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Histoire de la minéralogie

La minéralogie, avant d'être une discipline scientifique, peut être décrite a priori comme une multitude de
savoirs culturels, parfois très évolués et surprenants, sur le monde minier et sur les matières composant la
Terre. Son histoire ne débute qu'au XVIIe siècle et surtout à la fin du XVIIIe siècle au sens des sciences
exactes, comme une partie de l'histoire naturelle qui traite des minéraux ou des corps singuliers directement
ou indirectement recherchés, voire rejetés, extraits de la mine ou d'une exploitation souterraine. Mais elle est
1
déjà présente au sein des sciences antiques, voire néolithiques .

Sommaire
Généralités
Théorie grecque
Théorie Chinoise traditionnelle
Émergence de la théorie moderne
Shen Kuo
La minéralogie en Europe de la Renaissance, puis baroque et des Lumières
La minéralogie en Europe de 1780 à 1835
La minéralogie en Europe de 1835 à 1920
Voir aussi
Articles connexes
Sources
Bibliographie
Notes

Généralités
L'étude des minéraux, les collections de minéraux et de pierres pures et les recueils de multiples théories
explicatives sont en un sens fort anciens.

Un savoir culturel à la fois minéral et minéralurgique est apparu avec la volonté des hommes de trouver les
matières indispensables à leur survie, comme des mines de silex durant l'âge de la pierre, puis des métaux
comme le cuivre ou le fer. D'autres croyances, comme la lithothérapie ont retenu l'attention des savants. La
première théorie minéralogique dont nous ayons la trace a été établie à Babylone, les sciences gréco-
2
romaines héritant de celle-ci. D'autre part, la Chine et l'Inde antique dans le prana ont su développer
également des connaissances propres. Ce sont d'ailleurs les chinois qui, au XIe siècle ont ébauché les
premières versions du concept de géomorphologie. Cependant, les premières études réellement scientifiques
3
qui répertorient systématiquement les minerais sont originaires de l'Europe pendant la Renaissance . Les
premiers résultats concrets sur la formation des minéraux datent de la découverte du microscope et du
3
principe de la cristallographie au XVIIe siècle .

Théorie grecque
Théorie Chinoise traditionnelle

Émergence de la théorie moderne

Shen Kuo

La minéralogie en Europe de la Renaissance, puis baroque et des


Lumières

La minéralogie est sortie à la fois du cabinet de curiosité et/ou de la collection savante ou déjà
muséographique où elle n'existe qu'à l'état d'esquisse, par une rencontre inattendue avec la chimie
technique, essentiellement minière, déjà constituée sur des considérations d'observations pratiques, espace
de rencontre renforcé par la logique nominaliste, l'art du designo ou de représentation par le dessin des
formes dans l'espace alliées aux multiples ingénieries de l'artifice du XVIe siècle. Mais elle ne se constitue en
discipline scientifique véritablement qu'avec la lente constitution d'un champ des sciences exactes au début
du XVIIe siècle, c'est-à-dire avec l'intériorisation par les hommes de sciences de leurs croyances religieuses
et/ou humanistes, et l'acceptation d'un espace de liberté de la pensée, non couvert systématiquement par la
philosophie et les classements impératifs de l'opinion autorisé et de la croyance officielle, mais ouvert à une
participation humaine originale et singulière.

La profusion et la dispersion des apports entre 1620 et 1680 est en partie effacée. C'est dans les marges de
l'Europe qu'une synthèse partielle, mais efficace est opéré par des scientifiques modestes entre Suède et
Finlande, dont hérite Vallerien, Bergmann ou Rinmann. Vallerien opère un classement, probablement
discriminant et régressif, mais sans état d'esprit marqué par les théories à la mode, de l'acquis de son
domaine. Mais l'autorité de la science nordique permet à des chimistes et des minéralogistes de continuer
leurs études, et en particulier de poursuivre la mise au point au laboratoire et sur le terrain de techniques
d'études efficaces de la matière. Cronstedt met au point un chalumeau et systématise ses applications.

La minéralogie en Europe de 1780 à 1835

La minéralogie européenne bénéficie de cet apport, mais le relèvement et l'essor de la discipline est
redevable aux deux Français presque esseulé et injustement décriés dans leur pays, Romé de l'Isle,
inventeur de la cristallographie et promoteur de l'usage de la géométrie descriptive, et son éphémère élève,
l'abbé René-Just Haüy. En Allemagne et en Autriche, le relèvement de la chimie et de la minéralogie est
souvent l'œuvre des savants nordiques qui parlent et écrivent en allemand, mais l'école des mines saxonne
de Freiberg tend à s'autonomiser et accéder à une reconnaissance européenne et internationale avec Werner.
Avec ce grand professeur, le prestige de la minéralogie européenne est si grand que ce dernier se croît
autorisé à s'improviser géologue pour mieux s'accorder sur les datations et les époques paléontologiques
avec les tenants universitaires du grand Déluge biblique.

Pionnier de la géologie des roches ignées ou éruptives, James Hutton présente sa théorie de
l'uniformitarisme, qui finit par s'avérer la plus juste face à la théorie de Catastrophisme, plus conforme aux
vues des Chrétiens car plus conforme à la Genèse.

Les successeurs de James Hutton furent connus sous l'appellation de plutonistes, car ils pensaient que les
roches étaient formées par un dépôt de laves produites sous terre dans des volcans. Ils s'opposaient
violemment en cela aux neptunistes disciples de Werner qui pensaient que les roches s’étaient formées dans
violemment en cela aux neptunistes, disciples de Werner qui pensaient que les roches s étaient formées dans
un grand océan dont le niveau baissait au cours du temps.

La minéralogie en Europe de 1835 à 1920

Les progrès de la géologie sous influence anglo-saxonne au début du siècle amènent à revoir les
classifications initialement chimiques et minéralogiques. Ainsi naissent des classifications mixtes, à la fois
chimiques et géologiques.

Les anciens minéralogistes de la fin du XIXe siècle sous influence des chimistes distinguaient grossièrement :

la matière minérale élémentaire des roches fondamentales, soient


les silicates des roches acides : silicates essentiels comme les silices (quartz,
quartzine, opale, tridymite...), les feldspaths (feldspathique et feldspathoïdes), les
micas (biotite, phlogopite, muscovite...) et accessoires comme les silicates des
granites et des gneiss ((cordiérite, sphène), ceux des pegmatites (tourmaline, topaze,
émeraudes...) et des syénites éléolitiques (zircon, orthite, cérérite...)
les silicates des roches basiques : silicates essentiels (pyroxènes et amphiboles,
péridots...) et accessoires, zéolites (sodiques, sodico-calciques, calco-potassique, à
base de chaux, de potasse et de soude, calcifères, barytiques)
les silicates des roches métamorphiques : silicates d'aluminium comme les corps
anhydres (andalousite, disthène...) ou les corps hydratés (argiles...) et les autres
silicates non alumineux, comme les silicates anhydres ou peu hydratés (grenats,
wernerites, humites...), voire hydratés (épidotes, chlorites, clintonites, serpentines...)

la matière minérale élémentaire des gîtes minéraux, comprenant :


les divers oxydes et oxysels non métalliques, avec les oxydes (glace, rutile,
corindon...), les aluminates (cymosphane, spinelle...), les nitrates (nitre ou salpêtre,
nitratine...), les borates (borax, boracites...), les carbonates rhombiques (comme la
strontianite, l'aragonite...), rhomboédriques (comme la calcite, la dolomie...), ou
encore hydratés (comme le natron, la gaylussite...), les sulfates anhydres (comme la
barytine, la célestine...) ou hydratés (comme le gypse, l'epsomite...), les phosphates
(apatite, turquoise...), les arséniates, les antimoniates comme la pharmacolite, les
tungstates, les titanates, les tantalates (tantalite...), les niobates (niobite...)
les sels haloïdes avec les chlorures (sel gemme...), les fluorures (fluorine,
cryolithe...).

les minerais métalliques, soient les minéralisateurs soufre S, arsenic As, antimoine Sb... et
leurs combinaisons (orpiment, stibine... ), les minerais métalliques acidifiables et les
minerais de métaux Fe (pyrite, oligiste, sidérose...), Co (smaltine, cobaltite...), Ni (millerite,
annabergite...), Zn (blende, calamine...), Sn (stannine, cassitérite...), Pb (galène,
cérusite...), Bi (bismuthine, eulytine...), Cu (cuprite, azurite...), Hg (cinabre, calomel...), Ag
(argyrite, pyrargyrite...), Au (or natif, sylvanite...), Pt (platine natif, alliage de platine...), Mo
(molybdénite...), V (vanadine, Cr (chromite...)...), W (wolfram...), Mn (acerdèse,
rhodonite...)...

les combustibles minéraux, à base de matière carbonée (diamant, graphite...) et de sels


organiques (mellite...), de bitume (pétrole, asphaltes...) et charbon fossile (houille,
lignite...), de cires fossiles (ozocénite...) et de résines fossiles (ambre, succin...).

Voir aussi

Articles connexes
Articles connexes

histoire de la géologie
histoire de la paléontologie
histoire de la volcanologie

Sources

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais
intitulé « Mineralogy (https://en.wikipedia.org/wiki/Mineralogy?oldid=134098560) » (voir la
liste des auteurs (https://en.wikipedia.org/wiki/Mineralogy?action=history)).

Bibliographie
(la) Georgius Agricola, De Natura Fossilium, 1546
(en) Georgius Agricola (trad. M. C. et J. A. Bandy), Textbook of Mineralogy [« De Natura
Fossilium »], Courier Dover Publications, 2004, 256 p. (ISBN 978-0-486-49591-0, lire en ligne (http
s://books.google.fr/books?id=qNOB-vcob88C&pg=PP1))
(en)A. K.-L Chan, G. K. Clancey et al., Historical perspectives on East Asian science,
technology, and medicine, World Scientific, 2001, 585 p. (ISBN 978-9971-69-259-9, présentation
en ligne (https://books.google.fr/books?id=DWG9U5ru-nMC), lire en ligne (https://books.google.fr/books?id=D
WG9U5ru-nMC&pg=PP1))
(en) J. Needham et L. Wang, Science and civilisation in China, vol. 3 : Mathematics and
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(ISBN 978-0-521-05801-8, lire en ligne (https://books.google.fr/books?id=jfQ9E0u4pLAC&pg=PP1))
(en)L. S. Ramsdell, Encyclopedia Americana, vol. 19 : Meyer to Naval Rank, Americana
Corporation, 1963, 808 p. (ISBN 978-0-7172-0137-2, présentation en ligne (https://books.google.fr/book
s?id=WTcOKQEACAAJ))
(en)N. Sivin, Science in ancient China : Researches and reflections, vol. 506, Variorum,
1995, 328 p. (ISBN 978-0-86078-492-0, présentation en ligne (https://books.google.fr/books?id=FdDaAAAA
MAAJ))

Notes
1. Les techniques lithiques anciennes sont souvent impressionnantes, et requièrent bien,
malgré les avis de quelques archéologues méprisant le travail manuel, un authentique
savoir.
2. Needham, Volume 3, 637.
3. Needham, Volume 3, 636.

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