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Chapitre 1 Introduction aux énergies renouvelables

CHAPITRE 1
Introduction aux énergies renouvelables

1.1. Présentation de la problématique énergétique

La production d'énergie est un défi de grande importance pour les années à venir. Les pays
en voie de développement auront besoin de plus en plus d’énergie pour mener à bien leur
développement. En effet au rythme de consommation actuel, les réserves prouvées d'énergie
fossile sont de 40 années pour le pétrole, 63 pour le gaz et 218 pour le charbon et 71 pour
l'uranium. Si, au lieu de raisonner à consommation constante (ce qui est évidemment faux),
on tient compte de l'augmentation annuelle de la demande (supposée égale à 2%/an), dans 50
ans l'ensemble des réserves prouvées sera épuisé. La consommation actuelle repose presque
entièrement sur l'usage des énergies fossiles : ( le pétrole, le gaz naturel, le charbon et
l'uranium). Ces réserves sont limitées et polluantes (augmentation des émissions de gaz à
effet de serre tel que le gaz carbonique. Avec pour conséquence un réchauffement climatique
global de la planète).

- La perspective de l’épuisement des réserves : les combustibles fossiles ne sont pas


renouvelables. Ils se forment extrêmement lentement, sur des durées de l’ordre de plusieurs
millions d’années.

- Les conflits géopolitiques apparus autour de ces réserves : les guerres au Moyen-
Orient (les deux guerres du Golfe)

- Les fluctuations « surréalistes » des cours des combustibles fossiles en bourse, en


particulier le pétrole, en réponse aux deux points précédents, et en raison de la demande en
hausse due à la croissance rapide des pays asiatiques, en particulier la Chine (désormais
deuxième importatrice mondiale de pétrole)

- La contribution à l’effet de serre de la combustion des sources d’énergie


fossiles : l’effet de serre est un phénomène naturel qui se régule tout aussi naturellement.

• Le réchauffement de la planète (entre 1,5 et 6°C) avec les risques associés : fonte des
calottes glacières, hausse du niveau de la mer. Certaines régions risquent fortement d'être
inondées (polders au Pays-Bas par exemple);

•Le bouleversement des climats avec des perturbations du régime des précipitations.

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1.2. Définition de l'énergie

Les physiciens emploient le terme d'énergie pour désigner une capacité à modifier un état
ou à produire un travail entraînant un mouvement ou générant un rayonnement
électromagnétique - de la lumière, par exemple - ou de la chaleur. Le mot vient d'ailleurs du
grec et signifie « force en action ».

Dans le système international, l'énergie s'exprime en joules, mais dans le langage courant,
elle s'exprime plus souvent en kilowatt-heure (1 kWh = 36×10 5 J). Quant à la tonne
d'équivalent pétrole (tep), elle permet généralement de comparer les différentes sources
d’énergie entre elles.

Il est à noter que, selon le premier principe de la thermodynamique, l'énergie d'un système
fermé se conserve. On peut observer des transformations d’une forme d’énergie en une autre
(par exemple, chimique en électrique, potentielle en mécanique puis électrique). La
description de ces échanges et transformations est régie par cette loi.

 Exemple : l'énergie électrique peut faire tourner un moteur et produire une énergie
mécanique.
En physique : l’énergie et la matière sont équivalentes, la conservation de la masse peut
être vue comme une forme de conservation de l'énergie. C'est là le sens du E = mc2 d'Einstein
(m: masse d’une quantité de matière et C: la vitesse de la lumière).
 Terminologies - Unités
Propriété importante de l’énergie, elle peut être convertie d’une forme à l’autre selon les
équivalences données ci-dessous :
1 calorie = 4,18 Joules
1 tep = 11 700 kWh = 42 Milliards de Joules
1 kWh = 3,6 millions de Joules

- Calorie : c’est l’unité de mesure de la chaleur. Elle correspond à la quantité de chaleur


qu’il est nécessaire de fournir, pour élever la température de 1 gramme d’eau de un degré
entre 15 et 16°C. 1 kilocalorie = 1000 calories = 4185 joules.

- Watt (W) : c’est une unité de mesure de la puissance. C’est l’énergie d’un Joule en une
seconde.

- Kilowatt heure (Kwh) : cette unité mesure l’énergie mise en jeu en une heure par une
puissance de 1000 Watt.

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- Joule (J) : c’est l’unité légale de mesure du travail, d’énergie et de quantité de chaleur, il
est équivalent au travail produit par une force de un Newton (N), dont le point d’application
se déplace de un mètre dans la direction de la force.

- Newton (N) : C’est l’unité de mesure de la force, équivalent à la force qui communique
à un corps ayant une masse de un kilogramme, une accélération de un mètre/seconde².

- ElectronVolt (V) : c’est l’énergie acquise par un électron qu’augmente son potentiel
électrique de un volt.

- Pouvoir calorifique : le pouvoir calorifique d’un combustible est la quantité de chaleur


que peut fournir la combustion complète d’une unité de ce combustible.
1.3. Les formes d'énergie
Il existe en fait de nombreuses formes d'énergie. Ainsi, l'énergie cinétique, par exemple,
est une forme d'énergie liée au mouvement d'un corps. Elle est proportionnelle au carré de
sa vitesse. La combustion, quant à elle, permet de récupérer l'énergie potentielle chimique
contenue dans un combustible. Les panneaux solaires captent l'énergie lumineuse pour la
transformer en énergie électrique.

a- Énergie mécanique : c’est l’énergie cinétique d’une voiture qui provient de la


combustion du fuel dans le moteur aussi c’est l’énergie potentielle de l’eau dans un
barrage.

b- Énergie électrique : Correspond au déplacement de courants électriques dans des


corps conducteurs (dans la plupart des cas des métaux).
c- Énergie chimique : La création de liaisons chimiques se traduit par une libération
d'énergie, généralement sous forme de chaleur. A l'inverse, la rupture de ces liaisons
nécessite aussi de l’énergie. Ainsi, une réaction chimique peut être exothermique (libère
globalement de l'énergie) ou endothermique (consomme de l’énergie).
d- Énergie nucléaire : Énergie libérée par des réactions impliquant le noyau de certains
atomes (réactions nucléaires), soit par fission des noyaux, soit par fusion.

e- Énergie thermique : on l’obtient de plusieurs sources : soleil, combustion du bois et


des fossiles (charbon, pétrole, gaz) ou électricité (effet Joule).

f- Énergie radiative (rayonnante ou lumineuse): se dégage d’une source de lumière


(soleil, feu ou ampoule électrique). L’énergie rayonnante du soleil est au cœur du
phénomène de la photosynthèse (toutes les plantes grandissent et se développent grâce à

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lui) et du cycle naturel de l’eau (avec la phase d’évaporation).

 Remarque :

La conversion d’un type d’énergie à un autre s’accompagne toujours d’une perte


d’’énergie qu’il faut essayer de minimiser. Exemples :

o Moteur à explosion classique  2/3 de l’énergie est « gaspillée » en chaleur.

o Ampoule électrique pertes importantes d’énergie sous forme de chaleur.


o Voiture  une partie de l’énergie mécanique se dissipe en frottements
(résistance de l’air, frottements des pneus sur la chaussée),

o Centrale nucléaire de la génération actuelle  l’énergie électrique produite


présente seulement un tiers de l’énergie nucléaire initiale contenue au sein du
combustible.

1.4. Convertisseurs énergétiques

Il est nécessaire de convertir l’énergie afin de la rendre compatible avec l’usage envisagé.

 Exemples de chaine énergétique :

Plantes (photosynthèse) : énergie rayonnante de la lumière  énergie chimique.


Corps humain (muscles) : énergie chimique  énergie mécanique.
Télévision : électricité  énergies lumineuse (images) et mécanique (sons).
Centrale nucléaire : énergie nucléaire  énergie thermique (réacteur)  énergie
mécanique (turbine) énergie électrique (alternateur).

Le schéma suivant illustre bien la conversion d’énergie d’une forme à une autre.

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Figure 1 : Conversion des six principales formes d’énergie et quelques exemples de


convertisseurs

1.5. Catégories d'énergie


Une autre classification vient du fait que les énergies qui nous sont utiles dans la vie de tous
les jours ne sont pas forcément disponibles, prêtes à l'emploi dans la nature. On parle ainsi :

 Energie primaire  quand elle est directement exploitable (le rayonnement solaire, par


exemple) ;
 Energie secondaire pour celle obtenue après transformation (l'électricité, par
exemple) ;
 Energie finale pour l'ensemble des énergies prêtes à l'emploi, délivrées au
consommateur (l'essence disponible à la pompe, etc.) ;
 Energie utile pour celle qui rend réellement service à l'utilisateur (la lumière issue
d'une lampe, etc.).
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1.6. Les sources d’énergie : Les énergies sont également parfois classées en fonction de
leur source. On peut parler des énergies fossiles - tirées du charbon ou du pétrole, par
exemple -, de l'énergie nucléaire - qui provient de réactions nucléaires -, ou encore
des énergies renouvelables, qui sont naturellement régénérées comme l'énergie solaire ou
l'énergie éolienne.

a. Ressources fossiles : Pétrole, charbon et gaz naturel sont des ressources d'énergie dites
fossiles. Les stocks ont été constitués à l'ère primaire (il y a 250 millions d'années). Le
transfert d'énergie à partir de ces ressources nécessite de les brûler : cette combustion est à
l'origine de l'augmentation des gaz à effet de serre (CO2 en particulier) dans l'atmosphère.
Ces ressources assurent actuellement environ les trois quarts de nos usages d'énergie à
l'échelle mondiale. En deux siècles, nous avons presque totalement utilisé un réservoir qui a
mis environ 200 millions d'années à se former. Les réserves sont estimées à 40-70 ans pour le
pétrole, 140-200 ans pour le charbon et environ 60 ans pour le gaz naturel.

b. Ressource fissile : uranium

Certains atomes d'uranium (uranium 235) constituent une ressource d'énergie car leur
fission libère de l'énergie. Ils sont extraits d’un minerai. L’uranium disponible sur Terre a
mis environ 100 millions d’années à se former, lors de la formation de la Terre. La quantité
d’uranium est donc limitée, les réserves sont estimées à environ 100 ans.

c. Soleil

Le Soleil est une étoile naine jaune qui a mis environ 100 millions d’années à se former il
y a 4,5 milliards d’années, à partir des nuages d’hydrogène d’une nébuleuse. Au sein du
Soleil ont lieu des réactions de fusion nucléaire (l’hydrogène se transforme en hélium) qui
libèrent de l’énergie par transfert thermique et par rayonnement. Ce rayonnement
électromagnétique est à l'origine de pratiquement toutes les ressources d’énergie dont nous
disposons.

d. Terre

La Terre est un système "chaud" dont la température est sans cesse maintenue grâce aux
éléments radioactifs qu'elle contient. En effet, comme notre système solaire, la Terre s'est
formée à partir des vestiges d’étoiles ayant explosé à la fin de leurs vies. Leurs
transformations nucléaires spontanées libèrent de l’énergie qui est responsable d’un
important échauffement des couches géologiques situées sous la croute terrestre.

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e. Vent

Le vent est un déplacement de l’air dans l’atmosphère. Il résulte, sous l’effet du


rayonnement solaire, d’une inégale répartition des conditions de température et de pression
dans l’atmosphère ainsi que de la rotation de la Terre sur elle-même. Son exploitation est
possible tant qu’il y aura du vent !

f. Biomasse

La biomasse est l’ensemble des matières organiques, essentiellement d'origine végétale,


qui peuvent donner lieu à des combustions ou permettent des combustions après
transformations chimiques (le méthane formé dans certains cas par la matière organique en
l'absence de dioxygène est un bon combustible). Même s'ils sont issus de transformations
chimiques de matière organique, les agrocarburants (ou biocarburants) entrent également
dans cette catégorie.

g. Eau retenue et eau en déplacement

L’évaporation de l’eau, par l’action du rayonnement solaire, permet le déplacement de


quantités importantes d’eau sous la forme de nuages. Les précipitations permettent de
stocker de l’eau en altitude à l’aide de retenues mais aussi d'alimenter les cours d'eau et les
lacs. L'eau «libérée » ou celle des cours d'eau peut faire tourner des turbines dans des
centrales hydroélectriques et permettre la production d’électricité.

1.7. Les énergies non renouvelables

Comme leur nom l’indique, elles correspondant à des sources d’énergies limitées et qui ne
se renouvellent pas. Il s’agit principalement :

- Les combustibles fossiles : pétrole, gaz naturel et charbon qui sont des formes
d’énergies chimique provenant de la biomasse stocké des millénaires passés.

- La fission nucléaire : est dérivée de l’uranium constitue le "combustible nucléaire".

La production mondiale d'uranium s'est élevée à environ 60 500 tonnes en 2015, réparties


pour l'essentiel entre le Kazakhstan (39 %), le Canada (22 %), l'Australie (9 %),
le Niger (7 %), la Russie (5 %), la Namibie (5 %) et l'Ouzbékistan. La quantité d’uranium est
donc limitée, les réserves sont estimées à environ 100 ans.

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1.8. Les énergies renouvelables

Un des principes fondamentaux de la physique est celui de la conservation de l’énergie


(Loi de Lavoisier) : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Il est donc surprenant
d’entendre parler d’énergies renouvelables… en quoi l’énergie doit-elle être renouvelée si
elle se conserve ? C’est qu’en fait, comme nous le disions dans cette même partie, l’énergie
peut se transformer d’une forme en une autre de manière plus ou moins complète.

Donc, ce que l’on nomme une énergie renouvelable, c’est une source d’énergie naturelle
capable de pourvoir l’homme en énergie sans risque de s’épuiser. L’énergie renouvelable à la
base de presque toutes les autres est l’énergie solaire, dont découlent plus ou moins
directement les énergies éolienne, hydraulique (le Soleil est à l’origine du cycle de l’eau,
ainsi qu’à l’origine des marées en complémentarité avec la Lune) et le développement de la
biomasse. A ces 4 énergies, est souvent associée la géothermie, qui, elle, ne découle pas de
l’énergie solaire, mais correspond à la chaleur interne de la Terre. Elles répondent à trois
besoins essentiels à l’homme: la production d’électricité, la nécessité de se chauffer et la
création de carburants. Si on s’intéresse à elles dans le but de remplacer les énergies fossiles,
c’est avant tout parce que leur exploitation ne rejette à priori aucune substance polluante. De
fait, les énergies renouvelables s’inscrivent logiquement dans le développement durable. Il
est très souvent schématisé ainsi :

Figure 2 : Développement durable

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Comme on peut le voir sur ce schéma, le développement durable doit tenir compte à la
fois des critères sociaux, économiques et écologiques. De nombreux pays ont inclus les
énergies renouvelables dans leur politique de développement durable. Et en effet, en se
basant sur le schéma ci-dessus, il est vrai que les énergies renouvelables sont vivables,
équitables et viables. Elles sont a priori respectueuses de l’environnement, dans le sens où
elles ne rejettent pas de gaz à effet de serre et ne génèrent pas outre mesure de déchets
toxiques. De fait, elles permettent de lutter contre le réchauffement climatique, tout en
préservant la biodiversité. De plus, elles permettent une plus grande équité entre les nations,
en permettant à chacune d’obtenir son indépendance énergétique, ainsi qu’en permettant à
chaque communauté, chaque collectivité locale, et même chaque être humain s’il en a les
moyens, de produire sa propre énergie. Si les technologies pour les exploiter sont
développées et réellement implantées comme elles devraient l’être, elles pourraient
probablement couvrir les besoins humains en énergie, en générant au passage de très
nombreux emplois…

1.9. Classification des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables peuvent être classées en 3 grandes catégories suivant leur
source primaire d'énergie :

a - Solaire directe: l’énergie solaire directe peut être utilisée selon les 3 façons :

 Solaire thermique : utilisation du rayonnement pour chauffer de l'eau ou un fluide


caloporteur afin de chauffer un bâtiment ou de l’eau sanitaire.

 Solaire photovoltaïque : utilisation de la lumière dans des cellules photovoltaïques


en silicium pour créer un courant électrique.

 Solaire mécanique (thermodynamique) : utilisation du rayonnement pour chauffer


un fluide thermodynamique et actionner un mécanisme afin de créer un couple
moteur. Exp : Moteur Stirling Solaire.

b - Solaire indirecte : les procédés utilisant indirectement le soleil pour fournir une autre
source d'énergie.

 Les biocarburants terrestres : les plantes utilisent l'énergie solaire pour grandir
et se développer (photosynthèse). Il y a plusieurs types de biocarburants : ceux
nécessitant un "raffinage" et les autres.

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Exemples :
- La paille de maïs : une tonne de paille produit 15,2 GJ, soit l’équivalent de 360 kg
équivalent pétrole (exp : plaines maïsicoles du Canada).

- La paille de blé pourrait aussi être valorisée : près de Cambridge, une centrale
électrique fonctionne depuis 1999 avec 200 000 tonnes de paille/an pour une
puissance de 271 GW/h, soit l’équivalent des besoins de 80 000 habitants.

 Les biocarburants marins : les algues utilisent l'énergie solaire pour grandir et
se développer (photosynthèse). Les algues sont riches en huiles et leur
rendement à l'hectare est bien meilleur que celui du tournesol ou du colza.

L'utilisation à l'échelle industrielle de bioréacteurs à microalgues, qui piègent le CO 2 et


les NOx, est en pleine phase de développement aux États-Unis.

 La biomasse solide : essentiellement le bois pour le chauffage mais aussi


certaines autres plantes à croissance rapide (chardon en Espagne par exemple).

 La biomasse liquide : Il s'agit d'une liquéfaction d'une fraction solide de


biomasse notamment par le procédé Fisher-Tropsh : liquéfaction assez
complexe d'un combustible solide ou gazeux (un carburant liquide est
généralement bien plus facilement "inflammable" et permet une régulation de
la puissance bien plus facile).

 La biomasse gazeuse : gazéification de la biomasse : 2 méthodes connues dont


la 1ière est plus efficace :

- Méthanisation de déchets : procédé très ancien qui consiste à transformer les déchets
organiques en gaz et en compost inodore naturel.

- Gazéification du bois : procédé permettant de faire tourner n'importe quel moteur


avec du bois ou un combustible solide contenant du carbone.

 L'énergie éolienne: Elle utilise la force du vent. Celui-ci est dû à des


différences de pressions atmosphériques locales qui proviennent de différences
d'échauffement de l'air par le soleil. On peut choisir de l'exploiter directement
(pompage de l’eau) ou de la transformer en énergie électrique.

 L'énergie hydraulique: quelque soit son application (mécanique ou électrique)

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l'énergie hydraulique n'existerait pas sans le cycle de l'eau issu du soleil. C'est
l'énergie renouvelable la plus exploitée au monde.

 L'énergie géothermique ou aérothermique : La géothermie consiste à capter la


chaleur contenue dans la croûte terrestre pour produire du chauffage ou de
l’électricité.

 L'énergie musculaire ou animale : c'est à dire la traction des muscles. C'est


évidement une énergie solaire indirecte puisque l'énergie est issue de
l'alimentation elle même issue du soleil.

c- Non-solaire : n'utilisant pas le rayonnement solaire (mais pouvant utiliser les forces
de gravité du Soleil). L'utilisation des marées et la géothermie…etc

1.10. Ressources énergétiques renouvelables ou non renouvelables ?


La distinction entre ressources énergétiques renouvelables ou non renouvelables est liée
à la comparaison de deux durées caractéristiques :
- La durée de formation ou de reconstitution de la ressource ;
- La durée estimée d’exploitation des réserves.
o Si le stock de ressources se reconstitue, par des mécanismes naturels, aussi vite ou plus
vite qu’il ne disparaît par son exploitation, alors on parle de ressource énergétique …
renouvelable…
o Si le stock de ressources se reconstitue moins vite (ou plus du tout) qu’il ne disparaît par
son exploitation, alors on parle de ressource énergétique …non renouvelable….

1.11. Programme algérien des énergies renouvelables

L’Algérie amorce une dynamique d’énergie verte en lançant un programme ambitieux


de développement des énergies renouvelables (EnR) et d’efficacité énergétique. Cette vision
du gouvernement algérien s’appuie sur une stratégie axée sur la mise en valeur des ressources
inépuisables comme le solaire et leur utilisation pour diversifier les sources d’énergie et
préparer l’Algérie de demain. Grâce à la combinaison des initiatives et des intelligences,
l’Algérie s’engage dans une nouvelle ère énergétique durable.

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Selon le Programme algérien de développement des énergies renouvelables et


d’efficacité énergétique (PENREE) de 2012, l’Algérie vise une puissance installée d’origine
renouvelable de 22 000 MW d’ici 2030. Mais deux ans plus tard, les réalisations se faisaient
toujours attendre : les statistiques 2014 de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) étaient à
zéro pour l'éolien et le solaire.
Pour 2015, le rapport annuel de l'AIE sur le solaire mentionne l'Algérie, annonçant qu'elle a
installé 270 MW au cours de l'année, portant sa puissance solaire totale à 300 MW, mais celui
de GWEC (Global Wind Energy Council-- Conseil mondial de l'énergie éolienne) sur l'éolien
ne mentionne pas l'Algérie.
Le gouvernement algérien a adopté fin février 2015 son programme de développement
des énergies renouvelables 2015-2030. Une première phase du programme, démarrée en 2011,
avait permis la réalisation de projets pilotes et d'études sur le potentiel national. Le nouveau
programme précise les objectifs d'installations d'ici à 2030 :
 13 575 MWc de solaire photovoltaïque,
 5 010 MW d'éolien,
 2 000 MW de solaire thermodynamique (CSP),
 1 000 MW de biomasse (valorisation des déchets),
 400 MW de cogénération,
 15 MW de géothermie.
Le total s'élève ainsi à 22 GW, dont plus de 4,5 GW doivent être réalisés d'ici à 2020.
En raison de leurs coûts encore élevés, les centrales hélio-thermodynamiques ne seront
véritablement développées qu'à partir de 2021. La réalisation du programme est ouverte aux
investissements publics et privés, nationaux comme étrangers. Des tarifs d'achat garantis sur 20
ans ont été mis en place pour les filières photovoltaïque et éolienne.

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Chapitre 1 Introduction aux énergies renouvelables

Figure 3 : Pénétration des EnR dans la production nationale en TWh.

Figure 4 : Structure du parc de la production nationale en MW

Le groupe Sonelgaz s'est investi dans le domaine des énergies nouvelles et


renouvelables. Dans son programme de développement des énergies renouvelables, le groupe
prévoit la réalisation de 67 projets de centrales électron-solaires, dont 27 centrales
photovoltaïques, 27 centrales hybrides, 6 centrales solaires thermiques et 7 centrales éoliennes.
Les plus puissantes centrales solaires seront de type solaire thermique, avec une capacité
maximale de 400 MW pour l'une d'entre elles. Pour une question d'efficacité optimale, elles
seront toutes installées dans les régions du sud, notamment dans les wilayas d'Adrar, d'El
Oued et de Béchar.

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Chapitre 1 Introduction aux énergies renouvelables

Parallèlement aux projets inscrits dans le  PNER, les pouvoirs publics se montrent très 
favorables à toute intervention d'autres opérateurs  privés ou publics dans le développement 
des énergies renouvelables. Dans ce sens,  I'Etat accordera les aides financières et techniques 
nécessaires à des conditions qui seront  définie par la réglementation à mettre en place  à cet
effet. 
a. Énergie solaire
Pour que l'Algérie préserve les réserves énergétiques actuelles (pétrole et gaz), le pays a
opté pour le développement et l’exploitation de l'énergie solaire. Afin de concrétiser son
programme d'exploitation de l'énergie solaire, l'Algérie a chargé la Sonelgaz de construire
la centrale électrique mixte de Hassi R'Mel, mise en service en 2011 à Tilghemt dans la wilaya
de laghouat dans le sud du pays, d'une capacité de 150 mégawatts (30 MW solaire
thermodynamique + 120 MW gaz). C'est la société New Energy Algeria (NEA), qui est chargée
du secteur des énergies nouvelles et renouvelables.
La première usine privée algérienne de fabrication de panneaux solaires est opérationnelle à
partir du mois de mars 2012 avec un taux d’intégration nationale de 90 %.
b. Énergie Éolienne
Un projet portant sur la réalisation d’une ferme éolienne à Adrar a été attribué au
consortium algéro-français, une filiale du groupe Sonelgaz, concernant l'installation du premier
parc éolien à Adrar .Ce complexe éolien aura une puissance de 10 MW et devrait être mis en
service courant 201231.Mais après plus d’une année et demi de retard pour le lancement de
cette ferme éolienne, elle n'a été mise en service que le 03 juillet 2014, alors que d'autres
projets programmés dans le plan du gouvernement sont en attente de concrétisation.

c. Énergie hydraulique
Il existe un projet de coopération entre l'Algérie et le Canada concernant les ressources
renouvelables. En effet, Abdelkader Ouali (le ministre des ressources en eau et de
l'environnement) et Isabelle Roy (l'ambassadrice du Canada a Alger) ont eu une audience au
siège du ministère pour traiter de la collaboration sur plusieurs projets liés à l'eau. L'enjeu est
de former les Algériens (grâce à l'aide des canadiens)

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Chapitre 1 Introduction aux énergies renouvelables

1.12. Consommation d'électricité en Algérie

La consommation d'électricité par habitant atteignait 1 363 kWh en 2014, soit seulement


45 % de la moyenne mondiale : 3 030 kWh, mais 2,4 fois la moyenne africaine : 568 kWh
France : 6 955 kWh ; Maroc : 912 kWh.

1.13. Contraintes des énergies renouvelables


Il ne faut oublier que Les énergies renouvelables comportent plusieurs inconvénients:

a - Contraintes techniques : les contraintes techniques sont principalement de trois


ordres :

- Une densité de puissance disponible relativement faible comparativement aux énergies


non renouvelables, ce qui implique de grandes surfaces de captation et un coût matière élevé;

- La grande variabilité de la source : l'énergie solaire ou éolienne, l'hydraulique, l'énergie


des mers fluctuent largement. Il faut capter quand l'énergie est disponible, ce qui nécessite
des régulations souvent complexes ;

- La nécessité de stocker. Se présentant comme des énergies flux, elles nécessitent un


stockage pour la plupart des applications, ce qui pose problème, car on ne sait pas aujourd'hui
stocker l'énergie dans de bonnes conditions.

b- Contraintes économiques  : les contraintes économiques sont doubles :

- Un coût d'investissement élevé. Même lorsqu'elles sont bien maîtrisées, comme par
exemple l'hydroélectricité, ces technologies restent relativement coûteuses en investissement,
alors que leur coût d'exploitation est généralement faible ;

- La nécessité d'un appoint. En cas d'indisponibilité de la source, il faut souvent qu'une


autre énergie prenne le relais, imposant des surcoûts quelquefois conséquents.
- Leur développement passe par la maîtrise de leur complexité et des mécanismes de
financement appropriés, qui peuvent être difficiles à mettre en place au niveau décentralisé.

Il ne faut pas oublier qu’il faut commencer par l’optimisation des consommations, ceci
se réalise par une conception architecturale bioclimatique accompagnée par des équipements
ménagers économes. Une fois les consommations diminuées (mais pas le confort), on peut
envisager d’investir dans des systèmes de production d’énergie.

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1.14. Nécessité de stocker et de transporter de l’énergie

Les lieux d’exploitation des ressources énergétiques sont souvent éloignés des zones de
consommation. L’énergie doit donc pouvoir être stockée et transportée.
 Le transport des combustibles fossiles
La consommation mondiale de pétrole est estimée à 30 milliards de barils par an, soit
une masse d’environ 3,81012 kg.
Modes de transport :
- Pétrole : pétroliers (supertankers);
- Gaz naturel : gazoducs(pipelines)et navires méthaniers (le gaz naturel est alors liquéfié GNL).
S'il n'y avait les pollutions extrêmement graves en cas d'accident, l’avantage du transport des
combustibles fossiles par voie maritime est qu'il s'effectue sans pertes d'énergie importantes.
 Le stockage de l’énergie
Pour la plupart des applications, il est nécessaire de convertir l’énergie afin de la rendre
compatible avec l’usage envisagé. De plus, pour qu’elle puisse être disponible à tout moment, il
est indispensable de la stocker : « la mettre en conserve » pourrait-on dire. Ce stockage peut se
décliner sous diverses formes. L’énergie peut être stockée sous forme mécanique (dans le cas
d’une retenue d’eau d’un barrage) ou chimique (piles et accumulateurs) par exemple.
Dans le cas des sources d’énergies renouvelables (solaire, éolienne …), exploitables de façon
intermittente, le stockage de l'énergie pose problème. En effet, la capacité installée est parfois
supérieure à ce que peut supporter le réseau électrique lorsque les conditions météorologiques
sont très favorables. Les moyens de production impliqués sont alors déconnectés du réseau,
entraînant la perte de cette énergie verte.
 L’électricité, un mode de transport de l’énergie
L’électricité n’est ni une source ni une forme d’énergie. Il s’agit plutôt d’un vecteur
énergétique, c'est-à-dire d’un mode de transport de l’énergie. Au départ, il faut la fabriquer à
partir d’une source d’énergie primaire (fossile, fissile ou renouvelable). Ensuite, pour s’en
servir, il faut la retransformer : en travail mécanique (moteur électrique), en chaleur (radiateur
électrique), en froid (réfrigérateur), en lumière (lampe), en information (ordinateur, téléviseur)

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Chapitre 1 Introduction aux énergies renouvelables

 Comment transporte-t-on l’électricité ?


L'électricité circule depuis le lieu où elle est produite jusqu'à l'endroit où elle est consommée,
empruntant des lignes électriques aériennes et souterraines que l’on peut comparer au réseau
routier avec ses autoroutes (lignes très haute tension T.H.T.), ses voies nationales (lignes haute
tension H.T.), ses voies secondaires (lignes moyenne et basse tension B.T.). Ces lignes
permettent de transporter et de distribuer l'énergie électrique sur l'ensemble du territoire et
même vers d'autres pays d'Europe.
Comme l'électricité ne peut pas se stocker, la production doit être ajustée à la consommation
qui varie selon la saison, la météo du jour, l'heure...

 Répondre aux questions suivantes :

 Compléter le tableau suivant :

Ressource
Ressource Ressource
énergétique
fossile fissile Terre
(source vent biomasse Soleil Eau
(pétrole, (uranium 235) (géothermie)
d’énergie) charbon, gaz)
Forme
d’énergie
de
la ressource

 Quelle forme d’énergie ne figure pas dans le tableau ?


 Classer les énergies renouvelables selon leurs source d'énergie primaire ?
 Quelle ressource naturelle non exploitée (car récupération de l’énergie produite
impossible) correspond à cette forme d'énergie ?
 Citer quelques inconvénients liés à l’utilisation des ressources non renouvelables
(fossiles et fissiles).
 Quels sont les objectifs et recherches effectuées pour l’avenir ?
 Citer quelques inconvénients liés à l’utilisation des ressources renouvelables.
 Pourquoi est-il nécessaire de stocker l’énergie ?
 Le stockage de l’électricité est-il possible ? Quelle contrainte cela entraine-t-il ?

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