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CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA

CONSOLIDATION
Les comptes consolidés ont pour but de donner une image globale de l’activité et de la
situation d’un ensemble de sociétés qui, bien que juridiquement indépendantes, sont soumises à une
unité de direction et constituent ainsi une entité économique.

Toute entité, qui a son siège social ou son activité principale dans l'un des Etats parties et
qui contrôle de manière exclusive ou conjointe une ou plusieurs autres entités, doit établir et publier
chaque année les états financiers consolidés de l'ensemble constitué par toutes ces entités ainsi qu'un
rapport sur la gestion de cet ensemble.

Les entités qui n'exercent qu'une influence notable sur une ou plusieurs entités n'ont pas
l'obligation d’établir et de publier des comptes consolidés.

En revanche, dès lors qu'il y a obligation d'établir des comptes consolidés, les entités sous
influence notable sont incluses dans le périmètre de consolidation.

Le bilan consolidé et le compte de résultat consolidé de cet ensemble de sociétés sont


présentés comme s’il s’agissait du bilan et du compte de résultat d’une seule entreprise. Les comptes
des différentes sociétés sont regroupés en appliquant l’une des trois méthodes :
 intégration globale,
 intégration proportionnelle,
 mise en équivalence,
selon le degré de dépendance des sociétés consolidées à l’égard de la société dominante.

Les entités dominantes de l'espace juridique formé par les Etats parties de l’OHADA qui
sont, elles-mêmes, sous le contrôle d'une autre entité de cet espace, soumise à une obligation de
consolidation, sont dispensées de l'établissement et de publication d'états financiers consolidés.

Toutefois, cette exemption ne peut être invoquée dans les trois cas suivants :

 si les deux entités ont leur siège social dans deux régions différentes de l'espace
OHADA ;
 si l'entité fait appel public à l'épargne;
 si des états financiers consolidés sont exigés par un ensemble d’associés, d'actionnaires ou de
membres représentant au moins le dixième du capital de l’entité l'entreprise dominante.

Les « régions de l'espace OHADA » s'entendent des ensembles économiques


institutionnalisés formés par plusieurs Etats-parties telles la Communauté Economique et Monétaire
de l'Afrique Centrale, l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, la R. D. Congo, Comores et
la Guinée.
Sont dispensés de l’établissement et de la publication d’états financiers consolidés, les
ensembles d'entités dont le chiffre d'affaires ne dépasse, pendant deux exercices successifs un total
hors taxes : 500 000 000 FCFA ou l’équivalent dans l’unité monétaire ayant cours légal dans l’Etat
partie (art 95, alinéa 1 de l’Acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière).
Cette limite est établie sur la base des états financiers arrêtés des deux derniers exercices
des entités incluses dans la consolidation (art 95, alinéa 2 de l’Acte uniforme relatif au droit comptable
et à l’information financière).

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I- INTRODUCTION ET DEFINITIONS

A) Les groupes de sociétés

1- Définition des groupes

Un groupe est un ensemble de sociétés qui :

- ont chacune une personnalité juridique autonome ;


- mais sont soumises à une unité de direction.

La société dont les dirigeants détiennent le pouvoir de décision est la société mère. Elle
contrôle les autres sociétés du groupe (ou filiales). Le contrôle peut être défini comme « le pouvoir de
décider de la politique financière et de l’activité d’une entreprise de façon à en retirer des profits ». La
société mère assure généralement son contrôle par la détention de la majorité des droits de vote dans
les assemblées générales des sociétés filiales.

Remarque :
L’ensemble dont les comptes sont consolidés s’étend au-delà du groupe au sens strict
puisque la consolidation englobe des sociétés où la société mère n’est pas majoritaire mais où elle
détient, néanmoins, une influence notable.

2- La nature des liens entre la société mère et les sociétés du groupe

Participation réciproque
Participation directe Participation indirecte Participation circulaire
(ou croisée)

M1 M1 M1 M1
F3
F2 F2 F2 F2

F3

Participation directe de Participation indirecte Participation croisée entre Participation circulaire


M1 dans F2 de M1 dans F3 par M1 et F2 entre M1, F2 et F3
l’intermédiaire de F2

1- Il est interdit à une société F2 de posséder des actions d’une société M1 si la société M1 détient une
participation supérieure à 10% dans le capital de la société F2.
2- Il y a autocontrôle si une société M1 détient une fraction de son propre capital sur l’effet d’une participation
circulaire. Les actions d’autocontrôle (actions de M1 détenue par F3) sont privées du droit de vote.

3- Le pourcentage d’intérêts et le pourcentage de contrôle

Le pourcentage d’intérêts de la société mère dans une filiale exprime la fraction du


patrimoine de la filiale qui appartient directement ou indirectement à la société mère. Le pourcentage
de contrôle de la société mère dans une filiale exprime le nombre de droits de vote dont dispose la
société mère à l’assemblée générale de la filiale.

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Calcul des pourcentages de M1 dans F3
Exemple A Exemple B Exemple C

M1 M1 M1
55% 55% 20% 40%
Organigramme F2 F2 40% F2
70% 30% 30%
F3 F3 F3
Pourcentage 55% * 70% = Directement 40% Directement 40%
d’intérêt de M1 dans 38.5%
F3 Indirectement Indirectement
55% x 30%……. 16,5% 20% x 30% 6%
Total……………………. 56,5% Total……………………. 46%
Indirectement Directement 40% Directement 40%
70% Indirectement 30% Indirectement néant
Pourcentage de M1 contrôle F2 et Total……………………. 70% Total……………………. 40%
contrôle de M1 dans détient donc M1 contrôle F2 et détient Le pourcentage de 20% est trop faible
F3 indirectement donc indirectement 30% des pour assurer le contrôle de F2. Les votes
70% des votes votes dans F3 de F2 à l’assemblée de F3 ne sont donc
dans F3 pas contrôlés par M1.

NB :
Il est interdit à une société F2 de posséder des actions d’une société M1 si la société M1 détient une
participation supérieure à 10% dans le capital de la société F2.

Il y a autocontrôle si une société M1 détient une fraction de son propre capital sur l’effet d’une
participation circulaire. Les actions d’autocontrôle (actions de M1 détenue par F3) sont privées du
droit de vote.

À défaut d’accord entre les sociétés intéressées pour régulariser la situation, celle qui détient la
fraction la plus faible du capital de l’autre doit céder ses actions ou ses parts sociales. Si les
participations réciproques sont de même importance, chacune des sociétés doit réduire la sienne, de
telle sorte qu’elle n’excède pas dix pour cent (10%) du capital de l’autre.

II- PERIMETRE DE CONSOLIDATION

Le périmètre de consolidation d’un groupe définit les sociétés dont les comptes doivent
être inclus dans les comptes consolidés du groupe.

Les sociétés sur lesquelles la société mère exerce directement ou indirectement un


contrôle exclusif, un contrôle conjoint ou une influence notable, sont incluses dans le périmètre de
consolidation.
A) L’inclusion dans le périmètre de consolidation

1- Le contrôle exclusif
Le contrôle exclusif est le pouvoir de diriger les politiques financière et opérationnelle d’une
entreprise afin de tirer avantage de ses activités. Il résulte d’un contrôle de droit, d’un contrôle de fait
ou d’un contrôle contractuel.

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a) Contrôle de droit

Il y a contrôle de droit quand le pourcentage de contrôle directe ou indirecte de la société dominante


dans la filiale est supérieur à 50%.

b) Contrôle de fait

Il y a contrôle de fait quand la société dominante désigne, pendant deux exercices


consécutifs, la majorité des membres des organes de direction ou d’administration.

Le contrôle de fait est présumé quand la société dominante dispose directement ou indirectement,
pendant deux exercices, d’un pourcentage de contrôle supérieur à 40% (et qu’aucun autre associé ne
détient une fraction du capital supérieure à celle de la société dominante). La dispersion du capital
entre de nombreux « petits porteurs » facilite le contrôle de fait.

c) Contrôle contractuel

Il y a contrôle contractuel lorsqu’il y a le droit d’exercer une influence dominante en vertu d’un
contrat ou de clauses statutaires si le droit applicable le permet ; l’influence dominante existe dès lors
que, dans les conditions décrites ci-dessus, l'entité consolidante a la possibilité d'utiliser ou d'orienter
l'utilisation des actifs de la même façon qu’elle contrôle ses propres actifs.

Remarque : Une entité ad hoc est une structure juridique distincte, créée spécifiquement pour
gérer une opération ou un groupe d’opérations similaires pour le compte d’une entité. L’entité
ad hoc est structurée ou organisée de manière telle que son activité n’est en fait exercée que
pour le compte de cette entité, par mise à disposition d’actifs ou fourniture de biens, de
services ou de capitaux. Par exemple, seront considérées comme des entités ad hoc, des
entités dont l'activité consiste :

 à gérer des placements des salariés dans le cadre d'un plan épargne entreprise;
 à réaliser des travaux de recherche et de développement pour le compte d'une entité qui
assume les risques liés à cette activité.
Si les conditions du contrôle exclusif sont réunies, l’entité ad hoc est comprise dans le périmètre
de consolidation.

2- Le contrôle conjoint

Le contrôle conjoint est le partage du contrôle d’une entreprise exploitée en commun par un nombre
limité d’associés ou d’actionnaires.

Les politiques financière et opérationnelle sont décidées d’un commun accord entre les sociétés
exerçant le contrôle conjoint et aucune d’entre elles n’est susceptible d’imposer ces décisions aux
autres. Un contrat doit définir et organiser le contrôle conjoint de l’entreprise exploitée en commun.

3- L’influence notable
L’influence notable est le pouvoir de participer aux politiques financière et opérationnelle d’une
entreprise sans en détenir le contrôle. L'influence notable peut notamment résulter d'une représentation
dans les organes de direction, de la participation aux décisions stratégiques, de l'existence d'opérations
inter-entités importantes, de l'échange de personnel de direction, de liens de dépendance technique.

Elle est présumée lorsque la société dominante dispose d’un pourcentage de contrôle au moins égal à
20% dans une entreprise

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Exemple : L’organigramme du groupe M1 est présenté ci-dessous.

M1
50% P
50%
80% 45% F 8
33%
15%
F2
15% 18%
F4 F6
25%
80%
F3

F5 F7

Légende : Contrôle Contrôle Influence Hors


Exclusif conjoint notable consolidation

- 25% des actions de la société F3 sont des actions à dividende prioritaire sans droit de
vote détenus par d’autres actionnaires que les sociétés M1 et F2,
- la participation de la société M1 dans la société F6 est détenue depuis cinq ans et
aucun autre actionnaire ne détient dans F6 une participation supérieure à 45%,
- la société F8 est gérée d’un commun accord entre la société M1 et la société P et
exploitée en commun par ces deux sociétés.

B) L’exclusion du périmètre de consolidation

Il est prévu deux cas d’exclusion obligatoire du périmètre de consolidation et deux cas
d’exclusion facultative.

1- Exclusion obligatoire

Une entreprise dépendante doit être laissée en dehors de la consolidation quand :


 les actions ou les parts de la filiale sont détenues, dès leur acquisition, uniquement en
vue d’une cession ultérieure ;
Exemple : Convention de portage par laquelle une entreprise a l’obligation d’acheter
des titres à un porteur au terme d’une période et à un prix déterminé à l’avance, ce
porteur ayant l’obligation de les lui vendre. Le porteur est généralement une banque
dont l’intervention évite à l’entreprise acheteuse d’avoir à payer les titres dans
l’immédiat. Le porteur doit ainsi exclure ces titres de son périmètre de consolidation.

 Des restrictions sévères et durables remettent en cause substantiellement le contrôle


exercé par la société dominante ou les possibilités de transferts de trésorerie entre la
filiale et les autres sociétés du groupe.
Exemple : Filiale implantée dans un pays à haute instabilité politique.

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2- Exclusion facultative ou optionnelle

Une entreprise dépendante peut être laissée en dehors de la consolidation quand :


 La société dépendante n’a pas d’importance significative et peut être exclue sans
altérer l’image fidèle de l’ensemble consolidé.
 Les informations nécessaires à l’établissement des comptes consolidés ne peuvent
être obtenues sans frais excessifs ou dans les délais compatibles.

Cas particuliers : absence d’informations ou informations insuffisantes sur une entité


du groupe.
L'absence d'information ou une information insuffisante relative à une entité entrant
dans le périmètre de consolidation ne remet pas en cause l'obligation pour l’entité
dominante d'établir et de publier des comptes consolidés. Dans ce cas exceptionnel,
elle est tenue de signaler le caractère incomplet des comptes consolidés.
Toute exclusion de la consolidation d'entités entrant dans les catégories visées doit
être justifiée dans les Notes annexes de l'ensemble consolidé (art 96 de l’Acte
uniforme).

C) Dates d’entrée et de sortie dans le périmètre de consolidation

1- Date d’entrée dans le périmètre de consolidation

L'entrée d'une entité dans le périmètre de consolidation est effective :


- soit à la date d'acquisition des titres par l'entité consolidante ;
- soit à la date de prise de contrôle ou d’influence notable, si l'acquisition a eu lieu en
plusieurs fois ;
- soit à la date prévue par le contrat si celui-ci prévoit le transfert du contrôle à une date
différente de celle du transfert des titres.

2- Date de sortie du périmètre de consolidation

Une entité sort du périmètre de consolidation à la date de perte de contrôle ou


d’influence notable.

a- Cas de cession

En cas de cession, le transfert du contrôle ou d’influence notable est en général


concomitant au transfert des droits de vote lié à celui des titres. Ainsi, même si des
accords de cession d’une entité intégrée sont intervenus à la date de clôture d'un
exercice, l'entité cédante continue à consolider cette entité car elle en a encore le
contrôle. Toutefois, l’entité contrôlée peut être déconsolidée dans des cas très
exceptionnels où le transfert de contrôle est effectué avant le transfert des titres, soit à
la suite de changements dans les organes d’administration ou de direction, soit du fait
d'un contrat entre les parties intervenant avant la date de clôture des comptes. L'entité
cédante doit alors pouvoir justifier, par des éléments de fait, que la perte du contrôle
est effective avant le transfert des droits de vote.

b- Perte de contrôle sans cession

La cession temporaire, sans perte de contrôle, de titres d’entités consolidées, suivie de


leur rachat dans un bref délai ne doit pas avoir de conséquence sur l'établissement des
comptes consolidés à la clôture de l'exercice de l'entité qui cède provisoirement ses
titres.

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D) Variation du périmètre de consolidation

1- Augmentation sans changement de méthode

a- Augmentation du pourcentage de détention d’une entité déjà intégrée


Globalement.
Les changements dans le taux de détention d’une filiale, sans perte de contrôle, sont
comptabilisés en tant qu’opérations entre deux catégories d’ayants droit aux capitaux
propres consolidés (part groupe et intérêts minoritaires), car cette transaction ne
modifie pas l’entité économique.

b- Augmentation du pourcentage dans une entité intégrée proportionnellement

Il n’y a pas de constatation d’un écart d’acquisition ou d’évaluation complémentaire.


Toutefois, il faut procéder à une réévaluation de la quote-part détenue antérieurement
sur la base des juste-valeurs à la date de l’acquisition complémentaire.

c- Augmentation du pourcentage dans une entité mise en équivalence

Il n’y a pas de constatation d’un écart d’acquisition ou d’évaluation complémentaire.


Toutefois, il faut procéder à une réévaluation de la quote-part détenue antérieurement
sur la base des juste-valeurs à la date de l’acquisition complémentaire.

2- Augmentation avec changement de méthode

Le changement de méthode peut être :


• l’intégration globale d’une entité précédemment mise en équivalence ou,
• l’intégration globale d’une entité intégrée proportionnellement.
La démarche est la même dans ces deux cas. La valeur des actifs et des passifs
identifiables est déterminée à la date du contrôle exclusif. Les évaluations antérieures
sont revues.

a- Passage de la mise en équivalence à l’intégration globale

Le changement de méthode de consolidation entraîne la constatation d’un écart


d’acquisition qui représente la différence entre le coût d’acquisition des titres
complémentaires et la quote- part correspondante à la juste valeur des entités acquises.

Cet écart est inscrit dans un compte séparé dans la rubrique des immobilisations
incorporelles, alors qu’avec la méthode de la mise en équivalence l’écart
d’acquisition était enregistré avec les titres de l’entité acquise.

b- Passage de l’intégration proportionnelle à l’intégration globale

Le coût d’acquisition total des titres (acquisition initiale et acquisitions


complémentaires donnant le contrôle exclusif) est déterminé conformément aux
dispositions énoncées dans le chapitre 6 de l’AUDCIF.
Les actifs et passifs sont identifiés et évalués, à la date de la prise de contrôle exclusif,
conformément aux dispositions énoncées au Chapitre 6 de l’AUDCIF. L’écart de
réévaluation éventuel par rapport à la quote-part de capitaux propres antérieurement
consolidée par intégration proportionnelle est porté directement dans les réserves
consolidées.

3- Diminution ou perte de contrôle sans cession de titres


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La diminution du contrôle peut avoir pour conséquence un changement de méthode
de consolidation ou conduire à une perte de contrôle et une sortie du périmètre de
consolidation.
Cette diminution peut avoir plusieurs causes :
• impossibilité d’exercer le contrôle;
• participation inégale à une augmentation de capital.
• perte de contrôle de fait ;

4- Impossibilité d’exercer le contrôle : déconsolidation sans cession

Si la déconsolidation est entraînée par une perte de contrôle ou d'influence notable,


sans cession de participation, par exemple à la suite de restrictions sévères et durables
remettant en cause substantiellement le contrôle exercé sur cette entité ou un passage
en dessous des seuils de signification, les titres sont repris à l'actif du bilan pour la
quote-part de capitaux propres qu'ils représentent à la date de déconsolidation,
augmentée de l'écart d'acquisition ou d’évaluation résiduel. L’opération n’entraîne en
elle-même ni plus-value, ni moins-value, ni modification des capitaux propres.

5- Participation inégale à une augmentation de capital

5.1 Principe

Si l’entité dominante ne participe pas, ou dans des proportions inférieures à ses droits,
à une augmentation de capital, sa part relative dans le capital de la filiale diminue. La
réduction du pourcentage d’intérêts sera sans impact sur la méthode de consolidation
ou au contraire entraînera un changement de méthode de consolidation.

5.2 Traitement comptable

Dans l’hypothèse où la diminution du pourcentage d’intérêts du groupe entraîne une


perte de contrôle, cette diminution impacte la répartition entre les réserves et les
intérêts minoritaires.

6- Perte du contrôle de fait

Une entité qui détient un contrôle de fait sur une autre peut le perdre suite à un
changement de circonstances ou de modification de clauses contractuelles.
En cas de perte du contrôle exclusif, l’entité mère n’aura plus qu’une influence
notable.
Le contrôle conjoint dépend directement de clauses contractuelles. En cas de
modification ou de dénonciation des clauses, le partage du pouvoir sera rompu et
chaque entité n’aura plus qu’une influence notable.

7- Diminution ou perte de contrôle en cas de cession de titres

7.1 Cession partielle des titres d’une entité consolidée

7.1.1 Cession partielle sans changement de méthode

Une cession partielle de titres d’une entité consolidée sans perte de contrôle est
considérée comme une transaction entre actionnaires. Elle n’a donc pas d’incidence
sur l’écart d’acquisition et le résultat. En conséquence, il faut procéder à un
ajustement dans les capitaux propres des parts respectives de l’acquéreur et des
minoritaires.
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7.1.2 Cession partielle avec changement de méthode

Une cession partielle de titres qui fait perdre le contrôle exclusif sur la filiale mais
maintient une influence notable entraine un changement de la méthode de
consolidation à la date de perte de contrôle. Il faut constater une plus ou moins-value
de cession et valoriser la participation résiduelle à la juste valeur avec un éventuel
impact sur le résultat. Par ailleurs, les comptes de la filiale ne sont plus intégrés
globalement et les opérations de comptes réciproques ne sont plus éliminées.
Il faut également revaloriser les titres de la filiale par la mise en équivalence et l’écart
d’acquisition affecté aux titres conservés sera incorporé dans les titres mis en
équivalence.

7.2 Cession partielle de titres et déconsolidation

Lorsqu’une cession partielle de titres entraine une perte de contrôle ou d’influence


notable, la transaction s’analyse comme une déconsolidation. La déconsolidation est
assimilée à une cession totale des titres même en cas de conservation d’un
pourcentage d’intérêt.
En conséquence, les titres conservés sont évalués à leur juste valeur à la date de sortie
du périmètre de consolidation. Cette juste valeur correspond à la valeur comptable de
la participation conservée y compris l’écart d’acquisition résiduel.
La plus-value de cession est déterminée suivant la règle générale. La totalité des
écarts de conversion est virée au Compte de résultat.

7.3 Cession totale des titres et déconsolidation

La sortie du périmètre de consolidation de l'entité cédée s'effectue à la date de perte


de contrôle ou d’influence notable de l’entité mère sur sa filiale.
Le résultat de cession correspond à la différence entre le prix de cession des titres
évalués à la juste valeur et la dernière valeur consolidée des titres cédés. La juste
valeur du prix de cession correspond au nominal du prix de cession.

III- APERÇU DES METHODES DE CONSOLIDATION

A) Forme de contrôle et choix de la méthode

A chacune des formes de contrôle, correspond une méthode particulière de consolidation


des comptes.

Forme de contrôle Méthode de consolidation


Contrôle exclusif  Intégration globale
Contrôle conjoint  Intégration proportionnelle
Influence notable  Mise en équivalence

Chacune de ces méthodes est mise en œuvre tant pour la consolidation du bilan que pour
la consolidation du compte de résultat.

B) La consolidation du bilan

1- Le pourcentage d’intérêts majoritaires dans les capitaux propres de la filiale

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Les trois méthodes de consolidation des bilans présentent une caractéristique commune :
la quote-part appartenant à la société mère dans les capitaux propres de la filiale (ou intérêts
majoritaires) est substituée à la valeur d’origine des titres de participation figurant à l’actif du bilan de
la mère.

Cette substitution fait généralement apparaître une différence de consolidation (plus-


value ou moins-value) qui vient s’ajouter (ou se retrancher) aux capitaux propres de la mère pour
former les capitaux propres consolidés. Cette différence représente les résultats non distribués
accumulés par la filiale depuis que la société mère en a pris le contrôle.

On distingue dans la différence de consolidation :


- la fraction des capitaux propres hors résultat de la filiale (capital, réserves, etc.)
appartenant à la société mère, diminuée de la valeur d’origine des titres de
participation ; cette fraction figure dans les réserves consolidées ; elle représente les
résultats accumulés des exercices précédents ;
- la fraction du résultat de l’exercice de la filiale appartenant à la société mère : cette
fraction figure dans le résultat consolidé.
Exemple 2

La société M détient une participation de 45% dans le capital de la société F. Les bilans
individuels des deux sociétés sont les suivants :
Bilan de la société M Bilan de la société F
Immobilisations 18.700 Capital 15.000 Immobilisations 1.500 Capital 1.000
Titres de 450 Réserves 4.000 Actif circulant 1.000 Réserves 600
participation
Actif circulant 12.150 Résultat 300 Résultat 100
Dettes 12.000 Dettes 800
31.300 31.300 2.500 2.500

Calculons la différence de consolidation et sa ventilation entre le résultat consolidé et les


réserves consolidées.

 Valeur d’origine des titres de participation à l’actif de la société M 450


 Capitaux propres de la société F (1.000 + 600 + 100) 1.700
dont intérêts majoritaires (45% x 1.700) 765
 Plus-value majorant les capitaux propres consolidés 315
La plus-value de consolidation est ventilée entre :
- le résultat consolidé (quote-part de la société mère dans le résultat de la filiale, soit 45% x
100) 45
- les réserves consolidées (par différence, soit 315 – 45) 270

2- La méthode de la mise en équivalence

A l’actif du bilan consolidé, les titres de participation détenus par la société mère sont
réestimés à une valeur égale aux intérêts majoritaires de la mère dans les capitaux propres (résultat
compris) de la filiale mise en équivalence.

Au passif, les capitaux propres sont majorés de la différence entre la valeur réestimée et
la valeur d’origine des titres.

Exemple 2 (suite)

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La participation de M dans F assure à la société M une influence notable mais c’est un
autre actionnaire de F qui détient la majorité du capital et en contrôle la direction. Ceci justifie une
mise en équivalence.

Le bilan consolidé se présente ainsi :


Bilan consolidé de la société M
Immobilisations 18.700 Capital 15.000
Titres de participation mis en 765 Réserves consolidées (4.000 + 270) 4.270
équivalence
Actif circulant 12.150 Résultat consolidé (300 + 45) 345
Dettes 12.000
31.615 31.615

La valeur des intérêts majoritaires (765) est substituée à la valeur d’origine des titres de
participation (450). La plus-value de consolidation (315) s’ajoute aux capitaux propres de la société M
pour former les réserves consolidées (270) et le résultat consolidé (45).
3- La méthode de l’intégration proportionnelle
Une fraction de chacun des postes d’actif et de dettes de la filiale est substituée aux
titres de participation détenus par la société mère. Cette fraction est égale au pourcentage de contrôle
de la mère dans le capital de la filiale.

La plus-value s’ajoute aux capitaux propres consolidés (réserves consolidées et résultat


consolidé) de la même façon que dans la mise en équivalence (voir ci-dessus).

Remarque : Le total (actifs moins dettes) des valeurs comptables des postes ainsi substitués est
égal à la valeur réévaluée des titres de participation dans le cas de la mise en équivalence.
Cependant, dans l’intégration proportionnelle, le montant réévalué est disséminé dans chaque
poste au lieu d’être concentré sur le poste « titres de participation ».

Exemple 2 (suite)
Nous supposons maintenant que le contrôle conjoint de la société F est exercé par la
société M (45% du capital) et les sociétés N et L (se partageant 55% du capital).

Le bilan consolidé se présente ainsi :


Bilan consolidé de la société M
Immobilisations (18.700 + 45% 1.500) 19.375 Capital 15.000
Titres de participation (éliminés) néant Réserves consolidées (4.000 + 270) 4.270
Actif circulant (12.150 + 45% 1.000) 12.600 Résultat consolidé (300 + 45) 345
Dettes (12.000 + 45% 800) 12.360
31.975 31.975

Chacun des postes d’actif et de dettes reçoit 45% du poste correspondant de la société F
(soit 765 au total) tandis que le poste titre de participation (450) est éliminé. La plus-value (315) est
ventilée entre les réserves consolidées (270) et le résultat consolidé (45), exactement comme dans la
mise en équivalence.

4- La méthode de l’intégration globale

Dans le bilan de la société mère, les postes d’actif et de dettes de la filiale sous contrôle
exclusif sont substitués aux titres de participation pour leur montant total.

Les capitaux propres de la filiale sont partagés en deux parts :

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 la part correspondant aux droits des associés de la société mère (intérêts
majoritaires) ;
 la part correspondant aux droits des autres associés de la filiale qui constitue les
intérêts minoritaires.
La plus-value de consolidation (différence entre les intérêts majoritaires et la valeur
d’origine des titres de participation) s’ajoute aux capitaux propres consolidés comme dans les deux
méthodes précédentes.

Les intérêts minoritaires constituent une rubrique distincte au passif du bilan


consolidé.

Exemple 2 (suite)

Supposons maintenant que la société M détienne sa participation de 45% dans la société F


depuis plus de deux ans ce qui fait présumer un contrôle exclusif. En outre, le reste de l’actionnariat de
F est dispersé.

Le bilan consolidé de la société M est le suivant :

Bilan consolidé de la société M


Immobilisations (18.700 + 1.500) 20.200 Capital 15.000
Titres de participation (éliminés) néant Réserves consolidées (4.000 + 270) 4.270
Actif circulant (12.150 + 1.000) 13.150 Résultat consolidé (300 + 45) 345
Intérêts minoritaires (55% x 1.700) 935
Dettes (12.000 + 800) 12.800
33.350 33.350

Les actifs et les dettes de la société F se substituent aux titres de participation qui sont
éliminés de l’actif.

Les capitaux propres de la société F, soit 1.700 sont éclatés entre :


- les intérêts majoritaires (45% x 1.700 = 765) ;
- et les intérêts minoritaires (55% x 1.700) = 935).

La plus-value de consolidation (765 – 450 = 315) s’ajoute aux réserves consolidées (270)
et au résultat consolidé (45), tandis que les intérêts minoritaires apparaissent distinctement au passif du
bilan consolidé.

Remarques :
1- Quelle que soit la méthode, les capitaux propres consolidés sont identiques alors
que les autres postes du bilan présentent des caractéristiques différentes dans
chacune des trois méthodes.
2- Le capital (et les primes liées au capital) du bilan consolidé est constitué par le
capital social (et les primes) de la société mère. Les postes « capital social » des
filiales sont éliminés par la consolidation.

C) La consolidation du compte de résultat


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1- La méthode de la mise en équivalence

La fraction appartenant à la société mère dans le résultat de la filiale mise en équivalence


est mentionnée sur une ligne particulière du compte de résultat consolidé. Ce poste est intitulé Quote-
part dans les résultats des sociétés mises en équivalence.

Exemple 3

Les comptes de résultats des sociétés M et F (déjà mentionnés dans l’exemple 2) sont
résumés ci-dessous. Il est rappelé que la société M détient une participation de 45% dans le capital de
la société F.

Compte de résultat de la société M Compte de résultat de la société F


Charges 2.000 Produits 2.300 Charges 1.300 Produits 1.400
Résultat 300 Résultat 100
2.300 2.300 1.400 1.400

Le compte de résultat consolidé est conforme au modèle suivant :

Compte de résultat consolidé


Produits (de M) 2.300
Charges (de M) -2.000
Résultat net des entreprises intégrées 300
Quote-part de résultat dans les entreprises mises en équivalence (45% x 100) 45
Résultat net (part du groupe) 345

2- La méthode de l’intégration proportionnelle


Les charges et les produits de la société mère sont cumulés avec la fraction de charges et
de produits de la filiale correspondant au pourcentage de contrôle de la mère dans le capital de la
filiale.
Exemple 3 (suite)
Dans l’hypothèse d’une intégration proportionnelle, le compte de résultat consolidé de la
société M serait présenté conformément au schéma suivant :

Compte de résultat consolidé


Produits (2.300 + 45% 1.400) 2.930
Charges (2.000 + 45% 1.300) -2.585
Résultat net des entreprises intégrées (300 + 45% 100) 345
Résultat net (part du groupe) 345

3- La méthode de l’intégration globale

Les charges et les produits de la société mère sont cumulés avec les charges et produits de
la filiale. Le résultat obtenu est celui de l’ensemble des sociétés intégrée en retranche à la fin
globalement la part de résultat des associés minoritaires pour obtenir le résultat consolidé de la société
mère.

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Exemple 2 (suite)
Dans le cas de l’intégration globale, le compte de résultat consolidé est présenté
conformément au schéma suivant :

Compte de résultat consolidé


Produits (2.300 + 1.400) 3.700
Charges (2.000 + 1.300) -3.300
Résultat net des entreprises intégrées (300 + 100) 400
Intérêts minoritaires (55% x 100) 55
Résultat net (part du groupe) 345

La « part des intérêts minoritaire » est obtenue globalement : c’est une quote-part du
résultat figurant au bilan de la filiale. Le « résultat net, part du groupe » (c’est-à-dire le résultat
consolidé de la société mère) est obtenu par différence.

Remarque :
Dans les trois méthodes, le résultat net (part du groupe) figurant à la dernière ligne
du compte de résultat, est identique au résultat consolidé du bilan.

IV- PRATIQUE DE LA CONSOLIDATION

A) Les écritures de consolidation

Les travaux de consolidation comportent :


- des cumuls des postes des sociétés consolidées ;
- des retraitements du contenu de ces postes ;
- traitement des écarts d’acquisition et des écarts d’évaluation ;
- mise en équivalence des entités sous influence notable
- le partage des capitaux propres des filiales.

Ces travaux peuvent prendre la forme de tableaux ou d’écritures au journal de


consolidations.

Quelle que soit leur forme, il faut distinguer :


- d’une part, les écritures menant au bilan consolidé ;
- d’autre part, les écritures menant au compte de résultat consolidé.

B) Les tableaux

La présentation des écritures sous la forme de tableaux peut être à la rigueur utilisée :
pour les consolidations très simples ne comportant qu’un minimum de retraitements, ou pour les seuls
enregistrements des cumuls dans les cas de consolidations complexes.

Une colonne est prévue pour chacune des sociétés intégrées :


- les sommes des sociétés intégrées globalement y figurent à 100%.
- Les sommes des sociétés intégrées proportionnellement y figurent
proportionnellement au pourcentage de participation de la société mère.

Les sociétés mises en équivalence n’apparaissent pas dans un tableau de cumul.


Exemples 2 et 3 (suite)
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Reprenons l’exemple de consolidation des sociétés M et F par intégration globale.
Les écritures de consolidation sous la forme de tableaux se présentent ainsi :
Tableau de consolidation du bilan

Partage
Postes
Société Soldes après des
Postes Société F Cumuls Retraitement du bilan
M retraitements capitaux
consolidé
propres
Postes de l’actif
Immobilisations 18.700 1.500 20.200 20.200 20.200
Titres de 450 450 450 - 450
participation
Actif circulant 12.150 1.000 13.150 13.150 13.150
Total de l’actif 31.300 2.500 33.800 33.800 - 450 33.350
Postes du passif
Capital 15.000 15.000 15.000 15.000
Réserves 4.000 4.000 4.000 + 720 4.270
consolidées -450
Résultat 300 300 300 + 45 345
consolidé
Capitaux 1.600 1.600 1.600 -1.600
propres de F
Résultat de F 100 100 100 - 100
Intérêts + 880 935
minoritaires + 55
Dettes 12.000 800 12.800 12.800 12.800
Total du passif 31.300 20500 33.800 33.800 -450 33.350

Tableau de consolidation du compte de résultat

Postes du compte de
Postes Société M Société F Cumuls Retraitement
résultat consolidé
Postes de charges
Charges 2.000 1.300 3.300 3.300
Bénéfices 300 100 400 400
Total des charges 2.300 1.400 3.700 3.700
Postes de produits
Produits 2.300 1.400 3.700 3.700
Total des produits 2.300 1.400 3.700 3.700

C) Les écritures au journal


Les écritures de consolidation sont généralement enregistrées sous la forme d’écritures
classiques dans un journal spécifique appelé « journal de consolidation ».

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1- Ecritures d’intégration globale
Exemples 2 et 3 (suite)
Présentons le journal de consolidation dans le cas de l’intégration globale.
a) Ecritures de consolidation du bilan

 Ecritures de cumuls des comptes individuels de bilans


Immobilisations 18.700
Titres de participation 450
Actif circulant 12.150
Capital M 15.000
Réserves M 4.000
Résultat M 300
Dettes 12.000
Cumul du bilan de la société M
Immobilisations 1.500
Actif circulant 1.000
Capital F 1.000
Réserves F 600
Résultat F 100
Dettes 800
Cumul du bilan de la société F

 Affectation des capitaux propres individuels aux capitaux propres consolidés

Capital M 15.000
Réserves M 4.000
Résultat M 300
Capital - 15.000
Réserves consolidées 4.000
Résultat consolidé 300
Affectation des capitaux propres de la société M aux
capitaux propres consolidés

 Elimination des titres de participation et partage des capitaux propres entre les
capitaux propres consolidés et les intérêts minoritaires
Il est pratique de préparer l’écriture concernant les capitaux de la filiale en effectuant les
calculs sur un tableau de partage.
Tableau de partage des capitaux propres de F

Part du groupe Intérêts minoritaires


Postes Total
M (45%) (55%)
Capital 1.000 450 550
Réserves 600 270 330
Capitaux propres de F hors résultat 1.600 720 880
Elimination des titres F - 450 - 450
Partage des capitaux 1.150 270 880
Partage du résultat de F 100 45 55

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Capital F 1.000
Réserves F 600
Résultat F 100
Titres de participation 450
Réserves consolidées (720 – 450) 270
Résultat consolidé 45
Intérêts minoritaires 935
Partage des capitaux propres de la société F et
élimination des titres de participation

b) Ecritures de consolidation du compte de résultat

Charges 2.000
Résultat global 300
Produits 2.300
Intégration du compte de résultat de la société M
Charges 1.300
Résultat global 100
Produits 1.400
Intégration du compte de résultat de la société F
2- Ecritures d’intégration proportionnelle
Exemples 2 et 3 (suite)
Présentons le journal de consolidation dans le cas de l’intégration proportionnelle.

a) Ecritures de consolidation du bilan


 Ecritures de cumuls des comptes individuels de bilans

Cumul du bilan de la société M


Voir ci-dessus l’exemple de l’intégration globale
Immobilisations (45% x 1.500) 675
Actif circulant (45% x 1.000) 450
Capital F (45% x 1.000) 450
Réserves F (45% x 600) 270
Résultat F (45% x 100) 45
Dettes (45% x 800) 360
Cumul de 45% du bilan de la société F

 Affectation des capitaux propres individuels aux capitaux propres consolidés


et élimination des titres de participation et partage des capitaux propres

Affectation des capitaux propres de la société M aux


capitaux propres consolidés
Voir ci-dessus l’exemple de l’intégration globale
Capital F 450
Réserves F 270
Résultat F 45
Titres de participation 450
Réserves consolidées (720 – 450) 270
Résultat consolidé 45
Elimination des titres de participation et partage des
capitaux propres

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b) Ecritures de consolidation du compte de résultat

Intégration du compte de résultat de la société M


Voir ci-dessus l’exemple de l’intégration globale
Charges (45% x 1.300) 585
Résultat global 45
Produits (45% x 1.400) 630
Intégration de 45% du compte de résultat de la société F

3- Ecritures de mise en équivalence

Exemples 2 et 3 (suite)

Présentons le journal de consolidation dans le cas de la mise en équivalence.

a) Ecritures de consolidation du bilan

 Ecritures de reprise des comptes individuels de bilan de la société M


Voir ci-dessus l’exemple de l’intégration globale.

Il est à noter que les comptes de la société F, mise en équivalence ne sont pas repris.
 Réestimation des titres de participation

Titres de participation mis en équivalence 765


Titres de participation 450
Réserves consolidées (720 – 450) 270
Résultat consolidé 45
Réestimation des titres de participation au niveau des
capitaux propres de la société F

 Affectation des capitaux propres individuels de la société M aux capitaux propres


consolidés
Voir ci-dessus l’exemple de l’intégration globale.

c) Ecritures de consolidation du compte de résultat

Intégration du compte de résultat de la société M


Voir ci-dessus l’exemple de l’intégration globale
Résultat global 45
Quote-part de résultat des sociétés mises en
équivalence 45
Intégration de 45% du compte de résultat de la société F

V- Techniques de consolidation

A) Consolidation directe

Cette méthode est mise en œuvre dans les petits groupes où il n’existe pas de liens de
participation indirects.

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Chaque sous-consolidation est opérée en appliquant aux capitaux propres d’une filiale le
pourcentage de participation détenu par l’entité qui joue le rôle de mère dans le sous- ensemble :
• d’une part, le pourcentage d’intérêts de l’entité mère dans l’entité concernée;
• d’autre part, le pourcentage d’intérêts complémentaire qui correspond aux intérêts
minoritaires.

B) Consolidation par palier

L’organisation de la consolidation par paliers peut être jugée nécessaire dans les groupes à
structure complexe, notamment lorsqu’il existe de nombreux liens de participation indirects.
Le nombre de paliers dépend de la complexité des liens de participation indirects.
La technique de la consolidation par paliers consiste à consolider successivement des sous-
ensembles consolidés dans des ensembles plus grands.
Cette technique repose sur deux principes :

 les consolidations successives doivent nécessairement être effectuées en commençant par


l’entité placée à l’extrémité inférieure de la chaîne et en remontant vers l’entité mère ;
 chaque sous-consolidation est opérée en appliquant aux capitaux propres d’une filiale le
pourcentage de participation détenu par l’entité qui joue le rôle de mère dans le sous-
ensemble.

La méthode de consolidation à appliquer pour chaque entité du sous-groupe dépend du type


d’influence exercée par l’entité mère du groupe.
Les comptes de capitaux propres à utiliser doivent être individualisés, y compris ceux de
l’entité consolidante du sous-groupe.

Remarques

1- Les RMCC ne fournissent pas de plan de comptes. Les intitulés des comptes (et
les éventuels numéros de comptes) sont donc laissés à l’initiative des entreprises.
2- Les comptes de capitaux propres des différentes sociétés doivent rester
individualisés en vue de préparer leur partage entre les capitaux propres
consolidés et les intérêts minoritaires. Les autres comptes sont fusionnés.
3- Dans la consolidation du compte de résultat, il n’est pas fait de distinction entre
les charges et les produits des différentes sociétés intégrées.
4- Il n’existe pas de compte intitulé « Résultat » dans les balances des comptes
individuels. Ces comptes sont introduits pour assurer la liaison entre la
consolidation des comptes de bilan et la consolidation des comptes de gestion.
Du côté du bilan ces comptes de liaison sont individualisés (Résultat M, Résultat
F) tandis que du côté des comptes de gestion, le compte de liaison est un résultat
« global ».

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CHAPITRE II : RETRAITEMENTS DE CONSOLIDATION

Les opérations de consolidation comprennent dans l’ordre :


 des retraitements et ajustements préalables des comptes individuels ;
 le cumul des comptes individuels ;
 l’élimination des comptes et opérations réciproques ;
 l’élimination des résultats internes au groupe.

I- RETRAITEMENTS ET AJUSTEMENTS PREALABLES

Les retraitements sont effectués dans les comptes individuels des sociétés consolidées.
Les principaux retraitements sont les suivants :
 homogénéisation des états financiers ;
 éliminations de nature fiscale ;
 éliminations intra-groupe
 changements de méthodes comptables.

Dans le cas des entreprises mises en équivalence, les retraitements ne sont effectués que
s’ils revêtent une importance significative.

Remarque : L’enregistrement des retraitements peut être décentralisé au niveau de


chaque société du groupe. Chaque société tient alors un journal auxiliaire de consolidation et les
opérations ainsi décentralisées sont qualifiées de pré-consolidation.

Quand la correction du montant des postes du bilan qui résulte des retraitements affecte
les résultats, elle est imputée :
- au résultat de la société consolidée pour la fraction concernant l’exercice ;
- aux réserves de la société consolidée pour la fraction correspondant aux corrections
qui avaient déjà été opérées lors des consolidations des exercices antérieurs.
Remarque : Si le bilan consolidé de clôture était établi à partir du bilan consolidé d’ouverture
modifié par les opérations de l’exercice, il n’y aurait pas lieu de répéter les retraitements des
résultats des exercices antérieurs. Mais, en pratique, le bilan consolidé est établi à partir des
bilans individuels ; ceux-ci n’ont pas été affectés par les retraitements. Il est donc nécessaire de
recommencer chaque année les retraitements des exercices précédents, mais avec une différence
de forme : les retraitements des résultats des exercices antérieurs doivent être imputés aux
réserves. En effet, les réserves représentent l’accumulation des bénéfices réalisés antérieurement.
Dans les écritures de consolidation du compte de résultat, seuls sont repris les
retraitements affectant le résultat de l’exercice.

A) Les retraitements d’homogénéité


Les règles et méthodes comptables d’évaluation et de classement retenues pour l’établissement des
comptes consolidés sont exposées dans un « manuel de consolidation » communiqué à l’ensemble des
entités du groupe. Ces retraitements portent généralement sur :
 amortissements et dépréciations des immobilisations ;
 évaluation des stocks ;
 écart de conversion-actif et écart de conversion-passif ;
 réévaluation des immobilisations.
1- Evaluation des stocks

COURS DE CONSOLIDATION REALISE PAR Oswald CHODATON EXPERT COMPTABLE DIPLOME 20


Les retraitements à opérer vont consister à :
 évaluer les stocks selon la méthode retenue par le groupe ;
 mettre en évidence les écarts d’évaluation sur les stocks initiaux et finaux ;
 constater un impôt différé actif ou passif selon le sens de la correction.

2- Ecart de conversion-actif et écart de conversion-passif


Les retraitements à opérer vont consister à :
 recenser les comptes de tiers concernés par l’ajustement en fin d’exercice des créances en
monnaie étrangère ;
 solder les comptes d’écart de conversion-actif et d’écart de conversion-passif par contre-
passation pour faire apparaître la valeur d’origine de la créance ou de la dette.
3- Réévaluation des immobilisations
Une entité consolidée peut être conduite à pratiquer, dans ses comptes individuels, une réévaluation
libre ou légale.
Si une entité du groupe a procédé à l’une ou l’autre de ces réévaluations dans ses comptes individuels,
il convient :
 soit d’éliminer l’incidence de la réévaluation des comptes de l’entité qui a procédé à la
réévaluation que cette entité soit l’entité mère ou une de ses filiales ;
 soit de procéder à la réévaluation de toutes les autres entités consolidées, dans un
souci d’homogénéisation.
Lorsque le groupe opte pour une élimination de l’incidence d’une réévaluation des comptes d’une
entité consolidée, les retraitements à opérer sont les suivants :
 annulation de l’augmentation de la valeur des immobilisations corporelles et financières ;

 diminution de la dotation aux amortissements ;


 annulation de la charge d’impôt par la constatation (d’un impôt différé actif) si les plus
-values latentes d’impôts ont été imposées ;
 constatation de l’impact de ces corrections nettes d’impôts sur le résultat consolidé, les
réserves consolidées et les intérêts minoritaires.

Exemple 1 : Amortissements et dépréciations

La Société F a enregistré en N – 1 des frais d’établissement pour un montant de 200


amortissable en cinq ans. Les procédures du groupe prévoient l’enregistrement de ces frais dans les
charges.
Les écritures de retraitement à la clôture de l’exercice N, au journal auxiliaire de la
société F, sont les suivantes :

 Ecritures de consolidation du bilan


COURS DE CONSOLIDATION REALISE PAR Oswald CHODATON EXPERT COMPTABLE DIPLOME 21
31-12-N
Amortissement des frais d’établissement 40
Réserves F 160
Frais d’établissement 200
Correction relative à l’exercice précédent

Amortissement des frais d’établissement 40
Résultat F 40
Correction de la dotation de l’exercice N

 Ecritures de consolidation du compte de résultat


Résultat global 40
Dotations aux amortissements 40
Correction de la dotation de l’exercice

Exemple 2

La société M a acquis au début de l’exercice N – 1 un bien d’équipement par location –


financement dans les conditions suivantes :

- Valeur du bien en début de contrat 100


- Loyer annuel payable d’avance 26
- Valeur du bien en fin de contrat 0
- Durée du contrat 5 ans
Dans les comptes individuels de la société M, l’opération est comptabilisée comme une
location contrairement aux règles du SYSCOHADA révisé. La société M a choisi de procéder aux
corrections conformément au SYSCOHADA révisé et de consolider la location – financement comme
un achat financé par un emprunt de même durée que le contrat de location. Les annuités de cet
emprunt fictif ont le même montant et les mêmes échéances que les loyers.
Il est nécessaire de calculer le taux actuariel de l’emprunt fictif pour déterminer la charge
d’intérêts fictifs. Le taux actuariel d’un emprunt de 100, amorti en 5 annuités de 26, versées en début
de période, est voisin de 15%. Le tableau ci-dessous résume les calculs financiers des trois premières
échéances.

Emprunt fictif Immobilisation


(6)
(4) (5)
(1) (2) (3) Amortissement
Amortissement Dette après
Echéance Dette avant Intérêt (1) Annuité = pour
financier (3) – l’échéance
l’échéance x 0,15 loyer dépréciation
(2) (1) – (4)
100 x 0,20
1-1-N – 1 100 0(a) 26 26 74 0
31-12-N – 74 11 26 15 59 20
1
31-12-N 59 9 26 17 42 20

(a) Il n’y a pas d’intérêt couru puisque l’emprunt fictif vient d’être « souscrit ».

Exemple (suite)

COURS DE CONSOLIDATION REALISE PAR Oswald CHODATON EXPERT COMPTABLE DIPLOME 22


Les écritures de retraitement à la clôture de l’exercice N, au journal auxiliaire de la
société M sont les suivantes :

 Ecritures de consolidation du bilan

31-12-N
Matériels 100
Amortissements des matériels (d’après col. 6) 20
Réserves M (par différence) 21
Dettes financières (d’après col. 5) 59
Correction relative à l’exercice précédent

Dettes financières (d’après col. 4) 17
Résultat M (par différence) 3
Amortissement des matériels (d’après col. 6) 20
Correction des écritures de l’exercice N

 Ecritures de consolidation du compte de résultat


Charges financières (d’après col. 2) 9
Dotations aux amortissements (d’après col. 6) 20
Loyers de crédit-bail 26
Résultat global 3
Correction des charges de l’exercice

B) Eliminations de nature fiscale

Ces retraitements sont destinés à éliminer l’incidence sur les comptes des écritures
passées pour la seule application des législations fiscales du pays où se situe l’entité.
Ils consistent à :
 éliminer les provisions réglementées ;
 reclasser les subventions d’investissements ;
 éliminer les écritures liées à la comptabilisation des changements de méthodes dans le
compte de résultat.
1- L’élimination des provisions réglementées

Les retraitements consistent à contre-passer les écritures enregistrées dans les comptes individuels.
L’incidence des éliminations concernant l’exercice est constatée dans le résultat et les éliminations
concernant les exercices antérieurs sont constatées en réserves.
2- Reclassement des subventions d’investissements

Le retraitement consiste à effectuer un reclassement du compte de capitaux propres au compte de


produits constatés d’avance.
Les montants constatés au compte de résultat sont inchangés, il n’y a ni incidence sur le résultat, ni
impôt différé.

COURS DE CONSOLIDATION REALISE PAR Oswald CHODATON EXPERT COMPTABLE DIPLOME 23


3- Les changements de méthodes comptables

(a) Règles applicables dans les comptes individuels

L’impact du changement déterminé à l’ouverture, après effet d’impôt, est imputé en « report à
nouveau » dès l’ouverture de l’exercice sauf si, en raison de l’application de règles fiscales, l’entité
est amenée à comptabiliser l’impact du changement dans le compte de résultat.

(b) Règles applicables dans les comptes consolidés

L’exception prévue dans le cadre conceptuel du Plan comptable général OHADA qui permet de
comptabiliser l’impact d’un changement de méthodes dans le compte de résultat n’est pas applicable
pour les comptes consolidés. Quel que soit l’incidence sur les exercices antérieurs, l’impact d’un
changement de méthode comptable doit être porté en report à nouveau.
Retraitements à comptabiliser
Le retraitement consiste à reclasser ces charges en report à nouveau net d’impôt.

Exemple 3 : Retraitement des provisions règlementées


Une provision réglementée de 80 était inscrite au bilan individuel de la société M à la
clôture de l’exercice N – 1. Cette provision a été portée à 100 à la clôture de l’exercice N. elle sera
reprise en N + 1.
Les écritures de retraitement au journal auxiliaire de la société M sont les suivantes :
 Ecritures de consolidation du bilan
o Exercice N

31-12-N
Provisions réglementées 100
Réserves M 80
Résultat M 20
Elimination de la provision réglementée

o Exercice N + 1
31-12-N + 1
Résultat M 100
Réserves M 100
Elimination de la reprise de la provision réglementée

 Ecritures de consolidation du compte de résultat

o Exercice N

31-12-N
Résultat global 20
Dotations aux provisions 20
Elimination de la dotation de la provision réglementée

COURS DE CONSOLIDATION REALISE PAR Oswald CHODATON EXPERT COMPTABLE DIPLOME 24


o Exercice N + 1
31-12-N + 1
Reprises sur provisions 100
Résultat global 100
Elimination de la reprise de la provision réglementée

Exemple 4 : retraitement des subventions d’investissement

Le retraitement consiste à effectuer un reclassement du compte de capitaux propres au


compte de produits constatés d’avance.
Les montants constatés au compte de résultat sont inchangés, il n’y a ni incidence sur le
résultat, ni impôt différé.

La société M a reçu en N – 3 une subvention d’investissement de 10.000. Cette


subvention est rapportée au résultat en dix fractions égales de l’exercice N – 3 à l’exercice N + 6.
Retraitons cette subvention à la clôture de l’exercice N.

La subvention nette figurant au passif du bilan individuel est inscrite en produits constatés
d’avance.

31-12-N
Subventions d’investissement (10.000 – 4.000) 6.000
Produits constatés d’avance 6.000

C) Le retraitement de l’impôt sur les bénéfices

1- Les différences temporaires

a) Définition

On qualifie de différence temporaire une différence entre la valeur comptable d’un


actif ou d’un passif et sa valeur fiscale qui sera résorbée, à l’avenir, par une différence de sens
opposé entre le résultat comptable et le résultat fiscal.

La possibilité de déduction fiscale liée à un report déficitaire constitue également une


différence temporaire.

- la valeur comptable d’un actif ou d’un passif est celle qui figure au bilan consolidé
après retraitements et éliminations.
- La valeur fiscale d’un actif ou d’un passif est celle qui servira à la détermination des
impôts futurs.

Remarques

1- La valeur fiscale d’un actif ou d’un passif est souvent égale à sa valeur comptable dans les
comptes individuels, sauf règles comptables particulières.
2- Une différence est permanente quand elle n’est pas compensée à l’avenir par une différence
de sens opposé. Les différences permanentes n’ont pas d’incidence comptable (ex. la
réintégration de la taxe sur les véhicules de société n’est pas compensée par une déduction
future ; c’est une différence permanente qui n’est pas constatée dans les comptes).

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Il en résulte :
- un passif d’impôt si la différence temporaire est source d’un impôt futur ;
- un actif d’impôt si la différence temporaire est source d’une économie d’un impôt
future.

b) Exemples de différences temporaires générant un passif d’impôt

 Produits ou ressources comptabilisés au cours d’un exercice et qui ne sont


imposables qu’au cours d’un exercice ultérieur.
Exemples : subventions d’investissement.

 Charges immédiatement déductibles du résultat fiscal alors qu’elles ne sont pas


encore comptabilisées en charges ;
Exemples : écarts de conversion-actif.

 Actifs qui, lors de leur cession ou de leur utilisation, donneront lieu à des déductions
fiscales inférieurs à leur valeur comptable ;
- lors de l’utilisation d’un actif, l’amortissement fiscalement déductible est calculé sur
la base de la valeur fiscale de l’actif amortissable ;
Exemples : Immobilisations réévaluées dans les comptes consolidés alors qu’elles
sont maintenues à leur coût historique dans les comptes individuels.

c) Exemples de différences temporaires générant un actif d’impôt

 Charges comptabilisées au cours d’un exercice et qui ne sont déductibles qu’au cours
d’un exercice ultérieur.
Exemples : participation des salariés, dotations aux provisions non déductibles telles
que provisions pour indemnités de retraite.

 Ressources imposables au cours d’un exercice bien qu’elles ne soient pas encore
comptabilisées en produits ;
Exemples : écarts de conversion-passif.

 Déficits fiscaux reportables (y compris les amortissements réputés différés).


2- L’enregistrement des différences temporaires

a) Principe

Les impositions différées qui résultent des différences temporaires sont enregistrées
dans les comptes consolidés.

b) Prise en compte des passifs d’impôts différés

Tous les passifs (ou dettes) d’impôts différés doivent, en principe, être pris en compte.
Par exception à cette règle générale, les passifs d’impôt différés ne sont pas pris en
compte lorsqu’ils proviennent :

- de l’acquisition d’actifs immobilisés dont les amortissements fiscaux seront


inférieurs au coût d’acquisition constaté en comptabilité (ex. voitures de tourisme) ;
- de la comptabilisation d’écarts d’acquisition et de certains écarts d’évaluation
portant sur des actifs incorporels;

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- de la mise en équivalence des titres de participation pour une valeur différente de la
valeur fiscale de ces titres dans les comptes individuels.

c) Prise en compte des actifs d’impôts anticipés


Les actifs (ou créances) d’impôts correspondent à des impôts anticipés. Ils ne sont pris
en compte que :
- si leur récupération ne dépend pas des bénéfices futurs ; il en est ainsi si la créance
d’impôts n’excède pas les dettes d’impôt arrivant à échéance dans la période où la
créance reste récupérable (ex. cinq ans pour les créances nées du report déficitaire) ;
- ou si la probabilité des bénéfices futurs est suffisante pour envisager l’imputation de
la créance d’impôt sur des impositions ultérieures. Il est présumé qu’un tel bénéfice
n’existera pas si l’entreprise a supporté des pertes au cours des deux derniers
exercices.

Exemple 5
La société F a enregistré une charge de participation des salariés pour un montant de 150
ce qui correspond à un report d’impôt de 60.

L’enregistrement de l’impôt différé dans les comptes consolidés est le suivant :

 Ecritures de consolidation du bilan

Impôts différés F 60
Résultat F 60
Créance fiscale latente

3- Retraitement des différences temporaire

a) Différences existant dans les comptes individuels

L’impôt sur les bénéfices est généralement enregistré, dans les comptes individuels des
entreprises françaises, pour le montant de l’impôt exigible, c’est-à-dire de l’impôt établi sur la base du
résultat fiscal de l’exercice. Il est donc nécessaire de retraiter les comptes individuels pour faire
apparaître l’impôt différé dans les comptes consolidés.

 Ecritures de consolidation du compte de résultat

Résultat global 60
Impôts sur les bénéfices (différés) 60
Atténuation de la charge fiscale imputable à
l’exercice

b) Décalages nés des retraitements d’homogénéité et d’élimination des écritures fiscales


Les retraitements se répercutent sur le résultat consolidé de l’exercice ou sur les réserves
consolidées (c’est-à-dire sur les résultats consolidés des exercices antérieurs). Comme l’impôt exigible
n’est en rien affecté par la consolidation, les retraitements génèrent des décalages entre la charge
d’impôt relative au résultat consolidé et l’impôt exigible. La charge d’impôt doit être ajustée en
conséquence dans les comptes consolidés si les décalages sont temporaires.

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 Quand le retraitement majore le résultat (ou la réserve) ; il en résulte un impôt
différé qui vient en diminution de ce résultat (ou de cette réserve).
 Quand le retraitement diminue le résultat (ou la réserve), un impôt anticipé
apparaît qui majore ce résultat (ou cette réserve).
Exemple (suite 1, 2, 3 et 4)

Les écritures de retraitement données en exemples doivent être complétées par le


retraitement de l’impôt différé.

Ecritures de consolidation du bilan

 exemple 1 (retraitement des frais d’établissement)

Ex. N
Impôts différés F 64,00
Réserves F 64,00
Correction relative à l’exercice précédent (40% x 160)

Résultat F 16,00
Impôts différés F 16,00
Correction de la dotation de l’exercice N (40% x 40)

 exemple 2 (retraitement du crédit-bail)

Ex. N
Réserves M 8,40
Impôts différés M 8,40
Correction relative à l’exercice précédent (40% x 21)

Impôts différés M 1,20


Résultat M 1,20
Correction des écritures de l’exercice N (40% x 3)

 exemple 3 (retraitement de la provision réglementée)

Ex. N
Réserves M (40% x 80) 32,00
Résultat M (40% x 20) 8,00
Impôts différés 40,00
Ex. N + 1
Réserves M 40
Résultat M 40
(40% x 100)

 exemple 4 (retraitement de la subvention d’investissement)

Le montant net de la subvention sera réintégré aux résultats et imposé lors des exercices
suivants.
méthode conforme à la pratique habituelle et à la norme IAS 20

Produits constatés d’avance 2.400


Impôts différés M 2.400

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Ecritures de consolidation du compte de résultat

 exemple 1 (retraitement des frais d’établissement)

Impôts sur les résultats (différés) 16,00


Résultat global 16,00

 exemple 2 (retraitement du crédit-bail)

Résultat global 1,20


Impôts sur les résultats (différés) 1,20

 exemple 3 (retraitement de la provision réglementée)

Ex. N
Impôts sur les résultats (différés) 8,00
Résultat global 8,00
Ex. N + 1
Résultat global 40,00
Impôts sur les bénéfices (différés) 40,00

 exemple 4 (retraitement de la subvention d’investissement)

L’impôt différé est ici sans incidence sur le résultat de l’exercice.

Remarque

Les retraitements des impôts différés sont normalement regroupés avec les
retraitements d’homogénéité. Ils n’ont été dissociés dans les exemples 1, 2, 3 et 4 que pour la
commodité de l’exposé.

D) L’ajustement des comptes réciproques entre sociétés intégrées

Les sociétés appartenant à un même groupe tiennent des comptes réciproques tels que
clients et fournisseurs, achats et ventes, etc., pour les opérations qu’elles effectuent entre elles. En
principe, les soldes des comptes réciproques devraient s’équilibrer. En pratique, des différences
subsistent qu’il convient de résorber.

a) Différences dues aux décalages des dates d’enregistrement des ventes et achats

Du fait des délais de communication, certaines opérations intéressant deux entreprises,


sont déjà enregistrées dans une entreprise, et ne sont pas encore enregistrées dans l’autre. Ces
différences seront corrigées en alignant les soldes des comptes, soit sur la position du vendeur, soit sur
celle de l’acheteur. La correction implique un ajustement du stock.
Exemple 6

La société M consolide la société F. Dans la société M, le compte « Client F » est


débiteur de 300 (dont TVA 50) tandis que, dans la société F, le compte « Fournisseur M » n’est
créditeur que de 270 (dont TVA 45) car une facture de 25 HT (plus TVA 5) n’a pas été reçue. La
marge réalisée par la société M lors de cette vente est de 4.

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Les écritures d’ajustement sont l’une ou l’autre des suivantes :

ou

Position du vendeur Position de l’acheteur


Ajustement des comptes de la société F Ajustement des comptes chez M

Stocks 25 Stocks 21
TVA déductible 5 TVA collectée 5
Fournisseurs 30 Résultat M 4
Clients 30
Consolidation du bilan Consolidation du bilan
Pour porter la dette à 300 Pour ramener la créance à 270

Achats 25 Ventes 25
Variations des stocks 25 Variations des stocks 21
Consolidation du compte de Résultat global 4
résultat p. Pour porter les achats Consolidation du compte de résultat
à 250 (montant des ventes HT Pour porter les ventes à 225
enregistrées chez le vendeur M). (montant des ventes HT enregistrées
chez l’acheteur F).

b) Différences dues aux effets escomptés non échus

Les effets escomptés et non échus tirés sur des entreprises du groupe doivent être
réintégrés à l’actif dans les effets à recevoir avec pour contrepartie, au passif, un concours bancaire.

Exemple 7

La société M a remis à l’escompte un effet de 120 tiré sur la société F. Dans la société F,
le compte « Effets à payer M » est créditeur de 120 car l’effet n’est pas encore échu.

L’écriture d’ajustement dans la pré-consolidation de la société M est la suivante. Elle


concerne seulement la consolidation du bilan.

Effets à recevoir 120


Concours bancaires 120
Consolidation du bilan

c) Différences dues à la TVA non déductible

La TVA non déductible concernant des achats de marchandises ou


d’approvisionnements à des sociétés intégrées est incluse dans les charges du compte « Achat », alors
qu’elle n’est pas comprise dans les produits du compte « Ventes ». Cette TVA non déductible doit être
extraite des achats et figurer dans les impôts et taxes.

Exemple 8

La société F a acheté pour 100 HT (plus TVA 20) de carburant auto à la société M. Cette
TVA n’est pas déductible.

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L’écriture d’ajustement est la suivante dans la pré-consolidation de la société F. Elle
concerne seulement la consolidation du compte de résultat.

Impôts et taxes 20
Achats 20
Consolidation du compte de résultat

E) La conversion des comptes des sociétés étrangères

Les comptes individuels des sociétés étrangères consolidées doivent être convertis dans la
monnaie nationale de la société mère. Deux méthodes de conversion sont utilisées :
- la méthode du cours historique ;
- la méthode du cours de clôture ;

1- Choix de la méthode de conversion

 Notion de monnaie de fonctionnement


Le choix de la méthode de conversion obéit à des règles strictes fondées sur la distinction
entre la monnaie locale et la monnaie de fonctionnement.

 La monnaie locale d’une société est la monnaie dans laquelle elle tient ses comptes
individuels.
 La monnaie de fonctionnement d’une société dépend de son degré d’autonomie :
- si cette société a une autonomie économique et financière, sa monnaie de
fonctionnement se confond avec sa monnaie locale ;
- si cette société fait partie intégrante des activités d’une société dominante, sa
monnaie de fonctionnement est la monnaie de fonctionnement de la société
dominante.

La monnaie de fonctionnement est la monnaie de l'environnement économique principal dans lequel


l'entité opère, c'est-à-dire celui dans lequel la trésorerie de l'entité est principalement générée et
dépensée.

Deux types de facteurs permettent de déterminer la monnaie fonctionnelle d’une entité :


 les facteurs essentiels,
 les facteurs auxiliaires.
• Les facteurs principaux sont les suivants :
• monnaie qui influence principalement les prix de vente des biens et des
services,
• monnaie du pays dont les forces concurrentielles et la réglementation
déterminent de manière principale les prix de vente de ses biens et
services,
• monnaie qui influence principalement le coût de la main-d’œuvre, des
matériaux et des autres coûts relatifs à la fourniture de biens ou de services.

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 Les facteurs auxiliaires sont les suivants :
- la monnaie dans laquelle sont générés les fonds provenant des activités de
financement,

- la monnaie dans laquelle les entrées de trésorerie provenant des activités


opérationnelles sont habituellement conservées.

 Règle de choix

Conversion de Vers Méthode obligatoire


La monnaie locale d’une société  Sa monnaie de fonctionnement Cours historique
Une monnaie de fonctionnement  La monnaie de la société mère Cours de clôture

Exemple 8
La société française M tient ses comptes en euros (EUR). Elle a une filiale autonome
américaine F1 qui tient ses comptes en dollars des Etats-Unis (USD).
La société F1 a elle-même une filiale : la société canadienne F2 dont l’activité est
étroitement intégrée à celle de F1 mais dont les comptes sont tenus en dollars canadiens (CND).
Monnaie de
Société Monnaie locale Conversion
fonctionnement
M EUR EUR Néant
F1 USD USD USD  EUR Cours de clôture
CND  USD Cours historique
F2 CND USD puis
USD  EUR Cours de clôture

2- Modalités d’application des méthodes de conversion

a) Méthode du cours de clôture


Tous les éléments d’actif et de passif sont convertis au cours de change en vigueur à la
clôture de l’exercice (comme le serait la valeur d’inventaire des titres côtés à l’étranger, dans les
comptes individuels de la société mère).
Les capitaux propres du bilan d’ouverture sont convertis au cours historique.
Les produits et les charges sont convertis au cours moyen de la période (y compris les
dotations aux amortissements et provisions).
La conversion des produits, des charges et des capitaux propres du bilan d’ouverture à un
cours différent du cours de clôture dégage un écart de conversion qui est partagé entre les capitaux
propres revenant à la société mère et les intérêts minoritaires.

b) Méthode du cours historique


Chaque élément du bilan et du compte de résultat de filiales étrangères est converti au
cours qui lui serait appliqué si cet élément figurait directement dans les comptes individuels de la
société mère. Le cours de conversion est :
- le cours historique pour les éléments non-monétaires (immobilisations, stocks,
capitaux propres), c'est-à-dire le cours qui était en vigueur à l’époque de l’acquisition
de l’élément ou de la réalisation de l’opération (ou de la première consolidation de la
filiale si elle est antérieure à l’acquisition) ;

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- le cours moyen de la période pour les charges et les produits.

Remarque : Par dérogation à la règle citée ci-dessus, le cours historique des dotations aux
amortissements et aux provisions pour dépréciation est le même que le cours de conversion de
l’élément amorti ou provisionné.

Un écart de conversion résulte de la conversion des différents éléments à des taux


différents. L’écart de conversion est un poste du compte de résultat consolidé.
Les taux de conversion applicables aux postes du bilan et du compte de résultat de la
filiale étrangère et l’affectation des écarts de conversion sont résumés ci-après pour les deux méthodes.

Les méthodes de conversion


Méthode du cours de Méthode du cours
clôture historique
Capitaux propres du bilan d’ouverture Cours historique Cours historiques
Eléments monétaires du bilan (créances, dettes,
Cours de clôture Cours de clôture
disponibilités) (a)
Autres postes du bilan Cours de clôture Cours historique (b)
Dotations aux amortissements et aux provisions Cours moyen de la Cours historique des
pour dépréciation période éléments dépréciés
Cours moyen de la Cours moyen de la
Autres charges et produits
période période
Affectation de l’écart de conversion Capitaux propres (c) Résultat (d)

(a) Y compris les créances immobilisées et les dettes financières.


(b) Par convention, on considère souvent que le cours historique des stocks est le cours moyen de
l’exercice. Cependant, si les stocks et les valeurs mobilières de placement sont ramenés à leur
valeur actuelle par une provision pour dépréciation, cette valeur est convertie au cours de clôture.
(c) L’écart de conversion est partagé entre la société mère (poste de capitaux propres « écart de
conversion ») et les intérêts minoritaires.
(d) L’écart de conversion figure dans un poste de charges ou produits financiers du compte de
résultat consolidé.

Exemple 9
La société M a une participation de 80% dans le capital de la société américaine E. Elle
consolide cette dernière par intégration globale. Le bilan de la société E, établi en dollars à la clôture
de l’exercice N et son compte de résultat sont les suivants :

Bilan de la société E au 31-12-N (en dollars)

Immobilisations (a) 5.000 3.000 2.000 Capital (c) 1.000


Stocks (b) 600 100 500 Réserves (d) 800
Créances 1.000 1.000 Résultat 200
Disponibilités 100 100 Dettes 1.600
Total 6.700 3.100 3.600 Total 3.600

(a) Les immobilisations ont été acquises en totalité le 31/12/N – 3.


(b) Le stock initial au 1-1-N s’élevait à 650.
(c) La participation de la société M dans le capital de la société E a été souscrite le 1-3-N-4.
(d) Les réserves proviennent de résultats réalisés en N-2 (200) et en N-1 (600).
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Exemple suite

Compte de résultat de la société E (en dollars)


Charges diverses 2.000 Produits 2.850
Variation des stocks 50
Dotations aux amortissements 500
Dotations aux provisions pour 100
stocks
Bénéfice 200
Total 2.850 Total 2.850

Le cours du dollar a varié, depuis N – 4, de la façon suivante :


Dates Cours en euro
N–4 (date de souscription de la participation 10
31-12-N-3 (date d’acquisition des immobilisations) 8
31-12-N-2 9
31-12-N-1 5
31-12-N 6

Le cours moyen de chaque exercice est obtenu en calculant la moyenne du cours à


l’ouverture et du cours à la clôture, soit :
Exercice N : (5 + 6)/2 5,50
Exercice N-1 : (9 + 5)/2 7,00
Exercice N-2 : (8 + 9)/2 8,50
Les écritures de consolidation sont les suivantes :
 1er cas : méthode du cours de clôture
Charges diverses (2.000 x 5,5) 11.000
Variation des stocks (50 x 5,5) 275
Dotations aux amortissements (500 x 5,5) 2.750
Dotations aux provisions (100 x 5,5) 550
Résultat global (par différence) 1.100
Produits (2.850 x 5,5) 15.675
Conversion des postes du compte de résultat

Immobilisations (5.000 x 6) 30.000


Stocks (600 x 6) 3.600
Créances (1.000 x 6) 6.000
Disponibilités (100 x 6) 600
Amortissements (3.000 x 6) 18.000
Dépréciation pour stocks (100 x 6) 600
Capital E (1.000 x 10) (a) 10.000
Réserves E (b) (200 x 8,50 + 600 x 7) 5.900
Résultat E (reporté d’après le compte de résultat) 1.100
Dettes (1.600 x 6) 9.600
Ecart de conversion E (c) 5.000

Ecarts de conversion (80% x 5.000) 4.000


Intérêts minoritaires (20% x 5.000) 1.000
Ecart de conversion E 5.000
Partage de l’écart de conversion

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(a) Cours historique à la date de souscription du capital.
(b) Cours moyen des exercices de réalisation des bénéfices mis en réserve.
(c) L’écart de conversion est obtenu par différence. Il vient de ce que les postes de résultat et les
capitaux propres ne sont pas convertis au même cours que les autres postes du bilan. Il est ensuite
partagé entre les capitaux propres (part du groupe), postes « écarts de conversion » et les intérêts
minoritaires dans les mêmes proportions que les capitaux propres de la société E.

Exemple suite

 2e cas : méthode du cours historique

Immobilisations (5.000 x 8) (a) 40.000


Stocks (600 x 6) (b) 3.600
Créances (1.000 x 6) (c) 6.000
Disponibilités (100 x 6) (c) 600
Amortissements (3.000 x 8) (d) 24.000
Provisions pour stocks (100 x 6) (b) 600
Capital E (1.000 x 10) 10.000
Réserves E (e) (200 x 8,50 + 600 x 7) 5.900
Résultat E (par différence) 100
Dettes (1.600 x 6) (c) 9.600
Conversion des postes du bilan

Charges diverses (2.000 x 5,5) (f) 11.000


Variation des stocks (50 x 5,5) (f) 275
Dotations aux amortissements (500 x 8) (d) 4.000
Dotations aux provisions (100 x 6) (b) 600
Résultat global (reporté d’après le bilan) 100
Produits (2.850 x 5,5) (f) 15.675
Ecart de conversion (g) 300
Conversion des postes du compte de résultat

(a) cours à la date d’acquisition des immobilisations.


(b) Les stocks sont convertis au cours de clôture car ils ont fait l’objet d’une provision pour
dépréciation.
(c) Elément monétaire converti au cours de clôture.
(d) Les amortissements sont convertis au même cours que les immobilisations.
(e) Cours moyen des exercices de réalisation des bénéfices mis en réserve.
(f) Cours moyen de l’exercice.
(g) L’écart de conversion est obtenu par différence. Il vient du fait que les différents produits et
charges ne sont pas tous convertis au même cours. Il constitue un poste du compte de résultat
consolidé.
Remarque : Dans la méthode du cours de clôture, il faut commencer par convertir les charges et
les produits ; le résultat obtenu par différence est reporté dans le bilan. L’écart de conversion est
ensuite obtenu par différence après la conversion des postes du bilan.

Au contraire, dans la méthode du cours historique, il faut commencer par convertir


les postes du bilan ; le résultat obtenu par différence est reporté dans le compte de résultat.
L’écart de conversion est ensuite obtenu par différence après la conversion des charges et des
produits.

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Méthode du cours de Méthode du cours
clôture historique
BILAN
COMPTE DE RESULTAT
1er
Bénéfice ou perte Bénéfice ou perte 1er étape
étape
(par différence) (par différence)

BILAN
COMPTE DE RESULTAT
Bénéfice ou perte Bénéfice ou perte
2è étape (reporté) (reporté) 2è étape
Ecart de conversion Ecart de conversion
(par différence) (par différence)

II- OPERATIONS DE CONSOLIDATION PROPREMENT DITES

A) Le cumul des comptes


Après les retraitements et les ajustements préalables, les bilans et les comptes de résultat
des sociétés intégrées doivent être cumulés poste à poste.
Dans l’intégration globale, les postes sont cumulés en totalité.
Dans l’intégration proportionnelle, les postes ne sont cumulés qu’à concurrence du
pourcentage de participation de la société consolidante dans la société consolidée.

Remarque : les postes des sociétés mises en équivalence ne sont pas cumulés.

B) L’élimination des comptes réciproques entre entreprises intégrées


1- Règles générales
La consolidation impose l’élimination des comptes réciproques des sociétés consolidées
par intégration.

Remarque :
1- L’élimination des comptes réciproques ne concerne pas les sociétés mises en
équivalence.
2- Avant d’être éliminés, les comptes réciproques doivent avoir été ajustés.

3- Les comptes réciproques de créances et de dettes


Les comptes réciproques de créances et de dettes sont notamment des comptes : de clients
et de fournisseurs, d’effets à recevoir et d’effets à payer, de prêts et d’emprunts. L’élimination des
comptes réciproques de créances et de dettes ne concerne que la consolidation du bilan.

IMPOTS L’élimination des créances et dettes réciproques est sans effet sur le résultat. Elle
DIFFÉRES n’a donc pas d’incidence sur les impôts différés.

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a) L’intégration globale

L’élimination est effectuée en totalité.

Exemple 6 suite

Dans la société M, le compte « Client F » est resté débiteur de 300 tandis que, dans la
société F, à la suite de l’ajustement (position du vendeur), le compte « Fournisseur M » est devenu
créditeur de 300.

Fournisseurs 300
Clients 300

b) L’intégration proportionnelle

L’élimination est plafonnée au montant le plus faible des postes de dette ou de créance
réciproques intégrés (totalement ou proportionnellement). Ceci signifie que l’élimination peut, à la
limite, ramener à zéro le montant intégré de la dette ou de la créance mais que cette élimination ne
peut pas rendre ce montant négatif.

Exemple 10

La société M a une participation de 33 1/3% dans le capital de la société P dont elle


partage le contrôle conjoint avec les sociétés N et O. La société M a prêté 350 à la société P qui, de
son côté, a contracté d’autres emprunts. La société P a ainsi emprunté un total de 600.

La fraction intégrée du poste « emprunts » de la société P s’élève à 600 x 33 1/3 soit 200.
Le poste « prêts à P » de la société M est intégré en totalité pour 350.

L’emprunt contracté auprès de la société M doit donc être éliminé pour le plus faible de
ces deux montants, soit 200. Le solde de cet emprunt (150) est considéré comme étant prêté par le
groupe M aux groupes N et O.

L’écriture d’élimination est donc chez M :

Emprunts 200
Prêts 200

4- Les charges et les produits réciproques

Les comptes réciproques de charges et de produits sont notamment des comptes : d’achats
et de ventes, d’intérêts versés et reçus.

L’élimination des comptes réciproques de charges et de produits ne concerne que la


consolidation du compte de résultat.

IMPOTS L’élimination des charges et produits réciproques ne modifie pas le solde du


DIFFÉRES résultat. Elle n’a donc pas d’incidence sur les impôts différés.

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a) L’intégration globale

L’élimination est effectuée en totalité.

Exemple 11

Au cours de l’exercice, la société M a vendu pour 1.500 à la société F intégrée


globalement.

L’écriture d’élimination est la suivante chez M :

Ventes 1.500
Achats 1.500

b) L’intégration proportionnelle

L’élimination est plafonnée au montant le plus faible des postes de charge ou de produit
réciproques intégrés. Ceci signifie que l’élimination peut, à la limite, ramener à zéro le montant intégré
de la charge ou du produit mais qu’elle ne peut pas rendre ce montant négatif.

Exemple 12

La société M a une participation de 33 1/3% dans le capital de la société P qui est intégrée
proportionnellement. La société P a acheté au cours de l’exercice pour 9.000 dont 4.000 achetés à la
société M.

Le poste « ventes à P » de la société M est intégré en totalité pour 4.000. Le poste


réciproque « achats » de la société P est intégré pour 9.000 x 33 /13, soit 3.000. L’élimination porte
sur le plus faible de ces deux montants, soit 3.000. La différence (4.000 – 3.000 = 1.000) est
considérée comme une vente de M aux groupes partenaires dans le contrôle conjoint de F ; c’est donc
une vente externe qui ne doit pas être éliminée.

L’écriture d’élimination est donc chez M :

Ventes 3.000
Achats 3.000

C) L’élimination des résultats internes

1- Règles générales

La consolidation impose l’élimination des résultats réalisés à l’intérieur de l’ensemble


consolidé. En effet, le résultat consolidé ne doit provenir que de transactions avec des tiers. Les
sociétés consolidées ne sont pas considérées comme des tiers dans les comptes consolidés.

Toutefois, lorsque les résultats internes sont des pertes, il convient de s’assurer que
l’élimination de la perte n’a pas pour effet de maintenir la valeur comptable consolidée de l’élément
cédé (stock ou immobilisation) à un niveau supérieur à sa valeur vénale. En pareil cas, le principe de
prudence s’opposerait à l’élimination de la perte.

Remarque : L’ensemble consolidé dans lequel les résultats internes sont éliminés comprend, non
seulement les entreprises intégrées, mais aussi les entreprises mises en équivalence.
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Dans l’intégration globale, l’élimination des résultats internes est opérée en totalité.
Dans le cas où l’une des deux sociétés concernées est intégrée proportionnellement
ou mise en équivalence, l’élimination est proportionnelle au pourcentage d’intérêts.

2- Les marges internes sur stocks


Les stocks figurant à l’actif des entreprises consolidées peuvent provenir de ventes
effectuées par d’autres entreprises consolidées. Ces dernières ont réalisé une marge bénéficiaire à
l’occasion de ces ventes. Cette marge doit être éliminée, tant du stock final que des résultats de
l’entreprise vendeuse.
Il faut distinguer deux parties dans les résultats réalisés par l’entreprise vendeuse sur les
ventes internes de biens stockés :
 la marge réalisée au cours de l’exercice sur l’accroissement du stock provenant de
ventes internes (stock final moins stock initial) ; elle est imputée sur le résultat de
l’exercice ;
 les marges réalisées et éliminées au cours des exercices antérieurs. Le cumul de
ces marges des exercices antérieurs est représenté par la marge sur le stock initial.
L’élimination des marges antérieures est répétée chaque année en imputant sur les
réserves la marge sur stock initial.

IMPOTS Du fait de l’élimination de la marge sur stocks, la valeur fiscale du stock dans les
DIFFÉRES comptes de la société acheteuse est supérieure à sa valeur comptable consolidée. Il
en résulte une créance d’impôt différé pour la société acheteuse.

Exemple 13
La société F vend à la société G des marchandises avec une marge de 20% du prix de
vente. A la clôture de l’exercice, une partie de ces marchandises restait dans les stocks de la société G
pour un montant de 700. A l’ouverture du même exercice, des marchandises provenant des ventes par
la société F lors de l’exercice précédent figuraient dans les stocks pour 500.

1- Cas de l’intégration globale


Résultat F [60% x 20% x (700 – 500)] 24
Réserves F (60% x 20% x 500) 60
Impôts différés G (40% x 20% x 700) 56
Stocks (20% x 700) 140
Consolidation du bilan

Variations des stocks 40


[20% (700 – 500)]
Résultat global 24
Impôts sur les résultats (différés) 16
(40% x 40)
Consolidation du compte de résultat
2- Cas de l’intégration proportionnelle des sociétés F ou G (avec pourcentage
d’intérêts de 30%).

Les comptes mouvementés seraient les mêmes mais l’élimination ne porterait que sur :
Résultat de l’exercice : 30% x 24 7,20
Réserves : 30% x 60 18,00

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3- Les plus-values de cessions internes
a) L’application de la règle générale d’élimination
Les immobilisations figurant à l’actif des entreprises consolidées peuvent provenir de
cessions effectuées par d’autres entreprises consolidées. Ces dernières ont réalisé une plus-value (ou
une moins-value) à l’occasion de ces cessions. Cette plus-value, interne au groupe, doit être éliminée,
tant de la valeur immobilisée que des résultats ou réserves de l’entreprise cédante. Une plus-value
réalisée au cours de l’exercice est imputée sur le résultat de l’exercice. Une plus-value réalisée au
cours d’un exercice antérieur et qui avait déjà été éliminée doit être éliminée de nouveau mais, cette
fois, en l’enlevant des réserves de l’entreprise cédante.
Le retraitement de la valeur immobilisée entraîne un retraitement des amortissements
effectués par l’entreprise cessionnaire. L’élimination des moins-values de cession devra être
considérée avec prudence.
Exemple 14
La société M a cédé, au début de l’exercice N – 1, à la société F, une immobilisation sur
laquelle nous disposons des informations suivantes :

Date d’acquisition par la société M Début N – 6


Prix d’acquisition par la société M 1.000
Amortissement linéaire en 10 ans
Annuités d’amortissement pratiquées par la société M 100
Prix de cession à la société F 800
Valeur nette comptable à la date de cession 1.000 – 500 = 500
Plus-value de cession 300
Annuités d’amortissement pratiquées par la société F 800/5 = 160
Les retraitements sont les suivants :
i- Exercice de l’acquisition (N – 1)

 Retraitement de la plus-value de cession


Ex. N - 1
Résultat M 180
Impôts différés F (40% x 300) 120
Immobilisations 300
Consolidation du bilan
Pour ramener l’immobilisation à sa valeur comptable dans
l’entreprise cédante


PCI 800
VCCI 500
Impôts sur les résultats (différés) 120
Résultat global 180
Consolidation du compte de résultat
 Retraitement de l’annuité d’amortissement
Ex. N - 1
Amortissements (160 – 100) 60
Résultat F 36
Impôts différés F (40% x 60) 24
Consolidation du bilan
Pour ramener l’annuité d’amortissement du niveau qu’elle
aurait dans l’entreprise cédante
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Résultat global 36
Impôts sur les résultats (différé) 24
Dotations aux amortissements 60
Consolidation du compte de résultat

ii- Exercices suivants celui de l’acquisition

 Retraitement de la plus-value de cession


Ex. N
Réserves M 180
Impôts différés F (40% x 300) 120
Immobilisations 300
Consolidation du bilan
Pour ramener l’immobilisation à sa valeur comptable dans
l’entreprise cédante

 Retraitement des amortissements


Ex. N
Amortissements (160 – 100) x 2 120
Réserves F 36
(annuité de l’exercice N – 1)
Résultat F 36
(annuité de l’exercice N)
Impôts différés F (40% x 120) 48
Consolidation du bilan
Pour ramener les annuités d’amortissement du niveau
qu’elles auraient dans l’entreprise cédante


Résultat global 36
Impôts sur les résultats (différé) 24
Dotations aux amortissements 60
Consolidation du compte de résultat

Remarque :
1- Dans le cas de l’intégration proportionnelle, le jeu des comptes est identique à celui de
l’exemple ci-dessus mais les sommes sont réduites au prorata du pourcentage de
participation.
2- Dans le cas de la mise en équivalence, les montants éliminés sont réduits au prorata du
pourcentage d’intérêts.

4- Les provisions internes

Les provisions internes à l’ensemble consolidé sont :


- les provisions pour dépréciation des titres de participation dans les sociétés
consolidées ;
- les provisions pour dépréciation des créances sur les entreprises consolidées ;
- les provisions pour risques constituées en raison des risques supplémentaires que
font encourir au groupe les entreprises consolidées.

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Les provisions internes doivent être éliminées mais seulement dans la mesure où elles
font double emploi avec la prise en compte, dans les capitaux propres consolidé, de la situation qui
justifie la constitution de ces provisions.

Exemple 15

La société M détient une participation de 80% dans le capital de la société F. Cette


dernière a subi des pertes et ses capitaux propres sont devenus négatifs (- 1.000). Pour cette raison, la
société M a constitué, à la clôture de l’exercice, des provisions pour dépréciation et pour risques
totalisant 850.

Les provisions doivent être éliminées à concurrence de la part de la société M dans les
capitaux propres de la société F, soit 800. L’écriture d’élimination est la suivante :

Provisions 800
Résultat M 800
Consolidation du bilan

Résultat global 800


Dotations aux provisions 800
Consolidation du compte de résultat

5- Les distributions internes de dividendes

Les dividendes distribués par une filiale au cours de l’exercice N, proviennent de


bénéfices qui ont été réalisés par la société distributrice au cours de l’exercice précédent. Ils ont donc
déjà été compris dans les capitaux propres consolidés de l’exercice N – 1. Ces dividendes doivent être
éliminés :

- des produits financiers de la société mère ;


- des capitaux propres de l’exercice précédent qui figurent maintenant dans les
réserves.

Exemple 16

La société M a reçu de ses filiales, au cours de l’exercice, des dividendes pour un montant
de 500.

L’écriture d’élimination des dividendes est la suivante :

Résultat M 500
Réserves M 500
Consolidation du bilan

Produits financiers 500


Résultat global 500
Consolidation du compte de résultat

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