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GEA1 – M2203 FABIENNE TAILHARDAT – COMPTABILITE FINANCIERE

LES  TRAVAUX  COMPTABLES  DE  FIN  D’EXERCICE  

1 - LES TRAVAUX D’INVENTAIRE - GENERALITES

11 - NECESSITE DE L’INVENTAIRE
12 - RECENSEMENT DES DIFFERENTES OPERATIONS D’INVENTAIRE

2 - LES AMORTISSEMENTS ET DEPRECIATIONS DES IMMOBILISATIONS

21 - DEFINITION
22 - LES IMMOBILISATIONS AMORTISSABLES (Actualisation IFRS et
principe des composants
23 - TERMINOLOGIE
24 - L’AMORTISSEMENT LINEAIRE OU CONSTANT
25 - L’AMORTISSEMENT DEGRESSIF FISCAL
26 - TRAITEMENT COMPTABLE
27 - CAS PARTICULIERS
271 – L’AMORTISSEMENT DES IMMOBILISATIONS INCORPORELLES
272 – L’AMORTISSEMENT PAR COMPOSANTS
273 – LA DEPRECIATION DES IMMOBILISATIONS
28 - LES AMORTISSEMENTS ET LES COMPTES ANNUELS

3 - LES DEPRECIATIONS DES AUTRES ELEMENTS D’ ACTIF

31 - DEFINITION
32 - ELEMENTS D’ACTIF CONCERNES
33 - PRINCIPES DE COMPTABILISATION
34 - LES DEPRECIATIONS DE STOCKS
35 - LES DEPRECIATIONS DES CREANCES
36 - LES DEPRECIATIONS DE TITRES

4 - LES PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES

5 - AMORTISSEMENTS, PROVISIONS : SIGNIFICATION FINANCIERE

6 - LES CESSIONS D’IMMOBILISATIONS CORPORELLES ET INCORPORELLES

61 - CESSIONS D’IMMOBILISATIONS AMORTISSABLES


62 - CESSIONS D’IMMOBILISATIONS NON AMORTISSABLES
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LES  TRAVAUX  COMPTABLES  DE  FIN  D’EXERCICE  


(SUITE)

7 - LA REGULARISATION DES CHARGES ET DES PRODUITS

71 - CHARGES ET PRODUITS CONSTATES D’AVANCE


72 - CHARGES A PAYER ET PRODUITS A RECEVOIR
73 - DISTINCTION ENTRE CHARGES A PAYER ET PROVISION POUR
RISQUES ET CHARGES

8 - AUTRE OPERATION D’INVENTAIRE

81 - VIREMENT DES COMPTES SOUSTRACTIFS

9 - CLOTURE DES COMPTES - DOCUMENTS DE SYNTHESE

91 - BALANCE APRES INVENTAIRE


92 - NOTION DE CALCUL D’IMPOT SUR LES SOCIETES ET COMPTABILISATION
93 - PRESENTATION DES COMPTES ANNUELS

 Trois systèmes de présentation


 Délais
 L’annexe
 Clôture et réouverture des comptes
 Affectation du résultat

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1 - LES TRAVAUX D’INVENTAIRE - GENERALITES

11 - NECESSITE DE L’INVENTAIRE

Les travaux d’inventaire permettent à une entreprise d’arrêter les comptes annuels de
façon à donner une image fidèle du patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’exercice comptable
qui s’achève. Les divers travaux d’inventaire à effectuer, correspondent à une obligation légale, mais aussi à
une nécessité pratique.
En effet, la comptabilité quotidienne d’une entreprise ne tient pas compte de certaines réalités :
⎯ les stocks ne sont pas mis à jour,
⎯ les dépréciations des éléments d’actif ne sont pas constatées,
⎯ le compte « banque » n’est pas toujours égal à l’avoir réel,
⎯ des charges ou des produits concernant l’exercice ou le suivant peuvent ne pas être
comptabilisés,
⎯ etc...
Or, le souci de produire des documents de synthèse donnant une image fidèle des comptes de
l’entreprise, doit conduire le gestionnaire à pratiquer un inventaire des biens et des dettes de l’exploitation pour
compléter et redresser les écritures comptables déjà enregistrées.
Cet inventaire est à la fois comptable et extra-comptable, puisqu’il consiste à vérifier les
différents éléments du passif et de l’actif, en s’appuyant sur des renseignements extraits de la comptabilité.
C’est une obligation légale, car le décret du 29 novembre 1983, article 6, stipule : « l’inventaire
est un relevé de tous les éléments d’actif et de passif au regard desquels sont mentionnés la quantité et la
valeur de chacun d’eux à la date d’inventaire ».
Le Code de Commerce, article 8, indique : « Toute personne physique ou morale ayant la
qualité de commerçant doit contrôler, par inventaire au moins une fois tous les douze mois, l’existence et la
valeur des éléments actifs et passifs du patrimoine de l’entreprise. »
Le livre d’inventaire est l’un des trois livres comptables obligatoires (avec le livre-journal et le
grand-livre). Il contient la liste des éléments du patrimoine classés selon leur nature et en précisant leur mode
d’évaluation, et la transcription des comptes annuels (bilan, compte de résultat et annexe), sauf quand ces
derniers doivent être publiés en annexe au registre du commerce et des sociétés (décret du 22 avril 1988).

RAPPEL DU CONCEPT D’INDEPENDANCE DES EXERCICES COMPTABLES

Pour obtenir un résultat exact, l’entreprise doit prendre en considération seulement les charges
et les produits de l’exercice. Le rattachement de la charge ou du produit à l’exercice dépendra de la date de
réalisation des opérations et de la période couverte (ou période d’utilité) couvertes par celles-ci.

EXEMPLES :
er
- Une prime d’assurance annuelle payée le 1 juillet N a une période de couverture (ou d’utilité ) du
1er juillet N au 30 juin N+1, la moitié de son montant n’est donc pas imputable aux charges de l’exercice N, et
devra être régularisée. C’est une charge constatée d’avance.
- La facture d’électricité est reçue (et enregistrée) le 31/01/N+1, pour les consommations du 1/11/N au 31/01/N,
une partie est donc à rattacher aux charges de l’exercice N. On estimera les consommations de novembre et
décembre N pour les comptabiliser en charges de l’exercice N. C’est une charge à payer.

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ENCHAINEMENT DES TRAVAUX COMPTABLES AU COURS D’UN EXERCICE

INVENTAIRE DES ELEMENTS DU PATRIMOINE


ECRITURES D’AJUSTEMENT DES COMPTES



Ecritures TRAVAUX
ECRITURES DE REGROUPEMENT D’INVENTAIRE D’inventaire D’INVENTAIRE
EN VUE DE LA DETERMINATION DU RESULTAT

ETABLISSEMENT DES DOCUMENTS DE SYNTHESE


(COMPTE DE RESULTAT, BILAN, ANNEXE)

12 - RECENSEMENT DES DIFFERENTES OPERATIONS D’INVENTAIRE


 Recensement des immobilisations corporelles :
- contrôle physique des biens possédés ;
- tenue d’un état des immobilisations indiquant les entrées et les sorties du
patrimoine durant l’exercice ;
- calcul, contrôle et comptabilisation des dépréciations ;
- régularisations diverses (cessions ...)

 Recensement des immobilisations financières et des V.M.P.


- contrôle des titres détenus
- enregistrement des dépréciations
- régularisations des entrées et sorties effectuées.

 Les stocks
- comptage des existants en stocks et valorisation
- évaluation des stocks créés (au coût de production)
- état détaillé et estimatif des produits

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⎯ La trésorerie
La trésorerie existante doit faire l’objet de rapprochements fréquents avec la
comptabilité. Le dernier état de rapprochement permet de déterminer les soldes des comptes bancaires et de
chèques postaux tels qu’ils apparaîtront au bilan.

 Les créances
A l’inventaire, les valeurs portées en compte doivent correspondre aux valeurs
actuelles de ces créances, ce qui conduit à distinguer trois catégories de clients :
- les clients dont la situation n’exige aucun enregistrement comptable particulier
: ce sont les clients solvables.
- les clients dont la situation exige une régularisation comptable :
 les clients douteux ou litigieux pour lesquels l’entreprise doit prévoir une perte probable d’une partie de
la créance,
 les clients insolvables pour lesquels l’entreprise doit considérer que le montant de la créance est
définitivement irrécouvrable.

2 - LES AMORTISSEMENTS ET DEPRECIATIONS DES IMMOBILISATIONS

21 - DEFINITION
Les immobilisations qui ont une durée d’utilisation limitée, pour des raisons
physiques, techniques ou juridiques, sont des immobilisations amortissables.

L’amortissement consiste à répartir la valeur d’un actif selon le rythme de consommation des avantages
économiques attendus en fonction de son utilisation probable (PCG art.322-1).

L’amortissement a une justification juridique : il permet le respect de la règle de


prudence et d’image fidèle, imposée par le Plan comptable.
Il a aussi une justification économique : il permet l’étalement dans le temps de
la consommation (en valeur) des immobilisations, dans le respect du principe de continuité de l’exploitation.
Il a enfin un rôle financier car il permet aux entreprises de se constituer des
« réserves » de liquidités leur permettant de renouveler leurs immobilisations. En effet, les charges
d’amortissement, contrairement aux autres charges d’exploitation, n’entraînent aucun flux de trésorerie.

22 - LES IMMOBILISATIONS AMORTISSABLES


Ce sont essentiellement :
 les constructions,
 les installations techniques, matériels et outillages industriels,
 les autres immobilisations corporelles : mobiliers, matériels de bureau, de
transport etc...
 les brevets (sur 20 ans ou sur leur durée d’utilisation si elle est plus brève)
 les frais d’établissement et les frais de recherche et de développement.
En revanche, ne sont pas amortissables : les terrains (sauf les mines), les fonds commerciaux,
les marques, le droit au bail et les immobilisations financières.

Une immobilisation corporelle peut être constituée de composants identifiables dont la durée d’utilisation et la
périodicité de remplacements diffèrent de celle de la structure principale. Chacun des composants fait l’objet
d’amortissements distincts.

On parle de dépréciation lorsque la valeur actuelle d’une immobilisation amortissable ou non, devient
inférieure à sa valeur nette comptable.

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23 - TERMINOLOGIE

Le plan d’amortissement : c’est un tableau prévisionnel de la répartition de la valeur amortissable d’un actif
selon le rythme de consommation des avantages économiques attendus en fonction de son utilisation probable.
Il donne pour chaque année la base du calcul de l’amortissement, le montant de l’annuité d’amortissement et la
valeur comptable nette du bien. Toutefois, ce plan n’est pas figé et, en cas de modification significative dans
l’utilisation prévue du bien, des ajustements du plan initial sont à opérer.

La base amortissable : elle correspond à la valeur brute (coût d’acquisition hors taxe déductible de
l’immobilisation ou coût de production pour les biens crées par l’entreprise pour elle-même) sous déduction de
sa valeur résiduelle.

La valeur résiduelle : c’est le montant net des coûts de sortie attendus, que l’entreprise obtiendrait de la
cession de l’actif sur le marché à la fin de son utilisation. Elle doit être déterminée lors de l’entrée du bien dans
l’actif et n’est prise en compte que si elle est significative et mesurable.

La durée d’amortissement : elle est fixée par référence aux caractéristiques propres de chaque entreprise en
fonction de l’utilisation qui sera faite du bien. Les PME pourront toutefois retenir des durées résultant des
usages professionnels généralement admis (avis du CNC ).

Le taux d’amortissement : il dépend de la durée d’utilisation de l’actif ; on l’obtient de la manière suivante :

100
TAUX D’AMORTISSEMENT =
Durée d’utilisation de l’immobilisation

La date de mise en service : c’est la date à partir de laquelle le bien est effectivement utilisé.

L’annuité d’amortissement : c’est la fraction des amortissements imputable chaque année et calculée par
application du taux sur la base amortissable (ou sur la valeur comptable nette).

Annuité d’amortissement : base amortissable x Taux/100

La valeur nette comptable : c’est la différence entre la valeur d’entrée d’une immobilisation dans l’actif et le
montant des amortissements pratiqués depuis l’acquisition.

Valeur nette comptable = Valeur d’entrée. - Amortissements cumulés

Ventilation par composants : Un composant est un élément d’une immobilisation qui a une utilisation
différente de l’immobilisation dans son ensemble. Dès l’origine, chaque élément est comptabilisé séparément et
un plan d’amortissement distinct est établi. C’est le cas par exemple, d’un immeuble et sa toiture, un avion et
ses moteurs ou ses sièges, un bâtiment et le terrain sur lequel il est construit.

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24 - L’AMORTISSEMENT LINEAIRE OU CONSTANT

L’amortissement linéaire (ou constant) consiste à répartir uniformément les dépréciations sur la durée
normale d’utilisation de l’immobilisation. Sur le plan fiscal, il est aussi appelé « de droit commun », car
toutes les immobilisations peuvent être amorties selon ce régime.
La base de calcul de l’amortissement est la valeur d’origine du bien.

Le taux d’amortissement est obtenu en divisant le nombre 100 par la durée de vie du bien
exprimée en années.
Exemple : pour une durée de vie de cinq ans, le taux d’amortissement linéaire est égal à 100/5, soit 20%.

Le point de départ de l’amortissement est la date de mise en service du bien, et non pas sa
date d’acquisition.

Lorsque le bien est acquis en cours d’année, la première annuité d’amortissement est calculée
1
« prorata temporis » : temps écoulé(en nombre de jours ) depuis la date de mise en service et jusqu’à la
date de clôture de l’exercice comptable :

1ère annuité d’amortissement = Valeur d’origine x taux d’amortissement x Nombre de jours/360

Du fait de la mise en service en cours d’exercice, la dernière annuité d’un bien amortissable en N
années, sera effectuée au bout de N+1 années. Cette dernière annuité est le complément de l’annuité du
premier exercice qui n’était pas entière.

VOIR EXEMPLE PAGE 8

25 - L’AMORTISSEMENT DEGRESSIF FISCAL

Cette méthode, facultative, permet de calculer des annuités décroissantes. Elle est entrée en application le
1er janvier 1960, après l’adoption d’une loi fiscale destinée à encourager les entreprises à investir en les
autorisant à enregistrer des charges d’amortissements plus importantes en début de période, ce qui a pour
effet de diminuer plus fortement le résultat imposable dans les années qui suivent les investissements
amortissables . Pour ce faire, l’administration fiscale fournit des coefficients multiplicateurs dépendant de la
durée de vie normale du bien.
Sur le plan économique, ce mode de calcul est plus proche de la dépréciation réelle des biens que
le mode linéaire.

La base de calcul est la valeur nette comptable ou valeur résiduelle.

le taux d’amortissement dégressif est calculé à partir du taux linéaire auquel on applique le
coefficient fiscal, en fonction de la durée de vie du bien.

Durée normale d’utilisation Coefficient Coefficient


31/12/00 01/01/01
3 ou 4 ans 1.5 1.25
5 ou 6 ans 2 1.75
Supérieure à 6 ans 2.5 2.25

EXEMPLE : pour une durée de vie de 10 ans, le taux linéaire est de 10%.
Le taux dégressif est égal à 10% x 2.5 = 25% si le bien a été acquis avant le 31/12/00, 22.5% ensuite.

L’administration fiscale peut majorer temporairement ces coefficients sur certains types de biens, ou même
généraliser la majoration pour encourager fortement l’investissement.

1
Par convention, on prend des mois de 30 jours et une année de 360 jours.
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L’AMORTISSEMENT LINEAIRE OU CONSTANT DES IMMOBILISATIONS CORPORELLES

1. Les principes
L'amortissement constant ou linéaire est le type d'amortissement le plus simple à calculer. Il
 consiste à appliquer
à la base amortissable un taux fonction de la durée d'utilisation.
Taux d'amortissement : il dépend de la durée d'amortissement. L'amortissement total sera de
100 % du coût
d'achat du matériel. Si ce matériel est prévu pour être utilisé 5 ans, le taux
 d'amortissement sera : 100 % / 5 = 20
%.
Pour une durée d'utilisation de 8 ans, le taux d'amortissement sera : 100 % / 8 = 12,5 %.
Point de départ de l'amortissement constant : c'est le jour de la mise en service du matériel qui
 n'est pas
toujours celui de la facture.
Prorata temporis : l'amortissement prenant effet à la date de mise en service, celui de l'année
 d'acquisition sera
pratiqué du jour de la mise en service jusqu'au dernier jour de l'année comptable (en règle générale, le 31
décembre).
Valeur nette comptable : il s'agit de la différence entre le coût d'achat et la totalité des amortissements déjà
pratiqués.

2. Le plan d'amortissement
Le plan d'amortissement est un tableau prévisionnel des avantages économiques attendus de l’utilisation du bien
er
année par année de l'immobilisation. Un véhicule Renault Express a été acquis le 1 juin N et mis en service le 2
juin N. 
Ce véhicule est prévu pour être utilisé 5 ans.

PLAN D’AMORTISSEMENT
Nature du bien : Renault Express DX972AG N° de compte : 2182
Coût d’achat : 9 545,00 € Durée d’utilisation prévue : 5 ans
er 1
Date de facture : 1 juin N Système : Linéaire
Date de mise en service : 2 juin N Taux pratiqué : 100/5 = 20%
Fournisseur : Renault Clermont
date Base Taux Prorata
amortissable
31/12/N 9545,00 20%*209/3602 1108,00 1108,003 84374
31/12/N+1 9545,00 20% 1909,00 3017,005 6528,00
31/12/N+2 9545,00 20% 1909,00 4926,00 4619,00
31/12/N+3 9545,00 20% 1909,00 6835,00 2710,00
31/12/N+4 9545,00 20% 1909,00 8744,00 801
6
31/12/N+5 9545,00 20%*151/360 801,00 9545,00 0,007
9545,008

1
Les amortissements se calculent une fois par an, le dernier jour de l’exercice comptable
2
Du jour de la mise en service au dernier jour de l’exercice comptable : 209 jours sur 360
3
Base amortissable x taux x prorata temporis : 9545 x 20% x 209/360 = 1108 (montant arrondi à l’euro le
plus proche)
4
Base – cumul des amortissements
5
Amortissements cumulés = ceux de l’année en cours + ceux des années précédentes
6
Il reste 151 jours à amortir car le premier amortissement a porté sur seulement 209 jours
7
La valeur nette comptable est égale à zéro
8
Le total des amortissements est égal à la base amortissable

8
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La première annuité est calculée « prorata temporis », à partir du premier jour du mois d’acquisition.
L’amortissement dégressif se calcule toujours en décomptant des mois entiers.

Les annuités suivantes se calculent sur la valeur nette comptable en début d’exercice.

A la fin de la durée de vie du bien la valeur nette comptable doit être égale à zéro. Or, le produit d’une
valeur résiduelle par un taux constant tend vers zéro. Aussi, il faut revenir à l’amortissement linéaire dès
lors que le taux linéaire, calculé sur la durée restant à amortir, devient supérieur au taux dégressif, si l’on
veut terminer l’amortissement dans le délai imparti. C’est la solution généralement choisie par les
entreprises, mais il est aussi tout à fait possible de constater, lors du dernier exercice, une annuité égale à
la valeur résiduelle.

VOIR EXEMPLE PAGE 10

Le système dégressif est réservé aux biens achetés neufs, dont la durée normale d’utilisation est
d’au moins 3 ans. Seuls les biens d’équipements peuvent prétendre se voir appliquer ce système :
- matériels et outillages utilisés pour la fabrication, la transformation ou le transport, la manutention,
- installations de magasinage ou de stockage,
- machines de bureau et matériel informatique,
- constructions industrielles dont la durée de vie n’excède pas 15 ans,
- véhicules sauf voitures de tourisme et camionnettes de moins de 2 tonnes de charge
utile.

26 - TRAITEMENT COMPTABLE

L’amortissement des immobilisations est une obligation légale justifiée par le principe de prudence : en
effet, l’absence d’amortissement conduirait les entreprises à surévaluer leur actif et leur résultat.
L’amortissement minimal obligatoire correspond au mode linéaire.

L’annuité d’amortissement représente une charge calculée, qui représente la « consommation » d’une
partie de l’immobilisation dans l’activité de l’exercice.
1
Cela se traduit par la constatation d’une charge : débit du compte 6811 - dotations aux amortissements
des immobilisations incorporelles et corporelles, et une diminution de la valeur de l’actif immobilisé : crédit
d’un compte 28 - Amortissements... Le 8 en deuxième position du compte d’actif concerné est
caractéristique des comptes d’amortissements.

Remarque : on utilise le procédé de l’amortissement indirect (comptes 28) et non le procédé de


l’amortissement direct qui consisterait à créditer directement le compte d’actif sujet à dépréciation.

Au bilan, les informations relatives aux immobilisations sont réparties dans les trois colonnes de l’actif.
La première enregistre la valeur d’origine des immobilisations, appelée valeur brute (compte
2..immobilisations).
La deuxième indique le montant des amortissements cumulés (compte 28.. amortissements).
La troisième mentionne la valeur nette comptable, par différence entre les deux premières colonnes.

Cette présentation permet une meilleure lisibilité du bilan et une meilleure information des tiers.

Remarque : un bien, même entièrement amorti, doit continuer à figurer au bilan s’il est toujours
utilisé par l’entreprise. En revanche, s’il cesse de servir l’activité de l’entreprise, il devra être mis au rebut et
sorti de l’actif en soldant les comptes d’immobilisation et d’amortissement le concernant.

1
On peut exceptionnellement constater une dépréciation à caractère inhabituel, en utilisant un compte 687 -DAP- charges
exceptionnelles en raison d’une disposition particulière du CGI (amortissements dérogatoires).

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1. Les principes
L'amortissement constant est l'amortissement minimum légal que peuvent pratiquer les entre
prises.
L'administration permet toutefois, pour certaines catégories de biens, d'utiliser le système de l'amortissement
dégressif dans lequel les premières annuités d'amortissements sont 
plus importantes au détriment des
dernières.
II se distingue de l'amortissement constant par :

- un coefficient appliqué au taux d'amortissement pour permettre aux amortissements d'être
 plus élevés ;
- le calcul de l'amortissement sur la valeur nette comptable à l'issue de l'exercice comptable
 précédent, ce
qui permet d'obtenir un amortissement qui décroît régulièrement ;
- l'utilisation d'un prorata temporis uniquement l'année d'achat, en mois entiers, le mois
 d'achat comptant en
entier ;
- le passage à l'amortissement constant en fin de vie de l'immobilisation.

2. Le plan d'amortissement dégressif


Nous devons établir le plan d'amortissement dégressif d'un matériel BEM 5678, acquis 38 000 €,
le 18 mars
2011 et mis en service le 3 avril 2011. Ce matériel de production est prévu pour une
 utilisation de 5 ans.

PLAN D’AMORTISSEMENT
Nature du bien : Matériel BEM 5678 N° de compte : 2154
Coût d’achat : 38 000 € Durée d’utilisation prévue : 5 ans
Date de facture : 18 mars 20111 Système : Dégressif
Date de mise en service : 3 avril 2011 Taux pratiqué : 100/5 = 20% * 1,75 = 35%
Fournisseur : BEM Paris
date Base Taux Prorata
amortissable
31/12/2011 38000,00 35%*10/122 11083,00 11083,00 26917
31/12/2012 26917,003 35% 9421,00 20504,00 17496,00
31/12/2013 17496,00 35% 6124,00 26628,00 11372,00
4
31/12/2014 11372,00 50% 5686,00 32314,00 5686,00
31/12/2015 5686,00 100%5 5686,00 38000,00 0,00
38000,00

1. Point de départ : date de facture.


2. Prorata temporis : en mois entier, de la date de mise en service en mois entier à la date de fin d'exercice ; soit mars à décembre inclus : 10
mois sur 12.
3. La valeur nette comptable de l'année 2011 sert de base à l'amortissement de l'année 2012 et ainsi de suite.
4. Pour éviter que l'amortissement ne dure indéfiniment, passage à l'amortissement constant sur les deux années restantes, en prenant pour
base la valeur nette comptable à l'issue de l'année précédente.
5. Du fait du passage à l'amortissement constant sur le reste à l'issue de la troisième année, pas d'année supplémentaire avec le complément
e e
de prorata. Les amortissements des 4 et 5 années se retrouvent ainsi « gonflés » des 2/12 non pratiqués l'année d'acquisition.

Remarque : en 2014, le taux linéaire calculé sur le nombre d’années restant à amortir (2 ans, soit 50%) devient supérieur au taux
dégressif (35%), donc on revient à l’amortissement linéaire.

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27 - CAS PARTICULIERS

271 - L’amortissement des immobilisations incorporelles

Le Code de Commerce stipule que les frais de recherche et de développement, ainsi que les frais
d’établissement peuvent être inscrits dans l’actif en vue d’éviter leur déduction immédiate du résultat de
l’exercice au cours duquel ils sont engagés. Ces actifs “ fictifs ” (ou non-valeurs) sont amortis de la même
manière que les actifs réels. Toutefois, les amortissements traduisent, non pas une dépréciation, mais
l’étalement d’une charge sur une certaine durée.

Ils sont amortis selon le mode linéaire sur une durée fixée par l’entreprise, mais qui ne peut excéder 5 ans.

ACTUALISATION NORMES IFRS :


Seuls les frais de développement pourront, à l’avenir, continuer à être amortis à l’exclusion de tous
les autres frais qui seront obligatoirement comptabilisés en charges.

272 – L’amortissement par composants

Une immobilisation corporelle peut être constituée de composants identifiables dont la durée d’utilisation et
la périodicité des remplacements diffèrent le celles de la structure principale. Chacun des composants fait
l’objet d’un plan d’amortissement distinct.

La valeur d’entrée de l’ensemble est éclaté entre les valeurs respectives des composants constituant de
tout.

EXEMPLE : Un avion de ligne est utilisable pendant 20 ans. Ses moteurs sont remplacés tous les 5 ans et
l’aménagement intérieur est refait tous les 10 ans. L’avion complet coûte 5 000 000 € ; les moteurs ont une
valeur identifiable de 1 500 000 € et l’aménagement intérieur de 400 000 €.

3 plans d’amortissement sont établis :

- Les moteurs sont amortis sur la base de 1 500 000 € pour une durée de 5 ans,
- L’aménagement intérieur est amorti sur la base de 400 000 € pour une durée de 10 ans,
- La structure de l’avion est amorti sur la base de 3 100 000 € (5 000 000 – 1 500 000 - 400 000)
pour une durée de 20 ans.

273 – La dépréciation des immobilisations

A chaque clôture des comptes, l’entreprise doit apprécier s’il existe un indice de perte de valeur, tels que :
Diminution importante de la valeur de marché, changements techniques conséquents, obsolescence ou
dégradation physique, performance inférieure aux prévisions …
L’existence d’indices de perte de valeur impose à l’entreprise de déterminer la valeur actuelle de l’actif
concerné.
La dépréciation d’une immobilisation est la constatation que sa valeur actuelle est devenue inférieure à
sa valeur nette comptable.
La dépréciation aura pour effet :
- de réduire la valeur nette comptable ;
- de modifier le plan d’amortissement pour les exercices suivants.

EXEMPLE :

Une machine est acquise pour 10 000 € début 2013, sa durée d’utilisation prévue est de 5 ans selon le
mode linéaire. Fin 2014, suite à l’apparition de nouvelles technologies, la valeur actuelle est calculée et
s’élève à 5 100 €. Une dépréciation de 900 € sera constatée et le plan d’amortissement modifié pour les
exercices suivants. En 2015, la dotation sera donc de 1 700 € et la valeur nette comptable (VNC) de 3 400
€ (5 100 – 1 700).La dépréciation s’avérant moins importante que prévu, la nouvelle valeur actuelle est
estimée à 4 500 € en fin 2015. En application du plan d’origine, la VNC aurait été de 4 000 €, il faudra donc
faire une reprise de la dépréciation pour 600 € (4 000 – 3 400). Pour 2016 et 2017, aucun indice de perte
de valeur n’étant constaté, l’amortissement se poursuivra normalement sur la base de 2 000 € par an.

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FABIENNE TAILHARDAT – COMPTABILITE FINANCIERE

PLAN D’AMORTISSEMENT DE L’IMMOBILISATION


Amortissements Dépréciation
VNC selon plan Annuels Valeur Dotation (+) Valeur
d’origine = plafond (dotations) Cumulés Actuelle Reprise (-) Cumulée Nette
VNC estimée comptable
Fin 2013 8000 2000 2000 0 8000
2014 6000 2000 4000 5100 900 900 5100
2015 4000 1700 5700 4500 - 600 300 4000
2016 2000 2000 7700 0 300 2000
2017 0 2000 970 0 300 0

Traitement comptable des dépréciations


Les dépréciations sont inscrites au débit du compte 6816 – dotations aux dépréciations des
immobilisations, et au crédit du compte 29… de l’immobilisation concernée (ex : 2915 – dépréciation des
ITMOI, 29183 – dépréciation du matériel de bureau et informatique etc…).
Les reprises sont inscrites au débit du compte 29… et au crédit du compte 7816 – reprises sur
dépréciations des immobilisations.
31/12/14

6811 Dotations aux amortissements 2000


2815 Amortissements des ITMOI 2000

6816 Dotations aux dépréciations des immobilisations 900


2915 Dépréciations des ITMOI 900

31/12/15
6811 Dotations aux amortissements 1700
2815 Amortissements des ITMOI 1700

2915 Dépréciations des ITMOI 600


7816 Reprises sur dépréciations des immobilisations 600

274 – Les amortissements dérogatoires

Les amortissements dérogatoires sont des amortissements comptabilisés uniquement pour bénéficier
d’une règle fiscale plus favorable au niveau de la prise en compte du montant fiscalement déductible pour
le calcul du résultat imposable à l’impôt sur les bénéfices.
L’amortissement dérogatoire est égal à la différence entre :
- l’annuité d’amortissement conforme aux normes comptables (amortissement économique)
- l’annuité d’amortissement conforme aux dispositions fiscales (amortissement fiscalement
déductible)

L’amortissement économique est comptabilisé normalement et il est complété par la constatation d’un
amortissement dérogatoire :

- 68725 – Dotations aux amortissements dérogatoires


- 78725 – Reprises sur amortissements dérogatoires

- 145 – Amortissements dérogatoires

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FABIENNE TAILHARDAT – COMPTABILITE FINANCIERE

EXEMPLE D’APPLICATION – Amortissement des logiciels sur 12 mois

Il s’agit d’un régime dérogatoire qui ne remet pas en cause la durée d’utilisation de l’immobilisation retenue
par le plan d’amortissement du bien. Ce régime concerne l’acquisition de logiciels dissociés, c’est-à-dire
ceux ayant fait l’objet d’une facturation distincte de celle du matériel.
Cet amortissement accéléré sur douze mois étant facultatif, les entreprises ont le choix entre :
- amortir le logiciel selon les règles normales, à savoir sur sa durée probable d’utilisation,
- pratiquer un amortissement exceptionnel, le mois d’acquisition étant compté pour un mois
entier.

EXEMPLE D’APPLICATION : L’entreprise LEON a acquis le 20 avril N, un logiciel de gestion commerciale


et comptable pour 12 000 € hors taxe. La durée probable d’utilisation du logiciel est de 4 ans. L’entreprise
souhaite bénéficier de l’amortissement fiscal sur 12 mois.

Calcul pour N : - amortissement linéaire


12 000 x 25% x 9/12 = 2 250

- amortissement exceptionnel (dérogatoire)


12 000 x 9/12 = 9 000

Année Amortissement
Amortissement économique Amortissement fiscalement dérogatoire
(linéaire sur 4 ans) déductible sur 12 mois Dotation Reprise
AF>AE AF<AE
N 12000 x 25% x 9/12 = 2250 12000 x 9/12 = 9000 6750
N+1 12000 x 25% = 3000 12000 x 3/12 = 3000 0 0
N+2 12000 x 25% = 3000 0 3000
N+3 12000 x 25% = 3000 0 3000
N+4 12000 x 25% x 3/12 = 750 0 750
Total : 12 000 Total : 12 000 6 750 = 6 750

_______________ 31/12/N _______________


6811 Dotation aux amortissements des 2 250
immos inc. et corporelles

2805 Amortissement des CBLDS 2 250


(logiciels)
Amort.linéaire du logiciel
________________ d° ____________________

68725 Dotation aux amortissements dérogatoires 6 750

145 Amortissements dérogatoires 6 750

(9000 - 2250 = 6750)


Complément d’amortissement du logiciel

28 - LES AMORTISSEMENTS ET LES COMPTES ANNUELS

Au bilan, les amortissements sont portés en soustraction des comptes d’actif intéressés,
dans la colonne centrale de l’actif.

Au compte de résultat, ils sont ventilés, selon leur nature en charges d’exploitation,
financières ou exceptionnelles.

Dans l’annexe, un état détaillé des immobilisations et des amortissements explique leur
évolution entre l’ouverture et la clôture de l’exercice (voir tableaux pages 14).

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FABIENNE TAILHARDAT – COMPTABILITE FINANCIERE

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