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Devoir surveillé de physique-chimie 4

D.Malka – MPSI 2021-2022 – Lycée Jeanne d’Albret

04.12.2021

Durée de l’épreuve : 4h00

L’usage de la calculatrice est autorisé.

L’énoncé de ce devoir comporte 8 pages.

â La numérotation des exercices doit être respectée.


â Les résultats doivent être systématiquement encadrés.
â Les pages doivent être numérotées de la façon suivante : n˚page courante/nombre total de pages.
â Il ne faudra pas hésiter à formuler des commentaires. Le barème tiendra compte de ces initiatives ainsi
que des qualités de rédaction de la copie.
â Si, au cours de l’épreuve, vous repérez ce qui vous semble être une erreur d’énoncé, signalez le sur votre
copie et poursuivez votre composition en expliquant les raisons des initiatives que vous êtes amené à
prendre.

Problème 1 – Modèle de Winkessel du système cardiovasculaire


On cherche à décrire de manière globale le système artériel du corps humain par analogie avec un circuit
électrique.

Modèle électrique du système artériel


Le cœur joue le rôle de pompe permettant au sang de s’écouler à travers le réseau de vaisseaux sanguins. Il
communique avec le réseau artériel via la valve systolique.
Les premières théories, modélisant le débit sanguin dans le système artériel, considèrent les parois de l’aorte
et des grosses artères élastiques, comme une « capacité » apte à stocker transitoirement une certaine quantité
sanguine. Le réseau artériel est également caractérisé par sa résistance à l’écoulement dont l’on rend compte
par sa résistance hydraulique équivalente R.
Ces modèles globaux de la circulation sanguine permettent d’opérer une analogie avec un circuit électrique
moyennant les analogies explicitées fig.1.

Modèle hydraulique Modèle électrique


Volume du sang V Charge électrique q
dV dq
Débit volumique D = Intensité électrique i =
dt dt
Pression p Potentiel électrique φ

Figure 1 – Analogies entre système cardiovasculaire et circuit électrique

On peut alors représenter le système artériel par le circuit fig.2.

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D K

DC DR

P(t)-P∞ C R

Figure 2 – Modèle de Winkessel du système artériel. P (t) est la pression de l’aorte, P∞ est la pression asymp-
totique au bout du système artériel. D est le débit volumique sanguin, supposé stationnaire, en provenance du
ventricule gauche (ce débit est nul lorsque K est ouvert).

Dans tout le problème, les équations sont à écrire sur les variables hydrauliques c’est-à-dire
D, DC , DR , P, P∞ . . .

1. Sur le schéma fig.2, que modélise le générateur de courant ? L’interrupteur ?


2. Par une analogie à expliciter, proposer une relation entre R, DR et ∆P = P − P∞ .
3. Justifier la relation suivante :

dP
DC = C
dt

Battements du cœur
Grossièrement, le cycle cardiaque se divise en deux grandes phases : la systole et la diastole.
— Durant la systole, la valve aortique est ouverte : en se contractant, le ventricule gauche du coeur expulse
du sang dans l’aorte plus vite qu’il ne peut s’écouler en raison des résistances périphériques. Il en résulte
une augmentation de pression jusqu’à un maximum appelé pression systolique. On note ts la durée de la
systole.
— Durant la diastole, le ventricule gauche du cœur se relâche. La valve aortique se referme et l’aorte se vide
du sang qu’elle a emmagasiné vers le reste du réseau. La pression diminue et atteint un minimum appelé
pression diastolique juste avant une nouvelle contraction. On note td la durée de la diastole.

Diastole
À t = ts , c’est le début de la diastole. On note Pm = P (ts ).
4. Quel est l’état de l’interrupteur K pendant la diastole ?
5. Écrire l’équation différentielle vérifiée par la pression P (t). On posera τ = RC.
6. Déterminer l’expression de P (t) durant la diastole en fonction de Pm , P∞ et τ .

Systole
On pose t = 0 au début de la systole. On pose P (t = 0) = P0 .
7. Quel est l’état de l’interrupteur K durant la systole ?
8. Écrire l’équation différentielle vérifiée par la pression P (t). On posera τ = RC.
9. En déduire l’expression de P (t) en fonction de P0 , P∞ , D, R et τ durant la systole.

Évolution de la pression artérielle


10. Représenter la pression artérielle P (t) en fonction du temps durant deux battements cardiaques. Faire
apparaître les durées ts , td et T respectivement de la systole, de la diastole et d’un battement cardiaque
ainsi que les pressions P0 et Pm .

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11. Exprimer la pression systolique Pm et la pression la pression diastolique P0 en fonction des paramètres
du modèle.
12. Calculer Pm et P0 en mm Hg pour C = 6,03 × 10−9 m3 · Pa−1 , R = 1,265 × 10−8 Pa · s · m−3 , une fré-
quence cardiaque de 70 batt/min, ts = 0,33 s, D = 260 × 10−6 m3 · s−1 et P∞ = 7 mm Hg. On rappelle
que 1 mm Hg = 136 Pa.
13. En moyenne les pressions systolique et diastolique normales en cm Hg sont Pm /P0 = 12/8. Commenter.
14. L’expérience donne des résultats ayant l’allure des courbes fig.3. Commenter.

Figure 3 – Variations normales de la pression artérielle et du débit sanguin aortiques au cours d’un battement
cardique. En pointillé le modèle de Winkessel, en gras la courbe expérimentale.

Problème 2 – Suivi de la décomposition du bleu brillant en présence


d’hypochlorite de sodium
L’eau de Javel est une solution à base d’ions hypochlorite capable de décomposer de nombreuses substances
organiques comme le bleu brillant (E133), colorant alimentaire fréquemment rencontré dans les boissons et les
sucreries de couleur bleue.
La cinétique de la décomposition du bleu brillant en présence d’ions hypochlorite d’équation :

E133(aq) + ClO− (aq) = Produits incolores


est suivie par spectrophotométrie en mesurant l’absorbance A de la solution au cours du temps à une longueur
d’onde donnée. On suppose que la vitesse de la réaction v peut se mettre sous la forme :
α β
v = k[E133] [ClO− ]
où α est l’ordre partiel par rapport au bleu brillant (E133), β l’ordre partiel par rapport aux ions hypochlorite
ClO− et k la constante de vitesse de la réaction. Cette réaction, qui admet un ordre global entier, est réalisée
dans les conditions suivantes : température constante et égale à 298 K, milieu réactionnel homogène, réaction
quantitative et volume constant.

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Doc.1 – Spectre d’absorption du bleu brillant

Absorbance A du bleu brillant en fonction de la longueur d’onde λ exprimée en nm.

Doc.2 – Préparation de la gamme de la solution étalon de bleu brillant


Une gamme étalon est réalisée de la façon suivante : à partir d’une solution mère de bleu brillant commercial
de concentration molaire volumique connue c0 = 4,72 × 10−6 mol · L−1 , des solutions filles sont préparées
en utilisant une verrerie adaptée. On obtient alors une série de solutions de bleu brillant de concentrations
c connues. L’absorbance A de chaque solution est mesurée dans une cuve en plastique de 1 cm d’épaisseur à
une longueur d’onde λ adaptée. Les valeurs obtenues sont reportées dans le tableau ci-dessous :
A 0 0,234 0,347 0,456 0,582
c (10−6 mol · L−1 ) 0 1,89 2,83 3,78 4,72
Absorbances et concentrations des solutions.

Doc.3 – Absorbance d’une solution


Lorsqu’une solution est traversée par un rayonnement polychromatique, elle peut atténuer l’intensité des
radiations à certaines longueurs d’onde : on dit qu’elle absorbe ces radiations.

Représentation d’une cuve traversée par un faisceau incident d’intensité I0,λ . Un faisceau transmis IT,λ en
émerge. La longueur de la cuve l traversée est de 1 cm. L’absorbance A de la solution est définie par :
 
IT,λ
A = log
I0,λ

Un faisceau de lumière monochromatique (de longueur d’onde λ) d’intensité incidente I0,λ traverse une
longueur l de solution limpide (phénomène de diffusion négligeable) placée dans une cuve. Une partie de la
radiation est absorbée par la solution, l’autre est transmise et son intensité est notée IT,λ .

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Suivi spectrophotométrique de la réaction


On travaille à la longueur d’onde λ = 614 nm, correspondant au maximum d’absorption du bleu brillant,
pour réaliser les mesures d’absorbance lors de la réalisation de la gamme de solutions étalons.
1. A quelle couleur correspond le maximum d’absorption du bleu brillant ?
2. Sachant que la longueur d’onde de travail peut fluctuer légèrement dans l’appareil, quel peut-être l’intérêt
de travailler au maximum d’absorption ?
3. Détailler le protocole expérimental à mettre en place pour préparer, à partir de la solution mère de bleu
brillant, un volume V = 25,0 mL d’une solution de bleu brillant de concentration molaire volumique
c = 1,89 × 10−6 mol · L−1 .
On rappelle la loi de Beer-Lambert :

A = ε(λ, T )l[E133]
où l est la longueur de solution traversée par la lumière monochromatique.
4. Cette loi est-elle vérifiée ici ? Si oui, en déduire la valeur du cœfficient d’extinction molaire ε(λ, T ) pour
T = 298 K et λ = 614 nm.
5. En quoi la spectrophotométrie est une technique de choix pour le suivi cinétique de la réaction de décom-
position du colorant E133 ?

Étude cinétique
Protocole expérimental
À l’instant t = 0 min, on place dans un bécher de 50 mL un volume V1 = 25,0 mL d’une solution aqueuse
de bleu brillant de concentration molaire volumique c1 = 4,54 × 10−6 mol · L−1 et un volume V2 = 1,00 mL
d’une solution aqueuse d’hypochlorite de sodium (ClO− (aq) + Na+ (aq)) de concentration molaire volumique
c2 = 1,33 × 10−2 mol · L−1 .
6. Montrer que les conditions initiales utilisées vont permettre de déterminer la valeur de l’ordre partiel par
rapport au bleu brillant (E133). Dans quelle situation cinétique se trouve-t-on ?
7. Montrer alors que la vitesse de réaction v peut se mettre sous une forme simplifiée. On notera kapp la
constante apparente de vitesse.

Étude expérimentale
Les résultats de l’étude expérimentale menée à 298 K sont rassemblés dans le tableau ci-dessous.

t (min) 0 2,5 5 7,5 10 15


A 0,582 0,275 0,138 0,069 0,034 0,009
Absorbance A mesurée à divers instants t.

8. Montrer que si la réaction est d’ordre 1 par rapport au bleu brillant (E133), l’équation ci-dessous est
vérifiée :
 
A
ln = −kapp × t
A0
où A et A0 représentent respectivement les valeurs de l’absorbance à l’instant t et à l’instant initial
t = 0 min. kapp est la constante apparente de vitesse de la réaction.
On admet que :
— si l’ordre α = 0, alors A = A0 − kapp εl × t,
1 1 kapp
— si l’ordre α = 2, alors = − × t.
A A0 εl
9. A partir des graphes fig.4, déterminer l’ordre partiel par rapport à E133 puis déterminer la valeur de kapp
à 298 K.
Afin de déterminer l’ordre partiel β , supposé non nul, par rapport aux ions hypochlorite ClO− , on réalise
le même protocole expérimental que précédemment en utilisant toutefois une solution aqueuse d’hypochlorite
de sodium (ClO− (aq) + Na+ (aq)) de concentration molaire volumique c3 = 6,65 × 10−3 mol · L−1 . Les résultats
de l’étude expérimentale menée à 298 K sont rassemblés dans le tableau ci-dessous.

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t (min) 0 2,5 5 7,5 10 15


A 0,389 0,275 0,195 0,138 0,097 0,069
Absorbance A mesurée à divers instants t.

10. Montrer alors que ces nouvelles conditions initiales s’avèrent suffisantes pour déterminer la valeur de l’ordre
partiel β par rapport aux ions hypochlorite.
11. En déduire la valeur de la constante de vitesse k de la réaction de décomposition du bleu brillant en
présence d’ions hypochlorite.

0.6

0.5

0.4

0.3
A

0.2

0.1

0.0 0 2 4 6 8 10 12 14 16
t (min)
0.0
0.5
1.0
1.5
ln(A/A0 )

2.0
2.5
3.0
3.5
4.0
4.5 0 2 4 6 8 10 12 14 16
t (min)
120

100

80
1/A

60

40

20

0 0 2 4 6 8 10 12 14 16
t (min)
Figure 4 – Résultats expérimentaux

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Problème 3 – Détecteur de choc d’un airbag


À bord d’un véhicule, l’airbag est aujourd’hui un des éléments essentiels permettant d’assurer la protection
des passagers lors d’un accident. Le détecteur de chocs qui déclenche l’ouverture de l’airbag est, par exemple,
constitué d’une masse mobile aimantée M retenue par un ressort (fig.5). Au cours d’un choc, plus la décélération
est importante, plus la masse se déplace. Si le déplacement est suffisamment important, la masse aimantée met
en contact électrique deux lames métalliques, ce qui permet ainsi de déclencher l’ouverture de l’airbag.

Figure 5 – Détecteur de choc sur son circuit électrique

On note le référentiel terrestre RT (T ,~uX ,~uY ,~uZ ) supposé galiléen. T est un point de la route et (~uX ,~uY ,~uZ )
une base fixe par rapport à la route.
On associe au véhicule étudié un référentiel mobile Rv (O,~ux ,~uy ,~uz ). Le véhicule se déplace à la vitesse
~vv (t) = vv (t)~uX (vv (t) < 0) par rapport au référentiel terrestre (fig.6).

Figure 6 – Modélisation du dispositif de détection des chocs installé dans le véhicule. La longueur à vide du
ressort vaut l0 = 2 cm

Le véhicule est équipé d’un système de détection de chocs dont la masse mobile M (m) peut se déplacer
suivant la direction Ox. On note m sa masse et OM (t) = x(t)~ux son vecteur position dans le référentiel de la
voiture Rv . On se place dans la suite dans le référentiel mobile Rv lié au véhicule pour étudier le mouvement
de la masse mobile M .
Dans ce référentiel, le point M subit la force du ressort T~ = −k(x − l0 )~ex , une force de frottement F~ = −α~v
avec α > 0 et ~v la vitesse de la masse par rapport à la voiture et la force d’entraînement F~e = −m~ae où ~ae
est l’accélération de la voiture par rapport au référentiel de la route. Le poids est compensé par la réaction du
support.
Le véhicule roule initialement à la vitesse v~0 = −v0 ~uX , v0 > 0, avant de subir un choc frontal à l’instant
t = 0. L’évolution de la vitesse vv (t) est représentée fig.7.
1. Justifier qu’à t = 0− , la position de la masse par rapport au véhicule vaut x(0− ) = l0 et que sa vitesse
rapport au véhicule vaut ẋ(0− ) = 0.
2. Au moment du choc, justifier, qu’initialement, la masse se déplace vers les x décroissants.
3. ∀ t ≥ 0, exprimer l’accélération ae de la voiture par rapport à la route. Par la suite, on note a0 la valeur
de ae sur [0, tc ].
4. Montrer que pour t ∈ [0, tc ], le mouvement de M par rapport au véhicule est régi par l’équation :

d2 x dx
2
+ 2ξω0 + ω02 x = ω02 xe
dt dt
On exprimera ω0 , ξ et xe en fonction de m, k, l0 , a0 et α.
5. Donner les sens physiques de xe , ω0 et ξ.

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Figure 7 – Évolution de la vitesse vv (t) du véhicule. Au cours du choc, la vitesse passe de −v0 à 0 en une durée
tc .

6. On suppose ξ < 1, montrer que, ∀ t ∈ [0, tc ] :

x(t) = e−t/τ (A cos(ωt) + B sin(ωt)) + xe où on exprimera ω et τ


7. Déterminer les valeurs de A et B.
8. En déduire que la vitesse s’écrit :

1 + τ 2 ω2
 
v(t) = −A e−t/τ sin(ωt)
τ 2ω
9. Représenter les évolutions temporelles de x(t) et v(t) en concordance des temps pour t ∈ [0, tc ]. On

supposera tc  T = .
ω
10. À quel instant td , la masse M est-elle le plus proche du point O ? Exprimer alors la distance d qui sépare
M de O en fonction des paramètres du problème.
11. Si la distance minimale d devient inférieure à l0 /2, la masse mobile aimantée se trouve alors sur le
contact électrique qui déclenche l’ouverture de l’airbag. Les caractéristiques du capteur sont les suivantes :
m = 10 g, ξ = 0,5, k = 55 N/m. Le capteur peut-il déceler des décélérations de 5g (où g est l’intensité
moyenne du champ de pesanteur) ?

FIN

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