Vous êtes sur la page 1sur 12

Chapitre I

I.1. Introduction
La corrosion est l’attaque des métaux par des agents présents dans le
milieu où ils se trouvent : agents atmosphériques (agents acides des
atmosphères polluées, dioxygène), eau de mer etc.… La corrosion de
fer représente le cas le plus important à cause des utilisations
multiples des matériaux, fer, fontes et aciers (carrosseries, coques de
navires, charpentes métalliques, pont, etc.). On estime qu’environ
20% de la population mondiale de fer, de fonte ou d’acier sont
utilisés pour changer des pièces corrodées. Vu l’importance du
phénomène, il est, donc, naturel que l’étude de la corrosion et la
recherche de méthodes de protection des métaux présentent un
intérêt considérable et une grande importance pour l’économie
nationale.

I.2. Principe de la corrosion des métaux

Un métal ou un alliage donné, en contact avec un milieu aqueux,


peut se trouver dans l’une des trois situations suivantes :

— il peut être en état de corrosion localisée (points de rouille,


piqûres, chancres) ou généralisée (enrouillement général, dissolution
anodique). Les atomes du métal peuvent alors quitter le réseau
cristallin;

1
— il peut être en état d’immunité. Les atomes du métal sont comme
bloqués et ne peuvent pas quitter le réseau cristallin;

— il peut être en état de passivation ou de passivité. Un film


d’oxyde protecteur se forme à l’interface métal-électrolyte, et
peut être, par lui-même, protecteur.
— Il peut être en état de transpassivation : Ce domaine vient après
le domaine de passivation. Il correspond à l’élimination de la
couche passivante.
I.3. Prévision de la corrosion

La corrosion d’un métal par le couple (O2/H2O) ou (H2O/H2) par


exemple est liée en premier lieu à la position du métal sur l’échelle
des potentiels standard. Ainsi, plus l’oxydation du métal est facile
plus la tendance à la corrosion est élevée. Autrement dit, lorsque le
potentiel E° 0. Au contraire, lorsque E°0, pour les métaux
difficilement oxydables tels que Pt et Au, la probabilité de corrosion
est très faible. (Ag+/Ag) = 0,80)

I.4. Classification de la corrosion

On distingue la corrosion chimique, biochimique et


électrochimique des métaux.

I.4.1. La corrosion chimique

2
Est la réaction chimique entre le métal et le milieu ambiant

Métal + milieu Ambiant = Produit de corrosion

Fe + Cl2 = FeCl2 (le fer se corrode en milieu chloreux)

Remarque : il n y a pas d’eau

2Fe + 3/2O2 = Fe2O3

Selon les conditions du déroulement de la corrosion, on peut


distinguer suivant le milieu agressif :

I.4.1.1. Corrosion gazeuse ou corrosion sèche

• On parle de corrosion gazeuse lorsqu’il s’agit d’une atmosphère


gazeuse sèche, à haute température, où se produit une
condensation de l’humidité sur le métal. Ce type se rencontre
dans les fours métallurgiques.

• Exemple de corrosion gazeuse: corrosion par l’hydrogène

I.4.1.2. Corrosion dans les milieux non électrolytiques ou liquides


non conducteurs électriquement. Par exemple, le pétrole, l’huile,
essence, benzène. La réaction qui se déroule dans ce milieu est
une réaction chimique.

• Exemple: réactions du fer dans le pétrole (pièce métallique en


fer).

3
• Le pétrole contient des acides appelés acides naphténiques
(RCOO)2

• Fe + 2 RCOOH → Fe(RCOO)2 + H2 (I.1)

• Fe + H2S → FeS + H2 (I.2)

• Fe(RCOO)2 + H2S ⇔ FeS + 2 RCOOH (I.3)

Il y a une compétition entre deux réactions : l’attaque du métal


ferreux par les acides naphténiques d’une part (I.1) et par le sulfure
d’hydrogène d’autre part (I.2). Les naphténates de fer sont très
solubles dans l'huile et ils ne forment donc aucun film de protection.
De plus, ils réagissent avec le sulfure d’hydrogène pour former du
sulfure de fer et régénérer des acides naphténiques (I.3).

I.4.2. La corrosion électrochimique

Elle est la plus fréquente et la plus dangereuse à cause de la


prépondérance de l’eau. Dans les sols (corrosion au sol) ou dans les
solutions (corrosion par liquide). La corrosion électrochimique obéit
aux lois de la cinétique électrochimique.

Un cas particulier de ce type de corrosion est :

Electrocorrosion qui se produit à l’aide d’un courant électrique


(l’électricité).

- Corrosion au sol

4
En dessous de 5 Ω· m, le sol est réputé très corrosif ;

— de 5 à 15 Ω· m, il est corrosif ;

— de 15 à 24 Ω· m, il est moyennement corrosif ;

— au-dessus de 25 Ω· m, il est peu ou pas corrosif.


- Corrosion par liquide

En ce qui concerne le pH, les sols aérobies de pH inférieur à 6,5 sont


réputés agressifs.

Suivant le caractère de destruction accompagnant la corrosion


électrochimique, on distingue la corrosion générale qui envahit toute
la surface du métal et la corrosion locale ou localisée qui a lieu
uniquement sur des portions (partie) de surface déterminées. Les
foyers de destruction peuvent se présenter sous forme de tâches
(corrosion tachetée) ou de points ou piqûres (corrosion ponctuelle ou
corrosion par piqûres. Ils atteindre les grains d’un seul des
constituants de l’alliage métallique (corrosion sélective) passer par
tous les grains sous forme de fissures (corrosion transcristalline [en
dehors) ou se concentrer aux limites des grains (corrosion
intercristalline)

I.4.2.1. La corrosion biochimique ou biocorrosion

La corrosion bactérienne est un type de corrosion électrochique. Elle


est due à l’activité des microorganismes utilisant le métal comme

5
milieu nutritif ou secrétant des produits qui altèrent le métal. La
biocorrosion est favorisée par les sols, les eaux stagnantes et certains
produits organiques.

Certains métabolismes bactériens s’avèrent en effet extrêmement


étonnants. On connaît ainsi des bactéries produisant de l’acide
sulfurique ou de l’acide sulfhydrique (H2S) ; d’autres produisent des
sels ferriques concentrés ; d’autres enfin produisent ou consomment
des nitrates ou des nitrites, etc. Par voie microbiologique, elles
peuvent donc tout autant produire des agents corrosifs que
consommer des composés favorables (inhibiteurs de corrosion,
agents passivants [passivants métallurgie : Modification de la surface
des métaux, qui les rend moins sensibles aux agents chimiques]).

I.4.2.2. Nature et type de corrosion électrochimique

La corrosion est une réaction d’oxydoréduction se produisant entre


un métal et son environnement lorsque ce dernier contient des
agents oxydants. Au cours de cette réaction, le métal s’oxyde en une
espèce dissoute. M(s)  M(aq)z+ + zé

 Il existe deux types de corrosion :

- Corrosion sèche : les agents oxydants sont en phase gazeuse


(exemple l’O2 dans l’air).
- Corrosion humide : les agents oxydants sont en phase aqueuse
(exemple la corrosion en milieu marin).

6
 Nature électrochimique de la corrosion

La nature électrochimique de la corrosion est liée par essence à la


structure atomique et électrique de la matière. On sait en effet que
cette dernière est constituée de particules élémentaires porteuses de
charges électriques, les ions et électrons, et de particules
électriquement neutres, les atomes et les molécules.

La phase métallique solide comprend ainsi:

n+
— des ions métalliques M disposés suivant un empilement
compact rigide : c’est le réseau cristallin ;

— des électrons de conduction e-, libres de se déplacer n’importe où


dans le volume du métal. Ces électrons libres se comportent comme
un gaz baignant les ions immobiles du réseau cristallin. Ce sont eux
qui confèrent à la phase métallique les propriétés d’emploi usuelles
des métaux, et en premier lieu leur très grande conductibilité
électrique.

La phase aqueuse est un liquide, c’est-à-dire un empilement compact


fluide qui comprend :

— des molécules neutres, eau et composés divers non dissociés ;

— des ions positifs (cations) ou négatifs (anions) ; c’est la mobilité de


ces ions qui confère à l’eau sa conductibilité électrique.

7
n+
Les ions métalliques M sont des constituants à la fois de la phase
métallique et de la phase aqueuse. À l’interface entre les deux
phases, ils peuvent donc passer indifféremment d’une phase à
l’autre. Ce transfert correspond à un transport de charges
électriques, et donc à un courant électrique passant d’une phase à
l’autre.Les électrons libres ne sont pas par contre des constituants de
la phase aqueuse. Un électron libre ne peut donc pas passer
directement dans cette phase. Il ne peut le faire que s’il est fixé sur
une des particules élémentaires de la phase aqueuse. Cette particule
verra alors sa charge électrique diminuée d’une charge élémentaire.
En termes de chimie, cette opération correspond à une réduction de
l’espèce chimique correspondante. Là encore, ce transfert de charges
électriques correspond à un courant électrique circulant d’une phase
à l’autre.

En électrochimie, on appelle par définition courant anodique un


courant circulant dans le sens métal → solution et courant
cathodique un courant circulant en sens inverse. Les réactions sont
dites anodiques ou cathodiques selon qu’elles correspondent à un
courant respectivement anodique ou cathodique. Les réactions
anodiques correspondent en termes de chimie à des oxydations, et
les réactions cathodiques à des réductions.

La corrosion d’une phase métallique nécessite quant à elle le passage


en solution de tous les constituants du métal, les ions et les

8
électrons. Elle fait intervenir au minimum deux réactions distinctes et
indépendantes, une réaction anodique, l’oxydation du métal, et une
réaction cathodique, le transfert d’électrons avec réduction
simultanée d’un constituant de la solution.

Au passage, on notera que tout ce qui vient d’être dit s’applique


également à tout électrolyte autre que l’eau. Inversement, l’absence
d’électrons libres dans la phase liquide s’applique aussi à tout liquide
autre qu’un métal fondu. La corrosion d’un métal dans un liquide non
métallique nécessite donc que ce liquide puisse comporter des
composants porteurs de charges électriques, c’est-à-dire des ions.
Ceci signifie que seuls des électrolytes peuvent s’avérer des liquides
corrosifs pour les métaux. Parmi tous les électrolytes, l’eau et les
solutions aqueuses sont naturellement les plus répandus.

9
I.6. Détermination des paramètres de corrosion

Masse corrodée, épaisseur corrodée et vitesse de corrosion

• On peut calculer la masse (m) corrodée d’un métal suivant la


formule:

10
11
12

Vous aimerez peut-être aussi