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Mécanique des Fluides Incompressibles

Série 1 - Cinématique (Corrigé)


15 septembre 2008

Exercice 1
L’écoulement bidimensionnel d’un fluide est défini par les trajectoires Lagrangiennes

x = x0 ekt

(1)
y = y0 e−kt

Quelle est la forme de la trajectoire y(x) ? Trouver les composantes de la vitesse. L’écoulement
est-il stationnaire ?
La trajectoire est l’ensemble des points dans l’espace occupés par une particule matérielle
au cours du temps. Pour obtenir la trajectoire d’une particule à partir des coordonnées
lagrangiennes, on doit exprimer y = f (x). Dans l’expression (1) on élimine ekt entre x et y
pour avoir
xy = x0 y0 ,
ce qui décrit une hyperbole équilatère.
La vitesse d’une particule se calcule par dérivation simple des coordonnées Lagrangiennes
par rapport au temps t. Si x0 est le vecteur position initial de la particule située en (x0 , y0 )
au temps t = 0, la vitesse s’exprime par
 
dx vx
v(x, y, t) = = ,
dt x0 vy

kx0 ekt
   
kx
v= = .
−ky0 e−kt −ky
La vitesse en coordonnées Euleriennes étant indépendante du temps, l’écoulement est
stationnaire.

Exercice 2
Déterminer les lignes de courants définies par le champ de vitesse Eulerien

 u = −Ωy
v = Ωx (2)
w = w0

où Ω et w0 sont constants, et en faisant l’hypothése que l’écoulement est stationnaire.


La ligne de courant, à un instant donné, est la courbe à laquelle le vecteur vitesse est
tangent en chaque point. L’obtention des lignes de courant à partir du champ de vitesse
consiste a résoudre
dx dy dz
= = .
u v w
Plaçons-nous dans un plan distinct :

1
Plan (x, y)
dx dy
(2) =⇒ = =⇒ xdx = −ydy =⇒ x2 + y 2 = A2
−Ωy Ωx
Les lignes de courant sont des cercles de rayon A dans ce plan.
Plan (y, z)
dy dz
(2) =⇒ =
Ωx w0
p
Or on a vu précédemment que x = ± A2 − y 2 , d’où
w dy w0 y
p0 = dz =⇒ z = ± arcsin + B.
±Ω A2 − y 2 Ω A

En réécrivant la dernière relation, et en y substituant l’expression trouvée pour x, on établie


le système d’équation   
 x = ±A cos Ωz − B
 w0 
 y = ±A sin Ωz − B
w0

où A et B sont des constantes. Les lignes de courants sont donc des hélices portées par un
cylindre de rayon A et d’axe z (cf. figure 1).

Figure 1: Représentation graphique d’une ligne de courant.

Exercice 3
Pour la distribution de vitesse Eulerienne

v = 2xex − yey + (3t − z)ez , (3)

a) trouver les équations des deux lignes de courant passant par le point (x, y, z) = (1, 1, 3)
aux temps t = 0 et t = 1.
Il faut considérer le temps comme paramètre, on cherche donc les lignes de courants
dx dy dz dx dy dz
= = =⇒ = = .
u v w 2x −y 3t − z

2
Plaçons-nous dans un plan distinct :
dy √
Plan (x, y) En intégrant dx
2x = −y on obtient ln( x) = ln (A/y), où A est une constante.

Finalement avec les conditions initiales il vient simplement que y x = 1.
dy dz
Plan (y, z) En intégrant −y = 3t−z on obtient y = c(t)|z − 3t|. Pour déterminer les
valeurs de c(t) on applique les conditions initales à notre problème, i.e. la position
au point (x, y, z) = (1, 1, 3).
1 z−3t
z − 3t ≥ 0 nous avons c(t) = 3−3t donc y = 3−3t
1 3t−z
z − 3t 6 0 nous avons c(t) = 3t−3 donc y = 3t−3

Remarquer que l’on obtient la même chose. Comme illustré par la figure 2, les
projections des lignes de courants dans le plan (y, z) sont des droites passant par
y = 1, z = 3 et de pente
dy −1
= .
dz 3t − 3
Finalement, les deux lignes de courant représentées dans la figure 2 sont définies par

y= √1 et z = √3x pour t = 0,
x
y= √1 et z = 3 pour t = 1.
x

y= √1 z=3
x

z
y= 3
t=0
x
z t=1

Figure 2: Lignes de courant passant par (x, y, z) = (1, 1, 3) (symbole plein), associé au
champ de vitesse v.

b) Déterminer la trajectoire passant par (x, y, z) = (1, 1, 3) au temps t0 arbitraire.


Pour obtenir la reprśentation Lagrangienne on réécrit d’abord (3)
dx dx
 u = dt = 2x =⇒ = 2dt

x
dy dy
v = dt = −y =⇒ y = −dt
 dz dz
w = dt = 3t − z =⇒ dt + z = 3t

L’intégration des vitesses u et v donne

ln x = 2t + A et ln y = −t + B,

3
où A et B sont des constantes, et en utilisant les conditions initiales x(t0 ) = 1 et
y(t0 ) = 1 on trouve
x = e2(t−t0 ) et y = e−(t−t0 ) .
Quant à w, il faut résoudre l’équation différentielle
dz
+ z = 3t,
dt
dont la solution homogène et une solution particulière sont respectivement

zh = Ce−t et zp = 3t − 3,

où C est une constante. On y injecte la condition initiale z(t0 ) = 3 pour aboutir à

z = (6 − 3t0 )e−(t−t0 ) + 3t − 3.

Exercice 4 (à domicile)


Le champ de vitesse Eulerien d’un écoulement est donné par

u = x cos t
(4)
v = y sin t

Déterminer les équations des lignes suivantes :


a) la trajectoire de la particule se trouvant au point (x0 , y0 ) = (1, 1) à t0 = 0.
En intégrant les équations dx = udt et dy = vdt on trouve

x = esin t+A , y = e− cos t+B ,

où A et B sont des constantes. Les conditions initiales (x(t0 ), y(t0 )) = (1, 1) donnent

x = esin t−sin t0 , y = ecos t0 −cos t ,

et en tennant compte du fait que t0 = 0 ces relations deviennent

x = esin t , y = e1−cos t .

Du fait de la périodicité du sinus et du cosinus la trajectoire est fermée sur elle-même


(cf. figure 3).

b) Ligne d’émission issue de (x0 , y0 ) = (1, 1).


La ligne d’émission, à un instant donné, est l’ensemble des points de l’espace occupés
par des particules passées précédemment par un point donné. Remarque : dans le cas
d’un écoulement stationnaire, la ligne d’émission coı̈ncide avec la trajectoire.
Pour visualiser une telle ligne il faut connaı̂tre les trajectoires de différentes particules
émises d’un même point d’origine, et considérées à un moment précis. Dans la figure 4,
ce point d’origine est (x0 , y0 ) = (1, 1).
Les trajectoires d’une famille de particules issues de (1, 1) à des temps t0 différents sont

x = esin t−sin t0
 
ln x = sin t − sin t0
=
y = e− cos t+cos t0 ln y = − cos t + cos t0

4
8

4
y

0
0 1 2 3
x

Figure 3: Trajectoire périodique de la particule passant par (x0 , y0 ) = (1, 1) à t0 = 0.

sin2 t0 = sin2 t + (ln x − 2 sin t) ln x



=
cos2 t0 = cos2 t + (ln y + 2 cos t) ln y
On trouve les lignes d’émission en additionnant les deux dernières équations :

(ln y + 2 cos t) ln y = −(ln x − 2 sin t) ln x.

c) Les lignes de courant pour t = 0, t = π/4, t = π/2 et t = 3π/4. Les lignes de courant
sont définies par
dy v y
= = tan t,
dx u x
et par intégration on trouve
y = Cxtan t ,
où C est une constante, et en particulier on a les solutions

y(x, t = 0) = C,
y(x, t = π/4) = Cx,
y(x, t = π/2) → ∞,
y(x, t = 3π/4) = C/x.

Exercice 5 (à domicile)


Le mouvement d’un milieu continu est défini en variables d’Euler par les relations

 u = ayz
v = −axz (5)
w = bt + b0

5
8

6
t0 = 0
t0 = 0.4
4
y
t0 = 0.2
t0 = 0.8
t0 = 1
2

0
0 1 2 3
x

Figure 4: Ligne d’émission au temps t = 23 π (ligne continue) reliant les particules (points)
passées aux temps t0 par (x0 , y0 ) = (1, 1), et qui suivent leurs trajectoires réspectives (lignes
discontinues).

a) Définir le mouvement en variables de Lagrange en caractérisant chaque particule par


ses coordonnées cylindriques r0 , θ0 et z0 , à l’instant t = 0.
En coordonnées cylindriques, les équations des trajectoires sont données par
dr rdθ dz
= = = dt.
vr vθ vz
On peut également écrire
 
 x = r cos(θ)  vr = u cos(θ) + v sin(θ)
y = r sin(θ) et on a aussi v = −u sin(θ) + v cos(θ)
 θ
z=z vz = w

et obtenir aisément le champ de vitesse en coordonnées cylindriques



 vr =0
v = −arz
 θ
vz = bt + b0
On cherche maintenant les équations des trajectoires
 
 dr = vr dt  r = r0
rdθ = vθ dt =⇒ θ = θ0 − a(z0 t + b0 t2 /2 + bt3 /6)
dz = vz dt z = z0 + b0 t + bt2 /2
 

b) Etudier le cas b = 0. Décrire géométriquement les trajectoires.


On reprend nos résultats précédent où l’on pose b = 0 :

 r = r0
θ = θ0 − a(z0 t + b0 t2 /2)
z = z0 + b0 t

6
En éliminant t de ces équations on obtient
 
a 1 2
θ − θ0 = − z0 (z − z0 ) + (z − z0 ) .
b0 2

On développe cette dernière


a
θ − θ0 = α z 2 − z02 où α = −
 
.
2b0
θ−θ0
Si on pose Θ = α et Z 2 = z 2 − z02 , on a Θ = Z 2 ce qui décrit une parabole.

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