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Nutrition clinique et métabolisme 29 (2015) 69–76

Revue générale

Quantification et qualification bio-énergétique de l’activité physique pour les


recommandations de santé publique
Bioenergetic quantification and qualification of physical activity for public health recommendations
Sophie Antoine-Jonville a,∗ , Anne Vuillemin b , Olivier Hue a
aEA3596, laboratoire ACTES, UFRSTAPS, université des Antilles et de la Guyane, BP250, 97157 Pointe-à-Pitre cedex, Guadeloupe
b EA4360, laboratoire APEMAC, école de santé publique, faculté de médecine, université de Lorraine, 9, avenue de la Forêt-de-Haye, CS 50184,
54505 Vandœuvre-lès-Nancy cedex, France
Reçu le 26 mars 2015 ; accepté le 2 avril 2015
Disponible sur Internet le 5 mai 2015

Résumé
Pour être efficace dans une logique de santé publique, la promotion de l’activité physique requiert une bonne communication entre ses acteurs.
Dans cette perspective, nous proposons d’expliciter des notions de bio-énergétique utilisées pour quantifier et qualifier l’intensité des activités
physiques, les comportements d’activité physique, les comportements sédentaires et les modes de vie. Chez les adultes sains, les recommandations
de santé publique en matière d’activité physique émises par les différentes autorités varient entre 675 et 1350 MET.min par semaine, soit, par
exemple, la participation 5 fois par semaine à des activités conduisant à la multiplication du métabolisme de base par 4,5 pendant 30 ou 60 minutes,
respectivement pour les limites basses et hautes. Les chercheurs dans les différents champs scientifiques et les divers acteurs responsables doivent
travailler plus ou mieux pour parvenir à une promotion de l’activité physique réussie, qui se manifesterait par une raréfaction des modes de vie
sédentaires. Une grande diversité des modes de vie est compatible avec l’atteinte d’une dépense énergétique suffisante, à l’échelle des populations,
pour contribuer à la prévention et au contrôle de nombreuses maladies non communicables.
© 2015 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Mots clés : Activité physique ; Recommandations ; Santé publique ; Prévention ; Modes de vie

Abstract
For physical activity promotion to be effective from a public health view, adequate communication between the different actors is required. In
this perspective, we propose to explicit the bioenergetic notions used to quantify and qualify intensity of physical activities, physical activity and
sedentary behaviors, and lifestyles. Public health recommendations for physical activity in healthy adults from different authorities vary between
675 and 1350 METs/min per week, which, for example, is the equivalent of the energy spent with the participation 5 times per week in activities
leading to a 4.5-times increase of the basal metabolic rate during 30 or 60 minutes for the low and high limit, respectively. For every population
category, researchers in different scientific fields and all various responsible actors must work harder or better to reach successful physical activity
promotion that would be evidenced by rarefaction of sedentary lifestyles. Very different lifestyles are compatible with energy expenditure large
enough at a population scale to contribute to the prevention and control of many non-communicable diseases.
© 2015 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.

Keywords: Physical activity; Recommendations; Public health; Prevention; Lifestyles

1. Introduction
∗ Auteur correspondant. Pendant des centaines de milliers d’années, la survie de
Adresses e-mail : sophie.jonville@univ-ag.fr (S. Antoine-Jonville),
anne.vuillemin@univ-lorraine.fr (A. Vuillemin), olivier.hue@univ-ag.fr
l’espèce humaine a dépendu de ses qualités de force et
(O. Hue). d’endurance pour la chasse [1], la cueillette et les migrations.

http://dx.doi.org/10.1016/j.nupar.2015.04.001
0985-0562/© 2015 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
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Les gènes ont nécessairement été sélectionnés en faveur du per- base, thermogenèse liée à l’alimentation, thermogenèse liée à
fectionnement de voies métaboliques qui permettent l’activité l’activité physique.
physique [2]. Les humains font donc preuve d’une grande qualité Le métabolisme de base correspond à l’énergie requise pour
de trainabilité [3], au point d’être capables après entraînement couvrir les fonctions vitales telles que la ventilation, la cir-
de répondre à des demandes énergétiques 10 fois supérieures au culation ou le remplacement de matériel biologique. Il est
métabolisme de base pendant plusieurs jours [4]. Les travaux modulé, encore que très légèrement, par la thermogenèse adap-
issus de la physiologie de la sédentarité, champ qui a émergé tative. On entend par thermogenèse adaptative la capacité de
récemment [5], nous enseignent qu’il y a vraisemblablement un réguler l’activité de l’organisme vers plus de conservation de
niveau d’activité physique minimal requis pour que certaines l’énergie, ou plus de dissipation [11], certainement par la modu-
fonctions physiologiques (l’appétit, la fonction musculaire, la lation de l’activité et de l’efficacité musculaire squelettique [12].
fonction ostéo-articulaire par exemple) soient régulées correc- L’activité des tissus adipeux bruns pourrait compléter ce méca-
tement. L’évolution technique et culturelle de l’espèce est en nisme, encore que la question soit toujours débattue [13].
décalage avec cette évolution biologique. Les changements tech- L’effet thermogénique de l’alimentation désigne
nologiques et d’organisation sociale (comme la mécanisation l’augmentation de métabolisme liée à la digestion, à l’absorption
du travail et le développement de modes de communication et au stockage des nutriments. On distingue une composante
et de transport) ont conduit à une diminution moyenne de la obligatoire à la thermogenèse postprandiale de sa composante
sollicitation physique. Cette absence d’exposition à l’activité facultative liée à la réponse du système nerveux autonome et du
physique suffisamment intense et régulière est anormale pour système endocrinien. La dépense énergétique incompressible
l’organisme. Elle est cependant gérée et tolérée, mais en géné- correspond à la resynthèse d’ATP requise pour les sécrétions
ral avec un coût en termes de santé. À l’échelle de l’individu, enzymatiques, le péristaltisme, les transports actifs lors de
l’augmentation de la masse corporelle est consécutive à cette l’absorption, et la perte liée au stockage. Ce dernier point est
dissonance, et elle génère aussi une potentialisation du dévelop- très lié à la quantité et au type d’aliments ingérés. En effet,
pement des maladies chroniques et de processus pathologiques le coût de la conversion énergétique est variable en fonction
comme l’hypertension artérielle, l’athérosclérose et de nom- des voies métaboliques impliquées dans la mise en réserve des
breux cancers [6]. nutriments. Par exemple le stockage de glucose sous forme
L’expansion des environnements insuffisamment promoteurs de glycogène nécessite une dépense énergétique équivalant à
d’activité physique spontanée a été particulièrement marquée 5 % de l’énergie contenue dans le glucose (5 % de l’enthalpie
ces dernières décennies dans le monde occidental, et plus récem- du glucose), alors que l’ingestion des protéines induit une
ment dans d’autres régions du monde. En conséquence, une augmentation de la dépense énergétique postprandiale de
diminution de l’énergie dépensée est observée [7]. Si l’on se base l’ordre de 25 % de l’énergie des protéines ingérées.
sur les études dans lesquelles l’activité physique est objective- L’effet thermogénique de l’activité physique est la source
ment quantifiée [8], la situation est identifiée comme critique, Si d’énergie la plus variable au niveau individuel. L’activité phy-
l’on retient les valeurs rapportées par les individus eux-mêmes, sique renvoie à un ensemble large qui comprend tous les
les résultats d’activité physique de la population mondiale sont mouvements et contractions musculaires volontaires et invo-
« seulement » mauvais [9]. Cela appelle une meilleure promo- lontaires réalisés à différentes fins. On peut explicitement
tion de l’activité physique dont l’une des conditions préalables mentionner que ces contractions musculaires squelettiques
est une bonne communication entre ses acteurs. peuvent être isométriques, et donc que l’augmentation d’activité
Notre objectif ici est de permettre aux personnes impli- métabolique (et parallèlement, l’augmentation de dépense éner-
quées dans la promotion de la santé d’analyser, d’interpréter gétique) qui différencie l’activité physique du métabolisme
et éventuellement de critiquer les recommandations actuelles de base [14] ne nécessite pas forcément de mouvement. Plus
en activités physiques pour les adultes. De façon à rendre ces précisément à propos des activités de loisirs, il peut s’agir
recommandations intelligibles et comparables entre elles, nous d’activités sportives, ou encore de programmes qui utilisent des
proposons dans un premier temps une explicitation de notions exercices structurés pour, selon l’âge et la condition du par-
clés utilisées pour quantifier et qualifier l’intensité des activités ticipant, augmenter ou entretenir (conditionnement physique)
physiques. ou rétablir (réentraînement) les qualités physiques de condition
physique et/ou de force et/ou d’endurance et/ou de souplesse.
Les sources potentielles de production de travail externe, et
2. Dépense énergétique donc d’augmentation de la dépense énergétique, peuvent être
catégorisées en 4 grands domaines fonctionnels :
Une fraction importante des bénéfices liés à l’activité phy-
sique régulière est liée à la sollicitation métabolique liée aux • les activités professionnelles ;
activités physiques. C’est la raison d’une focalisation dans cette • les activités domestiques dont les tâches ménagères et le jar-
revue sur les caractéristiques bio-énergétiques de ces activités, dinage ;
sans pour autant que ne soient reniées leurs composantes car- • les transports ;
diovasculaires, articulaires, psychologiques ou socioculturelles. • les activités de loisirs, qui incluent des activités séden-
On peut présenter la dépense énergétique selon la réparti- taires comme la lecture ou la télévision, et des activités qui
tion suivante [10], schématisée sur la Fig. 1 : métabolisme de requièrent une augmentation plus importante de l’activité
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Fig. 1. Répartition de la dépense énergétique chez un homme actif de 40 ans et 75 kg : : effet thermogénique de l’alimentation ;  : métabolisme de base ; : effet
thermogénique de l’activité physique. Dans cet exemple, le niveau d’activité physique (PAL) est de 1,8 en haut pour la journée active normale (dépense énergétique
totale/métabolisme de base : 2963 kcal/1646 kcal), et 1,5 en bas (2469 kcal/1646 kcal).

métabolique comme les jeux, les sports ou l’exercice planifié. antérieur du participant, et en prenant donc le risque qu’il
Il doit être bien compris que le sport et l’exercice ne sont que ne le soit pas. Une alternative dans les études longitudinales
l’une des formes possibles de l’activité physique [15]. consiste à mettre en relation les comportements d’activités
physiques étudiés pendant une période d’une semaine par
De plus en plus, un cinquième domaine est pris en compte. exemple, avec les caractéristiques de santé mesurées plus tard
Il s’agit de l’activité spontanée dont l’étude récente a essentiel- dans la vie, ce qui ne règle pas le problème de la représenta-
lement été impulsée par James Levine et son équipe [16–18]. tivité de la période de recueil ;
Cette catégorie de thermogenèse liée aux activités autres que • soit en effectuant un rappel (dans le cas de questionnaires),
l’exercice (littéralement non-exercise activity thermogenesis en en acceptant alors de s’exposer aux distorsions possibles liées
anglais) couvre la dépense énergétique liée au maintien de la au rappel, en particulier les problèmes de mémoire.
posture, à la gesticulation, aux mouvements de la tête, soit
des activités non définissables dans le cadre de la participation Les méthodes directes (mesure de podométrie,
sociale ou de l’exercice volontaire. Cette dépense énergétique d’accélérométrie, de fréquence cardiaque, combinaison
non négligeable est extrêmement variable entre les individus et de mesures biologiques et de déplacement de l’individu) et
peut-être aussi pour un individu d’une condition à une autre. indirectes (questionnaires) conduisent généralement à une
On s’attend à ce qu’elle diminue dans les situations où la pré- variable continue relative à un ou plusieurs des domaines
servation de l’énergie est susceptible de présenter un avantage énoncés qui tient compte dans le meilleur des cas de la durée
phylogénétique ou ontogénétique, ce qu’infirmeront ou non des de la(ou des) pratique(s) et de son(leur) intensité. Les périodes
études ultérieures. La variabilité semble partiellement liée au considérées peuvent être très variables en fonction des objectifs
contrôle de la masse corporelle [17,18]. Ainsi, il a été mon- de l’étude. Elles vont de quelques jours (méthodes directes)
tré que la résistance à la prise de masse grasse en réponse jusqu’à la vie entière (pour les questionnaires).
à l’augmentation de l’apport alimentaire sur une période de
8 semaines est associée à l’augmentation de la dépense éner- 3. Notion d’équivalents métaboliques (MET)
gétique dans cette catégorie d’activité [16].
Plusieurs modes de quantification de l’activité physique sont La notion d’équivalent métabolique est intéressante pour
possibles. Ils ne seront pas présentés ici (voir [19–21] pour des caractériser l’intensité des activités humaines et définir des
revues détaillées), mais il convient de retenir qu’ils diffèrent recommandations en activité physique dans une unité permet-
en accessibilité, simplicité d’utilisation pour le participant et tant les comparaisons entre des personnes de corpulence et de
l’expérimentateur, fidélité aux comportements réels et qu’aucun taille différentes.
n’est universellement parfait pour des objectifs de recherche et Elle consiste à rapporter la demande énergétique relative à
de surveillance en santé publique. En effet, l’activité physique une activité donnée (lire, conduire, balayer, marcher à 4 km/h,
étant un comportement humain, elle présente généralement courir à 10 km/h) au métabolisme de base, fixé par définition
des variations interjournalières difficilement modélisables mais à 1. À partir de la moyenne du coût énergétique sur plusieurs
néanmoins habituellement gérables : individus, on exprime la dépense relative en MET (pour meta-
bolic equivalent task), l’unité de base utilisée par convention
• soit en étudiant 3 jours, la semaine ou les 2 semaines qui pré- avec :
cèdent ou suivent le recueil d’autres variables en posant le
postulat que cette période est représentative du mode de vie 1 MET ≡ 1 kcal/kg/ h (1)
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ou : ou au téléphone, l’action de regarder la télévision ou de jouer à


des jeux vidéos (à part la dernière génération dans lesquelles des
avec un quotient respiratoire non protéique (V̇ CO2 /V̇ O2 ) de capteurs de mouvements ont été introduits et qui sollicitent la
0,8 ; motricité du sujet et donc certaines adaptations aiguës métabo-
1 L/O2 ⇔ 4801 kcal ; liques et cardiovasculaires [28,29]). Notons cependant que peu
1 MET ≡ 1/ (4801 × 60) kg/ min ; des jeux en vente actuellement génèrent une activité physique
soit 1 MET ≡ 3, 5 mLO2 /min/kg. dite modérée [30], c’est-à-dire supérieure à 3 MET. À partir
de 6 MET inclus, les activités sont intenses ou soutenues, et
Nombre d’activités humaines sont colligées dans un compen- cette catégorie d’intensité dite élevée est soit laissée comme une
dium qui fait référence [22,23], document élaboré sur la base entité, soit subdivisée en activités supérieures ou non à 9 MET.
d’un prototype à la fin des années 1980, mis à jour et traduit en La qualification des intensités correspond à la difficulté rela-
français depuis [23]. Si une activité y est référencée à 2 MET, tive attendue pour des individus de condition physique normale.
cela signifie que le métabolisme est multiplié par 2 par rapport Cependant, il est facile d’admettre que la perception de la dif-
au métabolisme de repos, et que sur la période de pratique, la ficulté, et donc la qualification de l’intensité dépend certes du
dépense énergétique sera doublée par rapport à la période de nombre de fois où le métabolisme de base est sollicité, mais
repos. Ainsi, chez les adultes, on peut estimer la dépense éner- aussi du pourcentage du maximum qui est sollicité, quelle
gétique (en kcal ou en L/O2 ) à partir de l’équivalent métabolique que soit l’unité utilisée. Ainsi, une activité donnée cotée à
moyen en climat tempéré de l’activité, de sa durée, et de la masse 5,5 MET sera effectivement modérée pour un homme de 30 ans
du sujet. normalement actif et présentant une consommation d’oxygène
Les équivalences en MET sont des approximations, et il est maximale (V̇ O2 max ) de 38,5 mLO2 /min/kg, soit 11 MET
évident que la congruence en (1) n’a pas la prétention de rem- (sachant que 1 MET 3,5 mLO2 /min/kg : 38,5/3,5 = 11 MET).
placer une mesure du métabolisme de base, ni son estimation L’activité requiert 5,5/11 = 50 % V̇ O2 max . Pour un homme
à partir d’équations dédiées [24,25]. En effet, appliquée stricte- de 30 ans très entraîné en endurance avec 70 mLO2 /min/kg
ment, elle conduit à une surestimation [26] surtout marquée chez de V̇ O2 max , soit 20 MET, la sollicitation est en revanche de
les femmes et les personnes âgées qui présentent en moyenne 5,5/20 = 27,5 % de V̇ O2 max , ce qui en fait une activité légère.
une masse maigre réduite par rapport aux hommes et aux jeunes À l’inverse, un homme de 30 ans présentant une limitation car-
adultes. La principale raison est qu’elle ne se réfère qu’à la masse diovasculaire ou respiratoire importante d’origine pathologique
et que les facteurs âge, taille et sexe ne sont pas utilisés pour dont la V̇ O2 max est de 26 mLO2 /min/kg, soit 7,4 MET, solli-
moduler l’évaluation (sauf dans certaines études où on utilise citerait 74 % de sa consommation maximale d’oxygène pour
0,95 kcal/kg/h chez la femme au lieu de (1)). Ensuite, la logique effectuer la même tâche de sorte que l’intensité devrait néces-
est de se référer au métabolisme de repos, qui est la dépense sairement être qualifiée de vigoureuse.
moyenne d’une personne assise au repos (régulièrement rappor- L’effort d’uniformisation en matière de qualification de
tée à la surface corporelle prédite) et non au métabolisme de l’intensité des activités physiques réalisé par de nombreuses ins-
base qui lui est légèrement inférieur. titutions dans un souci de lisibilité s’est donc effectué au prix
Cette unité (les MET) peut être utilisée aussi en pratique de l’absence de pondération par la condition physique, qui va
clinique, dans les épreuves d’effort en particulier. De la même bien au-delà de la nuance. Cet effort revêt tout son sens dans
façon qu’on peut caractériser la condition physique d’un spor- un contexte de prévention primaire. Dans d’autres contextes,
tif par rapport à sa vitesse maximale aérobie, il devient courant et auprès de professionnels avertis sur ces concepts, d’autres
d’exprimer les résultats d’un test incrémental de patient en MET. modélisations comme celle de Norton et al. [31] (Fig. 3) sont
L’intérêt de cette unité se manifeste surtout en épidémiolo- plus proches de la réalité et plus adaptées.
gie de l’activité physique. On l’utilise directement dans le cas
des rappels et des journaux d’activité physique. On l’exploite 4. Niveau d’activité physique
indirectement pour le recoupement d’activités par rapport à la
dépense relative qu’elles induisent (création de questionnaires, Le niveau d’activité physique (PAL en anglais pour physi-
définition de seuils). Ainsi, des seuils ont été déterminés et sont cal activity level) est défini comme le rapport entre la dépense
assez communément acceptés (synthèse sur la Fig. 2). Les acti- énergétique totale et le métabolisme de base sur une période
vités et comportements sont qualifiés de sédentaires quand la similaire (une journée, une semaine par exemple) [32] et permet
sollicitation requise est strictement inférieure à 1,6 MET [27]. de qualifier les modes de vie.
Ils comprennent alors exclusivement des activités au cours des- On le calcule le plus facilement en pondérant chacune des
quelles la personne est quasiment immobile, couchée ou assise. activités effectuées par son équivalent en MET et la durée
Les mouvements et contractions musculaires sont rares et/ou passée. Ainsi, pour une journée qui comprend 8 h de som-
peu amples ni intenses, de sorte qu’elles sollicitent l’organisme meil (1 MET), 3 h de repas et discussion assis (1,5 MET),
moins de 1,6 fois le métabolisme basal. Ces activités incluent le 30 minutes de marche rapide pour se déplacer (3,5 MET),
sommeil qui a un statut particulier puisque vital et incompatible 12 h 30 de travail debout avec de légers déplacements ou
avec la prise alimentaire. Les autres activités et comportements d’activités domestiques peu intenses (2,5 MET), pour la dépense
sédentaires incluent par exemple la lecture et l’écriture sur papier totale, on calcule (8 × 1) + (3 × 1,5) + (0,5 × 3,5) + (12,5 × 2,5),
ou ordinateur, le fait de parler à des personnes en face de nous soit 48,5 MET.heures. Pour le métabolisme de base pendant
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Fig. 2. Terminologies classiquement utilisées pour catégoriser les activités en fonction de leur intensité relative pour des individus de condition physique normale.

Fig. 3. Intensité relative en fonction de la consommation maximale du pratiquant en ordonnée et du nombre de fois où le métabolisme de base est sollicité pour la
réalisation de l’activité en abscisse.
Traduction et reproduction à partir de [30].

24 heures, on calcule 24 MET.heures. Le PAL est donc de plus de déclinaisons de ces recommandations sont disponibles
48,5/24 = 2. Pour un PAL plus représentatif, on peut intégrer pour prendre en compte les populations à besoins spécifiques,
des jours de semaine et des jours de week-end, et calculer un comme les patients porteurs de pathologie(s) chronique(s) ou
PAL sur une semaine considérée comme représentative. les adultes obèses ou les personnes âgées.
Les valeurs cibles de 1,7 ou 1,8 ont été proposées par quelques
auteurs [33,34] qui utilisent cette unité pour exprimer ou traduire 5.1. Recommandations de l’Organisation mondiale de la
les recommandations d’activité physique, bien que ce ne soit santé
pas l’unité préférée. En deçà de cette valeur, le mode de vie est
sédentaire, c’est-à-dire sans sollicitation musculaire fréquente, Pour être suffisamment actif selon l’OMS, le mode de vie des
au moins d’intensité modérée et d’une durée prolongée, et cer- adultes sains de 18 à 64 ans doit inclure 30 minutes d’activité
tainement non conforme aux contraintes qui se sont exercées modérée quotidienne 5 fois par semaine [42], ou son équivalent
sur l’espèce humaine au cours de son évolution. Une récente en dépense énergétique pour autant que les intensités soient
revue systématique qui examine les risques en matière de santé modérées ou soutenues. Il peut s’agir par exemple de 75 minutes
liés aux activités sédentaires chez les adultes [35] a conclu cumulées hebdomadaires d’activité plus intense, par périodes
qu’il y avait des intérêts indépendants à la pratique d’activités au moins de 10 minutes [43]. Des exercices de renforcement
physiques modérées ou intenses, d’une part, et à la faible par- musculaire faisant intervenir les principaux groupes muscu-
ticipation à des activités sédentaires, et que même les activités laires devraient être pratiqués au moins deux jours par semaine,
sédentaires ne sont pas toutes interchangeables. Le temps assis mais l’activité physique englobe pour les adultes « les loisirs,
émerge ainsi comme une cible potentielle d’intervention en santé les déplacements actifs comme la marche ou la bicyclette, les
publique [36–38]. En effet, c’est bien l’ensemble des patrons ou activités professionnelles, les tâches ménagères, les activités
comportements d’activités physiques et sédentaires qu’il fau- ludiques, les sports ou l’exercice planifié, dans le contexte quo-
drait être en mesure d’appréhender. tidien, familial ou communautaire ». Il est clairement mentionné
que la durée de ces activités doit être augmentée pour en tirer
5. Recommandations en activité physique pour les des bénéfices supplémentaires sur le plan de la santé. L’objectif
adultes sains devient alors 300 minutes d’activités d’intensité modérée, ou
150 minutes d’activités d’intensité soutenue, ou une combinai-
Les recommandations de santé publique, comme les conseils son équivalente. Deux niveaux sont donc proposés :
délivrés par les médecins et même les prescriptions médicales
sont peu respectés par les individus. Ainsi, le taux de suivi • l’un correspond à éviter un mode de vie sédentaire et s’exposer
des médications prescrites varie de 0 à 100 % avec une valeur à des risques accrus, il suffit d’atteindre 675 MET.min par
moyenne proche de 50 % rapportée dans plusieurs études sur des semaine (calcul bas sur les centres de classe à savoir
patients présentant des maladies chroniques [39]. Ces recom- 5 jours × 4,5 MET × 30 minutes) ;
mandations n’en demeurent pas moins importantes. Elles posent • et le deuxième, plus ambitieux, correspond à être suf-
en effet des repères pour les populations, les professionnels et les fisamment actif pour bénéficier des effets, en particulier
autorités. Celles délivrées aux adultes sains sont les mieux argu- cardiovasculaires et métaboliques d’un entraînement, ce
mentées et ont déjà fait l’objet de synthèses [40,41]. De plus en qui reviendrait à accumuler plus de 1350 MET.min par
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Tableau 1
Synthèse des recommandations nationales et internationales d’activité physique chez les adultes sains.
Recommandations Brutes Standardisées

OMS Minimales : équivalent de 30 minutes d’activité modérée 5 jours par semaine 675 MET.min/semaine
Pour des bénéfices supplémentaires : équivalent de 300 minutes hebdomadaires d’activité modérée 1350 MET.min/semaine
par périodes d’au moins 10 minutes
ACSM 3–5 jours par semaine 20–60 minutes d’exercices continus ou intermittents, 55/65–90 % de FCmax 1280 MET.min/semaine
+ 2–3 jours par semaine, 8–10 exercices variés de force avec 8–12 répétitions (10–15 pour les plus (aérobie)
âgés) 175 MET.min/semaine (force)
+ 2–3 jours par semaine, étirements des principaux groupes musculaires
10 000 pas Cible à atteindre en accumulant 30 minutes de marche en une ou plusieurs périodes dans la journée 693–1375 MET.min/semaine
PNNS Au moins l’équivalent de 30 minutes par jour de marche rapide : 3 minutes d’activité modérée tous les 780–980 MET.min/semaine
jours de la semaine, ou 2 minutes d’intensité élevée, ou 4 minutes d’activité d’intensité faible tous les
jours de la semaine

FCmax : fréquence cardiaque maximale.

semaine (300 minutes × 4,5 MET ou 150 minutes × 9 MET). dans la dépense énergétique associée aux recommandations de
Ces valeurs de dépense énergétique en MET.min par semaine l’ACSM.
sont rapportées dans le Tableau 1 où elles peuvent être Quantitativement, l’application de ces recommandations cor-
comparées aux valeurs émanant d’autres sources de recom- respond à 1280 MET.min par semaine (calcul avec les centres
mandations. de classe : 4 jours × 40 minutes × 8 MET) pour l’entraînement à
base aérobie, auxquels il faut ajouter 175 MET.min par semaine
(calcul avec les centres de classe, et 7 MET pour l’équivalent
5.2. Recommandations du Collège américain de médecine de la moyenne entre calisthénie, effort intense et musculation,
du sport effort intense : 2,5 jours × 10 minutes × 7 MET).

Le Collège américain de médecine du sport (American Col-


lege of Sports Medicine) s’adresse plutôt à des personnes dont 5.3. Recommandations en nombre de pas quotidiens
le mode de vie est suffisamment actif. Pour développer et main-
tenir la condition cardiorespiratoire, la composition corporelle, Pour contrevenir les éventuels problèmes de classifications
la force et l’endurance musculaire et la souplesse chez l’adulte entre les activités légères et les modérées, dans le sens d’une sur-
en bonne santé, ses recommandations sont les suivantes [32] évaluation de l’intensité des activités par les participants, mais
(recommandations actualisées [44]) : pratique d’une activité aussi dans le but de fournir des repères clairs et mesurables, plu-
physique à caractère aérobie d’intensité modérée à élevée (à sieurs institutions ont proposé un seuil en nombre de pas par jour.
savoir : de 55 % pour les plus âgés, ou 65 % de la fréquence car- De nombreux auteurs, sous l’impulsion de Catrine Tudor-Locke
diaque maximale, à 90 % de la fréquence cardiaque maximale), et David Bassett Jr et leurs équipes, s’accordent à recon-
réalisée au cours de séances à caractère continu ou intermittent naître 10 000 pas par jour, soit approximativement 5 miles ou
d’une durée comprise entre 20 et 60 minutes, avec une fréquence 8 kilomètres, comme une cible intéressante à communiquer au
comprise entre 3 et 5 séances par semaine. À cet entraînement public adulte [46–48]. Ce repère semble émaner du Japon dans
basé sur la sollicitation du métabolisme aérobie, il faut ajouter un les années 1960, en particulier des travaux de Yoshiro Hatano.
entraînement de musculation présenté comme devant faire par- Il est utilisé par de nombreux promoteurs (projet 10 000 Steps a
tie intégrante d’un programme de conditionnement physique. Day mené en Australie et aux États-Unis ; British Heart Foun-
La fréquence recommandée est de 2 ou 3 jours par semaine. La dation). L’équivalence en MET.min dépend de la distribution de
séquence devrait être composée au moins de 8 à 10 exercices ces 10 000 pas dans les différentes catégories d’intensité mais
sollicitant les principaux groupes musculaires, avec un nombre pourrait se situer autour de 1375 MET.min par semaine (distri-
de répétitions compris entre 8 et 12 par exercice pour la plupart bution des 5 miles quotidiens retenue : 2 miles réalisés à 2 mph
des adultes : les nombres de répétitions les plus bas avec des – soit 60 minutes à 2 MET qu’on ne retient pas dans le calcul
charges lourdes étant idéales pour optimiser la force et la puis- puisque ce sont des activités d’intensité faible –, 2 miles réali-
sance [45]. Les plus âgés devraient être orientés vers des charges sés à 3 mph – soit 40 minutes à 3,3 MET –, auxquels on ajoute
moins importantes avec des séries de 10 à 15 répétitions, plus 1 mile réalisé à 3,5 mph – soit 17 minutes à 3,8 MET) ou moi-
à même de développer et entretenir leurs qualités d’endurance. tié moins si l’on considère 30 minutes de marche d’intensité
Ces recommandations évoquent également la nécessité d’inclure moyenne (30 minutes à 3,3 MET, 7 jours par semaine).
des étirements des principaux groupes musculaires avec des L’un des avantages de ce repère (marcher 10 000 pas par
techniques statiques et/ou dynamiques appropriées, à raison de jour) est qu’il est vérifiable à un coût faible, soit par des
2 ou 3 fois minimum par semaine, afin de développer et mainte- podomètres dédiés, soit par des applications ou options large-
nir l’amplitude de mouvement. Les activités d’étirements sont ment répandues sur les cardiofréquencemètres, et désormais sur
importantes qualitativement, mais leur impact en termes de santé nombre de dispositifs électroniques personnels comme les télé-
n’est pas lié à leur intensité ; elles ne sont pas comptabilisées ici phones portables, smartphones et autres assistants électroniques
S. Antoine-Jonville et al. / Nutrition clinique et métabolisme 29 (2015) 69–76 75

personnels, les consoles de jeu portables, lecteurs de fichiers [4] Knechtle B, Enggist A, Jehle T. Energy turnover at the Race Across America
musicaux et vidéos, etc. Ce seuil de 10 000 pas est facile à (RAAM) – a case report. Int J Sports Med 2005;26:499–503.
comprendre pour la population. En revanche, il souffre d’un [5] Tremblay MS, Colley RC, Saunders TJ, Healy GN, Owen N. Physiological
and health implications of a sedentary lifestyle. Appl Physiol Nutr Metab
manque de travaux scientifiques alimentant a priori sa défini- 2010;35:725–40.
tion. Il est reconnu qu’un nombre de pas important, même dans [6] Eaton SB, Konner M, Shostak M. Stone agers in the fast lane: chronic
des conditions méthodologiques acceptables (arrêt du disposi- degenerative diseases in evolutionary perspective. Am J Med 1988;84:
tif ou filtrage des données correspondant aux trajets en voiture, 739–49.
etc.) peut ne pas correspondre à une distance importante et à une [7] Church TS, Thomas DM, Tudor-Locke C, Katzmarzyk PT, Earnest
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sollicitation métabolique, respiratoire, musculaire et cardiovas- related physical activity and their associations with obesity. PLoS One
culaire suffisante pour l’entretien de la santé. Par conséquent, 2011;6(5):e19657.
certaines institutions indiquent que la cible de 10 000 pas quoti- [8] Hagströmer M, Oja P, Sjöström M. Physical activity and inactivity in
diens devrait être atteinte en accumulant 30 minutes de marche an adult population assessed by accelerometry. Med Sci Sports Exerc
(pas de piétinement) en une période ou plusieurs périodes dans 2007;39:1502–8.
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la journée. physical inactivity and its association with human development index in 76
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n’est pas restreinte à 2 catégories (atteinte ou non de la cible [10] Horton ES. An overview of the assessment and regulation of energy balance
de 10 000 pas). D’autres discrétisations ont été proposées et in humans. Am J Clin Nutr 1983;38:972–7.
peuvent avoir un certain intérêt [49], des données selon les- [11] Sjöström L. A review of weight maintenance and weight changes in relation
to energy metabolism and body composition. In: Hirsch J, Van Itallie BT,
quelles la cible de 10 000 pas par jour apparaît donc plus difficile editors. Recent advances in obesity research: IV. London: John Libbey and
à atteindre. L’ensemble de ces études a également permis Company Limited; 1983.
d’affiner les seuils dans des populations à besoins spécifiques [12] Wijers SLJ, Schrauwen P, Saris WHM, van Marken Lichtenbelt WD.
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mandation de l’ordre de 840 MET.min par semaine (calcul basé thermogenesis in resistance to fat gain in humans. Science 1999;283:
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En conclusion, l’approche bio-énergétique de l’activité phy- [18] Levine JA, Lanningham-Foster LM, McCrady SK, Krizan AC, Olson LR,
sique apporte un cadre pour structurer la promotion de l’activité Kane PH, et al. Interindividual variation in posture allocation: possible role
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