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LEXIQUE 

: sens propre et sens figuré.


Le passage du SP au SF s'obtient par des figures de rhétorique. Elle rendent ce que l'on veut dire plus expressif, plus impressionnant,
plus séduisant... elle permet de créer un effet sur le destinataire.

Méthodologie : Les figures de style (ou figures de rhétorique) et leurs effets

Les figures lexicales

Les figures de la ressemblance.


Les figures lexicales fondées sur l'analogie : leur but ? Faire des liens entre des
idée en mettant en évidence leurs ressemblances

( Elles permettent de créer des images )

La comparaison: Faire ressortir un point commun entre deux éléments avec un terme comparatif.
Elle met en relation deux éléments (le comparé et le comparant) pour en souligner le ou les points communs par le biais d'outils de comparaison
(comme, ainsi que, plus que, moins que...)
Ex. « J'ai des souvenirs précieux comme des diamants  » Jules Vallès
le comparé le comparant
le terme comparatif
On créer une image en mettant en relation la préciosité des souvenirs et celle de diamants
Différentes fonctions de la comparaison :
– Fonction évaluative (jugement valorisant ou dévalorisant) en provoquant l'admiration, le rejet ou l'amusement
– Fonction poétique : elle fait naître chez le lecteur un autre univers merveilleux ou fantastique
– Fonction explicative : elle sert à comprendre une réalité, un fonctionnement. Elle rend concrète une idée restée trop abstraite

La métaphore : Faire ressortir un point commun entre deux éléments sans terme comparatif.
Comme la comp. , elle met en relation deux éléments mais sans outil de comparaison. Le lecteur perçoit la ressemblance par un effort
d'interprétation. La méta. Établie un lien créatif entre deux éléments (souvent du concret vers l'abstrait) sur la base d'un trait sémantique commun.
Les terme y sont pris au sens figuré.
« Cette faucille d'or dans le champ des étoiles » . Hugo
= lune = ciel
Par cette double métaphore, figure d’analogie, la faucille d’or et le champ des étoiles remplaçant respectivement la lune et le ciel, le poète
nous transpose dans un monde imaginaire qui correspond au sujet biblique qu’il évoque.
« L'avion, grand oiseau de métal déchirant la nuit traversa le ciel sans nuage. »
le comparé le comparant
« Entendez-vous ? C'est la marmite qu'accompagne
L'horloge du tic-tac allègre de son pouls . » Verlaine
→ Q1 Analyser l'image créée par Verlaine dans le poème précédant.
→ R1Il s'agit d'une métaphore : le tic-tac de l'horloge est mis en analogie avec un pouls (battement dû aux contractions cardiaques), à
partir d'un trait commun : le bruit régulier produit par la machine et le cœur.

Méta directe : le comparé ou le comparant est absent.


Ex. « Un bébé dans un landau émet un bref piaillement »  → absence du comparant : l'oiseau
Différentes fonctions de la métaphore : Les mêmes fonctions que la comparaison.

La méta filée : elle se poursuit sur plusieurs lignes tout au long d'un paragraphe, d'un poème ou d'une strophe. Elle commence par une
méta initiale et se poursuit par d'autres méta, compa ou mots isolés qui renvoient au même thème.
Ex. « C'est un sommelier de films. Il les projette comme on déguste du bon vin. Il va les chercher dans sa cave, les débouche avec précaution. En
quelques phrases, il détaille la subtilité des arômes avec la jubilation d'un amateur au goût sûr. (Télérama).
Différentes fonctions de la métaphore : (les mêmes que celles de la compa)
– Fonction évaluative (jugement valorisant ou dévalorisant) en provoquant l'admiration, le rejet ou l'amusement
– Fonction poétique : elle fait naître chez le lecteur un autre univers merveilleux ou fantastique
– Fonction explicative : elle sert à comprendre une réalité, un fonctionnement. Elle rend concrète une idée restée trop abstraite

Personnification : Attribuer des traits, des sentiments ou des comportements humains à une réalité non humaine.
C'est une métaphore qui utilise des mots qui transforment un animal, un objet ou un élément naturel en un être humain. Elle représente une chose,
une idée ...sous les traits d'une personne.
Ex. « Une cafetière se jeta en bas d'une table où elle était posée, et se dirigea clopin-clopant vers son foyer... » (Th. Gauthier)
On attribue des caractéristiques humaines comme « se jeta » « se dirigea » « clopin-clopan » qui relève de la volonté d'un sujet et « son foyer »
l'idée d'une famille, d'un habitat, à une réalité non humaine, c'est-à-dire à une cafetière. Cela donne une tout autre image de la cafetière. Ce n'est plus
seulement le récipient servant seulement à recevoir le café mais une entité unique qui décide de quitter son travail pour retrouver sa famille.

A l'inverse, le procédé de zoomorphisme consiste à transformer un être humain en animal.


Ex. « Vautrin rugit si bien qu'il arracha des cris de terreur à tous les pensionnaires. » Balzac
Fonction de la personnification : donner plus de force dans la représentation de l'animal, de l'objet... ou de la personne présentée .

L'allégorie : Elle rend concrète une idée abstraite. Elle représente de façon concrète et imagée les divers aspects d'une idée abstraite. Elle se repère
souvent grâce à l'emploi de la majuscule. Processus de symbolisation par personnification.
Proche de la personnification, elle lui ajoute une dimension symbolique.
Ex : « Hiver, vous n’êtes qu'un vilain !
Été est plaisant et gentil. » (Ch. D'Orléans)
Ex : « Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ.
Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant . » (Hugo) L'allégorie de la mort est représentée par une femme en train de faucher (+
méta filée)
Ex : La Liberté guidant le peuple (tableau d'E. Delacroix) = allégorie en image
Fonction  : Mise en scène d'idée ou d'abstraction - forte puissance représentative

La prosopopée : procédé qui consiste à faire parler un mort, un absent, un dieu ou un être surnaturel.
Ex. « Tout à coup des accents inconnus de la terre/
Du rivage charmé, frappèrent les échos :
Le flot attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :
« O temps suspends ton vol/ et vous heures propices,
Suspendez votre cours ! »   Lamartine
Fonction : Elle permet d'invoquer un disparu, de le glorifier. Elle sert le plus souvent à prendre à témoin un disparu pour adresser une invective à un
vivant.

Figures lexicales basées sur l'opposition.


Leur but ? Rapprocher ou mettre en lien deux éléments opposés pour ainsi
mettre en valeur leurs contradictions (idées, émotions, actions...)

L'antithèse : Elle consiste à opposer deux mots, deux expressions ou deux notions contraires dans une même phrase ou dans des phrases voisines.
(deux termes ou expressions ) opposés dans un même énoncé.
Figure de prédilection de V.Hugo !
Ex. « La jeunesse vit d'espérance, la vieillesse de souvenirs » Montaigne
A B A' B'
Deux paires de mots opposés.En rapprochant ces mots on met en évidence les différences qui séparent les jeunes des personnes plus âgées.

Ex. « Paris est tout petit, c'est là sa vraie grandeur. » Prévert


Ex. « Ici c'est le paradis, ailleurs l'enfer. » Voltaire
Ex. Qui aime bien châtie bien.
Fonction de l'antithèse : Mettre en évidence un conflit. Exprimer le caractère conflictuel, paradoxal voire monstrueux d'une situation. Ce procédé
chercher à attirer l'attention du lecteur.

L'oxymore : Deux termes unis grammaticalement, s'opposent sémantiquement dans une même phrase. L'union des mots contraires frappe
l'imagination.
Deux termes opposés dans un même groupe de mots.
Ex. « Par ma foi, voilà un beau jeune vieillard pour 90 ans . » Molière
A A' (contraires dans le même groupe)
« Un silence assourdissant » Camus
« Elle se hâte avec lenteur » La tortue de la Fontaine
«  Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. » Corneille
Fonction de l'oxymore : cherche à créer une réalité inattendue. Frapper l’imagination. Permet une mise en relief.

L'antiphrase (l'ironie) Dire le contraire de ce que l'on pense tout en laissant entendre la vérité. Exprimer une idée par son contraire dans une
intention ironique
Ex. « Tu as eu un zéro en histoire ? Ah bravo ! » «  Je suis dans de beaux draps. »
Fonction : Mettre en évidence l'absurdité d'un fait, d'une situation, pour critiquer un fait, une situation....avec ironie.
On peut s'en servir à l'oral et utiliser le non verbal pour mieux faire comprendre à son interlocuteur ce que l'on dit.
A l'écrit il faut présenter de façon claire qu'on écrit le contraire de ce que l'on pense.

Le paradoxe : Il énonce une opinion contraire à l'idée commune.


Ex. Les premiers seront les derniers. In vino veritas. De nombreux enfants au QI très élevé sont en échec scolaire.
« Monsieur le baron était un des plus puissants seigneurs de la Westphalie, car son château avait une porte et des fenêtres. » Voltaire
Fonction : Surprendre, choquer, inviter à la réflexion.

Figures lexicales basées sur la substitution


( Elles remplacent un terme par un autre terme ou par toute une expression )

La métonymie : Remplacer un terme par un autre qui lui est lié en créant souvent un effet de raccourcis
Consiste à désigner une chose par un terme proche de la chose parce qu'il entretien avec elle une relation logique facilement identifiable.
Elle remplace un mot par un autre mot selon un lien logique, par une relation analogique.
Les deux objets sont différents. Ex. « Le petit chaperon rouge »
Elle peut effectuer différents types de remplacements.
Elle peut désigner :
-le contenant pour le contenu. Ex. « Boire un verre. » un verre remplace le contenu , le liquide « Manger tout le paquet »remplace
le contenu du paquet
-l'instrument pour celui qui l'emploie (instrument/agent) Ex . « Une fine lame .» (pour désigner un escrimeur habile)
-l'activité pour le lieu, le lieu pour la chose, pour l'institution. Ex. « Un bon Bordeaux » « C'est une décision de l’Élysée 
Fonction : Elle permet une désignation imagée, un raccourci d'expression et donne une vision plus frappante.

La synecdoque : (la synecdoque est une métonymie spécialisée dans la partie/tout, +/-, etc La synecdoque consiste à prendre le + pour -, la partie
pour le tout, le singulier pour le pluriel. Ex : L'ennemi pour les ennemis
La synecdoque utilise un mot pour un autre en lui attribuant un sens plus large ou plus restreint.)
Proche de la métonymie se trouve la synecdoque. Dans la méto les deux objets sont différents, dans la synecdoque, l'un des deux est englobé dans
l'autre, on donne la partie pour le tout.
Elle emploie, pour parler d'un être ou d'un objet, un mot désignant une partie de cet être ou de cet objet ou la matière dont il est fait.

Ex. Il s'était promis que sous son toit , personne ne serait mal nourri. Il cuisinait si bien que ses invités dévoraient leur assiette. Il faut dire qu'il
avait le don d'accompagner ses plats d'excellents Bordeaux. Vraiment, ces festins satisfaisaient même les fourchettes les plus difficiles.
- Sous son toit remplace dans sa maison (partie /tout). On a donc substituer le tout, qui est l'ensemble de la maison, pour une partie de
celui-ci, c'est-à-dire le toit de la maison.
- On a remplacer le contenu par le contenant en parlant de l'assiette plutôt que de la nourriture qu'elle contient.(contenant/contenu)
- Plutôt que de nommer le vin, qui est l'objet, on a nommer son lieu d'origine(lieu d'origine/objet)
- On a nommer l'instrument qui est la fourchette plutôt que de nommer l'agent, c'est-à-dire la personne qui mange.
La voile pour le bateau : je discerne 100 voiles à l'horizon : le bras pour l'homme : j'ai besoin de bras pour mon déménagement, le fer pour
l'épée : croiser le fer ; avoir un toit...
Fonction : La synecdoque, en donnant une vision fragmentée de la réalité, frappe et surprend par sa forme concentrée. Elle concourt à donner plus
de réalisme. La synecdoque utilise un mot pour un autre en lui attribuant un sens plus large ou plus restreint.

La périphrase : (éty. Expliquer en faisant un détour) Utiliser plusieurs mots plutôt qu'un seul.
Dire en plusieurs mots ce qui pourrait être dit en peu de mots, voire en un seul. Elle permet d'embellir, d'atténuer ou de déprécier la réalité
désignée.
Elle remplace un mot par une expression qui le défini. Un simple mot est remplacé par des éléments de phrase plus complexes, jouant sur
l'implicite.
Ex. La Venise du Nord (=Bruges) Le roi des animaux (= le lion) « Et le char vaporeux de la reine des ombres » (=la lune) Lamartine
Je m'en vais ne faire qu'un avec mon matelas (=dormir) hôpital pour ventres vides (=resto)
Fonction : Elle donne plus de profondeur au texte et met l'accent sur certains aspects. Elle attire l'attention sur une qualité et permet d'éviter une
répétition. Elle peut être ironique. Elle exprime les qualités de la réalité désignée sans la nommer.

Figures lexicales fondées sur l'amplification ou l'atténuation


F.Ampli. : but : mettre en évidence un élément précis du discours en
répétant cet élément ou en l'exagérant

L'hyperbole : Elle consiste à amplifier ou exagérer des propos. Elle emploie des termes trop forts ou exagérés dans le but de frapper l'imagination.
Ex. « Tant de millions de peuples passés au fil de l'épée » Montaigne  C'est trop bon ! Je meurs de soif.
Fonction : Créer une impression forte et intense qui pourra convaincre le lecteur ou l'amuser. Met en valeur ce qu'elle désigne. Elle est
caractéristique du langage familier ou de registre épique. Elle peut traduire une émotion forte ou un désir de se moquer par l'ironie.

L'euphémisme : Il cherche à atténuer le sens d'un mot en employant à sa place un autre mot ou une autre exprsiion moins déplaisante ou moins
choquante.
Ex. Et tôt nous serons étendus sous la lame (allusion à la mort) Ils nous ont quittés. (=mort) les non-voyants Mon épouse est un
peu enveloppée Aller au petit coin
Fonction : dissimulation d'une idée brutale ou jugée inconvenante

Litote : consiste à dire le moins pour suggérer le plus. Elle se distingue le plus souvent par la formulation du contraire à la forme négative.
Ex. « Va , je ne te hais point » (= je t'aime) Il n'est pas sot, cet enfant. On ne mourra pas de faim aujourd'hui
Fonction : En cherchant à atténuer, la litote renforce paradoxalement ce que l'on a voulu dire. Elle permet de dire beaucoup plus que les
circonstances ne le permettent.
Les figures syntaxiques (structure de la phrase)
Les figures syntaxiques fondées sur l'accumulation ou l'insistance

Le parallélisme : Emploi répété d'une même structure de phrase, autrement dit de la même structure syntaxique.
Ex. « Il n'avait pas de fange dans l'eau d son moulin « Femme nue, femme noire
Il n,'avait pas d'enfer dans le feu de sa forge » V. HUGO Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté » SENGHOR
Fonction : Effet d'insistance, mise en relief d'une similitude ou d'une divergence.

L'énumération : elle permet d'énoncer successivement les parties d'un tout et de dresser des inventaires. Son contenu est hétérogène.
Ex. « un attrape cailloux, un frigidaire, une armoire à cuillère, un pistolet à gaufres, un avion pour deux.... »
Fonction : Création d'un univers propre au narrateur dans lequel le lecteur est inviter à entrer. Création d'une impression de foisonnement, d'excès,
d'amplification.

L'accumulation : Énumérer des mots, des groupes de mots ou des phrases. On ajoute des termes de même nature ou de même fonction qui
développent l'idée principale par touches successives. L'accumulation recherche l'exhaustivité. Elle est homogène.
Frapper le lecteur pour montrer une caractéristique d'un objet (ex : énumérer les différents types de livres que l'on trouve dans une bibliothèque.)
Ex. « … et là se fait entendre un perpétuel piétinement, mugissement, beuglement, broutement des moutons et des porcs. » Joyce
«  Adieu veau, vache, cochon, couvée. La Fontaine
Fonction : à peu près équivalente à l'énumération

La gradation : Énumérer des mots, des groupes de mots ou des phrases selon une progression croissante ou décroissante. C'est une accumulation
dans laquelle la succession des termes se fait dans un ordre d'intensité croissante ou décroissante.
Ex. «  Je me meurs, je suis mort, je suis enterré » Molière
«  C'est un roc, c'est un pic, c'est un cap... » Rostand
Fonction : Recherche de dramatisation, d'amplification.

La répétition : Elle utilise plusieurs fois un mot ou un groupe de mots ie les mêmes termes dans une phrase ou dans des phrases voisines.
Ex. « La terre était grise, le blé était gris, le ciel était gris. » Giono « Et elle, elle reste là. »- Jacques Brel
Fonction : Créer un effet d'insistance. Elle permet d'exprimer avec force un sentiment (amour, haine, peur...) ou cherche à convaincre.Elle créée un
effet d'amplification comique ou tragique.

L'anaphore : répétition insistante en début de phrase, de paragraphe, de vers ou de coupe. Si la répétition est à la fin, il s'agit d'une épiphore.
Ex. « Adieu la Cour, adieu les dames / Adieu les filles et les femmes » Marot
Fonction : elle donne un rythme cadencé qui renforce l'impression de lyrisme, de tragique ou de comique. Elle crée un effet d'écho. Elle peut
traduire une obsession. Elle peut être persuasive.

La redondance : Répéter la même idée sous d'autres formes. Elle crée l’insistance en accumulant plusieurs synonymes dans le même énoncé. (Le
pléonasme est une des manifestation de la redondance)
Ex. Lucullus ne faisait compte de toutes ces plaintes et doléances. » Amiot Le soir était noir, sombre, obscur..
Le pléonasme consiste à répéter des termes et des expressions ayant le même sens afin de créer un effet d'insistance. Cette figure ne
s’effectue pas nécessairement avec des synonymes contrairement à la redondance. L'idée exprimée par le pléonasme est soit renforcée soit
précisée par l'ajout d'un ou de plusieurs mots choisis qui ne sont pas nécessaires au sens grammatical de la phrase et qui pourraient, dans un contexte
non littéraire, être jugés comme étant des erreurs syntaxiques.
« Mais plus personne plus personne / Ne se servira de mon cœur à moi / Ni de ta voix à toi qui résonne/ dans mon oreille et mon corps à moi.
Claude Roy
Attention ! Dans un contexte formel, le pléonasme est une erreur de langage :Monter en haut Descendre en bas Voire même
Fonction de la redondance ou du pléonasme : Ajouter une nuance à l'idée exprimée. Donner un certain rythme à la phrase.

Fig. syntaxiques fondées sur l'association ou l'opposition

Chiasme : Construction croisée qui consiste à reproduire les mêmes éléments lexicaux et syntaxiques sur la structure ABBA afin de créer un effet
de miroir. Deux expressions se suivent, mais la deuxième adopte l'ordre inverse. (A – B / B' - A')
Ex. « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. » Molière «  Le cœur a ses raisons que la raison ignore. » Pascal
A B B A
« Ajoutez quelquefois et souvent effacer » Boileau → Chiasme antithétique

Fonction : Mettre en valeur d'un parallélisme ou d'une opposition. Apporter une vision synthétique de deux réalité contraires.

Fig. synta. de rupture


Anacoluthe : [ gr. Anakolouthos = qui est sans suite]
c'est au départ une erreur de langage qui peut devenir une figure de style.
En effet, il s'agit d'une rupture dans la construction de la phrase. La syntaxe de cette dernière n'est pas celle qu'on aurait pu attendre au début.
Rupture de la construction syntaxique.
→ Erreur de langage : quand on fait des phrases si longues qu'on en oublie le début. On perd le fil.
→ Fig de style : permet de mettre en valeur certains éléments d'une phrase mais surtout de dérouter le lecteur dans sa compréhension, de provoquer
un effet de surprise.
Parfois difficile à saisir à la première lecture elle peut aussi représenter un rupture dans la pensée de celui qui parle, ou un parlé plus naturel que
l'écrit.
Ex. Tétanisés par le froid, l'aubergiste nous a offert un vin chaud.
Tétanisés = au pluriel, on s'attend donc à ce que le sujet de la phrase corresponde à plusieurs personnes, or, c'est l'aubergiste le sujet réel de la
phrase.
Ex.  «  Le nez de Cléopâtre, s'il eut été plus court, la face de la Terre eut été changée. » Pascal
«  Mais moi, la barre du bourreau s'était, au premier coup, brisée comme un verre .» A. Bertrand

Zeugma : (ce qui sert à unir, à joindre)C'est une forme d'anacoluthe


Utiliser sans le répéter un terme dans deux sens différents.
Ex. « essuyer » : sécher avec un chiffon (sens propre) et subir qc (sens figuré)
Normalement je devrais dire : Au terme de ce match tu vas essuyer une défaite et tu vas essuyer la sueur sur ton front !
Mais les répétions c'est agaçant et pour les éviter on préférera faire un zeugma : « Au terme de ce match tu vas essuyer une défaite et la sueur sur
ton front. » Essuyer est ainsi utiliser dans son SP et son SF.
Le zeugma est aussi le rapprochement d'un mot concret et d'un mot abstrait dans un même énoncé.
Ex. « Il prit du ventre et de l'importance .»
« Il était patient en amour et à l'hôpital St Anne. »
« Je vais prendre mon chapeau et la porte ».
« Par une journée d'automne et de repos, je prenais mon temps et le soleil, soudain l'inspiration et une pomme me tombèrent dessus . Je levais
les yeux et une incohérence car j'étais assis sous un sapin ».
« Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours. »
Fonction : créer une dissonance, un effet de surprise, qui attire l'attention.

Permet aussi de relier ensemble (éty.) des éléments incongrus et permettre à l'auteur de crée un sens totalement nouveau.
Ex. « Un groupe de femmes attendais les arrivants devant un des trois comptoirs où trônait, fardées et défranchies, trois marchandes de
boissons et d'amour  ». Bel-ami de Maupassant
→ Le zeugma permet le surgissement inattendu de la prostitution dans ce lieu pourtant fréquenté par la haute société et résume assez bien le
rapport du personnage principal aux femmes car le personnage leur vendra de l'amour pendant tout le roman pour étancher sa soif de posséder.

Ex : « Le directeur veut réunir et parler à ses employés le plus vite possible. »
Dans cette phrase, l'anacoluthe se trouve sous forme d'un zeugma. Les deux verbes « réunir » (transitif) et « parler à » (transitif indirect) ont des
régimes différents.
Une phrase plus habituelle serait : « Le directeur veut réunir ses employés et leur parler le plus vite possible .»

Ellipse : Omettre volontairement un ou plusieurs mots dans une phrase, afin d'abréger et de simplifier le raisonnement sans nuire à la clarté. De là,
la compréhension doit être capable de suppléer à cette omission voulue et cohérente. Le message n'est pas impacté par cette absence.
Ex. « L'Oréal, parce que je le vaux bien. » 
« Il y a des nuages. Pluie. Je sors mon parapluie. » Mis pour « il y a des nuages, il y a de la pluie »
Fonction : raccourcir le discours, le rendre plus vif, plus concis, lui donner un plus grand degré d'intérêt et de grâce.
Attention l’ellipse stylistique n'est pas l'ellipse narrative : omettre un passage de l'histoire tout en décrivant ce qui précède et ce qui suit.

L'asyndète (éty. Absence de liaison) ou « disjonction »: omission des conjonctions de coordinations ainsi que des liens logiques permettant de
comprendre ce qui associe les propositions et les phrases entre elles. Une asyndète provoque donc une parataxe.
Désigne donc l'absence de coordination ou de subordination. Famille de l'anacoluthe.
Ex.« Il fait beau. Je reste chez moi. » → Il fait beau, cependant je reste chez moi.
Proche du style télégraphique. « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués »

Aposiopèse : interruption de la phrase avant sa fin logique. Marque la réticence.


« Vous feriez mieux de payer, sinon... »

Anapotodon : c'est l'ellipse, dans une phrase complexe, de la prop. Principale. Fortement sous-entendue.
« Si tu penses que je vais rester sans rien faire... (, sous entendu : « tu te fourres le doigt dans l’œil! »)

Anantapotodon : omission de la seconde partie d'une structure qui en attendait logiquement deux.
Ex. « Il existe deux types de personnes. Ceux qui savent déduire les choses de données incomplètes. » (sous entendu : et ceux qui ne savent pas
déduire les choses...)
« Soit tu finis tes devoirs. »

Fig. basées sur le son


Allitération : but :produire des effets sonores.
Consonantiques pour l’allitération.
Ex. « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » Racine
Fonction : produire un effet d'insistance.
NB : quand le son produit est relier au contenu du texte, on parle d'harmonie imitative
Ici la répétition du son [s] produit pour effet d'imiter le sifflement du serpent. C'est une harmonie imitative.
Elle ont plus d'impact quand elles sont utilisées à l'oral.

Assonance : but :produire des effets sonores. Répétition des sons vocaliques (ie produit par des voyelles)
Fonction : produire un effet d'insistance.
Elles ont plus d'impact quand elles sont utilisées à l'oral.

Paronomase: Rapprochement de deux homonymes (qui se prononcent pareil) ou de deux paronymes(qui se prononcent presque pareil)
Rapprocher deux mots de sonorités voisine (paronymes) [mais de sens différents] dans une phrase.
Ex. Qui vole un œuf vole un bœuf. Qui se ressemble s'assemble. Qui s'excuse, s'accuse.
Fonction 1: faire rentrer des associations d'idée dans la tête. Si juvabien, c'est Juvamine.
On ne peut plus entendre « je vais bien » sans y penser.
Fonction 2 : permet de rapprocher des mots proches par les sons comme s'ils étaient proches par le sens
Ex. « Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville » Verlaine
Paronomase entre pleure et pleut. Le poème exprime la tristesse par les gouttes de pluie qui sont dehors et par les larmes qui sont en lui.

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