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Analyse I ”DUT : EREE/Info/GE”

Pr: Mohamed Tifroute

2020-2021
Table des matières

1 Suites Réelles 3
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Monotonie des suites (Variations) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Limite d’une Suite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.4 Exemples importants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4.1 Suite arithmétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4.2 Suite géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5 Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.6 Suites extraites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

2 Fonctions numériques d’une variable réelle 10


2.1 Notion de fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2 Limites : définitions et propriétés de bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.3 Limite à droite-limite à gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.4 Limite et comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.5 Continuité d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.6 Prolongement par continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.7 Théorème des valeurs intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

3 Dérivée d’une fonction numérique 17


3.1 Dérivée en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.2 Calcul des dérivées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.2.1 Dérivées des fonctions usuelles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.3 la règle de l’hôpital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.4 Utilisation de la dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.5 Théorème de Rolle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.6 Théorème des accroissements finies (T.A.F). . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.7 Convexités d’une fonction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

2
Chapitre 1

Suites Réelles

1.1 Introduction
Motivation : Si on lance une balle qui rebondit au sol, on peut se poser la question
de savoir si la balle s’arrête au bout d’un certain temps ou si elle rebondit indéfiniment.
Pour décrire l’évolution, on peut considérer la suite (tn ) des instants où la balle rebondit,
et la suite (vn ) des vitesses de rebonds au sol. Pour que ces suites soient bien définies, on
fera la convention que si la balle s’immobilise au bout de N rebonds, on pose pour n = N ,
tn = tN et vn = 0. Cette étude dépendra des hypothèses faites (élasticitè, frottements, ..)
et s’appuiera sur les lois de la physique.

Définition 1.1. Une suite est une fonction à valeurs réelles dont l’ensemble de définition
est N (ou éventuellement un sous-ensemble de N).
– la suite est notée (un )n∈N ou (un )n≥0 ou encore plus simplement (un ) .
– Le terme un s’appelle terme général de la suite.
– L’entier n est appelé le rang du terme un .

Remarques 1.1. – Parfois on ne prend pas la peine de définir quelques premiers


termes de la suite.
– Une suite peut-être définie :
– soit de manière explicite par exemple : la suite wn = n − 2 .
– soit par une formule de récurrence. Par exemple on considère la suite (un )
définie pour tout n ∈ N, par : u0 = 1 et un+1 = 3un − 2

Exercice 1.1. Pour chacune des suites suivantes de terme général, indiquer à partir de
quel rang elles sont définies puis calculer la somme des 3 premiers termes.

3n √ n
(a) un = ; (b) wn = n − 2; (c) vn = √ .
2n − 3 n−1

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1.2 Monotonie des suites (Variations)


Définitions 1.1. – croissante si ∀n ∈ IN un+1 ≥ un ,
– décroissante, si ∀n ∈ IN un+1 ≤ un ,
– monotone lorsqu’elle est croissante ou décroissante,
– strictement monotone lorsqu’elle est strictement croissante ou strictement décroissante
– constante lorsqu’il existe a ∈ IR tel que : ∀n ∈ IN , un = a,
– stationnaire si : ∃N0 ∈ IN, ∀n ∈ IN, n ≥ N0 ⇒ un+1 = un .
Remarques 1.2. Pour déterminer le sens de variation d’une suite (un )n∈N , on peut
– étudier le signe de un+1 − un .
un+1
– lorsque la suite ne s’annule pas, comparer avec 1 en faisant attention au signe
un
de un .
Exemple 1.1.
lesquelles des suites définies par les termes généraux suivants sont croissantes
(A) un = (−1)n ; (B) un = 1 − n1
1
(C) un = 1 + n ; (D) un = 1 − 2n−1n+1

Exercice 1.2. : Les suites suivantes sont elles monotones ?


1
un = ln(n + 1) − ln(n), vn = n.exp(− ).
n!
Définitions 1.2. Suites bornées
Une suite (un )n∈N est dite
– majorée lorsqu’il existe M ∈ IR tel que : ∀n ∈ IN , un ≤ M,
– minorée lorsqu’il existe m ∈ IR tel que : ∀n ∈ IN , m ≤ un ,
– bornée lorsqu’elle est simultanément majorée et minorée.
Exercice 1.3. Étudier le sens de variation des suites suivantes.
1
(a) un = 2n − n ; (b) vn = 2n3 + n ; (c) wn = − √ ;
2+ n
Les opérations sur les réels s’étendent aux suites en des opérations terme à terme.
– addition : (un ) + (vn ) = (un + vn ).
– multiplication : (un )(vn ) = (un vn ).
– multiplication par un réel : λ(un ) = (λun ) ∀λ ∈ IR.
– comparaison : (un ) ≤ (vn ) ⇔ ∀n ∈ IN un ≤ vn

1.3 Limite d’une Suite


Définitions 1.3. La suite (un )n∈IN a pour limite L ou tend vers L ∈ IR si pour tout
nombre  > 0, il existe un entier naturel N ayant la propriété suivante :
n ≥ N ⇒ |un − L| ≤ .

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Autrement dit :

∀ > 0 ∃N ∈ IN, ∀n ∈ IN, n ≥ N ⇒ |un − L| ≤ 

– Notation :limn−→+∞ un = lim un = L.

– On dit aussi : un converge vers L.

– |un − L| ≤  ⇔  ≤ un − L ≤  ⇔ L −  ≤ un ≤ L + 

Définition 1.2. Soit (un ) une suite réelle. On dit que (un ) tend vers +∞ quand n tend
vers +∞ (Suites divergentes) si et seulement si :

∀A > 0 ∃n0 ∈ N : n ≥ n0 ⇒ un > A.

On note
lim un = +∞ où lim un = +∞.
n→∞

Définition 1.3. Soit (un ) une suite réelle. On dit que (un ) tend vers −∞ quand n tend
vers +∞ (Suites divergentes) si et seulement si :

∀B < 0 ∃n0 ∈ N : n ≥ n0 ⇒ un < B.

On note
lim un = −∞ où lim un = −∞.
n→∞

Conclusion : Une suite (un )n∈IN est convergente si elle admet une limite finie. Elle est
divergente sinon (c’est à- dire soit la suite tend vers ±∞, soit elle n’admet pas de limite).

Proposition 1.1. Si une suite (un )n∈N converge vers une limite L, cette limite est unique.

Preuve(exercice)

Proposition 1.2. Toute suite convergente est bornée.

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Preuve (exercice).

Attention : Une suite bornée n’admet pas forcément de limite. Par exemple un = (−1)n

Proposition 1.3. Opérations sur les limites Soient (un )n∈IN et (vn )n∈IN deux suites
telles que limn−→+∞ un = l1 , limn−→+∞ vn = l2 et λ ∈ IR. Alors
– limn−→+∞ un + vn = l1 + l2 et limn−→+∞ un vn = l1 l2 ;
– limn−→+∞ λun = λl1 ;
1 1
– Si l1 6= 0, alors limn−→+∞ = .
un l1
– Si limn−→+∞ un = l1 alors limn−→+∞ |un | = |l1 |
– limn−→+∞ un = l ⇔ limn−→+∞ (un − l) = 0

Exercice 1.4. L’énoncé suivant est-il vrai ou faux ?


La somme de deux suites converge si et seulement si les deux suites convergent.

Exercice
 1.5.n Déterminer la limite lorsque n tend vers l’infini des suites suivantes :
1 1 + (−1)n 3n + 5
(1) − ; (2) ; (3)
2 2 3 + n2
sin(2n) ln(2n) 2n
(4) √ ; (5) (6) 2
n ln(n) n

Théorème 1.1. — Toute suite monotone et bornée est convergente


– Toute suite croissante et majorée est convergente.
– Toute suite décroissante et minorée est convergente.

Remarque 1.1. Ce théorème permet de montrer qu’une suite converge, mais ne fournit
aucun moyen pour déterminer cette limite.

Exemple 1.2. Étudier la convergence la suite (vn ) définie sur N ∗ par vn = 1 − 1


nn .

Théorème 1.2. — Théorème Point fixe


Soit une suite (un ) définie par une relation de récurrence du type un+1 = f (un ). Si la
suite (un ) converge vers un réel l, alors, la limite l vérifie la relation f (l) = l. l s’appelle
un point fixe pour la fonction f .

Exercice 1.6. On considère la suite (un )n∈N de nombres


√ réels dont le terme général est
défini par récurrence en posant : u0 = 2 et un+1 = 2un − 1
1. Montrer que, pour tout n ∈ N , 1 ≤ un .
2. Montrer que la suite (un )n∈N est décroissante.
3. En déduire que la suite (un )n∈N est convergente et déterminer sa limite.

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Théorème 1.3. — Comparaison de suites


Soient (un )n∈IN et (vn )n∈IN deux suites convergentes.
– Si un ≤ vn quel que soit n, alors lim un ≤ lim vn .
n−→+∞ n−→+∞

En particulier si un ≤ 0 quel que soit n, alors lim un ≤ 0


n−→+∞

Théorème 1.4. — Soient (un )n∈IN , (vn )n∈IN et (wn )n∈IN trois suites. Supposons que
un ≤ vn ≤ wn pour tout n.
– Si les suites (un )n∈IN et (wn )n∈IN sont convergentes et si lim un = lim wn =
n−→+∞ n−→+∞
l, alors la suite (vn )n∈IN est convergente et lim vn = l.
n−→+∞

sin(n)
Exemple 1.3. Trouver la limite de la suite (tn ) de terme général tn = 3 +
n+1
Attention : si lim un 6= lim wn la conclusion est fausse !
n−→+∞ n−→+∞

Théorème 1.5. — Soient (un )n∈IN et (vn )n∈IN deux suites.


– Si un ≤ vn pour tout n et si lim un = +∞, alors lim vn = +∞
n−→+∞ n−→+∞
– Si un ≤ vn pour tout n et si lim vn = −∞, alors lim vn = −∞
n−→+∞ n−→+∞

Théorème 1.6. — Si (un )n∈IN est une suite bornée et (vn )n∈IN est une suite qui converge
vers 0, alors lim un .vn = 0
n−→+∞

(−1)n sin(2n)
Exemple 1.4. Trouver les limites des suites wn = (cos(n)) sin( √ ) et un = 2
n n +1

1.4 Exemples importants


1.4.1 Suite arithmétique
Définition 1.4. Suites arithmétiques
On appelle suite arithmétique de raison a toute suite (un ) telle que :

∀n ∈ IN, un+1 = un + a
Proposition 1.4. Une suite arithmétique de raison a est entièrement déterminée par a et
la donnée de u0 , c’est-à-dire ∀n ∈ IN, un = u0 + na.
De plus une suite arithmétique peut n’être définie qu’à partir d’un certain rang n0 , auquel
cas pour tout n ≥ n0 , un = un0 + a(n − n0 ).
Proposition 1.5. Si (un ) est arithmétique de raison a, alors
N
X u0 + uN 
u0 + u1 + u2 + .... + uN = ui = (N + 1)
i=0
2

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Exercice 1.7. Determiner


√ si les suites suivantes
√ sont arithmetiques
(A) un = − 21 2n ; (B) vn = 23 − n2 (D)wn = (n+5)2 −(n+1)2

1.4.2 Suite géométrique


Définition 1.5. On dit que (un ) est une suite géométrique, s’il existe un réel q tel que :

∀n ∈ N, un+1 = qun

Le réel q est appelé raison de la suite (un ).

Proposition 1.6. Soit (un ) une suite géométrique de premier terme u0 et de raison q.
Alors, pour tout entier naturel n, on a

∀n ∈ N, un = u0 q n

– Plus généralement : Soit (un ) une suite géometrique de raison q. On a :

∀(n, m) ∈ N 2 , un = um q (n−m)

Proposition 1.7. Soit (un ) une suites géométrique de raison q :


– Si q > 1, alors lim q n = +∞, la suite (q n ) est divergente.
– Si q = 1, alors lim q n = 1, la suite (q n ) est convergente.
– Si |q| < 1, alors lim q n = 0, la suite (q n ) est convergente.
– Si q = −1, il n’y a pas de limite . La suite est divergente.
– Si q < −1, lim q n n’existe pas. La suite est divergente.

Proposition 1.8. Si (un ) est géométrique de raison q, alors


N
X 1 − q N +1 
u0 + u1 + u2 + .... + uN = ui = u0
i=0
1−q

Exercice 1.8. On considère la suite (un ) à termes positives définie par ln(3n un ) = n − 1
pour tout n ∈ N
1. Démontrer que (un ) est géométrique.
2. Donner le sens de variations de (un ) et sa limite.

1.5 Suites adjacentes


Définition 1.6. Les suites (un ) et (vn ) sont dites adjacentes si :
– (un ) est croissante et (vn ) est décroissante,
– pour tout n ≥ 0, on a un ≤ vn ,
– lim (un − vn ) = 0.
n−→+∞

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Théorème 1.7. — Si les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes alors elles convergent vers la
même limite.

Exercice 1.9. Dans chaque cas suivant, étudier si les suites (un ) et (vn ) sont adjacentes.
Dans l’affirmative, déterminer leur limite commune.
1 1
– a) un = − et vn = ;
n+1 n+3
1 1
– b) un = 3 − 2 et vn = 3 + 3 ;
n n

1.6 Suites extraites


Définition 1.7. On dit que (vn )n∈IN est une suite extraite de (un )n∈IN s’il existe une
application strictement croissante φ : IN −→ IN , appelée extractrice, telle que : ∀n ∈
IN, vn = uφ(n)

Si φ est une extractrice, alors lim φ(n) = +∞.


n−→+∞

Proposition 1.9. Si la suite (un )n∈IN converge vers l alors toute suite extraite de (un )n∈IN
converge également vers l.
Conséquence : Toute suite dont on peut extraire deux suites qui convergent vers des
limites différentes, est divergente.

Proposition 1.10. Soit (un )n∈IN une suite telle que les deux suites extraites (u2n )n∈IN
et ((u2n+1 )n∈IN convergent vers la même limite l ∈ IR. Alors (un )n∈IN converge également
vers l.

Preuve : (exercice).

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