Vous êtes sur la page 1sur 8

Fatigue oligocyclique ou fatigue plastique

I. Introduction
Le terme ≪ fatigue des matériaux≫ désigne l’ensemble des modifications des propriétés des
matériaux dues a la répétition de cycles d’efforts. La répétition des sollicitations, mêmes inferieures
a la limite d’élasticité du matériau, peut conduire à la rupture des pièces en service et être a l’origine
d’accidents comme ceux survenus dans l’industrie ferroviaire ou aéronautique par exemple. Le
caractère progressif de la détérioration du matériau qui conduit a une rupture brutale rend la prise en
compte du phénomène de fatigue particulièrement importante dans l’estimation de la durabilité d’un
composant.
Il existe plusieurs types de fatigue qui dépendent de la nature de la sollicitation cyclique et des
conditions dans laquelle elle se répète. On distingue ainsi :
1. La fatigue mécanique, lorsque les sollicitations proviennent d’efforts mécaniques extérieurs,
2. La fatigue thermique, lorsque les chargements cycliques sont induits par des variations de
température,
3. La fatigue thermomécanique, qui combine les efforts d’origines thermiques et mécaniques,
4. La fatigue-fluage, lorsque les sollicitations mécaniques se produisent a haute température,
5. La fatigue-corrosion, lorsque la répétition des sollicitations a lieu en milieux corrosif,
6. La fretting-fatigue, qui résulte de contraintes engendrées par le mouvement relatif de deux solides
Le tracé de la courbe de Wöhler σ a = f (NR) permet de déterminer la durée de vie en fatigue du
matériau. Cette courbe présente, dans la plupart des cas, trois domaines distincts :
La fatigue oligocyclique ou fatigue plastique; l’endurance limitée et l’endurance illimitée.
On appelle endurance la capacité de résistance à la fatigue des pièces que l'on étudie

II. Principe de l'essai


La fatigue oligocyclique ou fatigue plastique correspondent à la première partie de la courbe de
Wöhler, pour lequel les contraintes imposées sont élevées σ> e et le plus souvent accompagnées
d’une déformation plastique a l’échelle macroscopique. Dans ce cas, la rupture survient âpres un
faible nombre de cycles inferieur a 105. Généralement, on observe 1/4 < NR < 104 à 105 cycles.
L’intérêt des essais dans le domaine de la fatigue plastique oligocyclique permet de :
- de prendre en compte ce phénomène pour la conception et le dimensionnement des appareils
(courbe de résistance à la fatigue). On cherche à connaître le comportement dans cette zone dans les
cas où le matériau est soumis au moins temporairement à des contraintes très élevées
;

1
- de mener une analyse plus fine du comportement des matériaux soumis à une plastification locale
(effet d’entaille, propagation de fissure, etc.) et une approche des lois de comportement (courbe
d’écrouissage cyclique).

Le principe général de ces essais consiste à imposer une sollicitation qui provoque une déformation
plastique cyclique dans l’éprouvette. On détermine alors le nombre de cycles que peut supporter
l’éprouvette sous une sollicitation donnée ainsi que les paramètres correspondants : déformations,
efforts. La difficulté majeure de ces essais réside dans le fait que le passage dans le domaine
plastique entraîne l’inversion du sens des contraintes pour réaliser des cycles. Comme le paramètre
déformation est essentiel, ces essais sont généralement effectués à déformation imposée.

II.1. Machines d'essais


Traction - compression ou torsion alternée
- Essais limités à 105 cycles.
- Fréquence faible (quelques Hz (< 0,1 Hz)) pour éviter tout échauffement parasite de l’éprouvette
- Déformation imposée à vitesse de déformation constante (cycle sinusoïdal)
- Machines servo-hydrauliques

II.2. Eprouvettes

Selon le conditionnement du matériau à tester, on utilise soit des éprouvettes cylindriques soit des
éprouvettes plates. La géométrie de l'éprouvette doit remplir les conditions suivantes :
- être suffisamment compacte pour éviter le risque de flambage en compression. Pour les
éprouvettes cylindriques (2 < longueur utile/diamètre < 4)
- assurer une répartition uniforme des contraintes et des déformations sur toute sa partie utile ;
- permettre une mesure de la déformation (moyens extenso métriques) avec une bonne précision.

2
3
III. Relation contrainte - déformation
Cette courbe permet de tracer la courbe d'écrouissage cyclique. On effectue n essais avec n
éprouvettes. Pour chaque éprouvette, on impose une déformation donnée et on mesure la contrainte,
une fois stabilisée, on obtient des courbes comme sur la figure suivante.

L'essai est effectué pour plusieurs éprouvettes à déformation εT constante.


à partir d'une éprouvette en commence par une amplitude de déformation faible, en attendant la
stabilisation de la contrainte, puis en choisissant un niveau de déformation supérieur
L'essai est effectué par des sollicitations par blocs d'amplitudes de déformations linéairement
croissants puis décroissants.
La relation contrainte-déformation est une loi de puissance de la forme:  = K' (p/2)r ' (par
analogie avec une loi de courbe de traction classique  = K rp)

4
IV. Courbes de résistance à la fatigue oligocyclique
La plupart des essais de fatigue oligocyclique sont effectues a déformation totale imposée, t/2 et
même a déformation plastique imposée, p/2, car c’est la déformation qui gouverne
principalement le dommage. Pour des essais a déformation imposée, on représente généralement la
réponse cyclique du matériau a l’aide d’une courbe σ/2 = f(log(N)) ou σ max = f(log(N)). Une
échelle semi-logarithmique est préférée de manière a observé clairement les variations qui se
produisent au cours des premiers cycles.

Quand une éprouvette est soumise à une déformation cyclique imposée, on constate que les
contraintes minimales et maximales ne restent que rarement constantes pendant tout l'essai. Le plus
souvent, après un stade transitoire (quelques dizaines de cycles) où les contraintes maximales
varient très rapidement, en croissant (consolidation ou durcissement cyclique) ou décroissant
(déconsolidation ou adoucissement cyclique), elles se stabilisent jusqu’à l’apparition d’une fissure
entraînant une décroissance rapide.
On distingue généralement trois stades d’évolution des contraintes au cours d’un chargement
cyclique symétrique en déformation totale. Ces différents stades sont principalement fonction du
matériau, de la température, de la vitesse et de l’amplitude de déformation et de l’environnement.

5
1- La consolidation (≪ durcissement cyclique ≫) ou les niveaux de contrainte augmentent et les
déformations plastiques diminuent.

2- La déconsolidation (≪ adoucissement cyclique ≫) ou les niveaux de contrainte diminuent et les


déformations plastiques augmentent.

3- Le régime stabilise ou les contraintes et déformations plastiques sont constantes. Durant ce stade,
les fissures formées en surface se propagent vers le cœur de l’éprouvette avant la chute brutale des
niveaux de contrainte et la rupture.
Les lois empiriques les plus utilisées pour décrire la fatigue oligocyclique à température ambiante,
c'est-à-dire le nombre de cycles pour différentes déformations plastiques ou totales imposées, sont

La loi de Basquin de résistance aux déformations élastiques

b: est un exposant de résistance à la fatigue et σf est le coefficient de résistance à la fatigue.


6
La loi de Manson-Coffin de résistance aux déformations plastiques
Manson en 1952 et Coffin en 1954, ont montré que la dure de vie NR en
fatigue plastique est liée a l’amplitude de déformation plastique imposée p/2 par :

Le coefficient de ductilité Cp et la pente m (comprise expérimentalement entre -0,8 et -0,5) sont des
constantes qui dépendent du matériau et de la température.
La loi de Manson-Coffin dite lois de résistance à la fatigue oligocyclique; peut être représentée par
une droite, p = f ( Nr ) (échelle bi logarithmiques)

Si
l’on
fait
de

7
même avec les variations de la déformation élastique et de la déformation totale, on obtient
l’ensemble des courbes de la figure suivante:

Les équations des différentes courbes de la figure s’écrivent alors :

Avec:

a est voisin de – 0,5 et b est voisin de – 0,12.

Les paramètres a et b varient peu avec le matériau.

Vous aimerez peut-être aussi