l’exercice 6 594 5 278
Dans cette illustration, la trésorerie diminue en 2007 de 203 millions CHF du fait des variations des
taux de change. Ce mouvement favorable peut être dû, par exemple, à une trésorerie initiale composée
en partie en dollars et à une baisse, en 2007, du dollar par rapport au franc suisse.

4.3 Intérêts et dividendes


Les intérêts versés et les intérêts et dividendes reçus sont habituellement classés en flux de trésorerie
opérationnelle par une institution financière. Toutefois, il n’y a aucun consensus pour le classement de
ces flux de trésorerie chez les entités des autres branches d’activité (§ 33).
84 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

En définitive, précise le § 31, les intérêts et dividendes perçus ou versés doivent être présentés
séparément, l’entité faisant le choix de les faire figurer au sein de l’un des trois flux.
Nestlé 2007 (voir ci-dessus) : les dividendes reçus (entrée de trésorerie) sont placés dans le flux
d’investissement tandis que les dividendes versés figurent dans le flux de financement (sortie de
trésorerie).

4.4 Impôt sur le résultat


Les impôts payés sont habituellement classés en flux de trésorerie d’activités opérationnelles (§ 36)
comme le fait Nestlé 2007 (voir ci-dessus).
S7151-F1/2 85

DEVOIR 01
À envoyer à la correction

Thème 1 : Organismes de normalisation comptable (8 points)


1. Sur le site de l’IASB (www.iasb.org), consulter les rapports (financiers) annuels 2008 et 2007 de
l’IASC Foundation :
1.1. comparer la présentation de l’état de la situation financière (bilan), de l’état du résultat global et
de l’état (tableau) des flux de trésorerie : noter les principales différences éventuelles constatées
(environ 10 lignes).
1.2. définir le référentiel comptable utilisé pour l’établissement des états financiers (environ
15 lignes).
1.3. analyser et commenter, sur la période 2006 à 2008, l’évolution des charges, notamment des
charges de personnel, et des produits (environ 15 lignes).
1.4. faire toute observation jugée utile sur le montant, l’origine géographique des dons et contributions
volontaires et la nature des donateurs ou contributeurs volontaires (« financial supporters »)
(environ 15 lignes).

2. Sur le site du DRSC (www.standardsetter.de), consulter le rapport annuel (DRSC-Jahresbericht)


2008 (dans sa traduction anglaise si nécessaire) :
2.1. comparer (après conversion) les charges de personnel avec celles de l’IASB (environ 5 lignes).
2.2. analyser le mode de financement et la liste des donateurs et faire tout commentaire utile (environ
5 lignes).

Thème 2 : États financiers consolidés pour 2008 des groupes DANONE, PSA et
GDF Suez (6 points)
Sites Internet :
Danone : www.danone.fr ; PSA : www.psa-peugeot-citroen.com ; GDF Suez : www.gdfsuez.com
1. Définir et comparer les référentiels comptables utilisés par ces 3 groupes pour l’établissement des
leurs états financiers consolidés pour 2008 ; préciser si nécessaire les choix effectués en matière de
nouvelles normes ou interprétations (application ou non, application anticipée ou non, etc.) et
indiquer la référence des notes annexes correspondantes (environ 15 à 20 lignes).

2. Apprécier leur conformité avec le référentiel IFRS (environ 5 à 10 lignes).

Thème 3 : État des flux de trésorerie (4 points)


Sur la base du bilan au 31/12/N–1 de la société JC, de la balance des soldes de ses comptes pour
l’année N et des informations complémentaires ci-dessous, établir l’état (tableau) des flux de trésorerie
pour l’année N. Les montants sont exprimés en milliers d’euros.

NOTA BENE
Expliciter les calculs en notes avec un renvoi à l’aide des lettres alphabétiques et les choix
méthodologiques éventuels.
86 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Bilan au 31/12/N –1 de la société JC


Actif N–1 Passif N–1
Actifs non courants Capitaux propres
Immobilisations corporelles nettes Capital social 2 600
10 600 Réserves 8 800
Actifs courants Résultat de l’exercice 1 400
Stocks Dettes non courantes
Créances clients 2 450 Emprunts long terme 5 300
Trésorerie 7 700 Dettes courantes
150 Emprunts court terme 900
Dettes fournisseurs 1 900
Total Actif 20 900 Total Passif 20 900

Balance des soldes des comptes de la société JCL au 31/12/N


Comptes Soldes débiteurs Soldes créditeurs
Capital social 2 900
Réserves 9 100
Emprunts long terme 4 800
Immobilisations corporelles (montant brut) 15 000
Amortissements / Immobilisations corporelles 4 000
Stocks 2 100
Emprunts court terme 900
Dettes fournisseurs 2 800
Créances clients 8 900
Trésorerie 300
Achats consommés 11 100
Charges externes 700
Charges de personnel 3 300
Dotations aux amortissements 900
Autres charges (a) 800
Charges financières 600
Impôts sur les bénéfices 900
Ventes 19 000
Autres produits (b) 1 100
Total général 44 600 44 600
(a) valeur comptable des actifs immobilisés cédés
(b) produits des cessions d’actifs immobilisés.

Informations complémentaires
1. En annexe au bilan N–1 figurent les informations suivantes :
Immobilisations corporelles N–1
1
Montant brut 14 000
– Amortissements 3 400
Valeur nette comptable 10 600
2. Au cours de l’exercice N, la société a :
i. acheté un matériel au coût de 2 100
ii. remboursé un emprunt pour 900 et contracté un nouvel emprunt pour 400.
S7151-F1/2 DEVOIR 01 87

Thème 4 : Coût d’acquisition, coûts d’emprunt et changement de méthodes (2 points)


Parmi les immobilisations corporelles de l’entreprise EDZ figure un matériel M, mis en service le
01/10/N –2, date d’achèvement de sa production. Sa production par l’entreprise a été réalisée sur une
longue période au titre de laquelle l’entreprise EDZ a supporté des coûts d’emprunts comptabilisés en
charges conformément au traitement de référence que préconisait IAS 23.
Cette norme, révisée en mars 2007, demande d’incorporer les coûts d’emprunt dans le coût de l’actif
éligible correspondant pour les périodes annuelles ouvertes à compter du 01/01/09, avec une
application anticipée autorisée.
Le montant des coûts d’emprunt incorporables est de 120 ; la durée initiale d’amortissement du
matériel est de 6 ans.

Travail à faire (négliger la TVA)


1. Procéder aux enregistrements nécessaires pour comptabiliser l’impact du changement de méthode
comptable pour l’établissement des états financiers consolidés (bilan et compte de résultat) de
l’exercice N, conformément aux dispositions prévues par IAS 8 pour un changement de méthode
comptable – Tenir compte des impôts différés au taux de 40 %.
2. Quel est le traitement comptable d’un changement de méthode imposé par la révision d’une
norme ? (5 lignes environ)
3. Comment, notamment dans le cadre institutionnel de l’Union européenne, faut-il interpréter
l’autorisation donnée par IAS 23 révisée d’anticiper l’application de cette norme ?
88 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2
S7151-F1/2 89

SÉRIE 02

PLAN DE LA SÉRIE

PRÉSENTATION ET ÉVALUATION DANS LE BILAN ...............................................................................92

PARTIE 1 : ACTIF NON COURANT ........................................................................................ 92


SECTION 1. INTRODUCTION .................................................................................................... 92
SECTION 2. IMMOBILISATIONS CORPORELLES (IAS 16) ................................................ 92
2.1 Comptabilisation et évaluation initiale .......................................................................... 93
2.2 Évaluation après la comptabilisation.............................................................................. 96
2.3 Informations à fournir ...................................................................................................101
2.4 Illustrations ....................................................................................................................103
SECTION 3. IMMOBILISATIONS INCORPORELLES (IAS 38) ..........................................105
3.1 Notion d’immobilisation incorporelle et champ d’application d’IAS 38 ..................105
3.2 Comptabilisation et évaluation initiale ........................................................................107
3.3 Évaluation après la comptabilisation............................................................................112
3.4 Informations à fournir ...................................................................................................114
3.5 Illustrations ....................................................................................................................115
SECTION 4. GOODWILL (IAS 38 ET IFRS 3).........................................................................118
4.1 Notions de « fonds commercial », d’« écart d’acquisition », de « goodwill » et
« opérations de regroupement » .............................................................................118
4.2 Comptabilisation et évaluation initiale du goodwill en IFRS.....................................119
4.3 Évaluation du goodwill après sa comptabilisation ......................................................122
SECTION 5. IMMOBILISATIONS FINANCIÈRES ET AUTRES ACTIFS NON
COURANTS ............................................................................................................................123
5.1 Évaluation des titres de participation dans les états financiers individuels ...............123
5.2 Évaluation des titres de participation dans les états financiers consolidés ................124

PARTIE 2 : DÉPRÉCIATION DES ACTIFS NON COURANTS (IAS 36) ......................... 124
SECTION 1. DÉFINITIONS DE BASE ET CHAMP D’APPLICATION ...............................124
1.1 Définitions......................................................................................................................124
1.2 Champ d’application de l’IAS 36.................................................................................125
SECTION 2. INDICES DE PERTE DE VALEUR.....................................................................125
2.1 Dispositif général...........................................................................................................125
2.2 Indices externes de perte de valeur...............................................................................126
2.3 Indices internes de perte de valeur ...............................................................................126
SECTION 3. VALEUR RECOUVRABLE .................................................................................126
3.1 Modalités d’estimation..................................................................................................126
3.2 Juste valeur nette des coûts de la vente........................................................................127
3.3 Valeur d’utilité...............................................................................................................127
SECTION 4. COMPTABILISATION DES PERTES DE VALEUR ET REPRISES DE
PERTES DE VALEUR...........................................................................................................129
4.1 Perte de valeur ...............................................................................................................129
4.2 Reprise de perte de valeur.............................................................................................129
90 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

SECTION 5. UNITÉS GÉNÉRATRICES DE TRÉSORERIE (UGT)......................................130


5.1 Dispositif général...........................................................................................................130
5.2 Mise en œuvre du test de perte de valeur.....................................................................130
5.3 Traitement spécifique du goodwill...............................................................................131
5.4 Traitement spécifique de l’actif de support .................................................................134

PARTIE 3 : ACTIF COURANT ................................................................................................ 135


SECTION 1. PRÉSENTATION ...................................................................................................135
1.1 Stocks .............................................................................................................................135
1.2 Créances .........................................................................................................................138
SECTION 2. ÉVALUATION.......................................................................................................141
2.1 Stocks .............................................................................................................................141
2.2 Créances .........................................................................................................................147
2.3 Autres actifs circulants..................................................................................................148

PARTIE 4 : DETTES ET AUTRES PASSIFS NON FINANCIERS...................................... 148


SECTION 1. PRÉSENTATION ...................................................................................................149
1.1 Dettes..............................................................................................................................149
1.2 Autres passifs : les provisions (IAS 37).......................................................................150
1.3 Passifs et actifs éventuels (IAS 37) ..............................................................................154
1.4 Informations à fournir ...................................................................................................154
1.5 Projet de révision ...........................................................................................................155
SECTION 2. ÉVALUATION D’UNE PROVISION..................................................................155
2.1 « Meilleure estimation » (best estimate) de la sortie de ressources nécessaires
à l’extinction de l’obligation actuelle à la date de clôture....................................155
2.2 Actualisation ..................................................................................................................159
2.3 Remboursements attendus ............................................................................................159
2.4 Réexamen des provisions..............................................................................................160
SECTION 3. PROVISIONS POUR DÉMANTÈLEMENT, REMISE EN ÉTAT
(IFRIC 1) ET FONDS DE DÉMANTÈLEMENT (IFRIC 5) ..............................................161
3.1 Variation des passifs existants relatifs au démantèlement, à la remise en état et
similaires (IFRIC 1) ................................................................................................161
3.2 Droits à participation dans des fonds de démantèlement (IFRIC 5) ..........................163
SECTION 4. AVANTAGES DU PERSONNEL : LES ENGAGEMENTS DE
RETRAITE (IAS 19) ..............................................................................................................163
4.1 Régimes de retraite........................................................................................................164
4.2 Comptabilisation............................................................................................................164
4.3 Évaluation des obligations au titre des avantages postérieurs à l’emploi..................168
4.4 Informations à fournir ....................................................................................................172
4.5 Illustration.......................................................................................................................174

PARTIE 5 : IMPÔTS DIFFÉRÉS (IAS 12) .............................................................................. 175


SECTION 1. MÉTHODES DU PCG, CRC 99-92 ET IAS 12 ..................................................176
SECTION 2. DÉFINITIONS ........................................................................................................176
SECTION 3. COMPTABILISATION DES IMPÔTS DIFFÉRÉS PASSIFS (IDP) ................178
SECTION 4. COMPTABILISATION DES IMPÔTS DIFFÉRÉS ACTIFS (IDA) .................178
4.1 Principe ..........................................................................................................................178
4.2 Évaluation de la probabilité de recouvrement .............................................................178
S7151-F1/2 SÉRIE 02 91

4.3 Pertes fiscales et crédits d’impôts non utilisés ............................................................180


4.4 Bénéfices non distribués des filiales ............................................................................180
SECTION 5. ÉVALUATION DES IMPÔTS DIFFÉRÉS .........................................................180
5.1 Approche bilantielle ......................................................................................................180
5.2 Actualisation interdite ...................................................................................................181
5.3 Présentation des impôts différés ...................................................................................182
SECTION 6. CONTREPARTIE DES ACTIFS OU DES PASSIFS D’IMPÔTS
DIFFÉRÉS 182
6.1 Transactions affectant le bénéfice ................................................................................183
6.2 Transactions affectant les capitaux propres .................................................................184
6.3 Transactions affectant le goodwill ...............................................................................184
SECTION 7. PREUVE D’IMPÔT ...............................................................................................186
QUESTIONNAIRE D’AUTO-ÉVALUATION : DETTES ET AUTRES PASSIFS ....................187

PARTIE 6 : INSTRUMENTS FINANCIERS (IAS 32, IAS 39 ET IFRS7) .......................... 189


SECTION 1. RAPPELS SUR QUELQUES CONCEPTS FONDAMENTAUX .....................191
1.1 Notions de valeur...........................................................................................................191
1.2 Notions de résultat.........................................................................................................191
SECTION 2. ASPECTS ESSENTIELS DE LA NORME IAS 39.............................................192
2.1 Définitions des instruments financiers .........................................................................192
2.2 Évaluation des instruments financiers..........................................................................196
2.3 Comptabilisation............................................................................................................197
2.4 Reclassements................................................................................................................204
2.5 Banques et IAS 39 .........................................................................................................205
SECTION 3. INFORMATIONS À FOURNIR ...........................................................................205
3.1 Informations sur les principes comptables...................................................................205
3.2 Informations particulières relatives aux fonds propres ...............................................209
3.3 IFRS 7 : Instruments financiers : Informations à fournir ...........................................209
SECTION 4. CAPITAUX PROPRES..........................................................................................225
4.1 Notion de capitaux propres ...........................................................................................225
4.2 Éléments des capitaux propres .....................................................................................226
4.3 Informations à fournir ...................................................................................................229

DEVOIR 2 À ENVOYER À LA CORRECTION..............................................................................................233


92 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

PRÉSENTATION ET ÉVALUATION DANS LE BILAN

PARTIE 1 : ACTIF NON COURANT

SECTION 1. INTRODUCTION

Selon le cadre conceptuel de l’IASB, un actif est une ressource contrôlée par une entité du fait
d’événements passés et dont des avantages économiques futurs sont attendus par l’entité. L’avantage
économique futur représentatif d’un actif est le potentiel qu’a cet actif de contribuer, directement ou
indirectement, à des flux de trésorerie et d’équivalents de trésorerie au bénéfice de l’entité (§ 49 et 53).
La comptabilisation d’un actif n’est donc pas soumise à l’existence d’un droit de propriété mais à celle
d’un contrôle. C’est ainsi que figurent, parmi les actifs, les biens utilisés dans un contrat de location-
financement.
Les immobilisations corporelles font l’objet de la norme IAS 16 (révisée en 2003). Les
immobilisations incorporelles sont étudiées dans la norme IAS 38 (révisée en 2004). Ces deux normes
ont été intégrées dans le droit communautaire de l’Union européenne par le règlement (CE)
n° 1725/2003 de la Commission du 29 septembre 2003 (JOUE du 13 octobre 2003).

SECTION 2. IMMOBILISATIONS CORPORELLES (IAS 16)

Résumé
Pour les normes IFRS, un actif est une ressource contrôlée par l’entité du fait d’événements passés et
dont des avantages économiques futurs sont attendus par l’entité.
Une immobilisation corporelle est enregistrée à l’actif pour son coût d’acquisition correspondant au
prix d’achat majoré du coût directement attribuable au transfert de l’actif et à l’estimation initiale des
coûts relatifs au démantèlement, à l’enlèvement de l’immobilisation et à la reconstitution du site.
Depuis la révision 2007 de IAS 23, les coûts d’emprunt sont incorporables dans le coût des actifs
éligibles.
Une immobilisation corporelle amortissable doit être systématiquement amortie sur sa durée d’utilité,
déterminée à partir du rythme selon lequel les avantages économiques futurs liés à l’actif sont
consommés par l’entité.
Après sa comptabilisation initiale, une immobilisation corporelle peut être évaluée selon le modèle du
coût ou selon le modèle de la réévaluation.
En sus de l’amortissement, les immobilisations corporelles peuvent être dépréciées, selon IAS 36
« Dépréciation d’actifs ». Lorsqu’un indice indique qu’un actif a pu perdre de la valeur, l’entité doit
estimer la valeur recouvrable de cet actif. Lorsque cette valeur est inférieure à la valeur comptable,
une dépréciation doit être constatée (IAS 36 §§ 7 et 8). La valeur recouvrable est la valeur la plus
élevée entre la juste valeur diminuée des coûts de la vente et la valeur d’utilité (IAS 36 § 6).

Les questions fondamentales concernant la comptabilisation des immobilisations corporelles portent


sur la date de comptabilisation des actifs, la détermination de leur valeur comptable ainsi que la
comptabilisation des dotations aux amortissements.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 93

La norme IAS 16 Immobilisations corporelles est applicable à la comptabilisation des


immobilisations corporelles, sauf lorsqu’une autre norme comptable internationale impose ou autorise
un traitement comptable différent (§ 2).
Elle ne s’applique pas aux actifs biologiques en rapport avec l’activité agricole, ni aux droits miniers,
prospection et extraction de minerais, de pétrole, de gaz naturel et autres ressources similaires non
renouvelables (§ 3), mais s’applique aux immobilisations corporelles utilisées pour développer ou
entretenir des actifs biologiques et des droits miniers et réserves de minerais.
Les immobilisations corporelles sont définies comme (§ 6) :
« des actifs corporels qui sont détenus par une entité soit pour être utilisés dans la
production ou la fourniture de biens ou de services, soit pour être loués à des tiers, soit à
des fins administratives et dont on s’attend qu’ils soient utilisés sur plus d’une période ».
La définition du PCG est identique (art. 211-1).

2.1 Comptabilisation et évaluation initiale

a. Critères de comptabilisation
Une immobilisation corporelle doit être enregistrée à l’actif lorsque (§ 7) :
1. les avantages économiques futurs et les risques associés à cet actif doivent normalement aller à
l’entité sur la base des indications disponibles lors de la comptabilisation initiale ;
2. le coût de cet actif pour l’entité peut être évalué de façon fiable. C’est le cas lorsqu’il y a eu une
transaction. Dans le cas d’un actif produit par l’entité pour elle-même, une évaluation fiable du coût
peut être faite à partir du coût des matières utilisées acquises auprès de tiers, du coût de la main-
d’œuvre et d’autres composants utilisés au cours du processus de production.
Une entité apprécie, selon le principe général de comptabilisation, tous les coûts de ses
immobilisations corporelles au moment où ils sont encourus. Ces coûts incluent les coûts encourus
initialement pour acquérir ou construire une immobilisation corporelle et les coûts encourus
ultérieurement pour l’accroître, la remplacer partiellement ou assurer son entretien.
Les coûts initiaux
– pièces de rechange et matériel d’entretien : elles constituent habituellement des stocks et
sont donc comptabilisées en charges lors de leur consommation. Cependant, le stock de
pièces de rechange principales et le stock de pièces de sécurité constituent des actifs
corporels si l’entité compte les utiliser sur plus d’un exercice ou si ces pièces ne peuvent
être utilisées qu’avec un seul actif corporel (§ 10) ;
– immobilisations qui n’augmentent pas directement les avantages économiques futurs. Par
exemple, celles qui sont acquises pour des raisons de sécurité ou pour des raisons liées à
l’environnement. Considérées comme nécessaires pour obtenir les avantages économiques
futurs des autres actifs, elles remplissent les conditions pour être comptabilisées en tant
qu’actifs (§ 11).
Les coûts ultérieurs
– les coûts d’entretien courant de l’immobilisation sont comptabilisés en résultat lorsqu’ils
sont encourus (§ 12) ;
94 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

– selon l’approche par composants : des parties de certaines immobilisations corporelles


peuvent exiger un remplacement à intervalles réguliers, fréquents ou non, voire un
remplacement non récurent ; le coût d’un remplacement partiel est comptabilisé dans la
valeur comptable de l’immobilisation corporelle, si les critères de comptabilisation sont
satisfaits (§ 13) ; ces éléments, de durées d’utilité différentes ou qui procurent des
avantages à l’entité selon un rythme différent, doivent être considérés comme des
composants distincts et être inscrits séparément à l’actif afin d’être amortis sur une durée
d’utilité cohérente ; la valeur comptable des pièces remplacées est décomptabilisée. Cette
approche est également applicable en France, selon l’article 311-2 du PCG. Par exemple,
un avion peut être décomposé en plusieurs actifs : moteurs, aménagements intérieurs. Les
provisions pour grosses réparations n’ont donc pas lieu d’être ;
– la poursuite de l’exploitation d’une immobilisation corporelle peut être soumise à la
condition de la réalisation régulière d’inspections majeures destinées à identifier
d’éventuelles défaillances, avec ou sans remplacement de pièces. Lorsqu’une inspection
majeure est réalisée, son coût est comptabilisé dans la valeur comptable de l’immobilisation
corporelle à titre de remplacement, si les critères de comptabilisation sont satisfaits. Toute
valeur comptable résiduelle du coût de la précédente inspection (distincte des pièces
physiques) est décomptabilisée. C’est le cas que le coût de la précédente inspection ait ou
non été identifié dans l’opération dans laquelle l’immobilisation a été acquise ou construite.
(§ 14).

ILLUSTRATION

AIR-France KLM 2006-2007, Note 1, Principes comptables (extrait)

A) Immobilisations aéronautiques
Le prix d'acquisition des immobilisations aéronautiques est libellé en devises étrangères. Il
est converti au cours de règlement ou, le cas échéant, au cours de couverture qui lui est
affecté. Les remises constructeurs éventuelles sont portées en diminution de la valeur
immobilisée.
Les avions sont amortis selon le mode linéaire sur leur durée moyenne d’utilisation estimée.
Cette durée est fixée à 20 ans sans valeur résiduelle.
La norme comptable préconise de revoir chaque année la valeur résiduelle ainsi que le plan
d’amortissement.
Durant le cycle d’exploitation, dans le cadre de l’élaboration des plans de renouvellement
de flotte, le groupe examine si la base amortissable ou la durée d’utilité doivent être
adaptées et, le cas échéant, détermine si une valeur résiduelle doit être prise en compte et la
durée d’utilité adaptée.
Les potentiels cellules et moteurs (hors pièces à durée de vie limitée) sont isolés du coût
d’acquisition des appareils. Ils constituent des composants distincts et sont amortis sur la
durée courant jusqu’à l’événement suivant de grand entretien prévu.
Les pièces de rechanges aéronautiques sont inscrites en immobilisations. La durée
d’amortissement varie, selon les caractéristiques techniques des pièces, de 3 à 20 ans.

EXEMPLE
Une entité acquiert début janvier N une construction pour 10 000 k€. La durée d’utilité
(d’amortissement) de cette construction est estimée à 40 ans. Cependant, il est prévu que la toiture
devra être entièrement refaite au bout de 20 ans. Le coût de la toiture en janvier N est estimé à 800 k€.
Cette construction doit être comptabilisée en 2 composants distincts :
– le composant toiture, dont le coût est de 800 k€, qui sera amorti sur 20 ans ;
– la structure dont le coût est de 9 200 k€, qui sera amorti sur 40 ans.
On suppose maintenant qu’en janvier N+20, la toiture est effectivement refaite pour un coût de 900 k€.
À cette date, le composant toiture est entièrement amorti, un nouvel actif (nouveau composant toiture)
est donc comptabilisé sur 900 k€. Il est amorti sur 20 ans.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 95

REMARQUES
En France, le PCG autorise les entités à continuer à constater des provisions pour grosses réparations
(uniquement dans le cas des grandes révisions et travaux de grand entretien) dans les comptes
sociaux, afin qu’elles ne soient pas pénalisées fiscalement.

b. Évaluation lors de la comptabilisation


Une immobilisation corporelle qui remplit les conditions pour être comptabilisée en tant qu’actif est
enregistrée à son coût évalué dans des conditions d’acquisition au comptant. Le coût d’un actif est
défini comme (§ 6) :
le montant de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie payé ou la juste valeur de toute autre
contrepartie donnée pour acquérir un actif au moment de son acquisition ou de sa
construction.
Les éléments du coût d’acquisition sont proches de ceux du PCG. Il est égal au prix d’achat
augmenté :
– du coût directement attribuable au transfert de l’actif jusqu’à son lieu d’exploitation et à sa mise en
état pour permettre son exploitation de la manière prévue par la direction ;
– l’estimation initiale des coûts relatifs au démantèlement et à l’enlèvement de l’immobilisation et à
la remise en état du site sur lequel elle est située.
Ce montant :
– doit être majoré des coûts d’emprunt, pour les actifs éligibles, depuis la révision 2007 d’IAS 23 ;
– peut être diminué du montant des subventions publiques correspondantes, selon IAS 20 (voir les
« Compléments et approfondissements »).
Le coût d’une immobilisation est le prix comptant équivalent à la date de comptabilisation (§ 23).
Le prix d’achat inclut les droits de douane et les taxes non remboursables mais est déterminé net des
remises et rabais commerciaux.
Le coût directement attribuable comprend : le coût de préparation du site, les frais de livraison et de
manutention initiaux, les frais d’installation, les honoraires de professionnels tels qu’architectes et
ingénieurs.
La norme précise que certains frais sont obligatoirement comptabilisés en charges. Il s’agit :
– des frais administratifs et autres frais généraux à moins qu’ils puissent être spécifiquement attribués
à l’acquisition de l’actif ou à la mise en état de fonctionnement de l’actif ;
– des frais de démarrage et antérieurs à l’exploitation sauf s’ils sont nécessaires pour mettre l’actif en
état de fonctionnement. Les pertes supportées avant que l’immobilisation parvienne à la
performance prévue (§ 20).
Les coûts futurs de démantèlement, d’enlèvement de l’actif et de remise en état du site prévus
lors de l’acquisition ou la production d’un actif sont incorporés au coût d’acquisition ou de production,
lorsque ces coûts doivent faire l’objet d’une provision selon IAS 37. (Pour des développements sur
l’analyse comptable de ces coûts et de la provision correspondante : voir le cours sur IFRIC 1 dans la
partie du cours relative à IAS 37.)
Les coûts d’emprunts liés à la réalisation de l’actif sont obligatoirement incorporés au coût de l’actif
lorsque cet actif est éligible, dans les conditions suivantes :
– Un actif éligible est un actif qui exige une longue période de préparation avant de pouvoir être
utilisé ou vendu (par exemple des installations de production, des immeubles de placement).
– Les coûts d’emprunt capitalisables sont ceux qui auraient pu être évités si les dépenses relatives
aux actifs éligibles n’avaient pas été faites.
96 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

– L’incorporation des coûts d’emprunts débute lorsque les trois conditions suivantes sont réunies
pour la première fois :
W L’entité encourt des dépenses pour l’actif,
W Elle encourt des coûts d’emprunt et
W Elle entreprend les activités indispensables à la préparation de l’actif préalablement à son
utilisation.
– Cette incorporation cesse lorsque les activités indispensables à la préparation de l’actif
préalablement à son utilisation sont pratiquement terminées.
Les coûts d’emprunt peuvent inclure (IAS 23, § 6) :
– les intérêts sur découverts et sur emprunts à court et long terme ;
– l’amortissement des primes d’émission ou de remboursement des emprunts ;
– l’amortissement des coûts accessoires encourus pour la mise en place des emprunts ;
– les charges financières en rapport avec les contrats de location-financement ;
– les différences de change résultant des emprunts en devises dans la mesure où elles sont assimilées
à un ajustement des coûts d’intérêts.

ILLUSTRATION

AIR-FRANCE-KLM 2006-2007, Note 1, Principes comptables (extrait)

Les intérêts financiers des emprunts contractés pour financer les investissements, pendant la
période précédant leur mise en exploitation, sont partie intégrante du coût historique. Dans
la mesure où les acomptes sur investissements ne sont pas financés par des emprunts
spécifiques, le groupe retient le taux moyen d’intérêt des emprunts non affectés en cours à
la clôture de l’exercice considéré.

REMARQUE
Le coût d’une immobilisation produite par l’entité pour elle-même est déterminé en utilisant les
mêmes principes que pour un actif acquis, à l’exception des coûts anormaux de gaspillage de matières
premières, de main-d’œuvre et d’autres ressources utilisées.

2.2 Évaluation après la comptabilisation

a. Deux modèles possibles pour l’évaluation après la comptabilisation


– le modèle du coût,
– le modèle de la réévaluation.
Il faut donc choisir l’un des deux modèles par catégorie d’actifs corporels homogènes (par ex : des
matériels industriels utilisés dans des conditions similaires) (§ 29). Une entité peut donc retenir un
modèle d’évaluation différent pour des catégories d’actifs différentes.

Q Le modèle du coût (§ 30)


Selon ce modèle d’évaluation, après sa comptabilisation initiale, un actif corporel est comptabilisé à
son coût (ou valeur initiale) après diminution du cumul des amortissements et du cumul des pertes de
valeur éventuelles.

Q Le modèle de la réévaluation (§ 31)


Après sa comptabilisation initiale, un actif corporel doit être réévalué régulièrement à sa juste valeur,
diminuée du cumul des amortissements ultérieurs et du cumul des dépréciations ultérieures, à
condition que sa juste valeur puisse être évaluée de façon fiable.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 97

La juste valeur est (§ 6)


« le montant pour lequel un actif pourrait être échangé entre parties bien informées,
consentantes et agissant dans des conditions de concurrence normale ».
Les réévaluations doivent être effectuées avec une régularité suffisante pour que la valeur comptable
ne diffère pas de façon significative de celle qui aurait été déterminée en utilisant la juste valeur à la
date de clôture.
La juste valeur des terrains et constructions est en général leur valeur de marché (estimée en général
par des évaluateurs professionnels qualifiés). Il en est de même des installations de production.
Lorsqu’il n’y a pas d’indications de la valeur de marché, celles-ci sont évaluées à leur coût de
remplacement net d’amortissement.
Sauf fluctuations particulières de la juste valeur, une réévaluation tous les trois ou cinq ans peut être
suffisante.
Les éventuelles réévaluations touchent toute une catégorie homogène d’actifs, c’est-à-dire tous les
actifs de nature et d’usage similaires au sein de l’activité d’une entité. Exemples de catégories :
terrains, terrains et constructions, machines, avions, véhicules à moteur, mobiliers et agencements,
mobiliers de bureau.

Comptabilisation de la réévaluation
L’augmentation de valeur comptable qui résulte d’une réévaluation a pour contrepartie les « autres
éléments du résultat global ». Elle est cumulée avec les capitaux propres sous la rubrique « Écarts de
réévaluation ». Elle est comptabilisée en résultat si elle compense une réévaluation « négative » du
même actif, dont le montant a été précédemment porté en résultat (§ 39).
Une réévaluation négative est portée en résultat, sauf si son montant est inférieur ou égal au solde
créditeur de l’écart de réévaluation correspondant. Dans ce cas, elle est comptabilisée en « autres
éléments du résultat global » et réduit le montant de l’écart de réévaluation inscrit en capitaux propres
(§ 40).
L’écart de réévaluation peut être transféré en « résultats non distribués au fur et à mesure de
l’utilisation de l’actif. Dans ce cas, le montant transféré est égal à la différence entre l’amortissement
fondé sur la valeur comptable réévaluée de l’actif et l’amortissement fondé sur le coût initial de l’actif
(§ 41).

Comparaison avec les textes français


Le Nouveau Code de commerce (art. L. 123.18) et le PCG (art. 350-1) autorisent la réévaluation en
particulier pour les immobilisations corporelles sans qu’il y ait lieu de distinguer celles qui sont
amortissables de celles qui ne le sont pas. C’est pour des raisons fiscales qu’elle est peu pratiquée :
l’écart de réévaluation constaté est traité comme du résultat imposable. Le traitement comptable est
proche des normes internationales. Si cette option est retenue, l’entité est cependant obligée de
réévaluer la totalité de ces actifs corporels. L’opération de réévaluation a toutefois un caractère
exceptionnel et non récurrent.

EXEMPLE
Une entité a acquis une construction pour un montant de 10 000 k€ en janvier N –4. Cette construction
est amortie en linéaire sur 20 ans.
Le modèle de la réévaluation est retenu pour l’évaluation des constructions.
Entre le 31/12/N –4 et le 31/12/N, la construction n’a jamais été réévaluée. Sa juste valeur est estimée
à 12 000 k€ le 31/12/N.
La construction est inscrite au bilan au 31/12/N pour 12 000 k€, ce qui génère un écart de réévaluation
de : 12 000 – 7 500 (valeur nette comptable au 31/12/N) = 4 500 k€, inscrit directement en capitaux
propres (et non en résultat).
98 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Pratiquement, il est possible de réévaluer la valeur brute (avant amortissements) et les amortissements
cumulés pour obtenir à l’actif une valeur nette comptable de 12 000 k€, ou d’imputer les
amortissements cumulés sur la valeur brute et d’ajuster uniquement la valeur brute.
La dotation aux amortissements constatée lors des exercices futurs sera égale à : 12 000 k€/15 ans
= 800 k€.

b. Amortissement des immobilisations corporelles


Selon IAS 16 § 6 :
« L’amortissement est la répartition systématique du montant amortissable d’un actif sur sa
durée d’utilité.
Le montant amortissable est le coût d’un actif, ou tout autre montant substitué au coût dans
les états financiers, diminué de sa valeur résiduelle ».
La durée d’utilité d’un actif est déterminée à partir de différents facteurs (§ 56 à 57) :
– l’usage attendu de l’actif ;
– l’usage physique attendu de cet actif ;
– l’obsolescence technique ;
– les limites juridiques ou similaires sur l’usage de cet actif ;
– la durée d’utilité d’une immobilisation peut être plus courte que sa vie économique. Son estimation
est affaire de jugement basé sur l’expérience de l’entité avec des actifs similaires.
Il est précisé que :
« La dotation aux amortissements de chaque exercice doit être comptabilisée en résultat,
sauf si elle est incorporée dans la valeur comptable d’un autre actif (§ 48).
Le montant amortissable d’une immobilisation corporelle doit être réparti de façon
systématique sur sa durée d’utilité (§ 50).
L’amortissement d’un actif commence dès qu’il est prêt à être mis en service, c’est-à-dire
dès qu’il se trouve à l’endroit et dans l’état nécessaires pour pouvoir l’exploiter de la
manière prévue par la direction (§ 55). »
Les terrains et constructions sont traités distinctement en comptabilité, même lorsqu’ils sont acquis
ensemble. Les terrains ont normalement une durée de vie illimitée et ne sont pas amortis. Les
constructions sont amortissables. Une augmentation de la valeur du terrain sur lequel est édifiée une
construction ne remet pas en question la durée d’utilité de la construction.
Le montant amortissable d’un actif est déterminé après déduction de sa valeur résiduelle estimée à la
date d’acquisition.
La valeur résiduelle correspond au montant que l’entité recevrait aujourd’hui si celui-ci était déjà dans
les conditions d’âge et l’usure envisagées à la fin de sa durée d’utilisation. Dans la pratique, la valeur
résiduelle est le plus souvent faible et donc négligée. Cependant, en cas de réévaluation, la valeur
résiduelle est réestimée.
IAS 16 n’impose pas de méthode d’amortissement. Il est seulement précisé que le mode
d’amortissement choisi doit refléter le rythme de consommation des avantages économiques attendus
de l’actif. Aussi différentes méthodes d’amortissement peuvent-elles être utilisées. La norme cite
l’amortissement linéaire, l’amortissement dégressif, le mode des unités de production ; cette liste
n’étant pas exhaustive.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 99

Comparaison avec les textes français


L’article 322-4 donne une définition de l’amortissement et de la durée d’utilité conforme à celles
d’IAS 16.
La notion de valeur résiduelle est également prévue dans les textes français quoique rarement
appliquée en particulier pour des raisons fiscales.

EXEMPLE
L’entité Malaga a acquis un matériel industriel dans les conditions suivantes :
– Réception du matériel le 1er octobre mars N, mise en service le 31 octobre N
– Prix d’achat HT : 600 000 USD (1 USD = 0,90 € le 15 mars N)
– Droits de douane : 20 000 €
– TVA payée en douane : 120 000 €
– Frais de transport : 6 000 € HT
– Frais d’installation réalisée par le personnel de l’entité : 5 000 €
– Formation des utilisateurs, assurée par le constructeur du matériel : 10 000 €
– Durée d’utilité : 3 ans. Le matériel sera amorti au rythme de la production supplémentaire générée
par ce nouveau matériel, soit :
en N : 50 000 unités
en N+1 : 150 000 unités
en N+2 : 200 000 unités
en N+3 : 100 000 unités
– Il est prévu de revendre le matériel à l’issue des 4 ans. Sa valeur résiduelle (prix de revente) est
estimée à 200 000 €.
La valeur du bien à l’actif au 31 octobre/N est de :
600 000  0,9 = 540 000
+ Douane : 20 000
+ Transport : 6 000
+ Installation : 5 000
Total = 571 000
La base à amortir : 571 000 – 200 000 = 371 000.
La dotation de l’année N : 371 000  50 000/500 000 = 37 100.

c. Dépréciation des immobilisations corporelles


Pour déterminer si une immobilisation corporelle est dépréciée, on applique IAS 36 « Dépréciation
d’actifs ». Cette norme explique comment une entité réexamine la valeur comptable de ses actifs,
comment elle détermine la valeur recouvrable d’un actif et quand elle comptabilise ou reprend une
perte de valeur.
Lorsqu’un indice indique qu’un actif a pu perdre de la valeur, l’entité doit estimer la valeur
recouvrable de cet actif. Lorsque cette valeur est inférieure à la valeur comptable, une dépréciation
doit être constatée (IAS 36 § 8). La valeur recouvrable est la valeur la plus élevée entre le prix de
vente net ou juste valeur nette et la valeur d’utilité (IAS 36 § 6).
Les indices de pertes de valeur peuvent émaner de sources externes (baisse de la valeur de marché
d’un actif, changement dans l’environnement technologique, économique ou juridique du marché,
augmentation des taux d’intérêt…) ou de sources internes (obsolescence ou dégradation physique d’un
actif, changements dans l’activité de l’entité, diminution de la performance attendue d’un actif) (§ 12).
Le prix de vente net est le montant qui peut être obtenu de la vente de l’actif lors d’une transaction
dans des conditions de concurrence normales entre des parties bien informées et consentantes, après
déduction de tous les coûts de cession (§ 25 à 30).
100 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

La valeur d’utilité est la valeur actualisée des flux de trésorerie futurs estimés attendue de l’utilisation
continue d’un actif et de sa sortie à la fin de sa durée d’utilité (§ 30 à § 57). La détermination de cette
valeur nécessite d’élaborer des prévisions de flux de trésorerie et de déterminer un taux d’actualisation
(§ 56) :
« qui reflète les appréciations actuelles du marché de la valeur temps de l’argent et les
risques spécifiques à l’actif ».
Une perte de valeur comptabilisée au cours des exercices antérieurs est reprise s’il y a eu un
changement dans les estimations utilisées pour déterminer la valeur recouvrable et si cette reprise ne
conduit pas à constater une valeur comptable d’un actif supérieure à celle qui aurait été déterminée
pour cet actif si aucune perte de valeur n’avait été comptabilisée (§ 109 à 125).
Deux exemples simples permettront d’illustrer les principes de mise en application d’IAS 36.

EXEMPLE 1
Les informations suivantes concernant certaines immobilisations d’une société sont communiquées :
Valeur comptable Juste valeur nette du Valeur d’utilité
coût de la vente
Immobilisation 1 300 000 250 000 240 000
Immobilisation 2 138 000 124 000 150 000
Immobilisation 3 70 000 60 000 (ne peut être déterminée)

Il est impossible de déterminer une valeur d’utilité pour l’immobilisation 3 car elle ne génère pas
d’entrée de trésorerie (pour illustrer ce cas, la norme § 66 prend l’exemple d’une desserte ferroviaire
privée dans une exploitation minière qui ne génère pas d’entrées de trésorerie indépendantes).
L’immobilisation 1 doit être évaluée au prix de vente net (la valeur recouvrable est le maximum entre
la valeur d’utilité et le prix de vente net). Elle sera donc dépréciée de 50 000 (la dépréciation est
comptabilisée en charges au compte de résultat).
L’immobilisation 2 ne sera pas dépréciée.
En ce qui concerne l’immobilisation 3, l’entité doit identifier l’unité génératrice de trésorerie à
laquelle elle appartient et déterminer la valeur recouvrable de cette unité dans son ensemble. Si on
reprend l’exemple de la desserte ferroviaire citée par la norme, l’unité génératrice de trésorerie sera la
mine dans son ensemble.

EXEMPLE 2
Une entité a acquis le 1er janvier N un matériel dont le coût est de 150 000 €. Ce matériel est amorti en
linéaire sur 5 ans et sa valeur résiduelle est considérée comme nulle. Au 31/12/N+2, le comptable,
constatant qu’un nouveau matériel plus performant est maintenant disponible, décide de réaliser un
test de dépréciation (impairement test) sur ce matériel.
La valeur d’utilité est déterminée en actualisant les flux de trésorerie générés par le matériel au taux de
12 % (il s’agit d’un taux avant impôt tenant compte du coût de l’argent sur les marchés et des risques
spécifiques à l’entité). Les flux de trésorerie générés par le matériel correspondent à l’augmentation du
résultat opérationnel (avant impôt) liée à l’utilisation du matériel. Les prévisions pour N+3 et N+4
sont respectivement de 35 000 € et 30 000 €. D’autre part, si le matériel était vendu au 31/12/N+2, son
prix de vente net serait de 45 000 €.
La valeur d’utilité au 31/12/N+2 est égale à : 35 000  1, 12-1 + 30 000  1,12-2 = 55 165.
La valeur recouvrable est la valeur la plus élevée entre la valeur d’utilité et le prix de vente net. Ici,
elle est donc de 55 165.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 101

Cette valeur étant inférieure à la valeur nette comptable du bien à l’actif au 31 décembre N+2, soit
60 000 €, une dépréciation de 4 835 € doit être comptabilisée. La dotation aux amortissements
annuelle sera ensuite calculée (à partir de N+3) sur une valeur de 55 165.

Comparaison avec les textes français


L’article 322-5 du PCG (applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2005) introduit dans
le droit national français les textes de dépréciation prévus par la norme IAS 36.

ILLUSTRATION

Novartis 2007, Note 1, Normes comptables (extrait)

Immobilisations corporelles
La valeur des immobilisations corporelles est révisée chaque fois que l’on relève un indice
indiquant que sa valeur recouvrable pourrait être inférieure à sa valeur comptable.

d. Réexamen de la durée d’utilité, du mode d’amortissement et de la dépréciation


« La valeur résiduelle et la durée d’utilité doivent être révisées au moins à chaque fin de
période annuelle et, si les attentes diffèrent par rapport aux estimations précédentes, les
changements doivent être comptabilisés comme un changement d’estimation comptable,
conformément à IAS 8 » (§ 51).
Il est précisé (§ 52) que :
« Le mode d’amortissement appliqué à un actif doit être examiné au moins à la fin de
chaque période annuelle et, si le rythme attendu de consommation des avantages
économiques futurs de l’actif a connu un changement important, le mode d’amortissement
doit être modifié pour refléter le nouveau rythme. Ce changement doit être comptabilisé
comme un changement d’estimation comptable selon IAS 8 ».

e. Mises hors service et sorties


Lorsqu’une immobilisation corporelle est mise hors service (c’est-à-dire qu’elle n’est plus utilisée),
elle doit quand même être amortie jusqu’à la date de sa sortie effective de l’actif (ce point a été précisé
lors de la remise à jour d’IAS 16, en décembre 2003).
Lorsqu’une immobilisation corporelle est échangée contre un actif similaire, le coût de l’actif acquis
est égal à la valeur comptable de l’actif sorti et ne s’accompagne ni de gain ni de perte.
Le PCG ne précise pas quand un actif doit être mis hors service.

2.3 Informations à fournir


Les états financiers doivent indiquer, pour chaque catégorie d’immobilisations corporelles (§ 73) :
(a) les conventions d’évaluation utilisées pour déterminer la valeur brute comptable ;
(b) les modes d’amortissement utilisés ;
(c) les durées d’utilité ou les taux d’amortissement utilisés ;
(d) la valeur brute comptable et le cumul des amortissements (regroupé avec le cumul des
pertes de valeur) à l’ouverture et à la clôture de l’exercice ;
(e) un rapprochement entre la valeur comptable à l’ouverture et à la clôture de l’exercice
montrant :
(i) les entrées ;
(ii) les sorties ;
(iii) les acquisitions par voie de regroupements d’entités ;
102 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

(iv) les augmentations ou les diminutions durant l’exercice résultant des réévaluations
décrites (…) aux paragraphes 32, 39 et 40 et des pertes de valeur comptabilisées ou reprises
directement en capitaux propres selon IAS 36, Dépréciation d’actifs ;
(v) (…) les pertes de valeur comptabilisées dans le compte de résultat durant l’exercice
selon IAS 36 ;
(vi) les pertes de valeur reprises dans le compte de résultat durant l’exercice selon IAS 36 ;
(vii) les amortissements ;
(viii) les différences de change nettes provenant de la conversion des états financiers d’une
entité étrangère ; et
(ix) les autres variations.
On doit également mentionner (§ 74) :
– L’existence et les montants des restrictions sur les immobilisations corporelles données
en nantissement de dettes ;
– La méthode comptable retenue pour les coûts estimés de remise en état du site des
immobilisations corporelles ;
– Le montant des dépenses comptabilisées au titre des immobilisations corporelles en
cours de production ;
– Le montant des engagements pour l’acquisition d’immobilisations corporelles.
– Et s’il n’est pas présenté séparément au compte de résultat, le montant des
indemnisations reçues de tiers relatives à des immobilisations corporelles, dépréciées,
perdues ou abandonnées qui sont incluses dans le compte de résultat.
Comme le choix du mode d’amortissement et l’estimation de la durée d’utilité des actifs sont affaire
de jugement, l’indication des modes adoptés, des durées d’utilité estimées ou des taux
d’amortissement apporte aux utilisateurs des états financiers des informations leur permettant
d’examiner les politiques retenues par les dirigeants et autorisant la comparaison avec d’autres entités.
Pour les mêmes motifs, il est nécessaire d’indiquer la dotation aux amortissements d’un exercice et le
cumul des amortissements à la fin de cet exercice (§ 75).
Il est mentionné § 76 que :
« Selon IAS 8, une entité indique la nature et l’effet d’un changement d’estimation
comptable dont l’incidence est significative pour la période ou risque d’être significative au
cours des périodes ultérieures. Pour les immobilisations corporelles, une telle information
peut résulter de changements dans les estimations concernant :
(a) les valeurs résiduelles ;
(b) les coûts estimés de démantèlement : d’enlèvement ou de remise en état
d’immobilisations corporelles ;
(c) les durées d’utilité ;
(d) le mode d’amortissement. »
Enfin, selon le § 77 :
« Lorsque les immobilisations corporelles sont inscrites à leur montant réévalué, les
informations suivantes doivent être fournies :
(a) la date à laquelle la réévaluation a été effectuée ;
(b) le recours ou non à un évaluateur indépendant ;
(c) les méthodes et les hypothèses importantes retenues pour estimer la juste valeur des
immobilisations corporelles ;
(d) la mesure dans laquelle les justes valeurs des immobilisations corporelles ont été soit
déterminées par référence directe à des prix observables sur un marché actif ou dans des
transactions récentes sur le marché dans des conditions de concurrence normale, soit
estimées par d’autres techniques d’évaluation ;
(e) pour chaque catégorie d’immobilisations corporelles réévaluées, la valeur comptable
qui aurait été comptabilisée si les actifs avaient été comptabilisés selon le modèle du coût ;
et
(f) l’écart de réévaluation, en indiquant les variations de la période ainsi que toute
restriction sur la distribution de cet écart aux actionnaires. »
S7151-F1/2 SÉRIE 02 103

2.4 Illustrations
Sont présentés ci-après des extraits du rapport annuel Nestlé 2007 relatifs :
– aux méthodes de valorisation des immobilisations corporelles (note annexe sur les « principes
comptables ») ;
– au détail des différentes catégories d’immobilisations corporelles et des variations des valeurs
brutes et des amortissements entre le 1er janvier et le 31 décembre.

ILLUSTRATION

Nestlé 2007 (principes comptables, extrait)

Immobilisations corporelles
Les immobilisations corporelles figurent au bilan à leur coût historique. L’amortissement
est calculé sur les composants qui ont des durées d’utilité homogènes en recourant à la
méthode linéaire, de façon à amortir le coût initial sur les durées d’utilité estimées en tenant
compte de valeurs résiduelles. Les valeurs résiduelles sont de 30 % pour les sièges sociaux,
de 20 % pour les centres de distribution de produits non réfrigérés et sont égales à zéro pour
toutes les autres catégories d’actifs.
Les durées d’utilité sont les suivantes :
Bâtiments 20–35 ans
Machines et équipements 10–20 ans
Outillage, mobilier, matériel informatique et divers 3–8 ans
Véhicules 5 ans
Les terrains ne sont pas amortis.
Les durées d’utilité, les composants et les valeurs résiduelles sont revus chaque année en
tenant compte de la nature des actifs, de l’usage prévu et de l’évolution technologique.
L’amortissement des immobilisations corporelles est imputé aux rubriques appropriées de
charge par fonction du compte de résultat.
Les intérêts sur le financement des immobilisations en cours de construction sont
enregistrés au compte de résultat. Les primes capitalisées à la conclusion de contrats de
crédit-bail pour des terrains et bâtiments sont amorties sur la durée des contrats.
104 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, Note 11, Immobilisations corporelles


En millions de CHF 2006
Terrains et Outillage, Véhicules Total
bâtiments Machines et mobilier et
équipements matériel
divers
Valeur brute
Au 1er janvier 12 758 24 525 7 087 874 45 242
Différences de conversion (210) (344) (87) (11) (652)
Investissements 774 2 242 1 024 160 4 200
Cessions (129) (997) (369) (103) (1 598)
Reclassée en actif destiné (69) (99) (11) - (179)
à être cédé
Modifications du 123 128 (198) 11 64
périmètre de consolidation
Au 31 décembre 13 245 25 455 7 446 931 47 077

Amortissement et perte (5 111) (15 501) (5 159) (481) (26 252)


de valeur cumulés
Au 1er janvier
Différences de conversion 63 155 55 5 278
Amortissements (408) (1 295) (769) (109) (2 581)
Pertes de valeur 19 (106) (9) - (96)
Reprises d’amortissements
sur cessions 117 910 341 82 1 450
Reclassés en actif destiné 48 49 8 - 105
à être cédé
Modifications du 21 56 170 2 249
périmètre de consolidation
Au 31 décembre (5 251) (15 732) (5 363) (501) (26 847)

Net au 31 décembre (7 994) 9 723 2 083 430 20 230


Au 31 décembre 2006, les immobilisations corporelles comprennent des immobilisations en cours de
construction à hauteur de CHF 770 millions. La valeur nette des immobilisations financées par des contrats de
crédit-bail s’élève à CHF 492 millions. Des immobilisations corporelles nettes s’élevant à CHF 224 sont
données en garantie de dettes financières.
Les risques d’incendie ont été raisonnablement estimés et couverts en conséquence, en fonction des différentes
obligations locales.

Commentaires
Les informations publiées par Nestlé correspondent à ce qui est requis par IAS 16. La réévaluation
n’est pas utilisée. Les charges financières éventuelles ne sont pas intégrées au coût des
immobilisations. Selon IAS 23, les charges financières afférentes aux actifs éligibles devraient être
incorporées au coût des actifs. Cependant, Nestlé précise (p. 23), que le groupe n’applique pas IAS 23
révisé par anticipation (qui ne sera donc appliqué qu’en 2009).
Certains actifs (sièges sociaux et centres de distribution de produits non réfrigérés) sont amortis en
prenant compte une valeur résiduelle.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 105

SECTION 3. IMMOBILISATIONS INCORPORELLES (IAS 38)

Résumé
Selon IAS 38, une immobilisation incorporelle est « un actif non monétaire identifiable sans substance
physique ».
Les dépenses pour l’acquisition, le maintien ou l’amélioration de ressources incorporelles qui ne
satisfont pas à la définition d’une immobilisation incorporelle sont comptabilisées en charges.
Lors d’une acquisition, une immobilisation incorporelle se distingue du goodwill si elle en est
séparable. Par exemple, une part de marché n’est pas une immobilisation incorporelle indépendante
mais fait partie du goodwill selon IAS 38.
Les immobilisations incorporelles sont amorties si leur durée d’utilité est finie. Comme les
immobilisations corporelles, elles peuvent être dépréciées, au-delà de l’amortissement, par application
de IAS 36 « Dépréciation d’actifs ».
Les immobilisations à durée d’utilité indéterminée doivent subir un test de dépréciation
systématiquement chaque année.
Après sa comptabilisation initiale, une immobilisation incorporelle peut être évaluée selon le modèle
du coût ou selon le modèle de la réévaluation. Dans la pratique, il est très rare que les immobilisations
incorporelles puissent être réévaluées.

3.1 Notion d’immobilisation incorporelle et champ d’application d’IAS 38

a. Qu’est-ce qu’une immobilisation incorporelle ?


La norme IAS 38 Immobilisations incorporelles s’applique aux immobilisations incorporelles1 qui ne
sont pas traitées spécifiquement par d’autres normes comptables internationales et concerne, entre
autres choses, les dépenses liées aux activités de publicité, de formation, de démarrage d’activité, de
recherche et de développement. Elle ne s’applique pas aux droits miniers et dépenses au titre de la
prospection, du développement et de l’extraction de minerais, de pétrole, de gaz naturel et autres
ressources non renouvelables similaires ; ni aux immobilisations incorporelles résultant des contrats
avec les assurés dans les entreprises d’assurance.
Une immobilisation incorporelle est définie comme (§ 8) :
« un actif non monétaire identifiable sans substance physique ».
On rappelle qu’un actif est une ressource :
(a) contrôlée par une entité du fait d’événements passés ; et
(b) dont des avantages économiques futurs sont attendus par l’entité ».

1 Différentes définitions utilisées dans la norme sur les immobilisations incorporelles sont les mêmes que pour les immobilisations
corporelles et en particulier : amortissement, durée d’utilité, coût, valeur résiduelle, perte de valeur, valeur comptable, juste valeur, marché
actif, avantages économiques futurs.
106 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Suite à la version 2008 d’IFRS 3, la norme IAS 38 précise que :


§ 11 « La définition d’une immobilisation incorporelle impose que cette immobilisation
incorporelle soit identifiable afin de la distinguer du goodwill. […] »
§ 12 « Un actif est identifiable s’il :
(a) est séparable, c’est-à-dire susceptible d’être séparé ou dissocié de l’entité et d’être
vendu, cédé, concédé par licence, loué ou échangé, soit individuellement, soit en même
temps qu’un contrat, un actif ou un passif identifiable, peu importe si l’entité entend ou non
en arriver là ; ou
(b) résulte de droits contractuels ou autres droits légaux, que ces droits soient ou non
cessibles ou séparables de l’entité ou d’autres droits et obligations. »
Et la notion de contrôle est explicitée ainsi (§ 13 et 14) :
« La capacité de contrôler les avantages économiques futurs découlant d’une
immobilisation incorporelle résulte normalement de droits que l’entité peut faire appliquer
par un tribunal. En l’absence de droits légaux, la démonstration du contrôle est plus difficile
[…]
La connaissance du marché et les connaissances techniques peuvent générer des avantages
économiques futurs. Une entité contrôle ces avantages si, par exemple, ses connaissances
sont protégées par des droits légaux, tels que des droits d’auteur, par des contraintes dans
les accords commerciaux (lorsque cela est autorisé) ou par une obligation juridique des
membres du personnel de respecter la confidentialité. »

b. Dépenses à comptabiliser obligatoirement en charges


Les dépenses liées à des éléments incorporels qui n’entrent pas dans la définition sont comptabilisées
en charges lorsqu’elles sont encourues.
Ainsi, constituent toujours des charges (§ 69) :
– Les dépenses de recherche (§ 54) : cependant, sous certaines conditions, les dépenses dites « de
développement » réalisées en interne sont immobilisées (cf. Immobilisations incorporelles générées
en interne).
– Les dépenses liées au démarrage d’une activité ou d’une entité (coûts de démarrage) ;
– Les dépenses de formation ;
– Les dépenses de publicité et/ou de promotion ;
– Les dépenses de délocalisation ou de réorganisation de tout ou partie d’une entité ;
– Les dépenses ultérieures relatives à une immobilisation incorporelle après son acquisition ou son
achèvement. Toutefois, si elles doivent permettre de générer des avantages économiques futurs au-
delà du niveau de performance défini à l’origine, et si elles peuvent être évaluées et attribuées à
l’immobilisation de façon fiable, ces dépenses ultérieures seraient à ajouter au coût de
l’immobilisation incorporelle. Dans la pratique, ce cas reste exceptionnel (la nature même des
immobilisations incorporelles rend difficile la détermination d’une amélioration des avantages
économiques suite à une dépense) (§ 20).

c. Distinction entre immobilisation corporelle et incorporelle


Il est parfois difficile de séparer une immobilisation incorporelle de son support physique qui constitue
une immobilisation corporelle.
C’est le cas d’un logiciel dont le support physique est un disque compact, d’une licence ou d’un brevet
(la documentation juridique constituant le support physique) ou d’un film.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 107

Dans ce cas, il faut déterminer si l’actif doit être comptabilisé en immobilisations incorporelles ou en
immobilisations corporelles en faisant preuve (§ 4) :
« de jugement pour apprécier lequel des éléments est le plus important. Par exemple, un
logiciel destiné à une machine-outil à commande numérique, qui ne peut fonctionner sans
ce logiciel, fait partie intégrante du matériel et est traité en tant qu’immobilisation
corporelle. Il en va de même pour le système d’exploitation d’un ordinateur. Lorsque le
logiciel ne fait pas partie intégrante du matériel, il est traité en tant qu’immobilisation
incorporelle ».

d. Comparaison avec les textes français


La définition d’une immobilisation incorporelle du PCG (211-1) est conforme à celle d’IAS 38.
Dans les comptes individuels, les règles comptables françaises comportent peu d’éléments sur les
critères d’inscription à l’actif d’immobilisations incorporelles. Quelques cas particuliers sont
cependant évoqués. Il s’agit de :
– Frais de recherche et développement.
– Logiciels. Ils sont mis à l’actif en raison de l’existence d’un droit de propriété intellectuelle
exclusif.
– Frais d’établissement. Ils constituent en principe des charges mais peuvent être inscrits à l’actif en
tant que dépenses engagées à l’occasion d’opérations qui conditionnent l’existence ou le
développement de l’entité mais dont le montant ne peut être rapporté à des productions de biens et
de services déterminées. Pour IAS 38, ces frais d’établissement ne peuvent être que des charges de
la période.
Dans les comptes consolidés, les « fonds de commerce » doivent être décomposés en éléments (tels
que droit au bail, relations contractuelles…). Si ces éléments répondent à la définition d’un actif
incorporel, ils sont inscrits distinctement du goodwill, sinon ils font partie intégrante du goodwill.
Selon l'avis n° 2006 E du comité d'urgence, les parts de marché constituent toujours des actifs
identifiables, séparables du goodwill dans les comptes consolidés français.

3.2 Comptabilisation et évaluation initiale


Après son identification, une immobilisation incorporelle est comptabilisée seulement si :
– il est probable que les avantages économiques futurs attribuables à cet actif iront à l’entité, et
– son coût peut être évalué de façon fiable (§ 21).
Selon le § 24 :
« Une immobilisation incorporelle doit être évaluée initialement au coût ».
Or la question de la comptabilisation d’une immobilisation incorporelle peut se poser à la suite
d’événements différents : acquisition séparée, regroupements d’entités, production en interne, etc.
impliquant une appréciation différente des conditions de leur comptabilisation et d’évaluation initiales.
Toutefois, lorsqu’ils sont générés en interne, le goodwill, les marques, les titres de journaux et de
magazines, les listes de clients et les autres éléments similaires en substance ne doivent pas être
comptabilisés comme des actifs. En effet, les dépenses pour générer en interne les marques, titres de
journaux et de magazines, listes de clients et autres éléments similaires en substance ne peuvent pas
être distinguées du coût de développement de l’activité dans son ensemble (§ 64).

a. Acquisition séparée
Dans le cadre d’une acquisition séparée, l’immobilisation incorporelle acquise satisfait
automatiquement au caractère identifiable de cette catégorie d’une immobilisation.
108 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Le critère de comptabilisation relatif à la probabilité des avantages économiques futurs est toujours
considérée comme satisfait (§ 25).
Le coût, qui peut généralement être évalué de façon fiable, comprend le prix d’achat, y compris les
droits d’importation et taxes non remboursables, après déduction des remises et rabais commerciaux,
et ainsi que tout coût directement attribuable à la préparation de l’actif en vue de son utilisation prévue
(§ 27).
Ce coût directement attribuable inclut, par exemple, les honoraires résultant de la mise en
fonctionnement de l’actif (§ 28).
Les coûts d’emprunt liés à l’acquisition entrent dans le coût dans la mesure où l’actif incorporel est
éligible.

b. Acquisition dans le cadre d’un regroupement d’entités


b1. Critères de comptabilisation
On rappelle que selon le § 21 d’IAS 38, une immobilisation incorporelle est comptabilisée si deux
conditions sont remplies :
– il est probable que les avantages économiques futurs attribuables à l’actif iront à l’entité ;
– le coût de cet actif peut être évalué de façon fiable.
D’autre part, le § 33 renvoie à IFRS 3 en précisant que :
« si une immobilisation incorporelle est acquise dans le cadre d’un regroupement
d’entreprises, le coût de cette immobilisation incorporelle est sa juste valeur à la date
d’acquisition ».
Dans le cas de l’acquisition d’une immobilisation incorporelle dans le cadre d’un regroupement
d’entreprises, les deux conditions de comptabilisation sont supposées toujours remplies (§ 33).
« Le critère de la probabilité est toujours considéré comme satisfait pour les
immobilisations incorporelles acquises lors de regroupements d’entreprises. »
« Le critère de l’évaluation fiable est toujours considéré comme satisfait pour les
immobilisations incorporelles acquises lors de regroupements d’entreprises. »
Aussi ces immobilisations incorporelles doivent-elles être comptabilisées séparément du goodwill.
Ainsi un fichier clients, même non protégé par des droits légaux, peut être considéré comme un actif
incorporel lors d’un regroupement. En revanche, les parts de marché et fonds de commerce ne sont pas
considérés comme des actifs identifiables selon IAS 38. Ils font donc partie intégrante du goodwill.
Mais les règles françaises autorisent toujours l’inscription à l’actif des parts du marché.
Et lorsqu’un actif incorporel acquis dans un regroupement d’entreprises n’est séparable que s’il est
associé à un contrat, à un actif identifiable ou à une dette, il est comptabilisé distinctement du
goodwill. Lorsqu’il n’est séparable que s’il est associé à un autre actif incorporel, ces deux actifs
peuvent être comptabilisés comme s’ils ne formaient qu’un seul actif (§ 36).
b2. Évaluation lors de la comptabilisation : à la juste valeur
§ 35 : « Si une immobilisation incorporelle acquise lors d’un regroupement d’entreprises
est séparable ou découle de droits contractuels ou autres droits légaux, il y a des
informations suffisantes pour évaluer de façon fiable la juste valeur de l’actif. »
Les incertitudes sur les cash-flows générés par ces incorporels sont intégrées dans la détermination de
la juste valeur
Les prix cotés sur un marché actif fournissent l’évaluation la plus faible de la juste valeur d’une
immobilisation incorporelle, à savoir le prix acheteur actuel ou le prix de la transaction similaire la
plus récente (§ 39).
S7151-F1/2 SÉRIE 02 109

En l’absence d’un marché actif, la juste valeur est fondée sur la meilleure information disponible, en
appliquant des multiples déduits d’opérations récentes de marché à des indicateurs de performance tels
que le chiffre d’affaires ou le résultat opérationnel (§ 40) ou à partir de techniques de valorisation
permettant d’obtenir de manière indirecte la juste valeur.

c. Acquisition grâce à une subvention publique


Dans certains cas particuliers, l’entité peut recevoir des pouvoirs publics des actifs incorporels tels que
des droits d’atterrissage sur un aéroport, des licences d’exploitation de stations de radio ou de
télévision, etc.
Dans ce cas, on applique les règles de comptabilisation établies par IAS 20 « Comptabilisation des
subventions publiques et informations à fournir sur l’aide publique » (cf. « Compléments et
approfondissements »). IAS 20 précise que l’entité peut choisir de comptabiliser initialement
l’immobilisation incorporelle et la subvention à leur juste valeur ou de les inscrire à l’actif pour un
montant symbolique.

d. Immobilisations incorporelles générées en interne


On rappelle qu’une immobilisation générée en interne est inscrite à l’actif s’il est établi qu’elle
générera des avantages économiques futurs et si son coût peut être déterminé de façon fiable. Ainsi,
les goodwills, marques… générés en interne ne peuvent être inscrits à l’actif car ils ne satisfont pas au
second critère.
d1. Critères de comptabilisation
Pour apprécier si une immobilisation incorporelle générée en interne satisfait aux critères de
comptabilisation, l’entité doit identifier une phase de recherche et une phase de développement. Si on
ne peut distinguer la phase de recherche de la phase de développement, on considère qu’il y a
seulement une phase de recherche (§ 52).
Phase de recherche (§ 54 à 56)
Les dépenses pour la recherche doivent être comptabilisées en charges lorsqu’elles sont encourues.
Phase de développement (§ 57 à 60)
Les dépenses de développement doivent être immobilisées si l’entité peut démontrer (§ 57) :
« (a) la faisabilité technique nécessaire à l’achèvement de l’immobilisation incorporelle en
vue de sa mise en service ou de sa vente ;
(b) son intention d’achever l’immobilisation incorporelle et de l’utiliser ou de la vendre ;
(c) sa capacité à utiliser ou à vendre l’immobilisation incorporelle ;
(d) la façon dont l’immobilisation incorporelle générera des avantages économiques futurs
probables. L’entité doit démontrer, entre autres choses, l’existence d’un marché pour la
production issue de l’immobilisation incorporelle ou pour l’immobilisation incorporelle
elle-même ou, si celle-ci doit être utilisée en interne, son utilité ;
(e) la disponibilité de ressources (techniques, financières et autres) appropriées pour
achever le développement et utiliser ou vendre l’immobilisation incorporelle ;
(f) sa capacité à évaluer de façon fiable les dépenses attribuables à l’immobilisation
incorporelle au cours de son développement ».
La norme donne des exemples d’activités de développement (cf. § 59).
Comparaison avec les textes français
Le PCG (art. 311-3) est maintenant aligné sur IAS 38 quant à la définition des frais de recherche et des
frais de développement. Seuls les frais de développement peuvent faire l’objet d’une inscription à
l’actif s’ils répondent aux conditions (identiques à celles imposées par IAS 38).
Cependant, contrairement aux exigences d’IAS 38, l’inscription à l’actif des frais de développement
n’est pas obligatoire, les entités ayant toujours la possibilité d’inscrire ces frais en charges.
110 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

d2. Évaluation du coût d’une immobilisation générée en interne


Celui-ci comprend la somme des dépenses encourues à partir de la date à laquelle l’immobilisation
incorporelle satisfait pour la première fois aux critères de comptabilisation en immobilisation mais on
ne peut réincorporer des dépenses qui ont déjà été comptabilisées en charges dans des états financiers
(y compris intermédiaires) antérieurs (§ 66).
Il comprend toutes les dépenses pouvant être directement attribuées, ou affectées sur une base
raisonnable, cohérente et permanente, à la création, la production et la préparation de l’immobilisation
en vue de l’utilisation envisagée.
Ce coût comprend (§ 66) :
« (a) les coûts de matériaux et services utilisés ou consommés pour générer
l’immobilisation incorporelle ;
(b) le coût des avantages du personnel (tels que définis dans IAS 19) résultant de la création
de l’immobilisation incorporelle ;
(c) les honoraires d’enregistrement d’un droit légal ;
et
(d) l’amortissement des brevets et licences qui sont utilisés pour générer l’immobilisation
incorporelle ».
Certaines dépenses sont expressément exclues du coût d’une immobilisation incorporelle. Il s’agit de
(§ 67) :
« (a) les coûts de la vente, les coûts administratifs et autres frais généraux à moins que ces
dépenses puissent être directement attribuées à la préparation de l’actif en vue de son
utilisation ;
(b) les inefficiences clairement identifiées et pertes opérationnelles initiales encourues
avant qu’un actif n’atteigne le niveau de performance prévu ;
(c) les dépenses au titre de la formation du personnel pour utiliser l’actif ».

EXEMPLE1
Une entité développe un nouveau procédé de fabrication. Durant l’exercice N, les dépenses encourues
s’élèvent à 1 000 dont 900 encourues avant le 1er décembre N et 100 encourues entre le 1er et le
31 décembre N. L’entité est en mesure de démontrer qu’au 1er décembre N, le procédé de fabrication
satisfait aux critères de comptabilisation d’une immobilisation incorporelle. La valeur recouvrable du
savoir-faire qu’intègre le procédé (y compris les flux de trésorerie futurs pour achever le procédé avant
qu’il soit prêt à être mis en service) est estimée à 500.
À la fin de l’exercice N, le procédé de fabrication est comptabilisé en tant qu’immobilisation
incorporelle pour un coût de 100 (dépenses encourues depuis la date à laquelle les critères de
comptabilisation sont satisfaits, c’est-à-dire depuis le 1er décembre N). La dépense de 900 encourue
avant le 1er décembre N est comptabilisée en charges, car avant le 1er décembre N, les critères de
comptabilisation n’étaient pas satisfaits. Cette dépense ne fera jamais partie du coût du procédé de
fabrication comptabilisé au bilan.
Les écritures suivantes pourraient être enregistrées :
Courant N
Charges (Compte de résultat) 1 000
Banque (ou fournisseurs) 1 000
31/12/N
Immobilisation incorporelle (Actif) 100
Production immobilisée (Compte de résultat) 100

1 L’exemple proposé est extrait de la norme § 65.


S7151-F1/2 SÉRIE 02 111

On pourrait aussi comptabiliser directement l’actif de 100 en immobilisation incorporelle au cours de


leur réalisation au mois de décembre N.
Durant l’exercice N+1, la dépense encourue s’élève à 2 000. À la fin de l’exercice N+1, la valeur
recouvrable du savoir-faire qu’intègre le procédé (y compris les flux de trésorerie futurs pour achever
le procédé avant d’être prêt à être mis en service) est estimée à 1 900.
À la fin de l’exercice N+1, le coût du procédé de fabrication est de 2 100 (dépense de 100
comptabilisée à la fin de N plus une dépense de 2 000 comptabilisée en N+1). L’entité comptabilise
une perte de valeur de 200 pour ajuster la valeur comptable du procédé avant perte de valeur (2 100) à
sa valeur recouvrable (1 900). Cette perte de valeur sera reprise lors d’un exercice ultérieur si les
dispositions pour une reprise de perte de valeur de IAS 36 Dépréciation d’actifs sont satisfaites.
Les écritures suivantes pourraient être enregistrées :
Courant N+1
Charges (Compte de résultat) 2 000
Banque (ou fournisseurs) 2 000
31/12/N
Immobilisation incorporelle (Actif) 2 000
Production immobilisée (Compte de résultat) 2 000
31/12/N
Dotation aux dépréciations (Compte de résultat, Charges) 200
Dépréciations des immobilisations incorporelles (Bilan actif) 200

On pourrait aussi comptabiliser directement l’actif de 2 000 en immobilisation incorporelle.

ILLUSTRATION

Novartis 2007, Note 1, Normes comptables, Recherche et développement

Les frais de R&D internes ainsi que les versements en faveur d'organismes effectuant des
recherches cliniques à titre contractuel sont imputés en totalité au compte de résultat. Le
groupe considère que les dispositions réglementaires et autres incertitudes inhérentes au
développement de nouveaux produits excluent de fait la capitalisation des coûts de
développement internes.

Les paiements initiaux et d'étapes ultérieures conclus dans le cadre de partenariats sont
portés au bilan lorsqu'on a satisfait aux critères requis et ne sont amortis que lorsque
l'activité de R&D a abouti à un produit commercialisable. Les coûts de R&D liés à des
contrats conclus avec des parties qui ne remplissent pas les conditions pour la capitalisation
ne sont pris en compte dans le compte de résultat qu'en fonction du degré d'avancement des
travaux.

Cas particulier : coûts liés aux sites web


Selon SIC 32, les coûts de développement et d’exploitation d’un site web doivent être immobilisés
lorsqu’il peut être prouvé que ce site web générera des avantages économiques futurs. C’est le cas, par
exemple, d’un site permettant de passer des commandes. En revanche, les coûts de développement et
d’exploitation d’un site web dont l’objectif essentiel est la promotion et la publicité des produits et
services de l’entité doivent être comptabilisés en charges de l’exercice au cours duquel ils sont
encourus.
112 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

3.3 Évaluation après la comptabilisation

a. Deux modèles possibles pour l’évaluation après la comptabilisation


Après sa comptabilisation initiale, une immobilisation incorporelle doit être comptabilisée :
– selon le modèle du coût : à son coût diminué du cumul des amortissements et du cumul des pertes
de valeur (§ 74) ou
– selon le modèle de la réévaluation : à sa juste valeur à la date de la réévaluation, diminuée du
cumul des amortissements et du cumul des pertes de valeur ultérieurs.
Si la réévaluation est retenue, elle s’applique à tous les actifs incorporels de même nature.
Selon le modèle de la réévaluation, les actifs incorporels sont évalués à leur juste valeur, diminuée du
cumul des amortissements et du cumul des pertes de valeur ultérieurs, comme pour les
immobilisations corporelles.
Pour la réévaluation de l’immobilisation incorporelle, la juste valeur doit être déterminée par référence
à un marché actif (§ 75) défini comme (§ 8) :
« un marché pour lequel sont réunies toutes les conditions suivantes :
(a) les éléments négociés sur ce marché sont homogènes ;
(b) on peut normalement trouver à tout moment des acheteurs et des vendeurs consentants ;
et (c) les prix sont mis à la disposition du public ».
La norme (§ 78) précise cependant qu’il est exceptionnel qu’un marché actif existe pour des actifs
incorporels. Quelques exemples sont cependant cités parmi lesquels : le marché des licences de taxi,
des licences de pêche…
Il est en revanche précisé qu’il n’existe pas de marché actif pour des marques, des brevets, des droits
cinématographiques ou musicaux.
On peut donc en conclure que le modèle de la réévaluation est quasiment inapplicable aux actifs
incorporels.
Dans les cas exceptionnels où ce modèle est retenu, les règles de comptabilisation sont les mêmes que
celles s’appliquant aux immobilisations corporelles.
Comparaison avec les textes français
Alors qu’IAS 38 prévoit la réévaluation des immobilisations incorporelles, elle est interdite en France.
Elle n’est autorisée par le nouveau Code de commerce (art. L. 123.18) que pour les immobilisations
corporelles et financières.

b. Évaluation après la comptabilisation et durée d’utilité


L’entité doit d’abord déterminer si la durée d’utilité d’une immobilisation incorporelle est finie ou
indéterminée (§ 88).
Si la durée d’utilité est finie, une immobilisation incorporelle doit être amortie. Elle n’est pas amortie
si sa durée de vie est indéterminée.
b1. Immobilisations incorporelles à durée d’utilité finie : l’amortissement
Lorsque sa durée d’utilité est finie, une immobilisation incorporelle est amortie sur sa durée d’utilité.
Pour déterminer la durée d’utilité, plusieurs facteurs peuvent être utilisés. Certains sont précisés § 90 :
« (a) l’utilisation attendue de l’actif par l’entité et le fait que cet actif puisse (ou non) être
géré efficacement par une autre équipe de direction ;
(b) les cycles de vie caractéristiques de l’actif et les informations publiques concernant
l’estimation des durées d’utilité de types similaires d’actifs qui sont utilisés de façon
similaire ;
(c) l’obsolescence technique, technologique ou autre ;
S7151-F1/2 SÉRIE 02 113

(d) la stabilité du secteur d’activité dans lequel l’actif est utilisé et l’évolution de la
demande pour les produits ou services générés par l’actif ;
(e) les actions attendues des concurrents ou des concurrents potentiels ;
(f) le niveau des dépenses de maintenance à effectuer pour obtenir les avantages
économiques futurs attendus de l’actif et la capacité et l’intention de l’entité d’atteindre un
tel niveau.
Il est aussi précisé § 96 que :
« La durée d’utilité d’une immobilisation incorporelle qui résulte de droits contractuels ou
d’autres droits légaux ne peut excéder la période des droits… ».
Le mode d’amortissement est choisi en fonction du rythme attendu de consommation des avantages
économiques (§ 97). Aucune méthode d’amortissement n’est imposée. La contrainte selon laquelle les
cumuls d’amortissements ne pouvaient être inférieurs au cumuls des amortissements linéaires a été
supprimée.
Comme pour les immobilisations corporelles, la durée d’amortissement et le mode d’amortissement
peuvent être modifiés. Ils doivent être réexaminés au minimum à la clôture de chaque exercice
(§ 104).
Les éventuelles modifications doivent être comptabilisées comme des changements d’estimation
comptable selon IAS 8 « Méthodes comptables, changements d’estimations comptables et erreurs » en
ajustant la dotation aux amortissements de l’exercice et des exercices futurs.
Le montant amortissable d’une immobilisation incorporelle est déterminé après déduction de sa valeur
résiduelle.
Celle-ci est réputée nulle sauf (§ 100) :
« (a) si un tiers s’est engagé à racheter l’actif à la fin de sa durée d’utilité ;
ou
(b) s’il existe un marché actif pour cet actif et ;
(i) si la valeur résiduelle peut être déterminée par référence à ce marché ;
et
(ii) s’il est probable qu’un tel marché existera à la fin de la durée d’utilité de l’actif ».
Les règles de comptabilisation de l’amortissement sont les mêmes que pour les immobilisations
corporelles.
b2. Immobilisations incorporelles à durée d’utilité indéterminée : la dépréciation
Les immobilisations incorporelles à durée d’utilité indéterminée ne doivent pas être amorties. Elles
doivent cependant faire l’objet d’un test de dépréciation (IAS 36) systématiquement chaque année et
chaque fois qu’il y a un indice de perte de valeur (§ 108).
Leur durée d’utilité doit être réexaminée à chaque période afin de confirmer son caractère indéterminé
(§ 109).

c. Pertes de valeur
Pour déterminer si une immobilisation incorporelle a perdu de la valeur, IAS 36 « Dépréciation
d’actifs » doit être appliquée (§ 111).
Les immobilisations incorporelles à durée d’utilité finie doivent faire d’objet, en sus de
l’amortissement, d’un test de dépréciation lorsqu’il existe un indice de perte de valeur.

d. Mises hors service et sorties


Selon IAS 38 (§ 103 et 104), une immobilisation incorporelle doit être sortie de l’actif dans les mêmes
conditions qu’une immobilisation corporelle.
114 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

3.4 Informations à fournir

a. Dispositions générales
Les informations à fournir sont similaires 1 à celles concernant les immobilisations corporelles
auxquelles s’ajoute (§ 118) :
« (d) le(s) poste(s) du compte de résultat dans le(s)quel(s) est incluse la dotation aux
amortissements des immobilisations incorporelles ».
En plus des informations ci-dessus, l’entité fournit selon IAS 36 des informations sur ses
immobilisations incorporelles s’étant dépréciées. Il faut indiquer la nature et l’incidence d’un éventuel
changement d’évaluation comptable ayant sur l’exercice ou susceptible d’avoir sur les exercices
ultérieurs un impact significatif, selon IAS 8 Résultat net de l’exercice, erreurs fondamentales et
changements de méthodes comptables. Cette information est susceptible d’être fournie à la suite de
changements de la durée d’amortissement, du mode d’amortissement ou des valeurs résiduelles.
(§ 121).
Enfin, il est précisé que les états financiers doivent également indiquer (§ 111) :
« (a) les raisons d’amortissements sur des durées éventuellement supérieures à vingt ans.
En indiquant ces raisons, l’entité doit décrire le(s) facteur(s) ayant joué un rôle important
dans la détermination de la durée d’utilité de l’actif ;
(b) la description de toute immobilisation incorporelle significative pour les états financiers
pris dans leur ensemble ainsi que sa valeur comptable et sa durée d’amortissement restant à
courir ;
(c) pour les immobilisations incorporelles acquises grâce à une subvention publique et
comptabilisées initialement à leur juste valeur : la juste valeur comptabilisée initialement
pour ces actifs, leur valeur comptable et si, pour leur évaluation postérieure, elles sont
comptabilisées selon le traitement de référence ou selon l’autre traitement autorisé ;
(d) l’existence et les valeurs comptables d’immobilisations incorporelles dont la propriété
est soumise à restrictions et les valeurs comptables des immobilisations incorporelles
données en nantissement de dettes ;
(e) le montant des engagements pour l’acquisition d’immobilisations incorporelles ».

b. Immobilisations incorporelles réévaluées


Les immobilisations incorporelles ayant été réévaluées doivent faire l’objet, par catégories
d’immobilisations, des informations suivantes (§ 124) :
«– la date d’entité en vigueur de la réévaluation ;
– la valeur comptable des immobilisations incorporelles réévaluées ;
– la valeur comptable qui aurait été portée dans les états financiers si la catégorie
d’immobilisations incorporelles réévaluées avait été réévaluée selon le modèle du coût
au § 74 ;
– le montant de l’écart de réévaluation se rapportant aux immobilisations incorporelles à
l’ouverture et à la clôture de l’exercice, en indiquant les changements survenus au
cours de l’exercice et toute restriction frappant la distribution de ce solde aux
actionnaires ;
– les méthodes et les hypothèses importantes retenues pour estimer la juste valeur des
actifs ».

c. Dépenses de recherche et développement


Les états financiers doivent indiquer le montant global des dépenses de recherche et développement
comptabilisées en charges de l’exercice.

1 Cependant, les libellés ne sont pas toujours exactement les mêmes. Le lecteur pourra se référer au § 118 de la norme.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 115

d. Autres informations
Les entités sont encouragées mais sans obligation à fournir une description de toute immobilisation
incorporelle entièrement amortie et toujours utilisée ainsi qu’une brève description des
immobilisations incorporelles importantes contrôlées mais non comptabilisées en tant qu’actifs parce
qu’elles ne répondent pas aux critères de comptabilisation de la norme ou parce qu’elles ont été
acquises ou générées avant son entrée en vigueur.

3.5 Illustrations
Les trois illustrations ci-dessous extraites du rapport annuel Nestlé 2005 donnent un exemple de
l’information publiée relative :
– aux méthodes de valorisation des actifs incorporels ;
– à la présentation des différentes catégories d’immobilisations incorporelles et à l’explication des
variations des valeurs brutes et des amortissements.

ILLUSTRATION 1

Nestlé 2007, Principes comptables (extrait)


Immobilisations incorporelles
Cette rubrique comprend les immobilisations incorporelles acquises séparément ou dans le
cadre d’un regroupement d’entités lorsqu’elles sont identifiables et peuvent être évaluées de
manière fiable. Les immobilisations incorporelles sont considérées comme identifiables
lorsqu’elles résultent de droits contractuels ou d’autres droits ou si elles peuvent être
séparées, c’est-à-dire qu’elles peuvent être cédées individuellement ou avec d’autres actifs.
Les immobilisations incorporelles comprennent les actifs à durée d’utilité finie et
indéterminée.
Les immobilisations incorporelles à durée d’utilité indéterminée sont celles pour lesquelles
aucune limitation d’utilisation n’est prévisible. Elles ne sont pas amorties mais soumises à
un test annuel de perte de valeur ou plus fréquemment lorsqu’il existe un indice révélant
une perte de valeur. Elles comprennent principalement certaines marques, marques
déposées et droits de propriété intellectuelle. La classification d’immobilisations
incorporelles comme actifs à durée d’utilité indéterminée est révisée sur une base annuelle.
Les immobilisations incorporelles à durée d’utilité finie sont celles dont la durée d’utilité
est limitée par des droits contractuels, d’autres droits ou par une obsolescence planifiée.
Elles sont amorties sur la période la plus courte de leur durée d’utilité juridique ou
économique. Elles comprennent principalement les systèmes d’information de gestion, les
brevets et les droits d’exercer une activité (par exemple les droits exclusifs de vendre des
produits ou de fournir des produits ou des services). Les immobilisations incorporelles à
durée d’utilité finie sont amorties selon la méthode linéaire sur la base d’une valeur
résiduelle égale à zéro : les systèmes d’information de gestion sont amortis sur une période
allant de trois à cinq ans et les autres actifs à durée d’utilité finie sur cinq à vingt ans. La
période et la méthode d’amortissement sont revues sur une base annuelle en tenant compte
du risque d’obsolescence.
L’amortissement des immobilisations incorporelles est imputé aux rubriques appropriées de
charge par fonction du compte de résultat.
Les immobilisations incorporelles générées en interne sont comptabilisées en tant qu’actifs
pour autant qu’elles génèrent des avantages économiques futurs et que leurs coûts soient
clairement identifiés.
Recherche et développement
Les frais de recherche et développement sont intégralement inscrits au compte de résultat
de l’exercice au cours duquel ils ont été encourus.
116 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Les frais de développement liés à de nouveaux produits ne sont pas comptabilisés en tant
qu’actifs, les avantages économiques futurs ne pouvant pas être déterminés de manière
fiable.
Tant que les produits n'ont pas été commercialisés, il n'existe aucune preuve fiable qu'ils
généreront des flux de trésorerie positifs.
Les autres frais de développement (essentiellement les systèmes d'information de gestion)
sont portés au bilan à condition qu'il existe un actif identifiable qui servira à générer des
avantages futurs en termes d'économies, de rationalisations, etc.
Perte de valeur du goodwill et des immobilisations incorporelles à durée d’utilité
indéterminée
Le goodwill et les immobilisations incorporelles à durée d’utilité indéterminée sont soumis
à un test de perte de valeur au moins une fois par an et lorsqu’il existe des indices révélant
une possible perte de valeur.
Les tests de perte de valeur sont réalisés chaque année, à la même période, au niveau des
unités génératrices de trésorerie (UGT). Le groupe définit les UGT en se basant sur la
manière dont il gère ces actifs et dont il obtiendra les avantages économiques futurs liés aux
goodwill et aux immobilisations incorporelles. Les tests de perte de valeur consistent à
comparer la valeur comptable des actifs de ces UGT avec leur valeur recouvrable, sur la
base des flux de trésorerie futurs attendus actualisés à un taux de rendement avant impôts
approprié. En général, les flux de trésorerie correspondent aux estimations faites par la
Direction du Groupe dans ses plans financiers et ses stratégies commerciales pour une
période de cinq ans. Ils sont ensuite projetés sur 50 ans en utilisant un taux de croissance
stable ou décroissant, les activités du Groupe étant de nature long terme. Le Groupe évalue
le caractère incertain de ces estimations en réalisant des analyses de sensibilité. Le taux
d’actualisation reflète l’évaluation actuelle de la valeur temporelle de l’argent et les risques
spécifiques aux UGT (principalement des risques de pays). Le risque lié à l’activité est
compris dans l’évaluation des flux de trésorerie. Les flux de trésorerie et les taux
d’actualisation sont exprimés hors inflation.

Nestlé fournit une information détaillée sur les immobilisations incorporelles : détail des différents
types d’immobilisations, précisions sur les modes d’amortissement, sur le classement des dotations
aux amortissements au compte de résultat.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 117

ILLUSTRATION 2

Nestlé 2007, Note 13, Immobilisations incorporelles

En millions de CHF 2006


Marques et Droits Systèmes
droits de d’exploita- d’informa-
propriété tion et tion de
intellectuelle divers gestion Total
Valeur brute
Au 1er janvier 841 708 2 932 4 481
dont à durée d’utilité indéterminée 469 469
Différences de conversion 7 (40) (23) (56)
Investissements 11 36 642 689
Cessions (7) (7) (14)
Reclassé en actif destiné à être cédé (5) (5)
Modification du périmètre de consolidation 691 56 (6) 741
Au 31 décembre 1 550 753 3 533 5 836
dont à durée d’utilité indéterminée 1 167
Amortissements et pertes de valeur cumulés
Au 1er janvier (202) (478) (949) (1 629)
Différences de conversion (1) 23 10 32
Amortissements (21) (73) (386) (480)
Cessions 7 7 14
Au 31 décembre

Net au 31 décembre 1 326 232 2 215 3 773

ILLUSTRATION 3

Nestlé 2007, Note 12, Goodwill


En millions de CHF 2007 2006
Valeur brute (a)
Au 1er janvier 30 007 28 478

Différences de conversion (1 620) (1 200)


Goodwill provenant d’acquisitions 6 903 2 581
Cessions (148) (130)
Au 31 décembre 35 142 30 007

Pertes de valeur cumulée


Au 1er janvier (1 494) (1 488)

Différences de conversion 9 29
Pertes de valeur (251) (38)
Cessions 17 3
Au 31 décembre (1 719) (1 494)

Net au 31 décembre 33 423 28 513


118 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

SECTION 4. GOODWILL (IAS 38 ET IFRS 3)


Résumé
La comptabilisation du goodwill est traitée par les normes IAS 38 « Immobilisations incorporelles » et
IFRS 3 « Regroupements d’entités ». L’analyse de la norme IFRS 3 est développée dans la série
« Compléments et approfondissements ».
La présente section veut insister plus particulièrement sur la problématique du « goodwill », sans autre
développement sur la consolidation des comptes.
Cette expression anglaise n’a pas de traduction directe en français. Les textes français utilisent les
termes de « fonds de commerce », « fonds commercial » et « écart d’acquisition ».

4.1 Notions de « fonds commercial », d’« écart d’acquisition », de « goodwill » et


« opérations de regroupement »

a. Fonds commercial et fonds de commerce


Le fonds commercial, au sens du PCG, est constitué par les éléments incorporels d’une activité qui ne
font pas l’objet d’une évaluation et d’une comptabilisation distinctes au bilan et qui concourent au
maintien et au développement du potentiel d’activité de l’entité. Ces éléments ne bénéficient pas
nécessairement d’une protection juridique.
Un fonds commercial est comptabilisé lorsqu’une entité acquiert directement une activité, sans
acquérir les actions de la société qui la détient.
Cette activité peut correspondre à un fonds de commerce, comprenant aussi bien des actifs et des
passifs identifiables qu’un fonds commercial. Dans ce cas, le fonds de commerce est le « tout » et le
fonds commercial est une « partie » du fonds de commerce.
L’acquisition d’une activité peut également correspondre à un apport en nature d’une ou de branches
d’activité, voire à l’absorption d’une autre entité dans le cadre d’une fusion.
Le fonds commercial acquis est comptabilisé au compte 207, parmi les immobilisations incorporelles.

b. Écart d’acquisition
Dans le cas d’une prise de contrôle d’une entité (et de son ou ses activités) par le moyen de
l’acquisition de ses titres, l’écart d’acquisition est déterminé comme la différence entre le coût
d’acquisition des titres et la quote-part correspondante dans la juste valeur nette des actifs et passifs
identifiables de l’entité acquise.
L’écart d’acquisition global dégagé lors de la prise de contrôle de l’entité doit être affecté, au sein de
chacune des entités contrôlées, à chaque branche d’activité ou sous-groupe significatif.
Les écarts d’acquisition constituent un poste particulier de l’actif immobilisé du bilan consolidé établi
selon le règlement CRC99-02 ; ce poste est présenté en tête des postes d’actif, avant les
immobilisations incorporelles.

c. Deux termes mais une même nature comptable


Les termes « fonds commercial » et « écart d’acquisition » recouvrent en fait la même réalité
économique d’éléments incorporels non identifiables rattachés à une activité, à savoir par exemple la
clientèle, l’achalandage ou plus généralement les avantages que procurent l’acquisition ou la prise de
contrôle d’une activité ou d’une entité : l’élimination d’un concurrent, l’assurance d’un
approvisionnement ou d’un débouché, l’introduction sur un nouveau marché…
S7151-F1/2 SÉRIE 02 119

« Leur appellation distincte ne résulte que du mode juridique d’acquisition » de l’activité (B. Lebrun,
in Revue française de comptabilité, n° 392, octobre 2006) : achat direct des actifs et passifs
identifiables correspondant à une ou plusieurs activités ou achat des actions de l’entité détentrice de
ces mêmes actifs et passifs.
Or, ces modes d’acquisitions représentent des structurations juridiques et économiques possibles des
opérations de regroupements au sens 1 de IFRS 3 version 2008, selon laquelle un regroupement
d’entreprises est une transaction ou un autre événement au cours duquel un acquéreur obtient le
contrôle d’une ou plusieurs entreprises.
En conséquence, les éléments non identifiables que font apparaître ces opérations de regroupement
devraient avoir la même appellation. Pour ne pas trancher entre fonds commercial et écart
d’acquisition, les traductions françaises des IFRS reprennent généralement l’expression anglaise
« goodwill ». Peut-on suggérer qu’à terme l’expression anglaise soit remplacée par l’expression
« fonds commercial » ?

4.2 Comptabilisation et évaluation initiale du goodwill en IFRS


Seul le goodwill acquis dans le cadre d’une opération de regroupement constitue un actif. Cet actif est
à distinguer des immobilisations incorporelles identifiables.

a. Goodwill généré en interne (IAS 38) : une charge


L’objectif de la norme IAS 38 est de préciser le périmètre des dépenses qui constituent des
immobilisations incorporelles, en les différenciant particulièrement de celles qui constituent des
charges de l’exercice et de celles qui constituent un goodwill.
La comptabilisation en immobilisations incorporelles de dépenses en vue de l’acquisition, du
développement, du maintien ou de l’amélioration de ressources incorporelles nécessite qu’elles
répondent à :
– la définition des immobilisations incorporelles, à savoir leur caractère identifiable, et
– leurs conditions de comptabilisation, à savoir : probabilité d’avantages économiques futurs et
évaluation fiable du coût de cet actif.
Or, une dépense peut être encourue pour générer des avantages économiques futurs sans aboutir à la
création d’une immobilisation incorporelle satisfaisant à la définition des immobilisations
incorporelles et/ou aux critères de comptabilisation. Il est alors souvent considéré que cette dépense
contribue à la création d’un goodwill généré en interne.
Au sens de IAS 38 (§ 49) :
« Le goodwill généré en interne n’est pas comptabilisé en tant qu’actif car il ne s’agit pas
d’une ressource identifiable (c’est-à-dire qu’elle n’est pas séparable et ne résulte pas de
droits contractuels ou d’autres droits légaux) contrôlée par l’entité et pouvant être évaluée
de façon fiable ».
Les dépenses correspondantes sont à comptabiliser en charges.

1 Selon IFRS 3 version 2004 : un regroupement d’entités est le rassemblement d’entités ou d’activités distinctes en une seule entité présentant
les états financiers
120 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

b. Goodwill acquis dans le cadre d’un regroupement (IAS 38 et IFRS 3) : un actif


L’amendement d’IAS 38 consécutif à la version 2008 de IFRS 3 en donne une définition (§ 11) :
« Le goodwill comptabilisé lors d’un regroupement d’entreprises est un actif représentant
les avantages économiques futurs résultant des autres actifs acquis lors d’un regroupement
d’entreprises qui ne sont pas identifiés individuellement et comptabilisés séparément. Les
avantages économiques futurs peuvent résulter d’une synergie entre les actifs identifiables
acquis ou provenir d’actifs qui, pris individuellement, ne satisfont pas aux critères de
comptabilisation dans les états financiers. »
Selon IFRS 3 (§ 32), dans une opération de regroupement, l’acquéreur doit, à la date d’acquisition :
comptabiliser et évaluer le goodwill.
Or le goodwill (IFRS 3 version 2008)1 correspond à l’excédent du total (a) sur le total (b) :
a) le total de :
i. la contrepartie transférée, évaluée à sa juste valeur à la date d’acquisition,
ii. le montant de la participation ne donnant pas le contrôle dans l’entreprise acquise2,
b) le total de :
i. le solde net des montants, à la date d’acquisition, des actifs identifiables acquis et
des passifs repris.
La norme IAS 38 (§ 33 et 34) considère comme satisfaits les critères de comptabilisation d’une
immobilisation incorporelle acquise dans le cadre d’un regroupement. La norme favorise ainsi, dans le
cadre d’une opération de regroupement, la constatation des immobilisations incorporelles, sans qu’il
soit nécessaire de rechercher si l’actif a été comptabilisé par l’entité acquise préalablement à cette
opération. Il y a un impact correspondant sur le montant constaté du goodwill du fait que celui-ci est
évalué de façon résiduelle.
Cette définition ne suffit cependant pas pour qu’à l’issue d’une opération de regroupement les états
financiers présentés par l’entité « acquéreur » donnent une information équivalente – identique –,
quelles que soient les modalités juridiques et économiques du regroupement.
C’est pourquoi IFRS 3 dans sa version révisée de janvier 2008 offre la possibilité, à titre d’option, de
faire apparaître le goodwill complet, en évaluant la part des intérêts minoritaires, c’est-à-dire de la
participation ne donnant pas le contrôle dans l’entreprise acquise, à sa juste valeur plutôt qu’à sa part
proportionnelle dans l’actif net identifiable de l’entreprise acquise (§19).

EXEMPLE
Une entité A fait l’acquisition des actifs et passifs identifiables rattachés à l’activité (unique) réalisée
par l’entité B. L’entité B est évaluée globalement à 1 000, compte tenu d’une juste valeur des actifs
identifiables d’un montant de 1 700 et d’une juste valeur des passifs repris d’un montant de 1 000.
Dans une première hypothèse, l’ensemble des actifs et passifs liés à l’activité est acquis directement
en contrepartie d’éléments de trésorerie dans le cadre d’un achat de cette activité à l’entité B.
L’impact sur le bilan dans cette première hypothèse de regroupement se présente ainsi :
Actif Passif
Goodwill 300
Autres actifs 1 700 Passifs 1 000
Trésorerie –1 000
Total 1 000 1 000

1 Cette version fait disparaître la notion de coût de regroupement (IFRS 3 version 2004) qui était relative aux dépenses (y compris les coûts
directement attribuables) effectuées par l’acquéreuse de l’entreprise acquise dans le cadre d’un regroupement.
2 Notion qui remplace dans IFRS 3 version 2008 la notion d’intérêts minoritaires.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 121

Dans une deuxième hypothèse, l’entité A décide d’acquérir, dans les mêmes conditions d’évaluation,
l’ensemble des actifs et passifs identifiables liés à l’activité de B par émission de titres A en échange
des titres B dans le cadre d’une fusion-absorption de l’entité B par l’entité A.
Dans cette deuxième hypothèse, l’impact sur le bilan se présente ainsi :
Actif Passif
Goodwill 300 Capitaux propres 1 000
Autres actifs 1 700 Passifs 1 000
Trésorerie -
Total 2 000 2 000
Dans une troisième hypothèse, l’entité A décide d’acquérir 80 % des titres de l’entité B dans les
mêmes conditions d’évaluation et décaisse donc : 1 000  0,8 = 800.
Dans cette troisième hypothèse, l’impact sur le bilan se présente ainsi :
Actif Passif
Goodwill 240
Autres actifs 1 700 Intérêts minoritaires 140
Trésorerie –800 Passifs 1 000
Total 1 140 1 140
Dans une quatrième hypothèse, l’entité A décide d’acquérir le contrôle des actifs et passifs
identifiables liés à l’activité de B en faisant l’acquisition, dans les mêmes conditions d’évaluation, de
80 % des titres de l’entité B par échange à due concurrence de titres A émis contre des titres B, à
savoir pour une valeur de : 1 000  0,8 = 800.
Dans cette quatrième hypothèse, l’impact sur le bilan se présente ainsi :
Actif Passif
Goodwill 240 Capitaux propres (hors
Autres actifs 1 700 intérêts minoritaires) 800
Trésorerie - Intérêts minoritaires 140
Passifs 1 000
Total 1 940 1 940
Dans toutes ces hypothèses, l’entité A détient à l’issue de l’opération de regroupement le contrôle des
actifs et passifs liés à l’activité de l’entité B et ces actifs et passifs apparaissent toujours pour le
montant de leurs justes valeurs respectives.
Dans les cas où l’entité A a acquis ce contrôle par le biais de l’acquisition des titres de l’entité B
détentrice des actifs et passifs, l’entité A n’est pas propriétaire juridique de la totalité de ces actifs et
passifs, des intérêts minoritaires apparaissent pour leur part d’intérêts dans ces éléments [soit 20 % 
(1 700 – 1 000) = 140].
Mais le goodwill associé à l’activité considérée est comptabilisé selon les cas :
– pour 300 [= Coût du regroupement – Part d’intérêt de l’acquéreur dans la juste valeur nette des
actifs et passifs, soit 1 000 – 100 %  (1 700 – 1 000) = 300] quand la part d’intérêts est de 100 %
(hypothèse 1 et 2 = hypothèses d’acquisition directe),
– pour 240 [soit 800 – 80 %  (1 700 – 1 000)] quand, dans les mêmes conditions d’évaluation, la
part d’intérêts est de 80 % (hypothèses 3 et 4 = hypothèses d’acquisition des titres).
Les informations données par les bilans des hypothèses 2 et 4 se rejoignent à 3 conditions :
1. que les intérêts minoritaires apparaissent dans les capitaux propres consolidés, et non plus comme
un poste intermédiaire entre les capitaux propres et les dettes,
2. que le goodwill apparaissent pour sa juste globale, c’est-à-dire y compris la part des intérêts
minoritaires (participation ne donnant pas le contrôle), et
122 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

3. que la part des intérêts minoritaires soit évaluée dans les mêmes conditions que celle de la société
mère (acquéreur).
Ces solutions sont possibles dans le cadre de l’option offerte par IFRS 3 version janvier 2008.
Dans ces conditions, l’impact sur le bilan après regroupement de l’hypothèse 4 se présenterait ainsi :
Actif Passif
Goodwill 300 Capitaux propres
Autres actifs 1 700 (dont intérêts minoritaires 1 000
Trésorerie – = 200)
Passifs 1 000
Total 2 000 2 000
Cependant la juste valeur de la participation de la société mère peut différer de celle des intérêts
minoritaires (participation ne donnant pas le contrôle) en raison de l’inclusion d’une prime de contrôle
dans la juste valeur de la part d’intérêts de la société mère ou, à l’inverse, d’une décote pour absence
de contrôle dans la juste valeur de la part d’intérêts des minoritaires.

4.3 Évaluation du goodwill après sa comptabilisation


Après sa comptabilisation initiale, le goodwill acquis lors d’un regroupement doit être évalué à son
coût diminué du cumul des pertes de valeur selon la procédure d’IAS 36.
Il convient d’en indiquer dès ici quelques problèmes spécifiques développés ultérieurement dans cette
même série :
– le goodwill acquis dans un regroupement d’entreprises doit être affecté à une unité génératrice de
trésorerie (ou à un groupe d’unités génératrices de trésorerie),
– le test de dépréciation du goodwill doit être effectué au moins une fois par an ou plus fréquemment
en cas d’événements ou de changements de circonstances qui modifient les hypothèses de
détermination de la valeur recouvrable de l’unité génératrice de trésorerie à laquelle il a été affecté.
– lorsque la comptabilisation du goodwill résulte d’une acquisition de titres et que la part d’intérêts
est inférieure à 100 %, il convient de corriger à due concurrence le montant du goodwill. Il sera
possible de déterminer la perte de valeur affectée aux intérêts « majoritaires » (qui est à
comptabiliser) et celle, non comptabilisée, qui est imputable aux intérêts « minoritaires ».

EXEMPLE
L’entité X acquiert 70 % des titres de l’entité Y le 1er janvier 2003 pour 1 470. La juste valeur des
actifs identifiables est de 1 500 (pas de passifs identifiables) avec une durée résiduelle de 10 ans.
Le goodwill initial appartenant à X de 1 470 – 0,7  1500 = 420 (seul comptabilisé) est affecté à
l’unité génératrice que constitue l’entité Y.
Au 31 décembre 2003, la valeur recouvrable de l’unité génératrice de trésorerie Y est évaluée à 1 450.
Quelle dépréciation doit être comptabilisée ?
Fin 2003 Goodwill Goodwill Goodwill Actifs Total
comptabilisé Intérêts rectifié identifiables Entité Y
(70 %) minoritaires (100 %)
(30 %)
Coût d’entrée 420 180 600 1 500 2 100
Amortissements 2003 –150 –150
Valeur nette comptable 420 180 600 1 350 1 950
Valeur recouvrable 1 450
Dépréciation 350 150 500 500
Valeur nette dépréciée 70 30 100 1 350 1 450
S7151-F1/2 SÉRIE 02 123

Chaque fois que la valeur recouvrable de l’UGT Y est inférieure à la valeur comptable de l’entité Y
mais supérieure à la valeur nette comptable des actifs identifiables de Y, la dépréciation imputable au
goodwill « rectifié » est à répartir entre le goodwill comptabilisé (appartenant à X) et le goodwill (non
comptabilisé) appartenant aux intérêts minoritaires.
Un montant de dépréciation de 350 est comptabilisé, et non pas 500, pour diminuer la valeur du
goodwill (comptabilisé).
La comptabilisation du goodwill total dans le cadre de l’option simplifie la prise en compte de la
dépréciation.

NOTA BENE
Pour les autres développements relatifs au test de dépréciation (IAS 36) ou à la consolidation des
comptes, on se reportera à la partie de la série concernant le thème correspondant.

SECTION 5. IMMOBILISATIONS FINANCIÈRES ET AUTRES ACTIFS NON COURANTS

Selon IAS 1 (Présentation des états financiers), les actifs non courants comprennent les
immobilisations corporelles, les immobilisations incorporelles, les actifs financiers non courants.
Ces derniers comprennent les titres de participation dans des filiales (non consolidés), les titres dans
des coentreprises, les participations dans des entités associées et de manière générale les actifs
financiers détenus jusqu’à l’échéance et les actifs financiers disponibles à la vente.
Des précisions sur les différentes catégories d’actifs financiers figurent dans la partie du cours traitant
des instruments financiers. L’évaluation des deux dernières catégories est traitée dans cette même
partie.
Nous n’abordons donc ici que les règles de présentation et d’évaluation concernant les titres de
participation dans des filiales, les titres dans des coentreprises et les participations dans des entités
associées.

5.1 Évaluation des titres de participation dans les états financiers individuels
Lors de l’acquisition, les titres sont comptabilisés à l’actif au coût d’acquisition, c’est-à-dire au prix
d’acquisition augmenté des frais d’acquisition. Leur évaluation après la comptabilisation initiale peut
être différente selon les cas.

a. Évaluation des titres de participation détenus dans des sociétés non consolidées
Dans ce cas, ces titres font partie des actifs financiers disponibles à la vente. Ils sont forcément évalués
à la juste valeur (ou fair value), comme le prévoit IAS 39 ; les variations de valeur sont comptabilisées
directement dans les capitaux propres.

b. Évaluation des titres de participation détenus dans des sociétés consolidées


Il s’agit ici de l’évaluation dans les états financiers individuels de la mère des titres des sociétés
incluses dans son périmètre de consolidation.
Selon IAS 27 (§ 38), ils peuvent être évalués selon deux méthodes :
– au coût, c’est-à-dire au coût d’acquisition déduction faite des éventuelles dépréciations,
– à la juste valeur (ou fair value) comme le prévoit IAS 39 pour les actifs financiers disponibles à la
vente dont ils font partie.
124 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

5.2 Évaluation des titres de participation dans les états financiers consolidés
Sont concernés ici les titres de participation dans des filiales et coentreprises non consolidées et dans
des sociétés associées.

a. Évaluation des titres de participation détenus dans des sociétés non consolidées
Ces titres sont considérés comme des titres disponibles à la vente et ils sont évalués à la juste valeur
(ou fair value) ; les variations de valeur sont comptabilisées directement dans les capitaux propres.

b. Évaluation des titres de participation détenus dans des sociétés associées


Selon IAS 28 § 13, ils sont évalués selon la méthode de la mise en équivalence.

PARTIE 2 : DÉPRÉCIATION DES ACTIFS NON COURANTS (IAS 36)


Résumé

La norme IAS 36 s’applique aux immobilisations incorporelles et corporelles relevant des normes
IAS 38 et IAS 16 ainsi qu’aux actifs financiers classés en tant que filiales (IAS 27), entités associées
(IAS 28) et coentreprises (IAS 31).
Selon la norme IAS 36, tout actif dont la valeur recouvrable est inférieure à sa valeur comptable doit
faire l’objet d’une comptabilisation en charge de la perte de valeur, à hauteur de la différence
constatée.
La norme n’impose pas le calcul systématique de la valeur recouvrable des actifs lors de chaque
clôture ; le test de dépréciation est effectué au moins une fois par an pour le goodwill et les
immobilisations dont la durée d’utilité est indéterminée ; pour les autres immobilisations, il
n’intervient qu’au vu d’indices internes et externes de perte de valeur.
Lorsque la mise en œuvre du test de perte de valeur n’est pas possible pour un actif pris isolément, elle
nécessite alors son application au niveau d’unités génératrices de trésorerie, voire également de
groupes d’unités génératrices de trésorerie.
La norme a prévu en outre un traitement spécifique pour les goodwills et les actifs dits de supports.

SECTION 1. DÉFINITIONS DE BASE ET CHAMP D’APPLICATION

1.1 Définitions

a. Juste valeur
La juste valeur est le prix qui peut être obtenu de la vente d’un actif lors d’une transaction entre des
parties bien informées, consentantes et agissant dans des conditions de concurrence normale.

b. Valeur d’utilité
La valeur d’utilité d’un actif est égale à la valeur actualisée des flux nets de trésorerie attendus de son
utilisation sur sa durée d’utilisation restant à courir ainsi que de sa cession à l’issue de la période
d’utilisation.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 125

c. Valeur recouvrable
La valeur recouvrable d’un actif (ou d’une unité génératrice de trésorerie) est le montant le plus élevé
entre :
– sa juste valeur, nette des coûts de cession ;
– sa valeur d’utilité.

d. Perte de valeur
La perte de valeur d’un actif est égale à l’excédent de sa valeur nette comptable par rapport à sa valeur
recouvrable.

e. Unité génératrice de trésorerie


Une unité génératrice de trésorerie est le plus petit groupe identifiable d’actifs générateur d’entrées de
trésorerie largement indépendantes des entrées de trésorerie des autres actifs ou groupes d’actifs.

f. Actifs de support
Les actifs de support sont des actifs, autres que les goodwills, qui contribuent à l’obtention de flux de
trésorerie futurs par plusieurs unités génératrices de trésorerie.

g. Marché actif
Un marché actif est un marché qui satisfait aux conditions suivantes :
– les éléments négociés sur ce marché sont homogènes ;
– il existe à tout moment des acheteurs et vendeurs consentants ;
– les prix sont mis à la disposition du public.

1.2 Champ d’application de l’IAS 36


Les actifs suivants sont exclus du champ d’application de la norme IAS 36 :
– les stocks (IAS 2) ;
– les actifs résultant des contrats de construction (IAS 11) ;
– les impôts différés actifs (IAS 12) ;
– les actifs liés aux avantages au personnel (IAS 19) ;
– les actifs financiers compris dans le champ d’application de IAS 39, sauf les actifs financiers
classés en tant que filiales (IAS 27), entreprises associées (IAS 28) et coentreprises (IAS 31) ;
– les immeubles de placement évalués en juste valeur (IAS 40) ;
– les actifs biologiques liés à une activité agricole évalués à la juste valeur diminuée des coûts
estimés au point de vente (IAS 41) ;
– les coûts d’acquisition différés, et les immobilisations incorporelles, générés par des droits
contractuels d’un assureur selon des contrats d’assurance (IFRS 4) ;
– les actifs non courants (ou groupes d’actifs destinés à être sortis) classés comme étant détenus en
vue de la vente (IFRS 5).

SECTION 2. INDICES DE PERTE DE VALEUR

2.1 Dispositif général


L’objectif de IAS 36 est de prescrire les procédures à appliquer par une entité pour s’assurer que ses
actifs sont comptabilisés à une valeur qui n’excède pas leur valeur recouvrable.
126 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Aussi impose-t-elle qu’à chaque date de reporting il soit procédé à la recherche d’éventuels indices de
perte de valeur sur des actifs. Ce n’est qu’en cas d’existence de tels indices qu’il convient de tester la
valeur nette comptable des actifs concernés par rapport à leur valeur recouvrable.
Toutefois il convient de procéder annuellement à ce test en ce qui concerne :
– les immobilisations incorporelles à durée d’utilité indéterminée ou non encore prêtes à être mises
en service ;
– les goodwills.
En ce qui concerne les immobilisations incorporelles à durée d’utilité indéterminée ou non encore
prêtes à être mises en service, le calcul détaillé le plus récent de la valeur recouvrable d’un tel actif
effectué lors d’une période précédente peut être utilisé dans le test de dépréciation de cet actif au titre
de la période en cours, dans la mesure où toutes les conditions suivantes sont satisfaites :
– si l’immobilisation incorporelle concernée fait partie d’une unité génératrice de trésorerie, les actifs
et les passifs constituant cette unité n’ont pas changé de manière notable depuis le calcul de la
valeur recouvrable le plus récent ;
– le calcul détaillé le plus récent a dégagé une valeur recouvrable substantiellement supérieure à la
valeur comptable de l’actif ;
– compte tenu de l’analyse des événements survenus et de l’évolution de la conjoncture, il est très
peu probable qu’un calcul détaillé actuel dégage une valeur recouvrable inférieure à la valeur
comptable de l’actif.
La norme fournit la liste des indices, tant internes qu’externes, qu’une entité doit au minimum
considérer.

2.2 Indices externes de perte de valeur


– baisse significative de la valeur de marché d’un actif ;
– changements défavorables pour l’entité intervenus ou attendus dans un avenir proche sur
l’environnement technologique, commercial, économique ou légal ;
– augmentation des taux d’intérêts susceptibles d’affecter l’estimation de la valeur recouvrable à la
baisse ;
– valeur nette comptable de l’entité supérieure à sa valeur nette boursière.

2.3 Indices internes de perte de valeur


– obsolescence ou altération physique d’un actif ;
– changements significatifs ou attendus, susceptibles de conduire à la sous-activité, l’abandon ou la
restructuration d’activité, la cession avant la date prévue ;
– système de reporting interne dévoilant une performance économique de l’actif inférieure à celle
prévue.

SECTION 3. VALEUR RECOUVRABLE

3.1 Modalités d’estimation


Selon la norme IAS 36, la valeur recouvrable d’un actif (ou d’une unité génératrice de trésorerie) est le
montant le plus élevé entre sa juste valeur diminuée des coûts de la vente et sa valeur d’utilité.
Toutefois le test de valeur n’implique pas systématiquement le calcul de la juste valeur nette des coûts
de la vente et de la valeur d’utilité. La norme cite, à titre d’exemples, des situations conduisant à ne
pas calculer les deux montants constitutifs de la valeur recouvrable :
– si l’un de ces montants est supérieur à la valeur comptable de l’actif, il n’existe pas de perte de
valeur ;
S7151-F1/2 SÉRIE 02 127

– si la juste valeur nette des coûts de la vente ne peut être estimée de manière fiable, la valeur
d’utilité de l’actif peut être considérée comme sa valeur recouvrable ;
– s’il apparaît improbable que la valeur d’utilité d’un actif excède de façon significative sa juste
valeur nette des coûts de la vente (cas d’un actif détenu en vue de sa sortie), cette dernière valeur
peut être considérée comme sa valeur recouvrable.

3.2 Juste valeur nette des coûts de la vente


La norme IAS 36 fournit la liste, par degré de fiabilité décroissant, des indicateurs de la juste valeur
d’un actif :
1. prix fixé dans un accord de vente irrévocable conclu entre des parties bien informées, consentantes
et ayant agi dans des conditions de concurrence normale ;
2. prix fixé sur un marché actif, généralement sur la base du cours acheteur du jour ou bien, à défaut,
sur la base du prix de la transaction la plus récente ;
3. estimation à partir de la meilleure information disponible pour refléter le montant que l’entité
pourrait obtenir de la vente de l’actif à la clôture dans des conditions de concurrence normale entre des
parties bien informées et consentantes. À cet effet, l’entité considère le résultat de transactions
récentes portant sur des actifs similaires dans le même secteur d’activité.
Il convient d’imputer sur la juste valeur obtenue le montant des coûts marginaux directement
attribuables à la cession de l’actif, à l’exclusion des coûts déjà reconnus en tant que passifs. À titre
d’exemple sont mentionnés les coûts suivants :
– coûts imputables de par leur nature : frais d’acte, droits de timbres et taxes similaires liées à la
transaction, coûts marginaux directs engagés pour mettre l’actif en état d’être vendu et coûts
d’enlèvement de cet actif ;
– coûts non imputables de par leur nature : frais de licenciement et coûts attachés à la réduction ou la
réorganisation de l’activité suite à la cession de l’actif.

3.3 Valeur d’utilité

a. Dispositif général
La valeur d’utilité d’un actif implique la prise en compte des éléments suivants :
1. une estimation des flux de trésorerie futurs que l’entité attend de l’actif ;
2. les éventualités de variations du montant ou de l’échéancier de ces flux de trésorerie futurs ;
3. le taux d’intérêt sans risque actuel du marché ;
4. l’incertitude inhérente à l’actif ;
5. tous autres facteurs tels que le degré d’illiquidité attaché par le marché aux flux attendus de l’actif.

b. Estimation des flux de trésorerie : nature des flux pris en considération


L’estimation des flux nets futurs de trésorerie attendus d’un actif testé doit prendre en compte les flux
de natures suivantes :
– les entrées de trésorerie générées par la continuation de l’utilisation de l’actif ;
– les sorties de trésorerie nécessaires à l’obtention des entrées de trésorerie générées par la
continuation de l’utilisation de l’actif dans les conditions actuelles ;
– les flux nets dégagés par la cession de l’actif à la fin de sa durée d’utilité.
En revanche, l’estimation des flux nets futurs de trésorerie attendus d’un actif testé ne doit pas prendre
en compte les flux de natures suivantes :
– les entrées et sorties de trésorerie liées à des restructurations ou à des améliorations ultérieures de
l’actif dans lesquelles l’entité ne s’est pas encore engagée ;
– les entrées et sorties de trésorerie liées aux activités financières ;
– les entrées et sorties de trésorerie liées à l’impôt sur le résultat.
128 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

c. Estimation des flux de trésorerie : bases des estimations


La norme IAS 36 dispose que les projections de flux futurs de trésorerie doivent reposer sur des
hypothèses raisonnables et documentées, de préférence sur la base de données externes, et représentant
la meilleure estimation par la direction de l’ensemble des conditions économiques qui existeront
pendant la durée d’utilité de l’actif testé.
À cet effet, il convient d’utiliser les plus récents budgets ou prévisions financiers approuvés par la
direction, en excluant les flux futurs résultant de restructurations ou améliorations futures de l’actif.
Cette projection sur la base des prévisions ou budgets financiers doit couvrir une période d’une durée
maximale de 5 ans, sauf si une durée supérieure peut être justifiée. Au-delà de cette période, les flux
sont estimés par extrapolation des budgets ou prévisions avec un taux de croissance stable ou
décroissant, sauf si un taux croissant peut être justifié.
Le caractère raisonnable des prévisions de flux de trésorerie s’évalue en examinant les causes des
écarts constatés entre les flux de trésorerie réels passés et les flux de trésorerie prévus.

d. Estimation des flux de trésorerie : flux exprimés en devises étrangères


Les flux de trésorerie futurs sont estimés dans la devise étrangère et actualisés par application d’un
taux d’intérêt approprié aux conditions locales.
Le montant actualisé des flux futurs de trésorerie est converti dans la devise de l’entité procédant au
test par utilisation du cours de change à la date de calcul de la valeur d’utilité.

e. Actualisation des flux de trésorerie


L’actualisation utilise un taux avant impôt qui reflète les appréciations actuelles du marché de la
valeur temps de l’argent et les risques spécifiques de l’actif.
Ce taux correspond au taux de rendement que des investisseurs demanderaient s’ils avaient à choisir
un placement qui générerait des flux de trésorerie dont le montant, l’échéancier et le profil de risques
seraient équivalents à ceux que l’entité s’attend à obtenir de l’actif.
Le taux d’actualisation ne doit pas refléter les risques pour lesquels les estimations de flux de
trésorerie futurs ont déjà été ajustées.

EXEMPLE
Le 1er janvier 2001, la société M a acquis un matériel pour 2 400. La durée d’utilité de ce matériel est
estimée à 8 ans, son mode d’amortissement est linéaire et sa valeur résiduelle est considérée comme
négligeable.
Après avoir constaté l’existence d’indices d’une perte de valeur de ce matériel au 31 décembre 2003,
la société estime sa juste valeur nette des coûts de la vente à 1 000. Elle a procédé à l’évaluation des
flux nets de trésorerie futurs suivants, considérés comme acquis en fin d’année :
Années 04 05 06 07 08 Probabilité
Flux nets de trésorerie 330,00 363,00 266,20 292,82 322,10 60 %
330,00 121,00 266,20 146,41 80,53 30 %
330,00 363,00 399,30 439,23 322,10 10 %
Le taux d’actualisation conforme à IAS 36 est de 10 % par an.
Au 31 décembre 2005, la valeur recouvrable estimée conformément à IAS 36 est de 1 000.
Détermination de la valeur d’utilité au 31 décembre 2003
L’approche par les flux attendus utilise toutes les attentes concernant les flux de trésorerie au lieu de
l’unique flux le plus probable. En conséquence, la valeur d’utilité est égale à la moyenne pondérée des
valeurs actualisées des flux de trésorerie correspondant à chaque probabilité.
Valeur d’utilité au 31 décembre 2003 = 1 200  0,6 + 750  0,3 + 1 400  0,1 = 1 085.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 129

Valeur recouvrable au 31 décembre 2003


C’est la plus forte, au 31 décembre 2003, de la juste valeur nette des coûts de la vente et de la valeur
d’utilité, soit 1 085.
Perte de valeur à comptabiliser au 31 décembre 2003
= différence entre la valeur recouvrable et la valeur nette comptable à cette date
= 1 085 – (2 400  5/8) = – 415.
La valeur de 1 085 constitue la nouvelle base d’amortissement sur la durée d’utilité résiduelle jusqu’à
éventuelle remise en cause de la perte de valeur constatée.

SECTION 4. COMPTABILISATION DES PERTES DE VALEUR ET REPRISES DE PERTES


DE VALEUR

4.1 Perte de valeur


La perte de valeur est comptabilisée en résultat.
Après la comptabilisation d’une perte de valeur, la dotation aux amortissements doit être ajustée pour
les périodes futures afin que la valeur comptable révisée de l’actif, diminuée de sa valeur résiduelle
(s’il y a lieu), soit répartie de façon systématique sur la durée d’utilité restant à courir.

4.2 Reprise de perte de valeur


Une reprise de perte de valeur d’un actif (autre qu’un goodwill) doit immédiatement être
comptabilisée au compte de résultat.
Une perte de valeur comptabilisée au cours de périodes antérieures pour un actif autre qu’un goodwill
doit être reprise si, et seulement si, il y a eu changement dans les estimations utilisées pour déterminer
la valeur recouvrable.
Dans ce cas, la valeur comptable de l’actif doit être augmentée à hauteur de sa valeur recouvrable, sans
cependant devenir supérieure à la valeur comptable (nette des amortissements) qui aurait été déterminée
si aucune perte de valeur n’avait été constatée pour cet actif au cours d’exercices antérieurs.
Après la comptabilisation d’une reprise de perte de valeur, la dotation aux amortissements doit être
ajustée pour les périodes futures afin que la valeur comptable révisée de l’actif, diminuée de sa valeur
résiduelle (s’il y a lieu), soit répartie de façon systématique sur la durée d’utilité restant à courir.

EXEMPLE PRÉCÉDENT (suite)

Détermination de la valeur nette comptable au 31 décembre 2005


Valeur nette comptable calculée sur la base de la valeur de 1 085 = 1 085  3/5 = 651.
Valeur nette comptable calculée selon le plan d’amortissement historique = 2 400  3/8 = 900.
La valeur recouvrable estimée au 31 décembre 2005 de 1 000 est supérieure aux valeurs comptables
nettes calculées selon le plan d’amortissement historique et le plan d’amortissement modifié à la suite
de la constatation de la dépréciation.
La perte de valeur peut être reprise dans la limite de la valeur nette comptable historique (900) et du
montant de la perte de valeur antérieurement constatée (415), soit :
Reprise de la perte de valeur = 900 – 651 = 249 (< 415).
La valeur nette comptable au 31 décembre 2005 après reprise de la perte de valeur est de 900 et le plan
d’amortissement est recalculé sur cette base pour la durée résiduelle d’utilité.
130 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

SECTION 5. UNITÉS GÉNÉRATRICES DE TRÉSORERIE (UGT)

5.1 Dispositif général

a. Notion d’unité génératrice de trésorerie


Une unité génératrice de trésorerie est le plus petit groupe identifiable d’actifs générateur d’entrées de
trésorerie largement indépendantes des entrées de trésorerie des autres actifs ou groupes d’actifs.
La notion d’unité génératrice de trésorerie est utilisée dès lors que des indices de perte de valeur
pèsent sur un actif dont la valeur recouvrable ne peut être estimée. Cette situation prévaut lorsque les
deux conditions suivantes sont réunies :
– la valeur d’utilité ne peut être considérée comme proche de la juste valeur nette ;
– l’actif, ou le groupe d’actifs, ne génère pas des flux de trésorerie très largement indépendants de
ceux d’autres actifs.
Dans cette situation, le test de valeur doit s’effectuer au niveau de l’unité génératrice de trésorerie a
laquelle appartient l’actif.

b. Identification d’une unité génératrice de trésorerie


L’identification d’une unité génératrice de trésorerie s’effectue sur la base des critères généraux
suivants :
– les entrées de trésorerie profitant à l’unité génératrice proviennent de tiers ; toutefois, un actif ou un
groupe d’actifs produisant des biens cotés sur un marché actif peut constituer une unité génératrice
de trésorerie, même si tout ou partie de la production est utilisée au sein de l’entité ;
– ces entrées de trésorerie présentent un caractère spécifique à l’unité génératrice de trésorerie :
W au regard du mode d’organisation par lignes de produits, par type d’activité, par établissement
ou zone géographique…
W stratégie de poursuite d’activité ou de cession d’activités.
Le regroupement d’actifs doit s’effectuer :
– au niveau le plus bas possible, afin d’éviter des compensations entre pertes de valeur et plus-values
latentes ;
– et en respectant la permanence du mode de rattachement des actifs aux unités génératrices de
trésorerie.

5.2 Mise en œuvre du test de perte de valeur

a. Détermination de la valeur recouvrable


La valeur recouvrable d’une entité génératrice de trésorerie est estimée en appliquant les dispositions
prévues pour un actif.

b. Détermination de la valeur nette comptable


Il convient, dans un souci de cohérence avec la valeur recouvrable, de prendre en compte la valeur
nette comptable de tous et de seulement ceux des actifs affectés, directement ou sur une base
raisonnable, à l’unité génératrice de trésorerie.

c. Constatation de la perte de valeur ou de la reprise de perte de valeur


Une perte de valeur doit être comptabilisée pour une UGT si la valeur recouvrable de l’UGT est
inférieure à sa valeur comptable.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 131

Elle doit être répartie en réduction de la valeur comptable des actifs de l’UGT au prorata de la valeur
comptable de chaque actif de l’UGT. Ces réductions sont traitées comme des pertes de valeur d’actifs
isolés.
La répartition de la perte de valeur ne doit pas réduire la valeur comptable d’un actif en dessous du
plus élevé de :
(a) sa juste valeur diminuée des coûts de la vente (si on peut la déterminer)
(b) sa valeur d’utilité (si on peut la déterminer)
(c) zéro.
Le montant de la perte qui ne pourrait être imputé à un actif est réparti au prorata entre les autres actifs
de l’UGT.

Application
Soit une UGT composée de 4 actifs. Au 31/12/N, sa valeur comptable (après amortissements) est de
400 alors que sa valeur recouvrable est de 300.
AU 31/12/N UGT Actif 1 Actif 2 Actif 3 Actif 4
Valeur comptable 400 160 120 80 40
Prorata de répartition 1 160/400 120/400 80/400 40/400
Dépréciation 1 - 100 - 40 - 30 - 20 - 10
Valeur comptable nette 300 120 90 60 30
de la dépréciation 1
Limite d’imputation de 110 80 70 20
la dépréciation
Dépréciation à +10 +10
réimputer
Prorata de répartition 2 160/320 120/320 40/320
Dépréciation réimputée - 10 5 3,75 1,25
Valeur comptable 300 115 86,25 70 28,75
nette de la
dépréciation 2
La norme ne précise pas si la deuxième itération est calculée sur la base des valeurs comptables
initiales (avant dépréciation) ou sur la base des valeurs comptables nettes de la dépréciation
déterminée lors de la 1re itération. Dans la mesure où elle ne change pas les termes utilisés : « valeur
comptable », la première interprétation est mise en œuvre.
De façon symétrique, la reprise de perte de valeur d’une UGR doit être affectée aux actifs de l’UGT au
prorata des valeurs comptables de ces actifs. Ces reprises doivent être traitées comme des reprises de
pertes de valeurs d’actifs isolés.

5.3 Traitement spécifique du goodwill

a. Affectation du goodwill aux UGT


Les goodwills acquis dans un regroupement d’entreprises doivent être affectés aux unités
génératrices de trésorerie, ou groupes d’unités génératrices de trésorerie, susceptibles de bénéficier
des synergies attendues des opérations de regroupement, que d’autres actifs ou passifs de
l’entreprise acquise soient ou non affectés à ces unités génératrices de trésorerie ou groupes d’unités
génératrices de trésorerie.
132 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Chaque unité ou groupe d’unités auxquels le goodwill est ainsi affecté ;


– doit représenter au sein de l’entité le niveau le plus bas auquel le goodwill est suivi pour des
besoins de gestion de l’entité acquéreuse ; et
– ne doit pas être plus grand qu’un secteur opérationnel déterminé en application de IFRS 8. Mais la
détermination de ce secteur s’entend avant regroupement éventuel de secteurs opérationnels réalisé
pour l’information financière, selon des critères qualitatifs ou de taille (IFRS 8 § 12).

b. Mise en œuvre du test de perte de valeur


Dès lors qu’un goodwill est affecté à une unité génératrice de trésorerie, cette dernière doit faire
l’objet d’un test de valeur au moins une fois par an, ou sur indices de perte de valeur.
Ce test compare la valeur comptable de l’UGT, y compris le goodwill, à la valeur recouvrable de
l’UGT.
Si la valeur comptable de l’UGT excède la valeur recouvrable, la perte de valeur doit être
comptabilisée dans l’ordre suivant :
– tout d’abord en réduction de la valeur comptable du goodwill affecté à l’UGT ;
– ensuite, et pour le solde, en réduction de la valeur comptable des autres actifs au prorata de leurs
valeurs comptables respectives.
La perte de valeur comptabilisée en réduction de la valeur d’un goodwill ne peut pas être
reprise lors d’une période ultérieure.
C’est pourquoi en cas de reprise de perte de valeur d’une UGT comprenant un goodwill,
cette reprise est affectée aux seuls actifs de l’UGT autres que le goodwill, au prorata de
leurs valeurs comptables respectives.
Si les UGT comprises dans le groupe d’UGT auquel un goodwill a été affecté sont soumises à un test
de dépréciation au même moment que le groupe d’UGT contenant le goodwill, la dépréciation des
UGT prises individuellement sera testée avant celle du groupe d’UGT contenant le goodwill (IAS 36 §
97). L’éventuelle perte sur les UGT prises individuellement est comptabilisée avant de tester la
dépréciation du groupe d’UGT auquel le goodwill est affecté.

RAPPEL
Dans un souci de cohérence avec la valeur recouvrable de l’entité et en l’absence d’option pour la
comptabilisation du goodwill total (y compris la part des intérêts minoritaires), la valeur nette
comptable du goodwill dégagé par l’acquisition d’une entité non détenue à 100 % est extrapolée à
100 %. La perte de valeur imputée comptablement au goodwill est ajustée à hauteur du pourcentage de
détention (voir le texte de la série relatif au « Goodwill »).

Application
À la clôture de l’exercice N, la société U fait l’acquisition à 100 % des titres de la société T pour un
montant total de 6 300. La société T se décompose en 2 UGT T1 et T2 dans les conditions suivantes :
Actifs identifiables Durée d’utilité
Société T UGT Goodwill Total
(juste valeur) (années)
T1 3 000 10
T2 1 500 1 800 15
Total 4 500 1 800 6 300
On dispose des informations suivantes sur la valeur recouvrable au 31/12/N+4 et au 31/N+6 des UGT
composant la société T :
Valeur recouvrable Au 31/12/N+4 Au 31/12/N+6
UGT T1 2 240 1 490
UGT T2 990 910
Société T 3 230 2 500
S7151-F1/2 SÉRIE 02 133

Déterminer au 31/12/N+4 et au 31/12/N+6 la valeur nette comptable des 2 UGT sachant que le
goodwill acquis dans l’opération de regroupement se rattache à ces UGT selon les deux hypothèses
suivantes :
1. le goodwill peut être affecté à chaque UGT au prorata de sa juste valeur à la date d’acquisition,
2. le goodwill ne peut pas être affecté séparément aux UGT.

Solution
Hypothèse 1
DATES UGT 1 UGT 2 Total
Actifs Goodwill Total Actifs Goodwill Total UGT 1
identifiables 1 UGT 1 identifiables 2 UGT 2 + UGT 2
01/01/N+1 Valeur nette
comptable 3 000 1 200 4 200 1 500 600 2 100
Durée d’utilité 10 15
Dotation
Amortissement 300 100
31/12/N+4 Valeur nette
comptable 1 800 1 200 3 000 1 100 600 1 700
Valeur recouvrable 2 240 990
Perte de valeur Néant 760 760 110 600 710
Valeur nette
comptable après
perte de valeur 1 800 440 2 240 990 0 990 3 230
31/12/N+5 Dotation
et N+6 Amortissement 300 (a) 90
31/12/N+6 Valeur nette
comptable 1 200 440 1 640 810 0 810
Valeur recouvrable 1 490 910
Perte de valeur Néant 150 150
Reprise de perte (b) 90 90
Valeur nette
comptable après
perte de valeur 290 1 490 900 0 900 2 390
1 200
(a) 90 = 990 / 11 (durée résiduelle)
(b) Valeur nette comptable « historique » au 31/12/N+6 = 1 500  9/15 = 900
Reprise de perte = 900 – 810 = 90 (<110)

Hypothèse 2
DATES UGT 1 UGT 2
Actifs Actifs Total
Goodwill
identifiables identifiables UGT 1+2
01/01/N+1 Valeur nette comptable 3 000 1 500 1 800 6 300
Durée d’utilité 10 15
Dotation Amortissement 300 100
31/12/04 Valeur nette comptable 1 800 1 100
Valeur recouvrable/UGT 2 240 990
Perte de valeur/UGT Néant 110
Par UGT Valeur nette comptable après perte de
valeur /UGT 1 800 990 1 800 4 590
Valeur recouvrable / Groupe d’UGT 3 230
Perte de valeur /Groupe d’UGT 1 360 1 360
Pour le groupe Valeur nette comptable après perte de
d’UGT valeur /Groupe d’UGT 1 800 990 440 3 230
31/12/N+5 Dotation Amortissement 300 90
134 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

31/12/N+6 Valeur nette comptable 1 200 810


Valeur recouvrable/UGT 1 490 910
Perte de valeur/UGT Néant
Reprise de perte/UGT 90
Par UGT Valeur nette comptable après perte de
valeur /UGT 1 200 900 440 2 540
Valeur recouvrable
/Groupe d’UGT 2 500
Perte de valeur /Groupe d’UGT 40 40
Pour le groupe Valeur nette comptable après perte de
d’UGT valeur /Groupe d’UGT 1 200 900 400 2 500

NOTA BENE
La norme n’est pas explicite en cas de constatation d’une reprise de perte de valeur sur les UGT prises
individuellement. L’application ci-dessus la traite de façon symétrique à la constatation de la perte de
valeur.

5.4 Traitement spécifique de l’actif de support

a. Notion d’actif de support


Les actifs de support sont des actifs, autres que les goodwills, qui contribuent à l’obtention de flux de
trésorerie futurs par plusieurs unités génératrices de trésorerie.
À titre d’exemples, on peut citer le siège social, un centre de recherche, les équipements
informatiques.

b. Mise en œuvre du test de perte de valeur


Les actifs de support ne génèrent pas d’entrées de trésorerie distinctes.
Si l’entité peut affecter sur une base raisonnable, cohérente et permanente la valeur comptable des
actifs de support entre les UGT concernées par ces actifs de support :
pour chaque UGT, la perte de valeur résultera de la comparaison de la valeur comptable de
l’UGT, y compris la partie de la valeur comptable des actifs de support affectés à l’UGT, à sa
valeur recouvrable. La comptabilisation de la perte de valeur à l’intérieur de chaque UGT
concernée suit la règle générale.
En cas d’impossibilité d’affecter sur une base raisonnable, cohérente et permanente la valeur
comptable des actifs de support entre les UGT concernées par ces actifs de support, l’entité doit
l’affecter au plus petit groupe d’UGT comprenant les UGT concernées :
Dans une première étape, le test de perte de valeur sera effectué et toute perte de valeur
éventuelle constatée pour chacune des UGT du groupe d’UGT et en commençant par les UGT
concernées sans tenir compte de la valeur comptable des actifs de support.
Dans une seconde étape, la valeur comptable des actifs de supports sera prise en compte lors de
l’application du test de perte de valeur au groupe d’UGT comprenant les UGT concernées et
précédemment défini et les actifs de supports.
Dans la mesure où la première étape a ramené chaque UGT du groupe d’UGT à sa valeur
recouvrable, toute perte de valeur éventuellement constatée dans cette 2e étape est imputée en
diminution de la valeur comptable des actifs de support.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 135

PARTIE 3 : ACTIF COURANT

SECTION 1. PRÉSENTATION
Résumé
La présentation des stocks et des créances à l’actif découle des dispositions générales de présentation
des états financiers édictées par IAS 1.
Les créances et les stocks doivent être subdivisés en différentes catégories (à l’actif ou en annexe).
Les créances et les stocks peuvent être présentés en valeurs nettes au bilan, sans faire apparaître les
valeurs brutes.

Les normes IAS précisent les informations à présenter dans les états financiers pour les différents
postes de l’actif courant : stocks, créances, trésorerie et autres actifs courants. La norme IAS 1 donne
les règles générales, éventuellement complétées par des normes spécifiques.

1.1 Stocks
Le traitement comptable des stocks est organisé par la norme IAS 2, dont la dernière version date de
2003. Elle a été introduite dans le droit communautaire de l’Union européenne par le règlement (CE)
n° 1725/2003 de la Commission du 29 septembre 2003 (JOUE du 13 octobre 2003).
Les règles d’évaluation et de présentation des stocks à l’actif du bilan selon la norme IAS 2 sont assez
proches des règles françaises. Elles seront présentées dans leur intégralité en attirant l’attention du
lecteur sur les éventuelles différences avec celles du PCG.

a. Définition de la notion de stock


IAS 2 § 6 précise ce que recouvre le terme « stocks » :
« Les stocks sont des actifs :
(a) détenus pour être vendus dans le cours normal de l’activité ;
(b) en cours de production pour une telle vente ; ou
(c) sous forme de matière première ou de fournitures devant être consommées dans le
processus de production ou de prestation de services.
Les travaux en cours générés par des contrats de construction suivent des règles particulières précisées
par IAS 11.

b. Présentation dans les états financiers


IAS 1 précise les règles générales de présentation des états financiers, dont découlent celles
concernant les stocks. IAS 1 § 68 indique les informations minimales à présenter au bilan :
« Au minimum, le bilan doit comporter des postes présentant les montants suivants : … (e)
stocks. »
IAS 2 § 9 précise que les stocks sont inscrits à l’actif à la valeur la plus faible entre leur coût et leur
valeur nette de réalisation.
D’autre part, selon IAS 2 § 37, les stocks doivent être subdivisés pour une meilleure information des
utilisateurs, en catégories telles que marchandises, matières premières, fournitures de production,
136 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

travaux en cours et produits finis. Il n’est pas précisé que ces subdivisions doivent apparaître à l’actif.
Un détail des stocks en annexe est donc suffisant. C’est d’ailleurs l’option retenue par la plupart des
entités.
IAS 1 ne précise pas que les valeurs brutes doivent apparaître à l’actif. La plupart des groupes français
et étrangers présentent aujourd’hui un actif en valeurs nettes, le détail des valeurs brutes,
amortissements et provisions figurant en annexe.
En ce qui concerne les informations figurant au compte de résultat, IAS 2 § 36 précise que
« les états financiers doivent indiquer :
– le montant des stocks comptabilisés en charges au cours de l’exercice ».
Il est ensuite précisé (§ 38) que :
« le montant des stocks comptabilisés en charges de période, souvent appelé coût des
ventes, se compose des coûts précédemment compris dans l’évaluation des stocks et qui ont
maintenant été vendus et de frais généraux de production… ».
On rappelle à ce sujet que, selon IAS 1 (§ 68), deux formats de présentation du compte de résultat sont
possibles : avec un classement des charges par nature ou avec un classement des charges par fonction
(ou destination). Si le premier modèle est choisi, les variations de stocks apparaîtront, tandis qu’elles
seront incorporées au « coût des ventes » dans le 2e cas. À l’instar de la plupart des entreprises cotées
françaises ou étrangères, Nestlé a choisi de présenter un compte de résultat avec un classement des
charges par destination.

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, Compte de résultat


En millions de CHF Notes 2007 2006

Chiffre d’affaires 1 107 552 98 458


Coût des produits vendus (45 037) (40 713)
Frais de distribution (9 104) (8 244)
Frais de commercialisation et d’administration (36 512) (34 465)
Frais de recherche et développement (1 875) (1 734)
EBIT Earnings Before Interest, Taxes 1 15 024 13 302
restructuring and impairments*

Revenus (charges) divers(es) net(te)s 2 (590) (516)


Bénéfice avant coût financier net et impôts 14 434 12 786

Coût financier net 3


Produits financiers 576 537
Charges financières (1 492) (1 218)
(916) (681)
Bénéfice avant impôts et sociétés associées 13 518 12 105
Impôts (3 416) (3 293)
Quote-part dans les résultats des sociétés 5 1 280 963
associées
Bénéfice provenant des activités poursuivies 6 11 382 9 775

Bénéfice/(perte)net(te) des activités abandonnées 25 - 74


Bénéfice de la période 11 382 9 849
Attribuable aux actionnaires minoritaires 733 652
S7151-F1/2 SÉRIE 02 137

Attribuable aux actionnaires de la société mère 10 649 9 197


(Bénéfice net)

En % du chiffre d’affaires
EBIT Earnings Before Interest, Taxes restructuring 14,0 % 13,5 %
and impairments*
Bénéfice de la période attribuable aux 9,9 % 9,3 %
actionnaires de la société mère (Bénéfice net)

Bénéfice par action provenant des activités


poursuivies (en CHF)
Bénéfice de base par action 7 27,81 23,71
Bénéfice dilué par action 7 27,61 23,56
* Résultat d'exploitation avant intérêts, impôts, frais de restructuration et perte de valeur d'actifs

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, Note 4, charges par nature


Les charges par nature suivantes sont réparties dans les rubriques appropriées du compte de résultat
par fonction.
En millions de CHF 2007 2006

Amortissement des immobilisations corporelles 2 620 2 581


Amortissement des immobilisations incorporelles 581 480
Salaires et charges sociales (a) 16 831 15 472
Contrats de location 625 561
Différences de change 146 45

Extrait du rapport annuel Mr Bricolage 2006, p. 93


En milliers d’euros Notes 31/12/2006 31/12/2005
Produits des activités ordinaires 16 455 789 470 724
Autres produits des activités ordinaires 16 133 183
Marchandises et matières consommées 17 (271 329) (283 236)
Charges externes 17 (60 879) (64 341)
Charges de personnel 24 (73 386) (74 793)
Impôts et taxes 17 (10 837) (10 630)
Amortissements et dépréciations 17 (14 425) (16 836)
Dépréciations suite aux tests de valeur 17 (461) 0
Autres produits et charges opérationnelles 17 2 602 700
Résultat opérationnel avant impôt des activités maintenues 17 27 207 21 771
Charges d’intérêt sur emprunt (6 285) (8 479)
Produits de trésorerie 239 998
Coût de l’endettement financier (6 046) (7 481)
Autres charges financières (1 873) (3 480)
Autres produits financiers 1 898 3 310
Autres charges/produits financiers nets 25 (170)
Résultat financier avant impôt des activités maintenues 18 (6 021) (7 651)
Quote-part dans le résultat net des entités associées 4 2 243 1 177
Résultat avant impôt des activités maintenues 23 429 15 298
Impôts sur les résultats 6 (7 893) (4 882)
Résultat après impôt des activités maintenues 15 535 10 416
138 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Résultat relatif aux activités abandonnées ou en cours de cession net 0 0


d’impôts
Résultat de l’exercice 15 535 10 416
– dont quote-part du Groupe 15 464 10 199
– dont quote-part des minoritaires 71 217
Résultat net (part du Groupe) par action en euros 22 1,46 0,96
Résultat net (part du Groupe) dilué par action en euros 22 1,46 0,96
Le compte de résultat de Mr Bricolage est présenté par nature de charges. Conformément au modèle
de compte de résultat proposé par le CNC et conforme à IAS 1, les lignes « Protection stockée » et
« Variations de stocks » n’apparaissent pas.

c. Informations complémentaires
Les informations complémentaires suivantes doivent être précisées en annexe :
Les méthodes d’évaluation des stocks, notamment la méthode de détermination du coût utilisé.
– La valeur comptable totale des stocks et sa ventilation par catégories appropriées à l’entreprise.
– La valeur comptable des stocks comptabilisés à la valeur nette de réalisation.
– Le montant des provisions réintégrées au résultat de l’exercice.
– Les circonstances et événements ayant conduit à la réintégration de ces provisions.
– La valeur comptable des stocks donnés en nantissement de passifs

EXEMPLE
Présentation des stocks en annexe telle que l’exige IAS 2
Stocks N N –1
Matières premières (au coût d’achat) 8 500 8 300
Produits en cours (au coût de production) 1 900 1 750
Produits finis (au coût de production) 9 850 8 545
Produits finis (à la valeur nette de réalisation) 510 590
Des stocks ont été nantis (garantie d’emprunt) pour un montant de 210 en N (158 en N –1).
Une provision pour dépréciation de 80 constatée en N –1 et devenue sans objet a été reprise en N.

1.2 Créances

a. Classement des créances à l’actif


Il n’existe aucune norme relative à la présentation des créances à l’actif puisque l’ancienne norme
IAS 13 intitulée « La présentation de l’actif à court terme et du passif à court terme » n’est plus
applicable. Les règles concernant les créances découlent donc des principes généraux de présentation
des états financiers de la norme IAS 1. Il n’existe pas de différences très importantes avec les pratiques
françaises.
La position des comptes de créances au bilan dépend d’abord du choix de présentation du bilan.
Rappelons, en effet, qu’IAS 1 (§ 51) propose aux entités de présenter au bilan les actifs et passifs
courants et les non-courants par opposition. Si cette présentation n’est pas retenue, les actifs et passifs
doivent être présentés en fonction de leur liquidité. Cependant, IAS 1 § 52 ajoute que :
« Quelle que soit la méthode de présentation appliquée, l’entité doit indiquer, pour chaque
élément d’actif et de passif comprenant des montants qu’elle s’attend à recouvrer ou à
régler avant ou après douze mois après la date de clôture, le montant qu’elle s’attend à
recouvrer ou à régler au-delà de douze mois ».
S7151-F1/2 SÉRIE 02 139

Ces informations doivent permettre de mieux évaluer la liquidité et la solvabilité d’une entité.
À la lecture de la définition d’un actif courant (§ 57), il apparaît que les créances seront dans la plupart
des cas considérées comme des actifs courants (elles sont réalisables à court terme, dans le cadre du
cycle normal de l’exploitation). IAS 1 § 59 précise que :
« … Les actifs courants comprennent les stocks et les clients qui sont vendus, consommés
ou réalisés dans le cadre du cycle d’exploitation normal, même lorsqu’on ne compte pas les
réaliser dans les douze mois après la date de clôture de l’exercice ». Seules certaines
créances, plus exceptionnelles, pourraient figurer en actifs non courants ».
Les actifs non courants sont définis par IAS 1 § 58 en ces termes :
« La présente norme regroupe sous le terme d’actifs non courants, les immobilisations
corporelles, les immobilisations incorporelles, les actifs opérationnels et financiers qui sont
par nature détenus pour une longue durée. Elle n’interdit pas l’utilisation d’autres
descriptions dans la mesure où leur sens est clair. »
Seules certaines créances, très exceptionnellement, semblent donc pouvoir figurer en actifs non
courants.

b. Informations à présenter au bilan


IAS 1 § 68 donne une liste des informations à présenter au minimum au bilan. Concernant les
créances, on trouve en (f) « clients et autres débiteurs ».
IAS 1 § 74 et 75 ajoutent que certaines informations complémentaires doivent être présentées soit au
bilan, soit dans les notes annexes :
« L’entité doit indiquer, soit au bilan, soit dans les notes annexes, des subdivisions
complémentaires aux postes présentés, classées d’une manière adaptée à l’activité de
l’entité. […]
Les informations à fournir varient pour chaque élément, à titre d’exemple : […]
(b) les créances sont subdivisées en clients, créances à recevoir d’autres membres du
groupe, créances à recevoir des parties liées, paiements d’avance et autres montants. »
IAS 1 ne précise pas si les créances sont à présenter en valeurs brutes ou nettes, si les éventuelles
provisions pour dépréciation des créances doivent être mentionnées.
La présentation des créances à l’actif est en principe concernée par IAS 32 « Instruments financiers :
présentation et informations à fournir ». En effet, un instrument financier est défini comme (§ 11) :
« tout contrat qui donne lieu à la fois à un actif financier pour une entité et à un passif
financier ou à un instrument de capitaux propres pour une autre ».
Parmi les actifs financiers cités figurent les créances :
« un droit contractuel de recevoir d’une autre entité de la trésorerie ou un autre actif
financier ».
Aucune publication de données particulières n’est fournie par IAS 32 concernant la présentation des
créances à l’actif.
En cas de dépréciation d’une créance à l’actif, la norme IAS 39 (cf. Instruments financiers) précise que
la valeur comptable de l’actif concerné doit être ramenée à sa valeur recouvrable estimée soit
directement, soit via l’utilisation d’un compte de correction de valeur (§ 111). Le montant de la perte
doit être inclus dans le résultat net de l’exercice. Cela signifie que l’entité est libre d’utiliser un compte
de provision (et donc de dotation aux provisions au compte de résultat) ou de diminuer directement la
valeur de l’actif au bilan (et donc une perte au compte de résultat).
Les informations données par les entreprises sont d’ailleurs la plupart du temps succinctes.
140 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, Principes comptables (extrait)

Prêts et créances
Les prêts et les créances sont des actifs financiers non dérivés assortis de paiements déterminés ou
déterminables qui ne sont pas cotés sur un marché actif. Ce poste comprend les trois catégories d'actifs
financiers suivantes : les prêts, les clients et les autres débiteurs.
Après comptabilisation initiale, les prêts et créances sont valorisés au coût amorti selon la méthode du taux
d'intérêt effectif, déduction faite des corrections de valeur pour débiteurs douteux.
Les corrections de valeur pour débiteurs douteux correspondent aux pertes encourues estimées par le groupe qui
résultent du manquement ou de l'incapacité des clients à procéder aux paiements à échéance. Ces estimations
sont fondées sur l'évolution des soldes des comptes clients, les circonstances spécifiques de crédit et l'historique
du groupe en matière de débiteurs locaux.
Les prêts et créances sont en outre ventilés en actifs courants et non courants selon qu'ils seront réalisés dans un
délai de douze mois après la date du bilan ou ultérieurement.

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, Note 8, Clients et autres débiteurs

En millions de CHF 2007 2006


Clients 12 025 11 693
Autres débiteurs 3 396 2 884
15 421 14 577
Les cinq principaux clients du groupe représentent 9 % (2006 : 8 %) des comptes clients et autres débiteurs,
aucun d'eux n'excédant 3 %

Créances échues et débiteurs douteux 2007 2006


En millions de CHF
Non échues 12 708 1 772
Échues depuis 1-30 jours 1 638 1 619
Échues depuis 31-60 jours 396 404
Échues depuis 61-90 jours 177 188
Échues depuis 91-120 jours 150 208
Échues depuis plus de 120 jours 858 839
Correction de valeur pour débiteurs douteux (506) (453)
15 421 14 577

Correction de valeur pour débiteurs douteux 2007 2006


En millions de CHF
Au 1er janvier 453 491
Différences de conversion 3 2
Correction de valeur de la période 58 22
Montants utilisés et dissolutions (46) (61)
Modifications du périmètre de consolidation 38 (1)
Au 31 décembre 506 453
Le groupe considère que la correction de valeur pour débiteurs douteux, qui est déterminée sur la base
d'une tendance historique et de la performance des clients, couvre le risque de défaut de paiement
d'une manière adéquate.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 141

Pour une entreprise française présentant ses comptes selon un référentiel international se pose parfois
le problème des effets de commerce (billets à ordre et lettres de change). En effet, les étrangers et en
particulier les Américains connaissent mal cette pratique. Aux États-Unis, la plupart des règlements se
font au comptant et l’obtention de découverts est beaucoup plus souple qu’en France. Dans les états
financiers conformes aux normes IAS, les effets escomptés non échus doivent en principe être
reclassés en créances, même si IAS 1 ne donne aucune précision à ce sujet.

SECTION 2. ÉVALUATION

2.1 Stocks
Résumé
Le coût des stocks comprend les coûts d’achat et de transformation ainsi que l’ensemble des charges
supportées pour amener ceux-ci dans le lieu et l’état où ils se trouvent.
Les sorties de stocks sont évaluées selon les méthodes PEPS (FIFO) ou CMP, la méthode DEPS
(LIFO) étant maintenant interdite.
À la clôture, les stocks sont évalués à la plus faible valeur entre leur coût et leur valeur nette de
réalisation.
L’évaluation des stocks selon les règles internationales est donc très proche du PCG. La révision
d’IAS 2 en décembre 2003 a supprimé l’utilisation de la méthode DEPS (LIFO) qui constituait un
point de divergence avec le PCG. On soulignera quand même la plus grande liberté d’interprétation
laissée par IAS 2 quant à la détermination de la valeur nette de réalisation. Enfin, c’est surtout la
présentation des stocks à l’actif qui diffère avec l’obligation selon le PCG de faire apparaître les
provisions.

La plupart des entreprises n’enregistre pas les mouvements du stock au jour le jour. Le stock
apparaissant résulte ainsi d’une double opération réalisée à chaque clôture d’exercice : un inventaire
physique des quantités en stocks et une évaluation de celles-ci. La norme IAS 2 Stocks ne traite que
des règles d’évaluation, tandis que les règles d’établissement de l’inventaire physique ne sont pas
précisées dans les normes mais découlent des principes de comptabilisation des produits et charges
précisées par IAS 18. L’objectif de la norme est ainsi défini en introduction :
« Une des questions fondamentales de la comptabilisation des stocks est celle du montant à
comptabiliser en tant qu’actif et à différer jusqu’à la comptabilisation des produits
correspondants. La présente norme donne des commentaires pratiques sur la détermination
du coût et sa comptabilisation ultérieure en charges, y compris toute dépréciation jusqu’à la
valeur nette de réalisation. Elle donne également des commentaires sur les méthodes de
détermination du coût qui sont utilisées pour imputer des coûts aux stocks. »
Après avoir défini le coût des stocks, nous présenterons les différentes méthodes d’évaluation puis les
règles de dépréciation des stocks.

a. Coût des stocks


Selon IAS 2 § 10 :
« le coût des stocks doit comprendre tous les coûts d’acquisition, coûts de transformation et
autres coûts encourus pour amener les stocks à l’endroit et dans l’état où ils se trouvent ».
De la même façon, le coût des stocks d’une prestation de service comprend tous les coûts directement
liés à la prestation, tels que les matières consommables, la main-d’œuvre et les autres charges de
personnel, les frais généraux attribuables.
142 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Le coût d’acquisition comprend :


– le prix d’achat ;
– les droits de douane et autres taxes non récupérables ;
– les frais de transport, de manutention et les autres coûts directement imputables à l’acquisition des
marchandises et des matières.

Les coûts de transformation comprennent :


– les coûts directement liés aux unités produites, tels que la main-d’œuvre directe ;
– les frais généraux fixes et variables encourus pour transformer les matières premières en produits
finis. Les frais variables sont les frais de production variant directement ou indirectement avec le
volume de production, tels que les matières premières et la main-d’œuvre indirectes, tandis que les
frais fixes se composent essentiellement de l’amortissement et de l’entretien des bâtiments et de
l’équipement industriel, des frais de gestion et d’administration de l’usine. La norme IAS 2 (§ 11),
comme le PCG, précise que l’incorporation des charges fixes indirectes doit être basée sur la
capacité normale de production de l’entreprise, ce afin que l’évaluation des stocks soit relativement
indépendante des variations d’activité. Les frais généraux non affectés sont comptabilisés comme
une charge de l’exercice au cours duquel ils sont encourus. La capacité normale de production est
définie comme (§ 13) :
« la production moyenne que l’on s’attend à réaliser sur un certain nombre d’exercices ou
de saisons dans des circonstances normales, en tenant compte de la perte de capacité
résultant de l’entretien planifié ».
EXEMPLE
Une entreprise fabrique un produit P. En période normale, les quantités produites sont de
100 000 unités par an. Au 31/12/N, le stock est de 15 000 unités. Les informations suivantes sont
fournies pour la détermination du coût de production en N :
Quantités produites 90 000
Consommation de matières premières 500 000
Main-d’œuvre directe 700 000
Autres frais variables de production 100 000
Frais fixes de production 800 000

Coût total de production 2 190 000


Si on ne tient pas compte de la sous-activité, le coût de production unitaire est de 2 190 000/90 000,
soit 24,33 par unité. Le stock final serait de 365 000 (environ).
En excluant le coût de la sous-activité du coût de production ainsi que l’exige la norme, on obtient le
coût de production suivant :
2 190 000 – 10 % 800 000 = 2 110 000 (ce qui signifie que les frais fixes de production ne sont retenus
dans le coût de production qu’à hauteur de 90 % de leur montant, 90 % correspondant au rapport entre
activité réelle et activité normale, 90 000/100 000), soit 23,44 par unité. Le stock final est de 352 000.
Le coût de la sous-activité, soit 80 000, est comptabilisé dans les charges de l’exercice. Le non-respect
de la norme IAS 2 conduirait donc à une surévaluation du stock et du résultat de 13 000.
Cette méthode d’imputation des frais fixes de production ne peut pas être appliquée dans les situations
de surproduction puisque les stocks ne peuvent pas être évalués à un montant supérieur à leur coût.

EXEMPLE
Reprenons le cas précédent, en supposant que le niveau normal d’activité est de 80 000 unités au lieu
de 100 000. En N, avec une production de 90 000 unités, l’entreprise se retrouve donc en suractivité.
Les frais fixes de production incorporés au coût de production seront cependant de 800 000.
IAS 2 § 14 précise les règles d’évaluation des sous-produits et produits liés. Si les coûts de
transformation ne sont pas séparément identifiables, ils doivent être répartis entre les produits
S7151-F1/2 SÉRIE 02 143

concernés en fonction d’une règle logique et permanente, basée par exemple sur la valeur relative de
vente de chaque produit. Les sous-produits de faible valeur sont évalués à la valeur nette de
réalisation, cette valeur étant déduite du coût du produit principal. Ces règles spécifiques d’évaluation
ne diffèrent pas de celles préconisées par le PCG.

Les autres coûts


Il s’agit uniquement de coûts encourus pour amener les stocks à l’endroit et dans l’état où ils se
trouvent. IAS 2 (§ 15) mentionne, à titre d’exemple, les frais relatifs à la conception de produits
spécifiques pour certains clients. Dans certaines circonstances, les coûts d’emprunt peuvent être inclus
dans l’évaluation des stocks (en France, le PCG autorise la prise en compte des charges financières
liées à la production uniquement lorsque la période de fabrication excède 12 mois). Ces conditions
sont précisées dans la norme IAS 23 (cf. série 02, partie 1, section 2) :
Dans la pratique, l’incorporation des coûts d’emprunt au coût des stocks est rare. Elle est plus fréquente
pour les actifs immobilisés. IAS 23 ne précise pas qu’une information particulière doit être donnée à ce
sujet en annexe. Rares sont donc les entreprises qui mentionnent l’incorporation ou pas des charges
financières en stocks. Lorsque ce n’est pas précisé, on suppose donc qu’elles ne sont pas incorporées au
coût des stocks mais des états financiers sans ambiguïté devraient le préciser en annexe.

Coûts exclus de l’évaluation des stocks


IAS 2 § 16 donne une liste non exhaustive des coûts ne pouvant pas être inclus dans l’évaluation des
stocks. Il s’agit :
– des frais de commercialisation ;
– des frais généraux qui ne contribuent pas à amener les stocks dans le lieu et l’état où ils se
trouvent ;
– des consommations anormales de matières premières, maintenance et autres éléments de
production ;
– des coûts de stockage, à moins que ces coûts soient nécessaires au processus de production
préalablement à une nouvelle étape de la production.
Pour les prestations de service sont exclus les frais commerciaux et les charges du personnel
administratif.

b. Méthodes d’évaluation des stocks


Les stocks peuvent être évalués selon trois méthodes : la méthode des coûts réels, la méthode des coûts
standard et la méthode du prix de détail.

Q La méthode des coûts réels


Elle consiste à déterminer la valeur des stocks en retenant les coûts de production (décrits en a)
réellement engagés. Le coût des stocks d’éléments considérés comme fongibles doit être évalué en
utilisant la méthode du premier entré-premier sorti (PEPS, FIFO en anglais) ou celle du coût moyen
pondéré (CMP).
La méthode dernier entré-premier sorti : (DEPS, LIFO en anglais) n’est plus autorisée depuis
décembre 2003. Cette méthode est très couramment utilisée aux USA.
Le choix de la méthode d’identification des sorties de stocks a une incidence sur le montant des stocks
et le résultat de l’exercice. Ainsi, en période de hausse des prix, la méthode FIFO les surévalue.

Application
Au cours du mois de janvier de l’année N, une entreprise a acquis et consommé des matières
premières dans les conditions suivantes :
05/01 : acquisition de 100 unités à 200
10/01 : consommation de 80 unités
144 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

15/01 : acquisition de 20 unités à 210


20/01 : consommation de 40 unités.
Le stock au 1er janvier était constitué de 30 unités acquises 180.
Déterminer la valeur du stock selon les trois méthodes.

Solution
Pour la méthode du coût moyen pondéré, deux méthodes sont admises :
– le coût moyen pondéré calculé après chaque entrée,
– le coût moyen pondéré calculé périodiquement (sur une période ne pouvant pas excéder la durée de
stockage) ; dans ce cas, cela signifie qu’on utilise le coût moyen pondéré de la période précédente.
Par hypothèse, le coût moyen, pondéré de la période précédente est de 180.
30  180 + 100  200
Calcul du coût moyen pondéré au 05/01 : = 195,38 .
130
(30 + 100  80)  195,38 + 20  210
Calcul du coût moyen pondéré au 15/01 : = 199,55 .
(30 + 100  80 + 20)

Les quatre tableaux ci-après présentent la valorisation des sorties et du stock final selon les différentes
méthodes.

1re méthode : CMP de la dernière période


ENTRÉES SORTIES
Date Quantités Coût unit. Coût total Date Quantités Coût unit. Coût total
Stock I 30 180 5 400
05/01 100 200 20 000
10/01 80 180 8 400
15/01 20 210 4 200
20/01 40 180 7 200
Stock F 30 180 5 400

2e méthode : CMP calculé après chaque entrée


ENTRÉES SORTIES
Date Quantités Coût unit. Coût total Date Quantités Coût unit. Coût total
Stock I 30 180 5 400
05/01 100 200 20 000
10/01 80 195,38 1 563,04
15/01 20 210 4 200
20/01 40 199,55 7 982
Stock F 30 199,55 5 986,5

3e méthode : PEPS (FIFO)


ENTRÉES SORTIES
Date Quantités Coût unit. Coût total Date Quantités Coût unit. Coût total
Stock I 30 180 5 400
05/01 100 200 20 000
10/01 30 180 5 400
15/01 20 210 4 200 50 200 10 000
20/01 40 200 8 000
Stock F 10 200 2 000
Stock F 20 210 4 200
Stock final total : 6 200
S7151-F1/2 SÉRIE 02 145

La valeur du stock final varie de 5 400 à 6 200. Les prix ayant augmenté sur la période considérée, la
méthode CMP de la dernière période conduit à sous-évaluer le coût du stock tandis que la méthode
PEPS (FIFO) conduit à le surévaluer.
IAS 2 précise qu’une entité doit utiliser la même méthode de détermination du coût pour tous les
stocks présentant une nature et un usage similaire dans l’entité. Des stocks présentant des natures ou
des usages différents peuvent être évalués différemment. Cependant, une implantation géographique et
des règles fiscales différentes ne justifient pas l’utilisation de méthodes différentes.

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, Principes comptables (extrait)


Stocks
Les matières premières sont valorisées au coût d’achat, de même que les produits finis
achetés. Les produits en cours de fabrication et finis sont valorisés au coût de revient.
Celui-ci comprend les frais directs de production et une allocation de frais communs et
d’amortissement des centres de production.
La méthode FIFO (first in, first out ou premier entré-premier sorti) est appliquée pour la
comptabilisation des mouvements de stocks de matières premières ainsi que des stocks de
produits finis achetés. La méthode du coût moyen est utilisée dans les autres cas.
Si la valeur réalisable d’un quelconque article est inférieure à sa valeur établie selon les
méthodes ci-dessus, une correction pour ajustement à la valeur nette de réalisation est
constituée pour la différence.

Q La méthode des coûts standard


Elle peut être utilisée pour des raisons pratiques si elle donne un résultat proche du coût réel. Les coûts
standard sont déterminés à partir des niveaux normaux d’utilisation de matières premières, de main-
d’œuvre, d’efficience et de capacité. Ils doivent être régulièrement réexaminés.

EXEMPLE
La société Restok utilise un système de coût standard pour évaluer ses stocks de produits finis. Les
écarts entre le coût standard et le coût réel sont habituellement peu importants (moins de 5 %) ; ils
sont donc comptabilisés en charges de l’exercice.
Au 31/12/N, le stock final est de 100 000 unités pour un coût standard unitaire de 20. En raison d’une
augmentation significative du prix des matières premières et du coût de la main-d’œuvre, le coût réel
unitaire est de 22. La direction envisage, comme par le passé, de comptabiliser cet écart en charges. Le
stock apparaissant au bilan serait donc valorisé 2 000 0000, l’écart de 100 000 (22 – 20) = 200 000
restant en charges de l’exercice N.
Cette solution ne respecte pas l’esprit de la norme IAS 2 selon laquelle les coûts standard doivent être
régulièrement réexaminés, et éventuellement révisés à la lumière des conditions actuelles. En N,
l’écart entre le coût réel et le coût standard est de 10 %, contre 5 % habituellement. L’écart doit donc
être réintégré au coût du stock qui sera ainsi valorisé 2 200 000 à l’actif.

Q La méthode du prix de détail


Elle peut être utilisée dans l’activité de distribution au détail lorsque la détermination du coût réel est
impossible (IAS 2 § 21). Pour chaque groupe de produits homogènes, on détermine un pourcentage
moyen de marge brute. La valeur du stock, par catégorie de produits homogènes, est obtenue en
déduisant des ventes la marge brute ainsi calculée.
146 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

ILLUSTRATION

PPR 2006, Note 2.8, stocks

Les stocks sont évalués au plus faible de leur coût et de leur valeur nette de réalisation. La
valeur nette de réalisation est égale au prix de vente estimé dans le cours normal de
l'activité, net des coûts restant à encourir pour l'achèvement et la réalisation de la vente.
La méthode de détermination du coût est identique pour les stocks ayant une nature et un
usage similaires dans une même entité. Les stocks sont évalués selon la méthode du prix de
détail retail method, du Premier entré-premier sorti (PEPS) ou du coût moyen pondéré
selon les différentes activités du groupe.
Le groupe peut être amené à constater une dépréciation sur les stocks, s'ils sont
endommagés, particulièrement ou complètement obsolètes.

c. Dépréciation des stocks


Selon IAS 2 § 9 :
« Les stocks doivent être évalués au plus faible du coût et de la valeur nette de réalisation. »
IAS 2 § 6 définit la valeur de réalisation comme :
« le prix de vente estimé dans le cours normal de l’activité, diminué des coûts estimés pour
l’achèvement et des coûts estimés nécessaires pour réaliser la vente ».
L’estimation de la valeur nette de réalisation se fait en fonction de la destination des éléments
concernés. Ainsi, pour des marchandises ou produits finis, c’est en général le prix du marché qui
servira de référence. Lorsqu’il s’agit d’éléments entrant dans le coût d’un contrat de vente ou de
prestation de services déjà conclu, la valeur nette de réalisation est le prix de vente du contrat
déduction faite des frais restant à engager (§ 28). La norme ne mentionne pas le faible écoulement des
stocks comme origine d’une dépréciation (alors que le PCG identifie l’écoulement des produits
comme une méthode de détermination de la valeur d’inventaire obtenue par des méthodes statistiques).
Cette absence de précision laisse supposer que cette méthode est utilisable pour déterminer la valeur
nette de réalisation, à l’instar de Novartis qui fait implicitement référence à l’écoulement lent dans son
rapport annuel.
ILLUSTRATION

Extrait du rapport annuel Novartis 2006 (p. 126)


Stocks… Des provisions ont été constituées pour les stocks présentant une faible valeur de
marché ou dont l’écoulement est lent. S’il apparaît que le stock peut néanmoins être utilisé,
la provision est reprise et le stock réévalué à la valeur la plus basse entre celle du marché
estimé et son coût historique. Quant aux stocks invendables, ils sont totalement
provisionnés.
Concernant les stocks de matières ou de fournitures, IAS 2 § 32 indique qu’ils ne doivent pas être
dépréciés tant que les produits pour lesquels ces matières ou fournitures seront utilisées pourront être
vendus à un prix supérieur ou égal à leur coût. Cependant, la norme précise que :
« … lorsqu’une baisse du prix des matières premières indique que le coût des produits finis
sera supérieur à la valeur nette de réalisation, les matières premières sont ramenées à la
valeur nette de réalisation. Dans un tel cas, le coût de remplacement des matières premières
peut se révéler être la meilleure mesure disponible de leur valeur nette de réalisation ».
La valeur nette de réalisation est composée du prix du marché à l’achat majoré des éventuels frais
accessoires habituellement incorporés par l’entité. Les entreprises du secteur de l’électronique peuvent
se trouver dans cette situation. Une baisse des prix des composants à l’acquisition peut se répercuter
S7151-F1/2 SÉRIE 02 147

rapidement sur les prix de vente des produits finis. Dans ce cas, les composants en stocks, acquis à un
coût plus élevé seront dépréciés et apparaîtront à l’actif à la valeur de remplacement.
La valeur nette de réalisation est en principe déterminée séparément pour chaque article. Cependant,
dans certaines situations, il peut être approprié d’effectuer le regroupement d’éléments similaires (IAS
2 § 29). C’est le cas d’éléments appartenant à la même ligne de produits, ayant des finalités ou des
usages semblables, produits et commercialisés dans la même zone géographique et qui ne peuvent être
évalués séparément des autres éléments de cette ligne de produits.

Application
Soit un stock de marchandises acquis pour 200. Les frais restant à supporter (frais de
commercialisation) sont estimés à 40. Sa valeur de marché (prix de vente possible) est estimée à 210.
Un contrat de vente ferme a été conclu pour le prix de 230. Quelle est la valeur nette de réalisation ?

Solution
Dans ce cas, la valeur nette de réalisation est de 230 – 40 = 190. Une provision pour dépréciation de
10 doit donc être constatée. Si le stock n’avait pas fait l’objet d’un contrat de vente ferme, la provision
à constituer aurait été de 30 (la valeur nette de réalisation étant de 210 – 40 = 170).

2.2 Créances

Résumé
Les règles d’évaluation des créances à l’actif ne diffèrent pas de celles du PCG.
Une dépréciation doit être constatée lorsque la valeur comptable excède la valeur recouvrable.
La valeur recouvrable de créances à court terme n’est pas actualisée.

a. Créances et juste valeur


Il n’existe aucune norme spécifique relative à l’évaluation des créances à l’actif. Cependant, d’après
IAS 32, les créances sont des instruments financiers. L’évaluation des instruments financiers est traitée
par l’IAS 39.
Selon IAS 39, les prêts et créances émis par l’entité, non détenus à des fins de transaction, ne doivent
pas être évalués à la juste valeur. Il est précisé (§79) que :
« les actifs financiers qui sont exclus de l’évaluation à la juste valeur selon § 69 et qui ont
une échéance fixée doivent être évalués au coût amorti à l’aide du taux d’intérêt effectif ».
Cependant, les créances à court terme sans intérêt déclaré sont généralement évaluées au montant de la
facture d’origine (§ 74).
On en déduit que, sauf cas particuliers (créances de longue durée pour lesquelles l’application d’un
taux implicite aurait un effet significatif), les créances ne sont pas évaluées par actualisation des flux
futurs, mais à la valeur historique.
Les règles spécifiques concernant l’évaluation et la comptabilisation des créances d’impôts différés
Actif sont traitées par IAS 37 Provisions et actifs et passifs éventuels.

b. Dépréciation des créances douteuses


IAS 39 § 111 indique qu’une dépréciation ou perte sur créance douteuse doit être comptabilisée s’il est
probable que l’entité ne sera pas en mesure d’encaisser les montants dus. Le montant de la perte est
égal à la valeur comptable moins la valeur recouvrable, celle-ci correspondant aux flux de trésorerie
futurs non actualisés dans le cas des créances à court terme (voir a). Il est précisé § 112 que :
148 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

« la dépréciation et l’irrécouvrabilité peuvent être évaluées et comptabilisées


individuellement pour les actifs financiers qui sont importants pris isolément. Pour un
groupe d’actifs similaires, elles peuvent être évaluées et comptabilisées sur une base de
portefeuille ».
L’estimation de la perte sur créance douteuse est donc similaire à celle préconisée par le PCG : on
procède en principe à une évaluation individuelle des créances, mais il est possible de faire une
évaluation forfaitaire des pertes sur créances douteuses (à condition de se référer à des données
historiques).
Lorsque le montant de la perte estimée diminue, une partie doit être reprise et doit être prise en compte
dans le résultat net (§ 114).

2.3 Autres actifs circulants


Hormis les stocks et les créances (identifiées comme des actifs financiers en référentiel IAS), les actifs
circulants comprennent essentiellement les disponibilités (liquidités, équivalents de liquidités, titres
négociables) et les comptes de régularisation actifs.
En ce qui concerne les disponibilités, alors que la norme IAS 32 précise les modalités de présentation
de ces actifs financiers courants, leurs règles d’évaluation sont incluses dans IAS 39 et développées
dans la série 02 partie 4 de notre manuel. Un exemple réel – Rapport annuel Nestlé 2004 – illustre ces
principes.
Pour les comptes de régularisation actifs, en particulier les charges constatées d’avance ou différées,
les modes de comptabilisation sont présentés dans la série traitant du Compte de résultat.

PARTIE 4 : DETTES ET AUTRES PASSIFS NON FINANCIERS

Résumé
Un passif est une obligation actuelle, résultant d’événements passés et qui provoquera une sortie de
ressources au bénéfice d’un tiers, sans contrepartie au moins équivalente attendue de celui-ci. Cette
définition est très proche de celle du PCG art. 312-1.
Il est nécessaire que le montant de l’obligation soit déterminé avec précision, ou avec une bonne
estimation. L’IASB ne retient pas la différence entre les dettes déterminées avec précision et les dettes
issues d’estimation. Il suffit que l’obligation soit actuelle.
Les autres dettes encadrées par IAS 37
IAS 37 traite des provisions, des passifs et actifs éventuels « Contingent Liabilities » et « Contingent
Assets ».
Les textes encadrant les provisions ont été révisés en France par l’arrêté du 17 janvier 2001 et
homologués par le règlement 00-06 du CRC relatif aux passifs. Cet arrêté met à jour le Plan
comptable général en ce qui concerne les passifs, la provision. Il s’applique aux comptes consolidés et
aux comptes sociaux des exercices ouverts à compter du 1er janvier 2002. Ces normes ont réduit de
manière significative la grande souplesse des règles et pratiques en France, en matière de provisions,
notamment de provisions pour restructuration.
Il existe 3 conditions nécessaires pour comptabiliser une provision (IAS 37 § 10) :
– il existe une obligation actuelle, résultant d’un événement passé ;
– il est probable qu’une sortie d’avantages économiques futurs se réalisera ;
– une estimation fiable peut être faite.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 149

Si ces trois conditions ne sont pas réunies, aucune provision ne peut être constituée.
Le terme « passif éventuel » (IAS 37 § 86) représente dans la norme les passifs qui ne satisfont pas
aux critères de comptabilisation.
L’éventualité est une obligation possible, ou une obligation actuelle résultant d’un événement passé
mais non enregistrée.
L’évaluation d’une provision (IAS 37 § 36) doit correspondre à la meilleure estimation (best
estimate) de la sortie de ressources nécessaire à l’extinction de l’obligation actuelle à la date de
clôture.
En ce qui concerne la provision pour restructuration, l’obligation doit exister à la date de clôture
(IAS 37 § 70).
Les provisions réglementées sont des écritures comptables, enregistrées pour des raisons
d’optimisation fiscale. Elles doivent être totalement annulées lorsque l’entité établit des comptes
consolidés.
Actualisation. Les sorties de trésorerie se produisant peu après la date de clôture sont plus onéreuses
que celles ayant une échéance lointaine. Lorsque l’effet est significatif, les provisions sont
actualisées.
Les événements postclôture sont pris en compte (précisés pour IAS 10) lorsqu’ils ont un effet sur
l’obligation actuelle. Ils permettent ainsi d’affiner l’évaluation de la provision.
Engagements de retraite. Alors que IAS 37 concerne les provisions pour les indemnités de fin de
contrat de travail, intervenant avant l’âge de la retraite, IAS 19 définit le traitement comptable des
avantages du personnel et IFRS 2 définit les avantages sur capitaux propres.
Projet de révision. Il existe un projet de révision de la norme IAS 37 qui renommerait la norme
« passifs non financiers ». Cette révision entre dans le projet de convergence avec la norme FAS 146
des US-GAAP.

SECTION 1. PRÉSENTATION

1.1 Dettes

a. Définition d’un passif


Un passif est une obligation actuelle, résultant d’événements passés et qui provoquera une sortie de
ressources au bénéfice d’un tiers, sans contrepartie au moins équivalente attendue de celui-ci. Cette
définition est en parfait accord avec le PCG art. 312-1.
Cette obligation actuelle peut provenir de la loi, des statuts, des contrats (dettes financières), des
usages.
Il est nécessaire que le montant de l’obligation soit déterminé avec précision, ou avec une bonne
estimation. Ainsi, les charges à payer sont des dettes certaines pour des biens ou services reçus,
formellement acceptés des fournisseurs, ou des employés. Parfois celles-ci sont estimées mais il
n’existe aucune incertitude : c’est le cas des congés à payer, des primes de fin d’exercice,… L’IASB
ne retient pas la différence entre les dettes déterminées avec les précisions et les dettes issues
d’estimation ; il suffit que l’obligation soit actuelle.
Ces obligations apparaîtront dans les dettes (charges à payer).
150 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

b. Passif financier
Le passif financier est une obligation contractuelle :
– de verser des disponibilités ou de transférer un actif financier à une autre entité ;
– d’échanger des instruments financiers avec une autre entité à des conditions potentiellement
défavorables (IAS 32).

c. Règlement du passif (obligation)


Le règlement du passif (obligation) peut être :
– un paiement en monnaie ;
– un transfert d’un autre actif ;
– une fourniture de services ;
– le remplacement d’une obligation par une autre obligation ;
– une conversion de l’obligation en part de capital.
Ces 5 moyens sont des sorties de ressources au bénéfice d’un tiers, sans contrepartie au moins
équivalente attendue de celui-ci.

Application
Une entité a signé un bon de commande le 1er décembre N, pour l’acquisition d’un investissement
industriel. Le matériel sera reçu le 15 janvier N+1 et la société s’est engagée à verser au 30 du mois
suivant la totalité de la somme. Cette dette peut-elle figurer au passif du bilan au 31 décembre N ?

Solution
Non : la décision d’acquérir un actif ne donne pas lieu à la constitution d’un passif. L’obligation ne
naîtra que lorsque l’actif sera livré ou que l’entité aura conclu un accord irrévocable de l’acquérir.

1.2 Autres passifs : les provisions (IAS 37)


Jusqu’en 1989 en France, comme à l’international, les passifs et en particulier les provisions étaient
très peu encadrés. Cela laissait place à de multiples appréciations et possibilités, voire des abus, en
particulier pour les provisions pour risques et charges. En 1995, les normes américaines ont apporté
des conditions très strictes sur la constitution de provisions pour risques et charges. Elles ont été
suivies par la norme IAS 37 et la norme anglaise en 1998. En France, le Conseil national de la
comptabilité a entrepris une modification du Plan comptable général en se rapprochant de la norme
IAS 37.
L’arrêté du 17 janvier 2001 a ainsi homologué le règlement 00-06 du CRC relatif aux passifs. Il met à
jour le Plan comptable général en ce qui concerne les passifs et la provision pour risques et charges. Il
s’applique aux comptes consolidés et aux comptes sociaux des exercices ouverts à compter du
1er janvier 2002. Ces normes réduisent de manière significative la grande souplesse des règles et
pratiques qui existaient en France, en matière de provisions, notamment de provisions pour
restructuration.
La norme IAS 37 a été adoptée en 1998. Elle a été introduite dans le droit communautaire de l’Union
européenne par le règlement (CE) n° 1725/2003 de la Commission du 29 septembre 2003 (JOUE du
13 octobre 2003).
S7151-F1/2 SÉRIE 02 151

a. Champ d’application
IAS 37 CRC 00-06
IAS 37 traite des provisions, des passifs et actifs Le CRC 00-06 définit un passif, un passif
éventuels (« Contingent Liabilities » et éventuel et une provision pour risques et
« Contingent Assets »). charges.
Il définit les motifs de comptabilisation et les
informations à porter en annexe.
Il n’envisage pas les notes à porter en annexe
pour les actifs éventuels.
Différence significative pour le champ d’application : IAS 37 prévoit, dans un cas bien précis, une
note d’information sur des profits latents, alors que le règlement CRC 00-06 n’envisage rien sur ce
point.
IAS 37 comme CRC 00-06 ne concernent que les passifs. Ils ne traitent donc pas :
– les provisions pour dépréciation d’actifs ; le règlement CRC 2005 a d’ailleurs remplacé la
terminologie du PCG « provisions pour risques et charges » par « provisions ». De même, il a
remplacé la terminologie « provisions pour dépréciation » par « dépréciation » ;
– les passifs et actifs éventuels concernant les contrats non entièrement exécutés, sauf s’il s’agit de
contrats déficitaires ;
– les provisions sur les contrats d’assurance passés avec les assurés dans les entreprises d’assurance ;
– les opérations traitant les instruments financiers des banques comptabilisés à leur juste valeur. Les
normes étudiées ici s’appliquent en revanche sur tous les autres passifs et provisions des assurances
et des banques ;
– les événements particuliers prévus dans une autre norme comme la provision pour retraite
(IAS 19), la provision pour impôts différés (IAS 12).
La provision pour restructuration est prévue dans IAS 37, mais il faut se référer à IFRS 5 s’il s’agit
d’un abandon d’activité, cette dernière imposant des informations complémentaires à fournir à
l’annexe des états financiers.
L’objectif de IAS 37 comme du CRC 00-06 est d’assurer une homogénéité dans le raisonnement
préalable à l’établissement des états financiers permettant de prendre une des décisions suivantes :
– faut-il comptabiliser une provision ?
– faut-il ne rien comptabiliser mais communiquer aux actionnaires le risque éventuel grâce à une note
d’information, à l’annexe des états financiers ?
– faut-il ne rien communiquer ?
L’utilisateur des états financiers doit pouvoir comprendre la nature, l’échéance, le montant des
provisions, passifs éventuels et actifs éventuels (pour IAS 37).

b. Définition des provisions


Les conditions nécessaires pour comptabiliser une provision sont les suivantes (IAS 37 § 14) :
– il existe une obligation actuelle, résultant d’un événement passé,
– il est probable qu’une sortie d’avantages économiques futurs se réalisera,
– une estimation fiable peut être faite.
Si ces trois conditions ne sont pas réunies, aucune provision ne peut être constituée.

Q Il existe une obligation actuelle envers un tiers…


Il faut que l’entité n’ait pas d’autre d’alternative réaliste pour se soustraire à son obligation.
Impact de cette décision sur la délimitation du champ d’application : le champ de la provision est ici
délimité aux tiers. Par cette précision, la provision pour perte d’exploitation future pour un contrat
152 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

devient interdite puisqu’elle ne résulte pas d’une obligation envers un tiers. Ainsi, il n’est plus possible
d’enregistrer une provision pour déménagement ou pour grosses réparations.
Deux types d’obligations sont prévues :
– Les obligations juridiques
Les obligations juridiques engagent l’entité en vertu de l’application des lois, des statuts, des
contrats. Il s’agit ici de l’obligation liée à la responsabilité civile, les obligations fiscales, sociales.
Nous pouvons citer par exemple l’obligation de remettre une installation ou un site en état. Si les
détails d’une nouvelle proposition de loi ne sont pas finalisés, l’obligation naîtra lorsque le décret
d’application sera publié, aucune provision ne sera alors comptabilisée, mais une information sera
portée en annexe des états financiers. En revanche, l’entité comptabilisera une provision si elle crée
une obligation implicite.
– Les obligations implicites
Les obligations implicites sont liées au respect des usages ou de la volonté de conserver de bonnes
relations d’affaires, ou encore des pratiques passées de l’entité. Par cet engagement professionnel,
l’entité accepte certaines responsabilités qui l’engageront financièrement et qui généreront des
passifs. Par cet engagement, la société décharge la partie adverse de tout passif éventuel et fait
naître une attente légitime chez un tiers. Le tiers peut être une personne physique, ou morale,
mais aussi la collectivité pour des provisions concernant par exemple la protection de
l’environnement.
Exemple lié à des prestations commerciales
– Une chaîne de magasins s’engage par voie de publicité à rembourser 3 fois un produit, si un client
trouve le même article moins cher chez un concurrent.
– Une entité s’engage à reprendre les articles pendant un certain délai.

ILLUSTRATION LIÉE AU RISQUE ENVIRONNEMENTAL

Novartis 2007, note 1, obligations liées à l’environnement


Cette note mentionne également la notion d’actif à enregistrer pour des remboursements futurs et la
notion d’actualisation des dettes provisionnées. Ces deux notions sont traitées dans la partie
« Évaluation ».

Dans le domaine de l'environnement, Novartis doit faire face à des obligations liées à des
activités passées concernant principalement des coûts de remise en l'état. À cet effet, on
constitue une provision lorsqu'on estime probable une dépense pour un travail de remise en
l'état et que le coût peut en être estimé de manière fiable. On estime ces coûts de remise en
l'état à partir du montant actualisé des sorties de trésorerie estimées, y compris l'inflation
anticipée, actualisée sur la base des taux sur le marché des obligations de premier ordre.
L'augmentation des provisions due au facteur temps et à l'incidence des modifications du
taux d'actualisation est prise en compte dans les charges d'intérêts.
Les dépenses futures ne tiennent pas compte de la participation d'assurances ou d'autres
indemnités à percevoir car Novartis n'enregistre les remboursement d'assurance et autres
dédommagements auxquels il a droit que si le montant peut être estimé de manière fiable et
que leur recouvrement est quasiment certain.

Q résultant d’un événement passé…


Fait générateur à la date de clôture
L’obligation doit résulter d’un événement antérieur à la reconnaissance du passif. Cet événement passé
est appelé « fait générateur ». Les seuls passifs pouvant être comptabilisés sont ceux qui existent à la
date de clôture et qui aboutissent à une obligation actuelle.
Exemple d’un fait générateur résultant d’un événement passé et qui aboutit à une obligation actuelle :
Dommages illicites causés à l’environnement qui entraîneront des réparations pour la remise en état du
site et des pénalités.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 153

Exemple d’un fait générateur résultant d’un événement passé mais qui n’aboutit pas à une obligation
actuelle :
Une entité, face aux pressions de la réglementation, envisage des dépenses futures pour limiter la
pollution de l’air et de l’eau. Mais, si elle modifiait son mode de fonctionnement futur, ces
investissements futurs ne seraient plus nécessaires. L’entité ne doit donc comptabiliser aucune
provision.
Existence de tiers à la date de clôture
L’obligation implique toujours un engagement vis-à-vis d’un tiers à la date de clôture.
Ainsi, une décision de la direction non annoncée ne crée pas d’obligation envers les tiers concernés,
qui n’ont alors aucune attente. Pour savoir si la provision peut être comptabilisée, il faut se placer à la
date de clôture de l’exercice, et vérifier si, à cette date, il existe des informations claires et disponibles
prouvant qu’une obligation est née envers des tiers à cette date.
Sans prise en compte des événements postclôture
Norme EITF Norme IAS CRC 00-06
37
Prise en compte des événements postclôture non non non
La norme américaine EITF (Emerging Issues Task Force) publiée en mars 1995 n’autorise la
constitution d’une provision pour restructuration que si le plan est irrémédiablement engagé au plus
tard à la date de clôture. La norme IAS 37 repose sur le même principe. La norme française qui
envisageait la probabilité à la date d’établissement des comptes (et non à la date de clôture pour
IAS 37) s’est finalement alignée exactement sur la norme IAS 37.
Ainsi, il n’existe plus à compter du 1er janvier 2002 un décalage avec les pratiques françaises qui ne
tiennent plus compte des événements postclôture. La charge interviendra un exercice plus tard.
Ce sujet sera approfondi dans le paragraphe Évaluation : « Provisions pour restructurations ».

Application
La société X, en raison d’une insuffisance de trésorerie, envisage d’arrêter une chaîne de montage à la
date de clôture, si elle n’obtient pas un emprunt suffisant pour financer son besoin en fonds de
roulement. En février, la banque refuse le prêt. À cette date, antérieure à la date d’établissement des
comptes, il est devenu presque certain qu’une restructuration sera réalisée. Une provision pour risques
et charges est-elle possible ?

Solution
Pour la norme IAS 37 : non, car le plan de restructuration n’est pas engagé à la clôture du bilan.
Pour la norme CRC 00-06 : non, même s’il est probable ou certain, à la date d’établissement des
comptes que cette obligation provoquera une sortie de ressources.

Q qui se traduira probablement par une sortie d’avantages économiques futurs…


On retiendra la provision si la réalisation de l’obligation est probable, c’est-à-dire plus probable
qu’improbable : more likely than not. Si le risque est moins probable que probable, la provision ne
sera pas comptabilisée et une information sera fournie en annexe. Il s’agira d’un passif éventuel. La
part du jugement est ici très importante.
La probabilité qu’une sortie de ressource soit nécessaire est déterminée précisément pour chaque type
de produit. Pris individuellement, les risques peuvent paraître faibles, voire non significatifs.
Néanmoins, le tout forme une catégorie d’obligations, qui devient alors significative et sera
provisionnée. Un exemple est donné dans la partie 3 section 2 : Évaluation.
154 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Q et dont une estimation fiable peut être faite.


L’entité peut déterminer un éventail de résultats possibles et peut établir une estimation suffisamment
fiable de l’obligation pour la comptabiliser. La meilleure estimation est le montant supérieur ou
inférieur de l’éventail, selon son caractère le plus probable.
Si l’estimation n’est pas fiable, la provision ne sera pas comptabilisée et un passif éventuel sera
constaté dans l’annexe des états financiers.

1.3 Passifs et actifs éventuels (IAS 37)

a. Passifs éventuels
Lorsque la société constate des passifs avec une existence d’obligations incertaines ou ne respectant
pas les trois conditions énoncées, il peut s’agir alors de passifs éventuels.
Le projet de réforme envisage la suppression du terme passif éventuel afin que seules les obligations
actuelles donnent lieu à un passif.

Q L’existence d’obligations incertaines


Le montant peut être probable, mais l’obligation n’est que potentielle.
L’obligation, ici, provient d’événements passés mais dont l’existence sera confirmée par des
événements futurs incertains, non contrôlables par l’entité. Il faut alors juger qu’il n’est pas probable à
la date de la clôture de l’exercice qu’il en résulte une sortie d’avantages économiques. L’obligation ne
pouvant être mesurée de façon fiable ne peut donc pas être comptabilisée.

EXEMPLE
Responsabilité conjointe
Si une entité est conjointement et solidairement responsable, cette obligation constitue un passif
éventuel, dans la mesure où l’on s’attend que l’obligation soit éteinte par les autres parties.
L’obligation est actuelle, mais la probabilité qu’une sortie de ressources représentatives d’avantages
économiques, nécessaire pour éteindre l’obligation, est faible (elle est moins probable que probable).
Le sens du mot « probable » est ici déterminant.
Dans ces deux situations, nous avons un passif éventuel. La provision ne sera pas comptabilisée, mais
elle fera l’objet d’une note d’information précise dans l’annexe.

b. Actifs éventuels
Un actif éventuel est un actif provenant d’événements passés et dont l’existence sera confirmée par
des événements futurs que ne maîtrise pas l’entité.

EXEMPLE
Une indemnité d’assurance que réclame une entité, dans un avenir incertain.
Dans cette situation, l’entité ne comptabilise pas l’actif, mais communique cette éventualité
d’avantages économiques, par une note à l’annexe des états financiers.
Quand cette éventualité deviendra presque certaine, la comptabilisation de l’actif sera alors possible.

1.4 Informations à fournir

a. Provisions
Pour chaque catégorie de provisions, l’entité doit fournir les informations suivantes :
– un rapprochement individuel de la valeur comptable à l’ouverture et à la clôture de l’exercice ;
S7151-F1/2 SÉRIE 02 155

– une brève description de la nature de l’obligation et l’échéance attendue de toute sortie de


ressources représentatives d’avantages économiques ;
– une indication du degré d’incertitude associée au montant ou à l’échéance de ces sorties ;
– le montant de tout remboursement attendu, en indiquant le montant de tout actif qui a été
comptabilisé pour ce remboursement attendu.

b. Passifs éventuels
Pour chaque catégorie de passif éventuel, l’entité doit fournir les informations suivantes :
– une brève description de leur nature ;
– une estimation des répercussions financières ;
– une indication du degré d’incertitude associée au montant ou à l’échéance de toute sortie de
ressource ;
– la possibilité de tout remboursement.

c. Actifs éventuels
Pour chaque catégorie d’actif éventuel, l’entité doit fournir les informations suivantes :
– une brève description de leur nature ;
– une estimation des répercussions financières.

d. Exceptions
L’entité peut juger que la communication de certaines informations peuvent porter un préjudice grave
à l’entité. Dans ces rares cas, l’information n’a pas à être publiée. Cependant, l’entité doit publier la
nature générale du litige, ainsi que les raisons pour lesquelles des informations plus précises n’ont pas
été mentionnées.

1.5 Projet de révision


La notion de passif éventuel et d’actif éventuel disparaîtrait.
Le caractère probable ne serait plus retenu comme critère de comptabilisation, mais comme critère
d’évaluation. En changeant ce critère de chapitre, les actifs ou passifs éventuels entreraient dans le
champ de IAS 37 révisé. Ils devraient correspondre à une obligation inconditionnelle et à une
obligation subordonnée à la réalisation d’un événement futur ou à l’absence de réalisation d’un tel
événement.
Les actifs éventuels répondant à la définition d’un actif seraient traités par IAS 38 « Immobilisations
incorporelles ». Ils répondraient également à un droit inconditionnel.

SECTION 2. ÉVALUATION D’UNE PROVISION


Les dettes dont le montant peut être déterminé avec précision n’offrent aucun intérêt particulier pour
cette section qui traitera seulement de l’évaluation des provisions.

2.1 « Meilleure estimation » (best estimate) de la sortie de ressources nécessaires à


l’extinction de l’obligation actuelle à la date de clôture
La meilleure estimation de la dépense est finalement le montant que l’entité devrait raisonnablement
payer pour éteindre son obligation à la date de clôture ou pour la transférer à un tiers à cette même
date.
156 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

L’estimation est déterminée à partir du jugement de la direction de l’entité, en fonction des


expériences passées et des avis d’experts. Les informations à prendre en compte incluent toute
indication complémentaire fournie par des événements postérieurs à la clôture.

a. Provision pour garantie


En France, le règlement 00-06 mis en application pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier
2002 a permis une plus grande souplesse en matières de provision pour garantie.
IAS 37 FRANCE
L’obligation est contractuelle et
L’obligation n’était que
implicite. Ainsi, si la pratique
contractuelle.
Obligation contractuelle et commerciale de l’entité crée une
Il est maintenant possible de
obligation implicite attente chez les clients, une
constituer une provision pour
provision pour garantie doit être
garantie si l’obligation est implicite.
comptabilisée.
Lorsqu’il existe un ensemble de possibilités pour des risques liés à un événement, il est possible, à
partir d’un ensemble d’informations, d’estimer l’obligation en pondérant tous les résultats possibles en
fonction de leur probabilité. Cette méthode statistique est appelée « méthode de la valeur attendue ».

Application
Une société fabrique et commercialise des jouets électroniques, avec une garantie d’un an.
Elle a établi plusieurs causes de retour des produits vendus :
– si les produits retournés nécessitent seulement un reconditionnement, le coût futur est de 1 million ;
– si les produits retournés nécessitent une réparation mineure, le coût futur pour l’année suivante est
estimé à 4 millions ;
– si les produits retournés sont cassés ou invendables, le coût futur représente 6 millions.
L’expérience montre également que pour l’année à venir :
– 70 % des produits ne présenteront aucun défaut ;
– 7 % nécessiteront un reconditionnement ;
– 20 % des produits présenteront un défaut mineur ;
– 3 % devront être échangés.

Solution
La valeur attendue du coût des retours sur ventes :
(70 %  0) + (7 %  1 M) + (20 %  4 M) + (3 %  6 M) = 1,05 M.

b. Pertes opérationnelles futures (IAS 37 § 63)


Ces pertes ne répondent pas aux critères généraux de comptabilisation. En particulier, il n’existe pas
d’obligation actuelle, résultant d’un événement passé.
Il n’est donc pas possible d’enregistrer une provision pour pertes opérationnelles futures. Si ces pertes
entraînent une perte des valeurs à l’actif du bilan, la norme IAS 36 (dépréciation d’actifs) sera alors
applicable.

c. Pertes sur contrats déficitaires


Si les coûts inévitables liés à l’accomplissement de l’obligation du contrat excèdent les avantages
économiques attendus, l’obligation actuelle résultant d’un contrat déficitaire sera comptabilisée et
évaluée comme une provision. IAS 37 précise que le coût à retenir est le plus faible du coût
d’exécution du contrat ou de toute indemnisation ou pénalité découlant du défaut d’exécution. De plus,
S7151-F1/2 SÉRIE 02 157

avant d’établir une provision pour contrat déficitaire, il faut comptabiliser les pertes de valeur
survenues sur les actifs dédiés à ce contrat (IAS 36, dépréciations d’actifs).

d. Opérations de restructuration
La provision pour restructuration concerne des arrêts ou la vente d’une branche d’activité, les
changements apportés à la structure de direction ou une réorganisation fondamentale, ayant un effet
significatif sur la nature et le recentrage d’une activité.
En ce qui concerne la revente d’une branche d’activité, l’obligation de restructuration n’existe pas
jusqu’à un accord de vente irrévocable. Si ce fait générateur n’existe pas à la date de clôture, aucune
provision ne sera comptabilisée. Ainsi, lorsqu’un regroupement d’entreprise prévoit un coût de
restructuration, IAS 37 § 16 rejette ce passif. L’acquéreur inclura ce coût dans le coût de
restructuration à la date d’acquisition, ce qui diminuera d’autant le goodwill.
La norme française s’aligne sur la position d’IAS 37 :
« Les coûts de restructuration constituent un passif s’ils résultent d’une obligation de
l’entité vis-à-vis des tiers, ayant pour origine la décision prise par l’organe compétent,
matérialisée avant la date de clôture par l’annonce de cette décision aux tiers concernés et à
condition que l’entité n’attende plus de contrepartie de ceux-ci » (PCG art. 312-8 modifié
par le règlement 00-06)1.

L’obligation implicite existe à la date de clôture


IAS 37 FRANCE
Plan engagé entre la date de clôture
Aucune provision. Aucune provision
et l’arrêté des comptes
Probabilité de la réalisation Il doit exister une obligation actuelle,
Ces conditions plus strictes sont à la date de clôture, concrétisée par un
appliquées également par le PCG plan détaillé, avec des indications Même définition.
art. 312-8 modifié par le règlement précises, approuvé, faisant naître chez
00-06. les salariés une attente justifiée.
Une provision est constituée si
elle produit ses effets dans les
6 mois suivant la clôture (avis
Date de réalisation : La mise en œuvre du plan doit être
CNCC suivant la proposition du
pas de différence prévue dans un délai rapide.
mémento comptable). Sinon les
coûts constitueront des charges de
l’exercice suivant.
IAS 37 § 72 a introduit des conditions plus précises et formelles qui ont été suivies par la norme
française.
La provision doit être formalisée par un plan détaillé de la restructuration précisant :
– l’activité concernée ;
– les sites affectés ;
– la fonction et le nombre approximatif de membres du personnel qui seront licenciés ;
– les dépenses qui seront engagées ;
– la date de mise en œuvre du plan de restructuration.
Elle crée chez les personnes concernées une attente fondée, soit par la mise en œuvre du plan de
restructuration, soit par une annonce publique, claire avec suffisamment de détails sur les principales
caractéristiques du plan. La mise en œuvre doit être programmée le plus rapidement possible, ainsi que
l’achèvement, rendant ainsi improbable toute modification importante du plan. Si les délais sont très

1 RGC, mars 2002, page 11.


158 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

importants, le plan ne crée plus une attente fondée chez les tiers et l’entité modifiera
vraisemblablement ses plans.
Si la formalisation du plan intervient après la date de clôture, il s’agit d’une éventualité ou d’un
événement survenant après la date de clôture. IAS 37 interdit alors la comptabilisation d’une
provision. IAS 10 peut imposer en revanche que des informations soient fournies en annexe des états
financiers pour la bonne information des utilisateurs.

Application
Un conseil d’administration d’une entité décide, avant la date de clôture, de restructurer l’entité,
incluant des licenciements. La décision est annoncée après la date de clôture, mais avant la date de
l’assemblée générale des actionnaires approuvant les comptes.
L’entité peut-elle comptabiliser une provision pour restructuration ?

Solution
IAS 37 : non. IAS 37 ne permet pas la constitution de provision pour restructuration, les éléments
constitutifs n’étant pas réalisés à la date de clôture. Nous avons en revanche un passif éventuel.

Norme française : non à partir du 1er janvier 2002


Les plans engagés entre la date de clôture et la date de l’arrêté des comptes, même si les conditions
existaient à la date de clôture, ne doivent plus être provisionnés.
La divergence majeure entre IAS 37 et la norme française disparaît ainsi.

Évaluation de la provision pour restructuration


IAS 37
Coûts de déménagement Ils ne peuvent pas être pris en compte. Seuls les coûts
de sortie non liés à des activités qui se poursuivent
sont provisionnés.
Coûts liés à la formation du personnel Ils ne peuvent pas être pris en compte.
Coûts de réorganisation des systèmes Ils ne peuvent pas être pris en compte.
d’information
Gains potentiels consécutifs aux mesures de Les plus-values latentes ne sont pas prises en compte.
restructuration
Les mêmes règles sont applicables en France, selon le règlement 00-06.

Précisions données par IAS 37


Une provision pour restructuration ne doit inclure que les dépenses directement liées à la
restructuration, sans tenir compte des charges liées aux activités poursuivies par l’entité.
La provision pour restructuration n’inclut pas les coûts :
– de reconversion ou une délocalisation du personnel conservé ;
– de marketing ;
– de charges liées à la conduite future de l’activité.
De même, les pertes futures identifiables jusqu’à la date de restructuration ne peuvent pas faire l’objet
de provision.
Les profits attendus sur la sortie des actifs ne sont pas pris en compte dans l’évaluation d’une
provision pour restructuration, même s’ils correspondent à l’aboutissement de la restructuration.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 159

e. Provisions réglementées
Ces provisions sont constituées en France en application de dispositions fiscales. Les provisions sont
les suivantes :
– provision pour investissement, calculée sur la base de la participation des salariés ;
– provision pour hausse des prix ;
– amortissements dérogatoires ;
– provision spéciale de réévaluation.
Ces écritures comptables, enregistrées pour des raisons d’optimisation fiscale, doivent être totalement
annulées lorsque l’entité établit des comptes consolidés, et bien sûr lorsqu’elle passe d’un
environnement français à un environnement international.

f. Provisions pour grosses réparations


Selon IAS 37, ce type de provision est interdit.
Selon les règles françaises, ces provisions sont supprimées par le règlement n° 2000-06 sur les passifs.
Seules sont prévues les provisions pour les dépenses de programmes pluriannuels vérifiant le bon
fonctionnement des installations sans prolonger leur durée de vie au-delà de celle prévue initialement.
Dans ce cas seulement, les entités peuvent choisir entre appliquer la méthode par composant ou
constituer une provision pour gros entretien, ce traitement n’étant pas conforme à la norme IAS 16. La
charge annuelle de provision est alors déductible fiscalement.
Néanmoins, pour les entités contraintes à de grosses réparations sur des immobilisations corporelles
non inscrites à leur bilan, la norme IAS 37 s’applique car il existe une obligation légale ou
contractuelle (cf. questionnaire d’évaluation à la fin de la série 02).

2.2 Actualisation
Les sorties de trésorerie se produisant peu après la date de clôture sont plus onéreuses que celles ayant
une échéance lointaine. Lorsque l’effet est significatif, les provisions sont actualisées. Les taux
d’actualisation doivent être des taux avant impôt, sans risque, mais majorés du risque spécifique de la
provision, reflétant les appréciations actuelles par le marché et des risques spécifiques à ce passif.
Dans le cas du groupe suisse Novartis, l’actualisation porte sur des frais de remise en état sur les trente
prochaines années.

Prise en compte des événements postclôture


Les événements futurs pouvant avoir un effet sur l’obligation actuelle doivent être pris en compte lors
de l’évaluation de la provision.
Une obligation de remise en état d’un site pourra par exemple être facilitée grâce à la mise au point de
techniques plus performantes. Dans cette hypothèse, le coût futur sera plus faible et la provision diminuée
d’autant. Cette position n’est acceptable que lorsque l’hypothèse retenue sera objectivement applicable
lors de la remise en état du site. Il n’est pas possible de diminuer la valorisation d’une telle provision en
s’appuyant sur des technologies très nouvelles, n’ayant objectivement pas encore fait leur preuve.
La prise en compte d’événement futur peut aussi conduire à réévaluer une provision dans la mesure où
les technologies devenant plus sophistiquées deviennent également plus onéreuses.

2.3 Remboursements attendus


IAS 37 prévoit la prise en compte d’un actif probable, lié à l’obligation actuelle.
Si l’entité a la quasi-certitude de recevoir en remboursement tout ou partie des sommes provisionnées, le
remboursement est un actif qui sera enregistré, séparément, sans toutefois dépasser le montant de la
provision.
160 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Il arrive en effet que l’entité assume une obligation, mais parallèlement que le risque soit couvert par
un contrat d’assurance ou que l’entité mette en responsabilité un fournisseur, ou un sous-traitant, pour
obtenir le remboursement de tout ou partie de la dépense engagée. IAS 37 § 53 précise alors que s’il
est pratiquement certain que le remboursement sera perçu, alors, si l’entité remplit son obligation, un
actif doit être enregistré.
Présentation de cette situation au bilan : non-compensation des créances et des dettes :
– à l’actif le remboursement attendu ;
– au passif l’obligation de l’entité envers les tiers.
Présentation de cette situation au compte de résultat : présentation d’une charge nette.
Le remboursement attendu peut être diminué du montant de la provision. La charge « Dotation aux
provisions » apparaîtrait alors en valeur nette.

Application
Un constructeur d’appareils ménagers Sélénix vient de publier une information demandant aux
propriétaires de fers à repasser d’une série déterminée de ramener le matériel pour un échange
standard, des accidents graves ayant été constatés.
Bien entendu, le constructeur demande à son fournisseur BBB le remboursement des frais engagés,
mais réclame aussi un dédommagement pour l’atteinte à son image de marque. Pour maintenir les
bonnes relations d’affaires, ce dernier accepte le principe, les montants n’étant pas encore certains. En
tout état de cause, le produit attendu pour Sélénix devient supérieur à la charge liée à son obligation
envers les clients.
Que faire ?

Solution
IAS 37 Obligation implicite actuelle
Apparaîtra au passif du bilan la provision correspondant à l’évaluation de l’engagement de Sélénix
envers ses clients.
Apparaîtra à l’actif du bilan la créance estimée, sans que toutefois celle-ci excède le montant de la
provision pour risque.
La charge nette étant nulle, rien n’apparaîtra dans le compte de résultat.
Norme française
La provision apparaîtra au passif du bilan. Le compte de résultat ne retiendra que la charge liée à la
provision, alors que suivant la norme IAS le résultat n’était plus affecté.

2.4 Réexamen des provisions


À chaque date de clôture, les provisions sont réexaminées et les évaluations ajustées pour refléter la
meilleure estimation à cette date. Lorsque les provisions ont été actualisées, leur valeur augmente
chaque année, en fonction du temps écoulé.
Elles reflètent ainsi la meilleure estimation à la date de clôture, et sont en relation avec l’identification
du risque évalué à l’origine. Cela revient à dire que l’objet des provisions doit être clairement identifié,
sans compensation possible entre les affaires.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 161

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note 17, Provisions


En millions de CHF 2007 2006
Restructuration Environnement Litiges Autres Total Total
Au 1er janvier 1 034 38 1 750 217 3 039 3 347
Différences de 2 (2) (44) - (44) (61)
conversion
Constitutions de 392 7 510 121 1 030 839
provisions
Modification du
périmètre de - - 131 44 175 135
consolidation
Emplois (343) (4) (77) (64) (538) (1 007)
Dissolutions (28) - (271) (47) (346) (214
Au 31 décembre 1 007 39 1 999 271 3 316 3 039
Restructuration
Les provisions pour restructuration résultent d’initiatives prises dans l’ensemble du groupe. Elles englobent
notamment des plans d’optimisation des structures de production, de vente et d’administration, principalement
en Europe. Ces provisions pour restructuration devraient engendrer des sorties de trésorerie lors de leur mise en
œuvre (en règle générale au cours des deux-trois prochaines années) et par conséquent ne sont pas escomptées.
Litiges
Des provisions pour litiges ont été constituées afin de couvrir les procédures légales et administratives qui
résultent de la conduite normale des affaires. Ces provisions concernent nombre de cas qui ne sont pas connus du
public et dont la présentation détaillée pourrait sérieusement porter préjudice aux intérêts du Groupe. Les
reprises de ces provisions concernent les cas de dénouement favorable au groupe. L’échéance des sorties de
trésorerie résultant des provisions pour litiges est incertaine car elle dépend du résultat des procédures. Ces
provisions ne sont par conséquent pas escomptées car leur valeur actuelle ne représenterait pas une information
fiable. La direction du groupe ne pense pas qu’il soit possible d’émettre des hypothèses sur l’évolution des cas
au-delà de la date du bilan.
Autre
Les autres provisions consistent principalement en contrats déficitaires, engagements relatifs à des
remboursements partiels du prix d’affaires cédées et en diverses réclamations relatives à des sinistres survenus
durant l’exercice mais non couverts par les sociétés d’assurance. Les contrats déficitaires résultent
d’engagements de leasing ou d’accords d’approvisionnement au-dessus des prix du marché et qui ne génèrent
aucun avantage ou pour lesquels les coûts inévitables auxquels le groupe doit faire face pour tenir ses obligations
contractuelles sont supérieurs aux avantages économiques prévus. Ces accords ont été passés dans le cadre de la
vente ou de la fermeture d’installations devenues déficitaires. La durée de ces contrats correspond à une
moyenne de 2,5 ans.

SECTION 3. PROVISIONS POUR DÉMANTÈLEMENT, REMISE EN ÉTAT (IFRIC 1) ET


FONDS DE DÉMANTÈLEMENT (IFRIC 5)

3.1 Variation des passifs existants relatifs au démantèlement, à la remise en état et


similaires (IFRIC 1)
L’interprétation IFRIC 1 apporte des précisions sur l’analyse comptable des « Variation des passifs
existants, relatifs au démantèlement, à la remise en état et similaires » (publié au JOUE le
31 décembre 2004). Cet élément est à la fois :
– comptabilisé comme un composant d’actif corporel selon IAS 16 « Immobilisations corporelles »
et
– comptabilisé comme un passif conformément à IAS 37.
162 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

IFRIC 1 confirme qu’un taux d’actualisation s’appuyant sur les données du marché les plus récentes
doit être utilisé.
Les variations liées au « temps qui passe » (appelées aussi « détricotage » de l’actualisation) et
calculées sur le taux d’actualisation antérieurement utilisé sont à comptabiliser au résultat en charges
financières.
Toutes les autres sources de variations du passif ont un impact, en contrepartie, sur la valeur du
composant correspondant, au titre d’un changement d’estimation comptable, à savoir (IFRIC 1 § 5) :
– une variation des sorties de trésorerie estimée représentative d’avantages économiques pour
éteindre l’obligation (en montant ou en échéance) ou
– une variation du taux d’actualisation courant.

EXEMPLE
La société Malaga met en service une unité de production le 1er janvier N dont le coût est de 5 000 k€.
La durée d’utilité de cette unité de production est estimée à 20 ans. À l’issue de la période
d’exploitation, Malaga devra remettre en état le site de production. Le coût de cette remise en état est
de 600 k€. Le taux d’actualisation retenu est de 6 %.
Au 1er janvier N :
– Le montant de la provision à constituer est de : 600 / (1,06)20 = 187 k€ ;
– Le coût de l’unité de production est de : 5 000 + 187 = 5 187 k€.
L’écriture suivante est comptabilisée :
Débit Crédit
2. Immobilisation 5 187
5. Banque 5 000
1. Provision 187
Chaque année, le « détricotage » de l’actualisation est comptabilisé en charges.
Ainsi le 31/12/N, une charge financière de 187  6 % = 11, avec en contrepartie une augmentation de
la provision.
On suppose que le montant du passif est revu à la hausse le 31/12/N+4. Il est alors estimé à 700 k€. Le
taux d’actualisation étant toujours de 6 %, la valeur actualisée de la provision est de :
700 / (1,06)15 = 292 k€.
La provision déjà constatée du fait du « temps qui passe » est de : 187  (1,06)5 = 250 k€.
Une augmentation de l’actif et de la provision est donc constatée pour : 292 – 250 = 42 k€.
De la même manière, une variation du taux d’actualisation a un impact sur la composante de
l’immobilisation correspondante.
Il conviendra de tester que la nouvelle valeur comptable de l’actif n’excède pas sa valeur recouvrable.
Si une diminution du passif excède la valeur comptable de l’actif, l’excédent doit être immédiatement
comptabilisé en résultat.
Parallèlement une charge d’amortissement de la composante de l’immobilisation est constatée sur sa
durée d’utilité. Par conséquent, une fois que l’actif correspondant a atteint la fin de sa durée d’utilité,
toutes les variations ultérieures doivent être comptabilisées en résultat au fur et à mesure qu’elles se
produisent.

REMARQUE
Les règles françaises prévoient un traitement identique pour la comptabilisation des coûts de
démantèlement, d’enlèvement et de remise en état de site : règlement CR n° 2004-06 et par l’avis
n° 2005-H du 06 décembre 2005 du comité d’urgence du CNC pur comptes individuels.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 163

3.2 Droits à participation dans des fonds de démantèlement (IFRIC 5)


L’interprétation IFRIC 5 « Droits à participation dans des fonds de démantèlement » porte sur les
droits et intérêts émanant de fonds de gestion dédiés au remboursement des coûts de démantèlement et
de remise en état de site.
Cette interprétation est applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2006. Elle prévoit que
l’entité, qui comptabilise une obligation de payer des coûts de démantèlement conformément à
IAS 37, comptabilise sa participation dans le fonds comme un actif distinct.

Comptabilisation du droit à remboursement


Le droit à remboursement doit être évalué au plus bas du montant de l’obligation de démantèlement
comptabilisée et de la juste valeur des actifs nets du fonds attribuables aux contributeurs. Le droit à
remboursement est comptabilisé (sans compensation avec l’obligation inscrite au passif) à l’actif du
bilan. La variation de juste valeur du droit à remboursement est enregistrée immédiatement en charge.
(IAS 37 § 53).
Les intérêts résiduels existant dans le fonds après les opérations de démantèlement relèvent du champ
d’application de la norme IAS 39 (IFRIC 5.5).
En cas de faillite d’un autre contributeur, ou si la valeur des actifs investis détenus par le fonds devient
insuffisante pour que le fonds satisfasse à ses obligations de remboursement, l’entité doit évaluer un
passif éventuel, selon IAS 37 § 29 et 58.

ILLUSTRATION

Total 2007, note 9, q, Restitution des sites


Les dépenses futures des sites résultant d’une obligation légale ou implicite sont
provisionnées sur la base d’une estimation raisonnable de leur juste valeur, au cours de
l’exercice durant lequel apparaît l’obligation.
En contrepartie de cette provision, les coûts de restitution des sites sont capitalisés et
intégrés à la valeur de l’actif sous-jacent et amortis sur la durée d’utilité de cet actif.
L’impact du passage du temps sur la provision pour restitution des sites est mesuré en
appliquant au montant de la provision un taux d’intérêt sans risque. L’effet de
l’actualisation de ces provisions est comptabilisé dans la rubrique « Autres charges
financières ». L’effet de l’actualisation des provisions pour restitution des sites représente
pour l’exercice 2007 : 189 milliers d’euros.

SECTION 4. AVANTAGES DU PERSONNEL : LES ENGAGEMENTS DE RETRAITE


(IAS 19)

La norme IAS 19 traite des avantages du personnel, mais exclut :


– les indemnités de fin de contrat de travail traitées par IAS 37, « Provisions passifs éventuels et
actifs éventuels » ; elles concernent la résiliation par l’entité du contrat de travail avant l’âge
normal du départ en retraite, ou de la démission du salarié en échange d’indemnités pour
encourager son départ ;
– les avantages sur capitaux propres et en particulier les stocks options, traités par IFRS 2,
« Paiements en actions ».

Révision de la norme IAS 19


L’IASB prépare une refonte complète de la norme IAS 19, liée au projet de révision de la norme
IAS 37. Elle est conduite en deux phases, la première phase devant permettre la publication d’une
164 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

norme intermédiaire en 2010. Ce projet fait partie des 11 thèmes de convergence entre les IFRS et les
US-GAAP.
Le document de travail qui achève la phase 1 et dont l’appel à commentaires s’achèvera en septembre
2008 prévoit la fin de la méthode du corridor. Par ailleurs, l’interprétation IFRIC 14 mis en application
en 2008 précise le plafonnement de l’actif d’un régime.

4.1 Régimes de retraite


On distingue deux types de régimes de retraite correspondant à des avantages payables
postérieurement à la cessation de l’emploi.

a. Régimes à cotisation définies


L’employeur s’engage à verser des cotisations régulières à un organisme gestionnaire, qui, augmentées
des intérêts, seront reversées aux salariés retraités. Dans cette situation, l’entité ne s’est engagée que
pour le montant des cotisations. Elles seront comptabilisées en charges au cours de l’exercice où elles
sont versées.
Aucun engagement de retraite n’est à calculer.

b. Régimes à prestations définies


L’employeur s’engage à verser des prestations définies sous forme de pensions ou d’indemnités de
départ à la retraite, en fonction de l’ancienneté de l’employé et de son salaire. Dans ce cas, régi par
IAS 19, un engagement de retraite doit être calculé.
La norme IAS 19 identifie deux catégories d’avantage du personnel :

Les avantages à court terme


Les avantages à court terme regroupent les salaires, les rémunérations, les cotisations sociales, les
congés payés, les congés maladie, l’intéressement et les primes, les avantages en nature ou encore
l’assistance médicale qui sont dus intégralement dans les douze mois suivant la fin de l’exercice. Leur
comptabilisation est pratiquée tout au long de la période d’activité du salarié.

Les avantages à long terme


Les avantages à long terme regroupent les avantages postérieurs à l’emploi et les autres avantages à
long terme.
Les avantages postérieurs à l’emploi représentent par exemple les indemnités de départ à la retraite, les
pensions et autres prestations de retraite, les couvertures d’assurance vie qui sont payables
postérieurement à la cessation de l’emploi. Ils sont classés, soit dans les régimes à cotisations définies,
soit dans les régimes à prestations définies.
Les autres avantages à long terme représentent par exemple les congés liés à l’ancienneté ou congés
sabbatiques, les jubilés et autres avantages liés à l’ancienneté, et, s’ils sont payables douze mois ou
plus après la fin de l’exercice, l’intéressement, les primes et les rémunérations différées.

4.2 Comptabilisation

a. Principes de comptabilisation
Le coût des avantages postérieurs à l’emploi doit être comptabilisé durant la période de service des
salariés et non lors de la réception des prestations par les salariés. Cette obligation doit être
comptabilisée bien que les droits à prestation ne soient pas définitivement acquis, puisque le bénéfice
S7151-F1/2 SÉRIE 02 165

des prestations offertes par le régime à prestations définies d’une entreprise nécessite que le salarié
soit présent dans l’entreprise le dernier jour de son activité salariée. Mais en vertu d’un accord, ou
d’une convention, les avantages accordés sont une contrepartie ultérieure à un travail effectué.
Deux méthodes sont traditionnellement envisageables :

La méthode prospective
La valeur actuelle des prestations de retraites est déterminée sur la double base des services rendus et à
rendre par les employés à la date du calcul actuariel. Cette méthode répartit le coût de manière égale,
soit en valeur absolue, soit en pourcentage des salariés, sur la totalité de la période de service
constituant la durée de vie active des salariés affiliés.

La méthode rétrospective
Cette méthode détermine le coût des prestations attribuables aux bénéficiaires d’un régime au titre des
années de services effectués jusqu’à la date de l’évaluation de l’engagement (la date de clôture). Ainsi,
chaque année de service donne droit à une unité supplémentaire de prestation.
La base de calcul est l’estimation de salaire en fin de carrière.
Le coût des droits acquis ainsi calculé doit ensuite être modulé en fonction de l’espérance de vie, du
turn-over de l’entité, de la politique salariale.
Les flux futurs attendus pour faire face à la dette doivent être actualisés.

La pratique en France
La disparité des pratiques en France est très grande. Le CNC, par la recommandation 2003 R-01, a
fixé une méthodologie conforme à IAS 19. Mais le texte prévoit des obligations différentes selon la
taille des entités. Les entités ayant moins de 250 salariés peuvent définir leur propre méthode
d’évaluation, méthode qui sera décrite en annexe. Les entités de plus de 250 salariés doivent appliquer
la méthode conforme à IAS 19.
Néanmoins, le Code de commerce permettant de ne pas comptabiliser un passif pour engagements de
retraite ne permet pas d’harmoniser les pratiques.

Le tableau ci-dessous regroupe les différents avis et recommandations


En France :
Le Code de méthode
CNC L’OEC et la CNCC
commerce préférentielle
préconisée
L’art. 123-13 rend La doctrine OEC 23
obligatoire recommande
l’évaluation des l’application de la
engagements de méthode
Évaluation retraite. Mais il ne rétrospective avec
précise pas la ou les salaire de fin de
méthodes utilisables. carrière. (Seule
méthode acceptée
par IAS 19.)
Il permet (mais La recommandation Les engagements Pour les comptes
n’oblige pas) de 2003 R-01 fixe une relatifs aux re-traités individuels (PCG,
provisionner tout ou méthodologie et actifs doivent être art. 335-1) et pour
Faut-il provisionner
partie les conforme à IAS 19. provisionnés. les comptes
les engagements de
engagements de consolidés
retraite ?
retraite. (règlement CRC 99-
02) : les
engagements relatifs
166 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

aux retraités et actifs


doivent être
provisionnés. La
provision doit
également porter sur
les autres avantages.
Art. 123-13 « Le L’OEC estime utile
montant global des de donner des
engagements en informations
Information en matière de pension nécessaires à la
Aucune précision.
annexe […] doit être indiqué compréhension des
en annexe ». comptes du type de
celles requises par
IAS 19.

La seule méthode acceptée par IAS 19 : la méthode rétrospective des unités de crédit projetées
IAS 19 exige la comptabilisation des engagements de retraite avec une seule méthode (§ 64) : la
méthode des unités de crédit projetés, parfois appelée méthode de répartition au prorata des années de
services ou méthode de prestations par année de service.
Elle considère que chaque période de service donne lieu à une unité supplémentaire de droits à
prestations et évalue séparément chacune de ces unités pour obtenir l’obligation finale.
Les obligations au titre des avantages postérieurs à l’emploi doivent être évaluées sur une base
reflétant (§ 83) :
(a) les augmentations de salaires futures estimées,
(b) les droits à prestations selon les termes du régime à la date de clôture et
(c) les changements futurs estimés du niveau des prestations payées dans le cadre de tout régime
général et obligatoire affectant les prestations à payer au titre d’un régime à prestations définies, si et
seulement si :
a. soit ces changements ont été adoptés avant la date de clôture,
b. soit l’expérience passée, ou d’autres indications fiables, démontrent que ces prestations
payées dans le cadre d’un régime général et obligatoire évolueront d’une manière prévisible, par
exemple qu’elles suivront l’évolution du niveau général des prix ou du niveau général des
salaires.

b. Impacts sur le bilan

Montant comptabilisé au passif


Le montant comptabilisé au passif au titre de prestations définies doit être égal au total de :
– la valeur actualisée de l’obligation au titre des prestations définies à la date de clôture : elle
correspond à la valeur actualisée (avant déduction des actifs du régime) des paiements futurs
attendus pour faire face à la dette résultant des services rendus au cours de l’exercice et des
exercices antérieurs ;
– majorée des profits actuariels (minorés des pertes actuarielles) non comptabilisés ;
– diminuée du coût des services passés non encore comptabilisés ;
– diminuée de la juste valeur à la date de clôture des actifs du régime (s’ils existent) utilisés
directement pour éteindre les obligations.

Montant comptabilisé à l’actif


Les régimes à prestations définies peuvent être :
– financés, les actifs étant alors gérés séparément et indépendamment de ceux du groupe ;
– non financés, leurs engagements faisant alors seulement l’objet d’une dette à long terme dans le
bilan.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 167

Si une entité couvre ses obligations par des actifs dédiés, elle doit alors compenser un actif lié à un
régime et un passif lié à un autre régime si, et seulement si :
– elle détient les droits exécutoires d’utiliser l’excédent d’un régime pour régler les obligations d’un
autre régime ; et
– elle a l’intention de régler les obligations sur une base nette ou de réaliser l’excédent dégagé sur un
régime et d’éteindre simultanément son obligation en vertu de l’autre régime.
Si le total obtenu est négatif, nous avons alors un actif.
IAS 19 § 59 constate ainsi qu’un actif peut être généré lorsqu’un régime à prestations définies a été
surfinancé ou, dans certains cas, lorsque des gains actuariels sont comptabilisés. Dans ce cas,
l’entreprise comptabilise un actif car :
(a) elle contrôle une ressource qui est la capacité à utiliser l’excédent pour générer des avantages
futurs ;
(b) ce contrôle est le résultat d’événements passés (cotisations versées par l’entreprise et services
rendus par le personnel) ; et
(c) l’entreprise peut attendre des avantages économiques futurs sous la forme d’une diminution de ses
cotisations futures ou d’un remboursement en trésorerie, soit directement, soit indirectement par
affectation à un régime en déficit.

c. Impacts sur le compte de résultat


Une entité doit comptabiliser en charges ou en produits le total des montants ci-après :
+ Le coût des services rendus au cours de l’exercice
+ Le coût financier
– Le rendement attendu des actifs du régime
+/– Les écarts actuariels
+/– Le coût des services passés
+/– Les impacts des diminutions ou liquidations de régimes.

Le coût des services rendus au cours de l’exercice est l’accroissement de la valeur actuelle de
l’obligation au titre des prestations définies résultant des services rendus au cours de l’exercice (§ 7).

Le coût financier est l’accroissement au cours d’un exercice de la valeur actualisée de l’obligation au
titre des prestations définies résultant du fait que l’on s’est rapproché d’un exercice de la date de
règlement des prestations. Il est obtenu en multipliant le taux d’actualisation déterminé au début de
l’exercice par la valeur actualisée de l’obligation de l’exercice au titre des prestations définies (§ 7).

Le rendement attendu des actifs du régime et de tous les droits au remboursement est une
composante de la charge comptabilisée dans le compte de résultat (§ 7).
Le rendement attendu des actifs du régime est établi sur la base des attentes du marché, au début de
l’exercice, pour des rendements sur toute la durée de vie de l’obligation correspondante. Il traduit
l’évolution de la juste valeur des actifs du régime détenus au cours de l’exercice, résultant des
cotisations effectivement versées au fonds et des prestations effectivement prélevées sur le fonds
(§ 106).

Les écarts actuariels. La différence entre le rendement attendu et le rendement effectif est un écart
actuariel. Les écarts actuariels résultent des différences entre les hypothèses actuarielles retenues et ce
qui s’est effectivement produit, et des effets des changements des hypothèses actuarielles (§ 7). Le
« calibrage » des hypothèses est un exercice délicat car il modifie les engagements de retraite de façon
significative.
168 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

4.3 Évaluation des obligations au titre des avantages postérieurs à l’emploi

a. Principes de la méthode
Pour évaluer la valeur actuelle des obligations au titre des avantages postérieurs à l’emploi et le coût
correspondant aux services rendus au cours de l’exercice, l’entité doit :
– déterminer les droits imputables à l’exercice et aux exercices antérieurs ;
– procéder à des estimations (hypothèses actuarielles) avec des variables démographiques (mortalité
et rotation du personnel) et des variables financières (telles que le taux d’actualisation, les
augmentations futures des salaires et des coûts médicaux) qui influeront sur le coût des prestations ;
– actualiser les prestations par la méthode des unités de crédit projetées afin de déterminer la valeur
actualisée de l’obligation au titre des prestations définies et le coût des services rendus au cours de
l’exercice ;
– déterminer la juste valeur des actifs du régime ;
– déterminer le montant total des écarts actuariels et la partie de ces écarts qu’elle doit enregistrer ;
– déterminer le coût des services passés en résultant, lorsqu’un régime a été adopté ou amélioré ; et
– déterminer le profit ou la perte en résultant lorsqu’un régime a été réduit ou liquidé.

b. Détermination de la valeur actuelle d’une obligation au titre des prestations définies

EXEMPLE
Le 1er janvier N, un salarié a 41 ans. Il a 15 ans d’ancienneté dans l’entité et dans 20 ans il sera en
retraite.
La convention collective prévoit que l’indemnité de fin de carrière représente 10 % par année
travaillée sur la moyenne des 12 derniers mois.
Son salaire au 1er janvier N est de 3 000 et le taux de revalorisation des salaires est estimé à 3 % par an
en moyenne. Le taux des charges patronales est de 40 %.
Le taux d’actualisation est de 5 %.
La probabilité que le salarié soit présent au moment de son départ à la retraite, compte tenu du turn
over, est de 63 %.
La probabilité que le salarié soit en vie au moment de son départ à la retraite est de 96 %.
Avec ces données, nous pouvons calculer :
1. Les droits imputables à l’exercice et aux exercices antérieurs au 1er janvier N :
= le nombre de mois de salaire à titre d’indemnité auxquels peut prétendre le salarié étant donné son
ancienneté
= 10 %  15 ans d’ancienneté = 1,5 mois de salaire.
2. Montant de la valeur actuelle de l’obligation :
– La projection des salaires de fin de carrière
La valeur du salaire du 1er janvier N projeté au 31 décembre N et les 19 années suivantes (soit
20 ans) est de :
= 3 000  (1,03)20 = 5 418
– La probabilité pour la société de payer des indemnités de fin de carrière est de :
= 63 %  96 % = 60 %
– Le montant de la valeur actuelle de l’obligation au taux d’actualisation de 5 % :
= 1,5  5 418  60 %  (1,05)–20 = 1 838
Soit y compris les charges patronales au taux de 40 %, une valeur actuelle de l’obligation de :
= 1 838  1,4 = 2 573.
3. Le montant de la valeur actuelle de l’obligation le jour du départ en retraite sera de :
= (35  0,1) mois  5 418  1,4  60 % = 15 929.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 169

c. Détermination de la charge liée à l’accroissement de la valeur actuelle d’une obligation au titre


des prestations définies

Q Le coût des services rendus dans l’exercice correspond à l’accroissement de la valeur actuelle de
l’obligation au cours de l’exercice.
En reprenant l’exemple précédent, le calcul au 31/12/N prend en compte l’actualisation portant sur les
19 années restantes avant le départ à la retraite soit :
10 %  5 418 × 1,4  60 %  (1,05)–19 = 180.

Q Le coût financier est l’accroissement au cours d’un exercice de la valeur actualisée de l’obligation
au titre des prestations définies résultant du fait que l’on s’est rapproché d’un exercice de la date
de règlement des prestations.
Le coût financier est obtenu en multipliant le taux d’actualisation déterminé au début de l’exercice
par la valeur actualisée de l’obligation de l’exercice au titre des prestations définies, en tenant
compte d’éventuels changements importants de l’obligation.
En reprenant l’exemple précédent, le coût financier pour l’exercice N est donc de :
2 573  5 % = 129.
Compte tenu de ces 2 seuls éléments, la dette au titre de l’obligation a progressé de 309.
En effet, au 31/12/N, l’engagement est de : 16 ans × 10 % × 5 418 × 1,4 × 60 % × (1,05)-19 =
2 882.
La progression de l’engagement est de : 2 882 – 2 573 = 309.
Mais il convient de tenir compte également de la différence entre le taux estimé et le taux effectif
d’augmentation des salaires. Cette différence induit un écart actuariel (voir ci-dessous).

d. Détermination de la juste valeur des actifs du régime


Les actifs du régime comprennent des actifs détenus par un fonds d’avantages à long terme en faveur
du personnel et des contrats d’assurance éligibles.

Q Les actifs détenus par un fonds d’avantages à long terme en faveur du personnel sont des actifs
(autres que des instruments financiers non transférables). Ils sont détenus par une entité (un fonds),
juridiquement distincte de l’entité présentant les états financiers et servant uniquement à payer ou
à financer les avantages du personnel.

Q Juste valeur. Les actifs du fonds, couvrant les régimes de retraite à prestations définies, doivent
être évalués à la juste valeur. L’entité calcule alors le rendement des actifs du régime. Il détermine
les intérêts, dividendes et autres produits tirés desdits actifs ainsi que les profits ou pertes réalisés
ou latents, relatifs à ces actifs, après déduction des coûts d’administration du régime et de l’impôt
à payer par le régime.

Q Compensation
IAS 19 précise que la juste valeur des actifs du régime est déduite de la valeur actualisée de
l’obligation pour déterminer le montant comptabilisé au bilan.

e. Détermination et comptabilisation du montant total des écarts actuariels

Q Détermination des écarts actuariels


Les écarts actuariels sont comptabilisés à compter de l’exercice qui suit leur constatation. Ils
résultent des différences entre les hypothèses actuarielles retenues et ce qui s’est effectivement
produit (taux de rotation du personnel, taux d’actualisation différent, taux de rendement
différent…).
170 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

EXEMPLES
Variation des salaires
La masse salariale de fin de carrière, hors charges patronales, est estimée à : 5 418 (voir ci-dessus), sur
la base du taux de progression des salaires attendu en N de 3 %.
Le taux de progression effectif en N est de 3,1 %.
Au 01/01/N, le personnel a acquis en moyenne 1,5 mois de salaire au titre des indemnités de fin de
carrière. Sa durée de vie active moyenne jusqu’à la retraite est estimée fin N à 19 ans.
L’écart actuariel est de : 1,5 × (1,03119 – 1,0319) × 5 418 × 1,4 × 60 % × 1,05-19 = 88.
C’est une perte actuarielle. Les salaires, donc les engagements de retraite, augmentent plus vite que
prévu.
Variation des taux de rendement des actifs du régime
L’entité a des placements couvrant les régimes à prestations définies.
La juste valeur des actifs des régimes en début d’exercice est de : 2 000.
Le rendement attendu en N était de 5 %. Le rendement effectif a été de 5,5 %.
L’écart actuariel est de : (5,5 % – 5 %)  2 000 = + 10. C’est un gain actuariel.
Incidence totale des deux variations calculées : les gains et les pertes seront compensés, soit une
perte actuarielle nette : 10 – 88 = – 78.

REMARQUE
La variation des taux a des effets significatifs. Oddo Securities (étude parue dans Les Échos le
21 décembre 2005) a ainsi calculé que pour 34 des 40 sociétés du CAC, une baisse de 0,5 % du taux
d’actualisation accroît les engagements de 8,5 milliards d’euros, soit 21 % de plus ou 1 % environ de
la capitalisation boursière. En revanche, des entités qui retiendraient des taux d’actualisation assez
élevés réduiraient la valeur actuelle des sommes dues à verser à ces échéances et minimiseraient le
poids de leurs engagements. Le cabinet Scacchi et associé a ainsi calculé, pour une entité de
1 652 salariés avec une moyenne d’âge de 41,4 ans et un salaire moyen de 27 372 euros, que
l’engagement de retraite avec un taux d’actualisation publié en janvier 2008 (5,48 %) serait de
6 308 K€ et avec un taux d’actualisation publié en mars 2008 (6,05 %) serait de 5 904 K€, soit un gain
de 6,4 % pour une hausse du taux d’actualisation de 0,57 % (étude présentée à l’IMA le 1er avril
2008).

Q Comptabilisation des écarts actuariels


Trois méthodes sont autorisées :
1. Enregistrement de l’écart actuariel né dans la période en résultat lors de son apparition
Cette méthode entraîne une volatilité du résultat due non à des causes opérationnelles mais à l’impact
du calcul actuariel.
2. Enregistrement selon la méthode du corridor : étalement des écarts actuariels comptabilisés
en résultat
L’entité peut appliquer la technique dite du corridor.
Le corridor est égal au montant le plus élevé de (§ 92) :
– 10 % de la valeur actuelle de l’obligation au titre des prestations définies à cette date (avant
déduction des actifs du régime) et
– 10 % de la valeur des actifs du régime à cette même date.
La fraction des écarts actuariels à comptabiliser est l’excédent (§ 93) :
– des écarts actuariels nets cumulés non comptabilisés à la fin de la période précédente sur le montant
défini par le corridor,
– divisé par la durée de vie active moyenne résiduelle attendue des membres du personnel bénéficiant
du régime.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 171

Les gains et les pertes actuariels à l’intérieur du corridor n’ont pas à être reconnus en comptabilité
immédiatement. Leur comptabilisation est réexaminée l’exercice suivant. Mais la part de l’écart
excédant le corridor est réparti de façon linéaire sur une période déterminée par la société.

EXEMPLE
La valeur actuelle des obligations au 01/01/N est de 2 573.
La juste valeur des actifs du régime est au 01/01/N de 2 000.
En outre, au début de l’exercice, les pertes actuarielles non comptabilisées s’élèvent à 314.
Le corridor représente le maximum entre :
– 10 % de la valeur actuelle des obligations au 01/01/N, soit 2 573  10 % = 257 et
– 10 % de la juste valeur des actifs du régime au 01/01/N soit 2 000  10 % = 200.
– La perte actuarielle nette au 31/12/N est de 88.
Ainsi, il est possible de ne pas comptabiliser les écarts actuariels dans la limite de 257.
L’excédent est ainsi de : (314 – 257) = 57.
L’écart actuariel à comptabiliser en résultat est une charge de 57, répartie sur une durée choisie par
l’entité, par exemple la durée moyenne d’activité du personnel jusqu’à la retraite estimée dans notre
exemple à 19 ans, soit : 57 / 19 = 3.
L’écart actuariel non comptabilisé en charges en fin d’année est de : 314 + 57 – 3 = 389.
Lorsque la perte actuarielle non comptabilisée est inférieure à la limite du corridor, il n’y a pas d’écart
actuariel à comptabiliser.

REMARQUE
Avec la méthode rétrospective, l’entité doit reconstituer chaque année les écarts actuariels cumulés,
depuis le commencement de chaque régime jusqu’à la date de transition en ventilant les écarts
comptabilisés ou non, ce qui représente un long travail. Aussi, la méthode suivante semble préférée.
3. Comptabilisation de l’écart actuariel dans les « autres éléments du résultat global » lors de
son apparition
Les changements d’écarts actuariels sur des régimes à prestations définies comptabilisés selon § 93 A
figurent dans les « autres éléments du résultat global » et ne sont pas reclassés dans le résultat lors des
périodes ultérieures.
Les écarts actuariels sont présentés dans les « résultats non distribués », sur la période au cours de
laquelle ils sont comptabilisés en « autres éléments du résultat global ».
C’est la méthode la plus appliquée actuellement. Elle permet d’éliminer tous les écarts actuariels
existants et de ne pas affecter les résultats futurs mais il faut que l’entité applique cette méthode à
l’ensemble des gains et pertes actuariels.

EXEMPLE (RÉCAPITULATION)
Selon la méthode du corridor
Données complémentaires :
– pensions payées au cours de l’exercice = 360
– cotisations versées au cours de l’exercice = 200
Évolution de la juste valeur de l’obligation Année N
Juste valeur de l’obligation au 01/01 2 573
Coûts des services rendus au titre de l’exercice 180
Coût financier de l’obligation 129
Pensions payées au cours de l’exercice – 360
(Gains) / Pertes actuariel(le)s 88
Juste valeur de l’obligation au 31/12 2 610
172 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Évolution de la juste valeur des actifs du régime Année N


Juste valeur des actifs du régime au 01/01 2 000
Rendement attendu des actifs du régime 100
Cotisations versées 200
Pensions payées au cours de l’exercice – 360
Gains / (Pertes) actuariel(le)s 10
Juste valeur des actifs du régime au 31/12 1 950

Traitement des écart actuariels Année N


Détermination des écarts actuariels à comptabiliser
Gains / (Pertes) actuariel(le)s non comptabilisé(e)s cumulé(e)s au 01/01 – 314
Limite du corridor 257
Excédent – 57
Durée moyenne résiduelle d’activité des salariés 19
Gains / (Pertes) actuariel(le)s à comptabiliser –3

Traitement des écart actuariels Année N


Suivi des écarts actuariels non comptabilisés
Gains / (Pertes) actuariel(le)s non comptabilisé(e)s cumulé(e)s au 01/01 – 314
(Gains) / Pertes actuariel(le)s comptabilisé(e)s dans l’exercice 3
Gains / (Pertes) actuariel(le)s de l’exercice s/ obligation – 88
Gains / (Pertes) actuariel(le)s de l’exercice s/ actifs 10
Gains / (Pertes) actuariel(le)s non comptabilisé(e)s cumulé(e)s au 31/12 – 389

Impacts sur les états financiers Année N

Bilan – Actif
Néant -
Bilan – Passif
Juste valeur de l’obligation 2 600
Juste valeur des actifs du régime – 1 950
650
Gains / (Pertes) actuariel(le)s non comptabilisé(e)s cumulé(e)s au 31/12 – 389
Provision nette Engagements de retraite 261

Compte de résultat de la période


Coûts des services rendus au titre de l’exercice – 180
Rendement attendu des actifs du régime 100
Coût financier de l’obligation – 129
Gains / (Pertes) actuariel(le)s comptabilisé(e)s –3
– 212

4.4 Informations à fournir


La norme prescrit les informations à fournir par l’entité pour permettre aux utilisateurs des états
financiers d’évaluer la nature de ses régimes à prestations définies et les effets financiers des
modifications apportées à ces régimes au cours de la période (principalement § 120 à 125).
Les informations sur les régimes à prestations définies comprennent notamment :
– la méthode de comptabilisation des écarts actuariels ;
– une description générale du type de régime ;
S7151-F1/2 SÉRIE 02 173

– un rapprochement des soldes d’ouverture et de clôture de la valeur actuelle de l’obligation au titre


des prestations définies montrant l’effet de chaque élément suivant :
W le coût des services vendus au cours de la période,
W le coût financier,
W les cotisations effectuées par les participants au régime,
W les écarts actuariels,
W les variations des cours des monnaies étrangères, s’il y a lieu,
W les prestations servies,
W le coût des services passés,
W les regroupements d’entreprises,
W les réductions et les règlements ;
– une analyse des obligations selon leur financement ;
– un rapprochement des soldes d’ouverture et de clôture de la juste valeur des actifs du régime
montrant l’effet de chaque élément suivant :
W le rendement attendu des actifs du régime,
W les écarts actuariels,
W les variations des cours des monnaies étrangères, s’il y a lieu,
W les cotisations effectuées par l’employeur,
W les cotisations effectuées par les participants au régime,
W les prestations servies,
W les regroupements d’entreprises,
W les règlements ;
– une présentation des différentes catégories d’actifs du régime ;
– une description narrative de la base utilisée pour déterminer le taux de rendement des actifs ;
– un rapprochement de la valeur actuelle de l’obligation au titre des prestations et la juste valeur des
actifs du régime, indiquant au moins :
W les écarts actuariels nets non comptabilisés au bilan,
W le coût des services non comptabilisés au bilan,
W tout montant non comptabilisé à l’actif du fait d’un plafonnement éventuel (§ 58 b) ;
– la charge totale comptabilisée en résultat en distinguant les éléments suivants :
W le coût des services rendus,
W le coût financier,
W le rendement attendu des actifs du régime,
W les écarts actuariels,
W le coût des services passés,
W l’effet de toute réduction ou règlement ;
– dans le montant comptabilisé en capitaux propres : le montant cumulé des écarts actuariels
comptabilisés ;
– les principales hypothèses actuarielles utilisées à la date de clôture, comprenant :
W le taux d’actualisation,
W les taux de rendement attendus des actifs des régimes,
W les taux attendus d’augmentation des salaires,
W les taux d’évolution des coûts médicaux et autres hypothèses ;
– l’effet d’une augmentation ou d’une diminution de 1 % des coûts médicaux sur :
W le total du coût des services rendus de la période et les composantes « coût financier » des coûts
médicaux postérieurs,
W l’obligation cumulée au titre des prestations postérieures à l’emploi relatives aux coûts
médicaux ;
– une estimation des cotisations à verser au régime pendant la période annuelle suivante.
174 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

4.5 Illustration
NOVARTIS 2007, note 1, Avantages du personnel

a. Novartis 2007, Plans de prévoyance à régime de prestations définies


« L’engagement concernant les régimes à prestations définies est calculé annuellement par
des actuaires indépendants selon la méthode des unités de crédit projetées. Il est mesuré à
partir d’une estimation de la valeur actuelle des retraites promises pour les services rendus à
la date du rapport. La charge au titre de ces régimes, comptabilisée dans le compte de
résultat, correspond à celle calculée en vertu de l’application de cette norme. Elle est
comprise dans les frais de personnel imputés aux diverses fonctions. Les actifs des régimes
sont portés au bilan à leur juste valeur. Le coût des services passés provenant de
modifications des plans de retraite est comptabilisé en charge sur la durée moyenne à courir
jusqu’à ce que les droits correspondants soient acquis au personnel. Dans la mesure où les
droits de ces modifications sont acquis ou qu’ils se rapportent aux retraités, ils sont portés
en charges immédiatement. Les gains ou les pertes provenant de réductions ou de
liquidations de plans sont comptabilisés lorsqu’ils interviennent. Les actifs nets portés au
bilan n’excèdent pas la valeur actualisée d’avantages économiques futurs disponibles sous
forme de remboursements du régime ou de réductions anticipées de contributions futures en
faveur de ce régime.
Les effets découlant de modifications des hypothèses actuarielles ou d’ajustements liés à
l’expérience sur la valeur des actifs et des passifs des plans de prévoyance des régimes à
prestations définies sont comptabilisés immédiatement au bilan dans l’état des produits et
charges comptabilisés au bilan. »

b. Nestlé 2007, note 26, Avantages du personnel


Le tableau suivant donne un aperçu de la situation financière des principaux plans de prévoyance
financés et non financés et d’autres plans de prestations définies au 31 décembre 2007 et 2006 :
Plans de retraite

2007 2006
M USD M USD
Engagements en début d’exercice 16 767 15 632
Engagements en rapport avec des activités abandonnées – 197 – 49
Coût des services rendus 424 417
Coût financier 615 559
Gains actuariels – 586 – 144
Modifications des plans – 94 –7
Écarts de conversion 1 056 1 076
Prestations servies – 996 – 865
Cotisations des salariés 116 63
Incidence des acquisitions ou cessions 85
Engagements en fin d’exercice 17 105 16 767
Juste valeur des actifs des plans en début d’exercice 17 515 16 059
Actifs des plans en rapport avec des activités abandonnées – 199 – 21
Rendement attendu des actifs des plans 804 758
Gains actuariels 4 13
Écarts de conversion 1 088 1 094
Cotisations du groupe Novartis 59 388
Cotisations des employés 116 63
Modifications des plans – 36
S7151-F1/2 SÉRIE 02 175

Prestations versées – 996 – 865


Incidences des acquisitions ou cessions 26
Juste valeur des actifs des plans en fin d’exercice 18 355 17 515
Couverture financière 1 201 759
Coût des services passés non comptabilisés 3 11
Limitation de l’excédent comptabilisé – 52
Actif net / (passif net) au bilan 1 250 748
Composantes des produits et charges nets comptabilisés
Coût des services rendus 424 417
Coût financier 615 559
Rendement attendu des actifs des plans – 804 758
Coût des services passés comptabilisés – 20 – 11
Pertes / gains de liquidation – 29 –8
Coûts relatifs aux régimes de retraite à prestations définies 186 199

Le bilan ne reprend pas l’engagement total : 17 105 € et la couverture financière totale : 18 355 €,
mais les variations de l’actif net à savoir :
Actifs non courants : préfinancement des fonds de retraite : 2 309
– Passifs non courants : provisions pour plans de retraite : – 1 108
1 201
Le coût des services rendus est enregistré en charges de personnel imputées aux diverses fonctions.

PARTIE 5 : IMPÔTS DIFFÉRÉS (IAS 12)

Résumé
Les différences entre IAS 12 et les comptes consolidés en France (CRC 99-02) sont très minimes. En
revanche, les comptes sociaux en France ne tiennent pas compte de l’impôt différé. Seul l’impôt
courant y est comptabilisé.
IAS 12 s’applique à tous les impôts sur le bénéfice, y compris les impôts nationaux et étrangers. Il a
pour objectif de déterminer comment comptabiliser les conséquences fiscales actuelles et futures :
– du recouvrement des actifs ou du règlement des passifs comptabilisés au bilan,
– des transactions et autres événements de l’exercice.
Il gomme ainsi les distorsions pouvant exister :
– entre les valeurs bilantielles comptables et les valeurs bilantielles fiscales ;
– entre le résultat social et le résultat fiscal ;
– entre le résultat social et le résultat IAS.
L’impôt recalculé représente finalement le résultat courant et le résultat différé.
Un impôt différé passif (IDP) doit être pris en compte pour toutes les différences temporelles
imposables puisqu’il s’agit d’une dette future d’impôt.
Les impôts différés actifs (IDA), qu’ils soient liés à des différences temporaires déductibles ou à des
pertes fiscales reportables, ne sont pris en compte que si leur récupération est probable.

Évaluation
La seule évaluation acceptable, quel que soit le référentiel utilisé (France/IAS), est la méthode du
report variable. Elle correspond à une approche bilantielle. De même, l’évaluation d’un impôt
176 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

différé dépend de l’intention de l’entité, cette dernière pouvant avoir des conséquences sur la prise en
compte du prix de cession futur et de sa fiscalité.
L’actualisation est interdite.

Présentation
Les impôts différés actifs et passifs sont évalués et comptabilisés séparément, mais ils sont compensés
au bilan si :
– l’entité dispose d’un droit juridiquement exécutoire de compenser les actifs et les passifs d’impôt
exigible ;
– les passifs et actifs d’impôts différés concernent des impôts prélevés par la même administration
fiscale.

IAS 12 comme le règlement 99-02 s’appliquent à tous les impôts sur le bénéfice, y compris sur les
impôts nationaux et étrangers, qu’ils soient exigibles ou différés. L’objectif est de mettre en évidence
les conséquences fiscales actuelles et futures :
– du recouvrement futur de la valeur comptable des actifs ou passifs inscrits au bilan. Si le
recouvrement ou le règlement modifie les paiements futurs d’impôts, IAS 12 impose la
comptabilisation d’un impôt différé actif ou passif ;
– des transactions et autres événements de l’exercice en cours qui sont comptabilisés dans les états
financiers d’une entité.
La charge d’impôt ainsi déterminé (courant + différé) correspond à un impôt calculé sur un résultat
économique.

SECTION 1. MÉTHODES DU PCG, CRC 99-92 ET IAS 12

Comptes individuels français : IAS 12 et règlement CRC 99-02 :


méthode de l’impôt exigible méthode de l’impôt différé
Le montant de l’impôt dû à l’État pour un exercice L’impôt correspond au résultat économique de
constitue la charge d’impôt de l’exercice. La méthode l’exercice.
n’est pas obligatoire mais elle est la seule autorisée Il est comptabilisé au cours des mêmes exercices que
dans la pratique. les produits et les charges auxquels ils se rapportent.
Le montant et l’incidence fiscale des différences L’objectif de cette méthode est de gommer les
temporaires sont mentionnés en annexe. distorsions qui peuvent exister entre le résultat
comptable et le résultat fiscal.
IAS 12 ne traite pas des méthodes de comptabilisation des subventions publiques (IAS 20), ni des
crédits d’impôt à l’investissement.

SECTION 2. DÉFINITIONS

Le résultat comptable correspond au résultat économique avant impôt. Il permet de calculer la


charge ou le produit d’impôt, qui incluent l’impôt courant et l’impôt différé.
Le résultat fiscal est le résultat comptable de l’entité déterminé dans le respect des règles fiscales du
pays. Il permet de calculer le montant de l’impôt exigible.
L’impôt exigible est le montant des impôts sur le bénéfice payables (récupérable) au titre du bénéfice
imposable (perte fiscale) de l’exercice.
La base fiscale d’un actif ou d’un passif est le montant attribué à cet actif ou à ce passif à des fins
fiscales.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 177

Les passifs d’impôts différés correspondent aux montants d’impôts qui seront payés au cours des
exercices futurs au titre des différences temporelles imposables, alors qu’ils résultent d’opérations
réalisées dans les années antérieures à l’imposition.
Les actifs d’impôts différés correspondent aux montants d’impôts recouvrables au cours des
exercices futurs au titre :
(a) de différences temporelles déductibles,
(b) du report en avant de pertes fiscales non utilisées,
(c) du report en avant de crédits d’impôts non utilisés,
alors qu’ils résultent d’opérations réalisées dans les années antérieures à déduction.
Les différences temporelles
Ce sont les différences entre deux évaluations qui généreront des écritures d’impôt différé. Il existe
3 sources de distorsion :
– entre les valeurs bilantielles comptables et les valeurs bilantielles fiscales. Ces valeurs comptables
sont des actifs ou des passifs figurant au bilan consolidé après retraitement et élimination propres
au processus de consolidation (règlement CRC 99-02 § 310) ;
– entre le résultat social et le résultat fiscal 1.
Les différences temporelles imposables
Elles correspondent à des différences temporelles qui sont source d’imposition future. Ainsi, la charge
d’impôt de cette année est faussée de façon fictive, puisque celles des années futures seront
inférieures.
Les différences temporelles déductibles
La charge n’est pas déductible aujourd’hui mais elle le sera dans les années futures. Dans cette
situation, la charge comptabilisée est « en avance » sur la fiscalité.

EXEMPLE
Une entité comptabilise une provision pour retraite dans l’année N. Elle n’est pas déductible l’année
de sa constitution. Mais elle le deviendra au moment du versement à un organisme financier, dans
l’année N+1. Nous avons alors une différence temporaire, qui donnera lieu à de l’impôt différé actif
en N, ce qui permet de corriger la charge d’impôt.
Les différences permanentes
L’écart constaté (charge ou produit) est définitif.
Charges définitivement non déductibles
Certaines charges comptables sont par exemple définitivement réintégrées pour la détermination du
résultat fiscal : comme une taxe sur les véhicules de tourisme ou des dépenses somptuaires. Dans ce
cas, il ne s’agit pas d’un décalage temporel entre la charge d’impôt actuelle et la charge d’impôt
future, puisque la taxe ne sera jamais déductible et n’aura donc pas d’effet sur l’impôt futur. C’est ce
qu’on appelle une différence permanente. Elle ne donnera pas lieu à l’impôt différé.
Produits définitivement non taxables
Certains dégrèvements d’impôts ou certains produits (comme des dividendes de filiales entrant dans le
régime mère-fille) sont acquis définitivement par l’entité.
Ces différences permanentes ne donneront pas lieu à de l’impôt différé.

1Dans le cadre français, il peut aussi exister des différences entre le résultat social et le résultat IAS établi pour les comptes consolidés,
susceptibles de générer des impôts différés.
178 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

SECTION 3. COMPTABILISATION DES IMPÔTS DIFFÉRÉS PASSIFS (IDP)

Un passif d’impôt différé doit être pris en compte pour toutes les différences temporelles imposables
puisqu’il s’agit d’une dette future d’impôt.

Exemple d’un impôt différé passif (consécutif à la prise en compte par une entité des
opportunités fiscales pour diminuer son bénéfice imposable)
Une entité présente à l’actif de son bilan un bien figurant pour une valeur de 150. Pour des raisons
fiscales, les dirigeants décident d’accélérer les amortissements, générant ainsi des charges fiscales plus
importantes au début de la vie du bien. Le total amorti fiscalement est ainsi de 90 alors que le cumul
amorti économiquement est de 50 (le taux d’impôt est de 30 %).
La différence temporelle est la différence entre la valeur comptable de l’actif et sa base fiscale. Cette
différence taxable donne lieu à un impôt différé passif.
Sur le plan fiscal Sur le plan économique
Valeur d’acquisition d’un Valeur d’acquisition d’un
actif : 150 actif : 150
Valeur amortissement Valeur d’amortissement
cumulé fiscalement : 90 cumulé économiquement : 50
Restant à déduire Écart temporaire Restant à déduire
fiscalement : 60 imposable : 40 économiquement : 100
Impôt différé passif :
40  30 %

Lorsque l’amortissement fiscal sera moins rapide que l’amortissement comptable, la différence
temporelle s’inverse et devient déductible, générant un impôt différé actif.

SECTION 4. COMPTABILISATION DES IMPÔTS DIFFÉRÉS ACTIFS (IDA)

4.1 Principe
Le principe de prudence doit conduire à analyser les possibilités d’imputation des IDA sur des
bénéfices futurs.
IAS 12 comme CRC 99-02 précise : les IDA, qu’ils soient liés à des différences temporaires
déductibles ou à des pertes fiscales reportables, ne sont pris en compte que si leur récupération est
probable.

4.2 Évaluation de la probabilité de recouvrement


La récupération des IDA est considérée comme probable lorsque :
– des lDP déjà constatés arrivent à échéance dans la période durant laquelle cet actif devient ou reste
récupérable. Cette récupération ne dépend pas des résultats futurs (IAS 12 § 24 et CRC 99-02
§ 312) ;
– il existe un bénéfice imposable attendu au cours de la période de validité des actifs d’ID.
Les nouvelles règles françaises de consolidation sont plus souples que les anciennes sur la possibilité
de comptabiliser les IDA. En revanche, lorsque la résorption de la différence temporaire interviendra
dans un avenir prévisible par une création future d’IDP, le règlement 99-02 interdit la
comptabilisation d’IDA, alors qu’IAS 12 § 44 et 45 exige la comptabilisation d’un IDA.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 179

Exemples d’éléments favorables


– l’existence de carnet de commandes fermes et génératrices de bénéfices futurs ;
– l’existence d’un historique de résultats bénéficiaires réguliers dans lesquels les pertes éventuelles
étaient attribuables à des événements exceptionnels.
Exemples d’éléments défavorables
– l’existence de pertes lors d’exercices précédents. Il est alors présumé qu’un bénéfice n’est pas
probable, sauf à apporter des preuves contraires convaincantes ;
– un historique de pertes fiscales reportables, non encore utilisées et venant à expiration ;
– des comptes prévisionnels en pertes ;
– des événements en cours ou transactions en cours de dénouements défavorables et pouvant affecter
de façon significative les résultats futurs.

Application : Différence temporaire : comptabilisation d’une provision


Une entité comptabilise une provision pour retraite : 1 000. Elle sera déduite du bénéfice imposable
lors du versement de la somme correspondante dans un organisme financier. Le taux d’impôt est de
40 %.

Solution
L’entité en retire un avantage économique, par le biais d’une réduction du bénéfice imposable.
Sur le plan fiscal Écart temporaire Sur le plan économique
Année N : pas de déduction Écart temporaire : 1 000 Année N : charge dans l’année
fiscale de la charge Impôt différé actif 400 de constatation de la provision
Année N+1 : économie d’impôt :
lors du versement 400 Annulation de l’IDA

Application : Regroupement d’entreprises : actifs comptabilisés à la juste valeur, celle-ci étant


inférieure à la valeur comptable
Dans le cadre d’un regroupement d’entreprises, des actifs sont enregistrés à leur juste valeur : 800,
ceux-ci étant inférieurs à leur base nette fiscale 1 200.
Le taux d’impôt est de 30 %.

Solution
Sur le plan fiscal Sur le plan économique
Valeur d’acquisition d’un 2 500
actif :
Valeur de l’amortissement 1 300
cumulé fiscalement :
Restant à déduire 1 200 Écart : 400 Valeur comptable : 800
fiscalement :
Impôt différé actif
400  30 % = 120

S’il est probable que l’entité disposera de bénéfices imposables suffisants, l’entité comptabilise
l’année d’acquisition un impôt différé actif de 120. Il sera ensuite renversé et s’imputera sur les
bénéfices imposables futurs.
IAS 12 prévoit aussi la comptabilisation d’un impôt différé actif, s’il est probable que l’entité
disposera suffisamment de différences temporelles imposables relatives à la même entité imposable et
dont on s’attend qu’elles s’inversent.
180 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

C’est une divergence avec le règlement CRC 99-02 qui interdit de prendre en compte pour
l’estimation des bénéfices futurs imposables des sommes imposables qui seront générées par des
différences temporaires déductibles futures.
Exemple d’une impossibilité de constituer un impôt différé actif
Une entité présente un écart d’acquisition à l’actif de 1 000, amorti pour 100. L’amortissement n’est
pas déductible fiscalement.
L’amortissement est alors une différence permanente qui ne peut pas donner lieu à de l’impôt différé.

4.3 Pertes fiscales et crédits d’impôts non utilisés


S’il est probable que l’entité disposera de bénéfices imposables suffisants, un impôt différé actif doit
être comptabilisé pour le report en avant des pertes fiscales.
La société étant en perte, le climat paraît défavorable. Ainsi, l’entité doit avoir des indications
convaincantes, détaillant les éléments favorables. Ceux-ci seront étayés à l’annexe du bilan :
– indication du montant de l’actif différé ;
– nature des éléments probants justifiant sa comptabilisation.

4.4 Bénéfices non distribués des filiales


Selon le règlement CRC 99-02 § 314, ces différences temporaires ne donnent lieu à un impôt différé
que pour la partie relative à des distributions décidées ou probables et dans la limite des impôts de
distribution non récupérables par l’entité bénéficiaire de ces dividendes.
Des divergences entre le traitement français et la norme IAS 12 peuvent exister en ce qui concerne :
– les différences temporaires imposables relatives aux entités sous contrôle conjoint ou influence
notable. Dans ce cas, IAS 12 impose la comptabilisation d’un IDP sauf s’il existe un accord
permettant à la mère d’avoir un contrôle sur la politique de distribution de dividendes ou prévoyant
qu’il n’y aura pas de distribution dans un avenir prévisible ;
– les différences temporaires imposables relatives aux participations dont la cession est probable.

SECTION 5. ÉVALUATION DES IMPÔTS DIFFÉRÉS

5.1 Approche bilantielle


Que le référentiel utilisé soit français ou international, la méthode du report variable est à présent la
seule acceptable (France : règlement CRC 99-02). Elle correspond à une approche bilantielle.
Les impôts différés sont des reports de dettes ou de créances futurs. Ils sont donc évalués à la fin de
chaque exercice sur la base du taux attendu sur l’exercice au cours duquel l’actif sera réalisé ou le
passif réglé. Les taux retenus seront les taux adoptés ou quasi adoptés à la date de clôture.
Les impositions différées antérieures et subsistantes sont corrigées des nouvelles règles en vigueur à la
date d’arrêté des comptes.
Lorsque des taux différents s’appliquent en fonction des niveaux différents de résultats, les actifs et les
passifs d’impôts différés sont évalués en utilisant les taux moyens.
Il faut tenir compte également de l’intention de l’entité. Celle-ci peut déterminer l’impact fiscal sur
l’évaluation des actifs et des passifs d’impôt différé.
L’impôt exigible doit être comptabilisé en charge ou en produit, sauf s’il provient d’une transaction ou
d’un événement comptabilisé directement dans les capitaux propres de l’exercice en cours ou
antérieur.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 181

Citons par exemple :


– un changement de la valeur comptable à la suite d’une réévaluation d’immobilisation corporelle
(IAS 16) ;
– les différences de change provenant de la conversion des états financiers d’une entité étrangère
(IAS 21) ;
– un changement de taux d’impôt modifiant un actif ou un passif d’impôt différé et relatif à un
élément déjà affecté dans les capitaux propres ;
– un regroupement d’entreprises qui est une acquisition (IAS 12 § 66 à 68).

5.2 Actualisation interdite


L’actualisation des impôts différés est interdite par IAS 12.
De même, le comité de réglementation comptable, par le règlement 2005-10 du 3 novembre 2005, a
actualisé le règlement 99-02 relatif aux comptes consolidés. Il est précisé que l’actualisation est
interdite. Il n’y a ainsi plus de divergence.

Application 1 : Évaluation d’un impôt différé existant à la clôture de l’exercice précédent


Une société avait une perte fiscale de 10 000 en N –1.
Le taux d’imposition était de :
– 37 % en N –1,
– 30 % en N.

Solution
Évaluation de l’impôt différé actif :
Calcul Montant
Impôt différé actif au 31/12/N –1 10 000  37 % = 3 700
Impôt différé actif au 31/12/N 10 000  30 % = 3 000
Variation due au changement de taux (700)
La diminution du compte « Impôts différé actif » de 700 a comme contrepartie une charge dans le
compte de résultat.

Application 2 : Évaluation d’un impôt différé en fonction de l’intention de l’entité (impact en


fonction de la prise en compte du taux d’imposition futur)
Des immobilisations corporelles ont une valeur d’origine de 1 600. Les amortissements cumulés
s’élèvent à 600. Les actifs ont été réévalués à 1 900. L’ajustement n’a pas été réalisé sur le plan fiscal.
Le taux normal d’impôt est de 30 %.
Ainsi, les actifs ont une valeur supérieure à leur base nette fiscale de 1 000 (1 600 en valeur brute et
600 d’amortissements cumulés).
L’entité vous informe qu’elle a l’intention de vendre l’actif, l’impôt différé passif est alors évalué au
taux de 20 %.
Quelle est la valeur de l’impôt différé ?

Solution
Nous avons une base d’impôt différé passif de 900 (1 900 – 1 000).
La valeur de l’impôt différé passif : 900  30 % = 270.
Si l’entité a l’intention de vendre l’actif, la valeur de l’impôt différé passif : 900  20 % = 180.
L’impôt différé n’impacte pas le résultat mais les capitaux propres car il est lié à une réévaluation
d’actifs ayant généré une augmentation des capitaux propres (écart de réévaluation).
182 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

À la clôture de l’exercice :

Actif immobilisé 900


Écart de réévaluation 900

Écart de réévaluation 180


Impôt différé passif 180

5.3 Présentation des impôts différés


Compensation des actifs et des passifs d’impôts différés
Il y a très peu de différence entre IAS 12 et le règlement CRC 99-02.
Les impôts différés actifs et passifs sont évalués et comptabilisés séparément, mais ils sont compensés
au bilan sous réserve (IAS 12 § 72 et 73) :
– de présenter des critères similaires à ceux établis pour les instruments financiers dans IAS 32, c’est-
à-dire que l’entité a un droit juridiquement exécutoire de compenser les montants comptabilisés ;
– que les actifs et les passifs d’impôts différés concernent la même entité fiscale.
La compensation des actifs et des passifs d’impôts différés relatifs à deux entités différentes doit être
opérée si et seulement si (IAS 12 § 74) :
– les deux entités disposent d’un droit juridiquement exécutoire de compenser les actifs et les passifs
d’impôt exigibles ;
– les passifs et actifs d’impôts différés concernent des impôts prélevés par la même administration
fiscale ;
– ces entités ont l’intention de régler leurs impôts exigibles à la même échéance.

Présentation des informations en annexe


Les principales composantes de la charge ou du produit doivent être présentées distinctement. La liste
suivante, extraite de IAS 12 § 30, n’est pas exhaustive :
– charge d’impôt exigible ;
– tout ajustement comptabilisé au cours de l’exercice ;
– montant de la charge d’impôt différé des différences temporelles ;
– montant de la charge d’impôt différé résultant de la variation des taux ;
– montant de l’avantage provenant d’un déficit fiscal, ou d’un crédit d’impôt ;
– montant de la charge d’impôt différé afférent au changement de méthodes comptables.
Les principales composantes des mouvements affectant les capitaux propres doivent être présentées
distinctement. En particulier, le total des impôts exigibles relatifs aux éléments débités et crédités dans
les capitaux propres doit être mentionné.

SECTION 6. CONTREPARTIE DES ACTIFS OU DES PASSIFS D’IMPÔTS DIFFÉRÉS


En vertu du principe de symétrie, la transaction ayant conduit à la comptabilisation initiale de l’actif
ou du passif détermine la méthode de comptabilisation de la différence temporelle. Elle pourra être
enregistrée en charge, ou en produit, ou en goodwill, ou en capitaux propres.
Le règlement 99-02 est, dans presque tous les cas, en accord avec cette pratique. Les actifs ou les
passifs d’impôt différé sont traités comme l’opération qui en est à l’origine.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 183

6.1 Transactions affectant le bénéfice


Si une transaction affecte le bénéfice comptable ou imposable, l’entité doit comptabiliser tout actif ou
passif d’impôt différé y afférent, et comptabiliser la charge ou le produit d’impôt différé qui en résulte
au compte de résultat.

a. Différences temporaires
La plupart des passifs et actifs d’impôt différé proviennent de différences temporaires, c’est-à-dire
lorsque le produit ou la charge est pris(e) en compte dans le bénéfice comptable d’un exercice mais ne
deviendra imposable ou déductible que sur un autre exercice.
Nous avons vu, par exemple, le cas des provisions pour départ à la retraite qui génère un impôt différé
actif avec comme contrepartie une charge, l’écriture étant contre-passée en N+1.

b. Charges d’amortissement
L’amortissement pris en compte dans la détermination du bénéfice imposable, ou de la perte fiscale,
peut différer de celui pris en compte dans le calcul du bénéfice comptable. La différence temporelle est
la différence entre la valeur comptable de l’actif et sa base fiscale, qui est le coût initial de l’actif moins
toutes les déductions effectuées au titre de l’actif et autorisées par les administrations fiscales dans le
cadre de la détermination du bénéfice imposable de l’exercice et des exercices antérieurs.
Cette différence temporelle taxable donne lieu à un passif d’impôt différé lorsque l’amortissement fiscal
est accéléré. (Voir exemple ci-dessus)

c. Frais de développement
Les frais de développement peuvent être inscrits à l’actif et amortis sur des exercices futurs pour la
détermination du bénéfice comptable mais déduits du bénéfice imposable de l’exercice au cours
duquel ils sont encourus. La différence temporelle est la différence entre la valeur comptable des frais de
développement et leur base fiscale de zéro.

EXEMPLE
Conformément à IAS 38, « Immobilisations incorporelles », les frais de développement évalués à
20 000 sont inscrits à l’actif du bilan et seront amortis.
Sur le plan fiscal, ces frais de développement sont totalement déductibles la première année, le taux
d’imposition étant de 30 %. Ce décalage génère un impôt différé passif qui sera repris au fur et à
mesure des amortissements dans les comptes consolidés de la façon suivante :

Actif immobilisé 20 000


Transfert de change 20 000

Charge d’impôts différés : 20 000  30 % 6 000


Dette : impôts différés passifs 6 000

d. Différences bilantielles
Comptabilisation initiale d’un actif ou d’un passif
La méthode de comptabilisation d’une telle différence temporelle dépendra de la nature de la
transaction ayant conduit à la comptabilisation initiale de l’actif.
184 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Selon IAS 12 § 60, la variation de la valeur comptable des actifs et passifs d’impôt différé doit être
comptabilisée dans le compte de résultat (sauf pour les transactions qui ont été comptabilisées
directement en capitaux propres) lorsque :
– la réglementation fiscale décide d’un changement dans le taux de l’impôt ;
– la recouvrabilité d’actifs d’impôt différé est réappréciée ;
– la manière attendue de recouvrer un actif est changée.
Impact des changements de taux
Lorsque le bénéfice imposable ou la perte fiscale d’une activité à l’étranger est déterminée dans une
monnaie étrangère, les variations des cours de change génèrent des différences temporelles. L’impôt
différé généré est comptabilisé dans le compte de résultat, sauf dans la mesure où il se rapporte à des
éléments précédemment comptabilisés dans les capitaux propres.
En revanche, le règlement 99-02 § 3151 précise que « l’effet de variation de taux d’impôt et des règles
fiscales sur les actifs et passifs d’impôt différé existants affecte le résultat, même lorsque la
contrepartie de ceux-ci a été comptabilisée à l’origine dans les capitaux propres ».

6.2 Transactions affectant les capitaux propres


L’impôt exigible et différé doit être directement débité ou crédité dans les capitaux propres pour les
transactions ou événements qui ont été crédités ou débités directement dans les capitaux propres, lors
du même exercice ou d’un exercice différent.
IAS 12 § 62 cite, à titre d’exemple, trois situations.

a. Réévaluation d’immobilisations corporelles


Lorsqu’un actif fait l’objet d’une réévaluation comptable mais non fiscale, la réévaluation et l’impôt
différé correspondant impactent les capitaux propres. (Voir exemple en 5.2 application 2)

b. Ajustement du solde d’ouverture des résultats non distribués


L’ajustement du solde d’ouverture des résultats non distribués résultant soit d’un changement de
méthodes comptables appliqué de façon rétrospective, soit de la correction d’une erreur fondamentale
(voir IAS 8) a un impact sur les capitaux propres.

c. Montants générés par la comptabilisation initiale de la composante « capitaux propres »


Les montants générés par la comptabilisation initiale de la composante capitaux propres d’un
instrument financier composé (IAS 32, Instruments financiers : information à fournir et
présentation) ont un impact sur les capitaux propres. La contrepartie de l’impôt différé sera ainsi en
capitaux propres (IAS 12, § 61).
En revanche, les changements ultérieurs du passif d’impôt différé sont comptabilisés dans le compte
de résultat.

6.3 Transactions affectant le goodwill


Lorsque dans les opérations de regroupement d’entreprises, la valeur comptable d’un actif est majorée
pour atteindre sa juste valeur, mais que la base fiscale de cet actif demeure égale au coût chez le
précédent propriétaire, il en résulte une différence temporelle taxable qui donne lieu à un passif
d’impôt différé, ayant sa contrepartie en goodwill.

REMARQUE
En France, le règlement 99-02 § 3151 suit cette même logique : « la contrepartie de l’impôt différé
vient augmenter ou diminuer la valeur de l’écart d’acquisition ».
S7151-F1/2 SÉRIE 02 185

• Acquisition d’entreprise (regroupement d’entreprises)


Tous les actifs et passifs d’impôt différé identifiables à la date de l’acquisition sont comptabilisés
conformément à IFRS 3, « Regroupement d’entreprises ». Ils affectent le goodwill et non le résultat de
l’exercice.
Les actifs identifiables et les passifs repris sont comptabilisés à leur juste valeur, à la date de
l’opération d’échange.

EXEMPLE
Lors d’un regroupement d’entreprises à 100 %, il est constaté un écart d’acquisition de 5 000.
La contrepartie transférée par l’acquéreur est de 10 000 (par augmentation de capital et prime
d’émission).
La valeur comptable des actifs est de 20 000 mais il est constaté un écart d’évaluation de 5 000.
La juste valeur des passifs repris est de 20 000, hors impôts différés.
Le taux d’imposition est de 30 %.

Écriture de l’actif d’impôt différé affectant le goodwill :

Goodwill : 5 000  30 % 1 500


Dettes : impôts différés passifs 1 500

L’écart d’acquisition crée ainsi mécaniquement un IDP pour 5 000  30 % = 1 500 et l’IDP augmente
mécaniquement le goodwill.

Calcul du goodwill pour cette opération :


Contrepartie transférée par l’acquéreur 10 000
Valeur nette comptable
Actifs réévalués 25 000
Passif – 20 000
IDP – 1 500
––––––
Total passif 21 500
Actif net 3 500
–––––
Goodwill 6 500

L’écriture de regroupement intégrant l’écriture de l’IDP sera la suivante :

Actif immobilisé 25 000


Goodwill 6 500
Capital et prime d’émission 10 000
Passif 20 000
IDP 1 500
186 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

SECTION 7. PREUVE D’IMPÔT

Une explication sur la relation entre la charge d’impôt et le bénéfice comptable doit être fournie.
IAS 12 impose que cette explication prenne soit l’une des deux, soit les deux formes suivantes :
– un rapprochement chiffré entre la charge (produit) d’impôt et le produit du bénéfice comptable
multiplié par le(s) taux d’impôt applicable(s) ; ou
– un rapprochement chiffré entre le taux d’impôt effectif moyen et le taux d’impôt applicable.

REMARQUE
Ce rapprochement, appelé « preuve d’impôt », est également prévu par le règlement 99-02 § 316.
Une illustration est proposée ci-dessous à partir du rapport annuel de RENAULT 2007.

ILLUSTRATION

Renault 2007, note 9, Impôts courants et différés

A. Charge d’impôts courants et différés


en millions d’euros 2007 2006
Charge d’impôts courants (313) (341)
Charge d’impôts différés nets 58 86
Impôts courants et différés (255) (255)
La charge d’impôt courant provient des entités étrangères pour 323 millions d’euros en 2007 (269 millions
d’euros en 2006 et 253 millions d’euros en 2005).
Le montant inscrit en résultat au titre des impôts différés inclut une charge de 12 millions d’euros liée aux
effets de modification de taux sur l’exercice 2007 (produit de 16 millions d’euros en 2006 et charge de
7 millions d’euros en 2005).
Le montant des impôts courants décaissés par le groupe au cours de l’exercice 2007 s’élève à 243 millions
d’euros (309 millions d’euros en 2006 et 430 millions d’euros en 2005).
B. Rapprochement entre le taux légal en France et le taux d’imposition effectif
2005 2004
Taux d’impôt sur les bénéfices en vigueur en France 34,4 % 34,4 %
Effets des différences entre les taux locaux et le taux en (5,7 %) (8,3 %)
vigueur en France
Crédits d’impôts (6,6 %) (7,6 %)
Impôts différés passifs constatés sur les résultats (distribués 1,9 % 4,3 %
ou non) des entreprises associées
Variation des impôts différés actifs non reconnus 1,3 % 0,6 %
Autres impacts (5,9 %) 5,0 %
19,4 % 27,2 %
Taux effectif d’impôt avant prise en compte de la part de
résultat des entreprises associées
Le taux effectif d’impôt du groupe (avant prise en compte de la part de résultat des entreprises associées)
s’établit à 19 % en 2007, contre 27 % en 2006, grâce notamment au remboursement d’avoirs fiscaux italiens et
à la reconnaissance d’une partie des impôts différés actifs sur déficits reportables au Brésil et en Argentine du
fait de la poursuite de l’amélioration des perspectives de résultat sur ces pays.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 187

QUESTIONNAIRE D’AUTO-ÉVALUATION : DETTES ET AUTRES PASSIFS

1. Prise en compte d’un passif


Question
La société X a pris la décision d’acquérir un matériel très coûteux en N+1.
Peut-elle comptabiliser une provision ou une dette au titre de l’exercice N+2 ?
Solution
Non : la décision d’acquérir un actif ne donne pas, en elle-même, lieu à la constitution d’un passif.
L’obligation ne naîtra que lorsque l’actif sera livré ou que l’entité aura conclu l’engagement
irrévocable de l’acquérir.

2. Contrat déficitaire
Question
Une société de travaux publics peut établir pour chacun de ses chantiers l’état d’avancement des
travaux par rapport aux coûts engagés. Il ressort qu’un chantier posant beaucoup de problèmes
dégagera des pertes. La société désire comptabiliser une provision pour pertes à terminaison. Qu’en
pensez-vous ?
Solution
Oui, les coûts inévitables liés à l’accomplissement de l’obligation du contrat excèdent les avantages
économiques attendus. L’obligation actuelle, résultant d’un contrat déficitaire, sera comptabilisée et
évaluée comme une provision.

3. Pertes futures
Question
Une société met sur le marché un nouveau jeu vidéo. Ce produit cher, mais techniquement très
performant, est déjà très concurrencé par des jeux moins chers, mais bien entendu de plus petite
capacité. Dans ce contexte, la société, consciente de cet environnement très concurrentiel, prévoit des
pertes d’exploitation pour les 2 années futures. La société désire comptabiliser une provision pour
pertes futures d’exploitation. Qu’en pensez-vous ?
Solution
Non. Il n’est pas possible d’enregistrer une provision pour pertes opérationnelles futures. Si ces pertes
entraînent une perte des valeurs à l’actif du bilan, la norme IAS 36 (dépréciation d’actifs) sera alors
applicable.

4. Cession d’activité
Question
Une société décide de vendre une partie de son activité. Le repreneur envisage une restructuration dès
la reprise, avec la suppression de 3 ateliers de production. Les dirigeants actuels, prudents, décident de
comptabiliser une provision pour restructuration. Qu’en pensez-vous ?
Solution
Non. La provision pour restructuration concerne des arrêts d’activité, mais non une revente d’activité,
car l’obligation de restructuration n’existe pas jusqu’à la signature du contrat de vente.
Dans le cadre de la restructuration, le projet est précis, mais l’obligation actuelle doit être formalisée
par un plan détaillé de la restructuration, à la date d’arrêté des comptes, et doit créer chez les
personnes concernées une attente fondée.
188 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

5. Cessation d’activité
Question
Le conseil d’administration d’une entité décide de fermer un site. 3 sites peuvent être concernés mais
le choix du site n’est pas encore arrêté à la date de clôture : le 31 décembre N. De toute façon, le coût
de fermeture sera sensiblement équivalent quel que soit le site. La décision est finalement prise en
février, date antérieure à la date d’arrêté des comptes. La société peut-elle comptabiliser une provision
pour l’arrêt d’une activité ?
Solution
Non, suivant les normes IAS 37 ou CRC 00-06. Cette provision est interdite même si l’intention de
fermeture d’un site a été annoncée. À la date de clôture, aucune obligation est née envers des tiers
précis.

6. Obligation implicite
Question
Un constructeur automobile AAA vient de publier une information demandant aux propriétaires des
voitures d’une série déterminée de ramener leur véhicule chez leur concessionnaire, la défaillance
d’une pièce essentielle ayant été constatée. Le coût est estimé à 3 000.
Bien entendu, le constructeur demande à son fournisseur BBB le remboursement des frais engagés.
Pour maintenir les bonnes relations d’affaires, ce dernier accepte. L’entité AAA attend ainsi un
remboursement de 2 600.
Que faire ?
Solution
Obligation implicite actuelle :
La série et le nombre de voitures vendues sont précisément connus, ainsi que le risque lié et le coût de
la réparation. L’obligation implicite est actuelle, l’entité acceptant certaines responsabilités qui
l’engageront financièrement et qui généreront un passif. Par cet engagement, la société décharge la
partie adverse de tout passif éventuel et fait naître une attente légitime chez ses clients. Un passif sera
enregistré pour 3 000.
Mais, par l’engagement de la société BBB, il existe également un actif comptabilisé séparément car la
société AAA a aussi une attente légitime. Créance à l’actif : 2 600.
Dans le compte de résultat, la charge « Dotation aux provisions » apparaîtra pour une valeur nette :
charge estimée provenant de l’engagement envers les clients de AAA, moins remboursement attendu :
400.
La norme française ne permet pas de prendre en compte les plus-values latentes dans la détermination
de la provision. La charge dans le compte de résultat sera alors de 3 000.

7. Obligation de remise en l’état


Ces 3 opérations entrent-elles dans le champ d’application d’IAS 37 ?
a. Contrats de location
Une obligation de remise en état en fin de bail est stipulée dans le bail.
Réponse
Oui, cette obligation contractuelle entre dans le champ d’application d’IAS 37, puisque la méthode par
composant ne peut pas être appliquée. La provision au bilan reflétera le degré de dégradation du bien.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 189

b. Contrats de location simple incluant des charges de remise en état


Réponse
Non, car IAS 17 (§ 4) précise que lorsque le contrat de location inclut des charges liées à la remise en
état, le preneur au début de la période de location enregistre cette obligation comme location-
financement au titre d’un composant spécifique de l’équipement. Il enregistre ainsi un actif
représentant le coût estimé de la remise en état, avec comme contrepartie une dette vis-à-vis du
bailleur. Lors du paiement des loyers, le preneur doit isoler dans sa comptabilité les loyers purs
(paiements minimaux résultant du bail) et le remboursement de la dette initiale. L’actif est
parallèlement amorti. Le preneur ne peut pas « linéariser » la charge.
c. Contrats de location-financement incluant des charges de remise en état
Réponse
Non, car le bien figure à l’actif du preneur. Les dépenses de grosse réparation sont alors enregistrées
selon l’approche par composant. Aucune provision ne peut être enregistrée.
Selon les règles françaises, les provisions pour grosses réparations sont supprimées par le règlement
n° 2000-06 sur les passifs. Seules sont prévues les provisions pour les dépenses de programmes
pluriannuels vérifiant le bon fonctionnement des installations sans prolonger leur durée de vie au-delà
de celle prévue initialement. Dans ce cas seulement, les entités peuvent choisir entre appliquer la
méthode par composant ou constituer une provision pour gros entretien. La charge annuelle de
provision est déductible fiscalement.

PARTIE 6 : INSTRUMENTS FINANCIERS (IAS 32, IAS 39 ET IFRS7)

Résumé
La norme IAS 32 traite des principes de présentation des instruments financiers.
La norme IAS 39 établit les principes de comptabilisation et d’évaluation des instruments financiers.
La norme IFRS 7 définit les informations à fournir sur les instruments financiers.
IAS 39 était une des premières normes à introduire la juste valeur. Mais, dans la forme actuelle de la
norme, la juste valeur est exclue pour :
– les prêts et créances émis par l’entité ;
– les placements détenus jusqu’à l’échéance ;
– les placements dans des instruments de capitaux propres pour lesquels il n’existe pas de marché
actif et dont la juste valeur ne peut être évaluée de façon fiable.
Concrètement, la juste valeur ne s’applique de façon obligatoire qu’aux instruments financiers de
transaction (y compris les instruments dérivés) et aux actifs disponibles à la vente. La généralisation
de la juste valeur (full fair value), initialement prévue, ne semble pas d’actualité pour le moment.
L’évaluation à l’entrée doit se faire à la juste valeur qui correspond généralement au coût
d’acquisition, y compris les coûts de transaction.
Pour les instruments financiers de transaction (y compris les dérivés (hors couverture)), les plus- et
moins-values, mêmes latentes, doivent être comptabilisées en résultat. Il est également possible (sous
conditions) de simplement désigner un actif ou passif financier comme évalué en juste valeur en
contrepartie du résultat.
Pour les actifs disponibles à la vente, les plus- et moins-values latentes doivent être passées par les
capitaux propres.
Les instruments de couverture doivent être évalués à la juste valeur de façon symétrique à l’instrument
financier couvert : dans le résultat pour les couvertures de juste valeur et dans les capitaux propres
pour les couvertures de flux de trésorerie futurs.
190 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Les dispositions relatives aux instruments financiers justifient une partie distincte puisqu’elles
concernent à la fois des actifs immobilisés et circulants, des passifs ainsi que des éléments qui
pourraient être comptabilisés en hors bilan, leur place dans ces grandes rubriques constituant d’ailleurs
un aspect essentiel des normes comptables et de différenciation des traitements comptables.
Ces questions sont parmi les plus discutées des normes IFRS. Plusieurs raisons peuvent expliquer
l’importance des débats qu’elles suscitent à la fois pour des raisons de fond et d’enjeux pour les
entités ; parmi celles-ci, on notera :

La fongibilité
Si la plupart des actifs (et passifs) ne peuvent pas s’interchanger entre eux, tel n’est pas le cas des
actifs (et passifs) financiers.

EXEMPLE
Sauf à opérer des transactions difficiles, on ne peut convertir des machines-outils en ordinateurs ou en
créances. En revanche, il est facile, grâce aux marchés, de convertir des actions détenues sur la société
A en actions (ou obligations) de la société B ou, grâce à des dérivés, de transformer un emprunt en
dollars en un emprunt en euros.

L’essor des marchés financiers


Surtout depuis le milieu de la décennie 1980, l’essor des marchés financiers s’est traduit, notamment
en France et en Europe continentale, par une substitution progressive du financement bancaire à un
financement par les marchés. Dès lors, des actifs et passifs nominatifs se sont transformés en titres
négociables soumis aux aléas des marchés. Par ailleurs, la créativité des financiers pour inventer
constamment des nouveaux instruments pose problème au monde comptable qui, dès lors, cherche
d’une part les bonnes traductions comptables aux nouveautés et, d’autre part, des principes
suffisamment généraux pour répondre sans délai à chaque cas particulier.
L’accentuation du rôle du temps et surtout du futur
L’intervention sur un marché se fait toujours en fonction d’anticipations, c’est-à-dire d’une vision du
futur. Ainsi, pour un financier, la valeur d’un actif, quel qu’il soit, est celle des flux futurs qu’il
engendre.
Or, jusqu’à présent, la comptabilité s’est concentrée principalement sur le passé. En particulier, elle a
toujours ignoré l’impact des commandes passées ou reçues. Or, en finance, de nombreuses opérations
ne concernent que le futur (en anglais les instruments dérivés à terme sont dénommés futures) ; leur
prise en compte ne peut être ignorée mais est toujours délicate.

La volatilité des marchés


Si, dans les années 1960 et 1970, la grande question comptable tenait à la façon de prendre en compte
l’inflation, tel n’est plus le cas aujourd’hui. En revanche, la volatilité, nouvelle, des marchés pose un
autre problème tout aussi délicat mais de nature différente.

Le développement du commerce international


L’essor des échanges commerciaux induit des positions de change, à la fois présentes et futures, que la
volatilité des cours et l’étroitesse des marges conduisent à couvrir par des opérations à terme dont la
comptabilisation est délicate mais essentielle dans l’appréciation des résultats.
Après avoir rappelé les concepts fondamentaux qui gouvernent la comptabilisation des instruments
financiers dans le cadre du PCG et de la norme IAS 39, nous étudierons les éléments essentiels de
cette norme puis nous évoquerons les informations à fournir dans les états financiers, principalement
au travers de l’illustration du cas de la société Nestlé.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 191

SECTION 1. RAPPELS SUR QUELQUES CONCEPTS FONDAMENTAUX

Deux concepts fondamentaux en comptabilité sont particulièrement importants dans le cadre de la


comptabilisation des instruments financiers : celui de valeur et celui de résultat.

1.1 Notions de valeur


La théorie économique distingue deux conceptions : la valeur objective (valeur vénale – de marché –
ou valeur pour les autres) et la valeur subjective (valeur d’usage – d’utilité – ou encore valeur pour
soi). Ces deux conceptions sont davantage complémentaires qu’opposées. Ainsi la valeur d’un
équipement, d’une machine, inclus dans un ensemble industriel, n’a pas nécessairement une valeur
vénale puisque dans la plupart des cas il ne peut être cédé ; sa valeur nette comptable dans le bilan
correspond rarement à sa valeur vénale mais davantage à sa valeur d’usage pour l’entité.
Le Plan comptable général français (PCG art. 322-1) définit « la valeur actuelle comme une valeur
d’estimation qui s’apprécie en fonction du marché et de l’utilité du bien pour l’entité ». Cette double
conception conduit à retenir le concept d’utilité pour les actifs et passifs à long terme (notamment les
immobilisations) et la valeur vénale pour les actifs et passifs à court terme (circulants). Cette
distinction n’est pas que théorique car les deux optiques de valeur peuvent conduire à des montants
significativement différents. Par ailleurs, et notamment pour ce qui concerne les titres détenus, leur
fongibilité peut conduire à des difficultés de classification.

EXEMPLE
Une entité détient un portefeuille d’obligations de premier rang (par exemple émises par un État de
l’OCDE) acquises lors de leur émission pour un nominal de 100 et rapportant un intérêt au taux de
5 %. Si l’évolution des taux du marché fait que ceux-ci augmentent, par exemple à 6 %, le cours de
l’obligation va baisser et s’établir par exemple à 95. Cette baisse du cours ne signifie pas qu’il existe
un risque sur son remboursement mais simplement que le marché financier aligne le cours des
obligations pour que son rendement devienne 6 %.
Doit-on déprécier ce portefeuille ?
Si ces titres étaient, dès l’origine, destinés à être conservés jusqu’à l’échéance (comptabilisés dans
l’actif immobilisé) et que rien ne remet en cause la faculté de l’emprunteur à en effectuer le
remboursement (pas de risque de crédit), la dépréciation n’est pas nécessairement justifiée ; cette
position est logique puisque la valeur d’usage n’a pas changé. Pour autant, deux questions subsistent :
doit-on prendre en compte cette baisse de valeur et, si la réponse est positive, où doit-on la faire
apparaître ?
Si, par contre, l’entité les destinait à un placement court terme (valeurs mobilières de placement), la
dépréciation doit être constatée car la référence n’est plus l’utilité mais la valeur vénale.
Par rapport à cette problématique de la valeur, la principale nouveauté de la norme IAS 39 relative à la
comptabilisation des instruments financiers est d’avoir introduit le concept de juste valeur (fair
value). Nous verrons que ce concept ne rejette pas les deux approches de la valeur (d’usage et de
marché) mais, en revanche, il conduit à remettre en cause les principes de prudence et de
nominalisme qui sont essentiels dans différents systèmes comptables, et notamment celui de la
France. Ce changement fondamental conduit à revenir sur la définition du résultat.

1.2 Notions de résultat


En France, la seule définition du résultat se trouve dans le Code de commerce qui stipule dans son
article 232-11 : « Le bénéfice distribuable est constitué par le bénéfice de l’exercice, diminué des
pertes antérieures, ainsi que des sommes à porter en réserve en application de la loi ou des statuts, et
augmenté du report bénéficiaire ». Le bénéfice constitue ainsi un droit des actionnaires à
192 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

prélèvement sur la société. Dans cette optique, et pour prévenir toute distribution de dividende fictif au
détriment des créanciers, la prudence est fondamentale.
Dans les pays anglo-saxons, davantage marqués par les marchés, le bénéfice est davantage un
indicateur de la performance de l’entité. La prudence s’apprécie davantage par la proportion des
bénéfices distribués que par l’instrument lui-même de mesure de cette performance (le résultat) qui se
doit plutôt d’être le plus fidèle possible.
Mais le concept de performance est complexe et délicat. Les théoriciens, surtout les Anglo-Saxons, ont
largement débattu de la différence entre la performance de l’entité et celle des managers. La différence
portant essentiellement sur les pertes ou gains latents, dus aux variations des marchés.
Cette double approche se retrouve pleinement dans la problématique de la norme IAS 39 relative à la
comptabilisation des instruments financiers. Elle distingue en effet deux résultats.
D’une part, le solde mesuré par le compte de résultat (séparé) (IAS 1 § 81b), lequel ne prend en
compte que les produits et charges réalisés : c’est le concept « classique » de résultat, il mesure la
performance des managers.
Et, d’autre part, le montant du résultat global qui apparaît dans les « autres éléments du résultat
global » (cf. l’IAS 1 § 81b). Ce montant global prend en compte le résultat de la période (solde du
compte de résultat) mais aussi d’autres éléments – non comptabilisés au compte de résultat – mais
inscrits directement dans les capitaux propres, à savoir principalement les variations de l’excédent de
réévaluation (IAS16 et 38), les écarts actuariels sur l’obligation au titre des prestations définies
(IAS19), les effets des variations de cours de change (IAS 21) et de la juste valeur de certains actifs et
passifs financiers (IAS 39). Ce résultat global, qui explique la variation de la valeur de l’entité, mesure
la performance de celle-ci.
Les normes américaines (FAS 130), qui dénomment ce montant total des profits et pertes
comprehensive income (résultat global), distinguent en quelque sorte deux résultats, ce qui, par les
termes utilisés, est moins net dans les normes IAS/IFRS. L’inspiration est pourtant semblable.

SECTION 2. ASPECTS ESSENTIELS DE LA NORME IAS 39

Nous l’aborderons en étudiant successivement les définitions qu’elle établit puis ses principes
d’évaluation et enfin ses règles de comptabilisation.

2.1 Définitions des instruments financiers


Nombreuses sont les définitions données par IAS 32 et IAS 39. Seuls les aspects les plus importants
seront abordés, notamment par rapport aux règles du PCG.

a. Origine des instruments financiers


Un instrument financier est « tout contrat qui donne lieu à un actif financier d’une entité et à un
passif financier ou à un instrument de capitaux propres d’une autre entité » (IAS 32 § 11).
Est un actif financier tout actif qui est :
– de la trésorerie ;
– un instrument de capitaux propres d’une autre entité ;
– un droit contractuel :
W de recevoir de la trésorerie ou un autre actif financier ou
W d’échanger des actifs ou des passifs financiers à des conditions potentiellement favorables ;
– un contrat qui sera ou pourra être réglé en instruments de capitaux propres de l’entité elle-même
dans certaines conditions (IAS 32 § 11).
S7151-F1/2 SÉRIE 02 193

Est un passif financier tout passif qui est :


– une obligation contractuelle :
W de remettre de la trésorerie ou un autre actif financier ou
W d’échanger des actifs ou des passifs financiers à des conditions potentiellement défavorables ;
– un contrat qui sera ou pourra être réglé en instruments de capitaux propres de l’entité elle-même
dans certaines conditions (IAS 32 § 11).
Est un instrument de capitaux propres tout contrat mettant en évidence un intérêt résiduel dans les
actifs d’une entité après déduction de tous ses passifs.

b. Différentes catégories d’actifs financiers


La norme en distingue quatre :
1. Les actifs (ou passifs) évalués en juste valeur en contrepartie du résultat. Dans cette catégorie,
on trouve :
a. les instruments détenus à des fins de transaction (held for trading) ; ils comprennent :
i. les instruments détenus dans une perspective de très court terme et à des fins de réalisation de
bénéfices sur les marchés. Ce type d’activité, relativement spéculative, se trouve essentiellement
dans les banques et entités spécialisées.
ii. les instruments qui font partie d’un portefeuille d’instruments identifiés, gérés ensemble et
présentant des indications de prise récente de bénéfice.
iii. les instruments dérivés (sauf les contrats de garantie et les instruments de couverture).
b. tout actif (ou passif) financier classé dans cette catégorie de façon volontaire dès sa
comptabilisation initiale (option juste valeur), sauf quelques exceptions (ex. : actions non
cotées dans un marché actif).
2. Les placements détenus jusqu’à l’échéance (held-to-maturity) ; ils sont des actifs financiers non
dérivés, assortis de paiements fixes ou déterminables et d’une échéance fixe, que l’entité a
l’intention et la capacité de conserver jusqu’à leur échéance ; ils correspondent aux obligations ou
autres instruments de taux.
Une entité ne doit pas classer des actifs financiers dans cette catégorie si, pendant la période
annuelle en cours ou au cours des deux périodes annuelles précédentes, elle a vendu ou reclassé
avant l’échéance une quantité non négligeable d’actifs classés dans cette catégorie, c’est-à-dire n’a
pas respecté les conditions de classement dans cette catégorie.
3. Les prêts et créances (loans and receivables) ; ils sont des actifs financiers non dérivés à
paiements fixes ou déterminables qui ne sont pas cotés sur un marché actif.
4. Les actifs financiers disponibles à la vente (available-for-sale) ; ce sont des actifs financiers non
dérivés qui sont désignés comme étant disponibles à la vente ou qui ne sont pas classés dans une
des trois autres catégories.
La distinction de ces différentes catégories est importante car, outre leur place dans le bilan, ces
catégories conduisent à des méthodes d’évaluation et de comptabilisations différentes.
Les titres de filiales et participations ne sont pas abordés ici car traités dans le cadre des règles de
consolidation.

c. Coût amorti d’un actif ou d’un passif (amortised cost) et taux d’intérêt effectif
Ce concept peut prêter à confusion par rapport au vocabulaire français courant. En fait, il ne s’agit pas
ici de l’amortissement au sens comptable du terme mais dans son acception financière, c’est-à-dire
après prise en compte des remboursements.
Le coût amorti est le montant auquel est évalué l’actif ou le passif financier lors de sa
comptabilisation initiale, diminué des remboursements en principal, majoré ou diminué de
l’amortissement cumulé calculé par la méthode du taux d’intérêt effectif, de toute différence entre ce
montant initial et le montant à l’échéance, et diminué de toute réduction pour dépréciation ou
irrécouvrabilité.
194 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Le taux d’intérêt effectif est le taux qui actualise exactement les décaissements et les encaissements
de trésorerie futurs sur la durée de vie de l’instrument financier de manière à obtenir la valeur
comptable nette de l’actif ou du passif financier.
Le calcul du taux effectif inclut l’intégralité des commissions et des points payés ou reçus entre les
parties du contrat, des coûts de transactions et de toutes les autres primes positives ou négatives.
Les coûts de transaction sont les coûts marginaux directement imputables à l’acquisition, à
l’émission ou à la sortie d’un actif ou passif financier. Un coût marginal est un coût qui n’aurait pas
été encouru si l’entité n’avait acquis, émis ou cédé l’instrument financier.

EXEMPLE
Un emprunt-obligations est émis le 1er janvier N avec les caractéristiques suivantes :
– émission de 1 000 obligations,
– de valeur nominale = 100 et de prix de remboursement =105,
– frais d’émission = 4 936,64,
– durée : 10 ans,
– l’annuité constante est de 12 945,56 compte tenu d’un taux annuel de 4 % déterminé sur la base du
prix de remboursement des obligations,
– taux nominal = 4,2 %,
– taux d’intérêt effectif = 6,5 %.
1. Déterminer l’annuité constante théorique.
2. Présenter le tableau de remboursement des obligations au titre des trois premières échéances.
3. Déterminer le prix d’émission des obligations.
4. Présenter le tableau de l’évolution du coût amorti de cet emprunt au titre des 3 premières
échéances.

Solution
1. Annuité constante théorique
a = 1 000  105  t / [1 – (1+t)-10] = 12 945,56
avec t = 4,2 / 105 = 4 %.
2. Tableau de remboursement
Échéance Capital restant dû Intérêts à Remboursement Nombre Annuité réelle
début de période 4% théorique d’obligations
(1) (2) (3) (4) (5)
= (1)  4 % = a – (2) = (3)/105 = (2) + (4)  105
1 105 000 4 200,00 8 745,56 83 8 715
2 96 285 3 854,40 9 094,16 87 9 135
3 87 150 3 486,00 9 459,56 90 9 450
(4) : Nombre d’obligations remboursées arrondi à l’entier le plus proche

Commentaires
La connaissance du nombre réel d’obligations remboursées permet de déterminer l’annuité réelle,
c’est-à-dire le montant de la sortie effective de trésorerie à l’échéance.
3. Le prix d’émission
Si p est le prix d’émission, le taux d’intérêt effectif de 6,5 % satisfait l’équation suivante :
1 000  p – 4 936,64 = 12 945,56  [1 – (1 + 0,065)-10]/ 0,065
p = 98
S7151-F1/2 SÉRIE 02 195

Le taux effectif permet d’égaliser :


– le montant réellement encaissé, à savoir le montant versé par les obligataires diminué des frais
prélevés par l’organisme bancaire qui a servi d’intermédiaire et
– la somme des valeurs actualisées des annuités à verser.
4. Tableau de l’évolution du coût amorti de l’emprunt-obligations
Échéance Capital restant dû Intérêts à Annuité réelle Capital restant dû
début de période 4% fin de période
(1) (2) = (1)  4% (3) (4) = (1) + (2) – (3)
1 93 063,36 6 049,12 8 715 86 197,48
2 86 197,48 5 602,84 9 135 78 813,92
3 78 813,92 5 122,90 9 450 74 486,82
(1) Au coût amorti avant la première échéance = 1 000  98 – 4 936,64

Commentaire
Le montant du capital restant dû de début de période majoré des intérêts courus sur la période
correspond à la valeur actualisée du capital dû avant versement de l’annuité.

d. Concept de « juste valeur »


La définition est fondamentale : « La juste valeur est le montant pour lequel un actif pourrait être
échangé ou un passif éteint, entre parties bien informées, consentantes, et agissant dans des conditions
de concurrence normale » (IAS 39 § 9).
Par sa formulation, cette définition renvoie davantage à une valeur de marché qu’à une valeur d’utilité.
Pour autant, elle ne se réfère pas nécessairement au cours de marché (mark to market), ce qui apparaît
par l’emploi du conditionnel (il n’existe en effet pas toujours un marché) et de l’expression
concurrence normale.
De nombreux instruments financiers actifs ou passifs au sens de la norme (créances, dettes, titres) ne
font pas l’objet d’un marché (ou celui-ci peut ne pas être actif et liquide). Dans ce cas, la norme (§ 48
A et annexe A § 69-82) indique que la juste valeur doit être déterminée par un calcul financier tel que
la valeur actualisée des flux de trésorerie futurs. Mais, dans ce cas, la difficulté et les débats portent
sur la détermination des différents paramètres de calcul à retenir, notamment du taux d’actualisation.

e. Concepts de couverture
Les couvertures sont généralement réalisées par des dérivés (options, swaps, autres instruments à
terme). Selon l’IAS 39, il n’y a pas de règles particulières de comptabilisation des dérivés.
S’ils ont pour fonction la réalisation de bénéfices (spéculatifs), ils suivent les règles des actifs (ou
passifs) évalués en juste valeur en contrepartie du résultat. Si en revanche leur fonction est de
couverture, la norme distingue trois types de situations qui détermineront des traitements comptables
spécifiques :
– Couverture de juste valeur (fair value hedge)
La fonction de ce type de couverture est de garantir la juste valeur d’un actif ou d’un passif. Il peut
par exemple s’agir de la couverture d’un portefeuille de titres de taux (obligations ou assimilés) à
taux fixes dont la juste valeur est exposée au risque de montée des taux. Il peut s’agir de même de
la couverture d’un passif : emprunt en devise étrangère couvert du risque de change.
– Couverture de flux de trésorerie (cash flow hedge)
Il s’agit là de couvrir des flux de trésorerie futurs liés soit à un actif (titres) ou un passif (emprunts,
dettes) détenu et déjà comptabilisé, soit encore à des engagements non encore comptabilisés.
196 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

• Le premier cas est plus simple et moins discutable : l’entité cherche à se couvrir d’un risque
identifiable avec une grande sécurité. Exemple : par un swap, l’entité peut se prémunir d’une
variation des taux si elle a emprunté à taux variable ; il ne s’agit pas de se prémunir vis-à-vis du
nominal (ce serait une couverture de juste valeur, examinée ci-dessus) mais vis-à-vis des flux
d’intérêts à payer.
• Le second cas est en revanche plus délicat puisqu’il peut concerner des éléments non encore
comptabilisés. L’entité peut, par exemple, se couvrir d’un risque sur des matières qui ne sont
pas encore en stock mais seulement commandées ou même dont l’achat est prévu à court terme,
et donc non encore comptabilisées. Dans ce cas, la norme exige que la transaction soit
« hautement probable » et que la couverture soit « hautement efficace » ; si ces critères n’étaient
pas réunis, l’instrument (option, ou autre dérivé) serait alors considéré comme relevant des
instruments de transaction.
– Couverture d’un investissement net dans une entité étrangère.
– Ce cas ramène aux variations des cours des monnaies étrangères.

2.2 Évaluation des instruments financiers


La question de l’évaluation se pose, d’une part, à l’entrée (évaluation lors de la comptabilisation
initiale) et, d’autre part, lors de l’établissement des états financiers (évaluation après la
comptabilisation).

a. Évaluation lors de la comptabilisation initiale


L’évaluation initiale se fait à la juste valeur qui correspond généralement au coût d’acquisition, y
compris les coûts de transaction (c’est-à-dire les frais liés à l’acquisition), donc le montant
effectivement décaissé (en encaissé), sauf pour les instruments de la catégorie « à la juste valeur par le
biais du compte de résultat ».
Les coûts de transaction relatifs aux instruments de cette catégorie sont comptabilisés directement en
résultat pour ramener leur évaluation au montant de la « juste valeur ».
Les coûts de transactions majorent la valeur comptable des actifs financiers mais diminuent celle des
passifs financiers.

Comparaison avec les textes français


Dans les comptes individuels et pour les exercices ouverts depuis le 1er janvier 2005, les coûts de
transactions (droits de mutation, honoraires ou commissions et frais d’actes, peuvent sur option être
rattachés au coût d’acquisition de l’actif ou comptabilisés en charges. Cette règle s’applique aux titres
immobilisés ainsi qu’aux titres de placement (PCG art. 321-10 et 332-9).

b. Évaluation après la comptabilisation initiale


Du point de vue de l’évaluation, l’IAS 39 distingue deux ensembles d’instruments financiers :
1. Les instruments financiers évalués à la juste valeur
Il s’agit des actifs financiers détenus à des fins de transaction et de ceux qui sont disponibles à la vente
(et des instruments dérivés – qui, nous le verrons plus loin, doivent être comptabilisés à l’actif ou au
passif). En outre, l’entité peut appliquer « l’option juste valeur » et évaluer, en conséquence, tous les
actifs et passifs financiers à la juste valeur.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 197

2. Les instruments financiers évalués au coût amorti (et donc exclus de l’évaluation à la juste
valeur sauf utilisation de « l’option juste valeur »).
Il s’agit de certains actifs et de l’essentiel des passifs :
– Les actifs concernés :
W les prêts et créances émis par l’entité et non détenus à des fins de transaction (comptes clients et
autres créances),
W les placements détenus jusqu’à l’échéance, et enfin
W les actifs financiers dont la juste valeur ne peut être déterminée de façon fiable ;
– Les passifs : les passifs financiers à l’exception de ceux détenus à des fins de transaction (y
compris les dérivés) et de ceux pour lesquels on applique « l’option juste valeur » ; concrètement et
en dehors des établissements financiers, il s’agit de la majorité des passifs.

EXEMPLE
Une obligation acquise 100 et dont le cours baisserait à 95 du fait de la seule évolution (à la hausse)
des taux du marché restera évaluée à 100 si l’entreprise entend la conserver jusqu’à l’échéance mais
devra être dépréciée à 95 si elle constitue un élément des titres de transaction.
L’évaluation à la juste valeur a en fait une application très réduite (sauf si l’entité applique « l’option
juste valeur »).
Dans les entreprises industrielles et commerciales ayant peu d’activité financière, la juste valeur n’a
qu’un impact limité aux seules valeurs mobilières détenues comme placement à court terme et
éventuellement aux instruments dérivés destinés aux opérations de couverture.
L’IAS 39 a été présentée comme une application provisoire et transitoire devant déboucher sur une
conception beaucoup plus étendue de la juste valeur à l’ensemble des actifs et passifs et
communément désignée sous le terme de full fair value (juste valeur totale). Les débats sur le sujet ont
été particulièrement houleux ; sous la pression notamment des banques (dont les résultats seraient
devenus complètement erratiques), relayées ensuite par la FED (banque centrale des États-Unis), la
full fair value ne paraît pas d’actualité en ce moment.

2.3 Comptabilisation
Nous examinerons les principes de comptabilisation posés par l’IAS 39 en quatre temps :
comptabilisation (entrée de l’actif ou du passif), décomptabilisation (sortie de l’actif ou du passif),
profits et pertes liés à la réévaluation à la juste valeur, et, enfin, instruments de couverture.
On rappelle que les instruments financiers qui ne relèvent pas d’une réévaluation à la juste valeur
suivent les principes de comptabilisation selon le coût amorti.

a. Comptabilisation initiale
La comptabilisation doit se faire lorsque, et seulement lorsque, l’entité devient partie aux dispositions
contractuelles de l’instrument (IAS 39 § 14). C’est à ce moment que l’entreprise procède à sa
classification en vérifiant que les conditions relatives à la classification dans la catégorie considérée
sont satisfaites.
Pour les achats « normalisés » (c’est-à-dire réalisés sur des marchés organisés, tels que le Matif ou le
Monep, et non dans le cadre d’une opération de gré à gré), la comptabilisation peut se faire soit à la
date de la transaction (date de l’engagement), soit à celle du règlement (en termes financiers, le
règlement signifie la livraison du titre et non l’opération monétaire associée) ; en effet dans ce cas, le
délai qui s’écoule entre les deux temps est très court et l’opération garantie par l’organisme
gestionnaire du marché. L’entité choisit une des deux dates et applique ensuite cette méthode dans le
respect de la permanence des méthodes.
Pour les achats à terme (forward) par contre, c’est l’engagement et non le règlement qui constitue le
fait générateur.
198 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

b. Décomptabilisation
La décomptabilisation doit se faire lorsqu’il y a perte de contrôle des droits contractuels attachés (pour
un actif financier ; IAS 39 § 17) ; ou lors de son extinction (pour un passif ; IAS 39 § 39).
Sauf cas particulier d’opérations complexes (instruments donnés en garantie, etc.), ce principe ne pose
pas de problème.

c. Comptabilisation des profits et pertes résultant d’une variation de la juste valeur (hors
opérations de couverture)
Il s’agit là de l’aspect le plus important de la norme IAS 39, notamment par rapport aux règles du
PCG.
Deux cas doivent être distingués : instruments évalués en juste valeur en contrepartie du résultat (y
compris les dérivés hors couverture) et actifs financiers disponibles à la vente :
– Cas des instruments (actifs ou passifs) évalués en juste valeur en contrepartie du résultat.
Les profits et pertes constatés à la clôture de l’exercice sont comptabilisés en résultat (IAS 39
§ 55a).
Ce principe est donc totalement dérogatoire par rapport au principe de prudence du PCG puisqu’il
conduit à constater non seulement les pertes mais aussi les gains latents dans le résultat (et non
dans les capitaux propres). Mais il s’applique aux seuls instruments évoqués ici, principalement
constitués de titres de transaction, c’est-à-dire détenus dans une perspective de gain à court terme.
– Cas des actifs financiers disponibles à la vente.
Le gain ou la perte (latente, par construction, puisque nous traitons à ce stade des actifs non cédés
figurant en bilan à la clôture de l’exercice) sont comptabilisés en « autres éléments du résultat
global » (IAS 1 version 2007) jusqu’à la décomptabilisation des instruments financiers
correspondants.
Mais, lors de la décomptabilisation de l’actif, le montant cumulé du profit ou de la perte
précédemment comptabilisé en « autres éléments du résultat global » est reclassé de capitaux
propres en résultat sous la forme d’un « ajustement de reclassement » (IAS 39 § 55b). On parle de
« recyclage » de capitaux propres (terme non inscrit dans la norme mais utilisé par les praticiens).
Toutefois les intérêts calculés selon la méthode du taux effectif sont comptabilisés en résultat
(IAS 18) et, dès qu’est établi le droit de l’entité d’en recevoir le paiement, les dividendes afférents
à un instrument de capitaux propres sont comptabilisés en résultat.

Application 1
Soit un titre acquis disponible à la vente pour 100 en N, dont la juste valeur au 31/12/N (date de
clôture) est de 105 et qui est cédé 108 en N+1. (Négliger l’impact fiscal.)
S7151-F1/2 SÉRIE 02 199

Solution 1

N
Titres disponibles à la vente 100
Banque 100
Enregistrement de l’acquisition en N

Titres disponibles à la vente 5


« Autres éléments du résultat global » - Profits sur titres 5
Constatation du profit au 31/12/N
N+1

Banque 108
Titres disponibles à la vente 105
Produits sur titres 3
Cession et constatation de l’effet sur le résultat net du gain par
rapport à la valeur comptable des titres
N+1
« Ajustement de reclassement » - Profit sur titres 5
Produits sur titres 5
« Recyclage » du profit latent, constaté antérieurement en N dans
les « autres éléments du résultat global », en produits dans le
résultat N+1

Commentaires : en N, le profit latent a été « autres éléments du résultat global ». En N+1, le compte
de résultat constate la totalité du gain (108 – 100 = 8) mais les capitaux propres diminuent du profit
latent déjà constaté en N.

d. Comptabilisation des instruments de couverture


Le principe général consiste à comptabiliser de façon symétrique les effets de sens inverse sur le
résultat net des variations de juste valeur de l’instrument de couverture et de l’élément couvert (IAS 39
§ 85). Mais ce principe se décline différemment selon la fonction de la couverture et la nature de
l’élément couvert.

 Cas des couvertures de juste valeur


La norme établit (§ 89) que :
W le profit ou la perte résultant de la réévaluation à la juste valeur (à la hausse ou à la baisse) de
l’instrument de couverture doit être comptabilisé(e) en résultat, et que
W symétriquement le profit ou la perte sur l’élément couvert doit être comptabilisé(e) dans le
résultat.
Ce principe s’applique même si :
W le profit ou la perte sur l’élément couvert doit être normalement enregistré(e) dans « autres
éléments du résultat global », ou
W s’il ou elle est évalué(e) au coût (cas, par exemple, d’un emprunt).
200 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Le principe de symétrie l’emporte sur celui de l’évaluation au coût.


Ainsi un emprunt, évalué au coût, et couvert par un dérivé, donne lieu à un enregistrement symétrique
des profits et pertes ; il s’ensuit que l’on ne peut constater un gain sur le dérivé sans corrélativement
enregistrer une perte (et donc une augmentation de la juste valeur) sur l’emprunt lui-même.
Une application chiffrée reprise, mais élargie, de la norme permet de mieux comprendre la règle
comptable relative à la comptabilisation des couvertures de juste valeur.

Application 2
Soit une entité qui en N achète un titre d’emprunt pour 100 ; au 31/12/N (date de clôture), ce titre a
une juste valeur de 110.
En N+1, l’entité veut préserver cette valeur et achète un dérivé (supposé de coût nul ou non significatif
lors de son achat) qui la couvre exactement. Au 31/12/N+1, les taux directeurs du marché ayant
augmenté, le dérivé enregistre une valeur positive de 5 et corrélativement le titre enregistre une baisse
de 5.
En N+2, le titre est finalement cédé 107 et le dérivé est cédé au même moment pour sa juste valeur
de 3.
On envisagera les deux cas de l’instrument couvert : le titre est de transaction (solution 2a) et le titre
est disponible à la vente (solution 2b).

Solution 2a
Il s’agit d’un titre de transaction.

N
Titres de transaction 100
Trésorerie 100
Acquisition du titre

31/12/N
Titres de transaction 10
Produits sur titres 10
S’agissant d’un titre de transaction, le profit latent est enregistré
dans le résultat

31/12/N+1
Instruments dérivés (actif) 5
Produits sur titres 5
Constatation, dans le résultat, du gain, en juste valeur, sur
l’instrument dérivé
31/12/N+1
Produits sur titres 5
Titres de transaction 5
Réévaluation (négative) à la juste valeur du titre comptabilisée dans
le résultat
S7151-F1/2 SÉRIE 02 201

Commentaires :
W il y a comptabilisation symétrique totale au niveau du compte de résultat,
W nous proposons d’utiliser le même compte « Produits sur titres » pour la charge et le produit du
fait de la symétrie. IAS 39 ne dit rien à ce sujet mais si la norme IAS 1 prévoit la non-
compensation, elle ne s’applique qu’aux états financiers eux-mêmes ; et sur ceux-ci le résultat
financier figure en une seule ligne.

N+2
Trésorerie 107
Titres de transaction 105
Produits sur titres 2
Cession du titre et constatation du produit de 2 par rapport à la juste
valeur
N+2
Trésorerie 3
Produits sur titres 2
Instruments dérivés (actif) 5
Cession du dérivé

Commentaires :
W les comptabilisations sont symétriques (mais distinctes),
W l’effet total sur le résultat est nul sur N+1 et N+2, puisque par hypothèse de l’application le titre
était exactement couvert. En N apparaît le résultat de 10 lié à cette opération, résultat préservé
grâce à la couverture.

Solution 2b
Il s’agit d’un titre disponible à la vente.
N
Titres disponibles à la vente 100
Trésorerie 100
Acquisition du titre
31/12/N
Titres disponibles à la vente 10
« Autres éléments du résultat global » - Profit sur titres 10
S’agissant d’un titre « disponible à la vente », le profit latent est
enregistré en « autres éléments du résultat global.

31/12/N+1

Instruments dérivés (actif) 5


Produits sur titres 5
Constatation, dans le résultat, du gain, en juste valeur, de
l’instrument dérivé
31/12/N+1
Produits sur titres 5
Titres disponibles à la vente 5
Réévaluation (négative) à la juste valeur du titre comptabilisé dans
le résultat (et non pas en « ajustement de classement ») pour obtenir
la symétrie
202 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Commentaires :
W en N, le profit non couvert est comptabilisé en « autres éléments du résultat global »,
W mais en N+1, les pertes et profits sur le titre et le dérivé de couverture sont enregistrés, de façon
symétrique, dans le résultat.

N+2

Trésorerie 107
Titres disponibles à la vente 105
Produits sur titres 2
Cession du titre et constatation du produit de 2 par rapport à la juste
valeur
N+2

Trésorerie 3
Produits sur titres 2
Instruments dérivés (actif) 5
Cession du dérivé
N+2

« Ajustements de reclassement » - Profit sur titres 10


Produits sur titres 10
« Recyclage » du gain latent en élément du résultat

Commentaires :
W dans ce cas, le résultat de 10 n’apparaît qu’en N+2, par « recyclage » du profit latent constaté
en N ;
W mais en N+1 et N+2, les pertes et profits sur l’instrument et le dérivé de couverture sont
enregistrés, de façon symétrique, dans le résultat. Ainsi, ils se neutralisent.

 Cas des couvertures de flux de trésorerie (cash flow hedges)


La norme édicte que le profit ou la perte sur la couverture doit être comptabilisé(e) :
W en « autres éléments du résultat global » (comme les pertes ou profits latents) pour la partie
efficace de la couverture et
W en résultat pour la partie inefficace (IAS 39 § 95).
Cette position est logique : par définition, la couverture porte sur une opération destinée à générer
des profits futurs, l’impact de la couverture sur le résultat doit donc être concomitant à l’opération
elle-même. Par ailleurs, dans ce type d’opération, les couvertures sont rarement totales ; il s’agit
seulement de limiter le risque mais non de l’éliminer totalement ; c’est ce à quoi fait référence la
mention des parties efficace (portion couverte) et inefficace (portion non couverte) de la couverture.
 Cas des couvertures d’un investissement net à l’étranger
La norme édicte que la couverture d’un investissement net à l’étranger se traite de la même
manière que celle des flux de trésorerie : partie efficace dans les « autres éléments du résultat
global » et partie inefficace en résultat (IAS 39 § 102).

e. Comptabilisation des dépréciations


En cas d’indication objective de dépréciation d’un actif financier et si l’événement générateur de
pertes a un impact sur les flux de trésorerie futurs estimés de l’actif financier, l’entité doit constater
cette dépréciation selon les modalités suivantes :
S7151-F1/2 SÉRIE 02 203

– pour les actifs financiers évalués au coût amorti : la perte comptabilisée en résultat est égale à la
différence entre la valeur comptable de l’actif et la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs
estimés, au taux d’intérêt effectif d’origine de l’actif financier (c’est-à-dire au taux d’intérêt effectif
calculé lors de la comptabilisation initiale) (§ 63) ;
– pour les actifs financiers disponibles à la vente : lorsqu’une diminution de la juste valeur a été
comptabilisée en autres éléments du résultat global, la perte cumulée qui a été comptabilisée en
autres éléments du résultat global doit être sortie des capitaux propres et comptabilisée en résultat,
même si l’actif n’a pas été décomptabilisée (§ 67).
La perte reclassée doit être égale à la différence entre le coût d’acquisition (net de tout
remboursement en principal et de tout amortissement) et la juste valeur actuelle, diminuée de toute
perte de valeur préalablement comptabilisée en résultat.

EXEMPLE
Une entité fait l’acquisition en N d’obligations remboursables in fine, pour une valeur de 10 000. Elles
sont classées en actif financier disponibles à la vente.
Fin N, à la suite d’une augmentation des taux d’intérêt, leur juste valeur est estimée à 9 000.
Fin N+1, à taux d’intérêts inchangés, la constatation d’un risque d’irrécouvrabilité conduit à estimer
une perte de valeur de 3 000.
Fin N+2, le risque d’irrécouvrabilité est estimé à 2 000.

N
Titres disponibles à la vente 10 000
Banque 10 000
Enregistrement de l’acquisition en N

31/12/N
« Autres éléments du résultat global » - Pertes sur titres 1 000
Titres disponibles à la vente 1 000
Constatation de la perte sur titres au 31/12/N

31/12/N+1
Dotations aux dépréciations sur titres disponibles à la vente 3 000
Titres disponibles à la vente 3 000
Constatation de la perte de valeur sur titres au 31/12/N+1

Dotations aux dépréciations sur titres disponibles à la vente 1 000


« Ajustement de reclassement » 1 000
« Recyclage » en résultat du cumul des « Autres éléments du
résultat global » constaté antérieurement

31/12/N+2

Titres disponibles à la vente 2 000


Reprise de dépréciations sur titres disponibles à la vente 2 000
Constatation de la reprise de perte de valeur sur titres
204 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Commentaires :
Fin N+1, il convient de recycler la totalité des pertes constatées antérieurement en « autres éléments
du résultat global ».
En N+2, la reprise de dépréciation est comptabilisée en résultat, sauf dans le cas d’instruments de
capitaux propres où elle ne doit pas être reprise (§ 69). L’augmentation induite de la juste valeur suit
alors la règle normale de comptabilisation des variations des justes valeurs des titres disponibles à la
vente.

2.4 Reclassements
Compte tenu de la fongibilité des instruments financiers, les critères de classement sont un enjeu
majeur. La norme retient à la fois l’intention (notamment pour les placements détenus jusqu’à
l’échéance) mais aussi et surtout les faits, c’est-à-dire le comportement réel de l’entité. Il s’agit là
d’un point essentiel car, compte tenu des évolutions des marchés, une entité peut parfois être tentée de
changer la classification d’un titre pour changer sa référence de valeur (vénale ou d’utilité), ce qui peut
emporter des modifications dans le résultat.
En particulier :
– un instrument financier classé comme détenu jusqu’à son échéance doit être reclassé comme
disponible à la vente, si son classement initial n’est plus approprié du fait que l’intention ou la
capacité de l’entité a changé ; il est réévalué à sa juste valeur et le gain ou la perte doit être
comptabilisé(e) en autres éléments du résultat global (§ 51) ;
– une entité n’est plus autorisée à classer des actifs financiers comme détenus jusqu’à leur échéance
si, pendant la période annuelle en cours ou au cours des deux périodes annuelles précédentes, elle a
vendu ou reclassé avant l’échéance une quantité non négligeable d’actifs classés dans cette
catégorie, c’est-à-dire qu’elle n’a pas respecté les conditions de classement dans cette catégorie.
Elle doit alors les reclasser en actifs disponibles à la vente et comptabiliser en résultat la différence
entre la valeur comptable et la juste valeur.
Hors ces cas, les possibilités de reclassements prévues par IAS 39 étaient très restrictives.
Le 13 octobre 2008, l’IASB a adopté des amendements 1 d’IAS 39 et IFRS 7 qui permettent de
reclasser :
– hors de la catégorie des actifs évalués à la juste valeur par le biais du compte de résultat,
– un actif financier, qui n’est plus détenu en vue d’être vendu ou racheté,
– dans les conditions suivantes :
W pour tout actif dans des circonstances rares (§ 50B), telles que la crise financière, ou
W de façon générale pour les prêts et les créances que l’entité a l’intention et la capacité, à la date
du reclassement, de détenir dans un avenir prévisible ou jusqu’à son échéance (§ 50D).
Dans ces cas, aucun profit ou perte antérieurement comptabilisé(e) en résultat ne peut être repris(e) et
la juste valeur de l’actif financier à la date de son reclassement devient son nouveau coût ou coût
amorti.
Ces mêmes amendements autorisent l’entité à reclasser :
– hors de la catégorie des actifs disponibles à la vente et
– vers la catégorie des prêts et des créances
– les prêts et les créances qu’elle a l’intention et la capacité, à la date du reclassement, de détenir
dans un avenir prévisible ou jusqu’à son échéance (§ 50E).

1 Ces amendements ont été adoptés en urgence dès le 15 octobre 2008 par un règlement de la Commission : règlement (CE) n° 1004/2008
(JOUE L 275 du 16 octobre 2008).
S7151-F1/2 SÉRIE 02 205

Dans ce cas, tout profit ou perte antérieurement comptabilisé en « autres éléments du résultat global »
doit être :
– amorti sur sa durée de vie résiduelle, s’il s’agit d’un actif à échéance fixe, ou
– comptabilisé en résultat, s’il s’agit d’un actif n’ayant pas d’échéance fixe.

2.5 Banques et IAS 39


Les banques sont davantage concernées par l’IAS 39, puisque la quasi-totalité de leur bilan, actif et
passif, est constituée d’instruments financiers. En France, leurs normes particulières font qu’elles
enregistrent déjà leur portefeuille de titres de transaction à la juste valeur.
En revanche, en termes de couvertures, elles pratiquent généralement des macrocouvertures c’est-à-
dire apprécient globalement, sur l’ensemble du bilan, leurs risques de taux et de change et dès lors
opèrent des couvertures globales.
Or, dans une version antérieure, l’IAS 39 ne reconnaissait pas ces macrocouvertures et les assimilait à
des positions ouvertes ou spéculatives et obligeait donc à les traduire, selon le cas, dans le résultat ou
les capitaux propres.
Après de longs débats, les banques françaises et allemandes ont réussi à faire évoluer la norme dans un
sens d’acceptation des macrocouvertures notamment pour la couverture du risque du taux d’intérêt.
Néanmoins, il reste des points d’achoppement qui font que le dossier IAS 39 n’est toujours pas clos.

SECTION 3. INFORMATIONS À FOURNIR

Les IAS 32 (Instruments financiers : présentation) et IAS 39 détaillent les règles de présentation. Nous
illustrerons cet aspect des normes par la présentation qui en est faite par la société Nestlé. À la fin de
cette section, nous présentons également les exigences de IFRS 7 (Instruments financiers :
informations à fournir).

3.1 Informations sur les principes comptables


Les IAS 39 et IFRS 7 requièrent des informations sur les principes comptables appliqués par l’entité,
c’est ce que fait la société Nestlé de façon détaillée.
206 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

a. Instruments financiers

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note « Instruments financiers »


Catégories d’instruments financiers
Le groupe classe ses instruments financiers par catégories en fonction de leur nature et de
leurs caractéristiques. Les détails sur les instruments financiers par catégorie sont présentés
dans les notes.
Actifs financiers
Le groupe classe ses actifs financiers dans les catégories suivantes : prêts et créances, actifs
détenus jusqu’à échéance, actifs financiers à la juste valeur enregistrée au compte de
résultat et actifs disponibles à la vente. Les actifs financiers sont comptabilisés initialement
à leur juste valeur, en tenant compte des frais de transaction directement imputables. La
réévaluation subséquente des actifs financiers est déterminée par leur classification,
laquelle est revue à chaque date de clôture du bilan.
Les instruments dérivés incorporés dans d’autres contrats sont traités séparément en tant
que dérivés autonomes lorsque les risques qu’ils comportent et leurs caractéristiques ne
sont pas étroitement lié(e)s à ceux de leurs instruments primaires et que lesdits instruments
primaires ne sont pas valorisés à leur juste valeur.
En cas de vente d’achat ordinaire (vente ou achat opéré sur la base d’un contrat dont les
termes requièrent une livraison dans un délai fixé par voie réglementaire ou par convention
sur le marché), c’est la date de règlement qui est retenue pour la comptabilisation initiale et
la décomptabilisation subséquente.
Le groupe examine la nécessité de réévaluer la valeur de ses actifs financiers à chaque date
de clôture du bilan. Les pertes de valeur sont comptabilisées dans le compte de résultat
lorsqu’il y a évidence objective d’une perte de valeur. Elles ne sont jamais reprises, à moins
qu’elle ne se réfèrent à un instrument d’emprunt évalué à sa juste valeur et considéré
comme disponible à la vente et que l’augmentation de la juste valeur peut être liée
objectivement à un événement qui s’est produit après la reconnaissance de la perte de
valeur.
Les actifs financiers sont décomptabilisés (intégralement ou partiellement) lorsque les
droits du groupe aux flux de trésorerie desdits actifs ont expiré ou ont été transférés et que
le groupe n’est ni exposé aux risques inhérents à ces actifs ni en droit de bénéficier des
avantages qui en découlent.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 207

b. Évaluation des différentes catégories d’instruments financiers

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note « Instruments financiers »


Prêts et créances
Les prêts et les créances sont des actifs financiers non dérivés assortis de paiement
déterminés ou déterminables qui ne sont pas cotés sur un marché actif. Ce poste comprend
les trois catégories d’actifs financiers suivantes : les prêts, les clients et les autres débiteurs.
Après comptabilisation initiale, les prêts et créances sont valorisés au coût amorti selon la
méthode du taux d’intérêt effectif, déduction faite des corrections de valeur pour débiteurs
douteux.
Les corrections de valeur pour débiteurs douteux correspondent aux pertes encourues
estimées par le groupe qui résultent du manquement ou de l’incapacité des clients à
procéder aux paiements à échéance. Ces estimations sont fondées sur l’évolution des soldes
des comptes clients, les circonstances spécifiques de crédit et l’historique du groupe en
matière de débiteurs douteux.
Les prêts et créances sont en outre ventilés en actifs courants et non courants selon qu’ils
seront réalisés dans un délai de douze mois après la date du bilan ou ultérieurement.
Actifs détenus jusqu’à échéance
Les actifs détenus jusqu’à échéance sont des actifs financiers non dérivés assortis de
paiements déterminés ou déterminables et d’une échéance fixe. Le groupe recourt à cette
classification lorsqu’il a l’intention et la capacité de les détenir jusqu’à échéance et que la
revente de tels actifs est prohibée.
Après comptabilisation initiale, les actifs détenus jusqu’à échéance sont valorisés au coût
amorti, déduction faite des pertes de valeur.
Les actifs détenus jusqu’à échéance sont en outre ventilés en actifs courants et non courants
selon qu’ils arriveront à échéance dans un délai de douze mois après la date du bilan ou
ultérieurement.
Actifs financiers à la juste valeur enregistrée au compte de résultat
Le poste des actifs financiers à la juste valeur enregistrée au compte de résultat comprend
les deux catégories d’actifs financiers suivantes : les actifs destinés à être cédés et les
dérivés de négoce.
Dérivés de négoce
Les dérivés de négoce sont composés de deux catégories. La première comprend les dérivés
pour lesquels le groupe n’applique pas la comptabilité de couverture car ils ne sont pas
désignés comme instruments de couverture ou sont inefficaces en tant que tels. La
deuxième catégorie est liée aux dérivés acquis dans le but d’atteindre des objectifs
supérieurs de rendement des portefeuilles d’investissement.
Après comptabilisation initiale, les dérivés de négoce sont valorisés à leur juste valeur, et
tous les gains et les pertes, réalisés et non réalisés, sont comptabilisés directement dans le
compte de résultat. Les deux catégories de dérivés de négoce sont acquises en conformité
avec la politique de gestion des risques du groupe.
208 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

Actifs disponibles à la vente


Les actifs disponibles à la vente comprennent les instruments financiers non dérivés qui
sont désignés en tant que tels lors de leur comptabilisation initiale ou qui ne sont classés
dans aucune des autres catégories d’actifs financiers. Ce poste comprend notamment les
catégories d’actifs financiers suivantes : les liquidités et équivalents de liquidités, les billets
de trésorerie (Commercial paper) et les dépôts à terme.
Après comptabilisation initiale, les actifs disponibles à la vente sont évalués à leur juste
valeur. Tous les gains et les pertes non réalisés sont enregistrés dans les fonds propres
jusqu’à la vente de l’actif. Lors de la cession, ces ajustements de valeur sont comptabilisés
au compte de résultat.
Les intérêts sur les actifs disponibles à la vente sont calculés selon la méthode du taux
d’intérêt effectif et sont imputés comme produits des intérêts au coût financier net dans le
compte de résultat.
Les actifs disponibles à la vente sont en outre ventilés en actifs courants et non courants selon
qu’ils seront réalisés dans un délai de douze mois après la date du bilan ou ultérieurement.
Dettes financières évaluées au coût amorti
Les dettes financières sont comptabilisées initialement à la juste valeur de la contrepartie
reçue, déduction faite des frais de transaction directement imputables.
Après comptabilisation initiale, les dettes financières sont évaluées au coût amorti, à moins
qu’elles ne fassent l’objet d’une couverture de juste valeur (voir Couvertures de juste
valeur). La différence entre la valeur comptable initiale des dettes financières et leur valeur
de remboursement est comptabilisée dans le compte de résultat pour la durée du contrat
selon la méthode du taux d’intérêt effectif. Ce poste comprend les quatre catégories de
dettes financières suivantes : les fournisseurs et autres créanciers, les billets de trésorerie,
les emprunts obligataires et les autres dettes financières.
Les dettes financières évaluées au coût amorti sont en outre ventilées en passifs courants et
non courants selon qu’elles arriveront à échéance dans un délai de douze mois après la date
du bilan ou ultérieurement.
Les dettes financières sont décomptabilisées (intégralement ou partiellement) lorsque le
groupe est libéré de son obligation ou lorsque celle-ci expire, est annulée ou remplacée par
une nouvelle dette assortie de conditions significativement modifiées.
Instruments financiers dérivés
Un dérivé est un instrument financier dont la valeur varie en fonction de la valeur de son
sous-jacent, qui requiert un investissement initial net nul ou faible et qui est réglé à une date
future. Les dérivés sont utilisés principalement pour gérer les risques de change, de taux
d’intérêt et de prix des matières premières. Certains dérivés sont également utilisés dans le
but de gérer le rendement de portefeuilles de titres négociables, mais de tels dérivés sont
uniquement acquis avec des actifs financiers sous-jacents. La classification des dérivés est
déterminée lors de la comptabilisation initiale et fait l’objet d’un contrôle régulier.
Les dérivés sont comptabilisés initialement à leur juste valeur, en tenant compte des frais de
transaction directement imputables. Ils sont réévalués subséquemment à leur juste valeur à
intervalles réguliers et au moins à chaque date de clôture du bilan. La juste valeur des
dérivés cotés en bourse se fonde sur les prix respectifs du marché, tandis que la juste valeur
des dérivés négociés hors bourse s’appuie sur des modèles mathématiques reconnus basés
sur des données du marché et des hypothèses. Les dérivés sont valorisés comme actifs
lorsque leur juste valeur est positive et comme passifs lorsque leur juste valeur est négative.
Les gains ou les pertes résultant d’un changement de la juste valeur de dérivés qui ne
remplissent pas les conditions requises pour appliquer les traitements de comptabilité de
couverture sont comptabilisé(e)s directement dans le compte de résultat.
Le recours aux dérivés est régi par les politiques du groupe approuvées par le conseil
d’administration, lequel établit des principes sur l’utilisation des dérivés en conformité avec
la stratégie globale de gestion des risques du groupe.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 209

3.2 Informations particulières relatives aux fonds propres


L’IAS 39 requiert la comptabilisation dans les fonds propres de certaines variations de valeur. C’est le
cas de Nestlé.
ILLUSTRATION

Nestlé 2007, État des profits et pertes comptabilisés au bilan (extrait)


En millions de CHF Capital Primes à Réserve Écarts de Bénéfices Moins : Total des
action l’émission pour conversion accumulés propres fonds propres •••
propres actions attribuables
actions aux
actionnaires
de la
sté mère
Bénéfice de la période 10 649 10 649
comptabilisé au compte de
résultat

Écarts de conversion (1 097) (1 097)


Ajustements à la juste valeur
des instruments financiers
destinés à la vente
– Résultats non réalisés (15) (15)
– Reprise de résultats réalisés (18) (18)
au compte de résultat

Ajustements à la juste valeur


des couvertures de flux de
trésorerie
– Inscrits dans la réserve de 94 94
couverture
– Repris de la réserve de (168) (168)
couverture
• • •
• • •
• • •
Profits et pertes comptabilisés directement dans les fonds propres (1 097) (129) (1 226)
Total des profits et pertes comptabilisés au bilan pour l’exercice (1 097) 10 520 9 423
2007

On voit dans ce tableau que les pertes latentes non comptabilisées dans le résultat s’élèvent à
15 millions de CHF, il s’agit de titres disponibles à la vente (available for sale) ; de même, il existe
94 millions de CHF de gains latents sur couvertures de flux de trésorerie.
Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, le bénéfice net de l’exercice (10 649 millions de CHF)
passe à 9 423 ; ce « résultat global » correspond au concept de résultat global de IAS 1, § 81.

3.3 IFRS 7 : Instruments financiers : Informations à fournir


a. Introduction
La norme IFRS 7 est applicable depuis le 1er janvier 2007. Elle intègre des éléments auparavant inclus
dans IAS 30 (supprimée) et IAS 32 ainsi que quelques nouveautés en terme d’informations à fournir.
Puisque cette norme est exclusivement réservée aux informations à publier concernant les instruments
financiers, l’objectif des paragraphes suivants n’est pas de reproduire la totalité des exigences mais de
les présenter de manière synthétique.
210 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

IFRS 7 est principalement divisée en deux parties. La première, intitulée « Importance des instruments
financiers au regard de la situation et de la performance financières », demande la publication
d’informations qui sont proprement dites comptables : méthodes comptables, informations sur des
valeurs comptables au bilan et au compte de résultat, etc. La deuxième partie de IFRS 7, « Nature et
ampleur des risques découlant des instruments financiers », va au-delà de la comptabilisation des
instruments financiers et prescrit des informations diverses concernant la gestion des risques inhérents
aux instruments financiers.

b. Informations concernant la comptabilisation des instruments financiers


Les informations à fournir concernent le bilan, le compte de résultat et/ou l’annexe et doivent
permettre aux utilisateurs des états financiers « d’évaluer l’importance des instruments financiers au
regard de la situation et de la performance financières » (IFRS 7 § 7) de l’entité.
1. Informations concernant le bilan
L’entité doit fournir des informations dans les domaines suivants selon IFRS 7 § 8 à 19 :
a. Catégories d’actifs et de passifs financiers
Au bilan ou en annexe, les différentes catégories d’instruments financiers doivent être indiquées :
– actifs financiers (et idem pour les passifs) évalués en juste valeur en contrepartie du résultat en
distinguant les instruments désignés comme tels et ceux détenus à des fins de transaction ;
– les placements détenus jusqu’à leur échéance ;
– les prêts et créances ;
– les actifs financiers disponibles à la vente et
– les passifs financiers évalués au coût amorti.

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note 18, Instruments financiers


Actifs et passifs financiers
En millions de CHF 2007 2006

Disponibilités 9 496 11 475


Clients et autres débiteurs 15 421 14 577
Actifs financiers non courants 4 213 2 778
Instruments financiers dérivés actifs 754 556
Total des actifs financiers 29 884 29 386

Fournisseurs et autres créanciers 14 179 12 572


Passifs financiers courants 25 541 15 494
Passifs financiers non courants 6 129 6 952
Instruments financiers dérivés passifs 477 470
Total des passifs financiers 45 326 35 488

Position financière nette (15 442) (6 102)


S7151-F1/2 SÉRIE 02 211

Par catégorie
En millions de CHF 2007 2006

Prêts et créances 15 927 14 714


Actifs destinés à être cédés 1 510 445
Instruments financiers dérivés actifs 754 556
Actifs disponibles à la vente 11 693 13 671
Total des actifs financiers 29 884 29 386

Dettes financières évaluées au coût amorti 39 271 29 144


Dettes financières évaluées à la juste valeur en comptabilité de couverture 5 578 5 874
Instruments financiers dérivés passifs 477 470
Total des passifs financiers 43 326 35 488

Position financière nette (15 442) (6 102)


Le groupe n’applique pas l’option de la juste valeur
b. Actifs ou passifs financiers en juste valeur en contrepartie du résultat
Il y a des informations à fournir si des prêts ou créances ou un passif financier ont été classé(e)s dans
cette catégorie. Par exemple : le montant du changement de la juste valeur de ces types d’instruments
financiers pendant l’année et cumulé qui est lié aux changements du risque de crédit ; l’exposition
maximale au risque de crédit du prêt ou de la créance à la date de clôture ; la différence entre la valeur
comptable et le montant à payer à l’échéance pour les passifs financiers, etc.
c. Reclassement
Les montants et les motifs d’éventuels reclassements entre les instruments financiers évalués à la juste
valeur et ceux évalués au coût (amorti).
d. Décomptabilisation
En cas de transfert d’actif financier qui ne remplit pas toutes les conditions de décomptabilisation de
IAS 39, il convient d’indiquer, entre autres, la nature des actifs et la nature des risques et avantages de
ces actifs auxquels l’entité reste exposée.
e. Instruments de garantie
Les informations à fournir concernent les garanties donnés et reçues : la valeur comptable des actifs
financiers donnés en garantie et la juste valeur des garanties détenues ; les termes et conditions des
garanties accordées et de l’utilisation des garanties obtenues, etc.
f. Compte de correction de valeur pour pertes de crédit
Lorsqu’une dépréciation sur un actif financier en raison d’un risque de crédit est comptabilisée dans
un compte de correction distinct et non pas directement en réduction de l’actif concerné, un
rapprochement des variations de ce compte pendant l’exercice doit être fourni.
g. Instruments financiers composés comprenant de multiples dérivés incorporés
Pour leur comptabilisation, les instruments composés, par exemple les obligations convertibles,
doivent être séparés dans leurs composantes capitaux propres et dettes. Parfois, ces instruments
composés peuvent comporter plusieurs dérivés incorporés dont les valeurs sont interdépendantes.
L’existence de ces multiples dérivés doit être indiquée.
h. Défaillances et inexécutions
Concernant ses emprunts, l’entité doit donner des informations sur tout défaut de paiement (principal,
intérêts) au cours de l’exercice, la valeur comptable des emprunts concernés et si le défaut a été réparé
ou l’emprunt renégocié. Il convient d’informer de manière similaire au cas où un autre type de
manquement a permis au prêteur d’exiger le remboursement anticipé (sauf si le manquement a été
réparé). Un exemple serait le non-respect de « dettes covenants » qui sont généralement des ratios
comptables imposés par le créancier.
212 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

2. Informations concernant le compte de résultat et les capitaux propres


L’entité doit fournir soit dans ses états financiers soit en annexe des informations dans les domaines
suivants selon IFRS 7 § 20 :
– les profits et pertes nettes séparément pour les différentes catégories d’instruments financiers, en
indiquant pour les actifs et passifs financiers évalués en juste valeur en contrepartie du résultat les
profits et pertes relatifs aux instruments désignés comme tels et les profits et pertes relatifs aux
instruments détenus à des fins de transaction. Par ailleurs, il convient de publier séparément les
profits et pertes lié(e)s aux actifs financiers disponibles à la vente comptabilisés en « autres
éléments du résultat global » et le montant des capitaux propres « recyclés » et comptabilisés en
résultat de la période ;
– le produit et la charge d’intérêt total pour les actifs et passifs financiers qui ne sont pas évalués en
juste valeur en contrepartie du résultat ;
– les produits et charges de commissions liés aux actifs et passifs financiers qui ne sont pas évalués
en juste valeur en contrepartie du résultat et ceux liés aux activités de fiducie ou activités
analogues ;
– les produits d’intérêts courus sur des actifs financiers dépréciés ;
– le montant des pertes de valeur pour les différentes catégories d’actif financier.
3. Autres informations sur les instruments financiers
À part des informations sur les bases d’évaluation appliquées aux instruments financiers (IFRS 7
§ 21), la comptabilité de couverture et la juste valeur sont traitées dans cette partie (IFRS 7 § 22 à 30).
Concernant la comptabilité de couverture, il convient de publier, entre autres :
– pour chaque type de couverture : description de chaque type, description des instruments de
couverture et leurs justes valeurs et la nature des risques couverts ;
– pour les couvertures de flux de trésorerie, entre autres : les périodes au cours desquelles on s’attend
à ce que les flux se réalisent et influencent le résultat, le montant comptabilisé en « autres éléments
du résultat global » et le montant reclassé depuis les capitaux propres soit en résultat de la période,
soit en coût d’acquisition d’un actif ou passif non financier ;
– pour les couvertures de juste valeur : les profits et pertes sur l’instrument de couverture et l’élément
couvert.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 213

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note « Instruments financiers »


Comptabilité de couverture
Le groupe désigne et documente certains dérivés comme instruments de couverture pour
couvrir des ajustements de juste valeur d’actifs et passifs comptabilisés (couvertures de
juste valeur), des transactions prévues hautement probables (couvertures de flux de
trésorerie) et des couvertures d’investissements nets dans des entités étrangères
(couvertures d’investissements nets). L’efficacité des couvertures est démontrée au moment
de l’émission et vérifiée à intervalles réguliers, au moins une fois tous les trimestres, à
l’aide de tests prospectifs et rétrospectifs.
Couvertures de juste valeur
Le groupe utilise les couvertures de juste valeur pour atténuer les risques de change et de
taux d’intérêt liés à ses actifs et passifs comptabilisés.
Les gains ou les pertes résultant de la réévaluation des instruments de couverture sont
enregistré(e)s dans le compte de résultat. L’évaluation à la juste valeur des éléments du
bilan sous-jacents est effectuée en tenant compte du risque couvert, le gain ou la perte étant
comptabilisé(e) dans le compte de résultat.
Couvertures des flux de trésorerie
Le groupe utilise les couvertures de flux de trésorerie pour atténuer les risques de change
liés aux transactions prévues hautement probables telles que les ventes à l’exportation, les
achats d’équipements et de matières premières ainsi que les fluctuations de paiements et
d’encaissements d’intérêts.
Le gain ou la perte dû(ue) à l’évaluation des instruments de couverture à leur juste valeur
est comptabilisé(e) dans les fonds propres si la couverture des risques est efficace. Dans le
cas où celle-ci est reconnue comme inefficace, la part inefficace de variation de juste valeur
est enregistrée immédiatement dans le compte de résultat. Lorsqu’un actif ou un passif non
financier, résultant d’une transaction future couverte, est comptabilisé au bilan, les gains ou
les pertes sur l’instrument de couverture précédemment enregistré(e)s aux fonds propres
sont transféré(e)s au coût d’acquisition de l’actif ou du passif susmentionné. Dans le cas
contraire, les ajustements de juste valeur inclus précédemment dans les fonds propres sont
transférés au compte de résultat lors de la comptabilisation du sous-jacent.
Couvertures d’investissements nets
Le groupe utilise les couvertures d’investissements nets pour réduire l’exposition aux
risques de change sur les investissements nets dans des sociétés affiliées.
Le gain ou la perte résultant de l’évaluation des instruments de couverture à leur juste
valeur est comptabilisé(e) directement dans les fonds propres en même temps que les gains
ou les pertes sur la conversion des monnaies étrangères des investissements couverts. Ces
modifications de juste valeur sont enregistrées dans les fonds propres jusqu’à la vente ou la
sortie de l’investissement net.
214 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note 9, Instruments financiers dérivés actifs et passifs


2007 2006
Montants Juste Juste Montants Juste Juste
contractuels valeur des valeur contractuels valeur valeur
ou notionnels actifs des ou des des
passifs notionnels actifs passifs
Couvertures de juste valeur
Contrats de change à terme, futures et swaps 5 282 35 64 1 972 8 43
Contrats de couverture de taux d’intérêts, 2 844 73 2 3 421 34 10
futures et swaps
Swaps de devises et de taux d’intérêts 2 904 250 - 2 799 106 24

Couvertures des flux de trésorerie


Contrats de change à terme, futures et swaps 2 494 50 44 1 959 27 25
Options sur devises 82 5 7 138 9 -
Contrats de couverture de taux d’intérêts, 4 849 22 74 5 312 67 27
futures et swaps
Futures sur matières premières 386 22 5 639 47 33
Options sur matières premières 80 8 3 149 14 12

Couvertures d’investissements nets des 3 889 118 114 2 158 18 141


entités étrangères (contrats de change à terme,
futures et swaps)

Négoce
Contrats de change à terme, futures, swaps et 2 065 13 - 13
options 1 359 9
Swaps de devises et de taux d’intérêts 3 357 133 135 3 411 181 106
Contrats de couverture de taux d’intérêts, 3 651 17 22 3 946 24 33
futures, swaps et options
Futures et options sur matières premières 69 8 7 211 8 7
31 952 754 477 27 474 556 470
Dont déterminés à l’aide de modèles 716 462 487 418
mathématiques
Certains instruments dérivés, bien qu’en conformité avec la politique de gestion des risques financiers du groupe de gérer les
risques de la volatilité des marchés financiers, ne remplissent pas les conditions requises pour appliquer les traitements de
comptabilité de couverture et sont en conséquence classifiés comme des instruments dérivés de négoce.

Commentaires :
– Le tableau ventile les instruments dérivés selon leur fonction, conformément aux normes :
couverture de juste valeur, de flux de trésorerie, d’investissements (pour ces trois premières
catégories de dérivés, la comptabilisation obéit au principe de symétrie) et négoce (c’est-à-dire de
transaction ou encore de trading ; cette partie des dérivés est destinée à la réalisation de profits et
non, comme les trois premières, à des couvertures). Pour la partie de négoce, les plus- ou moins-
values mêmes latentes doivent être comptabilisées dans le résultat.
– La juste valeur des dérivés actifs figure à l’actif du bilan avec 754 millions de CHF et celle des
dérivés passifs au passif pour 477 millions de CHF. Mais le tableau informe sur la juste valeur des
instruments et le montant des capitaux concernés par la couverture. Ainsi, pour la première ligne, la
juste valeur des instruments (probablement des swaps de devises) est de 35 millions de CHF à
l’actif et 64 millions de CHF au passif mais les capitaux (actifs ou passifs) couverts s’élèvent eux à
5 282 millions de CHF.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 215

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note 9, Impact sur le compte de résultat des couvertures de juste valeur
En millions de CHF 2007 2006

Sur des éléments couverts (127) 132


Sur des instruments de couverture 94 (105)
Part inefficace des gains/(pertes) enregistrée dans le compte de résultat
En millions de CHF 2007 2006

Sur des couvertures de flux de trésorerie 2 (1)


Sur des couvertures d’investissements nets 4 (4)

En ce qui concerne la juste valeur, IFRS 7 demande d’indiquer, entre autres :


– la juste valeur de chaque catégorie d’actifs et passifs financiers (sauf exceptions ; par exemple les
créances clients et dettes fournisseur) afin de pouvoir la comparer avec les valeurs comptables ;
– les méthodes et hypothèses appliquées dans la détermination de la juste valeur de chaque catégorie
d’actif ou passif financier ;
– si les justes valeurs sont déterminées en utilisant des prix publics sur un marché actif ou des
estimations selon une technique de valorisation ;
– des informations au cas où le marché d’un instrument financier n’est pas actif.

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note « Instruments financiers »


Juste valeur
Le groupe détermine la juste valeur de ses instruments financiers sur la base des prix de
marché pour les instruments cotés et des techniques de valorisation largement reconnues
pour les autres instruments.
Ces dernières incluent des techniques d’actualisation des flux de trésorerie, des modèles de
valorisation standard basés sur des paramètres de marché, des avis de courtiers pour des
instruments similaires et l’utilisation de transactions comparables réalisées dans des
conditions de concurrence normale.
Lorsque la juste valeur d’instruments non cotés ne peut être évaluée avec une fiabilité
suffisante, le groupe valorise de tels instruments au coût, déduction faite des pertes de
valeur, si applicable.

c. Informations concernant la gestion des risques inhérents aux instruments financiers


Dans cette partie, une entité doit publier des informations permettant aux utilisateurs des états
financiers d’évaluer la nature et l’ampleur de son exposition aux risques liés aux instruments
financiers (IFRS 7 § 31). On peut distinguer des informations qualitatives, des informations
quantitatives générales par type de risque et des informations quantitatives spécifiques par type de
risque.
1. Les informations qualitatives (IFRS 7 § 33)
Cette partie comprend le rapport (général) sur la gestion des risques, à savoir :
– les expositions aux risques et comment celles-ci surviennent ;
– les objectifs, politiques et procédures de gestion ainsi que les méthodes de mesure du risque et
– tout changement des deux premiers par rapport à l’exercice précédent.
216 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note 19, Risques financiers


Dans le cadre de ses activités opérationnelles, le groupe est exposé à un certain nombre de
risques financiers, à savoir le risque de crédit, le risque de liquidité, le risque de marché (y
compris les risques de change et de taux d’intérêt), le risque de prix des matières premières
et d’autres risques (tels que les risques de cours et de règlement). Cette note présente les
objectifs, les politiques et les processus poursuivis par le groupe pour gérer son risque
financier et son capital.
La gestion du risque financier fait partie intégrante de la gestion du groupe. Le conseil
d’administration définit la politique financière et l’administrateur délégué en établit les
objectifs. En outre, un Asset and Liability Management Committee (ALMC) (Comité de
gestion des actifs et passifs financiers), sous la supervision du directeur financier, est
responsable de la définition des stratégies financières qui sont ensuite appliquées par la
Trésorerie centrale, les centres de trésorerie régionaux et, dans certains cas spécifiques, les
sociétés affiliées. Les activités de la Trésorerie centrale et des centres de trésorerie
régionaux sont supervisées par un Middle Office indépendant qui est chargé de vérifier la
conformité des stratégies proposées et/ou des opérations effectuées selon les règles et
limites fixées par l’ALMC. Les directives de gestion de trésorerie, approuvées par les
instances ci-dessus, définissent et classifient les risques et déterminent, par catégories de
transactions, les procédures d’autorisations spécifiques, de limites et de contrôle. En accord
avec les politiques susmentionnées, le groupe s’engage dans des transactions d’instruments
dérivés uniquement dans le cadre de transactions d’actifs ou de passifs, ou de transactions
anticipées.

2. Les informations quantitatives générales (IFRS 7 § 34 et 35)


Pour chaque type de risque lié aux instruments financiers utilisés, l’entité doit publier des informations
quantitatives sur l’exposition au risque à la clôture de l’exercice. Ces informations doivent être les
mêmes que celles fournies en interne au management. Si ces informations (ou les informations
spécifiques ci-dessous) ne font pas ressortir les concentrations de risque, elle doit être indiquée
séparément. Un complément d’informations doit aussi être publié si la situation de risque à la date de
clôture n’est pas représentative de l’exposition pendant l’exercice. Souvent les entités présentent une
exposition sur toute l’année, une exposition moyenne ou encore l’exposition maximale et minimale
pendant l’exercice.
3. Les informations quantitatives spécifiques (IFRS 7 §§ 36 à 42)
IFRS 7 distingue expressément le risque de crédit, le risque de liquidité et le risque de marché, même
si ses dispositions ne se limitent pas à ceux-ci. Pour ces trois catégories de risque, la norme prescrit un
peu plus en détail des informations quantitatives complémentaires à publier.
Concernant le risque de crédit, une entité doit publier par catégorie d’instruments financiers :
– le montant représentatif de l’exposition maximale au risque de crédit à la date de clôture sans
considération des garanties éventuelles ; celles-ci sont fournies séparément ;
– des informations sur la qualité du crédit des actifs financiers sains ;
– la valeur comptable des actifs financiers sains parce que leurs conditions ont été renégociées ;
– pour les actifs financiers en impayés ou dépréciés : une analyse d’âge des actifs financiers en
souffrance mais non dépréciés, une analyse des actifs financiers individuellement dépréciés et
comment cette dépréciation a été déterminée, une description des garanties détenues ou de tout
autre rehaussement de crédit pour ces actifs et leur juste valeur ;
– en ce qui concerne les garanties obtenues et comptabilisées dans les états financiers de l’entité, leur
nature et valeur comptable ainsi que la politique concernant leur cession ou utilisation si les actifs
en question ne sont pas immédiatement convertibles en trésorerie.
S7151-F1/2 SÉRIE 02 217

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note 19, Risques financiers


Risque de crédit
Gestion du risque de crédit
Le risque de crédit représente le risque qu’une contrepartie ne remplisse pas ses
engagements. Le groupe est exposé au risque de crédit afférent aux instruments financiers
tels que les disponibilités, les instruments financiers dérivés actifs et les portefeuilles de
créances commerciales.
L’objectif du groupe est de fixer des limites de crédit sur la base de la valeur de la
contrepartie en tenant compte de la probabilité de défaut de cette dernière. Les limites de
contrepartie sont définies à l’aide de la valeur de l’entreprise (VE), pour autant qu’elle soit
disponible, et des notations de crédit (NC) attribuées à la contrepartie. L’évolution des
limites ainsi que celle de la VE et des NC font l’objet d’un contrôle permanent.
Le groupe évite de concentrer les risques de crédit sur ses disponibilités en les répartissant
sur plusieurs secteurs et institutions.
Notation du risque de crédit des actifs financiers (hors prêts et créances)

En millions de CHF 2007 2006


Investissements notés A et plus 13 119 14 013
Investissements notés BBB+, BBB et BBB– 416 186
Investissements avec une notation inférieure à 160 70
BBB (BB+ et inférieur)
Sans notation 262 403
13 957 14 672

La source des notations de crédit est principalement Standard & Poor’s ou, à défaut, les
notations équivalentes produites par Moody’s et Fitch’s. Le groupe traite essentiellement
avec des établissements financiers situés en Suisse, dans l’Union européenne et en
Amérique du Nord.
Dans toutes les sociétés affiliées, les créances commerciales sont soumises à des limites de
crédits et à des procédures de contrôle et d’approbation. En raison de sa répartition
géographique et du nombre de ses clients, le groupe n’est pas exposé à des concentrations
significatives de risque de crédit sur ses créances commerciales (voir note 8).
218 COMPTABILITÉ INTERNATIONALE S7151-F1/2

ILLUSTRATION

Nestlé 2007, note 8, Clients et autres débiteurs

En millions de CHF 2007 2006


Clients 12 025 11 693
Autres débiteurs 3 396 2 884
15 421 14 577
Les cinq principaux clients du groupe représentent 9 % (2006 : 8 %) des comptes clients et autres débiteurs,
aucun d’eux n’excédant 3 %

Créances échues et débiteurs douteux 2007 2006


En millions de CHF
12 708 1 772
Non échues
Échues depuis 1-30 jours 1 638 1 619
Échues depuis 31-60 jours 396 404
Échues depuis 61-90 jours 177 188
Échues depuis 91-120 jours 150 208
Échues depuis plus de 120 jours 858 839
Correction de valeur pour débiteurs douteux (506) (453)
15 421 14 577

Correction de valeur pour débiteurs douteux 2007 2006


En millions de CHF
453 491
Au 1er janvier
Différences de conversion 3 2
Correction de valeur de la période