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Direction Olivier Py

de Molière / mise en scène Stéphane Braunschweig Théâtre du Radeau / mise en scène François Tanguy de William Shakespeare / mise en scène Éric Vigner
17 septembre – 25 octobre / Odéon 6e 23 septembre – 19 octobre / Berthier 17e 6 novembre – 7 décembre / Odéon 6e

de William Shakespeare / mise en scène Yann-Joël Collin, La Nuit surprise par le Jour
12 novembre – 18 décembre / Berthier 17e

d’après les frères Grimm / mise en scène Olivier Py


23 décembre – 18 janvier / Berthier 17e

de Howard Barker / mise en scène Giorgio Barberio Corsetti de Howard Barker / mise en scène Frédéric Maragnani
8 janvier – 8 février / Odéon 6e 4 – 20 février / Berthier 17e

de Howard Barker / mise en scène Christian Esnay


12 – 25 mars / Berthier 17e

de Howard Barker / mise en scène Christian Esnay de Paul Claudel / mise en scène Olivier Py
26 mars – 11 avril / Berthier 17e 7 – 29 mars / Odéon 6e

de Henrik Ibsen / mise en scène Thomas Ostermeier


2 – 11 avril / Odéon 6e

de Georges Feydeau / mise en scène Jean-François Sivadier de Goethe / mise en scène Eimuntas Nekrosius
20 mai – 25 juin / Odéon 6e 27 mai – 6 juin / Berthier 17e

de Petr Zelenka / mise en scène Radu Afrim


11 – 21 juin / Berthier 17e

festival de jeunes compagnies


7 – 17 mai / Berthier 17e & Odéon 6e

Odéon-Théâtre de l’Europe Théâtre de l’Odéon 6e – Ateliers Berthier 17e 01 44 85 40 40 theatre-odeon.eu Théâtre de l’Odéon 6e – Ateliers Berthier 17e 01 44 85 40 40 theatre-odeon.eu
du livre, les auteurs dramatiques une exigence portée au plus haut ramène incessamment vers
fleurissent. Et quand l’Éducation par les métiers de nos scènes, tout cet outil d’humanité. Et plus
nationale s’inquiète de l’impossi- en déployant encore nos présents nos perceptions technologiques
ble transmission d’un héritage composés, où l’échange entre agrandissent l’échelle de notre
culturel, c’est l’engagement dra- artistes et publics dépasse la conscience, plus ce besoin de
matique en milieu scolaire qui consommation de biens cultu- retrouver la place de l’homme
devient exponentiel jusque dans rels. Que l’Odéon-Théâtre de dans une échelle humaine se fait
les classes supérieures. Pour l’Europe soit aussi place publique impératif.
témoigner de cet engouement d’une Europe que nous imagi-
que ne veulent pas toujours nons née dans un théâtre grec, C’est encore Howard Barker qui
prendre en considération nos faite d’une conscience élargie aux dit que notre tâche est de rendre
dirigeants, nous devons parler de autres peuples, d’une confiance le théâtre nécessaire. Ceux qui
la crue des compagnies. Les col- en la parole pour résoudre les travaillent et vivent dans cette
lectivités locales aidant, elles se conflits. Howard Barker, poète maison l’entendent. Nécessaire
multiplient et gagnent incroya- associé à notre saison, dit qu’il ne veut pas dire utile. Vilar rêvait
blement en savoir-faire et en ins- n’est jamais trop tard pour pré- d’un théâtre utile comme le gaz
piration. Il y a trop de compa- venir la mort de l’Europe. Oui, et l’électricité. Pour continuer
gnies, paraît-il… pour qui ? nous l’avons répété à en devenir son rêve nous devons rêver un
Pour quoi ? Selon quelle mesure ? ridicule, et pourtant c’est une théâtre nécessaire comme la
Et si tout simplement il n’y avait vérité inlassable : nous sommes le parole et la vue. Nécessaire
pas assez de théâtres ? Car c’est dernier refuge d’une aventure comme l’atmosphère, l’eau, le
bien vers le théâtre comme asile partagée de la pensée en actes. pain, la lumière. Et le soi-disant
de la pensée que se tourne une luxe de notre pratique ne doit pas
jeunesse enthousiaste, en elle et Et comment répondre à ceux qui se légitimer de notre impuissance.
avec elle, les éclopés idéolo- ne voient pas cette évidence et L’interrogation de l’homme sur
giques, les lassés du design cultu- continuent de penser que notre ce qui en lui fonde son humanité
Firmin Gémier (directeur du Théâtre de l’Odéon de 1921 à 1930) rel, les chercheurs de formes art est en déclin ? En dépit des est nécessaire. Il est nécessaire
nouvelles, qui ont compris que chiffres qui augmentent mais que l’homme se connaisse
cette oasis n’avait pas été abîmé sont toujours lus à l’aune de comme un tissu de fables héri-
par une crise de la modernité l’audimat et donc toujours méju- tées. Et pour cela notre archaïque
qu’on appelle le virtuel. Avant gés. Comment répondre à ceux tréteau reste un outil irrévocable.
même de répondre, regardons-le qui ne viennent pas au théâtre Il est nécessaire que l’homme
Cette saison est dédiée à tous C’est une forme totalitaire qui a teaux retrouvent leur jeunesse. déjà comme un désir légitime et mais nous accusent toujours de éprouve encore qu’il n’est ni un
ceux qui croient encore à la vertu comme postulat de départ la Nous vous proposerons pendant non comme un dérapage de faire un art élitaire ? Comment consommateur, ni un instrument
anthropogène des mythes. médiocrité du monde et pour le mois de mai un instantané de l’action culturelle. leur faire entendre que nous de la croissance, mais une ques-
Sommes-nous autre chose que horizon l’à-quoi-bon. L’homme cette création théâtrale allons vers un âge d’or de la cul- tion. Et pour cela il y a cette
des fables errantes dans le siècle ? y perd son destin, ne regarde plus d’aujourd’hui : invitation au Comment répondre par ailleurs ture et un âge d’or des théâtres ? question qui préside à toutes les
Reconnaître notre humanité non le ciel étoilé des métaphores. Il voyage des compagnies émer- à un spectateur éclairé par Que le vingt et unième siècle sera autres, lorsque le silence se fait,
pas comme un fait scientifique faudrait pleurer et grincer des gentes, le festival Turbulences soixante ans de théâtre public, au culturel ou ne sera pas, que c’est que la lumière graduellement
mais comme un récit qui doit dents devant cette perte de récit, sera une invitation à la décou- sens critique plus complexe, à d’en bas que cette révolution est descend, que le rideau s’ouvre
être dit et redit, c’est déjà en devant ces formes de récits qui verte des talents de demain. l’appétit attisé par la famine spi- en marche, de cette minorité de sur le monde, que la présence des
percevoir l’énigme. La fiction est n’en sont pas, devant ce désert rituelle ? Le public aussi a de la nation qui ne veut pas être choses simples se change en
hélas le plus souvent malade de sans mythe et sans parabole. Mais À l’heure du marché mondialisé plus en plus de talent, ses ques- désespérée, de cette partie de métaphore et qu’un acteur entre
virtualité, et le monde des images l’histoire est faite de paradoxes. et accéléré de la virtualité, la pré- tions sont chaque fois plus brû- l’âme qui toujours désire. pour prendre la parole, avec un
nous enivre de réalités fiction- À l’heure où rien ne semble arrê- sence réelle des spectacles se cou- lantes, sa conscience de l’excep- L’effondrement du politique costume d’inquiétude et le
nées dans une débauche d’obscé- ter l’incestueux lien du politique vre d’une incomparable aura. Au tionnalité du fait théâtral va comme mise en acte des idées, masque d’une joie possible.
nité vécue. Cette réalité-fiction et du médiatique, la jeunesse se moment où la littérature semble grandissant. Comment répondre des mythes fédérateurs et des
est plus qu’un désenchantement. tourne vers les plateaux, les pla- vaciller sous le poids du marché à cela ? En défendant d’abord certitudes civilisationnelles, nous Olivier Py

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de Molière 17 septembre – 25 octobre 2008
mise en scène & scénographie Stéphane Braunschweig Théâtre de l’Odéon 6e
créé le 29 avril 2008 au Théâtre national de Strasbourg

costumes avec
Thibault Vancraenenbroeck Jean-Pierre Bagot, Christophe Brault, Clément Bresson, Thomas Condemine,
lumière Claude Duparfait, Julie Lesgages, Pauline Lorillard, Annie Mercier,
Marion Hewlett Sébastien Pouderoux, Claire Wauthion
son
Xavier Jacquot
collaboration artistique
Anne-Françoise Benhamou
collaboration à la scénographie
Alexandre de Darden

production
Théâtre national de Strasbourg
C’est une grande atteinte aux vices que de
les exposer à la risée de tout le monde.
Molière

Nous parlons la «langue de avoir succombé à ses pièges, et compensation retirée peut-être
Molière» comme les Allemands non pas le seul chef de famille ; de sa réussite sociale et profes-
celle de Goethe ou les Anglais soit son masque de piété n’a sionnelle et de l’accroissement
celle de Shakespeare. Il est le pas grand-chose de ressemblant de ses biens matériels ; son
cœur battant de notre tradition – mais il ne devrait alors avoir remariage avec Elmire, jeune
théâtrale. Molière dramaturge trompé personne, pas même femme joyeuse, sensuelle, avec
est un trésor national. Mais Orgon. D’où la question : qui Orgon peut avoir découvert
Molière romancier ? S’il n’existe pourquoi Orgon se laisse-t-il les plaisirs de la chair et simul-
pas, il nous revient de l’inventer, éblouir par le jeu de son hôte ? tanément les affres de la jalousie
affirme Stéphane Braunschweig. Pourquoi le faux dévot fascine-t- […]. L’obsession du péché, la
Le futur directeur du Théâtre de il sa dupe au point de se voir culpabilité liée au sexe, la jalousie
la Colline aime aborder les promettre la main de sa fille et la qui rend fou, le besoin de pureté
grandes pièces en dégageant ce pleine possession de tous ses dans un monde ressenti comme
qu’il appelle leur roman sous- biens ? Il est ainsi apparu à complètement corrompu, tout
jacent. Cette méthode d’enquête, Braunschweig que Tartuffe est concourt à faire de Tartuffe
aussi intuitive que fidèle au texte, d’abord un miroir fêlé dont l’homme providentiel, le médecin
lui permet de redonner tout leur Orgon se sert pour détourner les de l’âme, capable de guérir le mal
éclat aux questions qui y sont yeux de ses propres failles. Son dont souffrent Orgon et sa
posées, en se laissant guider par succès est à interpréter comme famille, les enfants n’étant pas
les surprises qu’elle provoque. un symptôme de la maladie moins truffés de symptômes que
En l’occurrence, il est parti d’Orgon. Et c’est en ce point que leur père ou leur grand-mère…»
de l’interrogation suivante : doit intervenir la conjecture Braunschweig poursuit ainsi, au-
Tartuffe est un hypocrite, sans romanesque : «Il faut imaginer delà de la dimension comique du
doute, mais ce fait ne suffit pas à la vie d’Orgon, son éducation Tartuffe, une enquête amorcée
expliquer son influence sur sa stricte, sa relation à sa mère dans ses mises en scène de Brand,
principale victime. Car de deux bigote ; son premier mariage Mesure pour mesure ou Peer Gynt,
choses l’une : soit il est un grand avec une femme qui plaisait à sur le thème de la tentation
imposteur – mais toute la cette mère, et qui ne devait donc spirituelle comme face cachée de
maisonnée d’Orgon devrait alors pas incarner la joie de vivre ; la toutes les obsessions matérialistes.

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un spectacle du Théâtre du Radeau 23 septembre – 19 octobre 2008
mise en scène, scénographie & lumière François Tanguy Ateliers Berthier 17e
créé le 6 novembre 2007 à Rennes

élaboration sonore avec


François Tanguy Frode Bjørnstad, Laurence Chable, Fosco Corliano, Claudie Douet,
& Marek Havlicek Katia Grange, Jean Rochereau, Boris Sirdey

production
Théâtre du Radeau, Le Mans
Théâtre national de Bretagne,
Rennes
Centre chorégraphique national Ce que nous voyons n’est pas le code de ce
Rillieux-la-Pape-Cie Maguy Marin
Festival d’Avignon que nous ne voyons pas, ce qui est à voir est
Festival d’Automne à Paris
Odéon-Théâtre de l’Europe
très exactement ce que nous voyons, ce que
Théâtre Garonne, Toulouse nous pouvons voir.
François Tanguy

Les spectateurs de l’Odéon qui d’évocation, sa lumineuse pléni- qui se donne ici à éprouver ne se
auront vu Les Cantates (2001) et tude, ce dernier travail, tout en raconte pas davantage que la
Coda (2004) le savent déjà : les s’inscrivant dans le droit fil des musique, à laquelle Tanguy
rendez-vous que fixe le Théâtre créations du Radeau, constitue emprunte souvent des titres tels
du Radeau, aussi précieux que l’une de ses œuvres les plus que Chant du bouc, Choral,
rares, sont de ceux qui ne se accomplies. Pour atteindre, selon Orphéon, Coda, et aujourd’hui
manquent pas. Depuis 1983, ses Tanguy, «la théâtralité loin du Ricercar. Ce dernier terme, rap-
spectacles ont pu faire songer à spectacle», il suffit d’«une matière pelle Tanguy, «désigne dans sa
Kantor, à Bob Wilson, à «un déchaînée dans la visitation du forme instrumentale l’expression
Beckett qui aurait vraiment lieu et du temps théâtral», d’un d’un développement polypho-
perdu ses mots» (Françoise matériau pauvre et forain, d’un nique […] dont la ligne de fuite
Collin). De loin en loin y résonne sol précaire sous l’abri d’un cha- s’élabore au gré des intersections,
la parole de Büchner ou de piteau. Il suffit d’une aire renversements et mutations de
Dante, de Kafka ou de encombrée de chaises et de tables différents motifs ou sujets…»
Hölderlin, de Walser, Villon ou à tréteaux, de lampes à abat-jour, Ce théâtre-là ne représente, ne
Lucrèce, croisant les échos tuté- de quelques panneaux et cadres reprend ou ne remplace rien. Il
laires de Berg, de Schubert, de de bois blanc tendus d’écrans se fixe plutôt pour tâche de net-
Kurtág ou de Berio. Mais avec le translucides manipulés à vue par toyer le regard, de le reconduire
temps, et malgré la multiplication quelques figures portant cha- au seuil de son énigme propre.
chorale des «voix» de musiciens peau melon ou robe surannée. Prenant avec douceur son temps,
ou de poètes assemblés sur Creusant et découpant l’espace c’est ainsi qu’il rejoint le nôtre
un même plan d’immanence qu’ils transfigurent, baignant par ses bords les plus secrets,
scénique, il apparaît toujours dans une lumière intime dont la poursuivant depuis un quart de
plus nettement que ce théâtre ne charge de silence fait songer à siècle un travail d’une exigence
ressemble à rien d’autre qu’à Hopper ou à Georges de La Tour, exemplaire, pleinement et
lui-même. Avec Ricercar, cette ce peuple de revenants anonymes patiemment contemporain.
singularité trouve un nouvel déploie sous les yeux captivés du
aboutissement : par sa douceur public un dédale de tableaux se
mystérieuse et intense, sa puissance succédant comme des vagues. Ce
à lire Bruno Tackels : François Tanguy et le Théâtre du Radeau (Écrivains de plateau, II), Les Solitaires Intempestifs, 2005
François Tanguy et le Radeau (articles et études) de Jean-Paul Manganaro, éditions P.O.L., juillet 2008 7
de William Shakespeare 6 novembre – 7 décembre 2008
mise en scène, décor & costumes Éric Vigner Théâtre de l’Odéon 6e
créé le 6 octobre 2008 au CDDB-Théâtre de Lorient

traduction & adaptation avec Bénédicte Cerutti, Michel Fau, Samir Guesmi,
Rémi De Vos & Éric Vigner Nicolas Marchand, Aurélien Patouillard, Thomas Scimeca,
lumière Catherine Travelletti, Jutta Johanna Weiss
Joël Hourbeigt
son
Othello Vilgard

production
CDDB –Théâtre de Lorient,
Centre dramatique national
CDN Orléans-Loiret-Centre
Arts 276 – Festival Automne
en Normandie
Mon chagrin est celui du Ciel,
Le Parvis scène nationale qui frappe ce qu’il aime.
Tarbes Pyrénées
Shakespeare

Entre 1599 et 1608, Shakespeare idée résolument contemporaine. de l’ennemi ou la douceur de la


a produit sept sommets du réper- Pour écrire avec lui cette nouvelle fraternité» : en redécouvrant
toire tragique. Othello, qui date version, il a fait appel à Rémi De cette réplique de Dans la solitude
probablement de 1603/4, est le Vos. Leur amitié remonte à une des champs de coton, Vigner songe
troisième d’entre eux, succédant bonne décennie. Vigner a déjà aussitôt à cette autre «histoire
à Hamlet et précédant immédia- créé deux de ses œuvres (dont d’hommes» qu’est Othello, où
tement Le Roi Lear. Et ce drame, Jusqu’à ce que la mort nous sépare, s’affrontent le général maure et
d’une terrible noirceur, est peut- présenté à Paris en 2007) au son enseigne, Iago le démoniaque.
être de tous ceux de Shakespeare Théâtre de Lorient, qu’il dirige Koltès et Shakespeare ont tous
celui dont l’intrigue est la plus depuis 1996 et où De Vos travaille deux le sens des conflits et des
maîtrisée. Le voyage d’Othello à ses côtés en qualité d’auteur guerres : Othello a pour toile de
vers son destin, commencé à associé. Leur nouvelle traduction fond une Méditerranée où Turcs
Venise et s’achevant à Chypre, a été achevée peu avant le départ et Vénitiens se disputent la
paraît l’enfoncer peu à peu en de Vigner pour Atlanta, où il suprématie, et dans l’ombre de la
enfer, tandis qu’autour de lui était attendu pour mettre en cité marine que sert Othello le
l’espace va se rétrécissant progres- scène une pièce de cet autre Berbère, Koltès aide Vigner à
sivement, jusqu’aux dimensions traducteur de Shakespeare que entrevoir d’autres États, nouant
de la chambre où Desdemone est fut Bernard-Marie Koltès. Et dès avec «leurs» étrangers des liens
étouffée. Pour retracer les étapes le début des répétitions, alors tout aussi ambigus... «Othello»,
de cet engloutissement d’un qu’il abordait en langue anglaise conclut Vigner, «est une pièce des
homme dans son propre abîme, celui qui est l’un de ses auteurs de ténèbres, où la question du désir,
Éric Vigner a souhaité d’abord prédilection, il mesura «combien de l’amour et de la mort circule
disposer d’un texte taillé à nou- les pièces communiquent entre dans une atmosphère hypnotique,
veaux frais pour des acteurs tels elles». Koltès et Shakespeare lui comme chez Koltès... L’étrange
que Michel Fau et Samir Guesmi. paraissent se faire écho, s’éclairer, travail de mort qui s’opère dans
Car Vigner, qui a toujours aimé se commenter l’un l’autre. «Deux cette pièce ne sera sublimé par
passer des classiques aux modernes hommes qui se croisent», écrit rien. C’est un désert que l’on
et faire dialoguer leurs qualités Koltès, «n’ont pas d’autre choix voit».
respectives, se fait d’Othello une que de se frapper, avec la violence

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de William Shakespeare 12 novembre – 18 décembre 2008
mise en scène Yann-Joël Collin Ateliers Berthier 17e

traduction par La Nuit surprise par le Jour : Véronique Appel, Dominique Borini,
Pascal Collin Cyril Botorel, Paul Breslin, Xavier Brossard, Marie Caries, John Carroll,
Yannick Choirat, Pascal Collin, Yann-Joël Collin, Issa Dakuyo,
production Christian Esnay, Fred Fresson, Thierry Grapotte, Éric Louis,
Odéon-Théâtre de l’Europe Elios Noël, Alexandra Scicluna...
La Nuit surprise par le Jour
THÉSÉE

Je me demande si le lion va parler ?


DÉMÉTRIUS

Et pourquoi pas, monseigneur ?


Un lion peut bien parler quand il y a tant
d’ânes qui le font.
Shakespeare

Après sa trilogie Molière, la com- Le Songe, les noces de Thésée ce qui les anime avant tout dans
pagnie La Nuit surprise par le et d’Hippolyta entraînent l’orga- ce projet, c’est l’envie de partager
Jour revient à l’Odéon, mais cette nisation d’un divertissement… un moment de joie en entraînant
fois-ci à Berthier et avec Yann- Oui, mais lequel ? Celui que le public dans leur sillage. Il y
Joël Collin à la mise en scène. propose le théâtre des artisans, aura donc à Berthier, plutôt
C’est avec cette comédie, l’une qui aspirent à participer à la fête qu’un décor ou une scène, une
des pièces les plus séduisantes et décident de répéter en grand piste, un podium, bref, des lieux
du répertoire, que le jeune secret une tragédie en l’honneur conçus pour qu’on y danse,
Shakespeare, s’affranchissant de de leur seigneur ? Celui qu’offre comme si la salle tout entière
toute convention réaliste, paraît à leur insu le ballet des amou- avait été louée pour une soirée
découvrir la puissance expéri- reux, ce quadrille dont les exceptionnelle. En cette époque
mentale de son langage théâtral, amours, contrariées dès l’expo- où se multiplient les événements
et s’en amuser lui-même. «Le sition, ne cessent de se faire et de (ou prétendus tels) intitulés «La
prétexte du Songe d’une nuit se défaire ? Celui de la représen- Nuit de…» (tout ce qu’on vou-
d’été», note Yann-Joël Collin, tation surnaturelle, où une Reine dra), cette fête-ci aurait vraiment
«est un mariage qui se décline des fées désire déifier un homme le droit de revendiquer ce titre
ensuite en féerie et s’achève par à tête d’âne ? En fin de compte, pour elle : La Nuit du songe, en
où il a commencé, en théâtre». les artisans parviendront à jouer quelque sorte, ou encore Le
Le Songe lui-même, pour La leur pièce… Et pour Yann-Joël Songe d’une nuit d’été surprise par
Nuit surprise par le Jour, est à Collin et ses compagnons, leur le jour… «Dans le grand espace
son tour un «prétexte», une occa- troupe improbable révèle, par des Ateliers Berthier de l’Odéon»,
sion : celle de créer une fête son art naïf, la nécessité du conclut Yann-Joël Collin, «la
de théâtre, à l’exemple de théâtre même. Car depuis des pièce de Shakespeare est donc
Shakespeare. Selon certains éru- années, La Nuit surprise par le pour nous l’occasion de convier le
dits, en effet, la pièce aurait été Jour travaille, sinon à la façon de public à la fête et de l’inviter à y
conçue pour être présentée au ces artisans, du moins dans le participer».
cours des réjouissances mar- même esprit. Comme eux, ses
quant la célébration d’un grand membres font flèche de tout bois,
mariage aristocratique. Or, dans si dérisoire soit-il. Comme eux,

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d’après les frères Grimm 23 décembre 2008 – 18 janvier 2009
adaptation & mise en scène Olivier Py Ateliers Berthier 17e
spectacles pour tous, à partir de 7 ans

décor, costumes & maquillages avec Céline Chéenne, Samuel Churin, Sylvie Magand, Thomas Matalou,
Pierre-André Weitz Antoine Philippot, Benjamin Ritter
lumière
Olivier Py avec Bertrand Killy
musique
Stéphane Leach

créé le 31 janvier 2006


production CDN/Orléans-Loiret-Centre, La comète – Scène nationale de Châlons-en-Champagne
production déléguée Odéon-Théâtre de l’Europe

créé le 31 janvier 2006


production CDN/Orléans-Loiret-Centre, La comète – Scène nationale de Châlons-en-Champagne
production déléguée Odéon-Théâtre de l’Europe

production Odéon-Théâtre de l’Europe

à lire
La Jeune Fille, le diable et le moulin d’Olivier Py, éditions L’école des loisirs, coll. Théâtre
L’Eau de la vie d’Olivier Py, éditions L’école des loisirs, coll. Théâtre
La Vraie Fiancée d’Olivier Py, à paraître en décembre 2008 aux éditions Actes Sud-Papiers, Coll. Heyoka Jeunesse

DVD
Contes de Grimm : La Jeune Fille, le diable et le moulin & L’Eau de la vie réalisation Vitold Krysinsky / collection COPAT

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d’après les frères Grimm 23 décembre 2008 – 18 janvier 2009
adaptation & mise en scène Olivier Py Ateliers Berthier 17e
spectacle pour tous, à partir de 7 ans

La Jeune Fille, le diable et le moulin


L’Eau de la vie
La Vraie Fiancée

Le soir suivant, elle prit la robe ornée de


lunes d’argent…
Grimm

Le nouveau directeur de l’Odéon n’hésite pas à rapprocher de sans doute, et le spectacle est à
l’avait annoncé : au cours de son celles de certaines intrigues de leur image ; mais cette dureté ne
mandat, chaque saison accueillerait Shakespeare. C’est ainsi que La fait que prendre au sérieux ses
un projet plus particulièrement Jeune fille, le diable et le moulin jeunes spectateurs. Et ce public-là
accessible au jeune public. En (où un père, pour sortir de la tire donc une triple joie de ces
2007-2008, ce fut la création du misère, conclut imprudemment Contes. D’abord celle qu’il doit à
magnifique Pinocchio de Joël un pacte avec un inconnu qui la pure fantaisie du récit : Py, à
Pommerat ; cette fois-ci, c’est au s’avère être le démon et se voit grand renfort de costumes de
tour d’Olivier Py de proposer aux contraint de lui livrer sa propre cirque et de petites chansons, s’en
enfants et à toute leur famille, fille) peut être lu selon lui comme est donné ici à cœur joie. Ensuite,
pendant la saison des fêtes, trois une sorte de version folklorique celle du happy end qui conclut
excursions théâtrales au pays des de Lear, tandis que L’Eau de la chaque aventure sur une touche
légendes. À ses yeux, les contes vie (où trois fils, sur ordre de leur d’espérance. Enfin, le plaisir que
des frères Grimm n’ont été que père malade, partent en quête du lui vaut la fierté d’être traité
trop longtemps «considérés seul remède qui pourra le «comme un grand». Deux de ces
comme une vitrine idyllique soulager) a réveillé en Olivier Py contes ont d’ores et déjà été
pour petites filles en quête de de lointains échos de Titus adaptés par le metteur en scène.
prince». La plupart de ces contes Andronicus : c’est que la cruauté À l’occasion de leur présentation
n’ont rien de puéril, au contraire : du monde n’est jamais bien loin, aux Ateliers Berthier, il a décidé
recueillis et rédigés par des con- en ces contrées peuplées de pau- de leur adjoindre, en guise de
temporains de la grande généra- vres orphelins ou de familles cadeau de Noël à tous les publics,
tion du romantisme allemand, souffrant de la famine, où l’adaptation d’une troisième his-
leur merveilleux est d’autant l’innocence est si souvent bafouée toire, La Vraie Fiancée, sur-
plus frappant qu’il se détache sur et l’enfance exploitée, persécutée, prenant carrefour où Cendrillon
un fond de gravité. L’œuvre des voire torturée. Mais Py n’a garde croise Peau d’Âne : «Il était une
frères Grimm offre «un moyen d’oublier que devant un public fois une fille jeune et belle, mais
de parler aux enfants de ce dont d’enfants, «il est impensable sa mère était morte quand elle
on ne leur parle pas». Py apprécie d’imaginer autre chose que était enfant, et sa marâtre faisait
depuis toujours leur fausse naïveté de communiquer une parole tout pour la chagriner…»
et leur vivacité sans phrases, qu’il d’espoir». Ces contes sont durs,

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de janvier à avril 2009
Théâtre de l’Odéon 6e – Ateliers Berthier 17e

Gertrude (Le Cri)


mise en scène Giorgio Barberio Corsetti

Le Cas Blanche-Neige (Comment le savoir vient aux jeunes filles)


mise en scène Frédéric Maragnani

Les Européens (Combats pour l’amour) & Tableau d’une exécution


mises en scène Christian Esnay

La fonction du théâtre
est de rendre au public la responsabilité
de l’argumentation morale.
Howard Barker

Étonnant, détonnant, déroutant : vivacité colorée et amère qui en réclame de son public qu’il
Howard Barker, l’«aboyeur» du fait l’un des grands poètes de devienne le sujet d’une expé-
théâtre anglais (Mike Sens), ne se l’anglais contemporain. Sous rience aiguë, parfois douloureuse
laisse guère raconter, et c’est tant l’effet de ce théâtre convulsif, la ou difficile (mais quelle expé-
mieux. Sa liberté créative n’a logique du réel et celle des rêves rience digne de ce nom ne l’est
d’égale que celle qu’il prétend se superposent ou interfèrent, le pas ?), dont les acteurs seraient
laisser ou restituer à ses specta- temps se précipite ou se suspend, les laborantins : celle de la poé-
teurs, car il vise à «s’adresser à les époques se télescopent. sie. Car «c’est seulement au
l’âme là où elle entend sa propre L’œuvre de Barker, forte de près moyen de la poésie que l’on peut
différence». Pour Barker, la d’une soixantaine de titres, est rendre la mélancolie supporta-
tâche propre du théâtre ne d’une inventivité foisonnante ble, et seul l’acteur poétique peut
consiste surtout pas à répéter ou – ce ne sera pas trop de quatre accompagner le spectateur dans
corriger ce qu’est le monde. Mais pièces pour tenter d’en suggérer sa douleur. Cette douleur est une
pas davantage à nous en distraire la diversité. Des rafales d’ironie nécessité. Le Théâtre de la
ou à nous réconcilier avec lui. Ni ou de lyrisme traversent les dia- Catastrophe n’est pas le réconfort
message, ni compensation, ni logues sans crier gare, criblant d’un monde cruel, mais la
consolation ; ni didactisme, ni une scène où rien n’est jamais sûr cruauté du monde rendue mani-
divertissement. L’art selon ni personne à l’abri. Théâtre de feste pour apparaître comme
Barker est un irritant. Libre de la Catastrophe, dit Barker ; – beauté».
toute censure, il s’ouvre à «la théâtre du grand retour de la
pensée qui n’est pas autorisée» et Tragédie. Théâtre qui met
à «l’inconscient qui a été aboli». d’abord en œuvre, à même le
Loin de résoudre des problèmes, corps des acteurs, des processus
il en réveille que l’on croyait à qui sont autant de questions
tort réglés, il en suscite que l’on adressées au réel, au risque de
n’aurait pas soupçonnés. Et il le subvertir nos certitudes trop
fait dans une langue à nulle autre confortables et de nous infliger
pareille – drue et urgente, somp- «ces dégâts subtils causés à une
tueusement imprévisible, d’une vie bien construite». Théâtre qui
à lire Howard Barker : Arguments pour un théâtre, Les Solitaires Intempestifs, 2006
16 Howard Barker, dossier spécial coordonné par Mike Sens, Alternatives Théâtrales 57, 1998
de Howard Barker 8 janvier – 8 février 2009
mise en scène Giorgio Barberio Corsetti Théâtre de l’Odéon 6e

décor avec John Arnold, Francine Bergé, Luc-Antoine Diquéro, Christophe Maltot
Giorgio Barberio Corsetti & (distribution en cours)
Cristian Taraborrelli
lumière RAGUSA
Gianluca Cappelletti
costumes
J’aime la façon dont vous dites ce que
Cristian Taraborrelli vous pensez d’où je viens personne ne dit ce
production qu’il pense tout le monde est poli bien sûr les
Odéon-Théâtre de l’Europe
sentiments sont les mêmes mais oh ! on
tourne autour du pot c’est un vrai labyrinthe
pas une conversation.
Howard Barker

Gertrude (Le Cri) : double titre est à cet égard emblématique). La Gertrude nouvelle serait donc
qui superpose le nom d’un être et Curieux de toutes les formes une figure lisible de part en part,
la forme d’une voix, l’évidence d’écriture non dramatique, lui- aux antipodes de son modèle ?
singulière d’un visage et un même adaptateur (son Procès, Au contraire. C’est justement en
phénomène en quelque sorte d’après Kafka, a été distingué jetant le masque de la «mys-
impersonnel. La pièce organise par le prix UBU en 1999), il est térieuse» Gertrude shakespeari-
et relate leur rencontre. Le visage naturellement sensible aux pro- enne que le personnage de
est presque familier pour les blèmes que soulève l’adaptation Barker accède à son énigme
amateurs de théâtre : celui de la ou l’appropriation d’un texte. Le propre. À son cri. Et ce signe
mère de Hamlet, veuve de son geste de Barker, sa vision de vide de l’extase ou de l’horreur
père, épouse de Claudius. Une Gertrude ne pouvaient que le va désormais hanter tout
femme qui dans l’original shake- passionner. Or chez Shakespeare, Elseneur. Exposant son corps
spearien se définit par rapport déjà, la reine est un personnage pareil à un territoire pulsionnel,
aux hommes qui l’environnent. énigmatique : comment est-il provocante et abandonnée, insai-
Mais Barker, pour inventer sa concevable, se demande Hamlet, sissable, Gertrude est devenue à
Gertrude, rompt toutes ces que la veuve d’un aussi glorieux la faveur du cri le centre de la
amarres. Comme le dit Giorgio souverain ait pu se remarier aussi pièce autour duquel tout gravite.
Barberio Corsetti, «Gertrude vite avec son double ignoble et Tout, y compris elle-même. Et
squatte Hamlet». C’est d’ailleurs répugnant ? Faut-il conclure de son secret n’est plus d’ordre
ce qui a séduit d’emblée le metteur ces noces hâtives qu’elle aurait contingent, il n’est plus quelque
en scène italien. Depuis ses débuts contribué au meurtre de son pre- chose que le public ignore parce
en 1976, Corsetti s’est toujours mier époux ? Ces questions, Barker que le dramaturge l’aurait
intéressé à ce qui conteste une y répond d’entrée de jeu, comme dissimulé. Gertrude elle-même
certaine théâtralité, soit sur ses pour déblayer le terrain : oui, doit l’explorer, elle qui ne cache
frontières, soit de l’intérieur. Gertrude a été l’amante de rien. Car il est désormais quelque
Avant de puiser aujourd’hui dans Claudius ; oui, elle a voulu le crime, chose qui échappe radicalement
les ressources du cirque, il a été elle y a assisté, elle a donné à voir aux prises du savoir, même si par
l’un des premiers à introduire le au roi agonisant sa jouissance hypothèse on savait tout.
matériau vidéo sur scène (La adultère, tirant de cet ultime
Camera astratta, qui date de 1987, outrage un surcroît de plaisir.
à lire Gertrude (Le Cri), Œuvres choisies, vol. 4, éditions Théâtrales, coll. Scènes étrangères, 2003
19
(Comment le savoir vient aux jeunes filles)
de Howard Barker 4 – 20 février 2009
mise en scène Frédéric Maragnani Ateliers Berthier 17e
créé en novembre 2005 au Théâtre de Suresnes Jean Vilar

texte français avec Christophe Brault, Marie-Armelle Deguy, Jean-Paul Dias,


Cécile Menon Jean-Claude Durand, Isabelle Girardet, Patricia Jeanneau,
scénographie Céline Milliat-Baumgartner (distribution en cours)
Camille Duchemin
lumière
Éric Blosse
son
Benjamin Jaussaud
costumes
Sophie Heurlin
Quelle bonne chose
production Quelle bonne chose que vous ne sachiez
Travaux Publics
avec le soutien de l’Office artistique
jamais avec moi
de la région Aquitaine Howard Barker

Peu après Gertrude (Le Cri), par le mouvement qui les engen- comme ailleurs, sur fond
Barker publie Le Cas Blanche- dre. La première, à partir de la d’adultère et de tromperie) est
Neige. À nouveau, il s’inspire scène fondatrice, invente une une «lutte» mortelle à qui perd
ouvertement d’un texte censé autre tragédie derrière celle gagne, et sa «beauté» énigmatique
être «bien connu». Dans Gertrude, d’Hamlet ; la seconde, partant de et sanglante est un hommage que
le dramaturge ne part pas du l’affreux châtiment au revers de se rendent l’un à l’autre les
texte qui lui sert de modèle, mais la fin heureuse de Blanche-Neige, adversaires… Cette réécriture
d’une scène qui est antérieure construit à reculons un tout autre moderne d’un matériau immé-
aux événements relatés dans la conte. Et ce conte-là, cette ver- morial, ce devenir-tragédie du
tragédie ; dans Le Cas Blanche- sion noire qu’invente Barker, conte, ont fasciné Frédéric
Neige, en revanche, le point de tend à son original un miroir Maragnani. Depuis une douzaine
départ du drame ne se situe pas étonnamment complexe. D’abord d’années, il travaille en proche
en amont du texte de référence, parce que l’épicentre de la catas- collaboration avec des auteurs
mais à son terme. C’est en effet trophe s’est déplacé : l’histoire d’aujourd’hui, dont Huysman,
dans les dernières lignes du conte n’appartient plus tant à Blanche- Durif, Minyana ou Renaude.
original des frères Grimm que Neige qu’à la Reine. D’emblée, C’est en 2005-2006 qu’il a travaillé
Barker a relevé un détail trou- elle impose sa royale nudité au à la mise en scène conjointe de
blant, qu’il cite en exergue de son cœur de la forêt sexuelle, pareille deux spectacles fondés sur la
œuvre : «La méchante marâtre dans sa sauvagerie à une Lady notion de conte théâtral, mon-
de Blanche-Neige fut elle aussi Chatterley dépouillée de tout tant à cette occasion Barbe-Bleue
conviée au festin. Mais on avait romantisme. La princesse rôde (la scène primitive) de Nicolas
déjà mis sur le feu des pantoufles autour d’elle et lui envie son pou- Fretel et le texte de Barker. La
de fer que l’on apporta avec des voir d’attraction, troublée comme reprise de Le Cas Blanche-Neige,
tenailles et déposa devant elle. par un secret qu’elle tente en vain assurant le lien entre le «mini-
Puis on la força à chausser ces de percer avant de disparaître à cycle» Barker et le projet
souliers rougeoyants, et à danser son tour dans les bois pour y d’Olivier Py autour de Grimm,
jusqu’à tomber raide morte.» coucher avec sept hommes… ne pouvait mieux tomber.
Gertrude et Le Cas Blanche- Quant à son père, il voue à sa
Neige, deux pièces si nettement royale épouse un culte jaloux : la
apparentées, se distinguent donc relation conjugale (conduite, ici

à lire Le Cas Blanche-Neige (Comment le savoir vient aux jeunes filles), Œuvres choisies, vol. 4, éditions Théâtrales, coll. Scènes étrangères, 2003
21
(Combats pour l’amour)
de Howard Barker 12 – 25 mars 2009
mise en scène Christian Esnay Ateliers Berthier 17e
créé le 5 octobre 2002 à la Comédie de Clermont-Ferrand

texte français avec Ulla Baugué, Olivier Bouana, Belaïd Boudellal, Marie Carriès,
Mike Sens Stefan Delon, Gérard Dumesnil, Éric Laguigné, Jacques Merle,
décor Rose Mary d’Orros, Laurent Pigeonnat, Nathalie Vidal, Thierry Vu Huu
François Mercier
lumière
Bruno Goubert
costumes
Rose Mary d’Orros Nous devons triompher de cette volonté de
production faire les choses à l’unisson. Chanter ensemble,
La Comédie de Clermont-Ferrand
La Comédie de Caen de Normandie fredonner ensemble des refrains usés, cela ne
Les Géotrupes forme pas une communauté.
Howard Barker

Christian Esnay est de cette (notamment religieux). D’ailleurs, Le chaos d’après-guerre met en
génération de metteurs en scène qu’est-ce exactement qu’un crise toute certitude morale. La
auxquels l’Odéon-Théâtre de Européen ? «Je ressens puissam- fiction est ici mise en suspens
l’Europe s’ouvre depuis deux sai- ment ce que c’est que d’être un problématique de l’humanité
sons. Comme Jean-François Européen – cette largeur d’idées, même. L’horreur ambiante sert
Sivadier, comme Éric Louis et cette obsession pour la forme d’écrin à la douleur de Katrin,
Yann-Joël Collin, il est un ancien humaine», confiait le drama- «citoyenne blessée» et femme
du groupe T’chan’G fondé par turge en avril 2004, «et je me violée, «objet hurlant exposé au
Didier-Georges Gabily. Comme situe avec fermeté dans ces tradi- Musée de la Réconciliation».
eux, il aime pratiquer un théâtre tions tout en étant conscient de la Autour d’elle, plus d’une tren-
qui prend le temps de construire nécessité de les renverser et de les taine de personnages traversent à
avec son public une interrogation interroger. Pour moi, c’est extra- tâtons les c o n v u l s i o n s d u
commune. Son idée d’un «dip- ordinaire que des passions aussi t e m p s . Starhemberg, héros
tyque Barker» remonte à loin. diverses trouvent leur origine national et sauveur de Vienne,
Elle fait suite à un cycle théâtral dans la même culture – Bosch et circule des sommets de l’Empire
en cinq pièces, ironiquement Rembrandt, par exemple, ou en jusque dans ses bas-fonds ; un
intitulé «La Raison gouverne le littérature, Céline et Thomas prêtre veut devenir évêque et tue
monde», qui se penchait sur les Mann. Mais je retrouve en moi- sa mère, car «sans connaître la
horreurs de l’Histoire. Y figurait même ce genre de contradic- cruauté, comment pourrais-je
déjà une première version des tions, et je n’essaie pas de les connaître la pitié ?», dit-il. Et
Européens. Cette reprise, associée résoudre». Loin de les concilier, Katrin finit par accoucher d’un
à la création de Tableau d’une en effet, Barker les exacerbe : si enfant dont le sort final n’est
exécution, vise à mettre en «identité européenne» il y a, elle qu’un fil ténu parmi d’autres au
lumière la façon dont Barker ne pourrait résulter que de leur sein du labyrinthe furieux qu’il
raille la construction européenne choc, et ne serait donc concevable appartient à chaque spectateur
bien-pensante, soucieuse de se qu’au pluriel. Les douze de s’approprier.
donner d’elle-même une image tableaux des Européens sont
flattée, refoulant toute violence situés dans l’Autriche libérée peu
et toute apparence de conflit après la bataille de Vienne (1683).
à lire Les Européens (Combats pour l’amour), trad. Mike Sens, Lansmann éditeur, 1998
23
de Howard Barker 26 mars – 11 avril 2009
mise en scène Christian Esnay Ateliers Berthier 17e

texte français avec Olivier Bouana, Belaïd Boudellal, Marie Carriès, Stefan Delon,
Jean-Michel Desprats Gérard Dumesnil, Éric Laguigné, Jacques Merle, Rose Mary d’Orros,
décor Laurent Pigeonnat, Nathalie Vidal, Thierry Vu Huu
François Mercier
lumière
Bruno Goubert
costumes
Rose Mary d’Orros

production
Odéon-Théâtre de l’Europe
La Faïencerie-Théâtre de Creil
Les Géotrupes avec le soutien
du Conseil général de l’Oise et
Mon théâtre parle de secret.
du Conseil régional de Picardie Howard Barker

Anna Galactia, femme peintre, vue, elle s’accorde parfaitement à d’œuvre est d’abord voué à dis-
conduit ses affaires (dans l’art la pratique théâtrale de Christian paraître. Cependant leur histoire
comme dans la vie) de manière si Esnay, qui aime à exhiber la ne s’arrête pas là, car le Doge le
fougueuse, refusant toute conces- machinerie théâtrale afin d’en sait bien : contre la virulence
sion, qu’elle finit par croupir décupler la jubilation : ici, la d’une œuvre, une certaine forme
dans une geôle de la république mise à nu des artifices du théâtre de tolérance peut être un anti-
de Venise… Pourtant, tout com- ne nuit en rien à leur puissance dote beaucoup plus efficace que
mence bien pour elle : le Doge émotive. Mais Tableau d’une exé- la censure la plus brutale. Un art
Urgentino lui a passé commande cution est également une œuvre privé de son secret – divulgué,
d’un tableau gigantesque pour noire. Car une «exécution» expliqué, livré aux puissances
célébrer la victoire navale de désigne aussi une mise à mort. corrosives de la publicité et du
Lépante. Nous entrons dès lors De la bataille glorieuse qu’elle est consensus – n’est-il pas en passe
dans l’atelier de Galactia ; nous censée sublimer, Galactia révèle d’être insidieusement maîtrisé ?
découvrons son intelligence spi- la réalité horrible : cette victoire Galactia retrouve donc la
rituelle, son goût de la provoca- fut un charnier. Quelles relations «liberté», et elle qui se voulait
tion, sa drôlerie féroce, son l’artiste entretient-il avec le pou- héroïne et martyre s’exclame
orgueilleuse intégrité. «L’exé- voir qui commandite ses œuvres douloureusement : «Être com-
cution d’un tableau» désigne, en ou le public qui les consomme ? prise c’est la mort. Une mort
anglais comme en français, le Quels sont les rapports entre la atroce…». Mais si tel est bien le
travail de réalisation d’une réalité d’un sujet, la vision du cas, alors dans quel silence, par
œuvre. Quel amateur d’art, quel créateur chargé de le représenter, quelles voies ironiques ou
spectateur averti, n’a pas rêvé de l’interprétation à tirer du produit dissimulées, ces deux libertés
se cacher dans l’atelier d’un de son travail ? Quelle est la singulières – celle de l’artiste,
maître pour y surprendre à responsabilité du poète vis-à-vis celle de chaque individu devant
découvert les rouages de la créa- de la vérité ? Autant de questions l’œuvre – parviennent-elles
tion ? La pièce de Barker nous que Barker porte sur scène sans malgré tout à s’entendre ?
propose d’assister au processus intellectualisme, de façon directe
secret et sacré qui sous-tend et vivante. Galactia est jetée en
l’acte artistique. De ce point de prison, son scandaleux chef-
à lire Tableau d’une exécution, Œuvres choisies, vol. 1, éditions Théâtrales, coll. Scènes étrangères, 2001
25
de Paul Claudel 7 – 29 mars 2009
mise en scène & lumière Olivier Py Théâtre de l’Odéon 6e
créé le 12 mars 2003 au CDN/Orléans-Loiret-Centre

scénographie & costumes avec John Arnold, Olivier Balazuc, Jeanne Balibar, Damien Bigourdan,
Pierre-André Weitz Nazim Boudjenah, Céline Chéenne, Sissi Duparc, Guillaume Durieux,
musique Michel Fau, Philippe Girard, Mireille Herbstmeyer, Miloud Khétib,
Stéphane Leach Stéphane Leach, Sylvie Magand, Christophe Maltot, Elizabeth Mazev,
Jean-François Perrier, Olivier Py, Alexandra Scicluna, Bruno Sermonne,
production Pierre-André Weitz
CDN/Orléans-Loiret-Centre
Théâtre national de Strasbourg
Théâtre de la Ville–Paris
avec le soutien de la Fondation
BNP Paribas
Si l’on demande beaucoup au public,
production déléguée pourquoi douter qu’il ne soit prêt
Odéon-Théâtre de l’Europe
à donner beaucoup ?
Claudel

Une femme a senti qu’en courant dans les cieux qu’est notre globe, scène : pour faire ressortir plus
à sa joie, elle risquait fort de moins d’un siècle après que vivement sur fond de néant
courir à sa perte. Elle recourt Christophe Colomb eut achevé jusqu’aux facettes les plus
donc à une ruse toute simple et d’y découvrir le Nouveau fugaces de l’existence et de se
digne d’un cœur d’enfant : met- Monde. Autour du couple que donner, selon Olivier Py, «la pos-
tant la Vierge dans sa confidence, forme l’héroïne avec son bien- sibilité de représenter tous les
elle l’engage pour moitié dans aimé Rodrigue, l’imagination pays et tous les peuples par toutes
son aventure et laisse entre les foisonnante du poète sème à les formes possibles de théâtre».
bras de son image l’un de ses pleines poignées tout un peuple La parole, dans cet écrin de nuit
souliers. Prouhèze, désormais de figures épisodiques ou serti de rouge et d’or, peut pren-
– tel est son nom – sera vouée à immortelles : grammairiens ou dre tous les tons, de la farce la
boiter, et ne pourra plus faire un conquistadores, jésuites et pau- plus truculente au plus profond
pas dans l’existence sans être vres pêcheurs, religieuses ou lyrisme. Elle peut sourdre de
protégée, y compris contre elle- Grands d’Espagne, actrices toutes parts : d’une constellation,
même, par cette boiterie. Cette dupées, peintres japonais, chinois, d’un ange gardien au sein d’un
histoire – une folle, sublime, drapiers et cavaliers, c’est par rêve ou d’une statue de saint sur
déchirante histoire d’amour –, dizaines que se comptent ceux son piédestal, autant que de
Claudel a voulu la développer à qu’il invite à son grand défilé l’ombre double que forment sur
travers les années et par-delà les d’êtres. Claudel bâtit sur le mo- un mur les corps de deux amants
mers, afin de faire sentir com- dèle d’un auto sacramental digne enlacés à la lueur de la lune. De
ment le sacrifice d’une âme noble de son cher Calderón, mais revu part et d’autre de l’Océan, qui
va élargissant autour d’elle, par Eschyle et Shakespeare, une devient ici l’amer calice que se
pareille à une pierre jetée dans pièce qui se veut à la mesure du tendent Rodrigue et Prouhèze
l’eau de la création, «ses anneaux monde et de la scène. Du monde : d’un bout à l’autre de l’horizon,
divers et concentriques». Et pour pour lui emprunter son poids et les destins brûlent, filent ou clig-
mieux en faire résonner toutes sa densité, afin d’extraire de nent comme des astres, com-
les harmoniques, il a choisi quelques cœurs, comme grains posant à eux tous l’épopée
comme décor de cette chasse dans le pressoir, leur suc le plus baroque d’une salvation.
spirituelle ce «sou d’or» suspendu rare et le plus précieux. De la
à lire La version jouée est l’édition critique établie par Antoinette Weber-Caflisch (Les Belles Lettres). Éditeur du texte Gallimard.
Le Soulier de satin a reçu le prix Georges Lerminier du Syndicat de la Critique 27
de Henrik Ibsen 2 – 11 avril 2009
mise en scène Thomas Ostermeier Théâtre de l’Odéon 6e

en allemand surtitré

production
Schaubühne-Berlin
Théâtre national de Bretagne–Rennes

Vous ne sauriez mieux servir la société


qu’en monnayant le métal
dont vous êtes fait.
Ibsen

Un homme, depuis des années, l’exploration des profondeurs de leur appel élémentaire, il a rêvé
arpente le premier étage d’une la conscience. Après Solness le d’y répondre en arrachant aux
maison qui ne lui appartient pas. constructeur et Le Petit Eyolf, fleuves leur énergie, aux mon-
Au rez-de-chaussée, sa femme avant Quand nous nous réveille- tagnes leurs métaux. Mais pour
entend ses pas qui vont et vien- rons d’entre les morts, John Gabriel tenter de réaliser ce rêve – et
nent sans répit. Jamais elle ne Borkman est le troisième titre de d’abord pour accéder au poste
monte, jamais il ne descend. son ultime quatuor. Chacune de qui lui en donnerait la chance –
Jusqu’à un certain soir où ces pièces met en avant la figure il lui a fallu sacrifier de façon
l’homme, quittant son refuge ou d’un créateur – architecte, philo- ignoble celle qui l’aimait, puis
sa cage, se précipite dans l’escalier, sophe ou sculpteur – qui se spolier des familles entières...
sort dans la neige et s’enfonce retourne sur son œuvre et sa vie. Poète ou prédateur, qui est donc
dans la forêt. Ce qui s’est passé ce John Gabriel Borkman, lui, est Borkman : un authentique artiste
soir-là, en ce carrefour où tous les banquier. Ou plutôt il l’était, de la finance ou un ambitieux
destins d’une famille se sont fixé puisqu’une faillite retentissante égoïste et raté choisissant la fuite
un ultime rendez-vous, tel est le lui a valu un séjour de plusieurs en avant et la folie des grandeurs
sujet de l’une des pièces les plus années en prison et un déshon- pour ne pas affronter son échec ?
âpres d’Ibsen, celle dont le neur dont il ne s’est jamais Un «aigle blessé» inconscient de
rythme est parmi toutes le plus relevé. Mais Borkman semble ne sa véritable vocation ou un «loup
inexorable : John Gabriel Borkman. jamais s’être avoué vaincu. malade» aveuglé par sa propre
En plus d’un demi-siècle de Jamais il n’a douté de la dignité volonté de puissance ? Revenant
carrière, Ibsen (que Pirandello démiurgique de sa mission. À ses à Ibsen après sa relecture grinçante
considérait comme le plus grand yeux, un véritable financier et contemporaine d’Une maison
dramaturge après Shakespeare) donne vie, au même titre qu’un de poupée, Thomas Ostermeier
n’a cessé d’expérimenter les voies artiste, à quelque chose qui ne aura sans doute à cœur, pour
les plus diverses. Mais c’est doit le jour qu’à la puissance composer le portrait critique de
surtout le cycle de ses douze visionnaire de ses conceptions. Borkman, d’interroger à travers
dernières pièces qui a le plus Borkman, fils de mineur, a tou- lui les ravages qu’opère une cer-
contribué à sa gloire et fait de lui, jours été sensible aux richesses taine prétention prométhéenne à
aux côtés de Strindberg et de que recèle le monde, attendant la surhumanité.
Tchekhov, l’inventeur d’une d’être libérées de leurs entraves ;
nouvelle théâtralité, où le réa- pareil à un Tantale fasciné par
lisme prosaïque n’interdit pas leurs trésors si proches, hanté par
à lire Marie-Louise Bischofberger, Jean Torrent : John Gabriel Borkman, coédition Solin – Odéon-Théâtre de l’Europe, 1993
29
de Georges Feydeau 20 mai – 25 juin 2009
mise en scène Jean-François Sivadier Théâtre de l’Odéon 6e
créé le 21 avril 2009 au Théâtre national de Bretagne–Rennes

scénographie avec Norah Krief, Nicolas Bouchaud, Anne de Queiroz,


Jean-François Sivadier & Nadia Vonderheyden, Rachid Zanouda (distribution en cours)
Christian Tirole
lumière Comment je suis devenu vaudevilliste ? C’est
Philippe Berthomé
costumes bien simple. Par paresse, tout simplement.
Virginie Gervaise
Comment ! Cela vous étonne ? Vous ignorez
production
Théâtre national de Bretagne–Rennes donc que la paresse est la mère miraculeuse,
Odéon-Théâtre de l’Europe
TNT–Théâtre national de
féconde du travail.
Toulouse Midi Pyrénées Et je dis miraculeuse, parce que le père est
Espace Malraux / Scène nationale de
Chambéry et de Savoie totalement inconnu.
Grand Théâtre du Luxembourg Feydeau

Rien ne réclame plus d’organi- cabaret d’une verve et d’un du soin maniaque qu’il apportait
sation et de méthode que cette entrain inoubliables, et dans le à son métier. Aborder un
fantastique machine à produire rôle du jeu de quilles, le reste du Feydeau implique de travailler à
du désordre qu’est une pièce de monde ou à peu près. Ou enfin, son exemple l’intelligence des
Feydeau. Ses intrigues sont faute de pouvoir raconter dans répliques et la précision des
d’une logique affolante et insai- quels labyrinthes de bouffonnerie agencements. L’intelligence, car
sissable (les critiques ont souvent paroxystique Feydeau entraîne Feydeau dissémine dans ses
remarqué qu’elles sont aussi son public, citons en désespoir de scènes des quantités de détails
solides et convaincantes cause le jugement d’Henry Gidel : dont l’accumulation, même à
qu’impossibles à résumer après La Dame de chez Maxim, «c’est le l’insu du spectateur, contribue à
le spectacle). Personne n’a jonglé Soulier de satin du vaudeville.» accentuer la pression de l’atmo-
comme lui avec les crises du vau- L’histoire de la rencontre entre le sphère comique. Et la précision,
deville, leurs rencontres cauche- respectable docteur Petypon et la car le tempo du vaudeville, d’une
mardesques, leurs impasses hys- Môme Crevette, qui fut dès sa grande subtilité, exige de tous les
tériques, leurs résolutions déli- création un succès d’ampleur partenaires de jeu une collabora-
rantes. Alors, comment résumer mondiale, est aussi le chef-d’œuvre tion de tous les instants. Mais
La Dame de chez Maxim ? Disons du seigneur des boulevards, après Le Roi Lear et La Mort de
que s’y télescopent crûment, et éblouissant illusionniste et Danton, Jean-François Sivadier,
avec une catastrophique drôlerie, implacable mécanicien dont artiste associé au TNB, peut être
les convenances les plus rigides l’efficacité comique transformait sûr de ses troupes et de leur goût
(de celles qui régissent un grand en victimes consentantes ses du jeu collectif, à l’heure où il
mariage bourgeois en province) contemporains les plus réticents : change totalement de registre
et la licence la plus débridée «le moyen d’avoir raison,» pour aborder enfin – et non sans
(comme celle qui renverse les demandait Catulle Mendès, gourmandise – le maître insur-
meubles et provoque l’amnésie «contre quelqu’un qui vous fait passé du nonsense cartésien et son
alcoolique). Ou encore, disons pouffer !» À quoi tient donc le théâtre enfantin et cruel.
que c’est l’histoire d’un chien secret de Feydeau ? Il est en tout
dans un jeu de quilles, avec dans cas le fruit d’un profond sérieux,
le rôle du chien une danseuse de d’un refus de toute complaisance,
à lire Henry Gidel : Georges Feydeau, Paris, Flammarion, 1991
Jacques Lorcey : Georges Feydeau, Paris, La Table Ronde, 1972 31
d’après Johann Wolfgang von Goethe 27 mai – 6 juin 2009
mise en scène & scénographie Eimuntas Nekrosius Ateliers Berthier 17e
créé en octobre 2006 au Teatro Comunale di Modena

en lituanien surtitré avec Vladas Bagdonas, Povilas Budrys, Vladimiras Dorondovas,


lumière Dziugas Vakrinas Diana Gancevskaite, Kestutis Jakstas, Gabrielia Kuodyte, Elzbieta Laténaite,
musique Faustas Laténas Viaceslav Lukjanov, Viktorija Streica, Salvijus Trepulis, Vaidas Vilius,
son Arvydas Duksta Margarita Ziemlyté
costumes Nadezda Gultiajeva

production
Emilia Romagna Teatro
Fondazione/Modena
Le Théâtre de la Place/Liège
Theater-festival «Baltijskij
Dom»/Saint-Pétersbourg C’est de cette terre que naissent mes joies.
Goethe

«Faust» est le nom d’un étonnant de sa vie (en janvier 1832, alors pacte, le héros pensif (magnifi-
dédale. Le réel et le mythique s’y qu’il lit à sa belle-fille le premier quement incarné par Vladas
sont très tôt croisés. En 1589, un acte du second Faust, il ne peut Bagdonas) se dresse solitaire
demi-siècle après la mort du s’empêcher d’y apporter encore devant le vide désespérant de
véritable Faust, curieux person- quelques retouches). À lui seul, l’existence ; après le pacte s’ouvre
nage qui colportait de ville en ce dialogue intime, si longue- devant lui, sur fond de diablerie,
ville ses talents de nécromant, ment poursuivi, entre un très l’amour de Marguerite et
chiromancien, astrologue et grand poète et l’une de ses créa- l’expérience de sa perte. – Temps
mage, Marlowe compose et fait tures aurait de quoi captiver : de la scène, aussi, qui amasse à
jouer à Londres son Doctor Faust, reflet d’un esprit universel, son rythme souverain sa pelote
Faustus, où le charlatan de a fini par réunir en lui la trace de d’images évocatoires. Nekrosius,
l’Allemagne réformée a déjà fait toutes les passions, de toutes les en poète et en visionnaire, les
plus qu’entamer sa métamorphose interrogations qui l’auront hanté. pose scène après scène sur le texte
en grand révolté. Entretemps, Et comme sa riche complexité se de Goethe puis les laisse mûrir,
cependant, le mécréant semi- nourrit des différentes strates libérant des sens inouïs, pareils à
légendaire poursuit dans sa terre accumulées depuis ses origines, il ces formules qui traversent par-
natale une tout autre existence au en résulte l’une des quelques fois nos rêves. Un seul exemple :
sein de la littérature populaire ; rares figures de la littérature il lui suffit d’un nœud sur une
héros d’anecdotes diverses ou de européenne moderne à avoir corde pour que nous soit rendu
spectacles de marionnettes, col- accédé (aux côtés de Don Juan ou sensible ce fil du temps ; l’instant
porté dans les foires, il est quasi- de Hamlet) au statut de mythe. qui se noue ainsi sur cette ligne
ment ravalé au rang de pantin Comment s’orienter dans un tel de mémoire devient le signe tan-
ridicule lorsqu’il croise la route labyrinthe ? Comme fil d’Ariane, gible de son passage. Mais voici
du jeune Goethe. Commence Eimuntas Nekrosius semble que la corde s’emmêle jusqu’à
alors une aventure littéraire dou- nous proposer le fil du temps. former une boule aussi grosse
blement extraordinaire. Car la Temps de la vie, de la jeunesse et qu’une tête d’homme – et subite-
figure de Faust va occuper de sa fuite inexorable, de la ment cet amas, semblable à du
Goethe pendant près de soixante conscience qui fatalement se temps enroulé sur lui-même
ans, de 1771 (date à laquelle il retourne un jour sur le chemin jusqu’à l’inextricable, nous frappe
entreprend la rédaction de son déjà parcouru. Ce Faust paraît se comme une image de l’esprit
Urfaust) jusqu’aux derniers jours diviser en deux époques : avant le humain.
Faust, mise en scène d’Eimuntas Nekrosius, a obtenu en janvier 2008 le prix UBU,
décerné au meilleur spectacle étranger par le syndicat de la critique dramatique italienne. 33
de Petr Zelenka 11 – 21 juin 2009
mise en scène & design sonore Radu Afrim Ateliers Berthier 17e
créé en avril 2008 au Teatrul Tineretului

en roumain surtitré avec Coca Bloos, Cezar Antal, Constantin Cojocaru, Tudor Tabacaru,
décor Nora Covali, Dragos Ionescu, Florin Mircea Jr, Catalina Iesanu,
Mihai Pacurar Ecaterina Hatu, Irina Ivan, Dan Grigoras
lumière
Neculai Secara avec
Viorel Ailincutei
costumes
Elena Rotila

production Chaque personne rencontrée sera un poème.


Teatrul Tineretului Petr Zelenka

Par une matinée indifférente du versés de la nouvelle génération pimpante jusqu’au kitsch et
début du XXIe siècle, quelque part roumaine : Radu Afrim. Chacune plongée dans les ténèbres, cou-
au cœur de Prague, Petr, 35 ans, de ses créations fait l’objet de dis- verte de rues et dépourvue du
se réveille avec une méchante cussions passionnées, mobilisant moindre mur). Il y suffit d’un
gueule de bois. Il ramasse son autour de son travail un public coup de fil au hasard pour
pantalon, fouille dans ses poches exigeant, prêt à le suivre dans sa qu’une rencontre se noue ; il y
et en sort une poignée de lecture onirique du monde con- suffit de moins encore pour que
cheveux de femme… Ainsi com- temporain, lecture dont la les couples se défassent et que
mencent Les Petites Histoires de la mélancolie est fréquemment chacun reparte de son côté, à la
folie quotidienne : comme une relevée d’une pointe d’humour dérive. Sous la loufoquerie et les
variante moderne et fantastique surréaliste. Grand défenseur des chansonnettes, les surprises et
de L’Affaire de la rue de Lourcine. écritures d’aujourd’hui, Afrim a l’énergie comique, une même
Pareil au héros de Labiche, celui monté des œuvres d’auteurs aussi question revient, lancinante :
de Zelenka est d’ailleurs frappé divers que Dea Loher, Vassili comment se parler encore, com-
d’amnésie partielle ; heureuse- Sigarev, Hanoch Levin, Jon ment bâtir une relation digne de
ment, son ami la Tache (un Fosse ou Jean-Luc Lagarce. À ce nom, en ces temps où la soli-
surnom qui n’est jamais expliqué, cette liste déjà longue, il convient tude est «quelque chose», dit
mais que ses mœurs très particu- donc d’ajouter aujourd’hui le Zelenka, «qu’ont en commun
lières suffiraient à justifier nom de Petr Zelenka. Né en l’ensemble des Européens» ? En
amplement) va s’empresser de 1967 à Prague, Zelenka s’est tout cas, l’Europe entière s’est
lui rafraîchir la mémoire… d’abord bâti une réputation dans reconnue dans ses Petites Histoires :
Bienvenue dans l’univers le septième art. Les films qu’il a récompensées en 2001 par le
décalé, grinçant, parfois franche- réalisés lui-même ou dont il a prestigieux Prix de la Fondation
ment excentrique, de Petr signé les scénarios se distinguent Alfred Radok, elles sont d’ores et
Zelenka, réinventé avec une fan- par un sens très particulier du déjà traduites en anglais, russe,
taisie acide par celui qui est sans désarroi et de la tristesse modernes. français, polonais, espagnol,
conteste l’un des metteurs en Ces atmosphères se retrouvent slovaque, roumain, hongrois.
scène les plus doués et les plus en dans sa Prague théâtrale (dont
vue, mais aussi les plus contro- Radu Afrim offre une version

35
Festival de jeunes compagnies 7 – 17 mai 2009
Ateliers Berthier 17e & Théâtre de l’Odéon 6e

Pendant quelques journées du artistes de la scène dans une des tout au long de la saison, sera pro-
mois de mai, l’Odéon donne au institutions théâtrales les plus posée dans les différentes salles
jeune théâtre une chance de se prestigieuses du pays. On se sou- du théâtre, y compris dans notre
remettre en jeu. Instantané de la vient que l’Odéon, naguère, avait site historique (et non plus seule-
création théâtrale d’aujourd’hui, déjà organisé dans sa deuxième ment dans le XVIIe arrondisse-
invitation au voyage des compa- salle un «festival pour les jeunes ment). Seront accueillis des
gnies émergentes, Turbulences acteurs» : depuis la réouverture moments de théâtre comme les
vous convie à une dizaine de de la Grande salle historique du autres – aussi exigeants, aussi
journées festives et généreuses, VIe arrondissement et l’attribution aboutis. Il ne s’agira ici ni de
faites pour les amateurs de définitive, en qualité de deuxième maquettes, ni d’ateliers, ni de
découverte, curieux de voir sur salle, des Ateliers Berthier dans prototypes ou de fragments de
pièces à quoi ressemblent le le XVIIe, l’ambition d’un projet projets inédits, ni de présenta-
monde et la scène d’après les tel que Turbulences dispose tions de travaux de fin d’année,
talents de demain. Aider les nou- désormais de nouveaux moyens mais bien d’un rendez-vous sui
veaux artistes à se faire connaître d’aller de l’avant. Cependant, generis, réunissant des produc-
dès aujourd’hui ; faciliter leurs Olivier Py tenait également à ce tions à part entière, des projets
rencontres avec un public plus que son entrée en fonctions soit autonomes et professionnels.
large ; encourager les explora- l’occasion de repenser la forme et Cette plage de programmation
tions des uns et la curiosité des les priorités de la manifestation. annuelle aura pour objectif
autres : tels sont les objectifs de Toujours en collaboration avec le premier de servir les jeunes com-
Turbulences. Il y a une quinzaine jeune théâtre national, et peut- pagnies, de faire découvrir leur
d’années, le travail d’Olivier Py être aussi avec l’aide d’autres travail au public le plus large, de
(tout comme celui de Stéphane partenaires artistiques ou institu- les soutenir dans leur désir de
Braunschweig ou d’Hubert tionnels, l’Odéon appuiera donc, pratiquer leur art au plus haut
Colas) fut soutenu par un festival sous une forme renouvelée, les niveau d’exigence. Une façon de
du même nom organisé à créateurs et les artisans de marquer qu’il y a solidarité d’un
Strasbourg. Le directeur de l’avenir du théâtre. Une sélection bout à l’autre (c’est-à-dire, aussi
l’Odéon sait donc l’importance de de spectacles présentés par des bien, d’une génération à l’autre)
réserver leur place aux nouveaux compagnies émergentes, repérés du monde du spectacle vivant.

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> Lecture En partenariat avec la Saison culturelle européenne,
Petit évangile du quotidien Courrier International, la revue Études Théâtrales
et à l’occasion de la parution de l’ouvrage
Jeudi 25 septembre à 18h
Les Arpenteurs de l’Europe (Actes Sud).
Lecture de textes de Marc François
«Ce sont ses os blancs qui n’en finiront jamais. > Lectures
Sous le titre de Présent composé, l’Odéon-Théâtre
À lui faire vivre sa mort. Ce sont eux les grands Traits d’Union
de l’Europe a mis en place depuis la saison coquillages de l’angoisse.» Les samedis du 1er au 29 novembre à 15h et 17h
dernière un programme de rencontres, lectures, avec Olivier Bonnefoy, Sébastien Derray, À l’occasion de la Saison culturelle européenne
Valérie Schwartz, Gérard Watkins, qui se déroulera au second semestre 2008, dans le
débats, événements à partir duquel il s’agit non Margaret Zenou (distribution en cours) cadre de la Présidence française de l’Union
européenne, un projet de théâtre exceptionnel
pas de penser le théâtre seulement mais de penser > Lectures a été décidé : la sélection de 27 textes européens
à partir du théâtre, et d’élargir ainsi le temps de Une rentrée française traduits en langue française, édités et présentés
en lectures publiques.
la parole comme de l’écoute. C’est une grande Les samedis du 27 septembre au 18 octobre Projet initié par CulturesFrance, en partenariat avec
Huit lectures de textes nouveaux la Saison culturelle européenne, le Festival d’Avignon,
chance autant qu’une force dans nos sociétés de de la rentrée littéraire d’Actes Sud. la Mousson d’été, les éditions Théâtrales, la Maison
l’immédiateté, de la rapidité, de la marchandisation Antoine Vitez, l’Atelier européen de la traduction.

du sens et de l’information, que de pouvoir > Théâtre Nô


> Lectures
développer un espace de partage de la pensée et Dit du Genji Le petit pan de mur jaune
Mercredi 29 octobre à 20h
de circulation des idées. Cette place rare est aussi Mercredi 5 novembre
par Umewaka Rokurô, Yoshizumi Kosayo,
Yoshizumikai, Fujima Kanjurô Le Musée du Louvre sélectionnera six des 27
celle d’un théâtre public. auteurs choisis dans le cadre de «Traits d’Union»
Le Dit du Genji est dans la littérature japonaise pour une commande d’écriture et de lecture
un équivalent de Shakespeare dans la littérature d’une fiction inspirée d’une œuvre du Louvre.
Présent pour dire que nous Lefebvre et Bernard Pautrat, répondre présent à ces rendez- anglaise ; grand conte du XIe siècle, il est un > Auditorium du Louvre, Musée du Louvre
sommes là, éveillés dans le l’anthropologue Françoise Héritier, vous, nous allons poursuivre, élément fondateur de la culture nippone. Entrée libre – Renseignements 01 40 20 55 55
monde d’aujourd’hui, et composé la psychanalyste Julia Kristeva, explorer, multiplier... À l’heure On fêtera en 2008 le millénaire de ce texte.
pour tâcher de ne rien exclure de les écrivains Orly Castel-Bloom où nous rédigeons cette brochure, Une représentation exceptionnelle sera donnée > Cité du théâtre
au Théâtre de l’Odéon, avec notamment l’acteur
notre champ de vigilance et et Taslima Nasreen, l’économiste nous ne sommes pas en mesure
de Nô Umewaka Rokurô. Rencontre professionnelle
pouvoir accueillir toute forme Bernard Maris. Il faudrait pouvoir de vous livrer un calendrier
qui nous paraîtra porter en elle les citer tous celles et ceux grâce à détaillé, le principe étant de
production Kansai Telecasting Corporation Odéon / La Scène
dans le cadre de la célébration du 150 ème Jeudi 20 novembre de 10h à 17h
une promesse. qui nous avons pu faire vivre rester réactifs, souples, à l’écoute anniversaire des relations franco-japonaises.
L’Odéon, en une trentaine de cette Cité du théâtre et ces de notre temps. Nous pouvons La diffusion des spectacles en Europe
Trois cents professionnels (direction technique)
rendez-vous au cours de la
saison 2007-2008, a ouvert ses
Ateliers de la pensée, animés
avec intelligence et générosité
toutefois vous donner un avant-
goût des premiers rendez-vous
Novembre en Europe à l’Odéon se rencontrent pour échanger leurs expériences.
> Atelier de la pensée Intervenants à déterminer.
portes à des personnalités aussi par Laure Adler. Et rappeler de l’automne. Nous accueillerons
diverses que le poète palestinien aussi que ces ponts se construi- en octobre Umewaka Rokurô, L’Europe sur la scène En partenariat avec le magazine La Scène.
Mahmoud Darwich, le roman- sent avec d’autres équipes parte- «trésor national vivant» au du doute > Enregistrement en public de textes de théâtre
cier américain Russell Banks, naires de ces aventures : France Japon, et fêterons l’Europe, la Samedi 1er novembre de 15h à 17h pour enfant.
l’astrophysicien Michel Cassé, Inter, France Culture, Actes Sud, littérature, les 30 ans d’Actes Sud.
l’ancien président de la Knesset l’Ina, Courrier International,
Rencontre internationale organisée avec le Centre Un Noël à l'Odéon
d’Études théâtrales de l’université de Louvain-la- Décembre 2008 (à préciser)
Avraham Burg, la députée France 2, Le Monde, Lire, evene.fr, Neuve, animée par Emmanuel Wallon, avec des En coproduction avec France Culture.
Elisabeth Guigou, le cinéaste La Scène, CulturesFrance, Les écrivains, metteurs en scène, critiques, chercheurs,
Amos Gitaï, les journalistes Éditions Théâtrales, Argol... hommes politiques...
Florence Hartmann et Naomi Forts de votre confiance, puisque Le théâtre, dernier espace-temps de la narration et Et des Ateliers de la pensée, des rencontres,
Klein, les philosophes Jean-Pierre vous avez été près de 10 000 à de la pensée partagées, peut-il raconter l'Europe ? d’autres lectures, des surprises... À suivre...

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Groupes adultes
Sortir à plusieurs ! Réunissez un groupe de 6 personnes, ou plus.
Bénéficiez du tarif groupe (voir grille tarifaire p. 48).
Les pré-réservations groupes doivent être confirmées
cinq semaines avant la première représentation.
L’Odéon-Théâtre de l’Europe est un théâtre national. Il a
pour mission, mais aussi pour vocation, d’être un théâtre contacts
populaire, au cœur des enjeux de société, un creuset du Karine Charmot 01 44 85 40 37
karine.charmot@theatre-odeon.fr
répertoire vivant. Son action se distingue de la «consom- Carole Julliard 01 44 85 40 88
mation» culturelle en ce qu’il œuvre, avec d’autres, pour carole.julliard@theatre-odeon.fr
une démocratisation de la pensée, propose de partager
du temps qui soit vraiment commun, accompagne active- Groupes scolaires, périscolaires et étudiants
ment les choix de ses publics. Toutes nos équipes Réunissez un groupe de 8 personnes, ou plus.
Bénéficiez du tarif scolaire (voir grille tarifaire p. 48).
– qu’elles soient chargées de vous informer sur nos activ-
ités, de vous fournir vos billets, de vous accueillir dans nos Pré-réservations Trois contes de Grimm :
(représentations scolaires et périscolaires : voir calendrier détaillé p. 50)
salles – mettent tout en œuvre pour faciliter vos relations réunissez un groupe d’enfants (écoles primaires, centres de loisirs, associations spécifiques)
avec le théâtre et vous en rendre l’accès aussi aisé de 8 personnes, ou plus.
qu’agréable. N’hésitez pas à nous contacter : nous Bénéficiez du tarif à 5 € sur un des Trois contes de Grimm.
sommes à l’écoute de vos attentes. contacts
Christophe Teillout 01 44 85 40 39 / christophe.teillout@theatre-odeon.fr
Émilie Dauriac 01 44 85 40 33 / emilie.dauriac@theatre-odeon.fr

Olivier Py souhaite que le théâtre puisse parfois faire le premier pas, et se rendre auprès de futurs
spectateurs afin de les sensibiliser à l’art dramatique dans leur environnement quotidien. L’objectif étant
de les inviter à franchir ensuite le seuil des salles de théâtre. Premier spectacle conçu dans cette optique :
Les Sept contre Thèbes (ou comment une société se raconte la guerre en images), tragédie grecque d’après
Eschyle. Histoire d’une lutte fratricide, Les Sept contre Thèbes trouve son origine dans le conflit qui oppose Pour les groupes adultes (CE, groupes d’amis, associations, collectivités) et groupes jeunes (scolaires, périsco-
les deux frères d’Antigone, Étéocle et Polynice, pour le trône de Thèbes, laissé vacant par la mort de leur laires, étudiants, écoles de théâtre) nous proposons un ensemble de documents (la Lettre de l’Odéon, des
père Œdipe. Guerre, trahison, rivalités politiques et familiales, tout est là qui fonde la tragédie humaine et affiches et des tracts, un dossier pédagogique, une lettre d’information électronique) ainsi qu’un accompagnement
sa narration. Adaptée et mise en scène par Olivier Py, cette petite forme de 50 minutes, pour deux comé- privilégié (visites, rencontres, ateliers) pour votre venue aux spectacles.
diens et un poste de télévision, peut être présentée à tous et en tous lieux.
contact Anne-Marie Peigné 01 44 85 40 90 / anne-marie.peigne@theatre-odeon.fr Public jeune
Venez découvrir un auteur contemporain (Howard Barker), retrouver des classiques (Shakespeare, Molière,
Feydeau, Claudel), rencontrer des metteurs en scène européens (Ostermeier, Nekrosius, Afrim), expérimenter
des formes théâtrales originales (Ricercar). Et notez que depuis la saison 2007-2008, l’Odéon-Théâtre de
l’Europe présente des spectacles pour jeune public.
Avantages réservés aux groupes Les abonnés Teatrio
Ouverture des pré-réservations dès le 5 mai. Afin d’adapter le choix des spectacles au degré d’expérience théâtrale des élèves ou des étudiants,
Bénéficiez d’un contact privilégié, nous proposons aux enseignants trois parcours thématiques adaptés au projet pédagogique :
d’une priorité de réservation, parcours Répertoire, Découverte ou Passion.
Bénéficiez d’une visite gratuite et de rencontres avec les équipes artistiques sur les métiers du théâtre.
d’une réduction de 30 à 50% sur le plein tarif,
d’une place gratuite pour l’accompagnateur relais, Les abonnés Duo
Nous proposons sur un semestre des actions adaptées au rythme des étudiants.
des outils de communication, Ceux-ci peuvent bénéficier d’un tarif exceptionnel par l’intermédiaire des associations et des billetteries
des actions d’accompagnements (visites, rencontres, lectures, etc). étudiantes : 10 € et 6 € (en 2ème et 3ème série) au Théâtre de l’Odéon ; 10 € aux Ateliers Berthier.

40 41
Enseignants, vous avez la possibilité d’approfondir avec vos élèves ou étudiants votre projet par des
ateliers payants : ateliers de pratique théâtrale, de lecture à voix haute, dramaturgiques et d’écriture
critique, dramatique, littéraire.
Une formation est proposée aux enseignants tout au long de la saison afin de préparer la venue des
groupes scolaires et universitaires sur les spectacles.
Le partenariat avec Tick’art permet au groupe de bénéficier d’actions culturelles payantes sous
certaines conditions.
Échanges artistiques et pluridisciplinaires avec nos partenaires à la saison : le Musée d’Orsay,
le Musée du Louvre, le Centre Georges-Pompidou (conférences au sein de collections), le cinéma
Mk2 Hautefeuille (projections de films).
Les écoles de théâtre
Nous organisons des rencontres avec les metteurs en scène des spectacles choisis, ainsi que des
master classes.

Aux Ateliers Berthier, un public de proximité


Depuis l'installation en 2002 de l’Odéon-Théâtre de l’Europe Porte de Clichy dans le 17e arrondissement,
nous approfondissons notre relation avec sa population via les établissements scolaires (collège Mallarmé,
lycée Balzac, lycée Maria Deraismes, école Bessières, école des Épinettes...), les associations et les infrastructures
du quartier (l’équipe de développement local, le CEFIA, l’Association Kirikou, Actions Jeunes, Antenne Jeunes,
les Hauts de Malesherbes...).
Bénéficiez d’une place à 13 € et d’actions d’accompagnement (visites, rencontres) en vous mettant en relation
avec les associations partenaires.

contacts Émilie Dauriac 01 44 85 40 33 / Alice Hervé 01 44 85 40 47


Sophie Simon-Clouzet 01 42 63 23 75 (médiatrice culturelle dans le quartier du 17e)

Public en insertion professionnelle


Aux structures du secteur social (missions locales, centres sociaux, FJT),
nous proposons un accompagnement privilégié et adapté.
Bénéficiez d’une place à 5 € pour les bénéficiaires des institutions concernées.

Accueil des personnes handicapées


Salles accessibles aux personnes à mobilité réduite.
Nous prévenir impérativement de votre venue
afin de faciliter votre placement en salle.
Casques à amplification disponibles gratuitement (demander au personnel d’accueil).
Les spectacles en langue étrangère avec surtitrage en français
sont évidemment accessibles aux spectateurs malentendants et sourds.
Deux spectacles sont accessibles aux déficients visuels :
– Le Songe d’une nuit d’été le mercredi 26 à 20h
et dimanche 30 novembre à 15h / Ateliers Berthier
– La Dame de chez Maxim le mercredi 10 à 20h
et dimanche 14 juin à 15h / Théâtre de l’Odéon
Des casques diffusant une description simultanée et un programme en braille ou en gros
caractères sont mis gratuitement à disposition.
Une traduction en langue des signes sera réalisée pour les contes de Grimm :
– L’Eau de la vie le jeudi 8 janvier à 10h / Ateliers Berthier
– La Vraie Fiancée le jeudi 15 à 14h30 et samedi 10 janvier à 20h / Ateliers Berthier
En collaboration avec l’Association Accès Culture.

contact Karine Charmot 01 44 85 40 37 sont partenaires du spectacle vivant et soutiennent la saison 2008-2009.
42
Carte Odéon
50% de réduction pour tous les spectacles de la saison (16 spectacles)
225 € * au lieu de 450 €
* en 1ère série au Théâtre de l’Odéon
Vos avantages :
L’assurance d’obtenir les meilleures places en bénéficiant du tarif le plus avantageux Abonnement individuel
La liberté de choisir vos spectacles La place à 20 € *
La liberté de choisir vos dates en cours de saison pour les Cartes Odéon, 3 spectacles minimum, à choisir parmi les spectacles de la saison
abonnements individuels et jeunes, cinq semaines avant le début des spectacles choisis * en 1ère série au Théâtre de l'Odéon
(voir calendrier des ouvertures de location p. 47)
Une priorité de réservation et la garantie d’un placement privilégié
pour les spectacles non choisis dans l’abonnement, dans la limite des places disponibles
Abonnement jeune (moins de 26 ans ou étudiant)
La place à 11 € *
La possibilité pour les Cartes Odéon et les abonnements individuels de régler en deux fois 3 spectacles minimum, à choisir parmi les spectacles de la saison
par prélèvement automatique (à partir de 100 € )
Attention : Joindre au bulletin d’abonnement la photocopie de votre justificatif.
Pour les abonnés qui choisissent un ou les Trois contes de Grimm, * en 2ème série au Théâtre de l’Odéon
la possibilité de pré-réserver pour vos enfants : deux places enfant par abonnement
Une ligne directe de réservation et un accueil personnalisé
Abonnement groupes (à partir de 8 personnes)
Les billets et les informations sur les spectacles adressés à votre domicile, CE, groupes d’amis, associations… devenez notre relais :
tout au long de la saison (Lettre de l’Odéon) réunissez au moins 7 personnes et nous offrons au référent du groupe un abonnement.
5% de réduction sur les livres en vente à la librairie du Théâtre La place à 20 € *
Des tarifs préférentiels et des offres spécifiques avec nos partenaires culturels : 3 spectacles minimum, à choisir parmi les spectacles de la saison, à l’exception des Trois contes de Grimm.
le Musée d’Orsay, le Musée du Louvre, le Centre Georges-Pompidou, Attention, spectacles et dates de venue identiques pour l’ensemble du groupe, à choisir à la souscription
le cinéma Mk2 Hautefeuille (plus de détails sur theatre-odeon.eu) de l’abonnement groupe.
* en 1ère série au Théâtre de l'Odéon
Pour vous abonner,
reportez-vous au bulletin de souscription joint à la brochure Abonnement Teatrio
ou téléphonez à vos contacts privilégiés une formule adaptée aux groupes scolaires (à partir de 8 élèves)
3 spectacles pour 27 € *
Abonnement individuel, Des parcours thématiques accompagnés d’actions artistiques et culturelles adaptées.
jeune et Carte Odéon Attention, spectacles et dates de venue identiques pour l’ensemble du groupe, à choisir à la souscription
Caroline Ondicolberry 01 44 85 40 38 de l’abonnement Teatrio.
abonnements@theatre-odeon.fr Attention * en 2ème série au Théâtre de l’Odéon

Au-delà du 11 juillet 2008,


Abonnement groupes adultes
Karine Charmot 01 44 85 40 37
nous suspendons les souscriptions. Abonnement Duo
collectivites@theatre-odeon.fr
Les abonnements sont traités par ordre d’arrivée
une formule adaptée aux groupes universitaires (à partir de 8 étudiants)
dans la limite des places disponibles. 2 spectacles pour 22 € * par semestre (d’octobre à janvier ou de février à juin)
Abonnement groupes scolaires Le nombre de places réservées aux abonnés est limité. Attention, spectacles et dates de venue identiques pour l’ensemble du groupe, à choisir à la souscription
et universitaires (Teatrio et Duo) Attention certains spectacles peuvent être complets de l’abonnement Duo.
Christophe Teillout 01 44 85 40 39 avant la date de fin de souscription. * en 2ème série au Théâtre de l’Odéon
scolaires@theatre-odeon.fr À partir de septembre, selon les disponibilités,
Bulletin de souscription sur demande de nouvelles formules d’abonnements vous seront proposées.
44 45
Site internet – Par téléphone, du lundi au samedi de 11h à 18h30 (à l’exception des jours fériés) au 01 44 85 40 40
Visitez notre site theatre-odeon.eu – Au guichet du Théâtre de l’Odéon, place de l’Odéon, du lundi au samedi de 11h à 18h
Vous pourrez visiter virtuellement notre théâtre, découvrir ses deux siècles d’histoire, retrouver les photos (à l’exception des jours fériés) ; et le jour de la représentation 2h avant le début du spectacle
ou les vidéos des spectacles, télécharger les dossiers pédagogiques, consulter un certain nombre d'archives – Au guichet des Ateliers Berthier 2h avant le début du spectacle uniquement les jours de représentations
sonores notamment des Ateliers de la pensée...
– Sur le site theatre-odeon.eu
Une mise à jour régulière vous donne une information complète sur l’activité du théâtre.
Vous pouvez également vous inscrire à notre lettre électronique bimensuelle sur la page d’accueil du site. – Autres points de vente : Magasins Fnac 0 892 683 622 (0.34 €/mn), fnac.com, theatreonline.com

Bibliothèque Jean-Louis Barrault Ouvertures de location


Elle conserve des photographies de spectacles, des captations vidéo, des revues de presse, des programmes, La location tout public ouvre environ 21 jours avant la première du spectacle. Les places sont mises en
des affiches et toutes autres archives liées aux spectacles, et ce de manière systématique (depuis 1983, date de création vente pour toutes les dates de représentation du spectacle concerné sauf exceptions signalées :
du Théâtre de l’Europe). La bibliothèque met également à disposition, en libre accès, environ 8 000 ouvrages imprimés Abonnement Tout public
consacrés au théâtre. Son catalogue est consultable sur notre site internet, rubrique documentation.
Tartuffe dès juillet Mercredi 3 septembre
Elle est accessible uniquement sur rendez-vous, du lundi au vendredi.
Ricercar dès juillet Mercredi 3 septembre
contact Dit du Genji (hors abonnement) Mercredi 8 octobre Mercredi 8 octobre
Juliette Caron 01 44 85 40 12 Othello Jeudi 2 octobre Jeudi 16 octobre
juliette.caron@theatre-odeon.fr Le Songe d’une nuit d’été Jeudi 9 octobre Jeudi 23 octobre
Trois contes de Grimm Mardi 18 novembre Mardi 2 décembre
Gertrude (Le Cri) Jeudi 4 décembre Jeudi 18 décembre
Visites du théâtre Le Cas Blanche-Neige Mardi 30 décembre Mercredi 14 janvier
Des visites-conférences dans les deux salles de l’Odéon-Théâtre de l’Europe Le Soulier de satin Mardi 27 janvier Mardi 10 février
(Théâtre de l’Odéon 6e & Ateliers Berthier 17e) sont possibles pour des groupes de 15 à 30 personnes. Les Européens Jeudi 5 février Jeudi 19 février
Pour en savoir plus, dès septembre, consultez notre site ou téléphonez au 01 44 85 40 33. Tableau d’une exécution Jeudi 5 février Jeudi 19 février
John Gabriel Borkman Jeudi 26 février Jeudi 12 mars
Librairie & bar Turbulences Jeudi 2 avril Jeudi 16 avril
Une librairie est à votre disposition avant et après le spectacle dans nos deux salles. La Dame de chez Maxim Mercredi 15 avril Mercredi 29 avril
L’Odéon vous propose une restauration rapide au bar du Théâtre de l’Odéon et des Ateliers Berthier, Faust Mardi 21 avril Mardi 5 mai
1h30 avant le début de la représentation et après le spectacle. Les Petites Histoires de la folie quotidienne Jeudi 7 mai Jeudi 21 mai

Location d’espaces Modes de règlement


L’Odéon-Théâtre de l’Europe est l’un des cinq théâtres nationaux, sans doute le plus grand du fait des › Espèce en € uniquement aux guichets
événements exceptionnels qui ont écrit son histoire. Sa salle prestigieuse du 6e arrondissement, fondée en › Chèque bancaire ou postal en € compensable en France à l’ordre du Théâtre national de l’Odéon (T.N.O.)
1782 au cœur du Quartier Latin, a rouvert en avril 2006, après d’importants travaux de rénovation et de › Cartes bancaires (Visa, MasterCard)
restauration. › Chèque vacances & chèque culture
› Tick’art (attention modalités particulières voir tarifs p. 48)
Location d’espaces liée à l’achat Location des espaces publics Règlement possible par carte bancaire à distance, toutefois ce mode de règlement nécessite
de places de spectacles L’Odéon-Théâtre de l’Europe loue ses deux salles impérativement le retrait des billets au guichet du théâtre le soir de la représentation sur présentation
Pour vos opérations de relations publiques l’Odéon (le Théâtre de l’Odéon et les Ateliers Berthier) et de la carte bancaire et contre signature.
met à votre disposition les moyens d’une soirée ses salons, indépendamment de sa programmation. Si vous choisissez un autre mode de paiement vous avez 5 jours pour nous faire parvenir votre
inoubliable sur la représentation de votre choix. De contact règlement. Au-delà, votre réservation sera annulée. Si vous réservez par téléphone dans les 3 jours qui
l’accueil personnalisé au cocktail en salons et terrasse Marie Andrieux 01 44 85 40 22 précèdent la représentation, vous pourrez régler le jour de votre venue au plus tard une heure avant le
privatisés à l’issue du spectacle. Nous sommes à votre marie.andrieux@theatre-odeon.fr début du spectacle.
disposition pour envisager avec vous le spectacle et la Les billets ne sont ni repris, ni échangés sauf en cas d’annulation de notre fait.
formule la mieux adaptée à vos attentes.
Toute correspondance est à adresser à :
contact Odéon-Théâtre de l’Europe, 2 rue Corneille Paris 6e Adresse de règlement Odéon-Théâtre de l’Europe
Carole Julliard 01 44 85 40 88 Tél. administration 01 44 85 40 00 Service location
carole.julliard@theatre-odeon.fr Tél. renseignements et location 01 44 85 40 40 2 rue Corneille – 75006 Paris

46 47
Théâtre de l’Odéon / 6 – Grande salle e
série 1 série 2 série 3 série 4
Plein tarif 30 € 22 € 12 € 7,50 €
Jeune moins de 26 ans*, étudiant, bénéficiaire du RMI Justificatif indispensable 15 € 11 € 6€ 2ème Balcon
Demandeur d’emploi Justificatif indispensable 17 € 15 € 7,50 €
Série 4
Groupe (à partir de 6 personnes) 25 € 17 € 8€
Série 3
Groupe scolaire* 11 € 6€ Série 2
1er Balcon

Série 1
Ateliers Berthier / 17 e
série unique
Plein tarif 26 € Corbeille
Jeune moins de 26 ans*, étudiant, bénéficiaire du RMI Justificatif indispensable 13 €
Demandeur d’emploi Justificatif indispensable 15 €
Groupe 22 €
Groupe scolaire* 13 €
Orchestre

Tarifs particuliers
Spectacle jeune public : un des Trois contes de Grimm série unique
Plein tarif 26 €
Accompagnateur adulte 18 €
Jeune moins de 26 ans*, étudiant, bénéficiaire du RMI Justificatif indispensable 13 €
Enfant (moins de 15 ans) 9€
Écoles primaires, centres de loisirs... 5€

Intégrale : Le Soulier de satin ** série 1 série 2 série 3 série 4


Plein tarif 40 € 30 € 16 € 10 €
Demandeurs d’emploi Justificatif indispensable 22 € 20 € 10 €
Jeune moins de 26 ans*, étudiant, bénéficiaire du RMI Justificatif indispensable 20 € 15 € 8€
Groupe (à partir de 6 personnes) 34 € 23 € 11 €
Groupe scolaire* 14 € 8€
* Lycéens, apprentis et jeunes de moins de 25 ans descolarisés d’Île-de-France, utilisez votre Tick’art (8 tickets pour 15€) / 01 41 85 09 70 iledefrance.fr/tickart
** Si vous choisissez Le Soulier de satin en deux parties, vous devez impérativement choisir deux soirées consécutives.

Présent composé série 1 série 2 série 3 série 4


Grande salle – Tarif récital 12 € 10 € 8€ 5€ Théâtre de l’Odéon Ateliers Berthier
Grande salle – Tarif lecture 8€ 8€ 8€ 8€
Entrée du public : Entrée du public :
Rencontres, Ateliers de la pensée (entrée libre sur réservation)*** place de l’Odéon Paris 6e angle de la rue André Suarès et du Bd Berthier Paris 17e
Petit Odéon – Tarif unique 5€ 5€ 5€ 5€ Métro Odéon (lignes 4 et 10) – RER B Luxembourg Métro (ligne 13) et RER C Porte de Clichy
*** Informations : present.compose@theatre-odeon.fr / 01 44 85 40 44

Deux heures avant le spectacle


Lever de rideau Graphisme & images originales par element-s : Gilles Guerlet & Jérôme Witz
La place à 3 €, uniquement au Théâtre de l’Odéon 6e en 4ème série, dans la limite des places disponibles. Olivier Gonties (peintures), Benjamin de Diesbach (photographies)
Élèves des écoles de théâtre Ce programme est imprimé sur Citygreen Silk 135 g/m2, papier couché 100% recyclé
Bénéficiez d'une place à 5 €, sur présentation d’un justificatif, dans la limite des places disponibles. produit en France exclusivement à l’aide de la collecte sélective des villes.
Au Théâtre de l’Odéon 6e & aux Ateliers Berthier 17e. www.matussiere-forest.fr

48 Licences d’entrepreneur de spectacles 1007518 et 1007519


49
Horaires
20h du mardi au samedi / 15h le dimanche
Certains spectacles présentent des horaires exceptionnels Ateliers Berthier 17e
(voir ci-dessous le calendrier détaillé) Théâtre de l’Odéon 6e

septembre décembre février mai


mer 17 Tartuffe 20h lun 1 dim 1 Gertrude 15h ven 1
jeu 18 Tartuffe 20h mar 2 Othello 20h Le Songe... 20h lun 2 sam 2
ven 19 Tartuffe 20h mer 3 Othello 20h Le Songe... 20h mar 3 Gertrude 20h dim 3
sam 20 Tartuffe 20h jeu 4 Othello 20h Le Songe... 20h mer 4 Gertrude 20h Le Cas... 20h lun 4
dim 21 Tartuffe 15h ven 5 Othello 20h Le Songe... 20h jeu 5 Gertrude 20h Le Cas... 20h mar 5
lun 22 sam 6 Othello 20h Le Songe... 20h ven 6 Gertrude 20h Le Cas... 20h mer 6
mar 23 Tartuffe 20h Ricercar 20h dim 7 Othello 15h Le Songe... 15h sam 7 Gertrude 20h Le Cas... 20h jeu 7 Turbulences Turbulences
mer 24 Tartuffe 20h Ricercar 20h lun 8 dim 8 Gertrude 15h Le Cas... 15h ven 8 Turbulences Turbulences
jeu 25 Tartuffe 20h Ricercar 20h mar 9 Le Songe... 20h lun 9 sam 9 Turbulences Turbulences
ven 26 Tartuffe 20h Ricercar 20h mer 10 Le Songe... 20h mar 10 Le Cas... 20h dim 10 Turbulences Turbulences
sam 27 Tartuffe 20h Ricercar 15h / 20h jeu 11 Le Songe... 20h mer 11 Le Cas... 20h lun 11
dim 28 Tartuffe 15h Ricercar 15h ven 12 Le Songe... 20h jeu 12 Le Cas... 20h mar 12 Turbulences
lun 29 sam 13 Le Songe... 20h ven 13 Le Cas... 20h mer 13 Turbulences
mar 30 Tartuffe 20h Ricercar 20h dim 14 Le Songe... 15h sam 14 Le Cas... 20h jeu 14 Turbulences Turbulences
lun 15 dim 15 Le Cas... 15h ven 15 Turbulences Turbulences
mar 16 Le Songe... 20h lun 16 sam 16 Turbulences
octobre mer
jeu
17
18
Le Songe... 20h
Le Songe... 20h
mar
mer
17
18
Le Cas...
Le Cas...
20h
20h
dim
lun
17
18
Turbulences
ven 19 jeu 19 Le Cas... 20h mar 19
mer 1 Tartuffe 20h Ricercar 20h sam 20 ven 20 Le Cas... 20h mer 20 La Dame... 20h
jeu 2 Tartuffe 20h Ricercar 20h dim 21 jeu 21 La Dame... 20h
ven 3 Tartuffe 20h Ricercar 20h lun 22 ven 22 La Dame... 20h
sam 4 Tartuffe 20h Ricercar 15h / 20h mar 23 La Jeune Fille... 15h / La Vraie Fiancée 20h sam 23 La Dame... 20h
dim
lun
5
6
Tartuffe 15h Ricercar 15h mer
jeu
24
25
L’Eau... 15h
La Vraie Fiancée 17h mars dim
lun
24
25
La Dame... 15h

mar 7 Tartuffe 20h Ricercar 20h ven 26 L’Eau... 14h30 mar 26 La Dame... 20h
mer 8 Tartuffe 20h Ricercar 20h sam 27 La Jeune Fille... 15h / L’Eau... 17h / La Vraie Fiancée 20h sam 7 Le Soulier... Intégrale 13h mer 27 La Dame... 20h Faust 19h30
jeu 9 Tartuffe 20h Ricercar 20h dim 28 La Jeune Fille... 15h / La Vraie Fiancée 17h dim 8 Le Soulier... Intégrale 13h jeu 28 La Dame... 20h Faust 19h30
ven 10 Tartuffe 20h Ricercar 20h lun 29 lun 9 ven 29 La Dame... 20h Faust 19h30
sam 11 Tartuffe 20h Ricercar 15h / 20h mar 30 La Jeune Fille... 15h / La Vraie Fiancée 20h mar 10 sam 30 La Dame... 20h Faust 19h30
dim 12 Tartuffe 15h Ricercar 15h mer 31 L’Eau... 15h mer 11 Le Soulier... 1ère
partie 18h30
dim 31 La Dame... 15h Faust 15h
lun 13 jeu 12 Le Soulier... 2ème
partie 18h30 Les Européens 20h
mar 14 Tartuffe 20h Ricercar 20h ven 13 Les Européens 20h
mer 15 Tartuffe 20h Ricercar 20h sam 14 Le Soulier... Intégrale 13h Les Européens 20h
jeu
ven
16
17
Tartuffe 20h
Tartuffe 20h
Ricercar 20h
Ricercar 20h
janvier dim
lun
15
16
Le Soulier... Intégrale 13h Les Européens 15h
juin
sam 18 Tartuffe 20h Ricercar 15h / 20h mar 17 Les Européens 20h
dim 19 Tartuffe 15h Ricercar 15h jeu 1 La Vraie Fiancée 17h mer 18 Le Soulier... 1ère
partie 18h30 Les Européens 20h
lun 20 ven 2 L’Eau... 14h30 jeu 19 Le Soulier... 2ème
partie 18h30 Les Européens 20h mar 2 La Dame... 20h Faust 19h30
mar 21 Tartuffe 20h sam 3 La Jeune Fille... 15h / L’Eau... 17h / La Vraie Fiancée 20h ven 20 Les Européens 20h mer 3 La Dame... 20h Faust 19h30
mer 22 Tartuffe 20h dim 4 La Jeune Fille... 15h / La Vraie Fiancée 17h sam 21 Le Soulier... Intégrale 13h Les Européens 20h jeu 4 La Dame... 20h Faust 19h30
jeu 23 Tartuffe 20h lun 5 dim 22 Le Soulier... Intégrale 13h Les Européens 15h ven 5 La Dame... 20h Faust 19h30
ven 24 Tartuffe 20h mar 6 La Jeune Fille... 14h30* / L’Eau... 20h lun 23 sam 6 La Dame... 20h Faust 19h30
sam 25 Tartuffe 20h mer 7 La Jeune Fille... 15h mar 24 Les Européens 20h dim 7 La dame... 15h
... jeu 8 Gertrude 20h L’Eau... 10h* / La Jeune Fille... 14h30* mer 25 Le Soulier... 1ère
partie 18h30 Les Européens 20h lun 8
mer 29 Dit du Genji 20 h ven 9 Gertrude 20h L’Eau... 14h30* jeu 26 Le Soulier... 2ème
partie 18h30 Tableau... 20h mar 9 La Dame... 20h
sam 10 Gertrude 20h La Jeune Fille... 15h / L’Eau... 17h / La Vraie Fiancée 20h ven 27 Tableau... 20h mer 10 La Dame... 20h
dim 11 Gertrude 15h La Jeune Fille... 15h / La Vraie Fiancée 17h sam 28 Le Soulier... Intégrale 13h Tableau... 20h jeu 11 La Dame... 20h Les Petites Histoires... 20h
novembre lun
mar
12
13 Gertrude 20h La Vraie Fiancée 14h30*
dim
lun
29
30
Le Soulier... Intégrale 13h Tableau... 15h ven
sam
12
13
La Dame... 20h
La Dame... 20h
Les Petites Histoires... 20h
Les Petites Histoires... 20h
mer 14 Gertrude 20h La Vraie Fiancée 15h mar 31 Tableau... 20h dim 14 La Dame... 15h Les Petites Histoires... 15h
jeu 15 Gertrude 20h La Vraie Fiancée 10h* / 14h30* lun 15
jeu 6 Othello 20h mar 16 La Dame... 20h Les Petites Histoires... 20h
ven 7 Othello 20h ven 16 Gertrude 20h La Vraie Fiancée 14h30*
sam 17 Gertrude 20h La Jeune Fille... 15h / L’Eau... 17h / La Vraie Fiancée 20h mer 17 La Dame... 20h Les Petites Histoires... 20h
sam 8 Othello 20h
dim
lun
9
10
Othello 15h dim
lun
18
19
Gertrude 15h La Vraie Fiancée 15h / 17h avril jeu
ven
18
19
La Dame... 20h
La Dame... 20h
Les Petites Histoires... 20h
Les Petites Histoires... 20h
mar 20 Gertrude 20h sam 20 La Dame... 20h Les Petites Histoires... 20h
mar 11 Othello 20h dim 21 La Dame... 15h Les Petites Histoires... 15h
mer 12 Othello 20h Le Songe... 20h mer 21 Gertrude 20h mer 1 Tableau... 20h
jeu 22 Gertrude 20h lun 22
jeu 13 Othello 20h Le Songe... 20h jeu 2 Borkman 20h Tableau... 20h mar 23 La Dame... 20h
ven 14 Othello 20h Le Songe... 20h ven 23 Gertrude 20h ven 3 Borkman 20h Tableau... 20h
sam 24 Gertrude 20h mer 24 La Dame... 20h
sam 15 Othello 20h Le Songe... 20h sam 4 Borkman 20h Les Européens 18h / Tableau... 21h** jeu 25 La Dame... 20h
dim 16 Othello 15h Le Songe... 15h dim 25 Gertrude 15h dim 5 Borkman 15h Tableau... 15h
lun 17 lun 26 lun 6
mar 18 Othello 20h Le Songe... 20h mar 27 Gertrude 20h mar 7 Borkman 20h Tableau... 20h
mer 19 Othello 20h Le Songe... 20h mer 28 Gertrude 20h mer 8 Borkman 20h Tableau... 20h Vacances scolaires
jeu 20 Othello 20h Le Songe... 20h jeu 29 Gertrude 20h jeu 9 Borkman 20h Tableau... 20h
ven 21 Othello 20h Le Songe... 20h ven 30 Gertrude 20h ven 10 Borkman 20h Tableau... 20h La zone A comprend les académies de Caen,
sam 22 Othello 20h Le Songe... 20h sam 31 Gertrude 20h sam 11 Borkman 20h Les Européens 18h / Tableau... 21h** Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Montpellier,
dim 23 Othello 15h Le Songe... 15h dim 12 Nancy-Metz, Nantes, Rennes, Toulouse.
lun 24 La zone B comprend les académies d'Aix-Marseille,
mar 25 Othello 20h Le Songe... 20h * Trois contes de Grimm : représentations pour les scolaires
Le Soulier de satin, spectacle en 2 parties ou en intégrale. Amiens, Besançon, Dijon, Lille, Limoges, Nice,
mer 26 Othello 20h Le Songe... 20h Orléans-Tours, Poitiers, Reims, Rouen, Strasbourg.
jeu 27 Othello 20h Le Songe... 20h 1ère partie : les mercredis à 18h30 / 2ème partie : les jeudis à 18h30
ven 28 Othello 20h Le Songe... 20h Intégrale : les samedis et dimanche à 13h La zone C comprend les académies de Bordeaux,
sam 29 Othello 20h Le Songe... 20h Créteil, Paris, Versailles.
dim 30 Othello 15h Le Songe... 15h ** Intégrale Les Européens / Tableau d’une exécution

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