Vous êtes sur la page 1sur 2

que faut-il faire ?

Alain Tronqual

le saut
LE SAUT Gérard Vialette

en longueur
En LONGUEUR
Avertissement qualités de gainage et de sou-
Nous pensons qu’il n’existe pas plesse que l’on rencontre
à proprement parler de sau- presque seulement chez des
teurs en longueur minimes, athlètes de bon niveau, dans
seulement des minimes qui des disciplines où cette exi-
sautent en longueur. gence est incontournable, par
exemple en triple saut.
Le saut en longueur arrive en
4ème position des disciplines Dans ce cas l’impulsion doit se
les plus pratiquées, derrière le faire tronc droit au moment du
marathon et le sprint (100 et décollage alors qu’il est plus
200) mais devant toutes les efficace selon les exigences
autres spécialités athlétiques. biomécaniques de la discipline
Ceci est probablement dû, elles-mêmes plus compatibles
comme dans le cas du sprint et avec les capacités des jeunes
du marathon à la facilité de sa athlètes de finir l’impulsion en
mise en œuvre d’un point de ayant le tronc dans l’aligne-
vue matériel et réglementaire. ment de la jambe d’appel en
La rapidité apparente de cette sortie de planche.
approche globale en fait donc Ce qui est spécifique au
la victime toute désignée des saut en longueur, c’est la maî-
apprentissages simplistes. trise des rotations en phase
L’activité physique et sportive aérienne pour bonifier l’atter-
Lorsqu’il est considéré comme
et la motricité de l’enfant naturel, sans artifice technique, rissage. Cette faculté est à la
son initiation reste cependant portée de la plupart des débu-
trop superficielle, sous prétexte tants, pour ne pas dire de tous.
qu’une approche plus élaborée
sur le plan technique semble Impulsion
superflue. Tronc dans l’axe de la jambe
Elle est renvoyée éventuelle- d’appel, plus ciseau de jambe.
ment à une période de perfec- Cette maîtrise bonifie la dis-
tionnement ultérieur (perfec- tance du saut.
tionnement qui ne tient pas
toujours compte, là non plus de De ce fait, le gain de distance
certains aspects modernes est obtenu par l’avancé des
du saut, à savoir les phases pieds vers l’avant, facilité ainsi
aériennes et d’atterrissage). au moment du “ramené” mais
Exemple de niveau de développement du saut en longueur :
aussi au niveau de la liaison
les bras participent à l’équilibre de l’impulsion. Enfant de 11 ans Le saut est dans ce cas assimilé course-appel.
(d’après Jean Keller). à des gestes naturels, tels que
le saut de fossé ou de rivière En effet, seuls ceux qui pour-
dont les exigences ne sont pas ront rétablir l’équilibre par la
les mêmes au moment de l’at- suite pourront “s’engager”
terrissage, alors qu’ils parais- vers l’avant au décollage, aug-
sent se ressembler au niveau mentant la distance gratuite
de l’appel (ils sont en fait au sol juste avant l’envol, les
quelque peu différents). autres se retiennent, ce qui en
plus agit sur la conservation de
Cette comparaison avec des
la vitesse horizontale.
sauts plus “simples” (en
“chaise” ou en extension) a Cela agit aussi sur le transfert
trop longtemps justifié une d’énergie, restituée d’autant
approche immédiatement glo- mieux au tronc par la jambe
bale du saut. Pour sauter cor- d’appel que le tronc se
La phase aérienne ne représente environ que 80 à 85 % seule-
rectement selon ces tech- trouve dans le prolongement
ment de la distance totale mesurée.
niques, il faut posséder des de celle-ci.

24
Que faut-il faire ?

De cette manière, les progrès rapide (à ne pas confondre sys- rir dans le saut”, et toujours
importants au début tiendront à tématiquement avec la dis- en recherche d’accélération.
les fidéliser. tance utilisée) alors qu’ils ne Aborder immédiatement les
Ils contribueront aussi à leur maîtrisent pas leur technique. spécialités voisines (“cousines-
démontrer l’importance de l’at- Pour les bons techniciens, le germaines”) pour orienter l’ap-
tention qu’ils doivent accorder à freinage se produit à la récep- pel vers ce qui se rapproche le
chacune des modifications de tion dans le sable, par un plus d’autres disciplines comme
les haies et le triple saut, mais
leur comportement, comme un amortissement bien contrôlé, aussi la hauteur, sans délaisser
éveil précoce à ce qui constitue pour la plupart des autres, il a le trait d’union à chacune
la trame d’un futur entraîne- lieu à l’appel. d’elles, le sprint.
ment. Lorsqu’on met trop en exergue Enfin améliorer en parallèle les
En allant des intentions vers les l’importance de l’impulsion, on qualités physiques prioritaires
sensations et vice-versa selon les aboutit à des recherches d’im- qui accompagnent tout déve-
situations proposées afin de pulsions maximales pour des loppement harmonieux : gai-
construire des automatismes vitesses optimales. nage et souplesse ; la pratique
suffisamment souples. La notion d’impulsion opti- de plusieurs disciplines complé-
Ces acquisitions immédiates per- male, dans le peu de temps qui mentaires servira de prépara-
mettront de bonifier l’améliora- lui est imparti semble préfé- tion physique générale.
tion des capacités physiques rable à une meilleure conserva- ■
qui accompagnent avantageu- tion de la vitesse.
sement l’évolution physiolo-
gique et morphologique des Conclusion
jeunes de cet âge. Pour des minimes, il convient
Une démarche logique Ne serait-ce qu’au niveau pré- donc d’apprendre au préalable
pour l’apprentissage ventif, car les blocages à l’appel, ce qui est spécifique au saut
pas seulement au niveau du en longueur : atterrissage et
D’un point de vue stratégique, pied ou du genou, mais aussi et ciseaux.
au niveau de la détection des surtout au niveau lombaire, Replacer ces nouvelles acquisi-
jeunes talents et de leur orien- résulteront souvent de compor- tions dans la logique du saut
tation vers le saut en longueur, tements suicidaires pour ceux en demandant de sauter dans
il semble profitable d’aborder qui veulent utiliser un élan trop la course, voire même de ”cou-
la spécialité d’un point de vue
technique, pour que le futur
entraînement puisse ensuite
être plus personnalisé.
L’acquisition d’une technique
correcte, en ciseaux simples,
puis doubles demande assez peu
de séances spécifiques, car les
coordinations mises en œuvre
sont présentes chez la plupart
des athlètes que nous avons pu
initier.
En cas d’échec, le facteur limi-
tant est souvent d’ordre mental
ou motivationnel.
Partir de la réception, puis
apprendre successivement tout
ce qui précède, c’est la logique
utilisée dans les autres disci-
plines de saut, et c’est très
similaire avec ce qui est logique-
ment proposé dans l’enseigne-
ment des courses d’obstacles.
Ici la liaison course-appel ne
peut exister sans au préalable
une bonne faculté à “avaler”
l’obstacle de manière rasante et
à anticiper la reprise de course
dès la réception.

25

Vous aimerez peut-être aussi