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2016

LA METHODE D’ANALYSE HAZOP

Sommaire

Sommaire .................................................................................................................................. 1
Introduction .............................................................................................................................. 2
I. Présentation de la méthode ................................................................................................. 2
II. Définition, objectifs et caractéristiques de la méthode HAZOP ......................................... 3
1. Définition ........................................................................................................................ 3
2. Objectif de la méthode .................................................................................................... 4
3. Caractéristiques de la méthode ........................................................................................ 5
III. L’analyse HAZOP : pour quoi faire? .............................................................................. 5
IV. Principe de la méthode HAZOP ...................................................................................... 6
V. Le déroulement de la méthode HAZOP .............................................................................. 6
1. Phase préparatoire ........................................................................................................... 6
2. Générer les dérives potentielles....................................................................................... 7
3. Identifier les causes et les conséquences potentielles ..................................................... 7
4. Identifier les moyens de détection et de prévention ........................................................ 7
5. Émettre des recommandations......................................................................................... 7
6. Rechercher les dérives jusqu'à épuisement des risques ................................................... 7
VI. Limites et avantage........................................................................................................ 10
1. Les limites en résumé .................................................................................................... 11
VII. Les variantes de la méthode .......................................................................................... 12
1. What if ........................................................................................................................... 12
VIII. Démarche et exemple d’application .............................................................................. 13
1. Démarche de HAZOP ................................................................................................... 13
2. Exemple d’application................................................................................................... 13
Conclusion ............................................................................................................................... 14

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Introduction

La méthode HAZOP (Hazard and operability studies) est un outil formalisé, systémique et semi-
empirique, développé il y a de longues décennies maintenant, pour analyser les risques
potentiels associés à l'exploitation d'une installation industrielle. De simple technique, la
méthode HAZOP est devenue une pratique d'identification des dangers et des problèmes
d'exploitabilité, adoptée par de nombreuses industries « à risques ». Mise en pratique à l’origine
en industrie pétrolière et chimique, elle a ainsi été adoptée depuis dans des industries où les
dangers sont d'une autre nature

Inventée en 1965 en Grande-Bretagne par la société ICI (Imperial chemical industries), elle
était conçue comme une technique et s'adressait particulièrement à la phase d'ingénierie de
détail de nouvelles installations chimiques ou pétrochimiques. Elle innovait par rapport aux
pratiques des codes de construction et des revues sécurité sur schémas employées à l'époque
par les sociétés d'ingénierie, toutes basées sur l'analyse d'évènements passés. Son originalité
résidait dans son approche a priori des dangers et des dysfonctionnements d'une installation par
l'étude systématique des déviations des paramètres gouvernant le procédé à analyser.

Cette technique s'est développée hors des limites de la société ICI, au sein de l'industrie
chimique et pétrochimique après l'explosion catastrophique, en 1974, d'un nuage de 40 tonnes
de cyclohexane à Flixborough en Grande-Bretagne qui fit 28 morts et 89 blessés. De simple
technique, la méthode HAZOP est devenue une pratique d'identification des dangers et des
problèmes d'exploitabilité, adoptée par de nombreuses industries « à risques », en particulier,
l'industrie pétrolière caractérisée par des dangers similaires à ceux de l'industrie chimique ou
pétrochimique, mais aussi dans des industries où les dangers sont d'une autre nature, comme
ceux rencontrés dans le nucléaire, l'alimentaire et les transports.

I. Présentation de la méthode

La gestion des risques est une exigence incontournable dans nos sociétés industrielles modernes
pour lesquelles l’accident majeur est devenu inacceptable. En entreprise, l’importance de la
sécurité n’est plus à démontrer. Le moyen le mieux adapté pour maîtriser les risques d’accident
est la sûreté de fonctionnement (SdF), laquelle est un ensemble de méthodes et de concepts.
La méthode HAZOP (Hazard and operability studies) s’inscrit dans la SdF en proposant une
démarche d’amélioration de la sécurité et des procédés d’un système (installation industrielle
en projet ou existante). Elle est traduite en français dans la norme CEI 61882.
C’est un examen structuré, en profondeur, rigoureux, systématique, participatif, de type
inductif, d’identification des dangers et des dysfonctionnements d’un système, mais qui ne
propose pas de solution. Pour ce faire, le système « siège du danger » est modélisé et analysé
pour définir comment son fonctionnement peut conduire à des dérives par rapport à l’intention
de son concepteur.
 La méthode est particulièrement adaptée aux systèmes complexes de type thermo-
hydrauliques, rencontrés sur des sites industriels mettant en jeu des produits ou/et des

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procédés dangereux, et entraînant des conséquences immédiates graves pour le personnel,


la population, les biens et l’environnement. Son domaine d’application comprend les
procédés et les processus dans des secteurs aussi divers que la chimie, la pétrochimie (son
application originelle), le pétrole, l’hydraulique, le nucléaire, l’industrie alimentaire et les
transports.
 Sa mise en œuvre nécessite la constitution d’un groupe de travail rassemblant autour d’un
animateur, garant de la méthode, une équipe pluridisciplinaire ayant une connaissance
approfondie de l’installation décrite sur des plans détaillés. La méthode consiste à
décomposer le système considéré en sous-ensembles, appelés « nœuds », puis à l’aide de
mots–clés, ou mots guides, spécifiques à la méthode, faire varier les paramètres du système
par rapport à ses points de consignes, appelées « intentions du procédé ».

 On obtient ainsi une déviation dont l’équipe examinera les causes possibles et en
déduira leurs conséquences potentielles pour l’ensemble du système, d’où l’emploi
fréquent d’« analyse des déviations » pour caractériser la méthode HAZOP.
L’équipe se concentre alors sur les déviations conduisant à des risques potentiels pour la
sécurité des personnes, des biens et de l’environnement. Elle examine et définit ensuite les
actions recommandées pour éliminer, en priorité, la cause et/ou éliminer ou atténuer les
conséquences.
 L’analyse des déviations fait l’objet d’un enregistrement sous forme de tableaux des
déviations, base indispensable pour la mise en place ultérieure des actions
recommandées par le groupe de travail.

 Dans le cas de risques majeurs, la réglementation des sites industriels classés SEVESO
impose une évaluation du risque. La méthode HAZOP conventionnelle, telle que décrite
plus haut, comporte alors une estimation a priori de la probabilité d’apparition des
déviations et de la gravité de leurs conséquences. On obtient une estimation semi-
quantitative du risque, se poursuivant par une évaluation permettant de définir
l’acceptabilité ou non du risque. On qualifie alors la méthode HAZOP de « probabiliste »
par rapport à l’approche originelle qualifiée de « déterministe ».

II. Définition, objectifs et caractéristiques de la méthode HAZOP

1. Définition

La société Chemetics International Ltd, dans son guide à l’introduction de la méthode HAZOP
retient la définition suivante :
Méthode HAZOP : « application d’un examen critique formel et systématique aux intentions
du procédé et de l’ingénierie d’une installation neuve ou existante afin d’évaluer le potentiel de
danger lié à la mauvaise utilisation, ou au mauvais fonctionnement, d’éléments d’équipement
et leurs effets sur l’installation dans son ensemble... ».

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2. Objectif de la méthode

L’objectif de la méthode HAZOP est, à l’origine, d’identifier les dysfonctionnements de nature


technique et opératoire dont l’enchaînement peut conduire à des événements non souhaités. Il
s’agit donc de déterminer, pour chaque sous-ensemble ou élément d’un système bien défini, les
conséquences d’un fonctionnement hors du domaine d’utilisation pour lequel ce système a été
conçu.
 La norme CEI 6 1882 (voir [Doc. SE 4 033]) définit les objectifs de la méthode HAZOP
originelle, à savoir :
 « ...identification des dangers potentiels dans le système. Le danger peut se limiter à la
proximité immédiate du système ou étendre ses effets bien au-delà, comme dans le cas
des dangers environnementaux... » ;
 .identification des problèmes potentiels d’exploitabilité posés par le système et, en
particulier, l’identification des causes, des perturbations du fonctionnement et des
déviations dans la production susceptibles d’entraîner la fabrication de produits non
conformes... »
 Avec l’apparition de la Directive SEVESO II et des nouvelles exigences du ministère de
l’Écologie et du développement durable (MEDD) en matière de prévention des risques
industriels, la méthode HAZOP originelle s’avère insuffisante pour l’analyse des risques
majeurs. Il faut lui adjoindre une phase d’évaluation du risque. C’est ainsi que, de purement
qualitative, la méthode HAZOP devient semi-quantitative, contribuant ainsi à améliorer la
connaissance du risque et, de ce fait, la sécurité des installations.
 Les raisons qui vont conduire à engager une étude HAZOP sur une installation industrielle
peuvent répondre à de multiples objectifs qui sont en fait des exigences :

 satisfaire aux exigences de la politique « Hygiène-sécurité environnement » (HSE) de


l’entreprise propriétaire de l’installation ;
 satisfaire aux exigences de l’Administration, représentée, en particulier, par les
Directions régionales de l’Industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE) :
assurer la conformité avec la réglementation des Installations classées pour la protection
de l’environnement (ICPE), les codes du travail et de l’environnement, la Directive
SEVESO ;
 établir les plans d’urgence : Plan d’opération interne (POI) pour les installations
industrielles, Plan d’urgence interne (PUI) pour les installations nucléaires, tous deux
établis sous la responsabilité de l’exploitant, et le Plan particulier d’intervention (PPI)
et le Plan de prévention des risques technologiques (PPRT) établis sous l’autorité du
Préfet.
 renforcer la confiance des parties prenantes (stakeholders) : populations, personnels,
dirigeants, actionnaires, clients ;

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3. Caractéristiques de la méthode

Les principales caractéristiques d’une étude HAZOP sont entre autres :


‾ L’étude est un processus créatif. Elle consiste à utiliser une série de mots guides pour
identifier des déviations potentielles par rapport à l’intention de conception età
employer ces déviations comme« déclencheurs » stimulant l’imagination des membres
de l’équipe dans la recherche des causes de la déviation et dans l’évaluation des
conséquences qu’elles peuvent engendrer.
‾ L’étude se déroule sous la direction d’un chef d’étude qualifié et expérimenté. Celui-ci
s’assure de mener un examen exhaustif du système en s’appuyant sur une pensée
logique et analytique. De préférence, le chef d’étude est assisté par un scribe qui note
les dangers et/ou les perturbations identifiés en vue de leur évaluation et de la recherche
de solutions.
‾ La qualité de l’étude repose sur les qualifications et l’expérience des spécialistes
formant l’équipe. Ces spécialistes de diverses disciplines doivent faire preuve
d’intuition et de perspicacité.
‾ Il convient d’effectuer l’examen dans un climat de pensée positive et de franche
discussion. Lorsqu’un phénomène est identifié, il est noté pour être ultérieurement
évalué et résolu.
‾ Les solutions aux problèmes ne constituent pas le principal objectif de l’étude HAZOP,
mais elles peuvent, le cas échéant, être notées et transmises aux responsables de la
conception.

III. L’analyse HAZOP : pour quoi faire?

L’analyse de risques HAZOP, acronyme des termes HAZard (danger) et OPerability


(fonctionnement), est une méthode de revue systématique en groupe de travail permettant
d’identifier et d’analyser les dysfonctionnements d’une installation de procédés et la mise en
place de mesures compensatoires. Cette méthode d’analyse de risques est la plus utilisée
mondialement dans les industries chimiques, pharmaceutiques, oïl & gas, notamment lors
de la conception d’une nouvelle installation, la modification ou revue d’une installation
existante.
Cette méthode systématique est particulièrement adaptée pour les études de dangers des
installations de procédés industriels. Conformément aux exigences de la réglementation des
ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement), elle identifie de façon
exhaustive le déroulement des scénarios accidentels conduisant à des risques potentiels
d’accidents majeurs (phénomènes dangereux) et les mesures de sécurité en place ou
nécessaires, en prenant en compte les différentes phases de vie de l’installation (conception,
exploitation, modification, démarrage, arrêt).
En pratique, la qualité d’une analyse de risques HAZOP dépend non seulement de la capacité
de l’animateur à appliquer la méthode, mais surtout à poser les bonnes questions afin de

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s’assurer que le groupe de travail identifie tous les risques inhérents au procédé étudié, pas
seulement les dangers les plus évidents. Cette compétence est principalement basée sur
l’expérience de l’animateur (méthodologie HAZOP, connaissance des procédés industriels et
leur sécurité, de l’accidentologie, …)

IV. Principe de la méthode HAZOP

La méthode de type HAZOP est dédiée à l’analyse des risques des systèmes thermo
hydrauliques pour lesquels il est primordial de maîtriser des paramètres comme la pression, la
température, le débit... L’HAZOP suit une procédure assez semblable à celle proposée par
l’AMDE. L’HAZOP ne considère plus des modes de défaillances mais les dérives potentielles
(ou déviations) des principaux paramètres liés à l’exploitation de l’installation. De ce fait, elle
est centrée sur l’installation à la différence de l’AMDE qui est centré sur les composants. Pour
chaque partie constitutive du système examiné (ligne ou maille), la génération (conceptuelle)
des dérives est effectuée de manière systématique par la conjonction :
 de mots clés comme par exemple « Pas de » ; « Plus de » ; « Moins de » ; « Trop de »
 des paramètres associés au système étudié. Des paramètres couramment rencontrés
concernent la température, la pression, le débit, la concentration mais également le
temps ou des opérations à effectuer.
Le groupe de travail doit ainsi s’attacher à déterminer les causes et les conséquences potentielles
de chacune de ces dérives et à identifier les moyens existants permettant de détecter cette dérive,
d’en prévenir l’occurrence ou d’en limiter les effets. Le cas échéant, le groupe de travail pourra
proposer des mesures correctives à engager en vue de tendre vers plus de sécurité. A l’origine,
l’HAZOP n’a pas été prévue pour procéder à une estimation de la probabilité d’occurrence des
dérives ou de la gravité de leurs conséquences. Cet outil est donc parfois qualifié de qualitatif.
Néanmoins, dans le domaine des risques accidentels majeurs, une estimation a priori de la
probabilité et de la gravité des conséquences des dérives identifiées s’avère souvent nécessaire.
Dans ce contexte, l’HAZOP doit donc être complété par une analyse de la criticité des risques
sur les bases d’une technique quantitative simplifiée. Dans une première approche, une
démarche semi-quantitative pourra être retenue. Cette adaptation semi-quantitative de
l’HAZOP est d’ailleurs mentionnée dans la norme CEI : 61882 « Etudes de danger et
d’exploitabilité (études HAZOP) - Guide d’application.

V. Le déroulement de la méthode HAZOP

1. Phase préparatoire

L'entreprise doit évaluer la nécessité et la pertinence de recourir à l'HAZOP, puis


délimiter son périmètre d'application. Le système sera divisé en sous-systèmes appelés
"nœuds", l'installation examinée sera appelée "ligne" ou "maille".

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L'équipe de travail constituée doit être pluridisciplinaire et doit parfaitement connaître et


maîtriser le nœud et ses lignes/mailles. Elle délimitera les contours du sujet et en dégagera les
objectifs.

2. Générer les dérives potentielles

Afin de générer efficacement des dérives potentielles, la méthode HAZOP prévoit d'associer
des mots-clés qui seront représentatifs des types de déviation possible du système sous la forme
de propositions conditionnelles à tous les paramètres pouvant interagir sur la sécurité du
système.
L'équipe de travail sélectionne un paramètre de fonctionnement de l'exploitation (ex. la
température, le temps, la pression, le débit…) ; choisi un mot-clé définissant une déviation.
C'est la combinaison du mot-clé et du paramètre qui constitue la dérive.
Par exemple le paramètre " Pression ", associé au mot-clé de déviance "Supérieur à" et une
valeur limite, exprime un risque d'une surpression. L'équipe fixe la liste des dérives plausibles
issues des combinaisons paramètres mots-clés pour déclencher l'analyse des causes et
conséquences potentielles.

3. Identifier les causes et les conséquences potentielles

Le groupe de travail réfléchit aux causes et aux conséquences que peuvent entraîner les
dérives crédibles générées.

4. Identifier les moyens de détection et de prévention

L'équipe de travail propose des outils et/ou méthode de détection des dérives et détecte les outils
et/ou méthodes de prévention déjà existante.

5. Émettre des recommandations

L'équipe de travail émet des recommandations d'actions correctives à mettre en œuvre en cas
d'apparition de la dérive, ou des recommandations d'actions d'amélioration à mettre en place
sur les outils et/ou méthodes de prévention déjà existants.

6. Rechercher les dérives jusqu'à épuisement des risques

L'équipe de travail génère toutes les dérives crédibles possibles de la ligne/maille jusqu'à
épuisement des risques, identifie les causes, conséquences, moyens de détection et de
prévention de chaque dérive et émet ses recommandations.
L'équipe de travail procède ainsi pour chaque ligne/maille de chaque nœud identifié.

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Afin de faciliter la lecture et l'enregistrement des informations, les résultats de cette analyse
sont généralement repris sous la forme d'un tableau du type :
Tableau 1 : exemple de tableau pour l'HAZOP

Date :
Ligne ou équipement :
1 2 3 4 5 6 7 8 9
N Mot clé Paramètre Causes Conséquences Détectio Sécurités Propositions Observations
n existante d’amélioration
s

 Définition des mots clés (colonne 2)

Les mots-clés, accolés au paramètre important pour le procédé, permettent de générer de


manière systématique les dérives à considere.la norme CEI : 61882 propose des exemples de
mots-clés dont l’usage est particulièrement courant. Ces mots-clés sont repris dans le tableau
ci-dessous inspiré du tableau 3 de la norme précitée.
Tableau 2 : exemple de mot clés pour l’HAZOP (norme 61882)
Type de Mot-guide Exemples d’interprétation
déviation

Négative NE PAS Aucune partie de l’intention n’est remplie


FAIRE
Modification PLUS Augmentation quantitative
quantitative
MOINS Diminution quantitative
Modification EN PLUS DE Présence d’impuretés – Exécution simultanée d’une autre
qualitative opération/étape
PARTIR DE Une partie seulement de l’intention est réalisé
INVERSE S’applique à l’inversion de l’écoulement dans les
Substitution canalisations ou à l’inversion des réactions chimiques
AUTRE QUE Un résultat diffèrent de l’intention original est obtenue

PLUT TOT Un évènement se produit avant l’heure prévue


Temps
PLUS TARD Un évènement se produit après l’heure prévue

AVANT Un évènement se produit trop tot dans une séquence


Ordre séquence
APRES Un évènement se produit trop tard dans une séquence

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 Définition des paramètres (colonne 3)


La méthode HAZOP fait appel à des paramètres spécifiques qui s’expriment par de simples
mots (noms ou verbes) caractéristiques de l’intention de la conception et que l’on peut définir
ainsi : « grandeur physiquement mesurable, action ou opération à réaliser ». Le tableau 3
regroupe des listes de paramètres parmi les plus fréquemment employés dans l’industrie des
procédés.
Les paramètres auxquels sont accolés les mots les mots-clés dépendent bien sûr du système
considérés. Généralement, l’ensemble des paramètres pouvant avoir une incidence sur la
sécurité de l’installation doit être sanctionné. De manière fréquente, les paramètres sur lesquels
porte l’analyse sont :
 La température
 La pression
 Le débit
 Le niveau
 La concentration
 L’agitation
 La quantité
 L’absorption
 La composition
 La séparation
 L’homogénéité
 La viscosité.
La combinaison de ces paramètres avec les mots clés précédemment définit permet donc de
générer des dérives de ces paramètres.
Mot-clé + Paramètres = dérive
Par exemple :
 « Plus de » et « température » = « Température trop haute »
 « Moins de » et « Pression » = « Pression trop basse »
 « Inverse » et « débit » = « Retour de produit »
 « Pas de » et « Niveau » = « capacité vide »
Tableau 3: Exemple de paramètres de la méthode HAZOP

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 Causes et conséquences de la dérive (colonne 4 et 5)

Le groupe de travail, une fois la dérive envisagée, doit identifier les causes de cette dérive, puis
les conséquences potentielles de cette dérive.
En pratique, il peut être difficile d’affecter à chaque mot clé (et dérive) une portion bien
délimitée du système et en conséquence, l’examen des causes potentielles peut s’avérer, dans
certains cas complexe.
 Moyen de détection, sécurité existantes et proposition (colonnes 6 ,7 et 8)

La méthode HAZOP prévoit d’identifier pour chaque dérive les moyens accordés à sa détection
et les barrières de sécurités prévue pour en réduire l’occurrence ou les effets.
Si les mesures mises en places paraissent insuffisantes au regard du risque encouru, le groupe
de travail peut proposer des améliorations en vue de pallier ces problèmes ou du moins définir
des actions à engager pour améliorer la sécurité quant à ses point précis.
Exemple : cas d’un projet d’industrialisation
Pour un projet rendu au stade avancé correspondant aux phases d’ingénierie de détail et de
construction, l’entreprise (maître d’ouvrage) doit mettre en place une organisation appropriée,
du type de celle présentée par la figure x.

Figure 1 : Schéma de l’organisation à mettre en place pour mener un projet


d’industrialisation

VI. Limites et avantage

L’HAZOP est un outil particulièrement pour les systèmes thermo-hydrauliques. Cette méthode
présente un caractère systématique et méthodique. Considérant, de plus, simplement les dérives
de paramètres de fonctionnement du système, elle évite entre autre de considérer tous les modes
de défaillance possible pour chacun des composants du système.

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En revanche l’HAZOP ne permet pas dans sa version classique d’analyser les éléments
résultants de la combinaison simultanée de plusieurs défaillances.
Par ailleurs, il est parfois difficile d’affecter un mot clé à une portion bien délimité du système
à étudier. Cela complique singulièrement l’identification exhaustive des causes potentielles
d’une dérive. En effet, les systèmes étudier sont souvent composés de parties interconnectées
si bien qu’une dérive survenant dans une ligne ou une maille peut avoir des conséquences ou à
l’inverse des causes dans une maille voisine et inversement. Bien entendu, il est possible a priori
de reporter les implications d’une dérive d’une partie à une autre du système. Toutefois, cette
tache peut rapidement s’avérer complexe.
Enfin, L’HAZOP traitant de tous types de risque, elle peut être particulièrement longue à mettre
en œuvre et conduire à une production abondante d’information ne concernant pas des
scenarios d’accidents majeurs.

1. Les limites en résumé

Bien que les études HAZOP aient fait preuve d’une extrême utilité dans différents milieux, la
technique a des limites dont il faut tenir compte dans le choix de son application :
 L’étude HAZOP est une technique d’identification des dangers qui examine
méthodiquement les effets des déviations sur chaque partie. Parfois, un danger provient
d’une interaction entre un certain nombre de parties du système. Ceci impose une étude
plus détaillée du danger, faisant appel à des techniques telles que l’analyse par arbre
d’événements ou l’analyse par arbre de panne
 Comme pour toute technique d’identification de dangers ou de problèmes
d’exploitation, il n’y a aucune garantie que l’étude HAZOP identifie tous les dangers
ou tous les problèmes d’exploitation. Par conséquent, il est préférable que l’étude d’un
système complexe ne repose pas uniquement sur une étude HAZOP. En général, cette
technique est utilisée en combinaison avec d’autres techniques appropriées au système
étudié. Il est essentiel d’intégrer d’autres études pertinentes pour obtenir un système
efficace de gestion des risques.
 Un grand nombre de systèmes sont étroitement liés entre eux et une déviation dans l’un
d’eux peut avoir une cause ailleurs. Une intervention locale appropriée peut ne pas cibler
la cause réelle et ne pas empêcher un accident de se produire ultérieurement. Beaucoup
d’accidents se sont produits à la suite de modifications locales mineures dont les effets
par contrecoup ailleurs n’avaient pas été prévus. Bien qu’il soit possible de remédier à
ce problème en reportant les implications des déviations d’une partie à une autre, ceci
n’est souvent pas réalisé dans la pratique.
 Le succès d’une étude HAZOP dépend en grande partie de la capacité et de l’expérience
du chef d’étude, de la connaissance des membres de l’équipe ainsi que de leurs
interactions.
 L’étude HAZOP ne considère que les parties qui apparaissent sur les plans de
conception. Les activités et les opérations qui n’y apparaissent pas ou qui ne sont pas
mentionnés par les membres de l’équipe ne sont pas prises en compte.

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VII. Les variantes de la méthode


Basée sur le même fonctionnement que la méthode HAZOP, la méthode WHAT IF en est une
des variantes connues. Sa différence réside dans le fait qu'à la place d'associer des mots-clés à
des paramètres, on y associe la question conditionnelle : Que se passe-t-il si ?

1. What if

La méthode dite « What if » est une méthode dérivé de l‘HAZOP. Elle suit donc globalement
la même procédure. Cependant la méthode « What if » prévoit une analyse moins profonde des
évènements, se contentant d’en considérer les conséquences sans en examiner les causes. Elle
prévoit en revanches les actions d’améliorations à entreprendre.
Une autre différence concerne la génération des dérives du paramètre de fonctionnements. Ces
dérives ne sont plus dans ce cas envisagées en tant que combinaison d’un mot clé et d’un
paramètre, mais fondées sur une succession de question de la forme : « QUE (WHAT) se passe-
t-il SI (IF) tel paramètre ou le comportement de tel composant est différent de celui
normalement entendu ?».
L’identification des paramètres ou des composants objets des questions est libre et ne repose
pas comme dans l’HAZOP sur des listes guides à utiliser systématiquement. Il parait ainsi que
l’efficacité de la méthode « What if » est encore plus dépendante de l’expérience de personnes
réunis au sein du groupe de travail.
Cette méthode parait donc moins fastidieuse que l’HAZOP mais est réservée à une équipe
expérimentée et demeure limitée en termes de profondeur d’analyse, en particulier des causes
de dérives. Elle s’apparente plus à une méthode de brainstorming.

Tableau 4 : exemple de tableau d'application de la méthode What if


Que se Réponse Probabilité/vraisemblance Conséquences Recommandation
passe-t-il
si ….?

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VIII. Démarche et exemple d’application

1. Démarche de HAZOP

2. Exemple d’application

L’image ci-dessous montre une plante qui possède un réacteur qui traite les deux réactifs pour
obtenir un produit. La vapeur et l'eau de refroidissement sont utilisées pour contrôler la
température de réaction. Il existe plusieurs possibilités à prendre en considération, y compris le
fait que le produit final peut provoquer une explosion si un emballement de la réaction a lieu,
si la température est dépassée. Toutes ces possibilités devraient être couvertes par l'utilisation
correcte des mots de guidage de la feuille HAZOP.

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Conclusion

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Bibliographie et webographie

Techniques de l’ingénieur : Méthodes d’analyse des risques

http://infoqualite.accordance.fr/dossiers/dossiers.php?id_dossier=164

http://www.interfora.fr/fiches-formation/OMM12-securite-procedes-html

http://gpp.oiq.qc.ca/hazards_and_operability_study_(hazop).html

http://www.riskope.com/2015/01/08/hazop

https://www.dnvgl.fr/training/hazop-maitrisez-la-methode-hazop-49077

http://www.techniques-ingenieur.fr/base-documentaire/environnement

http://www.chilworth.fr/formation-hazop-analyse-risque.html

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