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ANALYSE LIMITE ET ESTIMATION SIMPLIFIÉE DE L'INTÉGRALE J POUR DES


TUYAUX DROITS FISSURES

Thesis · September 1996

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1 author:

Jean Desquines
Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN)
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UNIVERSITÉ DE NANTES ÉCOLE CENTRALE DE NANTES

ANALYSE LIMITE ET ESTIMATION SIMPLIFIÉE DE L'INTÉGRALE J POUR DES


TUYAUX DROITS FISSURES

Thèse de DOCTORAT
Spécialité: Génie mécanique

ÉCOLE DOCTORALE
SCIENCES POUR L'INGÉNIEUR
DE NANTES

Présentée et soutenue publiquement par:

Jean DESQUINES

Le: 24 Septembre 1996


à: L'Université de Nantes

devant le jury ci-dessous :

DESBORDES Olivier Professeur IMT Marseille


FRANÇOIS Dominique Professeur Ecole Centrale de Paris
GENETTE Pierre Chef de section à EDF/SEPTEN
JOUVE Pierre Professeur Université de Nantes
POETTE Christian Chef de laboratoire au CEA Cadarache
ROYER Jean Professeur Ecole Centrale de Nantes
WIELGOSZ Christian Professeur de l'Université de Nantes

Nom du directeur de thèse: M. C. Wielgosz.


Laboratoire de : Génie civil de Nantes- Saint Nazaire.
N° XX 11-22
Je remercie notre secrétaire Mme PEZET pour sa patience et sa gentillesse.

Je remercie mon directeur de thèse M. le Professeur WIELGOSZ pour sa disponibilité


et les conseils prodigués tout au long de ce travail de recherche.

Je voudrais également remercier toute l'équipe du LDCS au CEA Cadarache pour son
accueil, ses conseils.

Je remercie également l'équipe de EDF/SEPTEN et notamment M. GENETTE et M.


MARTELET avec qui nous avons eu des échanges fructueux tout au long de ce travail.

Je remercie M. POETTE qui m'a fait confiance pour la réalisation de ce travail et dont
l'expérience en mécanique de la rupture a grandement orienté les recherches.

Mes remerciements vont également aux professeurs DESBORDES, FRANÇOIS,


JOUVE et ROYER qui ont bien voulu m'aider à la finalisation de cette thèse.

Je remercie tout particulièrement M. PELLISSIER TANON et M. GILLES de


FRAMATOME pour tous les échanges que nous avons eu pendant ces trois années et qui ont
contribué à la bonne réalisation de cette thèse.
Introduction

INTRODUCTION GÉNÉRALE

1
2
Introduction

Domaine d'activités dans lequel s'inscrit la thèse:

L'industrialisation intense, des vingt ou trente années passées, conduit les industriels à
utiliser en partie des matériels n'ayant plus aujourd'hui leur résistance nominale aux efforts
appliqués. Les matériaux sont parfois endommagés, parfois fissurés. Il y a donc nécessité de
définir des règles, non plus de dimensionnement comme à la conception, mais d'évaluation de
la nocivité des défauts et imperfections des matériaux et de ne remplacer les composants
défectueux que si ces règles ne sont plus respectées.

Le problème du parc nucléaire est particulier. L'âge moyen des centrales est de vingt
ans environ, les composants les plus anciens y sont donc effectivement vieillissants. L'un des
soucis dans ce contexte est la difficulté qu'il y a d'obtenir des informations précises quant à la
dégradation des composants du fait des dangers de contamination. Différents procédés de
contrôle non destructif comme des capteurs de fuite ou des robots permettent d'inspecter
périodiquement l'état des tuyauteries, de localiser les défauts et d'évaluer leur étendue. La
géométrie précise des défauts n'est pas toujours connue, une approche sûre consistera à les
interpréter comme des fissures.

La réparation du matériel dans une centrale nucléaire impose un arrêt plus ou moins
prolongé du réacteur, et une intervention humaine dans un milieu hostile. Changer le matériel
défectueux sera donc une opération délicate, et l'exploitant sera amené à gérer au mieux ce
type d'interventions pour en diminuer le coût et les risques. Pour cela l'exploitant s'appuie sur
le conseil scientifique et technique de quelques laboratoires ayant à la fois une connaissance
du contexte nucléaire et des méthodes de la mécanique de la rupture.

Les enjeux économiques étant importants, on a vu ces dernières années la recherche


nucléaire française s'appliquer à développer des méthodes de plus en plus performantes pour
l'analyse des structures fissurées tant numériques qu'analytiques.

Des outils théoriques d'analyse de structures fissurées existent depuis près de trente
ans, et les progrès de l'informatique et du calcul numérique permettent d'ores et déjà
d'effectuer des calculs en vue d'analyser la résistance mécanique d'une structure complexe
fissurée et soumise à des chargements combinés. Le calcul éléments finis est fréquemment
utilisé pour résoudre les problèmes industriels de mécanique de la rupture.

L'intégrale J permet sous certaines conditions, que nous rappellerons par la suite, de
quantifier la sévérité d'un chargement appliqué à une structure fissurée. L'utilisation de
l'intégrale J comme critère de rupture nécessite une connaissance approfondie du matériau
utilisé. Le calcul éléments finis de cette grandeur ne pose pratiquement aucune difficulté
théorique. Cependant calculer une structure fissurée par éléments finis impose de réaliser des
maillages particulièrement fins et si l'on peut parfois envisager le calcul d'un élément de
tuyauterie défectueux il est hors de question de calculer une ligne de tuyauterie complète avec
ses fissures.

La méthode simplifiée d'estimation de l'intégrale J la plus fréquemment utilisée


provient de la règle R6 introduite par la recherche nucléaire Anglaise. Cette approche présente
des inconvénients. Dans certaines configurations de chargement on peut être amené à sous
estimer l'intégrale J. Nous verrons sur ce point qu'il a été possible lors de cette thèse de
remédier à ce problème et compléter la règle R6 en la rendant sûre. Parfois cette méthode
surestime fortement l'intégrale J. Il y a donc des améliorations à apporter à cette estimation.

3
La technique d'analyse des lignes de tuyauteries dans les centrales nucléaires consiste à
effectuer en tout premier lieu un calcul en élasticité linéaire de la ligne complète sans défaut
avec des approches éventuellement simplifiées, poutres, coques ou d'autres méthodes plus
élaborées. On connaîtra donc en tout point de la structure le chargement nominal élastique
appliqué. Des méthodes simplifiées sûres, permettant de surévaluer la nocivité des fissures
sont ensuite appliquées à des éléments de tuyauteries fissurées soumises au chargement
nominal élastique obtenu par calcul complet de la ligne de tuyauterie. La majorité des défauts
peuvent alors être éliminés car sans conséquence sur l'intégrité de la structure. Les fissures
supposées présenter un danger après analyse simplifiée peuvent alors être soumises à un calcul
éléments finis pour apporter une réponse plus fine sur leur nocivité.

Cette technique d'analyse des structures fissurées repose sur le conservatisme des
méthodes simplifiées, c'est-à-dire la surestimation de la nocivité des fissures. Il faudra donc
réaliser toutes les approximations dans le sens de la sûreté.

Les méthodes utilisées dans l'industrie nucléaire sont également appliquées en


offshore, pour la surveillance de grands ouvrages du génie civil, dans l'aéronautique,
l'aérospatiale.

Objectifs de la thèse:

Une méthode simplifiée a donc été proposée par la recherche nucléaire anglaise en
mécanique de la rupture permettant d'estimer notamment l'intégrale J en situation de
chargement complexe. Cette méthode baptisée règle R6 est aujourd'hui très souvent invoquée
dans les analyses de nocivité de défauts découverts en service ou dans les démonstrations de
fuite avant rupture. Celle-ci repose sur une classification sommaire des chargements. En effet
l'hypothèse de chargement à effort contrôlé pour tous les types de situation conduit à un excès
de conservatisme dans l'estimation de J. Cette méthode permet donc de distinguer les efforts
mécaniquement imposés ou efforts primaires des efforts de type déformation imposée comme
les contraintes résiduelles ou les gradients thermiques classés parmi les efforts secondaires.
Les efforts de type déplacement imposé obtenus par exemple lors de l'expansion thermique
sont difficiles à classifier dans ce schéma, la méthode sûre consiste à les considérer comme
des chargements primaires.

Quelques critiques ont été apportées à cette méthode, celle-ci conduit parfois à:

- un manque de clarté dans la prise en compte des chargements combinés. Il était donc
nécessaire de préciser les modalités de prise en compte des chargements complexes, ce que
nous nous sommes efforcés de faire.

- une mauvaise prise en compte de la multiaxialité des chargements conduisant dans


certains cas à une forte sous-estimation de l'intégrale J. De nombreux calculs ont été réalisés
dans mon laboratoire d'accueil montrant cette fâcheuse tendance. Pour des raisons de sûreté il
était alors intéressant de mieux comprendre l'origine de ce problème.

- une surestimation des effets des efforts de type déformation imposée sur l'intégrale J.
Il sera donc nécessaire de proposer une méthode qui permette de mieux prendre en compte ce
type d'efforts.

-une difficulté de prise en compte des efforts de type déplacement ou rotation imposé
dont la classification en primaire est globalement pénalisante. Des calculs de l'intégrale J

4
Introduction

réalisés au cours de stages étaient disponibles à mon arrivée au laboratoire et prouvaient


clairement la spécificité de ces chargements.

Les partenaires de cette thèse EDF et le CEA ont étudié différentes approches pour être
en mesure de prendre en compte le chargement appliqué avec plus de finesse. L'une de ces
approches, le projet d'annexe A16 donnait au début de la thèse un cadre formel de méthode
simplifiée utilisant des techniques définies en dimensionnement des structures dont la fiabilité
est reconnue du fait de nombreuses validations de ces règles.

L'objectif est donc clairement de s'appuyer sur les travaux des partenaires de thèse
pour développer une nouvelle méthode simplifiée compatible avec les règles de
dimensionnement permettant d'apporter des améliorations sur les points où la règle R6 parait
insuffisamment précise.

La validation d'une approche simplifiée passera nécessairement par la comparaison


avec des calculs éléments finis de l'intégrale J, ces résultats numériques seront considérés
comme les solutions de référence à estimer au mieux par les méthodes simplifiées. Nous
utiliserons les calculs éléments finis disponibles que nous compléterons par de nouveaux
calculs. L'un des objectifs de la thèse consiste donc également à compléter la base de données
éléments finis.

Les méthodes simplifiées d'estimation de l'intégrale J permettent d'analyser des


structures fissurées variées: éprouvette à entaille latérale, éprouvette C.T., ballons pressurisés
et bien d'autre encore. L'objectif étant ici d'analyser les tuyauteries nous nous intéresserons
principalement à des cylindres fissurés.

Les fissures observées sur les tuyauteries et réservoirs des centrales nucléaires sont
essentiellement orientées selon la circonférence du cylindre considéré, nous apporterons un
soin particulier à cette orientation dite circonférentielle des fissures. Nous nous intéresserons
également mais plus succinctement aux fissures longitudinales orientées suivant l'axe du
cylindre.

Plan de la thèse:

Le plan de la thèse découle naturellement des remarques effectuées et des objectifs que
nous nous sommes fixés.

Chapitre 1: L'intégrale de contour J

L'intégrale de contour J apparaît dès 1968 comme un critère d'analyse de la stabilité


des défauts. Cette intégrale est liée aux facteurs d'intensité de contraintes utilisés dans la
rupture fragile des composants. On peut étendre le domaine d'application de cet invariant aux
matériaux ductiles dès lors que le chargement est monotone croissant. Cet invariant permet
ainsi de généraliser la rupture fragile des matériaux et d'analyser leur rupture ductile.
L'utilisation de ce critère dans les analyses industrielles est lié à la connaissance d'une courbe
Jc-∆a donnant la valeur critique de l'intégrale J en fonction de l'avancée de fissure. Pour les
multi-matériaux nous verrons que l'intégrale J n'est parfois plus définie et ne peut donc être
utilisée comme critère de stabilité de fissures.

Chapitre 2: Les méthodes simplifiées d'estimation de l'intégrale J

5
Nous verrons que sous chargement mécaniquement imposé il est possible de définir
une approche simplifiée utilisant essentiellement des résultats d'une analyse élastique de la
structure qui permette de tenir compte de la loi de comportement du matériau. Cette méthode
a été étendue par les Anglais du CEGB à des chargements combinés: efforts mécaniquement
imposés et chargement de type déformation imposée. Les inconvénients de cette méthode ont
conduit les partenaires de cette thèse à définir une approche simplifiée qui rend compte de
manière assez fine de ce dernier type de combinaisons de chargements. Une autre méthode
plus numérique est également brièvement présentée. Toutes ces méthodes reposent sur la
connaissance de la charge limite de la structure sous tout ou partie du chargement appliqué.

Chapitre 3: Analyse limite et paramètre Lr de la mécanique de la rupture

L'analyse limite propose une méthode rudimentaire mais très efficace de calcul de la
charge maximale que peut supporter une structure avant une ruine plastique de celle-ci. Deux
approches sont toujours possibles: l'une surestimant cette charge maximale et l'autre la sous
estimant. La généralisation de cette théorie à l'approche coque des structures est également
possible, le critère de plasticité étant cependant approximatif dans ce cas. Nous verrons
comment on peut utiliser l'analyse limite pour estimer le niveau de plasticité dans une
structure. Le paramètre Lr qui se déduit de l'analyse limite peut être introduit comme une
grandeur directement utilisable à cet effet.

Chapitre 4: Classification des contraintes dans les tuyauteries droites et calculs


éléments finis de l'intégrale J dans le domaine élastoplastique

Nous allons décrire la géométrie des structures fissurées étudiées, l'origine des
chargements appliqués. Le niveau des chargements appliqués est calculé élastiquement et il
faudra donc établir une classification des contraintes pour pouvoir déterminer plus finement
leur influence pour un comportement élastoplastique du matériau considéré. Pour vérifier le
bien fondé de nos orientations il faudra valider les méthodes simplifiées sur des calculs
éléments finis. Un grand nombre de calculs bidimensionnels ont été réalisés, d'autres
proviennent de stages ayant eu lieu au laboratoire. Nous avons également effectué des calculs
tridimensionnels massifs sur des tuyaux droits avec défauts circonférentiels et longitudinaux.
Les chargements seront une combinaison d'efforts primaires et secondaires.

Chapitre 5: Etude des défauts circonférentiels

On détermine dans un premier temps la charge limite d'un cylindre droit soumis à un
chargement complexe, plusieurs estimations de cette charge limite sont proposées suivant la
configuration du chargement appliqué ou du défaut étudié. Ensuite nous menons une analyse
élastique des effets d'un gradient thermique axial sur le ligament de la structure fissurée, cette
analyse nous permet d'estimer plus finement les efforts élastiques transmis au ligament du
cylindre fissuré. Tous les éléments permettant l' application d'une méthode simplifiée
originale proposée formellement par les partenaires de cette thèse sont ainsi réunis.
L'application des différentes méthodes nous montre que plusieurs améliorations importantes
ont été obtenues au cours de cette thèse: biaxialité des chargements, prise en compte plus fine
des gradients thermiques dans l'épaisseur.

6
Introduction

Chapitre 6: Etude des défauts longitudinaux

On détermine pour deux critères de plasticité la charge limite d'un cylindre droit à
défaut longitudinal non traversant soumis à: une pression de paroi, un moment de flexion
poutre et un effort de traction axial. Cette charge limite nous permet d'effectuer une estimation
simplifiée de l'intégrale J applicable aux chargements étudiés. Nous effectuons également une
validation de cette méthode sur des résultats éléments finis. Les résultats obtenus prouvent à
nouveau clairement la nécessité de la prise en compte de la biaxialité des chargements
appliqués.

Chapitre 7: Particularité des chargements de type déplacement imposé

Ce chapitre aborde de manière sommaire le problème de la prise en compte des


chargements de type déplacement imposé. Une méthode d'estimation de l'intégrale J
applicable aux géométries axisymétriques de structures fissurées soumises à une traction et un
déplacement imposé est proposée puis validée.

7
8
Chapitre 1

L'INTEGRALE DE CONTOUR J

9
10
Chapitre 1

Introduction :

Cette intégrale est issue des travaux d'Eshelby [ESH56] en 1956, qui met en évidence
une famille d'intégrales de contour invariantes lors de la translation d'un défaut dans une
structure élastique soumise à un chargement. Ces invariants ont la propriété de ne pas
dépendre du contour d'intégration choisi, dans la mesure où celui-ci est fermé et entoure la
fissure, ainsi que le montre la figure 1.1.

x2
F
C ds n

M
fissure

x1

Figure 1.1 : Intégrale d'Eshelby.

L'intégrale J d'Eshelby est alors définie comme suit :

 ∂u 
J = ∫ Wn 2 − T. ds
C ∂x1 
u : déplacement au point courant,
W : energie de déformation,
 n1 
n =   normale au contour (C) en M.
n 2 
s : abscisse curviligne,
T : vecteur tension ( T = σ. n )

x2

ds n
(Γ)
2a
M
fissure

x1

Figure 1.2 : Intégrale J de Rice

11
Rice [RIC68A] montre en 1968 que la propriété d'indépendance vis-à-vis du contour
d'intégration est conservée lorsque le contour d'intégration entoure la pointe de fissure. J est le
seul invariant d'Eshelby ayant cette propriété. Ainsi, si l'intégration est réalisée non plus sur C
mais sur le contour Γ de la figure 1.2, J devient donc une caractéristique de la pointe de
fissure considérée, de la géométrie de la structure et du chargement, lors d'une avancée
élémentaire de la fissure et non plus lors d'une translation.

Rice montre que l'intégrale J est égale à la variation d'énergie potentielle P de la


∂P
structure lors d'une avancée élémentaire de la fissure dans la direction 1 : J = − . Cette
∂a
quantité est également appelée taux de restitution de l'énergie et noté G, on a donc J=G.

J est également appelée force fissurante, c'est à dire que si l'on impose la force F sur le
couteau représenté sur la figure 1.3 alors l'intégrale J est la force appliquée par unité de
longueur de front de fissure: F/L.

J=F/L

Figure 1.3 : Représentation schématique de la force fissurante.

L'intégrale de Rice conserve ses propriétés lorsque le matériau est élastique non
linéaire à condition que les contraintes dérivent d'un potentiel: σ ε =() ∂W
∂ε
. On pourra en
trouver la démonstration pour des structures bidimensionnelles dans un exposé de E. de
Langre [LANG86].

De ce fait pour un matériau élastoplastique J est indépendante du contour d'intégration


dès lors que le chargement est monotone croissant en tout point de la structure. Cette
condition de monotonie est essentielle et limite l'utilisation de l'intégrale J.

L'intégrale de Rice est également définie pour une structure tridimensionnelle et un


front de fissure tridimensionnel. Dans ce dernier cas l'intégrale J évolue le long du front de la
fissure.

12
Chapitre 1

Il faudra compléter la définition de l'intégrale J pour tenir compte de:

- l'axisymétrie de la fissure,
- chargements thermiques,
- la pression sur les lèvres de fissure,
- forces de volume,
- forces d'inertie,

E. de Langre [LANG86] précise les expressions complètes de l'intégrale J dans ces


configurations particulières de géométrie ou de chargement.

Le calcul de l'intégrale J est généralement effectué avec l'hypothèse de petites


déformations et de petits déplacements, de récents développements [MIA95] montrent que
l'on peut également définir une intégrale comparable dans l'hypothèse des grands
déplacements.

Si les méthodes numériques de calcul de J permettent dans tous les cas de calculer
cette grandeur, rien ne prouve pour autant que le résultat obtenu puisse être utilisé tel quel.
Cette intégrale n'est utilisable que sous certaines restrictions que nous rappelerons pour
chacun des domaines étudiés.

Nous allons établir les liens entre l'intégrale J et l'étude de la rupture fragile, de la
rupture des matériaux élastiques non linéaires, et celle des matériaux élastoplastiques.

Nous verrons ensuite comment l'intégrale J est utilisée pour l'étude de la stabilité des
défauts dans une structure.

Dans tous les cas J est un scalaire permettant, sous l'hypothèse de monotonie des
chargements, de quantifier pour une structure fissurée donnée la sévérité d'un chargement.

Rupture fragile :

Présentation historique :

T.L. Anderson retrace dans [AND91] l'évolution de la mécanique de la rupture depuis


les premiers ouvrages romains pour lesquels le soucis était de dimensionner au mieux une
structure sans défauts, jusqu'à l'état actuel des connaissances sur le comportement des
structures fissurées et les différentes approches développées pour mieux prévenir les dangers
afférents à la dégradation d'un composant mécanique. T.L. Anderson situe en 1913 la
première étude mécanique de structure fissurée réalisée par Inglis [ING13]. Les travaux de
Griffith [GRI20] qui suivront en 1920 resteront longtemps en dehors du champ des
applications industrielles. Il faudra attendre l'aprés guerre et les travaux d'Irwin [IRW57] pour
que la mécanique des structures élastiques fissurées prenne son essort et entre dans les
préoccupations industrielles. On rappelle dans bien des ouvrages consacrés à la mécanique de
la rupture que les ruptures brutales et spectaculaires, que l'on peut aujourd'hui qualifier de
fragiles, des liberty ships pendant la seconde guerre mondiale ont contribué à accélérer les
recherches dans ce domaine.

13
Les modes d'ouverture de fissure:

On distingue trois modes d'ouverture de fissure notés I, II et III. La figure 1.4


représente la déformée d'une fissure sur une plaque à entaille latérale pour chacun de ces trois
modes. Les modes I et II ont la caractéristique d'ouvrir la fissure dans le plan de la plaque
alors que le mode III l'ouvre hors du plan.

Les modes II et III sont trés souvent négligés devant le mode I qui est le plus nocif.

Mode I Mode II

Mode III

Figure 1.4 Les trois modes d'ouverture de fissure.

Solution de Westergaard:

L'essort de la mécanique de la rupture est indissociable de la découverte en 1939 par


Westergaard [WES39] d'une solution analytique en élasticité linéaire et petites déformations,
pour un solide plan infini fissuré soumis à une contrainte uniforme représentée sur la figure
1.5. Un développement limité de cette solution au voisinage de la pointe de fissure indique
que le profil des contraintes dans cette zone est singulier et invariable, pour un chargement en
mode I, à un facteur d'échelle KI près :

KI
σ( r, θ) = σ I ( θ)
2 πr
K I = σ πa : facteur d' intensité de contraintes en mode I.
 θ 3θ θ 3θ 
θ 1 − sin 2 sin 2 sin cos
2 2  dans le repère (Ax,Ay)
σ I (θ) = cos 
2  sin θ cos 3θ θ 3θ
1 + sin sin 
 2 2 2 2

14
Chapitre 1

σ Contrainte uniforme à l'infini


x2
y M

r
z θ
x
A
2a

x1
σ
Contrainte uniforme à l'infini
Figure 1.5 : Problème de Westergaard.

Les solutions pour les modes II et III en milieu infini ont été obtenues par la suite, on a
de la même façon dans le repère centré sur la pointe de fissure représenté sur la figure 1.5, le
chargement étant cependant différent:

K II
σ ( r, θ ) = σ II (θ)
2 πr
K II : facteur d' intensité de contraintes en mode II.
 θ θ 3θ  θ θ 3θ  
 − sin  2 + cos cos  cos 1 − sin sin  
σ II (θ) =  2 2 2 2 2 2  dans le repère (Ax,Ay)
θ  θ
 cos 1 − sin sin  3 θ  θ θ 3θ 
sin cos cos
 2 2 2 2 2 2 

La contrainte σzz des modes I et II dépend de l'hypothèse réalisée pour le calcul:


déformations ou contraintes planes, elle n'apparait donc pas ici.

Pour le mode III, on a:

K III
σ ( r, θ) = σ III (θ)
2 πr
K III : facteur d' intensité de contraintes en mode III.
 0 θ
 0 − sin 
 2
θ
σ III (θ) =  0 0 cos  dans le repère (Ax, Ay, Az)
 2
 − sin θ cos θ 0 
 2 2 

15
Quelques solutions analytiques :

Des solutions analytiques ont été obtenues pour des géométries variées:
σ

K I = 1122
. σ πa
a

σ
Figure 1.6 : Plaque semi-infinie à entaille latérale en traction.

σ πa
KI =
2a πa
cos
2b
2b

σ
Figure 1.7 : Plaque à entaille centrale en traction.

2c
σ σ
2  −1 c b
K I = σ πa sin − sin −1 
π  a a 
2b
2a

Figure 1.8 : Fissure partiellement chargée dans un solide infini.

16
Chapitre 1

Cas général d'une structure de dimension finie:

Le nombre des solutions analytiques est trés limité et ne permet pas de traîter tous les
problèmes rencontrés. On en déduit cependant la forme générale de K I lorsque la géométrie de
la structure est finie:

K I = fσ πa
σ: contrainte caractéristique du chargement appliqué loin de la fissure,
f: facteur de forme fonction de la géométrie fissurée et du type de chargement appliqué,
a: longueur caractéristique de la fissure,

La prise en compte d'un chargement appliqué à une géométrie finie affectera


également les modes II et III. Il faudra introduire de la même façon des facteurs de forme.

Le calcul de KI passe en général par une résolution éléments finis élastique, de


nombreuses tabulations des facteurs de forme f sont disponibles dans la littérature pour
différentes géométries et différents chargements appliqués:

- le formulaire de Murakami [MUR87] récent et complet,


- le formulaire de SIH [SIH73] plus ancien mais agrémenté d'éléments théoriques,
- le formulaire de Tada et Paris [TAD85],
- les formulaires EPRI [KUM81], [KUM84], [KUM88] et [ZAH90].
- les formulaires spécifiques aux tuyauteries droites: [DRU95], [RSE95], [RAJ86],
[POE91].

Différentes méthodes de calcul des facteurs de forme ont été élaborées: méthodes des
fonctions de poids de Bueckner [LAB80], méthode des fonctions de Green décrites dans
[SIH73], celles-ci sont parfois moins coûteuses que le calcul éléments finis.

L'évolution des codes de calcul de structures par éléments finis semble favoriser le
calcul éléments finis direct. La modélisation en coque des structures permet dans certains cas
d'obtenir les facteurs d'intensité de contraintes en utilisant un élément coque fissurée ou
linespring [EBE86], cette méthode étant cependant assez approximative.

Le facteur d'intensité de contraintes est de part le théorème de superposition une


grandeur additive, on sait donc généralement calculer KI à faible coût dans la plupart des
combinaisons de chargements usuels, on écrira pour des chargements combinés:

 
K I =∑σi fi  πa
i 

17
Intégrale J dans la rupture fragile:

En utilisant l'égalité de J et G, un bilan énergétique réalisé par Irwin dans une structure
élastique pour une avancée élémentaire de la fissure prouve que le facteur d'intensité de
contraintes est lié à l'intégrale Jel par une relation quadratique suivante :

K 2I K 2II ( 1 + ν) K 2III
J el = + +
E' E' E

Avec:

 E en contraintes planes.
E' =  E en déformations planes.
1 − ν 2

Cette expression montre que l'intégrale de Rice comme le facteur d'intensité de


contraintes permet de caractériser au moyen d'un seul scalaire la sévérité d'un chargement sur
une structure élastique fissurée soumise à un mode d'ouverture éventuellement complexe.

Il existe des méthodes de calcul direct de l'intégrale J el comme la méthode G-θ


implantée dans le code éléments finis CASTEM-2000 du CEA.

Les corrections de zone plastique :

Position du problème:

L'élasticité linéaire est une approche trés performante lorsque les chargements
appliqués sont faibles comparés au seuil plastique du matériau étudié. Dans le cas d'une
singularité de contraintes provoquée par une fissure l'approche élastique conduit à un niveau
de contraintes infini en pointe de fissure. On ne se situe donc pas dans le domaine de validité
de l'approche élastique.

On constatera en pratique que pour des niveaux de chargements nominaux faibles


devant le seuil élastique, la prise en compte d'une plasticité confinée en pointe de fissure ne
perturbera que trés peu l'estimation élastique de la nocivité du chargement appliqué à la
structure fissurée.

Dans le cas de chargements importants l'estimation élastique de la nocivité du défaut


n'est plus satisfaisante.

Il existe une zone entourant la pointe de la fissure où le matériau est entièrement


plastifié. Cette zone n'oppose pratiquement aucune résistance aux efforts dans la structure
dans l'hypohèse de plasticité parfaite. La figure 1.9 représente schématiquement la zone
plastique en pointe de fissure.

18
Chapitre 1

σ zone plastique

ry

2a

Figure 1.9 : Représentation schématique de la zone plastique.

On cherchera à estimer avec différentes approches le rapport:

ry

a

La prise en compte de la plasticité de pointe de fissure reviendra à remplacer la


longueur a de la fissure par: a(1+Φ) dans le calcul de KI ou de Jel.
La plasticité confinée en pointe de fissure:

L'hypothèse de plasticité confinée revient à considérer que Φ est petit, on peut alors
utiliser le développement limité en pointe de fissure obtenu avec la solution de Westergaard.

On considère ici que le matériau est élastoplastique parfait de limite élastique σ0 et


vérifie le critère de Von Mises.

Une première approche consiste à repérer le lieu géométrique des contraintes qui
égalent le critère de Von Mises. Par exemple pour la fissure de longueur 2a chargée en mode I
dans un milieu infini de la figure 1.9, avec l'hypothèse de contraintes planes, ce lieu
géométrique est donné par la relation en coordonnées polaires suivante:

2
r 1 σ  2 θ 2  θ 
=   cos 1 + 3 sin   
a 2  σ0  2  2 

L'allure de cette zone plastique est représentée sur la figure 1.10 et est caractéristique
d'une fissure chargée en mode 1.

19
1,5

0,5

fissure -0,8 -0,3


0
0,2 0,7 1,2

-0,5

-1

-1,5

Figure 1.10: Zone plastique de pointe de fissure en mode 1.

Irwin propose un calcul plus fin, toujours en mode 1 et dans l'hypothèse de contraintes
planes, prenant en compte un rééquilibrage des efforts. La figure 1.11 représente la
distribution des contraintes dans la direction orthogonale à la fissure avant écrêtage à σ0 puis
aprés écrêtage sur une longueur 2ry. Pour rééquilibrer les efforts, les aires hachurées doivent
être égales.
σ22

σ0

ry

X1

Figure 1.11: Méthode d'Irwin pour le calcul de ry.

La fissure se comporte alors comme une fissure de longueur a+ry, avec:

2
ry 1 σ 
=Φ=  
a 2  σ0 

Irwin complète sa solution en développant une approche plus approximative en


déformations planes, il obtient alors:
2
1 σ
Φ=   avec β = 2 en contraintes planes et β = 6 en déformations planes
β  σ0 

Cette correction n'est applicable qu'aux faibles niveaux de chargement. Il est donc
illusoire de l'appliquer au delà de la plasticité généralisée, d'autres corrections intervenant à ce
niveau, comme nous le verrons par la suite. Nous serons amenés à utiliser la correction de
plasticité empirique suivante:

20
Chapitre 1

1 ( σ σ0)
2
Φ=
2 1 + ( σ σ0) 2

Cette dernière expression permettant de limiter la correction de plasticité confinée


lorsque les niveaux de chargement sont importants.

Le modèle de Dugdale-Barenblatt:

G. Pluvinage [PLU89] présente ce modèle parmi un grand nombre d'autres corrections


de plasticité étendue, pour les matériaux élastoplastiques parfaits.

L'idée principale est de décomposer le problème d'une fissure en milieu infini en


introduisant une zone plastique éliminant les concentrations de contrainte. La décomposition
est représentée sur la figure 1.12.
σ σ

σ0 2c σ0 σ0 σ0
σ
2a
= + +

σ0 σ σ σ0 σ0
0
A B C D

σ σ
Figure 1.12: Modèle de Dugdale-Barenblatt.

La structure A avec correction de zone plastique doit avoir un facteur d'intensité de


contraintes nul pour que les contraintes ne soient pas infinies. On fait ici l'hypothèse que de
part et d'autre de la fissure il existe des contraintes, dites de cohésion, sur une distance c-a
égales à la limite élastique du matériau.

Le problème de mécanique élastique est somme de trois problèmes B, C et D. Pour que


KI (A)=0, il faut que :KI (C)+KI (D)=0. En utilisant la solution analytique du problème
représenté sur la figure 1.8, on obtient la valeur de c-a en fonction du chargement appliqué, ou
encore:

ry c − a   πσ  
Φ= = = sec  − 1
a a   2σ 0  

La structure fissurée se comporte comme un solide infini avec une fissure de longueur
2a(1+Φ) en traction.

21
Ce modèle bien qu'empirique nous donne d'importantes informations sur les effets de
KI
la plasticité sur la rupture. Si on note K ep
I la valeur de KI corrigée plastiquement et
Kr =
K ep
I
, on peut représenter l'évolution de Kr en fonction du chargement appliqué adimensionalisé
sous la forme: L r = σ σ 0 . La figure 1.13 représente Kr=f(Lr) pour le matériau élastoplastique
parfait que nous étudions.
1

0,8

0,6
Kr

0,4

0,2

0
0

0,1

0,2

0,3

0,4

0,5

0,7

0,9

1
0,6

0,8
Lr
Figure 1.13 Influence de la plasticité étendue dans le modèle de Dugdale-Barenblatt.

Lorsque Lr est faible l'estimation élastique de KI représente donc bien la nocivité du


chargement. Lorsque au contraire Lr est légèrement inférieur à 1, la nocivité du chargement est
mieux représentée par la ruine plastique de la structure. La nocivité d'un chargement sur une
structure fissurée doit donc tenir compte à la fois du niveau d'intensité de contraintes et du
niveau de plasticité dans la structure.

En pratique nous n'utiliserons pas le modèle de Dugdale-Barenblatt. D'une part car il


existe d'autres solutions élastoplastiques parfaites plus réalistes et d'autre part car les
matériaux usuels tolèrent de l'écrouissage et la plasticité y est donc moins sévère que ne le
prévoit ce modèle.

Fissure dans une structure infinie élastique non linéaire et solution H.R.R.:

Pour un matériau élastique non linéaire la loi de traction uniaxiale est respectée, en
charge comme en décharge ainsi que le représente la figure 1.14.

Cette étude est basée sur les matériaux suivant une loi de Ramberg-Osgood, dont la
relation contrainte déformation est de manière générale :

n
ε σ  σ
= + α 
ε0 σ0  σ0 

22
Chapitre 1

charge
décharge

0 ε

Figure 1.14: Loi de traction d'un matériau élastique non linéaire

L'objectif est ici de caractériser le tenseur des contraintes au voisinage de la fissure


d'une structure supposée infinie. En cherchant la singularité de contraintes dominante en
pointe de fissure associée à la partie purement plastique des déformations, Hutchinson,
Rosengren et Rice (H.R.R.) montrent dans [HUT68] et [RIC68B] que le tenseur des
contraintes a nécessairement l'allure suivante:
1
 EJ p 1  n +1
σ = σ0 
 
 σ( n, θ)
ασ2
0In r 

σ( n, θ) est normé de façon à ce que la contrainte équivalente associée ait un maximum unitaire.
J p partie purement plastique de l' intégrale J.
I n intégrale fonction de n tabulée.
On retrouve bien pour n=1 la singularité ½ de l'élasticité linéaire. L'intérêt fondamental
de la solution H.R.R. est de montrer l'existence de l'intégrale J en élasticité non linéaire.

Rupture des matériaux ductiles :

Le calcul d'une intégrale de contour J pour un matériau ductile et un contour donné de


la structure est numériquement toujours possible, il reste cependant à établir les conditions
sous lesquelles cette intégrale reste bien une caractéristique de la nocivité du chargement pour
une structure donnée.

L'extension de l'intégrale J aux matériaux ductiles se déduit de la solution H.R.R.. En


effet si l'on suppose qu'en tout point de la structure le chargement est monotone croissant la
figure 1.15 nous montre alors que la solution H.R.R. reste valable pour les matériaux ductiles
dont la relation contrainte-déformation est représentée par une loi de Ramberg-Osgood
puisque la solution H.R.R. se limite en toute rigueur à ces seuls matériaux.

23
σ
charge

décharge

0 ε

Figure 1.15: Loi de traction d'un matériau élastoplastique

La condition de monotonie du chargement est présentée ici comme une condition


suffisante, on peut affirmer inversement, sur la base de calculs numériques, que si le
chargement n'est pas monotone, alors l'intégrale J perd son indépendance vis-à-vis du contour
d'intégration et ne peut donc plus caractériser la sévérité d'un chargement non monotone sur
une structure fissurée à comportement non linéaire.

La solution H.R.R. ne permet pas de prendre en compte les effets d'une géométrie
finie. La prise en compte des effets géométriques est mise en oeuvre par Kumar German et
Shih dans les formulaires EPRI [KUM81], [KUM84],[KUM88].

Kumar et Shih font l'hypothèse de radialité des chargements. Les contraintes à une
distance c de la pointe de fissure sont proportionnelles au chargement appliqué:

σ P
=
σ( n, θ) P0
P0 est une valeur de P particulière arbitrairement choisie

L'intégrale In de la solution H.R.R. est remplacée par une fonction h 1 de la géométrie et


du coefficient d'écrouissage du matériau.

La solution H.R.R. en solide de dimensions finies prend alors la forme:


n +1
 P
J p = αε0 σ0 h1c 
 P0 

C'est sous cette forme qu'ont étés tabulés un grand nombre de résultats éléments finis
dans les différents formulaires EPRI, pour ce qui concerne la partie plastique de l'intégrale J.

24
Chapitre 1

L'estimation complète de l'intégrale J des formulaires EPRI s'écrit généralement :

J = J el (1 + Φ) + J p

1 n −1 ( P / P0 ) 2
Φ=
β n +1 1 + ( P / P0 ) 2

 2 en contraintes planes
β=
6 en défor mations planes

Φ est une correction de plasticité confinée pour un matériau de Ramberg-Osgood.

De plus P0 est généralement choisi égal ou voisin de la charge limite de la structure.


Bien que celà ne soit pas mentionné la fonction h1(n) dépend également du choix de P0.

Les propriétés de l'intégrale J sont donc respectées pour les matériaux de Ramberg-
Osgood. Pour les autres matériaux on ne dispose d'aucun résultat, tout porte cependant à
penser que l'intégrale J reste avec une trés bonne approximation indépendante du contour
d'intégration. On ne sait alors calculer l'intégrale J que numériquement, il faudra donc toujours
vérifier l'indépendance des résultats vis-à-vis du contour d'intégration.

De trés nombreux calculs montrent que si le maillage de la structure est suffisamment


fin et que le chargement est monotone croissant, alors la règle d'indépendance vis-à-vis du
contour d'intégration reste respectée.

La règle de monotonie des chargements doit être vérifiée en tous les points de la
structure, on ne pourra pas toujours se contenter de vérifier la monotonie globale des
chargements appliqués. On constate notamment pour certains chargements thermiques que
l'on peut avoir des décharges locales alors que globalement le chargement est croissant.

Utilisation de l'intégrale J pour l'étude de la stabilité des fissures:

Approche energétique de la stabilité:

Nous avons montré que l'intégrale J permet de quantifier la sévérité d'un chargement
appliqué à une structure fissurée donnée, nous allons décrire à présent l'utilisation de ce
scalaire dans l'analyse de la stabilité de la fissure. Cette présentation repose principalement sur
l'exposé de P.Jamet [JAM86], on retrouvera cette approche dans tous les ouvrages modernes
consacrés à la mécanique de la rupture dans le domaine élastoplastique.

La taille de la fissure est dans un premier temps introduite comme variable dans le
principe des travaux virtuels, généralisant ainsi ce dernier. La conservation de l'énergie dans la
structure fissurée lors d'une avancée virtuelle δa de la fissure nous conduit à l'égalité suivante:

25
0 = δWext − δWε − δWa − δI
δWext : variation du travail des forces extérieures associée à l'avancée δa.
δWε: variation de l' énergie de déformation associée à l' avancée δa.
δWa : énergie dissipée par l' augmentation de l' aire de la fissure associée à δa.
δI: variation de l' energie cinétique associée à l' avancée δa.

L'intégrale J est égale au taux de restitution de l'énergie, on a donc:


J=
δa
( Wext − Wε )

On suppose l'existence d'une fonction Jc , caractéristique du matériau telle que:

δWa = J c δa

Le principe des puissances virtuelles s'écrit alors:

δI = ( J − J c ) δa

Conséquences:

- Si J=Jc, alors δI=0 on a équilibre.


- Si J<Jc, alors δI<0 on n'a donc pas équilibre et la fissure ne peut se propager.
- Si J>Jc, alors δI>0, il y a création d'énergie cinétique et la fissure se propage.

Lorsque J>Jc il faudra distinguer deux types de propagation de la fissure, l'un stable
pour lequel après avancée la fissure stoppe son avancée dans un nouvel état de stabilité, l'autre
instable pour lequel la fissure propage jusqu'à traverser la structure.

La stabilité de l'équlibre dépend de δ2I :

- si δ2I<0 l'équlibre est stable.


- si δ2I>0 l'équilibre est instable.
- si δ2I=0 l'équilibre est indifférent.

Le critère de stabilité de l'équilibre s'écrit donc:

∂J ∂J
< c
∂a ∂a

26
Chapitre 1

Courbe J-∆a:

Pour les analyses pratiques de stabilité, on suppose l'existence d'une courbe donnant Jc
en fonction de l'allongement de la fissure ∆a. Cette courbe est de plus supposée indépendante
de la longueur initiale de la fissure a. l'allure de cette courbe est représentée sur la figure 1.16.

Jc

J1c

0 a+∆a
a

Figure 1.16: Courbe J-∆a du matériau

Pour un matériau fragile on a J c =J1c quelque soit ∆a, le matériau fragile ne permet
donc pas d'avancée stable de la fissure.

La courbe J-∆a permet d'étudier de façon itérative l'avancée d'une fissure jusqu'à
instabilité par avancée brutale de la fissure.

Instabilité plastique:

Il existe une autre limitation à la stabilité de la structure, celle-ci peut également se


rompre par ruine plastique. Il faudra donc ajouter une condition de stabilité vis-à-vis de la
ruine plastique. Si la charge limite associée au chargement appliqué P est P L le critère de
stabilité à la ruine plastique est souvent donné par la relation suivante:

P σu + σ0

PL 2σ 0

où σ0 est la limite élastique du matériau et σu est la contrainte ultime du matériau.

Cas particulier des structures multi-matériaux:

Le problème est notamment soulevé en présence d'un cordon de soudage, celui-ci de


part son irrégularité fait d'un joint soudé une zone privilégiée de concentration de contraintes
et favorise ainsi l'initiation et la croissance de défauts.

27
J.JOCH [JOC93] nous indique que l'on pourra dans tous les cas surestimer la nocivité
du défaut en considérant que le matériau est homogène et constitué du moins résistant des
deux matériaux: soit le métal d'apport soit le métal de base.

Cette surestimation est parfois excessive et il est donc intéressant d'affiner le calcul.
Deux configurations se présentent et sont résumées sur la figure 1.17. La fissure est soit à
l'interface bi-matériau soit au milieu de l'un des deux matériaux.

Pour une fissure à l'interface l'intégrale J n'est plus définie. De nombreuses études
émergent pour mieux comprendre cette configuration, N.P. O'DOWD [DOW93] engage une
réflexion sur ce problème et étudie le cas où les deux matériaux sont très distincts, les
résultats numériques présentés illustrent la difficulté du problème.

Pour une fissure à l'intérieur de l'un des matériaux l'intégrale J conserve ses propriétés
il est donc toujours possible de l'évaluer numériquement. Cependant l'application de méthodes
simplifiées est rendue plus difficile de par la difficulté de calculer la charge limite de la
structure. Une avancée significative dans ce domaine à été réalisée par les chercheurs de
Framatome qui présentent quelques résultats d'application d'une méthode simplifiée
d'estimation de J [GIL93] particulièrement performante.

Figure 1.17: Configurations de fissures dans un milieu bi-matériau.

Le cas des matériaux composites est quant à lui encore plus complexe et semble
difficile à analyser avec les méthodes que nous développons.

Conclusion :

Nous avons pu brièvement resituer l'intégrale J et les différentes approches possibles


selon le comportement du matériau considéré.

L'intégrale J permet de réunir deux approches qui jusqu'ici étaient séparées: la rupture
fragile qui conduit à une destruction quasi explosive de la structure et la ruine plastique de la
structure fissurée qui est moins spectaculaire puisque la structure va s'écouler progressivement
lorsque le chargement augmente.

Les valeurs de l'intégrale Jel se déduiront soit des facteurs d'intensités de contraintes
lorsque les facteurs de forme associés sont tabulés dans la littérature, soit d'un calcul éléments

28
Chapitre 1

finis si tel n'était pas le cas. Le calcul de l'intégrale J el sous chargement complexe se réalise en
utilisant le théorème de superposition sur les facteurs d'intensité de contrainte.

Le calcul rigoureux de J pour les matériaux ductiles repose sur le calcul éléments finis,
ce calcul est coûteux et long à réaliser. Du fait de la non linéarité du comportement des
matériaux ductiles il faudra de plus effectuer un calcul éléments finis par chargement
appliqué. Dans ce contexte il parait difficile d'envisager une étude de propagation de fissure.

Il y a donc un besoin important de méthodes simples d'estimation de l'intégrale J.

29
30
Chapitre 2

LES MÉTHODES SIMPLIFIÉES D'ESTIMATION DE


L'INTÉGRALE J

31
32
Chapitre 2

Introduction:

Les méthodes simplifiées d'estimation de l'intégrale J ont été initiées récemment


[AIN84] par la recherche nucléaire Anglaise du CEGB. Les résultats d'expériences et les
développements numériques et théoriques ayant permis de mieux comprendre la rupture
élastoplastique des structures fissurées.

Dans le cas des structures fissurées soumises à un effort mécanique imposé, il n'existe
pratiquement aucune différence entre les méthodes simplifiées d'estimation de l'intégrale J.

Dans le cas où le chargement est constitué de déformations imposées éventuellement


combinées à un effort imposé considérer que la structure sera soumise aux efforts calculés
élastiquement va conduire à une surestimation de la nocivité du défaut.

Ces efforts de type déformation imposée peuvent provenir de chargements thermiques


ou de contraintes résiduelles par exemple.

Dès la phase de conception ces chargements particuliers font l'objet d'une prise en
compte particulière dans le dimensionnement des composants mécaniques de la structure.
Tout au long de la vie d'une structure il faudra donc appliquer un traitement particulier aux
efforts secondaires.

Des méthodes simplifiées ont été construites pour affiner la prise en compte des efforts
combinés primaires et secondaires. Nous présenterons quelques unes de ces méthodes.

Le cas des chargements de type déplacement imposé ou rotation imposée n'est pas
envisagé dans cette étude. Il reste deux alternatives pour ce dernier type de chargement, le
classer en chargement secondaire de type thermique, ce qui paraît particulièrement dangereux,
ou la méthode sûre qui consiste à classer les déplacements imposés parmi les chargements
primaires.

Méthode simplifiée d'estimation de l'intégrale J sous une force imposée:

Loi de comportement réel et loi de Ramberg-Osgood associée en un point:

On note pour la loi de traction uniaxiale du matériau réel considéré:

ε σ
e= , s=
ε0 σ0

Pour un matériau de Ramberg-Osgood l'intégrale J p dépend d'une valeur particulière de


s:

P
s=
P0

33
La tabulation des résultats éléments finis de l'EPRI est quelque peu restrictive
puisqu'elle ne permet pas d'étudier une loi de comportement réelle mais seulement la famille
des matériaux de Ramberg-Osgood. R.A. Ainsworth dans [AIN84] propose d'élargir le champ
d'application de ce type d'estimations.

La loi réelle du matériau ε(σ) est de façon adimensionnelle: e(s). La loi de Ramberg-
Osgood passant par s et e(s) et tangente à e(s) en s vérifie ( figure 2.1) :

de
−s
s
e-s
n = ds et α = n
e−s s

C'est-à-dire que si la loi de comportement est dérivable alors on pourra toujours


approximer une loi de comportement par une famille de matériaux de Ramberg-Osgood
définie par n(s) et α(s).

s loi approchée de R.O. en s

1
loi réelle

0 e
1 e(s)

Figure 2.1 : Approximation de la loi réelle par une loi de Ramberg-Osgood.

Si l'on suppose que l'intégrale J est à faible mémoire du matériau, c'est-à-dire que
l'intégrale Jp du matériau réel sera égale à la valeur de J p pour un matériau de Ramberg-
Osgood de paramètres n et α définis ci-dessus, alors, pour le matériau réel:

J p = ε0 σ0 ch1 ( n )s( e − s)

L'hypothèse de faible mémoire de J au matériau n'est pas applicable aux aciers


ferritiques dont la loi de comportement présente un plateau, il n'existe alors pas de loi de
Ramberg-Osgood permettant de bien épouser la loi de comportement.

Estimation simplifiée de h1(n):

Si h1(n) est indépendant de n alors l'estimation de J p obtenue ci-dessus ne dépend plus


de la loi de Ramberg-Osgood approchant au mieux la loi réelle en s.
La valeur de h1(n) dépend de P0. Si l'on fait référence à P1 et non plus P0, alors on a :

h1 ( n, P0 ) h1 ( n, P1 )
=
P0n +1 P1n +1

34
Chapitre 2

Ainsworth dans [AIN84] propose donc de chercher la charge particulière P 0 telle que
h1(n,P0) soit le plus indépendant possible de n. Cette charge particulière est pour un grand
nombre de géométries et de chargements supérieure à la charge limite de la structure fissurée
PL, de plus si l'on prend P0=PL alors on a à quelques rares exceptions prés:

h1 ( 1, PL ) ≥ h1 ( n, PL )

Prenons l'exemple traité par Ainsworth d'une éprouvette CT en déformations planes


représentée sur la figure 2.2.

b
a

Figure 2.2 éprouvette C.T..

Pour a/w=0,5 on utilise les valeurs de h 1(n,P0) tabulées dans le formulaire EPRI
[KUM81] pour P0 = 0.118 w σ0 . Ainsworth [AIN84] étudie l'influence du choix de P0 sur
h1(n) les résultats obtenus pour différentes valeurs de P0 dans ce cas apparaissent sur la figure
2.3.

3
2,5 Po= 0,136 w σο
2 Po= 0,134 w σο
h1(n,Po)

1,5
Po= 0,129 w σο
1
0,5 Po= 0,118 w σο
0
1 6 11 16
n
Figure 2.3 : Influence du choix de P0 sur h1.

Cette figure montre qu'un choix judicieux de P 0 permet de diminuer l'influence de n


sur h1. La charge limite en déformations planes de la structure est P L = 0,129 w σ0, le choix de
P0=PL permet donc de surestimer fortement dans ce cas h1(n,PL) en prenant h1(1,PL).

35
La valeur particulière de s=P/PL est notée σref/σ0, σref est appelée contrainte de
référence. La conséquence de l'inégalité ci-dessus est donc que l'on va pouvoir surestimer
l'intégrale Jp associée au matériau réel par:

σ 2  ε(σ ref ) 
J Sp = ch1 (1, PL ) ref  − 1
E  σ ref / E 

Il reste donc à évaluer h 1(1,PL). Pour cela Ainsworth remarque qu'un matériau de
Ramberg-Osgood tel que n=1 et α=1 n'est autre qu'un matériau élastique incompressible
(ν=0,5).

On a donc:

2
σ 
J ( ν = 1 / 2) = ε 0 σ 0 ch( 1, PL )  ref 
el
 σ0 

On peut de plus remarquer que:

 1 en contraintes planes
J el ( ν) E' ( ν = 1 / 2) 
el
= = 1 - ν 2
J ( ν = 1 / 2) E' ( ν)  0,75 en déformations planes

On pourra donc considérer dans tous les cas que:

2
σ 
J e l ( ν ) # ε 0 σ 0 c h ( 1, P L )  re f 
 σ0 

Le coefficient h1(1,PL) se déduit donc de la valeur élastique de l'intégrale J.

Estimation simplifiée de J:

La partie plastique de l'intégrale J est alors:

 ε(σ ref ) 
J Sp = J el  − 1
 σ ref / E 

La correction de zone plastique Φ utilisée dans les estimations EPRI dépend également
de n, Ainsworth propose de surestimer ce terme par l'expression suivante:

1 ( σ ref σ 0 )
2
Φ=
2 1 + ( σ ref σ 0 ) 2

L'estimation complète de l'intégrale J au moyen des simplifications réalisées s'écrit


alors simplement:

36
Chapitre 2

 ε (σ ref ) 
J S = J el  + Φ
 σ ref / E 

La loi de Ramberg-Osgood associée n'intervient donc plus. La démarche suivie par


Ainsworth dans la construction de la méthode simplifiée a consisté à réaliser toutes les
approximations en allant dans le sens d'une surestimation de l'intégrale J. Les méthodes
simplifiées sont donc généralement conservatives.

Nous avons évoqué le problème posé par les matériaux dont la loi de comportement
présente un plateau et qui n'entrent donc pas dans le cadre théorique des méthodes simplifiées,
on observe dans ce cas des non conservatismes lorsque la contrainte de référence est proche
du plateau.

Une source de manque de conservatisme des méthodes simplifiées peut parfois


provenir d'une estimation inadaptée de la contrainte de référence.

A.G. Miller [MIL89] déduit de cette approche simplifiée une méthode pour déterminer
le domaine de conservatisme de la méthode simplifiée pour une géométrie donnée, en utilisant
les fonctions h1(n).

Diagramme Kr-Lr:

L'estimation simplifiée de l'intégrale J définie ci-dessus possède des propriétés


intéressantes. La règle R6 [MIL88] propose de définir les paramètres Kr et Lr suivants:

J el
Kr =
JS
σ
L r = ref
σ0

Le paramètre Kr compare donc l'estimation simplifiée de l'intégrale J à la valeur que


l'on obtiendrait dans un calcul élastique. Ce paramètre est donc unitaire lorsque le mode de
ruine est fragile.

Le paramètre Lr représente le niveau de plasticité dans la structure.

On peut alors écrire l'estimation simplifiée de l'intégrale J sous chargement imposé:

−1/ 2
 Eε( σ 0 L r ) 
Kr =  + Φ( L r ) 
 σ0L r 

On écrit plus simplement cette relation :

Kr = f ( L r )

37
On constate donc que le paramètre Kr(Lr) ne dépend alors plus que de la loi de
comportement du matériau. La figure 2.4 représente schématiquement l'allure de cette courbe
pour un matériau qui tolère de l'écrouissage.

Kr

1
f(Lr)

Lr
0 1

Figure 2.4 : Diagramme Kr-Lr.

Une autre utilisation possible de ce diagramme consiste à se poser la question


suivante: a-t-on JS ≤ Jc ? Pour répondre à cette question, on définit :

Jel
Krc =
Jc

La question de la stabilité de la fissure se réduit à positionner le point K rc-Lr dans le


diagramme de la figure 2.5.

Krc
domaine des
fissures instables
1
Kr=f(Lr)
domaine des
fissures stables
Krc

Lr
0 Lr 1 Lrmax

Figure 2.5 : Diagramme de stabilité des fissures.

Ce diagramme peut à son tour être mis à profit pour analyser une famille de matériaux
sans avoir à prendre en compte la loi de comportement précise du matériau et en garantissant
une surestimation de la nocivité du défaut. La figure 2.6 représente une famille de fonctions
f(Lr), une enveloppe inférieure s'en déduit qui permettra d'analyser sûrement les fissures
rencontrées dans quelque matériau que ce soit.

38
Chapitre 2

Krc

: loi enveloppe
1

Lr
0 1

Figure 2.6 : Loi Kr enveloppe.

La règle R6 option 1 propose une telle enveloppe pour des aciers de type 316 à des
températures variant entre 20 et 600 degrés ( [AIN96] ), celle-ci est communément utilisée
pour les matériaux de l'industrie nucléaire:

[ ][
fR6 opt.1 ( Lr ) = 1 − 0.14 L2r 0.3 + 0.7 exp −0.65L6r ( )]
La loi de comportement conduisant à cette fonction est parfois appelée loi
"universelle" [MOU93].

La règle R6 option 2 propose de prendre en compte la loi réelle du matériau considéré.

Règle R6 pour les chargements thermomécaniques:

Les principes de cette méthode simplifiée ont été initialement présentés dans [AIN86]
puis dans la règle R6 [MIL88A]. La remarque essentielle dont découle cette méthode est que
sous un chargement thermique de type déformation imposée, l'intégrale J calculée
élastiquement est supérieure à l'intégrale J obtenue pour un comportement élastoplastique de
la structure. De cette remarque Ainsworth utilise le fait qu'il est alors conservatif de considérer
que l'intégrale J est égale à son estimation élastique pour un chargement purement secondaire.
On en déduit ainsi la contrainte de référence secondaire σsref liée à la fonction f du matériau,
définie précédemment, par la relation suivante:

( )
el
σsref / f σsref / σ0 = KsI / πa

Si on note σP ref la contrainte de référence associée au chargement primaire seul, et


ε(σ) la relation contrainte déformation du matériau, Ainsworth affirme que la contrainte de
référence associée au chargement combiné P+S est supérieure à la plus petite valeur de σref
vérifiant la relation suivante:

(


ε( σ ref ) = Minε σ*ref + σP + )
[
σsref + σP ][ (
s *
ref ε σ ref − σ ref ) ] 

ref
σ*ref  2σ*ref 
 

39
Utilisant cette loi conservative de combinaison des efforts secondaires et primaires,
Ainsworth en déduit une surestimation de la contrainte de référence du chargement combiné
primaire P et secondaire S dont l'évaluation élastique est S el. Le matériau retenu pour cette
étude est celui de la règle R6 option 1 définie plus haut, cette méthode est également
préconisée pour prendre en compte la loi de comportement réelle du matériau. Connaissant la
contrainte de référence du chargement combiné on peut en déduire ainsi l'estimation
simplifiée de l'intégrale J.

Les résultats obtenus peuvent être résumés symboliquement par le système d'équations
suivant:
2


JS( P +S) = 
( )
Jel ( P) + Jel Sel  

 f( Lr ( P) ) − ψ( x) 
 

Avec:

x=
( ) . L ( P)
Jel Sel
r
J ( P)
el

La fonction ψ est calculée en deux étapes:

 0 si x < 0
 0.714
ψ1 = 0.1x − 0.007x2 + 0,00003x5 si 0 ≤ x ≤ 5.2
 0.25 si x ≥ 5.2

 ψ 1 si x < 0

ψ =  4 ψ 1 ( 1.05 - L r ( P ) ) si 0.8 ≤ L r ( P ) ≤ 1.05
 0 si L r ( P ) ≥ 1.05

La règle R6 adopte une correction de zone plastique particulière:

1 L3r ( P ) σ 0
Φ=
2 Eε ( L r ( P ) σ 0 )

Cette méthode simplifiée permet donc un calcul simplifié particulièrement aisé à


mettre en oeuvre pour laquelle la connaissance du paramètre L r ne porte que sur les
composantes primaires du chargement.

Le principal inconvénient de cette méthode est la forte surestimation de l'intégrale J


qui en résulte dans beaucoup de configurations de chargement. Les industriels ont donc
cherché à développer des méthodes plus précises.

Méthode simplifiée du projet d'annexe A16 du RCC-MR:

Ayant pris acte de l'excès de conservatisme de la règle R6, l'industrie et la recherche


nucléaire française ont engagé dans les années 90 une réflexion sur le développement entre

40
Chapitre 2

autres d'une méthode simplifiée d'estimation de l'intégrale J. Les règles actuellement


consignées dans le RCC-MR [RCC85] permettent de proposer un schéma de calcul d'une
estimation simplifiée de l'intégrale J sous chargement thermomécanique qui reste dans l'esprit
du RCC-MR. Un document a été réactualisé chaque année par le CEA, depuis 1993, recensant
les avancées dans différents domaines de la mécanique de la rupture, on pourra consulter le
dernier d'entre eux [DRU95]. L'objectif de ce travail est de produire une règle d'étude des
structures fissurées compatible avec le RCC-MR.

Le chargement appliqué loin du défaut est constitué d'un chargement primaire nominal
et d'un chargement secondaire nominal calculés élastiquement notés respectivement:
Pno et S el
no . La distribution de ces chargements est différente dans un calcul élastoplastique.
On aura un chargement constitué de Pno et S no , la figure 2.7 résume ces différences dans une
combinaison d'efforts primaires et secondaires de type déformation imposée rapportés sur la
loi de comportement du matériau.

el
Le chargement élastique nominal appliqué est donc: Qel
no = Pno + S no .

Le chargement élastoplastique nominal est lui: Q no = Pno + S no .

Pno + Sel
no

Pno + Sno

Pno

E
0
ε
Figure 2.7 : Prise en compte de la plasticité dans la partie nominale.

 Sel 
= σ  ( no )
ε + no
La figure 2.7 nous indique que : no
Q P .
 E 

L'intégrale J calculée élastiquement est: Jel ( Qel


no ) . Cette valeur doit être modifiée pour
tenir compte de l'affaissement des contraintes nominales du au comportement élastoplastique
de la structure. L'intégrale Jel variant comme le carré de la charge, on a:

2
 Q no  el el
J ( Q no ) =  el
el
( )
 J Q no
 Q no 

On notera cette première correction:

2
 Q no 
k J1 =  el 
 Q no 

41
De même au voisinage du défaut le chargement élastique appliqué est constitué d'une
el
part primaire et d'une part secondaire notées: Pdef et Sdef et le chargement total élastique
Qdef . La prise en compte de la plasticité va modifier ces chargements ils seront alors notés:
el

Pdef , Sdef et Q def .

La loi de Neuber permet de surestimer le chargement combiné élastoplastique au point


le plus chargé de la structure, c'est-à-dire au voisinage du défaut, conformément à la figure
2.8.

σ
el
Q def

Q def

Pdef ∆σ∆ε=Cste

E
0
ε
Figure 2.8 : Prise en compte de la plasticité au voisinage du défaut.

Cette étape revient à définir la contrainte de référence sous chargement combiné, on a


donc:

σ ref = Q def

et sont solutions de l'équation implicite suivante:

( )
2
E( ε( σref ) − ε( Pdef ) ) ( σref − Pdef ) = Qel
def − Pdef

Il faudra donc résoudre numériquement cette équation.

La correction de plasticité étendue est notée kJ2, et on a:

ε ( σ ref )
k J2 = +Φ
σ ref / E

avec:

1 ( σ ref / σ 0 )
2
Φ=
2 1 + ( σ ref / σ 0 ) 2

L'estimation simplifiée complète de l'intégrale J est alors:

42
Chapitre 2

(
JS = Jel Qel )
no . kJ1 . kJ2

Ce schéma formel d'estimation de l'intégrale J permet étape par étape de bien justifier
les calculs réalisés. D'un point de vue pratique plusieurs difficultés se posent:

- calculer les efforts équivalents à reporter sur la loi de comportement,

- calculer les efforts élastiques au voisinage du défaut.

Nous répondrons au mieux à ces interrogations par la suite, ces deux points à eux seuls
constituent la difficulté majeure de cette méthode.

Méthode simplifiée par interpolation de résultats numériques:

Parallèlement à la méthode simplifiée du projet d'annexe A16, EDF a étudié une


méthode dont la base est plus numérique et qui est applicable aux tuyauteries droites à défauts
circonférentiels.

Pour cela un grand nombre de calculs éléments finis axisymétriques de l'intégrale J ont
été effectués pour quelques profondeurs relatives de défauts et pour des matériaux
représentatifs de ceux utilisés, sous gradient thermique axisymétrique seul et combiné à un
chargement primaire.

On aboutit alors à une estimation simplifiée, plus proche de la règle R6 que celle du
projet d'annexe A16, sous la forme:
2
 Jel ( P) 
JEDF = 
 f( Lr ( P) ) ( )
+ kth Jel Sel 

 

Les notations étant les mêmes que celles utilisées pour la règle R6. La fonction k th
dépend du type de matériau considéré, du niveau du gradient thermique appliqué et de la
profondeur relative du défaut, on en trouvera les expressions dans [BAR95A] et [BAR95B].
L'extension de cette méthode aux défauts circonférentiels tridimensionnels semble déjà très
prometteuse.

Les seuls inconvénients de cette méthode sont d'une part son coût et d'autre part la
difficulté de transposer les résultats obtenus à des géométries différentes de celle retenue. Les
avantages sont eux que si l'on se situe dans des gammes de paramètres voisines de celles
utilisées pour établir cette méthode alors celle-ci est extrêmement précise.

Conclusion :

Cette présentation des différentes méthodes simplifiées nous a permis de mettre en


évidence les qualités et défauts de chacunes de ces méthodes. L’objectif de cette thèse n’est
bien entendu pas de proposer une méthode basée sur un lissage de calculs éléments finis, nous
ne nous intéresserons donc pas au dernier type de méthode présenté.

43
L’excès de conservatisme de la règle R6 nous a conduit à choisir de développer une
approche basée sur les idées du projet d’annexe A16 du RCC-MR.

Dans tous les cas il sera utile de compléter le concept de contrainte de référence pour
quantifier au mieux la sévérité des chargements appliqués. L’analyse limite nous sera
particulièrement utile sur ce point.

Les lignes de tuyauteries des centrales nucléaires font apparaître une forte
prédominance de fissures circonférentielles dont l'allure est représentée schématiquement sur
la figure 2.9.

Figure 2.9 : Représentation schématique d'une fissure circonférentielle.

C'est donc ce type de fissure que nous avons étudié en priorité. Sur cette géométrie la
règle R6 propose dans les cas de chargement comprenant une pression interne de ne prendre
en compte que l'effet de fond dont la résultante est un effort axial ayant effectivement
tendance à ouvrir élastiquement la fissure. Le paramètre Lr est alors obtenu en ne prenant en
compte que la composante axiale du chargement. Des calculs éléments finis montrent que
quand le défaut est petit l'estimation simplifiée qui est pratiquement la même dans les trois
méthodes exposées est souvent inférieure aux résultats obtenus par un calcul éléments finis
élastoplastique.

Nous avons décidé de retenir une approche différente sur ce point, on peut en effet
supposer que lorsque la structure est fortement plastifiée, sa résistance aux efforts est moins
grande et une fissure soumise à un chargement qui n'ouvre pas élastiquement les lèvres de
fissure comme la contrainte circonférentielle de pression aura une plus grande facilité à
s'ouvrir sous l'effet d'un chargement axial lorsque la contrainte circonférentielle est
suffisamment intense qu'en l'absence de cet effort circonférentiel.

Pour les chargements primaires purs nous avons donc choisi de retenir une contrainte
de référence directement déduite de la charge limite de la structure sous le chargement
complet auquel est soumise la structure même si certaines composantes du chargement
n'interviennent pas dans le calcul de Jel.

Dans le cas d'un chargement combiné primaire et secondaire la méthode simplifiée du


projet d'annexe A16 revient à chercher le chargement primaire équivalent au chargement
combiné primaire et secondaire calculé élastiquement. Cette méthode est donc très proche de
la méthode simplifiée sous chargement primaire pur. Cette remarque nous permet d'espérer
une précision de l'estimation simplifiée presque aussi bonne que l'estimation sous chargement

44
Chapitre 2

primaire seul dont on verra par la suite qu'elle est souvent très précise dans le cas des
tuyauteries droites.

Il est nécessaire d'effectuer des calculs éléments finis permettant de bien valider notre
choix sur la prise en compte de la biaxialité du chargement et quelques calculs sous
chargement combiné primaire et secondaire pour pouvoir valider une méthode du type du
projet d'Annexe A16 du RCC-MR.

Il n'existe pas d'expression permettant de calculer la charge limite d'une tuyauterie


droite avec fissure circonférentielle sous chargement combiné de flexion, pression interne,
traction, moment local axial. Nous serons donc amenés à proposer une charge limite dans
cette configuration de chargement qui correspond aux besoins industriels.

De même dans le cas des défauts longitudinaux sur les tuyauteries droites, il n'existe
d'expression de la charge limite que pour une pression interne, cela est certainement lié au fait
que les autres chargements usuels n'ouvrent pas élastiquement la fissure et que la règle R6
semble implicitement négliger ces chargements. Nous nous appuierons également sur l'analyse
limite pour proposer quelques résultats dans cette configuration de fissure.

Pour le calcul de J el nous utiliserons les résultats obtenus sur les calculs éléments finis
réalisés pour valider notre approche. Pour une programmation plus générale de la méthode
nous serons amenés à recouper un certain nombre de résultats éléments finis.

45
46
Chapitre 3

ANALYSE LIMITE ET PARAMÈTRE LR DE LA


MÉCANIQUE DE LA RUPTURE

47
48
Chapitre 3

Introduction:

L'utilisation des méthodes simplifiées de la mécanique de la rupture requiert une


estimation du niveau de plasticité dans une structure fissurée soumise à un chargement
complexe. En pratique le niveau de plasticité sera repéré sur la loi de comportement réelle du
matériau.

Nous allons présenter dans un premier temps l'analyse limite, qui permet au moyen
d'une idéalisation du comportement d'évaluer la sévérité du chargement appliqué du point de
vue de la ruine plastique. Les deux approches en borne supérieure et inférieure permettent
d'encadrer la charge maximale que peut supporter une structure élastique plastique parfaite.
Nous présenterons également brièvement les approches coques de l'analyse limite.

L'analyse limite induit comme nous le verrons une méthode de normation des
chargements complexes. De cette norme nous déduirons deux éléments essentiels pour
l'application des méthodes simplifiées au matériau réel:

- le chargement maximal que peut supporter une structure,

- le niveau de plasticité dans la structure.

Nous utiliserons donc les propriétés de l'analyse limite pour généraliser la définition de
la contrainte de référence utilisée sous chargement simple par Ainsworth dans [AIN84].

Principes de l'analyse limite :

L'analyse limite est une approche particulière de l'élastoplasticité tridimensionnelle,


dans cette approche le comportement des matériaux est supposé élastique plastique parfait, la
loi de traction uniaxiale est représentée sur la figure 3.1. Il s'agit donc d'une idéalisation du
comportement des matériaux.

σο

ε
0

Figure 3.1 : Loi élastoplastique parfaite.

La distinction de l'analyse limite et de l'élastoplasticité est récente et liée à une


nécessité mathématique de classification des lois de comportement permettant de développer
des théorèmes d'existence et d'unicité de solutions et d'en déduire les espaces fonctionnels où

49
il faudra aller puiser des solutions, on pourra consulter [TEM83] pour ce type de problèmes.
La démonstration rigoureuse des théorèmes de l'analyse limite est aujourd'hui un domaine
réservé des mathématiques. Plutôt que de démontrer tous les théorèmes aujourd'hui bien
établis nous nous contenterons dans certains cas de citer les propriétés de l'analyse limite. Un
grand nombre de démonstrations plus accessibles à l'ingénieur existent dans la plupart des
ouvrages consacrés à la plasticité mais bien souvent ne permettent pas de couvrir
rigoureusement tous les domaines d'application de l'analyse limite.

En 1950 R.Hill [HIL50] fait l'état de l'art sur la connaissance des matériaux à
comportement plastique, cet ouvrage reste aujourd'hui une référence pour les approches
analytiques de la plasticité et de l'élastoplasticité parfaite. Les outils classiques de l'analyse
limite y sont définis bien que le cadre mathématique n'ait pas alors été bien déterminé.
L'analyse limite porte sur plusieurs domaines:

- les problèmes de mise en forme des matériaux pour lesquels la géométrie de la


structure va fortement évoluer au cours du chargement. L'objectif sera de déterminer la force
minimale à appliquer pour un procédé de mise en forme du matériau: emboutissage, forgeage,
laminage, extrusion. On se rapportera à [HIL50], [ILI56], [PRA58], [CAL69].

- L'analyse limite des structures sous chargements cycliques, on pourra par exemple se
référer à [GOK80].

- les problèmes en géométrie initiale dans l'approximation des petites déformations et


petits déplacements où les chargements appliqués seront exclusivement des efforts imposés
monotones croissants et éventuellement des déplacements imposés nuls. L'objectif sera alors
de déterminer la charge qui entraînera la rupture de la structure par instabilité plastique.

C'est à ce dernier problème que nous allons restreindre notre étude. Il est utile de
simplifier préalablement l'étude en rappelant quelques propriétés de cette charge maximale,
monotone croissante que peut supporter la structure:

- Le chargement limite sur un trajet de chargement est indépendant des contraintes


initiales ou résiduelles à condition que celles-ci ne déforment pas sensiblement la géométrie
de référence de la structure ( [SAL83], [SAL94]). Les contraintes et déformations résiduelles
modifient cependant la charge à partir de laquelle apparaissent les déformations plastiques
([SAV72]).

- Le chargement limite est indépendant du trajet de chargement ([SAL83]).

- Le chargement limite est indépendant des caractéristiques élastiques linéaires du


matériau constitutif ([SAL83], [SAV72], [WIE92]).

La recherche du chargement limite pourra donc s'effectuer pour le matériau rigide


plastique parfait de même limite élastique que le matériau élastoplastique de la figure 3.1 et
initialement vierge de contraintes et de déformations.

Une première étape consistera à définir l'ensemble des chargements pour lesquels le
problème rigide plastique parfait admet au moins une solution. Les propriétés de cet ensemble
nous montreront que les chargements limites sont la frontière de cet ensemble de solutions.

50
Chapitre 3

Quelques définitions et propriétés des matériaux étudiés:

On prendra les notations usuelles de la mécanique des milieux continus en petites


déformations et petits déplacements. La structure étudiée est représentée sur la figure 3.2. Elle
est supposée vérifier toutes les propriétés que nous allons présenter.

∂V
n ∂VQ Q

Σ
V
∂VV

Figure 3.2 : Représentation schématique de la structure.

V: volume,
∂V : frontière de la structure,
Q : efforts imposés sur ∂VQ ,
V : vitesses dans la structure, dont certaines composantes sont imposées nulles sur ∂VV ,
Σ : ligne de discontinuité des vitesses tangentielles, cette discontinuité est notée [ V ] et la
normale au point courant de Σ est notée n .

•Le matériau est supposé rigide plastique parfait, et la relation contrainte-déformation est
représentée sur la figure 3.3.

σο

ε
0

Figure 3.3 : Loi rigide plastique parfaite.

•Les chargements appliqués sont en nombre fini, c'est-à-dire entièrement caractérisés par la
donnée de n scalaires, ou chargements généralisés. Le chargement généralisé sera un vecteur:

51
 Q1 
 . 
 
Q =   ∈ { Q} : espace des chargements généralisés.
 . 
 Q n 

•Les vitesses de déformation généralisées, associées composante par composante au


chargement appliqué sont représentées par le vecteur de vitesses de déformation généralisées:

 q1 
 . 
 
q =   ∈ { q} : espace des vitesses de déformation généralisées.
 . 
 q n 

•La puissance des efforts extérieurs sera: Q • q .

•On définit l'espace S des contraintes statiquement admissibles dans le mode de chargement
Q:

Ce sont les champs de contraintes qui satisfont simultanément les conditions aux
limites sur le chargement appliqué et les équations d'équilibre. On note S l'ensemble de ces
champs.

•On définit les champs de vitesses cinématiquement et plastiquement admissibles:

Ce sont les champs V qui satisfont les conditions aux limites sur les vitesses et qui
respectent l'incompressibilité du champ de déformation. On note C l'ensemble de ces champs.

•Il existe une relation linéaire L, définissant les efforts généralisés en fonction des contraintes:


σ∈
S Q = L (
σ )
•Il existe un opérateur linéaire L' définissant les vitesses de déformation à partir des vitesses:


V ∈
C d = L' (V )
•Il existe un opérateur linéaire L'' définissant les vitesses de déformation généralisées à partir
des vitesses:

∀∈
V C q = L' ' (V )
•Le principe des puissances virtuelles, avec prise en compte des discontinuités de vitesses,
s'écrit:

∀σ∈S∀V∈C Q σ q ( V ) = ∫σ( )
: ddV +∫[ V ] • σn dΣ ( )
V Σ

52
Chapitre 3

•Le domaine des contraintes plastiquement admissible ou critère de plasticité:

En tout point du volume, il existe un domaine convexe G de l'espace des contraintes


tel que:
σ∈G est permis
σ∉G est impossible
0 ∈G

•Le sous espace des contraintes licites H:

Si σ ∈S et σ est plastiquement admissible alors le champ de contraintes est dit licite.

•Le principe du travail maximum, ou principe de Hill:


*
Si σ et d * sont une solution du problème de mécanique étudié, alors:

*

σ
∈H: et σ
: d
Ce principe qui est admis pour l'étude des aciers est en général faux pour les sols,
J.Salençon [SAL83] est amené à définir un type d'analyse limite plus grossier pour ce type de
matériaux appelé calcul à la rupture.

Ce principe est un principe d'unicité de la solution du problème étudié, il permettra de


comparer plusieurs solutions possibles et d'éliminer certaines d'entre elles. Si une solution
satisfait toutes les conditions du problème de mécanique sauf le principe de Hill, alors on
pourra affirmer l'existence d'une solution.

•Le problème global d'analyse limite en géométrie de référence est donc:

Soit une géométrie donnée V, un chargement appliqué Q sur ∂VQ , des conditions
cinématiques sur ∂VV . Existe-t-il un champ de contraintes σet de vitesses V satisfaisant:

- σ ∈H
- V ∈C
- et le principe des puissances virtuelles.

Approche par l'intérieur de la charge limite:

On définit le sous espace des chargements supportables K:

K=L(H)

Si un chargement n'appartient pas à K, il ne peut alors satisfaire le problème global


d'analyse limite.

53
Inversement si Q appartient à K, alors il existe au moins une solution satisfaisant le
problème global d'analyse limite: V uniformément nul.

K est donc l'ensemble des chargements généralisés pour lesquels le problème global
d'analyse limite admet au moins une solution.

On peut montrer que l'ensemble K, représenté schématiquement sur la figure 3.4,


conserve un certain nombre des propriétés de G:

- K est convexe,
- 0 appartient à K.

Qi

∂K
K Qj
0

Figure 3.4 : Ensemble des chargements supportables.

Une méthode classique pour explorer K consiste à effectuer des trajets radiaux
représentés schématiquement sur la figure 3.5. On définit dans une direction de chargement
Q le chargement limite en borne inférieure:

Q L = λL Q ,

avec:

λ L = Sup{ λ ∈ R / λQ ∈ K}

D'un point de vue pratique le chargement limite se situe à la frontière de K. Cette


frontière n'est cependant pas toujours fermée et bornée dans R n, comme par exemple dans le
cas d'un chargement de pression hydrostatique sur un volume élémentaire.

54
Chapitre 3

Qi

QL
∂K
Q Qj
0
K

Figure 3.5 : Exploration de K par trajets radiaux.

•On peut alors énoncer simplement le théorème de la borne inférieure:

S'il existe σ licite pour Q , alors le chargement est supportable par la structure.

Si l'on explore une famille de champs licites, alors l'enveloppe convexe extérieure des
chargements est inclue dans K, cette situation est représentée sur la figure 3.6.

Qi théorème de la
borne inférieure
∂K

Qj
0
K

Figure 3.6 : Représentation graphique du théorème de la borne inférieure.

En pratique tout champ licite pour λ−Q vérifie la propriété importante suivante:

λ− ≤ λL

− est la meilleure estimation connue par défaut de λ L , on note:


Lorsque λopt

 L Q = 1 si Q ≠ 0
 r ( ) opt
 λ−
 L r ( Q ) = 0 si Q = 0

55
Le paramètre Lr définit une norme dans {Q}: unitaire sur la frontière estimée de K,
inférieure à l'unité à l'intérieur estimé de K, et supérieure à l'unité à l'extérieur.

Lr est utilisé en mécanique de la rupture pour mesurer le niveau de plasticité dans la


structure.

Approche par l'extérieur de la charge limite:

Cette approche consiste à mettre en évidence un ensemble étendu de chargements


appliqués extérieurs à K. Nous allons chercher un champ de contraintes plastiquement
admissible qui mis en dualité avec un champ de vitesses V de C, non uniformément nul,
permet de façon sûre de ne pas satisfaire le principe des puissances virtuelles. On saura alors
que ce champ de contraintes vérifie: σ ∉S , c'est-à-dire qu'il est incompatible avec l'équilibre
de la structure.

Définissons pour cela, les deux fonctions du critère de plasticité et du champ de


vitesses choisi suivantes:




( ) {
π d = Sup σ: d / σ ∈G }
π( n,[V]) = Sup{ [ V ]. σ. n / σ ∈G}

Les fonctions π ainsi définies sont parfois difficiles à calculer et le mieux est de se
reporter au cours de J. Salençon [SAL83] qui propose un formulaire de fonctions π pour les
critères de plasticité usuels.

Notons ensuite:

( ) ( [ ])
P( V ) = ∫ π d dV + ∫ π n, V dΣ
V Σ

Alors tout chargement Q vérifiant: P( V ) <Q. q sera extérieur à K par construction.


Ce résultat est également appelé théorème de la borne supérieure.

Fixons le champ de vitesses choisi, la figure 3.7 nous présente une interprétation
graphique du théorème de la borne supérieure.

Qi q

∂K P( V ) − Qq < 0

Qj
0
K

Figure 3.7 : Représentation graphique du théorème de la borne supérieure.

56
Chapitre 3

Ce théorème peut donc également être utilisé pour majorer la charge limite et donc
minorer le paramètre Lr de la structure par trajets radiaux. Dans la direction Q le chargement
minimal en borne supérieure est alors:

+= +
QL λL Q ,

avec:

{ {
λ+L = Min λ ∈R / ∃V ∈C / P( V ) − λQq < 0 }}

Pour un chargement non nul on pourra sous-estimer le paramètre Lr avec 1 λ+L .

Cette méthode d'obtention de chargements extérieurs à K permet sous certaines


conditions d'isoler la totalité de l'extérieur de K, c'est-à-dire que pour une direction de
chargement Q donnée λ L = λ+L . L’approche par l’extérieur que nous venons de présenter peut
donc être considérée comme la meilleure manière d’explorer l’extérieur de K.

Analyse limite des coques minces:

La théorie générale de l'analyse limite en coques minces est présentée dans [SCH68].
On y considère que si les cisaillements dans l'épaisseur doivent être pris en compte dans les
équations d'équilibre coque, ils peuvent être négligés dans le critère de plasticité.

Les efforts sont intégrés dans l'épaisseur T de la coque et décomposés en membranes et


flexions comme indiqué sur la figure 3.8. Ils vont se substituer aux contraintes dans l'analyse
limite en coques, et les vitesses de déformation généralisées duales des efforts coques se
substituent aux vitesses de déformation.

M21 Q1
N22 M11 Q2
N11 M21
N21 M22 Q1
Q2
2 2 2
N12
N12
N21 1 1 1
M22
N11 M21
N22 M11
M21
membranes flexions cisaillements
Figure 3.8 : Efforts dans une coque.

La difficulté principale est de définir le critère de plasticité. Pour cela on effectue


l'analyse limite en contrainte et déformation d'un élément de plaque soumis aux efforts coque,
la transposition du critère de Tresca est présentée par Prager dans [PRA58] et celle du critère
de Von Mises par Iliouchine dans [ILI56].

57
Le calcul des fonctions π pour les coques est présenté dans [SAL83] dans quelques
configurations de chargement et dans le cas le plus général par [SCH68]. Pour l'application du
théorème de borne supérieure nous proposons de se rapporter à ces deux travaux, dans la
mesure où cette approche n'a pas été abordée lors de cette thèse.

On peut énoncer le théorème de la borne inférieure qui est particulièrement simple:

Si un champ d'efforts coque satisfait:


-les équations d'équilibre coque,
-le critère de plasticité coque,
-équilibre le chargement appliqué
alors:
le problème de mécanique associé admet une solution.

Par conséquent, si QL est le plus grand chargement admettant une solution dans la
direction Q , on peut de même définir le paramètre Lr associé à Q : Q = L r Q L .

Les critères de plasticité:

Le critère de Von Mises:

Ce critère est reconnu pour bien représenter la plasticité dans les aciers.

On définit le déviateur des contraintes:

S = σ−
1
3
( )
Trace σ 1 où 1 est l' identité.

Le critère de Von Mises impose aux contraintes:

3
S: S ≤ σ20
2

σ0 est la limite élastique du matériau dans un modèle plastique parfait.

Le critère de Tresca:

Le critère de Tresca ne s'exprime qu'en contraintes principales. Si on note σi les trois


composantes du tenseur des contraintes diagonalisé, on a :

Sup σi − σj ≤ σ0
i ≠j

Ce critère impose des conditions plus sévères que celui de Von Mises mais présente
cependant l'intérêt d'être linéaire par morceaux et permet d'accéder parfois à des expressions
plus simples de la charge limite.

58
Chapitre 3

La charge limite obtenue avec le critère de Tresca P LT peut être comparée à celle
obtenue avec le critère de Von Mises notée PLM, on a:

2
PLT ≤ PLM ≤ PLT
3

Le critère de Von Mises coque:

La figure 3.8 représente les efforts intervenant dans un élément de coque d'épaisseur T.
Il est utile d'adimensionnaliser les différentes composantes des efforts intervenant dans la
coque en utilisant les relations suivantes:

Qi
qi =
σ 0T

N ij
n ij =
σ0T

4M ij
m ij =
σ 0T2

On définit ensuite les trois fonctions suivantes des chargements adimensionnalisés


définis ci-dessus:

2
Yn = n11 + n 222 − n11n 22 + 3n12
2

2
Ym = m11 + m 222 − m11m 22 + 3m12
2

1 1 1
Ynm = n11  m11 − m 22  + n 22  m 22 − m11  + 3n12 m12
3  2   2 

Le critère original défini par Iliouchine [ILI56] pour approximer au mieux le critère de
Von Mises est alors:

Yn + Ym + Ynm ≤ 1

Le couplage entre les flexions et les membranes Y nm est en très bonne approximation
négligeable. Un autre critère découle de cette remarque:

Yn + Ym ≤ 1

Ce dernier critère a été retenu dans le code éléments finis du CEA, Castem-2000. Du
fait de sa simplicité, c'est ce dernier critère que nous utiliserons.

59
Le two moments limited yield criterion ( TMLYC ):

La nécessité d'obtenir des expressions analytiques de la charge limite de structures


parfois complexes conduit à retenir des critères très simples comme c'est le cas du TMLYC.
L'idée essentielle est ici de traiter séparément les membranes et les flexions au moyen de deux
critères de Tresca portant sur les efforts coque adimensionnalisés.

n2 m2

1 1
-1 -1
1 n1 1 m1
-1 -1

Figure 3.9 : Représentation schématique du TMLYC.

On notera n1, n2 les composantes des membranes dans leur repère principal et m 1 et m2
les flexions dans leur repère principal. Le TMLYC est représenté schématiquement sur la
figure 3.9 et peut être également représenté par les deux inégalités suivantes:

Sup m1 − m 2 ≤ 1
Sup n1 − n 2 ≤ 1

La qualité de ce dernier critère est assez médiocre, A.G. Miller [MIL88B] propose
l'encadrement suivant de la charge limite obtenue avec le critère de Von Mises P LM comparée
à celle obtenue avec le critère PLTMLYC:

0,618PLTMLYC ≤ PLM ≤ 1155


. PLTMLYC

On pourra cependant espérer une précision plus fine dès lors que les membranes et
flexions ne sont pas importantes simultanément.

Utilisation du paramètre Lr:

Dans l'exposé que nous avons fait de l'analyse limite, nous avons mis en évidence deux
approches différentes.

- l'analyse en borne inférieure,


- l'analyse en borne supérieure,

60
Chapitre 3

La première de ces approches, à l'inverse de la seconde, nous permet de surestimer la


nocivité du chargement appliqué vis-à-vis de la ruine plastique. Le choix de la sécurité nous
conduit donc à exploiter au maximum l'analyse en borne inférieure.

Nous avons vu que le paramètre Lr est une norme sur l'espace des chargements
généralisés.

Le chargement appliqué est lié à son chargement limite estimé par la relation:

Q = L r QL

La contrainte de référence associée sera définie par :

σ ref = L r σ 0

Cette définition généralise la contrainte de référence utilisée par Ainsworth dans


[AIN84] sous un chargement monoaxé. Pour préciser que le chargement appliqué n'est plus un
scalaire mais un vecteur dont on sait calculer la sévérité, on écrira également:

Q = Q = L r ( Q ) σ0

Cette norme ou contrainte de référence pourra être rapportée à la loi de comportement


réelle du matériau pour déterminer la déformation équivalente associée comme le montre la
figure 3.10.

Q
σο

ε
0 ε(Q)

Figure 3.10: utilisation pratique de la contrainte de référence généralisée.

On peut donc envisager de développer des méthodes simplifiées sous chargement


complexe, la difficulté de mesurer l'intensité des efforts du point de vue de la plasticité étant
levée.

61
Chapitre 4

CLASSIFICATION DES CONTRAINTES DANS LES


TUYAUTERIES DROITES ET CALCULS ÉLÉMENTS
FINIS DE L'INTÉGRALE J DANS LE DOMAINE
ELASTOPLASTIQUE

63
64
Chapitre 4

Introduction:

Nous allons présenter ici les différents calculs éléments finis de l'intégrale J réalisés en
vue de valider les méthodes simplifiées d'estimation de l'intégrale J.

Nous décrirons dans un premier temps les géométries de structures fissurées étudiées,
ensuite les matériaux modélisés pour le calcul éléments finis de l'intégrale J.

Le chargement élastique appliqué à la structure étant une donnée, nous décrirons donc
les chargements élastiques intervenant dans l'analyse des tuyauteries, leur origine et leur
classification sommaire. On distinguera trois types principaux de chargements: les
chargements primaires ou efforts mécaniquement imposés, les chargements de type
déplacement imposé et les chargements de type déformation imposée.

Cette présentation faite nous pourrons proposer une grille de combinaisons de


chargements décrivant les calculs réalisés soit dans le cadre de cette thèse soit lors de stages
effectués au laboratoire.

Les résultats éléments finis sont réunis en annexe 1 avec une description des maillages
utilisés dans chacun des cas. Cette base de données constitue un élément essentiel pour
l'indusriel qui y puisera des éléments de validation de méthodes.

Géométrie des structures fissurées:

Géométrie nominale du cylindre:

Les différents calculs réalisés ont été effectués sur des tuyaux droits supposés
infiniment longs. La géométrie du cylindre droit nominal, c'est-à-dire sans défaut est résumée
sur la figure 4.1. Ce paramètrage du tuyau droit sera utilisé dans toutes les analyses qui
suivront. Le système de coordonnées cylindriques apparaît également sur la figure 4.1, celui-ci
sera fréquemment utilisé pour la représentation des contraintes dans la structure.

z
Ri + Re
Rm =
T 2

x
Ri Re 2L θ

r
y
Figure 4.1 : Paramètrage d'un cylindre droit.

65
Pour que le cylindre puisse être considéré comme infiniment long, il suffit de vérifier
la condition suivante :

L ≥ 4 RmT

On supposera de plus que le rapport R m/T est grand, c'est à dire que la structure se
comporte comme une coque mince. En dépit de cette hypothèse nous ferons parfois des
corrections visant à prendre en compte quelques uns des effets prépondérants du rapport Rm/T.
Ces corrections permettent d'étudier des coques pour lesquelles le rapport R m/T est supérieur à
5 environ.

Géométrie des défauts circonférentiels :

On s'intéresse ici au cas des défauts elliptiques circonférentiels. On paramètrera le


défaut par les deux demis-axes de l'ellipse: a et c. La figure 4.2 représente un défaut
circonférentiel interne. Le paramètrage du défaut circonférentiel externe est réalisé au moyen
des mêmes paramètres.
z

x 2β
2c

a
y
Figure 4.2 : Paramètrage d'un défaut circonférentiel.

Le cas particulier où c est de l'ordre de πRm correspond aux défauts entièrement


circonférentiels qui peuvent être entièrement déterminés par la donnée de a.

Le cas particulier où a=T correspond aux défauts circonférentiels traversants souvent


utilisé dans les analyses de fuite avant rupture.

Géométrie des défauts longitudinaux :

On s'intéressera à des défauts longitudinaux elliptiques, ceux-ci seront entièrement


déterminés par la donnée des deux demi-axes de l'ellipse: a et c représentés schématiquement
sur la figure 4.3 dans le cas d'un défaut circonférentiel interne. On prendra le même
paramètrage pour les défauts longitudinaux externes.

66
Chapitre 4

z z

x
2c

Figure 4.3 : paramètrage d'un défaut longitudinal.

Il existe un cas particulier pour lequel c est infini, on appellera cette configuration le
défaut longitudinal infini qui est entièrement déterminé par la donnée de a. Dans le cas
particulier où a=T le défaut est dit longitudinal traversant.

Matériaux étudiés :

Acier 316 L(N) à 450 degrés :

Cet acier austénitique est très utilisé dans la filière RNR et apparaît donc
particulièrement fréquemment dans les analyses réalisées au SERA/LDCS. Dans cette mesure
nous avons effectué un grand nombre de calculs élastoplastiques de l'intégrale J pour ce
matériau.

Le module d'Young est:

E=157000 MPa.

Le coefficient de Poisson est:

ν=0,3.

Le coefficient de dilatation thermique:

αth=18.1 10 -6 °C -1.

La limite élastique à 0.2 % :

σ0 = 120 MPa.

Le tableau 4.1 nous donne la loi de traction rationnelle par une succession de relations
contrainte-déformation. Cette loi est représentée sur la figure 4.4.

67
Contrainte (MPa) Déformation
0 0
120 7,643 10-4
130 0,135 10-2
140 0,203 10-2
150 0,3277 10-2
160 0,5566 10-2
170 0,9633 10-2
285 5,0 10-2
618 0,31
Tableau 4.1 : Loi rationnelle du 316 L(N) à 450°C.

700

600

500

400

300

200

100

0
0 0,1 0,2 0,3 0,4
ε
Figure 4.4: Allure graphique de la loi rationnelle du 316 L(N) à 450°C.

Acier CF8M à 300 degrés :

Ce matériau nous a été proposé par la société Framatome dans une activité en
collaboration avec EDF et le CEA. Il s'agit d'un acier austénoferritique à base de molybdène, à
l'état non vieilli.

Le module d'Young est:

E= 174700 MPa.

Le coefficient de Poisson est:

ν=0,3.

La limite d'élasticité est:

σ0 = 163 MPa.

68
Chapitre 4

Le coefficient de dilatation thermique que nous avons retenu pour ce matériau est:

αth=18.1 10 -6 °C -1.

La relation contrainte-déformation est dans ce cas bien reproduite par la loi de


Ramberg-Osgood suivante:

6
ε σ  σ 
= + 
ε0 σ0  σ0 

Avec:

σ
ε0 = 0
E

Description élastique des chargements appliqués:

Présentation:

Comme nous l'avons préalablement remarqué, les seules données dont nous disposons
pour l'étude de stabilité d'une fissure sont les niveaux élastiques de chargement et leur type.
Les chargements appliqués seront une combinaison de flexion poutre, de traction de pression
interne avec éventuellement pression de lèvre et effet de fond et un gradient thermique radial
constant noté ∆T1. On décrira également les efforts de type déplacement imposé. Les effets
mécaniques de ces différents chargements peuvent être simplement quantifiés.

On indiquera la nature du chargement en exposant, cette notation n'est pas celle


retenue dans le RCC-MR, mais permet de garder les notations introduites par J. Salençon dans
[SAL83]:

- P: chargements primaires,
- R: chargements secondaires de type déplacement imposé,
- S : chargements secondaires de type déformation imposée,
Le problème de la classification des contraintes apparaît dans quelques études de
mécanique de la rupture: A. Pellissier Tanon dans [PEL92A] et [PEL92B] propose une étude
complète consacrée à ce problème, R.L. Roche [ROC88] démontre la spécificité des
chargements de type déplacement imposé et analyse par le biais de l'effet de ressort leur
influence sur l'estimation de l'intégrale J, et C. Poette [POE93] présente des analyses de
combinaisons de chargements des trois types mentionnés sur lesquelles nous nous appuierons
particulièrement.

69
Effets de la pression :

On considère ici les effets d'une pression interne p sur un tuyau droit sans défaut. La
figure 4.5 représente schématiquement le chargement appliqué.

La pression de paroi va induire, en coordonnées cylindriques (voir figure 4.1) et dans


l'approximation des coques minces une contrainte circonférentielle, ou contrainte de
membrane circonférentielle primaire:

P pR i
σ θθ =
T

La contrainte radiale de pression σrr est négligée, sa valeur évolue entre 0 et p, c'est-à-
dire que dans l'approximation des coques minces on pourra la négliger devant la contrainte
circonférentielle de pression.

Du fait que le cylindre est fermé, la pression induit un effort axial appelé effet de fond.
La valeur de la contrainte axiale uniforme primaire associée est:

P pR 2i
σ zz =
R 2e − R 2i

En presence d'un défaut interne il faudra prendre en compte une pression apliquée sur
la lèvre de fissure. Cependant les calculs élastoplastiques de l'intégrale J avec pression de
lèvre n'étant pas possibles sur Castem-2000, nous ne prendrons pas en compte cet effort.

p
p p

Figure 4.5 : Représentation schématique de la pression dans un cylindre clos.

Effets d'une traction ou d'un déplacement imposé :

Imposer une traction axiale Nz revient à imposer une contrainte axiale uniforme au sommet du
cylindre, la figure 4.6 représente le mode d'application d'un chargement de traction sur un
tuyau droit. La contrainte axiale uniforme associée est:

70
Chapitre 4

Nz
σ zz =
π ( R 2e − R 2i )
σ zz z σ zz
u

L
u=0

u
σ zz σ zz
Figure 4.6 : Contraintes uniforme de traction.

De même, lorsque la structure est élastique, imposer un déplacement uniforme u au


sommet du cylindre revient à appliquer une contrainte axiale uniforme élastique, ou contrainte
de membrane axiale:
el Eu
R
σ zz ( u) =
L

Si le comportement de la structure est élastoplastique, alors la contrainte uniforme


associée au déplacement imposé u est inférieure à celle calculée élastiquement.

Effets d'un moment de flexion poutre:

L'application d'un moment sur un cylindre dont le comportement est élastique revient à
appliquer une contrainte axiale, sur toute l'épaisseur du cylindre, variant linéairement dans une
direction donnée ainsi que le montre la figure 4.7.

M, θ
z
σ zz

Figure 4.7 application élastique d'un moment de flexion poutre.

71
Ainsi un moment M primaire appliqué dans la direction y correspond à une répartition
de contraintes:

P M
σ zz = y
I

I est le moment d'inertie du cylindre droit:

I=
π 4
4
(
R e − R i4 )
Le moment de flexion poutre primaire sera en pratique repéré par l'amplitude
maximale de la contrainte axiale associée au moment M appliqué, ou contrainte élastique de
flexion globale:

M
σ Pbg = Re
I

De même lorsque l'on impose une rotation θ à chacune des deux extrémités d'un
cylindre élastique de longueur 2L, la contrainte secondaire de type déplacement imposé
associée est:
el E
σR
bg = R eθ
L

Cette contrainte secondaire sera moins importante si le comportement du matériau est


élastoplastique.

Pour les structures fissurées on considérera toujours que les contraintes axiales sont
maximales au dessus du défaut, c'est à dire que l'on se place dans la configuration la plus
sévère, allant ainsi dans le sens de la sûreté.

Effets d'un gradient thermique radial constant:

La variation de température évolue linéairement dans l'épaisseur du cylindre,


l'amplitude entre les deux peaux est ∆T1 et la moyenne de la variation de température est
nulle.

Si la variation de température est en coordonnées polaires:

r − Rm
∆T = ∆T1
T

Alors on peut montrer que dans la mesure où le cylindre est assimilable à un cylindre
infiniment long les contraintes élastiques associées à ce chargement sont:

E α th ∆ T1 r − R m
σ θθ = −
1− ν T
Eα ∆T r − R m
σ zz = − th 1
1− ν T

72
Chapitre 4

La conséquence est donc l'apparition de deux moments linéiques axisymétriques. Le


moment de flexion axial local calculé élastiquement est:

T2 Eαth ∆T1
Mz =
6 2( 1 − ν)

Le niveau de chargement est repéré par l'amplitude maximale de la contrainte axiale,


ou contrainte de flexion axiale locale:

el Eα th ∆T1
σ Sbl =
2 ( 1 − ν)

Cette contrainte secondaire sera moins importante si le comportement du matériau est


élastoplastique.

Classification des contraintes:

On définit les composantes du vecteur chargement:

- σ bg : est le cumul des contraintes de flexion globales axiales de type P, R ou S,


- σ mz : est le cumul des contraintes axiales de membrane de type P, R ou S,
- σ mθ : est le cumul des contraintes de membrane circonférentielles de type P, R ou S,
- σ bl : est le cumul des contraintes de flexion locales axiales de type P, R ou S.

Le vecteur chargement appliqué sera:

 σ bg 
σ 
 mz 
Q= 
σ m θ 
 σ bl 

Ce chargement sera donc séparé en trois types de contraintes:

Q = P + R+ S

Le chargement élastique sera donc donné sous la forme de trois vecteurs:

Qel = P + Rel + Sel

Cette représentation de la classification des contraintes est sommaire, A. Pellissier


Tanon ([PEL92A] et [PEL92B]) distingue avec plus de finesse les différents efforts
intervenant dans l'analyse des structures fissurées et en déduit également une méthode
simplifiée d'estimation de l'intégrale J.

73
Description des calculs éléments finis:

Présentation:

Nous avons réalisé les calculs éléments finis sur deux géométries nominales:

- un cylindre type RNR en acier 316 L(N) à 450°C de caractéristiques géométriques:

Ri=249 mm,

T=7 mm,

L ≥ 4 RmT

- un cylindre type REP en acier CF8M à 300°C de caractéristiques géométriques:

Ri=270 mm

T=60 mm

L ≥ 4 RmT

Sur le premier de ces aciers nous avons effectué un grand nombre de calculs éléments
finis axisymétriques avec défaut entièrement circonférentiel interne sous chargement combiné
primaire et secondaire.

Sur le second nous avons effectué des calculs 3D massifs pour des défauts
circonférentiels et longitudinaux sous chargement combiné.

Les chargements primaires P sont initialement appliqués de manière proportionnelle


jusqu'à atteindre leur valeur maximale, ensuite on appliquera les chargements secondaires R
ou S ainsi que le présente la figure 4.8.

Cet ordre d'application des chargements permet de représenter au mieux une situation
accidentelle pour laquelle la température du circuit va varier de manière importante alors que
le chargement primaire est établi.

Chargement

Pmax

Rmax ou Smax
P R ou S

temps
0 adimensionnel

74
Chapitre 4

Figure 4.8 : Ordre d'application des chargements.

Calculs axisymétriques sur l'acier 316 L(N) soumis à un chargement primaire


puis à un ∆T1:

Le chargement primaire est ici constitué d'une contrainte de membrane axiale et d'une
contrainte de membrane circonférentielle. Ces deux contraintes sont portées de manière
proportionnelle à leur niveau maximum, ensuite on applique un gradient thermique radial
constant d'amplitude ∆T1 de 200°C.

Pour trois profondeurs relatives du défaut a/T= 1/8, 1/4 et 1/2, nous avons réalisé en
tout 17 calculs, les composantes du chargement primaire initialement appliquées apparaissent
sur les figures 5.9, 5.10 et 5.11. Les 17 cas étant numérotés. Les résultats éléments finis
obtenus cas par cas ainsi que les maillages utilisés apparaissent en annexe 1.

σ Pmz σ 0
 0  1,779 
4:   15: 
1,25 
0,889
 0 
3:  
0,833
 0 
2:  
0,416  0,889 
12:  
0  0,445
1:  
0  σ Pmθ σ 0
0

Figure 4.9 : Cas étudiés sur un défaut a/T=1/8.

σ Pmz σ 0
 0 
9:  
1,25
0 
8:  
1  1,779 
 0  16:  
7:   0,889
0,833 0,889
 0  13:  
6:   0,445
0,451
0 σ Pmθ σ 0
5:  
00
Figure 4.10 : Cas étudiés sur un défaut a/T=1/4.

75
σ Pmz σ 0

0
11:  
1 1,779 
17:  
0,889
0,889 
0  14:  
10:   0,445
0 
σ Pmθ σ 0
0
Figure 4.11 : Cas étudiés sur un défaut a/T=1/2.

Description sommaire des 17 cas étudiés:

- cas 1: défaut interne a/T=1/8 soumis à un ∆T1 pur de 200°C.


- cas 2: défaut interne a/T=1/8 soumis à une traction uniforme maximale de 50 MPa
puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 3: défaut interne a/T=1/8 soumis à une traction uniforme maximale de 100 MPa
puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 4: défaut interne a/T=1/8 soumis à une traction uniforme maximale de 150 MPa
puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 5: défaut interne a/T=1/4 soumis à un ∆T1 pur de 200°C.
- cas 6: défaut interne a/T=1/4 soumis à une traction uniforme maximale de 54.107
MPa puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 7: défaut interne a/T=1/4 soumis à une traction uniforme maximale de 100 MPa
puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 8: défaut interne a/T=1/4 soumis à une traction uniforme maximale de 120 MPa
puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 9: défaut interne a/T=1/4 soumis à une traction uniforme maximale de 150 MPa
puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 10: défaut interne a/T=1/2 soumis à un ∆T1 pur de 200°C.
- cas 11: défaut interne a/T=1/2 soumis à une traction uniforme maximale de 120 MPa
puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 12: défaut interne a/T=1/8 soumis à une pression interne de 3 MPa et effet de
fond associé puis un ∆T1 de 200°C.

76
Chapitre 4

- cas 13: défaut interne a/T=1/4 soumis à une pression interne de 3 MPa et effet de
fond associé puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 14: défaut interne a/T=1/2 soumis à une pression interne de 3 MPa et effet de
fond associé puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 15: défaut interne a/T=1/8 soumis à une pression interne de 6 MPa et effet de
fond associé puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 16: défaut interne a/T=1/4 soumis à une pression interne de 6 MPa et effet de
fond associé puis un ∆T1 de 200°C.
- cas 17: défaut interne a/T=1/2 soumis à une pression interne de 6 MPa et effet de
fond associé puis un ∆T1 de 200°C.

Calculs axisymétriques sur l'acier 316 L(N) soumis à une traction axiale puis un
déplacement axial imposé:

On combine donc ici une contrainte σ Pmz et une contrainte σ Rmz . L'intégrale J est dans
ce cas ( voir [POE93] ) fortement sensible à la longueur du cylindre.

Une première série de calculs sous déplacement axial imposé seul au sommet d'un
cylindre de longueur L a été réalisée lors d'un travail de stage pour les défauts entièrement
circonférentiels résumés sur le tableau 4.2.
L=300mm L=600mm L=900mm L=1800mm
a/T=1/8 cas 18 - - -
a/T=1/4 cas 19 cas 20 cas 21 cas 22
a/T=1/2 cas 23 cas 24 cas 25 cas 26
Tableau 4.2 : Calculs éléments finis sous déplacement imposé.

Les résultats éléments finis associés aux cas 18 à 26 apparaissent en Annexe 1.

Pour a/T=1/ 4 la figure 4.12 représente l'évolution de l'intégrale J dans le domaine


élastoplastique pour les différentes longueurs étudiées en fonction de la contrainte de
el
membrane axiale σ Rmz ( u) , on fait également apparaître les valeurs de l'intégrale J obtenues
lorsque le chargement est primaire σ Pmz , l'intégrale J est dans ce dernier cas indépendante de
la longueur du cylindre dans la mesure où celle-ci vérifie: L ≥ 4 R m T . Cette figure prouve
qu'il est particulièrement pénalisant d'assimiler un chargement de type déplacement imposé à
un chargement primaire.

77
14

12

10
L= 300 mm
J (N.mm-1)

8 L= 600 mm
L= 900 mm
6
L= 1800mm
4 SIG P mz

0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
SIG R el mz (MPa)

Figure 4.12: Évolution de l'intégrale J sous déplacement axial imposé (a/T=1/4).

40

35

30

25 L= 300 mm
J (N.mm-1)

20 L= 600 mm
L= 900 mm
15 L= 1800mm
10 SIG P mz

0
0 20 40 60 80 100 120
SIG R el mz (MPa)

Figure 4.13: Évolution de l'intégrale J sous déplacement axial imposé (a/T=1/2).

Pour a/T=1/2 la figure 4.13 représente de même l'évolution de l'intégrale J pour les
el
différentes longueurs étudiées en fonction du chargement secondaire σ R
mz ( u) , on y fait figurer
également les résultats obtenus sous chargement primaire. Cette figure est particulièrement
intéressante puisqu'elle nous montre que lorsque la longueur augmente l'intégrale J se
rapproche progressivement de sa valeur sous chargement primaire, il existera donc une
longueur suffisamment grande à partir de laquelle un chargement de type déplacement imposé
pourra être assimilé à un chargement primaire.

Ainsi lorsque le défaut est profond et le tuyau long, il parait inutile d'appliquer des
méthodes simplifiées spécifiques à ce type de chargements, qui seront souvent imprécises et il
est donc préférable de classer les chargements R en chargements P. Par contre pour des
défauts peu profonds il sera intéressant d'effectuer une analyse plus fine. Il reste cependant à
vérifier que les remarques effectuées dans le cas d'un chargement de déplacement imposé
restent applicables aux chargements de type rotation imposée.

78
Chapitre 4

Nous nous appuierons également sur une seconde série de résultats éléments finis
extraite du même rapport de stage sous chargement combiné de membranes axiale primaire et
secondaire de type déplacement imposé.

Sur les 3 défauts entièrement circonférentiels internes: a/T=1/8, 1/4, 1/2 , on applique
d'abord un effort axial primaire puis un déplacement imposé. Le déplacement est imposé au
sommet du cylindre de longueur L, alors que l'effort primaire sera toujours appliqué à 300 mm
du défaut, conformément à la représentation faite sur la figure 4.14.

z Uz déplacement imposé

2
σ dmz L2
contrainte imposée
L=L1+L2
L1=300mm
1 L1
a
∆ oo
oo ∆
∆ oo
fissure
Figure 4.14: Localisation des efforts dans le cylindre droit.

Considérons le problème étudié en l'absence de défaut et pour un comportement


élastique de la structure, la contrainte dans la barre 1 est:

P+R el k1 k1k 2 U z
σ mz = σ dmz +
k1 + k 2 k1 + k 2 S0
avec:

(
S0 = π R 2e − R 2i )
ES0 ES0
k1 = et k2 =
L1 L2

On décompose ainsi la contrainte dans la barre 1 en une part primaire et une part
secondaire:

P k1
σ mz = σ dmz
k1 + k 2
et:
el k1k 2 U z
σ Rmz =
k1 + k 2 S 0

Nous utiliserons ces niveaux de contraintes élastiques pour repérer le chargement


appliqué. Le tableau 4.3 résume les calculs réalisés pour différentes longueurs de tuyauterie,
les valeurs de l'intégrale J associées sont données en annexe 1.

L=600mm L=1800mm L=30300mm


a/T=1/4 cas 27 cas 28 cas 29

79
a/T=1/8 cas 30 cas 31 cas 32
a/T=1/2 cas 33 cas 34 cas 35
Tableau 4.3 : Calculs éléments finis sous chargement combiné P+R.

Calculs 3D massifs sur l'acier CF8M à 300°C:

Les quatre défauts étudiés:

Sur la géométrie nominale du cylindre en acier CF8M nous avons étudié le


comportement de quatre défauts: trois défauts circonférentiels et un longitudinal. Les
chargements appliqués sont variés.

Les maillages utilisés pour le calcul éléments finis de ces différents cylindres fissurés
sont décrits et détaillés en annexe 1. Le maillage du défaut 1 a été réalisé par la société
Framatome les trois autres maillages proviennent d'une famille de maillages de défauts
internes circonférentiels ou longitudinaux paramétrables réalisés lors d'un stage au laboratoire.

a 1
=
T 4
2c 2β β = 0,1 rd
x c = 33 mm
T = 60 mm
R i = 270 mm

a
y
Figure 4.15: Géométrie du défaut 1.

Le défaut 1 dont la section fissurée est représentée sur la figure 4.15 est circonférentiel
débouchant en peau externe.

Les défauts 2 et 3, sont respectivement représentés sur les figures 5.16 et 5.17 et sont
circonférentiels débouchants en peau interne.

a 1
=
T 4
2β β = 0,1667 rd
x 2c c = 45 mm
T = 60 mm
R i = 270 mm

a
y

80
Chapitre 4

Figure 4.16: Géométrie du défaut 2.

a 1
=
T 4
2β β = 0,1 rd
x 2c c = 27 mm
T = 60 mm
R i = 270 mm

a
y
Figure 4.17: Géométrie du défaut 3.

a 1
=
T 4
x c = 45 mm
2c
T = 60 mm
R i = 270 mm

Figure 4.18: Géométrie du défaut 4.

Le défaut 4 est longitudinal débouchant en peau interne, une section du cylindre


passant par le plan de la fissure est représentée sur la figure 4.18.

Calculs de J sur le défaut 1:

Les chargements appliqués seront une combinaison d'une pression, d'un effort de
membrane axial lié à la pression d'un moment et d'un ∆T1. L'ordre d'application des
chargements est représenté sur la figure 4.19.

81
Chargement M max

p max

M ∆T1 max
∆T1
p

temps
0 adimensionnel

Figure 4.19: Ordre d'application des chargements sur le défaut 1.

Les efforts sont appliqués comme suit:

Chargement: Flexion poutreMembrane axiale pression de paroi thermique


Primaire: M pR p 0
σ bg = R e σ mz = m
I 2T
Secondaire: 0 0 0 ∆T1
Tableau 4.4 : Chargements appliqués.

Les valeurs de J obtenues par éléments finis en fond et en bord pour chacun des calculs
effectués apparaissent dans l'annexe 1. Nous avons réalisé 6 calculs sur ce défaut, ceux-ci sont
résumés sur le tableau 4.5.

Cas: Mmax/1E7 (N.mm) pmax (MPa) ∆T1max (°C)


cas 36 518,5 0 0
cas 37 0 0 200
cas 38 280 0 200
cas 39 420 0 200
cas 40 198 21 200
cas 41 368 21 200
Tableau 4.5 : Cas éléments finis réalisés sur le défaut 1.

Le cas 36 est particulièrement intéressant. En effet le chargement appliqué est


purement primaire et les méthodes simplifiées peuvent être appliquées simultanément en bord
et en fond de fissure. La contrainte de référence se déduisant de l'analyse limite de la structure
fissurée étant unique, on aura le résultat suivant sur les méthodes simplifiées appliquées aux
deux points extrêmes de la fissure:

2
J S fond J el F 
= fond =  fond 
J S bord J bord  Fbord 
el

Où Ffond et Fbord sont les facteurs de forme associés au chargement appliqué en fond et
en bord de fissure.

82
Chapitre 4

Ainsi les méthodes simplifiées qui font notamment l'hypothèse de radialité des
contraintes dans la structure prévoient que l'intégrale J varie proportionnellement en bord et en
fond.

La figure 4.20 représente l'évolution de ce rapport calculé par éléments finis au cours
du chargement.
2,2

2,1

2
Jfond/Jbord

1,9

1,8

1,7

1,6

1,5
0 100 200 300 400 500 600
M/1E7 (N.mm)

Figure 4.20: Évolution relative de l'intégrale J entre le fond et le bord (cas 36).

Une première constatation est que ce rapport évolue sensiblement. Il ne faudra donc
pas attendre systématiquement une estimation précise de l'intégrale J en tous les points de la
fissure. On peut cependant rappeler que notre objectif est plus simplement de surestimer
l'intégrale J.

On peut également remarquer l'existence d'un pic qui se situe, comme on pourra le
vérifier par la suite assez précisément au passage de la charge limite de la structure.

Calcul de J sur le défaut 2:

Nous avons réalisé un calcul en combinaison moment et ∆T1, avec le même ordre de
succession des chargements primaires et secondaires que pour le défaut 1 ci-dessus ( figure
4.19), le tableau 4.6 résume le calcul réalisé. Les valeurs de l'intégrale J en bord et en fond
apparaissent dans l'annexe 1

Cas: Mmax/1E7 (N.mm) pmax (MPa) ∆T1max (°C)


cas 42 280 0 200
Tableau 4.6 : Cas éléments finis réalisé sur le défaut 2.

Calcul de J sur le défaut 3:

Nous avons réalisé un seul calcul sur le défaut 3 dans une combinaison d'un moment
de flexion primaire et d'une contrainte de membrane axiale. Ces chargements sont augmentés

83
proportionnellement jusqu'à atteindre leur valeur maximale. Le cas 43 est ainsi caractérisé par
les niveaux maximum de chargement du tableau 4.7. Les résultats éléments finis apparaissent
également en annexe 1.

Cas: Mmax/1E7 (N.mm) σmz max(MPa)


cas 43 270 126,6
Tableau 4.7 : Cas éléments finis réalisé sur le défaut 3.

Calculs de J sur le défaut 4:

Le comportement de l'intégrale J sur un défaut longitudinal est moins bien connu que
celui du défaut circonférentiel. Nous avons voulu mettre en évidence l'influence des
chargements axiaux sur ce défaut, pour celà nous avons réalisé deux calculs éléments finis,
l'un sous pression de paroi seule ( sans effet de fond ni pression de lèvre) , l'autre sous
pression de paroi et moment primaire combinés. Le moment maximal et la pression de paroi
maximale appliqués radialement sont résumés sur le tableau 4.8 et les résultats éléments finis
figurent en annexe 1.

Cas: Mmax/1E7 (N.mm) pmax (MPa)


cas 44 0 60
cas 45 400 40
Tableau 4.8 : Cas éléments finis réalisés sur le défaut 4.

Conclusion:

Les calculs éléments finis réalisés soit sous chargement primaire seul soit en
combinaison primaire et secondaire de type déformation imposée vont nous permettre de
valider les méthodes simplifiées dans une configuration qui présente un intérêt industriel
important.

Les chargements primaires avec pression de paroi et effort axial nous permettrons de
mettre en évidence l'influence des efforts circonférentiels de pression qui est négligée dans la
règle R6 et dont on pourra observer en pratique l'influence importante.

Les chargements de type déplacement imposé sont particulièrement simples et nous


permettrons d'ébaucher une analyse simplifiée. L'analyse de ces chargements dans le cas le
plus général est encore difficile et nécessite d'autres calculs notamment en rotation imposée et
en combinaison avec des chargements primaires et secondaires de type déformation imposée.

Ces calculs et en particulier les calculs 3D massifs constituent un coût important et


leur réalisation a été l'une des plus longues actions de cette thèse. Nous avons par ailleurs mis
à profit des calculs déjà effectués au laboratoire.

84
Chapitre 4

85
Chapitre 5

ETUDE DES DEFAUTS CIRCONFERENTIELS

87
88
Chapitre 5

Introduction:

En nous appuyant sur la démarche de la méthode simplifiée du projet d'annexe A16


[DRU95] nous allons construire une méthode simplifiée applicable aux tuyaux droits à défauts
circonférentiels permettant de prendre en compte les composantes de chargement suivantes:

- contrainte de membrane axiale,

- contrainte de membrane circonférentielle de pression,

- contrainte de flexion poutre globale,

- contrainte de flexion axiale locale d'origine thermique.

Pour cela nous allons dans un premier temps chercher des méthodes de calcul du
paramètre Lr applicables au cylindre droit à défaut circonférentiel. Nous retiendrons pour toute
cette étude le critère de plasticité de Von Mises. Cette analyse sera effectuée avec l'hypothèse
que Rm >> T, c'est-à-dire dans l'hypothèse des coques minces.

Nous chercherons ensuite à mieux comprendre la manière dont les efforts d'origine
thermique (∆T1 ) se transportent élastiquement jusqu'au ligament, en effet ces efforts
apparaissent lors d'une déformation de dilatation empêchée, on pourra donc s'attendre à un
effet d'atténuation de ces efforts lié à la présence du bord libre des lèvres de fissure.

Nous comparerons ensuite les résultats obtenus par méthode simplifiée aux résultats
obtenus par éléments finis.

Calcul du paramètre Lr :

Représentation du ligament de la structure fissurée:


y

Snf

β
Sf
[ ] x
0 Γf a

Figure 5.1 : Section du ligament.

Une demi section du ligament du cylindre droit fissuré que nous allons étudier est
représentée sur la figure 5.1, l'autre partie est obtenue par symétrie.

89
Snf : surface non fissurée du ligament,

Sf : lèvres de la fissure,

Γf : segment du ligament s'appuyant sur Ox pour les défauts non traversants et sur le
front de fissure pour les défauts traversants.

Le défaut considéré est alors de forme rectangulaire, une surestimation de la charge limite d'un
cylindre à défaut circonférentiel elliptique est obtenue en prenant celle du défaut rectangulaire
de même demi-angle β et de même profondeur relative.

Définition et adimensionnalisation des efforts:

• Le moment de flexion globale du cylindre, noté My, vérifie par définition :

M y = − ∫∫Snf rσ zz cos θ rdr dθ

La grandeur adimensionnelle associée sera :

My
µg =
4 R2mTσ0

A l'état limite, on notera :

mg = µg

Seules les valeurs négatives de My vont tendre à ouvrir la fissure, on aura donc : µg>0.

• L'effort de traction axiale Nz est par définition :

N z = ∫∫Snf σ zz rdr dθ

La grandeur adimensionnelle associée sera :

Nz
νg =
2π R m Tσ 0

A l'état limite on notera :

ng = νg

• L'effort linéique circonférentiel est par définition :

Nθ = ∫Γ σθθ dr

90
Chapitre 5

où (Γ) est l'intersection entre le ligament et un rayon quelconque passant par 0.

La grandeur adimensionnelle associée sera :


π* =
σ0 T

A l'état limite, on notera :

P* = π*

• Le moment linéique axial local, au droit du défaut est par définition :

M z = ∫Γ σ zz ( r − R m ) dr
f

La grandeur adimensionnelle associée sera :

8M
µl = 2 Z
T σ0

A l'état limite, on notera :

ml = µl

Le chargement µl associé au moment local axial est évalué : sur le rayon coupant le
défaut en deux parties symétriques dans le cas des défauts non traversants, et sur le front de
fissure pour les défauts traversants. Cette localisation de µ l revient à considérer que le
moment axial local sera dimensionnant au regard du défaut. En pratique µ l est une fonction de
l'angle polaire θ. Pour parvenir à une expression plus raffinée de la charge limite il faudrait
introduire le moment axial local sous la forme plus complète suivante :

µ l ( θ1) 
→  
µ l = ... 
 
 µ l ( θ n ) 
avec 0 ≤ θ1 ≤ θ2 ≤......≤ θn ≤ π

Notre calcul est donc une première approximation de ce chargement :



{ ( )}
µ l = µ l θ1

Cette pratique conduit à considérer que les effets du moment local axial sont aussi
sévères que pour un défaut entièrement circonférentiel lorsque ce chargement est isolé, et
intermédiaire lorsque ce chargement est combiné, on aura donc une estimation conservative

de la charge limite réelle qui prendrait en compte un chargement µ l fonction de θ.

91
• Le moment linéique circonférentiel local, au droit du défaut est laissé libre, son
influence ne semble généralement pas déterminante et il est prouvé que cet effort est passif
pour les géométries et chargements axisymétriques.

• Le vecteur chargement appliqué utilisé pour l'analyse limite d'un cylindre droit sera
donc un vecteur à quatre composantes:

µg
 
ν 
LQ= 
π*

µl 

• Dans une recherche du chargement limite LQL par trajets radiaux, on aura:

mg
 
n 
LQL = 
P* 

ml 

et la relation suivante :

LQ = Lr LQL

Le paramètre Lr ( LQ) est une donnée essentielle dans les méthodes simplifiées
d'estimation de l'intégrale J.

Nous avions défini au chapitre 4 le vecteur chargement par une représentation en


contraintes représentative des données dont dispose l'ingénieur pour son analyse de la
structure:

 σ bg 
σ 
 mz 
Q= 
σ m θ 
 σ bl 

Cette représentation des chargements appliqués est liée par une transformation linéaire
à celle que nous venons de définir en vue de l'analyse limite:

92
Chapitre 5

LQ = L Q
avec:
 I
0 0 0 
 2
 4R e R m T σ 0 
 1
0 0 0 
 σ0 
L= 
1
 0 0 0 
 σ0 
 4 
 0 0 0 
 3σ 0 

Il sera donc toujours possible de passer d'une représentation des contraintes à l'autre.
Pour la classification des contraintes dans le cas d'une combinaison d'efforts thermo-
mécaniques on aura de même:
el
LQ= LP+ LS

Équilibre de la structure:

Le plan du ligament est constitué de deux surfaces symétriques :

S=S+ US−

En coordonnées polaires :

 S + = [ R i ; R i + T ] × [ 0 ; π ]
−
 S = [ R i ; R i + T ] × [ π ; 2π ]
On ne modélisera la répartition des contraintes que sur S+, la totalité du ligament sera
obtenue par symétrie suivant l'axe Ox.

S+ sera subdivisée en zones Ωi repérées par l'indice i:

[ ] [
Ωi = ri− ; ri+ × θi− ; θi+ ]
Ces zones sont représentées schématiquement sur la figure 5.2.

Si on appelle IΩ l'ensemble des indices i des zones constituant un pavage de S +, on


aura donc

S+ = U Ω i
i ∈I Ω

93
y

+
θi
Ωi
-
θi
ri-
x
0 ri+

Figure 5.2 :Subdivision de la surface du ligament.

Sur Ωi, on fera l'hypothèse que le tenseur des contraintes a l'allure suivante:

 σ ir 0 0 
 
σ i =  0 σ θi 0 
 
0 0 σ i 
 z
Les équations d'équilibre à satisfaire sur S +, compte tenu de l'hypothèse faite sur σi
sont:

∂
 ∂ r ( r σ rr ) = σ θ θ

 ∂ (σ ) = 0
 ∂ θ θ θ

La seconde de ces équations nous impose de choisir σiθθ indépendant de l'angle polaire
θ sur toute la section S+.

Pour satisfaire la première équation d'équilibre, il est utile de faire une hypothèse
simplificatrice:

Rm
>> 1
T

94
Chapitre 5

Supposons qu'un rayon Γ = [Ri ; Re] x {θ} traverse un ensemble de zones indicées
dans JΩ⊂IΩ pour aller de l'intérieur à l'extérieur du cylindre.

95
Pour satisfaire les deux équations d'équilibre il suffit que σθθ
i
vérifie:

i
•∀i∈J
Ω : σ
θθe
stin

pe
nda
nt

•dep
lu
s:

∑ σθθ
i
∆ri = p Ri
(5.1)
i∈J Ω

avec ∆ri = ri+ − ri−

Les conditions aux limites associées au chargement complet, y compris pression


interne sont ainsi satisfaites à la fois à l'intérieur des zones et sur toute la section du ligament:

 σ rr ( R e ) = 0

 σ rr ( R i ) = − p

Une conséquence de (5.1) est que:

T
sup σ rr ≤ sup σ θθ
S+ R i S+

C'est à dire qu'en pratique, compte tenu de l'hypothèse de coque mince, on pourra
négliger σrr devant σθθ.

On pourra donc rechercher σi sous la forme:

0 0 0 
 
σ i =  0 σ iθ 0  ∀∈i I Ω
 
0 0 σ iz 
Il faut remarquer que si l'on avait directement choisi σirr = 0 , les équations d'équilibre
nous auraient conduit à σθθ
i
=0 , ce qui n'est physiquement pas acceptable.

96
Chapitre 5

La dernière condition d'équilibre à satisfaire pour résoudre l'équilibre de la structure


est que les contraintes axiales doivent équilibrer les chargements axiaux à l'état limite. Cette
condition impose trois relations supplémentaires qui s'ajouterons à l'équation (5.1) que nous
écrirons ici de façon adimensionnelle lorsque la structure est à l'état limite.

97
• Le moment de flexion poutre global adimensionnalisé vérifie ainsi:

 ∆ri − σ zz 
( )
i
1 +
µg = ∑  sin θ i − sin θ i  (5.2)
2 i ∈I  T σ 0 

• L'effort de traction axiale adimensionnalisé vérifie ainsi:

 ∆r  θ + − θ −  σ izz 
νg = ∑  i  i i 
 (5.3)
i ∈I Ω  T  π  σ 0 

• L'équilibre sur les efforts circonférentiels se déduit de l'équation (5.1):

i
σ θθ ∆ ri
π* = ∑ (5.4)
i ∈J Ω σ 0 T

• Équilibre sur le moment linéique axial local:

nous nous intéresserons ici au cas où Γf ( Figure 5.1 ) traverse deux zones radialement
ainsi que le présente la figure 5.3

i
σzz

a
σA
α(T-a)/2

x
-(T-a)/2 0' +(T-a)/2
σB

Figure 5.3 : Champs de contraintes axiales à deux zones sur Γf.

Le moment axial local adimensionnalisé s'écrit alors:

σ − σB
µ l = (1− a / T) 2 A
σ0
1− α2 ( ) (5.5)

Obtention de champs plastiquement admissibles:

Une manière simple d'obtenir des solutions plastiquement admissibles pour construire
l'état limite de la structure consiste à mettre les composantes du tenseur des contraintes en
butée sur le critère de plasticité.

98
Chapitre 5

Le critère de Von Mises nous impose alors:

σ 2zz − σ zz σ θθ + σ θθ
2
= σ 20

C'est à dire que si l'on se donne σ θθ alors il existe deux valeurs possibles de σ zz que
+
l'on notera σzz − , la première étant supérieure à la seconde.
et σzz

σ 3 2
σ εzz = θθ + ε σ 20 − σ θθ avec ε = + ou - (5.6)
2 4

Ainsi une hypothèse judicieuse sur la contrainte circonférentielle nous permettra de


construire rapidement un mécanisme de ruine plastiquement admissible.

Analyse de quelques problèmes axisymétriques:

Présentation:

La particularité des problèmes axisymétriques provient d'une part du fait qu'il n'y a pas
de moment global appliqué et d'autre part que le défaut est entièrement circonférentiel.

Il est utile dans le cas des problèmes axisymétriques de procéder à un nouveau


changement de variables permettant d'alléger les écritures. On pose:

ml
m' =
( 1 − a / T) 2
ng
n' =
1− a / T

Les efforts appliqués associés aux efforts limites n' et m' seront respectivement: ν' et
µ'.

On notera également:

3 2
ϕ( s) = 1 − s
4

Nous étudierons ici deux approches: l'une basée sur des hypothèses grossières qui nous
donne des résultats généraux mais assez imprécis, l'autre plus fine mais plus difficile à mettre
en oeuvre et moins générale.

99
première approche:

Une première approche particulièrement simple permet de trouver la relation qui lie
dans ce cas P*, ml, et ng. Pour cela nous allons considérer qu'à l'état limite la contrainte
circonférentielle est constante dans toute la structure.

La relation (5.4) impose alors:

σ
P * = θθ
σ0

La relation (5.6) nous donne alors les deux niveaux de contraintes axiales possibles en
fonction de P*:

ε
σz P*
= + ε ϕ ( P *) avec ε =+ ou -
σ0 2
On fait l'hypothèse de répartition des contraintes axiales résumée sur la figure 5.4,
cette hypothèse consiste à situer la contrainte maximale au voisinage de la pointe de la fissure
entièrement circonférentielle et la contrainte minimale sur la peau opposée à la fissure
permettant ainsi de donner naissance à un moment de flexion axiale locale.

i
σzz

a
+
σzz
α(T-a)/2

x
-(T-a)/2 0' +(T-a)/2
-
σzz

Figure 5.4 : Hypothèse de répartition dans l'épaisseur des contraintes axiales.

Les relations (5.3) et (5.5) nous conduisent alors au système d'équations suivant:

100
Chapitre 5

 ng P*
 n' = 1 − a / T = 2 + αϕ( P *)
 m'
 =
ml
 4 4( 1 − a / T ) 2
= 2 1 − α 2
( )
En éliminant α entre ces deux équations et en respectant la condition α ∈[ −11
, ] , on en
déduit la relation limite:

2
 2 2
3 2  m '  m '   P * 
1 = P * + +   +  n '− 
4  4  4   2  
Cette relation permet de calculer le paramètre Lr associé, en utilisant le lien entre le
chargement limite et le chargement appliqué: LQ = Lr LQL . Alors :

2
3 µ ' µ ' 2 π * 2
2    
L r = π * + +   +  ν '−  (5.7)

4  4  4   2  
Cette relation obtenue avec des hypothèses simples nous permettra de calculer le
paramètre Lr dans toutes les configurations axisymétriques de géométrie et de chargement.

On retrouve cette équation dans l'étude des plaques du formulaire de A.G.MILLER


[MIL88B].

Il est possible d'améliorer la prise en compte de quelques unes des composantes du


chargement appliqué, en faisant des hypothèses plus fines sur la contrainte circonférentielle.

101
Seconde approche:

Nous allons nous intéresser ici à une hypothèse de répartition des contraintes dans
l'épaisseur du cylindre représentée sur la figure 5.5 qui nous permettra d'améliorer dans une
certaine mesure la première approche.

i i
σzz σθθ

a σ 2 = σ 0s 2 a
+
σ zz ( σ2 )
α(T-a)/2 α(T-a)/2
σ1 = σ 0s1
x x
-(T-a)/2 0' -(T-a)/2 0'
+(T-a)/2 +(T-a)/2
σ 3 = σ 0 s3

σ zz ( σ3 )
Figure 5.5 : Hypothèse de répartition dans l'épaisseur des contraintes.

On fera l'hypothèse simplificatrice suivante sur les contraintes circonférentielles:

σ3 = −σ2

Les équations (5.3), (5.4) et (5.5) avec l'hypothèse de répartition des contraintes de la
figure 5.5 s'écrivent alors:


 m ' = 2 (
1 − α )
2  s2

2
+ ϕ ( s 2 ) 


 P * = − α s 2 ( 1 − a / T ) + s 1a / T
  s 2 + ϕ s 
 n ' = − α
2
( 2)

• Cas du moment local axial seul :

Dans ce cas : P* = 0, n' = 0 ,d'où :

α = 0 , s1 = 0

m' = 2  2 + ϕ( s 2 ) 
s
2 

s 1
L'optimum de 2 + ϕ ( s 2 ) est atteint lorsque s2 = d'où :
2 3

4
m' =
3

102
Chapitre 5

et :

3
Lr ( µ' ) = µ' (5.9)
4

3
Cette expression est fois celle obtenue par (5.7) lorsque : ν' = π* = 0, il y a donc
2
un gain sensible sur cette seconde formulation.

• Cas de la traction seule :

Dans ce cas : m' = 0, P* = 0, d'où :

α = -1 et :

 s2 
 n' =  2 + ϕ ( s 2) 
  
  a a
 0 = s 2  1 −  + s 1
 T T
  2 2
 s 1 ∈ [ − 1 ; 1] , s 2 ∈  − ; + 
  3 3
L'optimisation de ce problème conduit à :

a 1
- Si ≥ alors :
T 1+ 3

n'= 2
 3
 (5.10.A)
 L ( ν ') = 3 ν '
 r 2
a 1
Si 0 < ≤ alors :
T 1+ 3

103
 a T + 4 − 8a T + ( a T ) 2
 n' =

2 1 − 
a
  T
 (5.10.B)
 2( 1 − a T ) ν '
 L r ( ν' ) =

 a T + 4 − 8 a T + ( a T ) 2

a
Pour =0 , les formules (5.7) et (5.10) conduisent au même résultat en traction
T
simple. Le gain de la formulation (5.10) comparé à la formulation (5.7) en traction simple est
donné par le rapport:

L r − ( 5.7) ( ν' )
η  =
a
 T  L r − ( 5.10 ) ( ν' )

1,16
1,14
1,12
1,1
eta

1,08
1,06
1,04
1,02
1
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
a/T

Figure 5.6 : Évolution du paramètre η en fonction de a/T.

a
L'évolution de η en fonction de est représentée sur la figure 5.6, elle montre
T
l'amélioration apportée dans le calcul de Lr par les formules (5.10) comparées aux formules
(5.7).

• Cas de la combinaison : moment axial local et traction

Dans ce cas P* = 0.

Les équations à respecter s'écrivent :

104
Chapitre 5


 m ' ( )
= 2 1 − α 2 s2 
 2 + ϕ ( s 2 ) 

  1 − a  + s a
 0 = − α s 2  T 1T

 n' = − α  s 2 + ϕ ( s 2) 
  2 

 s ∈ [ − 1 ; 1] s ∈  − 2 ; + 2  α ∈ [ − 1 ; 1]
2 
 1  3 3 

La combinaison des équations en m' et en n' conduisent à :

m'
α2−α − 1= 0 ( n ' ≠ 0)
2n '

La seule solution acceptable pour α est :

m' m' 2
α= − 1 +   ( on a : α ∈[ − 1 ; 1] )
4 n'  4n' 

La relation limite dépend donc de s2 et nous est donnée en introduisant la valeur de α


dans l'équation en n', on a alors :

 m' 2
m'  s
( n' ) 2 =  ( n' ) 2 +   −  2 + ϕ( s2 ) 
 4 4  2 

Il nous reste donc à identifier s2. La seconde équation impose :

s2 1 − 
a
 T
s1 = α
aT

C'est à dire que s1 sera toujours négatif, il reste donc à vérifier que l'on aura :

s1 ≥ -1

Soit :

aT
s2 ≤ −
α 1 − 
a
 T

On choisira la solution la plus voisine de l'optimum obtenu lorsque l'on n'impose pas
s1 ∈[ −1 ; 1] soit :

105
s2 = s*2 ( n' , m' )

avec :

 
 a 
 ⋅ n'
1 
s*2 ( n' , m' ) = Min T ; 
   m'  2 2 m' 
 a 
3
    + ( n' ) − 1 −  
   4 4  T 
 

Si l'on note :

x 3
g ( x) = + 1 − x2
2 4

Alors la relation limite s'écrit :

 m'  2 m' 
( )
( n' ) 2 = g s*2 ( n' , m' ) ⋅  ( n' ) 2 + 
 4
 −
4 

On peut également déterminer Lr (ν', µ') :

1  µ' 2 µ' 
L' r ( ν' , µ' ) = ⋅  ( ν' ) 2 +   +  (5.11)
(
g s*2 ( ν' , µ' ) )   4 4

• Cas de la combinaison : moment axial local, traction et effet circonférentiel

Dans ce cas le paramètre Lr est plus difficile à obtenir puisqu'il est, comme nous allons
le voir, le résultat d'une équation implicite dont on ne sait pas à priori si elle admet ou non des
solutions. On va reconstituer la démarche appliquée précédemment. Les équations à satisfaire
sont maintenant les équations axisymétriques complètes déduites de l'hypothèse de répartition
des contraintes réalisée dans cette seconde approche. La relation limite complète reste
inchangée, on a :

 m'  2 m' 
( n' ) 2 = g( s2 ) ⋅  ( n' ) 2 +   − 
 4 4 

Il reste de même à identifier s2, pour cela la condition s1 ∈[ −1 ; 1] impose, par la


relation sur l'effort circonférentiel :

s 2 min ≤ s 2 ≤ s 2 max

avec :

106
Chapitre 5

 * +
a
 P  m '  2 m ' 
 a  T 
 s 2 max  T , P *, n ' , m '  = a 
1+   + 
 4n '  4n ' 
 1 −  
 T

 a
P *−  2 
s  a , P *, n ' , m '  = T  1 +  m '  + m ' 
 2 min  T  a   4 '  4 '

 1 −  n n 
T
s
On procède au choix de s2 qui conduit à l'optimum de 2 + ϕ ( s 2 ) , sous la condition
2
1
s1 ∈[ −1 ; 1] , on choisira la valeur la plus proche de selon :
3

1 2
- Si ≤ s 2 min ≤ alors :
3 3

s2 = s2 min

1
- Si s 2 min ≤ ≤ s 2 max alors :
3

1
s2 =
3

1
- Si s 2 max ≤ alors :
3

s2 = s2 max

2
Si s 2 min ≥ alors :
3

pas de solution.

107
Cette technique de choix sera notée :

s2 = h  , P*, n' , m' 


a
T 

On en déduit alors la relation limite optimale :

 2
m' 
( n' ) 2 = gh , P*, n' , m'   ⋅  ( n' ) 2 +   − 
a m'
 T   4 4 

a 
Le paramètre L r  , π*, ν' , µ'  est alors solution de l'équation implicite :
T

2
2  µ ' µ '
( n') +   +
4 4
0= − Lr (5.12)

  a π * 
g  h ; ; ν ' ; µ '  
  T Lr  
Synthèse:

Nous avons mis ici en évidence deux approches en borne inférieure permettant de
traiter le problème axisymétrique du tuyau droit, la première approche est très générale et
permet de résoudre simplement par l'expression (5.7) le problème du calcul de Lr, cette
formule présente cependant l'inconvénient d'une prise en compte sur-conservative de la
traction et de la flexion locale. La seconde approche permet de traiter plus finement ces deux
derniers chargements par les expressions (5.9), (5.10) et (5.11). Le problème complet n'est
résolu que partiellement par la seconde approche dans la mesure où l'équation (5.12) n'admet
pas toujours de solution.

Analyse du problème tridimensionnel:

Absence de flexion locale axiale:

108
Chapitre 5

Cette configuration de chargement nous permet de trouver des relations limites


particulièrement simples, ce travail à été publié dans [DES95] et constitue une étape
importante dans la réalisation de cette thèse.

Nous allons supposer que la contrainte circonférentielle de pression est constante dans
toute la structure. Il s'agit donc d'une extension de la formule (5.7). Il y a donc deux niveaux
de contraintes axiales possibles donnés par la relation (5.6) notés : σzz + − . Ces deux
et σzz
niveaux de contraintes vont nous inspirer deux mécanismes de ruine plastique de la section du
ligament fissuré résumés sur les figures 5.7 et 5.8 que l'on appellera par la suite mécanisme 1
et mécanisme 2. Il est en effet naturel de situer la contrainte axiale maximale au voisinage du
défaut, et nous introduisons un angle d'inversion de contraintes γ, degré de liberté permettant
d'équilibrer à la fois la traction axiale et le moment poutre.

Ces deux mécanismes de ruine se distinguent par la position de l'angle d'inversion des
contraintes axiales γ par rapport au demi-angle de la fissure β:

- le mécanisme 1 correspond à γ ≥ β .

- le mécanisme 2 correspond à 0 ≤ γ ≤ β .

Ces deux cas permettent de couvrir toutes les configurations de chargement et de


défaut circonférentiel possibles.
y

+
σ zz
β

0
σ zz

x
0

Figure 5.7 : Carte des contraintes axiales du mécanisme 1.

γ
β

0
+
σ zz

σ zz
x
0

Figure 5.8 : Carte des contraintes axiales du mécanisme 2.

109
Lorsque le mécanisme 2 est celui correspondant à la structure et au chargement étudié,
il y a risque de contact des lèvres de la fissure, il serait probablement possible de développer
une approche itérative pour déterminer l'angle de contact, nous nous contenterons pour cette
étude de constater qu'il est conservatif d'ignorer cette possibilité de contact des lèvres de
fissure. Cette approche de la gestion du contact revient à chercher l'angle β0 qui pour la
profondeur du défaut donnée et le chargement appliqué délimite le mécanisme 1, nous verrons
par la suite que cette angle particulier apparaît naturellement dans nos équations. Le problème
est alors de savoir si une approche en borne inférieure permet de déterminer une condition de
nature cinématique en allant dans le sens du conservatisme.

La mise en équations de ces mécanismes s'effectue de la même façon que pour les
problèmes axisymétriques c'est-à-dire en écrivant les équations (5.2), (5.3), (5.4), (5.5) et (5.6)
et en éliminant les intermédiaires de calcul.

On définit:

3 P*
1 − P *2 + n g −
β0 = π 4 2
 2 − a  1 − 3 P *2 − a P *
 T 4 2T
et:

a
2−
P0 = T
a 1 a 2
3 1 − +  
T 3  T

• Si 0 ≤ β ≤ β0 et si simultanément P* ≤ P0 ou si on a simplement P* ≥ P0 , alors:

Le mécanisme impliqué est alors le mécanisme 1 et la relation limite est donnée par les
deux relations suivantes:

110
Chapitre 5

3 2 P * β a  P * 3 2
1− P * + n g − +  + 1− P * 
π 4 2 πT2 4 
γ=
2 32
1− P *
4
3 2 1 a  P * 3 2
m g = 1− P *sinγ −  + 1− P *  sinβ (5.13.A)

4 2T  2 4 
Seules les valeurs de γ ≤ π sont physiquement acceptables.

• Si β0 ≤ β ≤ π et si simultanément P* ≤ P0 , alors:

Le mécanisme impliqué est alors le mécanisme 2 et la relation limite est donnée par les
deux relations suivantes:

111
3 2 P * β a  P * 3 2
1− P * + n g − +  − 1− P * 
π 1 4 2 πT2 4 
γ=
2 1− a 3 2
1− P *
T 4

m =  1− a  1− 3P *s2 inγ − 1 a  P *− 1− 3P *2 sinβ


g   
(5.13.B)

T 4 2T  2 4 
Seules les valeurs de γ ≥ 0 sont physiquement acceptables.

Les équations (5.13) définissent la surface limite des chargements concernés, on


pourrait également chercher à calculer le paramètre Lr à travers ces formules en utilisant le
lien entre le chargement appliqué et le chargement limite, les équations à résoudre pour
obtenir Lr sont alors implicites.

L'intérêt essentiel de cette analyse est de montrer la démarche suivie pour établir la
surface limite.

Chargement complet:

Nous avons été amenés à étudier des mécanismes de ruine intermédiaires avant
d'aboutir à ceux que nous allons présenter ici. La démarche suivie est approximativement la

112
Chapitre 5

même que lorsque le moment axial local était absent, mais il faudra augmenter le nombre de
zones des mécanismes afin de donner naissance à un moment axial local sur Γf.

On fait également l'hypothèse que la contrainte circonférentielle est constante dans


toute la structure. De même que précédemment la contrainte circonférentielle à l'état limite est
donnée par la relation (5.4): σ θθ = P * σ 0 . Il y a donc toujours deux niveaux de contraintes
axiales possibles se déduisant explicitement de la contrainte circonférentielle par la relation
+
(5.6) notées : σzz − . Nous devrons définir trois mécanismes de ruine permettant d'analyser
et σ zz
deux configurations possibles de l'angle d'inversion des contraintes axiales et du fait que Γf
n'est pas repéré de la même façon pour les défauts traversants il faudra introduire un autre
mécanisme de ruine pour ces derniers défauts. Ces mécanismes noté 3, 4 et 5 sont représentés
respectivement sur les figures 5.9, 5.10 et 5.11. On localise sur ces figures des zones "+" et "-"
qui correspondent respectivement à σzz + − , la lèvre de fissure ne subissant par condition
et σ zz
aux limites aucune contrainte axiale. Les paramètres λ et α seront deux paramètres
géométriques d'optimisation.

La méthode de résolution reste inchangée: on écrit l'équilibre à l'état limite par (5.2),
(5.3) et (5.5) , ensuite on traduit la proportionnalité entre l'état limite et le chargement
appliqué.

113
• étude du mécanisme 3:

γ
y
+
-
+ β
- -
+ 0
- +
0
x
Ri Re
T−a
R i + ( 1 + α)
2 a
Ri + T − a + ( 1 + λ)
Ri + T − a 2

Figure 5.9 : Carte des contraintes axiales du mécanisme 3.

On note : X, Y, Lr*min, γ, quatre fonctions des paramètres d'optimisation et du


chargement :

()
*2 3 2
X = Lr − π*
4
a2 2 µl
Y = ε  1 −  X − X
 T 2

3 2 µ 2l
L *min
r = π* +
4 a4
4  1 − 
 T
 β a π * 
ν − π */2 + −Z
π g π  T 2  
γ = 1 − 
2 Y+Z 
 
Le problème d'optimisation associé est alors :

Problème 1 :

Lr = Min (Lr* )
avec

114
Chapitre 5

Lr* ∈ ] Lr*min , + ∞ [

ε ∈ {- 1 ; 1}

 a a 
Z ∈ − X ; X 
 T T 

γ ∈ [β; π ]

1 a π * 
µ g = − ( Y + Z ) sin γ −  − Z  sin β
2 T 2 
Le problème 1 est un problème d'optimisation sous contraintes non linéaires.

• étude du mécanisme 4:

Les fonctions X, Y, Lr*min sont définies de la même façon que pour le mécanisme 3.
On note de plus pour ce mécanisme:

 π * β a π * 
π ν g − 2 − Z + π  T 2 + Z  
γ = 1− 
2 Y 
 
On obtient à nouveau un problème d'optimisation sous contraintes non linéaires.

115
γ
y
β

0
+
- -
+
- +
0
x
Ri Re
T−a
R i + ( 1 + α)
2 a
Ri + T − a + ( 1 + λ)
Ri + T − a 2

Figure 5.10: Carte des contraintes axiales du mécanisme 4.

Problème 2 :

Lr = Min (Lr* )
avec
Lr* ∈ ] Lr*min , + ∞ [

ε ∈ {- 1 ; 1}

 a a 
Z ∈ − X ; X 
 T T 

γ ∈ [o ; β ]

1 a π * 
µ g =− Y sin γ −  + Z  sinβ
2 T 2 
• étude du mécanisme 5:

On définit X de la même façon que pour le mécanisme 3, et :

116
Chapitre 5

µ
Y = ε X 2− l X
2
2
*min 3 2 µ l
Lr = π* +
4 4
 π * β π * 
ν − + − Y  
π  g 2 π  2 
γ = 1− 
2 Y 
 
γ
y
+

- β
- 0
+
0
x
Ri Re
T
R i + ( 1 + α)
2

Figure 5.11: Carte des contraintes axiales du mécanisme 5.

Le problème d'optimisation à résoudre est dans ce cas particulièrement simple :

Problème 3 :

Lr = Min (Lr* )
avec
Lr* ∈ ] Lr*min , + ∞ [

ε ∈ {- 1 ; 1}

γ ∈ [β ; π]

117
1 π * 
µ g = − Y sin γ −  − Y  sin β
2 2 
Synthèse:

Cette partie nous permet d'envisager le calcul du paramètre L r dans des configurations
variées de défaut circonférentiel et de chargement appliqué. Les problèmes 1, 2, 3 constituent
une généralisation des équations (5.13) et conduisent au même résultat en l'absence de flexion
locale axiale.

Dans le cas d'un défaut circonférentiel non traversant les mécanismes 3 et 4 sont en
concurrence, pour lever l'ambiguïté sur la valeur de Lr au cas où les deux problèmes admettent
simultanément une solution, on utilisera le théorème de borne inférieure qui nous indique que
la plus petite valeur de Lr est à retenir.

Dans le cas d'un défaut entièrement circonférentiel soumis à un chargement


axisymétrique, on utilisera selon le chargement les résultats (5.9), (5.10), (5.11) ou (5.12).
Cependant l'équation (5.12) n'admet pas toujours de solution, si tel est le cas il faudra utiliser
l'équation (5.7).

Ce travail nous permet de calculer Lr dans le cas le plus général en réalisant une
optimisation non linéaire, plusieurs méthodes de résolution sont possibles, nous avons retenu
dans cette thèse une méthode qui balaie de manière discrète l'ensemble des possibles. Cette
méthode est en général fastidieuse lorsque le nombre de paramètres d'optimisation est
important mais présente l'avantage d'être une méthode sûre.

a 
On connaîtra dorénavant: Lr  , β, LQ pour toutes les géométries de défauts
T
circonférentiels.

Un point reste à éclaircir: quel est le chargement transmis au ligament de la structure?


L'application de la méthode simplifiée du projet d'annexe A16 nous conduit à répondre à cette
question pour un comportement élastique de la structure.

Estimation du coefficient kel:

Position du problème:

Pour un cylindre droit élastique fissuré circonférentiellement soumis à un gradient


thermique radial constant d'amplitude ∆T1, nous avons observé numériquement que le
moment linéique axial local en partie courante, noté Mno Z , parvenait sur le défaut (non

118
Chapitre 5

traversant) en ayant subi une atténuation. On note Mdef Z , le moment linéique axial local,
calculé sur le segment coupant le défaut en deux parties symétriques, alors :

M def el no
Z = k ⋅ MZ
avec : 0 ≤ k el ≤ 1

Ce coefficient est obtenu par intégration des contraintes axiales à l'issue d'un calcul
éléments finis élastique. Ce calcul est à double titre gênant : il est d'une part assez sensible à la
finesse du maillage et d'autre part assez fastidieux.

On va donc ici chercher à estimer kel au moyen de données usuelles de la mécanique de


la rupture.

Cas des défauts axisymétriques:

On représente schématiquement sur la figure 5.12 les différentes grandeurs intervenant


dans le cas des défauts entièrement axisymétriques.

Le facteur d'intensité de contraintes, KΙ, s'il est connu permet d'identifier Mzno sous la
forme:

6 Mzno
KΙ = ⋅ Fbl ⋅ π a
T2
Fbl : facteur de forme du cylindre droit soumis à une contrainte σ bl fonction de a / T
M zno M zno

M def
z M def
z
a

Figure 5.12: transmission des efforts axiaux pour un défaut axisymétrique.

Cependant au voisinage du défaut, tout porte à penser que le cylindre se comporte


comme une plaque fissurée latéralement sur laquelle on applique l'effort Mdef
z , car en effet,
contrairement au cylindre, une plaque transmet, sans pratiquement aucun amortissement, les
moments axiaux, y compris sur la section portante du ligament. On aura donc :

6 M dz e f
KΙ # 2
FBPLQ π a
T

119
a
FBPLQ : facteur de forme de la plaque à entaille latérale en flexion, fonction de .
T

C'est à dire en tenant compte des deux expressions de KI obtenues:

F bl
k el ≈
FBPLQ

1
0,9
0,8
0,7
0,6 estimation
kel

0,5 elements finis


0,4
0,3
0,2
0,1
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
a/T

Figure 5.13: Comparaison estimation/résultats éléments finis de kel (Rm/T=35).

Nous allons donc comparer cette estimation de kel, obtenue au moyen de facteurs de
forme tabulés en annexe 1, au calcul éléments finis direct de k el. Les figures 5.13 et 5.14
présentent pour deux valeurs de R m/T: 35 et 5, la comparaison entre les valeurs de k el issues
d'un calcul aux éléments finis et celles obtenues par l'estimation ci-dessus en fonction de la
profondeur relative de fissure.

On constate une bonne concordance des résultats et un conservatisme quasi


systématique de l'estimation, ce qui présente l'intérêt d'aller dans le sens de la sécurité. On
constate également que l'estimation rend compte de façon satisfaisante des effets de Rm/T.

1
0,9
0,8
0,7
0,6 estimation
kel

0,5 elements finis


0,4
0,3
0,2
0,1
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
a/T

120
Chapitre 5

Figure 5.14: Comparaison estimation/résultats éléments finis de kel (Rm/T=5).

121
Cas des défauts circonferentiels non traversants:

On s'intéresse ici au cas des défauts circonférentiels elliptiques. La nuance est que le
facteur de forme varie le long du front de fissure. Si on note F blb et Fblf les facteurs de forme
en bord de fissure et en fond de fissure, on peut proposer l'estimation suivante de kel:

Max [ Fblf ; Fblb ]


k el =
FBPLQ
a 1 Rm
Pour tester la qualité de cette estimation, on considère un défaut := , = 5, on
T 4 T
va comparer l'estimation ainsi définie à un calcul éléments finis de kel , Fblf et Fblb ayant
également été obtenus sur ce calcul. La figure 5.15 nous présente cette estimation en fonction
a a
de , on constate que celle-ci est de très bonne qualité jusqu'à = 0,5, au delà elle
β Rm β Rm
s'éloigne de manière conservative des résultats éléments finis, cet éloignement correspond à
Fblb > Fblf.

Cette estimation semble donc extrêmement intéressante pour l'étude des défauts
circonférentiels soumis à un gradient thermique radial.

Il faut de plus rappeler que l'intégration numérique des efforts axiaux par éléments
finis est rendue difficile par la concentration des efforts en pointe de fissure ce qui rend les
calculs numériques de kel relativement imprécis, alors qu'un calcul éléments finis de KI sera en
général assez bon pour peu que le maillage en pointe de fissure est suffisamment fin.

0,9
0,8
0,7
0,6
0,5 estimation
kel

0,4 elements finis

0,3
0,2
0,1
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8
a/T

Figure 5.15: Comparaison estimation/éléments finis de kel (Rm/T=5,a/T=1/4).

Cas des défauts circonférentiels traversants:

On peut imaginer une méthode comparable d'estimation de kel , en prenant cette fois-ci
non plus FBPLQ comme facteur de forme de référence, mais le facteur de forme associé à
l'application d'un moment de flexion axial local sur les lèvres d'un défaut circonférentiel

122
Chapitre 5

traversant, cependant la littérature semble particulièrement incomplète pour ce type de


chargements.

En l'absence d'informations supplémentaires, on supposera que pour un défaut


traversant, le moment axial le long du front de fissure est le même qu'en partie courante, soit :
kel = 1.

Synthèse

On dispose donc d'une méthode d'estimation de k el pour les défauts circonférentiels


non traversants particulièrement simple à mettre en œuvre et d'une précision tout à fait
acceptable.

Dans le cas des défauts traversants il faudrait proposer et valider une autre méthode.

On notera :

1 0 0 0 
 
0 1 0 0 
K= 
0010
 
 0 0 0 k el
K: est la matrice de transport des efforts secondaires élastiques de la partie courante
jusqu'au défaut :

→ el → el
KS = K S

Le problème du transport des efforts nominaux élastiques jusqu'au ligament du


cylindre fissuré est ainsi réalisé par une méthode simplifiée conservative.

Synthèse des résultats en vue de la méthode simplifiée du projet d'annexe


A.16 :

Le point de départ de toute analyse simplifiée de stabilité d'une tuyauterie droite


fissurée est la donnée de:

- Qel = P + Sel ( défini au chapitre 4 paragraphe 4.6): c'est-à-dire l'ensemble des


chargements exprimés en contraintes et classifiés en primaire et secondaire de type
déformation imposée.

123
- des caractéristiques géométriques de la structure fissurée: Rm, T , a/T, β.

124
Chapitre 5

On peut alors définir la norme d'un chargement élastique quelconque au sens de la


el
méthode simplifiée du projet d'annexe A.16 présentée au chapitre 2, Qel
no et Q def au moyen
a 
de la fonction Lr  , β, LQ selon:
T

Qel
(
no = σ0 Lr 0,0, L Q
el
)

Q el a
( )
el 
def = σ 0 L r  , β, L P + K S 
T

La figure 4.20 est un exemple parmi de nombreux autres de cas d'interaction entre les
résultats en bord et les résultats en fond, l'estimation simplifiée de l'intégrale J sera comparée
aux résultats éléments finis au point où l'intégrale J est maximale c'est-à-dire en fond de
fissure pour tous les calculs 3D réalisés. Une manière d'avoir une estimation élastique
permettant de se prémunir d'interactions entre le bord et le fond de fissure consiste à prendre
le facteur de forme le plus grand entre le bord et le fond de la fissure, pour chacune des
~
composantes du chargement, en déduire KI puis une estimation élastique de l'intégrale J
calculée élastiquement:

~
KI = πa ∑ Max( fi bord , fi fond ) σi
i
~ 2
 ~ 
Jel = KI  E'
 

~
Nous utiliserons ici une valeur de Jel issue des calculs éléments finis, il ne reste donc plus
de difficultés pour appliquer la méthode simplifiée du projet d'annexe A.16.

Application des méthodes simplifiées sous chargement primaire:

Problème de la biaxialité des chargements:

La règle R6 ([MIL88B] chapitre 9.6.1) propose de négliger l'influence de la contrainte


circonférentielle de pression sur la contrainte de référence. Quelques calculs ont montré les
dangers de cette approximation. Nous allons comparer les estimations simplifiées obtenues
sur des tuyaux droits à défaut entièrement circonférentiel chargés en pression interne et effet
de fond lorsque l'on prend en compte ou non la contrainte circonférentielle. Nous utiliserons
ici l'expression 5.7 de Lr. Nous allons analyser la montée en chargement primaire des cas
éléments finis 15, 16 et 17 décrits en annexe 1.

On note:

-JS1 : l'estimation simplifiée obtenue lorsque l'on ne prend pas en compte la contrainte
circonférentielle dans le calcul du paramètre Lr.

- JS2 : l'estimation simplifiée obtenue avec prise en compte du chargement complet.

87
4
3,5
3
2,5 éléments finis
J (N.mm-1)

2 JS1
JS2
1,5
1
0,5
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Temps adimensionnel

Figure 5.16: Analyse simplifiée de la part primaire du cas 15 (a/T=1/8).

12

10

8
éléments finis
J (N.mm-1)

6 JS1
JS2
4

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Temps adimensionnel

Figure 5.17: Analyse simplifiée de la part primaire du cas 16 (a/T=1/4).

Les figures 5.16 à 5.18 nous présentent la comparaison des deux méthodes simplifiées
aux résultats éléments finis. On constate sur ces courbes que lorsque le défaut est peu profond,
négliger la contrainte circonférentielle conduit à des estimations simplifiées non
conservatives, alors que pour un défaut profond (a/T=1/2) cette approximation devient
meilleure. Ce phénomène s'explique par le fait que lorsque le défaut est profond la contrainte
axiale est amplifiée dans le ligament du fait de la réduction de section due au défaut et que la
contrainte circonférentielle est alors relativement plus faible comparée à la contrainte axiale.

Ces quelques calculs nous prouvent l'importance de la prise en compte des termes
circonférentiels de pression, nous les prendrons donc systématiquement en compte par la
suite.

On peut expliquer physiquement cette importance des termes circonférentiels en


rappelant que du simple fait qu'ils plastifient la structure ils vont diminuer la raideur de cette
dernière et le défaut s'ouvrira donc plus facilement en leur présence la nocivité du chargement
appliqué est ainsi modifiée, on constatera parfois que le chargement circonférentiel peut
adoucir les effets du chargement axial.

88
Chapitre 5

80
70
60
50
J (N.mm-1)

éléments finis
40 JS1 JS1=JS2
30
20
10
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Temps adimensionnel

Figure 5.18: Analyse simplifiée de la part primaire du cas 17 (a/T=1/2).

Ces trois courbes permettent de valider la méthode simplifiée sur les chargements
primaires des cas éléments finis 12, 13 et 14 ( voir annexe 1) dans la mesure où le vecteur
chargement appliqué de ces cas est directement proportionnel au vecteur chargement
respectivement des cas 15, 16 et 17.

La prise en compte de la pression par les méthodes simplifiées, compte tenu de nos
remarques semble donc assez bonne.

Analyse simplifiée du défaut entièrement circonférentiel en traction :

Pour valider les méthodes simplifiées dans ce cas, on utilisera les expressions (5.10) de
Lr. Cette validation peut être réalisée pour les trois tailles relatives de défauts en analysant les
chargements primaires des cas 4, 9 et 11 validant ainsi les cas 1 à 11
3,5

2,5
J (N.mm-1)

2 J elem. finis
Js
1,5

0,5

0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2 1,4
SIGmz/SIGo

Figure 5.19: Analyse simplifiée de la part primaire du cas 4 (a/T=1/8).

89
1,60E+01
1,40E+01
1,20E+01
1,00E+01
J (N.mm-1)

J elem. finis
8,00E+00 Js
6,00E+00
4,00E+00
2,00E+00
0,00E+00
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2 1,4
SIGmz/SIGo

Figure 5.20: Analyse simplifiée de la part primaire du cas 9 (a/T=1/4).

8,00E+01
7,00E+01
6,00E+01
5,00E+01
J (N.mm-1)

J (N.mm-1)
4,00E+01 Js
3,00E+01
2,00E+01
1,00E+01
0,00E+00
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
SIGmz/SIGo

Figure 5.21: Analyse simplifiée de la part primaire du cas 11 (a/T=1/2).

Toutes les méthodes simplifiées d'estimation de l'intégrale J sous chargement primaire


étant approximativement identiques, nous utiliserons la méthode du projet d'annexe A.16.

Les figures 5.19, 5.20 et 5.21 nous présentent la comparaison entre l'estimation
simplifiée de l'intégrale J et les résultats éléments finis pour la partie primaire des
chargements.

Ces résultats nous montrent que les méthodes simplifiées sont en bonne approximation
conservatives et que de plus pour les défauts a/T=1/8 ou 1/4 les méthodes simplifiées
conduisent à une excellente estimation de l'intégrale J. Cette estimation devient plus
conservative pour le défaut a/T=1/2 les formules (5.10) étant probablement améliorables pour
les défauts profonds.

90
Chapitre 5

Application des méthodes simplifiées sur les calculs 3D:

Les calculs 3D réalisés ont montré une prise en compte non conservative de la flexion
poutre dans quelques cas, d'autres calculs éléments finis réalisés par les partenaires industriels
ont également montré cette tendance. Nous avons ainsi décidé d'apporter une correction
arbitraire au moment de flexion poutre permettant de remédier à ce manque de conservatisme:
nous diviserons le moment appliqué par 0,95 pour l'application des méthodes simplifiées.
Cette correction suffit en général pour recouvrer le conservatisme de ces méthodes en
présence de flexion poutre.

Pour la partie primaire des chargements les figures 5.22 à 5.25 comparent les résultats
éléments finis en fond de fissure des calculs 3D massifs à deux estimations simplifiées, l'une
découlant directement de la prise en compte des efforts, l'autre basée sur une amplification
préalable du moment appliqué.

3,00E+02

2,50E+02

2,00E+02
J elem.finis
J (N/mm)

1,50E+02 Js(M)
Js (M/0,95)
1,00E+02

5,00E+01

0,00E+00
0 100 200 300 400 500 600
My /1e7(N.mm)

Figure 5.22: Comparaison méthodes simplifiées/éléments finis du cas 36.

90
80
70
60
J elem. finis
J (N/mm)

50
Js(M)
40
Js(M/0,95)
30
20
10
0
0 5 10 15 20
Temps du cas 41

Figure 5.23: Comparaison méthodes simplifiées/éléments finis du cas 41.

91
12

10

8
J (N/mm)

J elem. finis
6 Js (M)
Js(M/0,95)
4

0
0 1 2 3 4 5 6 7
Temps du cas 42

Figure 5.24: Comparaison méthodes simplifiées/éléments finis du cas 42.

90
80
70
60 J elem.fnis
J (N/mm)

50 Js(M)
40 Js(M/0,95)
30
20
10
0
0 1 2 3 4 5 6
Temps du cas 43

Figure 5.25: Comparaison méthodes simplifiées/éléments finis du cas 43.

Les résultats obtenus nous montrent que la correction apportée sur le moment permet
de corriger effectivement dans tous les cas le manque de conservatisme des estimations
simplifiées, la précision de l'estimation restant assez bonne.

92
Chapitre 5

Application de la méthode simplifiée du projet d'annexe A.16 sous


chargement thermo-mécanique:

Étude axisymétrique de la combinaison traction/∆T1:

Dans ce cas nous utiliserons l'expression (5.11) pour le calcul du paramètre L r. Les
figures suivantes comparent les résultats obtenus par éléments finis et par la méthode
simplifiée à partir de l'application du gradient thermique, le chargement primaire étant alors
dès le départ à sont niveau maximal. Les cas 1 à 11 nous conduisent aux résultats des figures
5.26 à 5.36. On indique en abscisse le niveau de ∆T1 en degrés Celcius.

4
3,5
3
2,5
J elem. finis
J(N/mm)

2 Js
1,5
1
0,5
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.26: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 1 (a/T=1/8).

4
3,5
3
2,5 J elem. finis
J(N/mm)

2 Js
1,5
1
0,5
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.27: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 2 (a/T=1/8).

123
7
6
5
J elem. finis
J(N/mm)

4
Js
3
2
1
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.28: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 3 (a/T=1/8).

1,80E+01
1,60E+01
1,40E+01
1,20E+01 J elem. finis
J(N/mm)

1,00E+01 Js
8,00E+00
6,00E+00
4,00E+00
2,00E+00
0,00E+00
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.29: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 4 (a/T=1/8).

1,20E+01

1,00E+01

8,00E+00
J elem. finis
J(N/mm)

6,00E+00 Js

4,00E+00

2,00E+00

0,00E+00
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.30: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 5 (a/T=1/4).

124
Chapitre 5

1,40E+01
1,20E+01
1,00E+01
J elem. finis
J(N/mm)

8,00E+00
Js
6,00E+00
4,00E+00
2,00E+00
0,00E+00
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.31: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 6 (a/T=1/4).

2,50E+01

2,00E+01

1,50E+01 J elem. finis


J(N/mm)

Js
1,00E+01

5,00E+00

0,00E+00
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.32: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 7 (a/T=1/4).

3,00E+01

2,50E+01

2,00E+01
J elem. finis
J(N/mm)

1,50E+01 Js

1,00E+01

5,00E+00

0,00E+00
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.33: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 8 (a/T=1/4).

125
5,00E+01
4,50E+01
4,00E+01
3,50E+01
3,00E+01
J(N/mm)

2,50E+01 J elem. finis


2,00E+01 Js
1,50E+01
1,00E+01
5,00E+00
0,00E+00
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.34: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 9 (a/T=1/4).

5,00E+01
4,50E+01
4,00E+01
3,50E+01
3,00E+01 J elem. finis
J(N/mm)

2,50E+01 Js
2,00E+01
1,50E+01
1,00E+01
5,00E+00
0,00E+00
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.35: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 10 (a/T=1/2).

1,80E+02
1,60E+02
1,40E+02
1,20E+02
J elem. finis
J(N/mm)

1,00E+02
Js
8,00E+01
6,00E+01
4,00E+01
2,00E+01
0,00E+00
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.36: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 11 (a/T=1/2).

126
Chapitre 5

Les estimations obtenues dans la combinaison traction et ∆T1 sont donc d'une part
globalement conservatives et d'autre part permettent d'estimer assez finement les résultats
éléments finis.

Étude axisymétrique de la combinaison pression-effet de fond/∆T1:

Nous allons de même analyser les cas 12 à 17 qui correspondent à l'application d'une
pression interne et son effet de fond suivis d'un gradient thermique d'amplitude ∆T1. Le calcul
du paramètre Lr est réalisé en prenant la meilleure solution entre les équation (5.7) et (5.12).
Lorsque l'équation (5.12) n'admet pas de solution on utilisera (5.7). Les comparaisons entre
méthode simplifiée et résultats éléments finis apparaissent sur les figures 5.37 à 5.42 en
fonction de ∆T1.

6,00E+00

5,00E+00

4,00E+00
J(N/mm)

J elem.finis
3,00E+00
Js
2,00E+00

1,00E+00

0,00E+00
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.37: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 12 (a/T=1/8).

1,60E+01
1,40E+01
1,20E+01
1,00E+01
J(N/mm)

J elem.finis
8,00E+00
Js
6,00E+00
4,00E+00
2,00E+00
0,00E+00
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.38: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 13 (a/T=1/4).

127
80
70
60
50
J(N/mm)

J elem.finis
40
Js
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.39: Comparaison méthodes simplifiées/éléments finis du cas 14 (a/T=1/2).

35
30
25
J(N/mm)

20 J elem.finis
15 Js

10
5
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.40: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 15 (a/T=1/8).

80
70
60
50
J(N/mm)

J elem.finis
40
Js
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.41: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 16 (a/T=1/4).

128
Chapitre 5

300

250

200
J(N/mm)

J elem.finis
150
Js
100

50

0
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200
DT1

Figure 5.42: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 17 (a/T=1/2).

Les estimations simplifiées obtenues sont alors assez fortement conservatives, tout
porte à penser que la règle de Neuber traite avec beaucoup de sévérité la biaxialité des
chargements. Cette remarque apparaît également dans les études des facteurs d'intensification
de contrainte sous chargement biaxié de K.C. Wang et W.N. Sharpe dans [WAN91] et
[SHA91].

Étude des cas 3D sous une combinaison primaire/∆T1:

Les calculs 3D sous chargement thermo-mécanique peuvent être analysés par méthode
simplifiée. Le calcul de Lr est obtenu par la résolution des problèmes 1 ou 2 décrits dans ce
chapitre. Les résultats obtenus par la méthode simplifiée du projet d'annexe A16 et la règle R6
sont présentés sur les figures 5.43 à 5.48 et sont comparés dans chacun des cas aux résultats
éléments finis au point du front de fissure le plus chargé c'est-à-dire dans tous les cas en fond
de fissure. Dans l'application de la méthode simplifiée du projet d'annexe A16 nous avons
divisé le moment appliqué par 0,95 du fait des remarques effectuées sous chargement
primaire. Par contre dans l'application de la règle R6 nous avons appliqué la méthode en
prenant les efforts appliqués sans correction. L'introduction d'une correction sur le moment
augmenterait encore le conservatisme de la règle R6.

25

20
Jep fond (N/mm)
R6 option 2
J(N/mm)

15
Js A16
10

0
0 50 100 150 200
DT1(°C)

Figure 5.43: Comparaison méthodes simplifiées/éléments finis du cas 37-défaut 1.

129
120

100
Jep fond (N/mm)
80 R6 option 2
J(N/mm)

60 Js A16

40

20

0
0 50 100 150 200
DT1(°C)

Figure 5.44: Comparaison méthodes simplifiées/éléments finis du cas 38-défaut 1.

300
250
Jep fond (N/mm)
200 R6 option 2
J(N/mm)

150 Js A16
100
50
0
0 50 100 150 200
DT1(°C)

Figure 5.45: Comparaison méthodes simplifiées/éléments finis du cas 39-défaut 1.

120
100
Jep fond (N/mm)
80 R6 option 2
J(N/mm)

60 Js A16

40

20
0
0 50 100 150 200
DT1(°C)

Figure 5.46: Comparaison méthodes simplifiées/éléments finis du cas 40-défaut 1.

130
Chapitre 5

300

250
Jep fond
200 R6 option 2
J(N/mm)

150 JS A16

100

50

0
0 50 100 150 200
DT1(°C)

Figure 5.47: Comparaison méthodes simplifiées/éléments finis du cas 41-défaut 1.

70
60
50
Jep fond (N/mm)
J(N/mm)

40 Js A16
30
20
10
0
0 50 100 150 200
DT1(°C)

Figure 5.48: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis du cas 42-défaut 2.

Les estimations simplifiées par la méthode du projet d'annexe A16 estiment donc très
bien le calcul par éléments finis. On peut de plus constater le conservatisme important de la
règle R6 sur ces différents calculs.

Dans le cas où le chargement est purement thermique, la figure 5.43 nous montre que
les deux méthodes simplifiées conduisent à un conservatisme important.

Synthèse:

Cette étude nous a permis de compléter les formulaires de charges limites associés aux
défauts circonférentiels en prenant en compte un chargement constitué d'une traction, d'un
moment poutre, d'une pression de paroi et d'un moment local axial alors qu'au début de cette
thèse nous ne disposions que de l'expression de la charge limite dans la combinaison traction
et moment poutre [MIL88B]. La prise ne compte de la pression de paroi s'est avérée
importante.

131
La méthode simplifiée que nous avons développé pour les tuyauteries droites avec
défaut circonférentiel permet donc de mieux prendre en compte la biaxialité du chargement en
présence de pression de paroi.

La méthode du projet d'annexe A16 permet donc de remédier partiellement à l'excès de


conservatisme de la règle R6. Une étude paramétrique nous a montré cependant que la règle
R6 pouvait devenir moins conservative que la méthode simplifiée du projet d'annexe A16
pour des défauts profonds ( a/T>1/3 environ ). Il faudrait réaliser d'autres calculs éléments
finis pour des défauts profonds pour bien vérifier le conservatisme de la règle R6 dans ces
configurations de défauts.

Nous avons de plus pu observer que la méthode du projet d'annexe A16 conduisait à
une surestimation importante de l'intégrale J sous chargement thermo-mécanique en présence
d'une contrainte circonférentielle importante lorsque le défaut est axisymétrique, alors que cet
excès de conservatisme devient beaucoup plus faible lorsque la fissure a une faible taille
angulaire. Cette remarque s'applique également à la règle R6 qui ne permet pas de prendre en
compte de manière acceptable les effets des chargements circonférentiels lors de l'application
d'un gradient thermique radial constant sur un défaut axisymétrique.

132
Chapitre 6

ETUDE DES DÉFAUTS LONGITUDINAUX

133
134
Chapitre 6

Introduction:

Les méthodes simplifiées d'estimation de l'intégrale J reposent, comme nous l'avons vu


au chapitre précédent, sur une bonne connaissance de la charge limite de la structure fissurée.
Nous allons ici proposer deux méthodes d'estimation de la charge limite applicables aux
tuyaux droits à défauts longitudinaux non traversants. Ce travail s'appuie sur deux
publications de R. Kitching [KIT70] et [KIT81] proposant une analyse en borne inférieure
d'un cylindre droit avec une ouverture rectangulaire soumis à un chargement de pression
simple.

Le cas des défauts traversants est particulièrement difficile à traiter analytiquement, car
la ruine plastique de la structure est alors localisée dans une zone voisine du défaut et les
champs de contraintes associés sont complexes.

Nous utiliserons une hypothèse de travail qui semble adaptée à notre étude. On
supposera que pour les défauts longitudinaux non traversants l'intégrale J est guidée par une
ruine globale de la structure.

Les chargements étudiés seront primaires:

- flexion poutre,

- pression interne de paroi,

- effet de fond et traction poutre.

Nous mettrons en évidence la contribution à la nocivité des défauts des chargements


axiaux qui pourtant n'ouvrent pas élastiquement les lèvres de la fissure.

Cette étude aboutit naturellement à une proposition de méthode simplifiée applicable


aux chargements primaires que nous venons de citer.

De nombreuses études expérimentales en vue d'obtenir la charge limite d'un cylindre


droit à défaut longitudinal pressurisé ont été menées. J.F Kiefner [KIE73] détermine une
expression de cette charge limite par inversion des méthodes simplifiées, c'est-à-dire qu'il
cherche la contrainte de référence qui permet d'estimer au mieux le chargement d'instabilité de
la structure mesuré expérimentalement. De même Kitching [KIT82] propose quelques
données expérimentales sur les défauts rectangulaires. Les modalités expérimentales d'analyse
des défauts traversants sont délicates, il faut en effet placer une paroi étanche à l'intérieur du
cylindre, celle-ci ne devant pas perturber la ruine plastique de la structure.

135
Choix d'un mécanisme de ruine pour un cylindre fissuré
longitudinalement:

L'étude du défaut non traversant sera basée sur la décomposition du cylindre étudié
représenté sur la figure 6.1 en deux sous structures, un cylindre droit avec défaut traversant
d'épaisseur a et un cylindre droit sans défaut d'épaisseur T-a.

On utilisera la même adimensionnalisation des efforts appliqués que pour l'étude des
défauts circonférentiels, la composante de flexion locale appliquée étant cependant supposée
nulle dans cette étude. On marquera en indice l'épaisseur de la coque considérée, qui
intervient dans l'adimensionnalisation des chargements, le vecteur chargement appliqué sur la
coque complète est ainsi:

µgT
 
νT 
LQT =
* 
πT 
0 
 

Dans une recherche du chargement limite LQLT par trajets radiaux, on aura:

mgT
 
nT 
LQLT = 
* 
PT 
0 
 

et la relation suivante :

LQT = Lr LQLT (6.1)

Le paramètre Lr ( LQT ) étant une donnée essentielle pour l'application des méthodes
simplifiées d'estimation de l'intégrale J.

Nous allons supposer que les efforts appliqués se répartissent dans chacune des deux
coques selon deux vecteurs chargement, adimensionnalisés en tenant compte de l'épaisseur de
la coque considérée, et notés: LQT−a et LQ a .

A l'état limite, défini par Lr = 1 dans la relation (6.1) ci-dessus, ces deux vecteurs
seront: LQL( T−a) et LQ La .

Les vecteurs que nous venons de décrire ne sont pas additifs.

La relation de conservation des efforts limites s'écrira dans notre étude:

136
Chapitre 6

LQ La +  1 −  LQ L ( T − a )
a a
LQ LT = (6.2)
T  T

Cette relation conserve la même forme pour le chargement appliqué.

En présence d'une composante de flexion locale appliquée, cette relation ne serait plus
valable.
z z

x
2c
x

Figure 6.1 : Représentation du cylindre avec défaut longitudinal non traversant.

Cette étude repose donc sur l'analyse générique d'un cylindre droit avec un défaut
traversant de hauteur 2c éventuellement nulle et d'épaisseur X représenté dans son système de
coordonnées cylindriques sur la figure 6.2.

z z

x
2c
x
θ

r
X
y

Figure 6.2 : Paramétrage d'un défaut longitudinal traversant.

Les symétries de la structure et du chargement appliqué nous permettent de n'étudier


qu'un quart du cylindre fissuré. Dans le système de coordonnées polaires, les équations
d'équilibre coques sont ( [TIM51] ):

∂N z ∂ N θ z
Rm + =0
∂z ∂θ

137
∂N θ ∂N θz
+ Rm − Qθ = 0
∂θ ∂z

∂M θ z ∂M θ
−R m − − R mQθ = 0
∂z ∂θ

∂M θz ∂M z
+ Rm − R mQz = 0
∂θ ∂z

∂Q z ∂Q θ
Rm + + N θ − R m ∆p X = 0
∂z ∂θ

∆pX: est ici la différence de pression de paroi entre la peau interne et la peau externe de
la coque d'épaisseur X.

On fera les hypothèses guidées par les travaux de R. Kitching [KIT70]:

- Qθ = 0 ,

- N θz = 0 ,

- Mθz = 0 ,

- Mθ = 0 .

Il sera utile d'adimensionnaliser la coordonnée axiale, on écrira:

z
ξ=
c

Les hypothèses effectuées sur les efforts simplifient considérablement les équations
d'équilibre que nous allons écrire avec l'adimensionnalisation des efforts coque définie au
chapitre 3 paragraphe 7.3, on obtient alors le système d'équations d'équilibre suivant:

∂nξ
=0
∂ξ

∂n θ
=0
∂θ

X ∂mξ
= qξ
4 c ∂ξ

1 ∂2 m ξ *
+ n θ = PX
4ρ2X ∂ξ 2

avec:

138
Chapitre 6

c
ρX =
Ri X

Du fait que les critères de plasticité coque usuels ne font pas intervenir les
cisaillements le paramètre ρX contiendra toutes les informations géométriques relatives au
défaut traversant étudié.

Nous allons de plus supposer que la distribution du cisaillement est linéaire, cette
hypothèse est retenue dans [KIT70] et semble la mieux adaptée à notre étude.

La seconde de ces équations nous indique que nθ doit être nul sur toute la couronne
axiale ξ ∈[ 0,1] . Il s'en suit que mξ est parabolique sur cette couronne et qξ linéaire et nul en
ξ=0 sur cette même couronne du fait de la symétrie de la structure.

Le cisaillement qξ atteint donc sa valeur maximale en ξ=1, il faudra faire disparaître ce


cisaillement, on utilisera pour ce faire une évolution linéaire décroissante de q ξ sur une
couronne ξ ∈[ 1, B] , avec la condition qξ( ξ=B )=0.

L'effort de membrane axial doit être constant axialement. Nous utiliserons deux
+ − + −
valeurs de nξ : nξ et nξ , avec: n ξ ≥ n ξ qui seront distribuées circonférentiellement de
manière à équilibrer le moment poutre et la traction axiale.

La figure 6.3 résume le découpage du quart du cylindre étudié en zones où les efforts
seront décrits séparément.
ξ
5 6
B

3 4

1
1 2

0 π θ
γX

Figure 6.3 : Découpage de la développée du cylindre en zones.

Les remarques effectuées sur la distribution du cisaillement, nous permettent de


représenter l'évolution axiale de cette composante qui ne dépend que de ξ, cette distribution
apparaît sur la figure 6.4.

139

c *
qξ = PX
Ri

0 ξ
1 B

Figure 6.4 : Distribution axiale de qξ.

Le moment de flexion local axial ne dépend également que de la coordonnée axiale et


se déduit de qξ à une constante d'intégration près, son évolution axiale est constituée de deux
tronçons de paraboles représentées sur la figure 6.5.

*
m ξ = m 0 PX

1 B ξ

Figure 6.5 : Distribution axiale de mξ.

L'effort circonférentiel qui ne dépend également que de la coordonnée axiale se déduit


de mξ par deux dérivations. Son évolution axiale est représentée sur la figure 6.6.

B *
nθ = PX
B −1

nθ = 0
0 ξ
1 B

Figure 6.6 : Distribution axiale de nθ.

140
Chapitre 6

Les figures 6.4, 6.5 et 6.6 ne décrivent les efforts que sur les zones 1 à 4. Pour les
zones 5 et 6, le système est assimilable à un cylindre sur lequel on applique les efforts obtenus
en B. On constate alors la présence d'un moment axial local maximal en B puisque sa dérivée
y est nulle. La section la plus chargée des zones 5 et 6 est la section B et l'on sait en pratique
que le moment axial local est évanescent, il disparaîtra donc au delà d'une longueur axiale de
l'ordre de 4 RiX . Il n'est donc pas nécessaire de décrire précisément les efforts dans les
zones 5 et 6, il faudra cependant s'assurer de l'équilibre des efforts axiaux: flexion poutre et
traction axiale sur la section B, ceux-ci se transmettrons alors sur les zones 5 et 6.

La section B délimite ainsi l'étendue possible de la zone plastique dans la structure.

On peut maintenant proposer une description des efforts permettant de mener l'analyse
limite de la structure, le tableau 6.1 résume la distribution des efforts dans les zones décrites
sur la figure 6.3.

θ ∈[ 0, γ X ] θ ∈[ γ X , π]
ξ ∈[ 0,1] region 1: region 2:
+
n θ = 0, nξ = nξ −
n θ = 0, n ξ = n ξ

(
mξ = m0 + 2ρ2X ξ2 − 1
 ) PX* (
mξ = m0 + 2ρ2X ξ2 − 1
 ) PX*
ξP* ξP*
c c
qξ = qξ =
Ri X Ri X
ξ ∈[ 1, B] region 3: region 4:
n θ = ( B / ( B − 1) ) PX
* +
, nξ = nξ n θ = ( B / ( B − 1) ) PX
* −
, nξ = nξ

mξ = m0 + 4ρ2X
( ) P*
B( ξ − 1) − 0.5 ξ2 − 1 
mξ = m0 + 4ρ2X
(
B( ξ − 1) − 0.5 ξ2 − 1) P*
 B −1  a  B−1  a
   
c B− ξ * c B− ξ *
qξ = Pa qξ = Pa
Ri B − 1 Ri B − 1
Tableau 6.1 : Évolution des contraintes dans les zones 1 à 4.

On dispose ainsi d'une distribution d'efforts qui nous permettra d'équilibrer les
chargements appliqués au moyen des deux paramètres d'optimisation que sont B et m0.

La distribution proposée est suffisamment simple pour que l'on puisse se contenter de
vérifier, pour l'analyse limite, que les sections les plus chargées restent bien à l'intérieur du
critère de plasticité. Le tableau 6.2 résume ces efforts aux sections éventuellement les plus
chargées. Les cisaillements n'intervenant pas dans les critères de plasticité coques nous
n'indiquons pas le niveau des cisaillements.

141
θ ∈[ 0, γ X ] θ ∈[ γ X , π]
ξ=0 nθ = 0 , n ξ = n ξ+ nθ = 0 , n ξ = n ξ−
(
mξ = m0 − 2ρ2X PX *
) (
mξ = m0 − 2ρ2X PX *
)
ξ=1− nθ = 0 , n ξ = n ξ+ nθ = 0 , n ξ = n ξ−
* *
mξ = m0 PX mξ = m0 PX
ξ=1+ * + * −
nθ = ( B / ( B − 1)) PX , nξ = nξ nθ = ( B / ( B − 1)) PX , nξ = nξ
* *
mξ = m0 PX mξ = m0 PX
ξ= B− *
nθ = ( B / (B − 1)) PX , nξ = nξ+ *
nθ = ( B / (B − 1)) PX , nξ = nξ−
(
mξ = m0 + 2ρ2X ( B − 1) PX )*
(
mξ = m0 + 2ρ2X ( B − 1) PX ) *

Tableau 6.2 : Valeurs des efforts aux sections les plus chargées.

Pour achever la description de l'équilibre de la structure, il nous reste à déterminer les


conditions d'équilibre des efforts axiaux.

Ces conditions se déduisent simplement des équations (5.2) et (5.3), on obtient alors
les deux relations suivantes:

 n ξ+ − n ξ−
 m gX = sin γ X
 2
 n − n ξ− (6.3)
 γ = π gX avec γ X ∈ [ 0, π ]
 X n ξ+ − n ξ−

La dernière étape de notre analyse revient donc à satisfaire le critère de plasticité, nous
utiliserons deux critères coques: le Two Moment Limited Criterion et le critère Von Mises
coque. Le premier de ces critères permet d'obtenir des résultats analytiques intéressants.
Cependant ce critère étant très imprécis, nous ne pourrons pas nous en contenter.

Analyse limite avec le Two Moment Limited Yield Criterion (TMLYC):

Pression de paroi seule:

Dans ce cas la relation (6.3) nous indique que les efforts axiaux sont uniformément
nuls. Le mécanisme de ruine est ainsi axisymétrique. Nous ne présenterons ici que les efforts
intervenant dans le critère de plasticité et qui sont non nuls.

142
Chapitre 6

Les conditions de plasticité à satisfaire aux sections les plus chargées sont ainsi:

•en ξ=0 :

(
−1 ≤ mξ = m0 − 2ρ2X PX
*
≤1 )
•en ξ=1−:
*
−1 ≤ mξ = m0 PX ≤1

•en ξ=1+:

*
−1 ≤ nθ = ( B / ( B − 1)) PX ≤1
*
−1 ≤ mξ = m0 PX ≤1

•en ξ= B− :

*
−1 ≤ n θ = ( B / (B − 1)) PX ≤1
(
−1 ≤ m ξ = m 0 + 2ρ2X (B − 1) PX
*
≤1)
Les contraintes sur les chargements adimensionnels apparaissent parfois deux fois, on
pourra donc diminuer le nombre de conditions à satisfaire.

•Le problème d'analyse limite à résoudre est alors:

Trouver:

Max
B >1 et m 0 ∈R
( )
PX*

Tel que:

(
−1 ≤ m0 − 2ρ2X PX
*
≤1 )
*
−1 ≤ m0 PX ≤1
(
−1 ≤ m0 + 2ρ2 *
X( B−1) PX ≤ 1 )
*
−1 ≤ ( B / ( B−1)) PX ≤1

143
L'optimisation est réalisée en mettant en butée le maximum de contraintes sur le critère
de plasticité, on obtient alors les valeurs de m0 et B conduisant au maximum de ce problème:

m0 = −1 + ρ2X (6.4)

1 + ρ2X
B= (6.5)
ρ2X

* optimale est alors:


La valeur de PX

* 1
PX = (6.6)
1 + ρ2X

Cette relation particulièrement simple permet d'améliorer pour les petites valeurs de
ρX les résultats obtenus par Kitching pour le même critère de plasticité dans [KIT70] qui
obtient pour une ouverture rectangulaire de petite taille angulaire le résultat suivant:

* 1 + 8ρ2X − 1
PX = pour ρX ≤ 1
4ρ2X
* 1
PX = pour ρX ≥ 1
1 + ρ2X

Pour les grandes valeurs de ρX nous obtenons donc le même résultat. La figure 6.6
compare pour les valeurs de ρX inférieures à l'unité les résultats obtenus par l'équation (6.6)
et par la borne inférieure de Kitching ci-dessus. L'équation (6.6) améliore sensiblement
l'estimation du paramètre de pression de paroi limite, l'effet de fond n'étant pas pris en compte
dans cette première approche.
1
0,9
0,8
0,7
0,6
P*X

0,5 P* eq. (6.6)


0,4 P* Kitching
0,3
0,2
0,1
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1
ρ

Figure 6.6: Amélioration de la pression de paroi limite par l'équation (6.6).

Un autre intérêt de notre approche est de pouvoir utiliser l'expression (6.6), non
seulement sur les défauts traversants, mais également sur les défauts longitudinaux non

144
Chapitre 6

traversants. L'équation (6.2) combinée au résultat de l'équation (6.6) nous donne en pression
de paroi seule, pour le défaut représenté sur la figure 6.1:

a a 1
PT* = 1 − + (6.7)
T T 1 + ρ2a

L'expression (6.7) permet de retrouver les résultats obtenus par une optimisation
numérique réalisée par Kitching dans [KIT81] et [KIT82] pour des défauts rectangulaires de
faible amplitude angulaire. Il parait donc intéressant de se contenter de la formule explicite
(6.7) qui nous permet de retrouver également des résultats assez voisins, pour des défauts peu
profonds, de la formule de Battelle décrite dans [KIE73] et présentée également dans le
formulaire de A.G. Miller [MIL88B].

Chargement complet appliqué à un défaut traversant:

Nous allons mettre à profit pour cette étude les résultats obtenus sur une coque
d'épaisseur X avec défaut traversant sous pression de paroi seule. Le chargement de
membrane circonférentielle maximal pour les valeurs de m0 et B définies par les équations
(6.4) et (6.5) est:

nθ = (1 + ρ2X)PX
*

On peut ainsi représenter cette composante du chargement sur le critère de plasticité


lorsque la structure est ruinée sous l'influence combinée de deux efforts de membrane, l'un
circonférentiel et l'autre axial. La figure 6.7 nous montre l'existence de deux niveaux de
contraintes axiales permettant de ruiner la structure après application de la pression de paroi
dont le niveau de contrainte circonférentielle maximal est défini ci-dessus.

1
n θ = (1 + ρ2X )PX
*

-1 1 nξ
n ξ− n ξ+

-1
Figure 6.7 : efforts de membrane à la ruine plastique.

+ −
Les efforts axiaux adimensionnés nξ et nξ sont introduits tels quels dans le schéma
de ruine du tableau 6.2. Pour déterminer la valeur des efforts axiaux, il faut distinguer deux
cas:

145
S i nθ < 1 S i nθ = 1
 n ξ+ = 1  n ξ+ ∈ [ 01, ]
 
 −  −
 n ξ = n θ − 1  n ξ = 0
Ces deux cas possibles, selon la contrainte circonférentielle, nous conduisent à définir
deux tronçons de la surface limite associée au défaut traversant obtenus en écrivant
+ −
explicitement les valeurs de nξ et nξ obtenues ci-dessus dans les équations (6.3).

•Si *
PX(1 + ρ2 )
X <1 :

 * 2
 π n gX + 1 − PX 1 + ρX ( ) 
 1 * 2 
(
mgX = 1 − PX 1 + ρX  sin  ) 
 2   2 1 − 1 P* 1 + ρ2
 2
X X ( ) 

•Si *
PX(1 +ρ2 )
X =1 :

La surface limite est constituée de la partie du plan *


PX( )
1 +ρ2
X =1 limitée par les
1
deux conditions suivantes: m gX ≥ 0 et m gX ≤ sin πn gX .
2
( )

On peut représenter l'allure de cette surface limite indépendamment de la géométrie du


défaut traversant ainsi que le présente la figure 6.8. Cette surface limite s'exprime ainsi
analytiquement dans le cas des défauts traversants. Cette propriété remarquable nous permet
de visualiser la démarche suivie dans la construction de cette surface limite.

(1 + ρ2X )PX
*

1
0
m gX
1

n gX
Figure 6.8 : Surface limite du défaut traversant avec le critère TMLYC.

La surface limite associée à la structure fissurée et au chargement appliqué est ainsi


définie par:

146
Chapitre 6

( (
Ψ mgx, ngx, 1 + ρ2X PX
*
=0 ) ) (6.8)

Chargement complet appliqué à un défaut non traversant:

Il parait légitime de faire l'hypothèse que les efforts axiaux ne sont pas perturbés par la
présence du défaut longitudinal. On fera donc l'hypothèse que :

mgT = mga = mg( T − a)


n gT = n ga = n g( T − a)

Cette hypothèse simplificatrice nous permet de diminuer sensiblement le nombre de


paramètres dans l'étude du défaut non traversant.

La surface limite de la structure complète est ainsi obtenue par la résolution simultanée
des trois équations suivantes:


( *
)
 Ψ m gT , n gT , P T − a = 0



( ( 2 *
) )
 Ψ m gT , n gT , 1 + ρ a P a = 0 (6.9)

 *  a * a *
 P =  1 −  P − + Pa
T  T T a
T

Cette équation ne peut semble-t-il être résolue que numériquement. Si l'on parvient à
exprimer dans la fonction Ψ le paramètre de pression de paroi en fonction des autres
paramètres de chargement alors la troisième équation nous donne directement la surface limite
du tuyau droit avec défaut longitudinal non traversant.

Étude approchée du défaut non traversant soumis à une pression de paroi et une
flexion poutre:

Cette configuration particulière est la plus proche du problème industriel. Nous lui
apporterons un soin particulier.

De l'étude du défaut traversant nous pouvons déduire que la projection de la surface


*
limite associée à ce problème sur le plan mgX , PX a pour équation:

 *
(2
 π 1 − PX 1 + ρX ) 
 1 * 2 
(
mgX = 1 − PX 1 + ρX  sin  ) 

 2   2 1 − 1 P* 1 + ρ2
 2
X X( ) 

Cette équation est particulièrement difficile à exploiter, on peut par contre lisser cette
courbe au moyen de fonctions plus simples. Ainsi nous avons inversé cette fonction au moyen
d'un polynôme d'ordre 2. On obtient avec une précision acceptable:

147
*
PX (
1 + ρ2 ) 2
X = −0,5855mgX − 0,3673mgX + 0,9778 (6.10)

Les relations limites (6.9) obtenues pour l'étude du défaut non traversant peuvent alors
être écrites explicitement pour la combinaison de chargements étudiée, on obtient:

 a a 1 
*
PT = 1 − +
 T T 1 + ρa2 
(
 −0,5855m2gT − 0,3673mgT + 0,9778 ) (6.11)

notons :

a a 1
l , ρa  = 1 − +
a
T  T T 1 + ρa2

On peut de même calculer explicitement le paramètre Lr associé aux chargements de


pression de paroi et flexion poutre appliqués sur un cylindre droit avec défaut longitudinal non
traversant, en introduisant la relation (6.1) dans l'équation (6.11), on obtient alors:

2
 
π*T  π * 
0,3673µgT + + 2.29µ2gT +  0,3673µgT + T 
(6.12)
l , ρa   l , ρa  
a a
T   T 
Lr =
1,9556

Ce résultat revêt un intérêt de par sa simplicité mais ne présente aucune garantie de


précision du fait du critère de plasticité retenu pour cette étude.

Synthèse sur l'utilisation du TMLYC:

Ce critère de plasticité basé sur le découplage des membranes et des flexions nous a
permis de mener notre étude en nous permettant de formuler analytiquement quelques
solutions facilement exploitables sur les défauts longitudinaux. Il est intéressant de remarquer
qu'en présence de pression, l'effet de fond est généralement petit devant les effets
circonférentiels induits par la pression, ceci est d'autant plus marqué que le défaut longitudinal
est important. On pourra donc souvent se contenter de négliger l'effet de fond dû à la pression.
Dans ce dernier cas l'expression (6.12) permet de répondre, avec les inconvénients du critère
de plasticité retenu, au problème industriel.

148
Chapitre 6

Analyse limite avec le critère Von Mises coque:

Pression de paroi seule:

Il est également avantageux d'aborder l'étude du défaut traversant sur une coque
d'épaisseur X dans cette configuration simple de chargement. Comme pour le TMLYC les
efforts axiaux sont, en pression de paroi seule, uniformément nuls pour respecter la relation
(6.3).

Le critère de plasticité s'écrit, pour les chargements non nuls du mécanisme de ruine du
tableau 6.2 :
2
nθ + m2
ξ ≤1

L'optimisation du mécanisme de ruine du tableau (6.3) revient à chercher l'optimum


suivant:

*  *

P
X o
pt = M ax P X / ∀
ξ

(m0 ∈
R,B>
1)

Cette optimisation a été réalisée numériquement et les valeurs de m0 et B conduisant


à cet optimum ont été interpolées en fonction du paramètre ρX avec une très grande précision.
On réalise cet optimum pour:

m0 = 0,0186ρ4X − 0,2325ρ3X + 1,9979ρ2X − 2,2701ρX ρX ∈[ 0,6] (6.13)


 −1,0599
 1,826ρ X ρX ∈ ] 0,1]
B=  (6.14)
4 3 2

0,0054 ρ X − 0, 0943ρ X + 0,6044ρ X − 1, 724 ρ X + 3, 0434 ρ X ∈ [ 1,6 ]

On pourra utiliser ces interpolations pour des valeurs ρX supérieures à 6, le cylindre


n'offrant pratiquement plus aucune résistance aux efforts, on trouvera alors une pression limite
de paroi éventuellement inexacte mais surtout quasi nulle devant la résistance nominale du
cylindre sans défaut.

On utilisera dans toute la suite de cette étude les valeurs de m0 et B obtenues par les
équations (6.13) et (6.14).

On peut considérer en bonne approximation que la coque d'épaisseur X avec défaut


traversant atteint la ruine plastique en B-, la pression limite de paroi associée est alors:

149
1
PX* ( ρ X ) =
2  B 2
( 2
)
m 0 + 2ρ X ( B − 1) +  
 B − 1
(6.15)

La figure 6.9 compare les estimations du paramètre de pression de paroi limite


obtenues avec le critère TMLYC ( équation (6.6)) et Von Mises ( équation (6.15)) coque. On
constate que le critère de Von Mises est légèrement plus sévère.
1
0,9
0,8
0,7
0,6
P*X

0,5 P* eq. (6.6)


0,4 P* eq. (6.15)
0,3
0,2
0,1
0
0 1 2 3 4 5 6
ρ

Figure 6.9 : Comparaison des pressions de paroi limites TMLYC et Von Mises coque.

On peut de même utiliser les relations (6.15) et (6.2) pour obtenir la pression de paroi
limite d'un défaut non traversant représenté sur la figure 6.1, on obtient alors:

a a 1
PT* = 1 − +
2
T T
( )
2  B ρa 
( ( ) ( ( ) ))
m 0 ρ a + 2ρ 2a B ρ a − 1 + 
( )

 B ρ a − 1
(6.16)

Cette relation reste assez simplement utilisable en pression de paroi seule. Lorsque le
chargement est plus complet, il faudra accepter une résolution numérique du problème,
comme nous le verrons par la suite.

Chargement complet appliqué à un défaut traversant:

Nous revenons ici à l'étude générique du cylindre droit avec défaut longitudinal
traversant éventuellement de hauteur nulle soumis à une pression de paroi, un effort de
traction poutre et un moment poutre.

On utilisera les expressions (6.13) et (6.14) de m0 et B en supposant que ceux-ci


affectent principalement le paramètre de pression limite et qu'il ne varierons pratiquement pas
sous l'effet des efforts axiaux.

Le critère de Von Mises coque pour les chargements non nuls du mécanisme de ruine
plastique du tableau 6.2 s'écrit à présent:

150
Chapitre 6

2
nθ − nθnξ + n2 2
ξ + mξ ≤ 1

Pour une valeur donnée de nθ et de mξ le critère de plasticité ci-dessus va donc


borner les valeurs possibles de nξ .

On aura ainsi pour un champ plastiquement admissible:

nθ 3 n 3
− 1 − n θ2 − m 2ξ ≤ n ξ ≤ θ + 1 − n θ2 − m 2ξ
2 4 2 4

On notera pour simplifier l'écriture de cette dernière expression:

v 3
ϕε ( L r , u, v) = + ε L2r − v2 − u 2 avec ε = + ou -
2 4

Cette fonction nous sera très utile dans toute la suite de cette étude, on peut également
l'utiliser pour borner la membrane axiale adimensionnalisée. Un champ plastiquement
admissible devra vérifier:

( )
ϕ− 1, nθ, mξ ≤ nξ ≤ ϕ+ 1, nθ, mξ ( )
Ainsi pour le mécanisme de ruine du tableau 6.2 les contraintes de membrane axiales
extrêmes autorisées par le critère de plasticité sont:

n ξ+ = Min ϕ + (1, m ξ , n θ )
{
ξ ∈ 0,1− ,1+ , B − } (6.17)

n ξ− = Max ϕ − (1, m ξ , n θ )
{
ξ ∈ 0,1− ,1+ , B − } (6.18)

La surface limite est alors entièrement déterminée en injectant ces valeurs dans les
équations (6.3).

Dans le cas particulier où il n'y a pas de défaut nous obtenons les résultats suivants:
*
nθ = PX
mξ = 0
+
n+ *
ξ = ϕ (1,0, Pe )

n -ξ = ϕ−(1,0, Pe
*
)

151
La surface limite déduite de la relation (6.3) pour le cylindre droit d'épaisseur X sans
défaut est alors:

 m gX = 1 − 0.75PX *2
sin γ X


π  / 2 
*
 n gX − PX
γ
 X = 1 + avec γ X ∈[ 0, π]
2  *2 
1 − 0.75PX 

 

Cette dernière solution coïncide avec les résultats obtenus par les équations (5.13A) et
(5.13B) de l'étude des défauts circonférentiels dans le cas où il n'y a pas de défaut.

Le problème d'analyse limite de la coque d'épaisseur X avec défaut longitudinal


traversant éventuellement nul peut ainsi être résolu. Nous allons utiliser cette solution
générique pour l'étude d'un cylindre droit avec défaut longitudinal non traversant.

Chargement complet appliqué à un défaut non traversant:

La méthode de construction de la surface limite ne pose pas de difficultés, nous allons


ici aborder directement le calcul de Lr en situation de chargement combiné lorsque le défaut
longitudinal est non traversant.

On suppose, de même que dans l'analyse menée avec le TMLYC, que les chargements
axiaux ne sont pas perturbés par la présence du défaut longitudinal représenté sur la figure 6.1.
Cette hypothèse nous conduit à considérer que:

mgT = mga = mg( T − a)


n gT = n ga = n g( T − a)

Par contre la pression interne de paroi sera encaissée progressivement par les deux
coques, elle se répartit selon:

T *
Pa* = η PT
a
T
PT* − a = ( 1 − η) PT*
T−a
avec: η ∈[ 0,1]

Le paramètre η reste à déterminer, il permet de distribuer la pression entre les deux


coques, celle d'épaisseur a et celle d'épaisseur (T-a)

On constate que nos hypothèses sur la répartition des efforts permettent de respecter
l'équation de conservation des efforts (6.2).

Le calcul du paramètre Lr est effectué en faisant référence non plus aux efforts limites
mais aux efforts appliqués qui se déduisent les uns des autres par la relation (6.1).

152
Chapitre 6

Nous définissons ainsi deux intermédiaires de calcul, pour celle des deux coques qui
contient un défaut longitudinal traversant, qui interviennent naturellement dès lors que l'on
fait le passage des efforts limites aux efforts appliqués par trajets radiaux:
+ +
νξ = Lrnξ
− −
νξ = Lrnξ

On peut ainsi déduire ces deux paramètres des équations (6.17) et (6.18) en multipliant
ces dernières par Lr:

ν ξ+ = Min ϕ + (L r , L r m ξ , L r n θ )
{
ξ ∈ 0,1− ,1+ , B − } (6.19)

ν ξ− = Max ϕ − (L r , L r m ξ , L r n θ )
{
ξ ∈ 0,1− ,1+ , B − } (6.20)

Détaillons le calcul de ces deux paramètres:

•en ξ=0 :

(
ϕ ε ( L r , L r m ξ , L r n θ ) = ϕ ε ( L r , m 0 − 2ρa2 η ) T *
a
π T ,0 )

•en ξ=1−:

T *
ϕ ε (L r , L r mξ , L r n θ ) = ϕ ε (L r , m 0 η π T ,0 )
a

•en ξ=1+:

T * B T
ϕ ε (L r , L r mξ , L r n θ ) = ϕε (L r , m 0 η πT , η π*T )
a B−1 a

•en ξ= B− :

(
ϕ ε ( L r , L r m ξ , L r n θ ) = ϕ ε ( L r , m 0 + 2ρ2a ( B − 1) η ) T * B
a
πT ,
T
η π*T )
B −1 a

+ −
Le calcul des paramètres νξ et νξ ne dépend alors que de Lr et η, la pression de paroi
appliquée étant donnée, les paramètres m0 et B se déduisant des équations (6.13) et (6.14).

Les efforts appliqués étant une donnée du problème industriel, il est avantageux
d'écrire les équations limites en termes d'efforts appliqués.

L'équation (6.3) écrite en termes de chargements appliqués sur la coque d'épaisseur a


avec défaut traversant de hauteur 2c est ainsi:

153
 ν ξ+ − ν ξ−
 µ gT = sin γ a
 2
 ν − ν ξ− (6.21)
 γ = π gT avec γ a ∈ [ 0, π ]
 a ν ξ+ − ν ξ−

L'équation limite de la coque sans défaut écrite en termes de chargements appliqués est
elle:

 3 T *2
 µ gT = L2r −  ( 1 − η) π T  sin γ T − a
 4 T−a 
  
 1 T * 
 ν gT − ( 1 − η) πT (6.22)
γ π  2 T−a 
= 1 + avec γ T − a ∈ [ 0, π ]
 T − a
2 2
3
 L2r −  ( 1 − η) π *T  
T
 
  4  T−a  

Le calcul du paramètre Lr revient ainsi à trouver le couple Lr et η qui satisfait


simultanément les équations (6.21) et (6.22) pour un chargement appliqué donné et une
géométrie du défaut donnée. Il faut remarquer que l'équation (6.21) se déduit des équations
(6.13), (6.14), (6.19) et (6.20). La résolution de ce système ne peut semble-t-il être réalisée
que numériquement.

Synthèse sur le critère Von Mises coque:

La construction des surfaces limites est pour ce critère moins analytique que dans le
cas du critère TMLYC. Cependant le critère de Von Mises permet de s'émanciper de quelques
unes des aberrations du TMLYC. Le calcul de Lr dans le cas le plus général revient ainsi à
résoudre un système de deux équations non linéaires à deux inconnues. La résolution de ces
équations est réalisée numériquement et ne pose pas de difficulté majeure.

Analyse des résultats numériques:

Influence des chargements axiaux:

Les quelques calculs numériques réalisés sur les défauts longitudinaux non traversants
nous permettent de dégager des tendances.

Les cas 44 et 45 pour lesquels les calculs éléments finis sont décrits en annexe 1
concernent un défaut elliptique de profondeur 15mm et de demi-axe vertical de 45mm. Le
paramètre c de ce défaut se déduit du rectangle ayant même profondeur a=15mm et de même
π
surface. On obtient ainsi : c = * 45mm pour le défaut rectangulaire équivalent.
4

Les chargements appliqués dans les deux cas éléments finis sont respectivement
représentés par les vecteurs chargement appliqué:

154
Chapitre 6

0 
0 
 
LQT−44 = λ   avec λ ∈[ 0, 1.5]
1104
, 

0 

et:

1136
. 
0 
 
LQT−45 = λ   avec λ ∈[ 0, 1]
1,104 

0 

Le paramètre λ jouant le rôle d'un pseudo temps. Il est important d'explorer des
niveaux de chargement plus intense pour le vecteur à priori le moins intense du point de vue
de la ruine plastique.

Une manière simple de visualiser l'influence des chargements axiaux sur l'intégrale J
consiste à représenter l'évolution de l'intégrale J, calculée par éléments finis, en fonction du
paramètre λ qui correspond dans les deux cas au même niveau de pression de paroi, sans
application de moment poutre pour le cas 44 et avec moment poutre pour le cas 45. La figure
6.10 représente ainsi l'évolution de l'intégrale J calculée par éléments finis dans les deux cas
en fonction de λ.

140
120
100
J (N/mm)

80
J e.f. cas 44
60 J e.f. cas 45
40
20
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1

λ
Figure 6.10: Comparaison des résultats éléments finis avec et sans moment poutre.

La figure 6.10 nous montre que le moment poutre peut amplifier de manière
considérable le résultat éléments finis. On ne pourra donc pas négliger à priori l'influence des
chargements axiaux sur les défauts longitudinaux. Cette remarque justifie à elle seule toute
l'étude que nous venons de mener sur le calcul du paramètre Lr. Nous allons maintenant
utiliser nos développements pour valider la méthode simplifiée qui se déduit de cette étude.

155
Application des méthodes simplifiées:

Nous utiliserons ici les résultats obtenus avec le critère Von Mises coque. La
résolution des équations (6.21) et (6.22) nous conduit dans les deux cas éléments finis étudiés
aux résultats suivants:

Lr ( LQT−44 ) = 1.222 λ

et:

Lr ( LQT−45 ) = 1.792 λ

Nous avons comparé pour les deux calculs éléments finis les valeurs de l'intégrale J
obtenues par éléments finis et le résultat de la méthode simplifiée du projet d'annexe A16 qui,
rappelons le, est très voisin de toutes les autres méthodes sous chargement primaire.

450
400
350
300
J (N/mm)

250 J e.f. cas 44


200 Js cas 44
150
100
50
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2 1,4 1,6

λ
Figure 6.11: Comparaison méthode simplifiée/résultats éléments finis sur le cas 44.

La figure 6.11 compare les résultats éléments finis du cas 44 et les résultats de la
méthode simplifiée du projet d'annexe A16 pour un chargement de pression de paroi seule. La
figure 6.12 compare de même les résultats éléments finis du cas 45 et les résultats par
méthode simplifiée en combinaison pression de paroi et moment de flexion poutre.

La méthode simplifiée conduit dans les cas étudiés à de très bons résultats de
l'estimation simplifiée. Il serait cependant hasardeux de conclure à la validation d'une méthode
simplifiée, d'autres calculs éléments finis étant nécessaires pour étudier d'autres combinaisons
de chargement et d'autres tailles de défaut.

156
Chapitre 6

180
160
140
120
J (N/mm)

100 J e.f. cas 45


80 Js cas 45
60
40
20
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1

λ
Figure 6.12: Comparaison méthode simplifiée/résultats éléments finis sur le cas 45.

Conclusion:

Ce chapitre complète les formulaires de charges limites dans le cas des défauts
longitudinaux. Alors que dans cette configuration de géométrie du défaut nous ne disposions
que de l'expression de la charge limite sous chargement de pression de paroi, ce chapitre nous
permet de prendre en compte l'influence combinée d'une traction, d'un moment poutre et d'une
pression de paroi. L'analyse limite de cette géométrie est complexe et nous aboutissons dans le
cas le plus général à une solution qui se déduit de la résolution d'un système de deux équations
à deux inconnues. Deux critères de plasticité sont analysés le critère de Von Mises étant à
priori le plus fiable.

L'analyse menée dans ce chapitre nous montre qu'il ne faut donc pas négliger
l'influence des chargements axiaux sur l'intégrale J notamment en situation de plasticité
étendue.

Nous proposons une méthode de calcul de la contrainte de référence applicable au cas


des défauts non traversants qui semble conduire à des estimations simplifiées de l'intégrale J
conservatives.

Le cas des défauts traversants semble relever d'une analyse plus fine des efforts dans la
structure. Dans ce cas il semble que le mécanisme de ruine de la structure est localisé au
voisinage du défaut longitudinal. La charge limite à prendre en compte pour l'analyse des
défauts traversants est alors moins sévère et l'application de la méthode simplifiée proposée
serait indûment conservative.

157
158
Chapitre 7

PARTICULARITÉ DES CHARGEMENTS DE TYPE


DÉPLACEMENT IMPOSE

159
160
Chapitre 7

Introduction :

Les calculs éléments finis décrits au chapitre 4 nous ont montré que les chargements
de déplacement imposé sont moins sévères que les chargements primaires.

Nous allons ici étudier le cas d'un cylindre droit à défaut entièrement circonférentiel
soumis à un déplacement imposé éventuellement combiné à un chargement primaire
initialement appliqué.

Cette étude nous permettra de comprendre les particularités des chargements de type
R. Nous nous sommes appuyés sur des travaux existants: [POE93], [PEL92A] et [PEL92B].
De nombreuses indications nous ont été communiquées par A. Pellissier Tanon qui nous ont
aidé à proposer quelques éléments nouveaux dans l'estimation simplifiée de l'intégrale J pour
ces configurations de chargement.

Une des particularités de la fissure est qu'elle introduit une zone de moindre rigidité,
celle-ci devra être modélisée par un élément particulier de hauteur négligeable. Nous
modéliserons la structure par un système de ressorts en série.

La moitié supérieure du cylindre droit, de longueur 2L fissuré en son milieu sur toute
la circonférence et soumis à son extrémité supérieure à un déplacement imposé ∆L, est
représentée schématiquement sur la figure 7.1. Nous faisons figurer également sur cette figure
les niveaux des contraintes dans les deux parties du cylindre.

∆L = ∆L c + ∆L nc


L 
σR
mz
partie nominale


∆L c


σRmz voi sin age du défaut

1− a / T

Figure 7.1 : Modélisation d'un chargement de déplacement imposé.

La présence du défaut va contribuer à l'allongement total du cylindre ∆L, sa


contribution est ∆Lc. La demi-hauteur supérieure ou partie nominale va contribuer de ∆Lnc à
l'allongement total de la structure.

C'est-à-dire que le déplacement imposé est décomposé en deux contributions:

∆L = ∆L nc + ∆L c

161
Une estimation élastique de la contribution du défaut à l'allongement total du cylindre
droit avec un défaut entièrement circonférentiel en son milieu est proposée dans le formulaire
EPRI [KUM81]:
el
2aσ Rmz
v 2  , m 
a R (7.1)
∆Lelc =
E'  T T 

Nous avons identifié le paramètre v2 pour Rm/T=35, les résultats obtenus apparaissent
sur le tableau 7.1:

a/T: 1/8 1/4 1/2


v2: 0,129 0,312 1.09
Tableau 7.1: v2 (a/T) pour Rm/T=35.

Cette estimation est modifiée pour pouvoir prendre en compte les effets de la plasticité
dans la structure, ainsi pour un matériau de Ramberg-Osgood de paramètres n et α la partie
purement plastique de l'allongement due à la fissure est estimée dans [KUM81] par:

n
a  σ mz 
∆Lpc = αε 0 ah 3  , n   (7.2)
 T   σ mz − lim ite 

Les estimations (7.1) et (7.2) sont très voisines de celles proposées par l'EPRI sur
l'intégrale J. Cette remarque nous a conduit à construire une estimation simplifiée de la
contribution de la fissure à l'allongement total.

Une fois construite l'estimation simplifiée de la contribution de la fissure à


l'allongement total nous validerons une méthode simplifiée d'estimation de l'intégrale J en
déplacement imposé seul puis en déplacement imposé combiné à un chargement primaire.

Estimation simplifiée de c :
∆Lep

Utilisant une approche analogue à celle introduite pour obtenir l'estimation simplifiée
de l'intégrale J sous chargement primaire, nous obtenons dans un premier temps le résultat
simple suivant:

σ ref  ε ( σ ref ) 
− 1 ah 3  , n 
a
∆Lpc = 
E  σ ref E  T 

La contrainte de référence est ici la contrainte axiale obtenue par concentration des
contraintes dans le ligament:

σ mz σ mz
σ ref = σ0 =
σ m z − lim ite 1− a / T

Pour obtenir une estimation de ∆Lp c indépendante de n nous allons de même que
pour l'estimation simplifiée de l'intégrale J supposer que lorsque les efforts de référence sont
les efforts limites, on a:

162
Chapitre 7

h 3  ,1 ≤ h 3  , n
a a
T  T 

Ainsi on peut utiliser un calcul élastique incompressible pour estimer h 3(a/T). On


obtient:

E ( ν)
h 3  ,1 = 2 v 2  , m 
a a R
T   T T  E' ( ν = 0,5)

On va finalement introduire cette valeur estimée de h 3 dans l'expression de ∆Lp


c
obtenue ci-dessus. Nous obtenons ainsi une expression simplifiée de ∆Lc indépendante des
p

caractéristiques du matériau de Ramberg-Osgood n et α:

σ  ε( σ ref ) 
∆Lpc = 2av 2  , m  ref 
a R
− 1
 T T  E'  σ ref E 

On peut ainsi reconstituer la contribution élastoplastique complète de la fissure au


déplacement imposé ∆L en bout d'éprouvette:

2a  a R m   σ mz  ε ( σ m z ( 1 − a / T ) )  
∆L epc = v 2  ,  σ m z +  − 1  (7.4)
E '  T T   (1− a / T)  σ m z / ( 1 − a / T ) E  

La relation (7.4) nous permettra d'effectuer un bilan de la compatibilité des


déplacements imposés au sommet du cylindre. La contrainte σ m z reste à déterminer en
respectant l'équilibre de la structure et la compatibilité des déplacements. Une fois σ m z
déterminé on pourra effectuer l'estimation simplifiée de l'intégrale J sous le chargement
primaire équivalent σ m z .

L'expression (7.4) a des propriétés particulières selon le niveau du chargement:

- pour des faibles niveaux, le comportement est purement élastique,

- lorsque la contrainte de référence entre dans le domaine plastique on fait apparaître


une correction de plasticité étendue dans le ligament de la structure fissurée qui affaiblit la
rigidité du voisinage de la fissure.

Cylindre droit soumis à un déplacement imposé seul à ses extrémités:

Nous allons ici étudier les cas éléments finis 18 à 26. La figure 7.1 représente la
configuration de chargement étudiée.

Il ne nous reste plus qu'à écrire l'équation de compatibilité des déplacements:

163
R
U z = ∆L nc σ mz
2a
( ) a R  R
+ v 2  , m  σ mz +

σRmz (
 ε σ R ( 1 − a / T)
mz ) 

− 1 
 E' T T  
( 1 − a / T )  σ mz / ( 1 − a / T ) E  
R
 

Avec:

(
∆L nc σ R )
R
mz = Lε σ mz ( )
Pour trouver la contrainte axiale primaire équivalente, on cherche par dichotomie la
 Rel 
contrainte: σR
mz ∈0, σmz  qui satisfait les deux équations ci-dessus.
 

L'estimation simplifiée de l'intégrale J est alors donnée par:

) (σmz ) E + Φ
 ε σ R ( 1 − a / T)
JS = J el
( σR 
mz  R
mz
( 1 − a / T) 
 

1
0,9
0,8
0,7
0,6
J (N/mm)

J elem. finis
0,5
0,4 Js
0,3
0,2
0,1
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
SIG mz Rel

Figure 7.2 : Comparaison méthode simplifiée/calculs éléments finis - cas 18(a/T=1/8).

La figure 7.2 représente les résultats obtenus par cette méthode simplifiée pour le cas
18, le défaut a une profondeur relative a/T=1/8. On représente en abscisse la contrainte axiale
élastique appliquée. La méthode simplifiée nous donne une estimation simplifiée
particulièrement précise et conservative.

Pour les défauts plus profonds le conservatisme sera plus important dans les différents
cas étudiés. Cette remarque est applicable également aux chargements primaires avec la
contrainte de référence utilisée ici.

Pour différentes demi-longueurs du tuyau les cas 19 à 22 nous permettent d'analyser


les défauts a/T=1/4. Nous allons nous intéresser au dernier pas de chargement pour lequel la
el
contrainte axiale calculée élastiquement est: σR
mz = 150 MPa . Le tableau 7.2 nous présente la
comparaison des résultats obtenus par éléments finis et par la méthode simplifiée proposée ci-
dessus.

164
Chapitre 7

L( mm ) 300 600 900 1800


J elements finis 3.69 3.65 3.89 4.02
(N/mm)
Js (N/mm) 6.48 6.53 6.55 6.56
Tableau 7.2: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis (a/T=1/4).

La méthode simplifiée est donc moins précise mais reste conservative.

De même nous allons comparer les valeurs de J obtenues par éléments finis et par
méthode simplifiée au dernier pas de chargement des cas 23 à 26 pour lesquels la profondeur
relative du défaut est a/T=1/2 et la contrainte axiale appliquée élastiquement est de 120 MPa.
Le tableau 7.3 résume les résultats obtenus.

L( mm ) 300 600 900 1800


J elements finis 13.8 18.7 21.0 25.5
(N/mm)
Js (N/mm) 31.4 46.9 56.0 70.0
Tableau 7.3: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis (a/T=1/2).

La méthode simplifiée est donc très conservative pour les défauts profonds mais
permet de bien reproduire l'évolution de l'intégrale J en fonction de la demi-longueur du
cylindre droit.

Cylindre droit soumis à un déplacement imposé combiné à un effort axial


imposé:

U z : déplacement imposé

L2 σ2
σd , U1 : contrainte imposée
A
σ1
L1 ∆L c

σ1
1− a / T

Figure 7.3 : Modélisation de la moitié supérieure du cylindre.

Nous allons analyser ici les cas éléments finis 27 à 35. Les modalités d'application des
efforts sont résumées au chapitre 4 paragraphe 7.3 où nous définissons les efforts primaires et
secondaires élastiques appliqués. La figure 4.14 représente le cylindre fissuré et les efforts
appliqués.
La demi-longueur du cylindre est notée: L = L1 + L 2 .

165
L'objectif est à nouveau de trouver la contrainte σ1 qui guide les contraintes dans le
ligament et donc l'intégrale J.

L'équilibre du point A impose:

σ 2 − σ1 + σ d = 0

La relation force déplacement nous donne:

Uz − U1 = L2 ε( σ2 )

c ( σ1 ) = L1ε( σ1 )
U1 − ∆Lep

En combinant les trois équations précédantes nous obtenons:

c ( σ1 ) + L2 ε( σ1 − σ d ) + L1ε( σ1 )
Uz = ∆Lep

La seule inconnue de cette dernière équation est σ1 . Nous résoudrons cette équation
σ1 ∈σP , σP+R  (
el
par dichotomie pour  mz mz
 

Voir chapitre 4 paragraphe 7.3).

A partir de la contrainte σ1 on peut simplement proposer l'estimation simplifiée de


l'intégrale J suivante:

 ε( σ ( 1 − a / T ) ) 
J S = J el ( σ 1 )  1 E + Φ
 σ1 ( 1 − a / T ) 

Le tableau 7.4 compare l'estimation simplifiée de l'intégrale J ainsi obtenue aux


résultats obtenus par éléments finis pour une profondeur relative de fissure a/T=1/4 au dernier
pas de chargement des cas 27 à 29 décrits en annexe 1.

L( mm ) 600 1800 30300


J elements finis 4.26 5.56 11.83
(N/mm)
Js (N/mm) 7.75 20.6 21.7
Tableau 7.4: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis (a/T=1/4).

Le tableau 7.5 compare l'estimation simplifiée de l'intégrale J obtenue aux résultats


obtenus par éléments finis pour une profondeur relative de fissure a/T=1/8 au dernier pas de
chargement des cas 30 à 32 décrits en annexe 1.

166
Chapitre 7

L( mm ) 600 1800 30300


J elements finis 0.981 1.32 2.55
(N/mm)
Js (N/mm) 1.06 4.43 4.69
Tableau 7.5: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis (a/T=1/8).

Le tableau 7.6 compare l'estimation simplifiée de l'intégrale J obtenue aux résultats


obtenus par éléments finis pour une profondeur relative de fissure a/T=1/2 au dernier pas de
chargement des cas 33 à 35 décrits en annexe 1.

L( mm ) 600 1800 30300


J elements finis 18.3 25.0 34.5
(N/mm)
Js (N/mm) 32.8 92.2 92.2
Tableau 7.6: Comparaison méthode simplifiée/éléments finis (a/T=1/2).

Les résultats des estimations simplifiées sont donc fortement conservatifs mais
permettent cependant d'obtenir un gain parfois substantiel sur une prise en compte comme
chargement primaire des efforts de type déplacement imposé.

Conclusion:

Les méthodes simplifiées, pour la prise en compte des chargements de type


déplacement imposé, décrites dans ce chapitre reposent sur une estimation simplifiée du
déplacement induit par la fissure sur le déplacement total en bout d'éprouvette.

Les résultats des estimations simplifiées sont presque toujours très conservatifs.
L'intérêt essentiel de cette présentation est de justifier physiquement l'influence des
déplacements imposés sur une structure fissurée.

Cette méthode peut être étendue aux chargements de rotation imposée en s'appuyant
sur la courbe moment rotation de la structure étudiée.

Une étape que nous n'avons pas eu le temps de franchir serait de compléter la méthode
simplifiée de l'annexe A16 pour pouvoir prendre en compte de manière spécifique les
chargements de déplacement ou de rotation imposée.

167
168
Conclusion

CONCLUSION

169
170
Conclusion

Synthèse des résultats obtenus:

Une analyse bibliographique fine des méthodes simplifiées d'estimation de l'intégrale J


nous a conduit à émettre une hypothèse simple qui a orienté une grande partie des travaux de
cette thèse. Nous avons en effet considéré que l'intégrale J était guidée dans le domaine
élastoplastique par la charge limite complète de la structure comprenant tous les chargements
appliqués, y compris ceux qui dans le domaine élastique ne participent pas à l'ouverture des
lèvres de fissure. La pratique consistait à négliger dans la charge limite toutes les composantes
du chargement pour lesquelles l'intégrale J calculée élastiquement est nulle. Nous avons
montré le risque de sous-estimer l'intégrale J par les méthodes simplifiées inhérent à cette
dernière approximation. Le bien fondé de notre hypothèse s'est révélé à nous progressivement,
d'abord dans l'étude des défauts circonférentiels dans les tuyauteries pressurisées, puis dans
l'étude des défauts longitudinaux soumis à des efforts axiaux combinés à une pression interne.
On comprend aisément que les chargements qui plastifient la structure pourront contribuer à
diminuer sa rigidité et les lèvres de la fissure s'ouvriront d'autant plus facilement sous
l'influence d'un chargement qui ouvre élastiquement la fissure. Il a donc fallu développer des
formulaires de charge limite tenant compte de manière plus complète du chargement appliqué.

Un autre objectif de cette thèse était de construire une méthode simplifiée de l'intégrale
J, applicable aux chargements thermo-mécaniques, dont le cadre formel avait été développé
par nos partenaires industriels peu avant le début de cette thèse. Cette méthode simplifiée
issue du projet d'annexe A16 du RCC-MR impose d'introduire dans le calcul des charges
limites une composante de chargement permettant de quantifier l'influence des contraintes
d'origine thermique calculées élastiquement.

Pour les tuyauteries droites fissurées circonférentiellement nous avons ainsi pu


construire une méthode simplifiée d'estimation de l'intégrale J permettant de prendre en
compte l'influence d'un chargement constitué: d'une flexion poutre, d'un effort de traction
axiale, d'une contrainte circonférentielle de pression et d'un gradient thermique radial constant
dans l'épaisseur. Cette méthode simplifiée répond aux besoins industriels dans la mesure où
elle permet d'estimer de manière conservative l'intégrale J et, pour les défauts étudiés, diminue
de plus le niveau de conservatisme de la règle anglaise R6 qui est historiquement la première
règle simplifiée capable de traiter les chargements thermo-mécaniques. Nous avons en effet
effectué un grand nombre de validations de cette méthode par des calculs éléments finis de
l'intégrale J. Des actions coopératives ont également permis de valider des méthodes assez
voisines sur un grand nombre de calculs aux éléments finis.

Nous avons également montré qu'il était possible de calculer la charge limite d'un
cylindre droit avec défaut longitudinal soumis à: une flexion poutre, un effort de traction
axiale et une pression de paroi. Des calculs éléments finis montrent dans ce cas la nécessité
qu'il y a de prendre en compte les efforts axiaux bien que ceux-ci ne participent pas
élastiquement à l'ouverture des lèvres de fissure. Les méthodes simplifiées conduisent pour les
quelques cas de chargement étudiés à de très bonnes estimations de J, à la fois conservatives
et voisines du résultat éléments finis. Cette méthode devra cependant être validée sur un plus
grand nombre de calculs éléments finis.

Dans un dernier temps nous avons proposé quelques éléments de prise en compte des
chargements de type déplacement imposé. Ce travail permet de comprendre physiquement la
spécificité de ces chargements de déplacement imposé. Il reste un travail important à réaliser

171
pour pouvoir prendre en compte les déplacements et rotations imposées dans le cas de
combinaisons de chargement plus générales.

Perspectives et améliorations possibles:

Cette thèse nous a conduit à soulever un certain nombre de problèmes qui devront être
résolus pour étendre le champ des applications de ces méthodes. Nous allons faire une liste
des problèmes rencontrés d'une part et des améliorations possibles d'autre part.

Nous avons pu constater au chapitre 5 que, pour des chargements de traction appliqués
à des défauts circonférentiels, les estimations simplifiées de l'intégrale J sont d'autant plus
conservatives que le défaut est profond. Ce problème est probablement dû à une sous
estimation de la charge limite en borne inférieure sous un chargement de traction. Les
méthodes numériques d'analyse limite dont le développement est récent devraient permettre
de mieux comprendre l'origine de ce problème. Une avancée sur ce point constituerait un
grand pas pour les analyses industrielles de nocivité de défauts, puisque l'industriel est
d'autant plus soucieux que les défauts rencontrés sont profonds.

Le chapitre 5 nous montre également que la charge limite en borne inférieure d'un
cylindre droit à défaut circonférentiel soumis à une flexion poutre peut conduire à une faible
sous-estimation de l'intégrale J. Il serait intéressant de vérifier si cette sous-estimation est
maintenue pour des défauts circonférentiels de géométrie variée et pour d'autres matériaux. Ce
problème à été résolu dans notre étude en amplifiant artificiellement le moment appliqué,
cette correction paraissant suffisante pour tous les calculs réalisés.

Une autre question reste posée: est-il possible d'effectuer une estimation de l'intégrale J
qui soit conservative en tous les points du front de fissure? Nous avons éludé le problème au
chapitre 5 en effectuant une approche maximisante qui nous permet de répondre à la stabilité
du défaut dans sa globalité. Pour l'étude de la propagation des fissures il serait intéressant
d'avoir une réflexion plus poussée sur ce point.

La loi de Neuber pour l'étude des chargements thermo-mécaniques traite avec plus de
sévérité les chargements de membrane circonférentielle que les chargements de membrane
axiale. Il serait intéressant à ce stade de l'étude de trouver une approche permettant de
remplacer la loi empirique de Neuber et de diminuer l'excès de conservatisme de la loi de
Neuber lorsque le chargement de membrane circonférentielle est important.

Le chapitre 6 nous a conduit à proposer une méthode simplifiée d'estimation de


l'intégrale J applicable aux défauts longitudinaux non traversants soumis à un chargement
primaire. Pour pouvoir appliquer la méthode du projet d'annexe A16 du RCC-MR il faudra
compléter cette étude afin d'être en mesure d'étudier les gradients thermiques radiaux. La
méthode simplifiée proposée doit de plus être validée sur un plus grand nombre de calculs
éléments finis de l'intégrale J. Il serait également intéressant d'effectuer une étude spécifique
pour les défauts longitudinaux traversants pour lesquels nous disposons seulement de résultats
expérimentaux sur les charges limites. Les progrès dans le calcul numérique des charges
limites devraient ouvrir des voies intéressantes sur ce problème pour lequel le nombre de
paramètres géométriques est moins important que dans le cas des défauts non traversants.

Il est important de remarquer que dans les lignes de tuyauteries les coudes sont un lieu
où la concentration des contraintes est naturellement plus intense. Les fissures apparaitront
donc souvent dans les coudes. Il est donc nécessaire de construire des méthodes simplifiées
applicables à ces composants particuliers. Les équations qui régissent les coudes sont

172
Conclusion

cependant si complexes que la formulation de charges limites analytiques de coudes fissurés


parait hors de portée. Les méthodes de programmation mathématiques permettent d'obtenir
rapidement des résultats de charge limite de coudes avec défaut circonférentiel peu coûteux.

173
174
Références

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180
Références

181
Annexe 1

RÉSULTATS ÉLÉMENTS FINIS

183
Annexe 1

184
Annexe 1

1. Introduction :

Cette annexe réuni les données éléments finis en vue de la validation des méthodes
simplifiées. Dans un premier temps nous présenterons les résultats élastiques formulés en
termes de facteurs de forme permettant de calculer simplement l'intégrale J el ensuite nous
listerons les tableaux de valeurs de J obtenues pour un comportement élastoplastique de la
structure cas par cas.

2. Maillages des structures fissurées :

Les maillages utilisés pour le calcul de l'intégrale J doivent impérativement être


raffinés en pointe de fissure pour ainsi définir un certain nombre de contours qui entourent la
pointe de la fissure permettant de se situer dans la zone de concentration de contraintes
caractéristique du matériau, de la fissure et du chargement appliqué. Ces différents contours
permettent de vérifier l'indépendance de l'intégrale J vis-à-vis du contour choisi, condition
indispensable pour l'utilisation de J comme critère de nocivité.

Les maillages axisymétriques utilisés pour l'étude de l'acier 316 L(N) sont une famille
de maillages parmétrables permettant de mailler des défauts pour lesquels a/T varie entre 1/8
et 3/4. La figure A1.1 représente l'allure de ce maillage pour a/T=0,5 , un agrandissement de la
zone de pointe de fissure nous permet de visualiser les couronnes qui entourent la pointe de
fissure. Le maillage est constitué de 556 noeuds et 235 éléments à fonctions de forme
quadratiques. Les autres profondeur relatives de défaut sont maillées de façon analogue.

Figure A1.1 : Maillage des défauts axisymétriques (a/T=0,5).

185
Annexe 1

Le maillage du défaut 1 apparaît sur la figure A1.2 accompagné d'un agrandissement


du volume entourant la pointe de fissure sur lequel 6 contours d'intégration de J apparaissent.
Ce maillage de défaut circonférentiel externe est constitué de 6242 noeuds et 1251 éléments à
fonctions de forme quadratiques. La couronne supérieure de 150 mm est utilisée comme
renfort élastique pour l'application du moment poutre et la longueur totale maillée est de 2450
mm. Ce maillage est réalisé en maillant dans un premier temps une plaque avec défaut
elliptique puis en effectuant une transformation conforme qui permet d'obtenir le cylindre, une
seconde transformation permettrait d'obtenir un coude.

Figure A1.2 : Maillage du défaut 1.

Les maillages des défauts circonférentiels internes 2 et 3 sont pratiquement analogues


nous ne présenterons donc que celui du défaut 2, celui-ci apparaît sur la figure A1.3. La
couronne supérieure est également un renfort élastique de 173 mm, la longueur maillée totale
est de 985 mm. Le maillage est constitué de 4208 noeuds et 813 éléments à fonctions de
forme quadratiques.

Le maillage du défaut 4, longitudinal interne, apparaît sur la figure A1.4. La couronne


supérieure est utilisée comme renfort élastique d'une hauteur de 144 mm destinée à
l'application élastique du moment poutre, la longueur maillée est de 810 mm et comprend ce
renfort élastique de 150 mm.

La réalisation de ces maillages constitue un travail important qui n'a pas été effectué
lors de cette thèse mais provient d'études préalablement réalisées.

186
Annexe 1

Figure A1.3 : Maillage du défaut 2.

Figure A1.4 : Maillage du défaut 4.

187
Annexe 1

3. Résultats élastiques:

3.1. Résultats élastiques sur un cylindre à défaut entièrement circonférentiel:

On considère ici une configuration axisymétrique de fissure et de chargement. Si σmz


est la contrainte uniforme de traction appliquée au sommet du cylindre et si σbl est la
contrainte de flexion locale résultant de l'application d'un gradient thermique radial lconstant
d'amplitude ∆Τ1, alors le facteur d'intensité de contraintes est :

 a R a R 
Κ Ι =  Fmz  , m  σ mz + Fbl  , m  σ bl  π a
  T T   T T  

a : profondeur de fissure

T : épaisseur du cylindre

Rm : rayon moyen du cylindre.

L'intégrale Jel est alors:

K 2I
J el =
E
( 1 − ν2 )
Les facteurs de forme dans cette configuration de chargement ont été calculés sur le
code Castem-2000 avec une grande précision pour un gamme étendue de tuyauteries droites.
Les valeurs de Fmz et Fbl obtenues sont données dans les deux tableaux suivants, en fonction
R
de la profondeur relative de fissure et de m :
T

Fmz a/T = 0.125 a/T = 0.250 a/T = 0.375 a/T = 0.500 a/T = 0.625 a/T = 0.750
Rm/T = 5 1.152 1.249 1.368 1.558 1.774 2.063
Rm/T = 10 1.175 1.319 1.525 1.788 2.106 2.484
Rm/T = 20 1.190 1.369 1.637 1.996 2.448 2.968
Rm/T = 35 1.199 1.400 1.710 2.145 2.722 3.409
Tableau A.1 : Facteurs de forme en membrane axiale.

Fbl a/T = 0.125 a/T = 0.250 a/T = 0.375 a/T = 0.500 a/T = 0.625 a/T = 0.750

Rm/T = 5 1.015 0.922 0.840 0.754 0.654 0.530


Rm/T = 10 1.016 0.958 0.918 0.875 0.811 0.701
Rm/T = 20 1.020 0.988 0.986 0.992 0.983 0.911
Rm/T = 35 1.023 1.007 1.032 1.079 1.125 1.109
Tableau A.2 : Facteurs de forme en flexion axiale locale.

188
Annexe 1

On fera des interpolation sur ce tableau en fonction de la géométrie du cylindre.

3.2. Résultats élastiques sur les défauts 1, 2 et 3:

Si σmz est la contrainte uniforme de traction, σbg est la contrainte de flexion poutre
globale, appliquée au sommet du cylindre et si σbl est la contrainte de flexion locale résultant
de l'application d'un gradient thermique radial constant d'amplitude ∆Τ1, alors le facteur
d'intensité de contraintes en bord ou en fond de fissure est :

[
ΚΙ = Fmσmz + Fblσbl + Fbgσbg ] πa

L'intégrale Jel est alors:

K 2I
J el =
E
( 1 − ν2 )
Le tableau suivant nous donne les facteurs de forme obtenus numériquement sur les
défauts 1,2 et 3:

Type de chargement σbg σbl σm


Fi en fond 0,851 0,624 0,948
Fi en bord 0,685 0,663 0,755
Tableau A.4 : Facteurs de forme sur le défaut 1.

Type de chargement σbg σbl


Fi en fond 0,843 0,727
Fi en bord 0,560 0,648
Tableau A.5 : Facteurs de forme sur le défaut 2.

Type de chargement σbg σm


Fi en fond 0,734 0,868
Fi en bord 0,560 0,680
Tableau A.6 : Facteurs de forme sur le défaut 3.

Ces résultats élastiques permettent de mener les méthodes simplifiées sur les trois
défauts circonférentiels étudiés.

3.3. Résultat élastique sur le défaut 4:

Nous avons calculé l'intégrale J en fond de fissure pour une pression de paroi de 40
MPa:

Jel (p=40MPa) = 8.49455 N.mm-1

189
Annexe 1

On peut ainsi remonter à la valeur de J en N.mm-1 pour toute pression de paroi p


exprimée en MPa:

Jel (p) = 8.49455 (p/40)2

Les deux calculs réalisés sur le défaut longitudinal peuvent ainsi être analysés par les
méthodes simplifiées.

4. Résultats élastoplastiques :

Les 45 cas présentés au chapitre 4 conduisent aux résultats des tableaux suivants.

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0 0 0 0
2 0 0 0 0
3 0 0 0 0
4 0 0 0 0
5 0 0 0 0
6 0 0 0 0
7 0 0 0 0
8 0 0 0 0
9 0 0 0 0
10 0 0 0 0
11 0 0 22,2222222 0,0345
12 0 0 44,4444444 0,141
13 0 0 66,6666667 0,33
14 0 0 88,8888889 0,517
15 0 0 111,111111 0,697
16 0 0 133,333333 0,888
17 0 0 155,555556 1,09
18 0 0 177,777778 1,3
19 0 0 200 1,51

Tableau A1.7 : Résultats éléments finis sur le cas 1 (a/T=0.125).

190
Annexe 1

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,04166667 0 0 5,71E-03
2 0,08333333 0 0 2,28E-03
3 0,125 0 0 5,14E-03
4 0,16666667 0 0 9,13E-03
5 0,20833333 0 0 1,43E-03
6 0,25 0 0 2,06E-02
7 0,29166667 0 0 2,81E-02
8 0,33333333 0 0 3,68E-02
9 0,375 0 0 4,67E-02
10 0,41666667 0 0 5,79E-02
11 0,41666667 0 22,2222222 0,191
12 0,41666667 0 44,4444444 0,428
13 0,41666667 0 66,6666667 0,712
14 0,41666667 0 88,8888889 1,01
15 0,41666667 0 111,111111 1,31
16 0,41666667 0 133,333333 1,62
17 0,41666667 0 155,555556 1,95
18 0,41666667 0 177,777778 2,29
19 0,41666667 0 200 2,64

Tableau A1.8 : Résultats éléments finis sur le cas 2 (a/T=0.125).

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,08333333 0 0 2,28E-03
2 0,16666667 0 0 9,13E-03
3 0,25 0 0 2,06E-02
4 0,33333333 0 0 3,68E-02
5 0,41666667 0 0 5,78E-02
6 0,5 0 0 8,40E-02
7 0,58333333 0 0 1,15E-01
8 0,66666667 0 0 1,52E-01
9 0,75 0 0 1,97E-01
10 0,83333333 0 0 2,53E-01
11 0,83333333 0 22,2222222 0,647
12 0,83333333 0 44,4444444 1,07
13 0,83333333 0 66,6666667 1,5
14 0,83333333 0 88,8888889 2,03
15 0,83333333 0 111,111111 2,62
16 0,83333333 0 133,333333 3,2
17 0,83333333 0 155,555556 3,83
18 0,83333333 0 177,777778 4,44
19 0,83333333 0 200 5,07
Tableau A1.9 : Résultats éléments finis sur le cas 3 (a/T=0.125).

191
Annexe 1

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,125 0 0 5,13E-03
2 0,25 0 0 2,06E-02
3 0,375 0 0 4,66E-02
4 0,5 0 0 8,37E-02
5 0,625 0 0 1,32E-01
6 0,75 0 0 1,93E-01
7 0,875 0 0 2,77E-01
8 1 0 0 5,54E-01
9 1,125 0 0 1,30E+00
10 1,25 0 0 3,08E+00
11 1,25 0 22,2222222 4,28
12 1,25 0 44,4444444 5,58
13 1,25 0 66,6666667 6,81
14 1,25 0 88,8888889 8,06
15 1,25 0 111,111111 9,21
16 1,25 0 133,333333 10,3
17 1,25 0 155,555556 11,3
18 1,25 0 177,777778 12,3
19 1,25 0 200 13,2

Tableau A1.10: Résultats éléments finis sur le cas 4 (a/T=0.125).

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0 0 0 0,00E+00
2 0 0 0 0,00E+00
3 0 0 0 0,00E+00
4 0 0 0 0,00E+00
5 0 0 0 0,00E+00
6 0 0 0 0,00E+00
7 0 0 0 0,00E+00
8 0 0 0 0,00E+00
9 0 0 0 0,00E+00
10 0 0 0 0,00E+00
11 0 0 22,2222222 6,72E-02
12 0 0 44,4444444 0,274
13 0 0 66,6666667 0,674
14 0 0 88,8888889 1,1655
15 0 0 111,111111 1,674
16 0 0 133,333333 2,22
17 0 0 155,555556 2,82
18 0 0 177,777778 3,45
19 0 0 200 4,11

Tableau A1.11: Résultats éléments finis sur le cas 5 (a/T=0.25).

192
Annexe 1

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,04508917 0 0 1,82E-03
2 0,09017833 0 0 7,29E-03
3 0,1352675 0 0 1,64E-02
4 0,18035667 0 0 2,92E-02
5 0,22544583 0 0 4,58E-02
6 0,270535 0 0 6,62E-02
7 0,31562417 0 0 9,07E-02
8 0,36071333 0 0 1,19E-01
9 0,4058025 0 0 1,52E-01
10 0,45089167 0 0 1,89E-01
11 0,45089167 0 22,2222222 5,29E-01
12 0,45089167 0 44,4444444 1,1
13 0,45089167 0 66,6666667 1,9
14 0,45089167 0 88,8888889 2,89
15 0,45089167 0 111,111111 4,03
16 0,45089167 0 133,333333 5,25
17 0,45089167 0 155,555556 6,52
18 0,45089167 0 177,777778 7,82
19 0,45089167 0 200 9,14

Tableau A1.12: Résultats éléments finis sur le cas 6 (a/T=0.25).

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,08333333 0 0 6,23E-03
2 0,16666667 0 0 2,49E-02
3 0,25 0 0 5,65E-02
4 0,33333333 0 0 1,01E-01
5 0,41666667 0 0 1,60E-01
6 0,5 0 0 2,32E-01
7 0,58333333 0 0 3,21E-01
8 0,66666667 0 0 4,48E-01
9 0,75 0 0 6,47E-01
10 0,83333333 0 0 9,45E-01
11 0,83333333 0 22,2222222 2,08
12 0,83333333 0 44,4444444 3,53
13 0,83333333 0 66,6666667 5,23
14 0,83333333 0 88,8888889 7,16
15 0,83333333 0 111,111111 9,16
16 0,83333333 0 133,333333 11,22
17 0,83333333 0 155,555556 13,2
18 0,83333333 0 177,777778 15,4
19 0,83333333 0 200 17,4

Tableau A1.13: Résultats éléments finis sur le cas 7 (a/T=0.25).

193
Annexe 1

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,1 0 0 8,97E-03
2 0,2 0 0 3,60E-02
3 0,3 0 0 8,17E-02
4 0,4 0 0 1,48E-01
5 0,5 0 0 2,34E-01
6 0,6 0 0 3,43E-01
7 0,7 0 0 5,29E-01
8 0,8 0 0 8,08E-01
9 0,9 0 0 1,29E+00
10 1 0 0 2,75E+00
11 1 0 22,2222222 4,8
12 1 0 44,4444444 7
13 1 0 66,6666667 9,39
14 1 0 88,8888889 12
15 1 0 111,111111 14,6
16 1 0 133,333333 17
17 1 0 155,555556 19,6
18 1 0 177,777778 22,04
19 1 0 200 24,4

Tableau A1.14: Résultats éléments finis sur le cas 8 (a/T=0.25).

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,125 0 0 1,40E-02
2 0,25 0 0 5,64E-02
3 0,375 0 0 1,30E-01
4 0,5 0 0 2,31E-01
5 0,625 0 0 3,96E-01
6 0,75 0 0 6,49E-01
7 0,875 0 0 1,18E+00
8 1 0 0 2,95E+00
9 1,125 0 0 6,36E+00
10 1,25 0 0 1,40E+01
11 1,25 0 22,2222222 19,6
12 1,25 0 44,4444444 23,3
13 1,25 0 66,6666667 26,9
14 1,25 0 88,8888889 30,4
15 1,25 0 111,111111 33,7
16 1,25 0 133,333333 36,7
17 1,25 0 155,555556 39,4
18 1,25 0 177,777778 42
19 1,25 0 200 44,4

Tableau A1.15: Résultats éléments finis sur le cas 9 (a/T=0.25).

194
Annexe 1

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0 0 0 0,00E+00
2 0 0 0 0,00E+00
3 0 0 0 0,00E+00
4 0 0 0 0,00E+00
5 0 0 0 0,00E+00
6 0 0 0 0,00E+00
7 0 0 0 0,00E+00
8 0 0 0 0,00E+00
9 0 0 0 0,00E+00
10 0 0 0 0,00E+00
11 0 0 22,2222222 1,55E-01
12 0 0 44,4444444 0,682
13 0 0 66,6666667 1,88
14 0 0 88,8888889 3,48
15 0 0 111,111111 5,21
16 0 0 133,333333 7,01
17 0 0 155,555556 8,85
18 0 0 177,777778 10,7
19 0 0 200 12,6

Tableau A1.16: Résultats éléments finis sur le cas 10 (a/T=0.5).

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,1 0 0 4,23E-02
2 0,2 0 0 1,74E-01
3 0,3 0 0 4,11E-01
4 0,4 0 0 8,08E-01
5 0,5 0 0 1,47E+00
6 0,6 0 0 2,65E+00
7 0,7 0 0 5,11E+00
8 0,8 0 0 1,11E+01
9 0,9 0 0 2,23E+01
10 1 0 0 4,33E+01
11 1 0 22,2222222 53
12 1 0 44,4444444 63,7
13 1 0 66,6666667 74,8
14 1 0 88,8888889 86,3
15 1 0 111,111111 97,8
16 1 0 133,333333 109,1
17 1 0 155,555556 120,4
18 1 0 177,777778 131,5
19 1 0 200 142,5

Tableau A1.17: Résultats éléments finis sur le cas 11 (a/T=0.5).

195
Annexe 1

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,0445 0,0889 0 8,03E-04
2 0,089 0,1778 0 2,97E-03
3 0,1335 0,2667 0 6,53E-03
4 0,178 0,3556 0 1,15E-02
5 0,2225 0,4445 0 1,78E-02
6 0,267 0,5334 0 2,55E-02
7 0,3115 0,6223 0 3,47E-02
8 0,356 0,7112 0 4,53E-02
9 0,4005 0,8001 0 5,75E-02
10 0,445 0,889 0 7,14E-02
11 0,445 0,889 22,2222222 0,21
12 0,445 0,889 44,4444444 0,398
13 0,445 0,889 66,6666667 0,62
14 0,445 0,889 88,8888889 0,867
15 0,445 0,889 111,111111 1,13
16 0,445 0,889 133,333333 1,41
17 0,445 0,889 155,555556 1,7
18 0,445 0,889 177,777778 2,01
19 0,445 0,889 200 2,33

Tableau A1.18: Résultats éléments finis sur le cas 12 (a/T=0.125).

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,0445 0,0889 0 2,12E-03
2 0,089 0,1778 0 8,05E-03
3 0,1335 0,2667 0 1,78E-03
4 0,178 0,3556 0 3,14E-02
5 0,2225 0,4445 0 4,89E-02
6 0,267 0,5334 0 7,04E-02
7 0,3115 0,6223 0 9,63E-02
8 0,356 0,7112 0 1,27E-01
9 0,4005 0,8001 0 1,62E-01
10 0,445 0,889 0 2,02E-01
11 0,445 0,889 22,2222222 0,528
12 0,445 0,889 44,4444444 0,932
13 0,445 0,889 66,6666667 1,406
14 0,445 0,889 88,8888889 1,97
15 0,445 0,889 111,111111 2,63
16 0,445 0,889 133,333333 3,37
17 0,445 0,889 155,555556 4,09
18 0,445 0,889 177,777778 4,85
19 0,445 0,889 200 5,65

Tableau A1.19: Résultats éléments finis sur le cas 13 (a/T=0.25).

196
Annexe 1

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,0445 0,0889 0 9,60E-03
2 0,089 0,1778 0 3,75E-02
3 0,1335 0,2667 0 8,42E-02
4 0,178 0,3556 0 1,51E-01
5 0,2225 0,4445 0 2,39E-01
6 0,267 0,5334 0 3,50E-01
7 0,3115 0,6223 0 4,88E-01
8 0,356 0,7112 0 6,62E-01
9 0,4005 0,8001 0 8,80E-01
10 0,445 0,889 0 1,16
11 0,445 0,889 22,2222222 2,52
12 0,445 0,889 44,4444444 4,75
13 0,445 0,889 66,6666667 7,38
14 0,445 0,889 88,8888889 10,2
15 0,445 0,889 111,111111 13,2
16 0,445 0,889 133,333333 16
17 0,445 0,889 155,555556 18,8
18 0,445 0,889 177,777778 21,6
19 0,445 0,889 200 24,4

Tableau A1.20: Résultats éléments finis sur le cas 14 (a/T=0.5).

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,0889 0,1779 0 2,98E-03
2 0,1778 0,3558 0 1,15E-02
3 0,2667 0,5337 0 2,55E-02
4 0,3556 0,7116 0 4,53E-02
5 0,4445 0,8895 0 7,14E-02
6 0,5334 1,0674 0 1,05E-01
7 0,6223 1,2453 0 2,24E-01
8 0,7112 1,4232 0 5,38E-01
9 0,8001 1,6011 0 1,80E+00
10 0,889 1,779 0 3,05
11 0,889 1,779 22,2222222 3,7
12 0,889 1,779 44,4444444 4,2
13 0,889 1,779 66,6666667 4,65
14 0,889 1,779 88,8888889 5,07
15 0,889 1,779 111,111111 5,49
16 0,889 1,779 133,333333 5,9
17 0,889 1,779 155,555556 6,42
18 0,889 1,779 177,777778 6,91
19 0,889 1,779 200 7,36

Tableau A1.21: Résultats éléments finis sur le cas 15 (a/T=0.125).

197
Annexe 1

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,0889 0,1779 0 8,05E-03
2 0,1778 0,3558 0 3,14E-02
3 0,2667 0,5337 0 7,05E-02
4 0,3556 0,7116 0 1,27E-01
5 0,4445 0,8895 0 2,02E-01
6 0,5334 1,0674 0 3,06E-01
7 0,6223 1,2453 0 7,13E-01
8 0,7112 1,4232 0 1,64E+00
9 0,8001 1,6011 0 5,51E+00
10 0,889 1,779 0 9,27
11 0,889 1,779 22,2222222 10,7
12 0,889 1,779 44,4444444 12
13 0,889 1,779 66,6666667 13,06
14 0,889 1,779 88,8888889 14,07
15 0,889 1,779 111,111111 15,02
16 0,889 1,779 133,333333 16,05
17 0,889 1,779 155,555556 17,02
18 0,889 1,779 177,777778 17,96
19 0,889 1,779 200 19,07

Tableau A1.22: Résultats éléments finis sur le cas 16 (a/T=0.25).

TEMPS SIGmz / σo SIGmθ / σο DT (°C) J (N.mm-1)


1 0,0889 0,1779 0 3,75E-02
2 0,1778 0,3558 0 1,51E-01
3 0,2667 0,5337 0 3,51E-01
4 0,3556 0,7116 0 6,64E-01
5 0,4445 0,8895 0 1,17E+00
6 0,5334 1,0674 0 1,93E+00
7 0,6223 1,2453 0 5,42E+00
8 0,7112 1,4232 0 1,30E+01
9 0,8001 1,6011 0 3,39E+01
10 0,889 1,779 0 52,9
11 0,889 1,779 22,2222222 59,5
12 0,889 1,779 44,4444444 64,4
13 0,889 1,779 66,6666667 69,4
14 0,889 1,779 88,8888889 74,6
15 0,889 1,779 111,111111 79,7
16 0,889 1,779 133,333333 84,7
17 0,889 1,779 155,555556 89,6
18 0,889 1,779 177,777778 94,5
19 0,889 1,779 200 99,2

Tableau A1.23: Résultats éléments finis sur le cas 17 (a/T=0.5).

198
Annexe 1

SIG R el mz cas 18: L= 300 mm


(MPa) Uz(mm) J (N.mm-1)
0 0 0
15 0,0287 0,005
30 0,0574 0,02
45 0,0861 0,0455
60 0,1148 0,0821
75 0,1435 0,132
90 0,1722 0,2
105 0,2009 0,305
120 0,2296 0,585
135 0,2583 0,78
150 0,287 0,85

Tableau A1.24: Résultats éléments finis sur le cas 18 (a/T=0.125).

SIG R el mz cas 19: L= 300 mm cas 20: L= 600 mm cas 21: L= 900 mm cas 22: L= 1800mm Primaire:
(MPa) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1)
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
15 0,0288 0,0137 0,0574 0,0137 0,0861 0,0137 0,172 0,0137 0,0137
30 0,0576 0,0551 0,115 0,0551 0,1722 0,0551 0,344 0,0551 0,0551
45 0,0864 0,127 0,172 0,127 0,2583 0,127 0,516 0,127 0,127
60 0,115 0,234 0,23 0,233 0,3444 0,233 0,688 0,233 0,233
75 0,144 0,391 0,287 0,391 0,4305 0,391 0,86 0,391 0,391
90 0,173 0,64 0,345 0,653 0,5166 0,647 1,032 0,642 0,641
105 0,202 1,12 0,402 1,18 0,6027 1,14 1,204 1,14 1,15
120 0,23 2,36 0,46 2,55 0,6888 2,62 1,376 2,72 2,63
135 0,259 3,42 0,517 3,39 0,7749 3,59 1,548 3,52 6,09
150 0,288 3,69 0,574 3,65 0,861 3,89 1,72 4,02 13,3

Tableau A1.25: Résultats éléments finis sur les cas 19 à 22 (a/T=0.25).

SIG R el mz cas 23: L= 300 mm cas 24: L= 600 mm cas 25: L= 900 mm cas 26: L= 1800mm primaire:
(MPa) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1)
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
12 0,0235 0,0413 0,0464 0,0413 0,0694 0,0413 0,138 0,0413 0,0413
24 0,047 0,17 0,0928 0,168 0,1388 0,169 0,276 0,169 0,169
36 0,0705 0,4 0,1392 0,4 0,2082 0,401 0,414 0,401 0,401
48 0,094 0,782 0,1856 0,785 0,2776 0,786 0,552 0,786 0,786
60 0,1175 1,42 0,232 1,43 0,347 1,45 0,69 1,45 1,45
72 0,141 2,38 0,2784 2,47 0,4164 2,5 0,828 2,53 2,56
84 0,1645 3,93 0,3248 4,27 0,4858 4,39 0,966 4,55 4,7
96 0,188 6,4 0,3712 7,48 0,5552 7,92 1,104 8,54 9,58
108 0,2115 9,79 0,4176 12,3 0,6246 13,6 1,242 15,4 19,2
120 0,235 13,8 0,464 18,7 0,694 21 1,38 25,5 35,5

Tableau A1.26: Résultats éléments finis sur les cas 23 à 26 (a/T=0.5).

199
Annexe 1

SIG P mz SIG R el mz cas 27: L= 600 mm cas 28: L= 1800 mm cas 29: L=30300mm
(MPa) (MPa) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1)
54 0 0 0,186 0 0,185 0 0,185
54 9,6 0,0367 0,266 0,11 0,265 1,85 0,266
54 19,2 0,0734 0,368 0,22 0,367 3,7 0,369
54 28,8 0,1101 0,502 0,33 0,501 5,55 0,508
54 38,4 0,1468 0,701 0,44 0,714 7,4 0,713
54 48 0,1835 1,01 0,55 1 9,25 1,041
54 57,6 0,2202 1,55 0,66 1,65 11,1 1,69
54 67,2 0,2569 2,72 0,77 2,76 12,95 3,18
54 76,8 0,2936 3,36 0,88 3,64 14,8 4,79
54 86,4 0,3303 3,75 0,99 4,68 16,65 7,69
54 96 0,367 4,26 1,1 5,56 18,5 11,83

Tableau A1.27: Résultats éléments finis sur les cas 27 à 29 (a/T=0.25).

SIG P mz SIG R el mz cas 30: L= 600 mm cas 31: L= 1800 mm cas 32: L= 30300 mm
(MPa) (MPa) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1)
54 0 0 0,0659 0 0,066 0 0,0662
54 9,6 0,0367 0,0926 0,11 0,0928 1,85 0,0934
54 19,2 0,0734 0,125 0,22 0,125 3,7 0,126
54 28,8 0,1101 0,164 0,33 0,165 5,55 0,166
54 38,4 0,1468 0,213 0,44 0,215 7,4 0,216
54 48 0,1835 0,28 0,55 0,281 9,25 0,284
54 57,6 0,2202 0,38 0,66 0,385 11,1 0,402
54 67,2 0,2569 0,642 0,77 0,614 12,95 0,661
54 76,8 0,2936 0,764 0,88 0,857 14,8 1,13
54 86,4 0,3303 0,884 0,99 1,1 16,65 1,57
54 96 0,367 0,981 1,1 1,32 18,5 2,55

Tableau A1.28: Résultats éléments finis sur les cas 30 à 32 (a/T=0.125).

SIG P mz SIG R el mz cas 33: L= 600 mm cas 34: L= 1800 mm cas 35: L= 30300 mm
(MPa) (MPa) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1) Uz(mm) J (N.mm-1)
54 0 0 1,08 0 1,07 0 1,08
54 6,6 0,0255 1,48 0,076 1,47 1,27 1,49
54 13,2 0,051 1,98 0,152 1,99 2,54 2,01
54 19,8 0,0765 2,68 0,228 2,71 3,81 2,78
54 26,4 0,102 3,6 0,304 3,73 5,08 3,87
54 33 0,1275 4,89 0,38 5,22 6,35 5,58
54 39,6 0,153 6,68 0,456 7,6 7,62 8,35
54 46,2 0,1785 8,98 0,532 10,4 8,89 12
54 52,8 0,204 11,6 0,608 14,6 10,16 17,5
54 59,4 0,2295 14,9 0,684 20,1 11,43 25,7
54 66 0,255 18,3 0,76 25 12,7 34,5

Tableau A1.29: Résultats éléments finis sur les cas 33 à 35 (a/T=0.5).

200
Annexe 1

M/1E7 (N.mm) Jep fond (N/mm) Jep bord (N/mm)


10. 8.64235e-3 5.67e-3
25. 5.40126e-2 3.54e-2
50. 0.21603 0.142
75. 0.48286 0.317
100. 0.84566 0.554
120. 1.2625 0.814
140. 1.7645 1.12
160. 2.3854 1.50
180. 3.1373 1.94
200. 4.0925 2.49
220. 5.2596 3.14
240. 6.7159 3.92
250. 7.5813 4.37
260. 8.5689 4.89
270. 9.6718 5.45
280. 10.926 6.08
290. 12.356 6.79
300. 13.969 7.58
310. 15.836 8.49
320. 17.943 9.49
330. 20.375 10.7
340. 23.168 11.0
350. 26.358 13.5
360. 30.119 15.2
370. 34.335 17.2
377.5 37.943 18.8
385. 41.840 20.7
392.5 45.904 22.6
400. 50.956 24.8
405. 54.334 26.4
410. 57.966 28.2
415. 61.775 30.0
420. 65.796 31.8
425. 70.814 34.0
430. 75.734 36.1
435. 80.66 38.4
440. 85.786 41.1
442.5 88.465 42.4
445. 91.281 43.7
447.5 95.022 45.1
450. 98.650 46.7
452.5 102.13 48.4
455. 105.60 50.0
457.5 109.06 51.7
460. 112.53 53.4
462.5 116.04 55.1
465. 119.60 56.8
467.5 123.24 58.5
470. 126.99 60.2
472.5 132.70 62.4
475. 137.81 64.6
477.5 142.38 66.8
480. 146.88 68.9
482.5 151.38 71.0
485. 155.93 73.2
487.5 160.55 75.4
490. 165.28 77.6
492.5 171.00 80.3
495. 176.67 83.0
497.5 182.42 85.8
500. 188.29 88.5
502.5 194.26 91.4
504. 197.86 93.1
505.5 201.48 94.8
507. 205.13 96.5
509.5 211.31 99.4
Tableau A1.30: Résultats éléments finis sur le défaut 1, cas 36.

201
Annexe 1

TEMPS p (MPa) M/1E7 (N.mm) DT1 (°C) Jep fond (N/mm) Jep bord (N/mm)
1 0 0 5 0,0120221 0,0135253
2 0 0 10 0,0480862 0,05408
3 0 0 15 0,10818 0,12163
4 0 0 20 0,1923 0,21656
5 0 0 25 0,30044 0,33808
6 0 0 30 0,43227 0,48469
7 0 0 35 0,58842 0,65621
8 0 0 40 0,76683 0,84725
9 0 0 45 0,96573 1,0552
10 0 0 50 1,1839 1,278
11 0 0 55 1,4204 1,5176
12 0 0 60 1,6723 1,7661
13 0 0 65 1,9368 2,0221
14 0 0 70 2,2152 2,2869
15 0 0 75 2,502 2,5663
16 0 0 80 2,801 2,8489
17 0 0 85 3,1026 3,1316
18 0 0 90 3,4163 3,4234
19 0 0 95 3,7327 3,7176
20 0 0 100 4,055 4,0162
21 0 0 105 4,3868 4,3229
22 0 0 110 4,72 4,6313
23 0 0 115 5,056 4,9418
24 0 0 120 5,4 5,2589
25 0 0 125 5,751 5,5829
26 0 0 130 6,1002 5,9058
27 0 0 135 6,4534 6,2312
28 0 0 140 6,8126 6,5614
29 0 0 145 7,1795 6,8983
30 0 0 150 7,547 7,2361
31 0 0 155 7,9152 7,5746
32 0 0 160 8,289 7,9171
33 0 0 165 8,6659 8,2628
34 0 0 170 9,0466 8,6118
35 0 0 175 9,4329 8,9649
36 0 0 180 9,8212 9,3204
37 0 0 185 10,212 9,6763
38 0 0 190 10,606 10,035
39 0 0 195 11,002 10,394
40 0 0 200 11,398 10,753

Tableau A1.31: Résultats éléments finis sur le défaut 1, cas 37.

202
Annexe 1

TEMPS p (MPa) M/1E7 (N.mm) DT1 (°C) Jep fond (N/mm) Jep bord (N/mm)
1 0 280 0 10,926 6,0816
2 0 280 5 11,629 6,6121
3 0 280 10 12,416 7,2215
4 0 280 15 13,195 7,8346
5 0 280 20 13,987 8,4674
6 0 280 25 14,8 9,1197
7 0 280 30 15,642 9,796
8 0 280 35 16,522 10,497
9 0 280 40 17,477 11,246
10 0 280 45 18,584 12,147
11 0 280 50 19,6 12,924
12 0 280 55 20,768 13,873
13 0 280 60 21,913 14,779
14 0 280 65 23,089 15,698
15 0 280 70 24,286 16,634
16 0 280 75 25,502 17,586
17 0 280 80 26,747 18,554
18 0 280 85 28,006 19,531
19 0 280 90 29,282 20,519
20 0 280 95 30,569 21,511
21 0 280 100 31,864 22,508
22 0 280 105 33,164 23,509
23 0 280 110 34,477 24,519
24 0 280 115 35,803 25,539
25 0 280 120 37,135 26,568
26 0 280 125 38,47 27,598
27 0 280 130 39,823 28,637
28 0 280 135 41,193 29,685
29 0 280 140 42,573 30,739
30 0 280 145 43,96 31,797
31 0 280 150 45,353 32,858
32 0 280 155 46,749 33,922
33 0 280 160 48,161 34,997
34 0 280 165 49,579 36,072
35 0 280 170 50,995 37,149
36 0 280 175 52,415 38,23
37 0 280 180 53,832 39,31
38 0 280 185 55,256 40,396
39 0 280 190 56,687 41,487
40 0 280 195 58,116 42,579
41 0 280 200 59,552 43,675

Tableau A1.32: Résultats éléments finis sur le défaut 1, cas 38.

203
Annexe 1

TEMPS p (MPa) M/1E7 (N.mm) DT1 (°C) Jep fond (N/mm) Jep bord (N/mm)
1 0 420 0 65,796 31,836
2 0 420 5 67,828 33,342
3 0 420 10 69,635 34,862
4 0 420 15 71,536 36,435
5 0 420 20 73,882 38,279
6 0 420 25 75,966 39,939
7 0 420 30 78,826 42,07
8 0 420 35 81,164 43,822
9 0 420 40 84,125 45,942
10 0 420 45 86,857 47,981
11 0 420 50 89,727 50,071
12 0 420 55 92,587 52,175
13 0 420 60 95,466 54,299
14 0 420 65 98,358 56,429
15 0 420 70 101,25 58,561
16 0 420 75 104,13 60,701
17 0 420 80 107,01 62,844
18 0 420 85 109,88 64,983
19 0 420 90 112,74 67,12
20 0 420 95 115,61 69,256
21 0 420 100 118,48 71,401
22 0 420 105 121,34 73,545
23 0 420 110 124,19 75,686
24 0 420 115 127,05 77,832
25 0 420 120 129,89 79,974
26 0 420 125 132,71 82,105
27 0 420 130 135,53 84,231
28 0 420 135 138,34 86,356
29 0 420 140 141,16 88,478
30 0 420 145 143,96 90,594
31 0 420 150 146,75 92,707
32 0 420 155 149,27 94,833
33 0 420 160 152,24 96,929
34 0 420 165 154,8 99,051
35 0 420 170 157,78 101,14
36 0 420 175 160,32 103,25
37 0 420 180 163,31 105,34
38 0 420 185 165,82 107,45
39 0 420 190 168,81 109,53
40 0 420 195 171,29 111,64
41 0 420 200 174,29 113,73

Tableau A1.33: Résultats éléments finis sur le défaut 1, cas 39.

204
Annexe 1

TEMPS p (MPa) M/1E7 (N.mm) DT1 (°C) J ep fond (N/mm) J ep bord (N/mm)
1 1,75 16,5 0 0,0477939 0,0310443
2 3,5 33 0 0,19113 0,12404
3 5,25 49,5 0 0,42939 0,27938
4 7 66 0 0,75776 0,49281
5 8,75 82,5 0 1,2058 0,78058
6 10,5 99 0 1,77 1,1437
7 12,25 115,5 0 2,501 1,6207
8 14 132 0 3,4604 2,2591
9 15,75 148,5 0 4,6845 3,0785
10 17,5 165 0 6,2893 4,1547
11 19,25 181,5 0 8,427 5,5895
12 21 198 0 11,308 7,518
13 21 198 10 12,663 8,5416
14 21 198 20 14,141 9,7606
15 21 198 30 15,694 10,99
16 21 198 40 17,338 12,267
17 21 198 50 19,107 13,703
18 21 198 60 20,911 15,036
19 21 198 70 22,816 16,551
20 21 198 80 24,783 18,057
21 21 198 90 26,803 19,576
22 21 198 100 28,833 21,107
23 21 198 110 30,925 22,678
24 21 198 120 33,049 24,27
25 21 198 130 35,215 25,883
26 21 198 140 37,432 27,533
27 21 198 150 39,668 29,196
28 21 198 160 41,94 30,885
29 21 198 170 44,225 32,586
30 21 198 180 46,515 34,292
31 21 198 190 48,818 36,007
32 21 198 200 51,152 37,744

Tableau A1.34: Résultats éléments finis sur le défaut 1, cas 40.

205
Annexe 1

TEMPS p (MPa) M/1E7 (N.mm) DT1 (°C) J ep fond (N/mm) J ep bord (N/mm)
1 1,05 18,4 0 4,42E-02 2,88E-02
2 2,1 36,8 0 0,17668 0,11508
3 3,15 55,2 0 0,397 0,25916
4 4,2 73,6 0 0,70031 0,4571
5 5,25 92 0 1,1138 0,7221
6 6,3 110,4 0 1,6291 1,0513
7 7,35 128,8 0 2,282 1,4685
8 8,4 147,2 0 3,0866 1,981
9 9,45 165,6 0 4,1161 2,6423
10 10,5 184 0 5,395 3,4588
11 11,55 202,4 0 7,0142 4,4871
12 12,6 220,8 0 9,0969 5,8016
13 13,65 239,2 0 11,803 7,5024
14 14,7 257,6 0 15,342 9,7174
15 15,75 276 0 19,993 12,62
16 16,8 294,4 0 26,236 16,537
17 17,85 312,8 0 34,689 21,787
18 18,9 331,2 0 45,831 28,613
19 19,95 349,6 0 60,554 37,72
20 21 368 0 79,763 49,573
21 21 368 10 82,979 52,124
22 21 368 20 86,43 54,938
23 21 368 30 90,306 58,225
24 21 368 40 94,736 61,765
25 21 368 50 99,366 65,42
26 21 368 60 104,14 69,109
27 21 368 70 109,05 72,847
28 21 368 80 113,96 76,56
29 21 368 90 118,94 80,285
30 21 368 100 123,92 84,018
31 21 368 110 128,92 87,764
32 21 368 120 133,89 91,505
33 21 368 130 138,85 95,224
34 21 368 140 143,79 98,917
35 21 368 150 148,7 102,59
36 21 368 160 153,6 106,26
37 21 368 170 158,44 109,89
38 21 368 180 163,29 113,51
39 21 368 190 168,15 117,13
40 21 368 200 172,99 120,75

Tableau A1.35: Résultats éléments finis sur le défaut 1, cas 41.

206
Annexe 1

TEMPS p (MPa) M/1E7 (N.mm) DT1 (°C) Jep fond (N/mm) Jep bord (N/mm)
1 0 40 0 0,115676 0,0510255
2 0 80 0 0,462664 0,204125
3 0 120 0 1,06096 0,476482
4 0 160 0 1,96852 0,900708
5 0 200 0 3,34866 1,53722
6 0 240 0 5,42526 2,4504
7 0 280 0 8,62624 3,76979
8 0 280 20 12,1148 5,58108
9 0 280 40 16,5072 7,7651
10 0 280 60 21,5654 10,2064
11 0 280 80 27,1355 12,8686
12 0 280 100 33,0305 15,6628
13 0 280 120 39,1605 18,4967
14 0 280 140 45,4412 21,313
15 0 280 160 51,8576 24,1456
16 0 280 180 58,4135 27,0398
17 0 280 200 65,0767 29,9681

Tableau A1.36: Résultats éléments finis sur le défaut 2, cas 42.

TEMPS SIGm(MPa) M/1E7 (N.mm) Jep fond (N/mm) Jep bord (N/mm)
1 21,1 45 0,386 0,2754
2 42,2 90 1,635 1,152
3 63,3 135 4,43 2,934
4 84,4 180 11,26 6,71
5 105,5 225 29,2 15,7
6 126,6 270 76,3 39,1

Tableau A1.37: Résultats éléments finis sur le défaut 3, cas 43.

207
Annexe 1

TEMPS p (MPa) M/1E7 (N.mm) Jep fond (N/mm) Jep bord (N/mm)
1 4 0 8,50E-02 4,30E-02
2 6 0 0,191 9,69E-02
3 8 0 0,34 0,174
4 12 0 0,757 0,397
5 16 0 1,39 0,748
6 18 0 1,77 0,945
7 20 0 2,26 1,22
8 24 0 3,5 1,84
9 28 0 5,89 3,01
10 30 0 7,39 3,7
11 32 0 9,02 4,43
12 36 0 16,6 7,68
13 40 0 25,9 11,4
14 42 0 37,9 16,1
15 48 0 85,2 33,7
16 54 0 183,6 68,5
17 60 0 380 141

Tableau A1.38: Résultats éléments finis sur le défaut 4, cas 44.

TEMPS p (MPa) M/1E7 (N.mm) Jep fond (N/mm) Jep bord (N/mm)
1 4 40 8,72E-02 4,44E-02
2 8 80 0,349 1,79E-01
3 12 120 0,817 0,434
4 16 160 1,7 0,94
5 20 200 3,48 1,88
6 24 240 7,36 3,74
7 28 280 15,7 7,37
8 32 320 32 13,9
9 36 360 65,5 26,1
10 40 400 125,7 46

Tableau A1.39: Résultats éléments finis sur le défaut 4, cas 45.

208

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