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Le cadre conceptuel de la comptabilité

LE CADRE CONCEPTUEL DE LA
COMPTABILITE
I- Introduction

Les normes comptables doivent être établies dans un cadre cohérent et acceptable de principes
fondamentaux. L’établissement d’un cadre conceptuel en comptabilité sert à :

 Développer des normes comptables cohérentes ;

 Améliorer la compréhension et la confiance des utilisateurs ;

 Comparer les états financiers entre eux ;

 Aider à la résolution de problèmes nouveaux.

Le cadre conceptuel de la comptabilité définit les objectifs des états financiers, les qualités
caractéristiques de l’information financière, les éléments constitutifs des états financiers.
En IFRS, en l’absence de norme ou d’interprétation spécifique, qui s’appliquerait à un aspect
particulier des états financiers, la direction exercera son jugement en développant et en
appliquant une méthode comptable qui aboutirait à une information qui sera :
a. pertinente et adaptée pour permettre les prises de décisions des utilisateurs et ;
b. fiable, en ce sens que les états financiers :
- Présenteront fidèlement les résultats et situation financière de l’entité,
- Reflèteront la substance économique des transactions et autres évènements plutôt que
leur forme légale,
- seront neutres, c’est-à-dire sans parti pris,
- seront prudents,
- et complets dans tous leurs aspects significatifs.

I- OBJECTIF DES ETATS FINANCIERS

Les états financiers doivent fournir à une large gamme d’utilisateurs des informations utiles à
leurs prises de décisions économiques, concernant les trois indicateurs suivants:

1. Situation financière de l’entreprise :

La situation financière d’une entreprise est évaluée à travers :


Sa capacité à générer, dans l’avenir, des liquidités et équivalents de liquidités ;

Sa structure financière : L’information relative à la structure financière d’une entreprise


permet de prévoir :

- les besoins d’emprunter des capitaux ;


- la façon dont les profits et flux de trésorerie futurs seront répartis entre les parties ayant un

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intérêt dans l’entreprise ;


- les chances de succès de l’entreprise dans l’obtention d’emprunts de capitaux ;

Sa liquidité et sa solvabilité : L’information relative à la liquidité et à la solvabilité de


l’entreprise permet d’apprécier sa capacité à faire face à ses engagements financiers lors de
leur arrivée à échéance ; et

Sa capacité à s’adapter aux évolutions de l’environnement dans lequel elle intervient.

Ce type d’informations est fourni principalement par le bilan.

2. Performance de l’entreprise

L’information relative à la performance de l’entreprise, telle que sa rentabilité est donnée


principalement par l’état de résultat.

3. Evolution de la situation financière de l’entreprise

L’information sur l’évolution de la situation financière est utile afin d’apprécier les activités
de l’entreprise au cours d’une période, en matière d’investissement, de financement et
d’exploitation est fournie au moyen de l’état de flux de trésorerie.

II- UTILISATEURS DES ETATS FINANCIERS


Les utilisateurs des états financiers comprennent les investisseurs actuels et potentiels, le
personnel, les prêteurs, les fournisseurs et autres créanciers, les clients, l’Etat et ses
administrations ainsi que le public.

Déterminer la capacité de l’entité à distribuer


Investisseurs
des dividendes

S’informer sur la stabilité et la rentabilité de


l’entité
Personnel Estimer la capacité de l’entité à leur
rémunérer et à procurer des avantages à la
retraite

Déterminer si leurs prêts et les intérêts qui


Prêteurs
seront payés à leurs échéance.

Fournisseurs et autres Déterminer si les montants qui leur sont dus


créanciers leur seront payés à l’échéance

Clients S’informer la continuité de l’entreprise

Réglementer les activités économiques

Etat Déterminer la politique fiscale

Alimenter les base statistiques

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Publics S’informer sur les tendances et la prospérité


de l’entreprise

II. QUALITES DE L’INFORMATION COMPTABLE

L’utilité est la qualité la plus importante de l’information comptable contenu de l’impact


sur la prise de décisions. L’information financière doit être :

 Compréhensibilité c'est-à-dire intelligibile ;


 Pertinente ;
 Fiable ;
 Comparable.

3.1- Intelligibilité:

L’information donnée par les états financiers doit être compréhensible par les utilisateurs. Elle
doit être explicite, claire et concise et à la portée des utilisateurs.

Ces utilisateurs sont présumés avoir une connaissance raisonnable des activités économique
de l’entreprise et de la comptabilité et sont soucieux d’étudier et de traiter l’information avec
diligence.

3.2 - Pertinence

La qualité de pertinence de l’information s’apprécie par le rapport entre l’information et


l’usage qui en est fait.

L’information est dite pertinente lorsqu’elle permet la prise d’une décision adéquate par les
utilisateurs des états financiers et en les aidant à évaluer les événements passés, présents ou
futurs ou en leur permettant de confirmer ou de corriger des évaluations antérieures.
La pertinence de l’information englobe deux qualités :

 Valeur prédictive et
 Valeur rétrospective.

En outre, cette qualité implique aussi que l’information est divulguée en temps utile.

Valeur Prédictive

L’information financière a une valeur prédictive lorsqu’elle aide les utilisateurs à faire des
prédictions ou des confirmations portant sur les résultats et les événements économiques
futurs qui sont susceptibles d’affecter les affaires de l’entreprise.

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Valeur Rétrospective

L’information financière est rétrospective dans la mesure où elle peut être utilisée pour
comprendre ou corriger des résultats, des événements et des prédictions antérieures.

Rapidité de divulgation

Pour être pertinente, l’information doit être établie et divulguée à un moment où elle est
susceptible d’être utile à la prise de décisions par les utilisateurs. L’information perd de sa
pertinence lorsqu’elle est fournie avec retard.

3.3- La fiabilité

L’information comptable est fiable lorsqu’elle permet aux utilisateurs de s’y fier comme une
information fidèle, neutre et vérifiable et sans erreurs ou biais.

Les critères constituant les composantes du concept de fiabilité sont essentiellement la


représentation fidèle, la neutralité et la vérifiabilité.

La représentation fidèle

La représentation fidèle est la correspondance ou la concordance entre la mesure ou la


description et les phénomènes qu’elles sont censées représenter en comptabilité.

Ces phénomènes sont les ressources et les obligations économiques de l’entreprise ainsi que
les transactions et événements qui modifient ces ressources et obligations. L’information
comptable doit refléter la réalité économique de l’entreprise.

La neutralité

L’information comptable est neutre, quand elle ne fait pas l’objet de parti pris et, par
conséquent, n’aboutit pas à des données tendancieuses et des résultats prédéterminés. En effet,
elle ne doit pas être orientée vers un but prédéterminé et ne doit pas influencer l’utilisateur
pour prendre une décision orientée.

La vérifiabilité

L’information comptable est vérifiable ou objective dans la mesure où elle est le résultat de
l’application correcte d’un mode de mesure et où elle repose sur des données probantes telles
que les pièces justificatives et sur des évaluations dont les méthodes sont divulguées avec
l’information elle-même.

3.4 La COMPARABILITE

L’information doit permettre à l’utilisateur de faire des comparaisons dans le temps et dans
l’espace. Dans le temps, pour déterminer les tendances de la situation financière et des
performances de l’entreprise. Les utilisateurs doivent être également en mesure de comparer
les informations financières issues d’entreprises semblables pour évaluer de façon relative, les
situations financières, les performances et leurs évolutions.

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Contraintes à prendre en considération

Ces caractéristiques doivent être considérées en tenant compte de deux limites ou contraintes
de l’information financière l’équilibre avantages-coûts et l’importance relative.

Equilibre avantages-coûts

L’équilibre entre les avantages et les coûts est une contrainte générale. Les informations
contenues dans les états financiers doivent procurer un intérêt supérieur au coût de leur
production. L’évaluation de cette contrainte est une affaire de jugement. Elle doit être la
préoccupation des normalisateurs, en particulier, ainsi que des préparateurs et des utilisateurs
des états financiers.

Il convient, cependant de considérer que les avantages de l’information financière ne


reviennent pas nécessairement à ceux qui en ont supporté les coûts.

Importance Relative

Cette deuxième contrainte porte sur l’opportunité de fournir aux utilisateurs des états
financiers des informations n’ayant pas d’impact significatif sur les décisions économiques
qu’ils sont susceptibles de prendre.

Est considérée importante, toute information comptable dont l’omission ou l’inexactitude


risque d’influencer les décisions prises par les utilisateurs. Le concept d’importance relative
dépend généralement de la taille de l’élément ou de l’erreur, jugée dans les circonstances
particulières de l’omission ou de l’inexactitude.

Arbitrage entre les caractéristiques qualitatives

Plusieurs caractéristiques qualitatives sont interdépendantes et complémentaires et d’autres


sont visiblement antinomiques. Un équilibre entre elles, s’avère indispensable et ce, afin de
favoriser l’utilité de l’information diffusée à travers les états financiers.

Bien qu’il soit communément admis que la pertinence et la fiabilité constituent les qualités
fondamentales sur lesquelles s’appuie le processus de décision, il n’est pas aisé de déterminer,
d’une manière définitive, l’importance à accorder à chaque qualité. L’arbitrage est, en
définitive, une question de jugement professionnel en considérant l’objectif fondamental
recherché à travers les états financiers à savoir la satisfaction des besoins des utilisateurs en
matière de prise de décision économique

III. ELEMENTS DES ETATS FINANCIERS

Les éléments des états financiers sont directement liés à la détermination de la structure, la
performance et la conduite financière de l’entreprise. Leur définition, leur regroupement en
catégories, et leur prise en compte ou constatation, sont des éléments importants du cadre
conceptuel.

1. Les actifs

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Un actif est une ressource contrôlée par l’entité du fait d’événement passés et qui engendrerai
des avantages économiques futurs au bénéfice de l’entreprise ayant un potentiel de générer
directement ou indirectement des flux positifs de liquidité ou d’équivalent de liquidité ou de
réduire la sortie de fonds.

Un actif peut être :

- Un élément utilisé pour la production de biens ou de services, tels que les immobilisations
et les stocks de matières ;
- Un échange avec autre élément d’actif ;
- le règlement d’un passif telles que les liquidités; ou

La forme physique n’est pas nécessaire pour définir un élément comme étant un actif, c’est le
cas des brevets et des éléments d’actifs.

Le droit de propriété n’est pas nécessaire pour qualifier un élément comme un élément d’actif.

2. Les passifs

Un passif est une obligation actuelle de l’entreprise résultant d’événements passés et dont
l’exstinction devrait se traduire pour l’entité par une sortie de ressources représentatives
d’avantages économiques. Un passif est donc :

Un obligation actuelle

Un passif résulte de transactions ou d’autres événements passés telles que l’acquisition d’un
bien ou l’utilisation d’un service ;

L’extinction d’un passif implique l’abandon de ressources représentatives d’avantages


économiques comme :

 Un paiement de trésorerie ;

 Un transfert d’autres actifs ;

 Une fourniture de services

 La substitution de cette obligation par une autre obligation,

 Une conversion de l’obligation en capitaux propres.

 Les provisions (pour risques et charges) sont des passifs dont le montant ou l’échéance
est incertain(e).

3. Les capitaux propres

Les capitaux propres représentent l’intérêt résiduel dans les actifs de l’entité, après déduction
de tous ses passifs. Les capitaux propres sont le solde résultant de la cession de l’actif après
paiement du passif.
Ils comportent les diverses catégories de capital, les surplus d’apport, les réserves et
équivalents et les résultats non répartis.

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4. Les produits

Les produits sont des accroissements d’avantages économiques apparus au cours de la période
comptable, sous forme d’entrées ou d’augmentation d’actifs ou de diminutions de passifs et
qui ont pour résultat l’augmentation des capitaux propres autre que les augmentation par
nouveaux apports en capital.

Cette définition inclut à la fois les revenus, qui proviennent de l’activité ordinaire de
l’entreprise (ventes, honoraires, commissions, …) et les gains (profits sur cession
d’immobilisation, …).

Le système comptable tunisien distingue entre les revenus et les gains. Les revenus
correspondent aux produits des activités ordinaires alors que les gains représentent les profits
résultant de transactions périphériques et incidentes.

5. Les charges

Les charges sont les diminutions d’avantages économiques au cours de la période comptable
sous forme sorites ou de diminutions d’actifs ou d’augmentation des passifs et qui ont pour
résultat la baisse des capitaux propres autrement que par des distributions aux participants au
capital. La définition des charges comprend les pertes aussi bien les charges qui résultent des
activités ordinaires de l’entreprise.

Toute diminution des capitaux propres autre qu’une réduction de capital ou une distribution
de dividendes constitue donc une charge.

Les charges résultant de l’activité ordinaire et l’activité courante comprennent à titre


d’exemple les achats consommés, frais de personnel, dotations aux amortissements, …). Les
pertes résultant de catastrophes naturelles, de la cession d’un actif non courant, …).

Les pertes comptabilisées sont généralement présentées distinctement car leur connaissance
est utile pour prendre des décisions économiques. Elles sont souvent présentées nettes des
produits qui y sont liés.

IV. CONDITIONS DE COMPTABILISATION DES ELEMENTS DES ETATS


FINANCIERS

Un élément qui satisfait à la définition d’un élément des états financiers doit être
comptabilisés si :

 Il est probable que tout avantage économique futur qui lui lié ira à l’entité ou en
proviendra ; et

 Cet élément a un coût ou une valeur qui peut être réévalué de façon fiable.

Le concept de probabilité est utilisé dans les critères de comptabilisations par référence au
degré d’incertitude que les avantages économiques futurs associés à l’élément iront à
l’entreprise ou en proviendront.

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1. Comptabilisation des actifs

Un actif est comptabilisé au bilan lorsqu’il est probable que des avantages économiques
futurs iront à l’entreprise et que son coût ou sa valeur peut être mesuré de manière fiable.

2. Comptabilisation des passifs

Un passif est comptabilisé au bilan lorsqu’il est probable qu’une sortie de ressources
représentatives d’avantages économiques résultera de l’extinction d’une obligation actuelle et
que le montant de cette extinction peut être mesuré de manière fiable.

3. Comptabilisation des produits

Un produit est comptabilisé à l’état de résultat lorsqu’un accroissement d’avantages


économiques futurs lié à une augmentation des actifs ou à une diminution des passifs s’est
produit et qu’il peut être mesuré de manière fiable.

4. Comptabilisation des charges

Une charge est comptabilisée à l’état de résultat lorsqu’une diminution d’avantages


économiques futurs, liée à la diminution de l’actif ou à l’augmentation de passif, s’est
produite et qu’elle peut être mesurée de façon fiable.

A partir du moment où un produit est comptabilisé, toutes les charges nécessaires à


l’obtention de ce produit doivent l’être aussi. C’est le principe de rattachement des charges
aux produits.

Lorsque des avantages économiques sont attendus sur plusieurs périodes comptables et que
leur association des charges aux produits ne peut être déterminé que de façon vague ou
indirecte, les charges sont comptabilisées à l’état de résultat sur la base de procédures
systématiques et rationnelles.

V- LES PRINCIPES COMPTABLES

Le cadre conceptuel distingue entre deux catégories de principes comptables :


Les hypothèses sous-jacentes ; et
Les conventions comptables.

5.1. Hypothèses sous-jacentes

La continuité de l’exploitation

La continuité de l’exploitation suppose que l’entreprise poursuit normalement ses activités


dans un avenir prévisible et qu’elle n’a ni l’intention, ni l’obligation de mettre fin à ses
activités ou de réduire sensiblement leur étendue. Elle établit que l’entreprise est en mesure de
réaliser les opérations envisagées et d’honorer ses engagements dans un avenir prévisible.
Dans le cas contraire les états financiers doivent être préparés sur une base différente, c'est-à-
dire dans un esprit de cessation des activités.

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Les critères suivants permettent d’estimer si la continuité de l’exploitation est assurée:


 Le plan de renouvellement des immobilisations ;
 Le plan d’investissements triennal ou quinquennal ;
 La recherche et le développement de nouveaux produits ;
 Le développement de la stratégie commerciale ;
 Les facteurs pouvant indiquer une baisse durable de la valeur des placements ;
 La facilité à obtenir du financement ou à recruter du personnel qualifié,…

La comptabilité d’engagements

Les effets des transactions et autres événements sont pris en compte dès que ces transactions
ou événements se produisent et non pas au moment des encaissements ou paiements.
L’information financière, à l’exception de l’information contenue dans l’état des flux de
trésorerie, ainsi établie, renseigne les utilisateurs, non seulement sur les transactions passées
ayant entraîné des flux de liquidité, mais également sur des obligations et autres événements
entraînant des encaissements et des paiements futurs.

5.2. Conventions comptables (Tunisie)

Les conventions comptables sont des règles concrètes qui guident la pratique comptable.
Elles sont développées par les pratiques en conformité avec les objectifs et les
caractéristiques qualitatives.

Convention de l’entité

L’entreprise est considérée comme étant une entité comptable autonome et distincte de ses
propriétaires. La comptabilité financière suppose une nette séparation entre le patrimoine de
l’entreprise et celui de ses propriétaires ou actionnaires. Ce sont les transactions de
l’entreprise et non celles des propriétaires qui sont prises en compte dans les états financiers
de l’entité. Une entité comptable ne représente pas uniquement une entreprise jouissant de
par la loi d’un statut légal. Elle s’étend à tout ensemble s’acquittant d’une activité
économique et qui contrôle et utilise des ressources économiques.

Convention de l’unité monétaire

La nécessité d’une unité de mesure unique pour enregistrer les transactions d’une entreprise
a été à l’origine du choix de la monnaie comme unité de mesure (le Dinar) de l’information
véhiculée par les états financiers.
Seules les transactions et événements susceptibles d’être quantifiés monétaire ment sont
comptabilisés. Certaines autres informations non quantifiables monétaire ment et exprimées
dans d’autres unités de mesure peuvent être divulguées principalement dans des notes aux
états financiers.

Convention de la périodicité

L’information financière doit refléter l’évolution périodique des performances de l’entreprise


pour servir de base à la prise des décisions économiques. Elle doit être en conséquence,

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produite et fournie à des intervalles périodiques et réguliers, la période étant désignée


“exercice comptable”.

Pour des considérations pratiques, il est admis que l’exercice comptable couvre une période
de douze mois. Généralement celui-ci coïncide avec l’année civile. Dans certains cas,
l’exercice comptable s’étend jusqu’au moment où l’exploitation atteint son niveau le plus bas.

Convention du coût Historique

Selon cette convention, le coût historique (ou valeur d’origine) sert de base adéquate pour la
comptabilisation des postes d’actif et de passif de l’entreprise.

Les biens et services acquis par l’entité sont en règle générale comptabilisés à leur coût de
transaction soit le montant effectivement payé ou dû. Quand des transactions sont effectuées
sans paiement (dons ou échange standard,...), leur coût est défini comme étant la somme
d’argent qu’il aurait fallu dépenser si la transaction avait été conclue autrement. Par
ailleurs, quand il s’agit d’un poste de passif, la valeur d’origine s’applique de la même façon
que dans le cas d’un actif.

Le choix du coût historique se justifie par le fait que la valeur d’origine constitue une
information vérifiable reposant sur une évidence et est, par conséquent, objective.

Convention de Réalisation du Revenu

Cette convention sert de base pour l’identification, la reconnaissance et la mesure de revenu


en comptabilité.

Le revenu résulte de la création de biens et de services par une entreprise durant une période
spécifique de temps.

Il ne peut être comptabilisé qu’au moment où il est réalisé. La réalisation est soumise au test
du fait générateur, en d’autres termes, sa prise en compte n’est effectuée que dans l’un des
cas suivants :
a. une réalisation du revenu au moment de la vente,
b. une réalisation du revenu lors de l’exécution du contrat,
c. une réalisation du revenu à la fin du processus de fabrication, ou
d. une réalisation du revenu lors du recouvrement des ventes

La mesure du revenu, correspond au montant, exprimé en espèces, du déboursé reçu en


échange du bien cédé, des actions émises, des services rendus ou des engagements contractés.
Quand il s’agit de ventes non réglées en espèces, le revenu est égal à la juste valeur
marchande de l’objet de transaction qui peut être les biens et services vendus ou les biens et
services reçus en contrepartie, selon ceux qui sont les plus faciles à déterminer.

Convention de rattachement des charges aux produits

Cette convention consiste à établir une correspondance, directe ou indirecte, entre les
produits et les charges de l’entreprise. Lorsque des revenus sont comptabilisés au cours d’un
exercice, toutes les charges ayant concouru à la réalisation de ces revenus doivent être
déterminées et rattachées à ce même exercice. Cette convention est le corollaire de
l’autonomie des exercices.

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Convention de l’objectivité

Les transactions et événements pris en compte en comptabilité et divulgués dans les états
financiers doivent être justifiées par des preuves. Quand des documents probants concernant
ces transactions n’existent pas, ou ne peuvent pas exister, les bases d’estimations retenues
doivent être fournies pour permettre la vérification et l’appréciation des méthodes
préconisées. Dans ce cas, il convient de produire les éléments facilitant la conviction et par
conséquent l’évaluation objective des faits.

Convention de la Permanence des Méthodes

La convention de la permanence des méthodes exige que les mêmes méthodes de prise en
compte, de mesure et de présentation soient utilisées par l’entreprise d’une période à l’autre.
L’application de cette convention permet la comparaison dans le temps de l’information
comptable et favorise les prédictions financières. La permanence de méthodes ne justifie pas,
cependant, une rigidité nuisible à l’image fidèle que doivent refléter les états financiers. Tout
changement significatif devra faire l’objet d’une information appropriée.

Convention de l’information Complète

Cette convention établit que les états financiers doivent fournir toutes les informations
nécessaires pour ne pas induire en erreur les lecteurs. Elle exige, pour éviter toute ambiguïté
dans l’interprétation de l’information financière, que les états financiers comportent des
notes et des tableaux explicatifs révélant toute information pertinente et attirant l’attention
sur les événements ou les traitements de l’information qui ont un impact significatif sur
l’évolution des résultats futurs et la situation de l’entreprise.

Convention de Prudence

Des incertitudes entourent inévitablement un grand nombre d’événements et de circonstances.


Ces incertitudes sont prises en considération par l’exercice de la prudence dans la
préparation des états financiers. La prudence est la prise en compte d’un certain degré de
précaution dans l’exercice des jugements nécessaires pour préparer les estimations dans des
conditions d’incertitudes, pour faire en sorte que les actifs ou les revenus ne soient pas
surévalués et que les passifs ou les charges ne soient pas sous-évalués. Cependant
l’application de cette convention ne doit pas engendrer la création de réserves occultes ou de
provisions excessives, la sous évaluation délibérée des actifs ou des revenus ou la
surévaluation délibérée des passifs ou des charges.

Convention de l’Importance Relative

Les états financiers doivent révéler tous les éléments dont l’importance peut affecter les
appréciations ou les décisions.

La production de l’information financière doit être guidée par la convention de l’importance


relative pour le classement et la présentation des éléments traités par la comptabilité
financière.

Un fait ou un élément est significatif, si en tenant compte des circonstances, sa nature ou son
montant sont tels que le fait de le mentionner dans les états financiers, ou la manière de le

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traiter dans les comptes est susceptible d’influencer le jugement ou les décisions prises sur la
base des données comptables.

Convention de la prééminence du fond sur la forme

La substance des opérations et autres événements n est pas toujours cohérente avec ce qui
ressort du montage juridique apparent.

Pour que l’information représente d’une manière fiable les transactions et autres événements
qu’elle vise à représenter, il est nécessaire qu’ils soient enregistrés et présentés en accord
avec leur substance et la réalité économique et non pas seulement selon leur forme juridique.

V- EVALUATION DES ELEMENTS DES ETATS FINANCIERS

L’évaluation est le processus consistant à déterminer les montants monétaires auxquels les
éléments des états financiers vont être comptabilisés et inscrits au bilan et au compte de
résultat.

Ceci implique le choix de la convention appropriée d’évaluation, dont on peut distingué


quatre :

 le coût historique,

 le coût actuel,

 la valeur de réalisation,

 la valeur actualisée.

Coût historique

Les actifs sont comptabilisés pour le montant de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie


payé ou pour la juste valeur de la contrepartie donnée pour les acquérir au moment de leur
acquisition.

Les passifs sont comptabilisés pour le montant des produits reçus en échange de l’obligation,
ou dans certaines circonstances (par exemple, les impôts sur le résultat), pour le montant de
trésorerie ou d’équivalents de trésorerie que l’on s’attend à verser pour éteindre le passif dans
le cours normal de l’activité.

Coût actuel

Les actifs sont comptabilisés pour le montant de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie


qu’il faudrait payer si le même actif ou un actif équivalent était acquis actuellement.

Les passifs sont comptabilisés pour le montant non actualisé de trésorerie ou d’équivalent de
trésorerie qui serait nécessaire pour régler l’obligation actuellement.

Valeur de réalisation

Les actifs sont comptabilisés pour le montant de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie qui
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pourrait être obtenu actuellement en vendant l’actif lors d’une sortie volontaire.

Les passifs sont comptabilisés pour leur valeur de règlement, c’est-à-dire pour les montants
non actualisés de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie que l’on s’attendrait à payer pour
éteindre des passifs dans le cours normal de l’activité.

La valeur de réalisation est donc la valeur de à la date de cession.

Valeur actualisée

La valeur actualisée est à la valeur actualisée des entrées et sorties de trésoreries futures.

Les actifs sont comptabilisés pour la valeur actualisée des entrées nettes futures de trésorerie
que l’élément génère dans le cours normal de l’activité.

Les passifs sont comptabilisés à la valeur actualisée des sorties de trésoreries nettes futures
que l’on s’attend à devoir consentir pour éteindre les passifs dans le cours normal de
l’activité.

Les IFRS imposent fréquemment l’évaluation des éléments des états financiers à la juste
valeur, celle-ci étant souvent déterminée, en l’absence de valeur de marché, par actualisation
des cash-flows futurs.

VI. Concept du capital

On peut distinguer entre deux concepts de capital, le concept financier du capital et le concept
physique du capital :

 Le concept financier de capital, tel que celui de l’argent investi ou du pouvoir


d’achat investi selon lequel le capital est synonyme d’actif net ou de capitaux propres
de l’entité. Le concept financier de capital doit être adopté, si les utilisateurs des états
financiers sont d’abord concernés par le maintien du capital nominal investi ou par le
pouvoir d’achat du capital investi.

 Le concept physique de capital tel que la capacité opérationnelle, selon lequel le


capital est considéré comme la capacité productive de l’entité, fondée, par exemple,
sur les unités produites par jour. Le concept physique de capital doit être adopté si le
principal souci des utilisateurs est la capacité opérationnelle de l’entité

Le concept financier de capital demeure le concept le plus adopté par la plupart des entités
pour préparer leurs états financiers.

Concept de maintien du capital et détermination du résultat

Concept de maintien du capital fournit le lien entre les concepts de capital et les concepts de
résultat. Seules les entrées d’actif qui dépassent les montants nécessaires pour maintenir le
capital peuvent être considérées comme du bénéfice et par conséquent comme une rentabilité
sur le capital. Ainsi le Bénéfice est le montant résiduel qui reste après que les charges (y
compris les ajustements de maintien du capital si nécessaire) ont été déduites des produits .si
les charges dépassent les produits, le montant résiduel est une perte nette.

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Une entité a maintenu son capital si elle a autant de capital à la clôture de la période qu’elle en
avait à l’ouverture de la période. Tout montant excédentaire par rapport à celui requis pour
maintenir le capital à l’ouverture de la période est un bénéfice.

Le maintien du capital
Selon le concept de maintien du capital financier, un bénéfice est obtenu uniquement lorsque
le montant financier (ou en argent) de l’actif net à la clôture de la période dépasse le montant
financier (ou en argent) de l’actif net à l’ouverture de la période, après exclusion de toute
distribution aux propriétaires et de toute contribution de la part de ces propriétaires au cours
de période.
Le maintien du capital financier peut être évalué soit en unités monétaires nominales, soit en
unités de pouvoir d’achat constant.

le concept de maintien du capital financier, n’impose pas l’utilisation d’une convention


d’évaluation particulière. Le choix de la convention pour l’application de ce concept dépend
du type de capital financier que l’entité cherche à maintenir.

les flux d’actif qui dépassent les montants nécessaires pour maintenir le capital sont
considérés comme du profit, d’où le lien entre le maintien du capital et l’évaluation des
éléments dans les états financiers.

Lorsque le capital est défini en termes d’unités monétaires nominales, le bénéfice représente
l’accroissement du capital nominal en argent au cours de la période. Ainsi, les accroissements
des prix en actifs détenus au cours de la période, que l’on appelle par convention les profits
de détention sont conceptuellement, des bénéfices. Ils peuvent ne pas être comptabilisés
comme tels, cependant, jusqu’à ce que les actifs soient sortis au cours d’une transaction
d’échange.

Lorsque le concept de maintien du capital financier est défini en termes d’unités de pouvoir
d’achat constant, le bénéfice représente l’accroissement de pouvoir d’achat investi au cours de
la période. Ainsi seule la part d’accroissement des prix des actifs qui excède l’accroissement
du niveau général des prix est considéré comme un bénéfice. Le reste de l’accroissement est
traité comme un ajustement du maintien de capital, et en conséquence, fait partie des capitaux
propres.
Selon ce concept de maintien du capital physique, un bénéfice n’est obtenu que si la
capacité de production physique (ou la capacité productive) de l’entité (ou les ressources ou
fonds nécessaires pour atteindre cette capacité) à la clôture de la période, dépasse la capacité
productive physique à l’ouverture de la période après exclusion de toute distribution aux
propriétaires et de toute contribution de leur part au cours de la période.

Le concept de maintien du capital physique impose l’adoption du coût actuel comme


convention d’évaluation .Les changements dans la valeur des actifs sont considérés comme
des ajustements au maintien du capital et ne font pas partie du bénéfice.
Selon le concept de maintien du capital physique, lorsque le capital est défini en termes de
capacité productive physique, le bénéfice représente l’accroissement de ce capital au cours de
la période.
Tous les changements de prix affectant les actifs et les passifs de l’entité sont considérés
comme des changements de l’évaluation de la capacité productive physique de l’entité.
En conséquence ils sont traités comme des ajustements de maintien de capital qui font partie
des capitaux propres, et non pas comme des bénéfices.

Mohamed HACHICHA / Notes de cours – Normes et difficultés comptables 14

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