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ransr u ra l

T initiatives n°488 / octobre-novembre 2021 / 10 euros

•Vallée de la Roya :
comment habiter un territoire abîmé ?
•Installer par millions
pour une société paysanne
•Dans le Doubs,
tourbière et démocratie

Dossier
Agir en rural pour l’écologie
et les transitions
sommaire
Transrural initiatives
est publiée par l’Adir, association d’édition de :

Le réseau des Centres d’initiatives pour valoriser


l’agriculture et le milieu rural (Civam), ce sont
plus de 200 associations qui défendent depuis
plus d’un demi siècle des enjeux tels que la pré-
servation de l’environnement, l’offre d’aliments
de qualité, l’élaboration d’un autre modèle énergétique, la pro-
motion d’une agriculture durable, le maintien d’un monde rural
facteur de cohésion sociale (www.civam.org).
Lieu de rencontres, d’échanges et vecteur d’inté-
gration socio-économique, le Mouvement rural de
vivre ensemble
jeunesse chrétienne (MRJC), propose aux jeunes
de treize à trente ans vivant à la campagne ou Société
qui l’envisagent, de s’engager avec d’autres pour 4 Vallée de la Roya : comment habiter
l’amélioration de la qualité de vie, de leur environnement et de la
société qui les entoure par l’action, la réflexion, la recherche de sens
un territoire abîmé ?
et la formation. (www.mrjc.org). Initiative
Le Réseau d’expérimentation et de liaison 6 Engagement et culture en moyenne
des initiatives en espace rural (Relier) consi-
dère qu’il est nécessaire de soutenir le déve- montagne
loppement d’autres activités à la campagne
et, face aux interrogations de notre société,
Culture
qu’il est urgent de leur donner un sens : s’installer à la campagne, 6 Une terre d’hommes
monter une entreprise rurale, c’est d’abord faire le choix d’un
mode de vie. Depuis 1984, l’association d’éducation populaire Initiative
Relier contribue à créer et animer des lieux d’échange et de mise 7 Tero loko, ou comment revitaliser un
en lien des personnes qui font le choix de s’installer et vivre en village
milieu rural (www.reseau-relier.org).
Le centre de ressources sur les pratiques Agriculture
et les métiers du développement local 8 Installer par millions pour une
Cap Rural a pour vocation de promouvoir
le développement des territoires ruraux et
société paysanne
périurbains de Rhône-Alpes. Depuis 1996,
Cap Rural porte le projet d’espaces ruraux vivants aux fonctions
un autre développement
diversifiées (productive, résidentielle, touristique et nature),
composés par une mixité de populations et d’activités, et met-
tant en œuvre de réelles dynamiques économiques, sociales et Agriculture
environnementales, dans le cadre de relations équitables avec 13 PAC : le ministère passe outre les
les espaces urbains (www.caprural.org).
Le Réseau des Créfad est une
ménager les ressources critiques
coordination d’associations se 14 Arpentages n°2 : Grandir à la ferme ­
reconnaissant dans des valeurs Environnement Mobilisation
communes en référence au Manifeste de Peuple et Culture
10 Protection de la biodiversité :
comme l’éducation populaire, la laïcité, la lutte contre les iné- 16 Grignon : les raisons de la colère
galités, les injustices, ou encore dans l’entraînement mental. où va l’argent
Ses membres travaillent les thèmes de l’accompagnement, de
Initiative Agriculture
l’habiter, de la vitalité des territoires ruraux, de la jeunesse, de
l’interculturel, du rapport à la lecture et à l’écriture. Ils œuvrent 11 Dans le Doubs, tourbière et 17 Que nous prépare Hectar ?
ensemble pour se renforcer, s’inspirer et se soutenir mutuelle- démocratie
ment, construire du neuf (www.reseaucrefad.org).
Société
17 Des tiers-lieux
Directeur de publication : Raphaël Jourjon - Équipe Environnement pour réinvestir les colos
de rédaction permanente : Fabrice Bugnot, Jade
Lemaire - Ont participé à ce numéro : Léa Arson,
10 Quand les politiques
Ombeline Barberot, Isabelle Barnier, Prunelle Besson, environnementales pèsent davantage Chronique
Guillaume Boutanox, Benoît Chaboud-Mollard, Céline sur les épaules des plus vulnérables ! 19 La guerre des mots – acte XLIV
Champouillon, Alain Chanard, David Chomentowski,
Léo Coutellec, Félix Grippon, Raphaël Jourjon, Hubert
Julien, Sandra-Vanessa Liégeois, Étienne Martin, Jean-
Claude Moreau, Agathe Paoli, Aude Vidal.

Maquette : Catherine Boé


Impression : Evoluprint, Bruguière
Administration / Rédaction :
58 rue Regnault – 75 013 Paris
Tél. 01 48 74 52 88
Site internet : www.transrural-
initiatives.org
Mail : transrural@globenet.org

Crédit photo de la couverture


et de la couverture du dossier : CC0

Reproduction autorisée sous réserve de demande


– n°CPPAP : 0625D86792 – ISSN : 1165-6166 –
(Ré)abonnez-vous à Transrural initiatives
2 Transrural
Dépôt légal : Décembre
initiatives 2021. sur la boutique en ligne de la revue
éditorial

100 000 fermes


L
es premiers résultats du recensement agricole, réalisé tous les dix ans,
ont été dévoilés début décembre par le ministère de l’Agriculture1.
L’hémorragie dans le monde paysan est pire qu’attendue. Entre 2010
découvrir et 2020, 100 000 fermes ont « disparu » de France métropolitaine et il n’en
reste plus que 389 000. Mais il serait plus juste de dire «  été absorbées », car
20 BD si 250 000 hectares (ha) de surface agricole utile ont bien disparu au profit de
21 En revues l’urbanisation, l’essentiel de ces fermes ont été reprises par d’autres, qui se
22 Au fil des lectures sont agrandies en moyenne de 25 %. Un tiers des micro-exploitations (12 ha
en moyenne) soit presque 50 000 fermes ont « fermé » alors que le nombre
de « grandes exploitations » (136 ha en moyenne), a progressé de 3,4 %. En
10 ans, la France métropolitaine a notamment « perdu » plus de la moitié de

I à XVI DOSSIER ses exploitations de porcs, volailles, ovins, caprins et autres herbivores.
Mais il serait plus juste de parler d’expropriation, comme le proposent Mathieu
Ansaloni et Andy Smith dans leur dernier ouvrage2. Ils y démontrent comment
Agir en rural pour l’écologie les politiques publiques françaises – sur les règles du marché et l’orientation
et les transitions des subventions – ont favorisé délibérément l’accumulation de capital et de
Ce dossier s’appuie sur le stage de recherche organisé par le MRJC fin foncier qui a produit cette expropriation, c’est-à-dire une dépossession des
août 2021 pour questionner la place des jeunes et des territoires dans moyens d’agir sur le plan économique et politique. Comment interpréter
l’écologie, ainsi que sur les travaux de Cap rural pour l’accompagnement alors les propos de Julien Denormandie, qui se félicite qu’« on arrive mieux
des collectivités dans les « transitions » – concept approprié de manière à faire face au renouvellement des générations que dans les années 2000 »
hétérogène. Il met en lumière des transitions, notamment dans les ter-
ritoires ruraux, en matière d’énergie, d’alimentation et d’agriculture, de et propose de passer de 14 000 à 20 000 installations par an alors que la
numérique… mais donne aussi la parole à celles et ceux qui défendent prochaine PAC ne modifie pas ce régime d’accumulation et que les budgets ne
davantage une rupture qu’une transition ; pour qui l’écologie commence prévoient pas plus de 4 000 Dotations jeune agriculteur par an (cf. p. 13) ?
à l’échelle de la communauté et repose avant tout sur la prise en compte En attendant, avec 100 000 fermes et 80 000 travailleurs agricoles de moins,
des liens tissés par les habitant·es entre eux et avec leur milieu. une transition agricole ambitieuse est impossible (cf. p. 8-9), sauf à mettre
autre chose – comme des drones ou des pulvérisateurs commandés à distance
– derrière ce mot. Si nous nous attaquons dans le dossier de ce numéro à ce
concept de transition, c’est bien sûr pour apporter un regard critique et montrer
que la « transition écologique » recouvre des aspirations et des projets de société
bien différents et qu’elle peut être présentée sous un jour positif malgré des
conséquences négatives pour certains territoires et personnes. Peut-être faut-il se
réapproprier ce mot ? Ou l’abandonner, au profit d’une « bifurcation écologique »,
comme en témoigne le nouveau programme de La France insoumise ? On ne
compte plus les batailles à livrer dans cette guerre des mots et nous tentons d’y
contribuer dans Transrural. Mais ni CNews, ni les grands journaux et radios n’y
prêtent apparemment attention. Au contraire, en moins d’un an, avec le rachat
CC0

de Prisma et la prise de contrôle de Lagardère, le milliardaire Vincent Bolloré


a imposé sa ligne droitière et son ami Éric Zemmour sur les médias français
comme CNews, C8 et Europe 1… Notre prochain mot ne sera toutefois pas celui
À vos stylos !
Transrural initiatives est une revue participative, dans le sens où elle met en
d’« élections », qui dans ce contexte s’annoncent moralement épuisantes, mais
celui de « travail ». Un si gros mot qu’il sera au cœur d’un dossier dans un numéro
place un processus de rédaction collective avec différents acteurs en interaction qui vous arrivera – si nous rattrapons le retard dans notre travail… – fin janvier.
(militants associatifs, animateurs, journalistes), ce qui permet également d’avoir Fabrice Bugnot, responsable de la rédaction
un ancrage sur le terrain et de se faire le porte-voix d’initiatives locales. La revue
est ouverte à vos propositions d’articles, écrits, réactions… Chaque mois, le
comité de rédaction discute des sujets à traiter au téléphone et vous y êtes les 1 - Plus d’infos : https://agriculture.gouv.fr/recensement-agricole-2020.
bienvenus ! Vous pouvez aussi nous envoyer vos idées d’articles, vos réactions
ou des informations et ressources par mail ou en nous appelant. À vos stylos ! 2 - L'expropriation de l'agriculture française. Pouvoirs et politiques dans le capita-
lisme contemporain. Stock. 2021.

http://boutique.transrural-initiatives.org
vivre ensemble
vivre ensemble
Vallée de la Roya :
société

comment habiter un territoire abîmé ?


Un an après la tempête Allex, les habitants de la Roya cherchent
à maintenir la vallée vivante. Entre optimisme, doute et fragilité :
témoignages d’une artisane semencière et d’un instituteur.

L e 4 octobre 2020, la vallée de


la Roya (06) est traversée par
une tempête d’ampleur inédite.
Les dégâts matériels et humains sont
multiples : routes cassées, maisons
inopinées de la route pour cause de
chantier, puis les convois trois fois par
jour, et enfin l’impossibilité d’affréter
la marchandise via le train, rendent la
tâche quasi-impossible. Elle envisage
parmi les premiers à voir le territoire
s’abîmer et se doutent que des évè-
nements climatiques comme celui-ci
peuvent se répéter. Comment tenir ?
D’après Marie, ce sera sans compter
détruites, paysages transformés, sur le système politique qui continue
départ de populations et fragilisa- de soutenir « des légumes industriels
tion économique. Un «  sinistre 
» ? « Chacun au village a eu un produits par des esclaves ». En cette
Certains préfèrent parler de révéla- rôle important à jouer : faire mi-octobre, un an après la tempête,
teur de dysfonctionnements préexis- elle a organisé chez elle la fête des
tants, à l’image d’une faille qui en l’école, monter du bois aux semences paysannes maralpines,
s’élargissant soudain, attaque nos une journée de transmission et de
fondations autant qu’elle dégage de petits vieux, prêter son butagaz, célébration qui a réuni des curieux
nouvelles ouvertures. Comment la
tempête a-t-elle bousculé les gens
passer le tracteur » et des passionnés de tout le départe-
ment. « Il faut ramener l’agriculture et
qui vivent ici et leurs écosystèmes ? alors de suspendre temporairement la culture dans notre assiette et dans
Deux habitant·es témoignent.1 son activité. « C’est hyper complexe notre maison. Ça, ça me tient ! ».
1 - L’article est issu administrativement, c’est un an de
Marie Bonneville, d’une série de por-
traits radiophoniques
préparation. Donc au moment où tu Emmanuel, instituteur
artisane semencière à découvrir sur as besoin de suspendre, tu ne peux à l’école du Petit Bois
1200 m d’altitude, à quelques kilo- Radio Tout Terrain, pas : soit tu continues à bosser, soit Emmanuel enseigne depuis dix ans
média de proximité
mètres du Piémont italien. Marie dans la vallée de tu fermes totalement. Tu passes des dans la vallée : « Je passe d’école en
cultive depuis dix ans des plants la Roya, à partir de heures à discuter et puis à un moment école en fonction des fermetures. Je
et semences paysannes2 au Jardin décembre (https:// donné, t’arrêtes de chercher. » Les suis le champion en la matière, un
audioblog.arteradio.
Rocambole. Un projet agricole de com/blog/155300/ envies d’arrêter, il n’y a pourtant pas titre un peu lourd à porter. » Et en cette
petite échelle, adapté aux contraintes radio-tout-terrain). eu besoin d’attendre la tempête pour rentrée 2021, sa classe est à nouveau
Voir aussi le Manuel
du territoire : terrasses étroites, neige du débord, réalisé
qu’elles lui traversent l’esprit « Tous sur la sellette, suite aux départs de
une bonne partie de l’hiver et début par Emmaüs Roya les ans, la question est remise sur la plusieurs familles post-tempête. « On
de saison à -10°C. Composer avec et la fondation Abbé table. En tant que femme, dans une va voir s’il y a une clémence ou pas.
Pierre à l’usage des
les aléas climatiques n’est pas une habitant·es : https:// montagne comme celle-là, il y a beau- À une époque, l’inspection appliquait
nouveauté pour Marie, qui a toujours drive.google.com/ coup de solitude. » vraiment les chiffres de manière bête
vécu ici. Mais l’ampleur de la tempête file/d/1VeLT_NIIk- Ce qui l’a finalement aidée, c’est le et méchante : en dessous de 27, on
GwrFRgT87zHDEU-
Allex est « vraiment monstrueuse » et mgV8Q8WIr/view. soutien humain de ceux qui croient ferme ! » Une vingtaine d’élèves, ce
vient ébranler son mode de vie et de en son projet agricole et politique : serait pourtant idéal : « Ici, on est en
2- Par opposition
travail. « J’ai démarré la saison avec aux hybrides « Les amis ont essuyé mes états "zone rurale sensible". On est loin de
un chantier pour remonter des murs, industrielles, d’âme, les Biocoops de la côte m’ont tout, on n’a pas accès à tout l’équipe-
en ne sachant pas si j’allais pouvoir elles sont libres, assuré qu’elles m’achèteraient des ment culturel de la ville, alors si on n’a
c’est-à-dire non
vendre sur le littoral ou pas. » Avant brevetées. Pour en plants, et les gens du pays sont venus même pas un cadre d’apprentissage
la tempête, elle commercialisait la savoir plus : http:// à la serre, malgré les soucis que cha- aux petits oignons pour compenser,
majeure partie de sa production sur
la côte d’Azur. Mais les fermetures
mspm.fr ouwww.
jardin-rocambole-
roya.com.
cun rencontrait. » Les agriculteur·rices
de la vallée sont lucides : ils sont
c’est la double peine. » L’école du
Petit Bois est située à Saint-Dalmas, …
4 Transrural initiatives n˚488 • octobre - novembre 2021
vivre ensemble
en bref
Chlordécone et prostate
Après un avis favorable de l’Anses,
puis de la Commission supérieure des
maladies professionnelles en agricul-
ture, Julien Denormandie a finalement
annoncé fin novembre la création
d’un tableau de maladie profession-
nelle pour le cancer de la prostate en
lien avec les pesticides, notamment
le chlordécone. Une reconnaissance

Boris Munger
– déjà évoquée sans effets par Em-
manuel Macron il y a trois ans – qui
profitera aux nombreuses victimes de
Marie s’est installée sur les terres familiales à la Brigue, où elle produit des plants et semences biologiques l’insecticide qui fut massivement utili-
pour redonner vie aux variétés potagères anciennes de la région.
sé dans les bananeraies antillaises.   ■

un hameau en bord de route, entre
deux villages, doté d’une boulange-
précieux et que tu ne peux pas t’en
sortir individuellement. »
Pesticides voyageurs
En octobre, Santé publique France
rie, d’une épicerie d’appoint et de Comment maintenir les villages de et l’Anses ont lancé une étude sur
quelques logements sociaux. Les pro- la vallée vivants sur le long terme ? l’exposition aux pesticides des per-
fils y sont variés : enfants de bergers, Il y a bien eu cette idée enthousias- sonnes vivant près des vignes ou
de personnel médico-social, familles mante de création d’un lycée de la éloignées de toute culture. Une
installées depuis des générations, et montagne à Saint-Dalmas, quelques première saluée par Générations
une poignée de nouveaux arrivants. années plus tôt. Permettre aux ado- futures, qui avait elle-même réalisé
Ici, l’existence de l’école n’est pas lescents de rester faire leurs études une étude participative cette année,
seulement un enjeu d’éducation : ici, accueillir d’autres jeunes du dé- mettant en évidence la présence de
elle joue un rôle fédérateur, à partir partement, sans parler des emplois pesticides à 100 mètres et plus de la
duquel le gens se rencontrent et la générés. Un projet sensé, au seuil du zone d’épandage, dont des produits
communauté de vie se maintient. parc du Mercantour, et à deux pas cancérigènes… Elle plaide pour des
« Faire communauté » c’est ce qui de la gare qui ne demandait qu’à zones de non traitement plus larges
s’est produit juste après la tempête, reprendre du service… mais qui a que les 5 ou 10 mètres prévus au-
dans le village voisin, où habitent finalement vu le jour dans la vallée jourd’hui. ■
Emmanuel et sa compagne Claire, voisine de la Vésubie, plus riche et
institutrice aussi. « Le lendemain, on plus touristique. Qu’à cela ne tienne, Mal-être paysan
était tous sur les fesses. Il n’y avait l’optimisme reste de rigueur chez Le ministre de l’Agriculture a pré-
plus d’école, l’instituteur ne pouvait Emmanuel : « On vit dans un paradis senté fin novembre sa feuille de
plus venir. On s’est dit : nous on peut quand même, à un moment les gens route de prévention du mal-être
faire une école improvisée. Ça ne vont revenir. Pour l’instant ça fait paysan. Si Solidarité paysans salue
s’est pas organisé qu’entre instits, trop : entre les trajets pour aller bos- quelques avancées comme le suivi
mais aussi avec les parents : fran- ser, plus rien sur place, les courses. envisagé après une tentative de
çais-maths le matin, et puis l’après- Alors on part vivre ailleurs. ». Mais suicide, l’association déplore la
midi, avec tous les talents qu’il y a c’est justement pendant cette paren- présence des créanciers dans les
au village, il y a eu percussions, arts thèse délicate de quelques années cellules d’accompagnement et plus
visuels, cours de théâtre. L’inspecteur qu’il faut préserver l’école. Et aussi généralement la non remise en
nous a laissé faire. Ça a duré une « faire rêver les gens. Pas juste avec cause du système agricole industriel
semaine. Chacun au village a eu un des loyers moins chers qu’ailleurs. Il encouragé depuis les années 1960
rôle important à jouer : faire l’école, faut des infrastructures, des activités, par les politiques publiques, qui
monter du bois aux petits vieux, prê- et surtout de l’emploi, avec un train engendre isolement, surcharge de
ter son butagaz, passer le tracteur. Il y fiable et rapide ». travail, perte d’autonomie, etc. ■
a eu cette conscience que l’autre est ■ Léa Arson

n˚488 • octobre - novembre 2021 Transrural initiatives 5


vivre ensemble

…Des initiatives pour


dynamiser la vie du bourg
légiale fonctionne en gouvernance
partagée. Au conseil d’administra-
réciproques entre accueillant·es et
accueilli·es. L’idée étant de réduire
Les activités de Tero loko sont coor- tion siègent deux membres de droit : au maximum la distinction clas-
données par sept salarié·es et se un·e représentant·e d’Emmaüs et sique entre bénévoles et bénéfi-
divisent en deux. Le chantier d’inser- un·e de la mairie, quatre habitant·es ciaires.
tion d’une part, où treize  salarié·es adhérent·es et deux salarié·es. À Tero loko, les défis du quoti-
en CDD Insertion, dont deux tiers L’installation dans un nouveau bâti- dien sont la langue et les orien-
sont des réfugié·es, s’occupent du ment en bail emphytéotique sur les tations culturelles. Le français y
maraîchage, du fournil et de la com- terrains de la mairie permettra à est la langue officielle. Lucie nous
mercialisation sur les marchés. Les Tero loko, qui vise l’emploi de seize partage : « C'est lourd mais tout le
encadrant·es sont là pour aider les personnes accompagnées, d’être monde est là. On n’a perdu per-
salarié·es en insertion dans leurs installé les pieds dans ses jardins et sonne sur la route ! On expérimente
démarches administratives et leur d’intégrer plusieurs logements. tous les jours des nouvelles façons
logement. D’autre part le dévelop- de fonctionner ensemble. »
pement de la vie associative, qui Vingt emplois créés Les bénévoles du village sont
s’ancre sur le territoire par le mar- Lucie nous confie leur besoin d'aller fiables et fidèles dans leur implica-
ché du mardi soir, un moment de plus loin dans la mesure d'impact, tion et dispensent les cours de fran-
lien social et de convivialité, et par pour maintenir ou développer çais. Tero loko a inspiré la mairie,
des activités ouvertes à tou·tes pro- les sources de financement. Ils et qui envisage de créer un tiers-lieu
posées par les habitant·es : cours de elles vont être accompagné·es par pour redynamiser le village. Lucie
français pour les étranger·ères, ate- Emmaüs mais les effets sont déjà nous avoue fièrement : « Grâce à
liers couture, gestion de ruches avec remarquables : vingt emplois ont notre présence, à la dynamique
un apiculteur… « On le présente été créés sur la commune. Le mar- et à tous les liens qu’on a pu faire
vraiment comme un projet de déve- ché est le seul espace de rencontre sur le territoire, ils et elles se sont
loppement local », résume Lucie. pour le village. Il permet des temps dit : c’est possible et on est crédible
Les revenus proviennent d’un finan- conviviaux et inclusifs pour les auprès de la "comcom’" parce qu’il
cement de l’État, de la commerciali- habitant·es. Le modèle horizontal y a Tero loko. »
sation des produits (pain et légumes) développé dans le projet augmente ■ Ombeline Barberot
et des dons privés. L’association col- le pouvoir d’agir et les relations et Hubert Julien pour Relier

Installer par millions


agriculture

pour une société paysanne


Si ré-installer des millions de paysans est probablement le seul horizon
crédible pour relever les défis écologiques et sociaux de l'agriculture,
cette ambition nécessite un véritable un plan de bataille.

O n comptait plus de 8 millions


de paysannes et paysans
au début du XXe siècle, 1,6
million (7,2% de la population ac-
tive) au début des années 1980 et
d’exploitation baisse d'environ 2 %
par an, les installations ne permet-
tant pas de compenser les départs.
Le calcul est simple : à la fin de ce
siècle, il y aura moins de 100 000
toute entière au profit d'une agro-
industrie triomphante. Ces rappels
sonnent un peu comme les rapports
du Giec – Groupe d'experts intergou-
vernemental sur l'évolution du climat
391 000 en 2020, selon le dernier agriculteurs… Avec son corollaire : – vous ne trouvez pas ?
recensement agricole (1,5 % de la des exploitations qui portent bien
population active). Les trois quarts leur nom, toujours plus grandes, Combien d’oeufs, de
sont des hommes et plus de la moitié plus mécanisées, plus connectées. poules et de paysans ?
ont 50 ans ou plus. Depuis une quin-
zaine d’années, le nombre de chefs
Non plus seulement la disparation
des paysan·nes mais de l'agriculture
Nous avons pourtant entendu à l'oc-
casion de la troisième édition du fes- …
8 Transrural initiatives n˚488 • octobre - novembre 2021
vivre ensemble
… tival Atout bout d'champ1 (Mâlain,
Côte-d’or) que l'enjeu était bien la
ré-installation massive de millions
de paysans et les chiffres, là aussi,
ont fusé : un million pour Terre de
Liens (à l'appui de son outil Parcel2),
deux millions pour l'Atelier paysan,
six millions pour les Civam… Pour
mieux appréhender la réalité ver-
tigineuse de ces chiffres, prenons
l'exemple des œufs. Un petit éle-
vage bio-paysan de 750 poules
pondeuses – respectant l'éleveur,
l'animal et l'environnement – fait
vivre un·e paysan·ne à temps plein
et permet de fournir en œufs environ
850 personnes3. Ainsi, pour fournir
65 millions de Français en œufs bio-
paysans, nous aurions besoin de nouveaux agriculteurs, contre au- tion, l’obsolescence programmée,
plus de 76 000 paysan·nes dédié·es jourd'hui moins de 15 000... Dans la prédation, l’illimitation, etc. Il
à cette œuvre. En 2019, l’Institut le cadre des politiques agricoles est signe de permanence là où la
technique de l'aviculture dénombrait actuelles (y compris la nouvelle PAC, modernité fonctionne à l’accéléra-
2100 élevages de pondeuses – dont cf. p.13), cela est tout simplement tion, il est symbole de prudence là
62 % d'élevages intensifs conven- impossible. Un tel objectif ne sera où domine l’hubris, il porte le lien
tionnels où les poules ne voient jamais atteint sans une ambitieuse là où s’organise la dé-liaison. Il est,
jamais le jour – pour 4100 emplois4. révolution agraire qui puisse modi- en un mot, l’habitant, dont il faut se
La marche est donc très haute et fier structurellement le monde agri- défaire pour que progresse la perte
dans ce secteur aussi la tendance cole. Derrière les chiffres, il nous faut des habitudes. ».
lourde (y compris pour le bio) est à donc un véritable plan de bataille Si les chiffres fixent un cap politique,
l'agrandissement. politique, mais où est-il ? ici se loge le cap civilisationnel :
ré-installer massivement des pay-
Relever les défis Luttes pour le vivant sans est le meilleur point d'appui
écologiques et sociaux Il y a une autre raison, plus pro- pour lutter contre la civilisation de
Plus globalement, quels sont les fonde, pour laquelle il devient vital la destruction. L'invention d'une
ressorts de ces chiffres ? D'abord, non pas seulement d'enrayer la dis- nouvelle société paysanne, non
ils ont en commun de décider d'un parition progressive de la paysanne- 1 - Voir : www. idéalisée, créative et émancipatrice
alternatives-agricul-
cap : pour relever les défis écolo- rie mais d'inverser radicalement les turelles.fr. pour toutes et tous, est tout autre
giques et sociaux de l'agriculture, courbes. Une raison d'ordre cultu- chose que simplement revendiquer
2 - Cf. TRI n°477.
il nous faut produire autant – mais rel et anthropologique. à ce titre, un peu plus de paysans dans une
sûrement moins de sucre de bette- il est bon de relire les sept raisons 3 - En moyenne, les société non paysanne. Partant des
rave, de farines de blé transformé, du Sacrifice des paysans de Pierre français consom- quelques îlots que nous recréons
ment 217 œufs par
de viande… – mais mieux partager Bitoun et Yves Dupont5, selon qui le an et par habitant. dans nos campagnes, nous devons
le travail, avec moins d'intrants, de paysan est : « l’homme de la valeur construire partout des archipels
machines, de dépendances à l'agro- d’usage, de l’espace limité, de la 4 - www.itavi. paysans, contre le métropolisation
asso.fr/content/les-
industrie, en réparant et prenant lenteur du temps et de l’acceptation poules-pondeuses. des espaces et des imaginaires.
soin du vivant. Pour cela, nous avons de la puissance de la nature et de la Pour relever un tel défi, c'est un
5 - Pierre Bitoun
besoin de millions de paysans, sans succession des saisons. Par là aussi, et Yves Dupont. grand mouvement social de luttes
quoi tous les beaux discours sur il apparaît étranger à quelques-unes Le Sacrifice des pour le vivant qu'il nous faut
l'écologie et l'autonomie alimentaire des valeurs cardinales du déploie- paysans. Une construire, bien au-delà du monde
catastrophe sociale
ne sont que miroirs aux alouettes. ment capitaliste-productiviste et et écologique. paysan. Mais là aussi, où est le plan
Ce cap fixé, prenons la mesure de de l’ethos d’Homo consumeris et L'échappée, 2016 de bataille ?
l'effort à opérer : pour atteindre le connecticus : la vitesse, l’instanta-
million en vingt ans, il faudra ins- néité, l’éphémère, la contraction de ■ Léo Coutellec,
taller chaque année environ 50 000 l’espace et du temps par la circula- enseignant, chercheur et paysan

n˚488 • octobre - novembre 2021 Transrural initiatives 9


DoSSIeR Agir en rural pour
l’écologie et les transitions

S
● Écologie : la guerre des mots...................... II i la transition signifie le changement vers un autre état, cela en fait un mot « valise » que chacun
● La transition comme concept pour peut utiliser en y mettant ses objectifs et façons de voir le monde. Ce dossier s'attache donc
observer le monde...................................... III d’abord à définir ce que l’on peut entendre par « transition », comment ce concept est approprié
● La place des territoires ruraux par différents acteurs, comment il est mis en œuvre de manière hétérogène, comment il peut
dans les transitions..................................... IV
être un outil pour observer le monde ou comment il peut constituer un horizon qui produit de l’exclusion
● Le Pacte pour la transition, un an après.... V ou des perdants.
● Tramayes, ville pionnière........................... VI
Il propose différents éclairages pour mettre en lumière ces transitions, notamment dans les territoires
● En Ardèches, le vent se lève contre les
éoliennes.....................................................VII ruraux, que cela soit en matière d’énergie, d’alimentation et d’agriculture, de numérique… et montre les
limites des démarches proposées sous le vocable de « transition écologique ». Il questionne aussi la place
● Vous avez dit résilience alimentaire ?
L’exemple du territoire de Bernay..........VIII et les relations des différents acteurs engagés dans ces processus et en particulier les moyens à mettre en
● En Camargue, œuvre pour enclencher des actions qui s'attaquent aux sources de la dégradation de l'environnement et de
laisser-faire la nature fait débat . ............IX l’accroissement des inégalités.
● Pour des agents de développement local Face à la vacuité des « petits gestes » individuels en faveur de l’environnement et à l’inaction du pouvoir
acteurs des transitions................................X
étatique et des grandes entreprises malgré la succession des Conférences des parties, nombreux sont celles
● Quelles articulations entre initiatives et ceux qui défendent davantage une rupture qu’une transition ; pour qui l’écologie commence à l’échelle
citoyennes et action publique ?..................XI
de la communauté, du quartier, du bassin de vie, de la « biorégion » et doit reposer avant tout sur la prise
● Changement climatique et pauvreté :
la double peine............................................XII en compte des liens tissés par les habitant·es entre eux et avec leur milieu.
● Les risques Ce dossier s’appuie d’une part sur le stage de recherche « mauvaises graines » organisé à Bouvron (44) par
de la « transition » numérique...................XIII le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) fin août 2021 pour questionner la place des jeunes et
● Notre monde s’écroule, faites du DIY !....XIV des territoires dans l’écologie, et d’autre part sur les travaux menés par Cap rural dans l’accompagnement
● Pourquoi des collectivités, et en particulier des agents de développement dans les transitions. Il montre aussi que si
défendre une écologie radicale ?............XIV la ville est souvent présentée comme la plus capable d'opérer ces transitions, il existe nombre de territoires
● Quelle converrgence des luttes ?.............XV ruraux où s’inventent d’autres manières de faire.
● Après nous le déluge?...............................XVI
Transrural initiatives n˚488 • octobre - novembre 2021 Transrural initiatives I
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initiatives
La revue associative des territoires ruraux
Transrural initiatives est une revue bimestrielle portée par des organisations de dévelop- ier-février 2018
/ 10 euros
initiatives n°466 / janv

pement agricole et rural qui se reconnaissent dans les valeurs de l’éducation populaire.
En s’appuyant sur un comité de rédaction composé d’acteurs du développement rural
(animateurs, militants associatifs), associés à des journalistes, elle propose une lecture
de l’actualité et des enjeux concernant les espaces ruraux qui privilégie les réalités de ter-
rain et valorise des initiatives locales et innovantes. La revue appréhende ces territoires
dans la diversité de leurs usages et met en avant des espaces où il est possible d’habi-
ter, de se déplacer, de s’instruire, de se cultiver, de produire, de se distraire et de tisser
des liens. Ces expériences locales illustrent concrètement des alternatives au modèle
de développement économique dominant, marqué par la mise en concurrence géné- • SE SENTIR DE NOU
VEAU ACTEUR
• « ZAD WILL SUR
VIVE »
ralisée, la disparition des solidarités et l’exploitation aveugle des ressources naturelles. •SIX MOIS D’ÉTAT
S GÉNÉRAUX, POUR
QUOI ?
Transrural entend sortir de la morosité ambiante et invite à l’action ! Dans chaque
QUEL MONDE LES NO
numéro, un dossier thématique permet d’approfondir une question (ex. : Agriculture RMES CONSTRUISE Dossier
et société : vers un nouveau contrat ; Repenser l’accueil des migrants dans les terri- NT-ELLES ?
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toires ruraux ; Les champs de la culture revisités…).
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Le pouvoir des mots Ouvrage cOllectif
Ouvrage cOllectif

Se réapproprier le vocabulaire dominant pour transformer la société


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abreuvent quotidiennement de mots qui, lancés dans le débat public,
peuvent se draper d’une fausse ambition de transformation sociale
Le

le pouvoir
ou au contraire, nous déposséder de leur pouvoir subversif initial. Ces

p odesu v o i r
mots, généralisés dans les discours, les représentations, les idées,

mots
se muent ainsi en « cheval de Troie » d’une grammaire au service
d’un modèle de développement économique dominant, marqué par
la mise en concurrence généralisée, la disparition des solidarités

Société : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
et l’exploitation aveugle des ressources naturelles. Contribuer à
retrouver le sens originel de ces mots, tenter de les redéfinir ou au
contraire de déconstruire l’imaginaire qu’ils véhiculent, telle est la

des mots
proposition de ce recueil de chroniques, parues entre 2015 et 2020
Le pouvoir des mots

dans le magazine associatif et participatif Transrural initiatives .

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Ces chroniques sont éditées par l’Agence de diffusion et d’information rurales,
Se réapproprier le vocabulaire dominant
pour transformer la société
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qui rassemble plusieurs organisations de développement agricole et rural se
reconnaissant dans les valeurs de l’éducation populaire : le Réseau des Centres
d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (Civam), le Réseau des
Créfad, Cap Rural, le Réseau d’expérimentation et de liaison des initiatives en
espace rural (Relier) et le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC). Elles
sont le fruit des réflexions de paysans et paysannes, de militants et militantes
associatifs (salariés ou bénévoles), de citoyens et citoyennes du milieu rural.

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