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La criminologie

S5 Droit privé
en langue française
Introduction générale

Se passe-t-il un seul jour sans que les journaux écrits ou parlés ne


rapportent une escroquerie, un hold-up, un viol, un assassinat ou un
attentat terroristes?
Se passe-t-il un jour sans parler des prisons, des tribunaux, services de
police et de sécurité?

C’est la raison d’être de la criminologie, celle de rendre intelligibles ces


actes et ces institutions, de décrire, de comprendre, expliquer de quoi le
phénomène criminel est fait.

Avec le mode de la vie actuelle, le nombre de crimes a connu une


croissance considérable en tous genres et de cas de trafic qui affectent
tout, les grands pays sans exception.

Le problème criminel contemporain est trop imbriqué dans la trame de


notre vie quotidienne pour qu'il soit combattu avec des moyens simples,
brutale et expéditifs.

Pour le contenir sans porter atteinte à nos valeurs, il faut le connaitre et le


diagnostiquer, sans de minimiser ni de dramatiser. C’est pour répondre à
ce besoin d’analyse et de connaissance que la criminologie existe.

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I. La notion de criminologie

A. Le sens commun

Qu’est-ce que la criminologie ?

N’étant pas soumis aux contraintes de vocabulaire qui pèsent sur les
juristes, les criminologues utilisent les termes crime, délit, délinquance et
infraction dans le même sens. Ils préfèrent toutefois le mot crime pour
désigner les faits graves.

Cependant, ils ne voient pas tous la notion de la même peine.

Certains adoptent le regard du sociologue (une déviance).

D’autres fondent leur analyse sur la définition juridique de l’infraction.

D’autres croient découvrir dans les faits sociaux une notion de crime
fondée en raison et en justice.

La Criminologie est une science humaine, une science qui travaille avec des
jugements de valeurs (comme la médecine (santé, maladie,..), opposition
aux mathématiques). Elle travaille sur des notions telles que la
responsabilité, les peines, etc..

Il y a deux types de criminologie : une générale : Elle voit les phénomènes


de masse (le crime), l’autre est clinique  : Elle voit les phénomènes
individuels (le criminel).

1- Le délit comme déviance

Toute société, tout groupe humain doté d’une certaine permanence


engendre ses propres normes: règles de conduite dont la transgression est
passible de sanction.

Exp: les sociétés édictent des règles de politesse…

« Autres temps, autres moeurs »

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La déviance, c’est la transgression d’une norme sociale. Les sociologues
utilisent ce terme pour désigner les États et les conduits qui violent les
normes auxquelles les membres d’un groupe tiennent au point de punir
ceux qui les violent.

Les sociologues ont réalisé de fascinantes recherches sur plusieurs formes


de déviance, notamment sur le suicide, la consommation de drogue, les
maladies mentales. Ils ont insisté sur le fait que les groupes créent la
déviance en édictant et en sanctionnant des règles (Becker, 1963). Ils ont
développé les notions de stigmatisation ou d’étiquetage pour décrire le
processus au terme duquel un individu est défini, marqué comme déviant
et exclut du groupe. La délinquance sous toutes ses formes (vols, fraudes,
violence …… sont de la déviance.

Deux leçons à retenir des notions sociologique de norme et de déviance:

a)Chaque société se donne les normes qui correspondent à ses valeurs ou


aux intérêts de son groupe dominant. On déduit que, ce qui est déviant ou
criminel varie d’un pays à l’autre. La déviance est relative au contexte
normatif dans lequel il est posé.
b) Que norment de sanctions fait partie intégrante de la vie sociale d’où
elles émergent le plus souvent sans qu’un législateur intervienne.

2- Le délit comme infraction

On entend par crime «  tout acte prévu comme tel par le li et donnant lieu à
l’application d’une peine de la part de l’autorité supérieure » (Pica).

Qu’en est-il de la légitimité des lois qui créent les crimes?

Elles ne manquent pas d’être entachées par les soupçons qui pèsent sur
tout pouvoir. Que vaut une incrimination si elle procède de l’arbitraire, de
l’opportunisme ou du fanatisme.

Dans les théocraties d’hier et dans les états totalitaires d’aujourd’hui, les
pouvoirs ont criminalisé des actes comme le blasphème ou la dissidence
dont le caractère criminel ne nous paraît pas du tout évident.

Quand la sanction pénale s’abat sur des délits d’opinion, faut-il y voir des
crimes?

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Quand un Parlement démocratiquement élu vote, après discussion, en
faveur d’un Code pénal dans lequel le meurtre, l’abus de conivance et le vol
restent criminalisés. Se pourrait-il que la validité de la notion juridique de
crime tienne à la qualité du régime politique, de ses politiciens, de ses
juristes et du processus débouchant sur un texte d’incrimination?

Dans plusieurs pays aujourd’hui, certains actes caractérisés comme


criminels soulèvent de graves doutes. Le refus de porter le voile islamique.
Les fumeurs de marijuana.
Nous sentons qu’il y a de vrais crimes et d’autres qui n’en sont pas. des
criminalisations qui sont fondées en raison et en justice et d’autres qui
sont les fruits amers de l’égarement, du fantasme ou de la volonté de
puissance.

La question: est-il possible d’affirmer qu’une loi est injuste? se demandent


les philosophes.

B. Le crime comme violence et ruse

Gassin s’efforce de distinguer dans l’action criminelle une spécialité qui ne


tiendrait pas seulement au texte de la loi mais aussi à des prohibitions
ayant valeur universelle.

Si le droit des incriminations est quelquefois fabrication de crime artificiel,


il lui arrive aussi de partir d’un «  donné  » normatif préexistant dans la
conscience commune.
Ce donné consiste en un ensemble de représentations communes «  de
nature intuitive qui portent sur ce qui est jugé comme particulièrement
injuste et demande à être sanctionné de manière énergique ».

Le rôle du législateur donc est de mettre en forme et de codifier ces


représentations. Il précise les contours d’une infraction dont le principe de
la prohibition paraissait devoir s’imposer dans l’opinion et y attache une
peine.

Exp: le meurtre et le vol ont été de tout temps considérés comme des
crimes et ils sont encore partout. Ces «  invariants  » montrent que toute
société humaine met hors la loi deux catégories de moyens que les
individus sont susceptibles d’utiliser pour arriver à leurs fins : la violence
et la ruse. La violence ( l’utilisation de la force soumise à des règles)
comme meurtre, coups et blessures… La ruse, qui ne faut pas confondre
avec l’habileté, s’incarne dans la fraude, l’escroquerie et le vol. Les auteurs

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de tels actes réalisent un gain au détriment d’autrui et contre son gré en
usant de mensonges.

«  La violence et la ruse impliquent un déséquilibre caractérisé dans la


relation entre l’auteur de l’acte et celui qui en est le point d’application ».

C. Les fonctions sociales de la notion de crime

En 1964, les américains Sellin et Wolfgang offraient à la communauté des


chercheurs un nouvel instrument pour mesurer la manière dont la gravité
des délits et perces dans la population.

Exp: «  Une personne vole 1 000 $ à une victime avec une arme à feu. La
victime est blessée et doit être hospitalisés  » les répondants avaient pour
tâche de comparer leur gravité ) celle d’un énoncé de base «  une personne
vole une bicyclette dans la rue  ». et de dire combien de fois il est plus ou
moins grave.

Le sondage de gravité.

L’intérêt de cette méthode elle nous fait appréhender indirectement la


notion de crime telle qu’elle est pensée par la conscience commune.

Plus une infraction paraît grave, plus il est évident qu’elle est un crime aux
yeux du public.

Un fait décisif émerge de ces sondages, c’est le remarquable consensus des


répondants sur l’ordre de gravité des infractions. L’immense majorité des
gens s’entend sur le fait qu’un homicide commis au cours d’un hold-up est
plus grave qu’un vol avec violence de 1 000 dollars … au plus bas d’échelle
de gravité se trouvent des fautes tellement vénielles qu’elles en cessent de
paraître des délits: le vagabondage ou la consommation de marijuana, la
prostitution.

Le plus important sondage de gravité et le plus complet fut réalisé en 1977,


50 000 citoyens américains adultes. Ce sondage a fait découvrir six critères
implicites utilisés par les citoyens pour les ordonner:

• l’ampleur des atteintes à l’intégrité physique;


• les dangers auxquels l’acte exposent autrui;
• la violence des moyens;
• l’importance des pertes monétaires;
• la vulnérabilité relative de la victime;
• l’intention coupable.
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Une réflexion sur critères permet de donner la notion commune de crime.

1° plus un acte menace la sécurité intérieure d’une collectivité, plus il


paraît grave et moins l’on doute qu’il soit un crime. Il est plus grave de tuer
que de blesser. Placer une bombe dans un lieu public.
Ces agissements diffusent ma méfiance et la peur dans le corps social, leur
prohibition préserve de la peur de l’autre et nous permet de cohabiter en
paix. Interdire ces actes, c’est servir la sécurité intérieure de la nation.

2° Les atteinte flagrante à un juste équilibre des rapports sociaux tendent à


être assimilés à des crimes. Exp: l’agression permet réée réée un fort contre
un faible paraît plus grave que l’inverse ou qu’un combat loyal. La faute
lourde commise par la victime atténue la gravité de l’infraction commise à
son endroit. La légitime défense.

Selon Gassin, : la notion de crime sous-entend un déséquilibre caractérisé


entre l’agresseur et la victime.

Le jeu social doit se jouer dans le respect des règles de la justice et de


l’équité, d’où les normes de réciprocité et d’égalité.

Il va de soi que la notion de crime n’a pas été conçue pour instaurer une
justice parfaite, seulement faire obstacle à certaines des atteintes les plus
flagrantes et les plus grossières à un juste équilibre des rapports entre les
personnes.

Le concept de crime sert à pointer du doigt les atteintes intentionnelles à la


sécurité et à la justice dans les rapports sociaux. Pour sa part, la gravité
fixe l’ordre de priorité des actions à mener contre ces menaces. Elle est le
«  programme  » du Contrôle social; elle contient l’instruction sur l’intensité
du blâme privé et de la peine publique devant logiquement suivre la
perpétration d’un délit.

D. La méthode

La criminologie se distingue du droit pénal par son ambition scientifique.

Les criminologues se disent «  empiristes  » (L'empirisme est une doctrine


philosophique qui considère que l'origine de toutes connaissances
humaines ne provient que de l'expérience sensible, de l'observation. Ainsi,
nos sens sont à la source de nos connaissances).
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L’empirisme s’incarne dans la méthode scientifique entendue comme une
démarche explicite et ordonnée de vérification d’hypothèses. Cette méthode
impose une exigence d’objectivité, un combat-constat contre l’intrusion des
considérations normatives, idéologiques ou d’opportunité dans la démarche
ou les conclusions.

Ce qui distingue la criminologie du droit pénal. Celui-ci veut ordonner la


réalité, celle-là veut en rendre compte. Celui-ci interprète les lois et la
jurisprudence, celle-là observe et expérimente. Le droit pénal veut punir les
délinquants, quelquefois rendre justice à la victime, toujours dicter la
conduite des magistrats et des policiers. La criminologie se propose de
s’écrire et expliquer les comportements de ces actes sociaux. Elle se charge
aussi de mesurer les résultats des politiques conçus pour faire face au
crime.

E. Le phénomène criminel

Le crime est au coeur de la criminologie, mais, aussi important soit-il, le


coeur n’est jamais qu’un organe parmi d’autres. Son rôle ne peut être
compris que s’il est replacé dans l’organisme dont il fait partie. Le
phénomène criminel est un ensemble dont le centre est le crime. Léauté
(professeur de criminologie), conçoit le phénomène criminel comme un
processus en trois étapes:

Des normes pénales sont édictées;


elles sont violées;
cela provoque une réaction sociale répressive.

La criminologie est considérée comme la science des causes du crime

F. Diverses conceptions du crime

Conception morale:
« Le crime, c’est tout comportement mauvais, amoral »
Conception naturaliste:
« Certains actes sont des crimes en soi »
Conception légaliste:
« Le crime, c’est ce qui contrevient à la loi »
Conception sociologique :
« Le crime, c’est un phénomène social qui répond à des besoins
sociaux »
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« Le crime, c’est ce qui est défini comme tel par un groupe social »
Conception extra-pénale :
« Et si on parlait simplement de « problème à résoudre » ? »
Conception psychologique:
« Le crime c’est un acte posé par un individu à un moment donné de
sa vie»
Conception politique :
« Le crime, c’est un instrument au service d’un projet politique »

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II. Les différents courants de la criminologie

A. Le courant biologique

1. La théorie de LOMBROSO sur le criminel-né

Le médecin italien CESARE LOMBROSO (1835- 1909) est bien connu par
sa théorie sur le criminel par naissance ou criminel-né. De par son
expérience en tant que médecin légiste pour l'armée et l'administration
pénitentiaire italienne, et à travers les autopsies qu'il a pratiqué, il acquiert
la certitude que la criminalité n'est pas acquise, mais qu'elle est inhérente
à certaines personnes de par leur naissance.

Cette théorie a soulevé plusieurs critiques:

Sur le plan du droit pénal, Ce caractère heurte, d'une part le principe de


libre-arbitre sur lequel se trouve fondée la responsabilité pénale, et peut
entraîné d'autre par une intervention ante- delictum de la part de la
société.

Sur le plan de la criminologie, les études de LOMBROSO se sont limitées


aux hommes et n'ont pas concerné les femmes. On observe également
l'absence d'une prise en considération de l’influence des facteurs sociaux.
Les signes invoqués peuvent également être constatés sur des non-
criminels.

2. Les hypothèses génétiques

En se fondant sur les gènes qui composent le tissu cellulaire, certains


criminologues ont essayé d’expliquer le phénomène. Il s'agit
essentiellement de deux hypothèses.

2-1 L’hérédité et la criminalité

les travaux de Grégoire MENDEL font référence en la matière botanique. Si


aujourd'hui ces règles sont indiscutables sur le plan génétique, ils n'ont
pas de même en ce qui concerne l'hérédité en matière de caractère. Car
certains criminologues ont été tentés de transposer les règles de Mendel, en
ce qui concerne la transmission de la criminalité des parents aux enfants.
Seulement, il faut observer que ce qui est valable sur le plan génétique,
peut ne pas être valable sur le plan comportemental.

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2-2. Les aberrations chromosomiques

3. L'hypothèse des troubles hormonaux

Les hormones sont des substances déversées dans le sang par ce qu'on
appelle les grandes endocrines. Les hormones sont des facteurs importants
dans l'équilibre physique et psychique.

B. Le courant psychiatrique

Le courant psychiatrique s'exprime à travers une branche particulière qui


s'appelle la  psychiatrie criminelle. Celle-ci s'intéresse en premier lieu, à la
relation qui existe entre certaines formes de maladies mentales et le
comportement criminel. En second lieu, elle permet de déterminer le degré
de responsabilité de certains criminels en fonction de la nature de leurs
maladies. En troisième lieu, elle permet de donner un aperçu sur la
classification des maladies mentales et de donner aux magistrats un
minimum de connaissances psychiatriques, afin d'éviter le dialogue des
sourds entre la terminologie des psychiatres et les concepts des magistrats.

1. Les maladies mentales organiques

a. Les arriérations mentales


b. La démence au sens médical

2. Les maladies mentales fonctionnelles

a. Les psychoses : (la schizophrénie; la paranoïa)


b. Les névroses : (les phobies; La névrose scrupuleuse- obsessionnelle;
L’hystérie)
c. Les psychopathies: (la délinquance chronique; la toxicomanie; les
perversions sexuelles

C. Le courant psychologique

Le courant psychologique présent des hypothèses qui essaient d'expliquer


le comportement criminel sur la base de facteurs psychologiques. Elles
sont d'une grande diversité, mais dans leur grande majorité, elles puisent
dans la doctrine freudienne.

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D. Le courant socioculturel

On peut distinguer deux grandes orientations, une orientation européenne


classique axée sur l’influence du milieu social .Et en second lieu une
orientation américaine articulée sur les aspects culturels.

Les criminologues européens ont concentré leurs efforts sur le rôle des
facteurs sociaux dans l’apparition de la criminalité .Différents facteurs
sociaux ont été mis en exergue. C’est ainsi qu’on a étudié l’influence du
milieu familial et sa contribution dans le comportement criminel.

La recherche criminologique se caractérise par son intérêt pour le concept


de culture et sa relation avec les concepts de personnalité et de société.La
culture étant un agent social qui conditionne la personnalité pour exprimer
une civilisation déterminée. Mais dans toute société existent des cultures
marginales adoptées par certains groupes et qui peuvent se mettre en
opposition avec la culture  prédominante.

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III. Le délinquant et le milieu

A. Le délinquant

Selon la théorie de la personnalité criminelle, les criminels se distinguent


des gens normaux par une constellation de traits : l’égocentrisme,
l’insensibilité aux souffrances d’autrui, la fixation sur le moment présent,
l’incapacité à se contrôler, l’irresponsabilité, etc.

Le comportement criminel du récidiviste fait partie intégrante d’un style de


vie.

1. Le style de vie

Louis Chevalier, dans Montmartre du plaisir et du crime (1980) dresse un


portrait détaillé et haut en couleur de la vie des membres du Milieu et de
leurs clients à Montmartre.

• Activités de la nuit.
• L’exploitation du plaisir
• Industrie du plaisir : restaurants, hotêles, danceuses, chanteurs,
courtisanes…
• Proxénétisme
• Alcool, drogue,

2. La récidive

Examinant un échantillon de jeunes hommes de 32 ans qui ont mis un


terme à leur carrière criminelle après avoir été délinquants avérés au cours
de leur adolescence, des chercheurs constatent qu’ils ont dorénavant un
emploi stable, une famille et des bonnes relations sociales.

En revanche, les hommes qui, délinquants à l’adolescence, continuent de


se faire arrêter par la police jusqu’à l’âge de 30 ans sont moins intégrés au
marché du travail et toujours célibataires.

Deux hypothèses complémentaires peuvent être avancées pour expliquer la


récidive: le rapport que le récidiviste entretient avec le temps, d’abord,
ensuite avec autrui.

1) Le temps: le délinquant fait prévaloir l’instant présent, ignorant les


conséquences à long terme de ses actes. Et dans ses rapports avec les
autres , il ne voit pas bien qu’il prive et fait souffrir ses victimes, alors

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qu’il est très sensible à ce qu’il peut lui subir, interprétant toute
frustration comme une injustice qu’on lui inflige délibérément.

2) Soutenu par des criminologies inspirées par la théorie du choix


rationnel. Ils conçoivent la décision de récidiver comme le résultat d’un
calcul coûts bénéficie. À sa sortie de prison, un individu choisira de
reprendre son activité délictueuse s’il escompte qu’elle lui rapportera des
revenues intéressants et qu’elle ne l’exposerait ç des peines ni trop
fréquentes ni trop sévères.

Dans la majorité des délits ordinaires, le délai entre l’action et le résultat


est quasi-nul.

Plus il lui tarde d’obtenir ce qu’il désire, plus la motivation à agir s’affaiblit.

B. Le milieu de délinquant

Le crime baigne dans un milieu social contribué à sa virulence et à sa


permanence.

1. L’apprentissage social de la délinquance

La quasi-totalité des jeunes délinquants persistants fréquentent des amis


qui ont, eux aussi, des démêlés avec la justice.

Plus un adolescent a des amis délinquants, plus il a tendance à commettre


des délits.
Plus un jeune passe de temps avec des délinquants, plus il commet de
délits.

Les recherches longitudinales qui mesurent les fréquentations d’un sujet,


dans un premier temps, puis ses infractions, dans un deuxième temps,
établissent que l’attachement à des pairs antisociaux précède et prédit la
délinquance subséquente.

La violence criminelle est particulièrement sensible à l’appartenance à un


gange: quand les jeunes en sont membres actifs, ils commettent en
moyenne deux fois plus de crimes violents que quand ils n’en font pas
partie.

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2. Morphologie sociale de la délinquance

C’est l’étude des formes de sociabilité liant les individus qui commettent
des délits avec une certaine fréquence.

a. La codélinquance
b. Le réseau
c. Le gang

3. Milieu déliquant et violences criminelles

Le milieu sert d’accélérateur à la violence: la fréquence des crimes violents


augmente chez les individus qui entrent dans une bande et elle diminue
quand ils en sortent.

Les membres les plus actifs des réseaux délinquants sont à l’origine de la
plupart des crimes violents commis dans nos sociétés.

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IV. La victime

Le criminologue allemand von Hentig (1948) a été parmi les premiers a voir
du côté des victimes.

A. Le cadre conceptuel de la victimologie

Le point de départ de ce courant datait de 1948 avec l’apparition de


l’ouvrage d'allemand Hans von HENTG intitulé: «Le criminel et sa
victime».cet ouvrage ont attiré pour la première fois l’attention sur cette
relation latente qui existe entre le criminel et la victime. L’étude de la
relation intersubjective entre les deux  pôles de l’action criminelle revêt un
grand intérêt pour les criminologues, ne serait-ce qu’au niveau de la
compréhension des situations pré-criminelles et des facteurs de la
criminalité, sans bien sûr omettre l’intérêt pour la politique criminelle sur
le plan de la  prévention.
La victimologie a été alimentée essentiellement par les écrits de grands
victimologues tel que: MENDELSOHN, ELLENBERGER et Ezzat ABDEL
FATTAH.Dans la culture victimologique.

B. L’expérience de la victimisation

1- La distribution des victimisations

La victimisation ne se distribue pas par hasard, elle frappe durement les


jeunes célibataires.
Les jeunes gens sont nettement plus souvent victimes que les aînés
( sondage: Van Dijk et coll. 1990).

Au Canada, les célibataires sont presque trois fois plus souvent victimes de
crimes sur la personne que les gens mariés.

2- Le style de vie des victimes

L’explication dominante de ces variations est couchée en termes de style de


vie. Les jeunes célibataires fréquentent plus les lieux publics (soirées,
personnes dangereuses, lieux risqués…).

C. La survictimisation des délinquants

Ressemblance dans le style de vie des groupes souvent les plus victimes et
celui des délinquants.
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von Hentig (1948) Criminels-victimes

PLus on est criminel, plus in risque d’être une victime.

D. Victimisations à répétition

Quand la même personne est sujet de deux ou plusieurs délits de même


manière.

Une cible frappée une fois, présente un risque anormalement élevé de l’être
de nouveau.
Hindelang (1978) constate que la probabilité d’être victime d’une nouvelle
agression grave est 7 fois plus élevée que la probabilité d’une première
victimisation de cette nature.

En Angletterre, en 1992, 20% des répondants qui ont été victimisés deux
fois ou plus en un an écopent de 81% du total des infractions enregistées
par le British Crime Survey.

V. La dénonciation

Après une agression, la victime est confrontée à deux choix: dénoncer le


délit à la police ou n’en rien faire.

Les sondages internationaux de victimisation de 1989, 1992, 2000


précisent que 50% des délits subis, en Europe occidentale, sont signalés à
la police.

Le motif dominent de ne pas appeler la police est que l’infraction ne


paraissait pas suffiamment grave aux victimes.

La gravité est un facteur décisif.

NB: Plus la relation entre le délinquant et sa victime est étroite, moins le


crime est rapporté.

Qu’attend la victime des pouvoirs publics?

Il faut distinguer les délits privés qu’elles peuvent régler elles-mêmes, de


ceux qui sont du ressort de la force publique.
Toutefois, lorsqu’elles jugent que l’affaire mérite d’être signalée à la police,
les fins auxquelles’elles poursuivent sont :
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1. la réparation ( être dédommagées)
2. La protection ( protéger la victime de son agresseur)
3. La rétribution ( pour que justice soit rendue)
4. La défense sociale, pour remplir un devoir civique en fournissant aux
autorités les informations nécessaires pour qu’un criminel cesse de
sévir dans la communauté.

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