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Bruno Conceição

Mariage de Figaro – Étude no 2


Titre-résumé:
Acte 2)
Scène 1: Le ruban et les rêveries
Scène 2: Les fourberies de Figaro
Scène 3: La comtesse éblouie
Scène 4: Le chant de la romance
Scène 5: Le brevet de Chérubin
Scène 6: Chérubine ? Chérubinette ?
Scène 7: Le ruban de l’intérêt
Scène 8: L’interruption de Suzanne
Scène 9: Les sentiments de Chérubin
Scène 10: L’arrivée du Comte
Scène 11: Le Comte est là
Scène 12 : Les soupçons du cabinet
Scène 13 : Suzanne nue dans le cabinet ?
Scène 14 : Chérubin part
Scène 15 : Suzanne sauve la Comtesse et la ruse de Figaro
Scène 16 : La Comtesse démunie
Scène 17 et Scène 18 : Le quiproquo qui fourbe le maître
Scène 19 : Les tables tournent
Scène 20 : Figaro s’empare de la situation
Scène 21 : Le papier de Figaro aussi appelé brevet de Chérubin
Scène 22 : Marceline s’oppose au mariage
Scène 23 : La sortie chantée vers l’audience au tribunal
Scène 24 : La Comtesse est inquiète
Scène 25 et Scène 26 : Le ruban, symbole d’amour
Acte 3)
Scène 1, Scène 2 et Scène 3: Le Comte, Pédrille et Séville
Scène 4: « Figaro, tu t’es instruit ou non de mon amour pour Suzanne? »
Scène 5: Le Valet et le maître
Scène 6: Brid’oison juge
Scène 7: La salle d’audience
Scène 8: La colère du Comte les Fourberies de Suzanne
Scène 9: Les Fourberies de Suzanne
Scène 10: Figaro gagnant ?
Scène 11: La vengeance du Comte
Scène 12 et Scène 13 : L’affaire de Marceline et le juge qui ne sait rien
Scène 14 : Le début du procès
Scène 15 : Soit tu rembourses Marceline ou tu l’épouses à l’instant
Scène 16 : Les retrouvailles
Scène 17 : Suzanne arrive
Scène 18 : La trahison de Figaro se passe dans les yeux de Suzanne
Scène 19 : Un nouveau mariage ?
Scène 20 : Brid’oison réfléchit

Scène V, Acte III


Cette scène est un vrai duel verbal qui expose la relation maître/ valet dans la
pièce. Il s’agit d’une compétition au plan de l’amour pour Suzanne qui atteint ensuite
le plan social et prend la forme d’un affrontement social.
Au début de la scène, nous avons une rivalité amoureuse et une relation tout
d’abord cordiale. Le public sait de toutes les intentions des personnages et fait face à
leurs stratégies grâce aux apartés, qui cherchent à mettre le public en scène. On
ressent une supériorité rhétorique et même au niveau des informations, puisque
Figaro a plus d’informations sur la situation actuelle de la pièce que le Comte. Le valet
sait sur les plans du Comte au sujet de Suzanne, il vient même d’écouter son discours
et il sait aussi qui était vraiment dans le cabinet. Le comte détourne la situation et une
violence verbale accroît. Le comte veut que Figaro souvienne de leur passé commun
« Autrefois tu me disais tout » en espérant que cela adouce Figaro. Cependant, la
supériorité de Figaro intervient à nouveau, où sa capacité remarquable de rhétorique
attaque le Comte et il prend contrôle de la scène en répondant de façon systématique
avec des antithèses et des parallélismes. On peut prendre comme exemple la réponse
de Figaro à la réplique du Comte citée précedemment, « Et maintenant je ne vous
cache rien ». De plus, Figaro utilise le pronom « on » pour transformer son discours en
vérité générale. Cet avantage de Figaro par rapport au Comte, et l’omniscience du
public, font de cette scène une des plus drôles de la pièce grâce aux comiques de mots,
de gestes... et la célèbre tirade « Goddamn ».
On passe ensuite à un conflit verbal encore plus violent et qui entre dans le
plan social et politique. Figaro attaque le Comte, et la noblesse qui est représentée par
son maître. L’attaque commence de façon directe « tenez, monseigneur, n’humilions
pas l’homme qui nous sert bien, crainte d’en faire un mauvais valet », il devient
ensuite un attaque aux seigneurs en général « Y’a-t-il beaucoup de seigneurs qui
puissent en dire autant ? ». Figaro se met sur le même niveau que les seigneurs, une
chose très audacieuse pour l’époque. Il fait ensuite une critique sociale à la noblesse
qui porte surtout sur l’hypocrisie de la noblesse « Indulgente avec les grands, dure aux
petits ». Il dénonce aussi l’immoralité, l’espionnage et les formes de double-jeu dans sa
tirade au sujet de la politique, remplie d’expressions antithétiques et de chiasmes :
« Mais feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore, d’entendre ce
qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ». Figaro est la figure qui
représente le tiers-état. On a une figure d’accumulation de verbes d’actions qui sont
employés avec le pronom personnel indéfini « on », qui désigne la part de population
oubliée par les privilégiés.
On a un valet qui est audacieux et qui se met au même niveau que son maître.
Le duel violent entre le Comte et Figaro nous montre l’éloquence remarquable du
valet, qui représente la population réprimée par les privilégiés. Ce type de scène est un
classique des satires qui montre le « Castigat ridendo mores », mais ce type de duel
verbal est encore plus important et représente vraiment l’intérêt du tiers-état dans
cette période pré-révolutionnaire.

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