Vous êtes sur la page 1sur 19

DESSIN D’OBJET

cours de peinture

EMPLOI DU TEMPS (à titre indicatif)

De 9h à 11h dessin (au pinceau fin avec un gris un peu plus foncé que votre fond)
De 11h à 14h valeurs
De 14h à 18h couleurs

PRÉPARATION DU SUPPORT (au moins 2h avant le cours)

Il faut tendre une feuille (raisin 180g) sur une planche avec du papier kraft. Puis,
enduire la feuille de gesso dans lequel vous ajoutez une petite pointe de noir
pour le griser légèrement (gris moyen). Vous pouvez aussi dessiner sur du carton
gris si vous en avez.

PRÉPARATION DE LA PALETTE DE NOIR ET BLANC

Dans l’assiette, disposez le noir d’un côté, le blanc de l’autre puis faites un dé-
gradé progressif entre les deux en vous assurant d’avoir suffisamment de ma-
tière de peinture pour ne pas avoir à refaire la palette dans la matinée. Il faut
souvent penser à pulvériser de l’eau sur l’assiette afin que la peinture ne sèche
pas et ne soit pas trop pâteuse, ce qui la rendrait difficile à étaler.

PRÉPARATION DES PALETTES COULEUR (prendre son temps pour trouver les cou-
leurs, 20 minutes environ)

Il vous faut 2 assiettes (vous pouvez réutiliser l’assiette qui vous a servi pour la
grisaille, en enlevant au chiffon la peinture restante)

1- La première assiette sera votre palette-test :


Dans cette assiette, disposez une bonne dose de blanc au centre puis toutes
vos couleurs aux périphéries en mettant côte à côte les couleurs complémen-
taires (le rouge à côté du vert, le bleu à côté de l’orange, …)

a) Dégradez les couleurs vers le blanc

b) Créez des couleurs rompues : c’est-à-dire, mélangez les couleurs complé-


mentaires ensembles afin de créer des gris colorés plus ou moins chauds ou
froids.

Bleu et orange:
couleurs dégradées au
blanc puis mélangées
ensemble. Voici les tons
que vous pouvez trouver
Exemple de dans votre palette. À
diposition dans faire avec chaques cou-
l’ assiette leurs complémentaires.
Une fois la palette préparée, portez-là au modèle et identifiez les couleurs que
vous allez sélectionner pour votre peinture et celles que vous n’allez pas utiliser.

2- Votre deuxième assiette sera votre palette de quantité: préparer une bonne
dose des mélanges dont vous aurez besoin dans la journée pour éviter d’avoir
à les refaire.

N’oubliez pas de mouiller votre palette en pulvérisant de l’eau dessus toutes


les demi-heures au moins et pensez à mettre du film plastique dessus pendant
la pause.

Rappel : cercle chromatique


et couleurs complémentaires
(à l’opposé sur le cercle)

PRÉPARATION DES GODETS À GLACIS

Vous avez besoin d’au moins 4 godets à glacis (moitié de gobelet en plastique
par exemple)

Le premier godet est le godet de glacis chaud, il correspond à la couleur de


la lumière (dans le cas d’un spot lumineux orangé) il est composé d’environ
70% d’eau, 20% de médium à glacis, 10% de peinture. (si vous n’avez pas de
médium à glacis, l’eau suffit)
Dans ces 10 % de peinture, il y a de l’orange, de l’ocre rouge et un tout petit
peu de noir (facultatif)

Vous pouvez passer ce glacis en premier sur votre dessin en noir et blanc, il va
déjà donner une teinte chaude à toute la composition. Puis gardez le bien car
vous en aurez sûrement besoin pour effectuer la dernière couche.

Les 3 autres godets seront des glacis de « couleurs mères », ce sont les couleurs
dominantes de votre composition. Il peut notamment y avoir la couleur de
l’ombre : un gris bleu (complémentaire de la lumière).Vous pouvez faire autant
de godets que vous voulez.
Attention : dans ces godets il est interdit d’utiliser du blanc, cela rendrait vos
couleurs trop opaques.
Exemples de
couleurs mères
eau eau eau (elles dépendent
eau de vos objets)
2cm de prépa-
Exemple ration suffisent
médium à glacis de glacis médium à glacis médium à glacis médium à glacis dans chaque
chaud gobelet.
peinture peinture peinture peinture
(lumière)
DIFFÉRENTES TECHNIQUES DE PEINTURE

1- Les glacis

Un glacis est une couche de peinture transparente très diluée à l’eau que l’on
superpose à une autre déjà sèche. L’objectif est de changer la teinte d’un
dessin existant sans le recouvrir totalement. C’est une technique qui se rap-
proche de l’aquarelle.

On peut dater l’apparition de cette technique à la Renaissance avec notam-


ment les primitifs flamands comme Jan van Eyck. Leonard de Vinci utilise aussi
les glacis dans sa technique du sfumato ainsi que les peintres du clair-obscur
(Caravage, La Tour, Rembrandt).

Si vous utilisez cette technique, il faut que vous poussiez beaucoup votre dessin
en noir et blanc car il vous suffira ensuite de passer une succession de glacis
colorés transparents qui teinteront progressivement la peinture. Attention, si
votre dessin est trop sombre dans la version en noir et blanc, il sera difficile de
monter vos couleurs seulement avec les transparences. Il vaut mieux qu’il soit
au contraire un peu trop clair et lumineux.

Un glacis peut être local ou général.

Un glacis local permet de travailler le relief ou la profondeur d’un motif en par-


ticulier, par exemple le modelé d’un fruit. Les dégradés se font en ajoutant plus
ou moins d’eau à la couleur.

Un glacis général permet de donner une harmonie colorée à l’ensemble du ta-


bleau. Le glacis chaud de la lumière pourra être la dernière couche posée sur
votre peinture pour redonner une teinte chaleureuse à l’ensemble du tableau,
il est l’élément unificateur qui mettra en lien toutes les couleurs entre elles. Pour
faire un glacis général, utilisez une grosse brosse spalter et badigeonnez dans
tous les sens de sorte que l’on ne voit pas les traces de pinceau.
La superposition de plusieurs glacis permet de donner une profondeur au ta-
bleau et assure une harmonie et une cohérence de l’ambiance colorée.

2-Les empattements

L’ empattement est une technique de peinture opaque (peu diluée à l’eau).


Contrairement aux couches de glacis, une couche d’empattement rend invi-
sible la couche du dessous.

Si vous utilisez cette technique, il est inutile de pousser trop longtemps votre
dessin en noir et blanc, posez simplement quelques masses pour commencer
puis passer rapidement à la palette couleur avec vos gris colorés. Il faudra tra-
vailler les dégradés dans le frais. Pour cela, je vous conseille d’avoir toujours 3
brosses en main, une pour la couleur claire, une pour la couleur sombre et une
pour faire le dégradé entre les deux. Les problématiques de valeurs et de cou-
leurs sont traitées en même temps avec cette technique alors que l’on pro-
cède en deux temps avec la technique du glacis. Cette technique nécessite
aussi d’être attentif à la « touche », c’est-à-dire les directions que l’on donne
au pinceau.
Attention, ce n’est pas parce que c’est une technique opaque qu’il faut se
passer d’eau, si votre peinture est trop épaisse, vous aurez du mal à l’étaler
et à créer des dégradés dans le frais. La texture doit être celle de la gouache
crémeuse.

C’est la technique qu’utilisent les peintres impressionnistes par exemple (Mo-


net, Renoir, Seurat…) La peinture de Van Gogh est aussi un bon exemple de
peinture en empattement.

EN CAS D’ERREUR…

Utilisez un chiffon propre et humide pour essuyer la couche que vous venez de
passer et que vous jugez mauvaise (cela n’enlèvera pas les couches du des-
sous si elles étaient bien sèches car contrairement à la gouache ou à l’aqua-
relle, l’acrylique est une peinture qui se transforme en plastique dur en séchant)

SYNTHÈSE

Il est intéressant d’utiliser ces deux techniques sur le même dessin, car elles per-
mettent chacune de traduire des rendus différents :
L’empattement a une dimension plastique qui donne plus de présence aux ob-
jets. Donc, à utiliser pour les avants plans, les objets qui accrochent la lumière,
les couleurs claires, chaudes.
Le glacis est intéressant pour traiter les arrières plans plutôt sombres et froids, il
donne une profondeur au tableau et il permet d’harmoniser les couleurs.
Jan Van Eyck
La vierge au chancelier Rollin
1435
Le Caravage
L’incrédulité de saint Thomas
1602

Le Caravage
Judith et Holopherne
1602
Georges de la Tour
Le Nouveau-né
1648 Georges de la Tour
L’Éducation de la Vierge
1640
Fransisco de Zurbaran
Saint Sérapion Fransisco de Zurbaran
1626 Nature morte avec citrons, oranges et tasse
1633
Rembrandt
Le boeuf écorché
1655
Jean Siméon Chardin
Nature morte avec flacon
en verre et fruits
1728
Georges Seurat
Le jardinier
1882
Paul Cézanne 1880
Paul Gauguin (1848-1903)
Nature morte
Vincent Van Gogh
Les Tournesols Vincent Van Gogh
1888 Deux crabes
1889
Adolf Von Menzel
La chambre au balcon
1845
Odilon Redon
Yeux clos
1890
N.C. Wyeth (1882-1945)
Andrew Wyeth (1917-2009)

Vous aimerez peut-être aussi